Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8827
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8827, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Iyar 5724,
Brooklyn, New York,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai pris connaissance de votre lettre avec beaucoup d’étonnement et de peine(1). En effet, vous commencez par louer Dieu parce que vous comptez vous rendre en Erets Israël sur un bateau dans les propriétaires sont juifs, ce qu’à Dieu ne plaise(2). Le capitaine, les marins, tout l’équipage en service sont juifs, ou bien le sont à 99% et vous m’écrivez que vous formulez le souhaite de faire un bon voyage, par le mérite de nos saints ancêtres ! Je pense qu’il est inutile de vous expliquer la raison de ma grande peine. Toutefois, le contenu de votre lettre me conduit à vous adresser au moins ces quelques lignes, bien que tout ce que l’on pourrait dire sur le sujet ne serait nullement suffisant, compte tenu de la gravité de l’enjeu. L’idée est brièvement la suivante.
Lors d’un voyage sur un tel bateau, chaque passager et, bien entendu, chaque membre de l’équipage transgresse le Chabbat. Bien plus, il le fait publiquement et il prend part à une profanation publique du Nom de Dieu, face à tous les non juifs qui en ont connaissance. En outre, cela est accompli au nom de tout le peuple juif, dont les manquements, à différentes occasions, ont eu pour effet le comportement et le fonctionnement d’un tel bateau pendant le Chabbat. Il faut ajouter qu’il est rarement donné de transgresser le saint Chabbat publiquement, pendant chaque instant(3) de ses vingt quatre heures, y compris pendant le sommeil ! En effet, le bateau avance également quand on dort, alors qu’en étant sur la terre ferme, quel que soit le mode de vie que l’on a adopté, on ne transgresse pas le Chabbat publiquement pendant qu’on dort !
Ce qui vient d’être dit est vrai quelle que soit la direction prise par le bateau et la date de son départ, dès lors que le voyage inclut les vingt quatre heures du Chabbat. Mais, en l’occurrence, s’ajoute le fait que l’on désire se rendre dans un pays que les non Juifs eux-mêmes qualifient de “ Terre sainte(3) ”, non pas parce que telle est la position des Nations Unies, mais bien en fonction de ce que dit notre sainte Torah, laquelle établit un lien spécifique entre Erets Israël et le respect du Chabbat, comme le précisent plusieurs Sidrot, en particulier celle que nous lirons, par un effet de la divine Providence, ce saint Chabbat(3). Ce qui vient d’être est, malheureusement, un vrai désastre. Néanmoins, le voyage auquel vous faites allusion présente encore un autre aspect négatif. En plus(3) des deux ou trois Shabbats qui seront malheureusement transgressés en public, selon ce qui vient d’être dit, il y aura aussi la transgression publique des deux jours de Chavouot, la fête du don des dix Commandements, révélés avec la plus grande puissance, comme le relate le Midrash. Or, l’un de ces dix Commandements est : “ Garde le jour du Chabbat pour le sanctifier ”(3). Cependant, on vit une époque en laquelle se passent toutes sortes de faits incroyables. Un événement comme celui qui vient d’être décrit peut donc se produire sans que personne ne dise rien.
Bien entendu, je sais que certains ont pris une responsabilité, ne sachant pas(3) eux-mêmes comment l’on conduit un bateau, mais se considérant néanmoins comme de grands experts en la matière et ils ont autorisé cette transgression publique du Chabbat, au nom de tout le peuple d’Israël. Bien plus, d’après ce que l’on raconte, il y a, sur ce bateau, pendant le Chabbat, un Juif portant un Talith et priant Dieu Qui sanctifie le Chabbat(3), en sachant qu’au même moment, les machines sont allumées et conduites par des Juifs, des télégrammes sont rédigés, des communiqués sont émis, on cuisine, on lave et tout cela est réalisé par des Juifs, spécifiquement pour d’autres Juifs(3) ! Or, chacun(3) des passagers en profite, de même que de l’électricité, de l’eau, de tous(3) les besoins que l’on satisfait en transgressant le Chabbat !
Il est tout aussi évident que notre sainte Torah n’en est pas modifiée pour autant, car elle est immuable et Dieu l’a donnée au peuple juif. Elle ne peut donc pas changer. Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, affirment qu’un Juif n’a jamais le droit de se décourager. Je ne perds donc pas l’espoir que vous-même et de très nombreux autres Juifs ne transgresserez pas le Chabbat et la fête publiquement, que vous annulerez ce voyage. Grand est le mérite du Chabbat qui vous apportera de longs jours, de bonnes années et, avant tout, le point le plus essentiel, une satisfaction véritable, juive, émanant de la Torah, de tous vos enfants et de vos petits-enfants. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Si une annulation aussi tardive de ce voyage entraîne une perte financière, il est bien évident(3) que je vous restituerai(3) intégralement cette somme, compte tenu de la gravité de l’interdiction qui est ainsi transgressée en public et je vous remercierai même chaleureusement pour cette occasion qui me sera ainsi offerte de sauver une âme juive d’un tel malheur. En outre, on évitera, de cette façon, que certains puissent se dire que, si vous participez à ce voyage, il ne fait pas de doute que cela est permis. Peut-être, de la sorte, n’effectueront-ils pas ce voyage. Et, l’on sait que sauver un seul Juif est comparé à sauver le monde entier(4).
Vous joignez à votre lettre un chèque pour la Tsedaka, à l’occasion de votre voyage. C’est la première fois de ma vie, et j’espère que je n’aurai pas à le refaire, que je dois restituer un tel chèque. En effet, il est bien clair(3) que je ne peux pas entrer en relation avec ce qui aboutit à une transgression publique du Chabbat. Bien plus, vous formulez le vœu que cette Tsedaka vienne en aide à cette transgression du Chabbat, ce qu’à Dieu ne plaise ! Le chèque vous est donc restitué par la présente. J’espère que vous accepterez ce que je vous dis, conformément à la Sidra de cette semaine, qui dit : “ Vous garderez Mes Shabbats(3), Je suis l’Eternel ”.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 257. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8731. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ chaque instant ”, “ sainte ”, “ saint Chabbat ”, “ en plus ”, “ garde le jour du Chabbat pour le sanctifier ”, “ pas ”, “ Qui sanctifie le Chabbat ”, “ spécifiquement pour d’autres Juifs ”, “ chacun ”, “ tous ”, “ bien évident ”, “ restituerai ”, “ bien clair ” et “ Vous garderez Mes Shabbats ”. (4) Selon le traité Sanhédrin 37a.
Lettre n°8828
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8828, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Iyar 5724]
On peut(1) réellement(2) se demander(3) si une telle séparation se maintiendra. Peut-on dire en pareil cas, même a posteriori, que la table de lecture se trouve au milieu de la synagogue ? Il n’en est pas de même, en revanche, s’il y a, à cet endroit, au moins une rangée de personnes effectivement assises. Et, parfois, le milieu exclut les extrémités, comme on en voit la preuve dans le traité Teroumot, chapitre 3, au paragraphe 5. On consultera aussi le Tsyoun Yerouchalaïm, à cette référence.
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 16, à la page 615. (2) Cette lettre est adressée au Rav Chmouel Pessa’h Bogomilski. Voir, à son sujet, la lettre n°8795. (3) Faisant suite à la lettre n°8802, le Rav Bogomilski demandait au Rabbi s’il était suffisant de prévoir, dans une synagogue, un endroit vide occupant la place d’une rangée de personnes assises entre la table de lecture de la Torah et l’arche sainte.
Lettre n°8829
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8829, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, érudit,
analysant la Torah avec habileté, le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Depuis longtemps, je vois, j’observe votre élan et votre ardeur à l’étude de la Torah(2). Vous lui consacrez jours et nuits et vous intensifiez votre étude, de temps à autre. En conséquence, j’ai appris avec un plaisir particulier que vous avez rédigé et mis en forme vos commentaires de la Torah, afin qu’ils soient publiés, comme nous en avons parlé. Et, cet ouvrage paraîtra prochainement, avec l’aide de Dieu. J’ai bon espoir que ceci vous conduira à redoubler d’élan et d’ardeur en l’étude de la partie révélée de la Torah et de sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Que la crainte de Dieu soit votre trésor et vous consulterez, à ce sujet, le traité Chabbat 31a. De fait, une Injonction de la Torah est aussi une force qui est accordée pour la mettre en pratique.
Simultanément, vous diffusez les sources(3), vous distribuez de la Tsedaka morale et de la Tsedaka, au sens littéral, à celui qui ne possède rien, afin de vivifier l’âme des pauvres. Il est dit que : “ la Tsedaka rehausse une nation ”, qu’elle permet d’avoir “ un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. L’Admour Hazaken l’explique précisément, au début de son Torah Or. Puisse Dieu faire que ce soit dans l’opulence matérielle et spirituelle. Avec ma bénédiction, selon la formulation traditionnelle, afin de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde, de même que pour connaître la réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Mena’hem Schneerson,
N. B. : En marque d’appréciation, je formulerai ici quelques remarques sur votre livre :
Début de l’introduction : Il est dit que le Temple est le fondement(4) du monde, l’un des sept éléments qui l’ont précédé. Vous voulez dire qu’à partir de cette endroit se répand, dans le monde entier, la Présence de Dieu, la Che’hina, ainsi appelée parce qu’il est dit : “ Je résiderai (Cha’hanti) parmi eux ”, à propos du Sanctuaire et ceci s’applique, de la même façon, au Temple. Cette affirmation peut être rapprochée de l’enseignement de nos Sages, au traité Sanhédrin 26b, selon lequel le Temple est effectivement défini comme le fondement. Le texte rapporte aussi un autre avis, donnant une interprétation différente du verset. Pour autant, celui-ci ne conteste pas la qualité de fondement que possède le Temple. C’est, du reste ce que disent les Sages, au traité Yoma 54b et le Rambam, dans son commentaire de la Michna, à la même référence.
La Boraïta affirmant que sept éléments précédèrent le monde mentionne aussi le Temple, ce qui permet d’établir son antériorité. En revanche, cela ne veut pas dire qu’il soit le fondement du monde, y compris selon le sens littéral. C’est donc bien la Torah qui permet de l’établir.
A la même référence : Le Temple consiste en des sacrifices, en une arche sainte. Vous citez la controverse qui oppose le Rambam au Ramban, à ce sujet. On peut formuler plusieurs remarques sur ce que est dit dans votre livre. Vous déduirez de ce qui suit de quelle manière il convient, à mon humble avis, de comprendre les conceptions du Rambam et du Ramban sur la raison pour laquelle on construit le Temple et sur l’Arche sainte. J’ai longuement expliqué tout cela par ailleurs(5) :
A) Le Rambam écrit, dans son Séfer Ha Mitsvot, à l’Injonction n°20, que : “ Il nous a ordonné de construire un Temple afin de Le servir, d’y offrir des sacrifices, de s’y rendre, d’y monter pendant les fêtes. C’est à ce propos qu’il est dit : ‘Ils Me feront un Sanctuaire’ ”. De fait, le Rambam formule la même affirmation dans ses lois du Temple et dans le Séfer Ha Mitsvot, à la douzième racine. Le Ramban, en revanche, a un autre avis et il écrit : “ La raison d’être essentielle du Temple est le lieu du repos de la Che’hina, c’est-à-dire l’endroit de l’Arche sainte ”, selon son commentaire au début de la Parchat Terouma. On consultera aussi son commentaire sur le verset Ekev 10, 5.
On pourrait s’interroger sur l’avis du Rambam. En effet, le verset qu’il cite est : “ Ils Me feront un Sanctuaire ”. Or, celui-ci précise le but de sa construction : “ Je résiderai parmi eux ” et différents versets définissent l’endroit de cette “ résidence ” et désignent l’Arche sainte. On verra ce que dit le Ramban, à ce propos. Et, l’on en trouve la preuve, ou tout au moins, une allusion, dans les propos du Rambam lui-même(6), dans son Guide des égarés, tome 3, au chapitre 45, qui dit : “ Il nous a ordonné de construire un Sanctuaire pour Son Nom, loué soit-Il, d’y placer une Arche sainte ”. Il faut nécessairement en conclure que, selon le Rambam également, la finalité du Temple est bien le repos de la Che’hina, qui se réalise essentiellement dans l’Arche sainte. De la présence de cette dernière dépend donc l’intégrité de la sainteté du Sanctuaire.
De ce fait, le Temple, dans la période en laquelle il ne possédait pas l’Arche sainte, était considéré comme une grande estrade pour les sacrifices, selon la Tossefta, à la fin du chapitre 13 du traité Zeva’him et l’on verra aussi le Meïri, sur le traité Meguila 9b. On ne peut objecter que le Temple a conservé sa sainteté(7) également après que l’Arche sainte ait été cachée(8) et même ôtée(9). En effet, il en fut ainsi parce que “ la Che’hina ne se retire pas ”(10), selon l’expression du Rambam, à la fin du chapitre 6 de ses lois du Temple. Le Sanctuaire, en revanche, reçut d’emblée un caractère provisoire. Il fut une demeure passagère, mais non le repos et l’héritage(11). Néanmoins, le Rambam fait référence à la Mitsva édictée aux enfants d’Israël de faire(4) un Temple, alors que le Ramban traite de la finalité(4) du Sanctuaire proprement dit(4), qui est : “ Je résiderai ”, ce qui se réalisa essentiellement par l’Arche sainte.
B) On connaît la question qui est soulevée par le fait que le Rambam n’inclut pas la confection de l’Arche sainte dans le compte des Mitsvot, alors qu’il mentionne, en revanche, celle de la porter sur l’épaule(12). On trouve une longue explication, à ce propos, du Rav I.P. Perla, à la fin son commentaire du Séfer Ha Mitsvot de Rabbi Saadia Gaon, à la Paracha 52. Bien plus, ce Séfer Ha Mitsvot précise pour quelle raison il ne définit pas comme une Mitsva la confection du : “ Chandelier, la table, l’autel et le reste ”. En effet, “ ce sont des parties du Temple, qui englobe tout cela à la fois ”. Or, il ne mentionne pas du tout l’Arche sainte. On pourrait expliquer que cette Arche est uniquement(4) l’instrument de : “ Je résiderai parmi eux ”(13), que telle est, du reste, la finalité de l’ensemble(4) de la Torah et des Mitsvot. Or, “ il n’y a pas lieu de compter les Injonctions portant sur l’ensemble de la Torah ”, selon le Séfer Ha Mitsvot, à la quatrième racine, dont on consultera aussi les commentaires. L’Injonction de faire l’Arche sainte est donc une “ action spécifique ” incluant en elle “ toutes les Mitsvot ”. Elle a, de ce fait, une portée générale, au même titre que le Précepte : “ Vous cesserez d’avoir la nuque roide ”, que le Séfer Ha Mitsvot cite à cette référence. En effet, la construction du Temple présente également d’autres aspects, par exemple les sacrifices(14). C’est ceux-là(4) qui ont été comptés(15) parmi les six cent Mitsvot, ce qui n’est pas le cas pour l’Arche sainte. L’introduction des Tables de la Loi(16) dans l’Arche sainte(17), selon cette interprétation, n’est donc qu’un détail spécifique de cette Arche et de sa sainteté, qui ne se maintient pas en toute les générations. Malgré cela, le Rambam compte une Injonction de la porter sur l’épaule et une Interdiction selon laquelle : “ on n’en enlèvera pas les montants ”(18). Selon lui, en effet, la sainteté(4) de l’Arche sainte n’en dépend pas, puisque sa finalité est : “ Je résiderai parmi eux ”. Il n’y a là qu’une Injonction qui est spécifiquement faite aux Cohanim(4), lesquels doivent la porter sur l’épaule(19).
Il est toutefois difficile d’admettre cette manière de lire le commentaire du Rambam(20) car, au final, s’il y a une Injonction de faire une “ action(4) spécifique ”, en l’occurrence de confectionner l’Arche sainte, pourquoi ne pas la faire entrer dans le compte des Mitsvot ? Et qu’importe qu’elle ait une portée(4) globale(4), dès lors qu’il y a bien une Injonction relative à cette “ action spécifique ” ? Ainsi, le Rambam définit une Injonction d’avoir foi en Dieu(21), qui a une portée encore plus générale et combien plus celle qui fait l’objet de notre propos devrait-elle donc être une Mitsva. A ce sujet, on consultera le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, au début de la Mitsva de la foi en Dieu. En tout état de cause, il résulte de cette analyse que l’on doit proposer une autre lecture de l’avis du Rambam. Et, il convient, au préalable, de poser de grandes(4) questions : A) Pourquoi le Rambam omet-il les lois relatives à la confection de l’Arche sainte(22) ? B) Comment Yochyahou se permit-il d’ôter l’Arche sainte de l’endroit où les enfants d’Israël avaient
reçu l’ordre(4) de la placer(23) pour la cacher ? Et, le Talmud, au traité Yoma 52b, précise qu’il ne reçut aucune Injonction de le faire, mais qu’il eut peur(4) que celle-ci soit conduite à Babel par la suite(4).
Pour répondre à tout cela, on peut, tout d’abord, constater que l’épisode de Yochyahou fait la preuve(4) que les versets(24) doivent être interprétés(25) selon leur sens littéral(4). Ainsi, la fabrication de l’Arche sainte et son introduction dans le Saint des Saints n’avaient pas d’autre but que d’accomplir les termes du verset : “ Je Me ferai connaître à toi là-bas ”. Lorsque ceci fut établi et que cette révélation devint définitive, il n’y eut plus, par la suite, une Mitsva(4) de faire une arche sainte. Tant que celle-ci existe, puis après qu’elle sera révélée, dans le monde futur(26), il sera uniquement nécessaire de la porter sur l’épaule et de ne pas en enlever les montants. De ce fait, la confection de l’Arche sainte n’est pas une Mitsva pour toutes les générations(27) et les lois de cette fabrication ne sont pas rapportées, car “ ce qui est passé est passé ”(28). Ainsi, depuis l’édification du premier Temple, il n’y a plus d’Injonction, en la matière. Ceci explique également pourquoi, lors des guerres contre les Philistins(29), par exemple, on n’a pas caché l’Arche sainte jusqu’à la fin des combats, comme le fit Yochyahou. On peut, en effet, le comprendre en fonction de ce qui vient d’être dit car, dans le Sanctuaire de Shilo, si l’on avait ôté l’Arche de sa place(30), on aurait annulé la réalisation du verset : “ Je Me ferai connaître à toi là-bas ”. En la retirant, le Sanctuaire devenait une grande estrade destinée à recevoir les sacrifices, comme on l’a dit. De fait, il n’était que la résidence provisoire de le Présence divine. Néanmoins, dans une situation de force majeure, par exemple lors de la mort des hommes de Beth Chemech, comme le rapporte le verset Chmouel 1, 6, 19(31), ou bien quand mourut Ouza, selon le verset Chmouel 2, 6, 7, il fut permis de ne pas remettre l’Arche sainte dans le Sanctuaire.
En fonction de ce qui vient d’être dit, on peut établir que l’épisode de Yochyahou est une forte preuve étayant la conception du Rambam, selon laquelle il n’est aucune Mitsva, à partir de l’édification du Temple, de confectionner une Arche sainte. A mon humble avis, tout cela est bien clair et évident. Malgré cela, Yochyahou cacha l’Arche précisément dans le Temple et non dans un autre endroit. En effet, même si “ la Présence divine ne disparaît pas ”, Sa révélation peut recevoir différentes(4) formes, au sein du Temple, comme le constate le traité Yoma 21b. Il y eut donc une Injonction éternelle(4) selon laquelle la révélation du Temple resterait toujours identique à celle qui avait été obtenue quand l’Arche y avait reçu sa résidence définitive. Et, si les enfants d’Israël en ont le mérite, ils peuvent même en recevoir une révélation encore plus haute, dès lors que l’Arche se trouve toujours dans le Temple, bien qu’elle y soit cachée. Mais, la plus haute révélation est possible uniquement quand elle se trouve à sa place, dans le Saint des Saints.
Toutefois, on peut encore formuler la question suivante. D’après un avis, énoncé par le Yerouchalmi, dans le traité Yoma, chapitre 5, au paragraphe 4, l’aspersion effectuée sur le couvercle de l’Arche doit parvenir jusqu’à l’Arche proprement dite. Dès lors, comment Yochyahou se permit-il de cacher l’Arche, ce qui eut pour conséquence que l’aspersion ne pouvait l’atteindre, alors que cela est nécessaire, au moins a priori ? On peut avancer, à ce propos, les explications suivantes : A) La crainte que l’Arche soit exilée à Babel est suffisamment forte pour justifier que celle-ci soit cachée, y compris à priori, quand il n’y a aucune obligation(4) qu’elle se trouve dans le Saint des Saints, même si, par la suite(4), cela aura pour conséquence(4), qu’à Yom Kippour, l’aspersion ne pourra pas la toucher. Et, l’on peut énoncer plusieurs illustrations de ce principe(32), y compris dans des cas où sont émis une interdiction ou une obligation claires. On verra, à ce propos, le Sdeï ‘Hémed, recueil de lois, à l’article “ Yom Kippour ”, chapitre 1, au paragraphe 10 et les références(4) du Talmud qu’il indique, de même que celles des premiers Sages. B) Celui qui est d’avis que l’aspersion doit toucher l’Arche proprement dite adoptera l’opinion qui considère que Yochyahou ne l’avait pas cachée, mais qu’elle avait bien été conduite à Babel. Le Rambam, pourtant, n’est pas de cet avis et il considère qu’elle a effectivement été cachée.
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En fonction de ce qui vient d’être dit(33), on peut conclure qu’aucun acte spécifique du service de Dieu effectué dans le Temple n’était lié à l’Arche, comme c’était le cas pour tous les autres instruments du Sanctuaire. Cette Arche était uniquement le réceptacle de la Révélation divine. Et, ceci conduit à s’interroger sur l’aspersion qui était faite entre les montants de l’Arche(34). A ce sujet, une question préalable doit être formulée : qu’en fut-il pendant toutes les années en lesquelles le Sanctuaire resta à Nov et à Guiveon(35), alors que l’Arche était à Kiryat Yearim et à Ir Tsion ? Il faut en conclure que seul importe l’endroit(4) de ces montants de l’Arche(36), dans le Saint des Saints. Et, ceci introduit notre interrogation : selon l’avis du Yerouchalmi, précédemment cité, qui considère que l’aspersion doit toucher le couvercle, comment expliquer qu’il en ait été ainsi ? Il faut en conclure qu’il ne s’agit pas d’une condition sine qua non, y compris selon cet avis. L’épisode de Nov et Guiveon en apporte la preuve. Mais, cette analyse pourrait encore être approfondie(37).
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Au début, à la page 23 : Concernant les jardins de Jérusalem, sa muraille et sa sainteté, on consultera le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, sur le traité Makot 18a et à la page 19, qui établit une comparaison avec les propos du Rambam, en se basant sur le principe selon lequel certains actes doivent être effectués à l’intérieur et d’autres sont disqualifiés s’ils sont pratiqués à l’extérieur. Or, ce qui vient d’être décrit ne correspond ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. J’ai observé que vous traitez vous-même ce point dans votre livre, à la page 26.
A la même référence, à la page 51 : Pendant le Chabbat, il est interdit à la fois de faire une action et que l’action soit faite. C’est le cas, par exemple, pour l’écriture, mais l’on ne peut pas en dire autant de tous les Interdits du Chabbat, comme l’établissent différents textes, surtout pour ce qui concerne cette écriture. Ainsi, on aura transgressé le Chabbat si l’on transforme la partie supérieure du ‘Heth en deux Zaïn, selon le traité Chabbat 104b. Rachi l’explique et le livre est nécessaire pour cela, mais la raison n’en est pas le fait de compléter la lettre, puisque c’est précisément l’explication qui est donnée par Rava, à cette référence. En fait, cette manière d’agir revient à écrire deux lettres, même si l’on peut proposer la distinction inverse en observant que celui qui écrit de la main gauche n’est passible d’aucune peine. Toutefois, on peut l’expliquer par le fait qu’il est impossible d’écrire avec la “ main faible ”. On consultera, à ce propos, le Tséma’h Tsédek sur le traité Chabbat, chapitre 12, à la Michna 5, page 50c. Celle-ci est donc faible par rapport à sa propre(4) main droite. On notera également le cas de celui qui transporte la quantité équivalente à une demie datte, puis en porte une seconde moitié. En effet, si cet homme soulève d’abord la première, il n’est passible d’aucune peine, selon le traité Chabbat 80a.
Toutefois, on peut s’interroger, jusqu’à un certain point, sur la nécessité d’effectuer ce transport précisément de la manière la plus courante, comme le dit le traité Chabbat 92a. On peut le justifier par le fait que, si ce n’est pas le cas, on ne transporte pas réellement. On verra aussi ce que disent les Tossafot sur le traité Baba Batra 55b, mais tout cela ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav I.Raytport, de Brooklyn. (2) Voir le début du Dvar Méle’h sur le Rambam, tome 1, dont le Rav Raytport est l’auteur, de même que le Likouteï Si’hot, tome 4, page 1346, notes 24 à 26, les lois du Temple, du Rambam avec les commentaires du Rabbi, parus aux éditions Kehot, en 5750-1990, à partir de la page 53 et le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 248. (3) De la ‘Hassidout. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ fondement ”, “ faire ”, “ finalité ”, “ proprement dit ”, “ uniquement ”, “ l’ensemble ”, “ ceux-là ”, “ sainteté ”, “ action, “ portée ”, “ grandes ”, “ l’ordre ”, “ eut peur ”, “ par la suite ”, “ fait la preuve ”, “ selon leur sens littéral ”, “ plus de Mitsva ”, “ différentes ”, “ éternelles ”, “ quand il n’y a aucune obligation ”, “ par la suite ”, “ conséquence ”, “ références ”, “ l’endroit ” et “ propre ”. Les notes ci-après ont été rédigés par le Rav Raytport. (5) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 116, tome 7, à la page 200 et dans la note 20, tome 16, à partir de la page 438, tome 26, à la page 177. (6) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 137, dans la note 17, citant l’avis du Rambam, dans ses lois des instruments du Temple, chapitre 10, au paragraphe 11, qui explique le terme Che’hina employé par le traité Yoma 73a et montre qu’il fait bien allusion à l’Arche sainte. On consultera ce texte. On verra le Likouteï Si’hot, tome 28, à la page 64 et dans la note 31, citant le traité Meguila 21b, qui dit : “ La lumière occidentale correspond à la Che’hina ”. Et, le Rambam, dans ses lois du Temple, chapitre 3, au paragraphe 5, mentionne la lumière centrale et précise : “ celle qu’on appelle la lumière occidentale ”, car “ elle est tournée vers le Saint des Saints ”. (7) Ce qui veut dire que le Temple conserve sa sainteté d’édifice construit. En revanche, le Rambam dit que : “ l’on y offre des sacrifices même s’il n’est pas construit ”. Il se détourne ainsi totalement de la notion d’édifice construit, comme le soulignent les derniers Sages. On consultera la Haggadah de Pessa’h avec un recueil d’explications, de coutumes et de commentaires, édition de 5751, tome 2, page 681, dans la note intitulé : “ Obligation ”. Mais, ce point ne sera pas développé ici. (8) Selon un avis, l’Arche sainte fut cachée par Yochyahou, à l’époque du premier Temple. Selon un autre avis, elle fut enlevée du premier Temple lors de sa destruction et conduite à Babel, d’où elle ne revint pas. Elle fut donc absente du second Temple. On consultera, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 21, à partir de la page 156 et dans les références qui y sont indiquées. (9) Il sera précisé plus loin que, lorsque l’Arche sainte est cachée à l’intérieur du Temple, celui-ci en tire une sainteté accrue. (10) Nous avons vu, en effet, que le Temple conserve sa sainteté. Parce que la Che’hina est présente, on peut offrir des sacrifices, même si le Temple n’est pas construit. Il en est de même pour la révélation spécifique et additionnelle de la Présence divine résultant de la présence de l’Arche sainte, quand elle se trouve à sa place, de même que pour la perfection de la sainteté du Temple qui est obtenue de cette façon. Tout cela ne disparaît pas quand l’Arche sainte est cachée ou même ôtée. On verra, à ce sujet, le commentaire du Rav I.P. Perla qui sera cité plus loin. (11) La sainteté du Sanctuaire est elle-même provisoire, alors que celle du Temple est immuable, ainsi qu’il est dit : “ Ceci est Mon repos pour toujours ”. Après sa construction, la Présence divine ne se révéla plus dans aucun autre endroit. On verra, notamment, le traité Moéd Katan 9a, qui dit : “ Le Sanctuaire n’avait pas une sainteté éternelle. Celle du Temple, par contre, est immuable ”. On consultera à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 11, aux pages 177 et 182, tome 16, à la page 305 et dans la note 52, tome 29, à la page 73, tome 16, à partir de la page 466, tome 24, à partir de la page 79. Ces références renvoient également, en particulier, au commentaire du Rav I.P. Perla sur le Séfer Ha Mitsvot de Rabbi Saadia Gaon, aux Injonctions n°84 et 85. En conséquence, la sainteté introduite dans le Temple par l’Arche sainte est éternelle également. Le Sanctuaire, par contre, possédait uniquement la sainteté que lui conférait l’Arche sainte pendant qu’elle s’y trouvait. (12) Selon le Séfer Ha Mitsvot, Injonction n°34 et les lois des instruments du Temple, chapitre 2, au paragraphe 12. (13) Voir, à ce propos, la suite de cette lettre. (14) Il semble que ceci inclut la célébration dont il est question au début des lois du Temple et dans le Séfer Ha Mitsvot, douzième racine et Injonction n°20. Voir, à ce sujet, notamment, le Likouteï Si’hot, tome 12, à la page 59, dans la note 16. (15) Comme le dit le texte, le Rambam fait allusion aux Mitsvot que les enfants d’Israël devaient mettre en pratique dans le Temple. C’est cela qu’il intègre dans le compte des Mitsvot. Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 124, soulignant que l’offrande des sacrifices et les autres actes du service, dans le Temple, sont bien liés à la révélation de la Che’hina. On consultera ce texte. (16) Il n’en est pas de même, en revanche, selon le commentaire du Min’hat ‘Hinou’h, à la Mitsva n°95, qui dit : “ L’Arche sainte est confectionnée essentiellement afin de pouvoir y placer les Tables de la Loi, comme le précise la Parchat Terouma, au verset 25, 16 : ‘Et, tu placeras sur l’Arche le Témoignage’. De même, le verset Mela’him 1, 8, 9 dit : ‘Il n’y a, dans l’Arche, que les deux Tables du Témoignage’. Dans le premier Temple, l’Arche sainte fut rangée, avec le Témoignage, à l’époque du roi Yochyahou. On n’en fit pas une seconde et, dans le deuxième Temple, il n’y en avait donc pas. De fait, à quoi aurait-elle servi dès lors que l’on avait caché les Tables de la Loi ? En outre, il n’y avait pas de Mitsva de faire une Arche et sa présence n’était pas une condition sine qua non. Certes, celle-ci est bien l’un des aspects de la Mitsva, mais plusieurs de ces aspects ne sont pas indispensables, a posteriori. Le Kineat Sofrim sur le Séfer Ha Mitsvot, à la dixième racine et dans l’Injonction n°33, interprète de cette façon l’avis du Rambam. On verra aussi le Likouteï Si’hot, tome 26, à la page 177, le commentaire du Rav I.P. Perla, à cette référence, à la page 199b-c et l’Encyclopédie talmudique, à la fin de l’article : “ Arche sainte ”. (17) Selon, en particulier le Min’hat ‘Hinou’h et le Kineat Sofrim, précédemment cités, l’Arche sainte est faite pour les Tables de la Loi qui y sont placées, même si cette Arche doit se trouver dans le Saint des Saints. Il n’en est pas de même, en revanche, selon l’interprétation qui est donnée ici. Bien au contraire, les Tables de la Loi sont placées dans l’Arche sainte non pas pour elles-mêmes, mais bien pour la sainteté de cette Arche. Ainsi, l’Arche est faite uniquement afin d’être le réceptacle de la révélation de la Che’hina et le fait qu’on y place les Tables de la Loi n’est qu’un autre aspect la caractérisant. On doit donc effectivement admettre cette interprétation car, si l’on définit l’Arche comme non seulement l’instrument de la révélation divine, mais aussi la place des Tables de la Loi, en tant que telle, il aurait fallu la faire figurer dans le compte des Mitsvot comme étant une “ action spécifique ”, tout comme l’édification du Temple fait partie de ces Mitsvot, parce que l’on y offre des sacrifices, par exemple, comme on l’a dit, au même titre qu’il y a une Injonction de porter l’Arche sur l’épaule ou encore une Interdiction selon laquelle : “ On en enlèvera pas les montants ”. (18) Séfer Ha Mitsvot, Interdiction n°86 et lois des instruments du Temple, chapitre 2, au paragraphe 13. (19) C’est l’avis du Rambam. Le Ramban, par contre, considère que cette obligation incombe aux Léviim. Voir, notamment, le Likouteï Si’hot, tome 21, à la page 160 et dans la note 35, tome 18, à la page 194 et dans la note 71, tome 19, à la page 316, tome 28, à partir de page 49. (20) D’après cette explication, même s’il y a une Injonction de faire une “ action spécifique ” que nous ne pouvons pas déterminer par les autres Mitsvot, dont la portée générale englobe toute la Torah et toutes les Mitsvot à la fois, celle-ci ne fait pas partie pour autant du compte des Mitsvot. Il est donc dit ici que cette conclusion est difficile à admettre. En effet, qu’importe cette portée générale ? Il est une action pour laquelle nous avons reçu une Injonction et nous ne la déduisons pas des autres Mitsvot. On ne compte pas une Injonction de portée générale parce que : “ Dieu n’a pas demandé de faire que ce que nous savons déjà ” à travers les autres Mitsvot. Aussi, lorsque l’action est “ spécifique ”, comme c’est le cas en l’occurrence, même si elle a une portée générale, elle doit bien figurer dans le compte des Mitsvot. Ce qui est dit ici, d’après la quatrième racine, permet de comprendre que ce ne soit pas le cas, mais n’en reste pas moins difficile à admettre. Toutefois, ce point ne sera pas développé ici et l’on consultera, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1131, aux pages 1144 et 1145, de même que dans la note 5. (21) Séfer Ha Mitsvot, Injonction n°1 et début des lois des fondements de la Torah. (22) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, page 118, à la note 24. (23) Selon le verset Terouma 26, 33. (24) Cela ne veut pas dire que l’on déduise une Loi nouvelle du comportement de Yochyahou. Il s’agit uniquement là de la révélation de ce qui avait déjà été établi au préalable, comme l’indique le traité Baba Kama 2b. Ainsi, les versets relatifs à la fabrication de l’Arche sainte sont effectivement à interpréter au sens littéral. (25) Il s’agit du verset Terouma 25, 10 et des versets suivants : “ Ils feront une arche en bois de Chittim… et tu placeras dans l’arche les Tables que Je te donnerai… et dans l’arche tu mettras le témoignage que Je te donnerai, Je Me ferai connaître à toi de là-bas ”. (26) Voir les remarques du Ramban sur le Séfer Ha Mitsvot, en particulier à la troisième racine et à l’Injonction n°33. (27) Comme l’explique le Séfer Ha Mitsvot, troisième racine, qui établit qu’une Mitsva ne se pratiquant pas en toutes les générations ne peut pas faire partie du compte des Mitsvot. (28) Voir le traité Yoma 5b. La réponse qui y est faite, concernant la signification des versets, ne concerne pas le Yad Ha ‘Hazaka, qui n’est qu’une compilation de Hala’hot, comme l’établissent, à maintes reprises, ce livre et différents autres ouvrages. (29) En effet, ils auraient pu être soucieux, craignant que les philistins la capturent. Et, du reste, c’est bien ce qui se passa, comme le dit le verset Chmouel 1, 4 et les versets suivants. (30) On verra le Likouteï Si’hot, tome 9, à la page 198, dans la note 17, qui dit : “ Le verset Hochéa 24, 26 précise que l’Arche sainte fut conduite à Che’hem et l’on consultera, à ce sujet, le commentaire du Radak sur le verset 24, 1. Cela semble vouloir dire que le transport de l’Arche en cet endroit, à l’occasion de cet épisode, eut un caractère exceptionnel ”. Et, l’on peut réellement s’interroger sur le commentaire du Tiféret Israël, à ce sujet, au paragraphe 38, qui considère que l’Arche y fut apportée d’emblée. Comment le service de Yom Kippour aurait-il donc été possible ? Autre point, qui est essentiel, il est surprenant d’affirmer que, pendant des décennies, l’ensemble du Sanctuaire, avec tous ses instruments, se soit trouvé dans un seul endroit, alors que l’Arche sainte était dans un autre ! De fait, j’ai observé que le Tiféret Yaakov s’interroge aussi sur cette explication du Tiféret Israël, mais, en tout état de cause, ce point ne sera pas développé ici. (31) Et, les versets suivants : “ Il frappa les hommes de Beth Chemech, qui avaient vu l’Arche de Dieu. Il frappa soixante dix hommes et cinquante milles hommes du peuple. Et, les hommes de Beth Chemech s’exclamèrent : qui pourra se tenir devant l’Eternel, ce Dieu saint ? Ils envoyèrent des émissaires aux habitants de Kiryat Yearim pour leur dire : les Philistins ont restitué l’Arche de Dieu. Descendez et faites-la remonter vers vous. Les hommes de Kiryat Yearim vinrent et firent remonter l’Arche de Dieu. Et, ce fut à partir du jour que l’Arche résida à Kiryat Yearim, de nombreux jours s’écoulèrent et vingt ans passèrent ”. On verra aussi, en particulier, le traité Sotta 35a et aux pages suivantes. (32) Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, page 63, dans la note 12*, qui dit : “ On connaît la discussion sur la nécessité de préparer ce qui va permettre d’accomplir la Mitsva, avant le temps de cet accomplissement. Et, l’on consultera, à ce propos, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 248, au paragraphe 13. Ainsi, selon un avis, il est permis d’entreprendre un voyage au sein d’une caravane qui part trois jours avant le Chabbat, y compris quand on a la certitude que l’on sera conduit, par la suite, à transgresser le Chabbat des ce fait. Et, la raison en est donnée à la même référence, au paragraphe 5. Les trois premiers jours de la semaine ne sont donc pas du tout liés au Chabbat suivant. Selon un second avis, un tel voyage est interdit et tous s’accordent pour le proscrire également pendant les trois jours qui précèdent le Chabbat. Néanmoins, une telle interdiction est seulement d’ordre rabbinique. On consultera le Sdeï ‘Hémed, recueil de lois, à l’article “ Yom Kippour ”, chapitre 1, au paragraphe 10, qui demande s’il est permis et nécessaire de jeûner à Tsom Guedalya, quand on sait que cela aura pour conséquence une impossibilité de le faire par la suite, à Yom Kippour. Le texte conclut qu’un tel jeûne est permis, y compris selon le second avis précédemment cité. Et, l’on consultera, à ce propos, le Likouteï Si’hot, tome 3, à la page 1000, dans la note 22. (33) Ce paragraphe a été ajouté aux lois du Temple à partir du Likouteï Si’hot, tome 4, page 1346, dans la note 25. Il est reproduit ici afin de compléter le sujet qui est traité. (34) Ceci semble bien désigner l’aspersion sur le couvercle de l’Arche, selon la Michna du traité Zeva’him 47a. Et, l’on notera que les aspersions entre les montants de l’Arche, sur le couvercle et sur l’autel d’or, sont toutes nécessaires, de sorte que l’absence de l’une disqualifie les autres, selon le traité Mena’hot 27a et le Rambam, dans ses lois des sacrifices impropres, chapitre 2, au paragraphe 3. (35) Guilgal n’est pas mentionné ici, bien que l’Arche sainte ne s’y soit pas trouvée de façon fixe, parce que c’est l’expression la plus courante qui est employée, celle que l’on trouve, à différentes reprises, dans la Guemara et dans les écrits des premiers Sages. En outre, on ne peut pas s’interroger sur la manière de pratiquer qui avait été adoptée à Guilgal, puisque Yochoua agit alors en fonction de la Parole divine, comme le soulignent les Tossafot sur le traité Erouvin 63b. Autre point, qui est essentiel, l’Arche ne se trouvait pas de manière fixe à Guilgal, comme le montre, en particulier, le Meïri, parce qu’elle les accompagnait à la guerre. Cependant, on peut penser, et il est logique de l’admettre, qu’entre les combats, l’Arche était de nouveau placée dans la Tente du Témoignage, si ce n’est lors d’une occasion exceptionnelle, comme on l’a expliqué ci-dessus à propos de l’Arche qui quitte sa place. Si tel était le cas, on pouvait donc penser qu’à l’occasion de Yom Kippour, l’Arche était toujours à sa place. (36) En d’autres termes, l’Arche n’est pas la cause des aspersions pratiquées entre ses montants. Elle ne fait que donner une indication, à ce sujet, désignant l’endroit où l’aspersion doit être
Lettre n°8830
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8830, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
A tous les participants au dîner annuel de la
Yechiva A’heï Temimim Loubavitch de Newark,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
On peut constater que votre dîner a lieu en le mois du don de la Torah(1), quelques jours avant la fête célébrant sa réception. A n’en pas douter, chacun et chacune donnera donc une expression concrète à l’élévation morale inhérente à cette fête et aux enseignements pratiques qu’il convient d’appliquer, en particulier en relation avec cette célébration annuelle. Il est nécessaire, en l’occurrence, de remarquer que, d’après la Torah, la fête de Chavouot n’a pas de date spécifique, ni dans le mois, ni dans les jours, comme c’est le cas pour les autres fêtes(2). En fait, elle est célébrée le cinquantième jour de l’Omer, que l’on commence à compter au second jour de Pessa’h, lendemain de la sortie d’Egypte.
De cette façon, notre sainte Torah souligne que Chavouot est l’aboutissement de la fête de Pessa’h. Le “ temps du don de notre Torah ”(3) apporte la perfection au “ temps de notre liberté ”(3), de sorte que la délivrance véritable, à la fois à titre individuel et collectif, matériellement et spirituellement, ne peut être obtenue que par la réception de la Torah(3). Nous vivons à une époque et dans un pays où, malgré la “ liberté ” ambiante, tous, en général et les jeunes, en particulier, subissent un âpre “ esclavage ”, ne sachant comment se libérer des chaînes de la servitude morale. Le seul espoir, pour que ces jeunes ne soient pas emportés par le courant, est l’éducation fidèle à la Torah qui est dispensée dans le cadre de la Yechiva. C’est là que la chaîne d’or de la Torah qui fut révélée sur le mont Sinaï est préservée, la sainte Torah, Torah de vérité(3), qui est toujours la même, sans compromis et sans arrangements.
La Yechiva A’heï Temimim Loubavitch de Newark est une importante institution de Torah, qui mérite pleinement le soutien qu’on lui accordera. Il est, pour chacun et chacune, un objectif important et un immense mérite de lui venir en aide. Je salue donc tous les participants à cette célébration annuelle. J’adresse à chacun et à chacun des donateurs et des amis de la Yechiva une chaleureuse bénédiction. Que Dieu leur accorde la réussite au sein des accomplissements de la Yechiva, de même qu’en leurs préoccupations personnelles, en tous leurs besoins, matériels et spirituels. Avec ma bénédiction de réussite et pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 262. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°74. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ temps du don de notre Torah ”, “ temps de notre liberté ”, “ réception de la Torah ” et “ Torah de vérité ”.
Lettre n°8831
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8831, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
A monsieur Yossef Dekel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(2), de même que le livre de Yehochafat Harkavi, “ Guerre atomique et paix atomique ”. Je vous remercie pour ceux que vous m’avez adressé et également pour ceux que vous ne manquerez pas de m’envoyer, à l’avenir. L’usage des enfants d’Israël consiste à trouver au moindre détail, à toute chose, une allusion dans la Torah. Or, nous sommes, en l’occurrence, à quelques jours du temps du don de notre Torah. La finalité de la Torah est d’affiner la matière afin d’en révéler les forces cachées depuis la Source première, la Force créatrice au sein de la créature. En effet, les cieux furent faits par Sa Parole et toutes Ses armées par le souffle de Sa bouche. On peut en déduire l’immensité des forces enfouies en toute chose. Néanmoins, il est nécessaire, pour cela, de sonder la dimension profonde de la matière et, comme on l’a dit, de mettre en évidence ce qui est dissimulé au plus profond d’elle-même.
La science commence à révéler tout cela au sein de la matière. C’est, en effet, l’un des objets de la recherche, dans le domaine atomique. Etape par étape, niveau par niveau, cette recherche s’approfondit et s’étend également à l’homme, à tout ce qui le concerne. Car, selon la formulation de nos Sages(3), chacun est, à lui seul, un monde entier, surtout lorsque sa dimension profonde régit son aspect extérieur, quand l’esprit l’emporte sur la forme, la spiritualité véritable sur ce qui l’occulte, sur les forces du mal qui la recouvrent. Ainsi, chaque détail de la création et, a fortiori, l’ensemble de celle-ci proclament : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, “ l’Eternel est Dieu ”, “ Il n’est nul autre que Lui ”. Avec mes respects, ma bénédiction pour une joyeuse fête, pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8699. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 231. (3) Dans le traité Sanhédrin 37a.
Lettre n°8832
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8832, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech(1) Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
Je vous salue vous bénis,
Nous sommes au début(2) du troisième mois(3), lorsque “ une lumière triple fut donnée à un peuple triple, par un troisième, le troisième jour ”(4). L’un des aspects du don de la Torah, son point essentiel, est la suppression de la coupure et de la séparation qui existaient entre les “ créatures supérieures ” et les “ créatures inférieures ”. Bien plus, le Saint béni soit-Il dit alors : “ Je ferai le premier pas ”(5). Il commença donc, Lui-même, à faire disparaître cette coupure. Bien entendu, Il le fit sans aucune limite, de sorte qu’une unification totale est concevable, en la matière.
Dieu fasse que chacun agisse en ce sens, dans toute la mesure de ce qui dépend de lui, pour la partie “ supérieure ” et pour la partie “ inférieure ” qui existent en toute chose, spirituelle ou matérielle, spécifique ou générale, tout d’abord pour ces niveaux tels qu’ils existent dans la Torah, sa dimension cachée et son aspect révélé(6), puis pour la matière inférieure et grossière, la plus basse qui soit(7), de même que pour l’âme, pour sa vitalité spirituelle qui lui vient de la Parole de Dieu(8).
Grâce à cette action et à cet effort, nous obtiendrons la réalisation de la promesse selon laquelle : “ l’honneur de Dieu se révélera et toute chair ensemble verra que la bouche de Dieu parle ”(9). Avec ma bénédiction, selon les termes du maître, mon beau-père, le Rabbi, afin que vous receviez la Torah avec joie et d’une manière profonde,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le traité Chabbat 86b et le Torah Or, au début de la Parchat Yethro ”. (2) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 3, à la page 156. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon l’avis des Sages, dans le traité Chabbat 88a. Et, la Hala’ha est tranchée en ce sens, dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 494 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra le commentaire de Rav Nissim Gaon sur le traité Chabbat 88a ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Chemot Rabba, chapitre 12, au paragraphe 3 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Un niveau étant au-dessus de l’autre, selon le Zohar, tome 3, à la page 73a ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, au chapitre 36 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 1 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ce sera une révélation sans aucun voile, que l’on percevra de ses yeux de chair. On verra que la bouche de Dieu parle et qu’elle conduit les créatures à l’existence, comme l’expliquent le Tanya, au chapitre 36 et le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 1 ”.
Lettre n°8833
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8833, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
début du troisième mois 5724,
Brooklyn, New York,
A l’attention du distingué et agréable ‘Hassid, élu du peuple,
qui le surpasse, recherche le bien de son peuple, a des
comportements généreux, est issu d’une illustre famille,
le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la fête de Chavouot(2), temps du don de notre Torah, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse, par la présente, ma bénédiction afin que vous receviez la Torah avec joie et d’une manière profonde, selon l’expression du maître, mon beau-père, le Rabbi.
Il a déjà été expliqué, dans différents livres, que les dix Commandements s’étendent à tout l’enchaînement des mondes et même à ce qui le dépasse ou encore, de manière identique, au point le plus bas, “ le plus inférieur qui soit ”, selon l’expression de l’Admour Hazaken dans le saint Tanya(3). C’est pour cette raison que le commencement(4) des dix Commandements est : “ Je (Ano’hi) suis l’Eternel ton Dieu Qui t’ai fait sortir du pays de l’Egypte ”, par une révélation céleste. En effet, l’Egypte était une situation infiniment plus basse que la Divinité, si l’on peut s’exprimer ainsi. Du reste, le Nom de Dieu, Elokim, a la même valeur numérique que Ha Téva, la nature(5). De même, il n’y a aucune commune mesure entre Elokim et Avaya, le Nom qui caractérise l’Essence. Et, la même distance existe aussi entre Avaya et Ano’hi, Je, car, selon l’expression du Zohar(6), “ Je suis Celui que Je suis, Auquel aucune lettre, aucun signe ne font allusion ”.
La fin(4) des dix Commandements fait allusion à la profondeur de l’enfer, car c’est bien en cet endroit qu’il est nécessaire de préciser : “ Tu ne voleras pas ”. Cette mise en garde est faite à celui qui possède le libre arbitre et qui peut donc choisir librement. Il en est ainsi jusqu’au point le plus bas, puisque, comme le disent nos Sages(7), “ le moucheron lui-même t’a précédé ”. Et, l’on consultera, à ce sujet, le Tanya, au chapitre 24.
Or, tout ce qui vient d’être dit a été donné en une seule fois et les Sages ont eux-mêmes souligné(8) l’unité de ces dix Commandements, tous édictés en une seule Parole et simultanément. De la sorte, la Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement, montre que l’esprit et la forme, le spirituel et le matériel ne sont séparés qu’à nos yeux de chair, qui peuvent même nous faire croire qu’ils sont opposés ou encore qu’ils sont en conflit. Le rôle de l’homme, et il est dit que : “ vous êtes appelés des hommes ”(9), consiste donc à faire en sorte que l’esprit l’emporte sur la forme, la spiritualité sur la matière, jusqu’à pouvoir s’attacher, s’unir, jusqu’à devenir totalement indissociables. Chaque aspect de la création
et, a fortiori, l’ensemble de celle-ci doivent proclamer : “ Je suis l’Eternel ton Dieu… tu n’auras pas d’autres dieux… ”, comme ce fut le cas lors du don de la Torah, jusqu’à se pénétrer de la conscience que : “ il n’est nul autre que Lui ”. Avec ma déférence, mes respects et ma bénédiction pour une joyeuse fête, de même que pour prolonger la joie et la profondeur de la réception de la Torah sur tous les jours de l’année,
Notes
(1) C. Z. Chazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8682. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 13, à la page 159. (3) Au chapitre 36. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ commencement ” et “ fin ”. (5) Selon le Pardès, porte 12, au chapitre 2. Voir, à ce sujet, le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 2, à la page 93, note 76 et dans les références qui y sont indiquées. (6) Tome 3, à la page 257b. Voir le Likouteï Torah, Parchat Pin’has, à la page 80b. (7) Dans le traité Sanhédrin 38a. (8) Dans le Me’hilta, cité par le commentaire de Rachi sur le verset Yethro 20, 1. (9) Selon le traité Yebamot 61a.
Lettre n°8834
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8834, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Chavouot 5724]
Que(1) le Chabbat(2) et la fête de la réception de la Torah se passent dans la joie et la profondeur(3).
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Ceci est le télégramme adressé par le Rabbi à l’occasion de la fête de Chavouot. (2) La fête de Chavouot commençait, en 5724, à l’issue du Chabbat. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 346.
Lettre n°8835
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8835, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec peine la perte que vous avez subie. Je prends part à votre douleur et, en outre, vous voudrez bien transmettre mes condoléances à votre fille et aux membres de la famille, bien que je ne les connaisse pas. Que Dieu vous console, parmi tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem.
Cette formulation courante et traditionnelle est originale(1) et l’on doit en souligner deux points : A) S’agissant de la peine proprement dite, celle de l’individu est liée à celle de la communauté. Ainsi, tout comme la destruction de Sion et de Jérusalem sont le deuil de l’ensemble du peuple, il en est de même pour chacun, à titre personnel, car tout Israël ne forme qu’une entité unique(2). De ce fait, il est plus aisé de supporter la douleur et la peine. B) Pour ce qui est de la consolation, celle de Sion et de Jérusalem est une certitude. C’est là un principe de notre foi et, de ce fait, nos Sages disent(3) que : “ quiconque porte le deuil de Jérusalem aura le mérite de voir sa consolation et sa joie ”. Il en est donc de même pour le deuil, dont le but et la finalité sont la Techouva, comme l’explique le Rambam, à la fin du chapitre 13 de ses lois du deuil. Il est donc certain que la consolation émanera du Consolateur de Jérusalem et du Bâtisseur de Jérusalem. Avec mes respects,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8475 et le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 210. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8824. (3) Dans le traité Taanit 30b.
Lettre n°8836
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8836, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du Chabbat
de la Paracha(1) : “ ils campèrent selon la
Parole de Dieu et ils voyagèrent selon la
Parole de Dieu ” 5724,
Brooklyn, New York,
Aux participantes à la convention annuelle des femmes et
jeunes filles ‘Habad, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
L’un des points essentiels de la présente Sidra(2), celle de Beaalote’ha, est la description qui y est faite de la manière dont les enfants d’Israël se déplaçaient, dans le désert. Il y est dit, en effet, que “ c’est sur la Parole de Dieu qu’ils campaient et sur la Parole de Dieu qu’ils voyageaient. Ils maintinrent la garde de Dieu, selon la Parole de Dieu, transmise par Moché ” (Beaalote’ha 9, 23). En chacun de leurs déplacements, “ l’Arche de l’alliance de Dieu les précédait, afin de chercher pour eux un lieu de repos ” (Beaalote’ha 10, 33).
La sainte Torah, qui est immuable et dont les enseignements sont éternels, s’appliquent de tout temps et en tout lieu, souligne ainsi que c’est uniquement quand ils suivent l’Arche sainte, la sainte Torah, que les enfants d’Israël peuvent trouver le repos et le réconfort, y compris dans ce désert redoutable, envahi par les animaux venimeux. De fait, il en a toujours été ainsi, au cours de la longue histoire de l’exil de notre peuple, en toutes les pérégrinations que nous avons connues et que nous connaissons encore, jusqu’à ce que nous trouvions le repos véritable, lors de la délivrance complète, par notre juste Machia’h.
En tous les moments importants de la vie juive et, de même, ou en particulier, en une période d’errance, la femme juive joue un rôle central. Et, la fin de cette même Sidra souligne également cette idée, puisque la Torah relate de quelle manière le peuple attendit Miriam et refusa d’avancer en son absence. Ainsi, quand le peuple se déplace, il ne lui suffit pas d’être conduit par Moché et Aharon. Miriam doit, elle aussi, être présente et les enfants d’Israël ne peuvent se résoudre à avancer, si elle n’est pas là. Nos Sages, de sainte mémoire, expliquent(3), à ce propos, que Miriam mérita cet honneur, que lui témoigna tout le peuple, en présence de l’Arche sainte et des colonnes de nuée, lorsque tous l’attendirent, parce qu’elle-même avait attendu Moché, notre maître et l’avait sauvé, quand il se trouvait dans un panier, sur le Nil.
Et, il en est bien de même, à notre époque. Sans le soutien actif et la collaboration des femmes juives pour renforcer et diffuser la Torah et les Mitsvot, dans l’existence quotidienne, notre peuple ne pourrait pas aller de l’avant, “ vers le repos et l’héritage que Dieu nous a promis ”. En tous les aspects de la vie juive, en particulier pour ce qui concerne l’éducation basée sur les valeurs sacrées, les femmes et les jeunes filles juives doivent avoir conscience de la mission spécifique que la divine Providence leur a confiée. Tel est bien le rôle de toutes(4) les femmes et de toutes les jeunes filles, en particulier les femmes et les jeunes filles ‘Habad(4), qui ont le mérite de disposer de la clarté et de l’enthousiasme diffusés par l’enseignement de ‘Habad et par les maîtres de ‘Habad.
Je prie pour que votre convention satisfasse toutes les attentes, qu’elle réussisse à mettre en pratique ce qui doit être accompli par son intermédiaire, en général, par chaque membre des femmes et jeunes filles ‘Habad, en particulier. Avec ma bénédiction pour une considérable réussite, à titre personnel et collectivement,
M. Schneerson,
Notes
(1) Beaalote’ha. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 287. (3) Dans le traité Sotta 9b. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ toutes ” et : “ les femmes et les jeunes filles ‘Habad ”.
Lettre n°8837
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8837, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
à l’issue du Chabbat Parchat
Beaalote’ha 5724,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous sommes à l’issue du Chabbat de la Parchat Beaalote’ha, “ lorsque tu feras monter les lumières ” et l’on peut trouver, dans cette Paracha, les enseignements suivants, qui y sont énoncés d’une manière allusive. L’Admour Hazaken explique(2) que ces lumières désignent les âmes de tous les enfants d’Israël, ainsi qu’il est dit : “ la bougie de Dieu est l’âme de l’homme ” et “ vous êtes définis comme des hommes ”(3). Chacun réalise cet allumage à la façon qui décrite par cette Parchat Beaalote’ha, ce qui veut dire qu’au final, “ la flamme s’élève d’elle-même ”(4).
Une telle requête est formulée à chacun et il est donc certain que tous ont la force de la mettre en pratique, car “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(5). L’objectif à atteindre est, en l’occurrence, le suivant : “ face au Chandelier(6), éclaireront les sept lumières ”. En d’autres termes, chacun, quelle que soit sa situation de départ(7), pour ce qui concerne la pratique de la Torah et des Mitsvot, à l’un des stades où l’on recherche encore la satisfaction d’un intérêt, parviendra à agir d’une manière désintéressé(8).
Et, celui qui est qualifié de “ repoussé ” lui-même, lequel se trouve, bien évidemment, dans une situation beaucoup plus basse que celui qui est simplement “ éloigné ”(9), n’en reçoit pas moins l’assurance que : “ nul ne sera repoussé ”, comme le tranche l’enseignement profond de la Torah et comme l’établit clairement(10) sa partie révélée.
Puisse Dieu faire que chacun adopte l’attitude qui vient d’être décrite en tout ce qui le concerne, qu’il éclaire “ face au chandelier ”. De la sorte, celui qui, pour l’heure, est encore défini comme “ repoussé ” parviendra lui-même à servir Dieu par le désir de son cœur, adoptant ainsi ce qui fut le service d’Aharon(11), grâce au niveau d’Aharon qui se trouve en chacun. De fait, Aharon fut l’un des sept bergers d’Israël(12). De la sorte, on pourra constater que “ jusqu’à sa tige, jusqu’à ses fleurs, elle est d’une seule pièce ”(13).
La tige est la partie la plus inférieure du Chandelier, alors que sa fleur constitue sa pièce la plus haute. Mais, tout cela sera effectivement “ d’une seule pièce ”, en “ or pur ”. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
*
*
*
Je vous adresse ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de l’Encyclopédie talmudique(14) et, également(15) pour ne pas lui accorder un rôle accessoire, ce qu’à Dieu ne plaise, car elle est, bien au contraire(15), plus importante et plus grande. Vous m’excuserez de vous dire que tout cela est fait de la manière la plus pesante. Ceci permet de comprendre le sens du verset : “ Il est également(15) monté ” et, selon le commentaire(16) qui en est donné, le terme “ également ”(15) désigne ici l’exil de Babel. Il semble que l’Admour Hazaken ne soit pas de cette avis, dans le Torah Or, au début de la Parchat Chemot et vous verrez le commentaire de Rachi sur le traité Chabbat 89b. A l’opposé, le terme Et(15) désigne ce qui a toujours un rôle accessoire.
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 285. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, au début de la Parchat Beaalote’ha ”. (3) Selon le traité Yebamot 61a. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentaire de Rachi, à cette référence. Voir aussi le traité Chabbat 21a ”. (5) Selon le traité Avoda Zara 3a. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ce qui est la dimension profonde et la volonté de toutes les âmes juives, qui sont comparées à un chandelier, selon l’image énoncée par le Likouteï Torah, à la même référence, chapitre 1 et fin du chapitre 6 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 4, au paragraphe 3 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, à la fin du chapitre 41, qui constate que : ‘chaque Juif désire unifier son âme’ et, précise, encore avant cela : ‘on souhaite sincèrement en son cœur, au moins quelque peu, l’unification du Saint béni soit-Il et de Sa Présence’ ”. Le Rabbi souligne le mot : “ sincèrement ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ De fait, la Techouva a deux motivations, l’expiation des fautes que l’on a commises, d’une part, le retour de son âme vers sa source, après sa descente, d’autre part, comme l’explique, en particulier, le Likouteï Torah, Parchat Devarim, à la page 66c ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tanya, à la fin du chapitre 39. Lois de l’étude de la Torah, à la référence précédemment citée ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, Parchat Vaét’hanan, à la page 8b et le Zohar, tome 3, à la page 39a ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Torah Or, à la page 32b. Voir le Zohar ‘Hadach, dans les Tikounim, à la page 104a ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, au début de la Parchat Beaalote’ha ”. (14) Ce paragraphe a été ajouté à l’exemplaire de cette lettre adressée au Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°8731. (15) Le Rabbi souligne les mots : “ également ”, “ bien au contraire ”, “ également ”, “ également ” et “ Et ”, terme hébraïque introduisant un complément d’objet direct. (16) Voir le Torah Cheléma sur le verset Vaygach 46, 4, au paragraphe 34.
Lettre n°8838
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8838, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5724,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Its’hak Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre et je me réfère à ce dont j’ai parlé avec vos parents, lors de notre conversation. Vous me posez les questions suivantes :
A) Parmi les ‘Hassidim se consacrant aux Ethroguim de Calabre, il y a le Rav, ‘Hassid aux multiples accomplissements, le Rav I.Jacobson et il me semble que vous avez déjà été en contact, l’un et l’autre. Lui-même a personnellement visité les vergers d’Ethroguim, en Italie et il les a examinés.
B) Il connaît également les critères de sélection et le moyen de s’assurer qu’un arbre n’a pas subi de greffe.
C) Vous parlez aussi de la manière dont la queue pousse et des protubérances. Il faut vérifier si, sur le même(2) arbre, certains fruits ont des protubérances alors que d’autres n’en ont pas. Il en est de même pour les différentes formes de la queue. Il me semble que tous ces détails ne figurent pas dans les livres que vous mentionnez, énumérant les signes distinctifs des fruits que l’on trouve sur le même(2) arbre. Il faut donc vérifier tout cela auprès de quelqu’un qui était sur place et qui a pu le voir lui-même.
D) J’espère que vous avez d’ores et déjà eu des nouvelles d’ici par vos parents, de même que par les invités de Manchester qui sont venus ici pour le temps du don de notre Torah, pour les semaines précédentes et pour les semaines suivantes, de même que de ce qui a été dit en ces moments propices. Puisse Dieu faire que ces propos fassent leur effet, conformément à leur contenu, car : “ l’acte est essentiel ”(3). Avec mes respects, ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela et en saluant vos parents,
N. B. : Le Be’horeï Yaakov, à la fin du chapitre 648, dit que l’on ne s’en remet pas à ces signes, pas même pour adopter une position rigoriste. Plusieurs des derniers Sages adoptent la position contraire, mais l’on peut penser que, même selon eux, quand il existe une tradition relative à un certain pays et que, sur un arbre donné, poussent des Ethroguim portant les critères qui les identifient, les autres Ethroguim du même arbre sont valables également. En effet, selon tous les avis, ces(2) critères, ne sont pas déterminants(4), si ce n’est le fait d’avoir une pelure épaisse, selon le ‘Hatam Sofer.
Notes
(1) Le Rav I.T. Libermann, de Manchester. Voir, à son sujet, la lettre n°590. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ même ”, “ même ” et “ ces ”. (3) Selon le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°785 et 2995.
Lettre n°8839
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8839, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Sivan 5724,
Brooklyn, New York,
Aux participants au repas annuel du comité de New York
pour le séminaire d’enseignantes et les écoles
professionnelles de jeunes filles de Kfar ‘Habad en notre
Terre sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai été heureux d’apprendre que votre repas annuel aura lieu le premier jour de Roch ‘Hodech Tamouz(1). Ce mois reçoit une signification particulière pour chacun et pour chacune, au sein de tout Israël. Comme on le sait, c’est, en effet, les 12 et 13 Tamouz que fut libéré mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération des prisons soviétiques et de l’exil.
Vous avez sûrement connaissance de l’œuvre pleine d’abnégation de mon beau-père, le Rabbi, pour renforcer et diffuser la Torah et les Mitsvot, surtout dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées(2). C’est l’un des héritages moraux immuables que mon beau-père, le Rabbi, a laissé à tout Israël, en particulier à chaque homme et à chaque femme ayant un rapport avec ‘Habad. Et, c’est de cet héritage que nous puisons des forces renouvelées afin de poursuivre son œuvre sacrée. Cette œuvre est aussi la source perpétuelle véhiculant les bénédictions divines pour chacun et chacune de ceux qui prennent part
à ses institutions, qui les soutiennent. A fortiori est-ce le cas pour les écoles basées sur les valeurs sacrées. Votre action a, en outre, la qualité de concerner des institutions se trouvant en notre Terre Sainte, à Kfar ‘Habad, que mon beau-père, le Rabbi, a fondé et qu’il appréciait énormément.
Dieu fasse que votre action se poursuive avec beaucoup de réussite, qu’elle se développe de plus en plus largement, comme tout ce qui vit et grandit(2). De même, que s’élargissent sans cesse les bénédictions de Dieu qui sont liées à cette action, pour vous-mêmes et pour tous les membres de votre famille, en tous vos besoins, matériels et spirituels. Avec ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 283. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ l’éducation basée sur les valeurs sacrées ” et “ grandit ”.
Lettre n°8840
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8840, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Sivan 5724,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 Sivan, dans laquelle vous m’interrogez à propos de votre neveu qui souhaite poursuivre ses études, pendant quelques années, à la Yechiva. Vous me demandez s’il pourra ensuite intégrer un kibboutz religieux. Néanmoins, cette question se posera uniquement après qu’il ait passé un certain temps à la Yechiva, se consacrant à l’étude de notre sainte Torah, Torah de vie. Selon les propos de l’Admour Hazaken, dans son saint Tanya, la Torah est définie comme le pain et l’aliment de l’âme. En l’étudiant de la manière qui convient, on l’unifie à l’âme de celui qui se consacre à cette activité, au point de ne former qu’une seule et même entité. Dès lors, elle devient réellement la nourriture de cette âme, vivifiée par la Vie de la vie, par l’En Sof, béni soit-Il, comme l’explique le chapitre 5 du Tanya.
En conséquence, il n’y a pas lieu, à mon sens, de décider dès maintenant ce qu’il fera à l’issue de cette étude. On peut espérer qu’il connaîtra l’élévation, grâce à elle. Il se décidera donc en fonction de la situation qui sera alors la sienne. J’ai bon espoir que vous avez vous-même connaissance des événements des 12 et 13 Tamouz, dates de la libération de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération. Puisse donc Dieu faire que chacun se motive pour la Torah, pour les Mitsvot, pour la diffusion du Judaïsme et de ce qui le concerne, auprès de ceux qui sont proches et de ceux qui sont éloignés, dans la joie et l’enthousiasme. Avec mes respects et ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles,
Lettre n°8841
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8841, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[fin de Sivan 5724]
La(1) possibilité de soumettre des interrogations par l’intermédiaire d’un rêve est réservée à une élite et l’on y a recours uniquement dans des situations exceptionnelles. Vous étudierez donc la Torah avec élan et ardeur(2), vous adopterez le comportement qui est prôné par le Choul’han Arou’h et Dieu vous accordera la réussite.
Notes
(1) Cette réponse du Rabbi a été rédigée à même la lettre de celui qui l’interrogeait, laquelle était datée du vendredi, veille du saint Chabbat Parchat Chela’h. (2) Cette réponse est vraisemblablement faite à un élève de la Yechiva.
Lettre n°8842
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8842, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille de Roch ‘Hodech Tamouz 5724,
Brooklyn, New York,
A monsieur Chalom Lewin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre du 4 Sivan(2), qui, semble-t-il, a été retardée du fait de la grève. J’ai été peiné d’y constater que vous n’avez pas reçu la réponse que je vous avais adressée, il y a quelques mois déjà. Nous sommes à la veille du mois de la libération de mon beau-père, le Rabbi et je voudrais donc souligner ici un point qui est d’actualité, concernant son emprisonnement et sa libération. Je fais allusion à son activité dans le domaine de l’éducation, à laquelle il consacra cinquante cinq ans de sa vie(3). Il était, en effet, âgé de dix huit ans lorsque son père le nomma directeur exécutif de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch(4), mais, avant cela, il était d’ores et déjà actif, en la matière. Dans tous les pays où le conduisirent ses pérégrinations, dès son arrivée, il se consacra à l’éducation, avant toute autre préoccupation. Et, il en fut de même aux Etats-Unis. Ici, le début de son œuvre fut l’établissement d’un réseau d’institutions éducatives, depuis les activités pour les enfants qui ne connaissent même pas l’alphabet jusqu’à l’étude de la Torah permettant d’établir la Hala’ha dans toute sa profondeur, la partie révélée de la Torah et sa dimension ésotérique, la ‘Hassidout, enseignement profond de la Torah. Telle fut son action, tout au long de sa vie et c’est pour cela qu’il fit don de sa propre personne, à l’époque de la Yevsektsya(5). Le mérite de ces actions le protégea et c’est grâce à cela qu’il fut ensuite libéré, la main haute.
Bien entendu, je ne vous rapporte pas tout cela uniquement pour en détailler le récit. En fait, celui dont nous célébrons la joie commenta lui-même la portée de l’événement. Ce qui se passa à l’époque doit guider chacun d’entre nous, nous éclairer la voie afin que l’on se serve de toutes les opportunités, à tous les stades de l’éducation des fils et filles d’Israël, dans l’esprit de la Torah, de la Tradition, des valeurs immuables de notre peuple. Si certains éléments suscitent des barrières et des obstacles, il est indispensable de les surmonter, même s’il faut faire don de soi-même pour y parvenir, d’autant que, pour ce qui nous concerne, cela consiste uniquement à offrir sa volonté à Dieu(6). Car, au final, c’est bien la vérité qui l’emportera.
Les enfants d’Israël sont réputés avoir la nuque roide et, à ce titre, je me permets de revenir sur un point dont nous nous sommes entretenus, lors de notre rencontre, que j’ai répété dans ma lettre et que j’aborde encore une fois maintenant. Vous m’excuserez de devoir exprimer mes réserves sur votre position, consistant à dire que la formulation du protocole limite le cadre de votre activité et que tout le reste vous échappe. Ce n’est pas ce que nous avons reçu de la maison de notre maître, comme je le disais ci-dessus, à propos de l’enseignement qui est délivré par l’épisode de la délivrance des 12 et 13 Tamouz. Peut-être même est-il possible de dire que votre position n’est pas conforme à la notion, de portée générale, qui est introduite par nos Sages, d’une manière concise(7), conformément à leur habitude : “ Un homme est tenu de dire : le monde a été créé pour moi ”. L’origine de cette obligation est la mission, qui incombe à chacun, de mettre en évidence l’unité dans le monde, les points communs qui relient les domaines les plus divers. Cela veut bien dire que tout ce qui existe dans le monde concerne chaque Juif, que ce dernier peut le diriger comme s’il lui appartenait.
S’il en est ainsi dans tous les domaines, combien plus est-ce le cas pour celui de l’éducation, en particulier à notre époque. Même s’il y a un doute, le doute d’un doute, de nombreux doutes, un Juif doit faire tout ce qu’il peut, en tout endroit où s’exerce son influence et Dieu lui accordera la réussite. J’espère que vous commémorerez les jours de la libération, les 12 et 13 Tamouz, de la manière qui convient. Avec ma bénédiction pour un bon mois et afin de me donner de bonnes nouvelles,
Il est sûrement inutile de vous répéter que je serais satisfait d’avoir connaissance de votre réaction à tout ce qui vient d’être dit, à condition qu’elle soit franche.
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8681. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 13, à la page 239. (3) Voir le Séfer Ha Si’hot 5705, à la page 78 et le Torat Mena’hem Itvaadouyot 5711, tome 1, à la page 211. (4) Voir sa biographie au début du Hayom Yom et le Kérem ‘Habad, tome 3, à la page 14. (5) La section juive du parti communiste en Union soviétique. (6) Voir le Torah Or, Parchat Mikets, à la page 36b. (7) Dans le traité Sanhédrin 37a.
Lettre n°8843
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8843, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tamouz 5724,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 24 Sivan, dans laquelle vous énumérez quelques uns des problèmes qui vous préoccupent. A votre âge, pour reprendre le dicton de nos Sages(1), on doit dire : “ Si ce n’est pas maintenant, quand cela sera-t-il ? ”. Vous devez donc concentrer tous vos efforts sur l’étude, avec élan et ardeur, de notre sainte Torah, Torah de vie, qui est aussi un enseignement pour la vie dans ce monde. Cette étude conduira à l’action, comme l’ordonnent nos Sages(2) et l’assurance nous a été donnée(3) que : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”.
Lorsque vous aurez acquis, jusqu’à un certain point, la connaissance de la Torah, vous reviendrez aux problèmes auxquels vous faites allusion, vous y méditerez et vous leur trouverez une solution. En effet, la Torah fut donnée à l’ensemble de notre peuple, les enfants d’Israël, précisément après qu’ils aient dit : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. J’espère que vous avez des connaissances et, plus important encore, des amis qui craignent la Parole de Dieu et Sa Torah. Pour différentes raisons, cela est judicieux et même indispensable. De fait, il y a, à Tel Aviv, de nombreuses personnes craignant Dieu. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin si cela n’a pas été fait au cours des douze derniers mois. Chaque jour de semaine, avant de les mettre, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsedaka. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Dans le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 14. (2) Dans le traité Kiddouchin 40b. (3) Dans le traité Meguila 6b.
Lettre n°8844
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8844, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tamouz 5724,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce lundi, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce que vous avez vécu. Vous concluez en envisageant différentes hypothèses quant à votre installation, dans le futur immédiat. D’après votre description de la situation, vous vous trouvez déjà aux Etats-Unis. Il n’y a donc pas lieu d’en repartir. Il est préférable de vous servir de vos connaissances, de vos contacts et de votre travail, ces dernières années, au service de l’éducation basée sur les valeurs sacrées, afin de trouver un poste qui vous convienne. Dieu nourrit le monde entier et subvient à ses besoins, dans Sa bonté, avec grâce, bienfait et miséricorde(1). Il est donc certain qu’Il vous permettra de gagner votre vie, dans l’endroit qui convient et de la manière qui sied.
Vous envisagez l’adoption d’un enfant(2). Vous connaissez sûrement les difficultés et les complications qui en résultent. Tout d’abord, il est interdit d’en être proche, de l’embrasser, de l’étreindre, ce qui est pratiquement impossible à éviter. Avant de prendre une décision, en la matière, vous vérifierez donc tout cela auprès d’un Rav, tranchant la Hala’ha, puisque vous êtes personnellement concernés(3).
Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de votre demeure, afin de vous assurer qu’elles sont conformes à la Hala’ha, si cela n’a pas été fait au cours des douze derniers mois. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui de votre épouse, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Selon le texte de la bénédiction après le repas. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8700. (3) Et donc incapables d’objectivité.
Lettre n°8845
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8845, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2ème jour de Roch ‘Hodech Tamouz 5724,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Ephraïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous communique, par la présente, l’instruction que le Rabbi Chlita a bien voulu donner à l’un des jeunes gens, concernant son voyage ici. Cette instruction s’applique, de la même façon, à tous les ‘Hassidim et aux élèves qui désirent se rendre, de temps à autre, auprès du Rabbi Chlita. Voici son contenu :
“ Il est bien évident(2) qu’il n’y a pas lieu de venir ici encore une fois tant que l’on n’a pas remboursé toutes(2) ses dettes et assuré pleinement(2) les moyens de subsistance des membres de sa famille pendant toute la durée du voyage. En outre, on doit disposer(2) du montant correspondant aux frais du voyage, aller et retour, de même qu’aux frais de séjour ”.
A n’en pas douter, vous diffuserez tout cela de la manière qui convient. Je vous en remercie d’avance. Avec ma bénédiction pour tout le bien,
Rav H.M. A. Hadakov(3),
Notes
(1) Le Rav E.Wolf, responsable des institutions ‘Habad en Terre Sainte. Voir, à son sujet, la lettre n°6943. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ évident ”, “ toutes ”, “ pleinement ” et “ disposer ”. (3) Directeur du secrétariat du Rabbi.
Lettre n°8846
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8846, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du saint Chabbat 3 Tamouz 5724,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous sommes à la veille du saint Chabbat de la Paracha “ Je suis ta part et ton héritage ” et l’on connaît la décision hala’hique du Rambam(2) selon laquelle ces propos ne s’appliquent pas uniquement à la tribu de Lévi, mais concernent bien “ chaque homme(3), parmi les habitants du monde(4), dont le cœur est généreux(5) et qui comprend, par sa sagesse(6), qu’il doit se séparer(7), se tenir devant Dieu pour Le servir(8), se dévouer à Lui(9), connaître l’Eternel, avancer dans la droiture(10), comme Dieu l’a fait, rejeter le joug des nombreuses contingences que s’imposent les hommes. Un tel homme est alors consacré saint des saints. L’Eternel sera sa part et son héritage, à jamais et pour l’éternité(11). Il aura le mérite de recevoir une bonne part en ce monde, comme le mérite qui a été conféré aux Cohanim et aux Léviim(12). Ainsi, David(13) dit(14) : ‘Eternel, emplis ma part et ma coupe. Tu soutiendras mon sort’(15) ”.
Puisse Dieu faire que chacun, au sein de tout Israël, redouble d’élan et d’ardeur en l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. On le fera en bonne santé morale et physique. En effet, ce Chabbat est, en outre, le début de la délivrance de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, qui est également notre propre délivrance et la liberté de notre âme. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de ce qui vous concerne personnellement et de vos accomplissements communautaires,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 325. Voir également les lettres n°8857 et 9020, de même que la causerie du 12 Tamouz 5724. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ A la conclusion des lois de la Chemitta et du Yovel ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et non ‘tous les hommes’, car chacun de ceux auxquels il est fait allusion ici se maintient dans la catégorie à laquelle il appartenait au préalable, après avoir pris cet engagement généreux, comme l’expliquent la Meguilat Esther, chapitre 1, au paragraphe 8, le Targoum et les commentateurs, à cette même référence. Et, l’on verra aussi le Torah Or, à la page 37c, à propos du verset Tehilim 87, 5. On peut considérer qu’en l’occurrence, deux catégories doivent être définies, ceux qui ont l’étude de la Torah pour seule activité et les autres, comme l’expliquent le traité Bera’hot 35b et le Torah Or, au début de la Parchat Terouma ”.
(4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceci inclut également les autres nations, selon ce que l’on peut déduire du traité Roch Hachana, chapitre 1, à la Michna 2. Et, ceci confirme la version de cette Michna qui est adoptée par le Rambam. En effet, les Justes parmi les nations ont part au monde futur, comme le dit le Rambam, dans ses lois des rois, à la fin du chapitre 8 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chemot 35, 21. Cette générosité est un sentiment du cœur, comme le souligne le Ramban, à cette référence ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Par l’intellect, faisant intervenir le cerveau ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Divreï Ha Yamim 23, 13, à propos des Cohanim et du grand Prêtre, ce qui correspond au vocable de ‘saint des saints’, puisque lui seul peut y entrer. Voir le commentaire du Maharcha, à la fin du traité Horayot, le Zohar, tome 3, à la page 176b et le traité Baba Kama 38a ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Devarim 10, 8 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Mena’hot 109b ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le verset Kohélet 7, 29 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les termes du Sifri, au verset Devarim 23, 7 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est ce que dit le Rambam, selon l’édition de Rome ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Bien qu’il n’appartenait pas lui-même à la tribu de Lévi ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tehilim 16, 5 ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il est ici question uniquement de soutien car un effort reste, en tout état de cause, nécessaire de la part de l’homme, selon le Rambam, lois de l’étude de la Torah, chapitre 3, au paragraphe 9. On verra aussi les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 3, au paragraphe 3. La même précision est également donnée par le Radbaz, à cette référence, mais l’on peut s’interroger, à ce propos, car ce n’est pas là ‘le mérite qui a été conféré aux Cohanim’. En fait, peut-être y a-t-il ici une preuve, étayant la position du Kessef Michné, à la même référence des lois de l’étude de la Torah. Car, on peut penser que le Rambam écarte uniquement la moitié qui lui incombe. Il n’y a donc que deux façons possibles : ‘Eternel, emplis ma part’ et : ‘Tu soutiendras mon sort’. Mais, ce point ne sera pas développé ici ”.
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