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Iguerot Kodesh — lettres 8526 à 8545

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8526

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8526, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[5722]

Vous m’interrogez(1) sur une douche et vous me demandez si celle-ci peut être considérée comme l’équivalent de neuf Kabin(2). On trouve, à ce propos, des avis partagés, qui sont recensés dans le Taharat Maïm du Rav Telushkin et dans les responsa Michné Hala’hot du Rav Klein. Les deux auteurs sont de Brooklyn.

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre demandait : “ Une douche peut-être être considérée comme l’équivalent d’une immersion rituelle volontaire, celle qui a été instaurée par Ezra ? Peut-on admettre que l’on verse alors sur le corps une quantité d’eau qui soit égale à neuf Kabin ? ”, soit la quantité minimale pour pouvoir établir une comparaison avec l’immersion rituelle. (2) Soit 12, 44 litres.

Lettre n°8527

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8527, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[5722]

Au début(1) : On y trouve la forme du Temple, selon la conception du Tiféret Israël. Au paragraphe 16 : Les quinze marches faisaient un arrondi, d’après le traité Midot, chapitre 2, à la Michna 5, ce qui ne correspond pas(2) au dessin du Tiféret Israël, qui est reproduit dans ce livre.

A la page 13 : Il est dit que le mont du Temple était entièrement clôturé et que sa longueur était de cinq cents coudées(3). Or, une note et un commentaire sont indispensables pour ce qui concerne le Temple. En effet, celui-ci était également inclus dans cette surface close de cinq cents coudées. En outre, les commentateurs avançant que le Temple ne se trouvait pas dans la partie clôturée ont une position plus logique(2), car il est certain que quelques endroits, dans le Temple, ne pouvaient pas l’être. Vous consulterez, à ce sujet, les commentateurs du traité Midot, au début du second chapitre. En tout état de cause, dans tous les dessins du mont du Temple figurant dans cet ouvrage, il n’y a pas trace de cette clôture, selon les façons habituelles de la représenter.

A la même référence : Il est dit que les portiques du Temple ont une hauteur de vingt coudées(4). En fait, ceci est uniquement la hauteur de la partie creuse et de la porte qui s’y trouvait.

A la page 44 : S’agissant de la hauteur de la montée, il faut dire soixante et une coudées à la place de soixante(5).

A la fin, à la page 51 : Pour ce qui est de l’endroit de la garde, les Cohanim se trouvaient à l’intérieur du Temple et les Léviim, à l’extérieur. L’explication, à ce propos, manque. Vous consulterez donc le Rabad, au début du traité Tamid et le Min’hat ‘Hinou’h, à la Mitsva n°388.

A la page 52 : Il est ici question de “ l’homme du mont du Temple ”, d’un seul homme. Il semble évident que celui-ci était un Cohen, car ceci faisait partie de la garde et, en outre, cet homme était responsable des Cohanim, dans leur service(6). Ceci ne peut cependant pas être rapproché du cas de Peta’hya, nom qui était donné à Morde’haï, lequel était responsable des offrandes relatives aux nids d’oiseaux(7). Or, pour l’heure, je n’ai pas vu d’ouvrages posant cette question(8).

Notes

(1) Cette lettre est une série de remarques ayant été formulées par le Rabbi à propos de l’ouvrage Beth Ha Mikdach, du Rav Scheffer, qui fut publié à Jérusalem, en 5722. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ pas ” et “ logique ”. (3) Soit environ deux cent vingt mètres. (4) Soit environ neuf mètres. (5) Soit vingt-sept mètres et demi à la place de vingt-sept. (6) Fonction qu’il ne pouvait assumer qu’en étant lui-même un Cohen. (7) Bien que lui-même n’était pas Cohen. (8) Pourquoi un acte du service dans le Temple, avait-il été confié à un membre du Sanhédrin qui, lui-même, n’était pas Cohen ?

Lettre n°8528

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8528, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[5722]

Un discours(1) prononcé en public(2) a pour but d’influencer ceux qui l’écoutent. Dès lors que ceux-ci sont satisfaits, l’objectif a bien été atteint. Par ailleurs, si l’auteur du discours n’a pas été satisfait, cela présente, en outre, une qualité supplémentaire. En effet, en pareil cas, sa réussite ne suscitera en lui aucun sentiment d’orgueil.

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre indiquait au Rabbi qu’il n’était pas satisfait d’un discours qu’il avait fait, dans le but de diffuser les valeurs du Judaïsme. (2) Le Rabbi souligne le mot : “ public ”.

Lettre n°8529

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8529, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, entre le

trône et le dixième jour(1) 5723,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Guideon Naor(2),

maire de Kiryat Gat,

Je vous salue et vous bénis,

Pour faire suite à mes vœux de bonne année, que vous avez sûrement reçus en temps et en heure, je voudrais vous exprimer, par la présente, mes remerciements chaleureux pour la clé(3) que vous m’avez transmise par l’intermédiaire de votre délégué, l’un des invités de Kiryat Gat, qui me l’a remise en votre nom et en celui de la municipalité, au cours d’une réunion ‘hassidique, à la veille de Roch Hachana. J’ai, en outre, chargé cet émissaire de vous exprimer personnellement ma reconnaissance et de vous rapporter quelques idées qui ont été évoquées, lors de cette réunion, en l’honneur de cette transmission de clé, conformément au dicton bien connu du Baal Chem Tov selon lequel tout aspect, tout événement de la vie d’un homme lui délivre un enseignement, une leçon pour son service de Dieu.

Je répèterai brièvement cet enseignement ici. Une clé a deux utilités, elle permet d’ouvrir et de fermer, ce qui veut dire qu’il y a une porte ou un portique qui doivent être tantôt ouverts, tantôt fermés. Dans la vie de l’homme, ceci correspond aux deux colonnes que sont : “ Ecarte-toi du mal ”, la nécessité de fermer la porte aux influences indésirables et : “ Fais le bien ”, l’ouverture vers les influences positives. Cette obligation incombe à chacun et à chacune, à l’individu comme à la communauté. En effet, chaque homme, y compris celui qui se trouve dans la situation la plus haute, n’en demande pas moins à Dieu : “ ne nous confronte pas à l’épreuve ” et il doit se préserver de toute influence indésirable. A l’opposé, le bien n’a pas de limite, car il est lié à Dieu, Essence du bien, Qui est infini. Il faut donc s’efforcer, en permanence, de renforcer le bien. En effet, nos Sages tranchent, dans la Michna(4), que l’on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté.

La responsabilité de chacun est à la mesure des possibilités et des forces qui lui sont accordées. Puisse donc Dieu faire que vous-même, en tant que maire et avec tous les membres de la municipalité, vous vous serviez pleinement de vos capacités et des opportunités qui s’offrent à vous, dans les deux domaines qui viennent d’être définis, pour faire en sorte que votre ville soit fermée, préservée des influences indésirables, mais ouverte pour intégrer la plus large part de bien. En outre, cette ville se trouve dans un pays qui est qualifié de Terre Sainte et qui est, selon les termes de notre Torah, Torah de vie, “ le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”. Ce qui vient d’être dit reçoit, de ce fait, une valeur particulière. De plus, l’aide de Dieu vous est assurée, de sorte que vous obtiendrez la bénédiction et le succès, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Entre Roch Hachana, jour où Dieu siège sur le trône du jugement et Yom Kippour, dixième jour de Tichri. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°8388. (3) De la ville. (4) Du traité Bera’hot 28b.

Lettre n°8530

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8530, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, entre le

trône et le dixième jour(1) 5723,

Brooklyn, New York,

A l’attention du Rav Morde’haï Kirschblum(2),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement reçu les bons vœux que je vous ai adressés à l’occasion de la nouvelle année et je viens moi-même de recevoir votre lettre, avec ce qui y était joint. Je vous remercie pour vos propos chaleureux, à propos de notre conversation. De fait, le but d’un échange est de passer du monde de la parole à celui de l’action. On sait, en effet, à quel point il est grave de prononcer des paroles inutiles. J’ai donc bon espoir que mes propos et les vôtres susciteront en chacun de nous une activité accrue dans le domaine et la direction dont nous nous sommes entretenus. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’éducation, qui a toujours été une question fondamentale et qui l’est, a fortiori, à notre époque, surtout en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

J’ai lu avec intérêt la copie de la lettre qui était jointe à votre courrier. J’ai pris connaissance des chiffres qui y sont mentionnés(3). A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de souligner que ceux-ci

sont sans aucune commune mesure non seulement avec les besoins du moment, mais aussi avec les exigences du moment. Sans doute ne m’en voudrez-vous donc pas si j’exprime encore une fois mon espoir que vous ferez pleinement usage de votre influence pour faire intervenir toutes les personnes et tous les organismes sur lesquels elle s’étend, dans la direction qui convient. Sans doute à l’avenir continuerez-vous à me faire part des évolutions, dans ce domaine. Je vous en remercie d’avance.

A cette occasion, je vous joins une copie d’une causerie et d’une lettre relatives à Roch Hachana. J’ai bon espoir qu’elles vous intéresseront. Et, de fait, leur contenu est lié avec ce qui a fait l’objet de notre discussion. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Entre Roch Hachana, jour où Dieu siège sur le trône du jugement et Yom Kippour, dixième jour de Tichri. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°8513. (3) Relatifs, vraisemblablement, au nombre d’enfants scolarisés.

Lettre n°8531

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8531, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

trône et le dixième jour(1) 5723,

Brooklyn, New York,

Au jeune homme, monsieur Yehouda,

Je te salue et te bénis,

Ta lettre m’est parvenue et j’y ai lu, avec intérêt, ta brève description de ce qu’a été ta vie. Bien que tu ne le précises pas, j’espère que tu as un temps fixé, chaque jour, pour l’étude de notre sainte Torah, Torah de vie. C’est, en outre, une Injonction du Créateur et c’est ainsi que l’on obtient Sa bénédiction en tous ses besoins, à la fois matériels et spirituels.

J’y ai lu avec plaisir que tu participes à l’action de sauvetage des enfants d’Israël, en les préservant des influences étrangères. J’espère que tu redoubleras d’effort en tes accomplissements pour diffuser le Judaïsme traditionnel, autour de toi, en général, parmi les immigrants de Perse, en particulier. En effet, tu es toi-même originaire de ce pays, comme tu l’écris. Selon la formulation de nos Sages(2), dont la mémoire est une bénédiction, “ les pauvres de ta ville sont prioritaires ” et l’assurance nous a été donnée(3) que : “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.

Bien plus, nous sommes en des jours propices, pendant les dix jours de Techouva, desquels il est dit : “ Recherchez l’Eternel pendant qu’on peut Le trouver. Invoquez-Le pendant qu’Il est proche ”. Cette période est donc favorable pour y prendre de bonnes décisions en ce qui concerne les actions positives, tout au long de la nouvelle année qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Puisse Dieu faire que tu t’engages encore plus clairement en tout ce qui vient d’être dit, car nos maîtres demandent(4) de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté.

Tu me demandes s’il est bon que tu quittes la Terre Sainte afin d’obtenir une maîtrise. Tu es actuellement dans la seconde année de tes études et c’est donc encore trop tôt pour le déterminer. Quand le moment sera venu, il sera temps de décider. Avec ma bénédiction afin d’être définitivement scellé pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Tu comprends également l’anglais et je t’adresse donc des documents qui sont d’actualité, étant liés avec ce qui est dit ci-dessus.

Notes

(1) Entre Roch Hachana, jour où Dieu siège sur le trône du jugement et Yom Kippour, dixième jour de Tichri. (2) Dans le traité Baba Metsya 71a. (3) Dans le traité Yoma 38b. (4) Notamment dans le traité Bera’hot 28b.

Lettre n°8532

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8532, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Tichri 5723,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

S’agissant de la coupe de cheveux(2) de votre fils, il semble, d’après les propos de mon beau-père, le Rabbi, qu’il faille la fixer au jour de ses trois ans ou, tout au moins, à proximité immédiate de cette date. En revanche, il importe peu de réunir le plus grand nombre de personnes, en ce jour. Ceci pourra être fait au jour et dans l’endroit que vous désirez. Et, Dieu saura ce qu’il en est.

Notes

(1) Le Rav M.Goldberg, de Bneï Brak. (2) La première. Voir, à ce sujet, la lettre n°8506.

Lettre n°8533

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8533, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tichri 5723,

Brooklyn,

A madame Tsipora(1),

Je vous bénis et vous salue,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 23 Tichri. Vous me dites que vous dirigez cette école(2) depuis plusieurs années déjà et que vous pourriez peut-être vous tourner, désormais, vers un autre projet.

Il est sans doute inutile de vous expliquer longuement que, précisément à l’heure actuelle, se prépare une grande Alya, qui doit aussi être l’occasion d’une élévation morale, ressentie en le cœur de chacun, en particulier chez les jeunes, qui ont soif et qui recherchent. Néanmoins, eux-mêmes ne savent pas de quoi ils ont soif et ce qu’ils recherchent. De telles écoles sont donc indispensables et a fortiori est-ce le cas quand celles-ci sont basées sur les valeurs sacrées. A n’en pas douter, celui qui possède une expérience, en la matière, a acquis un mérite et des capacités beaucoup plus larges qu’un débutant. En réalité, tous ces points devraient être largement développés. Néanmoins, ce qui vient d’être dit sera suffisant, d’autant que l’on peut constater votre succès, en la matière. Tous les doutes que vous aviez auparavant ont maintenant disparu, c’est bien évident.

Vous me parlez de votre visite chez cette personne et j’en suis satisfait. J’espère que votre mari(3) également verra enfin le bienfait de Dieu et l’aspect positif de tout cela. Bien plus, ceci augmentera la réussite et l’influence qu’il exerce sur eux, afin qu’ils connaissent l’élévation dans le domaine de la sainteté.

Vous ne me dites rien de votre état de santé, au sens littéral et j’espère donc que tout va bien. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela et surtout du point le plus important, de votre grande réussite à l’école et auprès de ses élèves,

M. Schneerson,

Notes

(1) Madame T. Bunin, de Raanana. Voir, à son sujet, les lettres n°6605 et 7034. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8515. (3) Le Rav Alexander Zisel Bunin. Voir, à son sujet, la lettre n°8327.

Lettre n°8534

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8534, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tichri 5723,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous m’exposez votre vision du monde et vous m’interrogez sur l’avenir de tel mouvement.

Il est inutile de préciser que chaque Juif et chaque Juive, sans la moindre exception, est partie intégrante de notre peuple, un peuple éternel, qui est appelé : “ une nation unique sur la terre ” ou, en d’autres termes, “ une nation qui réside seule ”. En effet, chacun de ceux qui appartiennent à ce peuple a reçu la Torah unique du Dieu unique. Or, comme Dieu et la Torah sont immuables, celui qui reçoit la Torah l’est également. Tous les peuples du monde le ressentent, même s’ils ne sont pas unanimes à le reconnaître. Et, il semble que ce sentiment soit à l’origine de leur haine envers notre peuple, envers tous(1) ses courants, de l’extrême droite à l’extrême gauche, alors que, logiquement, les Juifs auraient dû constituer le trait d’union entre les peuples, supprimer la haine éternelle envers le peuple éternel, celui d’Israël.

La conclusion immédiate de ce qui vient d’être dit est la suivante. Chaque Juif est libre de choisir la vision du monde qui lui semble être la bonne, d’opter pour le comportement qu’il souhaite, dans sa vie, en général et au quotidien, en particulier. Pour autant, il trouvera le calme de l’esprit véritable uniquement sur le chemin qui a été désigné à notre peuple éternel par notre Torah éternelle. En des termes plus simples, chaque Juif doit, au quotidien, adopter un comportement conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.

En effet, nul n’est capable de changer sa nature(1), même si l’on peut la cacher et, parfois même, l’occulter, y compris par des vêtements qui vont à l’encontre de cette nature et de la base même de son existence. Il en résulte que chacun doit faire tout ce qui est en son pouvoir afin de renforcer cette attitude, celle de la Torah et des Mitsvot, de la diffuser au sein de sa maison autour de soi, en tout endroit où l’on exerce une influence. En la matière, peu importe donc à quel parti(2) l’on appartient officiellement et si l’on se compte soi-même parmi le cercle de ceux qui se conforment à la Torah et aux Mitsvot ou…(3).

Vous déduirez de tout cela la réponse à votre question. Il ne vous appartient pas de deviner ce que sera l’avenir de tel mouvement ou de tel autre. Chacun et chacune reçoit une mission fondamentale, qui consiste à renforcer et à développer sa personne, laquelle est entourée d’ennemis, d’opposants à chaque pas. Il faut aussi raffermir sa propre situation, dans toute la mesure du possible. Pour cela, on doit renforcer le Judaïsme et ses valeurs immuables, les diffuser d’une manière sans cesse accrue. Et, l’assurance nous a été donnée(4) que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. J’aurais plaisir à recevoir de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rabbi souligne les mots : “ tous ” et “ sa nature ”. (2) Politique. (3) Non. (4) Dans le traité Yoma 38b.

Lettre n°8535

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8535, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tichri 5723,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Naphtali(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi, avec ce qui y était joint. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera.

Je vous remercie de continuer à rédiger pour moi des récits des Justes(2). A n’en pas douter, vous ne cesserez pas de le faire, car cela est particulièrement précieux(3). Dieu fasse qu’il en soit ainsi, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav N.Junik, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°7923. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1940. (3) Selon l’expression du traité Chabbat 10b.

Lettre n°8536

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8536, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du

saint Chabbat Parchat Béréchit 5723,

“ au commencement, Dieu créa ”,

“ pour la Torah et pour Israël ”(1),

A l’attention des dirigeants de la Yechiva Torat Emet

de la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être

restaurée et rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites qu’une date a été fixée pour la pose de la première pierre des bâtiments de la sainte Yechiva Torat Emet et voici donc ma réponse. Puisse Dieu faire que celle-ci se déroule en un moment bon et fructueux, en tout point. On bâtira une grande maison(2), en laquelle grandiront la Torah de vérité, sa partie révélée et sa dimension profonde(3), de même que la prière, grâce à laquelle l’étude est véritable et durable, conduisant à l’action, qui fait de la crainte de Dieu le trésor de celui qui étudie(4).

En notre génération(5), en particulier, celle du talon du Machia’h, le rôle de la Yechiva n’est pas uniquement l’étude, mais aussi, et avant tout, l’éducation basée sur la Torah et les Mitsvot, une éducation profonde et véritable, qui ne subira pas tous les vents du monde, Olam, de la même étymologie que Elém, le voile et l’occultation, qui résistera à toutes les épreuves.

S’il en est ainsi en tout endroit, combien plus est-ce le cas dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ” et surtout en la ville sainte de Jérusalem, dont le nom décrit toute l’importance, puisqu’il désigne, étymologiquement, “ la perfection de la crainte ”(6). Comme l’explique l’Admour Hazaken(7), auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Or, un enseignement de notre Torah, Torah de vie est également une force, un soutien céleste qui est accordé pour mettre cette Injonction en pratique.

Puisse Dieu faire que la construction avance avec la rapidité nécessaire, qu’elle soit achevée et qu’avant tout, la maison s’emplisse de lumière, c’est-à-dire de Torah, d’élèves attentifs, conformément à la volonté de nos maîtres et chefs, fondateurs de la Yechiva, dont le mérite nous protégera. Heureux est le sort de chacun de ceux qui contribueront à cette importante entreprise, financièrement, mais aussi physiquement, de même qu’en influençant des amis pour qu’à leur tour, ils en fassent de même.

Comme on l’a dit, ceci inclut à la fois les trois piliers(8) que sont la Torah, la prière et les bonnes actions. Avec mes respects et ma bénédiction à tous les participants à cette fête, parmi tous ceux qui viennent en aide à cette entreprise, qui l’ont fait de par le passé, le font au présent et le feront dans le futur, que Dieu leur accorde de longs jours et de bonnes années,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le discours ‘hassidique intitulé : ‘Car, comme les cieux nouveaux’, dans le Torah Or ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Meguila 27a ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le traité Yoma 72b ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat 31a. On consultera aussi, dans le Likouteï Torah, le commentaire du discours ‘hassidique intitulé : ‘La Torah que Dieu nous a ordonné’, à la fin du chapitre 4 ”. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8434. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les Tossafot sur le traité Taanit 16a et le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 56, au paragraphe 10 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, Parchat Reéh, discours ‘hassidique intitulé : ‘Et, tous tes enfants’ ”. (8) Sur lesquels le monde repose, selon le traité Avot.

Lettre n°8537

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8537, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 30 Tichri. J’y ai lu avec plaisir l’impression que vous ont faite les hommes de ‘Habad,

à Kfar ‘Habad. J’espère que son effet agira également de manière concrète. Je veux dire que vous tirerez profit de ces impressions et que vous vous efforcerez de les faire connaître aux autres. Car, selon le dicton bien connu(1) de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, la ‘Hassidout n’est pas réservée à un certain groupe, ce qu’à Dieu ne plaise. Elle est véritablement l’héritage de chaque Juif. L’Admour Hazaken lui-même fit don de sa propre personne pour cela, puis ses successeurs, les maîtres de ‘Habad, en chaque génération, en firent de même, la diffusèrent et ils ont accordé leur bénédiction à tous ceux qui font des efforts en ce sens. Au final, ils connaîtront la réussite.

S’il en est ainsi pour chaque homme, combien plus est-ce le cas pour celui qui a la possibilité d’influencer la jeunesse, ce qui peut sembler n’être qu’un accomplissement ordinaire mais qui modifie, en réalité, leur façon de vivre, en général, surtout quand ils se marieront et bâtiront un foyer juif. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.

Vous m’interrogez sur l’enseignement d’un métier profane avec la tête découverte. En effet, on peut penser qu’il sera, de la sorte, plus aisé de trouver un langage commun. Toutefois, il convient ici de distinguer deux points :

A) On ne fait pas “ commerce ” avec ce qui est dit dans le Choul’han Arou’h. On ne “ vend ” pas une Mitsva légère pour en acquérir une plus grande sauf, bien entendu, dans des cas particuliers que le Choul’han Arou’h cite clairement(2), auquel cas il ne s’agit plus de “ commerce ”, ce qu’à Dieu ne plaise, mais bien d’une règle du Choul’han Arou’h identique à toutes les autres.

B) Point essentiel, on peut vérifier dans la pratique, surtout chez les jeunes, qu’un compromis(3), même le plus léger, dévalue celui qui l’adopte, fait perdre toute confiance en lui. En effet, si un tel compromis est possible pour les principes de la Torah et des Mitsvot, cela veut bien dire qu’ils ne sont pas rigoureusement vrais. Car, la vérité(2) ne connaît pas le compromis. On ne s’en écarte pas même d’une pointe de cheveu. Dès lors qu’un compromis est introduit, on n’est plus en présence de la vérité.

Certes, il est dit(4) que : “ la vérité demanda que l’homme ne soit pas créé ”, car : “ Il n’est pas de Juste sur la terre, qui ne commette pas de faute ”. La philosophie de ‘Habad explique tout cela et elle souligne aussi que l’on doit être proche de chacun, sans la moindre exception. L’assurance est donnée que même une seule Mitsva peut, au final, conduire vers les six cent treize Mitsvot à la fois. En tout état de cause, on ne perd rien en le faisant, comme le constate l’Admour Hazaken, dans le chapitre 32 du saint Tanya. En conséquence, si l’on ne peut faire autrement, on commence par parler d’une seule Mitsva. Pour autant, on doit se garder d’insinuer que cette Mitsva, celle dont on parle, est la seule, ce qu’à Dieu ne plaise, que celui qui l’accomplit sera un Juste parfait(2). Bien au contraire, il faut souligner(2) d’emblée, bien que d’une manière agréable et pacifique, qu’il s’agit uniquement d’une seule des six cent treize Mitsvot, mais que, pour différentes raisons, on ne peut pas encore les présenter toutes. En revanche, on demandera aussi, par la suite, la pratique des autres Mitsvot, mais l’avancement doit être progressif.

Ce qui vient d’être dit concerne l’exigence envers les élèves. A l’opposé, ces circonstances atténuantes ne peuvent nullement être accordées à celui qui les guide. Bien au contraire, pour formuler une demande aux élèves et obtenir satisfaction, il faut donner le bon exemple non seulement de ce que l’on attend d’eux, mais aussi du mode de vie que l’on prône. Selon les termes de nos Sages(5), il faut être : “ humide au point d’humecter ”, car les élèves tiendront le raisonnement a fortiori suivant : si leur maître peut se permettre telle transgression, combien plus peuvent-ils eux-mêmes le faire ! C’est bien évident.

On pourrait développer tout cela, mais j’ai bon espoir que ces quelques lignes, soulignant l’importance de l’éducation, seront suffisantes. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2278. (2) Le Rabbi souligne les mots : “clairement”, “vérité”, “parfait” et “souligner”. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°4464. (4) Dans le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 8, au paragraphe 5. (5) Selon le traité Bera’hot 25b.

Lettre n°8538

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8538, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 1er ‘Hechvan et à sa conclusion, dans laquelle vous me parlez de votre fils. Vous m’indiquerez donc son adresse et l’on fera, encore une fois, une tentative(1) par l’intermédiaire des Rabbanim ‘hassidiques de Chicago, s’il réside toujours là-bas. La prière et la bénédiction sont efficaces. Néanmoins, un Juif doit, en outre, intervenir par les voies de la nature.

Votre lettre a été rédigée au lendemain de Tichri, un mois qui est rassasié de tout le bien et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, qui a une portée générale(2), pour toute l’année. Cela veut dire que se révélera cette satiété dans tous les domaines, y compris pour ce qui vous préoccupe et également pour toute l’année. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Vous me demandez le sens de l’expression : “ des pensées indésirables qui découlent de la mélancolie ”(3). Il faut le comprendre au sens simple et en fonction de ce qu’a écrit mon beau-père(4), le Rabbi, à propos de(5) : “ Tu vis contre ton gré ”. Ceci fait référence à la situation de l’homme qui est dépourvu de joie et d’enthousiasme, bien que chaque Juif entame sa journée en récitant les bénédictions du matin, qui commencent par Modé Ani : “ Je Te rends grâce ”. Puis, l’on répète, à maintes reprises, “ béni sois-Tu ”, ce qui veut bien dire qu’une bénédiction est nécessaire et qu’il y a matière à remercier Dieu, qu’il faut, en outre, Lui faire confiance pour tout ce qu’Il accomplira pour votre fils.

Notes

(1) Vraisemblablement pour le rapprocher de la pratique juive. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8224. (3) Selon ce que le Rabbi avait écrit au destinataire de la présente. (4) Voir la lettre n°988, de même que les Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 5, lettre n°1493. (5) La Michna du traité Avot.

Lettre n°8539

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8539, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission sacrée(1), le Rav Na’houm Zéev(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec retard, votre lettre, à laquelle était jointe une copie des lettres du ‘Hassid, aux multiples accomplissements et au bon comportement, le Rav Its’hak Ha Lévi(3). Je vous remercie beaucoup d’avoir pensé à me les adresser. Ceci constitue, selon l’expression de nos Sages(4), “ un vêtement précieux pour celui qui a l’habitude de le porter ”(5). Tout ceci m’a confirmé ce que j’ai entendu, il y a quelques temps déjà et de plusieurs personnes, le fait que votre père(6), le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et au bon comportement, non seulement a étudié profondément l’enseignement de ‘Habad, mais, en outre, l’a diffusé auprès de ses élèves, au moins à différentes reprises, en indiquant ses sources. Je suis surpris que plusieurs élèves et disciples cherchent à cacher ce fait. Et, point n’est besoin d’en dire plus, car cela est étonnant et douloureux.

Comme le disent les Sages(7), dans leur Michna, le père confère un mérite à son fils, sa perception et la droiture de son raisonnement. J’ai donc bon espoir que vous en faites de même, je veux dire que vous étudiez profondément la ‘Hassidout et que vous la diffusez en tout endroit où s’exerce votre influence. Car, si, il y a des dizaines d’années, on en a vu la nécessité, combien plus est-ce le cas à notre époque, en cette génération orpheline, alors que l’obscurité est profonde et intense, au point que l’on affirme, l’on “ démontre ” que l’obscurité est de la lumière et la lumière, de l’obscurité. Et, l’on agit en conséquence. Cette période l’exige, rend tout cela nécessaire. Heureuse est la part de tous ceux qui diffusent ces sources, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur. Avec mes respects, ma bénédiction et en vous demandant de m’excuser pour le retard apporté à mes réponses, jusqu’à maintenant,

Vous envisagez la publication de la lettre sur le Tsimtsoum(8). Celle-ci a été rédigée brièvement, selon les limites et les méthodes inhérentes à la correspondance. Néanmoins, cette explication figure d’ores et déjà, par le détail, dans différents livres publiés par ailleurs, avec toute la profondeur nécessaire, en la matière. Bien plus, certains qui se considéraient comme des érudits ont commis des erreurs, en la matière, comme l’indique l’Admour Hazaken, au chapitre 7 de Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna. Une liste, non exhaustive, de ces textes figure dans les index qui figurent à la fin du Torah Or, du Likouteï Torah et du Dére’h Mitsvoté’ha.

Notes

(1) L’enseignement basé sur les valeurs sacrées. (2) Le Rav N.Z. Dessler, de Cleveland. (3) Le Rav I.Horowitz, le “ Matmid ”. Ces lettres ont été publiées dans le recueil Yagdil Torah, paru à New York, numéro 61, au paragraphe 110. (4) Dans le traité Chabbat 10b. (5) Rachi explique : “ pour le disciple de ce maître qui sait apprécier la valeur de son enseignement ”. (6) Le Rav Elyahou Eliezer Dessler. (7) Dans le traité Edouyot, chapitre 2, à la Michna 9. (8) La contraction de la Lumière divine qui est à l’origine de la création. Il s’agit de la lettre n°11.

Lettre n°8540

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8540, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mar ‘Hechvan(1) 5723,

Brooklyn,

A l’attention de ceux qui se consacrent aux collectes

exceptionnelles et mensuelles du Ma’hané Israël,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 28 Tichri, puis la liste des donateurs du mois de Tichri, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années. En un moment propice, je mentionnerai leur nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. L’importance de tout cela est à la mesure de la valeur du Ma’hané Israël. Il est inutile de le préciser, encore moins de développer une longue explication, à ce sujet. Car, cette institution a été fondée par mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération et l’on connaît ses accomplissements, en général, de même que le détail de ses actions, selon le programme qui a été rendu public de son vivant, par écrit, puis qui a été publié par la suite.

Vous avez écrit votre lettre au début de la période au cours de laquelle on a annoncé et l’on annonce encore que : “ Yaakov avance sur son chemin ”. De fait, peut-être est-il possible d’assimiler Yaakov au Ma’hané Israël, comme l’indique, d’une manière allusive, le verset qui parle des enfants d’Israël(2).

Puisse donc Dieu faire que l’on avance, en la matière. Et, la ‘Hassidout définit ce qu’est un avancement véritable(3), d’une étape vers l’autre, jusqu’à rejeter toutes les limites et tous les obstacles. Celui-ci se produira : “ sur son chemin ”, dans les deux directions, d’abord à l’initiative de Dieu, le chemin sur lequel il nous est commandé d’avancer(4), puis par l’effort de l’homme, “ son chemin ”(5), celui dont il devient le maître, avec tout ce qui le concerne.

Comme cela a été expliqué par ailleurs, on trouve deux explications(6) sur la fin de ce verset : “ Des anges de Dieu le rencontrèrent ”. En effet, ces deux directions peuvent se réunir, comme ce verset y fait allusion par le terme Ma’hanaïm(7), deux campements exprimés en un seul mot. Car, lorsque “ Yaakov avance sur son chemin ” pendant les jours de la semaine, tout au long de l’année, il prolonge ainsi Roch Hachana, qui est le lieu du choix véritable. C’est de cette façon que : “ Il choisit pour nous notre héritage, la fierté de Yaakov ”. Avec ma bénédiction de réussite en cette action, qui se fera dans la joie et dans l’enthousiasme,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Fin et conclusion de la fête et du pèlerinage, à cette occasion, selon le Sifteï Cohen, ‘Hochen Michpat, chapitre 43, au paragraphe 47. Ce texte dit : ‘A l’heure actuelle…’, mais l’on verra ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 117 : ‘De nos jours encore…’. On peut penser que ceci apporte une réponse à la question du Sifteï Cohen : il ne s’agit pas uniquement d’une expression. Cela veut dire que l’on se consacre, à proprement parler, à la fête ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Torah Or, au début de la Parchat Chemot ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Si vous marchez dans Mes Décrets’, de 5700, au chapitre 5 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le Torah Or et le Or Ha Torah, à la fin de la Parchat Vayétsé ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le Torat ‘Haïm, à la fin de la Parchat Vayétsé ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 3, aux pages 298a et 55b ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra le commentaire du Ramban sur le verset Vayétsé 32, 3. Et, le Or Ha ‘Haïm dit : ‘Yaakov, élu de Dieu’ ”.

Lettre n°8541

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8541, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn, New York,

Au Rav Guedalya Klaperman,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 3 Mar ‘Hechvan. Je vous remercie également pour vos livres sur l’histoire de notre peuple. Bien entendu, quand je disposerai de temps libre, je les consulterai et, comme vous me le proposez, à la fin de votre lettre, je vous communiquerai les remarques que je pourrai alors formuler.

J’ai pris connaissance avec plaisir, dans votre lettre, de vos impressions de la ‘Hassidout, en fonction de ce que vous avez entendu, lors de votre visite. Nos Sages constatent(1) que : “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Bien plus, ils précisent que : “ c’est l’acte, et non la théorie, qui est essentiel ”. J’ai donc bon espoir que vous révèlerez tout cela, du monde de la pensée, de la parole et du sentiment, vers celui de l’action, d’autant que vous êtes le Rav d’une importante communauté juive. Et, vous vous efforcez sûrement que celle-ci soit digne de son nom, qu’elle puisse être qualifiée de : “ sainte communauté ”. En effet, l’assurance nous a été donnée(2)que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. Et, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h précise que ceci fait allusion à l’homme qui non seulement se purifie lui-même, mais, en outre, qui purifie les autres. Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : Dans votre lettre, vous multipliez les éloges et vous les développez. Comme je l’ai dit, vous faites sûrement référence à la ‘Hassidout et à tout ce qui la concerne(3). Puisse donc Dieu faire que chacun d’entre nous ait le mérite de s’imprégner et de transmettre son enseignement et ses directives, tout en prononçant des paroles qui émanent du cœur et qui pénètrent dans le cœur.

Notes

(1) Dans le traité Kiddouchin 40b. (2) Dans le traité Yoma 38b. Voir aussi le Likouteï Torah, commentaires sur Chemini Atséret, à la page 88b. (3) Plutôt qu’au Rabbi, à titre personnel.

Lettre n°8542

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8542, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn,

Aux auxiliaires féminines du Beth Rivka de Montréal,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre relative à votre première réunion de cette nouvelle année. Puisse Dieu faire qu’il y ait là un bon début, avec succès, pour le renforcement et le développement de cette institution. De tout temps, l’éducation des filles basée sur les valeurs sacrées a été utile et importante. Mais, combien plus est-ce le cas, à l’époque actuelle. Et, cette école est le meilleur moyen de donner aux élèves une perception et une conception justes de ce que doit être leur comportement quotidien. Plus important encore, c’est de cette manière qu’elles apprendront à fonder leur foyer sur les bases de la Torah et des Mitsvot.

Le Saint béni soit agit(1) “ mesure pour mesure ”(2), avec un intérêt qui dépasse le capital. Tous ceux qui viendront en aide et apporteront leur contribution au maintien de cette école seront donc bénis en concevant une satisfaction véritable, c’est-à-dire juive et ‘hassidique, de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Selon la Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6. (2) De la manière don on agit envers Lui.

Lettre n°8543

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8543, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). Conformément à l’explication bien connue(2) sur le début de la Paracha de cette semaine, dont l’ensemble de la Sidra porte le nom, puisse Dieu faire que chacun, au sein de tout Israël, révèle en lui la force qui est conférée par cette Injonction, de portée générale(3), Le’h Le’ha et que cette Injonction s’accomplisse en chacun, dans la joie et l’enthousiasme :

“ Va-t-en pour toi de ton pays ”, celui qui est le tien, la matérialité(4) et la grossièreté, “ de ta patrie ”, des éléments avec lesquels on a grandi, auxquels on est habitué(5), “ de la maison de ton père ” de la nature(6) de l’âme animale, depuis la naissance, “ vers le pays que Je te montrerai ”, précisément par une révélation céleste, car “ tu ne pourras pas te trouver sur elle, ni connaître la force de cette terre, qui est profonde et cachée ”(7).

Et, que s’accomplisse concrètement ce qui est dit par la suite : “ Je ferai de toi(8)… et tu seras une bénédiction(9) ”, la plus haute élévation qui puisse être, jusqu’à devenir soi-même une bénédiction, la source de la bénédiction, qui est accordée à Israël, “ et toutes les familles de la terre seront bénies ”, de sorte que la part du monde que l’on reçoit soit élevée et bénie, au point que : “ des étrangers viendront et feront paître vos troupeaux ”, se transformant ainsi et s’élevant jusqu’à recevoir la bénédiction et s’intégrer(10) aux enfants d’Israël. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, l’éducation basée sur les valeurs sacrées,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 25, à la page 494. Voir aussi la lettre n°8233. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ A la fin du discours ‘hassidique intitulé Le’h Le’ha de 5667 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le début des quatre parties du Tour et Choul’han Arou’h. Et, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la même référence, Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 1, dit : ‘Il faut surmonter son mauvais penchant. Un homme qui est seul chez lui n’a pas la même attitude que quand il se tient devant un grand roi’ ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, au chapitre 29, qui dit : ‘l’âme animale de l’homme moyen est cet homme, à proprement parler’ ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le verset Béréchit 50, 23 et le Tanya dit, au chapitre 13 : ‘Bien au contraire, on se renforcera encore plus’ ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Edouyot, chapitre 2, à la Michna 9, qui dit : ‘le père confère un mérite au fils’ ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 1, à la page 78a. On verra l’enseignement du Baal Chem Tov sur le verset : ‘Car vous serez une terre de convoitise’, dans le Hayom Yom, à la date du 17 Iyar ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est-à-dire une créature nouvelle, comme l’explique le Midrash Tan’houma, commentant ce verset ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Tan’houma, à cette référence ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’explique l’Admour Hazaken, dans le Torah Or, à la fin de la Parchat Vayétsé ”.

Lettre n°8544

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8544, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

dimanche de la Parchat : “ il ordonnera

à ses enfants et ils garderont la voie de

Dieu ”(1), 5723,

Brooklyn, New York,

A tous nos frères, les enfants d’Israël,

qui chérissent la Torah et les Mitsvot,

que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Avec l’aide de Dieu, l’inauguration des bâtiments centraux de la Yechiva Tom’heï Temimim en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, à Kfar ‘Habad, aura lieu en Kislev, le mois des miracles et de la délivrance, qui approche pour nous et pour tout Israël, pour le bien. A cette occasion, j’adresse ma bénédiction, une bénédiction de Mazal Tov, à tous les participants à la grande fête(2) de cette grande maison(3).

Je m’adresse aussi, avec ferveur à tous les amis et à ceux qui soutiennent la Yechiva, en particulier à nos frères, les enfants d’Israël, qui chérissent la Torah et les Mitsvot, en général, afin que l’inauguration de ces bâtiments les motivent encore plus clairement, pour qu’ils intensifient leurs efforts empressés, de sorte que cette construction soit achevée le plus vite possible, que soient remboursées les dettes contractées aux différentes phases des travaux, que l’on permette à cette Yechiva de grandir et de s’élargir, quantitativement et qualitativement, conformément aux besoins et à la nécessité du moment.

Si de tout temps et à tout moment, il a été un besoin vital d’élargir les tentes de la Torah, combien bien plus est-ce le cas sur notre terre, le pays(4) qui est qualifié de Terre Sainte et à notre époque, en ces temps

troublés. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’élargir les Yechivot Tom’heï Temimim. Or, nos maîtres et chefs, qui les ont fondées, ont demandé de former leurs élèves afin qu’ils soient : “ des bougies pour éclairer ” les yeux et le cœur des enfants d’Israël, pour qu’ils suivent la voie de la Torah et des Mitsvot tout au long de leur vie.

Que Dieu nous garde de fermer l’oreille aux cris et aux appels des enfants qui sont affamés de pain, du pain de la Torah, qui sont assoiffés d’eau, de l’eau vive de la Torah de vie, qui frappent aux portes de la Yechiva en formulant une requête fervente et profonde pour qu’on les reçoive, qu’on les introduise à la Torah, à son amour(5), au service de Dieu, à la prière et à l’amour de Dieu(6), aux bonnes actions et à l’amour du prochain(7).

A n’en pas douter, le fait que cette année est la cent cinquantième(8) depuis le décès de l’Admour Hazaken(9), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h ajoutera de l’élan et de l’ardeur à tout ce qui vient d’être dit, au sein de toutes les actions positives qui sont menées pour diffuser la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde, une étude qui conduit à l’action, au service de Dieu dans la joie et l’enthousiasme.

Puisse notre Père Qui se trouve dans les cieux accorder la bénédiction et le succès en toutes les actions de vos mains, qu’Il bénisse ceux qui font agir les autres et ceux qui agissent eux-mêmes, ainsi que les membres de leur famille et tous les leurs, qu’ils aient de longs jours et de bonnes années, de même que la satisfaction de tous leurs besoins, à la fois matériels et spirituels. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en tout cela,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ On peut en déduire que Avraham enseignait la Torah à ses enfants, selon le Midrash Béréchit Rabba et le Midrash Tan’houma, à la fin de la Parchat Vaygach. Ainsi, ‘ils garderont le chemin’ fait allusion à l’étude de la Torah, selon le Or Ha Torah, du Tséma’h Tsédek, sur ce verset, que l’on consultera ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash de nos Sages sur le verset Vayéra 21, 8 : ‘un grand festin’ ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Meguila 27a ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et, la Torah est également qualifiée de sainte, selon le Zohar, tome 3, à la page 80b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 54b. Voir aussi le traité Avoda Zara 19a ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Kountrass Ha Avoda, aux chapitres 1 à 3 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois du deuil, au début du chapitre 14 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra l’enseignement de nos Sages, dans le Tana Dveï Elyahou Rabba, au chapitre 6, selon lequel : ‘un délai de cinquante ans s’appelle une éternité’. On verra aussi le Be’hayé et le Tsyouni sur le verset Michpatim 21, 6 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ L’introduction du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken dit : ‘Après avoir dit la prière d’Arvit et récité la Havdala dans la bénédiction : ‘Il accorde le discernement’, avec l’esprit clair et une immense ferveur, peu avant minuit, vers onze heures, à l’issue du saint Chabbat Parchat Chemot, le 24 Tévet 5573’ ”.

Lettre n°8545

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8545, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Mar ‘Hechvan 5723,

Brooklyn,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie de m’avoir transmis la bonne nouvelle de votre retour chez vous(2), en un moment bon et fructueux. Puisse Dieu faire que vous ayez une complète et prompte guérison.

Comme l’enseigne l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, il convient de vivre avec la Sidra de la semaine. En l’occurrence, le début et le commencement de celle de Vayéra est : “ L’Eternel se révéla à lui… à la chaleur du jour ”. Nos Sages expliquent qu’à la fois : “ Il se révéla à lui ”(3) et : “ à la chaleur du jour ” furent pour la guérison de notre père Avraham(4). Avec mes respects et ma bénédiction pour un bon Chabbat, car “ on ne se plaint pas pendant le Chabbat et la guérison est proche ”(5), en saluant tous les membres de votre famille,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Horenstein, de New York. Voir, à son sujet, les lettres n°2336 et 5205. (2) A la suite d’une maladie. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il n’est pas précisé : ‘à Avraham’, car ces termes s’appliquent à chaque Juif, comme le souligne le Meor Enaïm, au début de la Parchat Vayéra ”. (4) C’est dans ce but que Dieu se révéla à lui et dans ce but qu’Il fit que la journée soit chaude. (5) Selon le texte de la bénédiction qui est dite pour un malade pendant le Chabbat.

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