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Iguerot Kodesh — lettres 8465 à 8485

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8465

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8465, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Tamouz 5722,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Moché Charet(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par le comité de Kfar ‘Habad, que vous avez visité ce village. De même, j’ai été satisfait d’apprendre, par notre délégué, le Rav Binyamin Gorodetski(2), les termes de la discussion que vous avez eue. Je conserve aussi l’impression de la visite que vous avez faite ici et tout cela s’additionne pour former un ensemble, ayant de l’importance et renforçant ma conviction que votre sympathie est acquise pour toutes les formes de notre action en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie et pour Kfar ‘Habad, en particulier. Il en est de même pour toutes les questions, d’ordre public, que nous avons abordées, lors de notre conversation. Tout cela a eu des effets concrets et en aura encore.

On fait en sorte que de bonnes nouvelles soient obtenues en un jour propice. De fait, toutes ces informations me sont parvenues à proximité de la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz. Cette année est, en outre, la trente-cinquième depuis le libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à l’issue de son emprisonnement. Vous savez sans doute ce qui se passa, à cette époque-ci, en ce moment-là(3). Or, la mémoire d’un Juif, public ou personnel, doit permettre de “ commémorer et revivre ”, ce qui veut dire qu’une action concrète doit en résulter. L’idée centrale de cette fête de la libération est donc l’immense pouvoir qui est conféré à un seul Juif. Grâce à une ferme résolution et avec une abnégation véritable, il parvint non seulement à résister à la dictature, à un régime puissant et arrogant, mais, en outre, à être le vainqueur du combat de Dieu et de Son peuple de prédilection. Mais, il n’y eut pas là une victoire personnelle. Celle-ci fut le fait de tous et l’on en observe clairement les conséquences. Certes, qui pourrait se permettre de se comparer au Rabbi et, en particulier, à sa force d’abnégation ? Pour autant, les conditions, dans les pays libres en lesquels nous menons notre action, sont infiniment plus faciles. On peut déduire tout cela d’un raisonnement a fortiori(4) et en constatant que les termes ne sont pas identiques(5). Puisse donc Dieu faire que chacun d’entre nous assume la mission qu’il a reçue de la divine Providence, avec les forces nécessaires pour la mener à bien. Avec mes respects, ma bénédiction et mes vœux à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8383. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°8520. (3) Voir la lettre précédente. (4) S’il en fut ainsi en Russie soviétique, combien plus doit-il en être de même dans les pays libres. (5) La situation des pays libres n’est pas identique à celle de la Russie soviétique.

Lettre n°8466

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8466, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Tamouz 5722,

Brooklyn, New York,

A monsieur Reouven Avinoam(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec du retard, votre lettre du 13 Iyar, qui fait réponse à mon courrier(2) relatif à votre livre. L’idée centrale de votre lettre est la suivante. Vous convenez avec moi que le deuil doit être limité dans le temps, afin que celui qui le subit reste actif, plein d’empressement. Pour autant, vous entendez faire une distinction entre le deuil et le souvenir. Or, il est évident qu’un changement de terme ne change rien et que seules les conséquences doivent être prises en compte. En la matière, le critère est le suivant : le souvenir ou le deuil aura-t-il pour effet un ajout au domaine de la sainteté, à la justice et à la droiture dans le monde ? Ou bien l’inverse sera-t-il vrai ?

Vous indiquez que certains défunts ont des qualités particulières ou un mérite spécifique, lié à une certaine action. De ce fait, le souvenir des parents ne diminue pas leur empressement et leur vitalité. La pratique concrète fait la preuve que l’inverse est vrai. Lorsque des enfants ne se distinguent pas par leurs qualités particulières, l’amour que leur vouent leurs parents est encore plus profond. Comme le disent nos Sages(3), “ lorsque l’amour a une cause, la disparition de la cause entraîne la disparition de l’amour ”, ce qui signifie que, déjà avant la disparition de cette cause, l’amour n’était pas réellement sincère et profond, à la mesure de ce qu’il aurait pu l’être s’il n’y avait pas eu de cause. Or, l’amour du père pour ses enfants est l’exemple de celui qui n’est pas lié à une cause. La ‘Hassidout l’appelle : “ amour émanant de l’essence ”, car les enfants émanent de la quintessence de leurs parents.

Néanmoins, ceci n’explique pas encore complètement pourquoi l’on éprouverait un amour plus profond envers les enfants qui ne se distinguent pas par leurs qualités particulières. Pourquoi ce sentiment ne serait-il pas identique pour tous ? En fait, il faut distinguer l’amour émanant de l’essence de celui qui a une cause. Le second affaiblit le premier, ce qui veut dire qu’il le recouvre. On peut donner, de tout cela, une illustration particulièrement claire, à partir de ce que nous avons observé à notre époque et, encore plus clairement, de par le passé, lors des persécutions et des croisades, ce qu’à Dieu ne plaise. Ce furent alors précisément les personnes simples qui sacrifièrent leur vie pour notre religion et pour notre foi, beaucoup plus facilement que les intellectuels, possédant une profonde compréhension. Certes, les uns et les autres étaient des “ croyants, fils de croyants ”(4). Tous possédaient une pointe de Judaïsme qui est à l’origine de leur abnégation. Toutefois, les intellectuels agissent uniquement en fonction de leur perception intellectuelle et “ l’habitude devient une seconde nature ”(5). En la matière également, il leur fallait donc trouver une approche rationnelle. A l’opposé, la pointe de Judaïsme des personnes simples, confrontées à l’épreuve de la foi, se mettait aussitôt en éveil, sans vêtement et sans limite. Et, il en est de même en l’occurrence. Si l’amour a une cause, même la plus grande, la plus élevée qui soit, celle-ci n’en est pas moins limité et, de ce fait, elle restreint l’amour, y compris celui qui émane de l’essence. Elle le recouvre, car elle a l’habitude de le lier à cette cause.

Pour conclure par ce qui est d’actualité, nous sommes à la veille des 12 et 13 Tamouz, jours de la libération et de la victoire de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à la suite de son combat pour la protection des valeurs de notre peuple, malgré la dictature, le régime puissant et arrogant du pays dans lequel il se trouvait auparavant(6). Vous savez sûrement ce qui se passa, à l’époque et l’idée la plus fondamentale, à mon sens, est ce que peut accomplir un seul Juif, pour peu qu’il prenne une ferme résolution et qu’il soit véritablement prêt à l’abnégation. Certes, un tel niveau n’est pas accessible à chacun. Néanmoins, les conditions, dans les pays libres en lesquels nous vivons, sont sans aucune(7) commune mesure(8). En outre, “ le Saint béni soit-Il exige uniquement en fonction des forces de chacun ”(9), à condition d’en faire pleinement usage(10). Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7620. (2) Il s’agit de la lettre n°7620. (3) Dans le traité Avot, chapitre 5, à la Michna 16. (4) Selon le traité Chabbat 97a. (5) Selon le Chevileï Emouna, chapitre 54, au paragraphe 2, le Pa’had Its’hak, à cette article et le Tanya, à la fin du chapitre 14. (6) La Russie soviétique. (7) Le Rabbi souligne le mot : “ aucune ”. (8) Avec celles de la Russie. (9) Selon le Midrash Bamidbar Rabba, chapitre 21, au paragraphe 22. (10) De se servir pleinement de ces forces accordées par Dieu.

Lettre n°8467

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8467, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[11 Tamouz 5722]

Vous me décrivez l’état de santé de votre épouse et l’avis du médecin concernant sa grossesse. En pareil cas(1), il est bien évident qu’il faut consulter un Rav de votre entourage, tranchant la Hala’ha. Celui-ci vous indiquera l’avis de la Torah, de notre sainte Torah, Torah de vie, sur cette question. En effet, nul ne peut prendre seul sa décision, en la matière.

Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin et les Mezouzot de votre maison, afin d’établir leur conformité à la Hala’ha. Et, votre épouse maintiendra l’usage positif des femmes vertueuses d’Israël, qui consiste, sans en faire le vœu, à prélever de la Tsédaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. S’agissant de vos difficultés pour gagner votre vie, nos Sages formulent un bon conseil, qui est bien connu, en la matière(2). Il convient, en la matière, de multiplier sa participation à la Tsédaka et de la donner en plusieurs fois, comme l’explique Iguéret Ha Kodech, au chapitre 21. L’un des moments propices pour cela est chaque matin de semaine, avant la prière, comme l’explique la ‘Hassidout, à propos du verset : “ Et, Lavan se leva tôt le matin ”. Vous consulterez, à ce sujet, l’introduction du Sidour(3). Et, c’est donc à ce moment que vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka.

Notes

(1) En cas d’interruption de grossesse. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8279. (3) De l’Admour Hazaken avec les commentaires de la ‘Hassidout.

Lettre n°8469

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8469, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[15 Tamouz 5722]

Vous comprendrez(1) ma surprise et mon plus grand(2) étonnement du fait de n’avoir aucune nouvelle de vous. Puisse Dieu faire qu’il y ait là le signe que tout va bien, en vos préoccupations personnelles et qu’absolument rien ne manque, en vos accomplissements communautaires.

Notes

(1) Cette remarque du Rabbi est adressée à l’un de ses émissaires. (2) Le Rabbi souligne : “ plus grand ”.

Lettre n°8470

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8470, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jour de la libération, le 13 Tamouz, dans laquelle vous me parlez du parti que l’on propose à votre fils. Leur échange n’est pas encore pleinement parvenu à son terme. Néanmoins, ils se sont déjà rencontrés et puisse donc Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, qu’ils bâtissent un foyer juif, une maison ‘hassidique.

Pour ce qui est des détails et des questions financières, il est clair que les deux familles doivent se mettre d’accord. Que Dieu vous accorde la réussite. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui de votre épouse, afin que vous ayez une prompte guérison. De façon générale, en pareil cas, il convient d’adopter les avis convergents de deux médecins spécialistes en la matière. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, d’autant que votre lettre a été écrite au jour même de la libération,

M. Schneerson,

Lettre n°8471

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8471, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav E.R.(1) Chlita, grand Rabbin(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 Tamouz, qui cite le nom d’un jeune homme agréable, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Elyahou Wazana, à propos d’un poste de Cho’het dans votre communauté. Puisse Dieu faire qu’il accède à son rôle et à sa fonction en un moment bon et fructueux. Pour votre part, vous lui viendrez sûrement en aide afin qu’il assume, de la meilleure façon possible, cette mission sacrée. En effet, les commerçants et les bouchers écoutent le Rav, mais pas toujours le Cho’het, surtout lorsque celui-ci vient d’arriver. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.

J’ai bon espoir que vous avez connaissance du récit de la libération des 12 et 13 Tamouz, qui viennent de passer, dates de la libération de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. En effet, “ le corps suit la tête ”(3). Puisse Dieu faire que chacun relève la tête, à la fois en ce qui le concerne personnellement et dans ses réalisations communautaires. Tous agiront, en effet, dans les domaines pour lesquels celui dont nous célébrons la joie et la libération fit don de sa propre personne. Et, il demanda à ses disciples, à ceux qui suivent sa voie, plus généralement à tous ceux qui sont liés à lui, au sein de tout Israël, que ces actions soient “ conformes à ce qu’elles doivent être ”, menées avec empressement, de la part de l’homme et réalisées avec rapidité, par l’aide que leur accorde Dieu.

C’est ainsi que l’on mettra en pratique la finalité profonde de ces actions, “ nous sommes les travailleurs du jour ”, celle d’illuminer, d’éclairer jusqu’à ce que la lumière se dévoile au point le plus bas et qu’elle puisse y être perçue. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Elyahou R. Toaf. (2) De Rome, Italie. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8453.

Lettre n°8472

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8472, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Tamouz(1), qui sera transformé en joie et en allégresse. Vous sollicitez ma bénédiction. En un moment propice, cette demande sera lue près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

J’ai lu, avec intérêt que vous passerez l’été dans le centre de vacances, dont vous serez le médecin. J’ai bon espoir que vous soignerez non seulement le corps de ceux qui vous consulteront, mais aussi leur âme. Bien plus, les médecins, à notre époque, sont parvenus à la conclusion que la santé morale a une grande influence sur la santé physique, bien au-delà de ce que l’on imaginait au préalable. Du reste, ils énoncent eux-mêmes le dicton suivant : “ une âme sainte dans un corps saint ”.

De fait, on peut penser que tel est le contenu profond de notre foi, foi de l’Unité, foi qui montre l’élément unificateur de l’ensemble de la création, ses aspects matériels et ses aspects spirituels. A quelqu’un comme vous, il ne fait pas de doute qu’il n’y a pas lieu d’en dire plus. Et, l’assurance nous a été donnée que “ l’on vient en aide à celui qui veut se purifier ”(2). En outre, on connaît la précision, à ce propos, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon laquelle il convient également de purifier les autres. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Je connais, depuis longtemps, les directeurs de ce centre de vacances. Je veux espérer qu’ils vous viendront en aide, dans l’action qui vient d’être décrite, dans toute la mesure du possible et avec enthousiasme,

Notes

(1) L’un des jeûnes liés à la destruction du Temple. (2) Selon le traité Yoma 38b. Voir le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, à la page 88b.

Lettre n°8473

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8473, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tamouz 5722,

Brooklyn,

A monsieur Reouven(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me parlez de la réédition des livres de vos ancêtres. Vous me demandez ce que j’en pense. S’agissant de ces livres proprement dits, je ne les ai pas consultés. Il convient donc de prendre le conseil de spécialistes en la matière, se trouvant près de vous, qui pourront donc les examiner. En outre, les institutions se consacrant à cela(2), à n’en pas douter, savent également si ces livres et leur auteur ont un lien avec les pays d’Europe ayant subi la dernière guerre. On peut aussi le vérifier auprès du comité pour le paiement et le dédommagement(3). Dans certains cas, celui-ci peut participer aux frais de publication. De même, il y a, en Terre Sainte, quelques institutions qui aident à l’édition des livres sacrés. Sans doute pourrez-vous vérifier les détails de tout cela également auprès des Rabbanim et des recteurs de Yechiva.

Pour faire suite à la fin de votre lettre, on mentionnera votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction des souhaits de votre cœur, sur les points que vous énumérez. Mais, sans doute intervenez-vous également en empruntant les voies naturelles. En effet, un homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour cela et c’est là le réceptacle qui lui permet de mettre en pratique les termes du verset : “ L’Eternel ton Dieu te bénira en tout ce que tu feras ”. Tout est effet de la divine Providence et j’ai donc l’obligation, de même que le mérite, de vous souligner la nécessité, l’obligation personnelle de fixer un temps pour l’étude de la dimension profonde de la Torah, laquelle à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Cette étude sera quotidienne et accrue pendant le Chabbat qui est saint pour l’Eternel. Si, de tout temps et en tout lieu, elle a été une nécessité, combien plus est-ce le cas de nos jours, surtout en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, “ vers laquelle toujours sont tournés les yeux de Dieu du début de l’année à la fin de l’année ”. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Monsieur R. Einhorn, de ‘Haïfa. (2) A l’édition de livres. (3) Des pertes subies du fait des nazis.

Lettre n°8474

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8474, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[21 Tamouz 5722]

On(1) peut observer clairement(2) les bienfaits de Dieu et Ses merveilles en vos préoccupations personnelles et également pour ce qui concerne la Yechiva de Kiryat Gat(3). A n’en pas douter, Il fera qu’il en soit encore ainsi. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous continuiez à sanctifier le Nom de Dieu. Heureux est votre sort, puisque vous avez eu le mérite d’être à l’origine de ce projet sacré(4) ! Et, Dieu fasse que vous poursuiviez en ce sens, d’une manière accrue, dans la joie et en bonne santé.

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Yaakov Pelès. Voir, à son sujet, la lettre n°7890. (2) Le Rabbi souligne le mot : “ clairement ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8289. (4) L’édification de cette Yechiva.

Lettre n°8475

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8475, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tamouz 5722,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Moché Maizlich(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens d’apprendre le décès de votre épouse, puisse-t-elle reposer en paix. D’après mes informations, la période du deuil(2) est désormais passée. Puisse donc Dieu faire que ce deuil disparaisse, avec tout ce qui le concerne, pour chacun et pour tous, que vous ne connaissiez maintenant que le bien, avec tous les vôtres, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, soit, selon la formulation de la ‘Hassidout, un bien visible et tangible, à la fois matériellement et spirituellement.

Les ‘Hassidim ‘Habad racontent(3) que, lors du décès de la Rabbanit(4), épouse du Tséma’h Tsédek, celui-ci porta le deuil pendant une longue période et il refusa de se consoler. Puis, l’un de ses proches vint le voir et il lui dit : “ Le Rabbi(5) ne nous a-t-il pas rapporté le commentaire que font nos Sages(6) du verset : ‘Vois la vie avec la femme que tu aimes ”, selon lequel ce terme fait ici allusion à la Torah ? ”. Le Tséma’h Tsédek lui répondit : “ Tu m’as rendu la vie ! ”. Dès lors, son état d’esprit en fut transformé. Or, on peut réellement s’interroger sur ce récit. Le Tséma’h Tsédek n’avait-il pas lui-même connaissance de cette explication ? A n’en pas douter, celle-ci lui était venue à l’esprit, à différentes reprises, pendant la période du deuil. Que réalisa donc cet homme, en la lui rappelant et comment fut-il ainsi à l’origine d’un changement aussi extrême dans l’existence quotidienne du Tséma’h Tsédek ? En fait, une idée, uniquement exprimée par la pensée, n’est plus la même, quand elle est formulée dans le monde de la parole, bien qu’elle semble ne pas avoir été changée. Car, “ nul ne peut se libérer lui-même de sa propre prison ”(7) et ceci est vrai, de la même façon, pour les plus grands. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles,

N. B. : Je dois ajouter qu’avant d’entreprendre la rédaction de la présente, m’est venu à l’esprit un dicton qui est répandu ici, dans la ville en laquelle nous sommes parvenus, aux Etats-Unis : “ mind your own business ”(8). A fortiori en est-il ainsi pour un homme qui est dans la peine. Puis, cette interrogation m’a elle-même apporté la réponse. En effet, la formule que l’on prononce devant celui qui est dans la peine est, précisément : “ parmi les autres endeuillés de Sion et de Jérusalem ”(9). Cela veut dire qu’il ne s’agit pas d’une affaire personnelle, que tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem sont impliqués également. De fait, ils prennent part à la consolation. Puis, me consacrant à la rédaction de cette lettre, j’ai pensé à un autre point, mais je me suis demandé si je devais en faire mention ici. Il s’agit de ma réaction à votre courrier de la fin de Nissan, auquel je n’ai pas encore répondu. En effet, il semble que vous mainteniez fortement votre position et que votre décision soit déjà prise de manière définitive. En l’occurrence, vous m’excuserez de déplorer que vous ayez décidé de ne pas agir à l’extérieur de vos quatre coudées et au sein de votre entourage. De fait, il est, pour certaines personnes, très difficile de changer d’avis. Cela est comme une servitude qui leur serait imposée.

En tout état de cause, je pense qu’il est de mon devoir de formuler une remarque sur le contenu de votre lettre. De façon générale, une déception conduisant à réduire son action peut être fondée et celui qui éprouve ce sentiment peut avoir parfaitement raison. On peut, néanmoins, se demander qui trouve son intérêt dans cette déception, quelle est son origine ? Selon les termes du Tanya, cet état d’esprit découle-t-il : “ du côté droit ou du côté gauche ” ? Autre critère, qui sera le gagnant de ce manque d’activité et de l’argumentation justifiée de celui qui est déçu ? Car, au final, selon la formulation de nos Sages, “ nous sommes des travailleurs du jour(10) ” et le Tséma’h Tsédek explique(11), à ce propos, que l’on doit susciter la clarté. De fait, le terme “ travailleurs ”(10) est employé ici à dessein. En effet, il ne s’agit d’éclairer un endroit qui est intrinsèquement lumineux. Et, tout cela n’est pas facile. Il faut réellement agir et l’on en obtient la récompense uniquement dans la mesure où l’on s’est investi pleinement.

Je dois ajouter que je n’admets pas du tout certains de vos arguments, mais, comme je l’ai dit, cela est totalement indépendant de la question que je posais dans ma première lettre et qui est la suivante. Chacun(10) doit diffuser la lumière, la lumière véritable de notre Torah, Torah de vérité et son luminaire, qui en est la dimension profonde, jusqu’à ce que cette Torah soit, selon son sens étymologique, Horaa, un enseignement, jusqu’à ce qu’elle délivre un enseignement pour l’existence quotidienne, non seulement par la pensée, puisque “ le Saint béni soit-Il demande le cœur ”(12), mais aussi, comme je l’ai disais plus haut, par la parole et par l’action concrète. Certes, il est dit(13) que : “ la Torah dispense celui qui se trouve dans un cas de force majeure ”. Pour autant, “ on ne le considère pas comme s’il avait agi ”(14), pas même dans le monde de la parole et encore moins dans le nôtre, celui de l’action.

Je conclurai comme vous l’avez vous-même fait, dans votre lettre, par une parole de Torah, sur la raison de l’envoi de mets à ses amis(15). J’ai entendu un récit original(16), qui m’a été rapporté par un des Rabbanim de Russie de notre génération. Celui-ci éclata en sanglots en plein milieu du Chabbat et, quand on lui en demanda la raison, il expliqua qu’une question venait de lui être posée par quelqu’un qui respectait scrupuleusement la Torah et les Mitsvot, jusqu’à la moindre disposition des Sages. Cet homme lui avait demandé s’il pouvait encore réciter le Kiddouch sur du vin, car il avait succombé à l’épreuve et il avait dû se rendre à son travail pendant le Chabbat(17). Certes, il n’avait transgressé aucun Interdit et avait uniquement fait acte de présence. Pour autant, les autres le considéraient comme une transgression publique du Chabbat. Il demandait donc de quelle manière il était lui-même considéré : pouvait-il encore réciter le Kiddouch sur du vin qu’il avait touché ?

Et, peut-être ceci est-il lié à ce qui a été dit plus haut. Même si les observateurs constatent un grand vide dans le monde, ou encore, pour reprendre l’expression que vous utilisez, dans votre lettre, “ le vide à l’intérieur, neuf mesures(18) ayant d’ores et déjà été prises ”, qui peut décider et juger en fonction de ce qu’il voit de ses propres yeux que la réalité est bien ainsi, puis en conclure qu’il doit s’enfermer dans ses quatre coudées ? Peut-être ai-je été trop long et vous voudrez bien m’en excuser. Je ne vous cacherai pas ce que j’espère ainsi(19) : malgré l’insatisfaction dont vous faites état dans votre lettre, j’espère que vous changerez d’attitude et que vous commencerez à agir, en tout endroit où s’étend votre influence. Si le besoin s’en fait sentir, Dieu pourra faire en sorte que votre bras s’allonge plusieurs centaines de fois(20), afin d’agir en ce sens et de mettre en pratique les Mitsvot, au quotidien. Et, même si quelqu’un n’admet pas ce que vous écrivez avec douleur, vous vous lierez néanmoins à lui afin de lui apporter l’élévation, de sorte, notamment, qu’il mette les Tefillin, qu’il mange cacher, qu’il respecte le Chabbat.

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8379. (2) Soit un mois, pour une épouse. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°1463 et 2216. (4) ‘Haya Mouchka. (5) Le Tséma’h Tsédek lui-même. (6) Dans le traité Kiddouchin 30b. (7) Selon le traité Bera’hot 5b. (8) Occupe-toi de tes propres affaires, mêle-toi de ce qui te regarde. (9) Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 210. (10) Le Rabbi souligne les mots : “ jour ”, “ travailleurs ” et “ chacun ”. (11) Voir, à ce sujet, la lettre n°8453. (12) Selon le traité Sanhédrin 106b. (13) Dans le traité Baba Kama 28b (14) Selon le Yerouchalmi, traité Kiddouchin, chapitre 3, au paragraphe 2. (15) Le jour de Pourim. (16) Voir le Séfer Itvaadouyot 5744, tome 2, à la page 751. (17) Du fait des persécutions soviétiques. (18) Sur les dix qui existent. (19) Par la rédaction de la présente. (20) Voir, à ce sujet, le traité Sotta 12b et le commentaire de Rachi sur le verset Chemot 2, 5.

Lettre n°8476

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8476, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille du saint Chabbat qui bénit

le mois de Mena’hem Av 5722,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous nous trouvons “ entre les oppressions ”(2) et, en outre, à proximité du mois de Mena’hem(3) Av. Puisse donc notre Père Qui se trouve dans les cieux consoler Lui-même tout Son peuple Israël, précisément Lui-même(4), ainsi qu’il est dit : “ C’est Moi, Moi Qui vous consolerai ”, d’une consolation qui sera “ double pour la sagacité ”(5), à la fois matériellement et spirituellement, jusqu’à obtenir le bien visible et tangible devant nos yeux de chair, ici-bas, d’une manière concrète.

La préparation et l’introduction à tout cela sont la diffusion des sources(6) à l’extérieur, conformément aux termes de la sainte épître, bien connue(7), de notre maître, le Baal Chem Tov, dont la mémoire est une bénédiction. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de votre succès en votre mission sacrée,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce sujet, la lettre n°8483. (2) Entre les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av. Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les Rechimot sur E’ha du Tséma’h Tsédek, au paragraphe 277, dans le Or Ha Torah, Na’h, tome 2, à la page 1036, qui dit : ‘On l’a rattrapée entre les oppressions’ ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il est bien connu et établi que le mois d’Av s’appelle également Mena’hem, selon le Guet Pachout, chapitre 129, au paragraphe 35, de même que le Knesset Ha Guedola sur le Even Ha Ezer, au paragraphe 26 et Beth Yossef, au paragraphe 41 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la Pessikta, citée par les Tossafot, au traité Meguila 31b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash E’ha Rabba, à la fin du chapitre 1. Voir aussi la Pessikta de Rav Kahana, au paragraphe : ‘C’est Moi, Moi’ et le Likouteï Torah, Parchat Nitsavim, à la page 48a ”. (6) De la ‘Hassidout. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Publié, dans plusieurs éditions, comme introduction au Likouteï Amarim du Maguid de Mézéritch ”. Voir le début du Kéter Chem Tov.

Lettre n°8477

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8477, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11/6, qui m’est parvenue avec beaucoup de retard, de même qu’à celle qui la précédait. Il est bien évident que vous-même et vos amis devez vous efforcer de diffuser, dans toute la mesure du possible et en tout endroit où s’étend votre influence, notre Torah, Torah de vie, l’étude de sa partie révélée et celle de sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Il est tout aussi clair que votre attitude doit être empreinte de sérénité et de paix, car telles sont les voies de notre sainte Torah, Torah de vie. Il nous est demandé d’accomplir ces deux points à la fois(1) et il est donc certain qu’il est possible d’y parvenir, avec le comportement qui convient et l’effort nécessaire. De la sorte, on pourra s’écarter de toute controverse et se consacrer à ce qui a été dit, c’est-à-dire à la diffusion de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout, de même qu’à celle des Mitsvot, avec enthousiasme.

Et, si quelqu’un exprime son désaccord(2), ce qu’à Dieu ne plaise, il ne faudra pas y prêter attention, ni polémiquer car, au final, ce qui a été dit et qui est l’enseignement du Baal Chem Tov, de ses disciples et des disciples de ses disciples emportera la victoire. J’ai bon espoir que vous-même, vos amis et, avant tout, le ‘Hassid, Rav A.Ha Cohen Tawil, me donnerez de bonnes nouvelles de tout cela, à la mesure de ce qui est nécessaire. Que Dieu vous accorde le succès. Avec ma bénédiction de Mazal Tov, de même que pour donner de bonnes nouvelles de ce qui vient d’être dit, de vos activités communautaires et de vos préoccupations personnelles,

Notes

(1) De diffuser la Torah et de le faire avec sérénité. (2) A cette diffusion.

Lettre n°8478

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8478, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22 Tamouz, dans laquelle vous envisagez différentes possibilités sur la manière dont vous vous installerez, dans le proche avenir. Vous me demandez ce que j’en pense. Or, mon opinion est très claire, sur la base de ce que l’on peut observer du caractère des hommes. En effet, c’est précisément à votre âge, en ces années, que l’on doit étudier la Torah avec élan et ardeur, dans une Yechiva, un environnement pénétré de crainte et d’amour de Dieu, car, selon l’expression de nos Sages(1) : “ Si vous ne le faites pas maintenant, quand le ferez-vous ? ”.

Comme je le disais, on peut vérifier dans la pratique qu’en remettant tout cela à plus tard, ce qu’à Dieu ne plaise, un an, ou même moins que cela, on applique les termes de l’enseignement suivant de nos Sages(2) : “ Ne dis pas : ‘lorsque je disposerai de temps, j’étudierai’, car peut-être n’en auras-tu pas le temps ”. Bien plus, à notre époque, des vents indésirables soufflent dans la rue et dans le monde. De ce fait, le “ peut-être ” de cette affirmation se transforme, bien souvent, en certitude et point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est douloureux. J’ai bon espoir que ces quelques lignes, bien que peu nombreuses, suffiront pour vous faire prendre conscience de la vérité et de ce qui est bon pour vous, en ce qui concerne votre activité des mois à venir. Plus vous étudierez notre Torah, Torah de vie, sa partie révélée et sa dimension profonde, mieux cela sera. En outre, l’assurance nous a été donnée(3) que : “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. Je serais heureux d’avoir de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour me donner ces bonnes nouvelles,

N. B. : Vous me dites que quelqu’un a eu des difficultés à admettre votre entrée à la Yechiva. Or, on peut vérifier qu’en prononçant des paroles qui émanent du cœur et en étayant sa décision, on obtient, au final, que la vérité soit acceptée et, dès lors, on comprend que cela est pour votre bien, à la fois matériel et spirituel. En tout état de cause, vous consulterez le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, à la fin du chapitre 240.

Notes

(1) Dans le traité Avot, chapitre 1, à la Michna 14. (2) Dans le traité Avot, chapitre 2, à la Michna 4. (3) Dans le traité Yoma 38b.

Lettre n°8479

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8479, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Au Rav Yaakov Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, à laquelle était jointe votre livre, le Béer Yaakov, un commentaire des traités Yebamot et Kanim, présentant une façon intéressante d’illustrer les paroles de la Torah. Puisse Dieu faire qu’encore pendant de nombreuses années, vous redoubliez d’ardeur en la Torah, que vous en diffusiez l’étude, l’explication et que vous permettiez de la comprendre. Vous le ferez à la fois pour sa partie révélée et pour sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout.

De fait, il y a bien là une Injonction spécifique à nos générations. Il convient de l’étudier jusqu’à la comprendre, comme l’établissent différents textes. Vous verrez, en particulier, les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, à la fin du chapitre 2 et au chapitre 1, à la fin du paragraphe 6. Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : Comme à mon habitude, je formulerai les quelques remarques suivantes. Quand on a recours à des signes, on s’efforce, dans la mesure du possible, que ceux-ci aient un rapport avec ce qu’ils désignent, ce qui veut dire qu’un signe d’interdiction doit être l’inverse d’un signe d’injonction. Or, dans votre livre, le même signe désigne le lévirat, Yeboum et l’interdiction. Pour le déchaussement, le signe doit avoir des lignes séparées afin de figurer la rupture. Pour le lévirat, par contre, qui est un lien, la ligne doit être ininterrompue. De même, le mariage doit aussi être représenté par une ligne ininterrompue.

Une remarque sera également formulée dans un tout autre domaine. Il ne me semble pas que des crochets doivent être utilisés comme signe, car cela n’a jamais été le cas(2), depuis les six jours de la création. Je vous joins une note(3) et j’espère qu’elle vous intéressera.

Notes

(1) Le Rav Y.D. Cantor, de Tel Aviv. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°360. (3) Il s’agit du texte de la causerie du Rabbi, prononcée pendant le Chabbat Parchat ‘Houkat-Balak 5722, qui figure dans le Likouteï Si’hot, tome 2, à partir de la page 599.

Lettre n°8480

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8480, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Tamouz, dans laquelle vous me demandez s’il est permis de changer de rite pour adopter celui de ‘Habad, le rite du Ari Zal. Il est évident qu’un tel changement est permis(1), à la condition que la décision en soit définitive(2). En effet, on ne peut pas revenir du rite Ari Zal au rite séfarade ou ashkénaze, comme le précisent les derniers Décisionnaires.

Vous gardez sûrement les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Ceci s’ajoute au point essentiel, l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, avec élan et ardeur(3). En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8278. (2) Sans possibilité de revenir en arrière. (3) Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement un élève de la Yechiva.

Lettre n°8481

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8481, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi, dans laquelle vous me demandez mon avis, pour déterminer si telle personne est susceptible d’être Rav et de trancher la Hala’ha. Il est bien clair que l’on ne peut pas porter un témoignage sur une personne que dans la mesure où on la connaît parfaitement. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’un Rav, qui sera appelé à trancher la Hala’ha dans une communauté juive. Or, si dix Juifs constituent une “ sainte assemblée ”, combien plus est-ce le cas pour plusieurs dizaines d’entre eux, puisse Dieu les multiplier !

Vous me demandez également comment considérer ceux qui prétendent que certains aspects de notre sainte Torah n’émanent pas de Dieu ou bien qui négligent une Mitsva de notre sainte Torah, Torah de vie. Je suis surpris par une telle question(1). Le Yad Ha ‘Hazaka, du Rambam, condamne, en effet, très clairement, dans ses lois de la Techouva, chapitre 3, au paragraphe 8 : “ celui qui prétend que la Torah ne provient pas de Dieu, même si son affirmation ne porte que sur un seul verset ou un seul mot. Il en est de même pour celui qui remet en cause son commentaire, la Loi orale, ou bien qui prétend que le Créateur a remplacé une Mitsva par une autre, qu’Il a supprimé tel enseignement de la Torah ”. Vous consulterez ce texte, qui est basé sur un enseignement très clair de la Guemara. Or, les propos du Rambam, dans son livre et ceux des Décisionnaires d’Israël, en général, ont la même valeur que la Michna, comme le soulignent ces Décisionnaires et vous consulterez, à ce sujet, les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, au début du second chapitre.

Nous nous trouvons “ entre les oppressions ”(2) et puisse donc Dieu, Qui donne la Torah et ordonne la Mitsva obturer les brèches de Son peuple Israël, à la fois spirituellement et matériellement. Que se renforcent, la foi, l’étude de la Torah, la pratique effective des Mitsvot, de la meilleure façon, en tout endroit où résident des enfants d’Israël. Très bientôt et de nos jours, nous mériterons l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ se dressera un roi de la maison de David, qui sera versé dans la Torah et se consacrera aux Mitsvot. Il conduira tout Israël à la suivre et à renforcer sa pratique. Il mènera le combat de Dieu ”. Il sera notre juste Machia’h, qui reconstruira le Temple et rassemblera les exilés d’Israël, comme le tranche le Rambam, à la fin du chapitre 11 de ses lois des rois. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir à ce sujet, la lettre n°8607. (2) Les jeûnes liés à la destruction du Temple, le 17 Tamouz et le 9 Av.

Lettre n°8482

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8482, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tamouz 5722,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre(1), que vous n’avez pas daté, comme à l’accoutumée. J’ai mentionné votre nom et tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles les concernant et, bien entendu, vous concernant également.

Dieu fasse qu’il y ait, parmi celles-ci(2), une modification de votre observation du monde, que vous cessiez de le considérer comme obscur. Vous le verrez bon et lumineux et la réflexion, même sommaire, permet d’établir que cela dépend, pour une très large part, de l’homme qui observe et qui perçoit, beaucoup plus que du monde et de ce qui lui est extérieur. Et, l’on peut citer de nombreux exemples, à ce propos. Chacun voit, autour de lui, ce qui est bon et ce qui est meilleur et il peut donc en tirer une conclusion. En effet, selon un dicton bien connu(3), “ l’intellect dirige le sentiment ”. Bien plus, l’Admour Hazaken précise(4) qu’il en est ainsi : “ naturellement, depuis la naissance ”, ce qui veut dire qu’aucun effort n’est nécessaire pour cela. En conséquence, même ceux qui se sont habitués à une vision négative peuvent eux-mêmes faire en sorte que l’intellect l’emporte. Ils en ont donc l’obligation et le mérite. Pour cela, il faut se pénétrer de confiance en Dieu, Qui est l’Essence du bien et “ il est dans la nature de Celui Qui est bon de faire le bien ”. Tous ces événements ne sont donc que des épreuves. S’il n’en est pas ainsi, il y a tout lieu de penser que c’est parce qu’on ne le veut pas et non parce que l’on n’en a pas les moyens.

L’assurance nous a été donnée que ces jours(5) seraient transformés en allégresse et en joie. Pour se préparer à l’accomplissement de cette promesse, un Juif, dans son service de Dieu, à l’heure actuelle, doit transformer le petit monde qu’il constitue et, de cette façon, son entourage, de même que tout endroit où il peut exercer son influence. Dès lors, cet entourage sera joyeux et lumineux. Comme l’établit le dicton précédemment cité, on en a pleinement la possibilité et tout ne dépend donc que de la volonté de le faire. Avec ma bénédictions pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Parmi ces bonnes nouvelles. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°7609. (4) Au chapitre 12 du Tanya. Voir, à ce sujet, la lettre n°8484. (5) Les trois semaines de commémoration de la destruction du Temple qui séparent le 17 Tamouz du 9 Av.

Lettre n°8483

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8483, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille de Roch ‘Hodech

Mena’hem Av 5722,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous nous trouvons “ entre les oppressions ”(2) et à proximité du mois de Mena’hem(3) Av. Puisse donc Dieu faire que soit consolé tout notre peuple, les enfants d’Israël, précisément par le Saint béni soit-Il Lui-même(4), ainsi qu’il est dit : “ C’est Moi, Moi Qui vous consolerai ”. Et, cette consolation elle-même sera double(5), ainsi qu’il est dit : “ Consolez, consolez Mon peuple ”, son corps et son âme, physiquement et moralement, par un bien supérieur(6), un bien visible et tangible.

La préparation, le préambule à tout cela est la diffusion des sources(7) à l’extérieur, selon la sainte épître bien connue(8) de notre maître, le Baal Chem Tov, dont la mémoire est une bénédiction. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles des réalisations communautaires et des préoccupations personnelles,

M. Schneerson,

*

*

*

Je viens de recevoir votre lettre du 29 Tamouz et la suivante(9). Vous me demandez s’il faut construire(10) sur des colonnes. Il est clair, qu’en la matière, il est nécessaire de se conformer à l’avis des ingénieurs.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 357. Voir aussi la lettre n°8476. (2) Entre deux jeûnes liés à la destruction du Temple, le 17 Tamouz et le 9 Av. Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les Rechimot sur E’ha du Tséma’h Tsédek, au paragraphe 277, dans le Or Ha Torah, Na’h, tome 2, à la page 1036, qui dit : ‘On l’a rattrapée entre les oppressions’ ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il est bien connu et établi que le mois d’Av s’appelle également Mena’hem, selon le Guet Pachout, chapitre 129, au paragraphe 35, de même que le Knesset Ha Guedola sur le Even Ha Ezer, au paragraphe 26 et Beth Yossef, au paragraphe 41 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la Pessikta, citée par les Tossafot, au traité Meguila 31b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash E’ha Rabba, à la fin du chapitre 1. Voir aussi la Pessikta de Rav Kahana, au paragraphe : ‘C’est Moi, Moi’ et le Likouteï Torah, Parchat Nitsavim, à la page 48a ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 11 ”. (7) De la ‘Hassidout. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Publié, dans plusieurs éditions, comme introduction au Likouteï Amarim du Maguid de Mézéritch ”. Voir le début du Kéter Chem Tov. (9) Ce paragraphe est ajouté à la lettre destinée au Rav Zusha Wilimovski. Voir, à son sujet, la lettre n°8292. (10) Les maisons de Kfar ‘Habad.

Lettre n°8484

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8484, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Mena’hem Av 5722,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tamouz. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que le souhait de votre cœur soit exaucé, d’une manière positive. Vous êtes élève de la sainte Yechiva Tom’heï Temimim de Lod et il est donc sûrement inutile de vous rappeler votre devoir d’étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout avec élan et ardeur. D’une part, et c’est le point essentiel, Dieu Lui-même ordonne qu’il en soit ainsi. Mais, d’autre part, c’est également le canal et le réceptacle permettant de recevoir la bénédiction de Dieu en ses besoins. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de la maison de vos parents, afin de vous assurer de leur validité, conformément à la Hala’ha.

Vous me demandez comment parvenir à vous maîtriser. La réponse à cette question figure dans une explication du saint Tanya(1). L’idée est la suivante : “ L’intellect dirige le sentiment ”(2). Or, le verbe “ diriger ”(3) a deux significations. Il indique, d’une part, que l’homme peut effectivement maîtriser son esprit. Il précise, d’autre part, qu’il s’agit bien, en l’occurrence, de maîtrise, de contrainte. En la matière, tous sont effectivement identiques. Il n’est pas question, en revanche, de transformer le mal en bien(4). Cela veut dire que, de temps à autre, le mauvais penchant peut reprendre le combat, mais, même si c’est le cas, le Saint béni soit-Il accorde Son aide. Vous consulterez ce passage du Tanya.

En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Au chapitre 12. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8482. (3) Le Rabbi souligne le mot : “ diriger ”. (4) Ce qui, effectivement, n’est pas à la portée de tous.

Lettre n°8485

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8485, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Mena’hem Av 5722,

Brooklyn,

Au jeune David Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tamouz. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que les souhaits de votre cœur soient exaucés d’une manière positive. Il est sans doute inutile de vous expliquer longuement que vous devez étudier, avec élan et ardeur, la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde, c’est-à-dire la ‘Hassidout(1). Tout d’abord, point essentiel, il s’agit d’une Injonction de Dieu. En outre, c’est aussi le canal et le réceptacle permettant de recevoir la bénédiction de Dieu et la satisfaction des vœux de son cœur. Et, l’assurance nous a été donnée(2) que : “ lorsqu’un homme se sanctifie quelque peu ici-bas, il est largement sanctifié d’en haut ”.

Vous m’interrogez sur les études du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya(3). Lorsqu’il arrive de les apprendre pendant la nuit, en laquelle doit-on compléter ce qui a manqué(4) ? D’après ce que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, il faut le faire pendant la nuit suivante. Néanmoins, pour ce qui est des Tehilim, notre coutume(5) est de ne pas les lire à partir du coucher du soleil et jusqu’au milieu de la nuit, à l’exception de Yom Kippour, par exemple. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva. (2) Traité Yoma 39a. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6292 et le Likouteï Si’hot, tome 18, à la page 435. (4) La nuit précédente ou bien la nuit suivante ? (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8242.

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