Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8887
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8887, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
jours de Seli’hot 5724,
Brooklyn, New York,
Aux participants à la fête de conclusion de l’étude
du traité Chabbat, à Kfar Argentina Nir Tsvi, que
Dieu vous accorde de longs jours et de bonnes années,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction(1). A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, par la présente, ma bénédiction à vous-mêmes et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Je vous adresse mes respects et ma bénédiction afin que, selon la conclusion du traité Chabbat, vous vous consacriez aux Mitsvot et à leurs préparatifs, dans le Chabbat, le repos, la largesse et la grandeur, selon l’attitude qui caractérisait l’exilarque, “ afin de purifier une femme pour son mari ”, en l’occurrence l’assemblée d’Israël pour le Saint béni soit-Il. Pour cela, toutes les actions seront mesurées dans l’optique de la Mitsva et de ce qui la concerne, y compris des préoccupations du monde, dont on fera une étude de la Torah, de la Loi orale, comme l’expliquent nos Sages(2), précisément dans cette Loi orale, à propos du comportement qui est basé sur le principe : “ En toutes tes voies, reconnais Le ”. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,
Notes
(1) A l’occasion de cette fête de conclusion d’une étude. (2) Dans le traité Bera’hot 63a.
Lettre n°8888
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8888, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
jours de Seli’hot 5724,
Brooklyn, New York,
Au jeune Ezra Binyamin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous(2) m’interrogez(3) sur les explications du Tanya. Vous consulterez, à ce sujet, la fin de l’introduction du Ramban à son commentaire de la Torah.
Notes
(1) Le Rav E.B. Schochat. Voir, à son sujet, la lettre n°8703. (2) Voir le Hé’hal Mena’hem, tome 1, à la page 72. (3) Le Rav Schochat interrogeait le Rabbi sur une explication qu’il avait donnée dans le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, dans les additifs, à la page 87 : en quoi le Tanya est-il différent d’un autre livre, également rédigé avec inspiration divine ? En effet, cette inspiration divine n’inclut-elle pas, d’une manière naturelle, tous les commentaires, toutes les précisions qui sont exactes, même si l’auteur n’y avait pas pensé en les écrivant ?
Lettre n°8889
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8889, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5724]
Pour ce qui est(1) des notes sur le Sifri, au début de la Parchat Bera’ha : Répondant aux fils d’Esav qui Lui demandaient ce qui figure dans la Torah(2), le Saint béni soit-Il dit : “ Tu ne tueras pas ”. De même, Il dit aux fils d’Amon et Moav : “ Tu ne commettras pas d’adultère ”, aux fils d’Ichmaël : “ Tu ne voleras pas ”. Pour autant, ce n’est pas là le fait nouveau qui fut introduit par le don de la Torah, car ces Préceptes appartiennent également aux sept Mitsvot des descendants de Noa’h. Et, l’on consultera, à ce sujet, le traité Yebamot 47b, qui dit : “ Il nous a interdit l’idolâtrie ”. On verra aussi ce que disent les commentateurs, à cette référence.
Toutefois, on peut expliquer qu’il était nécessaire de leur présenter ces Mitsvot, précisément, car il les considéraient comme les plus sévères, dès lors qu’elles allaient à l’encontre de leur personnalité profonde. C’est, du reste, pour cela que chacun de ces peuples répondit : “ Nous ne sommes là que pour cela ”(3). Par la suite, cela leur fut interdit à travers les sept Mitsvot des descendants de Noa’h, mais la distinction qu’il convient de faire, en la matière, est bien claire. Lors du don de la Torah, le Saint béni soit-Il leur demandait de l’accepter de leur plein gré(4) et c’est à ce propos qu’ils répondirent : “ Nous ne sommes là que pour cela ”, justifiant, de cette façon, qu’ils ne pouvaient la recevoir.
Ce qui vient d’être dit permet de comprendre simplement le commentaire du Me’hilta sur le verset Yethro 20, 2, qui reprend l’explication du Sifri et conclut : “ Rabbi Chimeon Ben Eléazar enseigne : Les descendants de Noa’h ne parviennent pas à respecter leurs sept Mitsvot, bien qu’ils s’y soient engagés. A fortiori est-ce le cas pour les Mitsvot de la Torah ! ”. Et, le Sifri adopte la même position, qui dit : “ On pourrait penser qu’ils ont eu connaissance de la Torah et qu’ils l’ont acceptée. C’est à ce propos qu’il est dit : ‘Il ne les feront pas’. En fait, les descendants de Noa’h ne sont même pas parvenus à mettre en pratique leurs propres Mitsvot, comme ils en ont pris l’engagement. Par la suite, ils sont revenus sur cet engagement et ils l’ont transmis aux enfants d’Israël ”. C’est bien évident.
Le Sifri explique que le verset : “ Tu ne tueras pas ” est un ajout, concernant les enfants d’Israël, apporté à l’interdiction qui avait été faite aux descendants de Noa’h de verser le sang, mais cela est quelque peu difficile à admettre. Si c’était le cas, l’essentiel de l’explication manquerait du livre. On peut, toutefois, étayer cette affirmation par la réponse faite aux descendants d’Amon et de Moav, qui écartent l’adultère, ainsi qu’il est dit : “ Les filles de Loth conçurent de leur père ”. Lors du don de la Torah, s’ajouta à cela l’interdiction des relations interdites. De même, la réponse faite aux fils d’Esav peut être rapprochée du verset : “ Tu vivras au fil de ton épée ”. Il est bien clair que la bénédiction d’Its’hak n’avait pas pour objet de le conduire à transgresser les Commandements des descendants de Noa’h.
Quant à l’affirmation du Midrash Chemot Rabba, chapitre 30, au paragraphe 9, selon laquelle les non Juifs reçurent les esquisses des Mitsvot, on consultera le commentaire du Ramban sur le verset Vaychla’h 34, 13, qui dit : “ A mon sens, les jugements qui ont été énumérés… ”. Vous verrez aussi le traité ‘Houlin 92a, qui précise : “ Les Mitsvot auxquelles les enfants d’Israël sont astreintes ”.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Israël Its’hak Piekarzki, recteur de la Yechiva centrale Tom’heï Temimim Loubavitch, à New York. Voir, à son sujet, les lettres n°7242 et 7572. (2) Lorsque Dieu la proposa à toutes les nations avant de la donner aux enfants d’Israël. (3) Pour faire ce que Dieu voulait leur interdire. (4) Le Rabbi souligne l’expression : “ de leur plein gré ”.
Lettre n°8890
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8890, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille de Soukkot 5725,
au moment de Min’ha,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, homme agréable et érudit, qui craint Dieu,
donne des explications, a de multiples connaissances, maître
des maîtres, le Rav Y.D.(1) Ha Lévi et toute sa famille,
que Dieu vous accorde de longs jours et de bonnes années,
Je vous remercie pour votre lettre de bénédiction de ce mardi, veille de Yom Kippour(2), lorsque se réalisèrent pleinement les termes du verset : “ Et, Dieu consola ”, précisément de Son plein gré. La récompense fut grande et l’élévation, immense. Ce fut “ le jour de la joie de Son cœur ”(3). De fait, vos propos ont déjà été exprimés au préalable, en ces termes : “ Je bénirai ceux qui te béniront ”, de la bénédiction de Dieu dont l’intérêt surpasse le capital(4). Puisse Dieu faire que très bientôt et de nos jours, nous méritions, au sein de tout Israël, d’assister à la consolation de Sion et de Jérusalem(5) et à l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ Il fera disparaître… et Il effacera les larmes de tous les visages ”. Dès lors, “ ils se réveilleront et se réjouiront ceux qui reposent sous terre ”, car Dieu les fera revivre par la rosée de l’intense lumière céleste. Avec ma considération, mes respects et ma bénédiction à l’occasion de la fête(6) à propos de laquelle la joie est mentionnée, par trois fois, dans la Torah,
Pour faire suite à notre discussion(7), j’ai retrouvé, par la suite, un commentaire de la Michna(8) affirmant, au traité Demaï, chapitre 1, à la Michna 2, que la déclaration : “ je n’ai pas consommé la dîme en état Onen(9) ” s’entend avant l’enterrement. C’est également l’explication que donne le Roch, à la fin du traité Maasser Chéni(10).
Vous concluez votre lettre en mentionnant les versets : “ voir le Cohen ” et : “ à Lévi, il dit ”. Vous consulterez ce que dit, à ce sujet, le Ari Zal, dans son Likouteï Torah et dans le Chaar Ha Pessoukim sur Yé’hezkel. Il affirme, en effet, que, dans le monde futur, les Léviim deviendront Cohanim. Et, vous verrez aussi le Tanya, au chapitre 50(11), qui ajoute, à ce sujet : “ Les Léviim actuels seront(12) des Cohanim, dans le monde futur ”. On peut penser qu’il répond, par cette précision, à l’objection que l’on pourrait soulever, sur ce point, à partir du verset : “ à nous et à nos enfants, pour l’éternité ”, comme le cite le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du chapitre 9. En conséquence, il explique que ceux qui sont des Léviim actuellement(12), et non dans le monde futur, seront, dans ce monde futur, des Cohanim depuis leur naissance.
Je viens de consulter l’édition du commentaire de la Michna(8) qui a été publiée par le Rav Kafah, à Jérusalem, en 5723(13). L’éditeur y fait mention d’un manuscrit du Rambam, se trouvant en sa possession, dans lequel celui-ci aurait rayé la phrase, précédemment citée, qui figure bien dans nos éditions. Il indique, dans la marge, la phrase qu’il reproduit : “ On est Onen, d’après la Torah, uniquement le jour même du décès ”, comme il l’indique aussi dans le Yad Ha ‘Hazaka. Et, l’on adopte une conclusion positive. Au début du Séfer Ha Maamarim 5629(14), publié à Brooklyn, en 5719(15), on explique, vraisemblablement d’après un commentaire(16) du Tséma’h Tsédek(17), que la bénédiction de Dieu a également valeur de prière, “ Qu’il soit Ta Volonté de… ”. Celle-ci est donc en mesure de susciter une volonté nouvelle(12) de guérir ou de bénir.
Notes
(1) Le Rav Yossef Dov Soloveitchik, de Boston. (2) Dans laquelle le Rav Soloveitchik présentait ses condoléances au Rabbi, après le décès de sa mère, la Rabbanit ‘Hanna, survenu le saint Chabbat 6 Tichri, au moment de Min’ha. (3) Voir le traité Taanit 26b. (4) Voir le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 61, au paragraphe 4 et la longue explication développée dans le Likouteï Si’hot, tome 5, à partir de la page 422. (5) Voir également la lettre suivante. (6) De Soukkot. (7) Lorsque le Rav Soloveitchik vint présenter ses condoléances au Rabbi. Voir, à ce sujet, les lettres n°8891 et 8899. (8) Du Rambam. (9) L’endeuillé qui n’a pas encore enterré son proche. Voir le verset Tavo 26, 14. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chapitre 5, à la Michna 12. Il discute l’avis de Rabbi Ovadya de Bartenora ”. (11) Voir aussi le Chiyourim Be Séfer Ha Tanya, à cette référence, dans la note 15. (12) Le Rabbi souligne les mots : “ actuels seront ”, “ actuellement ” et “ nouvelle ”. (13) 1963. (14) 1869, du Rabbi Maharach. (15) 1959. (16) On verra, à ce propos, ce qui est indiqué, à cette même référence, dans les notes de l’édition de 5752 (1992) de ce Séfer Ha Maamarim. (17) Il s’agit du discours ‘hassidique intitulé : “ C’est ainsi que vous bénirez ”, figurant dans le Or Ha Torah, Parchat Nasso, à la page 270.
Lettre n°8891
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8891, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille de la fête de Soukkot 5725,
au moment de Min’ha(1),
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires, possède
de larges connaissances, le Rav Chlomo Yossef(2),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie pour les paroles de condoléances que vous avez bien voulu m’adresser(3). Puisse Dieu faire(4) que très bientôt et de nos jours, nous méritions, au sein de tout Israël, d’assister à la consolation de Sion et de Jérusalem et à l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ Il fera disparaître… et Il effacera les larmes de tous les visages ”(5). Dès lors, “ ils se réveilleront et se réjouiront ceux qui reposent sous terre ”(6). Dieu les fera revivre par la rosée de l’intense lumière(7) céleste(8).
Je suis un peu surpris de ne pas avoir trouvé mention d’une référence au traité Demaï, chapitre 1, à la Michna 2, dans l’Encyclopédie(9), confirmant le commentaire du Roch, à la fin du traité Maasser Chéni, selon lequel l’endeuillé peut consommer le second Maasser après l’enterrement. Toutefois, dans le commentaire de la Michna qui a été publié par le Rav Kafah, il est écrit que le Rambam raya cette mention d’un trait de plume(10). Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles et pour une joyeuse fête(11),
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Bera’hot 6b. Ceci est expliqué par le Or Ha Torah du Tséma’h Tsédek, à la Parchat Vaychla’h, page 234b. En l’on consultera les références qui sont citées ”. (2) Le Rav C.Y. Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°8731. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 212 et tome 24, à la page 522. (4) Voir la lettre précédente. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ichaya 25, 8. Fin du traité Moéd Katan ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ichaya 26, 19 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 1, à la page 118a. Voir aussi les traités ‘Haguiga 12b et Ketouvot 111b, de même que le Tanya, à la fin du chapitre 36 ”. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°8307. (9) Talmudique, tome 2, à l’article “ statut du Onen ”, page 66, dans la note 11. (10) Voir, à ce sujet, la lettre précédente et la lettre n°8899. (11) De Soukkot.
Lettre n°8892
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8892, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, veille de
Roch ‘Hodech Mar ‘Hechvan 5725,
Brooklyn, New York,
A madame Miriam(1),
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Tichri. Ce mois est désormais écoulé et il se conclut par le temps de notre joie(2), en particulier par Sim’hat Torah, dont la finalité est d’insuffler la joie pour toute l’année(3). Puisse donc Dieu faire qu’il en soit ainsi pour ce qui concerne le contenu de votre lettre et, plus généralement, que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
C. M. Simpson,
Sans doute participez-vous toujours aux activités des femmes ‘Habad. Bien plus, votre participation doit être accrue, conformément à l’Injonction de nos Sages(4) selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté.
Notes
(1) Madame M. Weber, de Jérusalem. (2) La fête de Soukkot. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8688. (4) Dans le traité Bera’hot 28a.
Lettre n°8893
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8893, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
30 Tichri 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce lundi(1), dans laquelle vous me parlez d’une jeune fille qui a rencontré un non juif. Après qu’ils aient échangé de nombreux propos et que se soit écoulée une longue période, ce non juif a exprimé le souhait de se convertir, de la manière qui convient et, bien évidemment, de s’engager à mettre en pratique les Mitsvot. Vous vous demandez de quelle manière vous devez considérer cette proposition, puisque sa motivation première est la rencontre de cette jeune fille. De façon générale, mon propos n’est pas de trancher la Hala’ha. En outre, dans une grande ville comme New York, nombreux sont ceux qui sont en mesure de le faire. Néanmoins, puisque vous m’avez écrit, je proposerai une explication, dans les lignes ci-après, qui ne doit cependant pas être considérée comme une décision hala’hique tranchée.
Vous semblez indiquez que la relation qui s’est instaurée entre eux est très forte. Dès lors, qui sait ? A l’opposé, même dans un cas où la conversion ne pose aucun problème, on se souvient de ce que disent nos Sages(2), à propos d’un écart(3). En la matière, on doit tenir compte également du dénigrement qui pourra en résulter pour la famille. La meilleure solution, en l’occurrence, est donc la suivante. D’après vous, le désir de conversion de ce non juif est sincère. Il admettra donc qu’il n’est pas en mesure d’évaluer le poids exercé par les Mitsvot sur son existence quotidienne, tant qu’il n’a pas fait un essai concret. En outre, il reconnaît lui-même que le début de son approche n’a pas été désintéressé. Il ne peut donc pas être objectif dans l’évaluation qu’il fait de sa propre personne et il ne sait pas s’il sera réellement en mesure de mettre tout cela en pratique.
La meilleure proposition est donc celle-ci. Qu’il adopte, tout d’abord, un comportement quotidien conforme au Choul’han Arou’h, pendant un certain temps. Durant toute cette période, lui-même et la jeune fille ne seront pas troublés, car ils éviteront de se rencontrer. Mieux encore, ils ne resteront pas dans la même ville. A l’issue de cet essai, il pourra prendre une décision, savoir s’il est capable ou non de vivre en conformité avec la Loi de Moché et d’Israël. Entre temps, il serait bon de faire en sorte que la jeune fille se rende, par exemple en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. De la sorte, comme je l’ai dit, chacun pourra déterminer son intention véritable, en la matière. Conformément à votre demande, la présente vous est adressée en passant outre à la file d’attente. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à un Rav. (2) Dans le traité Baba Metsya 59b. (3) “ L’écart, de la part des convertis, est amer ”.
Lettre n°8894
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8894, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
30 Tichri 5725, 1er jour de
Roch ‘Hodech Mar ‘Hechvan(1),
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(2). Nous sommes en le jour qui unifie le septième mois, rassasié de tout le bien(3) et celui de Mar ‘Hechvan, le mois des pluies(4) qui tombent pour la bénédiction, pour la vie et pour la satiété. Les pluies, de la manière dont elles s’écoulent, de même que comme elles tombent ici-bas, sont le début, la tête, la source(5) de toutes les bénédictions.
Pendant ce septième mois, chaque Juif et chaque Juive, au sein de tout Israël, a été inscrit et scellé pour une bonne année. Dieu fasse que ceci se révèle dans ce monde, par un bien visible et tangible, en tous les besoins de chacun et de chacune, matériellement et spirituellement(6). Les fêtes du septième mois se concluent par le temps de notre joie(7), par une double joie(8), la joie de Celui Qui donne, Dieu Qui est la source de toutes les bénédictions et la joie de celui qui reçoit, Son peuple(9), les enfants d’Israël. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ On notera que, selon l’avis du Taz, d’après l’édition qui est en notre possession, c’est précisément le premier jour de Roch ‘Hodech Mar ‘Hechvan qui est mentionné dans le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 428, ce qui n’est pas le cas pour les autres mois, comme l’indique le Péri ‘Hadach ”. Le Rabbi souligne ici l’expression : “ ce qui n’est pas le cas ”. (2) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 24, à la page 542. (3) Celui de Tichri. Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Vaykra Rabba, chapitre 29, au paragraphe 8 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Arou’h, à l’article ‘Mar’hechvan’, le commentaire du Radak sur le verset Mela’him 1, 6, 38. On consultera aussi le commentaire de Rachi sur le traité Taanit 4b, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 117, à la fin du paragraphe 1, qui précise : ‘Il en est ainsi en ces contrées’ ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Sifri sur le verset Devarim 11, 14 dit : ‘Je donnerai la pluie : c’est la bénédiction incluant en elle toutes les bénédictions à la fois. On verra aussi, notamment, les versets Vaykra 26, 3-4, avec le commentaire du Ramban, de même que le verset Devarim 28, 2, le Midrash Devarim Rabba, au chapitre 7, paragraphe 5 et le traité Taanit 7b ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, début du discours ‘hassidique intitulé : ‘Le huitième jour, il envoya’, Parchat Devarim, à la page 86c et à la page 96a ”. (7) La fête de Soukkot. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le Likouteï Torah, Devarim, à la page 88d ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra le Likouteï Torah, à la même référence, à la page 87c ”.
Lettre n°8895
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8895, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[début de Mar’hechvan 5725]
Vous(1) m’interrogez sur l’enseignement de nos Sages selon lequel on n’oublie pas un défunt en son cœur(2) pendant une période de trente jours, selon le traité Moéd Katan 8a et de douze mois selon le traité Bera’hot 58b. Le contexte fait la preuve que le traité Moéd Katan parle ici de l’oubli de sa douleur et le traité Bera’hot, de l’oubli de la personne.
Ceci nous permettra de comprendre pourquoi un tel oubli est un décret(3), comme le souligne Rachi, dans son commentaire du verset Vayéchev 37, 35, de même que le changement de formulation adopté par nos Sages, qui ajoutent, dans le traité Bera’hot, le terme : “ seulement ”(3), remettant en cause ce qui avait été exposé au préalable. En effet, il est naturel qu’il en soit ainsi.
Néanmoins, j’ai toujours été surpris qu’en la matière, on ne fasse pas un cas particulier du père et de la mère, puisque l’obligation(3) du deuil, les concernant, est de douze mois, de même que la peine qu’on éprouve, laquelle doit être distinguée de la souffrance dont fait mention le commentaire de Rachi sur le traité Soukka 25a, puisque celle-ci n’est pas imposée. Et, l’on adopte une conclusion positive.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Hillel Medalyé, par la suite rabbin d’Anvers, Belgique et rédigée à même son courrier, qui est daté de la veille du 26 Tichri 5725. Voir, à son sujet, la lettre n°7612. (2) Le Rav Medalyé écrivait : “ J’introduirai la précision suivante dans le but de manifester ma grande affection : le traité Moéd Katan 8a enseigne : ‘On ne doit pas prononcer d’oraison funèbre trente jours avant une fête’ et il est précisé, à ce propos : ‘Pourquoi trente jours ? Rav Kahana a dit au nom de Rav Yehouda, s’exprimant lui-même au nom de Rav : Il est arrivé qu’un homme ait mis de l’argent de côté pour se rendre au pèlerinage. Quelqu’un qui prononçait des oraisons funèbres se plaça devant sa porte, son épouse prit cet argent, le lui donna et le mari fut incapable d’effectuer ce pèlerinage. Chmouel dit : c’est parce qu’on n’oublie pas un défunt en son cœur pendant trente jours. Et, il y a une différence entre ces deux explications dans le cas où l’oraison funèbre est prononcée gratuitement’. On peut se demander pourquoi Rav ne craint pas que cette oraison
funèbre soit prononcée pendant la fête, y compris quand elle est gratuite. En outre, se pose également la question qui est soulevée par les Tossafot. Mon père, de mémoire bénie, explique, à ce propos, que Rav maintient ici une conception qu’il a déjà adoptée par ailleurs, dans le traité Bera’hot 58b : ‘On n’oublie le défunt en son cœur qu’au bout de douze mois’. Peu importe donc qu’il s’agisse de cette fête ou de la suivante. Sur la base de tout cela, on pourrait autoriser cette oraison funèbre quand elle est gratuite et, en l’occurrence, elle est interdite uniquement à cause du récit ayant été rapporté par le traité Moéd Katan ”. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ décret ”, “ seulement ” et “ obligation ”.
Lettre n°8896
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8896, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention du distingué et agréable‘Hassid, élu du peuple,
qui le surpasse, recherche le bien de son peuple, a des
comportements généreux, est issu d’une illustre famille,
le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens d’apprendre par la presse(2) que votre frère a été autorisé a quitter son pays(3) et qu’il s’installe désormais en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Il semble que ceci fasse suite à l’information que vous me communiquiez dans votre précédent courrier. En conséquence, je vous adresse, à ce propos, ma bénédiction de Mazal Tov, car la joie de chaque Juif est celle de toute la communauté. Bien plus, une âme juive est à elles seule un monde entier(4). C’est l’une des raisons pour lesquelles l’homme fut créé unique.
Puisse donc Dieu faire que nous allions de la délivrance de l’individu vers celle de la communauté. La sortie de votre frère préparera l’ouverture des portes de ce pays, une ouverture large et imminente, grâce aux bienfaits de Dieu, qui ne cessent pas. Et, pour passer d’une nouvelle à une autre, je vous communique une information réjouissante émanant d’ici. Le Séfer Ha Maamarim Admour Hazaken 5562(5) est enfin paru. Il vous a été adressé, par envoi séparé.
Il me semble que, lorsque je vous en ai montré le manuscrit, je vous ai signalé son caractère particulier. En effet, ces discours sont ceux de l’Admour Hazaken, mais l’auteur du manuscrit est l’Admour Haémtsahi(6). Ce manuscrit se trouvait dans la possession du Tséma’h Tsédek, qui atteste de son authenticité et qui en a corrigé différents passages, ce qui établit son exactitude. Je suis empli de crainte et de terreur à l’idée d’émettre un avis tranché sur la ‘Hassidout, a fortiori sur les discours de l’Admour Hazaken, dont le Tséma’h Tsédek lui-même, qui avait un cœur de lion, disait : “ Ses voies sont éloignés des nôtres comme l’est le Saint des Saints de l’endroit le plus profane ”, selon le Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, chapitre 63, au paragraphe 8. Ceci est vrai pour ses commentaires de la partie révélée de la Torah et, a fortiori, pour ceux de sa dimension profonde. Si ce n’était cette crainte, je dirais que la retranscription de plusieurs discours du Séfer Ha Maamarim 5562 est plus adaptée, plus fidèle que celle des textes du Likouteï Torah, bien que ces derniers aient été publiés du vivant du Tséma’h Tsédek et vraisemblablement sous sa responsabilité. Mais, quand il édita le Likouteï Torah, le Tséma’h Tsédek ne disposait peut-être pas de ce manuscrit.
Vous avez sûrement reçu, en leur temps, mes précédents courriers, de même que le Séfer Ha Si’hot 5702(7), que je vous ai transmis par l’intermédiaire du rabbin de ‘Haïfa, le Rav David Assaf, lors de sa visite ici, puisqu’il est désormais rentré en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. A ce propos, je souhaitais ne pas vous faire perdre de temps, car je sais que vous avez de nombreuses occupations et j’hésitais donc à demander au Rav Assaf de vous apporter personnellement ce livre(8), mais je n’ai pas pu lui demander de ne pas le faire, surtout après qu’il m’ait montré l’acrostiche ‘Habad, ‘Ho’hma, Bina et Daat(9), figurant dans les propos du grand maître, le Rambam, dans son Michné Torah, en ses lois des fondements de la Torah, chapitre 2, au paragraphe 2. Celui-ci tranche, en effet, la Hala’ha selon laquelle il est nécessaire d’apprendre les fondements de la Torah et d’y méditer, par ses forces de ‘Ho’hma, de Bina et de Daat. Bien plus, ajoute-t-il, c’est uniquement de cette manière que l’on peut mettre en pratique les Mitsvot, de manière concrète. Voici ce qu’il explique, d’une manière claire et précise : “ Comment peut-on aimer Dieu et Le craindre ? Pour cela, un homme doit méditer, observer Sa ‘Ho’hma, être animé d’un grand désir de connaître, Daat, Son grand Nom ”.
On sait que le Rambam, dans cet ouvrage, est particulièrement précis, a fortiori quand il s’agit de fondements de la Torah. En l’occurrence, il dit : “ Comment peut-on ? ” et l’on doit en déduire qu’il n’y a aucun autre moyen de parvenir à aimer Dieu et à Le craindre. En outre, le Rambam introduit son propos en précisant que l’amour et la crainte de Dieu sont des Mitsvot de la Torah, mais aussi, comme il l’indique lui-même aussitôt, les fondements de la pratique des Mitsvot. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) C. Z. Chazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8682. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 235. (3) La Russie soviétique. (4) Selon le traité Sanhédrin 37a. (5) 1801-1802. (6) Voir l’introduction des discours de l’Admour Hazaken dans le Séfer Ha Maamarim Admour Hazaken 5562, tome 1 et la liste des discours de 5562 dans le Séfer Ha Maamarim Admour Hazaken 5562, tome 2, à la page 663. (7) 1941-1942, du Rabbi Rayats. (8) Imposant ainsi au président Chazar l’obligation de le recevoir. (9) Les trois forces de l’intellect.
Lettre n°8897
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8897, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur A. Ron,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 5 ‘Hechvan et je vous en remercie. Vous me faites part de divergences entre les directeurs de deux écoles de Jérusalem. J’ai envoyé un télégramme au Rav Zevin Chlita(1) et je lui ai demandé, avec le concours de nos amis experts en matière de pédagogie qui se trouvent sur place et connaissent les deux directeurs, que tous se concertent afin que l’on découvre la meilleure solution possible. Je suis sûr qu’ils ne tarderont pas à traiter ce problème avec toute l’attention qu’il mérite et qu’ils trouveront la solution la plus juste dans l’intérêt des élèves(2), lequel, au final, est bien l’aspect essentiel de cette question, de même que dans l’intérêt de ces directeurs. En outre, et ceci est essentiel, l’un et l’autre doivent signifier leur accord(3). En effet, dans le domaine de l’éducation, en particulier, il est important que tous ceux qui apportent leur concours soient satisfaits, qu’ils agissent de leur plein gré et non sous la contrainte. Car, un enfant est sensible et, de ce fait, il réagit non seulement à ce qui lui apparaît à l’évidence, mais aussi au sentiment du cœur de l’enseignant et de l’éducateur, à son état d’esprit, de même qu’à la relation qu’il entretient avec lui. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.
J’ai été satisfait de constater, dans votre lettre, à quel point vous vous intéressez à ces écoles et j’en déduis, par similitude, que vous devez vous intéresser également aux autres écoles. Je voudrais donc vous remercier d’avoir attiré mon attention sur le problème spécifique que posent ces deux établissements. Je le considère comme une marque d’appréciation et d’amitié fidèle envers ‘Habad et tout ce qui le concerne. Nos Sages demandent(4) de connaître l’élévation en tout ce qui est positif. J’espère que vous-même adopterez bien cette attitude, en la matière, que vous renforcerez encore plus clairement votre relation et je vous en remercie d’avance. Ceci s’ajoute, bien entendu, au point essentiel, le fait que : “ la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”.
Pour passer d’une idée à une autre tout en restant dans le même contexte, bien que je ne sache pas si ceci entre dans votre champ d’activité, je ferai maintenant référence à l’école de Mana’hat. On m’a écrit qu’il est envisagé, comme une possibilité, de supprimer les grandes classes et de les transférer à Azbastonim. Bien entendu, il n’est pas aisé d’envisager tous les aspects de la question quand on se trouve sur un autre continent. Néanmoins, il est clair que, dans un proche avenir, la population de Mana’hat est appelée à s’accroître. La période demande donc que l’on élargisse, bien au contraire, la structure éducative qui existe à l’heure actuelle, afin que celle-ci puisse intégrer les enfants de ceux qui s’installeront là par la suite. En effet, l’augmentation de la population n’est pas limitée au début de l’année scolaire, mais se produit tout au long de l’année. Je me permets également de vous joindre une copie de la lettre que j’ai adressée à tous, à l’occasion de ce Roch Hachana(5). J’espère qu’elle vous intéressera. La relation avec ce qui a été dit au préalable, dans la mesure où il est nécessaire qu’il y en ait une, est bien claire. En effet, le contenu de cette lettre permet d’établir que vous possédez le pouvoir d’agir, dans ces deux domaines(6), bien au-delà de ce que vous imaginez. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8899. (2) Le Rabbi précise : “ élèves garçons et élèves filles ”. (3) A la solution proposée et non qu’elle leur soit imposée. (4) Dans le traité Bera’hot 28a. (5) Il s’agit de la lettre n°8886. (6) Les écoles de Jérusalem et celle de Mana’hat.
Lettre n°8898
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8898, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la synagogue Ha Richon(1), Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde une longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 27 Tichri, dans laquelle vous me parlez des synagogues de Kfar ‘Habad, fondé et dirigé par mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, de leur développement et de leur agrandissement. Il est clair qu’en la matière, vous devez tous vous concerter, tous les dirigeants de ces synagogues, avec le comité spirituel dont la direction est confiée au grand Rav et ‘Hassid, ayant de bons comportements, le maître de l’endroit(2), auquel Dieu accordera de longs jours et de bonnes années.
C’est donc de cette façon que vous vous concerterez sur tout ce qui a été dit et sur tout ce qui y est lié. Le grand mérite de ce qui concerne le public vous permettra de prendre des décisions en fonction de l’objectif véritable, qui est l’accomplissement de la volonté de mon beau-père, le Rabbi, fondateur du Kfar, qui le dirige. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui concerne la synagogue, au sein de tout ce qui a trait à Kfar ‘Habad,
M. Schneerson,
Notes
(1) “ Le premier ”. (2) Le Rav de la ville, Rav Chnéor Zalman Garelik.
Lettre n°8899
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8899, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, aux multiples
connaissances, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 6 Mar’hechvan, avec ce qui y était joint(2). Je vous adresse une copie de la lettre que j’envoie à cette personne(3), dans laquelle je fais également allusion au problème de Mana’hat, que vous devez connaître. S’agissant du comité qui a été désigné(4), je n’ai pas pu accuser réception jusqu’à maintenant de l’information qui m’a été donnée, à ce sujet, du fait des nombreuses activités du mois de Tichri.
Concrètement, je me pose la question suivante. L’un des membres de ce comité est le frère d’un des directeurs, ce qui ne semble pas convenable. Certes, j’ai fait sa connaissance, quand il se trouvait ici et j’ai pu constater que c’est un homme droit, mais une telle manière d’agir n’en reste pas moins surprenante. Un autre point suscite également l’étonnement le plus fort et peut-être même encore plus que cela : vous-même ne faites pas partie de ce comité ! Certes, il ne vous appartient pas de désigner les enseignants, surtout d’après mon opinion personnelle selon laquelle la Mitsva que vous devez mettre en pratique de la manière la plus scrupuleuse est spécifiquement la publication de l’Encyclopédie talmudique, comme je vous l’ai maintes fois écrit(5). Malgré tout cela, vous devez, à mon sens, faire partie de ce comité et y posséder une voix prépondérante, lorsque ses quatre autres membres ne parviennent pas à se départager. Mais, en fait, des deux questions que je viens de poser, l’une apporte la réponse à l’autre, d’une manière agréable et respectueuse. Je m’en remets donc à votre entendement pour déterminer s’il est nécessaire de révéler que cette remarque émane de moi ou bien s’il faut dire, plus diplomatiquement, que la nécessité du changement ne provient pas d’ici. En fait, les raisons invoquées sont très claires et il n’y a donc pas lieu, il n’est pas nécessaire de préciser qu’elles viennent de loin, d’un autre continent.
Vous répondez également à ma remarque relative au commentaire du Rambam sur la Michna, au traité Demaï, chapitre 1, à la Michna 2(6). On a expliqué, en effet, que le Rambam avait barré une certaine phrase, d’un trait de plume. Mais, cela ne voulait pas dire qu’il s’agissait d’une erreur. En faut, un certain temps s’est écoulé entre le moment où le Rambam a écrit cette phrase et le moment où il l’a barrée. En effet, toutes(7) les éditions de la Michna portent cette première version et c’est sur la base de cette affirmation qu’est enseignée la signification de cette Michna. Pour l’heure, je n’ai vu personne qui le conteste. Or, selon cette version de la Michna, l’interprétation que donne le Rambam de ce texte est la même que celle de Rachi, reprenant son commentaire du verset(8) : “ J’ai consommé le sacrifice d’expiation en ce jour ”. Celle-ci sera également acceptable pour le Rambam.
Ce qui me conduit à cette conclusion est le désir de ne pas introduire de différence entre le Onen(9) et “ celui qui a un défunt placé devant lui ”(10), par référence au verset(11) : “ Je n’ai pas consommé la
dîme en étant Onen ”. Certes, le Yad Ha ‘Hazaka, pour ce qui concerne le Onen, ne fait qu’une seule catégorie de la seconde dîme et de tout ce qui est consacré, en général. Il cite tous les versets correspondants de manière conjointe. Il n’est cependant pas certain que ce soit effectivement le cas, car la seconde dîme n’est pas consacrée. Et, le Rambam cite le verset(11) : “ Je n’ai pas consommé la dîme en étant Onen ” en vertu du principe selon lequel il opte systématiquement pour l’explication la plus simple. Et, ceci peut être rapproché de ce qui est dit dans les propos des derniers Sages, soulignant l’indépendance du statut d’Onen et du deuil, puisque le deuil commence précisément quand on cesse d’être Onen, c’est-à-dire lors de l’enterrement. J’ai donc pensé que l’on pouvait avancer, en se basant sur la version du commentaire de la Michna dont nous disposons(12), la distinction suivante : l’interdiction de la seconde dîme est déduite du verset(11) : “ Je n’ai pas consommé la dîme en étant Onen ”, alors que celle des éléments consacrés est établie par l’autre verset(8) : “ J’ai consommé le sacrifice d’expiation en ce jour ”. Et, cette différence n’est pas clairement faite dans le Yad Ha ‘Hazaka en vertu des principes du Rambam selon lesquels, bien souvent, celui-ci ne fait pas mention des lois présentant une idée nouvelle, qui ne figurent pas dans le Talmud. Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir, à son sujet, la lettre 8731. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 9, à la page 361. (3) A. Ron. Il s’agit de la lettre n°8897. (4) Pour régler le conflit entre les deux directeurs d’école. Voir la lettre n°8897. (5) Voir les lettres n°2373, 6525, 8017* et 8819. (6) Voir la lettre n°8891. (7) Le Rabbi souligne le mot : “ toutes ”. (8) Chemini 10, 19. (9) Qui vient de perdre un proche et n’a pas encore eu le temps de l’enterrer. (10) Qui n’a pas encore été enterré, quelle que soit la date du décès. (11) Tavo 26, 14. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le commentaire du Roch, à la fin du traité Maasser Chéni. Toutefois,
on peut penser qu’il adopte intégralement l’avis de Rachi, y compris pour les éléments consacrés ”.
Lettre n°8900
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8900, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume
une mission sacrée(1), le Rav Yehochafat(2),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’avez fait connaître l’état de votre épouse et voici ma réponse. Dieu fasse que sa grossesse se passe bien et qu’elle soit aisée, qu’elle ait, en son temps, un enfant en bonne santé, facilement et de la manière qui convient. Avec ma bénédiction,
Pour répondre à votre question, il est bien évident qu’une organisation affiliée à un parti politique, quel qu’il soit, ne peut en aucune façon mener une action au sein d’une école du réseau(3). Et, il est très(4) surprenant qu’il se trouve un parti pour formuler pareille requête, alors que la position de ‘Habad, en la matière, depuis sa création, est très claire(5), surtout en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Accessoirement, cela ne sert pas non plus les intérêts de ce parti, car l’autorisation d’un seul parti au sein d’une école fera qu’il en soit de même pour d’autres partis, dans les différentes écoles du réseau(3), c’est bien évident. Or, les dirigeants du parti que vous citez ont clairement(4) déclaré, à de nombreuses(4) reprises, qu’ils ne feront pas du tout(4) intervenir leurs propres intérêts dans ces écoles. Et, je suis encore plus surpris que vous n’ayez pas d’emblée(4) rejeté leur proposition. Vous me dites que vous avez subi des menaces. Or, depuis que les enfants d’Israël sont devenus un peuple, depuis que “ Avraham était unique ”, il y a toujours eu des personnes pour exercer des menaces et des pressions. Et, “ les actes des pères sont des indications pour les fils ”(6).
Notes
(1) L’enseignement basé sur les valeurs sacrées. (2) Le Rav Y.Alpert, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, les lettres n°5420 et 7538. (3) Le réseau des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ très ”, “ clairement ”, “ nombreuses ”, “ pas du tout ” et “ d’emblée ”. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8681. (6) Voir le Séfer Ha Si’hot 5752, tome 1, à la page 79, dans la note 82.
Lettre n°8901
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8901, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce mardi(2), avec ce qui y était joint, pour lequel je vous adresse un reçu. Votre demande de bénédiction sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Je vous remercie également pour votre remarque concernant la référence des propos de l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h d’or, à propos de l’introduction en l’homme de l’âme de sainteté(3). Vous citez le ‘Hinou’h, dans la source de la Mitsva de la circoncision. Il est dit, de fait, que l’on ne soulève pas d’objection contre un commentaire(4), mais, en l’occurrence, l’introduction de l’âme de sainteté dans le corps a bien une incidence sur la Hala’ha, comme le précise le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la même référence. Et, il se trouve, que, selon le ‘Hinou’h, dans deux principes qu’il énonce, l’âme n’entre pas dans le corps lors de la circoncision :
A) La circoncision, au moment où elle est pratiquée, constitue une particularité physique, tout comme il y avait, avant cela(5), une particularité morale.
B) La circoncision, au moment où elle est pratiquée, parachève la forme du corps et, de même, un homme peut parachever la forme de son âme par la qualité de ses actions, y compris longtemps après cela, quand il sera astreint à la pratique des Mitsvot(6), c’est bien évident. Et, vous consulterez également les raisons de la circoncision, d’après le Rambam, dans son Guide des égarés, tome 3, à la fin du chapitre 49.
J’ai lu avec plaisir, à la fin de votre lettre, que la publication de votre livre progresse. Puisse Dieu faire que vous acheviez bientôt les chapitres qui en restent et que, par la suite, vous connaissiez l’avancement, d’une étape vers l’autre, conformément à l’Injonction de notre sainte Torah. En effet, un Précepte de la Torah est également une force qui est accordée pour pouvoir le mettre en pratique. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Rav C.Yalow, de Syracuse. Voir, à son sujet, la lettre n°8809. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 232. (3) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 3, à la page 763 et tome 20, à la page 246. (4) Puisque l’on peut en proposer plusieurs à la fois, y compris quand elles sont divergentes. Voir le Chaar Ha Pessoukim sur le verset Chemot 1, 14. (5) Ce qui veut dire que l’âme se trouvait dans le corps déjà avant la circoncision. (6) Ce qui veut dire que l’âme s’introduit dans le corps après la circoncision.
Lettre n°8902
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8902, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi(1) de la Parchat ‘Hayé Sarah(2),
vingtième jour du mois de Mar’hechvan
en l’année 5725,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Nous sommes en le jour anniversaire de la naissance du Rabbi Rachab(3), fondateur de la Yechiva Tom’heï Temimim, qu’il dirigea par l’intermédiaire de mon beau-père, le Rabbi et avec sa collaboration. L’un et l’autre firent don d’eux mêmes pour cette création et pour cette direction, jusqu’à faire preuve de la plus grande abnégation pour la Yechiva et, avant tout, pour ses élèves, les Temimim. Or, les paroles des Justes et, a fortiori, leurs actions sont éternelles et immuables, exerçant leur action en permanence.
Puisse donc Dieu faire qu’en ce jour propice et après cette date, tous les élèves, les Temimim, de même que tous ceux qui suivent leurs voies et leurs chemins(4) reçoivent une lumière, une vitalité et une force(5) accrues, en tous leurs besoins, spirituels et matériels. Avant tout, ils seront des “ bougies pour éclairer ”(6), conformément à l’espoir des fondateurs et des dirigeants de la Yechiva, le Rabbi Rachab et mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la même fixation du calendrier qu’en l’année de la naissance du Rabbi Rachab, comme l’indique le ‘Hano’h La Naar ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir l’étude de ce jour du ‘Houmach avec le commentaire de Rachi : ‘Et Avraham était âgé’. Le traité Yoma 28b précise : ‘Et, il résidait à la Yechiva’. Puis, ‘Et, l’Eternel bénit Avraham en tout (Bakol)’. Rachi explique qu’il eut un fils, Ben, terme qui a la même valeur numérique que Bakol ”. (3) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 5, à la page 415. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au chapitre 27, le Zohar, tome 2, à la page 215a et le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 12b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le discours ‘hassidique intitulé : ‘Vous vous trouvez tous’, de 5674 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 298, au paragraphe 17 ”.
Lettre n°8903
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8903, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il semble que la dispute ne se soit pas encore calmée(1) et ceci me conduit à dire que j’en éprouve la plus grande peine. Il est également douloureux, l’est peut-être même plus encore, d’observer que quelqu’un vous ait conduit à penser qu’il faille appliquer, en la matière, le principe(2) selon lequel : “ la Loi doit recourber la montagne ”, comme s’il devait en résulter une réussite considérable, si l’on adoptait cette attitude et le contraire de la réussite, si l’on optait pour une autre solution. Il semble que vous consacriez beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’attention à tout cela, à la façon dont vous devez réagir.
Or, vous savez, vous avez observé à quelle point votre réussite a été surnaturelle. A n’en pas douter, il n’y avait pas, à l’époque, que la paix, le calme et la tranquillité. En effet, nous nous trouvons dans ce monde matériel et, selon les propos de mon beau-père, le Rabbi(3), depuis qu’a été commise la faute de l’arbre de la connaissance, il n’est pas de bien qui ne soit pas…(4). Puis, tout à coup, vous accordez une grande importance à ce qui n’en a que très peu ou peut-être même encore moins que cela. Certes, je ne m’exprime pas sur cette importance proprement dite, puisque je ne me trouve pas sur place. Pour autant, il est bien évident que, quand on a constitué un comité, comptant plusieurs personnes et désigné avant même que cet événement se produise, il n’est pas possible d’écarter sa décision, même si elle ne plait pas à l’une des partis. Il ne faut pas réduire la compétence de ce comité car, au final, il n’y a pas d’autres moyens de diriger une activité assumée par plusieurs personnes à la fois, sans qu’une instance soit en mesure de les départager et de prendre une décision finale, quand des divergences surgissent. La Torah elle-même précise que l’on doit adopter la position de la majorité.
Si ce qui vient d’être dit s’applique à chacun, combien plus est-ce le cas pour vous-même, puisque chaque heure, chaque demi-heure que vous consacrez à cette dispute, pourrait être mise à profit, d’une manière bien plus efficace, pour ce qui concerne les écoles. En effet, la divine Providence vous a accordé le mérite et le succès d’être un directeur. Ces demi-heures et ces heures se trouveront ainsi multipliées par le nombre d’élèves(5) des écoles, par leur réussite. J’ai bon espoir qu’il soit inutile d’en dire plus. Vous me réjouirez en m’annonçant une bonne nouvelle si vous me dites que vous avez oublié tout cela, que vous poursuivez votre mission sacrée, dans la joie et l’enthousiasme, l’éducation des fils et filles d’Israël basé sur les valeurs sacrées. En effet, il est dit, à propos de chaque Juif : “ Vous êtes des enfants pour l’Eternel votre Dieu ”, auxquels un amour spécifique est voué. J’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi, un dicton du Baal Chem Tov(6) selon lequel l’amour de Dieu pour chaque Juif et chaque Juive est infiniment plus intense que celui qui est éprouvé par des parents âgés envers leur fils unique, né alors qu’ils avaient déjà un âge avancé. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, des lettres comme celle-ci soient inutiles.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°8897 et 8899. (2) Enoncé par le traité Yebamot 92a. (3) Voir le Séfer Ha Si’hot 5687, à la page 84, de même que les lettres n°1504 et 5339. (4) Entaché par le mal. (5) Le Rabbi précise : “ élèves garçons et élèves filles ”. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°8874.
Lettre n°8904
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8904, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre relative à la dispute qui oppose votre mari, distingué ‘Hassid craignant Dieu et empli d’empressement, au second directeur d’école. J’ai déjà écrit à votre mari(1), à ce propos et il est surprenant qu’il accorde à tout cela des proportions ne correspondant en aucune façon à la réalité. Mais, cela n’est pas essentiel et voici ce qui importe, avant tout. Votre mari a connu, jusqu’à maintenant, une réussite surnaturelle dans l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Mais, Dieu donne l’Injonction(2) de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté et Il insuffle les forces nécessaires pour y parvenir. Votre mari continuera donc à connaître le succès, à l’avenir, un succès encore plus grand, en cette mission sacrée, à condition de ne pas être dérangé, de ne pas avoir à se préoccuper d’autre chose que l’éducation, pas même de cette dispute. C’est de cette manière qu’il connaîtra le succès, à l’avenir. Pour votre part, vous ferez sûrement tout ce qui est en votre pouvoir afin qu’il maintienne son activité, dans la joie et l’enthousiasme.
Que Dieu accorde la réussite à chacun d’entre vous et à vous deux ensemble, en tous vos besoins, leur point central étant une satisfaction véritable, une satisfaction juive, une satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Il s’agit de la lettre précédente. (2) Selon le traité Bera’hot 28a.
Lettre n°8905
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8905, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 15 Mar’hechvan. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que soit exaucé le souhait de votre cœur, conformément au contenu de votre lettre(1). De la manière dont elle est rédigée, il est sûrement inutile de vous souligner à quel point est nécessaire un comportement quotidien qui soit conforme aux instructions de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit(2) : “ On vivra par elles ”. Je voudrais uniquement ajouter que, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, une situation, aussi bonne qu’elle puisse être, peut toujours être améliorée et nos Sages nous ont donné l’assurance(3), à ce propos, que : “ à quiconque ajoute, on ajoute ” en la satisfaction de ses besoins.
Vous formez des enseignants et il y a là à la fois un grand mérite et une immense responsabilité. Vous parlez, dans votre lettre, d’un travail, mais nos Sages emploient, à propos d’une telle activité, l’expression(4) : “ mission sacrée ”. L’idée profonde est de faire acquérir à vos élèves la crainte et l’amour de Dieu, d’autant qu’eux-mêmes se préparent à enseigner. Toute amélioration, tout ajout, les concernant, sera donc multiplié, ensuite, par le nombre de leurs élèves. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de votre maison afin de vous assurer de leur conformité à la Hala’ha. Et, votre épouse gardera l’usage positif des filles d’Israël vertueuses qui consiste à prélever de la Tsedaka avant l’allumage des bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.
Vous voudrez bien m’excuser d’ajouter également le point suivant. Il peut arriver(5) qu’un blocage comme le vôtre soit la conséquence d’une Mitsva qui n’est pas accomplie de la meilleure façon ou encore d’un manque de scrupule dans le respect des principes et des lois de la pureté familiale, statut de Nidda, examen de pureté, immersion rituelle dans un Mikwé conforme, du fait d’un manque de connaissance des détails, en la matière. Vous vérifierez donc tout cela auprès d’un Rav, enseignant la Hala’ha, pour vous assurer que vous ne manquez pas de connaissances. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Vraisemblablement celui d’avoir un enfant. (2) Vaykra 18, 5. (3) A la fin du traité Taanit. (4) Dans le traité Baba Batra 21b. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8687.
Lettre n°8906
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8906, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mar’hechvan 5725,
Brooklyn, New York,
A Lévi Its’hak, Rivka Léa, Socha et Shterna Sarah(1),
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de l’anniversaire de chacun d’entre vous(2), je mentionnerai votre nom près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous grandissiez pour la Torah, le dais nuptial et les bonnes actions. Vos parents concevront beaucoup de satisfaction ‘hassidique de chacun d’entre vous, dans la joie et l’enthousiasme, avec la largesse matérielle et spirituelle, pour de longs jours et de bonnes années. Avec ma bénédiction pour une année de réussite, pour chacun d’entre vous,
M. Schneerson,
Notes
(1) Les membres de la famille Garelik. (2) Il s’agit de quadruplés.
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