Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8343
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8343, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Chevat, dans laquelle vous m’indiquez de quelle manière vous gagnez votre vie. Vous précisez que certaines personnes vous poursuivent. Or, bien souvent, on a l’impression d’être poursuivi par quelqu’un, alors qu’en réalité, ce n’est nullement le cas ou bien pas d’une manière aussi aiguë que ce que l’on imagine. Un homme n’est pas objectif, pour ce qui le concerne(1). Vous prendrez donc le conseil d’amis, se trouvant sur place. Bien plus, d’après ce que vous écrivez, ceci a une incidence sur la manière dont vous gagnez votre vie. En la matière également, il faut solliciter le conseil de ceux qui se trouvent en votre endroit.
Il est bien évident qu’un comportement quotidien conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ” suscite la bénédiction de Dieu en tous les besoins. Et, David, le roi d’Israël, a déjà dit : “ L’Eternel est avec moi. Je ne crains pas ce que peut me faire un homme ”. En raffermissant sa confiance en Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun, on renforce Sa bénédiction et on la révèle au plus vite, c’est bien évident. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin. En outre, chaque jour de semaine, même si vous avez des difficultés à gagner votre vie, vous prélèverez, avant la prière du matin, quelques pièces pour la Tsédaka(2). Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Selon le traité Yebamot 28b. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8279.
Lettre n°8344
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8344, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[30 Chevat 5722]
Vous me parlez de jeunes gens dont la mère n’est pas juive. Or, la Hala’ha est très claire, en la matière et elle stipule que tout dépend de la mère. Il n’y a donc pas lieu de leur enseigner la Torah, si ce n’est les sept Mitsvot des descendants de Noa’h. Et, point qui est peut-être encore plus important, les intégrer à une organisation de jeunes juifs pourrait avoir pour effet de les faire considérer comme juifs, ce qu’à Dieu ne plaise, sans la moindre conversion, même si on les met en garde, à ce propos, de temps à autre. Bien entendu, l’explication selon laquelle on leur enseigne la Torah en attendant que se pose la question de la conversion, quand ils auront dix-huit ans, n’écarte pas l’interdiction précédemment définie et ne supprime nullement le risque qui a été évoqué. En outre, l’âge déterminant, pour la conversion, est celui de treize ans.
Lettre n°8345
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8345, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech
Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous vous êtes fiancée avec un homme respectant les Mitsvot, ayant des traits de caractère favorables. Vous avez fixé la date de votre mariage, qui sera célébré dans quelques semaines. Néanmoins, vous déplorez que celui-ci ne se couvre pas la tête(1) et, pour l’heure, il ne le fait toujours pas, bien qu’il ait promis d’adopter cette pratique quand il quittera le Maroc, au milieu de l’été. Il prétend que se couvrir la tête est uniquement un bon comportement(2). Selon ce que vous écrivez, il a des traits de caractère favorables et il respecte les Mitsvot. Sans doute admettra-t-il donc l’explication suivante. Même s’il ne s’agit que d’un bon comportement, celui qui s’apprête à se marier, c’est-à-dire à bâtir un édifice éternel, selon le texte de la bénédiction qui est récitée lors du mariage, a besoin d’être spécifiquement béni par Celui Qui donne la Torah et ordonne les Mitsvot. Or, comme nous le précisons dans plusieurs prières, “ à Toi, Eternel, appartient la Tsédaka, alors que notre visage est couvert de honte ”. Malgré cela, nous demandons à Dieu de bénir le couple, dans tous les domaines, même si, comme on l’a dit, “ notre visage est couvert de honte ”.
Dieu agit “ mesure pour mesure ”(3), comme le soulignent nos Sages(4). Un homme qui a besoin d’une telle bénédiction se doit de mettre en pratique non seulement ce qui est exigé par la stricte ligne de la Loi, mais aussi ce qui n’est qu’un bon comportement. Bien plus, ce jeune homme précise qu’il se couvrira la tête plus tard. Il suffit donc qu’il adopte cet usage positif quelques mois plus tôt. En échange, il obtiendra de Dieu une bénédiction accrue. Sur la question proprement dite, il prétend que le fait de se couvrir la tête est uniquement un bon comportement. Or, il a déjà été tranché que quiconque respecte la Torah et les Mitsvot est tenu de le faire, non seulement d’après les Décisionnaires qui considèrent que tel est l’avis de la Guemara et des premiers Sages, mais également selon ceux qui ne partagent pas cet avis. En effet, ces derniers admettent qu’en nos générations(5), avoir la tête découverte est un moyen de rejeter la soumission à Dieu, car, en agissant de la sorte, on s’efforce de ne pas être identifié comme un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov, étudiant la Torah et pratiquant les Mitsvot. On fait en sorte de ne pas être considéré comme l’un des enfants d’Israël, ce qu’à Dieu ne plaise, en marchant et en s’habillant comme un non-Juif. En conséquence, non seulement est-on tenu par la Loi de se couvrir la tête, mais, en outre, cette pratique revêt une importance spécifique, car elle est liée au fait que : “ Tu nous as choisis d’entre toutes les nations ”. Il est donc clair que l’on ne doit pas ressembler aux nations et adopter une attitude prêtant à penser que l’on n’est pas juif, ce qu’à Dieu ne plaise.
Je vous joins une brochure expliquant pourquoi l’on doit se couvrir la tête. Vous trouverez sûrement, dans votre entourage, des personnes parlant l’anglais qui pourront vous en expliquer le contenu. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3612. (2) Mais, non une obligation. (3) De la manière dont on agit envers Lui. (4) Commentant le verset Chemot 3, 6. (5) Le Rabbi souligne l’expression : “ en nos générations ”.
Lettre n°8346
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8346, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech
Adar Richon 5722,
Brooklyn,
A ceux qui fréquentent la synagogue Ancheï Loubavitch
de Passaic(1), que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’obtiens de vos nouvelles avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Aharon Moché Babroyski. Celui-ci m’a également transmis votre participation, pour laquelle vous trouverez ci-joint un reçu. La Sidra de cette semaine(2) commence par l’Injonction divine suivante : “ Voici le prélèvement que tu prendras de leur part, de l’or… ” et le Midrash, Parchat Terouma, au chapitre 35, explique, à ce propos : “ Rabbi Chimeon Ben Lakich enseigne : Le monde n’était pas digne de disposer de l’or. Pourquoi fut-il créé ? Pour le Sanctuaire et pour le Temple ”.
Cela signifie, d’une manière allusive, qu’en donnant de l’or pour une cause liée à la Torah et aux Mitsvot, on obtient que celui-ci apparaisse dans le monde. Il en sera donc ainsi pour tous ceux qui participent à la Tsédaka. La bénédiction de Dieu s’en trouvera accrue en tout ce que l’on donne et dans tous les domaines, en général. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) New Jersey, Etats-Unis. (2) La Parchat Terouma.
Lettre n°8347
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8347, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
A monsieur Chimeon(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai été satisfait d’avoir de vos nouvelles par le Rav, ayant un bon comportement, empli d’empressement, Pessa’h Bogomilski(2) et de recevoir votre lettre. A la fin de celle-ci, j’ai lu, avec un plaisir particulier, la mention de la venue prochaine de notre juste Machia’h. Tout ceci me fait espérer que vous vous tenez prêt et que vous agissez de la manière qui convient afin d’aller à la rencontre de notre juste Machia’h.
Bien entendu, pour accueillir le Machia’h, peu importe le nombre de dollars que l’on a en poche et le nombre de maisons qu’on laissera en exil. Seuls doivent être pris en compte le cœur juif, la tête juive, les mains. En d’autres termes, l’intellect doit être pénétré d’étude de la Torah. Le sentiment doit se manifester pour la Torah et les valeurs juives et l’action quotidienne doit être menée dans l’esprit de notre Torah, Torah de vie et selon ses enseignements. On peut vérifier, de la manière la plus claire qu’en décidant, avec la plus grande fermeté, d’adopter le comportement qui vient d’être décrit, on constate que cela est beaucoup plus aisé que ce que l’on imaginait. Bien plus, on peut le faire en bonne santé, dans la bonne humeur et la joie. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit et en saluant tous vos amis, les bons amis se trouvant dans votre ville, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années,
Notes
(1) M. C. Altman. (2) Le Rav Chmouel Pessa’h Bogomilski, de New Jersey, Etats-Unis.
Lettre n°8348
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8348, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre
aux besoins communautaires, est empli d’empressement,
le Rav Moché Yé’hyel(1) et son épouse, la Rabbanit Mindel,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 1er Adar Richon et celle qui la précédait. La différence(2) entre un Mikwé pour lequel on puise l’eau par le haut et celui qui porte un orifice sur le sol est très importante, bien entendu. Il y a, en effet, un risque d’écoulement d’eau et, selon certains avis, cette interdiction est prononcée par la Torah. Or, ce risque subsiste même lorsque la fermeture de l’orifice est incontestable et, plus encore, si elle est faite avec un objet pouvant contracter l’impureté. Je suis surpris que la personne que vous citez ne sache pas tout cela.
Vous disposez, me semble-t-il du Taharat Maïm, l’ouvrage du Rav Nissan Telushkin. Vous y trouverez toutes les explications, à ce sujet. Bien entendu, il est bon qu’il y ait deux bassins, ou même plus encore. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de vos activités communautaires et de vos préoccupations personnelles, de même qu’à l’occasion de votre anniversaire, pour une année de succès, matériel et spirituel, en général et de manière spécifique,
Notes
(1) Le Rav M.Y. Feller. Voir, à son sujet, la lettre n°8300. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8281.
Lettre n°8349
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8349, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
fidèlement aux besoins communautaires,
le Rav Yaakov Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 2 Adar, avec ce qui y était joint. En un moment propice, on mentionnera le nom de votre mère près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Et, la décision que vous prendrez(2) sera pour le bien, un bien visible et tangible. De façon générale, quand on envisage de se déplacer d’un endroit à l’autre, surtout à son âge, il est préférable de s’abstenir dès lors qu’il y a le moindre risque.
Cette semaine est celle de la Parchat Terouma. On commence donc à lire, dans la Torah, la description de la construction du Sanctuaire et nos Sages précisent(3) que le Temple est également appelé Sanctuaire. On pourrait donc penser que Dieu prend en compte uniquement l’âme et son service. Dès lors, à quoi servent les treize ou quinze éléments matériels qui constituent ce Sanctuaire ? N’est-il pas préférable d’étudier la Torah, de prier avec une grande ferveur, y compris dans une maison ordinaire ou même dans une cour(4) ? Il en est de même également pour les sacrifices, qui auraient pu être offerts sur une simple estrade, un lieu se trouvant au milieu du champ ou de la ville, sans qu’il y ait des édifices tout autour.
Or, comme le rapporte notre Sidra, le Saint béni soit-Il voulut que l’on donne de l’or, de l’argent et du bronze. C’est de tout cela que l’on fit un réceptacle pour la Divinité. Et, c’est là que l’on prie, puisque les prières remplacent les sacrifices(5). Il en est de même pour l’étude de la Torah, qui correspond au Saint des Saints, dans lequel se trouvaient uniquement l’Arche sainte, les Tables de la Loi et le Séfer Torah. Il en découle donc un enseignement pour toutes les époques. Dieu doit donner et Il donne effectivement aux Juifs de l’or et de l’argent, afin qu’ils mettent en pratique Sa Volonté profonde et qu’une demeure soit bâtie pour Lui, précisément ici-bas. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav Y.Kats, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°7855. (2) Concernant le traitement médical de la mère. (3) Dans le traité Erouvin 2a. (4) Plutôt que dans un Sanctuaire. (5) Selon le traité Bera’hot 26a.
Lettre n°8350
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8350, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
à l’issue du saint Chabbat Parchat(1)
“ Ils Me feront un Sanctuaire et
Je résiderai parmi eux ” 5722,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée(2), le Rav Hillel(3),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre dans laquelle vous me dites que vous avez obtenu une fonction sacrée, le poste de rabbin, basé sur les valeurs sacrées, de la synagogue, “ petit sanctuaire ”, du dix sept(4) rue des Rosiers, dans votre ville de Paris. Puisse Dieu faire que cette nomination soit en un moment bon et fructueux.
Et, l’on sait que la réussite est atteinte lorsque l’on obtient plus que ce que l’on escomptait d’emblée, c’est-à-dire quand tout ce qui concerne la synagogue se développe, la prière, les enseignements de Torah qui sont donnés en public ou bien à titre individuel. On connaît, en effet, le commentaire que donnent nos Sages(5) du verset : “ Dieu aime les portes de Sion plus que tous les sanctuaires de Yaakov ”. Ainsi, ils précisent, dans le traité Bera’hot 5a : “ Les portes se distinguant dans la Hala’ha ”. Bien plus, selon le souvenir que je conserve des années au cours desquelles j’ai résidé à Paris(6) et prié régulièrement dans cette synagogue, je pense que de ce petit sanctuaire peuvent grandir la prière et la Torah. Il peut effectivement être, comme son nom l’indique, un petit sanctuaire, un palais royal, celui du Roi du monde, selon l’expression du traité Meguila 27a, que vous consulterez.
Puisse Dieu faire que tout cela soit basé sur l’amour et la crainte de Dieu, en soit pénétré, car ces sentiments sont à l’origine de ce qui vient d’être exposé et en assurent la pérennité, comme le Rambam y fait allusion, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du chapitre et comme l’explique plus précisément le saint Tanya, au début du chapitre 4. Nous sommes dans les semaines au cours desquelles on lit, dans la Torah, la manière de mettre en pratique l’Injonction : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”. Or, “ il n’est pas dit : ‘en lui’, mais : ‘parmi eux’ ”, c’est-à-dire au sein de chaque Juif et vous consulterez, à ce sujet, le discours ‘hassidique intitulé : “ Celle qui réside dans les jardins ” de 5708(7). Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et en saluant tous ceux qui prient dans cette synagogue ou dans son voisinage, les membres et, avant tout, les responsables,
Notes
(1) La Parchat Terouma. (2) L’enseignement basé sur les valeurs sacrées. (3) Le Rav H.Pevsner, de Paris. Voir, à son sujet, les lettres n°1749 et 2334. (4) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est dix-sept. (5) Voir également, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 19, à la page 384 et aux références indiquées. (6) Depuis la fin de l’hiver 5693 (1933) jusqu’en 5701 (1941). (7) 1948, du Rabbi Rayats, dans le Séfer Ha Maamarim 5708, à partir de la page 131.
Lettre n°8351
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8351, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
En un moment propice, tous ceux que vous mentionnez seront cités près du tombeau(1). Vous faites également allusion à la colère. Vous consulterez, à ce sujet, Iguéret Ha Techouva, au chapitre 2 et Iguéret Ha Kodech, au chapitre 25(2). L’une des solutions, en la matière, consiste à prendre la décision, avec la fermeté qui convient, de cesser de parler, au moins pendant quelques minutes, chaque fois que vous vous emporterez. La pratique permet d’établir que l’on fait disparaître la colère de cette façon.
Vous évoquez également l’amour du prochain. Vous aurez donc une bonne connaissance au moins du contenu d’un discours du Séfer Ha Mitsvot, du Tséma’h Tsédek, commentant la Mitsva de l’amour du prochain. De temps à autre, vous réviserez ce texte, en en appliquant les termes à votre propre personne. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Du Rabbi Rayats. (2) Les troisième et quatrième parties du Tanya.
Lettre n°8352
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8352, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi et à votre question : l’étude quotidienne d’un chapitre de Tanya suffit-elle pour s’acquitter de l’obligation d’apprendre la dimension profonde de la Torah ? Je suis surpris que vous soyez dans le doute, à ce sujet. Il est, en effet, un principe(1) s’appliquant à toutes les Mitsvot de la Torah, selon lequel on doit agir “ comme il convient de le faire ”. Il est donc certain que vous pouvez également étudier et comprendre d’autres livres de la ‘Hassidout, en particulier selon ce qui est expliqué dans un note de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, figurant dans les résumés et notes sur le Tanya. D’après celle-ci, il existe, entre le Tanya et les autres livres de ‘Hassidout, la même relation qu’entre la Loi écrite et la Loi orale. Cela veut dire, en particulier, selon les termes de l’Admour Hazaken dans Iguéret Ha Kodech, que les notions de la Loi écrite et même ses Mitsvot ne sont évidentes, expliquées et bien connues que par l’intermédiaire de la Loi orale. Et, l’on consultera, à ce sujet, la longue explication du chapitre 29, à cette même référence(2). Il en est donc de même pour la ‘Hassidout, c’est bien évident.
Vous me dites quels sont les ouvrages dont vous disposez. Or, vous résidez parmi les ‘Hassidim, dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Et, l’on sait ce que disent nos Sages(3) sur l’importance de posséder des livres et de les prêter aux autres.
Vous ajoutez(4), à la fin de votre lettre, que le Zohar et les écrits du Ari Zal appartiennent également à la dimension profonde de la Torah. Dès lors, pourquoi souligner que celle-ci a été révélée par la ‘Hassidout ? Or, cette question est surprenante également. En effet, ce que l’on peut vérifier concrètement se passe de tout témoignage et ne doit nullement être prouvé. Je veux dire que l’étude d’un concept exposé par le Zohar, comparée à son explication par la ‘Hassidout est comparable à celle de la Michna sans la Guemara et les commentaires. Et, il en est de même pour les écrits du Ari Zal. Ainsi, essayez d’apprendre un passage des Biyoureï Ha Zohar, après avoir étudié la notion correspondante dans le Zohar lui-même. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, tant cela est évident.
Bien que vous n’en parliez pas dans votre lettre, j’espère que vous avez pris part à la réunion ‘hassidique du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, le dixième jour de Chevat. Lui-même a fait don de sa propre personne afin de diffuser cette étude. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Enoncé par le traité Ketouvot 67a. (2) D’Iguéret Ha Kodech, quatrième partie du Tanya. (3) Dans le traité Ketouvot 50a. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8332.
Lettre n°8353
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8353, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 2 Adar Richon(1), dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie. Vous concluez en exposant un problème auquel vous êtes actuellement confrontée, celui du travail que vous trouverez après votre mariage, en un moment bon et fructueux. Vous me détaillez les avantages et les inconvénients des deux possibilités qui s’offrent à vous(2). Or, la réussite d’une enseignante est diminuée lorsque celle-ci est fatiguée, en l’occurrence du fait du trajet. Et, l’on peut penser que, dans votre ville, vous trouverez bientôt un poste de remplaçante, qui pourra au moins compléter vos revenus, au sens matériel ou bien assurer votre subsistance matérielle et peut-être même avoir les deux utilités à la fois. Vous opterez donc pour le poste qui vous est proposé dans votre ville.
Vous dites, à la fin de votre lettre que vous aviez envisagé de vous marier précisément en un jour où il est permis de jeûner. Or, on sait que les versets et les commentaires de nos Sages ont été donnés par un Berger unique, ce qui veut dire que le jeûne, au jour du mariage et sa suppression, si c’est un Roch ‘Hodech, son remplacement par la veille, ce qui est considéré comme si l’on avait jeûné le jour même, tout cela vient effectivement d’un même Berger, est donc identique. Ceci exclut totalement l’expression figurant dans votre lettre : “ il ne m’a malheureusement pas été possible… ”. Comme je l’ai dit, le mariage sera célébré en un moment bon et fructueux, à la fois matériellement et spirituellement, puisque ces deux dimensions sont liées. En effet, “ Israël est un peuple unique sur la terre ”(3) et il révèle l’unité en tout ce qui le concerne. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une jeune fille. (2) Vraisemblablement un poste d’enseignant, plus intéressant, dans une autre ville et un autre poste, moins intéressant, dans la même ville. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8414.
Lettre n°8354
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8354, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 2 Adar Richon, dans laquelle vous me dites que vous avez rencontré un jeune homme, à plusieurs reprises. Vous avez décidé que celui-ci vous convient et vous me demandez mon avis. De la manière dont votre lettre est rédigée, il semble que chacun d’entre vous, ce jeune homme et vous-même, souhaitiez fonder un foyer qui sera basé sur la Torah et les Mitsvot, une maison juive traditionnelle. En conséquence, cette proposition est positive et elle se fera en un moment bon et fructueux. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
C. M. Simpson,
N. B. : Vous me dites que ce jeune homme est un élève de Yechiva, mais qu’il ne porte pas la barbe et travaille à la fabrication des Tefillin. Vous comprendrez que j’en sois surpris. On sait(1), en effet, à quel point nos Sages, en particulier dans le saint Zohar, ont souligné l’importance de la barbe, d’autant qu’il s’agit, en l’occurrence, d’un élève de Yechiva, se consacrant à la fabrication de Tefillin, c’est-à-dire à une mission particulièrement sacrée. Nos Sages disent(2) que : “ toute la Torah a été comparée aux Tefillin ”. Le saint Nom de Dieu, Son Nom vénérable, y est mentionné vingt-et-une fois et tous ceux qui porteront ces Tefillin par la suite dépendent de la crainte de Dieu de celui qui les a fabriqués. Puisse donc Dieu faire qu’au moins à l’avenir, ce jeune homme porte la barbe, comme l’explique le saint Zohar. De la sorte, la bénédiction de Dieu sera accrue en tous ses besoins.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8297. (2) Dans le traité Kiddouchin 35a.
Lettre n°8355
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8355, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
dixième jour d’Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume
une mission sacrée, le Rav Yehouda Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre. Nous sommes actuellement dans les semaines au cours desquelles sont exposées l’Injonction de bâtir le Temple ou le Sanctuaire, puis son édification effective(2). Le début de cette Injonction, “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”, en précise la finalité ultime, “ Je résiderai parmi eux ” et nos Sages précisent(3) : “ Il n’est pas dit : ‘Je résiderai en lui’, mais ‘Je résiderai parmi eux’, au sein de chaque Juif ”. Or, pour mettre en pratique cette Injonction, il est nécessaire de prendre des objets matériels, de l’or, de l’argent, treize ou quinze éléments qui sont mentionnés dans la Paracha, de les prélever, ainsi qu’il est dit : “ Ils prendront, pour Moi, un prélèvement ” et ceci est accompli par “ celui dont le cœur est généreux ”, lequel agit “ pour Moi ”, “ pour Mon Nom ”.
Une autre idée est ici soulignée d’emblée. La première Injonction porte sur l’Arche sainte, dans laquelle se trouvent les Tables de la Loi, comme le disent nos Sages(4) et le Séfer Torah. Au sein même du Sanctuaire, puis par la suite du Temple, cette Arche était dans le Saint des Saints. On ne parvenait donc jusqu’à elle qu’après avoir traversé la cour, les esplanades, l’antichambre, le tabernacle. L’explication de tout cela est la suivante. Il s’agit, en l’occurrence, de souligner le rôle essentiel que reçoit la Torah dans le monde, au sens littéral, comme dans le “ petit monde ” que constitue l’homme, avec ce qui le concerne. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de détailler la leçon que délivre ce passage, ses différents aspects et ce qui en résulte pour les actions de chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, en son endroit et à son époque. En effet, la Torah et ses enseignements sont immuables, c’est bien évident.
A l’époque, lorsque le Sanctuaire fut bâti, chacun intervint avec un empressement merveilleux, attestant de la joie et du désir de mettre en pratique la Volonté du Créateur, de Lui procurer de la satisfaction. Tous le firent avec pureté et sainteté. C’était, en effet, au lendemain de Yom Kippour, lorsque le Saint béni soit-Il dit : “ J’ai pardonné, conformément à ta parole(5) ”. Puisse donc Dieu faire qu’il en soit de même à l’heure actuelle, pour chacun et pour chacune, dans tous les domaines qui viennent d’être mentionnés, avec lumière, vitalité, enthousiasme, conformément au dicton et à la leçon de l’Admour Hazaken, “ on doit vivre(6) avec le temps ”, c’est-à-dire avec l’enseignement de la Paracha de la semaine. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav Y.L. Raskin. Voir, à son sujet, les lettres n°7273, 7289 et 8620. (2) Voir la lettre n°8350. (3) Dans le Réchit ‘Ho’hma, porte de l’amour, au chapitre 6. (4) Dans le traité Baba Batra. (5) A la demande de Moché. (6) Le Rabbi souligne le mot : “ vivre ”.
Lettre n°8356
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8356, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle j’ai lu, avec plaisir, que vous avez un temps fixé pour l’étude de la ‘Hassidout ‘Habad. Conformément à l’enseignement de nos Sages(1), j’ai bon espoir que : “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”, c’est-à-dire que votre comportement est également conforme à la ‘Hassidout et à ses usages, car rien ne résiste à la volonté et, bien plus, l’assurance nous a été donnée(2) que : “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. Vous me parlez du parti que l’on vous propose et vous précisez que : “ elle n’est pas très religieuse ”. Or, une telle expression peut être interprétée de différentes façons. Vous exposerez donc la situation, avec tous les détails nécessaires, à vos amis se trouvant sur place, comme le veut la coutume juive. Selon les termes du verset, “ le salut provient des nombreux conseillers ”.
Faisant référence à l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ la subsistance de l’homme est arrêtée à Roch Hachana ”, vous me demandez quelle place peuvent avoir les pratiques qui sont citées par le Talmud et par différents textes parce qu’elles sont favorables à la prospérité matérielle et à la richesse. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parchat Kora’h et, de manière plus précise, le Kountrass Ou Mayan(3), du Rabbi Rachab. J’espère que vous connaissez et que vous avez adopté les trois études bien connues portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Dans le traité Kiddouchin 40b. (2) Dans le traité Yoma 38b. (3) A partir de la page 108.
Lettre n°8357
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8357, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[11 Adar 5722]
Je fais réponse à votre lettre du 27 Tévet, que j’ai reçue avec beaucoup de retard. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Vous évoquez vos mauvaises pensées, pendant l’étude et la prière. La solution, en la matière, est bien connue(1). Un livre ou un Sidour sera ouvert devant vous, pendant cette étude ou cette prière. Car, les mots saisissent la pensée et la retiennent.
L’assurance nous a été donnée(2) que : “ si l’on fait des efforts, ceux-ci sont couronnés de succès ” et vous avez le mérite d’être l’élève de la sainte Yechiva Tom’heï Temimim, fondée et dirigée par nos maîtres et chefs. Il est donc certain que, si vous menez votre étude avec ardeur et constance, vous révèlerez la bénédiction de Dieu en tous vos besoins. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8278. (2) Dans le traité Meguila 6a.
Lettre n°8358
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8358, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Une nouvelle m’est parvenue ici selon laquelle on constate une grande négligence en différents domaines vous concernant, ce qui a un effet sur votre état de santé. Bien plus, on peut, en outre, observer du premier coup d’œil ce qui en résulte pour les autres. Je suis surpris qu’il en soit ainsi et vous en comprendrez la raison. On connaît(1), en effet, l’exigence de nos maîtres et chefs, celle d’avoir un comportement permettant de préserver sa santé. Bien plus, la pratique concrète permet de vérifier le dicton(2) du Maguid(3) selon lequel “ un petit orifice creusé dans le corps physique est un trou béant dans l’âme ”. Tout cela est si évident(4) qu’il n’est nul besoin d’en dire plus. J’attends de votre part, par retour du courrier, une réponse positive sur tout cela.
Nous sommes en un mois dont le point central est Pourim, fête qui souligne l’importance du corps, comme l’établissent différents textes, d’après les propos du Toureï Zahav, Ora’h ‘Haïm, chapitre 670, au paragraphe 3, c’est bien évident. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de l’accomplissement de votre mission,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, en particulier, la lettre n°8160. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°6772 et 8564. (3) De Mézéritch. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les lois des dégâts physiques et moraux, de l’Admour Hazaken, au paragraphe 4 ”.
Lettre n°8359
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8359, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 9 Adar Richon, avec ce qui y était joint. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que les souhaits de votre cœur soient exaucés, dans tous les domaines que vous citez. Et, puisque vous m’avez transmis cette requête, Dieu fasse que vous m’en donniez également de bonnes nouvelles. Nous sommes actuellement en Adar, un mois fructueux pour les enfants d’Israël, en tout ce qui les concerne. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Vous me posez, en outre, la question suivante. Ici même, ces dernières années, les médecins ont de moins en moins recours aux traitements de choc et à l’insuline, qu’ils remplacent par des comprimés, fabriqués en Suisse puis légèrement modifiés aux Etats-Unis. Ces comprimés ont un nom différent, selon les états, mais les médecins les connaissent. Tous sont satisfaits de ce remplacement, bien que le traitement soit plus long. Mais, avant tout, il est essentiel que vous vous consacriez, d’une manière agréable, à un travail ou à une activité n’imposant pas une lourde responsabilité.
Lettre n°8360
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8360, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je te salue et te bénis,
Je fais réponse à ta lettre du 15/2, dans laquelle tu me parles de ta famille et de ton origine. Tu me dis que tu poursuis tes études dans une Yechiva ‘hassidique. Et, tu précises que l’image de Dieu apparaît à l’évidence sur ton visage(1), à la différence de ceux qui en conçoivent de la honte et qui ont recours à différents moyens afin de supprimer et d’écarter cette image de Dieu. Tu me demandes comment renforcer ton étude, d’autant que certains membres de ta famille te font des reproches, à ce sujet. Il est clair que tous ces reproches émanent du “ roi vieux et fou ”, du mauvais penchant, qui se dresse contre le Saint béni soit-Il, contre Sa Torah et contre Ses Mitsvot, qui souhaite que l’âme animale d’un Juif l’emporte sur son âme divine et qui renforce donc cette âme animale(2) au même titre que ceux qui font des reproches, afin d’être suivie, en prétendant que tel doit être le comportement de l’homme(2). C’est cette même attitude que le mauvais penchant a d’ores et déjà adoptée lors du don de la Torah, en persuadant de faire le veau(2) d’or et de proclamer : “ Voici ton dieu, Israël ”, ce qu’à Dieu ne plaise. Et, il a des disciples également dans cette génération !
De ce qui vient d’être dit, tu pourras déduire ce que doit être ton comportement, à l’avenir. Tu poursuivras donc ce que tu as fait jusqu’à maintenant, sans tenir compte de l’avis des proches dont tu fais état. Tu mettras en pratique les enseignements de notre Torah, Torah de vie et tu appliqueras ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. C’est sur cette voie qu’un Juif peut être réellement heureux, non pas d’un prétendu bonheur que l’on éprouve pendant quelques minutes, mais d’un bonheur véritable, à la fois matériel et spirituel. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Afin qu’il soit plus aisé de mettre en pratique tout ce qui vient d’être dit, en particulier pour ce qui concerne l’image de Dieu, il serait bon que tu donnes quelques cents à la Tsédaka, chaque jour, avant la prière. Après celle-ci, y compris le Chabbat et les fêtes, tu t’efforceras de lire des Tehilim, selon leur répartition mensuelle.
Notes
(1) Le destinataire de cette lettre porte la barbe. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ âme animale ”, “ l’homme ” et “ veau ”.
Lettre n°8361
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8361, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et
assume une mission sacrée, le Rav Alexander Sender(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du onzième jour d’Adar Richon, m’annonçant une bonne nouvelle, puisque vous avez donné les trois premiers cours portant sur le saint Tanya. Or, selon tous les avis(2), trois fois constituent un fait établi, permettant à “ la seconde âme d’Israël ”, qui est “ une parcelle de Divinité céleste véritable ”(3), d’acquérir et de prendre possession du corps et de l’âme animale, afin de les soumettre à l’âme divine, de les assujettir totalement, de sorte qu’ils lui obéissent, qu’ils s’emplissent uniquement de ses différents aspects et de ses vêtements, sans qu’un élément étranger n’intervienne, comme le dit le Tanya, au chapitre 9. Cette attitude est conforme au serment de l’âme(4) et c’est de cette façon que l’on repousse le mal, puis que l’on transforme l’obscurité en lumière et l’amertume en douceur, ce qui est la finalité ultime de la création du monde, du “ petit monde ” que constitue l’homme comme du monde au sens propre. Nos Sages disent(5), en effet, que Dieu désira créer ce monde afin qu’il soit une demeure pour Lui ici-bas.
Ces jours d’Adar sont propices, puisque leur point central est Pourim, lorsque tout “ fut transformé ”, de sorte que “ les peuples de la terre adoptent les pratiques juives ”, car “ la crainte des Juifs s’abattit sur eux ”. Et, l’on connaît, à ce propos, l’explication qui est donnée par le Rama, dans le Me’hir Yaïn, selon laquelle la crainte éprouvée par les Juifs envers Dieu saisit également les nations du monde et, avant tout, le corps, l’âme animale, comme l’explique le Likouteï Torah dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Il est bon d’espérer ”. C’est de la sorte qu’ils(6) mirent en pratique l’engagement qu’ils avaient contracté au préalable(7), comme l’expliquent longuement les discours ‘hassidiques de Pourim.
J’adresse mes respects et mes salutations à tous ceux qui prennent part à cette étude présentant deux qualités, puisqu’elle est publique, d’une part et, d’autre part, qu’elle porte sur l’aspect de la Torah en lequel il n’y a pas de controverse, qui n’est qu’unité et qui met en évidence l’Unique, selon les propos bien connus du Raya Méhemna, rapportés par le chapitre 26 d’Iguéret Ha Kodech. Je vous adresse ma bénédiction afin que nous méritions très prochainement l’accomplissement de la promesse du Raya Méhemna, formulée à la même référence, selon laquelle : “ le premier libérateur sera le dernier ” et : “ les enfants d’Israël goûteront l’arbre de la vie… ils quitteront l’exil dans la miséricorde ”. Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav A.S. Youdassin, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°7981. (2) Voir le traité Baba Metsya 106b. (3) Selon le second chapitre du Tanya. (4) Formulé par l’âme avant qu’elle descende ici-bas : “ Tu seras un Juste et tu ne seras pas un impie ”. (5) Voir, à ce sujet, le chapitre 36 du Tanya. (6) Les Juifs. (7) Lors du don de la Torah, celui de la mettre en pratique.
Lettre n°8362
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8362, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Adar Richon 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre et je fais réponse à votre question. Comme l’expliquent différents livres, il convient d’être prudent, en ce qui concerne l’épitaphe que l’on inscrit sur une pierre tombale(1) et, plus généralement, pour tout ce qui concerne une âme se trouvant d’ores et déjà dans le monde de la Vérité. Il ne faut rien exagérer, encore moins avancer ce qui ne correspond pas à la réalité. Je veux dire que l’on ne peut pas faire état d’une certaine ascendance, s’il n’en est pas réellement ainsi. Cela veut dire également qu’en cas de doute, il n’y a pas lieu de s’exposer à différents risques.
Vous évoquez l’étude à la Yechiva Tom’heï Temimim. Il est clair qu’il n’y a pas de différence entre Loubavitch ou tout autre endroit(2). Tout cela est identique et, en l’occurrence, peu importe la durée de l’étude, une année ou plus et l’on connaît la célèbre expression de nos Sages(3) : “ élève de la maison d’étude de Rav pendant un jour ”.
Vous faites également allusion à ce qui me concerne et à tout le reste. Je suis surpris par votre question, car l’adresse à laquelle vous m’avez adressé votre lettre est la même pour tous les autres points également. Vous me dites aussi que vous avez cessé d’étudier la ‘Hassidout et vous comprendrez que j’en sois peiné, car c’est, bien au contraire, lorsque l’on se trouve dans une situation particulière, faisant une impression fâcheuse sur le moral de l’homme, que l’on doit, encore plus clairement, intensifier aussitôt son étude de la ‘Hassidout, que le Raya Méhemna(4) appelle : “ arbre de vie ”, car “ l’autre côté ” n’y a aucune emprise, ce qu’à Dieu ne plaise. Celle-ci est la vie et “ la vie de la vie ”. Il est, bien entendu, absolument inutile d’en dire plus.
Vous m’interrogez à propos de la Tsédaka et vous faites vraisemblablement allusion au vœu que vous avez prononcé, lors de votre maladie et de son fait. Vous connaissez l’affirmation de nos Sages(5) selon laquelle : “ la promesse à Dieu est comme la transmission à l’homme ”, ce qui veut dire que ce vœu n’a aucun rapport avec ce que des héritiers donnent pour le mérite de l’âme et pour son élévation ou bien avec la partie de l’héritage qui est prélevée pour la Tsédaka. En conséquence, si la Yechiva Torat Emet(6) vous contacte à propos de l’héritage, ce que vous leur donnerez ne vous acquittera pas du vœu que vous avez fait pour la Tsédaka, c’est bien évident.
Vous concluez en me demandant de perpétuer le nom de votre beau-père, puisse-t-il reposer en paix. Bien évidemment, je m’efforcerai de le faire. Nous sommes dans les mois d’Adar(7), dont l’idée centrale est que tout “ fut transformé ”. Dieu fasse donc que tous les éléments malencontreux soient transformés, d’un extrême à l’autre, avec la qualité de la lumière qui fait suite à l’obscurité et que chacun, au sein de tout Israël, reçoive la lumière, la joie, l’allégresse et la valeur, au sens littéral et selon la signification que reçoivent ces termes. Avec ma bénédiction et en saluant tous les membres de votre famille, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°7662. (2) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 14, à la page 313. (3) Dans le traité ‘Haguiga 5b. (4) Voir, à ce sujet, la lettre précédente. (5) Dans le traité Kiddouchin 28b. (6) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (7) Adar Richon et Adar Chéni.
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