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Iguerot Kodesh — lettres 8766 à 8785

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8766

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8766, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5724,

Brooklyn,

Au grand Rav et ‘Hassid, Juste aux multiples

accomplissements, le Rav N.M.(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 25 Tévet, qui vient de me parvenir(2), dans laquelle vous faites allusion à une personne désireuse d’adopter un enfant(3). En la matière, je suis surpris de ne pas avoir trouvé, jusqu’à ce jour, quelqu’un qui se préoccupe de ce qui va être exposé ci-dessous. Des responsa nombreuses et détaillées ont été publiées sur différents aspects de l’adoption. En revanche, nul ne pose cette question, qui est la plus première.

J’ai eu des doutes parce que l’adoption, de nos jours, n’est plus ce qu’elle était dans les générations précédentes, lorsque l’on mettait en pratique la Mitsva d’élever un orphelin chez soi. A l’époque, tous, y compris l’enfant adopté, savaient que le couple n’était pas les parents. A l’heure actuelle, en revanche, le contraire(4) est vrai. On fait tout ce qui est possible pour cacher ce fait. Bien plus, sous la pression des médecins qui s’estiment spécialistes du psychisme, on décide qu’il est interdit de révéler à l’enfant qui il est vraiment, que la tranquillité de son esprit pourrait en être remise en cause. Il en résulte que l’on se comporte envers l’enfant adopté comme s’il était un véritable enfant. En conséquence, on s’isole avec lui, on l’embrasse, on l’enlace chaque jour. Il est même impossible de ne pas le faire, y compris quand les parents adoptifs sont animés d’une crainte de Dieu sincère.

Même si l’on révèle à l’enfant, quand il grandit, que ce ne sont pas ses vrais parents, on peut réellement se demander si l’on parviendra alors à abandonner un comportement que l’on a adopté depuis plusieurs années déjà. Or, en l’occurrence, il y a bien là, d’une façon certaine, une interdiction de nos Sages et même, selon le Rambam(5), une interdiction de la Torah ! En outre, même si l’on admet qu’il s’agit uniquement d’une disposition des Sages, en l’occurrence, une telle situation reste particulière puisque la transgression est sans cesse répétée. A ceci s’ajoute ce qui est cité est expliqué dans la partie révélée de la Torah. Vous consulterez également Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, au chapitre 7.

Ce qui vient d’être dit permet de s’interroger réellement sur le principe même de l’adoption, qui peut être autorisé uniquement pour que ceux qui y ont recours agissent par inadvertance(6). Pour autant, il semble évident également que beaucoup n’auraient pas recours à l’adoption, s’ils savaient tout cela. Vous consulterez également le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 608 et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la même référence, qui énoncent quelques principes établissant le fait qu’il est préférable d’agir par inadvertance(7). Il en résulte que cette permission n’est pas une évidence, en la matière. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. Avec ma considération, mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav N.M. Perlov, Rabbi de Novominsk. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 244. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8700. (4) Le Rabbi souligne le mot : “ contraire ”. (5) Dans ses lois des relations interdites, chapitre 22, au paragraphe 2. Voir le Otsar Ha Posskim, tome 9, lois du mariage, au début du chapitre 22. (6) Car, si cette pratique leur était interdite, ils ne pourraient pas s’empêcher d’y avoir néanmoins recours. (7) Plutôt que de transgresser délibérément un interdit.

Lettre n°8767

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8767, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, mardi de la Paracha

“ Si tu empruntes de l’argent ” 5724(1),

Brooklyn, New York,

Aux membres de l’association de bienfaisance “ ceux qui

respectent le Chabbat ”, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, avec ce qui y était joint. Vous me faites part de votre réunion annuelle, qui aura lieu à l’issue du Chabbat accordant la bénédiction au Roch ‘Hodech Adar. Nos Sages enseignent dans la Michna(2), que “ le 1er Adar, on annonce la nécessité de donner les Shekalim et de proscrire les mélanges d’espèces dans les champs ”. Or, on peut s’interroger sur la relation devant être faite entre ces deux Préceptes. Pourquoi les annoncer conjointement ? Si l’on consulte les commentaires énonçant les raisons des Mitsvot(3), on peut, sans doute, répondre à cette question de la manière suivante. Le mélange d’espèces, dans le champ, a pour effet de perturber les lois et les phénomènes de la nature. Or, ceux-ci sont instaurés par le Créateur du monde, Qui le dirige et Qui voulut que les végétaux et les arbres fruitiers soient répartis en différentes espèces.

En conséquence, on doit d’abord annoncer la nécessité de donner les Shekalim, qui constitueront l’offrande nouvelle, grâce à laquelle on financera les sacrifices. En effet, les Shekalim d’une année ne peuvent pas être mélangés à ceux d’une autre année. Et, cette Michna cite, en premier lieu, les Shekalim puis, seulement après cela, elle introduit le mélange d’espèces. De fait, l’ordre dans lequel elle est formulée est également partie intégrante de son enseignement(4). En l’occurrence, on aurait pu penser qu’il faille énoncer, au préalable, l’interdiction de mélanger les espèces. Car, il est nécessaire de faire savoir, au plus vite, qu’une telle manière de planter n’est pas autorisée. De plus, cet interdit est en vigueur tout au long de l’année et il s’applique à chacun, à titre individuel.

Il n’en est pas de même, en revanche, pour les Shekalim. Bien plus, on peut même s’acquitter de cette obligation avec retard, puisque le prélèvement destiné à financer les sacrifices est effectué en y incluant également ce qui sera payé par la suite(5). On peut, néanmoins, comprendre pourquoi il en est ainsi, en fonction de ce qui a été exposé plus haut. Pour que le monde entier adopte un comportement favorable, il est nécessaire, au préalable, que les Juifs le fassent, en tout ce qui les concerne. Car, tout dépend d’eux et l’existence matérielle n’est que le prolongement de ce qui se passe dans la dimension spirituelle(6).

Aussi, après(7) que le tribunal ait énoncé une loi de la Torah et qu’il ait délégué des émissaires dans toutes les villes d’Israël, chargés d’y proclamer que le moment est venu d’apporter les nouveaux Shekalim, puisque qu’on a vu que ceux d’une année ne peuvent se mélanger à ceux d’une autre année, pour tout ce qui concerne les sacrifices et les préoccupations spirituelles du monde, il en découlait aussitôt qu’un même principe devait s’appliquer aux végétaux, aux plantations et jusqu’à la terre elle-même, bien qu’elle soit minérale. De la sorte, il est clairement établi que la distinction faite entre les espèces doit être maintenue.

Il en est de même également pour la Mitsva de la bienfaisance, qui est une forme particulièrement élevée de Tsedaka(8). Selon l’explication du Tanya(9), celle-ci est, à elle seule, considérée comme l’ensemble des sacrifices. Et, les Juifs doivent, en outre, la mettre en pratique avec bienveillance(10). Puis, la conséquence de l’accomplissement de cette Mitsva est l’obtention du dévoilement, ici-bas(11). L’homme, reçoit, de cette façon, la satisfaction de tous ses besoins, enfants, santé, prospérité matérielle, le pain qui est végétal et la réalisation, au sens le plus littéral, de la promesse(12) selon laquelle “ tu prélèveras la dîme afin de t’enrichir ”, c’est-à-dire pour obtenir de l’or et de l’argent, qui sont des minéraux.

De cette façon, agissant “ mesure pour mesure ”(13), le Roi du monde accordera tout ce qui vient d’être dit, avec bienveillance et dans la largesse(14). Avec ma bénédiction de réussite en votre action pour tout ce qui vient d’être dit, dans la joie et l’enthousiasme,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1273 et tome 6, à la page 338. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au début du traité Shekalim ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Ramban, expliquant le verset Kedochim 19, 19, le Zohar, tome 3, page 86b, le traité ‘Houlin, page 60a, faisant référence aux végétaux ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°9027. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le précise le traité Shekalim, à la fin du chapitre 3 ”. (6) Voir le Tanya au chapitre 3. (7) Le Rabbi souligne le mot : “ après ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le souligne le Choul’han Arou’h, partie Yoré Déa, chapitre 249, au paragraphe 6 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Aux chapitres 34 et 37 ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le précise le Choul’han Arou’h, à la même référence, paragraphe 3 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Bien plus, l’élévation spirituelle la plus haute en découle également, selon Iguéret Ha Kodech, au chapitre 8 ”. (12) Dans le traité Chabbat 119a. (13) Selon la Pessikta Rabbati sur le verset Chemot 3, 6. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme en fait la promesse le Choul’han Arou’h, à cette même référence ”.

Lettre n°8768

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8768, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5724,

Brooklyn, New York,

Aux membres de l’association talmudique de la sainte

communauté Chéérit Israël, dans la ville de Baltimore,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir(1) par votre rabbin, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples connaissances, le Rav M.M. Ha Cohen(2), que vous vous préparez à la fête de conclusion du traité Nedarim, qui aura lieu dans la semaine du 7 Adar, date à laquelle naquit Moché notre maître(3), le sauveur d’Israël. C’est lui qui reçut la Torah sur le mont Sinaï, qui la transmit(4) et qui est à l’origine des nombreux disciples formés en toutes les générations. Devant le mont Sinaï, se trouvaient alors “ celui qui est ici et celui qui n’est pas ici ”, comme le précisent nos Sages(5). Mais, Moché reste le berger fidèle. Il se tient entre Dieu et nous, relie, précise, explique(6) la Parole de Dieu aux enfants d’Israël.

Près du mont Sinaï, chacun fit le serment(7) de mettre en pratique la Torah et ses Mitsvot. Et, ce serment(8) est aussi une force insufflée par Dieu afin de mettre ces Commandements en pratique, comme l’explique le début du traité Nedarim(9), selon lequel quelqu’un qui fait le serment d’accomplir la Mitsva acquiert, de la sorte, l’empressement. A fortiori en est-il ainsi quand le serment est fait à Celui Qui donne la Torah et Qui crée l’homme. Certes, on pourrait se poser la question suivante : si celui qui a prononcé un serment devant le mont Sinaï n’en tire pas la force de faire la guerre contre le mauvais penchant et de le vaincre, que lui apportera son propre serment, pour la pratique de la Mitsva ?

On peut répondre à cette question en fonction des propos de nos Sages, figurant à la fin de ce traité. Si quelqu’un transgresse un Interdit parce qu’il n’est pas parvenu à vaincre son mauvais penchant et qu’il est passé outre à la Volonté du Créateur, il n’en doit pas moins se cacher, afin que son opprobre n’apparaisse pas à l’évidence(7), car parfois(10), la crainte d’un homme de chair et de sang a plus d’effet que la crainte de Dieu.

Il en est donc de même pour celui qui fait le serment de mettre en pratique la Mitsva, serment de l’âme insérée dans un corps de chair et de sang(11). Combien plus en est-il ainsi quand ce serment est révélé et qu’il est clairement exprimé par la bouche, par la langue, par les lèvres physiques !

Le récit qui conclut ce traité, parlant d’une femme, de son mari et de celui avec lequel elle a commis une adultère, est également lié à ce qui fait l’objet de notre propos et l’on y trouve une allusion appropriée, puisque la révélation du mont Sinaï(12) scella le mariage du Saint béni soit-Il et de Son peuple, Israël. Or, il est dit, à propos des Mitsvot de la Torah : “ vous les ferez et vous ne vous détournerez pas… du fait desquels vous vous pervertissez(7) ”(13), ce qui met en garde contre toutes les fautes, tous les péchés, toutes les transgressions, qui prennent systématiquement leur origine en la première faute, celle du serpent, lequel eut une relation avec ‘Hava(14) et la souilla, comme l’expliquent différents textes, à la fois de manière allusive et en en détails. C’est devant le mont Sinaï que cette souillure disparut.

Puisse Dieu faire que chacun, au sein de tout Israël se renforce et intensifie son étude de la Torah, qui conduit à l’action(15), à la pratique des Mitsvot, qui, en outre, permet de distinguer ce qui est impur de ce qui est pur ou, au sein même de cette dernière catégorie, ce qui est saint de ce qui est profane, la volonté et les besoins de l’âme de la volonté et des besoins du corps.

La Torah fut donnée lorsqu’une association fut réalisée entre eux(16). Et, ces associés(17), qui sont, de la sorte, clairement définis(7), doivent accepter d’édifier un mur, “ de tout ton cœur ”, “ par tes deux penchants ”. A l’opposé, l’épaisseur de ce mur dépend de la coutume et de la nature du pays dans lequel on se trouve. En effet, l’un sera moins exposé que l’autre à son mauvais penchant(18), car il est naturellement enclin à l’étude et, sans effort particulier de sa part, il ne recherchera pas le plaisir. Il lui suffira de ne pas s’investir dans les besoins de son corps, pour lesquels il a une attirance naturelle plus importante. Pour y parvenir, il se souviendra de l’Injonction reçue sur le mont Sinaï. A un stade plus bas, se trouve celui dont le mauvais penchant est brûlant, lequel a besoin d’un encouragement moral et qui doit donc prêter serment.

Mais, de ce dernier, il est dit également que : “ aucun d’entre nous ne sera repoussé ”. Au final, il est certain qu’il parviendra, lui aussi, à la Techouva(19), conformément à la Hala’ha qui est tranchée à la conclusion de ce traité, affirmant que : “ cette femme est permise ”. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 269. (2) Le Rav Mena’hem Mendel Feldman. (3) Selon le traité Meguila 13b. (4) Selon le traité Avot, au début du chapitre 1. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le traité Chabbat 146a ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire du Ramban sur le verset Chemot 20, 7 et le Guide des égarés, tome 2, au chapitre 33 ”. (7) Le Rabbi souligne les mots : “ fit le serment ”, “ à l’évidence ”, “ pervertissez ” et “ qui sont clairement définis ”. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°9005. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ A la page 8a ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Bera’hot 28b et le Tanya, au chapitre 41, page 57a ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra le commentaire de Rabbi Avraham Ibn Ezra sur le verset Tehilim 119, 106, qui dit : ‘J’ai prêté serment et je tiendrai mon engagement : prés du mont Sinaï, celui-ci était potentiel. Désormais, il est effectif’ ”. (12) Voir, à ce sujet, le traité Taanit 26b. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceci est impossible pour une jeune fille, car la Hala’ha ne retient pas l’avis de Rabbi Eléazar, exprimé au traité Yebamot 61b. Voir le Likouteï Torah, Parchat Chela’h, à la page 53c ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Chabbat 146a et le Zohar, tome 1, à la page 52b ”. (15) Selon le traité Kiddouchin 40b. (16) Entre l’âme et le corps. Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Chabbat 88b et 146a. Voir le Séfer Er’heï Ha Kinouïm, à l’article ‘associés’ ”. (17) Voir, à ce sujet, le début du traité Baba Batra. (18) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, aux chapitres 15, 16 et 30 ”. (19) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 4, à la fin du paragraphe 3.

Lettre n°8769

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8769, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille du saint Chabbat qui bénit

le mois d’Adar 5724,

Parchat Michpatim et Parchat Shekalim,

Brooklyn, New York,

Au banquet annuel des auxiliaires féminines de

Brownsville et d’East New York, au profit des

Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de votre banquet annuel, qui aura lieu ce 10 Adar, j’adresse mes vœux et ma bénédiction à toutes celles qui apportent leur aide et leur participation(1). Dieu fasse que cette célébration connaisse une grande réussite, de tous les points de vue. La Sidra de ce Chabbat, la Parchat Michpatim, est l’application du don de la Torah, comme l’expliquent nos Sages(2), de sainte mémoire, à propos du verset : “ Et(3), voici les Jugements ”, le “ et ” désignant ici un ajout et une continuation(4). De même, la Parchat Tissa(3), dans laquelle on lit la Parchat Shekalim(3), commémore également le don de la Torah et le don, par Dieu, des secondes tables de la Loi.

Lors du don de la Torah, les enfants d’Israël devinrent réellement(3) libres en s’engageant à être les serviteurs de Dieu(3). C’est la raison pour laquelle le premier sujet duquel traite la Parchat Michpatim, dès son début, est le serviteur juif(3), la possibilité d’être l’esclave de quelqu’un d’autre et de proclamer ensuite : “ J’aime mon maître ! Je ne serai pas libéré ! ”(3), afin de conserver le confort qu’il apporte, bien que l’on devrait lui préférer le service de Dieu Lui-même. La Torah en conclut que le Juif qui désire rester l’esclave d’un autre esclave doit avoir l’oreille percée, car cette oreille juive a entendu, sur le mont Sinaï, l’Injonction divine : “ Les Juifs sont Mes serviteurs ”(3).

L’exemple vivant d’un serviteur de Dieu(3) est Morde’haï le Juif. Comme nous le relate, la Meguila de Pourim, “ Morde’haï ne s’incline pas et ne se prosterne pas ”(3). Pour former le peuple de Morde’haï, est nécessaire une éducation fidèle à la Torah, une éducation basée sur les valeurs sacrées. Tels sont le but et l’objectif des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, qui connaissent une considérable réussite, en la matière. Grand est le mérite de quiconque prend part à cela. Que Dieu vous accorde le succès de poursuivre votre bon travail dans des proportions accrues. Par ce mérite, vous serez bénis encore plus largement, en tous vos besoins et en ceux des membres de votre famille, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 291. (2) Selon le Midrash Chemot Rabba, chapitre 30, au paragraphe 3 et le commentaire de Rachi sur ce verset. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ et voici ”, “ Tissa ”, “ Parchat Shekalim ”, “ réellement ”, “ serviteurs de Dieu ”, “ serviteur juif ”, “ J’aime mon maître ! Je ne serai pas libéré ! ”, “ les Juifs sont Mes serviteurs ” et “ Morde’haï ne s’incline pas et ne se prosterne pas ”. (4) Du don de la Torah, présenté dans la Sidra précédente, la Parchat Yethro.

Lettre n°8770

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8770, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention des fidèles et, avant tout, des responsables

de la synagogue Poaleï Agoudat Israël, à Kiryat Chalom,

près de Tel Aviv, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être

restaurée et rebâtie, très bientôt et de nos jours, par notre

juste Machia’h, que Dieu vous accorde une longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en leur temps, vos salutations(1), par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et a de bons comportements, le Rav H.N. Kowalski(2) et j’ai également eu connaissance de votre lecture des Tehilim. A n’en pas douter, il est inutile d’expliquer longuement l’importance de lire des Tehilim et d’enseigner la Torah publiquement, dans une synagogue(3). En effet, tout cela est expliqué par différents textes de nos livres sacrés et, encore plus précisément, dans les lettres et les saintes causeries(4) de nos maîtres et chefs, les chefs d’Israël.

Mon propos est donc uniquement de vous conseiller l’empressement, de vous souligner l’importance de tout cela, conformément à l’enseignement de nos Sages(5) selon lequel : “ on conseille l’empressement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité ”. On s’efforcera donc de multiplier le nombre des participants à ces études de la Torah, de sa partie révélée et de son enseignement profond, lequel, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. De même, il convient que tous les fidèles de la synagogue participent à la lecture des Tehilim.

La lecture quotidienne des Tehilim, après la prière du matin, selon leur répartition mensuelle, puis celle des cinq livres, correspondant(6) aux cinq livres de la Torah, pendant le saint Chabbat qui bénit le mois(7), le matin, avant la prière, peuvent être liées à la Paracha de cette semaine, la Parchat Terouma, “ un prélèvement pour Dieu ” pour l’édification du Sanctuaire et du Temple, qui est également un Sanctuaire(8). Nos Sages le définissent comme un lieu de prière. Bien plus, toutes(9) les prières sont orientées vers le Saint des Saints(10). Et l’emplacement de l’Arche sainte évoque l’étude de la Torah(11). En outre, le livre des Tehilim est la prière de la Torah(12). Avec mes respects et ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 317. (2) Le Rav ‘Haïm Na’hman Kowalski, de Terre Sainte. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le traité Bera’hot 8a ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le recueil de lettres sur Tehilim ”. (5) Dans le traité Makot 23a. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’indique le paragraphe Yehi Ratson qui est récité après la lecture des Tehilim. On consultera aussi le traité Kiddouchin 30a et le discours ‘hassidique intitulé : ‘C’est pour cela qu’ils ont été appelés’, de 5699 ”. (7) Celui qui précède Roch ‘Hodech. (8) Selon le début du traité Erouvin. (9) Le Rabbi souligne le mot : “ toutes ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 94 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Chir Hachirim Rabba, chapitre 5, au paragraphe 15, qui dit : ‘sur deux Tables de pierre : entre les Commandements, y sont inscrits les passages et les indications de la Torah’ ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les traités Bera’hot 3b et Pessa’him 117a ”.

Lettre n°8771

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8771, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5724,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux

multiples accomplissements, le Rav Dov Yehouda(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 23 Chevat, dans laquelle vous faites allusion à la synagogue. De façon générale, je n’ai pas l’habitude d’intervenir, en pareil cas, tant que l’on ne me demande pas personnellement mon avis. Néanmoins, il me semble qu’en l’occurrence, le contexte n’est pas(2) clair. Autre point, qui est essentiel également, l’idée première doit être la nécessité de multiplier les synagogues qui sont basées sur les valeurs sacrées, en particulier à notre époque et dans votre ville. J’ai donc formulé mon avis en conséquence. Compte tenu de tout cela, il est judicieux, pour différentes raisons, que vous vous restiez provisoirement dans la synagogue que vous mentionnez. En revanche, d’une manière fixe et sur la base de ce qui vient d’être dit, il serait bon de fonder votre propre synagogue. Même si “ le début est dans la peine ”(3), tout au moins “ l’issue sera le développement ”. Puisse Dieu accorder que celui-ci soit le plus large.

Il est clair que le juge ne peut se fier qu’à ce qu’il observe de ses propres yeux et il n’est pas de mon propos d’imposer ma position, celle qui vient d’être définie. En revanche, je n’ai pas le droit de cacher ce qui me semble être le bien de tous ceux qui sont intéressés et concernés, en la matière. Pour cela, il doit en être ainsi et, même si la synagogue ne peut pas se trouver réellement dans votre maison, il est nécessaire qu’elle soit plus indépendante que la synagogue actuelle.

Nous approchons du mois d’Adar dont l’aspect principal et central est les jours de Pourim, lorsque “ l’on envoie des mets, chacun à son prochain ”. L’une des raisons(4) de cette pratique est la proximité qui doit s’instaurer entre tous les enfants d’Israël, jusqu’à l’unité véritable. Puisse Dieu faire que vous commenciez cette action dès le saint Chabbat qui bénit le mois d’Adar. Puis, vous la développerez jusqu’au jour de la pleine lune, au milieu du mois. Avec mes respects, ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles, que vous conceviez une satisfaction véritable de votre fils, dont vous citez le nom, parmi tous vos enfants, de même que votre épouse, la Rabbanit,

Notes

(1) Le Rav D.Y. Schochat, de Toronto. Voir, à son sujet, la lettre n°4968. (2) Le Rabbi souligne le mot : “ pas ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°7958. (4) Selon le traité Baba Batra 131a. (5) Voir, en particulier, le Manot Ha Lévi de Rabbi Chlomo Alkabets sur le verset Esther 9, 27.

Lettre n°8772

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8772, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5724,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 Chevat, concernant l’adoption d’un enfant(1). En pareil cas, de nos jours, on s’efforce de tout faire pour le bien-être de l’enfant et, dans ce but, on lui fait croire qu’il s’agit de ses parents véritables et naturels. De ce fait, même si l’on fait abstraction de tous les autres éléments, je ne sais pas dans quelle mesure on peut éviter de s’isoler avec l’enfant, de l’embrasser et de l’enlacer, même s’il sait qu’il s’agit de parents adoptifs et a fortiori selon l’usage actuel qui consiste, comme je l’ai dit, à le lui cacher. On peut effectivement penser qu’il y a là une impossibilité(2). Or, il s’agit bien, en la matière, d’Interdictions clairement prononcés par nos Sages et même, dans certains cas, selon l’avis de quelques Décisionnaires(3), d’Interdictions de la Torah. Et, comme je le rappelais, il en est ainsi également quand on fait abstraction de tous les autres éléments, comme, par exemple, l’origine de l’enfant et son statut personnel. Compte tenu de ce qui vient d’être dit, je ne vois pas ce que l’on peut faire, en la matière. A l’opposé, s’il s’agit de dissuader quelqu’un de s’engager dans cette démarche, une longue analyse devrait s’avérer inutile.

Bien que vous n’en parliez pas, je suppose que vous avez consulté un médecin spécialiste, à ce sujet, pour avoir des enfants, d’autant que, ces dernières années, de nouveaux traitements ont été mis au point, en la matière. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. En un moment favorable, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que le souhait de votre cœur soit positivement exaucé. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin et les Mezouzot de votre maison, afin de vous assurer qu’elles sont toutes valables, conformément à la Hala’ha. Et, votre épouse adoptera l’usage positif des femmes juifs, consistant à donner de la Tsedaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8700. (2) De se préserver de ces Interdictions. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8766.

Lettre n°8773

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8773, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

fin de Chevat 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Ben Tsion,

qui est appelé professeur Dinor(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir le tiré à part de votre recueil intitulé : “ la personnalité et son époque ”. Je vous remercie d’avoir pensé à me l’adresser(2). Je saisis cette occasion pour m’excuser car, pour différentes raisons et, avant tout, du fait de mes nombreuses occupations, je ne vous ai pas encore exprimé mes chaleureux remerciements pour les tirés à part et les livres que vous m’avez fait parvenir au préalable. J’espère qu’en la matière, vous m’accorderez les circonstances atténuantes, conformément à l’enseignement de nos Sages(3).

Me trouvant encore sous l’influence du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi(4) et me référant aux propos du Ari Zal(5), qui soulignent que la sainteté ne quitte jamais son lieu, bien plus, me basant sur le diction répandu chez les ‘Hassidim qui dit que : “ Dès lors que l’on est une fois un ‘Hassid, on reste toujours un ‘Hassid ”, je me permets de vous rappeler le mérite et le succès que vous avez eus, celui de passer quelques mois au sein de la Yechiva Tom’heï Temimim. Je suis donc persuadé non seulement que la sainteté n’a pas quitté son lieu, mais, bien plus, qu’elle l’a effectivement quitté d’une manière positive et qu’elle prend, de temps à autre, l’expression d’accomplissements judicieux, qu’un “ opposant à la ‘Hassidout ” n’aurait pas été en mesure de mener à bien, car la clarté et la chaleur qui prennent leur source dans la ‘Hassidout et ce qui la concerne sont indispensables à de telles réalisations.

Pour passer d’une idée à une autre tout en restant dans le même contexte, j’ai bien reçu votre livre : “ Un monde qui a disparu ” et je vous en remercie. Vous déduirez de ce qui vient d’être dit qu’une telle affirmation peut être formulée uniquement à propos d’un monde matériel et grossier, ou même du Temple, dans la mesure(6) où celui-ci est fait de bois et de pierre. Car, les parchemins brûlent, mais les lettres restent, bien plus, elles reviennent ici-bas et sont écrites à nouveau. Elles sont même gravées dans les cœurs de milliers, de dizaines de milliers de fils et de filles d’Israël. Plus encore, ce sont des lettres de feu qui sont gravées, selon les deux versions qui sont énoncées (7) à ce propos, un feu blanc et un feu noir. De fait, les deux directions sont nécessaires, la main droite qui rapproche et la main gauche qui repousse(8) ou, plus généralement, “ écarte-toi du mal ” et “ fais le bien ”. Dans la dimension morale du service de Dieu, ceci correspond à l’amour et à la crainte. Le moyen d’acquérir ces sentiments est un des thèmes centraux du saint Tanya.

Bien entendu, j’ai pris connaissance, avec un intérêt particulier des quelques pages de ce livre dans lesquels vous parlez du temps que vous avez passé, comme je le disais, dans les quatre coudées de la sainteté de Tom’heï Temimim, même si, “ a priori ”, certaines expressions auraient pu être modifiées et auraient même pu avantageusement être remplacées par leur contraire. Mais, malgré tout cela, s’est renforcée en moi l’impression que vous vous trouvez encore sous l’influence de cette période et de ce qui la concerne, au point que vous estimiez nécessaire de vous protéger de cette influence, de justifier vos initiatives et vos actions. En d’autres termes, il me semble que, dans votre monde personnel, ce monde-là n’a pas disparu. Puisse Dieu faire, non seulement que vous ne vous opposiez pas à cette influence, mais, en outre, que vous vous serviez de toutes les opportunités qui se présentent pour “ diffuser les sources(9) ”, selon la formulation bien connue. Et, s’il a été dit, à mon propos, qu’il m’arrive d’avoir des visions, Dieu fasse que ce qui vient d’être exposé et apparaît, à première vue, comme le fruit de mon imagination, se révèle, de manière effective, dans le monde de l’action. En effet, en notre époque aux multiples mutations et évolutions indésirables, l’imagination rencontre l’action concrète, qui est essentielle(10).

C’est ici l’occasion pour moi de vous accuser réception du premier tome de votre livre : “ Israël en exil ” et de vous en remercier. Conformément à l’habitude des Juifs, je me permettrai de formuler une remarque, en me fondant sur la spécificité des ouvrages des Grands d’Israël, des premières générations et même du moyen âge. Cette remarque est la suivante. On traite de la Torah et de tout ce qui la concerne comme d’éléments appartenant à l’existence quotidienne, à l’époque à laquelle on se réfère. C’est de cette façon que l’on a étudié, par exemple, les sacrifices et tout ce qui a trait à la pureté plusieurs siècles après la destruction du Temple. Et, l’on procède de la sorte non seulement dans les commentaires de la Michna, mais aussi dans les recueils de responsa, qui envisagent les différentes situations auxquelles les enfants d’Israël ont été confrontés dans le désert. Il en résulte que, si l’on se limite aux livres rédigés à une certaine époque et présentant un certain sujet ou un événement précis, on ne peut en aucune façon en déduire que ces éléments étaient en application dans l’existence quotidienne des auteurs. Il faut systématiquement se demander si c’est bien le cas et trouver d’autres moyens de le démontrer.

Ce qui vient d’être dit se rapporte, en particulier, à la lecture de la Torah, dont vous traitez dans votre livre. Je m’en suis aperçu, en recevant votre livre. A l’issue d’une recherche, j’y ai trouvé qu’à l’époque de Rachi, on concluait la lecture de la Torah tous les trois ans, affirmation que vous étayez en rappelant que Rachi lui-même en parle dans tel livre. Or, en fonction de ce qui vient d’être dit, cela ne prouve absolument rien. Je n’étudie pas ce sujet en ce moment, mais il me semble évident que, bien avant l’époque de Rachi, en particulier dans les contrées où Rachi résidait et à proximité de celles-ci, on achevait d’ores et déjà la lecture de la Torah en un an.

A ce propos et pour rester dans le même sujet, vous savez sans doute qu’il existe aussi un cycle de lecture de la Torah en trois ans et demi. Vous trouverez des références, à ce sujet, dans le livre de Morde’haï Margolis, énumérant les différences que l’on constate entre les communautés orientales et celles d’Erets Israël, à la différence n°48. Par ailleurs, j’aimerais savoir si vous possédez des éléments historiques sur les tribus juives d’Afrique du nord, du Sahara, au moyen âge. Selon ce que je me souviens, il y avait là une reine, qui était Cohen ou quelque chose comme cela. Au final, elle-même est tombée au combat et son royaume a disparu. Comme le veut la coutume juive, je conclurai la présente comme elle avait commencé, en vous joignant un tiré à part qui a été dernièrement publié, à l’occasion de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi(11). Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à son sujet, les lettres n°3396 et 6428. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 250. (3) Dans le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 6. (4) Le 10 Chevat. (5) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 14, à la page 313. (6) Le Rabbi souligne l’expression : “ dans la mesure ”. (7) Voir le Yerouchalmi, traité Shekalim, chapitre 6, au paragraphe 1, le commentaire de Rachi sur le verset Bera’ha 33, 2 et le Midrash Tan’houma, Parchat Béréchit, au chapitre 1. (8) Voir le traité Sotta 47a. (9) De la ‘Hassidout. (10) Selon le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17. (11) Le 10 Chevat.

Lettre n°8774

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8774, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Adar 5724,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jour au cours duquel deux fois fut dit le mot “ bon ”(1), dans laquelle vous me parlez de votre fils, qui est un élève de la Yechiva(2). Vous ne m’indiquez pas clairement si vous m’interrogez également au nom de votre fils et de votre épouse, qui doivent aussi voyager ou bien si, dans un premier temps, vous vous exprimez uniquement en votre nom personnel et qu’après discussion, vous envisagerez les différentes possibilités.

En tout état de cause, s’agissant de fiançailles, votre fils ne peut pas prendre une décision seul, sans que l’un des parents se trouve sur place. De même, il doit être possible de déterminer, par l’intermédiaire d’amis, dans les deux pays que vous citez, s’il y a des propositions susceptibles d’être satisfaisantes. C’est uniquement après cela que vous ferez ce voyage impliquant un investissement conséquent en argent et en temps. De fait, vous avez des amis, aussi bien en Terre Sainte, puisse-t-elle restaurée et rebâtie qu’aux Etats-Unis. En fonction des informations que vous obtiendrez, il vous sera plus aisé de décider ce qu’il y a lieu de faire. Et, que Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun, vous guide en tout cela jusque dans le moindre détail.

Bien que vous n’en parliez pas, j’espère qu’il y a bien eu une réunion ‘hassidique pour le 10 Chevat(3), qu’en outre, vous préparez également celle de Pourim, qui approche et qui est la Mitsva du jour(4), avec du vin, c’est-à-dire, avant tout, avec le vin(5) de la Torah, ses secrets, comme l’établissent différents textes(6). Et, l’assurance a été donnée que : “ l’on vient en aide à celui qui veut se purifier ”(7). L’Admour Hazaken précise que cela inclut également le fait de purifier les autres(8). Avec ma bénédiction pour un bon mois, pour un Pourim joyeux et afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Lors de la création, le mardi. (2) Et qui cherche à se marier. (3) A l’occasion de la Hilloula du Rabbi Rayats. (4) Selon le traité Meguila 7b. (5) Le Rabbi souligne le mot : “ vin ”. (6) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 31, à partir de la page 179. (7) D’après le traité Yoma 38b. (8) Dans le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, à la page 88b.

Lettre n°8775

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8775, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

premier Adar 5724,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de la caisse d’entraide, auprès de la synagogue

‘Habad de Bneï Brak, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle

être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, le compte-rendu et le rapport d’activité de votre caisse, pendant la période qui vient de s’écouler, de même que la lettre de l’issue du Chabbat : “ Si tu prêtes de l’argent à Mon peuple ”(1), émanant de votre président, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav Mena’hem Israël(2). Ceci est, en outre, d’actualité, en ce premier Adar puisque, comme l’enseignent(3) nos Sages dans leur Michna(4) : “ Le premier Adar, on fait les annonces relatives aux Shekalim et aux mélanges d’espèces ”. Certes, on pourrait s’interroger sur la relation qui existe entre les deux éléments, justifiant que les deux annonces soient faites conjointement.

Peut-être est-il possible d’avancer l’explication suivante, basée(5) sur les explications de ceux qui commentent les Mitsvot, à propos de l’interdiction de mélanger les espèces. Selon leur interprétation, on modifie, par une telle actions, les lois et les voies de la nature, telle qu’elles ont été instaurées par le Créateur du monde, Qui le dirige, puisque, d’après celles-ci, les végétaux produisent des herbes et les arbres des fruits de la même espèce. En conséquence, on annonce également la nécessité de donner les Shekalim, afin que les sacrifices publics soient financés par l’offrande nouvelle. En effet, les sacrifices d’une année, avec ce qui les concerne, ne doivent pas être mélangés avec ceux d’une autre année. Bien plus, la Michna cite d’abord l’annonce des Shekalim et, ensuite, seulement, celle du mélange d’espèces. Or, l’ordre de la Torah en est partie intégrante(6).

De fait, il eut été judicieux d’annoncer, en premier lieu, l’interdiction du mélange d’espèces, ce qui semble être une nécessité, afin de déraciner ces espèces au plus vite ou, mieux encore, de cesser de les planter. En outre, cette interdiction s’applique tout au long de l’année et chacun y est astreint, ce qui, par contre, n’est pas le cas pour les Shekalim, d’autant qu’il reste possible de les donner par la suite. Bien plus, ce qui est remis au Temple est prélevé également en fonction de ce qui sera donné(7) par la suite(8). Il en résulte que, pour que s’instaure le comportement qui convient dans le monde, tout commence et dépend du comportement des enfants d’Israël, lesquels adoptent une telle attitude en tout ce qui les concerne. Et, la matérialité découle de la spiritualité(9).

Ainsi, après(7) que le tribunal ait délégué des émissaires dans toutes les villes d’Israël, pour annoncer la nécessité d’apporter les Shekalim, afin de ne pas mélanger les années, pour les sacrifices et pour les préoccupations morales dans le monde, il peut ensuite en être de même pour ce qui pousse, les végétaux, sur la terre, qui est minérale, afin que chacun se maintienne au sein de son espèce.

Il en est de même pour l’entraide, qui est une grande qualité(10), une Tsedaka considérée comme l’ensemble des sacrifices(11), que les enfants d’Israël donnent avec bienveillance(12). Et, de cette pratique des Mitsvot découle, ici-bas(13), la satisfaction de tous les besoins de l’homme, enfants, santé et prospérité, le pain qui est un végétal et la réalisation de la promesse(14) selon laquelle : “ Tu prélèveras la dîme afin de t’enrichir ”, au sens le plus littéral, avec de l’argent et de l’or, des minéraux. De la sorte, “ mesure pour mesure ”(15), le Roi du monde accordera tout cela avec bienveillance et dans la largesse. Avec ma bénédiction de réussite en votre action, en tout ce qui vient d’être dit, dans la joie et dans l’enthousiasme(16),

Je vous joins un chèque qui constitue ma participation à tout cela, sans en faire le vœu.

Notes

(1) La Parchat Michpatim. (2) Le Rav M.I. Melov. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8767. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au début du traité Shekalim ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Ramban, commentant le verset Kedochim 19, 19, le Zohar, tome 3, à la page 86b. On consultera le traité ‘Houlin 60a, traitant du jugement relatif aux végétaux ”.Le Rabbi souligne ici le mot : “ jugement ”. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°9027. (7) Le Rabbi souligne les mots : “ donné ” et “ après ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le traité Shekalim, au début du second chapitre et à la fin du troisième ”. (9) Selon le chapitre 3 du Tanya. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 249, au paragraphe 6 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, aux chapitres 34 et 37 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 249, au paragraphe 3 ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Bien plus, ceci agit également là-haut et l’on consultera, à ce propos, Iguéret Ha Kodech, au chapitre 8 ”. (14) Dans le traité Chabbat 119a. (15) De la manière dont on se comporte envers Dieu, selon la Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Choul’han Arou’h, à la même référence ”.

Lettre n°8776

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8776, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Adar 5724,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, a de bons

comportements, aux multiples accomplissements,

le Rav Acher(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous souhaite Mazal Tov, à l’occasion de votre arrivée, avec les membres de votre famille et de votre installation en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, jusque dans le moindre détail, à la fois matériellement et spirituellement et que s’accomplisse la promesse de nos Sages(2) selon laquelle “ la rétribution est à la mesure de l’effort ”, conformément au contenu du verset : “ Je Te loue, Eternel, car Tu m’as consolé ”, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme. Vous concevrez beaucoup de satisfaction juive et ‘hassidique de tous vos enfants.

Il est dit(3) que : “ une Mitsva en attire une autre ” et celle du rachat(4) est, en l’occurrence, particulièrement importante. Puisse donc Dieu faire que soit libéré un grand nombre, quantitatif et qualitatif, de l’étroitesse vers la largesse, avec toutes les interprétations que l’on peut donner, à ce sujet et très prochainement. Avec ma bénédiction de bonne santé et pour me donner de bonnes nouvelles,

N. B. : Compte tenu de la raison de votre installation en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, il est clair que vous devez passer un certain temps auprès de votre famille. Sans doute m’écrirez-vous à ce sujet, avec tous les détails nécessaires. Je viens de recevoir votre lettre de Roch ‘Hodech Adar, date à laquelle on multiplie sa joie(5). Je mentionnerai votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Notes

(1) Le Rav A.Sosonkin. (2) A la fin du chapitre 5 du traité Avot. (3) Selon le traité Avot, chapitre 4, à la Michna 2. (4) Des captifs. (5) Selon le traité Taanit 26b.

Lettre n°8777

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8777, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Adar 5724,

Brooklyn,

Au jeune Ezra Binyamin(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres précédentes et j’y ai vu, avec plaisir que vous étudiez le Tanya profondément et méticuleusement(2). Certes, des personnes comme nous ne peuvent étudier chaque mot avec la précision nécessaire qu’après avoir acquis une bonne connaissance de plusieurs livres et discours de ‘Hassidout. Quand aux nombreuses questions que vous vous posez sur Iguéret Ha Techouva, vous consulterez les guides spirituels, enseignant la ‘Hassidout, que vous côtoyez.

Vous m’interrogez également sur la causerie de la Parchat Yethro(3), montrant la supériorité des Mitsvot après le don de la Torah, par rapport à ce qu’elles étaient au préalable. Vous faites remarquer que ceci ne devrait pas s’appliquer aux Mitsvot pour lesquelles une Injonction(4) spécifique a été donnée avant le don de la Torah, conformément à ce qui est exposé dans la causerie de la Parchat Le’h Le’ha(5). Et, de fait, même pour ce qui concerne la circoncision, le commentaire de la Michna(6), à la fin du chapitre 7 du traité ‘Houlin, souligne l’importance du don de la Torah.

La différence est, brièvement, la suivante. Les Mitsvot que l’on accomplissait, avant le don de la Torah, n’étaient que des “ odeurs ”, des valeurs morales. Ainsi, les bâtons de Yaakov(7) ne conservèrent aucune sainteté par la suite. Certes, une Injonction(4) fut donnée de mettre en pratique ces Mitsvot et de le faire précisément dans l’action concrète(4). En pareil cas, la sainteté reste effectivement au sein de la matière, y compris par la suite. C’est pour cela que Avraham, quand il fit faire un serment(8), dit : “ De grâce, place ta main sous ma hanche ”. Néanmoins, cette sainteté est uniquement celle qu’une créature peut atteindre ici-bas, celle de la source des créatures. En effet, un décret disposait alors que les créatures terrestres ne pouvaient pas connaître l’élévation. En revanche, après le don de la Torah, ce décret fut abrogé et “ Il nous a sanctifié par Ses Mitsvot(4) ”, bien au-delà de la source des créatures, comme des odeurs par rapport à la sainteté du Créateur. Vous trouverez des références sur cette distinction dans les causeries précédemment citées.

Notes

(1) E. B. Schochat. Voir, à son sujet, la lettre n°8703. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 326. (3) Publiée dans le Likouteï Si’hot, tome 2, à partir de la page 887. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ Injonction ”, “ Injonction ”, “ concrète ” et “ Ses Mitsvot ”. (5) Publiée dans le Likouteï Si’hot, tome 2, à partir de la page 757. (6) Du Rambam. (7) Qu’il plaça devant le troupeau de Lavan afin d’en prélever sa rétribution. (8) A Eliezer, son serviteur et devait lui faire tenir à la main un objet de Mitsva.

Lettre n°8778

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8778, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Adar 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention des participants à l’étude du Talmud, dans

la synagogue Chaareï Emouna dans la ville de Toronto,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir(1), par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et aux bons comportements, empli d’empressement, le Rav A.Parchan(2), que vous concluez l’étude du Talmud. Comme le veut la coutume juive, vous en recommencerez sûrement l’étude, à l’occasion de cette conclusion(3), qui sera célébrée à la veille du mercredi de la Paracha “ Ils prendront pour toi de l’huile pure… afin d’allumer la lumière perpétuelle ”(4).

L’étude de la Torah inclut sa partie révélée et sa dimension profonde, qui en est le luminaire(5). Or, l’une et l’autre apparaissent, en allusion, dans le verset qui vient d’être cité, “ afin d’allumer la lumière ”, “ ils prendront de l’huile pure ”. Et, nos Sages disent(6) que “ celui qui observe, dans son rêve, de l’huile d’olive, peut s’attendre à obtenir le luminaire de la Torah, ainsi qu’il est dit : de l’huile d’olive ”. Le verset parle aussi de “ Mes Torah ”, qui sont pures(7), désignant ainsi celle qui est révélée et celle qui est profonde. En effet, les paroles de la Torah ne peuvent contracter l’impureté(8). Elles doivent être étudiées en permanence, jour et nuit, au sens le plus littéral de même que dans la dimension spirituelle de ces termes, désignant l’époque du Temple et le temps de l’exil, à propos duquel il est dit : “ Il réside parmi eux, au sein de leur impureté ”(9).

Le verset introduit tout cela et nos Sages le précisent(10) en soulignant : “ perpétuelle : même en situation d’impureté ”. Puisse donc Dieu faire que la lumière en résulte, pour tous les enfants d’Israël, partout où ils résident. De fait, on trouve une allusion à cela dans le verset et nos Sages précisent(11) pourquoi cette lumière est nécessaire. Il s’agit, en l’occurrence, de nous éclairer, “ d’allumer la lumière perpétuelle ”, afin que “ Ta lumière se trouve devant moi en permanence ”. Il en est ainsi précisément pour les enfants d’Israël, comme l’indique le verset et comme le précisent les Sages(12) : “ Et, toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël. Pourquoi précisément les enfants d’Israël ? Parce qu’ils ont proclamé Ma royauté sur la mer Rouge ”.

Depuis lors et encore à l’heure actuelle, nous le faisons deux fois par jour, en lisant le Chema Israël, soir et matin. Nos Sages expliquent(13), à ce propos, que “ l’on acceptera la royauté de Dieu. On la proclamera en haut, en bas et dans les quatre directions du ciel ”. Le verset précise de quelle manière on peut implanter tout cela en sa propre personne. Il faut, pour y parvenir, être “ concassé pour le luminaire ”, comme l’explique l’Admour Hazaken(14), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. En étant “ concassé ”, ainsi qu’il est dit : “ Que mon esprit soit comme poussière pour tous ”, on parvient au “ luminaire ”, ainsi qu’il est dit : “ Ouvre mon cœur par ta Torah ”. C’est de cette façon que l’on atteint le luminaire de la Torah. Avec mes respects et en saluant tous les participants à cette célébration d’une grande importance, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1276. Voir aussi la lettre n°8780. (2) Le Rav Avraham Parchan, de Toronto. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Rechout qui est récité pour le ‘Hatan Béréchit ”. (4) La Parchat Tétsavé. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le souligne le Korban Ha Eda, sur le traité ‘Haguiga, chapitre 1, à la fin du paragraphe 7 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le traité Bera’hot 57a ”. (7) Le Rabbi souligne le mot : “ pures ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le montrent le Arou’h, au premier article “ père ” et l’introduction du Rambam au commentaire de la Michna, qui cite : ‘ce qui est pur et le contraire’ ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ comme l’explique le traité Yoma 57a. Et, le Zohar, tome 3, page 155a, parle de la présence de l’Arche sainte, également dans le lieu de l’impureté ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Torat Cohanim, à propos du verset Emor, 24, 2 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Midrash Tan’houma, édition Bober, Parchat Tétsavé, au chapitre 4 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ dans la Pessikta de Rav Kahana, à la Parchat Shekalim ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le traité Bera’hot 13a ”. (14) Dans le Torah Or, Parchat Tétsavé, à la page 81c.

Lettre n°8779

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8779, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar 5724,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav T.,

qui est appelé le docteur Harkavi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre avec retard. Vous me dites que vous avez envoyé là-bas(2) de nombreux livres. Or, les avis qui ont été émis, à ce sujet(3), sont partagés. Je me garderai donc d’exprimer le mien et d’apporter ma participation à cela. Vous voudrez bien m’en excuser. Je suis surpris de ne pas avoir reçu de vos publications depuis bien longtemps(4). A n’en pas douter, vous avez dû éditer plusieurs ouvrages, dans l’intervalle, conformément à l’usage que vous avez depuis bien longtemps. Votre équipe m’adressera donc sûrement tout ce qui est paru et je vous en remercie d’avance.

Pour reprendre la formulation de nos Sages(5), “ jusqu’à cent fois ”(6), je me permets de vous rappeler ce dont nous nous sommes maintes fois entretenu, c’est-à-dire l’importance d’étudier la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. A fortiori est-ce le cas en notre génération aux nombreuses déconvenues, en laquelle les fondements sont remis en cause, surtout en notre Terre Sainte, “ vers laquelle toujours sont tournés les yeux de Dieu du début de l’année à la fin de l’année ”. Depuis de nombreuses années, cette étude est largement diffusée. Elle se répand de plus en plus, conformément à l’affirmation de l’Admour Hazaken(7), fondateur de ‘Habad, soulignant qu’elle est l’héritage de l’ensemble du peuple d’Israël. Ses propos doivent se réaliser au sens le plus littéral et il ne s’agit donc pas d’un enseignement précieux, que l’on devrait cacher aux yeux de tous, et même à ses propres yeux, du fait de sa valeur, dont on ferait : “ le secret des secrets ”, selon l’expression courante. A notre époque, en effet, “ il est une Mitsva(8) de révéler cette sagesse ” de manière évidente, y compris dans le comportement quotidien des jours de semaine. Il doit être bien clair que : “ en toutes tes voies, reconnais Le ” et cela dépend uniquement de la volonté de chacun, car la possibilité en a toujours été accordée. Cette Injonction est précisée dans nombre de nos livres sacrés et elle est particulièrement soulignée dans les ouvrages du Gaon de Vilna, pas moins que dans ceux de l’Admour Hazaken.

Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, de même que pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) Tsvi Harkavi. Voir, à son sujet, la lettre n°8719. (2) En Russie soviétique. (3) Sur le bien-fondé d’un tel envoi. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8824. (5) Dans le traité Baba Metsya 31a. (6) Il convient de formuler un reproche. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°8724. (8) Le Rabbi souligne le mot : “ Mitsva ”.

Lettre n°8780

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8780, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention des fidèles et, avant tout, des responsables de

la synagogue : “ Ceux qui respectent le Chabbat ”, de même

qu’aux participants aux études publics de la Torah,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Y.L. Raskin(1) que notre sainte Torah est enseignée publiquement, au sein de votre synagogue. Il est sûrement inutile d’expliquer longuement l’importance de telles études publiques, dans une synagogue(2). En effet, tout cela est expliqué dans différents textes de nos livres sacrés et, encore plus précisément, dans les lettres et les saintes causeries(3) de nos maîtres et chefs, les chefs d’Israël, dont le mérite nous protégera.

Mon propos est donc uniquement de vous conseiller l’empressement, de vous souligner l’importance de tout cela, conformément à l’enseignement de nos Sages selon lequel : “ on conseille l’empressement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité ”. On s’efforcera donc de multiplier le nombre des participants à ces études de la Torah, de sa partie révélée et de son enseignement profond, lequel, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. De même, il convient que tous les fidèles de la synagogue y participent(4).

Tout ceci peut être lié au début et au commencement de la Paracha de cette semaine, Tétsavé, “ Et, toi, tu ordonneras et ils prendront pour toi de l’huile d’olive afin d’allumer la lumière perpétuelle ”. L’étude de la Torah inclut sa partie révélée et sa dimension profonde, qui en est le luminaire(5). Or, l’une et l’autre apparaissent, en allusion, dans le verset qui vient d’être cité, “ afin d’allumer la lumière ”, “ ils prendront de l’huile pure ”. Et, nos Sages disent(6) que “ celui qui observe, dans son rêve, de l’huile d’olive, peut s’attendre à obtenir le luminaire de la Torah, ainsi qu’il est dit : de l’huile d’olive ”. Car, les paroles de la Torah doivent être étudiées en permanence, jour et nuit, au sens le plus littéral de même que dans la dimension spirituelle de ces termes, désignant l’époque du Temple et le temps de l’exil, à propos duquel il est dit : “ Il réside parmi eux, au sein de leur impureté ”(7).

Le verset introduit tout cela et nos Sages le précisent(8) en soulignant : “ perpétuelle : même en situation d’impureté ”. Et, la lumière en résulte, pour tous les enfants d’Israël, partout où ils résident. On trouve une allusion à cela dans le verset et nos Sages précisent(9) pourquoi cette lumière est si nécessaire. Il s’agit, en effet, de nous éclairer, “ d’allumer la lumière perpétuelle ”, afin que “ Ta lumière se trouve devant moi en permanence ”. Il en est ainsi précisément pour les enfants d’Israël, comme l’indique le verset et comme le précisent les Sages(10) : “ Et, toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël. Pourquoi précisément les enfants d’Israël ? Parce qu’ils ont proclamé Ma royauté sur la mer Rouge ”.

Depuis lors et encore à l’heure actuelle, nous le faisons deux fois par jour, en lisant le Chema Israël, soir et matin. Nos Sages expliquent(11), à ce propos, que “ l’on acceptera la royauté de Dieu. On la proclamera en haut, en bas et dans les quatre directions du ciel ”. Le verset précise de quelle manière on peut se pénétrer de tout cela. Il faut, pour y parvenir, être “ concassé pour le luminaire ”, comme l’explique l’Admour Hazaken(12), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. En étant “ concassé ”, ainsi qu’il est dit : “ Que mon esprit soit comme poussière pour tous ”, on parvient au “ luminaire ”, ainsi qu’il est dit : “ Ouvre mon cœur par ta Torah ”. C’est effectivement de cette façon que l’on atteint le luminaire de la Torah(13). Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1)Le Rav Yehouda Leïb Raskin, de Casablanca, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°8806. (2)Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le traité Bera’hot 8a ”. (3)Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le recueil de lettres sur Tehilim ”. (4) Voir la lettre n°8770. (5)Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme le souligne le Korban Ha Eda, sur le traité ‘Haguiga, chapitre 1, à la fin du paragraphe 7 ”. (6)Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le traité Bera’hot 57a ”. (7)Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’explique le traité Yoma 57a. Et, le Zohar, tome 3, page 155a, parle de la présence de l’Arche sainte, également dans le lieu de l’impureté ”. (8)Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Torat Cohanim, à propos du verset Emor, 24, 2 ”. (9)Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Midrash Tan’houma, édition Bober, Parchat Tétsavé, au chapitre 4 ”. (10)Le Rabbi note, en bas de page : “ dans la Pessikta de Rav Kahana, à la Parchat Shekalim ”. (11)Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le traité Bera’hot 13a ”. (12)Dans le Torah Or, Parchat Tétsavé, à la page 81c. (13) Voir la lettre n°8778.

Lettre n°8781

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8781, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar 5724,

Brooklyn,

A monsieur Guerchon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 3 Adar. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez, toujours et tous les jours, de bonnes nouvelles de ce qui vous arrive, de même qu’aux membres de votre famille, en un bien visible et tangible, selon la formulation bien connue. Naturellement, ce bien doit être à la fois matériel et spirituel, d’autant que les enfants d’Israël sont définis comme : “ un peuple unique sur la terre ” et l’Admour Hazaken explique(2) que, dans les domaines “ terrestres ”, les Juifs mettent en évidence l’unité de Dieu. En un moment propice, on mentionnera la personne que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Il serait bon que vous me communiquiez également le nom de sa mère, car c’est de cette façon qu’on en fait mention, dans la prière.

Vous formulez, à la fin de votre lettre, les souhaits positifs de votre cœur, le désir d’être actif. Il est clair que cela est juste, particulièrement judicieux, ce qui veut dire aussi que chacun a le moyen et les possibilités d’assumer cette mission et d’exercer une influence sur son entourage. Comment le faire ? Tout dépend des personnes qu’il faut guider, de leurs traits de caractère. Et, ce qu’il convient de leur transmettre est exposé à la fin de la Meguilat Kohélet : “ crains Dieu et garde Ses Mitsvot, car c’est toute la finalité de l’homme ”. Selon l’expression de nos Sages(3), “ l’acte est essentiel ”. L’existence quotidienne doit donc être conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie.

Ces jours, qui sont à la veille de Pourim, rappellent et enseignent tout cela, ainsi qu’il est dit : “ Nombreux furent ceux, parmi les peuples du monde, qui adoptèrent des pratiques juives ”. A n’en pas douter, ceci fait également allusion(4) aux “ peuples du monde ” que chacun porte en lui, c’est-à-dire à l’âme animale, à “ l’esprit de l’animal (qui) descend vers le bas ”. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles, de même que pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) G. Segal, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°5731. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8414. (3) Dans le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 17. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°6123 et 8361, de même que le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1281.

Lettre n°8782

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8782, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5724,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous nous trouvons à quelques jours de Pourim. Bien plus, nos Sages enseignent dans la Michna(2), que “ la Meguila est lue le 11… le 15 ”(3). En effet, c’est à partir du 11 Adar que commence le temps de Pourim(4). Et, l’on peut même penser qu’il s’agit du jour(5) proprement dit de cette fête(6).

Que s’accomplisse donc, en chacun et en chacune, ce qui se passa “ en ces jours-ci, à cette époque-là ”, ainsi qu’il est dit : “ Pour les Juifs, ce fut lumière, joie, allégresse et gloire ” au sens littéral de ce verset et selon l’interprétation que nos Sages en donnent(7) : “ La lumière, c’est la Torah. La joie, c’est la fête ”. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles, pour un joyeux Pourim et pour des actions permettant la diffusion de la Torah, des Mitsvot et du luminaire de la Torah(8),

Notes

(1) Cette lettre fut adressé à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 375. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au début du traité Meguila ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Onze, valeur numérique des deux lettres Vav et Hé du Nom de Dieu, alors que le 15 correspond au Youd et au Hé de ce Nom. Amalek voulut séparer ces lettres et, comme le rappelle le Chneï Lou’hot Ha Berit, à la Parchat Tétsavé, page 329a, Haman fut un de ses descendants. Voir le Targoum Chéni sur la Meguilat Esther et le chapitre 13 du traité Sofrim. Voir aussi la fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘La Meguila est lue’, de 5629 ”, dans le Séfer Ha Maamarim 5629, à la page 86. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ La Guemara énonce deux avis, à ce propos ”. (5) Le Rabbi souligne le mot : “ jour ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Plus précis que ‘le temps’. Voir le Maté Menaché, au chapitre 690, qui commente l’expression : ‘temps du don de notre Torah’ ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Meguila 16b ”. (8) L’enseignement de la ‘Hassidout.

Lettre n°8783

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8783, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5724,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Moché(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai obtenu de vos nouvelles avec plaisir, il y a quelques temps, par les Rabbanim délégués, distingués ‘Hassidim qui craignent Dieu, le ‘Hassid, Rav Chnéor Zalman Ha Lévi Duchman et le ‘Hassid, Rav Kaddish Romanov, qui ont visité votre ville et m’ont transmis votre demande de bénédiction. En un moment propice, j’ai mentionné votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’avez demandé. Puisse Dieu faire que vous m’en donniez de bonnes nouvelles.

Nous nous approchons des jours de Pourim desquels il est dit : “ Pour les Juifs, ce fut lumière, joie allégresse et valeur ”, selon l’interprétation de nos Sages(2) comme d’après le sens simple de ce verset, conformément au principe établi(3) selon lequel “ un verset ne peut pas être départi de son sens simple ”. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles et pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) Le Rav M.Shayevitch, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°8641. (2) Dans le traité Meguila 16b. (3) Dans le traité Chabbat 63a.

Lettre n°8784

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8784, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[13 Adar 5724]

(A) Il(1) est certain(2) que le fait de ne pas envoyer une lettre(3) n’aura aucun apport pour réparer et améliorer la situation. En revanche, même si le fait de l’envoyer effectivement ne libère pas du doute sur le problème dans sa généralité(2), cela permettra sûrement(2) à quelques personnes d’éviter une telle pratique. Par respect et pour d’autres raisons encore, il faudrait s’adresser, dans un premier temps, au Rav, maître(2) de la synagogue, lui écrire !

(B) Vous consulterez(2) la Paracha de ce Chabbat. En effet, Moché y déclare : “ Tu lui as apporté la faute ! ”(4) et Aharon se justifie : “ Tu sais que ce peuple fait le mal ”. Or, pour nos Sages, il est bien évident que Moché avait raison et de ce fait, une expiation fut nécessaire à Aharon, comme le souligne le Torat Cohanim sur le verset Chemini 9, 2.

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 26, à la page 448. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ certain ”, “ généralité ”, “ sûrement ”, “ maître ” et “ consulterez ”. (3) Pour protester, auprès d’une certaine communauté, contre les danses mixtes qui s’y pratiquaient alors. (4) Au peuple d’Israël, en laissant faire le veau d’or.

Lettre n°8785

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8785, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de Pourim 5724,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué et agréable ‘Hassid qui craint

Dieu, élu du peuple et le surpassant, recherchant le bien

de son peuple, ayant des comportements généreux, issu

d’une illustre famille, le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Comme à l’accoutumée(2), me basant sur la Mitsva et la coutume de la maison d’Israël, je voudrais, par la présente, mettre en pratique le Précepte(3) de l’envoi de mets à son ami et le faire, selon les termes du verset, par un intermédiaire. Pour cette raison et pour d’autres encore, qui seront exposées ci-dessous, je vous adresse ceci, avec la présente lettre, par un émissaire spécifique. Selon les informations dont je dispose, ce qui y est dit est d’actualité. En outre, on évitera ainsi que la présente passe dans toutes les mains. Certes, “ la Torah a pitié de l’argent des Juifs ”(4), mais, en l’occurrence, elle n’interdira pas une telle initiative.

A) Je viens d’avoir connaissance d’un fait qui, s’il se réalise, peut susciter une nouvelle controverse et exacerber les penchants entre ceux que l’on appelle dernièrement “ les religieux ” et le camp opposé. Je dis, à dessein, qu’on les appeler dernièrement ainsi, car une telle dénomination ne peut pas décrire réellement ce qu’elle désigne. En l’occurrence, tous les enfants d’Israël sont des “ croyants, fils de croyants ”(5), sans la moindre exception. Néanmoins, certains, selon la formulation du Rambam(6), “ sont victimes de leur mauvais penchant ” et ils s’imaginent, de ce fait, que l’expression : “ croyants, fils de croyants ” ne s’appliquent pas à eux. Mais, au final, la vérité sera victorieuse, car le verset donne l’assurance que : “ nul ne sera écarté ”.

Il s’agit du fait suivant. D’après ce que j’ai appris, l’Université hébraïque de Jérusalem s’apprête à publier une nouvelle version de la Loi écrite, tenant compte des toutes dernières découvertes et des différents manuscrits, en particulier de celui qui est appelé Alepho Codex, ce qui signifie : “ couronne de la Torah ” ! Bien plus, et c’est ce qui fait l’objet de la présente, ces éditeurs ont eu l’idée de choisir un texte qui ne reprend pas la formulation traditionnelle et sainte, sur la base de laquelle de nombreuses génération de fils et filles d’Israël ont reçu leur éducation, y compris ceux qui, à notre époque, sont victimes de leur mauvais penchant. Ils veulent la remplacer par ce codex. Or, une large part en manque, un tiers me semble-t-il et ils le complèteront donc avec d’autres manuscrits qu’ils considèrent comme fiables. Dans les notes, en bas de page ou en fin de volume, ils indiqueront aussi le texte traditionnel et celui d’autres manuscrits.

On peut comprendre la tempête qui sera déclenchée si l’on dresse une barrière entre les différents groupes de Juifs, y compris pour ce qui concerne la Loi écrite. Nous devons nous suffire des différentes barrières qui ont d’ores et déjà été dressées par des hommes corrompus, dans des domaines divers et variés. Pour l’heure, néanmoins, tous possèdent encore la même version de la Loi écrite, ce qui distinguent les enfants d’Israël de ceux qui se réfèrent à la traduction des septante ou à celle des samaritains. Et, les Juifs qui combattent la Loi écrite, contestent la sortie d’Egypte et le don de la Torah eux-mêmes n’ont pas fait la guerre, jusqu’à maintenant sur le texte de la Torah. Or, désormais, on s’apprête à dresser une barrière également dans ce domaine, ce qu’à Dieu ne plaise.

Et, le danger est d’autant plus grand que l’on semble se prémunir contre lui en avançant l’argument suivant : ceci est “ exigé par la science pure ”, comme si la version qui nous est rapportée par la tradition n’était basée que sur le texte de Yaakov Ben ‘Haïm ! Or, de nouveaux manuscrits ont été découverts et l’on veut avancer que le Rambam lui-même disposait d’une autre formulation. Et, il y a, avant tout, le codex précédemment cité. En conséquence, les Juifs sachant faire preuve d’abnégation, ces hommes partent en “ guerre de Mitsva ”, pour ainsi dire, sur la pureté de la Loi écrite, pourvu que le texte en soit modifié, en fonction de ce qui vient d’être exposé. D’après ce que l’on m’a dit, les modifications ne sont pas très apparentes. Il s’agit, avant tout, de lettres en plus ou en moins, de signes de ponctuations ou de cantillation. Toutefois, ce n’est pas la quantité de modifications qui est en cause, mais le principe même de dresser une barrière et de semer la discorde.

Mon propos n’est pas, par la présente, d’exclure toute comparaison entre les manuscrits, bien au contraire. Pour autant, il ne faut pas en modifier le texte, qui doit conserver la formulation traditionnelle. De ce fait, les différentes versions sont signalées dans des notes ou dans une introduction et, bien plus, plus on les détaille et mieux c’est, à condition de ne pas faire passer sa propre théorie pour la conclusion finale adoptée pat le plus grand nombre ou bien pour une évidence, mais en s’efforçant de citer l’auteur de tous les propos. De cette façon, on ne contrevient pas à l’honneur dû à la science, on le fait de façon agréable et pacifique. Ainsi, la ligue que l’on sait se verra contrainte de mener le combat contre les “ croyants, fils de croyants ” dans un autre domaine.

Selon l’usage des “ hommes de science ”, à notre époque, une telle discussion ne peut être abordée qu’après avoir cité des preuves, avoir affirmé que tel professeur est bien de cet avis. Cela n’est pas mon domaine, mais il me semble bien que l’allemand Kittel(7), dans ses premières éditions de la Bible, n’a pas eu l’effronterie d’en changer le texte. Toutes ses notes ont été présentées en bas de page. C’est seulement après la seconde guerre mondiale et l’extermination qui en a découlé que l’on a publié une nouvelle édition, la troisième, dont le texte est basé sur un manuscrit de Leningrad, sous la direction de son associé, P. Kahle(8). Depuis lors, plusieurs non Juifs l’ont imité, mais cela ne veut pas dire qu’il faille en faire autant dans la ville sainte de Jérusalem !

Selon les informations dont je dispose, le chef de ce projet est le professeur Gochen – Gotstein. Je ne sais pas quelle relation il entretient avec la religion, l’amour du prochain, la paix entre les enfants d’Israël ou bien si son propos est la défense farouche de la science. En tout état de cause, il est préférable de prendre les devants, face à cet événement malencontreux, d’une manière discrète et au plus vite. Comme je le disais, c’est pour cette raison que la présente vous est adressée par un émissaire spécifique. Je m’en remets donc à votre entendement afin de déterminer si vous devez personnellement prendre les choses en main et de quelle façon. Puisse Dieu faire que vous connaissiez le succès, en la matière. J’attends de vos bonnes nouvelles. Je souligne encore une fois que tout ce qui vient d’être dit serait valable également si ce codex était complet. Combien plus est-ce le cas alors qu’un tiers en manque et qu’il faudra, de toute façon, le compléter avec d’autres manuscrits.

B) Pour passer d’un sujet à l’autre, j’évoquerai également les jours de Pourim. Le décret fut annulé(9) parce que Morde’haï le Juif réunit des milliers d’enfants étudiant la Torah et qu’il leur enseigna la Torah de Dieu. Ils lui dirent alors : “ Nous sommes avec toi pour la vie ou…(10) ”. En conséquence, j’aborderai encore une fois le douloureux problème des missionnaires, pour faire suite à notre conversation téléphonique. En effet, j’ai appris qu’il a été décidé de leur imposer également la loi de la scolarisation obligatoire et de l’inscription obligatoire, ce qui devrait limiter leur action. Ce projet a été confié à une commission spécifique qui devra évaluer la situation et rendre un rapport.

Il est bien évident que je ne peux pas exprimer clairement ma position sur ce sujet. Néanmoins, elle est la suivante. Il n’est pas d’autre moyen de venir à bout de cette plaie, liée à l’idolâtrie et à tout ce qui la concerne, que de la faire disparaître. Quels que soient les palliatifs à caractère provisoire, il reste nécessaire d’avoir recours au seul moyen de guérir cette plaie, de faire en sorte que l’opinion publique ne soit pas abusée, en lui faisant croire que l’application de la loi sur la scolarisation obligatoire apportera une solution à ce problème, qu’elle n’oublie pas cette question et qu’elle ne soit pas anesthésiée. Une telle décision semble évidente, mais celui qui agit mal, détourne les autres du droit chemin en les conduisant vers l’idolâtrie, ne doit pas s’en trouver récompensé. Comme vous l’avez dit vous-même lors de notre conversation, une loi, tant qu’elle est en vigueur, s’impose à tous. Or, ce sont précisément ces hommes détournant les autres qui en ont été dispensés. Il ne s’agit donc pas d’une décision nouvelle, mais, plus exactement, de l’application d’une loi ancienne. On n’a donc pas même commencé à résoudre le problème des missionnaires.

On se demande s’il est possible de résoudre le problème des missionnaires, à notre époque, qui est celle de la démocratie, car que diront les nations ? Or, dans plusieurs pays, une telle loi existe depuis de nombreuses années déjà. C’est le cas en Autriche, en Norvège et dans d’autres états encore, sans que personne n’y trouve à redire, sans y voir la moindre contrainte ou ce qui heurterait la liberté des consciences.

Selon les informations dont je dispose, les difficultés auxquelles on est confronté proviennent essentiellement de la France, pays duquel est issue la mission la plus forte, en Terre Sainte. Autre point, qui est essentiel, des relations particulières existent avec la France et ce pays exige donc de traitements de faveur fréquents. D’après ce que l’on dit, le premier à protester, comme un cosaque volé, a été l’ambassadeur de France, qui s’appuie, semble-t-il, sur ces relations privilégiés. J’ai entendu également que cet ambassadeur est lui-même un homme très pieux. Il se sert donc de ces relations dans un domaine qui lui tient à cœur. Certains pensent qu’il y a, en la matière, un accord secret accordant certains privilèges à la France. C’est pour cela qu’on leur a autorisé l’élevage des porcs, même si la raison officielle est leur consommation personnelle. En réalité, il s’agit, comme je l’ai dit, de ne pas réduire les droits des français.

De tous les points de vue, cet argument et cette requête sont donc bien justifiés : pourquoi les privilèges de la France en Terre Sainte auraient-ils pour effet de conduire les fils et filles d’Israël à abjurer ? De tels “ privilèges ” sont-ils concevables ? Et, de quel droit se plaignent-ils ? La diffusion du christianisme n’est pas l’objectif national de la France, mais plutôt celui du Vatican ! Et, sans doute y a-t-il d’autres explications diplomatiques qui peuvent influencer les français. Avec ma considération, mes respects et ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) C. Z. Chazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8682. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 342 et tome 24, à la page 428. (3) Du jour de Pourim. (4) Selon le traité Roch Hachana 27a. (5) Selon le traité Chabbat 97a. (6) Dans ses lois du divorce, à la fin du second chapitre. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°7558. (8) En anglais dans le texte. (9) Selon le Midrash Esther Rabba, chapitre 9, aux paragraphes 3 et 4. (10) Pour le contraire de celle-ci.

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