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Iguerot Kodesh — lettres 8647 à 8666

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8647

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8647, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tamouz 5723,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires, est empli

d’empressement, a de bons comportements,

le Rav Pin’has Morde’haï(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres et, dans l’une d’elles, vous me proposez de participez à la publication d’un recueil consacré à la Techouva. Tel n’est cependant pas l’usage en vigueur dans la maison de notre maître, mon beau-père, le Rabbi et nous nous en tenons à la coutume de nos pères.

Pour autant, compte tenu de l’importance du sujet et par respect pour vous, je saisirai cette opportunité pour exprimer, au moins brièvement, les réflexions que j’ai exposées à différentes occasions, y compris en présence de nombreuses personnes. Je définirai, tout d’abord, la notion de Techouva. Selon la formulation de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, cette année étant la cent cinquantième depuis son décès Hilloula, celle-ci n’est pas nécessairement consécutive à la faute. Ainsi, nos Sages affirment qu’un homme doit “ vivre tous ses jours dans la Techouva ”. En fait, celle-ci peut être définie comme un retour de l’âme(2), qui est une parcelle de Divinité, descendue d’une cime élevée vers une fosse profonde, afin de se revêtir d’un corps. Grâce à la Techouva, cette âme retourne vers Dieu Qui l’a donnée. Pour cela, elle doit manifester son abnégation, offrir sa volonté(3).

Chaque époque a une mission qui lui est spécifique. La nôtre(4), en particulier ces toutes dernières années, se caractérise par un éveil moral, à propos duquel on peut dire que l’on “ prophétise sans le savoir ”(5). On le qualifie de “ retour aux sources ”, mais en réalité et dans une dimension plus profonde, il n’est que la manifestation de “ l’esprit qui retourne vers Dieu ”, comme on l’a dit. On constate cet éveil, en particulier, chez les jeunes, pour lesquels une telle démarche est encore plus déterminante, car elle est plus intériorisée, plus déterminée. En outre, eux-mêmes ne craignent pas de modifier leur mode de vie, dès lors qu’ils sentent qu’on leur apporte la vérité, sans compromis et sans fards.

Dans ce pays, en particulier, les jeunes n’ont pas la même mentalité qu’ailleurs. En effet, le travail a été double, dans les autres pays. Il a fallu, tout d’abord, déraciner les idées mensongères qui s’étaient implantées chez certains d’entre eux et c’est uniquement après cela qu’il a été possible de leur donner des idées droites et justes. En revanche, la même démarche n’a pas été suivie, dans ce pays. Ici, les jeunes sont une terre vierge, pour peu que ce qu’on leur transmet soit vrai. On peut vérifier dans la pratique que ceux qui n’ont pas de crainte et “ servent ” la vérité sans compromis ont trouvé un écho favorable auprès des jeunes. Certes, mon propos n’est pas d’accuser, ce qu’à Dieu ne plaise. Néanmoins, je dois constater que, pour notre grande douleur, cet éveil, jusqu’à maintenant n’a pas été utilisé comme il l’aurait fallu, en particulier par ceux qui auraient dû être les bergers du peuple, ses maîtres et ses guides spirituels. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Comme l’enseignent nos Sages, l’acte est essentiel et il est donc bien clair que tout ce qui est exposé ci-dessus n’a pas pour objet de faire un discours. En réalité, peut-être, grâce à votre intervention ou bien par tout autre moyen, sera-t-il possible de mener une large action, avec le plus grand empressement, afin de renforcer cet éveil et, avant tout, pour qu’il soit suivi d’un effet concret, dans l’existence quotidienne, auprès de tous ceux qui sont susceptibles d’entendre cette voix et ces propos. En cas de danger, il faut agir, même quand il y a le plus grand doute(6). Puisse donc Dieu faire que cette campagne et cette action révèlent et mettent en éveil la dimension profonde de l’âme de chaque Juif et de chaque Juive, laquelle reste toujours fidèle à l’Eternel notre Dieu. Ainsi, on mettra en pratique la Torah et les Mitsvot, d’une manière concrète. On connaît, en effet, les propos du grand maître, le Rambam, à la fin du second chapitre de ses lois du divorce, selon lesquels chaque Juif et chaque Juive désirent accomplir les Mitsvot et s’écarter des fautes. Si chacun fait ce qui dépend de lui, avec la ferme conviction d’assumer la mission de Dieu, Qui dirige et domine, en chaque endroit, si, en outre, on prononce des paroles émanant du cœur, qui pénètreront dans le cœur et y feront leur effet, il est certain que l’on connaîtra la réussite. Avec mes respects, ma bénédiction de succès et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav P.Teits, de Elisabethville. Voir, à son sujet, la lettre n°2377. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, Parchat Devarim, à la page 24d ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, Parchat Devarim, à partir de la page 71c ”. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°8614 et 8648. (5) On ne sait pas quelle forme lui donner. (6) Sur le succès de l’intervention.

Lettre n°8648

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8648, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tamouz 5723,

Aux participants à la réunion annuelle de

l’organisation rabbinique d’Amérique,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait part de la tenue prochaine de votre réunion annuelle et voici ma réponse(1). J’espère que l’on inscrira, à l’ordre du jour de cette réunion, des points, liés à l’action concrète, qui permettront de tirer profit du moment propice que constitue l’éveil moral constaté dans de larges cercles de notre peuple, en particulier chez les jeunes(2).

Quiconque est attentif à ce qui se passe chez les jeunes sait que cette période aux multiples rebondissements a suscité une révolution morale, dans les cercles les plus larges, du fait des vicissitudes et des déceptions ayant été inspirées par divers courants et opinions que l’on n’abordera pas ici. Toutefois, chez de nombreuses personnes, on peut dire de cet éveil que l’on “ prophétise sans le savoir ”(3). Chez d’autres, en revanche, l’éveil prend une forme plus concrète et plus claire, au point qu’on l’a qualifié de “ retour aux sources ”. Le point commun à tout cela est le suivant. Cet éveil a suscité un moment propice grâce auquel de larges cercles de notre peuple reviennent vers la vérité et le droit chemin, celui de la Torah et des Mitsvot. Malheureusement, on ne se sert pas de cet éveil comme il le faudrait. Nombreux sont encore ceux qui tâtonnent dans la pénombre, ne recevant pas l’influence et les directives dont ils ont besoin, puisque l’on doit indiquer au peuple de Dieu la voie qu’il doit suivre et, avant tout, le comportement qu’il doit adopter.

Cela est particulièrement important pour les jeunes qui, en fonction de leur tournure d’esprit, ont une motivation plus profonde, plus déterminée, ne sont pas effrayés par un changement radical de leur mode de vie, dès lors qu’ils sentent et ont une conscience profonde qu’on leur apporte la vérité, sans compromis et sans fards. Toute influence positive exercée sur eux est multipliée de nombreuses fois(4) et le plus tôt est donc le mieux.

Pour passer d’un sujet à un autre tout en restant dans le même contexte, j’évoquerai également la situation des Juifs et des Juives les plus jeunes. C’est, en particulier, à leur propos qu’il est dit : “ Et, tu enseigneras à tes enfants ”, dans le premier paragraphe du Chema Israël, tout de suite après avoir accepté la Royauté céleste, puis, de nouveau, dans le second paragraphe, tant est grande la nécessité d’une éducation pleinement basée sur les valeurs sacrées. Et, l’étude de la Torah surpasse tous les autres Préceptes.

Déjà à l’époque de la Guemara, certains s’acquittaient de la Mitsva d’étudier la Torah avec un seul verset, le matin et un second, le soir, alors que d’autres l’étudiaient jour et nuit. Combien plus, en la présente époque, un grand effort est-il nécessaire pour que les enfants consacrent toute leur journée aux études sacrées ou, tout au moins, qu’ils fréquentent les écoles que l’on appelle, dans ce pays : “ Yechiva élémentaire ”. Pour autant, il ne faut pas se désespérer et abandonner, ce qu’à Dieu ne plaise, ceux qui fréquentent les écoles publiques, “ public schools ” en anglais. Le besoin du moment est de faire en sorte que la braise ne se consume pas, que Dieu nous en garde. De la sorte, les enfants feront au moins une bonne prière(5) chaque jour(6), jusqu’à ce qu’ils s’habituent à mentionner le Nom de Dieu. Bien entendu, un tel résultat n’est pas une fin en soi. L’objectif final est, comme on l’a dit, de consacrer toute la journée aux études sacrées. Pour autant, une telle pratique ne doit pas être négligée, d’autant que, conformément à l’assurance qui nous a été donnée, “ une Mitsva en attire une autre ”.

Mais, du fait de nos nombreuses fautes, l’un des malheurs de cette époque est la lutte menée par certains pour que le Nom de Dieu ne soit pas mentionné dans les écoles publiques. Ils provoquent ainsi une redoutable profanation du Nom de Dieu dont on n’a jamais vu l’équivalent jusqu’à ce jour. Il est inutile de souligner encore une fois et encore une fois qu’il est bien question ici d’une bonne prière, c’est-à-dire de celle qui n’est pas nominative(7). Pour que tout se passe bien, d’une manière concrète, il faut proscrire également la lecture de la Bible, dans ces écoles. En effet, ceci pourrait ouvrir la porte à d’autres lectures également.

Selon l’enseignement des Sages et leur pratique concrète, de même que pour se démarquer de ceux qui se trouvent dans l’erreur ou bien qui désirent donner une apparence de Choul’han Arou’h à leur opposition à la mention du Nom de Dieu, on rappellera l’attitude du Baal Chem Tov, dont l’une des “ missions sacrées ” consistait à ce que chacun conserve le Nom de Dieu à la bouche, y compris les hommes les plus ordinaires, les femmes et les enfants. Pour cela, ils les interrogeait, demandait de leurs nouvelles, afin qu’ils lui répondent, par exemple : “ Dieu soit loué ! ”. Et, mon beau-père, le Rabbi, souligna(5) qu’il en était ainsi non seulement à la synagogue ou à la maison, mais aussi dans la rue, dans les magasins, sur les lieux de travail, à tout moment et en tout endroit. Et, l’on verra, à ce sujet, la longue explication donnée par le Séfer Ha Maamarim Yiddish, de 5701-5705(8), de mon beau-père, le Rabbi, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Tu es saint et Tu trônes sur les louanges d’Israël ”, à partir de la page 138.

Autre point, à ce sujet également, une subvention du gouvernement fédéral est accordée aux écoles religieuses, “ parochial schools ”, en anglais et j’ai maintes fois souligné à quel point il est indispensable d’y avoir recours(9). Il n’y a donc pas lieu de s’y opposer. Il est, bien au contraire, une obligation sacrée, incombant à chacun, d’exiger cette aide, de plein droit.

Puisse Dieu faire que les membres de l’organisation rabbinique, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, guides spirituels et bergers d’Israël dans de nombreuses saintes communautés, que Dieu les multiplie, en particulier ceux qui prennent part à cette réunion annuelle, adoptent une position tranchée et claire en tous ces domaines, qu’ils arrêtent un programme, comprenant des actions concrètes. Le mérite de ce qui est public leur viendra en aide, de sorte qu’ils connaîtront le succès dans ce domaines et dans tous les autres, afin d’améliorer la situation de la Torah et des Mitsvot, au quotidien, chacun au sein de sa communauté. En effet, ce qui procède du bien et de la sainteté peut toujours être amélioré, leur source étant le caractère infini de Dieu.

Dieu fasse qu’il en soit bien ainsi, avec toute l’énergie nécessaire, dans la joie, avec une conscience profonde que l’on est l’émissaire de Dieu et que l’on donne un exemple qui sera largement imité. Assumer cette mission est, en outre, le canal et le réceptacle qui permettent à chacun d’obtenir les bénédictions de Dieu, en tous les besoins, pour soi-même et pour les membres de sa famille, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction pour connaître une considérable réussite,

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 391. (2) Voir, sur le même sujet, la lettre n°8647. (3) On ne sait pas quelle forme lui donner. (4) Auprès de leurs amis ou bien au sein du foyer qu’ils fonderont par la suite. (5) Le Rabbi souligne les mots : “ une bonne prière ” et “ souligna ”. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°5554. (7) Qui ne fait pas référence à un culte précis, en anglais dans le texte, “ non denominational ”. (8) 1941-1945. (9) Voir, à ce sujet, la lettre n°8223.

Lettre n°8649

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8649, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tamouz 5723,

Brooklyn,

A Its’hak Eléazar(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’interrogez sur les décisions hala’hiques de l’Admour Hazaken, lorsqu’une divergence est constatée entre son Choul’han Arou’h et son Siddour. Comment procéder en pareil cas ?

On sait que le Siddour a été rédigé après le Choul’han Arou’h. C’est donc la conclusion du Siddour qui doit être adoptée. Vous consulterez, à ce sujet, le Chaar Ha Collel, commentaire sur le Siddour du Rav Lawut et, de manière plus détaillée, les décisions hala’hiques du Siddour, du Rav Naé, qui recense toutes celles pour lesquelles on constate une divergence entre le Choul’han Arou’h et le Siddour.

Tout est effet de la divine Providence(2). J’ai donc le devoir et le mérite de vous souligner la nécessité de fixer un temps pour l’étude de la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Ce temps sera quotidien et il sera accru pendant le Chabbat, qui est saint pour Dieu. En outre, vous avez sûrement connaissance des trois études établies qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) I. E. Moskovitch, de Mount Kisco. (2) Y compris le fait qu’en l’occurrence, cette question ait été posée au Rabbi.

Lettre n°8650

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8650, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5723,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yaakov Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche soir, dans laquelle vous me demandez mon avis sur un changement du Ma’hzor(2) que vous avez utilisé jusqu’à maintenant, afin d’en adopter un nouveau. Or, pour déterminer si le nouveau possède des qualités que l’ancien n’avait pas, il est nécessaire d’en faire un examen, de la manière qui convient(3). Je ne peux donc pas répondre à votre question.

Il est dit que celui qui introduit un changement doit faire la preuve de son utilité. En l’occurrence, il est donc nécessaire de l’examiner, du début à la fin, jusque dans le moindre détail. En cas de doute, il est préférable de s’abstenir.

J’ai bon espoir qu’en votre synagogue, conformément au nom qu’elle porte(4), on a fixé un temps pour l’étude, non seulement de la partie révélée de la Torah, mais aussi de l’enseignement du Ari Zal qui est vivant. Celui-ci, a notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. En effet, le nom doit être pris en compte. Il confère un devoir et un mérite. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Gneivish, de S. Louis. (2) Le Rav Gneivish écrivait : “ Quand il y avait encore une synagogue dans la rue Blackstone, le Rabbi de Loubavitch avait permis que l’on se serve du Ma’hzor Avodat Israël, de rite séfarade, avec une traduction anglaise. C’est celui que nous avons toujours utilisé, car nous ne disposons pas du Ma’hzor de rite Ari Zal avec la traduction anglaise. Or, nous venons de découvrir un nouveau Ma’hzor séfarade, avec une meilleure traduction, d’une formulation anglaise plus claire et plus précise. Il s’agit d’un Ma’hzor de Roch Hachana et de Yom Kippour avec le commentaire de Birenbaum, publié par la Hebrew Publishing Company. Ma question est donc la suivante : pouvons-nous acheter le Ma’hzor de Birenbaum, de rite séfarade, à la place du Avodat Israël ? ”. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ de la manière qui convient ”. (4) Synagogue de rite Ari Zal.

Lettre n°8651

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8651, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[24 Tamouz 5723]

Pour faire suite à ce dont nous nous sommes entretenus(1), lorsque vous étiez ici, concernant l’endroit dans lequel vos enfants devront poursuivre leurs études, je me suis abstenu d’écrire, au milieu de l’année scolaire, à vous-même comme à votre fils. Je l’ai fait pour différentes raisons et, tout d’abord, parce qu’il est bien clair que l’on ne peut pas écrire ce qui va à l’encontre du Choul’han Arou’h, lequel affirme qu’un fils doit poursuivre ses études dans l’endroit qu’il désire. Bien plus, cet enseignement figure, non pas dans les lois de l’étude de la Torah, mais bien dans celles du respect dû aux parents ! Simultanément, je n’ai pas voulu non plus détériorer vos relations, au sein du foyer, dans l’espoir que la situation s’améliorerait d’elle-même. J’ai donc justifié mon absence de réponse par le fait que l’on était au milieu de l’année scolaire.

Actuellement, approche le temps des inscriptions pour la nouvelle année scolaire. Je me permets donc d’exprimer ma ferme conviction que vous-même et votre épouse permettrez à votre fils de poursuivre ses études là où il le désire, d’autant qu’il le souhaite depuis très longtemps déjà et qu’il est bien préférable qu’il le fasse avec votre plein accord. Je formulerai également une autre remarque. La volonté de votre fils, en la matière, est très forte. Elle n’est nullement éphémère et passagère, comme vous avez dû vous en rendre compte au cours des mois qui se sont écoulés. Cela veut dire qu’en le forçant à agir autrement, vous le frapperez quotidiennement avec les conséquences que cela peut avoir, une tension nerveuse, la détérioration de vos rapports, un manque d’ardeur à l’étude, une relation négative envers l’école dans laquelle il est obligé de se trouver et beaucoup d’autres éléments encore(2). Or, les parents doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir, et dans la joie, afin d’empêcher de telles manifestations. Combien plus doivent le faire ceux auxquels Dieu a accordé des enfants qui Le craignent, qui possèdent des capacités et qui sont sensibles. En effet, tel est le bien de ces enfants, à la fois matériel et spirituel.

Compte tenu de l’urgence, je vous adresse la présente en express et je vous remercie d’avance de m’annoncer, au plus vite, de bonnes nouvelles, à son sujet.

Notes

(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 24, à la page 355. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ beaucoup d’autres éléments encore ”.

Lettre n°8652

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8652, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[26 Tamouz 5723]

Vous(1) agrémenterez(2) tout cela avec un récit de la vie des ‘Hassidim ou de leurs chefs, afin de prouver, en fonction de la situation qui régnait à l’époque, que, d’emblée, l’opposition s’expliquait uniquement(3) par des raisons qui ont été clairement signifiées, par les craintes que l’on pouvait alors avoir. En revanche, depuis lors, tous s’accordent pour reconnaître que ces raisons n’ont pas lieu d’être. En outre, la ‘Hassidout ajoute, mais elle ne retranche pas, ce qu’à Dieu ne plaise, comme la pratique concrète permet de l’établir. En l’occurrence, “ dans deux cents pièces, il y a cent pièces ”(4).

Notes

(1) Cette lettre a été rédigée par le Rabbi à même un courrier daté du 26 Tamouz 5723. (2) Le destinataire de la présente écrivait : “ Certaines monitrices ont été éduquées dans un esprit d’opposition systématique à la ‘Hassidout. Elles m’affirment être opposées à son étude. Quelles mesures dois-je prendre ? ”. (3) Le Rabbi souligne le mot : “ uniquement ”. (4) Dans la ‘Hassidout, il y a l’intégralité de la pratique juive qui ne peut pas être remise en cause, y compris dans une telle situation.

Lettre n°8653

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8653, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5723,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). Le mois de Mena’hem Av a commencé et puisse donc Dieu faire que notre Père, le Père miséricordieux(2), console(3) Son peuple, Israël, par une double consolation, comme l’expliquent(4) nos Sages. Il en fut ainsi pour l’événement qui est à l’origine de l’exil, la cassure des Tables de la Loi(5), dont nous avons été consolés par un acte d’intensité double(6).

Et, l’on peut penser que ceci reçoit une valeur spécifique en ces dernières générations, alors que, selon les termes du Ari Zal(7), “ il est une Mitsva de révéler cette sagesse ”, surtout depuis la diffusion de la sainte épître(8) du Baal Chem Tov, que tous connaissent, selon laquelle la venue du roi Machia’h dépend de la diffusion des sources à l’extérieur.

Il est bien certain que cette diffusion est un effet de la divine Providence. En effet, cette Providence régit même le détail le plus infime de la création et combien plus est-ce le cas en l’occurrence, comme l’explique(9) précisément la ‘Hassidout.

Que vienne donc cette double consolation et qu’elle soit hâtée par le redoublement, la multiplication(10) de l’étude de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout, comme le tranche l’Admour Hazaken(11), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h et selon l’allusion que l’on découvre dans son nom(12), Chnéor, deux lumières(13). Or, il n’est de lumière que la Torah(14). Et, cette année est précisément la cent cinquantième depuis le décès de l’Admour Hazaken. Avec ma bénédiction pour que, bientôt, ces jours soient transformés en joie et en allégresse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 9, à la page 248. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 10c ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Yalkout Chimeoni sur le verset : ‘C’est Moi, Moi, Qui efface’, Ichaya, au paragraphe 474 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Vaykra Rabba, au début du chapitre 10 et le Likouteï Torah, Parchat Nitsavim, à la page 48a ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 54a ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Chemot Rabba, au début du chapitre 46 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au début du chapitre 26 ”. (8) Imprimée au début du Kéter Chem Tov. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et, l’on sait la preuve qui est citée par l’Admour Hazaken, à ce propos, celle du traité ‘Houlin 63a. Celle-ci figure dans les notes du Tséma’h Tsédek sur le verset Tehilim 36, 7. Voir l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, à ce sujet, dans le Hayom Yom, à la date du 28 ‘Hechvan ”. Voir, à ce sujet, la lettre n°8257. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il est dit que l’on redouble d’effort pour atteindre cette intensité, ce qui veut dire que l’ajout est bien plus important que ce qui existait à l’origine, comme le précise le Midrash Chemot Rabba, à la même référence ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les lois de l’étude de la Torah, chapitre 1, au paragraphe 4 et Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 26 précise : ‘chaque homme juif peut apprendre la partie révélée de la Torah de même que son enseignement caché’ et il est donc tenu de le faire ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’enseigne le Baal Chem Tov, selon la Meguila du 19 Kislev ”. (13) Voir, à ce sujet, la lettre n°8627. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Taanit 7b ”.

Lettre n°8654

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8654, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Pin’has Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez à propos du téléphone(2). Néanmoins, ceci n’est nullement comparable au microphone, pour les raisons suivantes :

A) Celui qui parle n’en a pas du tout conscience(3).

B) Il n’est pas satisfait qu’on l’entende dans la pièce d’à côté et, bien plus, cela va même contre son gré.

C) Il ne s’agit nullement(4) d’une “ tête coupée ”(5), puisque l’on entend uniquement les paroles prononcées à voix haute et à proximité du téléphone, en agissant sur le téléphone.

Il existe d’autres raisons encore, mais tout cela est bien évident. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav P.A. Weberman, de Miami. Voir, à son sujet, la lettre n°8291. (2) Le destinataire de la présente écrivait : “ Le Likouteï Si’hot, tome 2, à la page 506, rapporte que le Rabbi Rayats, à la veille du Chabbat et des fêtes, surélevait, avec une pièce de bois, le téléphone, dans la chambre de son père, le Rabbi Rachab, afin que l’on entende les prières dans l’autre chambre. Peut-être est-il possible d’en déduire une permission de se servir d’un microphone ou bien d’un magnétophone, si celui qui parle ne le fait pas directement face à cette machine ”. (3) Il ne sait pas que ses propos sont entendus par le téléphone. (4) Le Rabbi souligne le mot : “ nullement ”. (5) De l’expression, “ peut-on couper la tête sans que mort s’en suive ? ”, désignant un acte qui a pour effet une transgression inéluctable du Chabbat, bien qu’il ne soit pas effectué dans cette intention.

Lettre n°8655

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8655, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Au jeune Raphaël(1),

Je te salue et te bénis,

Je fais réponse à ta lettre du 4 Mena’hem Av, dans laquelle tu me demandes de quelle manière exercer une influence positive sur un jeune homme. Il est clair que tout dépend de son niveau de connaissances et de ses traits de caractère. Il faut donc se renseigner auprès de ceux qui le connaissent et il est dit que : “ le salut provient des nombreux conseillers ”. Il est sans doute inutile de rappeler l’affirmation de nos Sages selon laquelle les propos émanant du cœur pénètrent dans le cœur. Il faut donc s’exprimer chaleureusement. De la sorte, on a de grandes chances de réussir. Et, l’un des points essentiels est de donner un bon exemple par son comportement quotidien, qui est plus déterminant que les paroles. Puisse Dieu t’accorder la réussite en tout ce qui vient d’être dit.

Tout est effet de la divine Providence(2). Il est donc de mon devoir et de mon mérite de souligner l’importance de fixer, chaque jour, un temps pour l’étude de la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Et, ce temps sera accru pendant le Chabbat, qui est saint pour Dieu. De nombreux ouvrages en soulignent l’importance, en particulier le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, de même que le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout et le Kountrass Torat Ha ‘Hassidout, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) R. Shraga, de Toronto. (2) Y compris, en l’occurrence, le fait que ce jeune homme ait écrit au Rabbi pour lui poser cette question.

Lettre n°8656

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8656, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos deux lettres. Je veux et je désire accomplir ce que dit votre courrier(2) relatif à la publication de votre livre Taharat Maïm(3). Malheureusement, j’ai de nombreuses occupations et je ne sais pas quand je pourrais en consulter encore une fois au moins les épreuves. En conséquence, si cet ouvrage est déjà prêt pour l’impression, on peut réellement se demander s’il est justifié d’attendre, d’autant que votre réputation est faite et celle du livre également(4).

Je saisis cette opportunité pour vous signifier ma grande peine, en constatant le silence absolu de telle personne, à propos de la prière dans les écoles publiques(5). Il ne reste, en effet, que quelques jours avant la rentrée des classes de ces écoles. Par la suite, lorsque l’année sera commencé, l’organisation ne sera plus remise en cause(6), d’autant qu’en l’occurrence, “ l’autre côté ” et les trois forces du mal totalement impures en tireront le profit le plus(7) considérable. Des centaines de milliers, parmi nos frères, les enfants d’Israël, perdront, ce qu’à Dieu ne plaise, la possibilité de mentionner le Nom de Dieu au moins une fois chaque jour. Bien plus, et ceci est essentiel également, c’est l’unique occasion qui s’offre à eux de prier, en ces jours.

On peut réellement se demander s’il est un point plus important que celui-là qui soit confié à la responsabilité des Rabbanim. Plus exactement, il n’y a pas lieu de se le demander, car la réponse est bien évidente. De plus, comme je l’ai maintes fois souligné, le silence des organisations juives est à interpréter comme un assentiment donné à “ l’autre côté ”. De fait, l’effronterie est grande et ces personnes s’expriment au nom de tout le peuple d’Israël ! Or, nul ne tente de les en empêcher ! Il est difficile d’en dire plus, tant cela est effroyable.

Pour ce qui est du contenu de votre première lettre, faisant référence à ce Mikwé, un point est absolument(7) incompréhensible : en quoi serait-il interdit de le faire vérifier ? Or, il semble que, pendant des dizaines d’années(7), nul ne se soit préoccupé d’examiner la base(7) de sa validité ! Pourtant, une source elle-même peut changer. Et, en l’occurrence, on a sûrement creusé le sol à maintes reprises, comme c’est le cas dans toutes les grandes villes des Etats-Unis. Il est bien clair que cela peut avoir une incidence. Il s’agit pourtant d’une disposition de la Torah(8). A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus et d’ajouter d’autres explications.

J’ai été satisfait d’apprendre que vous vous trouvez à la campagne. Puisse Dieu faire que cela vous profite pleinement, d’autant que le verset(9) dit clairement : “ Dans de vertes prairies, Il me fait paître. Sur des eaux paisibles, Il me conduit ”.

Vous consulterez également les Rechimot du Tséma’h Tsédek, sur ce verset. Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous ayez un été en bonne santé et joyeux, que vous soyez toujours en bonne santé et joyeux,

Notes

(1) Le Rav N.Telushkin, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°7474. (2) Demandant vraisemblablement au Rabbi de formuler quelques remarques sur le contenu du livre. (3) Consacré aux lois du Mikwé. (4) Puisqu’il s’agissait d’une réédition. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8554. (6) Voir le traité Pessa’him 112a. (7) Le Rabbi souligne les mots : “ le plus ”, “ absolument ”, “ des dizaines d’années ” et “ la base ”. (8) Ce qui justifie l’adoption d’une position rigoriste. (9) Tehilim 23, 2.

Lettre n°8657

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8657, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 18 Mena’hem Av. Bien entendu, j’ai pris connaissance de son début avec effroi, puisque vous me faites part de votre projet d’interrompre votre étude de notre sainte Torah, à la Yechiva ou même dans un cadre qui serait inférieur à celui de la Yechiva.

Après mon précédent courrier, il est sûrement inutile de vous expliquer longuement que cela n’est absolument pas souhaitable, en particulier à votre âge. En effet, nous avons reçu l’Injonction d’étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Or, “ Dieu n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(1). Il est donc certain que la possibilité en a été accordée, que tout ne dépend que de la volonté et du libre-arbitre, duquel il est dit : “ Vois, J’ai placé devant toi… et tu choisiras la vie ”(2).

J’espère que vous gardez les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. En un moment propice, on mentionnera votre nom et ceux des personnes que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Dans le traité Avoda Zara 3a. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ et tu choisiras la vie ”.

Lettre n°8658

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8658, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Yochoua Morde’haï(1)

et son épouse, madame Guitta Raïzel,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu votre lettre, qui complétait celle de votre fils. Entre temps, lui-même a sûrement reçu ma réponse. A cette occasion, j’exprime mon espoir que chacun fasse tout ce qui est en son pouvoir afin de diffuser le Judaïsme, en général et les sources(2), en particulier. Différents textes en établissent la nécessité, surtout pour ceux qui résident dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie et qui, en outre, ont le mérite et le succès de se rattacher à nos maîtres et chefs, les chefs de ‘Habad.

L’assurance nous a été donnée que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier(3). Et, l’Admour Hazaken, dont cette année est la cent cinquantième depuis le décès, précise(4) que ceci inclut également le fait de purifier les autres. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Lipkin, de Jérusalem. (2) De la ‘Hassidout. (3) Selon le traité Yoma 38b. (4) Dans le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, à la page 88b.

Lettre n°8659

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8659, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yéra’hmyel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi. En un moment propice, on mentionnera vote nom et ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre courrier. Puisse Dieu faire que vous m’en donniez de bonnes nouvelles.

Vos actions pour renforcer le Judaïsme et le diffuser en tout endroit où s’exerce votre influence, et avant tout dans le cadre de votre sainte communauté, vous protégeront sûrement afin d’obtenir que soit positivement exaucé le souhait de votre cœur(2). En la matière, “ à quiconque ajoute(3), on ajoute(4) ” et l’on est assuré d’obtenir l’aide céleste, car on vient en aide à celui qui désire se purifier(5). En outre, l’Admour Hazaken, dont on célèbre cette année le cent cinquantième anniversaire du décès Hilloula, précise(6) que ceci inclut également le fait de purifier les autres. Avec mes respects et ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit.

Notes

(1) Le Rav Y.Tsafnat, de Birmingham. (2) Vraisemblablement celui d’avoir des enfants. (3) Des efforts pour le service de Dieu. (4) Des bénédictions. (5) Dans le traité Yoma 38b. (6) Dans le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret.

Lettre n°8660

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8660, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires, a de multiples

connaissances, le Rav Chlomo Yossef(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Mon secrétaire, monsieur Nissan Mindel, m’a transmis vos salutations, de même que le contenu de votre échange, en particulier pour ce qui concerne Kfar ‘Habad. Bien entendu, j’ai été particulièrement satisfait d’apprendre l’intérêt que porte notre ami(2), monsieur Chazar Chlita(3), au Kfar. Vous-même le soutiendrez, en la matière, de la façon qui convient. Je vous joins une copie de la lettre que j’adresse à monsieur Chazar(4).

Puisse Dieu faire que s’accomplisse très prochainement ce qui est dit à propos de nos frères, les enfants d’Israël se trouvant dans le pays où nous vivions auparavant(5). Là encore, on peut observer, en plus de quelques autres justifications encore, le besoin fondamental qu’il y a de développer le Kfar, non seulement dans le domaine spirituel, mais aussi matériellement. Bien entendu, cela veut dire qu’il faut élargir l’endroit et le territoire, ainsi qu’il est dit : “ elle est très large et connaît la plus haute élévation ”. On consultera le Zohar, tome 2, à la Parchat 234 et les Biyoureï Ha Zohar, à la fin de la Parchat Pekoudeï. Avec mes respects et ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Y. Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°8390. (2) Le Rabbi précise : “ notre ami, etc., etc. ”. (3) Voir, à son sujet, la lettre n°8254. (4) Il s’agit de la lettre n°8661. (5) La Russie soviétique.

Lettre n°8661

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8661, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mena’hem Av 5723,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué et agréable ‘Hassid qui craint

Dieu, se consacre aux besoins communautaires, a des

comportements généreux, est issu d’une illustre famille,

le Rav C.Z.(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Mon secrétaire, le docteur Nissan Mindel, vient de rentrer de son voyage. Il m’a dit qu’il vous a rencontré et il m’a rapporté les termes de votre discussion. Je vous remercie, du fond du cœur, pour vos salutations amicales et pour vos sentiments. Je vous sais gré également d’avoir réservé un accueil bienveillant et joyeux à mon secrétaire, malgré vos nombreuses occupations.

Je saisis cette opportunité pour vous signifier l’impression profonde que m’a faite l’annonce de votre participation, au sein du public de Kfar ‘Habad, lors de la célébration de Tichea Beav, que ce jour soit transformé en allégresse et en joie. Sans vous avez-vous souhaité, de la sorte, manifester votre solidarité avec le sort de nos frères, les enfants d’Israël, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, qui se trouvent dans le pays où nous étions auparavant(2), de même que votre fraternité avec les habitants du Kfar qui l’ont quitté et, dans une certaine mesure, votre identification à l’esprit d’abnégation et à la tradition ancestrale qui animent Kfar ‘Habad et ceux qui y résident.

Je prie donc pour que les habitants du Kfar, les premiers à avoir fendu le rideau de fer, ouvrent le canal d’une libération massive, qui interviendra prochainement. En effet, les portes célestes de la miséricorde ne se sont pas refermées(3). Elles ouvriront donc les portes ici-bas afin que nos frères, les enfants d’Israël, quittent ce pays, de l’étroitesse vers la largesse. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi très prochainement, que nous puissions rapprocher une délivrance de l’autre, assister à la consolation de Sion et de Jérusalem, très bientôt et de nos jours.

Compte tenu de ce trait de caractère que l’on constate chez vous, je suis convaincu que vous augmenterez largement votre engagement en vous intéressant à l’élargissement des limites du Kfar et de sa capacité d’intégration. Bien plus, la divine Providence vous a désormais accordé le moyen et les possibilités d’agir largement pour le bien du Kfar. J’ai donc bon espoir que vous vous servirez pleinement de ces moyens et l’on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité(4).

J’ai bien reçu votre courrier précédent et je vous en remercie. Je reviendrai donc vers vous, de la manière qui convient(5). En effet, l’objet de la présente était essentiellement de vous faire part de mes sentiments, qui sont exprimés ci-dessus, au plus vite. Avec ma considération, mes respects et ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, la lettre n°8254. (2) En Russie soviétique. (3) Voir le Midrash Devarim Rabba, chapitre 2, au paragraphe 12. (4) Selon le traité Makot 23a. (5) Pour répondre à cette lettre.

Lettre n°8662

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8662, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Elloul 5723

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche. Je vous remercie beaucoup pour vos bonnes nouvelles, relatives aux actions qui ont été menées afin de renforcer le Judaïsme et de le diffuser, à Minneapolis et dans la région, dans le cadre d’une branche du Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h, qui est dirigée par votre beau-frère, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, empli d’empressement, le Rav Moché(2). Bien entendu, j’ai été satisfait de lire, à la conclusion de vos propos, que votre épouse a apporté son aide également, qu’elle a fait des efforts et qu’elle a connu le succès.

Bien plus, dans le domaine de l’éducation, le moyen est accordé aux filles d’Israël, chacune étant la descendante de Sarah, de Rivka, de Ra’hel et de Léa, d’agir bien au-delà de ce que font les hommes, comme la pratique concrète permet de l’établir.

Puisse donc Dieu faire que ce succès éveille en vous des forces nouvelles afin de continuer l’action, par la suite, dans la même direction, sans se limiter à ceux qui se trouvent d’ores et déjà dans les quatre coudées de la Torah et des Mitsvot, mais en s’efforçant de séparer le bon grain de l’ivraie, comme nos Sages en soulignent l’importance, dans le traité Baba Metsya 85a.

Le temps ne me permet pas du tout une longue analyse de la seconde partie de votre lettre, d’autant que ma position est bien connue, en la matière. Elle est exprimée dans différents textes et même imprimée. Toutefois, en signe de reconnaissance pour la satisfaction que vous m’avez procurée par la première partie de votre lettre, je ne me contenterai pas d’une simple remarque, mais j’introduirai quelques éléments sur ce sujet.

S’agissant du port de la barbe(3), il est clair, selon tous(4) les avis, qu’il s’agit d’une pratique importante(4). La controverse porte donc uniquement sur le point suivant : peut-on permettre de la couper lorsque cela est indispensable ou semble l’être et y a-t-il, en cela, une interdiction des Sages ou bien de la Torah ? En revanche, il est bien clair, comme je l’ai dit, d’après la partie révélée de la Torah et encore plus selon son enseignement caché, que “ les éléments de réparation de la barbe ”, pour reprendre l’expression du Zohar et des ouvrages de Kabbala, considérés comme partie intégrante de la Loi orale par tous(4) les Juifs, possèdent une sainteté particulièrement grande. Or, “ le Saint béni soit-Il agit mesure pour mesure ”(5) et la mesure de Dieu correspond à ces éléments de réparation chez l’homme, ici-bas, qui lui permettent la révélation céleste. Il y a là un fait incontestable, admis par tous, au point que la barbe soit appelée : “ image de Dieu ”.

Selon le Tséma’h Tsédek et plusieurs Décisionnaires antérieurs et ultérieurs, il s’agit d’une interdiction clairement prononcée par la Torah, comme il l’explique dans ses responsa et, d’une manière plus précise, dans ses décisions hala’hiques. Vous consulterez également le Darkeï Techouva sur le Yoré Déa et les responsa Mena’hem Eléazar, tome 2, au chapitre 48. Une compilation et une longue analyse des différents avis émis, en la matière, aussi bien selon la partie révélée de la Torah que d’après sa dimension profonde, figure dans le Amoudeï Arazim du Rav Margolis, paru dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Cette ouvrage reproduit des propos merveilleux et également effrayants sur le port de la barbe et sur le fait de la couper. Il reproduit, en outre, une lettre du Gaon de Ragatchov, le Rav Y.Rosen, d’après lequel il s’agit d’une interdiction absolue.

Je reprends, dans l’ordre, les raisons justifiant votre attitude négative :

A) Vous craignez que le port de la barbe vous donne le sentiment que vous pouvez vous dispenser d’autres pratiques de la Torah et des Mitsvot. Il est clair que cet argument n’est pas recevable, faute de quoi il n’y aurait pas de limite. Il faudrait donc supprimer toute manière de mieux accomplir la Mitsva, encore plus le recherche de la meilleure façon et peut-être même les dispositions des Sages. Or, bien au contraire, nos Sages nous font savoir et nous donnent l’assurance qu’une Mitsva en attire une autre. Tout ajout, même s’il ne porte que sur une meilleure façon d’accomplir la Loi, renforcera, au final, la Mitsva elle-même, c’est bien évident.

Mais, peut-être voulez-vous dire que le port de la barbe est ostentatoire. Dieu merci, ce n’est nullement le cas, dernièrement. Bien plus, différentes pratiques, par exemple le port des Tsitsit à l’extérieur(6), se sont répandues également dans les Yechivot lituaniennes. Or, il est évident, y compris pour ceux qui permettent de cacher les Tsitsit, que cela n’est nullement comparable au fait de les porter en évidence.

B) Vous me dites que celui qui s’approfondie dans la Hala’ha a les moyens de lutter contre le monde ambiant, comme cela a été le cas jusqu’à maintenant. Je suis très surpris que vous m’écriviez cela. En effet, à proximité du don de la Torah, se produisit ce qui allait à l’encontre de : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”(7). Or, certaines des personnes impliquées avaient personnellement observé le Char céleste et elles n’avaient pas fait que l’apprendre, comme le dit le Midrash. Puis, le premier veau d’or conduisit à ce qui se passa lors de l’édification du premier Temple, par des hommes dont on a souligné l’immense connaissance de la Torah, au point de rendre chaque érudit inconsistant devant eux, comme le précise le traité Sanhédrin 102a. De même à l’époque du second Temple, il y eut Tsadok et Baïtus. Et, il en est de même de nos jours, y compris dans cette ville, dont les dirigeants appartiennent à différentes organisations qui s’opposent au Judaïsme traditionnel. Or, ces personnes ont étudié, au préalable et elles ont acquis une connaissance profonde de la Hala’ha.

C) Vous envisagez que la décision de porter la barbe ne soit pas inspirée par un sentiment de sainteté, mais par la recherche d’un intérêt. Pour autant, la Hala’ha tranche(8) que : “ un homme mettra en pratique la Torah et les Mitsvot, le cas échéant d’une manière intéressée car c’est ainsi qu’à terme, il le fera en étant désintéressé ”.

D) Vous faites, en outre, référence à telle personne. Or, je connais plusieurs membres de sa famille et j’ai donc bon espoir qu’au final, non seulement il n’y aura aucune opposition de sa part, mais, bien au contraire, qu’elle vous viendra en aide. Bien plus, votre valeur s’en trouvera accrue, à ses yeux et, à l’avenir, elle accordera plus de crédits à vos propos concernant la crainte de Dieu, la Torah et les Mitsvot. En effet, on peut penser qu’à l’heure actuelle, lorsque vous formulez une exigence, en la matière, elle se dit, pour reprendre une formulation de nos Sages(9), que celui qui est humide au point d’humecter les autres doit largement dépasser, à titre personnel, le degré d’humidité qu’il entend conférer aux autres.

Bien entendu, je n’ignore pas que dans différents pays, y compris celui-ci, ceux qui craignaient réellement Dieu ont permis une telle pratique, en se basant sur différentes explications. En conséquence, dans la génération suivante, ceux qui craignaient Dieu ont mis cette permission en application. Mais, sans doute n’ignorez-vous pas le changement qui est intervenu entre temps. A l’époque, dans certains pays et à différents moments, ceux qui ont accordé ces permissions ont pensé que c’était le seul moyen de sauver des Juifs qui allaient partir à l’autre extrême. Ils ont donc fait beaucoup d’effort pour mettre en forme une telle permission et vous devez comprendre ce que je veux dire. De fait, une même démarche existe pour des interdictions tranchées et importantes de la Torah, y compris dans la Loi écrite. C’est le cas, par exemple, de la femme captive de guerre, que la Torah permet clairement. Or, nos Sages en donnent la raison(10) et il est bien dit : “ Ne juge pas ton prochain ”(11) ! Et, peut-être, dans ces pays-là, à ces époques-là, qui sait ?

Mais, comme je l’ai dit, il n’en est nullement de même à notre époque, Dieu merci. Quiconque le désire sincèrement a les moyens de diffuser le Judaïsme, sans compromis, en tout endroit où s’exerce son influence. Puisse Dieu faire que l’on se serve pleinement de ces moyens et il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos.

Je me suis entretenu avec quelqu’un qui m’a rendu visite et qui développait les mêmes arguments. Cet homme voulait me montrer sa grande sagacité et ses immenses connaissances, lui permettant d’établir cette permission. Après lui avoir demandé, tout d’abord, de me répondre directement, sans arrière-pensée, je lui ai posé la question suivante : pourquoi lorsqu’ils dessinent Moché, notre maître ou Aharon, le Cohen, les Juifs et les non Juifs les représentent-ils avec une longue barbe ? S’agissant d’Aharon, on peut se baser sur un verset des Tehilim(12), “ la barbe d’Aharon qui descend sur ses vêtements ”. En revanche, pourquoi dessine-t-on Moché notre maître de cette façon ? N’est-ce pas lui qui a reçu la Torah sur le mont Sinaï ? Et, n’est-il pas dit(13) que ce que les érudits révèlent, en chaque génération, a déjà été transmis à Moché sur le mont Sinaï et que “ la force de la permission est plus grande ”(14) ?

Etant un homme droit, il m’a répondu que lui-même, se représentant, dans son esprit, non seulement Moché notre maître, mais aussi quelqu’un qui respectait la Torah et les Mitsvot, dans une génération ultérieure, tenait pour évident qu’il avait une longue barbe, descendant sur ses vêtements, qu’il ne coupait absolument pas.

Je conclurai par ce qui est d’actualité, puisque le mois d’Elloul commence. Les livres de Kabbala, cités par le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, cette année étant la cent cinquantième depuis son décès Hilloula, Parchat Devarim, à la page 32b, expliquent que les treize Attributs de miséricorde divine, les “ Eléments de réparation célestes ” éclairent alors. Puisse donc Dieu faire que vous ne gâchiez pas le réceptacle permettant de les recevoir, les treize éléments de réparation de la barbe des hommes, ici-bas. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Mendelssohn. Voir le Likouteï Si’hot, tome 12, à la page 206. (2) Le Rav M.Feller. Voir, à ce sujet, la lettre n°8300. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8297. (4) Le Rabbi souligne les mots : “ tous ”, “ pratique importante ” et “ tous ”. (5) De la manière, la “ mesure ”, dont on agit envers Lui, selon la Pessikta Zouta sur le verset Chemot 3, 6. (6) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 33, à partir de la page 95. (7) La faute du veau d’or. (8) Voir les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, chapitre 4, au paragraphe 3. (9) Dans le traité Bera’hot 28b. (10) Et, soulignent que, si une telle permission n’avait pas été donnée, les hommes n’auraient pas hésité à transgresser l’interdit de la Torah. (11) Tant que tu n’es pas à sa place. (12) 133, 2. (13) Voir, en particulier, le traité Meguila 19b, le Yerouchalmi, traité Péa, chapitre 1, au paragraphe 4 et le Midrash Chemot Rabba, au début du chapitre 47. (14) Voir le traité Bera’hot 60b.

Lettre n°8663

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8663, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Elloul 5723,

Brooklyn,

Au jeune Ezra Binyamin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Elloul, dans laquelle vous imaginez différentes possibilités pour la poursuite de vos études, au cours de la prochaine période. Vous me demandez ce que j’en pense. A mon sens, il serait bon d’étudier dans l’une des Yechivot de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h. Vous déciderez laquelle lorsque vous vous trouverez sur place, après les avoir visitées. Vous solliciterez également les conseils de vos amis qui sont sur place, car “ le salut provient des nombreux conseillers ”.

De façon générale, la présente période prépare l’année qui vient. A fortiori est-ce le cas quand on a, pour cette année, un projet d’installation en Terre Sainte, Palais royal du Roi suprême, le Saint béni soit-Il. Néanmoins, quand l’exigence envers un homme est accrue, on lui accorde également des moyens supplémentaires afin d’accéder à cette requête avec encore plus de forces.

La préparation à tout cela est définie par différents textes. En tout état de cause, il faut être animé d’une forte confiance en Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun et le Baal Chem Tov définit cette notion avec précision. En outre, il faut le faire avec la joie de la Mitsva, comme le précise le Rambam, à la fin de ses lois du Loulav et avec de l’enthousiasme. Bien plus, on peut vérifier dans la pratique que la réussite de cette préparation est accrue d’autant, c’est bien évident. De plus, vous gardez sûrement les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Ceci s’ajoute à votre étude, avec élan et ardeur, de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.

Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, d’autant que nous sommes entrés dans le mois d’Elloul et, comme l’explique l’Admour Hazaken, dont c’est la cent cinquantième année depuis le décès Hilloula, on peut citer, à ce propos, la parabole d’un Roi Qui se rend dans le champ, y accueille chacun avec bienveillance et montre un visage souriant à tous, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Devarim, à la page 32b(2). Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

C. M. Simpson,

Notes

(1) E. B. Schochat, de Toronto. Voir, à son propos, la lettre n° 8619. (2) Voir la fin de la lettre précédente.

Lettre n°8664

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8664, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Elloul 5723,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Chalom Lewin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, depuis notre rencontre, vous serez sûrement étonné de recevoir la présente(2). Néanmoins, notre entrevue et le contenu de notre discussion sont restés dans mon esprit. J’ai donc bon espoir qu’il en est de même pour vous, d’autant que notre échange a porté sur ce qui concerne le plus grand nombre. Il est donc judicieux que cela ait une suite.

En tout état de cause, la raison immédiate qui me conduit à vous écrire maintenant est une nouvelle diffusée par la presse selon laquelle vous êtes devenu le président de l’association internationale des enseignants I.P.T.A. J’émets donc le vœu que vous vous servirez pleinement des possibilités nouvelles qui vous sont ainsi accordées dans un but véritable, le renforcement de la bonne éducation dans tous les pays du monde et, en particulier, en notre Terre Sainte. En effet, quiconque reçoit des fonctions nouvelles a aussi une responsabilité accrue. A n’en pas douter, la divine Providence vous a donné les moyens de l’assumer concrètement.

Pour faire suite à notre discussion, je me permets d’émettre une idée, bien qu’elle ne semble pas adaptée à l’occasion, car elle possède également un aspect pénible. Néanmoins, le verset affirme que “ toute cause de tristesse présente un avantage ”, qui est en l’occurrence la leçon délivrée de cette façon. Voici à quoi je fais allusion :

Si l’on observe les écoles élémentaires publiques, en tout endroit, on peut vérifier que leur objectif est de guider les élèves, dans leurs premiers pas, afin d’obtenir certains acquis qui sont essentiellement deux éléments fondamentaux, leur permettre d’accumuler des connaissances, d’une part, les éduquer et les préparer à avoir un comportement adapté, quand ils grandiront, d’autre part. Bien entendu, chacun de ces deux points présente de multiples aspects. L’éducation, en particulier, comporte les relations entre les hommes, le développement personnel, la manière de prendre en compte ses volontés et ses désirs.

Quand on observe les résultats des écoles publiques, aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, et, d’après ce que j’en sais, il en est de même en Erets Israël, on parvient à la conclusion que ces écoles obtiennent des acquis importants dans les relations entre les hommes. Elles font disparaître les barrières qui les séparent et elles les rapprochent. En ce sens, elles ont un apport à ce que l’on appelle communément la “ démocratie ”. Ceci s’ajoute, bien évidemment, à l’acquisition de connaissances. Mais, comme c’est toujours le cas, il y a, là aussi, des exceptions. Délibérément ou par inadvertance, certaines écoles ont pu, en effet, être utilisées pour aller vers l’autre extrême. Néanmoins, il faut prendre en compte la majorité et la généralité.

Ceci nous conduit au point douloureux. Cette réflexion permet également de constater que les écoles élémentaires publiques n’ont pas(3) réussi le développement personnel des élèves, c’est-à-dire leur capacité de restreindre leurs envies. Et, c’est uniquement l’influence du foyer et de l’éducation religieuse qui a empêché le rejet de la culture et la transformation du monde en une jungle.

En conséquence, on peut constater que, dans les pays où l’influence des parents est affaiblie, pour une quelconque raison, la délinquance des jeunes s’est accrue beaucoup plus qu’ailleurs, même si le niveau scolaire est plus ou moins identique. Je ne possède pas de statistiques permettant d’étayer cette conclusion, d’une manière chiffrée. Néanmoins, vous êtes un expert dans ce domaine et cela est donc inutile.

En fait, tout cela n’est pas surprenant, car il y a différents moyens de soutenir un élève qui veut élargir ses connaissances, d’éveiller en lui le désir d’aller de l’avant et de progresser, au moyen d’explications, de ce qui le concerne immédiatement ou bien dans un avenir proche. Il en est de même pour le développement du sens de la démocratie et des relations entre les hommes. La simple situation “ mécanique ” selon laquelle l’élève est entouré de garçons et de filles a un grand apport, dans ce domaine. Il n’en est pas de même, en revanche, quand il s’agit de restreindre ses désirs. Cela ne vient pas naturellement et l’on donne, à ce propos, l’image suivante : un homme ne peut pas se soulever lui-même en tirant ces propres cheveux vers le haut. Il doit pouvoir s’en remettre à ce qui est extérieur à lui.

Dans notre génération(4), nous avons pu constater, pour notre grande peine, ce qu’il en est de la conception tenant pour acquis que l’élève “ s’en remettra ” au sentiment de justice et de droiture que le professeur lui enseignera ou encore à l’influence de son grand frère ou même à la crainte du policier. D’une année à l’autre, les jeunes découvrent des ruses et des moyens nouveaux qui leur permettent de se libérer de la peur inspirée par le policier et par le juge. La plaie de la délinquance se développe et la culture des hommes est un bâton bien trop fragile pour que l’on puisse s’y appuyer, comme on a pu le constater en Allemagne, un pays qui était bien connu pour le développement de sa philosophie et pour sa “ moralité ”, mais qui, concrètement, a produit des générations de bêtes sauvages ayant apparence humaine.

Il est clair qu’il n’y a pas d’autre moyen d’implanter dans le cœur des enfants et des jeunes une discipline satisfaisante et effective que la crainte et l’amour d’une force dépassant l’homme lui-même. C’est, en réalité, uniquement de cette façon, qu’on peut les éduquer, les habituer à maîtriser leurs envies et leur volonté. Or, on ne peut pas repousser tout cela jusqu’à ce que l’enfant ait dix-huit ans, ni même treize ans, pour ne commencer qu’alors à lui donner une telle éducation en le laissant faire ce que bon lui semble jusqu’à cet âge, dans l’espoir que la crainte d’un homme de chair et d’os le conduira sur le chemin bon et droit.

Comme je l’ai dit, il n’y a pas d’autre solution que d’implanter dans le cœur des enfants, depuis leur plus jeune âge, une foi profonde en le Créateur du monde, Qui le dirige encore, à l’heure actuelle, d’une manière concrète. Selon la formulation de nos Sages(5), “ un œil voit, une oreille entend et toutes tes actions sont consignées dans un livre ”, un livre que l’on ne peut pas falsifier, un œil et une oreille que l’on ne peut pas corrompre ou abuser par tous les stratagèmes et les ruses.

La foi en le Créateur du monde, Qui le dirige, s’impose à chacun et à chacune, y compris parmi les non Juifs, selon notre Torah, Torah de vie. Bien plus, et ceci est essentiel, dans certains milieux, c’est la logique élémentaire qui établit la nécessité de cette foi. En conséquence, toute école, dès lors que son but est d’éduquer, de donner une éducation morale et non uniquement démocratique, doit adopter la foi comme l’un de ses fondements, non pas comme une étude abstraite, mais bien comme une règle de conduite, applicable au quotidien. De fait, la foi s’exprime essentiellement dans les jours de semaines et dans les domaines profanes, en lesquels elle introduit la sainteté ou, tout au moins, l’acceptation de la Royauté de Dieu.

Comme je l’ai dit, ces conclusions concordent avec ce que j’ai pu observer en différents pays d’Europe et aux Etats-Unis. D’après ce que j’en sais, il en va de même en Erets Israël. Sans doute avez-vous la possibilité d’exercer une influence positive, non seulement dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu du début de l’année à la fin de l’année ”, mais aussi dans le reste du monde. Certes, il y a des écoles qui sont qualifiées de “ publiques ”, sans que l’on ajoute : “ religieuses ”, mais, d’après ce qui vient d’être dit, la différence doit se manifester uniquement dans le nombre d’heures qui sont consacrées aux études religieuses. En revanche, si l’école bannit complètement la religion, ce qu’à Dieu ne plaise, il lui manquera ce qui, à notre époque, doit être l’une de ses raisons d’être principales, la possibilité d’éduquer l’élève pour qu’il devienne un homme digne de ce nom, se distinguant d’un animal. En effet, la supériorité de l’homme sur l’animal réside, avant tout, dans le fait que l’homme n’est pas prisonnier de ses instincts, de ses désirs et de ses attirances naturelles ou, en tout état de cause, qu’il essaye de les restreindre et de les dominer.

Je me rappelle de ce que vous m’avez dit, lors de notre discussion. Vous avez souligné que vous êtes uniquement le secrétaire de l’association des enseignants de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, que différents points échappent donc à votre compétence. Mais, il me semble avoir réagi en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une requête officielle, mais plutôt d’une demande qui était formulée à celui qui en possède les moyens et les forces, afin qu’il intervienne pour améliorer la situation actuelle. Pour notre grande peine, celle-ci n’évolue pas positivement. Bien au contraire, elle régresse. Mais, en tout état de cause, vous êtes désormais le président de l’association internationale.

Il peut sembler étonnant que j’adresse cette demande à quelqu’un qui appartient à un parti politique n’étant pas défini comme religieux, bien plus qui est socialiste. Néanmoins, il est inutile de préciser que la situation actuelle n’a rien à voir avec le contexte dans lequel est né le socialisme. Bien plus, il est une erreur de penser que le socialisme luttait d’emblée, par principe, contre la religion. A fortiori est-ce le cas à l’heure actuelle.

Puisse donc Dieu faire, si, après une première lecture de la présente, ma demande vous paraît étrange, que vous y méditiez encore une fois, sans idée préconçue, compte tenu de l’importance de l’enjeu, en en considérant chaque aspect d’une manière droite. Ainsi, vous découvrirez sûrement différents moyens d’action, en la matière et le mérite de ce qui est public vous viendra en aide. Avec mes respects, ma bénédiction et en vous souhaitant, comme le veut la coutume juive qui est partie intégrante de la Torah, d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Je saisis cette opportunité pour vous remercier encore une fois, puisque vous continuez à m’envoyer les publications de l’association des enseignants. J’espère que vous le ferez encore, à l’avenir et je vous en remercie d’avance.

Notes

(1) Voir, à son sujet, les lettres n°7110 et 7226. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 393. (3) Le Rabbi souligne le mot “ pas ”. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°8338 et 8429. (5) Dans le traité Avot, au début du chapitre 2.

Lettre n°8665

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8665, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

à l’issue du saint Chabbat

18 Elloul 5723,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, a des comportements

généreux, est issu d’une illustre famille,

le Rav Chnéor Zalman(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Ce Chabbat était l’anniversaire de la naissance des deux grands luminaires(2). Ce moment est donc propice pour prendre votre attache, au moins par écrit. J’espère que vous-même, malgré vos nombreuses occupations, avez célébré ce jour propice de la manière qui convient.

Je saisis cette opportunité non seulement pour vous exprimer ma reconnaissance pour la bienveillance et l’intérêt que vous avez manifestés aux responsables de Kfar ‘Habad, quand ils vous ont rendu visite, comme ils me l’ont écrit, mais aussi pour vous adresser la copie d’une lettre que j’ai écrite ces jours-ci(3). Je sais tout l’intérêt que vous portez à l’éducation. Elle retiendra donc sûrement toute votre attention. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) C. Z. Chazar. Voir, à son propos, la lettre n°8254. (2) Le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken. (3) Il s’agit vraisemblablement de la lettre précédente.

Lettre n°8666

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8666, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5723,

Brooklyn, New York,

A monsieur Noam Launer,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu connaissance, avec plaisir(1), de l’aide que vous avez apportée, dans le passé et que vous apportez encore, dans le présent, à la Yechiva A’heï Temimim de votre ville(2). J’ai bon espoir que vous poursuivrez en ce sens, d’une manière accrue, puisque nos Sages disent(3) que l’on s’élève dans le domaine de la sainteté. Bien plus, cette institution a progressé. Elle s’est développée et elle est utile, pour l’honneur de la ville et de sa région. Or, vous êtes le maire de cette ville et vous pouvez sûrement faire quelque chose, en la matière.

Nous sommes en Elloul, mois de la miséricorde et nous avons déjà passé le 18 Elloul, date de la naissance de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, cette année étant la cent cinquantième depuis son décès. Il est donc d’actualité de rappeler la manière dont il définit lui-même ce mois, au moyen de la parabole d’un roi qui, avant d’entrer dans la ville, est accueilli dans le champ, par les citadins. Dès lors, quiconque le désire peut aller à sa rencontre. Il accueille chacun avec bienveillance et montre un visage souriant à tous, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Reéh, à la page 32a. Une force particulière est alors accordée pour faire tout ce qui convient et pour connaître la réussite.

Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement,

Notes

(1) Le Rabbi emploie ici le mot Noam, plaisir, qui est également le prénom du destinataire de cette lettre. (2) Richon Le Tsion. (3) Dans le traité Bera’hot 28a.

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