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Iguerot Kodesh — lettres 8867 à 8886

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8867

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8867, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York,

Au distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z. Shargay(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 29 Tamouz, de même que celle qui la précédait(2). Je vous remercie d’avoir pensé à me prévenir pour les colis. Sans doute continuerez-vous à le faire, à l’avenir et je vous en remercie d’avance.

Vous soulignez l’importance particulière que revêt l’amour du prochain. De fait, il en est de même également auprès des autres nations et l’on peut constater qu’un anglais aime les anglais. Pour autant, il existe une différence fondamentale, que l’on peut déduire du verset : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”(3). En effet, un homme aime sa propre personne sans avoir besoin de constater ses propres qualités, intellectuelles ou sentimentales, en ses pensées, en ses paroles ou en ses actions. Bien au contraire, il est dit que : “ l’amour-propre recouvre toutes les fautes ”. Il est donc demandé qu’il en soit de même envers son prochain, auquel on doit vouer un amour profond qui ne dépend pas d’une certaine cause ou de qualités spécifiques.

Ce qui vient d’être dit permet de manifester sa surprise : comment peut-on aimer son prochain “ comme toi-même ” ? L’Admour Hazaken répond donc à cette question, dans le chapitre 32 du Tanya. Il précise, tout d’abord, l’amour du prochain que l’on peut atteindre aisément : “ Qui connaît leur grandeur et leur élévation ? ”. Néanmoins, au final, un tel amour est effectivement justifié par une qualité. Le texte ajoute, à ce propos : “ toutes sont identiques et ont un même Père ”, sont “ véritablement des frères ”. On consultera ce texte. Et, la ‘Hassidout souligne tout particulièrement cette notion, comme le montre le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’amour du prochain, chapitre 2, que l’on consultera.

On confère un mérite à des jours qui sont, par nature propices(4), particuliers. En l’occurrence, nous nous trouvons “ entre les oppressions ”(5). Or, la destruction du second Temple survint du fait de la haine gratuite. Il est bien clair que, si nous avons reçu l’Injonction de commémorer cette destruction, en particulier pendant ces jours, c’est précisément pour la réparer. En effet, selon le texte de la prière, “ c’est du fait de nos fautes que nous avons été renvoyés de notre terre ”. Pour faire disparaître l’effet, il faut supprimer la cause, car toute réduction, tout affaiblissement de cette cause réduit et affaiblit d’autant l’effet, même s’il n’est, pour l’heure, que dans les mondes supérieurs, comme le précise la ‘Hassidout. Et, nos Sages nous ont fait savoir(6) que la faute commise, en l’occurrence, avait essentiellement été la haine gratuite. Sa réparation est donc un amour gratuit, c’est-à-dire sans justification. Puisse Dieu faire que nous méritions prochainement la fin de notre exil, la délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h. Alors, ces jours se transformeront en allégresse et en joie. Avec mes respects et ma bénédiction,

Lors de ma discussion(7) avec le grand Rav, distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav I.Y. Chlita Unterman, nous avons évoqué les bateaux israéliens(8) et, en réponse à ma question, il m’a affirmé que ni lui ni le rabbinat n’avaient jamais autorisé le voyage sur ces bateaux.

Notes

(1) Le Rav Chlomo Zalman Shargay. Voir, à son sujet, la lettre n°8429. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 245. (3) Le Rabbi souligne l’expression : “ comme toi-même ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8869. (5) Entre les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av, commémorant la destruction du Temple. (6) Dans le traité Yoma 9b. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°8847. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°8731.

Lettre n°8868

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8868, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York

A monsieur Chmouel Its’hak Avidor,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis un peu surpris que vous ne m’ayez pas écrit depuis la dernière lettre que j’ai reçue, il y a déjà quelques mois. J’espère que vous ne me tenez pas rigueur du retard de mes courriers, qui est dû à mes occupations. Or, pour ma grande douleur, toutes ces occupations ne sont pas liées à la joie. D’après la formulation de votre lettre, j’espère que vous avez pris part à plusieurs réunions ‘hassidiques en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. De ce fait, j’ai été un peu étonné de constater que votre nom ne figurait pas parmi ceux des participants à la fête de commémoration du 12 Tamouz, à Kfar ‘Habad. Mais, sans doute avez-vous assisté à une telle célébration dans un autre endroit de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

A quelqu’un comme vous, il est inutile de rappeler que la finalité d’une commémoration est la motivation à l’action concrète, en l’occurrence dans l’esprit de celui dont nous célébrons la joie et la libération, les 12 et 13 Tamouz(1). En effet, celui-ci fit don de lui-même pour renforcer et diffuser la Torah et ses Mitsvot, sans tenir compte des empêchements et des obstacles. En ces jours qui sont “ entre les oppressions ”(2), il est, bien entendu, judicieux et approprié de s’engager dans cette direction. Le souvenir de la destruction nous en rappelle la cause et nous confronte avec elle. Comme nous le disons dans la prière(3), “ c’est du fait de nos fautes que nous avons été renvoyés de notre terre ”. Et, l’on s’en souvient afin de la réparer, car il n’est pas possible de faire disparaître l’effet autrement qu’en en supprimant la cause. Puisse donc Dieu faire que nous assistions bientôt à la fin de notre exil, à la délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h. Alors, ces jours se transformeront en allégresse et en joie. En saluant votre frère, avec mes respects, ma bénédiction et en vous remerciant pour vos salutations,

Notes

(1) Le Rabbi Rayats. (2) Entre les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av, commémorant la destruction du Temple. (3) Voir la lettre précédente.

Lettre n°8869

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8869, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York,

A monsieur Chnéor Zalman Mischary(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 26 Tamouz et je vous remercie pour votre attention. Je constate le sentiment de votre cœur et votre amour pour Kfar ‘Habad, l’une des manifestations de votre amour du prochain. Un renforcement, en la matière, est d’actualité, surtout en ces jours, “ entre les oppressions ”(2). En effet, le second Temple fut détruit du fait de la haine gratuite, comme nos Sages nous l’ont fait savoir(3). Il est bien clair que nous avons reçu l’Injonction de commémorer cette destruction, en particulier pendant ces jours, précisément dans le but de la réparer. En effet, selon le texte de la prière, “ c’est du fait de nos fautes que nous avons été renvoyés de notre terre ”. Or, pour faire disparaître l’effet, il faut en supprimer la cause, car toute réduction, tout affaiblissement de cette cause réduit et affaiblit l’effet, même s’il n’est, pour l’heure, que dans les mondes supérieurs, comme l’explique la ‘Hassidout. Et, la faute, en l’occurrence, fut essentiellement la haine gratuite. Sa réparation est donc un amour gratuit(4). Puisse Dieu faire que nous méritions bientôt la fin de l’exil, la délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h. Et, que ces jours se transforment en allégresse et en joie. Avec mes respects et ma bénédiction de bonne santé,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8712. (2) Entre les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av, commémorant la destruction du Temple. (3) Dans le traité Yoma 9b. (4) Voir la lettre n°8867.

Lettre n°8870

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8870, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du saint

Chabbat 9 Av repoussé(1) 5724,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu, aux

multiples accomplissements, le Rav M.P. Ha Cohen(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir(3), que vous conclurez l’étude du traité Beïtsa, ces jours-ci, avec le groupe qui étudie la Torah en public, dans un endroit de prière(4), la synagogue Adat Yaakov. Puis, vous continuerez votre étude sacrée en entreprenant celle du traité Soukka. De la sorte, on confère un mérite…(5), puisque cette conclusion a lieu pour le premier anniversaire du décès de votre beau-père, le Rav, distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu, a de bons comportements, se consacre aux Mitsvot, en particulier à ce qui concerne la synagogue, le Rav David(6) Ha Lévi, que son âme soit insérée dans le faisceau de la vie.

De fait, tout ce qui se passe dans une synagogue, une maison d’étude, est spécifiquement lié à ce mois, conformément à la prophétie suivante de Yé’hezkel le Cohen : “ Ainsi, parle l’Eternel ton Dieu, Je les ai éloignés parmi les nations et Je les ai dispersés dans les pays. Je serai pour eux un petit Sanctuaire, dans les contrées en lesquelles ils parviendront ”, ce petit Sanctuaire étant une synagogue ou une maison d’étude(7). En effet, cette période commémore “ ces jours-ci, en cette période-là ”, lors de la destruction de nos Temples, le premier puis le second. Comme l’enseignent nos Sages(8), “ l’acte est essentiel ” et le verset affirme clairement(9) que l’on doit : “ craindre Dieu et garder Ses Mitsvot, car c’est toute la finalité de l’homme ”. Bien entendu, le but de cette commémoration est d’influencer et de susciter l’action concrète.

Tout d’abord et d’une manière concrète, le contenu de cette commémoration sera lié à la destruction du Temple et à sa raison, clairement établie par différents textes du Tana’h et par l’expression suivante de nos Sages : “ C’est du fait de nos fautes que nous avons été exilés de notre terre… à cause de la main qui a été envoyée contre Ton Sanctuaire ”. Il en résulte qu’en “ luttant ” contre la cause, “ nos fautes ”, en l’affaiblissant, en la réduisant, on affaiblit et l’on réduit la conséquence, c’est-à-dire “ nous avons été exilés ” et “ la main qui a été envoyée contre Ton Sanctuaire ”. De la sorte, on hâte le salut, la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.

Comme l’enseigne le Guide des égarés de son époque et de toutes les suivantes, jusqu’à la nôtre, et conformément à la décision hala’hique qu’il énonce clairement dans son Yad Ha ‘Hazaka(10), le roi Machia’h, et lui seul, rassemblera les exilés d’Israël. Avant cela et comme préparation à cet aboutissement, comme entrée en matière à ce résultat, il sera non seulement “ versé dans la Torah(11) et se consacrant aux Mitsvot(12) comme David son ancêtre(13) ”, mais, en outre, “ il incitera tout Israël(14) à la suivre et à s’y renforcer(15) ”. Après cela, dans l’ordre, “ il mènera le combat de Dieu et en sera le vainqueur, sur toutes les nations qui l’entourent(16), il bâtira le Temple(17) à sa

place et il rassemblera les exilés d’Israël(18) ”.

Puisse Dieu faire que chacun et chacune combattent la cause, “ nos fautes ”, en mettant en pratique la Torah et les Mitsvot, “ à la suivre et à s’y renforcer ”. L’assurance a été donnée(19) que : “ l’on vient en aide à celui qui veut se purifier ” et l’on est donc certain de connaître le succès, en la matière, ce qui hâtera le terme de notre exil et précipitera la venue de notre juste Machia’h, notre délivrance. Et, nous mériterons l’accomplissement de la promesse selon laquelle ces jours se transformeront en allégresse et en joie.

Je vous adresse ma bénédiction afin que, très prochainement, nous méritions la délivrance véritable de tous les enfants d’Israël, qui quitteront le désert des nations, celui de l’exil. En effet, il a été dit, à propos de chacun en particulier : “ Je donnerai Mon troupeau, le troupeau que Je fais paître(20) ” et “ à l’Eternel appartiennent la terre et tout ce qu’elle contient ”. Ce troupeau est donc composé uniquement d’animaux domestiques(21), même si ceux-ci se trouvent à Ashtarot Karnaïm, termes qui font allusion à la puissance et à la richesse(22), même s’ils prétendent : “ C’est ma force et la vigueur de mon bras qui m’ont permis d’obtenir tout cela ”. Au final, “ personne ne sera repoussé ”, de sorte que, “ si l’on met de côté Ashtarot Karnaïm(23), il y a de l’ombre pour la Soukka ”. Cette dernière enseigne à l’homme l’humilité et la modestie, excluant l’orgueil qui conduit à dire : “ nos mains ont construit tout cela ”(24). On se souviendra donc des merveilles et des actes redoutables qui ont été accomplis par Dieu, on se rappellera de la sortie d’Egypte et, “ comme aux jours de ta sortie d’Egypte(25), Je te montrerai des merveilles ”, lors de notre délivrance, qui est imminente. Je salue tous ceux qui participent à cette étude, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ De fait, c’est uniquement le jeûne qui est repoussé. A l’opposé, la consolation conserve toute sa vigueur. C’est la raison pour laquelle on ne dit pas la prière Tsidkate’ha, pendant ce Chabbat et, bien plus, on fait cette omission publiquement, comme le souligne le Or Ha ‘Haïm Hé ‘Hadach, à la fin du chapitre 552 ”. (2) Le Rav Moché Pin’has Kats, de Brooklyn. Voir à son sujet, la lettre n°7765. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 357. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Bera’hot 8a ”. (5) A un jour par nature propice. (6) Le Rav D.Schtockhamer. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Meguila 29a ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Kohélet 12, 13 ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Lois des rois, chapitre 11 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Avoda Zara 19a. Les Pirkeï de Rabbi Eliezer, à la fin du chapitre 32, précisent que la ‘voix de Yaakov’, neutralisant les ‘mains d’Esav’, est précisément le ‘souffle de la Torah’ ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Ran sur le traité Soukka 25a, analysant l’expression : ‘se consacrant aux Mitsvot’ et non : ‘accomplissant les Mitsvot’ ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon l’expression courante des Prophètes et des Ecrits saints à propos des rois de la maison de David, qui veut dire que l’on accepte le joug de la Torah et que l’on fait précéder la pratique des Mitsvot du joug de la Techouva, ‘Techouva et bonnes actions’. C’est le roi David qui instaura cette manière de procéder, comme le rapportent le traité Avoda Zara 5a, le Midrash Chmouel et le Yalkout Chimeoni, sur le verset Chmouel 2, 23, 1. Et, l’on consultera le Torah Or, au début de la Meguilat Esther ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceci peut être lié à la réparation de la destruction du Temple, qui se produisit parce que ‘ils ne les empêchèrent pas’ de mal agir, selon le traité Chabbat 119b et le Midrash E’ha Rabba, chapitre 1, au paragraphe 5 ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Pour ceux qui n’ont pas commis de faute et pour ceux qui l’on fait, puis se sont repentis, c’est-à-dire les Justes et ceux qui sont parvenus à la Techouva ”. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est la formulation de l’édition de Rome, qui n’a pas fait l’objet d’une censure de la part d’autres nations ”. (17) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Vaykra Rabba, chapitre 89, au paragraphe 7, qui dit que le Machia’h reconstruira le Temple. On verra aussi le Yerouchalmi, traité Meguila, chapitre 1, au paragraphe 11. Rachi et les Tossafot, au traité Soukka 41a, disent qu’il viendra du ciel, car il se basent, en particulier, sur le Midrash Tan’houma, chapitre 58, au paragraphe 11, de même que le Zohar, tome 1, à la page 28a ”. (18) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au final, comme le dit le Zohar, tome 1, aux page 134a et 139a. C’est aussi ce que dit le commentaire de Rachi, sur le traité Bera’hot 49a, contestant l’avis du Tan’houma, précédemment cité. On verra aussi la longue explication de la lettre du Rabbi Rachab, qui est imprimée dans le Kovets Mi’htavim, tome 1, au chapitre 9 ” de même que dans ses Iguerot Kodech, tome 1, à la lettre n°129. (19) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Yoma, à la fin du chapitre 3 ”. (20) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yé’hezkel 34, 31 ”. (21) Le Rabbi note, en bas de page : “ Conclusion du traité Beïtsa ”. (22) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentaire de Rachi sur le verset Ekev 7, 13 ”. (23) Le Rabbi note, en bas de page : “ Début du traité Soukka ”. (24) Le Rabbi note, en bas de page : “ Guide des égarés, tome 3, au chapitre 43. Commentaire du Rachbam sur le verset Vaykra 23, 43 ”. (25) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au chapitre 625 ”.

Lettre n°8871

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8871, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du saint

Chabbat 9 Av repoussé 5724,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre

aux besoins communautaires, est issu d’une illustre famille,

le Rav Chlomo Yossef(1)

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec effroi, que notre ami(2), auquel Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, lors de cette réunion(3), la seule(4) en son genre, en présence de nombreux Rabbanim appartenant à la catégorie des générations qui nous ont précédés, y compris par la qualité, a délégué son adjoint pour le représenter ! Et, cela n’a pas encore été suffisant. Comme pour souligner encore plus clairement cet état de fait, il a lui-même participé à une réunion de dentistes qui a eu lieu quelques(4) jours plus tard ! Il conviendrait donc de déterminer qui exerce des pressions sur lui et l’empêche de s’en tenir à son propre avis. Il est nécessaire, en effet, de rectifier tout cela, à l’avenir.

Selon les propos du Rav A.L. Gelman(5), deux(4) autres volumes de l’Encyclopédie sont d’ores et déjà prêts. Je vous adresse donc ma bénédiction afin qu’ils soient publiés rapidement, selon la perception des lecteurs et non selon celle de l’éditeur,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Y. Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°8731. (2) Chnéor Zalman Chazar, président d’Erets Israël. (3) Celle de la “ cinquième grande assemblée ” rabbinique. Voir, à ce sujet, les lettres n°8864 et 8880. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ seule ”, “ quelques ” et “ deux ”. (5) Le Rav Aryé Leïb Gelman, collaborateur du Rav Zevin pour la rédaction de l’Encyclopédie talmudique..

Lettre n°8872

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8872, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez de quelle manière on travaille pour la communauté(1). Or, on connaît, à ce sujet, l’enseignement selon lequel : “ Je le(2) renverrai peu à peu ”. Il faut donc avancer d’un niveau vers l’autre, avec une ferme détermination. C’est de cette façon que le résultat obtenu est durable. C’est bien évident.

Vous évoquez également votre réussite dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout(3). Nos Sages donnent l’assurance(4) que : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. Vous étudierez donc avec élan et ardeur(5), de sorte que la Torah atteste qu’il s’agit bien d’un effort. De la sorte, cette promesse s’accomplira et l’effort sera couronné de succès.

Notes

(1) Voir le Hé’hal Mena’hem, tome 1, à la page 109. (2) Le mal. (3) Comment l’obtenir ? (4) Dans le traité Meguila 6b. (5) Le destinataire de la présente est vraisemblablement un élève de Yechiva.

Lettre n°8873

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8873, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu vos lettres(1), avec votre demande de bénédiction qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de son contenu, de même que de celui de toutes vos lettres.

Bien plus, les premiers jours de ce mois de Mena’hem Av sont désormais passés et nous sommes donc entrés dans la période de consolation, qui inclut le mois d’Elloul, celui de la miséricorde, de l’immense miséricorde du Créateur de l’homme, Qui lui accorde Sa Providence avec vigilance et bienveillance. Dieu nourrit et satisfait tous les besoins, matériels et spirituels, par la Lumière de la Face du Roi de la vie, le Roi suprême, de même que tous les besoins de la vie. Or, comme l’explique le saint Zohar(2), “ le monde inférieur est à l’image du monde supérieur ” et, en conséquence, c’est la lumière du visage de l’homme, ici-bas, qui attire la bénédiction et le salut du monde céleste. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Tome 1, à la page 29b.

Lettre n°8874

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8874, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 15 Mena’hem Av, dans laquelle vous me parlez de votre fille. D’après ce que vous écrivez, il semble que l’on ait consulté des médecins spécialistes et, à n’en pas douter, vous vous conformez à leurs prescriptions. En effet, un homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour agir selon les voies de la nature(1). En un moment propice, on mentionnera donc vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins.

Votre activité touche à l’éducation des enfants d’Israël et j’ai donc bon espoir que vous insufflez à vos élèves la crainte et l’amour de Dieu, lesquels conduisent(2) à la pratique des Injonctions et des Interdits. Vous continuerez donc à le faire, encore plus intensément. Et, ce grand mérite vous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins et que soient positivement exaucés les souhaits de votre cœur. Bien plus, on connaît le dicton du Baal Chem Tov(3) selon lequel l’amour que Dieu éprouve pour chaque Juif est infiniment plus intense que celui de parents âgés envers leur enfant unique, né alors qu’ils avaient déjà atteint la vieillesse.

Il serait judicieux de faire vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de votre maison, afin de vous assurer qu’elles sont conformes à la Hala’ha. Votre épouse gardera la pratique favorable des filles d’Israël vertueuses qui consiste à prélever de la Tsedaka, avant l’allumage des bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec mes respects et ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Le secrétaire,

N. B. : Vous m’écrivez que vous souhaitez me rencontrer personnellement. Cela n’est nullement nécessaire, puisque ma réponse vous est communiquées ci-dessus et “ la Torah a pitié de l’argent des Juifs ”(4), en l’occurrence des dépenses financières qui seraient engendrées par ce voyage et auxquelles s’ajoutera un investissement en énergie et en temps.

Notes

(1) Pour obtenir la guérison. (2) Voir le chapitre 4 du Tanya. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°8317, 8903 et 8962. (4) Selon le traité Roch Hachana 27a.

Lettre n°8875

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8875, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai vu les quelques lignes que vous avez notées en marge de la lettre et, bien entendu, j’ai été surpris et peiné par leur conclusion : vous affirmez que vous avez rompu les liens avec Kfar ‘Habad, ce qu’à Dieu ne plaise. Sans entrer dans l’examen des explications et des justifications d’une telle situation, puisque j’imagine que vous n’auriez pas fait pareille chose sans raison, je dois dire que cette position n’est en aucune façon justifiée.

De manière générale, il est nécessaire d’aimer son prochain et de rapprocher les cœurs, comme l’explique longuement le chapitre 32 du saint Tanya. Mais, a fortiori est-ce le cas de nos jours et en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, surtout pour ceux qui suivent les voies et les usages de l’auteur du Tanya. Or, une telle exigence s’applique, tout autant, à celui qui a raison à cent pour cent. De fait, nos Sages disent(1) que : “ à celui qui sait être conciliant…(2) ”.

Nous approchons d’Elloul, le mois de la miséricorde et il est donc sûrement inutile de développer tout cela. En conséquence, j’attends de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit. Avec mes respects et ma bénédiction pour me donner ces bonnes nouvelles,

Notes

(1) Dans le traité Yoma 23a. (2) On pardonne les fautes qu’il a commises.

Lettre n°8876

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8876, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid craignant Dieu et se

consacrant aux besoins communautaires,

qui est appelé docteur C. B. Ulman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre ouvrage intitulé : “ L’éducation et la connaissance ”. Je vous remercie d’avoir pensé à me l’adresser. En plus de la satisfaction intrinsèque qu’il procure, ce livre atteste que vous vous servez effectivement des capacités dont vous disposez pour renforcer le Judaïsme, en tout endroit où s’exerce votre influence. Je le constate également dans les articles que vous publiez dans le Jewish Press(2). A n’en pas douter, vous poursuivrez tout cela, car on atteint certaines personnes par un livre, alors que d’autres seront touchées par un article dans la presse.

Puisse donc Dieu faire que vous continuiez à accomplir tout cela, avec amour et dans la joie, en vous en remettant pleinement à Dieu Qui vous accordera la réussite, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela et avec mes respects,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6868. (2) La “ gazette juive ”, paraissant à New York.

Lettre n°8877

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8877, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Yona(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, c’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre de ce lundi, m’annonçant une bonne nouvelle, puisque vous me dites que vous achèverez bientôt le cours public que vous donnez, dans votre maison, sur le Eïn Yaakov. Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, de tous les points de vue, que vous concluiez le Eïn Yaakov et que vous le recommenciez aussitôt, conformément à l’usage des Juifs. En effet, la coutume d’Israël, partie intégrante de la Torah(2), veut que l’on rapproche la fin du début(3).

Bien plus, comme l’établissent différents textes, cette(4) conclusion est liée à ce(4) début de différentes façons. L’une d’entre elles est la suivante : on peut se demander de quelle manière satisfaire l’exigence d’instaurer une paix véritable entre les hommes, alors que : “ leurs opinions ne sont pas(4) identiques ”(5). Une telle exigence est pourtant formulée avec beaucoup de fermeté, au point d’affirmer que : “ le Saint béni soit-Il ne trouva pas d’autre(4) réceptacle contenant la bénédiction pour Israël que la paix ”(6).

L’explication de tout cela est la suivante. Il peut en être ainsi grâce à la lecture du Chema Israël, dès le début des vingt quatre heures de la journée(7), comme le stipule le début de la Michna : “ A partir de quand lit-on le Chema Israël du soir ? ”. Or, la finalité du Chema Israël est de proclamer la Royauté du Saint béni soit-Il, jusqu’à prendre conscience que : “ l’Eternel est Un ”, dans les sept cieux et sur la terre, aux quatre points cardinaux(8). De la sorte, chacun peut offrir sa volonté à Dieu, la confondre à la Sienne. Dès lors, disparaît tout ce qui peut constituer une séparation, créer des différences. Ainsi, s’instaure la paix véritable et Dieu accorde pleinement Sa bénédiction, comme nous le disons à la conclusion(4) de la Amida : “ Bénis-nous, notre Père ” parce que nous sommes “ tous comme un ”. On consultera, à ce sujet, le chapitre 32 du Tanya.

Tout ceci est exposé clairement par différents textes de notre sainte Torah, Torah de vie et, plus profondément par l’enseignement caché de la Torah, lequel, dans la Guemara, figure dans les récits du Eïn Yaakov, en lesquels on trouve la plupart des secrets de la Torah, comme l’explique Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 23. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, en saluant tous les participants à cette étude particulièrement importante, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav H.Y. Dan, de New Haven. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 56, dans la note 2. (3) Selon le Rechout qui est récité pour le ‘Hatan Béréchit. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ cette ”, “ ce ”, “ pas ”, “ pas d’autre ” et “ conclusion ”. (5) Selon le traité Bera’hot 58a. (6) A la fin du traité Ouktsin. (7) C’est-à-dire à la tombée de la nuit. (8) Selon le Séfer Mitsvot Katan, cité par le Beth Yossef Ora’h ‘Haïm, au chapitre 61 et le Choul’han Arou’h, de même que celui de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 61, au paragraphe 6.

Lettre n°8878

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8878, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur David Ben Naïm,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu le livre de responsa Ra’hamim Pechoutim(1) et le fascicule Drouch Erets Israël(2) dont l’auteur est votre père, Rav Raphaël ‘Haïm Moché Ben Naïm, puisse-t-il reposer en paix. Je vous remercie d’avoir pensé à me les adresser. Par la suite, j’ai reçu ces ouvrages également par monsieur Chmouel Hassan. Et, sachant que telle est votre volonté, de même que pour l’élévation de l’âme de votre père, l’auteur, puisse-t-elle être insérée dans le faisceau de la vie, j’ai transmis les doubles à la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch, afin que les élèves puissent les consulter quand ils le jugeront bon. Il va sans dire que, si ces ouvrages sont épuisés, il seront bon et judicieux que vous-même et tous les enfants de votre père les rééditiez, à la fois pour le mérite de votre père et dans l’intérêt général.

En fonction de la formulation de votre lettre, j’ai bon espoir que vous faites ce qui est en votre pouvoir afin de diffuser le Judaïsme dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement. Bien plus, nos Sages disent, dans leur Michna(3), que : “ le père confère un mérite à ses enfants ” et l’assurance nous a été donnée(4), à ce sujet, que : “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.

De fait, nous approchons des jours favorables du mois d’Elloul. Dieu est alors comme un Roi Qui, avant Son arrivée dans la ville, est accueilli par les citadins. Ceux-ci viennent à sa rencontre, dans le champ et Lui-même y reçoit chacun avec bienveillance, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Reéh, à la page 32b, dont l’auteur est l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) “ Miséricorde infinie ”. (2) Commentaire sur la Terre Sainte. (3) Au traité Edouyot, chapitre 2, à la Michna 9. (4) Dans le traité Yoma 38b.

Lettre n°8879

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8879, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mena’hem Av 5724,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

issu d’une illustre famille, rendant le jugement

dans toute la communauté d’Atlantic City,

le Rav Moché Shapiro,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec un grand intérêt et de la joie, que, sous votre direction, les membres de la communauté de votre ville ont pris l’initiative d’y bâtir un nouveau Mikwé. Ce dimanche aura lieu la pose de la première pierre et vous-même prononcerez, à cette occasion, quelques mots de bénédiction, au nom de tous les Rabbanim de la sainte communauté d’Atlantic City. De fait, ce moment est particulièrement propice pour cela, puisque c’est le Roch ‘Hodech Elloul, date qui introduit quarante jours de Techouva. Et, l’on sait à quel point nos Sages, dans leur Michna, ont souligné l’importance d’un Mikwé. Ils ont cité, à ce propos, un exemple, une image illustrant la notion de Techouva, à la fin du chapitre : “ Yom Kippour ”, faisant référence à jour de Techouva. Ils disent, en effet : “ Tout comme le Mikwé purifie, le Saint béni soit-Il purifie Israël ”.

Je conclus en vous exprimant mes vœux chaleureux pour que très prochainement, ce projet soit conduit à son terme, ce qui hâtera l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ Je vous aspergerai d’eaux pures et vous serez purifiés ”. Ainsi sera introduite la purification, “ Je vous donnerai un cœur nouveau ”, laquelle décrit aussi la Techouva, “ et vous résiderez sur la terre ”, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Je vous joins une copie de la lettre que j’adresse au comité du Mikwé.

Lettre n°8880

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8880, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille de Roch ‘Hodech Elloul 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué et agréable ‘Hassid qui craint

Dieu, élu du peuple, qui le surpasse, recherche le bien

de son peuple, a des comportements généreux, est issu

d’une illustre famille, le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement reçu mes précédents courriers. En outre, vous avez dû avoir mes salutations qui vous ont été adressées par les invités qui étaient venus ici, il y a quelque temps. Je ne vous cacherai pas(2) que j’ai été peiné d’apprendre que vous n’étiez pas personnellement présent à la séance d’ouverture de la cinquième grande assemblée. Sans doute y a-t-il de bonnes raisons le justifiant, mais les faits n’en sont pas changés pour autant.

Nous sommes à la veille du Roch ‘Hodech Elloul et il est donc d’actualité de se remémorer les propos de l’Admour Hazaken, définissant le caractère propice de ce mois de la miséricorde. Il le compare, en effet, à un Roi qui, avant son arrivée dans la ville, est accueilli par les citadins. Ceux-ci viennent à sa rencontre, dans le champ et, dès lors, quiconque le désire peut s’adresser à lui. Il réserve un accueil bienveillant à tous, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Reéh, à la page 32b. Puisse donc Dieu faire que ce qui a été dit ci-dessus s’accomplisse également de la manière qui a été décrite par l’Admour Hazaken, c’est-à-dire avec la bienveillance de Dieu et que ceci se révèle de la même façon ici-bas.

Pour passer d’une notion à une autre, en ce qui concerne le Roi du monde, j’exprimerai mon espoir que les propos de bénédiction que vous prononcerez à l’occasion de Roch Hachana, qui approche pour le bien, fassent clairement mention du Nom de Dieu, Qui est couronné par tous et Qui est à l’origine de toutes les bénédictions, y compris celle qui permettra que vous me pardonniez pour cette remarque. Avec ma considération, mes respects, ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année, pour une bonne et douce année,

Notes

(1) C. Z. Chazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8682. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8871.

Lettre n°8881

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8881, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[11 Elloul 5724]

Il est(1) dommage(2) que l’on ne se soit pas efforcé de réunir au moins dix participants, conformément aux merveilleux propos(3) de l’Admour Hazaken, sur ce sujet, dans Iguéret Ha Kodech(4).

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Chnéor Zalman Ha Lévi Duchman et elle a été rédigée à même son courrier du 11 Elloul 5724. Voir, à son sujet, les lettres n°8489, 8882 et 9007. (2) Le Rav Duchman écrivait au Rabbi : “ Les études ne sont pas interrompues le dimanche, ce qu’à Dieu ne plaise. Néanmoins, le nombre des participants a alors été moins important. Je joins au Rabbi

la liste des participants pour les quatre semaines et Dieu fasse qu’au retour des vacances, ceux-ci soient plus nombreux ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre suivante. (4) Au chapitre 23.

Lettre n°8882

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8882, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[18 Elloul 5724]

L’expression(1) : “ Mes(2) maîtres(3) ”, qu’il convient de craindre, désigne le Maguid(4) et le Baal Chem Tov(5). La révélation “ sans limite et sans fin ”(6) est précisément obtenue par la présence de dix personnes. Ainsi, ce qui dépasse(3) les dix est lié à Kéter, la couronne surplombant l’enchaînement des mondes, qui est “ merveilleuse ” dans la mesure où elle transcende l’entendement, lequel est lié à la sainteté. En outre, il s’agit, en l’occurrence, de convaincre également l’âme animale, ce qui est plus aisé par des paroles merveilleuses que par des paroles saintes.

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Chnéor Zalman Ha Lévi Duchman et elle a été rédigée à même son courrier du 18 Elloul 5724. Voir, à son sujet, la lettre précédente. (2) Le Rav Duchman écrivait au Rabbi : “ Je joins au Rabbi la liste des participants à l’étude de ce dimanche. J’aurais bien voulu connaître la signification de l’expression qui a été employée par le Rabbi Chlita, ‘merveilleux propos’. D’ordinaire, on parle de ‘saints propos’ et ce terme a donc sûrement été employé ici pour une raison précise ”. Voir, à ce sujet, la lettre précédente. (3) Dans le texte de l’Admour Hazaken. Le Rabbi souligne les mots : “ Mes maîtres ” et “ dépasse ”. (4) De Mézéritch. (5) Voir, à ce sujet, le Séfer Ha Si’hot 5704, à la page 98 et le Séfer Ha Si’hot 5705, à la page 59. (6) Dont il est question à cette référence d’Iguéret Ha Kodech, à la page 136b.

Lettre n°8883

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8883, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Elloul 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention du grand Rav, distingué et agréable ‘Hassid

qui craint Dieu, aux bons comportements et aux

multiples accomplissements, empli d’empressement,

le Rav Israël Chlita, qui est appelé docteur Brody,

Grand Rabbin des pays britanniques,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, vos salutations par l’intermédiaire des Rabbanim ayant effectué ce voyage, distingués et agréables ‘Hassidim qui craignent Dieu et se consacrent aux besoins communautaires, le Rav Ben Tsion Chem Tov et le Rav Yona Eidelkopf Chlita. A cette occasion, j’ai l’agréable devoir de vous exprimer la satisfaction que j’ai éprouvée en entendant le détail des actions que vous avez réalisées pour les hommes de ‘Habad qui, dans votre ville, diffusent, avec abnégation, le Judaïsme et l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Ainsi, “ comme le visage se reflète dans l’eau ” et “ mesure pour mesure ”, Dieu vous conférera le succès et la bénédiction en tous vos besoins.

Compte tenu de la situation tendue que connaît le Judaïsme dans le monde, en général et dans certains pays, en particulier, je me permets d’exprimer l’espoir que vous ne tiendrez pas compte de l’usage en vigueur et que vous conservez vos fonctions encore pendant quelques années. En effet, la période exige l’effort et non le retrait. Et, le mérite de ce qui est public vous vient en aide afin que vous parveniez à renforcer pleinement l’état de la religion et de la tradition de nos ancêtres, sans compromis, ce qu’à Dieu ne plaise. Car, un compromis est toujours un écart par rapport à la vérité, à notre Torah, Torah de vérité, qui a été donnée par le Dieu de Vérité. Puisse Dieu faire que vous agissiez et connaissiez le succès, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme.

A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, par la présente, ma bénédiction à vous-même et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction,

Lettre n°8884

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8884, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Elloul 5724,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 15 Elloul et, avant tout, je dois vous exprimer la grande satisfaction que j’ai conçue en y voyant de quelle manière vous considérez ‘Habad et ses écoles. Autre point, qui est essentiel, vous m’écrivez que : “ l’esprit de ‘Habad et son enseignement me sont très proches et je m’efforce d’en faire l’objet de mon étude ”. Or, nos Sages nous ont fait savoir(1) que l’étude conduit à l’action, surtout pour un éducateur et bien plus encore pour quelqu’un qui inspecte les éducateurs. Toute nomination provient de Dieu(2), ce qui veut dire que l’on reçoit aussi les forces et les moyens nécessaires pour assumer ces fonctions et ce rôle avec un total succès. Dieu fasse que vous influenciez en ce sens également ceux que vous inspectez. En effet, l’assurance nous a été donnée(3) que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. Et, l’on connaît la précision de l’Admour Hazaken(4), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon laquelle ceci implique non seulement de se purifier soi-même, mais aussi de purifier les autres.

Concernant la question proprement dite qui portait sur la direction de l’école, vous avez raison d’écrire qu’avant tout, le point le plus essentiel, au sein de chaque établissement, est l’intérêt des élèves, la réussite de leurs études et leur éducation. Il est donc nécessaire que le directeur soit le plus apte possible à cette fonction. Mais, si telle est la conclusion, il est certain qu’un moyen existe de la mettre en pratique. Bien plus, de tout ce qui concerne notre Torah, il est dit que : “ ses voies sont des voies agréables ”. Il est donc possible de tout mettre en pratique de cette façon. Comme je l’ai dit, vous êtes l’inspecteur et cette mission vous a donc été confiée. Au bout du compte, vous trouverez sûrement le moyen d’appliquer cette conclusion dans l’intérêt des élèves. Dieu vous accordera la réussite et il ne fait pas de doute que la promesse selon laquelle on vient en aide à celui désire se purifier s’accomplira également en la matière. J’ai bon espoir qu’au final, ceux qui, pour une quelconque raison, ne tiennent pas compte, comme il le faudrait, de l’intérêt des élèves prendront conscience de la vérité et qu’il vous remercieront d’avoir été ferme, lors de la prise de décision et de ne pas avoir accédé à leur requête.

A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, par la présente, ma bénédiction à vous-même et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Dans le traité Kiddouchin 40b. (2) Selon le traité Bera’hot 58a. (3) Dans le traité Yoma 38b. (4) Dans le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, à la page 88b.

Lettre n°8885

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8885, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de Seli’hot 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Kaddish Louz,

dans la ville sainte de Jérusalem,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, par les hommes de Kfar ‘Habad(1), que vous avez visité cet endroit et que vous avez été impressionné par ses institutions. Vous avez toujours eu un contact positif avec les hommes de ‘Habad et je suis sûr que vous continuerez à le faire, à l’avenir, bien plus que vous renforcerez tout cela, dans la mesure du possible, en fonction du développement de Kfar ‘Habad et de ce qui le concerne. Selon un principe établi, en effet, un ajout est nécessaire en tous les domaines du bien et “ l’on connaît l’élévation dans la sainteté ”(2). Bien plus, votre situation vous ouvre des opportunités spécifiques et tout est effet de la divine Providence.

A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, par la présente, ma bénédiction à vous-même et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma large bénédiction,

J’ai bien reçu votre livre : “ Les pierres de la route ” et je vous prie d’excuser le retard avec lequel je vous en accuse réception. Celui-ci est dû à plusieurs raisons. Je vous remercie d’avoir pensé à me l’envoyer. La création d’un homme, pour une large part, est le reflet de son auteur. Bien plus, en l’occurrence, certains chapitres de ce livre sont autobiographiques. Quand on se trouve à distance, il y a bien là un moyen de faire personnellement connaissance avec l’auteur d’un ouvrage. J’ai l’habitude de penser, quand quelqu’un m’envoie un livre qu’il a écrit, qu’il ne me l’a pas adressé en vain, mais qu’il attend sûrement de moi que je consulte cet ouvrage et, si j’ai des remarques à formuler, qu’il les acceptera avec bienveillance, même si je n’ai pas la même vision du monde que lui. En conséquence, je me permettrai de faire ici quelques réflexions sur votre livre, en particulier sur son thème profond, la forme que doit prendre la société et sa vie, puisque c’est à cela que vous consacrez cet ouvrage.

J’espère que vous conviendrez avec moi que la formation d’une société n’est pas un but en soi, un objectif en dernière instance. Sa finalité est de rendre possible un mode de vie convenable et souhaitable, par les efforts conjugués de tous. En apparence, la société établit l’équivalence du petit et du grand, ce qui, de fait, va à l’encontre de la nature humaine. En effet, “ tous comme les visages sont différents, les opinions sont différentes également ”(3). De ce fait, l’individu trouve la satisfaction et la plénitude quand il peut mettre en pratique tous les potentiels dont il dispose, dans la plus large part, pas autant dans les domaines communs, qu’il partage avec tous les membres de la société, que dans ce qui le concerne à titre personnel et lui permet de se distinguer de ses amis, de son entourage. C’est bien là que se trouve la quintessence de son être. Pour autant, l’homme n’a pas une nature solitaire(4) et il n’est pas bon qu’il soit seul. Il recherche la vie en société et c’est par son intermédiaire, avec son aide, qu’il obtient la plénitude.

Si l’on admet ce principe, la vie en société revêt, d’une part, une grande importance, puisqu’elle est le cadre permettant la collaboration de plusieurs personnes, qui obtiennent ainsi de larges acquis, dépassant, bien évidemment, l’addition de ce que chacun peut accomplir à titre individuel. On sait(5), en effet, que l’action conjointe de deux personnes est bien plus du double de ce que chacun peut réaliser à titre personnel. Un autre aspect positif de la société est la disparition de la jalousie et de la compétition malsaine qui, bien souvent, détériorent les relations entre les hommes, alors que, bien au contraire, une action collective rapproche les cœurs. Pour autant, la société n’a pas pour objectif de supprimer complètement toute compétition. En effet, un homme redouble d’effort et il cherche à avancer, à se servir de toutes ses forces, avec empressement, précisément lorsqu’il est appelé à relever un défi et à entrer en compétition. La société doit donc se servir de cet antagonisme naturel afin d’en tirer un plus large acquis. En d’autres termes, dans une société individualiste, la rivalité commence avec les besoins les plus premiers, les plus matériels et grossiers. Selon les termes de nos Sages(6), “ si l’on ne craignait pas les autorités ”, c’est-à-dire, en l’occurrence, les impératifs de la société, “ un homme avalerait son prochain tout cru ”. Au sein d’une société constituée, par contre, ceci peut avoir pour effet d’obtenir un plus large acquis, allant bien au-delà des besoins premiers ou encore concernant un stade plus élevé, la vie de l’esprit.

Il résulte de tout cela que l’existence de la société et sa vie ne sont pas, par elles-mêmes, une finalité et un acquis, mais seulement une étape, une phase préparatoire, un moyen de développer l’individualité et l’aspect personnel de chacun, de les révéler de la meilleure façon et le plus largement. Mais, cette valeur fondamentale de la société n’intervient pas après que la vie, en son sein, ait d’ores et déjà été pleinement organisée, qu’il ne reste plus qu’à décider concrètement de quelle manière se servir des forces accrues et mettre pleinement en évidence, chez chacun, ses aptitudes et ses qualités. En fait, elle doit se manifester dès la constitution de la société, car, bien souvent, et même la plupart du temps, le simple fait qu’il existe une vie de la société suscite, comme on l’a dit, des oppositions profondes contre l’ordre établi, lequel s’efforce de faire disparaître l’homme en tant qu’individu pour n’en faire qu’un élément de l’ensemble, en l’occurrence de la société. A l’opposé, lorsque l’individu a conscience qu’il n’y a là qu’une étape de son développement, qu’un moyen d’accroître ses capacités afin qu’il parvienne à des réalisations personnelles beaucoup plus larges, en le libérant des tracas inhérents aux étapes inférieures, en lui permettant de satisfaire plus facilement ses besoins premiers, sans gaspiller ses forces et son temps, grâce à l’action conjointe qui est induite par la société, non seulement il supprime complètement son opposition naturelle, mais bien plus, il s’enthousiasme et il assume pleinement, avec abnégation, son rôle au sein de cette société.

Ce qui vient d’être dit concerne non seulement le succès de la société, en général, mais aussi le contenu de la vie qu’elle propose et la manière d’y vivre. Vous abordez ces points dans votre livre. C’est le cas, par exemple, des relations entre les parents et les enfants, domaine dans lequel le tort peut surpasser l’intérêt. Ces relations appartiennent à la partie “ spirituelle ” de la personnalité humaine, en laquelle la liberté de l’individu est primordiale et fondamentale. Une autre idée est importante également, à mon sens, c’est la différence de mentalité et de relation avec le groupe que l’on peut constater entre les fondateurs de la société, d’une part, ceux qui sont nés en son sein, d’autre part. Les premiers ou encore ceux qui sont arrivés dans une société de laquelle ils étaient relativement proches peuvent concevoir de la satisfaction morale de leur parcours, en constatant, comme vous l’écrivez, qu’ils proviennent d’un mode de vie radicalement différent, d’un milieu ayant une conception de la vie opposée. Ceux-là ont construit la société au prix d’un grand effort, en consentant à des sacrifices et à des mortifications. Le résultat obtenu a, pour eux, d’autant plus de valeur et d’importance. A l’opposé, ceux qui sont nés dans la société ou y ont grandi considèrent son mode de vie comme naturel. Pour ce qui les concerne, il est clair que les limites de la vie au sein de la société, précédemment définies, apparaissent beaucoup plus clairement que ses aspects positifs. Ceci peut engendrer en eux une insatisfaction morale ou même une révolte, en tout état de cause des frictions avec ceux qui leur imposent l’ordre de la société. En la matière également, il est utile de la présenter uniquement comme un étape, comme une phase préparatoire.

Tel est donc le fond du problème posé et, de fait, je ne lui trouve pas de réponse dans votre livre : que fixera-t-on à la génération née au sein de la société comme objectif ou comme idéal qu’elle voudra atteindre, consentant pour cela à l’effort et au sacrifice qui sont imposés par la vie de cette société ? Dernier point, il va sans dire que j’ai lu avec intérêt les “ chapitres de la vie ” figurant à la fin de votre ouvrage et, là encore, je me permettrai de formuler une remarque. Il est dommage et regrettable que vous n’ayez pas inclus dans ces notes autobiographiques, une description de la “ source ”, qui vous a conduit à mettre une Kippa lorsque vous avez lu des versets du Tana’h devant la Knesset. Bien plus, vous deviez savoir d’emblée qu’il y aurait une réaction de la part de la gauche, que cette réaction serait négative. Vous l’avez fait, malgré cela et le fondement de votre attitude se trouve, à n’en pas douter, dans le début de votre vie, par exemple dans la maison de votre père ou dans celle de votre grand-père.

Les Juifs ont l’usage de lier les sujets dont ils traitent avec la période de l’année et, en particulier, avec les fêtes. En l’occurrence, nos Sages soulignent, à propos de Roch Hachana, le rôle de l’homme, à titre individuel. Cela fut vrai pour le premier Roch Hachana, lorsque Dieu créa le premier homme, mais l’est aussi, comme le soulignent nos Sages, parce que : “ l’homme fut créé seul afin de t’enseigner qu’une seule âme est comme un monde entier ”, en chaque génération et en tout endroit. Puis, ils poursuivent leur explication en précisant que nul n’est identique à l’autre et “ de ce fait, chacun est tenu de dire : le monde a été créé pour moi ”. En d’autres termes, c’est précisément parce qu’un homme n’est pas identique à son prochain qu’il doit être considéré comme un monde entier, selon la fin du quatrième chapitre du traité Sanhédrin. Ceci est également le thème central de ma lettre de Roch Hachana(7), que vous trouverez ci-jointe. J’espère qu’elle vous intéressera.

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 243. (2) Selon le traité Bera’hot 28a. (3) Selon le traité Sanhédrin 38a. (4) Voir le Guide des égarés, tome 2, au chapitre 40 et tome 3, au chapitre 27. (5) Selon le traité Sotta 34a. (6) Dans le traité Avot, chapitre 3, à la Michna 2. (7) Il s’agit de la lettre suivante.

Lettre n°8886

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8886, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jours de Seli’hot 5724,

Brooklyn, New York,

Aux fils et filles d’Israël,

partout où ils se trouvent,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue largement et vous bénis,

Roch Hachana a été fixé par le Créateur(1), non pas au jour de la création du monde, en général, mais lorsque Adam, le premier homme, fut créé. La raison(2) en est la suivante. L’apparition de l’homme au sein de la création de tous ces six jours ne fit pas que la compléter. Elle lui apporta, en outre, la plénitude(3) et la perfection.

C’est de cette façon que cette création parvint à l’intégrité, non seulement parce que l’homme en est la créature la plus élevée, mais aussi parce que celui-ci peut(4), doit(4) et, au final, parviendra(4) à en conduire toutes(4) les autres composantes(5) vers leur(4) propre perfection.

Il peut en être ainsi quand l’homme fait un usage intégral(4) de ses forces et de celles de la nature, dans le monde des minéraux(4), de la terre, des pierres, dans celui des végétaux(4), des plantes et dans celui des animaux, afin d’y introduire le bien et la sainteté. De la sorte, chaque être et l’ensemble de la création, en général, se conforment à la Volonté du Créateur(6).

*

*

*

La création de l’homme se distingue, en particulier, également par le fait que celui-ci fut créé(7) seul(4), à la différences des autres êtres, créés en grand nombre. Ceci nous enseigne et nous souligne qu’un seul(4) homme a le pouvoir de conduire toute la création vers sa plénitude et sa perfection, comme le fit Adam, le premier homme. En effet, tout de suite après sa création, lors du premier Roch Hachana, Adam exigea et(8) obtint(4) que tous les êtres du monde reconnaissent la suprématie du Créateur.

C’est ainsi qu’il proclama : “ Venez, nous nous inclinerons, nous agenouillerons et nous prosternerons devant Dieu, Qui nous a faits ”(4). Grâce à cette génuflexion et à cette soumission de tout son être, et uniquement de cette façon, une créature peut s’attacher et s’unir au Créateur et, de la sorte, atteindre la plus haute plénitude.

Nos Sages soulignent que l’on peut apprendre d’Adam une leçon s’appliquant à chacun(4) : “ C’est pour cela que l’homme a été créé unique. Ceci t’enseigne qu’une seule âme est considérée comme un monde entier ”. Ainsi, chaque Juif, y compris à notre époque, quelle que soit la situation dans laquelle il évolue, reçoit pleinement les moyens et donc la mission de s’élever, d’atteindre le stade le plus élevé de la perfection et d’en faire de même dans le monde entier, dans l’ensemble de la création.

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Roch Hachana, jour de la création du premier homme, qui était unique, rappelle à chacun le contenu de cette mission et souligne l’inexactitude(9) des explications avancées par ceux qui ne ressentent pas ce devoir, qui prétendent qu’il est impossible de changer le monde ou bien que leurs parents ne leur ont pas donné l’éducation qui aurait été nécessaire pour cela, qu’ils ne les ont pas préparés ou encore que le monde est grand, qu’eux-mêmes sont petits et qu’ils ne peuvent donc rien faire.

Roch Hachana insuffle la force de ressentir cette mission, car, en ce jour, toute la création est renouvelée et une nouvelle année commence, avec des forces nouvelles, comme ce fut le cas lors du premier Roch Hachana. Conformément au contenu et à l’ordre de la prière(4) de Roch Hachana, le fait qu’une telle requête soit formulée fait la preuve qu’elle peut(4) être exaucée, que la prière(4) a me pouvoir d’obtenir un tel résultat. Chacun(4) demande donc, dans toutes les prières de ce jour : “ Règne sur le monde entier et que chaque être(10) sache(11) que Tu l’as fait ”(4). De la sorte, le monde entier(4) reconnaîtra la suprématie de Dieu. Et, chacun(4) saura qu’Il l’a créé.

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Il fut des époques au cours desquelles l’idée qui vient d’être développée, la possibilité pour un seul homme de transformer le monde, soulevait le doute. Il était donc nécessaire d’argumenter, d’étayer cette affirmation par des preuves. A notre époque, en revanche, tout cela est inutile. Il est bien clair que : “ Dieu est le Roi du monde ”, que : “ Dieu règne ”(12) et que, grâce à cela : “ le monde se maintient et ne chancelle pas ”. En effet, s’il n’en était pas ainsi, un seul homme(13) aurait pu conduire le monde entier à sa perte, ce qu’à Dieu ne plaise.

Or, s’il en est ainsi dans le domaine du contraire du bien, il est bien évident que l’action d’un seul homme, dans le domaine du bien, peut avoir un impact beaucoup plus large(14). Car, en réalité, dans sa dimension profonde, toute la création s’inscrit dans le bien(15). Elle a donc besoin de ce qui est bon, beaucoup plus que du contraire.

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Dieu fasse que chacun et chacune(4) prenne, pendant le jour de Roch Hachana, de fermes résolutions, dans l’esprit de cette fête, en fonction de ce qui vient d’être dit. Et, ces bonnes décisions seront suivies d’effet, chaque jour et tous les jours, pendant l’année qui vient.

La génuflexion devant Dieu se marquera en chaque acte de l’existence quotidienne, en mettant en pratique Ses Mitsvot, y compris le Précepte : “ En toutes(4) tes voies, reconnais Le ”(16). Et, l’on en fera de même, tout autour de soi. En effet, Roch Hachana n’est pas seulement le début de l’année. C’est aussi sa tête(17).

La tête dirige tous les membres du corps. De même, la vitalité et les décisions de Roch Hachana empliront et conduiront tous les jours de l’année. De la sorte, le corps et l’année seront en bonne santé, de tous les points de vue. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 9, à la page 438. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ On trouve une brève réponse à cette question, quelque peu différente, dans les lettres de Roch Hachana 5714 et 5716 ”, qui sont les lettres n°2238 et 3803. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans les ‘Hidoucheï Aggadot du Maharcha, sur le traité Roch Hachana 27a, il est dit : ‘C’est comme si rien n’avait été créé avant l’homme’. On consultera les séquences de discours ‘hassidiques intitulés : ‘C’est le jour’, de 5704 et 5709 ”. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ peut ”, “ doit, “ parviendra ”, “ toutes ”, “ leur ”, “ intégral ”, “ minéraux ”, “ végétaux ”, “ seul ”, “ un seul ”, “ obtint ”, “ venez, nous nous inclinerons, nous agenouillerons et nous prosternerons devant Dieu, Qui nous a faits ”, “ chacun ”, “ prière ”, “ peut ”, “ prière ”, “ chacun ”, “ règne sur le monde entier et que chaque être sache que Tu l’as fait ”, “ monde entier ”, “ chacun ”, “ chacun et chacune ” et “ toutes ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 11, au paragraphe 6, qui dit : ‘Tout ce qui a été créé rend nécessaire une action’, commenté par le Likouteï Torah, Parchat Nasso, à la page 26b ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Avot, à la fin du chapitre 6 et le traité Yoma 38a ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Michna du traité Sanhédrin, à la fin du paragraphe 4 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 3, à la fin de la Parchat Emor. Voir aussi les Pirkeï de Rabbi Eléazar, au chapitre 11 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir également le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 5, au paragraphe 6 et le Kountrass Ou Mayan, à partir du treizième discours ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Emanant du monde d’Assya, selon le Siddour du Ari Zal ”. (11)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, à la fin du chapitre 3 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il est dit, dans les Pirkeï de Rabbi Eléazar, au chapitre 11 : ‘Quand Adam fut créé, il proclama la Royauté de Dieu et toutes les créatures en firent de même’ ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Kiddouchin 40b ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Yoma 38b ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Béréchit 1, 31. Voir le Guide des égarés, tome 3, chapitres 25 et 13 ”. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tour et Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231 ”. (17) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au début du Atéret Roch ”.

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