Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8323
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8323, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux
besoins communautaires, a des comportements généreux,
est issu d’une illustre famille, le Rav Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
La Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera approche et vous-même avez eu le mérite d’être proche de lui, de recevoir ses bénédictions. Je suis donc convaincu qu’en ce jour, mon beau-père, le Rabbi, invoquera la miséricorde de Dieu pour vous, au sein de tous ceux qui lui sont attachés, afin que s’accomplissent les bénédictions qu’il vous a accordées, en tous vos besoins. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Je vous joins un mémoire(2) relatif à une question douloureuse, la situation des nouveaux immigrants. Si certaines expressions en paraissent quelque peu incisives, vous les imputerez à ma grande douleur. De fait, “ on ne saisit pas un homme lorsqu’il éprouve de la douleur ”(3). Compte tenu de l’importance du problème et de son acuité, j’adresse ce mémoire également à d’autres personnes(4), dans l’espoir qu’elles exerceront une influence, en la matière.
Notes
(1) Zalman Chazar, qui fut, par la suite, président d’Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°8254. (2) Il s’agit de la lettre précédente. (3) Selon le traité Baba Batra 16b. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°8383 et 8446.
Lettre n°8324
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8324, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Chevat 5722,
Brooklyn,
Aux ‘Hassidim de la ville de…, que Dieu vous
accorde de longs jours et de bonnes années,
Je vous salue et vous bénis,
Cela fait particulièrement longtemps que je n’ai pas eu des nouvelles de vous-mêmes, de vos activités destinées à diffuser les sources(1) ou même ce qui concerne le Judaïsme, en général. Et, peut-être est-il possible de l’expliquer simplement : rien n’est fait. Il est aussi une explication basée sur une Injonction de nos Sages, qui est soulignée par l’enseignement de la ‘Hassidout : de nombreuses activités ont effectivement lieu, mais on ne les fait pas connaître(2). Le point commun à ces deux explications est le suivant : il n’y a pas lieu d’écrire d’ici(3), d’inviter à agir et encore moins de l’exiger. Bien plus, on peut penser qu’il y a un risque à le faire, ou même plus qu’un risque, puisque nos Sages disent(4) : “ Tout comme il est une Mitsva de dire… il est, tout autant, une Mitsva de ne pas dire… ”(5). Et, l’on consultera aussi le traité ‘Houlin 94a, qui précise : “ Il ne doit pas insister… alors qu’il sait… ”(6). C’est donc pour cela que l’on a cessé d’écrire et d’inviter à l’action. Il n’y a nullement lieu de chercher d’autres explications que celles-ci.
Toutes ces précisions sont données essentiellement afin que ne puisse venir à l’esprit l’interprétation suivante. On a cessé de vous inviter à l’action parce que quelqu’un(7) a donné son accord à une attitude consistant à dire : “ J’ai sauvé ma propre personne ” ou bien à être, selon l’expression courante chez les ‘Hassidim : “ un Juste avec un manteau de fourrure ”(8). En fait, il s’avère uniquement que je n’ai pas les moyens de protester ou encore, selon la seconde explication précédemment citée, dans la mesure où l’on doit accorder les circonstances atténuantes, qu’il y a effectivement eu de nombreuses activités.
Très prochainement, le dixième jour de Chevat, qui approche, ce sera la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Puisse donc Dieu faire que chacun tire la leçon de l’abnégation dont lui-même fit preuve. En effet, il fit don de lui-même pour son action envers les autres, car, à sa propre personne, s’appliquaient les propos du Ari Zal, expliqués(9) par l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, selon lesquels l’âme elle-même n’a besoin d’aucune élévation et doit uniquement dévoiler la Lumière afin de connaître l’élévation. En conséquence, que chacun fasse tout ce qui est en son pouvoir, et même au-delà de celui-ci, afin de mener des actions conformes à la volonté et à l’espoir de celui dont nous célébrons la Hilloula. Car, l’assurance nous a été donnée(10) que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Bien entendu, ce qui vient d’être dit n’est en aucune façon une manifestation de rancune, ce qu’à Dieu ne plaise, mais seulement, si la première explication est la bonne, que Dieu nous en préserve, l’expression de la douleur qu’inspire ce manque d’activité, alors que le Roi suprême, le Saint béni soit-Il a extrait de Sa couronne le précieux joyau duquel dépend toute sa valeur afin de le dissoudre(11). Vous devez comprendre ce que je veux dire. Il n’y a donc nullement lieu d’écrire ici pour se justifier et pour s’expliquer. Car, c’est à Dieu que l’on doit des comptes.
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) On n’en rend pas compte au Rabbi. (3) Le Rabbi, ne recevant pas de lettres, ne peut pas répondre pour donner des directives. (4) Dans le traité Yebamot 65b. (5) Tout comme il est une Mitsva de dire ce que l’on peut entendre, il est une Mitsva de ne pas dire ce que l’on n’est pas en mesure d’entendre. (6) Un homme ne doit pas insister pour déjeuner chez son ami, alors qu’il sait qu’il ne le fera pas. Il ne multipliera pas les cadeaux en sachant que celui-ci ne les acceptera pas. Il ne lui ouvrira pas des tonneaux vendus au commerçant sans le lui faire savoir. Il ne l’invitera pas à s’enduire d’huile provenant d’une fiole vide. (7) En l’occurrence, le Rabbi. (8) Cherchant à se réchauffer lui-même sans se préoccuper des autres. (9) Dans le chapitre 37 du Tanya, à la page 48b. (10) Dans le traité Yoma 38b. (11) Voir, à ce propos, la lettre n°8290.
Lettre n°8325
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8325, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[10 Chevat 5722]
Ayez(1) des réunions ‘hassidiques fructueuses et que l’on se serve de la manière qui convient des trésors bienfaisants que l’on dilapide pour nous. Avec ma bénédiction de réussite(2),
M. Schneerson,
Notes
(1) Ceci est le télégramme que le Rabbi adressa aux ‘Hassidim à l’occasion de la Hilloula du précédent Rabbi. (2) Voir le Séfer Ha Maamarim Bati Le Gani, tome 1, à la page 371.
Lettre n°8326
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8326, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). Nous sommes au lendemain de la douzième Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Comme le dit le début, la tête du douzième chapitre de la séquence de discours ‘hassidiques intitulée : “ Je suis venu dans mon jardin ” que mon beau-père, le Rabbi, a donnée pour le jour de sa Hilloula, puisse Dieu faire que se révèle la Lumière de l’En Sof ici-bas, sans limite et que se dévoile ainsi le trésor céleste, celui du Roi suprême(2), le Saint béni soit-Il, Qui, là-haut, est sans fin. C’est à son propos qu’il est dit(3) : “ Un œil ne l’a pas vu ”(4).
Pour obtenir la victoire au combat, là-haut, dans la lutte de la sainteté contre les forces du mal et ici-bas, dans la guerre de l’âme divine contre l’âme animale, pour frapper les premiers-nés de l’Egypte, qui représentent la vigueur et la puissance des barrières et des limites, la vigueur et la puissance des forces du mal, on ouvre et l’on distribue le trésor, par l’intermédiaire des dirigeants, qui sont les officiers, afin que celui-ci parvienne aux simples soldats.
Qu’il en soit donc ainsi, en un bien visible et tangible, ainsi qu’il est dit : “ Qu’Il ouvre pour toi Son bon trésor ”, conformément à la requête(5) : “ Ouvre pour nous Ton bon trésor ”. Que tout ceci se réalise, jusque dans l’action concrète, qui est essentielle, pleinement et “ comme il convient de faire ”(6), par l’étude de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout, par la prière fervente et par la pratique des Mitsvot. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1270 et le Séfer Ha Maamarim Bati Le Gani, tome 1, à la page 351. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah Chir Hachirim, à la page 14d ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, à ce sujet, la séquence de discours ‘hassidiques précédemment citée, aux chapitres 17 et 11 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Sanhédrin 99a : ‘Reich Lakich dit…’. Et, Rachi, à cette référence, commente : ‘Un œil ne l’a pas vu, car il n’y a pas de limite’. On consultera aussi le discours ‘hassidique intitulé : ‘Et Avraham était âgé’ et les discours suivants dans la séquence de Roch Hachana 5666 ”. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°8196 et 8337. (6) Le Rabbi note en bas de page : “ Selon l’expression du traité Ketouvot 67a ”.
Lettre n°8327
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8327, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[11 Chevat 5722]
Vous me demandez(1), à propos des causeries et des conférences sur ‘Habad, si vous devez vous concentrez sur un même endroit et y rester ou bien s’il est préférable de rechercher à chaque fois une localisation différente. A mon avis, même s’il importe, avant tout, d’allumer la bougie de chaque Juif, ainsi qu’il est dit : “ la bougie de Dieu est l’âme de l’homme ”, à la façon de Beaalote’ha(2), comme l’explique le Likouteï Torah, au début de la Parchat Beaalote’ha et donc de visiter de nombreux endroits, d’autant que, bien souvent, après le premier allumage, “ la flamme s’élève d’elle-même ”, il n’en reste pas moins nécessaire de concentrer vos visites sur deux ou trois points.
Vous vous plaignez de ne pas observer de résultats immédiats, à différentes reprises. A ce propos, vous consulterez le Likouteï Torah(3), qui établit la différence devant être faite entre l’ensemencement et la plantation(4).
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Alexander Ziskind Bunin. Voir, à son sujet, les lettres n°8187 et 8515. (2) En lui apportant l’élévation. (3) Parchat Be’houkotaï, à la page 49d. (4) Le premier concerne le grain de blé qui produit une récolte abondante et rapide, alors que la seconde est dite de la graine qui donnera naissance à un arbre, à l’issue d’une longue période, de sorte que celui-ci ne portera des fruits que beaucoup plus tard.
Lettre n°8328
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8328, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),
Je fais réponse aux questions que vous m’aviez posées, il y a quelques temps :
A) Le Likouteï Torah explique, dans le chapitre 4 du commentaire intitulé : “ Ne supprime pas ”, que certains aspects de la Torah ne peuvent pas s’exprimer, ici-bas, dans les termes de l’intellect et de la raison. Il en est ainsi de l’affirmation selon laquelle : “ Yossef fut descendu en Egypte et Putiphar l’acheta ”. Or, pourquoi le Likouteï Torah choisit-il précisément cet exemple ? En fait, il s’agit bien d’une illustration exacte de cette idée. En l’occurrence, Putiphar acheta Yossef et la Torah atteste de la valeur de cette acquisition. Malgré cela, Yossef ne s’investit pas en Egypte et les affaires de ce pays ne le troublèrent nullement, comme l’explique le Torat ‘Haïm, à la fin de la Parchat Vaye’hi.
B) Le Torah Or, dans le second discours intitulé : “ Un homme est tenu de s’enivrer(2) ”, à la page 98d, explique que, lorsque Dieu “ plaça la montagne sur leurs têtes comme un tonneau ”(3), les enfants d’Israël purent proclamer : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Or, le Midrash Tan’houma et les Tossafot sur le traité Chabbat 88a affirment que cette proclamation fut faite avant que la montagne soit placée au-dessus de leurs têtes. En fait, il s’agit bien là de Midrashim divergents. Ce que dit le Torah Or figure dans le Midrash Tehilim sur le verset 1, 4 et dans le Me’hilta de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï.
Notes
(1) Le Rav I.Dubov. Voir, à son sujet, les lettres n°7525 et 8392. (2) Le jour de Pourim. (3) Lors du don de la Torah, près du mont Sinaï.
Lettre n°8329
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8329, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre(1) du 2 Chevat, dans laquelle vous me présentez brièvement votre vie et vos études. Vous concluez en me disant que la manière dont vos études se sont déroulées, avant tout leur contenu et l’éducation que vous avez reçue jusqu’à maintenant provoquent en vous le vide et la chute, de temps à autre. Or, une telle situation n’est pas réellement rare, en particulier chez les jeunes, ces toutes dernières années, pour différentes raisons. Comme en tout temps et en tout lieu, s’applique encore, de nos jours, le verset de notre Torah, Torah de vie, qui dit : “ Vois, J’ai placé devant toi la vie et le bien… et tu choisiras la vie ”, ce qui signifie qu’en toute situation à laquelle l’homme peut être confronté, il conserve toujours la possibilité de faire le bon choix, celui de la vie. Selon l’expression de nos Sages(2), “ on vient en aide à celui qui souhaite se purifier ”.
Car, au final, la dimension profonde de l’âme, sa quintessence, est bonne et lorsque l’homme commence à agir pour améliorer les couches extérieures recouvrant cette âme, il obtient une aide de l’intérieur. Parfois, cette aide peut être d’une grande qualité, au-delà de ce qu’il escomptait d’emblée. Néanmoins, le début doit porter sur ce qui fait le plus grand effet à l’homme, c’est-à-dire l’adoption d’un comportement fixe et systématique qui soit basé sur une action concrète conforme à la vision du monde que l’on souhaite avoir et en fonction de laquelle on entend orienter sa vie, en d’autres termes, une attitude quotidienne correspondant aux Injonctions de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.
Différents textes expliquent longuement pour quelle raison notre Torah est appelée : “ Torah de vie ”. Cette expression reçoit deux significations. D’une part, elle délivre un enseignement sur la manière dont on doit se comporter, dans la vie. D’autre part, elle indique ce qu’est une vie digne de ce nom, c’est-à-dire autre chose qu’une succession de jours, de semaines, de mois, d’années, vides de tout contenu.
On peut déduire de la formulation de votre lettre que vous avez un âge en lequel l’enthousiasme accordé à l’homme est encore entier. Vous vivez les années au cours desquelles se forment et se dessinent la personnalité et le mode de vie, que l’on conserve par la suite quand on bâtit un foyer, ce qui veut dire que vous disposez pleinement des possibilités décrites ci-dessus. Vous pouvez mettre en pratique le bon conseil et l’Injonction : “ Et, tu choisiras la vie ”. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, y compris de l’influence que vous exercez sur votre entourage, afin d’y implanter la conception qui vient d’être définie. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Au traité Yoma 38b.
Lettre n°8330
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8330, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Barou’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi, avec ce qui y était joint. Conformément à votre demande, je vous adresse la présente en passant outre à la file d’attente. La coutume juive veut que l’on recherche et que l’on découvre, en toute chose, un lien avec la Sidra de la semaine. Il en est donc de même pour le contenu de votre lettre, avec ce qui lui était joint. Ma réponse, si sa traduction est prête(2), vous parviendra, je l’espère, au début de la semaine prochaine, celle de la Parchat Yethro, relatant le don de la Torah, qui apporte une réponse claire, une précision de ce qu’est un Juif. Selon les termes du verset, “ et maintenant, si vous écoutez Ma voix et gardez Mon alliance, vous serez Ma prédilection parmi les nations… une nation de prêtres et un peuple sacré ”.
Lors du don de la Torah, “ Israël campa là-bas, face à la montagne ”, selon les termes du verset et nos Sages soulignent(3) que le verbe “ campa ” est employé ici au singulier. Tous les enfants d’Israël s’unirent alors afin de se tenir devant cette montagne bien connue, qui fut définitivement gravée dans le cœur d’un Juif, de même que dans le souvenir de toutes les nations, comme la “ montagne de Dieu ”, sur laquelle la Torah fut donnée, une Torah éternelle pour toutes les époques et tous les pays.
Qu’encore maintenant, tout ceci pénètre donc non seulement les cœurs, mais aussi le souvenir de tous les Juifs de cette génération ! Puis, la tête et le souvenir influenceront l’action concrète, la pratique effective des Mitsvot de Dieu, à propos desquelles la sainte Torah dit : “ On vivra par elles ”. Avec ma bénédiction pour un bon Chabbat et pour donner de bonnes nouvelles, en bonne santé,
Notes
(1) Le Rav B.Litvin, de Mount Clemens. Voir, à son sujet, la lettre n°8318. (2) La présente lettre est en Yiddish et elle fut vraisemblablement rédigée par le Rabbi en Hébreu, puis traduite par son secrétariat. (3) Dans le Me’hilta, cité par le commentaire de Rachi sur le verset Yethro 19, 2.
Lettre n°8331
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8331, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du saint Chabbat
15 Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements et aux bons comportements,
le Rav Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre m’invitant et m’informant à propos du cours public de Torah, qui porte sur le traité Kiddouchin et de la fête de conclusion qui aura lieu à l’issue du Chabbat, veille du dimanche de la Paracha du don de la Torah. Une telle initiative vient effectivement en son temps et elle est donc positive. En effet, ce traité se conclut de la manière suivante : “ Il est dit dans une Boraïta : Rabbi Nehoraï enseigne… ”. Est ensuite décrite la grandeur de la Torah, non seulement dans le monde futur et pour ce qui le concerne, mais aussi en ce monde et pour ce qui le caractérise. Bien plus, il est souligné que la Torah est préférable à tout autre activité de ce monde, y compris par la récompense qu’elle permet d’y obtenir.
De fait, cette conclusion semble contredire un principe bien connu selon lequel une Boraïta précise une Michna, l’analyse et la développe, du fait des nombreuses persécutions et de la disparition de ceux qui sont en mesure de comprendre ces textes profondément. En effet, la Michna est concise, “ un propos court réunissant de nombreuses notions ”(2). Elle n’est donc pas suffisante, du fait de la chute des générations(3). Or, l’inverse est vrai pour la Boraïta de Rabbi Nehoraï. La Michna à laquelle elle se réfère est plus détaillée, parle d’un malade, d’une vieille femme, de souffrances, alors que la Boraïta traite seulement de la vieille femme. De même, la Michna explique l’importance de la Torah, en précisant qu’elle est récompensée dans ce monde et dans le monde futur, alors que toutes les autres activités ont une incidence uniquement sur ce monde. La Boraïta, en revanche, n’apporte pas toutes ces précisions. De fait, la référence de cette Boraïta est indiquée en marge : il s’agit du traité Sofrim, au chapitre 16. Or, celui-ci ne fait que reprendre les termes de la Michna. En effet, le traité Sofrim et, de même, la Tossefta, à la fin du chapitre 5, reproduisent uniquement la Michna.
Nous expliquerons brièvement tout cela en rappelant que la Michna et la Boraïta traitent, l’une et l’autre, de l’éducation que l’on donne à son fils. Il est dit, en effet : “ éduque l’enfant selon sa voie ”. De ce fait : “ le professeur devra lui insuffler l’empressement, en le conduisant à étudier ce qu’il apprécie, du fait de son jeune âge. Il lui demandera de lire ces passages, non pas pour cette lecture elle-même, puisqu’il n’en connaît pas la valeur… ”(4). Un enfant en âge de recevoir une éducation, une femme, un ignorant ne peuvent donc pas encore étudier la Torah pour elle-même, être comme les disciples qui servent leur maître d’une manière désintéressée, “ jusqu’à ce qu’il multiplie leurs connaissances et acquièrent une grande sagesse ”(5).
S’agissant de l’enfant lui-même, une autre distinction doit être faite. A l’époque de la Michna, dans les premières générations, comparées à des anges, un enfant pouvait rechercher la récompense du monde futur et cette motivation était donc bien un moyen de l’attirer vers l’étude de la Torah. Il n’en fut pas de même par la suite et, à notre époque, alors que nous sommes comparés à des ânes(6), l’enfant ne désire plus du tout le monde futur. C’est donc pour cela que cette rétribution n’est pas envisagée par la Boraïta.
Il en est de même pour la différence pouvant être faite, en ce monde, entre la Torah et une autre occupation. En ces dernières générations, chacun fait ce que bon lui semble et l’amour-propre masque toutes les fautes. On ne craint plus la maladie et les souffrances, car il n’est de souffrance que du fait de la faute, alors que chacun est persuadé qu’il ne trébuchera jamais. S’agissant de la maladie, on se rappellera de l’affirmation suivante(7) : “ je me porte garant, envers quiconque mettra en pratique les principes que nous avons enseignés, qu’il ne sera jamais malade, tout au long de sa vie ”.
Or, il n’en était pas de même au cours des premières générations, celles de la Michna. On craignait alors la maladie et les souffrances, conformément à l’injonction de la Michna : “ Ne t’en remets pas à toi-même, jusqu’au jour de ta mort ”. Les hommes ne se faisaient pas confiance non plus pour ce qui concerne la maladie. Ils craignaient d’avoir “ de mauvais comportements ”(8) et, de ce fait, d’être malades. C’est donc uniquement la Michna qui évoque la maladie et les souffrances.
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Sur ce point et sur son commentaire, on peut établir un lien, comme le veut la coutume juive, entre la conclusion du traité et son début : “ Une femme est acquise… par de l’argent, par un acte écrit et par une relation conjugale ”. Il convient, en effet, d’étudier la Torah comme si celle-ci avait été donnée, en ce jour, sur le mont Sinaï. C’est pour cela qu’il est dit, de cette révélation du Sinaï : “ tout comme à l’époque, on se pénétra de crainte et d’effroi, ici encore, on peut éprouver cette même crainte et cet effroi ”(9). Cette étude est donc la “ femme qui a été choisie ”, selon l’expression des Tossafot, l’assemblée d’Israël. Elle est acquise à Son mari, au Saint béni soit-Il puisque, comme le précisent nos Sages : “ le jour de Son mariage, c’est le don de la Torah ”.
Ainsi, il est trois moyens d’obtenir un tel résultat, d’étudier la Torah et de se pénétrer de l’empressement qui est insufflé par le professeur. L’argent, tout d’abord, est une récompense matérielle. L’acte écrit, en revanche, n’a pas de valeur intrinsèque. Néanmoins, l’homme écrit à la femme : “ Tu m’es consacrée ”. Elle lui est alors sanctifiée et il l’interdit, de la sorte, à tous les autres hommes, au même titre que ce qui est consacré au Temple. Dès lors, elle-même n’a plus honte(10), ce qui constitue bien une récompense morale. Pour autant, cette femme ne s’unit pas encore à son mari, car “ son action n’est pas pour Lui, mais bien pour obtenir une récompense ”(11). Enfin, de la relation conjugale, le verset dit : “ Il s’attachera à son épouse et ils ne formeront qu’une seule chair ”. La perfection de l’étude, totalement désintéressée, fait en sorte que : “ Israël (grâce à), la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ”(12). Avec mes respects et ma bénédiction,
Nos Sages disent que ce que l’on a ressenti lors du don de la Torah, “ Son mariage ”(13), se manifeste encore pendant l’étude, à tout moment. Et, nos Sages précisent aussi que : “ quand on l’étudie, elle protège. Elle ne le fait pas, en revanche, quand on ne l’étudie pas ”(14). Il est pourtant expliqué que l’acquisition des fiançailles ne se renouvelle pas chaque jour, à la différence de celle du mariage(15), mais ce point ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav L.Bilitski. Voir, à son sujet, les lettres n°6271 et 6516. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon l’introduction du Rambam au commentaire de la Michna ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ La Boraïta, à cette référence, est plus explicite
et elle cite également la fin des versets : ‘Ceux qui placent leur espoir en Dieu’ et : ‘Ils se bonifieront encore’, à la différence de la Michna ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le commentaire du Rambam, sur le dernier chapitre du traité Sanhédrin, qui développe une longue analyse, à ce sujet ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Rambam, lois de la Techouva, à la fin du chapitre 10. Le Rambam, dans sa précision, n’a pas mentionné le mot Bina, entendement, caractère qui a été plus largement accordé à la femme, alors que sa connaissance, Daat, est plus réduite. De même, un enfant n’a pas de Daat. Et, l’on vérifie s’il est devenu adulte en cherchant à établir s’il sait envers Qui il prononce un vœu ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Shekalim, au début du chapitre 5 ”. (7) Formulée par le Rambam, mais n’ayant plus cours de nos jours. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Rambam, lois des opinions, chapitre 4, au paragraphe 2 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Bera’hot 22a. On verra ce que dit, à ce sujet, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, dans le Torah Or, à la page 22b ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ichaya 4, 1. On verra le commentaire du Radak sur ce verset et le début de ce traité, 7a, dit : ‘Il est préférable de vivre à deux’ ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Rabbénou Yona sur le traité Avot, chapitre 3, au paragraphe 3 ”. (12) Zohar, tome 3, à la page 73a. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Rabba, chapitre 21, à la fin du paragraphe 15, qui dit : ‘Ce monde est celui des fiançailles et le mariage sera célébré après la venue du Machia’h’ ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Sotta 21a ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois de la famille, chapitre 3, au paragraphe 23 et chapitre 10, au paragraphe 6. On consultera, à ce propos, le Tsafnat Paanéa’h du Gaon de Ragatchov, sur le Rambam, lois des bénédictions, chapitre 11, au paragraphe 5 ”.
Lettre n°8332
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8332, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements, empli d’empressement,
le Rav C.I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(2), qui m’est parvenue pendant le saint Chabbat 15 Chevat. Bien entendu, j’ai été très satisfait d’apprendre que vous étudiez la sagesse de la vérité(3) et que vous vous y consacrez. On connait(4) l’explication de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, sur le traité Bera’hot 63b, qui dit : “ Ils s’occupèrent de la Torah ”. Celle-ci souligne que l’étude de la Torah doit effectivement être une “ occupation ”(5). Il faut s’efforcer de trouver des personnes qui en feront l’acquisition, la diffuser. On doit s’investir en cela avec le plus grand effort, dans toute la mesure du possible et cette diffusion se fera également à l’extérieur.
J’ai formulé une remarque à ce sujet, dans mon précédent courrier, précisément pour que tout cela soit intensifié, grâce aux explications qui sont mentionnées dans les livres de la Kabbala, en soulignant la grande importance, selon l’Injonction et la mise en garde du Baal Chem Tov, qui est mentionnée dans le Chorech Mitsvat Ha Tefila(6), à la fin du second chapitre, comme je le citais dans mon précédent courrier. Vous m’interrogez, dans votre lettre, sur la raison de cette mise en garde du Baal Chem Tov, la nécessité de l’abstraction comme il le dit lui-même. Il est clair qu’une courte explication n’est pas suffisante. Or, c’est ce que l’on trouve dans les ouvrages qui figurent dans votre lettre. En outre, la Torah est unique et il en est bien ainsi pour l’étude de sa partie révélée. On ne peut se contenter de la Michna, sans apprendre la Guemara. De même, on n’étudie pas le Rambam sans ses commentateurs. A quelqu’un comme vous, il est assurément inutile d’en dire plus.
Vous m’indiquez que de telles explications ne sont pas à la portée de tous. Vous m’excuserez de vous faire remarquer que cette conception n’est pas exacte, comme différents textes permettent de l’établir. Nombreux sont ceux qui demandent que l’on diffuse l’enseignement profond de la Torah, d’une manière sans cesse accrue, en éclairant de plus en plus, précisément en nos générations. De fait, “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”(7) et “ les Justes sont à l’image de leur Créateur ”(8). En effet, ils exigent cette étude, en montrent la nécessité une fois, puis une seconde et encore une troisième. Il est donc certain que quiconque porte le nom d’Israël a la possibilité de “ s’occuper ”(9) de cette étude. Je ne veux pas dire qu’il faille uniquement le faire soi-même. Comme je le précisais auparavant, on doit faire comme si l’on conduisait une affaire. Du reste, on peut aussi l’établir à partir des propos de nos Sages, dans leur Michna(10) : “ Qui est le sage ? Celui qui apprend de tout homme ”. Et, l’on connaît l’enseignement du Baal Chem Tov sur cette Michna, qui est reproduite dans les mémoires de mon beau-père, le Rabbi, à la page 344.
A la fin de votre lettre, vous faites allusion au Rambam et vous me dites qu’il n’a pas étudié la Kabbala(11). C’est, en effet, ce que disent le Chaar Ha Guilgoulim, dans la trente-sixième introduction et Rabbi Chlomo Elkabets, dans son commentaire du Chir Hachirim. Vous verrez aussi le Chem Ha Guedolim du ‘Hida, à l’article “ Rambam ”. A ce propos, je me suis toujours interrogé sur ce que m’a dit mon beau-père, le Rabbi, au nom de son grand-père(12), fils du Tséma’h Tsédek. Celui-ci fit état d’une tradition familiale, transmise d’un Rabbi à l’autre depuis le Baal Chem Tov, selon laquelle le Rambam possédait effectivement une profonde connaissance de la Kabbala. Néanmoins, il s’efforçait de ne pas le révéler, “ pas même par une allusion ”, selon l’expression de Rachi, car, à l’époque, il était dangereux de dévoiler les idées de la Kabbala, y compris d’une manière allusive.
Mais, peut-être est-il possible d’expliquer qu’il le fit à la fin de sa vie, et uniquement de manière surajoutée(13), se démarquant ainsi du Ramban(14). De fait, différents textes indiquent que le Rambam se consacra, à la fin de sa vie, à la Kabbala, le Migdal Oz, dans ses lois des fondements de la Torah, aux chapitres 1 et 2, les responsa du Maharam Alchaker, au chapitre 117, le Avodat Ha Kodech, tome 2, au chapitre 13, le Levouch, dans le Levouch Pinat Ikrat, tome 1, au chapitre 53. On verra aussi le Chomer Emounim, première discussion, au paragraphe 13 et le commentaire du Ram Boutril sur le Séfer Yetsira, chapitre 4, au paragraphe 3. Avec mes respects et ma bénédiction pour renforcer cette “ occupation ”, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme,
Notes
(1) Le Rav Chimeon Israël Pazen, de Brooklyn, Rabbi de Shafran. Voir, à son sujet, la lettre n°8275. (2) Se trouvant également dans son livre Torah A’hat, tome 3, lettre n°10, à partir de la page 39. (3) La Kabbala. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°5454 et 6313. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°8352. (6) Dans le Dére’h Mitsvoté’ha du Tséma’h Tsédek. Le Baal Chem Tov demande à ceux qui n’ont pas le sens de l’abstraction de ne pas étudier les livres de Kabbala, par crainte qu’ils en aient une perception trop matérialisée. (7) Selon le traité Avoda Zara 3a. (8) Selon le Midrash Bamidbar Rabba, chapitre 10, au paragraphe 5. (9) Le Rabbi souligne ce mot. (10) Dans le traité Avot, chapitre 4, à la Michna 1. (11) Voir, à ce sujet, la lettre n°7582. (12) Le Rabbi Maharach. (13) Textuellement : “ comme par une gestation ”. (14) Qui s’y consacra d’une manière profonde, tout au long de sa vie.
Lettre n°8333
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8333, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre du 16/1(1). Vous me demandez à quoi vous devez vous conformer, à la voie sur laquelle vous avez été éduquée pendant des années(2) ou bien à ce que vous avez entendu de telle personne, au cours de ces deux soirées(3). Vous avez sûrement entendu l’expression : “ retour aux sources ”. De même, vous savez sans doute que l’éducation ne s’applique pas à un domaine inexistant et vide(4). En effet, chacun et chacune, avant même de le recevoir, possèdent certains éléments qui sont implantés dans l’esprit et trouvent leur origine dans la dimension profonde de l’âme. Bien plus, l’éducation n’a nullement la force de modifier ces éléments. Elle ne peut que les occulter pendant une période plus ou moins longue. On peut établir qu’il en est ainsi de différentes façons, d’après la pédagogie, la médecine et la biologie. En conséquence, on peut, bien souvent, constater qu’une apparition unique(5) ou bien une courte parole, un “ acte éducatif ” n’ayant aucune durée dans le temps, est en mesure de modifier la nature de l’homme, d’une manière fondamentale. Et, la raison en est la suivante. Cette personne n’avait besoin que d’un prétexte pour ôter ce qui cache un élément qu’il portait d’emblée au fond de son âme.
Ce qui vient d’être dit est la réponse à votre question, à quoi devez-vous vous conformer. En constatant à quel point vous avez été impressionnée par ce que vous avez entendu uniquement au cours de ces deux soirées, vous devez avoir la confirmation de ce que nous ont dit nos Sages(6), il y a quelques milliers d’années : tous les Juifs(7) sont “ croyants, fils de croyants ”. Pour autant, il peut arriver que cette foi soit recouverte par une couche d’éléments étrangers et extérieurs. Heureux est donc le sort de chacun et de chacune de ceux qui ôteront cette couche au plus vite, qui trouveront la vérité et qui retourneront aux sources.
J’espère que ces quelques lignes, peu nombreuses compte tenu de l’importance de l’enjeu, suffiront pour vous éclairer, en la matière. Je serais heureux d’avoir de bonnes nouvelles de votre part, à ce sujet. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : En un moment propice, on mentionnera le nom de votre mère, à laquelle Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’elle obtienne la satisfaction de tous ses besoins.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Laquelle s’écarte, vraisemblablement, de la pratique de la Torah et des Mitsvot. (3) Vraisemblablement à l’occasion de conférences organisées par les ‘Hassidim ‘Habad, afin de diffuser le Judaïsme et la ‘Hassidout. (4) L’enfant n’est pas un terrain vierge. Il possède en lui certains éléments de manière innée. (5) Par exemple à l’occasion d’une telle conférence. (6) Dans le traité Chabbat 97a. (7) Le Rabbi souligne l’expression : “ tous les Juifs ”.
Lettre n°8334
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8334, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav Pin’has Aharon(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi, dans laquelle vous me dites que l’accord n’a pas été donné pour que soient inscrits sur les pierres tombales différents éléments relatifs aux défunts. En conséquence, le fils souhaite déplacer le corps de ces défunts dans un autre cimetière. De façon générale, en pareil cas, il convient de s’adresser à un Rav, tranchant la Hala’ha et répondant aux questions. C’est sans doute ce que vous ferez. Néanmoins, compte tenu de l’urgence, je rappellerai l’importance que nos Sages ont accordée au respect qui est dû aux morts. Il convient, de ce fait, de ne pas(2) les déplacer(3). Je vous adresse donc la présente, afin d’obtenir qu’il abandonne son projet et que les défunts reposent en paix.
Il serait bon de lui expliquer que nous avons reçu l’Injonction du respect des parents(4), laquelle s’applique à la fois de leur vivant et après leur mort, ce qui implique, avant tout, un comportement quotidien conforme aux instructions de notre Torah, Torah de vie et à la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. C’est là la plus grande satisfaction que l’on peut procurer à une âme se trouvant dans le monde de la vérité, où notre Torah, Torah de vérité, avec tout ce qui la concerne, est la plus haute valeur qui soit, c’est bien évident. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
N. B. : Bien que vous ne le précisiez pas, une réunion ‘hassidique a sûrement eu lieu au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, le dixième jour de Chevat. Et, l’on doit toujours tirer une leçon d’une telle réunion pour les jours, les semaines, les mois qui suivent, conformément à l’espoir et à la volonté de celui dont nous célébrons la Hilloula.
Notes
(1) Le Rav P.A. Weberman, de Miami. Voir, à son sujet, la lettre n°8291. (2) Le Rabbi souligne l’expression : “ ne pas ”. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°4285, 4424 et 8592. (4) Voir le traité Kiddouchin 31b.
Lettre n°8335
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8335, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce jeudi, mais je suis surpris que vous ne me disiez rien du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, le dixième jour de Chevat. Sans doute avez-vous marqué l’importance de ce jour propice, en renforçant l’étude de l’enseignement de celui dont nous célébrons la Hilloula et l’adoption de ses pratiques. J’ai été satisfait d’apprendre le succès de l’action que vous avez menée pour le lait surveillé, dans votre ville, en particulier d’après le récit(2) bien connu de nos maîtres et chefs, soulignant à quel point celui-ci est nécessaire pour raffermir la foi. En effet, du lait trait par un non-Juif, en l’absence d’un Juif, suscite des doutes en la foi, ce qu’à Dieu ne plaise, cela est bien évident.
Puisse Dieu faire que vous ayez une pleine réussite en tout cela. Le mérite de ce qui est public vous vient en aide, de même qu’à tous ceux qui font porter leurs efforts dans ce domaine. Avec ma bénédiction pour en donner de bonnes nouvelles, de même que de ce qui vous concerne, à titre personnel,
N. B. : Vous m’interrogez(3) sur le moment de la coupe de cheveux de votre fils, auquel Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, son (4)anniversaire étant à la veille de Pessa’h. Il n’est pas bon de la remettre à plus tard. Celle-ci aura donc lieu le soir, veille du 14(5) ou bien dans la journée précédant Pessa’h.
Notes
(1) Le Rav I.Kasovski, de Chicago. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°6017 et 7286. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4788. (4) Troisième. (5) Nissan.
Lettre n°8336
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8336, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Naphtali Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que, selon certains, une différence doit être faite(2) entre un nom qui a été ajouté et celui que l’on porte depuis le berceau. Vous verrez, à ce propos, le Choul’han Arou’h, Even Ha Ezer, chapitre 129, au paragraphe 18, affirmant que, bien au contraire, le nom qui a été modifié devient le principal. De façon générale, un homme est maître(3) des noms qu’il donne à ses enfants, de même que de celui qui lui est propre.
Notes
(1) Le Rav N.T. Gottlieb, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre 5376. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°5853 et 5905. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8237.
Lettre n°8337
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8337, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17(1) Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Aux membres de l’association de bienfaisance
“ ceux qui respectent le Chabbat ”, à Brooklyn,
New York, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre m’annonçant que la réunion annuelle de votre association de bienfaisance, “ Ceux qui respectent le Chabbat ”, une réunion ‘hassidique, aura lieu à l’issue du Chabbat : “ Si tu prêtes de l’argent ”(2), à la fin du mois de Chevat, mois de la Hilloula, cette année de la douzième, de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël.
Le chapitre 12 de la séquence de discours ‘hassidiques éditée pour la Hilloula traite du trésor céleste, de la précieuse fortune qui est ainsi rendue publique et transmise aux Juifs, les soldats accomplissant la Volonté de Dieu, un trésor d’un bien visible et tangible, la Lumière infinie, qui n’a pas de limite et pas de barrière. C’est à son propos qu’est formulée la requête(3) : “ Ouvre pour nous Ton bon trésor ”.
Puisse donc Dieu faire(3) que tout cela se révèle prochainement, de sorte que tous les Juifs reçoivent la richesse, au sens le plus littéral. Dès lors, la bienfaisance concernera uniquement les riches, comme l’expliquent nos Sages(4). De la sorte, et dans la mesure où cette bienfaisance n’est nullement liée à la pauvreté des Juifs, vous accomplirez tout cela avec une joie intègre et véritable, de même qu’avec enthousiasme. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
N. B. : Il convient de noter et de clarifier un point. Le compte-rendu annuel de vos activités ne me convient pas du tout. En effet, compte tenu de votre cycle annuel, une bonne somme se trouve dans la caisse de votre société de bienfaisance(5) et, même si l’on peut admettre, d’après ce qui vient d’être dit, qu’il n’y a pas de pauvres juifs, nous avons précisé que la bienfaisance s’exerce également envers les riches. Comment donc une somme aussi importante, en espèces, peut-elle être déposée dans la caisse d’une société de bienfaisance ? Je vous joins un chèque personnel, qui est ma participation à votre fonds de bienfaisance.
Notes
(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est dix-sept. (2) La Parchat Michpatim. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8326. (4) Soulignant qu’un riche lui-même peut, d’une manière passagère, avoir besoin d’un prêt. Voir, à ce sujet, le traité Soukka 49b. (5) Ce qui veut dire qu’un plus grand nombre de prêts aurait pu être accordé.
Lettre n°8338
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8338, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du saint Chabbat Parchat Yethro
5722, Brooklyn, New York,
A ceux qui prennent part au dîner annuel du centre
des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’espère que tous ceux qui sont venus s’unir au centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, à l’occasion de sa célébration annuelle, ont apporté avec eux l’esprit de cette Sidra, celle des dix Commandements(1) et du don de la Torah(1), que nous avons lue ce Chabbat, à la veille de cette célébration.
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Les dix Commandements(2) présentent, en apparence, des Préceptes fondamentalement opposés. Les premiers, “ Je(1) suis l’Eternel ton Dieu ”, “ tu n’auras pas(1) d’autres dieux ” expriment et mettent en évidence la dimension la plus profonde de l’unité de Dieu. A l’opposé, les suivants, “ tu ne tueras pas ”(1), “ tu ne voleras pas ”(1), énoncent des évidences, y compris pour la rationalité humaine.
Mais, en réalité, lorsque la moralité est basée sur l’évidence et sur la compréhension des hommes, lorsque l’origine divine en est supprimée, la logique humaine, conditionnée par l’amour propre, peut être dénaturée, au point que la transgression soit elle-même présentée comme une Mitsva. Interprétant les Préceptes : “ tu ne tueras pas ” et : “ tu ne voleras pas ” selon leurs propres intérêts, de nombreuses nations et différentes personnes ont légitimé les objectifs les plus détestables, se sont permis tous les moyens pour les atteindre. Nous avons été les témoins de tout cela, en particulier pendant ces dernières années(3).
Si l’on supprime les Injonctions : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ” et : “ tu n’auras pas d’autres dieux ”, ou même si on les sépare des Préceptes : “ tu ne tueras pas ” et : “ tu ne voleras pas ”, on se trouve alors dans l’impossibilité d’empêcher les hommes de tuer et de voler, de la manière la plus brutale et, à plus forte raison, d’une façon plus “ raffinée ”, le crime étant comparé à la vexation publique et le vol, à la tromperie. Les dix Commandements soulignent que les principes les plus premiers de la morale et de l’éthique, doivent être basés sur l’intervention divine, “ Je(1) suis l’Eternel ton Dieu ” et “ tu n’auras pas(1) d’autres dieux ”. C’est uniquement de cette manière qu’ils peuvent se maintenir. Et, la pratique concrète en a largement fait la preuve.
Ce qui vient d’être dit est également la finalité ultime et la raison d’être d’une bonne éducation, selon les valeurs sacrées, qui doit implanter, en nos enfants, le “ chemin de la vie ”(1), lequel est basé sur la “ Torah de vie ”(1). La vie quotidienne doit être solidement ancrée sur les Préceptes de la Torah et des Mitsvot, apportant à l’existence son juste contenu et constituant la source de la vie, qui abreuvent chacun et tous à la fois.
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Les fondateurs du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, nos maîtres et chefs et, en particulier, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, ici même, en Amérique, ont créé ces institutions afin qu’elles matérialisent, en tout lieu et en tout temps, ce principe qui doit être profondément compris et intensément ressenti, selon l’éclairage et l’explication de la ‘Hassidout. Ceci explique les particularités et les spécificités des Yechivot Loubavitch et de leurs élèves.
En conséquence, il est un mérite particulier de prendre part personnellement à l’œuvre des Yechivot Loubavitch en leur venant en aide, non seulement en maintenant leurs portes ouvertes et en leur permettant de conserver la situation qu’elles ont occupée jusqu’à maintenant, mais aussi en permettant leur développement et leur croissance, conformément au besoin sérieux et à la nécessité du moment. Que Dieu accorde le succès, en tous leurs besoins, matériels et spirituels, à tous les amis et à ceux qui soutiennent le centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, avec les membres de leur famille, qui auront de longs jours et de bonnes années. Avec mes respects et ma bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi souligne les mots : “dix Commandements”, “don de la Torah”, “Je”, “ tu n’auras pas ”, “tu ne tueras pas”, “tu ne voleras pas”, “Je”, “tu n’auras pas”, “chemin de la vie” et “Torah de vie” (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°8429 et 8664. (3) Lors de la Choa.
Lettre n°8339
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8339, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Eléazar(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, de même qu’à votre livre Chéar Yachouv sur la Torah, que j’ai bien reçu. Puisse Dieu qu’encore pendant de nombreuses années, vous redoubliez d’ardeur en la partie révélée de la Torah et en sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, à été révélée par la ‘Hassidout, enseignement du Baal Chem Tov, de ses disciples et des disciples de ses disciples. En notre génération, cet enseignement est tout particulièrement nécessaire, surtout d’après la sainte épître(2), bien connue, selon laquelle le maître, le roi Machia’h viendra lorsque ses sources se répandront à l’extérieur. Qu’il en soit donc ainsi, dans la tranquillité et l’enthousiasme. Avec mes respects et ma bénédiction,
En signe d’amitié, je reproduis ici quelques notes sur votre livre, bien que l’on n’ait pas l’habitude de soulever des objections contre un commentaire(3).
A la page de garde : Concernant le nom que l’on donne à un enfant(4), la précision est celle du Ari Zal et elle figure dans la vingt-troisième introduction du Chaar Ha Guilgoulim. On verra aussi le Emek Ha Méle’h, première porte, au chapitre 84.
Au début, à la page 1a : “ Rabbi Its’hak dit(5) : ceci fait allusion au début de notre sainte Torah ”. On peut également accepter cette interprétation parce que Rabbi Its’hak précise lui-même ce qu’il veut dire et il conclut : “ l’Eternel Dieu (Elokim) est Vérité ”. Or, le Nom Elokim symbolise la Vérité. Il faut donc appliquer ici ce que dit le Matanot Kehouna sur le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 1, au paragraphe 7. On verra aussi le Baal Ha Tourim.
A la fin, aux pages 246 et 247 : Moché représente l’ensemble des âmes, Nechama et Yochoua l’ensemble des esprits, Roua’h. C’est aussi ce que dit le Or Ha ‘Haïm, dans son commentaire du verset Pin’has 27, 18. On peut, néanmoins, s’interroger, à ce propos et effectuer une recherche sur l’origine de cette affirmation.
A la même référence : Sur la relation entre la fin de la Torah et son début(6), le verset “ que fit Moché ” est interprété dans le sens de l’ordination des sages et l’on peut donc expliquer le lien à Béréchit, “ au commencement ”, d’après le Targoum Yonathan et le Zohar ‘Hadach, tome 1, à la page 3b, qui donne de cette expression la lecture suivante : “ par la sagesse ”, ce qui est bien le sens d’une telle ordination. On le comprendra d’après ce que dit le Tséma’h Tsédek, dans son Séfer Ha Mitsvot, à la Mitsva de la sanctification du nouveau mois. Il précise, en effet, que l’expression “ les yeux de la communauté ” correspond à la dimension extérieure de la sagesse, alors que l’ordination émane de sa partie profonde. C’est là ce que le “ commencement ” apporte à : “ aux yeux de tout Israël ”.
Notes
(1) Le Rav E.Shapiro, de Brooklyn. (2) Du Baal Chem Tov lui-même, figurant au début du Kéter Chem Tov. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8240. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°6794*. (5) Cet ouvrage dit : “ Au commencement Dieu créa : Nos Sages rapportent, dans le Midrash Rabba, que Rabbi Its’hak introduisit son propos en ces termes : Dès le début de la création du monde, l’introduction de Ta Parole fut Vérité. Les commentateurs précisent que ceci fait allusion au début de notre sainte Torah, à ses trois premiers mots, Béréchit Bara Elokim, au commencement Dieu créa, dont les dernières lettres forment le mot Emet, vérité ”. (6) Cet ouvrage dit : “ On peut comprendre le verset : ‘que fit Moché aux yeux de tout Israël’ d’après ce qu’écrit notre maître dans le Igra de Kalla, à la Parchat Pin’has, à propos du verset : ‘et, tu lui donneras l’ordre devant leurs yeux’. En effet, il y voit une allusion à l’ordination des sages, en chaque génération. C’est à ce propos qu’il est dit : ‘tu imposeras les mains… tu lui donneras de ta splendeur… tu lui donneras l’ordre devant leurs yeux’, ce qui veut dire qu’il devait recevoir l’ordination en présence de toute l’assemblée, afin d’en devenir les yeux, pour la génération suivante, puis pour les générations ultérieures. C’est ainsi que l’on assoit et que l’on renforce notre sainte Torah. Et, de ce fait, celle-ci se conclut par ‘que fit Moché’, qui l’instaura et la fixa ‘aux yeux de tout Israël’, de l’assemblée, du Sanhédrin et des Sages de la génération. Ainsi, la fin de la Torah est bien reliée à son début, ‘que fit Moché aux yeux de tout Israël’ à ‘au commencement’, ce qui veut dire, selon l’interprétation de Rachi, ‘pour la Torah et pour Israël’ qui sont appelés ‘commencement’. En effet, Moché conféra la force et l’ordination aux Sages d’Israël afin de préserver la Torah pour l’éternité ”.
Lettre n°8340
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8340, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[25 Chevat 5722]
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 20 Chevat, avec ce qui y était joint. Vous comprendrez que je sois étonné et surpris en constatant que vous ne m’ayez pas écrit pendant si longtemps et que, cette fois-ci, vous soyez aussi bref, d’une aussi grande concision. Sans doute complèterez-vous tout cela à la prochaine occasion et puisse Dieu faire que votre lettre ne soit pas uniquement des nouvelles détaillées, mais aussi de bonnes nouvelles, réjouissantes par tous leurs aspects. En effet, le mérite de ce qui est public vous vient en aide et, de fait, mon beau-père, le Rabbi, invoque l’immense miséricorde de Dieu afin que vous ayez une réussite accrue, en la matière.
Je suis surpris également que vous ne fassiez pas mention de la visite de la personne qui est venue ici. Sans doute vous a-t-elle transmis au moins le contenu de notre échange. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°8341
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8341, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres, me décrivant vos activités dans les fonctions et les domaines en lesquels vous vous êtes engagés et surtout en ce qui est essentiel, l’éducation basée sur les valeurs sacrées, les écoles ‘Habad. Le point commun à tout cela, en tout cas d’après ce que vous écrivez, est le manque de méthode qui caractérise votre action. Vous êtes donc dans une situation en laquelle vous connaissez des hauts et des bas. Or, vous vous trouvez tous dans une école ‘Habad et le but de tout cela est : “ l’un viendra en aide à l’autre ” et le renforcera, en ce domaine. En effet, tous doivent adopter une organisation conforme aux exigences de nos maîtres et chefs, comme le précisent différentes causeries. L’éducation, en particulier, doit être bien organisée, d’autant que l’on peut observer, dans la pratique, qu’une approche méthodique est indispensable, afin de pérenniser les actions et d’assurer leur succès. Ce qui est clairement établi n’a nul besoin d’être démontré.
Certes, il est inutile de se plaindre du passé(1). En revanche, j’espère qu’à l’avenir, on cessera de “ s’amuser ”(2) et l’on fera preuve de tout le sérieux nécessaire, tout en agissant avec joie et enthousiasme. Ainsi, les activités se dérouleront de la manière qui convient. Elles connaîtront la réussite, se multiplieront et s’éclaireront. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela, qui seront détaillées, dans toute la mesure de ce qui est nécessaire,
Notes
(1) Selon le traité Bera’hot 54a. (2) Cette expression est en Yiddish, le reste de la lettre étant en Hébreu.
Lettre n°8342
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8342, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi :
A) L’étude de notre Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout, doit-elle être poursuivie par celui qui prétend qu’elle ne change rien à l’organisation de sa journée ? Je suis surpris que l’on puisse avoir un doute, en la matière. En effet, la Mitsva d’étudier la Torah incombe à chaque Juif, non seulement au Juste ou à l’homme moyen(1), mais aussi à celui qui est inférieur à cela. Bien plus, l’assurance nous a été donnée(2) qu’un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité, y compris celle des forces du mal et de “ l’autre côté ”.
B) Vous suggérez qu’une telle personne doit cesser d’apprendre les “ notions abstraites ”. Or, quoi de plus abstrait que les versets : “ Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ” ou bien : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ? Il est pourtant inconcevable de ne pas enseigner ces versets à certaines personnes ou même d’avoir un doute en la matière, c’est bien évident.
C) Vous m’interrogez sur le chapitre 29 du Tanya, qui dit : “ tout en étant en dehors du temps elle(3) est comme si elle avait été faite ce jour même ”, à proprement parler, ce qu’à Dieu ne plaise. Or, s’il en est ainsi, à quoi bon distinguer les temps propices à la Techouva et lui étant consacrés, selon l’enseignement de notre Torah, Torah de vie, du reste de l’année, dès lors que la souillure et l’impureté ont été faites en ce jour ? La relation(4) n’est pourtant pas claire, car, lors des périodes de Techouva, celle-ci est simplement mieux acceptée et plus aisée. Mais, en fait, on ne peut pas non plus s’interroger sur la souillure, car le Tanya explique, à la même référence, que celle-ci reste dans le degré et le stade de la création en lesquels la Techouva n’est pas parvenue ou bien est insuffisante, en fonction du niveau atteint par l’homme. Il n’en est pas de même, en revanche, pour le degré par rapport auquel la Techouva est intègre et a déjà été agréée.
D) Différents textes(5) expliquent que la pensée peut exercer son effet sur une autre personne. En est-il ainsi uniquement pour ceux qui possèdent une certaine élévation ou bien est-ce le cas pour chaque Juif ? On peut le déduire de l’affirmation de nos Sages(6) selon laquelle : “ la médisance tue trois personnes ”(7).
E) Comment réparer ce que l’on sait(8) ? A notre époque, il convient de ne pas y penser, ce qui ne veut pas dire qu’il faille lutter contre une mauvaise pensée, mais bien que l’on doit l’oublier, en extraire sa force de pensée afin de l’investir dans un autre domaine, si possible en les mots de la Torah et de la prière. En effet, si un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité, combien plus est-ce le cas pour beaucoup de lumière. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
C. M. Simpson,
N. B. : Vous avez sûrement connaissance des trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et vous les avez adoptées. Tout au moins le ferez-vous à l’avenir.
Notes
(1) Défini par le Tanya, celui qui ne commet pas de fautes. (2) Voir le chapitre 12 du Tanya, à la page 17a. (3) La souillure de l’âme subie par celui qui a eu une émission séminale en pure perte. (4) Entre la souillure et les périodes de Techouva. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°7281. (6) Traité Ara’hin 15b. Rambam, lois des opinions, chapitre 7, au paragraphe 3. (7) Celui qui la dit, celui qui l’écoute et celui qui en fait l’objet. (8) L’émission séminale en pure perte.
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