Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8546
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8546, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mar ‘Hechvan 5723,
Brooklyn,
Au jeune Yé’hyel Its’hak,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous m’interrogez sur l’immersion dans un Mikwé. Son importance est effectivement établie par différents textes, en particulier dans l’optique de la prière(1). Vous consulterez le Likouteï Torah, Parchat Tavo, à la page 43b, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. De même, plusieurs ouvrages précisent(2) que le Baal Chem Tov obtint les plus hautes révélations grâce à l’immersion dans un Mikwé. Vous verrez aussi les commentaires sur le Mikwé de l’Admour Haémtsahi, fils de l’Admour Hazaken(3). Et, vous trouverez un recueil de ces différents ouvrages dans le Séfer Taharat Yom Tov, tome 10, à partir de la page 365.
Vous avez sûrement connaissance des trois études établies, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Il s’agit, en effet :
A) d’étudier chaque jour une Paracha du ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi, de la Sidra de la semaine, le dimanche du début de la Sidra jusqu’au Chéni, le lundi du Chéni au Chelichi et ainsi de suite,
B) de lire chaque jour, après la prière du matin, les Tehilim selon leur répartition mensuelle,
C) d’étudier chaque jour un passage de Tanya, selon sa répartition annuelle. Tout au moins les adopterez-vous, à l’avenir. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Afin de se préparer à la prière. (2) Voir le Kéter Chem Tov, au chapitre 219. (3) Voir le Sidour de l’Admour Hazaken, avec les commentaires de la ‘Hassidout, tome 2, à partir de la page 156a.
Lettre n°8547
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8547, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5723,
Brooklyn, New York,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 19 ‘Hechvan(1), dans laquelle vous me parlez de votre état de santé et vous me communiquez l’avis des médecins(2). Des deux solutions proposées, l’opération ou bien les rayons, il convient d’opter pour la première, bien entendu avec l’accord d’un Rav tranchant la Hala’ha. En effet, on ne peut pas systématiquement prévoir à l’avance ce qui résultera des rayons et il n’est pas toujours possible de prendre toutes les précautions nécessaires(3).
L’usage, en pareil cas, est le suivant. On doit prendre conseil auprès de deux médecins spécialistes en la matière, en plus de l’accord du Rav, comme je le disais. Que Dieu vous guide vers ce qui sera bon pour vous, de tous les points de vue. A n’en pas douter, vous respectez sûrement l’usage positif des femmes juives, qui consiste à donner de la Tsédaka, chaque fois que vous allumez les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Il s’agit, en l’occurrence, d’une affection gynécologique. (3) Pour éviter les effets secondaires.
Lettre n°8548
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8548, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[24 Mar ‘Hechvan 5723]
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat 20 Mar ‘Hechvan, date de la naissance du Rabbi Rachab. Vous me faites part de la demande d’aide(1) émanant d’une des institutions ‘Habad de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.
Néanmoins, vous connaissez le principe(2) selon lequel on n’échange pas une cause de Tsédaka contre une autre. Pour autant, vous avez, en la matière, reçu une demande nouvelle, qui s’ajoute aux autres et il est donc certain(3) que vous disposez désormais de moyens accrus, vous permettant une plus large contribution à la Tsédaka. En effet, “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(4), en particulier selon la définition que donne l’enseignement du Baal Chem Tov de la Providence divine, qui s’applique jusqu’au moindre détail, a fortiori à tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Tout cela est bien évident. En conséquence, vous multiplierez(3) vos actions afin de venir en aide à cette institution qui vous sollicite.
Notes
(1) Le destinataire de cette lettre adressait une contribution financière à une certaine institution. Puis, ayant été sollicité par une autre, il proposait au Rabbi de réduire sa participation à la première afin d’accéder à la demande de la seconde. (2) Selon le Tour et Choul’han Arou’h, Yoré Déa, au chapitre, au début du chapitre 259. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ certain ” et : “ multiplierez ”. (4) Selon le traité Avoda Zara 3a.
Lettre n°8549
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8549, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar ‘Hechvan 5723,
Brooklyn,
Au jeune Oury Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 ‘Hechvan. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à propos de tous les points que vous m’écrivez. Vous me demandez comment alléger les épreuves et les tracas qui jalonnent l’existence des enfants d’Israël, dans notre monde, afin d’avoir une vie qui sera basée sur notre Torah, Torah de vie et sur la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.
On connaît, à ce propos, les paroles de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h(2), selon lesquelles on doit redoubler d’ardeur afin d’avoir une vie conforme à l’enseignement du Dieu de vie, sans tenir aucun compte de l’épreuve, de la difficulté, de la souffrance. Pour cela, on doit méditer au fait qu’à n’en pas douter, “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(3) et “ Il exige uniquement en fonction des forces dont elles disposent ”(4). Si l’épreuve se renforce, il est absolument certain que celui qui y est confronté reçoit auparavant un apport accru de forces profondes. Néanmoins, quand il s’agit d’obtenir la victoire dans un domaine matériel, celui qui agit avec lourdeur, qui met en doute ses propres forces, qui est découragé, peut effectivement être vaincu et il connaîtra la chute, y compris quand il est plus fort que son opposant. C’est pour cette raison que différents textes soulignent la nécessité de servir Dieu avec joie et enthousiasme, avec une immense confiance en la victoire bonne et sainte. En outre, tout moment n’est pas propice pour établir un bilan froid et sec, surtout lorsque celui-ci est édicté par l’âme animale.
Je connais votre père(5) depuis quelques temps. Nous avons correspondu et, dernièrement, nous nous sommes rencontrés. J’ai donc bon espoir que ces quelques lignes seront suffisantes, conformément aux termes du verset : “ Donne au sage et il exercera sa sagesse ”. Je voudrais également ajouter un autre point, basé sur ce qui est dit, à différentes références, à propos de l’armée, qui doit avoir une sainteté accrue, afin de mettre en pratique les termes du verset Devarim 23, 15 : “ L’Eternel va et vient dans ton camp, afin de te sauver ”, grâce au fait que : “ ton camp sera saint ”. De cela, dépend l’intégrité de tout le bataillon, de la compagnie.
Comme je l’ai dit, vous aurez sûrement, désormais, une étude quotidienne de notre sainte Torah, qui sera, de plus, accrue pendant le Chabbat, qui est saint pour l’Eternel. A n’en pas donner, vous me donnerez de bonnes nouvelles de tout cela. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi très prochainement. Avec ma bénédiction afin de me donner ces bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) O. T. Bunin. Voir, à son sujet la lettre n°5575. (2) Voir le chapitre 28 du Tanya. (3) Traité Avoda Zara 3a. (4) Midrash Bamidbar Rabba, chapitre 21, au paragraphe 22. (5) Le Rav Alexander Ziskind Bunin. Voir, à son sujet, la lettre n°8327.
Lettre n°8550
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8550, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5723,
Brooklyn,
Aux membres du conseil rabbinique de East Flatbush,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce jeudi, m’annonçant une bonne nouvelle, la conclusion prochaine de l’édification du Mikwé de votre quartier(1). Puisse Dieu faire que le bâtiment soit achevé au plus vite, dans la largesse, à la mesure de la nécessité de ce projet.
Et, que la pureté se multiplie donc en Israël, selon la mesure du Saint béni soit-Il, qui agit “ mesure pour mesure ”(2), mais en proportions largement accrues. Ceci conduira à l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ Je vous aspergerai d’eaux pures ”. Et, ce même verset formule une autre promesse, “ Je vous prendrai d’entre les nations… Je vous conduirai sur votre terre ”, lors de la délivrance véritable et complète.
De fait, celle-ci est précisément liée à Rehovot, conformément à l’allusion que découvre le Ramban dans la Paracha de ce jour, le Chelichi de la Parchat Toledot. Cette allusion est soulignée, d’une façon merveilleuse, par le Baal Ha Tourim, dans son commentaire du verset : “ Rehovot et nous fructifierons sur la terre ”. Vous consulterez ce commentaire. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8286. (2) De la manière dont on agit envers Lui. Voir le Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6.
Lettre n°8551
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8551, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5723,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Raphaël
et son épouse, madame Ra’hel,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat et celles qui la précédaient. Je vous remercie pour la bonne nouvelle concernant cette soirée festive. Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles comme celle-ci, toujours et tous les jours, de même que, de façon générale, d’une diffusion toujours accrue du Judaïsme traditionnel. De la sorte, vous renforcez également la bénédiction de Dieu et votre réussite, en ces domaines, ainsi qu’en ce qui vous concerne personnellement, afin que les souhaits de votre cœur soient exaucés positivement.
Nous sommes en Kislev, un mois ‘hassidique, celui des miracles et de la délivrance de tout ce qui fait obstacle, de sorte que la paix s’instaure, ainsi qu’il est dit : “ Il a libéré… dans la paix ”. Avec ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Lettre n°8552
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8552, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5723,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 ‘Hechvan, dans laquelle vous envisagez un voyage afin de venir poursuivre vos études à la Yechiva Tom’heï Temimim, ici même. Comme on s’en souvient, j’ai déjà dit, à ce propos, à votre père, que Dieu lui accorde de longs jours et de bonnes années, que vous deviez étudier, pendant un certain temps encore, à la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod. Là, la direction de cette institution pourra constater que vous étudiez avec élan et ardeur, de la manière qui convient, que cette étude vous conduit à adopter un comportement conforme à l’enseignement de nos Sages(1) selon lequel : “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Dès lors, elle écrira à la direction de la Yechiva se trouvant ici, lui fera part de l’état de votre étude et de vos connaissances. C’est alors que l’on pourra déterminer si votre voyage ici est judicieux ou non.
Il en résulte également qu’il n’y a pas lieu de m’écrire dès maintenant, à ce sujet. En effet, vous venez d’entrer, cette année, à la Yechiva supérieure et la période d’essai doit durer au moins quelques mois. Par ailleurs, j’ai lu avec effroi, dans votre lettre, que vous évoquez le fait de prendre de l’alcool(2). Or, on connaît les instructions claires(3), énoncées par nos maîtres et chefs, qui précisent quand cela est permis, en très petite quantité et seulement pour certaines personnes. Vous vous adresserez donc au guide spirituel enseignant la ‘Hassidout dans votre Yechiva et celui-ci vous indiquera ce qu’il y a lieu de faire. Cela est si évident qu’il est absolument inutile d’en dire plus.
Sans doute gardez-vous les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Traité Kiddouchin 40b. (2) Voir, en particulier, à ce sujet, la lettre n°8541. (3) Le Rabbi souligne le mot : “ claires ”.
Lettre n°8553
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8553, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du
saint Chabbat Parchat Toledot 5723,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous sommes actuellement dans la semaine de la Parchat Toledot. Or, on sait(2) qu’il est dit : “ Les enseignements des Pères sont une indication pour les fils ”. Il faut donc expliquer et clarifier différents aspects de cette Paracha, dans l’optique de son application à la vie de chacun. En effet, chaque Juif(3), qu’il soit un Juste ou un impie, possède deux âmes(4), l’une émanant des forces du mal et de “ l’autre côté ”, Essav, la seconde qui est, “ à proprement parler une parcelle de Divinité véritable ”, Yaakov.
Essav naquit le premier. De fait, l’âme animale et le mauvais penchant(5) sont les premiers à présenter leur argumentation(6) à l’homme. Essav est un “ homme du champ ”, se trouvant à l’extérieur de “ la ville de notre Dieu ” et allant à l’encontre de celle-ci(7). Yaakov, quant à lui, représente l’âme divine et le bon penchant. Il est un homme intègre(8), qui, même au moment de la faute, Lui reste fidèle(9). Il réside dans les tentes, car l’Injonction suivante a été donnée : “ Il ne l’a pas créé pour la désolation. Il l’a fait pour qu’il soit habitable ”. C’est pour cela qu’il résidait dans les tentes, celle de Chem et celle d’Ever, celle de la Loi écrite et celle de la Loi orale(10). En effet, l’étude conduit à l’action, à la fois aux Injonctions et aux Interdits(11), lesquels ont essentiellement pour but de bâtir la Demeure de Dieu ici-bas(12).
C’est pour cela que la main de Yaakov “ tenait le talon d’Essav ”(13). En effet, l’âme divine descendit ici-bas, dans un corps et une âme animale, afin de les transformer, comme on l’a dit, en mettant en pratique l’Injonction : “ Rends-toi dans le champ, chasse pour moi du gibier et fais-moi un bon plat ”(14), de sorte que ce monde matériel, le plus bas qui soit, devienne le Sanctuaire de Dieu. Et, l’on connaît l’enseignement du Baal Chem Tov(15), à propos du verset : “ Quand tu verras l’âne… tu lui viendras en aide ”, selon lequel on doit élever le corps, l’affiner(16) et non le briser par des mortifications.
De cette façon, on sera béni par “ la rosée des cieux et les mets gras de la terre, l’abondance du blé et de l’huile ”. Nos Sages expliquent(17) que ces termes correspondent à la Loi écrite, à la Michna, au Talmud et au Midrash. Enfin, on obtiendra, au sens le plus littéral, la rosée des cieux, les mets gras de la terre, l’abondance du blé et l’huile.
Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi, dans la vie de chacun et de chacune, y compris à l’heure actuelle, de même que pour tout Israël, avec la venue de notre juste Machia’h, lorsque : “ l’Eternel nous accordera la largesse ”(18) et que s’accomplira la promesse selon laquelle : “ tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”(19), “ et nous nous développerons sur la terre ”. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles, en général et d’une manière spécifique,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir également le Likouteï Si’hot, tome 5, à la page 415. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8415. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Tanya, à la fin du premier chapitre et au début du second ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Là-haut, elles s’appellent Nechama, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai fait des âmes (Nechamot)’. Ici-bas, elles s’introduisent dans le corps et elles s’appellent alors Néfech. Voir le Zohar, tome 2, à la page 94b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, à ce sujet, les résumés et notes sur le Tanya, à partir de la page 81 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 1, à la page 179b ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le verset Yermyahou 26, 18, dit : ‘Tsion sera labouré comme un champ’. Voir le Zohar, tome 1, à la page 122a et le discours ‘hassidique intitulé : ‘S’il le trouve dans le champ’, de l’Admour Hazaken, prononcé en 5562 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Torah Or, de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Vaychla’h ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Tanya, à la fin du chapitre 24 ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Or Ha Torah, commentant le verset : ‘Il résidait dans les tentes’ ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Qui correspondent à Chem et à Ever, selon le Or Ha Torah, à la même référence ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, aux chapitres 36 et 37 ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yad, la main, évoque la lettre Youd, qui symbolise la sagesse, apportant l’élévation, selon l’explication figurant au début du discours ‘hassidique intitulé : ‘Le 25 Kislev’, dans le Torah Or ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est ce que la Présence divine déclare à Ses enfants, le peuple d’Israël, selon le Tanya, au chapitre 27 et les Tikouneï Zohar, Tikoun n°21, à la page 51b ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Hayom Yom, à la date de 28 Chevat. Voir le début du discours ‘hassidique intitulé : ‘Quand tu verras l’âne’, de 5704, qui figure dans le Séfer Ha Maamarim 5704, à la page 145 ”. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ce qui correspond à la chasse et aux bons plats ”. (17) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Béréchit Rabba, dans le chapitre 66, au paragraphe 3 ”. (18) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire que fait le Ramban du verset Toledot 26, 20 ”. (19) Le Rabbi note, en bas de page : “ Un héritage sans limite, selon le traité Chabbat 119a, sans mesure, d’après le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 11, au paragraphe 7 ”.
Lettre n°8554
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8554, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5723,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume une
mission sacrée(1), aux multiples accomplissements,
le Rav Yossef Ha Lévi(2),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce jeudi, m’annonçant, notamment, une bonne nouvelle, bien que d’une manière extrêmement concise, puisque vous me dites que l’œuvre de la Yechiva porte ses fruits.
Puisse Dieu faire que vous avanciez en ce sens et que vous éclairiez toujours plus. En effet, notre Torah, Torah de vie, nous demande de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. Il est donc certain que toutes les possibilités et toutes les forces nécessaires pour y parvenir ont d’emblée été accordées, car “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(3). Conformément à ce qui est dit dans la ‘Hassidout, vous accomplirez tout cela dans la joie et l’enthousiasme. Avec mes respects et ma bénédiction,
N. B. : Il semble qu’il existe des rumeurs falsifiées à propos de l’avis que j’ai émis sur la prière commune dans les écoles publiques(4). Or, ce domaine est, selon moi, très important et il concerne des dizaines de milliers de Juifs, peut-être plus. Je vous joins une copie d’une de mes lettres qui, à n’en pas douter, vous intéressera.
Notes
(1) L’éducation basée sur les valeurs sacrées, en l’occurrence au sein d’une Yechiva. (2) Le Rav Y.Elias, de Detroit. (3) Traité Avoda Zara 3a. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°8648 et 8656.
Lettre n°8555
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8555, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[8 Kislev 5723]
J’ai eu connaissance de ce qui concerne l’étude publique de la Torah qui aura lieu ce vendredi soir, veille du saint Chabbat. Conformément à l’enseignement du Choul’han Arou’h(1), je me devais donc de répondre au plus vite, afin de formuler mon humble avis, au moins brièvement, en fonction de ce que mon temps me permet. L’interrogation(2) porte, en l’occurrence, sur ce que dit le Zohar, tome 1, à la page 53b : “ Et, Il renvoya l’homme : Rabbi Eléazar dit : Je ne sais pas qui a répudié qui. En fait, le terme doit être renversé et il faut dire, assurément, que l’homme a renvoyé la Présence divine. C’est pour cela qu’il est dit : l’Eternel Dieu le renvoya du Gan Eden. Pourquoi le renvoya-t-Il ? Parce que l’homme avait répudié la Présence divine ”.
En effet, ce texte soulève de nombreuses(3) interrogations. Avant tout, que signifient les propos de Rabbi Eléazar, “ Je ne sais pas… ” ? Pourquoi écarter, de cette façon, le verset de son sens simple, surtout pour être ensuite conduit à dire que : “ le terme doit être renversé ”, qu’il ne faut pas retenir l’ordre dans lequel le verset est énoncé ? De même, comment comprendre la répétition du Zohar ? Et, d’autres questions se posent encore. Très brièvement, nous comprendrons tout cela en introduisant deux notions préalables :
A) Le Zohar, dimension profonde de la Torah, montre l’aspect profond des choses et révèle ce qui, en apparence extérieure, n’apparaît que d’une manière allusive. A l’opposé, le Talmud constitue la partie révélée de la Torah. Toutefois, toutes les parties de la Torah sont incluses les unes dans les autres et, de ce fait, on trouve également, dans le Zohar, des explications simples, des Hala’hot, de même que des allusions et des secrets dans le Talmud.
B) Certaines punitions, de même que quelques rétributions peuvent être qualifiées de “ naturelles ”, selon l’expression employée par les philosophes d’Israël(4) et conformément aux termes du verset : “ Ton mal te fera souffrir ”. D’autres, en revanche, sont “ surnaturelles ”, ce qui veut dire que Dieu voulut infliger telle peine pour telle faute, sans que l’une entraîne nécessairement l’autre. C’est le cas, par exemple, pour les Mitsvot qui sont des Décrets transcendant la logique.
Tel est donc le doute dont fait état Rabbi Eléazar. Le sens simple de cette notion et de ce verset est, bien entendu, le renvoi de l’homme du Gan Eden. Toutefois, à une dimension plus profonde, de ce renvoi, qui fut la punition de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, on peut dire : “ Je ne sais pas qui a répudié qui ”. Ce peut être le Saint béni soit-Il(3), ce qui veut dire que le Saint béni soit-Il(3) voulut renvoyer l’homme, du fait de cette faute de l’arbre de la connaissance. Ce peut être aussi Adam, le premier homme, lui-même(3), ayant commis un acte dont la conséquence “ naturelle ” est ce renvoi. Certes, de façon générale(3), Dieu agit “ mesure pour mesure ”(5). Cependant, pour l’arbre de la connaissance du bien et du mal, le verset parlait effectivement de mort et non de renvoi.
La réponse à la question qui vient d’être posée sera trouvée dans une précision qui semble inutile dans ce verset, faisant suite à celui qui le précède : “ Et, l’Eternel Dieu le renvoya ”. En effet, il aurait suffi de dire ici : “ Il le renvoya et il s’installa ”. Pourquoi ajouter ici la précision : “ l’homme ” ? En plus du sens simple de cette expression, on peut voir là une allusion, en renversant l’ordre, à la dimension profonde, ainsi qu’il est dit : “ Et, Adam renvoya Et(6) ”. Et, c’est à cause de cela(3) qu’il est écrit : “ Il le renvoya ”, ce qui semble incompréhensible, car qui a évoqué un renvoi quand on a mis l’homme en garde contre cette faute et, dès lors, pourquoi est-il renvoyé ? Il faut en conclure que ce renvoi exprime effectivement la conséquence naturelle de l’acte de l’homme, “ mesure pour mesure ”. On n’en dira pas plus ici.
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Le terme Et fait ainsi allusion à la Présence divine et, dans différents textes, il désigne ce qui est accessoire(7). La Présence divine désigne la Divinité Qui “ réside et s’introduit en tous les mondes afin de les vivifier et de les perpétuer ”(8). Or, tous les mondes sont insignifiants, par rapport à Dieu. Une seule lettre du Nom de Dieu, le Hé, permit la création de ce monde et le Youd, celle du monde futur, comme le Tanya l’explique longuement(9). La création des mondes n’est donc pas l’aspect essentiel de la Divinité(10) et c’est précisément pour cela qu’est employé ici le terme Et.
Comme on l’a dit, toutes les parties de la Torah sont incluses l’une dans l’autre et cette explication relative au mot Et fait ainsi allusion(3) à toutes les lettres à la fois, du début à la fin, du Aleph jusqu’au Tav. De fait, Et peut être rapproché de Ot, la lettre. Et, il est dit : “ Par ma chair, je perçois le Divin ”. Ainsi, celui qui désire manifester sa volonté et son intellect, par exemple dans le but de les transmettre à son prochain, doit avoir un discours construit, qui sera composé de mots. C’est le sens du rapprochement(11) qui peut être fait également entre Ot, la lettre et le verset : “ le matin est venu (Ata) ”. Et, il en est de même pour Dieu, si l’on peut s’exprimer ainsi, car Il créa le monde par dix Paroles, y révéla Sa Sagesse et Sa Volonté, exprimée par les dix Commandements. C’est là ce que l’on appelle la Présence divine.
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yoré Déa, chapitre 246, au paragraphe 14. Certes, ce texte fait uniquement allusion à la priorité. Néanmoins, il est largement accepté que l’étude publique est effectivement prioritaire. On peut également le déduire de ce que dit le Choul’han Arou’h, à la même référence, au paragraphe 15 ”. (2) Vraisemblablement celle qui doit être traitée lors de ce cours du vendredi soir. (3) Le Rabbi souligne les mots : “ nombreuses ”, “ Saint béni soit-Il ”, “ Saint béni soit-Il ”, “ Adam, le premier homme, lui-même ”, “ de façon générale ”, “ cela ” et “ allusion ”. (4) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 1, à la lettre n°176. (5) C’est-à-dire de la manière dont on agit envers Lui, selon la Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6. (6) Terme sans signification intrinsèque, qui ne fait qu’introduire le complément d’objet direct lui faisant suite. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 4b ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tanya, aux chapitres 41 et 52 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au chapitre 20 ”. (10) Voir, notamment, le Torah Or, Meguilat Esther, à la page 99b et le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 8a. (11) Voir, en particulier, le Torah Or, à la page 42b.
Lettre n°8556
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8556, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Kislev 5723,
Vous m’interrogez(1) sur le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, à la fin du chapitre 242, rapportant les propos de Rabbi Akiva, selon lesquels on doit punir de flagellation un homme qui se comparerait à Moché.
A) Le traité Sanhédrin fait allusion à : “ celui qui resplendit comme le fils de Batya ”(2). En l’occurrence, cette formulation ne pose pas de problème, puisque la comparaison porte ici uniquement sur un point bien précis, ce qui est permis, y compris de la manière la plus emphatique, comme le dit le traité Mena’hot 29b : “ Il ne savait pas… ”. Vous consulterez, à ce sujet, le traité Sanhédrin 11a, qui est cité à cette référence.
B) Il est indiqué, dans différents textes, que : “ Moché a bien parlé ”. Rachi, commentant le traité Chabbat 101b, explique que tel Sage était comme Moché, en sa génération. En effet, on fait référence ici à un des principes de la Torah, comme le précise le traité Roch Hachana, à la fin du chapitre 2.
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre l’affirmation de nos Sages, dans le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 17, au paragraphe 7, selon laquelle : “ Il n’est pas de génération en laquelle il n’y ait quelqu’un qui soit l’équivalent de
Moché ”. Mais, l’on peut encore s’interroger sur ce que dit le Midrash Tan’houma, à la fin de la Parchat Toledot : “ Il surpasse Moché ”(3), sans aucune autre précision, ce qui veut bien dire qu’il le fit dans tous les domaines à la fois(4). On consultera, à ce sujet, le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 9, au paragraphe 2 et le traité Roch Hachana 21b, à propos des rois. On verra également le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, Parchat Tsav, à la page 17a et à la fin de Chir Hachirim, qui renvoie aux écrits du Ari Zal.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Yehouda Zera’hya Morde’haï Leïb ‘Haïm Segal. Voir, à son sujet, la lettre n°7192. (2) C’est-à-dire Moché. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°923 et 4324. (4) Ce qui serait une formulation interdite.
Lettre n°8557
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8557, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Kislev 5723, date de la
libération de l’Admour Haémtsahi,
Brooklyn, New York,
Aux membres de l’assemblée de Yechouroun,
qui chérissent et honorent la Torah et les Mitsvot,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la prochaine célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, qui aura lieu ce 24 Tévet, j’espère que ceux qui chérissent la Torah, en général et les responsables de la Yechiva, en particulier, profiteront des quelques semaines qui restent encore pour faire en sorte que cette célébration ait le retentissement qui convient.
On connaît le récit(1) que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, à propos de l’Admour Haémtsahi, selon lequel lui-même s’approfondissait tout particulièrement, dans son étude. Une fois, alors qu’il était un jeune homme, sa concentration fut telle qu’il n’entendit pas son enfant tomber du berceau dans lequel il se trouvait. L’enfant sanglota et le propre père de l’Admour Haémtsahi, l’Admour Hazaken, qui se trouvait alors à l’étage et qui lui-même étudiait profondément la Torah, l’entendit. Aussitôt, il descendit, souleva l’enfant, le calma, puis le coucha de nouveau. Par la suite, l’Admour Hazaken signifia à son fils que, même si l’on est profondément engagé en l’accomplissement le plus important, on doit, cependant, toujours entendre le sanglot d’un enfant juif.
Ce récit nous a été rapporté et il doit donc délivrer un enseignement à chacun d’entre nous. Cet enseignement est, en l’occurrence, le suivant. Il y a, de nos jours, beaucoup d’enfants juifs qui sont tombés de leur berceau, celui de la Torah et de son éducation. Leur âme pleure et demande qu’on leur dispense une éducation de Torah et de Mitsvot, basée sur les valeurs sacrées. En conséquence, aussi occupé et absorbé que l’on puisse être par ses propres préoccupations, aussi importantes que celles-ci puissent être, on se doit d’entendre les pleurs et les requêtes des enfants. Il faut se soustraire à d’autres activités afin de se consacrer à eux, car rien n’est plus haut, ni plus important que l’éducation basée sur les valeurs sacrées.
Les Yechivot Loubavitch et les écoles écoutent et entendent cet appel des enfants juifs, mais, du fait des carences financières qu’elles subissent, elles ne sont pas en mesure de tous les soulever et de les coucher dans le berceau de la Torah et des Mitsvot. L’objectif le plus haut que chacun et chacune peut se fixer est donc d’apporter son aide afin que l’on puisse collecter les moyens nécessaires pour développer tout ce qui concerne les Yechivot Loubavitch et les écoles. La célébration annuelle qui va avoir lieu sera l’occasion de le faire. Que Dieu accorde à chacun d’y parvenir de tout son cœur, avec une main large et dans la joie. Et, Dieu en accordera la récompense “ mesure pour mesure ”(2), mais dans des proportions largement accrues, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°8558 et 8589, de même que le Likouteï Si’hot, tome 3, à partir de la page 802. (2) C’est-à-dire de la manière dont on agit envers Lui, selon le Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6.
Lettre n°8558
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8558, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Kislev 5723,
Brooklyn, New York,
A l’attention de tous les participants et participantes à la
réunion ‘hassidique du 19 Kislev, date de la libération de
l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han
Arou’h, fête au cours de laquelle Il a libéré nos âmes dans
la paix, lorsque la lumière et la vitalité de notre âme nous
ont été accordées(1), qui aura lieu à Kfar ‘Habad, en notre
Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, par
notre juste Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
Me trouvant loin géographiquement mais proche par l’esprit, je prends part à votre réunion ‘hassidique, au cours de laquelle on prononcera des paroles de la Torah, des propos d’encouragement. Et, l’on y soulèvera son verre afin de dire Le’haïm, pour la vie et pour la bénédiction. Cette année est, en effet, la cent cinquantième depuis le décès(2) de l’Admour Hazaken(3). Ma participation spécifique prendra, en l’occurrence, la forme d’un récit de la vie de l’Admour Hazaken, un récit montrant le comportement qu’il convient d’adopter et délivrant un enseignement.
*
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La voix d’un enfant qui pleure(4)
L’Admour Hazaken, notre maître, résidait dans la même maison que son fils, qui fut, par la suite, son successeur, l’Admour Haémtsahi. Rabbi Douber(5) se caractérisait par un pouvoir de concentration et d’approfondissement hors du commun. Quand il étudiait ou quand il priait, il ne s’apercevait de rien de ce qui se passait autour de lui.
Une fois, l’Admour Haémtsahi était absorbé par son étude. Il y avait, dans un coin de sa chambre, un berceau et le bébé qui s’y trouvait en tomba. Il éclata en sanglots, mais l’Admour Haémtsahi ne s’aperçut de rien. Son père, l’Admour Hazaken, se trouvait alors à l’étage et il s’approfondissait, lui aussi, dans son étude. Malgré cela, il entendit les pleurs de l’enfant, descendit, pénétra dans la chambre de son fils, souleva le bébé, s’occupa de lui, le calma, le recoucha dans son berceau et il ne quitta pas la pièce tant que son petit-fils n’était pas calmé. mais, Rabbi Douber ne s’aperçut ni de ce qu’avait fait son père, ni de ce qui était arrivé à son fils. Par la suite, en un moment propice, l’Admour Hazaken fit des remontrances à son fils et il lui expliqua que l’on ne devait pas agir ainsi, qu’il ne fallait pas s’absorber à son étude au point de ne pas entendre la voix d’un enfant qui pleure.
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Ce récit a été transmis d’une génération à l’autre et, plus spécifiquement, il nous a été rapporté par mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération. Il est donc certain qu’il délivre des enseignements concrets, en particulier pour nous, au sein de tout Israël. L’un de ces enseignements est le suivant :
Un homme ne doit pas s’absorber à une quelconque activité, aussi importante qu’elle puisse être, au point de ne pas entendre la voix d’un enfant qui pleure, à proximité de lui, dans son entourage ou bien à distance. Chacun et chacune se doit d’entendre cette voix, d’interrompre son activité, de s’occuper de cet enfant qui pleure, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour combler le manque qu’il éprouve.
A notre époque, en particulier, nombreux sont les bébés et les enfants qui, pour une quelconque raison, sont “ tombés de leur berceau ”, qui ont quitté le berceau du Judaïsme véritable ou même ne s’y sont jamais trouvés. En conséquence, ils pleurent, d’une voix que l’on entend, ou même d’une voix profonde que l’on n’entend pas(6), du fait de la détresse de leur âme, qui est une “ parcelle de Divinité céleste véritable ”, laquelle est affamée, assoiffée de la Parole de Dieu, de Sa Torah et de Ses Mitsvot. Or, nul ne s’occupe d’eux, nul ne s’emploie à combler leur manque d’une éducation basée sur les valeurs sacrées.
De même, nombreux sont ceux, parmi nos frères, les enfants d’Israël qui sont adultes par le nombre de leurs années, mais sont restés des enfants, ou même des bébés, pour ce qui est de la Torah, qui est “ notre vie ” et de la pratique de ses Mitsvot. Or, s’ils ne voient rien, s’ils ne discernent rien, leur Mazal observe et ils pleurent, à cause de leur détresse morale. Parfois, ils ne savent même pas pourquoi il en est ainsi. Néanmoins, ils ressentent un vide vertigineux dans leur vie, une vie sans contenu, sans objectif digne de ce nom.
On n’a pas le droit de fermer son oreille aux plaintes de ces enfants d’Israël, qu’ils soient des enfants par leur âge ou bien par leur degré de conscience de la Torah et des Mitsvot. Cette leçon, cette Injonction et ce Précepte sont effectivement adressés à chacun et à chacune.
“ Ne commettez pas de fautes envers l’enfant ! ”. Interrompez toute autre activité, consacrez-vous à cet enfant et restituez-le à son Père, notre Père miséricordieux. De la sorte, il étudiera la Torah de notre Père et il mettra en pratique Ses Mitsvot. C’est ainsi qu’il acquerra l’existence éternelle, une vie pleine, intègre et bonne.
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De quelle manière peut-on calmer l’enfant, le restituer à son père et combler le manque ? Pour cela, il faut avoir recours aux trois amours, à l’amour de son prochain, qui est orienté par l’amour de la Torah, dont la base est l’amour de Dieu.
De la sorte, on peut mener des actions permanentes, pour le bien véritable de son prochain, à la fois matériel et spirituel. La finalité ultime est de le conduire sur le chemin du Judaïsme véritable, une vie basée sur la Torah de vie, illuminée par la clarté des sources de la ‘Hassidout, pénétrée de l’enthousiasme qu’elle insuffle.
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Puisse Dieu faire que cette réunion ‘hassidique et celles du 19 Kislev qui aura lieu dans les autres endroits, en notre Terre Sainte et à l’extérieur de celle-ci, lancent cet appel à tous nos frères les enfants d’Israël, que Dieu leur accorde de longs jours et de bonnes années, dont le cœur est en éveil pour entendre la voix de l’enfant qui pleure.
Cet appel invitera à mener des actions empressées pour la diffusion de la Torah, en général et des sources de la ‘Hassidout, en particulier. De la sorte, on cumulera à la fois l’étude et l’action, avec enthousiasme, vitalité et clarté. Avec mes respects, ma bénédiction pour une grande réussite en tout ce qui vient d’être dit, Le’haïm, pour la vie et pour la bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les termes du Rabbi Rachab, qu’il mentionna dans sa lettre, imprimée en introduction du Kountrass Ou Mayan et dans ses Iguerot Kodech, tome 1, lettre n°110 ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ On connaît l’explication de l’Admour Hazaken, dans le Torah Or, à la fin de la Parchat Vayakhel, selon laquelle Istalkout désigne à la fois le décès et la révélation d’une Lumière particulièrement élevée, issue de la source la plus haute. C’est pour cette raison que ce terme est utilisé à propos du décès de plusieurs Justes. Par la suite, en effet, ce Juste ‘se trouve dans ce monde plus que de son vivant’, comme l’explique l’Admour Hazaken, au chapitre 27 d’Iguéret Ha Kodech ”. (3) Le Rabbi note en bas de page : “ On notera que la répartition du calendrier était alors le même que celle de cette année. Il quitta ce monde ‘après qu’il ait dit la prière d’Arvit et la Havdala dans la bénédiction : ‘Il accorde le discernement’, avec un esprit clair et posé, de même qu’une immense ferveur, peu avant minuit, vers onze heures, à l’issue du saint Chabbat Parchat Chemot, le 24 Tévet 5573’, selon les termes de l’introduction du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken ”. (4) Voir, à ce propos, la lettre précédente. (5) L’Admour Haémtsahi. (6) Par la voix de l’âme, qui ne trouve pas d’écho physique, dans le corps, de sorte “ l’enfant ” n’a lui-même pas conscience du manque. Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la séquence de discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5695 ”.
Lettre n°8559
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8559, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Kislev 5723,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav David Nathan(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu les bougies de ‘Hanouka que vous avez l’usage plaisant de m’adresser chaque année et je vous en remercie. Celles-ci me sont parvenues à proximité du 19 Kislev, Roch ‘Hachana de l’étude de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. De fait, le point commun aux deux événements(2) est la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, présentant les secrets de la Torah. En effet, l’huile de la Torah a pour but de diffuser les sources(3) et d’éclairer, jusqu’à illuminer le domaine public. Ainsi, nos Sages rapportent(4) que le Temple avait des fenêtres diaphanes et obturées. Il en a résulté que les lumières de ‘Hanouka sont allumées “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”.
La même disposition existe aussi pour la dimension profonde de la Torah qui, au début, était réservée à une élite. Puis, il fut dit que : “ il est une Mitsva de révéler cette Sagesse ”, selon les propos du Ari Zal qui est encore vivant, comme le cite le saint Tanya(5), de l’Admour Hazaken, dont nous célébrons la joie et la délivrance, le 19 Kislev. Enfin, il fut nécessaire de diffuser les sources(3) à l’extérieur. Tout cela est bien évident.
Puisse donc Dieu faire que chacun agisse dans trois domaines(6) : A) la diffusion, B) les sources, C) jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur, dans la joie, la vitalité et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et pour des lumières de ‘Hanouka lumineuses,
N. B. : Comme à mon habitude, me basant sur les propos du Zohar(7), je vous joins un chèque pour payer les bougies de ‘Hanouka.
Notes
(1) Le Rav D.N. Lesser, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°6575. (2) ‘Hanouka et le 19 Kislev. Voir, à ce sujet, la lettre suivante. (3) De la ‘Hassidout. (4) Dans le traité Mena’hot 86b et le commentaire de Rachi. (5) Dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°8561. (7) Tome 2, à la page 128a, selon lequel on doit payer pour mettre en pratique une Mitsva.
Lettre n°8560
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8560, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Kislev 5723,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Yaakov Ben Tsion(1),
Je vous salue et vous bénis,
S’agissant du jour de la coupe des cheveux(2), vous me posez cette question et cela fait la preuve que vous tenez compte de cet élément(3). Dès lors, pourquoi entrer dans le doute ? Tout retard est pour le bien(4) !
Notes
(1) Le Rav Y.B. T. Yurkovitch, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°4109. (2) Le destinataire de la présente demandait ceci au Rabbi : “ Si le troisième anniversaire de l’enfant est un Roch ‘Hodech, faut-il lui couper les cheveux, alors que cela est défini comme une pratique dangereuse par le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h Haïm, au chapitre 260, paragraphe 1 ? ”. (3) Du danger. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°6695.
Lettre n°8561
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8561, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[22 Kislev 5723]
Nous sommes dans les jours qui séparent le 19 Kislev, date de la bonne nouvelle(1), des jours de ‘Hanouka. Bien plus, cette année, le début de la semaine, le dimanche, est le 19 Kislev et sa fin, concluant le cycle hebdomadaire(2), est le Chabbat ‘Hanouka. Or, on connaît le principe du domaine de la sainteté(3), selon lequel “ la fin est liée au début et le début à la fin ”.
On peut donc préciser le point commun qui existe entre les jours de ‘Hanouka et le 19 Kislev. Le miracle de ‘Hanouka se produisit avec de l’huile, qui fait allusion à la dimension profonde de la Torah(4). Cette huile était celle des lumières du Chandelier, lequel se trouvait précisément dans le Sanctuaire. Tous n’étaient pas autorisés à
pénétrer(5) en cet endroit et ces lumières y étaient allumées pendant la journée(6).
A l’époque de Matityahou, fils de Yo’hanan, le grand prêtre(7), des Juifs firent don de leur propre personne dans le but de sanctifier le Nom de Dieu et ils parvinrent ainsi à l’unification parfaite, conformément à l’explication suivante de nos Sages : “ de toute ton âme : même s’Il te prend ton âme ”(8). Alors, un miracle se produisit et ils reçurent ainsi la Mitsva des lumières de ‘Hanouka, que chacun et chacune(9), chaque “ âme ”, doit allumer “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”, dans la dimension du “ monde ”, dès le coucher du soleil, dans la dimension de “ l’année ”.
Or, il en est de même pour l’étude de l’enseignement profond de la Torah, son huile. Au début, celui-ci était caché, voilé à tous les érudits, réservé à une élite, qui l’étudiait seulement en cachette et non en public. En revanche, il fut dit, déjà à l’époque du Ari Zal, que, “ en ces dernières générations, il est une Mitsva de le révéler ”(10). Et, c’est après la libération du 19 Kislev que commença essentiellement la diffusion des sources à l’extérieur, afin que chacun puisse percevoir et comprendre que : “ Il emplit les mondes et entoure les mondes ”(11).
Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous agisse en ce sens, en trois points(12) : A) en réalisant une diffusion, B) en la faisant porter sur les sources elles-mêmes, C) jusqu’à ce que celles-ci parviennent à l’extérieur, avec vitalité et lumière, en avançant et en éclairant(13).
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Elle figure dans le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 270. Le Rabbi note, en bas de page : “ Les ‘responsa des cieux’, au chapitre 5, disent : ‘le mardi, 19 du mois de Kislev est un jour de bonne nouvelle’, mais cet ouvrage ne précise pas quel est le contenu de cette bonne nouvelle. De fait, en l’année de la libération de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev était aussi un mardi, ‘troisième jour de la création, lorsque deux fois fut dit le mot bon’, selon les termes de la lettre de l’Admour Hazaken, qui est imprimée dans le Beth Rabbi, tome 1, au chapitre 18. Il en fut de même pour l’année et pour le jour du décès du Maguid, d’après le Kountrass ‘Haï Elloul 5703, à la première note. Or, ces événements se produisirent de nombreuses années après la rédaction des responsa des cieux. Bien plus encore, selon le Rabad, dans le Séfer Ha Kabbala, et conformément à la Meguilat Taanit, reproduite par le Tour, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 580, on doit jeûner le 9 Tévet. Or, ‘nos Sages n’en donnent pas la raison’ et il est précisé que : ‘ils l’ont indiqué par inspiration sacrée’. C’est en effet à cette date, en 4824, que fut assassiné Rav Yossef Ha Lévi Ha Nigrad. On peut l’expliquer d’après l’affirmation de nos Sages, dans le Zohar, tome 1, à la page 204a, selon laquelle ‘il existe des jours favorables et des jours défavorables’. Ceci permet également de comprendre l’enseignement des Sages, au traité Taanit 29a, selon lequel : ‘On confère un mérite à un jour qui est, par nature, favorable’. Or, les Tossafot, à la page 29b, constatent que nombreux sont ceux qui ont des difficultés à comprendre le sens de cette affirmation ”. Concernant le jeûne du 9 Tévet, on verra aussi la lettre n°8298. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les responsa du Rachba, tome 1, au chapitre 9, le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 25a, qui souligne : ‘Tous les dimanches sont véritablement le premier des six jours de la création’ ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Début du Séfer Yetsira. Torah Or, Parchat Chemot, à la page 52a ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, en particulier, le traité Bera’hot 57a, qui dit : ‘l’huile est le luminaire de la Torah’, le Zohar, tome 3, à la page 39a ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Kélim, chapitre 1, Michna 9 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Pessa’him 59a et 58a. Voir le commentaire du Ramban sur le verset Chemot 12, 6 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Qui instaura l’action de grâce pendant ces huit jours, selon le Péri Ets ‘Haïm, à la porte de ‘Hanouka ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tseror Ha Mor, Parchat Vaét’hanan, à la page 6d ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tour et Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 675. Voir la seconde note, à la fin du Kountrass : ‘Discours ‘hassidique intitulé ‘Béni soit Celui Qui a fait des miracles’, du Tséma’h Tsédek ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Discours du 19 Kislev 5668, dans le Torat Chalom, à partir de la page 112 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la lettre de la veille de Roch ‘Hodech Kislev 5712, imprimée à la fin du fascicule sur le 19 Kislev, dans la Langue sacrée, à partir de la page 30, qui figure également dans le Likouteï Si’hot, tome 5, à la page 432 ”. La lettre dont il est ici question est la n°1262. A ce sujet, on verra aussi la lettre n°8566. (13) Voir la lettre n°8559.
Lettre n°8562
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8562, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5723,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav M.Z. Ha Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie beaucoup de m’avoir indiqué cette référence, dans les notes du Yaabets(2). Vous consulterez le Péri Ets ‘Haïm, porte du Chabbat, à la fin du chapitre 21 et le Sidour du Ari Zal, avant la prière de Min’ha du Chabbat, qui cite “ l’usage des premières générations ”(3). Le Taameï Ha Mitsvot, à la Parchat Vaét’hanan, dit que le Ari Zal envisageait la Hala’ha de six manières différentes, correspondant aux six jours de la semaine et d’une septième, basée sur la dimension ésotérique de la Torah, laquelle correspond au Chabbat.
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Zéev Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°8368. (2) Le Rav Gringlass écrivait : “ Le Rav Yaakov Silberman, qui écrit des Mezouzot, m’a montré ce qu’il vient de trouver dans les notes et commentaires sur le traité Guittin, figurant dans les grandes éditions du Talmud, selon la version de Vilna de l’érudit, Rav Yaakov Emden, à la page 60a. Il indique que Rabbi Yo’hanan et Reich Lakish consultaient un ouvrage du Midrash. Il dit : Il me semble qu’ils ne consultaient pas le Ets ‘Haïm et la Sagesse de la Vérité, c’est-à-dire ce que nous appelons la Kabbala, pendant les jours de la semaine. Ils étudiaient uniquement les lois et les principes, dans le but de déterminer le comportement que l’on doit avoir en Israël. Le Chabbat, en revanche, ils ne se consacraient pas à ces lois et à ces règles, du fait de leur sévérité. Ainsi, il est dit qu’a priori, on ne les apprend pas pendant le Chabbat, du fait de leur valeur. C’est donc le Midrash qu’ils apprenaient, car celui-ci motive le cœur, du fait du plaisir du Chabbat. Et, la sainteté du jour vient en aide afin de percevoir et de comprendre la Sagesse cachée. Celle-ci est le Saint des Saints et les Sages disent : Si tu veux connaître Celui Qui créa le monde par Sa Parole, étudie le Midrash. Il ne s’agit pas ici des récits que l’on appelle d’ordinaire Aggada. Et, ceci étaye l’affirmation du Kountrass Ets ‘Haïm, qui dit que le saint Chabbat est consacré à l’étude de la partie profonde de la Torah ”. (3) Le Rabbi souligne l’expression : “ premières générations ”.
Lettre n°8563
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8563, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Kislev 5723]
Vous m’interrogez sur l’explication des Tossafot, au traité ‘Houlin 140a, qui se réfère à la question suivante : si quelqu’un commet une transgression en consacrant un animal provenant d’une ville entière convaincue d’idolâtrie(1) et en le sacrifiant, a-t-il effectué un sacrifice valable ? Il est clair qu’il s’agit ici d’un animal appartenant à un Juste, car s’il était celui d’un impie, il serait disqualifié en tout état de cause, puisqu’il est dit(2) que : “ le sacrifice des impies est une abomination ”, comme l’explique le traité Sanhédrin 112b. Néanmoins, on peut penser que les Tossafot adoptent la même position que le Rabad, lois de l’idolâtrie, chapitre 4, au paragraphe 13, selon laquelle une telle interdiction ne s’applique pas. En outre, l’animal a été sacrifié et il se trouvait donc à Jérusalem, dont on peut faire sortir l’argent des Justes qui n’y résident pas.
On peut expliquer et ceci, semble-t-il, justifie la tournure superflue employée par les Tossafot, qu’il est bien précisé ici : “ commet une transgression(3) en consacrant un animal ”, ce qui veut bien dire que cette consécration était illicite en cet endroit, quand le verdict a été prononcé(4), puis qu’elle a été, par la suite, réalisée à Jérusalem. En effet, les hommes quittant la ville convaincue d’idolâtrie ne sont pas sauvés pour autant et le Sifri, sur le verset Reéh 13, 16, dit à leur propos : “ Tu frapperas ”. A fortiori est-ce le cas pour ses animaux. En outre, on peut souligner qu’en sanctifiant l’animal, on commet une transgression(3), de lors que celui-ci doit être brûlé. Or, la sanctification ne concerne pas un animal qui est destiné à être brûlé. On peut donc se demander si, en l’occurrence, ce n’est pas un animal profane qui a été sacrifié sur l’esplanade du Temple ou même si cet animal ne peut même pas être qualifié de profane. Mais, peut-être la réponse à cette question est-elle liée à la nécessité de clarifier quelle transgression a été commise, en l’occurrence : a-t-on sacrifié sur l’esplanade du Temple un animal qui est profane, selon la signification de l’expression du verset : “ le tien ” qui est retenue par le traité Kiddouchin 57b
ou bien un animal qui n’a pas été sanctifié ? Ce point ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Bien qu’il soit interdit de tirer le moindre profit de tout ce qui provient de cette ville. (2) Michlé 15, 8. (3) Le Rabbi souligne les deux expressions : “ commet une transgression ”. (4) La ville a été proclamée idolâtre.
Lettre n°8564
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8564, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, cinquième
lumière de ‘Hanouka 5723,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, aux comportements généreux,
issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de la veille du jour lumineux, le 19 Kislev, Roch Hachana de l’enseignement de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques.
Conformément aux propos de mon beau-père, le Rabbi et d’après l’explication de son père(2), le Rabbi Rachab, “ ce jour permet de révéler la dimension profonde de la Torah et des Mitsvot, l’aspect profond de l’Essence de l’En Sof, qui éclaire la partie profonde de l’âme, de sorte que toute notre existence soit uniquement pour Lui ”. De fait, quiconque connaît le cheminement de la pensée du Rabbi Rachab sait qu’il était lui-même entièrement investi dans la profondeur et l’essence. Malgré cela, quand il fait mention de la partie profonde de l’âme, il ajoute aussitôt une précision : “ de sorte que toute notre existence(3) soit… ”, à la fois par l’essence et par la révélation(3). Car, le corps, par rapport à l’âme, est effectivement comparable à la révélation par rapport à l’essence.
En conséquence, j’ai bon espoir qu’à réception de la présente, votre état de santé se sera amélioré et que vous m’en donnerez de bonnes nouvelles. Bien plus, vous avez rédigé votre lettre à la veille du jour lumineux et une réponse lui est donnée pendant les jours de ‘Hanouka. Ces deux événements ont pour but de diffuser “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, d’une manière sans cesse accrue et toujours plus brillante. L’ajout de lumière spirituelle apporte également la clarté matérielle, car “ Israël(4) est un peuple unique sur la terre ”, réunissant la spiritualité et la matérialité. Ceci inclut la santé physique, puisque, selon le dicton du Maguid(5), dont le 19 Kislev est le jour de la Hilloula, “ une petite entaille dans le corps est un trou béant dans l’âme ”. De ce fait, la santé du corps “ appartient aux voies de Dieu ”.
Vous m’écrivez que vous avez eu l’idée de publier un recueil à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du décès de l’Admour Hazaken(6). Vous avez pensé que j’en serai satisfait et vous ne vous êtes pas trompé. De fait, il y a là bien plus que de la satisfaction. J’émets le vœu et je souhaite à tous ceux qui prendront part à ce recueil que tous les articles qui y paraîtront soient parfaitement conformes à l’enseignement de l’Admour Hazaken, lequel est, non seulement une étude profonde, mais aussi et surtout une partie de la Torah de vie, guide du comportement concret, dans l’existence quotidienne. Dès lors, je pourrai exprimer ma satisfaction non seulement dans une lettre qui vous est adressée, mais aussi de manière publique.
Il m’a été particulièrement agréable de lire, à la fin de votre lettre, que vous prenez part à la répartition des livres de l’Admour Hazaken, à la fois du Tanya et du Choul’han Arou’h. Comme l’expliquent(7) différents textes et conformément à la décision hala’hique, en la matière, de même que d’après la “ conception des opposants ”, celui qui prend part à une telle répartition est considéré comme s’il avait étudié et achevé tous ces livres. Enfin, dernier point, qui suscite le plus d’intérêt, vous m’annoncez la bonne nouvelle de la réparation des pierres tombales de Haditch(8) et de Nyeghin(9).
Bien entendu, j’attends les conséquences des actions du comité d’organisation pour l’intégration des jeunes immigrants religieux, des actions concrètes. Puisse Dieu faire que, là encore, le critère soit l’enseignement de la Torah(10). En effet, tous les Juifs et toutes les Juives sont : “ croyants, fils de croyants ”. Selon les termes de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 24 du Tanya, “ même au moment de la faute, il Lui reste fidèle(3) ”. Il en résulte que tous(3) les Juifs, a fortiori ceux qui sont religieux(3), comme on l’a dit, surtout s’ils sont immigrants, doivent effectivement connaître l’élévation(11), du bas vers le haut et de la gauche vers la droite. Car, la direction opposée est une descente, ce qu’à Dieu ne plaise.
Je vous adresse ma bénédiction à l’occasion de ‘Hanouka, afin d’ajouter de la lumière, de jour en jour, à la fois spirituellement et matériellement, de même que pour donner de bonnes nouvelles, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme, avec toute ma considération,
Depuis le temps, vous avez sûrement reçu ma lettre, avec ce qui y était joint, bien que vous ne m’en ayez pas accusé réception. Je vous adresse, avec la présente, nos dernières parutions.
Notes
(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, la lettre n°8254. (2) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 1, lettre n°110. (3) Le Rabbi souligne les mots “ notre existence ”, “ révélation ”, “ fidèle ”, “ tout ” et “ religieux ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8414. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8358. (6) Celui-ci parut en 5729 (1969). Voir, à ce sujet, la lettre n°8627. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°869. (8) Celle de l’Admour Hazaken. (9) Celle de l’Admour Haémtsahi. (10) Selon le traité Chabbat 97a. (11) Alya signifie à la fois immigration et élévation.
Lettre n°8565
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8565, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
‘Hanouka 5723,
Brooklyn, New York,
Au jeune homme, qui se consacre aux besoins communautaires,
monsieur Avraham(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, avec plaisir, que vous avez rencontré l’organisation de la jeunesse travailleuse, non seulement ses moniteurs, mais aussi ses membres, garçons et filles. J’ai également eu connaissance de vos actions pour les rapprocher du Judaïsme traditionnel. Et, l’on sait la relation positive de notre sainte Torah, qui est appelée Torah de vie, car elle délivre un enseignement pour une vie quotidienne digne de ce nom, envers le travail, en général et le travailleur, en particulier. Nos Sages en ont souligné l’importance et ils le relatent à propos du premier Juif, duquel il est dit : “ Avraham était unique ”. Lorsque celui-ci se rendait dans différentes contrées et en voyait les habitants manger et boire, dans l’insouciance, il disait : “ Dieu fasse que je n’ai pas de part en ce pays ”. Puis, il parvint en Erets Israël et il en vit les hommes occupés à sarcler, quand c’était le temps de le faire, à bêcher quand le moment en était venu. Il dit alors : “ Que ma part soit dans ce pays ! ” et le Saint béni soit-Il lui répondit : “ C’est à ta descendance que Je donnerai cette terre ”, comme le rapporte le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 39, au paragraphe 8.
Combien plus en est-il ainsi pour Erets Israël, la Terre Sainte. Comme l’expliquent nos Sages, commentant le verset : “ Lorsque vous parviendrez dans le pays, vous planterez ”, il faut, tout d’abord, travailler et planter et, de la sorte, on s’identifie au Saint béni soit-Il, Qui fut le premier à planter. Au début de la création, en effet, Dieu ne se consacra qu’à la plantation, ainsi qu’il est écrit : “ Et, l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden ” et : “ Vous-mêmes, lorsque vous pénètrerez dans le pays, vous ne vous consacrerez, dans un premier temps, qu’à la plantation ”, selon les termes du Midrash Vaykra Rabba, Parchat Kedochim, chapitre 25, au paragraphe 3. Tout cela est parfaitement précis, car une plantation a pour objet de produire des fruits. La valeur du travail réside précisément dans le fait de donner des fruits, des fruits portant des fruits.
Telle est, de façon générale, la signification du Précepte : “ En toutes tes voies, connais-Le ”(2). Un Juif doit sanctifier tout ce qui le concerne, y compris son travail et surtout en Terre Sainte. S’il en est ainsi pour chacun et chacune, combien plus ce devoir incombe-t-il à la jeunesse travailleuse, qui possède un enthousiasme accru et s’engage sur le chemin de la vie.
Puisse Dieu faire que vous-même et vos amis agissiez, en la matière, conformément à l’enseignement des jours de ‘Hanouka(3), en avançant, en ajoutant et en éclairant. En saluant chaleureusement toutes ces personnes, je vous adresse ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) A. Tauber. Voir, à son sujet, la lettre n°8247. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ En toutes tes voies, connais-Le ”. (3) Dont les lumières sont allumées en ordre croissant, de jour en jour.
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