Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8927
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8927, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). Voici quel est le contenu de ce jour : la Torah dit(2) : “ Le onzième mois, le premier jour du mois, Moché se mit à expliquer la Torah ”. Et, Rachi précise : “ Il la leur commenta(3) dans les soixante dix langues ”. Or, il est, en chaque génération, un équivalent de Moché pour les six cent mille âmes(4), même s’il reste profondément caché(5). Bien plus, ceci s’applique à chaque Juste, à chaque érudit, dès lors qu’il se consacre à la Torah(6).
En outre, au delà de tout cela, des étincelles de l’âme(7) de Moché, notre maître, descendent, en chaque génération et s’introduisent dans les corps et les âmes(8) des Sages de l’époque, “ les yeux de la communauté ”, afin que ceux-ci enseignent la sagesse au peuple, lui montrent comment servir Dieu par son cœur et par son esprit.
Il découle de tout cela que, pour enseigner la connaissance et le service de Dieu, il faut aller jusqu’à commenter la Torah en soixante dix langues, si le besoin s’en fait ressentir par quelqu’un. On a pu observer, d’une manière concrète, une telle manière d’enseigner, chez mon beau-père, le Rabbi. Celui-ci a demandé de faire traduire des paroles de Torah, y compris de ‘Hassidout, en différentes langues et aussi d’apporter soixante dix explications à chaque idée de la Torah(9), d’en commenter, en particulier, la dimension ésotérique laquelle, à notre époque, a été révélée par l’enseignement de la ‘Hassidout. Bien plus, il a demandé de faire tout cela pour chacun, y compris pour les hommes les plus ordinaires. De cette façon, il leur montrait également la voie du service de Dieu, par son cœur et par son esprit.
Puisse Dieu faire(10) qu’en ces jours proches de sa Hilloula et, avec encore plus de force, au jour même de sa Hilloula, le dixième jour du onzième mois, chacun soit inspiré à prendre de bonnes résolutions qui, par la suite, seront suivies d’effet, d’une action positive, qui est essentielle(11), afin de suivre ses chemins et ses voies, qui ont précédemment été définis, d’une manière fixe et permanente, d’une façon immuable(12), qui ne connaîtra jamais d’interruption(13).
Puis, l’on poursuivra tout cela et on l’intensifiera dans les domaines pour lesquels “ ce jour est favorable ”, selon l’expression de notre maître(14), dont nous célébrons la Hilloula(15). Vous vous attacherez à l’arbre de vie et vous recevrez, de même que votre épouse et vos enfants, la bénédiction de Dieu pour la vie, l’opulence et la satisfaction que vous concevrez de vos enfants. Vous serez bénis d’enfants, de santé et d’aisance matérielle. Avec ma bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 266. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Devarim 1, 3-5 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Rachi souligne : ‘Il la leur commenta’ et non aux autres nations, car celles-ci n’ont pas le droit de l’étudier. Il n’en est pas de même, en revanche, pour la rédaction de la Torah dans les soixante dix langues, qui n’avait d’autre but que de permettre à quiconque le désirait, y compris parmi ces nations, de venir l’apprendre, comme l’enseigne le traité Sotta 35b, qui constate, cependant : ‘Ils ne l’ont pas apprise’. Moché avait accompli tout cela sur l’ordre de Dieu ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon Iguéret Ha Kodech, dans le commentaire du chapitre 27, qui est basé sur les Tikouneï Zohar, au Tikoun 69, pages 112a et 114a ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon Iguéret Ha Kodech, à la même référence. Et, le Tanya, au chapitre 44, précise : ‘un voile grand et profond’. La différence entre ces deux sources, peut être précisée de la manière suivante. Il s’agit, dans ce dernier cas, d’un voile occultant l’existence de l’âme, alors que Iguéret Ha Kodech décrit de quelle manière l’âme de Moché éclaire. Dans un premier temps, la lumière se voile et cette occultation devient alors possible ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les Tikouneï Zohar, au Tikoun 69, page 112a. Voir le commentaire de Rachi sur le traité ‘Houlin 93a et le Torah Or, à la fin du discours intitulé : ‘Moché parlera’ ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tanya, début du chapitre 42 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et, non dans les corps après s’être introduites, au préalable, dans les âmes. Ces étincelles sont donc véritablement comme si elles se trouvaient dans le corps de Moché. De ce fait, ces hommes sont eux-mêmes appelés Moché également par leur corps ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme Moché, le berger fidèle, selon le Zohar, tome 3, à la page 20a ”. (10) Voir, à ce sujet, la lettre n°8932. (11) Selon le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au chapitre 27 ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 54a ”. (14) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 2, lettre n°432 et tome 4, lettre n°1004. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Kountrass n°3 et le Kountrass n°36 ”.
Lettre n°8928
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8928, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Yossef Dekel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais, rétroactivement, vous exprimez ma gratitude pour votre promesse d’accéder à la requête de notre bibliothécaire et de faire parvenir à notre bibliothèque les publications nécessaires(2).
A cette occasion, je voudrais évoquer ce qui s’est passé à Nazareth Ilit. Vous vous trouvez sur place et vous savez donc sûrement, par le détail, ce qu’il en est, car vous connaissez la situation bien mieux que moi. J’exprime donc mon espoir que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour rapprocher véritablement les cœurs. Je veux dire que ces cœurs doivent être réellement proches, car c’est bien ainsi que tous s’unissent avec notre Père se trouvant dans les cieux. C’est ce que l’on appelle le cœur d’Israël(3). Je garde le souvenir des efforts auxquels vous avez consentis afin de renforcer cette ville et il est dit que : “ un homme a pitié de l’action de ses mains ”. Avec mes respects et ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8699. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 309. (3) Dans le Midrash Chir Hachirim Rabba, chapitre 5, au paragraphe 2.
Lettre n°8929
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8929, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention du Rav Chlomo Tarshanski(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 Tévet. Je vous remercie pour vos notes et vos références justifiant qu’on n’intercale pas un paragraphe de Pourim dans la bénédiction(2) : “ Fais germer promptement la pousse de David ”.
De même, bien évidemment, je vous remercie doublement pour ce que vous avez fait afin de diffuser les commentaires du Gaon de Ragatchov sur le Guide des égarés qui, à n’en pas douter, seront bientôt publiés. Ceci s’ajoute à tous les efforts auxquels vous avez consenti, de par le passé, pour éditer les explications de ce Gaon. De fait, tous ces qualificatifs(3) sont impropres, pour ce qui le concerne, car ces ses commentaires surpassent largement ceux que l’on rencontre d’ordinaire. Selon la terminologie de la ‘Hassidout, ils sont emplis de la Lumière qui pénètre le réceptacle, puis débordent, au-delà de ce que ce réceptacle peut contenir et l’entourent, d’en haut. Je vous joins ce qui a été publié ici, dernièrement. Cela vous intéressera sûrement. Avec mes respects et ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8385. (2) De la Amida. (3) Commentaires, explications.
Lettre n°8930
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8930, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention du distingué et agréable ‘Hassid qui craint
Dieu, élu du peuple, qui le surpasse, recherche le bien
de son peuple, a des comportements généreux, est issu
d’une illustre famille, le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
La Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, approche et si, de façon générale, vous pensez souvent à Kfar ‘Habad, il ne fait pas de doute que cette date doit encore plus clairement en évoquer le souvenir dans votre esprit. C’est donc l’occasion pour moi de vous exprimer encore une fois mon espoir fervent, même si je ne sais pas ce qui doit être accompli pour cela, que l’on consentira enfin aux efforts nécessaires pour permettre au Kfar d’abriter un bon nombre des amis et des frères de ceux qui y résident actuellement, de même que de ceux qui partageaient au préalable leur malheur(2). Tous les rejoindront très bientôt et de nos jours. Ils s’implanteront avec eux en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, “ le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”, vers lequel sont tournés également les yeux de nos frères, les enfants d’Israël, se trouvant dans la détresse et l’oppression.
Je ne suis pas sûr que je vous aurais écrit encore une fois à propos de tout cela, d’autant que vous êtes l’un des fondateurs de Kfar ‘Habad, si tout cela n’avançait pas aussi lentement, avec des complications, au-delà de ce qui est habituel. En la matière, s’il était réellement besoin de faire la preuve que ce projet appartient bien au domaine de la sainteté, on aurait pu admettre ces embarras et ces difficultés, tout au moins pour partie. Néanmoins, la sainteté de cet accomplissement ne fait pas de doute. En outre, Kfar ‘Habad est le canal de la diffusion des sources(3). Bien plus, on s’est déjà pleinement acquitté de toutes ces complications et de ces occultations, en tous leurs aspects.
Puisse donc Dieu faire que, très bientôt, Kfar ‘Habad s’étende et s’élargisse, y compris au sens littéral, sur d’autres terrains qui seront de plus en plus larges. Tout de suite après cela, on construira, sur ces terrains également, des institutions ‘Habad, qui s’empliront d’immigrants du pays dans lequel nous nous trouvions auparavant(4), qui en viendront avec leurs fils, leurs filles, tous les leurs, dans la bonté et la miséricorde. Ceux-ci maintiendront la tradition ‘Habad, le mode de vie conforme aux enseignements de ‘Habad, basé sur les trois amours, amour de Dieu, amour de la Torah, amour du prochain, en Erets Israël. Avec mes respects, ma considération et ma bénédiction,
Vous avez sûrement reçu ma lettre du Roch ‘Hodech Chevat. De fait, mon précédent courrier traitait également du passage de l’étroitesse vers la largesse. On vient d’apporter de la reliure ce qui est d’actualité, en ces jours(5). Il s’agit du second tome des mémoires(6), en yiddish. Celui-ci vous a été adressé, par envoi séparé.
Notes
(1) C. Z. Chazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8682. (2) Du fait des persécutions en Russie soviétique. (3) De la ‘Hassidout, à l’extérieur. (4) La Russie soviétique. (5) Proches de la Hilloula du précédent Rabbi. (6) Du précédent Rabbi
Lettre n°8931
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8931, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A tous les participants au dîner annuel au profit
de l’institution éducative Ohaleï Torah,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Cette année, votre dîner a lieu la veille du quinze Chevat, le nouvel an des arbres, ce qui souligne le lien spécifique qui existe entre l’événement et ce jour. Comme on le sait, en effet, la Torah dit que “ l’homme est tel l’arbre du champ ”. Elle nous délivre ainsi un enseignement important, en particulier dans le domaine de l’éducation(1). Lorsque l’arbre est jeune, a fortiori lorsqu’il n’est encore qu’une graine, chaque traitement positif, aussi petit et insignifiant qu’il puisse sembler, prend, à terme, une forme beaucoup plus importante. Mais, ses résultats ne se manifestent pleinement qu’en l’arbre mûr, par les fruits qu’il porte.
Il en est de même également pour l’influence qui est exercée sur un enfant. Une action peut, quand elle est réalisée, paraître totalement négligeable, au point de se demander s’il est justifié de lui consacrer des efforts et de l’énergie. Pour autant, cette “ petite ” action peut ensuite prendre des dimensions étonnantes, recevoir une influence durable dans le comportement quotidien, basé sur la Torah et les Mitsvot. Nos Sages disent(2) que les véritables fruits sont les Mitsvot. Dans le domaine de l’éducation, chaque effort est donc justifié. En effet, il s’agit bien là de l’avenir de l’élève, de son bien-être pour tout le reste de sa vie.
L’institution éducative Ohaleï Torah se maintient dans l’optique qui vient d’être définie et l’utilise pour le bien de ses élèves. Elle mérite donc que les membres de la communauté et les amis consentent à un effort particulier, afin de lui apporter le soutien dont elle a besoin pour se maintenir et se développer, à la fois quantitativement et qualitativement. Il faut espérer que tous ceux qui chérissent la Torah et les Mitsvot se mobiliseront avec enthousiasme pour répondre à l’appel à l’aide de l’institution Ohaleï Torah et accorderont leur soutien avec une main large. J’adresse mes salutations et ma bénédiction aux chers invités et à tous les participants. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 311. (2) Dans le traité Sotta 46a.
Lettre n°8932
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8932, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
dimanche(1) de la Paracha(2) :
“ Et, les enfants d’Israël sont libérés,
la main haute ” 5725,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(3). Puisse Dieu faire(4) qu’en ces jours qui précèdent et suivent(5) la date de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi et, a fortiori, dans la journée même de la Hilloula, le dixième jour du onzième mois, chacun soit inspiré à prendre de bonnes résolutions qui, par la suite, seront positivement suivies d’effet, dans l’action, qui est essentielle(6). Ainsi, on suivra les voies et les chemins qu’il nous a enseignés, on renforcera le Judaïsme traditionnel et on le diffusera. On répandra également les sources à l’extérieur et l’on avancera, d’une manière fixe et permanente(7), pour l’éternité et à jamais, sans aucune interruption(8).
On poursuivra tout cela et l’on y fera même un ajout, car “ ce jour est propice ”, selon les termes(9) de notre maître(10), dont nous célébrons la Hilloula, pour qu’on s’y attache à l’arbre de vie, de même que pour recevoir, vous-mêmes, vos épouses, vos fils et vos filles, la bénédiction de Dieu, la vitalité, l’opulence et la satisfaction de vos enfants. Vous serez bénis d’enfants, de santé et de prospérité matérielle, jusqu’à ce que Dieu nous conduise vers la largesse, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h “ et les enfants d’Israël sortiront la main haute ”. Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
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*
*
S’agissant de l’école(11), voici ce qu’il est possible de dire d’ici. La réussite que vous avez connue, jusqu’à maintenant, dans le domaine fondamental(12) qu’est l’éducation des enfants d’Israël fait la preuve que : 1. il est indispensable de poursuivre l’action, 2. la réussite se manifestera également à l’avenir si vous empruntez, au moins quelque peu, les voies de la nature. Quant à la manière d’agir et aux différents aspects de l’action, il est clair que cela ne peut être décidé que sur place. Il est évident que la proposition que je vous avez faite concernant les cinq milles livres israéliennes reste toujours valable.
Je vous adresse ma bénédiction de guérison et de largesse, s’appliquant tout d’abord, bien évidemment, à la perception intellectuelle car, de la sorte, l’école se développera. Et, vous m’en donnerez de bonnes nouvelles, dans la joie et l’enthousiasme.
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Pessa’him 8a ”. (2) La Parchat Bechala’h. (3) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 291. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8927. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Me’hilta, Parchat Yethro 20, 8, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 261, paragraphe 6 ”. (6) Selon le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au chapitre 27 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 54a ”. (9) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 2, à la lettre n°432 et tome 4, à la lettre n°1004. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Kountrass n°3 et le Kountrass n°36 ”. (11) Ce paragraphe a été ajouté à la lettre destiné au Rav Alexander Bunin. Voir, à son sujet, la lettre n°8327. (12) Le Rabbi souligne le mot : “ fondamental ”.
Lettre n°8933
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8933, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
Il va sans dire que je demande très souvent de vos nouvelles et j’en obtiens de bonnes, de votre état de santé, de même que de vos actions pour le Beth Loubavitch(2). Nous approchons du jour propice, Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et, tout naturellement, nous nous rappelons de tous les bons amis qui perpétuent son œuvre sacrée, sur les différents fronts, dans le grand monde, non seulement pour maintenir les positions conquises au prix d’un grand effort, mais aussi pour les renforcer et les élargir, pour raffermir la Torah et les Mitsvot, pour diffuser les sources(3). Et, l’on peut avoir la certitude que mon beau-père, le Rabbi veille, implore et prie pour tous ses “ soldats ”, afin qu’ils connaissent la réussite en la mission qui leur est confiée et qu’ils soient bénis en tous leurs besoins, à la fois matériels et spirituels.
A cette occasion, on mentionnera votre nom, en particulier, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Et, Dieu fasse que le mérite de vos actions pour les institutions de celui dont nous célébrons la Hilloula vous protègent, de même que les membres de votre famille, afin de recevoir largement les bénédictions de Dieu, dans tous les domaines où elles sont nécessaires, en particulier pour l’amélioration de votre état de santé et pour la clarté de vos yeux, très prochainement. Avec ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav C.Perrin. Voir, à son sujet, les lettres n°6775 et 7965. (2) De Londres. (3) De la ‘Hassidout à l’extérieur.
Lettre n°8934
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8934, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Chevat 5725,
Brooklyn,
A ma cousine, madame Cheïna Zelda(1),
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous évoquez l’épitaphe. A mon sens, il est bon d’y mentionner le nom de votre père, mari de la défunte(2), mon oncle(3), en précisant qu’il est un descendant de l’Admour Hazaken(4). Bien entendu, vous indiquerez aussi le nom du père de la défunte, le Rav D.T.(5). S’agissant des détails du texte(4), il faut prendre conseil auprès des Rabbanim ‘hassidiques se trouvant sur place(6). En effet, il est nécessaire de prendre en compte l’usage en vigueur dans ce cimetière et donc de consulter un Rav local.
J’ai demandé à mon ami, le ‘Hassid, Rav Avraham, de pouvoir participer aux frais d’hospitalisation(7). Vous avez sûrement reçu, en leur temps, mon télégramme et mon précédent courrier. Je vous adresse ma double bénédiction pour qu’à l’avenir, vous ne connaissiez que le bien, un bien évident, qui sera le contenu des lettres que nous échangerons. En saluant toute la famille, votre cousin qui vous souhaite tout le bien,
Notes
(1) Madame C. Z. Schneerson Mishkovski, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°8004. (2) Madame Ra’hel Schneerson, (3) Le Rav Chalom Chlomo Schneerson, oncle paternel du Rabbi. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7544. (5) Le Rav David Tsvi Hen. (6) Le Rabbi souligne l’expression : “ se trouvant sur place ”. (7) De la défunte.
Lettre n°8935
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8935, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[10 Chevat 5725]
Ayez(1) des réunions ‘hassidiques fructueuses, comme l’indique la Paracha de la semaine(2) : “ la main haute ”(3) et avec un chant, Chir, un Cantique, Chira(4), pour Dieu, la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout(5). Avec ma bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Ceci est le télégramme adressé par le Rabbi à l’occasion de la Hilloula du 10 Chevat. (2) La Parchat Bechala’h. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ La main haute : ceci fait allusion à la Torah ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Les termes Chir et Chira sont l’un masculin et l’autre féminin, correspondant à l’arbre de la vie et à l’arbre de la connaissance, à la partie révélée de la Torah et à son enseignement caché. Tout cela est expliqué, notamment, dans le Likouteï Torah, aux références que l’on retrouvera dans l’index ”. (5) Voir le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, à la page 372.
Lettre n°8936
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8936, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Chevat 5725,
Brooklyn,
Au grand Rav, ‘Hassid qui grand Dieu, issu
d’une illustre famille, le Rav Eliméle’h Alter(1),
Je vous salue et vous bénis,
Il existe un débat à propos de celui qui consomme du ‘Hamets à Pessa’h. En effet, même si cet homme transgresse une Interdiction de la Torah, il n’en accomplit pas moins de cette façon, l’Injonction de détruire le ‘Hamets, de sorte qu’il ne contrevient plus à l’interdiction de voir du ‘Hamets chez lui. J’ai trouvé dans mes notes que cette explication est donnée par le Techouva Me Ahava, au chapitre 182. Ce n’est pas l’avis, en revanche du Taam Ha Méle’h sur le Rambam, lois du ‘Hamets et de la Matsa, chapitre 1, au paragraphe 3. Mais, pour l’heure, je ne dispose pas de ces ouvrages.
Dans les explications du Rabad et du Ramban sur le Baal Ha Maor, commentant le Rif sur le premier chapitre du traité Pessa’him, on peut trouver une interdiction de manger(2). Néanmoins, celui qui passe outre à cet Interdit et le mange a effectivement mis en pratique une Injonction(3).
Notes
(1) Le Rav E.A. Fanet, de Brooklyn. (2) Le ‘Hamets dans le but de le détruire. (3) Celle de détruire le ‘Hamets, ce qui est fait en le consommant.
Lettre n°8937
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8937, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du 15 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
Aux chers enfants,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu vos dessins avec joie(1), de même que la lettre de votre enseignante et jardinière d’enfants, madame Ra’hel Zamir, à laquelle Dieu accordera une longue vie. Les dessins et la lettre me sont parvenus avant la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi et ma réponse a été rédigée à la veille du 15 Chevat, Roch Hachana des arbres. Or, j’ai vu, dans vos dessins, des petits garçons et des petites filles, des arbres et des fleurs.
Pour établir un lien entre tout cela, je vous rappellerai l’affection, l’amour intense que mon beau-père, le Rabbi, vouait à tous les Juifs et à tous les Juives, grands et petits. Il éprouvait un amour particulier pour les enfants, se préoccupait de leur éducation, recherchait leur bien, en tout endroit. En chaque petit garçon, en chaque petite fille, il voyait une pousse qui grandirait et deviendrait un bel arbre fruitier, portant des fruits bons et agréables. Néanmoins, tout cela dépend de l’effort qui est consenti par chaque petit garçon et par chaque petite fille. L’image permettant de comprendre cette idée est celle de l’arbre. Quand on plante une graine ou une jeune pousse, on doit la préserver des mauvaises herbes et de tout ce qui est nocif, l’arroser, jusqu’à ce quel devienne un arbre portant de beaux fruits. Il en est de même pour chaque petit garçon et chaque petite fille. Dieu dit, par l’intermédiaire de Son prophète, qu’ils sont : “ les fruits de Mes plantations, les actions de Mes mains, dont Je suis fier ”.
Dieu a implanté en vous une âme sainte, une “ parcelle de Divinité véritable ”. Vous devez donc protéger cette graine divine de toutes les actions mauvaises et négatives, c’est-à-dire des mauvaises fréquentations, lui apporter de l’eau vive. Or, “ il n’est d’eau que la Torah ”(2), Torah de vie et ses Mitsvot, qui “ insufflent la vie à ceux qui les accomplissent ”. De la sorte, Dieu vous accordera Sa bénédiction et Il vous l’accordera encore, afin que vous parveniez à être des arbres portant des fruits beaux et bons, pour la joie de vos parents et de vos professeurs, pour l’honneur et la gloire de notre peuple, la nation des enfants d’Israël. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 310. (2) Selon le traité Baba Kama 17a.
Lettre n°8938
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8938, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Morde’haï Ich Chalom,
maire de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et
rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie pour vos salutations, que vous m’avez adressées par l’intermédiaire du Rav Na’houm Rabinovitch et, en particulier, pour avoir pensé à la réunion ‘hassidique de la Hilloula, pour avoir manifesté votre intérêt en y participant. En outre, je saisis cette occasion pour vous exprimer ma reconnaissance pour l’aide que vous avez apporté, jusqu’à maintenant aux institutions de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. J’espère que vous le ferez encore, à l’avenir et même d’une manière beaucoup plus large. Vous devez savoir mieux que moi à quel point ces institutions sont indispensables. Or, elles se maintiennent grâce au soutien de tous ceux qui habitent cette ville et, en particulier, de son maire. Avec mes respects et ma bénédiction,
Lettre n°8939
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8939, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Chevat 5725,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
possède de multiples connaissances, se consacre
aux besoins communautaires, le Rav M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres, dans lesquelles vous me proposez de correspondre dans le but d’éclaircir la Hala’ha, concrètement applicable, dans différents domaines que vous énumérez(2). Cependant, vous savez sans doute qu’il n’est nullement de mon propos de déterminer la Hala’ha telle qu’on doit la mettre en pratique, d’une manière concrète, en particulier dans les domaines qui sont traités par de nombreuses personnes, analysant la question sous tous les angles.
Telle est la voie qui a été tracée par mon beau-père, le Rabbi, pour sa maison, si ce n’est dans des cas exceptionnels, quand il y a de bonnes raisons, des justifications importantes conduisant à intervenir dans la discussion. Bien plus, nombreux sont ceux, à New York et, plus généralement, aux Etats-Unis, qui seraient heureux si on leur proposait de formuler un avis, en la matière. Bien entendu, je fais allusion à des Rabbanim, habilités à enseigner la Hala’ha, à la trancher sans complaisance, d’une manière pratique. En outre, ils vous seront reconnaissants si vous publiez leur propos. Vous voudrez donc bien m’excuser(3). En plus de la raison essentielle, précédemment énoncée, je ne dispose pas du temps nécessaire, de sorte que la satisfaction d’une telle requête n’est pas d’actualité. Avec mes respects et ma bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Vous consulterez l’affirmation de nos Sages, dans le traité Bera’hot 63a, selon laquelle : “ lorsque(4) tous distribuent, rassemble ! ” et ceci s’applique, de la même façon, à ce(4) qui est distribué. Le grand Rav, Rav I.M. Ha Cohen R(5), a écrit à propos du coucher du soleil et je suis surpris par le contenu de son explication, d’autant que je le connais depuis longtemps. Je ne comprends donc pas comment il a pu affirmer pareille chose. Néanmoins, je ne dispose pas du Kountrass Hachlama(6), du Zi’hron Yossef, du Bneï Tsion, du Divreï ‘Hanna et du Kané Ve Kinamon. Mais, peut-être souhaitait-il défendre les propos, cités à la fin de l’ouvrage, du Ramal et de ceux qui le soutiennent. L’explication donnée, à ce propos, par le Nimoukeï Yossef, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 261, a dû lui échapper. Je n’en dirai pas plus.
S’agissant de ce qu’il écrit, sur ce sujet, à propos de la conception de l’Admour Hazaken, exposée dans son Siddour, sans même citer son nom, pas plus que celui du Yerouchalmi ou du Radbaz, il affirme que l’on ne peut pas considérer l’opinion de Rabbénou Tam comme un avis isolé, puisque le ‘Hida écrit, dans le Chem Ha Guedolim, que la décision du Choul’han Arou’h émane de deux cents Grands de sa génération. Or, si l’on interprétait, dans la Hala’ha, les propos du ‘Hida de la manière dont il le fait, il eut été préférable que sa question porte sur le Rama, contredisant le Choul’han Arou’h à différentes reprises. En effet, il n’a jamais été dit que deux cent un Grands siégeaient dans le tribunal du Rama. En tout état de cause, ceci ne concerne nullement les propos de l’Admour Hazaken, qui précise bien : “ Rabbénou Tam et ceux qui le suivent ont un avis qui n’est pas partagé ”, en opposition(4) avec les Gaonim et ceux qui les suivirent. En outre, il écrit que le Choul’han Arou’h est revenu sur sa position. Il cite aussi le Péri ‘Hadach et le Arou’h Ha Choul’han. En l’occurrence, tous(4) adoptent bien la position des Gaonim. Et, le Péri ‘Hadach est cité par le Siddour. Quant au Birkeï Yossef et au Arou’h Ha Choul’han, ils figurent dans le Ora’h ‘Haïm, au chapitre 261.
Pour clarifier toutes ses positions, vous consulterez également le Min’hat Cohen, le Ben Ha Chemachot, du Rav Y.M. Tukatchinski et l’article “ coucher du soleil ”, dans l’Encyclopédie talmudique.
Notes
(1) Le Rav Meïr Amsel, de Brooklyn. Voir, à son sujet, les lettres n°3821 et 6905. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 247. (3) De décliner cette proposition. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ lorsque ”, “ ce ”, “ en opposition ” et “ tous ”. (5) Le Rav I.M. Rappoport. (6) Fascicule de complément.
Lettre n°8940
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8940, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17(1) Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A tous les participants à la célébration annuelle du
centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
La sainte Torah, qui est éternelle, délivre des enseignements s’appliquant à chaque événement, en tout temps(2). Combien plus en est-il ainsi quand cet événement se trouve être directement lié à la Torah, comme c’est le cas, en l’occurrence, pour la célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch. Cette année, votre célébration a lieu en le jour où l’on commence l’étude de la Parchat Michpatim(3), les Lois. La première Loi présentée par le texte traite des relations entre les hommes(3). Néanmoins, Michpatim fait suite à Yethro(3), la Paracha du don de la Torah(3), qui rapporte les dix Commandements(3). Ceux-ci commentent par : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”(3). Et, cette même Sidra se conclut en traitant de l’autel, qui fait allusion au service de Dieu effectué par les hommes(3). Nos Sages disent(4), à ce propos : “ C’est pour cela que la Paracha des Lois fait suite à celle de l’autel(3) afin de montrer que le Sanhédrin doit siéger à côté du Temple, de l’autel.
En ce qui vient d’être dit est souligné, à différentes reprises et de la manière la plus profonde, l’idée suivante(5). Quand il s’agit d’instaurer, entre les hommes et les peuples, une législation bonne et juste, il est absolument insuffisant de se baser sur son sens inné de la droiture et de la justice, comme l’ont montré les événements malencontreux qui se sont souvent produits dans le monde. L’éthique et la droiture se maintiennent, au sein de la vie collective, au quotidien, pour les hommes et les nations, uniquement lorsque leur législation morale est fondée sur des bases surnaturelles(3), c’est-à-dire sur la sainteté(3) inhérente au Créateur du monde, Qui est aussi le Créateur de l’homme. En effet, seul le Créateur possède une connaissance parfaite de la nature humaine, avec toutes ses faiblesses. C’est donc uniquement Lui Qui est en mesure de forger des lois d’éthique et de morale véritables et durables, pour toute l’humanité, pour l’individu comme pour la collectivité. Ainsi, ces lois divines s’imposent à tous, sans la moindre exception, en tout lieu et à toute époque.
A la lumière de ce qui vient d’être dit, on peut évaluer la valeur d’une Yechiva, en général et celle des Yechivot Loubavitch, en particulier. Le temps est passé où l’on a cru que la nécessité de posséder une profonde connaissance de la Guemara, du Moussar et de la ‘Hassidout incombait uniquement à un Rav ou à un Cho’het, alors que le Juif “ ordinaire ”, membre de la communauté, n’en a nul besoin. A notre époque et dans notre environnement, il a été clairement établi que la possibilité d’étudier la Torah et de se pénétrer profondément de crainte de Dieu, dans l’atmosphère d’une Yechiva, est vital pour chaque(3) Juif, s’il désire être un homme intègre(3), par les Mitsvot qui permettent de servir Dieu(3) comme par celles qui régissent les comportements entre les hommes(3), dès lors qu’il veut assumer pleinement la mission qui a été confiée à son âme, selon ce que la divine Providence a dévolu à chacun.
C’est précisément en cela que se distinguent les Yechivot Loubavitch. Leurs élèves, les Temimim possèdent l’intégrité(3) dans les deux directions qui viennent d’être définies, car l’amour de Dieu et l’amour de la Torah vont de pair avec l’amour du prochain et s’expriment pleinement dans l’existence quotidienne. J’adresse ma bénédiction et mes salutations à tous les estimés invités et participants à cette célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch. J’espère que chacun et chacune prendra pleinement part à sa réussite, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction pour un grand succès en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est dix-sept. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 314. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ Michpatim ”, “ relations entre les hommes ”, “ Yethro ”, “ don de la Torah ”, “ dix Commandements ”, “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, “ de Dieu par les hommes ”, “ l’autel ”, “ surnaturelles ”, “ sainteté ”, “ chaque ”, “ intègre ”, “ servir Dieu ”, “ comportements entre les hommes ” et “ intégrité ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8942. (5) Voir notamment, à ce sujet, les lettres n°8338, 8942 et 8969.
Lettre n°8941
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8941, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Chevat 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention du Rav Yehouda Samet,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement vos fonctions d’aumônier militaire(1) et vous me demandez des directives pour connaître la réussite en votre mission. D’après les activités des jeunes de l’association ‘Habad, qui ont accumulé de l’expérience pendant plusieurs années, ont visité des camps militaires, rencontré des étudiants, il est possible de proposer les points suivants :
A) Le temps est court, comme vous l’écrivez vous-même, puisque vous n’avez plus que quelques mois à passer dans cet endroit et la plupart des soldats juifs qui s’y trouvent n’y restent que six semaines. De ce fait, il est difficile d’établir un programme de travail permettant un avancement étape par étape. Avant tout, il convient donc de susciter une motivation générale, par des paroles émanant du cœur, qui pénètrent dans le cœur, de sorte que chacun se demande quelle mission lui incombe, en tant que Juif, que faire pour assumer cette mission, dans quelle mesure il s’acquitte effectivement de son obligation, en la matière. Avant tout, on mettra en éveil le désir d’assumer cette mission, car ceux qui seront motivés à le faire, seront fiers d’être juifs et y accorderont de l’importance. Ils s’efforceront donc, par leur propre initiative, d’élargir leurs connaissances, même s’ils ne se trouvent plus sous votre influence. En effet, celle-ci continuera à s’exercer par la suite.
B) Pour que cette influence ne se limite pas uniquement au monde de la parole, une action concrète est nécessaire, une Mitsva que l’on met en pratique, d’une manière concrète, chaque jour. Outre la valeur intrinsèque de ce qui est concret, on sait que : “ une Mitsva en attire une autre ”(2). Bien plus, l’action adoptée par celui qui reçoit l’influence lui rappellera toujours les propos motivants qui l’ont provoquée. Par exemple, on mettra les Tefillin chaque jour de semaine, au moins pendant quelques instants, on lira le Chema Israël ou l’on donnera une pièce à la Tsedaka, chaque matin de semaine.
C) Les chefs de famille restant sur place(3) un an ou plus, par exemple les médecins, doivent, bien évidemment, disposer d’un programme fixe et de temps pour étudier la Torah. Il est nécessaire qu’ils soient en mesure de respecter les Mitsvot, la Cacherout, les Tefillin pour les hommes, la pureté familiale et, avant tout, l’éducation des enfants.
D) Il faut tenir compte du fait qu’il peut y avoir, parmi les soldats, des jeunes gens issus de milieux dans lesquels on respecte la Torah et les Mitsvot, mais qui considèrent que, dans l’armée, on est dispensé du joug des Mitsvot, du fait des difficultés inhérentes à cette pratique. En outre, il faut guider ceux qui prennent conscience de leur responsabilité et de leur mérite, celui d’influencer les autres. Et, qui sait si tel n’est pas leur rôle essentiel, justifiant que l’on ait été envoyé dans tel camp militaire, parmi de nouveaux amis ?
Vous préciserez que vous ne resterez dans cet endroit que quelques mois. Sans doute redoublerez-vous donc d’ardeur en l’influence que vous exercez. De la sorte, lorsque votre successeur arrivera, vous pourrez lui transmettre un programme de travail concret, dont il poursuivra l’application. En outre, vous serez en mesure de lui montrer la réussite et les fruits de votre influence. Si vous avez besoin d’une aide supplémentaire, ou bien de publications, vous pouvez vous adresser directement aux jeunes de l’association ‘Habad et peut-être pourrez-vous même organiser la visite d’un de ses membres dans votre camp militaire, si le besoin spécifique s’en fait ressentir. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Vraisemblablement aux Etats-Unis. (2) Selon le traité Avot, chapitre 4, à la Michna 2. (3) Dans la base militaire.
Lettre n°8942
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8942, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, dimanche
de la Parchat Michpatim 5725,
Brooklyn, New York,
Aux membres de l’association de bienfaisance
“ Ceux qui gardent le Chabbat ”, dans la ville
de Brooklyn, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec plaisir que la réunion annuelle organisée au profit de votre association de bienfaisance devait avoir lieu(1). Puisse Dieu faire qu’elle soit fructueuse en chacun de ses aspects. Comme vous le savez(2), l’ordre de notre Torah en est partie intégrante et il délivre également un enseignement. Or la Paracha énonçant les lois, celle de Michpatim, se trouve à proximité(3) de la Paracha traitant de l’autel et l’on en déduit que le Sanhédrin(4) doit être placé à côté du Temple(5).
Ceci nous enseigne que, dans les Mitsvot régissant les relations entre les hommes, qui sont la quasi totalité des Préceptes figurant dans la Parchat Michpatim, il est nécessaire d’être proche de la sainteté et du Temple, de se fonder sur l’un et l’autre. Tel est également le fil conducteur des dix Commandements, qui commencent par : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ” et se concluent par : “ Tu ne convoiteras pas ”. C’est uniquement à cette condition que les relations entre les hommes sont parfaites. Et, il en est de même, dans le sens opposé : “ Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain. C’est là toute la Torah. Le reste n’est que commentaire. Va l’étudier ”(6).
Puisse Dieu faire qu’en les bonnes actions que vous accomplissez, il apparaisse à l’évidence qu’elles sont basées sur : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, au singulier, celui de chaque Juif et de chaque Juive. De ce point de vue, tous sont effectivement équivalents et ont un même Père. Un amour et une fraternité véritables règnent entre eux(7). C’est de cette façon que les bonnes actions sont les plus complètes, les plus belles, de même que le sentiment(8) de compassion qui doit les accompagner.
La rétribution de tous ceux qui se consacrent aux bonnes actions est expliquée et précisée par différents textes de notre Torah, Torah de bonté, ayant été donnée par le Dieu miséricordieux et magnanime, Qui nous a commandés de suivre ses voies. Et, la Tsedaka, précisément, est “ la Mitsva de Dieu ”, ce que Dieu réalise et accomplit Lui-même en permanence(9). Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée,
M. Schneerson,
Vous trouverez ci-joint ma participation, sans en faire le vœu, à votre caisse de bienfaisance.
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 339. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°9027. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentaire de Rachi sur la Paracha de ce jour. Voir aussi la Me’hilta, à cette référence et le Yerouchalmi, traité Makot, chapitre 2, au paragraphe 6 ”. (4) Rendant le jugement et établissant la Loi. (5) Dans lequel se trouve l’autel. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat 31a, selon la seconde interprétation énoncée par Rachi, à la même référence. Voir aussi le chapitre 32 du Tanya ”. (7) Le Rabbi note en bas de page : “ Chapitre 32 du Tanya ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Avec bienveillance et joie, selon les termes du Rambam, dans ses lois des dons aux pauvres, chapitre 10, au paragraphe 4, avec enthousiasme, en outre, d’après la précision qui est apportée par le Tour et Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 249, au paragraphe 3 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Iguéret Ha Kodech, au chapitre 17, Tov, bon ”.
Lettre n°8943
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8943, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Chevat 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, avec votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera(1). Vous m’interrogez sur un poste que l’on vous propose dans une Yechiva secondaire. Vous connaissez sûrement les différents avis ayant été émis à ce sujet, des positions opposées, d’une extrême à l’autre. Bien entendu, vous ne devez pas prendre partie, en la matière, puisque de nombreux jeunes gens ayant la crainte de Dieu s’installent en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, dans la tente de la Torah(2), sans avoir recours à cela, c’est bien évident.
Vous comprendrez que je sois étonné et surpris par le sang-froid avec lequel vous écrivez, dans votre lettre, que vous ne vous préoccupez pas spécialement de diffuser les sources(3). Or, vous connaissez, puisque vous l’utilisez vous-même, cette expression(4) qui figure dans la sainte épître du Baal Chem Tov. Bien plus, le Talmud(5) et le Rambam(6) tranchent qu’un homme doit toujours(7) considérer qu’il se trouve sur une balance en équilibre, que le monde entier se trouve lui-même sur une balance en équilibre(8). Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
C. M. Simpson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 24, à la page 352 et tome 23, à la page 515. (2) En se consacrant à son étude. (3) De la ‘Hassidout à l’extérieur. (4) “ Diffusion des sources à l’extérieur ”. (5) Dans le traité Kiddouchin 40b. (6) Dans ses lois de la Techouva, chapitre 3, au paragraphe 4. (7) Le Rabbi souligne le mot : “ toujours ”. (8) Une seule action positive peut donc faire pencher les deux balances du côté du bien.
Lettre n°8944
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8944, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Chevat 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 8 Chevat, dans laquelle vous m’écrivez à propos de ce que l’on sait(1). Vous devez complètement oublier tout cela et vous consulterez, à ce propos, les responsa du Tséma’h Tsédek, porte des additifs, dans le tome 2(2). Vous multiplierez les mots de la Torah et de la prière. De même, vous apprendrez par cœur au moins quelques chapitres de Michna et de Tanya. Vous donnerez de la Tsedaka à de multiples reprises, même si la somme finale reste la même(3), comme l’indique le Rambam, dans son commentaire de la Michna(4). Vous consulterez aussi Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 21. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Une perte séminale. Voir, à ce sujet, la lettre n°8686. (2) Dans l’édition de 5744 (1984), Ora’h ‘Haïm, tome 2, au chapitre 108. Voir les Iguerot Kodech du Tséma’h Tsédek, tome 1, à la lettre n°26. (3) Seul le nombre de fois que l’on en donne étant multiplié. (4) Dans le traité Avot, chapitre 3, à la Michna 15.
Lettre n°8945
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8945, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Chevat 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue de ce Chabbat(1). En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. Vous m’indiquez également ce que les médecins ont prescrit à votre épouse, à titre contraceptif. Vous avez interrogé un Rav, à ce sujet et celui-ci vous a autorisé différents moyens, que vous citez également dans votre lettre.
Je suis surpris que vous ne fassiez pas mention de ce qui est très simple et, en même temps, très efficace, surtout en le conjuguant aux moyens que vous citez. En effet, dans un cas comme le vôtre(2), le Rav a clairement permis(2) de retarder l’immersion rituelle de quelques jours, en fonction de l’avis du médecin qui connaît votre épouse et qui est donc en mesure de déterminer le jour en lequel elle peut concevoir. Dans la pratique, un retard de deux ou trois jours s’avère suffisant. Vous parlerez donc de tout cela avec le Rav et le médecin. Ils vous guideront.
D’après la formulation de votre lettre, j’espère qu’il est inutile de vous souligner la nécessité d’une existence quotidienne qui soit conforme aux instruction de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Tout d’abord, telle est l’Injonction de Dieu, mais c’est, en outre le moyen de recevoir la bénédiction de Dieu en tous ses besoins, en particulier lorsque celle-ci est nécessaire dans un domaine spécifique. Pour ce qui vous concerne, en particulier, vous respecterez toutes les lois de la pureté familiale. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, ainsi que les Mezouzot de votre maison, pour vérifier qu’elles sont toutes conformes à la Hala’ha. Et, votre épouse gardera l’usage positif des femmes juives vertueuses, qui consiste à prélever de la Tsedaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.
La ligature des trompes est, tout d’abord, une opération, avec tous les risques que cela implique, surtout si l’on tient compte de la profondeur de cette intervention. En outre, dans un état de santé fragile, dont différents aspects n’apparaissent pas clairement dans votre lettre, ceci présente plusieurs inconvénients : 1. On empêche ainsi une grossesse d’une manière certaine, y compris après la guérison. 2. Il y a certains risques, d’après la Hala’ha, comme votre Rav vous l’expliquera. 3. Dans certains cas, une grossesse a été possible, malgré cette ligature et l’on a coutume de l’expliquer en considérant qu’elle s’est défaite d’elle-même et qu’il n’y a aucun moyen de s’en apercevoir, dans la mesure où elle est interne. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 229. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ le vôtre ” et “ le Rav a clairement permis ”.
Lettre n°8946
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8946, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Chevat 5725,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Chevat, dans laquelle vous m’interrogez sur différents aspects de la période qui suit le mariage, lequel sera célébré en un moment bon et fructueux(1). Il est clair que vous devez en parler, avant tout, avec votre fiancé, d’autant que, semble-t-il, lui-même m’a déjà écrit à propos d’une des questions que vous posez dans votre lettre.
Vous envisagez la poursuite de votre activité, dans le domaine de l’éducation, après votre mariage. Il est clair que, de façon générale, cela est particulièrement bon et judicieux, en particulier à notre époque et en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Une telle activité est fondamentale, c’est bien évident.
D’après la formulation de votre lettre, j’espère que, d’ores et déjà à l’heure actuelle, vous effectuez votre travail avec l’abnégation et le dévouement qui conviennent. En effet, nos Sages ont donné l’assurance(2) que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier et l’on connaît la précision de l’Admour Hazaken(3) selon laquelle ceci inclut également le fait de purifier les autres. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
C. M. Simpson,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une jeune fille. Voir Hé’hal Mena’hem, tome 1, à la page 120. (2) Dans le traité Yoma 38b. (3) Dans le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, à la page 88b.
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