Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8303
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8303, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tévet 5722,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Its’hak Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat, avec ce qui y était joint, une brève description de vos activités au cours des semaines passées. Je suis surpris que vous soyez si bref, en la matière, alors qu’il aurait été nécessaire de développer et de détailler. Il en est de même pour le laps de temps qui s’écoule entre vos courriers. En outre, celui-ci semble être le signe d’une interruption de vos activités. C’est bien évident.
Nos Sages disent(2) que : “ il est inutile de se plaindre du passé ”. Puisse donc Dieu faire que ce qui vient d’être dit ait un effet sur le futur immédiat, et non à terme. Car, rien ne résiste à la volonté, d’autant que ceci est bien la nécessité du moment, puisque nombreux sont ceux qui ont soif de la Parole de Dieu, même si, pour l’heure, certains ne savent pas pourquoi il en est ainsi. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
M. Schneerson,
N. B. : Vous m’interrogez(3) sur l’enseignement de la ‘Hassidout devant être délivré aux femmes et aux jeunes filles juives. Vous consulterez, à ce propos, les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin du premier chapitre, qui définissent les Mitsvot qu’elles sont tenues de mettre en pratique. Il est clair que ceci inclut également les six Mitsvot(4), “ Croire en l’unité de Dieu… ”, qui sont énumérées dans l’introduction du Séfer Ha ‘Hinou’h. Or, il est clair que leur respect exige(5) la connaissance de toutes les notions qui sont le contenu de la ‘Hassidout, c’est bien évident.
Notes
(1) Le Rav I.T. Eisenbach, de Jérusalem. (2) Dans le traité Bera’hot 54a. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°7412. (4) Que l’on doit mettre en pratique en permanence. (5) Le Rabbi souligne le mot : “ exige ”.
Lettre n°8304
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8304, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tévet 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de ce mardi, “ lorsque deux fois fut dit le mot bon ”(1). Vous m’y faites part de votre état de santé et de l’avis formulé par les différents médecins, à ce propos. Globalement, il m’est difficile de le comprendre, car il est clairement établi, dans ce pays, qu’un régime est efficace, dans le cas d’un ulcère, à condition d’être respecté scrupuleusement. De la sorte, on peut non seulement apaiser les douleurs, mais aussi guérir cet ulcère. Les comprimés que l’on prescrit, en la matière, n’ont d’autre but que de hâter la guérison, de renforcer la santé et d’apporter les vitamines qui ont manqué, du fait du régime. Or, tous ces éléments n’apparaissent pas dans votre lettre. Il serait donc judicieux de vérifier ces points auprès de votre médecin traitant.
En effet, il appartient à l’homme d’intervenir, par les voies de la nature(2). Ainsi, Dieu, Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles, enverra Sa Parole et Il vous guérira, par l’intermédiaire de telle personne(3) et de tel traitement. De même, vous me faites part de l’état de votre épouse. Que Dieu lui accorde donc une grossesse satisfaisante et aisée, qu’elle ait un enfant en bonne santé, en son temps et facilement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Lors de la création. (2) Pour obtenir la guérison. (3) Le médecin.
Lettre n°8305
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8305, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[17 Tévet 5722]
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 8 Tévet, de même que la suivante et je suis particulièrement surpris par le laps de temps qui s’écoule entre vos courriers. En effet, mon secrétariat(1), entre autres, a dû vous souligner la nécessité de transmettre plus souvent, ici même, des nouvelles et des comptes-rendus des actions qui ont été menées, tout au moins en les adressant à ce secrétariat et en les rédigeant brièvement. Tout d’abord, il importe, ici, que l’on dispose de ces informations. De plus, et cela n’est pas moins important, cette manière de procéder a une incidence sur les activités, sur l’enthousiasme qui y est investi, comme on l’a maintes fois dit et expliqué, y compris, me semble-t-il, dans une lettre que vous avez vous-même reçue.
Nos Sages disent(2) qu’il est inutile de se plaindre du passé. Que Dieu fasse donc que vous vous organisiez, à l’avenir, dans toute la mesure de ce qui est nécessaire. En effet, rien ne résiste à la volonté. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°8276. (2) Dans le traité Bera’hot 54a.
Lettre n°8306
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8306, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tévet 5722,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
empli d’empressement, aux multiples accomplissements,
le Rav T.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre livre, le second tome du commentaire de la Torah, du Ramban. Je vous remercie beaucoup d’avoir pensé à me l’envoyer. Comme je l’avais dit dans la lettre que je vous avais adressé, à l’époque(2), puisse Dieu faire que, dans le calme et l’enthousiasme, vous poursuiviez ce commentaire, que vous précisiez et expliquiez les propos des premiers Sages, comparables aux anges, en particulier ceux qui ont commencé la révélation de la dimension cachée de la Torah, parmi lesquels le Ramban occupe une place particulière. Il est, en effet, l’un des derniers Sages véritables de la Kabbala, jusqu’à l’époque du Ari Zal, comme nous le préciserons. Son ouvrage est également vrai, droit, juste et pérenne. Par la suite, en revanche, après le Ramban, cette sagesse resta cachée, jusqu’à ce que le Ari Zal entreprenne de la révéler, comme l’explique Rabbi ‘Haïm Vital, dans son introduction au Chaar Ha Hakdamot, que vous consulterez. Bien plus, notre génération, une génération orpheline, en laquelle la pénombre est intense et profonde, a particulièrement besoin de la révélation de cette lumière de la Torah. Avec mes respects et ma bénédiction,
Dans l’exemplaire que j’ai reçu de votre livre, il manque, semble-t-il, la deuxième moitié de ma seconde lettre.
N. B. : Selon mon habitude, je reproduis ci-après quelques notes portant sur le second tome de votre livre. Et, nos Sages donnent l’assurance(3) qu’au final, la paix règne entre les sages. Or, “ tout va d’après la conclusion ”(4) et la fin.
Au début, à la page 281, Vayéchev 37, 1(5), ce qui veut dire : On consultera le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 82, au paragraphe 13, qui dit : “ à cause de l’acte d’engagement selon lequel il serait étranger ”. On peut s’interroger sur ce que dit le Ramban, à cette référence, si l’on consulte son commentaire, avant cela, à propos du verset 36, 6.
A la fin(6), à la page 413 et à la seconde ligne de la page 153b : qui énonce la version exacte et dans la note, basé sur un manuscrit : “ Ces fossoyeurs ”(7). Ceci semble faire également allusion à ce qui est dit au préalable : “ Nos Sages enseignent : l’esprit… les instruments seront placés dans le dépôt… et l’âme de mon maître sera… ”. Telle est bien la signification essentielle. En effet, ces fossoyeurs constatèrent la matérialité du corps qu’ils touchaient. Il faut admettre que l’on parle bien ici de corps, au sens littéral et non du vêtement d’écarlate dont le Ramban fait mention à cette référence. C’est ce que l’on peut déduire de la question posée par le Talmud : “ Il est dit : ‘Tu es poussière’. Il ne doit donc pas y avoir de jalousie… ”. La vie que Yaakov possédait est donc bien celle qui est définie par Rabbi Ovadya de Bartenora, c’est-à-dire celle que l’on possède jusqu’à la fermeture de la fosse ou bien jusqu’à la putréfaction de la chair. Or, il en est ainsi pour tous les hommes et non uniquement pour les Justes. Le Be’hayé, par contre, considèrent que ces fossoyeurs saisirent effectivement le vêtement d’écarlate, mais je n’ai pas eu le mérite de comprendre son interprétation. En effet, si elle était la bonne, comment comprendre l’objection qui est soulevée à partir du verset : “ Tu es poussière ” ? Celui-ci ne s’accomplit-il pas lorsque le corps est porté en terre ? Et, il en est de même pour toutes les questions qui sont posées ici.
A la même référence(8), à la note 98 : De temps à autre : cela veut dire d’une veille du Chabbat à l’autre, ou bien d’un Yom Kippour à l’autre. Cette explication est celle du Be’hayé. Néanmoins, il faut rechercher la référence de l’interprétation qui dit : “ d’un Yom Kippour à l’autre ”. Peut-être est-ce le sens du coucher du soleil dont il est question au traité Ketouvot 103a, ce qui inclut le coucher du soleil de Yom Kippour, qui est aussi : “ dans la bouche de chacun ”, selon l’expression de Rachi, à cette même référence. On peut, toutefois, s’interroger sur cette formulation, car pourquoi n’est-il pas dit : “ d’une veille du Chabbat à l’autre ” ? Mais, peut-être y a-t-il là une faute d’imprimerie, dans le texte du Be’hayé, de sorte qu’il aurait fallu lire : “ d’une fête à l’autre ”. D’une part, son coucher du soleil est bien “ dans la bouche de chacun ”. En outre, cette lecture est conforme à ce que dit le Séfer ‘Hassidim, à propos du récit, rapporté par le traité Ketouvot, selon lequel Rabbi revenait(9) prononcer le Kiddouch pour les membres de sa famille. En effet, il pouvait le faire également pour les fêtes, mais non à Yom Kippour.
A la même référence, à la note 100, d’après le manuscrit : Rabbi Yossi le galiléen rentrait chez lui tous les vendredis soirs. On peut se demander quelle est la source de cette affirmation. Il est donc nécessaire de consulter encore une fois le manuscrit et d’analyser le contexte. Peut-être ce nom, dont seules les initiales étaient mentionnées au préalable, est-il celui de Rabbi, cité au paragraphe précédent. Par la suite, le copieur aurait fait une erreur. S’agissant du vêtement de l’âme, précédemment cité, on consultera le Kountrass Néfech Roua’h Nechama, figurant dans le Séfer Chaareï Zohar, du Rav Margolis, à la page 134, de même que les références qui y sont citées.
A la fin des additifs se trouvant au début de ce volume : Comme le cite le Ramban, dans son commentaire du verset Béréchit 2, 9, nos Sages constatent que : “ trois parlèrent de vérité et disparurent du monde ”. Dans différentes versions du Ramban, on trouve le texte suivant : “ Il s’agit du serpent, des explorateurs et de Doëg l’édomite de Beérot ”. En revanche, les chapitres de Rabbi citent : “ les explorateurs, Doëg et les fils de Rimon de Beérot ”. Et, l’on pose, à ce propos, les questions suivantes :
1) Il faut admettre que le Ramban, mentionnant le serpent, n’accepte pas la version qui est parvenue jusqu’à nous des chapitres de Rabbi.
2) En outre, pourquoi parler de Beérot à propos de Doëg ?
A mon sens, il se pose, sur notre version des chapitres de Rabbi, les questions suivantes :
1) Les fils de Rimon de Beérot ne disparurent pas du monde et encore moins du monde futur, du fait de ce qu’ils déclarèrent, comme l’indique le verset Chmouel 2, 4.
2) Si l’on compte les fils de Rimon, il faut citer également celui qui annonça à David la mort de Chaoul. Bien plus, il aurait même été nécessaire de le mentionner le premier, comme le dit David lui-même, aux versets Chmouel 2, 4, 10-11. On doit en conclure qu’il convient d’écarter les fils de Rimon. On peut, toutefois, s’interroger sur l’origine de cette erreur. Mais, peut-être est-il possible d’expliquer que nos Sages mettent en évidence ici un fait surprenant, de quelle manière la vérité a pu avoir pour effet qu’un homme soit perdu du monde. C’est donc pour souligner cet aspect surprenant qu’est également mentionnée la qualité de Doëg. La version devant être retenue est donc : “ le serpent, les explorateurs et Doëg l’édomite, puissant parmi les bergers ”, selon les termes du verset Chmouel
1, 21, 8, ou encore : “ Doëg l’édomite, chef du tribunal ”, selon l’expression de nos Sages. Le copieur manquait vraisemblablement de connaissances. Il n’a donc pas compris tout cela et il a introduit l’expression : “ de Beérot ”, dont les lettres sont semblables, dans le manuscrit. Par la suite, il a découvert le lien entre “ de Beérot ” et les fils de Rimon. Il a alors introduit cette “ précision ” de sa propre initiative.
Notes
(1) Le Rav Tsvi Hirsch Eisenstadt, de Brooklyn. Voir, à son sujet, les lettres n°2654 et 6603. (2) Peut-être à l’occasion de la parution du premier tome. (3) Dans le traité Kiddouchin 30b. (4) Selon le traité Bera’hot 12a. (5) “ Pour quelle raison Yaakov s’installa-t-il dans le pays où résidait son père ? Il se dit que les chefs d’Esav résidaient dans les contrées qui leur avaient été imparties, comme le dit le verset 36, 43, c’est-à-dire dans la région qu’ils avaient obtenue à titre d’héritage éternel. Mais Yaakov était étranger, comme son père, dans une terre qui ne lui appartenait pas, ce qui veut dire qu’ils firent le choix de résider dans le pays élu et que s’accomplit ainsi pour eux ce qui avait été énoncé au verset 15, 13 : ‘Ta descendance sera étrangère dans un pays qui ne leur appartiendra pas’, ce qui, en revanche, ne fut pas le cas pour Esav. En effet, seul Yaakov était considéré comme descendance d’Avraham ”. (6) “ Il a rendu l’âme et il a été réuni : Il n’est pas question de mort, à son propos et, de fait, nos Sages expliquent, dans le traité Taanit 5b, que notre père Yaakov n’est pas mort. Ce Midrash veut dire que les âmes des Justes s’insèrent dans le faisceau de la vie et les entourent ainsi tout au long du jour, formant, de la sorte, comme un habit d’écarlate, afin d’éviter la nudité de Yaakov. Ce vêtement peut aussi n’être porté que de temps à autre. On comprendra tout cela en fonction de ce qui est dit dans les traités Chabbat 142b et Ketouvot 103a ”. (7) “ Ces fossoyeurs creusaient la terre de Rav Na’hman Bar Its’hak. Celui-ci vit qu’il y avait quelque chose et il dit : Veuillez entrer dans la maison ”. (8) Rabbénou Be’hayé dit : “ Il en est ainsi d’une veille du Chabbat à l’autre ou encore d’un Yom Kippour à l’autre ”. (9) Après sa mort.
Lettre n°8307
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8307, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
à l’issue du saint Chabbat Chemot
23, veille du 24 Tévet 5722,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 12 Tévet(1). Pour faire allusion à ce qui est d’actualité, le calendrier de cette année est le même que celui de l’année du décès de l’Admour Hazaken, comme l’indique “ l’introduction des Rabbanim, fils de l’auteur érudit ” du Choul’han Arou’h et selon les termes(2) du Tséma’h Tsédek, reproduits dans le Maané Lachon, lequel fut publié, en son temps, par mon beau-père, le Rabbi : “ à l’issue du saint Chabbat Chemot 23, veille du 24 Tévet ”.
Puisse Dieu faire que s’accomplisse prochainement la conclusion des propos du Tséma’h Tsédek, à cette référence : “ Que Dieu hâte(3) la venue de notre libérateur. Qu’ils se réveillent et se réjouissent ceux qui reposent sous terre(4). Lui-même sera parmi eux(5) et il nous fera entendre les merveilles de la Torah intègre de Dieu(6), apaisant l’esprit et le corps(7). Car, la rosée de la Torah(8) fait revivre, Amen, puisse-t-il en être ainsi, très bientôt et de nos jours ”. Avec ma bénédiction et pour donner de bonnes nouvelles, dans le calme,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 192. (2) Publiés intégralement, d’après le manuscrit, à la fin des Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, à la page 73 et 411 dans l’édition de 5752. On verra aussi les Iguerot Kodech du Rabbi Maharach, à la lettre n°1. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Peut-être est-il possible de dire que ceci inclut aussi la demande d’être méritant, comme l’expliquent nos Sages, au traité Sanhédrin 95a : ‘S’ils sont méritants, Je hâterai la délivrance ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ichaya 26, 19 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Nos Sages disent, au traité Sotta 5a, cité par le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 156, au paragraphe 3, que ‘ceux qui reposent sous terre’ sont les ‘voisins de la terre’, déjà de leur vivant. Et, l’on connaît la sainte épître de l’Admour Hazaken, qui fut rédigée peu avant son décès, parlant de ‘l’âme véritablement humble ”. Celle-ci figure dans les Iguerot Kodech de l’Admour Hazaken, tome 1, lettre n°65. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ De fait, l’introduction précédemment citée dit : ‘les merveilles de sa Torah, la Torah de Dieu ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 1, à la page 184b et le Zohareï ‘Hama, à la même référence, cité par le Tséma’h Tsédek dans son commentaire des Tehilim, sur le verset 19, 8, au paragraphe 5 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les termes du verset d’Ichaya précédemment cité. Ainsi, ‘ils se réveilleront’ parce que ‘Ta rosée est la rosée des lumières’. Le traité Ketouvot 111b précise, à ce propos, que la lumière de la Torah fait revivre. En revanche, le Tanya, à la fin du chapitre 36, parle de la ‘rosée de la Torah’. C’est aussi la version adoptée par le Yalkout Chimeoni sur Ichaya, à cette référence. Le Yerouchalmi, traité Bera’hot, chapitre 5, au paragraphe 2, dit : ‘Les morts revivent uniquement par les rosées… la rosée des lumières…’. On verra aussi, en particulier, le traité Chabbat 88b, le Likouteï Torah, Parchat Haazinou, à la page 73c, le discours ‘hassidique intitulé : ‘Soutenez-moi’ de 5660, qui précise que la ‘lumière de la Torah’ et la ‘rosée de la Torah’ correspondent aux ‘secrets’ et aux ‘secrets des secrets’ ”. A ce sujet, on verra également la note de la lettre n°289.
Lettre n°8308
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8308, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
à l’issue du Chabbat qui bénit le mois de
Chevat, veille du 24 Tévet 5722,
date de la Hilloula de l’Admour Hazaken,
Brooklyn, New York,
Aux participantes à la seconde réunion annuelle des
auxiliaires féminines de la Yechiva Tom’heï Temimim,
à Montréal, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Vous m’avez fait savoir que la seconde réunion annuelle de vos auxiliaires féminines a été fixée au 4 Chevat prochain. Dieu fasse que celle-ci connaisse une grande réussite, à la fois quantitative, par le nombre des participants, et qualitative, par des contributions plus larges et plus nombreuses. Bien plus, on ne se contentera sûrement pas de cela, mais l’on y fera un ajout, de nombreuses fois. Car, si, à chaque époque et en tout lieu, notre sainte Torah nous ordonne de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté, combien plus doit-il en être ainsi de nos jours et en ces contrées, où la demande est très importante.
Il est clair et évident qu’un accroissement du besoin révèle de plus grandes forces, de plus larges possibilités, de même que l’aide de Dieu, car “ l’Eternel est bon et droit ”. Nous sommes à quelques jours de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, qui fit don de lui-même pour répandre le Judaïsme, la Torah et les Mitsvot, en général, la ‘Hassidout et ce qui la concerne, en particulier. Lui-même invoque une immense miséricorde, il suscite le rassemblement et le succès en votre action au profit de la Yechiva Tom’heï Temimim. Dieu fasse que vous agissiez en ce sens, avec une joie et un enthousiasme véritables et profonds. Avec ma bénédiction à tous les participants à cette réunion, de même qu’aux membres de leur famille,
Lettre n°8309
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8309, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5722,
Brooklyn,
Au jeune Yé’hyel Mi’hel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 18 Tévet, dans laquelle vous me dites que vous avez obtenu un poste de Cho’het pour la volaille. Vous connaissez sûrement la décision hala’hique, qui est citée par le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken(2) et par les responsa du Tséma’h Tsédek(3), selon laquelle un Cho’het doit avoir la crainte de Dieu la plus profonde. Vous vous efforcerez donc de satisfaire à cette exigence, dans toute la mesure du possible. En effet, on vient en aide à celui qui désire se purifier(4). Puisse donc Dieu faire que cela soit en un moment bon et fructueux et, pour passer d’un sujet à l’autre tout en restant dans le même contexte, vous redoublerez d’ardeur en votre enseignement public de la Torah, lequel, à n’en pas douter, porte aussi sur la ‘Hassidout et ce qui la concerne, sur la diffusion des sources(5). Là encore, vous connaîtrez la réussite et vous effectuerez un ajout, de temps à autre, conformément à l’Injonction de s’élever dans le domaine de la sainteté.
Ce jour, alors que la présente réponse est rédigée, est celui de la Hilloula de l’Admour Hazaken et l’on connaît la parabole qu’il énonça(6) à propos de la diffusion des sources(5), celle du joyau le plus précieux de la couronne royale. Ceci fait la preuve qu’il nous incombe, avec une responsabilité encore plus importante, de mettre à profit ce précieux joyau, après que le Roi l’ait mis à la disposition des enfants d’Israël, c’est bien évident. Puisse Dieu faire que vos propos émanent du cœur. De la sorte, ils pénétreront dans le cœur de ceux qui les écouteront. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de ce qui vous concerne, à titre communautaire et personnellement,
Notes
(1) Y. M. Kats Ben Dor. Voir, à son sujet, la lettre n°5759. (2) Au début des lois de la Che’hita. (3) Yoré Déa, au chapitre 12. (4) Selon le traité Yoma 38b. (5) De la ‘Hassidout, à l’extérieur. (6) A ce propos, on verra également la lettre n°8290.
Lettre n°8310
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8310, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5722,
jour de la Hilloula de l’Admour Hazaken,
auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples
accomplissements, aux bons comportements, issu d’une
illustre famille, le Rav Y.T.(1) Chlita,
Après m’être enquis de vos nouvelles, je vous confirme avoir bien reçu, ce jour, les trois tomes du Ets ‘Haïm, le Mevo Chéarim et le Chaar Ha Hakdamot, que la divine Providence vous a donné le mérite et le succès de publier, conformément à la grande nécessité et au besoin du moment, en lequel il faut “ révéler cette Sagesse ”(2), selon les termes bien connus du Ari Zal qui vit encore, cités et commentés par Iguéret Ha Kodech(3), de l’Admour Hazaken, dont nous célébrons la Hilloula et dans le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, père de mon beau-père, le Rabbi. Je vous remercie beaucoup pour cet envoi et sans doute m’adresserez-vous également ce que vous publierez à l’avenir. Je vous en remercie d’avance.
Je ne peux cependant pas m’empêcher de vous faire remarquer un fait étonnant et particulièrement surprenant : les notes de l’éditeur ne citent pas, ne font même pas allusion aux livres de nos maîtres et chefs, à l’enseignement de ‘Habad. Or, vous savez sûrement que ceux-ci ont commenté, dans leurs propos, de nombreux écrits du Ari Zal et au moins quelques-uns d’entre eux ont été répertoriés et peuvent être retrouvés dans les index du Torah Or et du Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, dans celui du Chaareï Ora, de son fils et successeur, l’Admour Haémtsahi et dans le Séfer Ha Mitsvot de son petit-fils et successeur de son beau-père(4), le Tséma’h Tsédek.
De façon générale, nos Sages soulignent(5) l’importance de “ fixer des anses au panier ”(6). Combien plus est-ce le cas lorsque cela est nécessaire pour préciser le contenu de ces textes et, plus encore, pour les ouvrages de la Kabbala. En effet, le Baal Chem Tov exige(7) que cette étude soit envisagée avec beaucoup de précaution, comme le précise la fin du second chapitre du Chorech Mitsvat Ha Tefila, du Tséma’h Tsédek, que vous consulterez. Bien entendu, mon propos n’est pas de me plaindre du passé et encore moins de polémiquer. Je fais uniquement référence à l’avenir. En effet, dans l’introduction de l’éditeur, dont on prépare la publication, on trouve d’autres écrits du Ari Zal. Je faisais référence aux anses du panier et je dois ajouter, en outre, qu’il serait particulièrement judicieux de rédiger des notes et des références également pour d’autres écrits du Ari Zal, de même que pour ses commentateurs, les Sages de la Kabbala, dans toute la mesure du possible. Avant tout, il convient d’y inclure ce qui est indiqué dans les notes et commentaires du Ets ‘Haïm, selon l’édition publiée à Varsovie en 5651(8). Il en est de même pour les écrits du Ari Zal édités à Jérusalem, avec les notes du Rav Mena’hem Mendel Halperin. Comparer les écrits du Ari Zal émanant de différentes sources est particulièrement important, cela est bien clair et tout à fait évident.
Nos Sages disent(9) qu’un texte de la Torah en complète un autre. En l’occurrence, des notes et références sur les écrits du Ari Zal ne peuvent qu’être utiles et intéressantes, ce qui ne serait pas le cas de commentaires personnels. Comme je l’ai déjà écrit, vous vous efforcez également de diffuser l’enseignement du Baal Chem Tov, dans toute la mesure du possible, par l’écriture, par l’édition et par la parole. Or, son enseignement, celui de ses disciples et des disciples de ses disciples constituent l’effort de la Torah qui, avec l’amour et la crainte de Dieu, s’élève, fend les cieux et se présente devant l’Eternel, comme l’explique le saint Tanya, au chapitre 40 et au début du Kountrass A’haron. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Yehouda Tsvi Brandwein, de Tel Aviv. (2) Celle de la Kabbala. (3) Au chapitre 26. (4) L’Admour Haémtsahi. (5) Au traité Erouvin 21b. (6) D’indiquer les références de chaque texte. (7) Voir, à ce sujet, les lettres n°8275 et 8332. (8) 1891. (9) Dans le Yerouchalmi, traité Roch Hachana, chapitre 3, au paragraphe 5.
Lettre n°8311
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8311, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du 21 Tévet, dans laquelle vous évoquez le moment de l’édification de la pierre tombale(2). Il est clair qu’il n’y a pas lieu, pour ce qui vous concerne, de vous engager dans la polémique, ce qu’à Dieu ne plaise, car la Torah l’interdit clairement. Bien plus, d’après ce que vous écrivez, toute la famille, vous exceptée, est d’avis qu’il faut attendre un an(3). Vous ne vous y opposerez donc pas.
Conformément à votre demande, la présente vous est adressée en passant outre à la file d’attente. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, en des domaines positifs, dans la tranquillité et l’enthousiasme,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Ceci fait suite à la lettre n°8269. (3) Pour poser cette pierre tombale, alors que la coutume des ‘Hassidim consiste à le faire à l’issue des sept jours du deuil.
Lettre n°8312
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8312, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 17 Tévet. Bien entendu, je suis intéressé par les détails relatifs à ce que vous m’écrivez. En effet, un homme et sa vie sont un assemblage de différents aspects spécifiques, semblables à ceux-ci, y compris en les aspects les plus importants. Et, comme il est nous est ordonné de croire en l’Unité, au sens le plus littéral, un homme se doit également d’unir tout ce qui le concerne, en l’unité la plus parfaite(1). Nos Sages, qui énoncent de grandes idées en de courts dictons et rapportent : “ une petite Paracha de laquelle dépendent tous les grands principes de la Torah ”, disent, à ce propos, dans le traité Bera’hot 63a : “ en toutes tes voies, reconnais-Le ” et vous consulterez l’explication qui est donnée, à ce sujet, dans les lois des opinions du grand maître, le Rambam, de même que la décision hala’hique énoncée par le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231.
Bien entendu, il m’a été particulièrement agréable de prendre connaissance, dans votre lettre, de votre bonne et ferme volonté de vous élever sur le chemin conduisant vers la maison de Dieu, celui de l’étude de notre sainte Torah, avec le comportement qui en découle. De fait, l’assurance nous a été donnée(2) que : “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. La réponse à vos questions figure dans les décisions hala’hiques dont le Choul’han Arou’h fait état. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) D’avoir un fil conducteur unique, en l’ensemble de son comportement. (2) Dans le traité Yoma 38b.
Lettre n°8313
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8313, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5722,
Brooklyn, New York,
Au président de la communauté de Barcelone(1),
puissiez-vous avoir une longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu, en son temps, votre lettre du 18 Kislev. Entre temps, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Mi’haël Lipsker(2) m’a rendu visite ici et nous nous sommes entretenus du contenu de votre courrier. Lui-même est déjà rentré en Europe et, après y avoir passé un certain temps, il visitera votre ville à l’occasion de son retour à Meknès. Peut-être même se trouvera-t-il déjà chez vous, à réception de la présente.
A cette occasion, en cette veille du saint Chabbat Roch ‘Hodech Chevat, je ne peux m’empêcher de faire mention de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, le dixième jour de Chevat. Pour quiconque connaît l’histoire de notre peuple, en Russie et surtout pour ceux qui sont originaires de ce pays, cette date évoque des souvenirs, des événements personnels datant de la période de la guerre et concernant la pratique de la Torah et des Mitsvot, les institutions religieuses se trouvant sous la bannière de celui dont nous célébrons la Hilloula. En effet, celui-ci fit don de lui-même, d’une manière effective, afin de préserver les valeurs de notre peuple et son mode de vie. Dans ce but, il risqua sa vie, au quotidien. Vous avez sûrement connaissance de cet épisode lumineux, au moins dans ses grandes lignes. Or, dans la vie juive, le but du souvenir est de renforcer l’action et, en l’occurrence, celle qui est conforme à la vision du monde et à l’ambition de celui dont nous célébrons la Hilloula et dont le mérite nous protégera. Avec mes respects et ma bénédiction à tous les membres de votre communauté,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8381. (2) Emissaire du Rabbi à Meknès, Maroc.
Lettre n°8314
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8314, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tévet 5722,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav Yossef, qui est appelé
docteur Kamenetski,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu, en son temps, votre lettre, à laquelle était jointe une demande de bénédiction, qui a été lue près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Ma réponse a été retardée jusqu’à ce que j’ai le temps de consulter, au moins rapidement, les documents que vous avez joints à votre lettre. S’agissant de la participation des organismes de P. T. A. en nos écoles, j’espère que le projet avance. Pour différentes raisons, cette participation viendra peut-être directement de chacune de ces écoles. J’ai lu, avec plaisir, dans votre lettre, qu’il y a déjà eu des résultats satisfaisants et concrets, conformément à notre discussion. On constatera sûrement d’autres améliorations, concernant votre mission sacrée, l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Vous ne manquerez pas de m’en faire part et je vous en remercie d’avance.
Nous sommes à la veille du saint Chabbat Roch ‘Hodech Chevat et je ne peux m’empêcher de faire mention de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, le dixième jour de Chevat. Pour quiconque connaît l’histoire de notre peuple en Russie et surtout pour ceux qui sont originaires de ce pays, cette date évoque des souvenirs, des événements personnels datant de la période de la guerre et concernant la pratique de la Torah et des Mitsvot, les institutions religieuses se trouvant sous la bannière de celui dont nous célébrons la Hilloula. En effet, celui-ci fit don de lui-même, d’une manière effective, afin de préserver les valeurs de notre peuple et son mode de vie. Dans ce but, il risqua sa vie, au quotidien. Vous avez sûrement connaissance de cet épisode lumineux, au moins dans ses grandes lignes. Or, l’un des aspects les plus importants de son combat et de ses actions, à l’époque et tout au long de sa vie, fut l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Ses fruits et les fruits de ses fruits sont encore vivaces, en cet endroit, à l’heure actuelle, alors que plus d’un demi-siècle s’est écoulé. Et, dans la vie juive, il est clair que le but du souvenir est de renforcer l’action et, en l’occurrence, celle qui est conforme à la vision du monde et à l’ambition de celui dont nous célébrons la Hilloula et dont le mérite nous protégera. Avec mes respects, ma bénédiction et en saluant le Rav Dov Ber Lévy,
Lettre n°8315
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8315, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tévet 5722,
Brooklyn,
A madame Ra’hel(1),
Je vous bénis et vous salue,
Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat 24 Tévet, me présentant brièvement vos activités, depuis votre dernière lettre. Bien entendu, j’ai été particulièrement satisfait d’apprendre la réussite que connaît le jardin d’enfants. J’ai bon espoir que l’on agit également afin d’augmenter le nombre des petits garçons et des petites filles qui le fréquentent. A n’en pas douter, il y a sûrement de nouveaux résidents, parmi les immigrants récents, dans le quartier où se trouve ce jardin d’enfants.
On doit adopter une conclusion positive et vous évoquez, à la fin de votre lettre, l’enseignement que vous dispensez aux femmes appartenant aux communautés orientales. Ceci est particulièrement important car celles-ci sont confrontées à un problème particulier. Avant leur arrivée en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, leur vie était basée sur le respect dû au père, puis au mari, sans hésitation, sans même qu’il soit concevable de ne pas obéir. Puis, soudain, elles sont arrivées dans un contexte…(2). On n’écoute donc pas et l’on prône l’indépendance, non seulement par rapport au père et au mari physiques, mais aussi…(3). Il faut donc, au plus vite, leur faire connaître la vérité, leur dire que, dans l’endroit où elles se trouvent actuellement, la Torah et les Mitsvot conservent toute leur valeur. Bien plus, elles sont dans “ le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ” et “ dans le palais du Roi ”. L’indépendance doit donc prendre la forme d’un ajout à ce qui concerne le Judaïsme, à ses valeurs, à l’influence qu’elles exercent en ce domaine sur leur mari, leurs enfants et la conduite de leur foyer.
Bien entendu, les termes doivent être choisis en fonction de la compréhension et du niveau de connaissances des différents cercles auxquels ces femmes appartiennent. Néanmoins, ce même message doit être transmis à toutes, les plus pratiquantes comme…(4). Heureuse est la part de quiconque interviendra, en la matière. Et, l’assurance nous a été donnée(5) que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de ce qui vous concerne personnellement,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, à l’occasion du 10 Chevat(6),
Notes
(1) Madame R. Zamir, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°8455. (2) Dont les valeurs vont à l’encontre de celles-ci. (3) Par rapport à Dieu. (4) Les plus éloignées. (5) Dans le traité Yoma 38b. (6) Hilloula du précédent Rabbi.
Lettre n°8316
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8316, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tévet 5722,
Brooklyn,
Je te salue et te bénis,
Je fais réponse à ta lettre du 24 Tévet, dans laquelle tu me relates tes difficultés, à la Yechiva Tom’heï Temimim, ce que t’a dit sa direction, que tu n’as pas voulu écouter. Il est clair qu’il n’est pas juste d’agir de la sorte. Comme le souligne, à maintes reprises, notre Torah, Torah de vie, un élève de Yechiva, surtout d’une Yechiva ‘hassidique, doit obéir au recteur et à la direction, même si cela va à l’encontre de sa propre opinion, même s’il n’en comprend pas du tout le motif. Il n’est cependant pas surprenant qu’il en soit ainsi, car le mauvais penchant ne s’adresse pas, d’emblée, à un Juif pour lui demander de transgresser le Choul’han Arou’h. Si c’était le cas, celui-ci ne l’écouterait pas. En revanche, il peut convaincre l’élève qu’il(1) comprend sa propre situation mieux que le recteur de la Yechiva. C’est en procédant de cette façon que le “ roi vieux et fou ”(2) impose son avis.
J’espère qu’il est inutile d’en dire plus. A réception de la présente, tu modifieras donc ta position et tu t’engageras à te conformer à toutes les instructions de la direction. Avant tout, tu apprendras la Torah avec ardeur et constance, en fonction du programme de la Yechiva et de la classe en laquelle tu seras placé. Comme je l’ai dit, en étudiant de cette façon, tu t’élèveras, d’une classe à l’autre, conformément à la promesse de nos Sages(3) selon laquelle : “ si tu fais des efforts, ceux-ci seront couronnés de succès ”. Tu as sûrement adopté les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Bien entendu, tu peux montrer la présente à la direction de la Yechiva, à laquelle il n’est pas utile d’adresser une lettre spécifique.
Notes
(1) Cet élève. (2) Le mauvais penchant. (3) Au traité Meguila 6b.
Lettre n°8317
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8317, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Tévet 5722,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre(1) du 25 Tévet, dans laquelle vous me décrivez votre état d’esprit, en général. En pareille situation, la solution(2) est bien connue. Vous devez graver en votre esprit l’idée de la divine Providence, qui est un principe fondamental de notre foi et de notre sainte Torah, Torah de vie. La ‘Hassidout ‘Habad, en particulier, explique longuement que la divine Providence s’applique à chacun et à chacune, jusque dans le moindre détail. Le Saint béni soit-Il est l’Essence du bien. Or, il est dans la nature de Celui Qui est bon de faire le bien. Il n’y a donc pas lieu d’être soucieux et triste. Selon les termes du chantre d’Israël(3), “ l’Eternel est avec moi, je n’ai pas peur. L’Eternel est mon Berger, je ne manquerai de rien ”. Bien plus, vous avez observé et vous observez encore les bienfaits de Dieu, d’une manière concrète. Dieu vous a accordé Sa bénédiction et vous avez un mari, des enfants charmants. Plus encore, vous avez le mérite et le succès de prendre part et de contribuer à l’éducation basée sur les valeurs sacrées, rapprochant le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Et, l’on connaît le dicton du Baal Chem Tov(4) selon lequel le Saint béni soit-Il aime chaque Juif et chaque Juive infiniment plus que des parents âgés aiment leur fils unique, né alors qu’ils étaient déjà âgés.
Un homme doit faire ce qui dépend de lui, en intervenant selon les voies de la nature. En l’occurrence, on peut penser que votre situation morale dépend d’un faible état de santé. Il serait donc bon que vous consultiez un médecin et que vous vous conformiez à ses prescriptions. Je vous adresse ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, qui a été précédemment définie. Vous dirigerez également votre foyer, ce qui fait aussi partie de cette mission sacrée, car cela dépend essentiellement de la maîtresse de maison. Et, vous m’en donnerez de bonnes nouvelles, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8271. (3) Le roi David. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7570.
Lettre n°8318
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8318, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Tévet 5722,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Barou’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 24 Tévet. Vous savez, je l’espère, que ce jour est celui de la Hilloula de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Celui-ci fit don de sa propre personne pour le Judaïsme, la Torah et les Mitsvot. Il ne le fit pas uniquement à titre personnel, car ce n’est pas en cela que résida sa grandeur. En fait, il diffusa ces valeurs à chacun et à chacune de ceux qui pouvaient les recevoir. Il précisa, en outre, que tous ceux qui avaient connaissance de son message se devaient d’adopter la même attitude, en lisant ses ouvrages et ses discours, ou encore par l’intermédiaire de ses disciples. En effet, les propos des Justes sont toujours immuables et, bien plus, ils insufflent toutes les forces nécessaires pour qu’il soit aisé de mettre en pratique cet appel, cette requête et cette Injonction.
Vous comprenez sans doute que la présente n’a pas pour objet de vous faire un discours, mais bien au contraire, d’aller “ droit au but ”, selon l’expression courante, c’est-à-dire d’envisager l’action concrète, la vôtre personnelle et celle des personnes avec lesquelles vous entrez en contact, c’est bien évident. Je suppose qu’il n’est pas utile de revenir longuement sur ce que je vous écrivais déjà dans ma précédente lettre(2). Je vous joins une copie d’un courrier adressé à ceux qui prenaient part à une réunion ‘hassidique du 19 Kislev. Ceci complètera, je l’espère, ce qui était dit dans ma précédente lettre, afin, comme je le disais plus haut, d’aller “ droit au but ”. Avec ma bénédiction pour une amélioration de votre état de santé et de celui de votre épouse, de même que pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui est dit ci-dessus,
Notes
(1) Le Rav B.Levittin, de Hollywood. Voir, à son sujet, les lettres n°8136 et 8330. (2) Il s’agit de la lettre n°8290.
Lettre n°8319
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8319, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du saint Chabbat et veille
du Roch ‘Hodech Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel ‘Hano’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, lorsque deux fois fut dit le mot “ bon ”(2). En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Nous sommes à la fois à la veille du saint Chabbat et du Roch ‘Hodech. Or, l’un et l’autre, le Chabbat et le Roch ‘Hodech, symbolisent la bénédiction et la réussite en tout ce qui concerne les enfants d’Israël, y compris dans les domaines matériels. C’est ainsi qu’il est écrit : “ Tu appelleras le Chabbat plaisir ”, ce qui est à la fois une Injonction et une promesse donnée. Nos Sages expliquent(3) que ce plaisir consiste à manger et à boire. Or, on dit, à Roch ‘Hodech, que : “ ils se renouvelleront comme elle(4) ”. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi pour ce qui vous concerne et que vous en donniez de bonnes nouvelles. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.H. Libermann. (2) Lors de la création. (3) Voir le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois du Chabbat, au début du chapitre 242. (4) Comme la nouvelle lune, introduisant le mois.
Lettre n°8320
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8320, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Chevat 5722,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 24 Tévet, dans laquelle vous me dites que vous avez pris une bonne décision, à réception de mon dernier courrier. Néanmoins, par la suite, vous n’êtes pas parvenu à surmonter l’épreuve(1). Or, vous savez sûrement ce que nos Sages expliquent(2), à ce sujet. Ils affirment, en effet, qu’un homme ayant succombé à l’épreuve et ayant trébuché ne doit pas pour autant se décourager, ce qu’à Dieu ne plaise, encore moins en être désespéré dans la lutte qu’il a engagé contre son mauvais penchant, que Dieu nous en garde. Car, bien au contraire, le désespoir et la démoralisation sont les armes et les stratagèmes dont ce mauvais penchant fait usage, lorsqu’il s’adresse à un homme juif, appartenant au peuple proche de Dieu, puisqu’il est dit : “ Vous êtes appelés des hommes ” et défini comme un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov. Il lui affirme qu’il n’y a pas lieu de lutter contre lui, car on ne serait pas le vainqueur d’un tel combat, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien plus, celui qui lui-même a trébuché est en mesure d’observer à quel point l’échec est mauvais et amer. Non seulement il va à l’encontre de la Volonté du Créateur, Qui donne la Torah et ordonne les Mitsvot, mais, en outre, il ruine et détruit sa vie physique, son existence dans ce monde. En raisonnant de la sorte, on suscitera en soi une force nouvelle et plus intense qui permettra de mener ce combat et, au final, s’accomplira la promesse(3) selon laquelle : “ Lorsque l’homme se sanctifie quelque peu ici-bas, on le sanctifie largement, là-haut ”.
A) Pour vous renforcer dans ce combat, de même que pour hâter la délivrance, il serait particulièrement judicieux de faire en sorte que vous n’ayez pas d’argent sur vous, si ce n’est le montant nécessaire pour effectuer de petits achats.
B) Dans la mesure du possible, vous aurez des contacts uniquement avec des personnes respectueuses de la Torah et des Mitsvot. De fait, chacun reçoit l’Injonction d’agir ainsi et nos Sages constatent(4) que : “ les relations font beaucoup ”. Ils disent aussi que : “ le Juste a une bonne part, de même que son voisin ”. Et, l’inverse est également vrai(5).
C) Plusieurs médecins connaissent des traitements qui renforcent et raffermissent la volonté, par exemple pour les alcooliques, que l’on peut, à terme, guérir complètement. Vous les consulterez donc et vous vous conformerez à leurs prescriptions. Autre point, qui est essentiel, vous aurez une bonne connaissance de quelques chapitres de la Michna et de quelques Psaumes. De temps à autre, vous les réciterez, surtout lorsqu’il vous semble que vous éprouvez un désir qui n’est pas conforme à la Volonté de Dieu.
Vous me dites que vous n’avez pas la constance qui serait nécessaire. L’une des solutions, en ce domaine, est la suivante. Lorsque vous observez que celle-ci est réduite, vous changerez le thème sur lequel porte votre étude, de la Hala’ha au Midrash, de la Loi écrite à la Loi orale ou bien l’inverse. A réception de la présente, nous serons à proximité du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Comme c’est le cas pour chaque événement, celui-ci délivre une leçon pour le service de Dieu de chacun d’entre nous et donc, bien évidemment, pour le vôtre. Cette leçon est la suivante. L’instinct de conservation de l’homme est le plus fort. Malgré cela, celui dont nous célébrons la Hilloula mit sa vie en danger afin de mettre en pratique la Volonté du Créateur et il affirma que l’on pouvait en attendre de même de la part de chacun. Combien plus en est-il ainsi lorsque l’on n’encourt, Dieu merci, aucun danger, qu’il s’agit uniquement d’un désir éphémère et d’une volonté passagère. Quelques instants plus tard, on regrette ce désir et cette volonté, qui ne fait que détruire la vie. Il est donc bien clair que l’on peut mettre en pratique les Mitsvot du Créateur et emprunter, d’une manière agréable et pacifique, la voie de notre Torah, Torah de vie. J’attends, au plus vite, votre réponse sur tous ces points et je vous en remercie d’avance,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Vraisemblablement, une propension à dilapider l’argent. (2) Voir, à ce sujet, le Tanya, au chapitre 28. (3) Dans le traité Yoma 39a. (4) Voir le traité Sotta 7a et la fin du traité Soukka. (5) La part de l’impie est mauvaise, de même que celle de son voisin.
Lettre n°8321
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8321, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Chevat 5722,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ephraïm Eliézer(1) Ha Cohen,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous m’annoncez votre anniversaire. Sans doute avez-vous respecté, à cette occasion, les coutumes dernièrement adoptées par les ‘Hassidim.
Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite, à la fois matériellement et spirituellement. Vous intensifierez votre étude de la Torah et votre pratique des Mitsvot, dans la largesse. Ceci concerne avant tout, bien évidemment, la Mitsva que vous devez observer plus scrupuleusement(2), en l’occurrence la direction de votre sainte communauté(3). Celle-ci vous illuminera, comme l’indique le Séfer Ha Si’hot de l’été 5700(4), à la page 22. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°8288. (2) Celle qui apporte l’élévation à toutes les autres. (3) Dont le destinataire de la présente est le Rav. (4) 1940, du précédent Rabbi.
Lettre n°8322
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8322, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Chevat 5722,
Brooklyn, New York,
Mémoire(1)
Je me permets de vous rappeler quelques points, qui sont d’actualité. A n’en pas douter, ceux-ci ne vous ont pas échappé. Néanmoins, je n’ai pas eu connaissance que quoi que ce soit ait été fait, en la matière. Il est donc de mon devoir d’appeler votre attention sur leur grande importance :
A) Ces derniers mois, comme on le sait, sont arrivées en notre Terre sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, des milliers de familles de nouveaux immigrants. Bien évidemment, certaines viennent de pays desquels on ne peut pas dire que tous les Juifs, sans la moindre exception, y respectaient la Torah et les Mitsvot. Pour autant, il est certain que bon nombre de ces nouveaux immigrants respectent eux-mêmes la Torah et les Mitsvot. Autre point, qui est essentiel, selon l’optique de notre Torah, Torah de vie, un Juif, quel qu’ait été son comportement de par le passé, reçoit, chaque jour(2) de nouveau, la Torah et ses Mitsvot et, bien plus, il est tenu de la recevoir. Toutefois, si son comportement préalable n’était pas conforme à ce qu’il devait être, une Mitsva supplémentaire lui incombe, celle de la Techouva. Or, quand arrivent de tels nouveaux immigrants, on les installe, bien souvent, dans des implantations nouvelles, que l’on crée spécifiquement pour eux. De la sorte, ils se trouvent, pendant un certain temps, en contact avec les représentants des différentes administrations qui sont chargées de l’implantation et de l’intégration. Et, la nature humaine veut que la première impression soit la plus forte, en particulier quand on reçoit de l’aide afin de s’installer et des directives dans les domaines agricole et industriel.
D’après les informations que j’ai reçues jusqu’à maintenant, les moniteurs et les inspecteurs qui accueillent ces immigrants au port maritime ou bien à l’aéroport, pour la plupart, ne respectent pas encore la Torah et les Mitsvot, à ma grande douleur. Ceci apparaît à l’évidence dans leur comportement, dès la première rencontre, même s’ils n’ont pas l’intention de mettre en évidence leur irréligiosité. Et, de fait, certains d’entre eux soulignent clairement cet aspect des choses. Bien plus, quelques-uns souhaitent profiter de cette situation pour écarter les immigrants de la Torah et des Mitsvot. Il est clair que, lorsque ces derniers sont soumis à une telle influence, il est difficile, par la suite, de les ramener vers le bien, de les rapprocher de Dieu et de Sa Torah. En effet, il est un principe bien connu(3) selon lequel : “ celui qui commet une transgression puis le fait encore acquiert le sentiment que celle-ci est un acte permis ”. A fortiori est-ce le cas quand on la commet de nombreuses fois. Il en serait ainsi même s’il s’agissait d’une seule âme juive et cela est valable, a fortiori, pour des milliers de familles. Or, il semble que, dans un proche avenir, des milliers de familles de nouveaux immigrants viendront encore. Il faut donc agir, arrêter des moyens urgents et indispensables pour remédier à cette situation, dans la plus large mesure possible.
En fait, il faudrait qu’il y ait des représentants religieux, dans les lieux de rassemblement, à l’extérieur de la Terre Sainte et sur les bateaux. Mais, même si cela n’est pas possible, il est, en tout état de cause, indispensable, à mon sens, que ces représentants religieux accueillent les immigrants à l’aéroport ou bien au port maritime, puis qu’ils les accompagnent, pendant quelques temps, dans les endroits où ils s’installent. Quant aux immigrants arrivés ces derniers mois et d’ores et déjà confrontés à cette situation, il est sûrement possible de rectifier les choses, pour une large part si ce n’est en totalité. Bien entendu, je n’ignore pas que ceci pose, avant tout, un problème de personnel. Il faut trouver les hommes qui sont aptes à accueillir les immigrants et à les soutenir. Il y aura peut-être aussi un problème de financement. Néanmoins, on peut espérer, si l’on se consacre réellement à tout cela, que l’on résoudra l’un et l’autre(4), au-delà de ce que l’on peut imaginer d’emblée. De fait, il faut agir, y compris au bénéfice du doute et a fortiori lorsqu’il n’y a pas de doute, quand il est certain que l’on peut accomplir beaucoup.
Bien entendu, mon but n’est pas de formuler des propositions dans le but de remédier à la situation, en interrogeant la Knesset ou bien par tout autre moyen officiel. D’une part, on peut craindre que, de cette façon, les esprits s’enflamment. A l’opposé, il sera ainsi plus facile de motiver l’opinion publique et de recruter des volontaires. De plus, et même si l’on ne fait pas d’intervention officielle, tout cela ne restera pas secret et ceux qui veulent alerter les esprits s’empresseront de le faire. En pareil cas, ceux qui craignent la Parole de Dieu ne l’emporteraient pas. Or, pour reprendre l’expression de nos Sages(5), “ le juge ne peut se baser que sur ce qu’il voit de ses yeux ”, en son endroit et à son époque. De fait, toute situation a systématiquement une qualité et un défaut. S’agissant de l’immigration actuelle, ceux qui arrivent ne respectent pas tous la Torah et les Mitsvot, d’après ce que l’on dit. Il est donc encore plus clairement nécessaire de les accueillir de la façon qui vient d’être décrite. En effet, si tous les immigrants étaient pratiquants, on pourrait attendre qu’ils exigent eux-mêmes la satisfaction de leurs besoins religieux, ce qui n’est pas le cas de ces personnes. Si l’on n’introduit pas tout cela dès le premier instant de leur arrivée, elles n’en prendront pas elles-mêmes l’initiative.
B) Cette question reçoit une acuité particulière parce qu’une partie de ces immigrants s’installent dans des zones nouvelles. Même si l’implantation nouvelle se trouve à proximité d’un kibboutz religieux ou bien d’une grande ville, il reste nécessaire d’instaurer une relation étroite avec cet endroit, au moins au début de l’installation. Combien plus est-ce le cas lorsque cette installation a lieu dans une bande nouvelle. En effet, ces bandes ont été conçues pour être indépendantes et pour ne pas avoir recours aux kibboutzim et aux villes. Tout doit s’y trouver et ceux qui sont chargés de les développer, pour des raisons bien évidentes, appartiennent au parti politique majoritaire. Dans ces conditions, les nouveaux immigrants sont totalement isolés et ils ont des contacts uniquement avec les représentants, les délégués et les moniteurs qui ne respectent pas la Torah et les Mitsvot. Les conséquences en sont bien claires et il est inutile d’en dire plus.
Nos Sages disent(6) que tout dépend du Mazal. Pour les premières centaines d’enfants, on a tempêté et mené campagne et, jusqu’à un certain point, il est certain que cela aura des conséquences effectives. Or, en l’occurrence, il s’agit de plusieurs milliers de familles et l’on n’entend pourtant aucun écho. Il semble donc que rien n’ait été fait.
C) Pour faire suite à la fin du paragraphe précédent, concernant l’intégration des jeunes dans le cadre de l’Alya de la jeunesse ou même des enfants plus jeunes encore, le problème est non seulement de leur assurer une éducation religieuse, mais aussi de disposer d’un nombre suffisant de lieux susceptibles de les intégrer. La difficulté posée par ces lieux n’est pas uniquement liée au coût de la nourriture, de la boisson, du coucher ou des frais d’éducation. En tout état de cause, les lieux qui existent seront bientôt à pleine capacité et ils n’auront plus de place à proposer. Le problème essentiel est donc de trouver des bâtiments nouveaux, des internats et des lieux d’intégration, ce qui rend nécessaire de larges montants, au-delà de ce qu’il est possible de se procurer.
A l’opposé, les budgets du gouvernement, ceux des différents ministères et de l’Agence juive, comportent des montants importants qui sont affectés à l’habitat et à l’intégration. D’une manière ou d’une autre, il est nécessaire de loger les nouveaux immigrants. Cela veut dire que ce moment est propice pour agir, d’une manière systématique et fondamentale, afin qu’une partie de ces crédits destinés à l’habitat soit consacrée aux internats pour les jeunes de l’âge de l’Alya de la jeunesse et pour ceux des enfants plus jeunes ne pouvant pas résider avec leurs parents, quelle qu’en soit la raison, ou bien du fait de difficultés familiales, ou parce que les parents ne sont pas encore arrivés en Terre sainte ou encore du fait de la taille des familles. De fait, on peut définir un internat comme une habitation normale. Car, pourquoi distinguer le logement de toute une famille de celui qui ne concerne qu’une partie de celle-ci ? Il n’y a nullement lieu de le faire !
A mon sens, il est nécessaire de poser cette question et de formuler des exigences au plus vite, car lorsque le budget du logement sera réparti entre les différentes administrations, une négociation avec leurs responsables sera nécessaire, ce qui n’est pas le cas, en revanche, tant que cette répartition n’a pas encore été faite. L’opposition n’aura alors qu’une formulation générale, même s’il est à peu près certain que celle-ci se manifestera car, à n’en pas douter, l’autre camp devinera l’intention d’une telle requête.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°8323, 8383 et 8446. (2) Voir le Séfer Ha Si’hot 5752, tome 2, à la page 332. (3) Dans le traité Yoma 86b. (4) Le personnel et le financement. (5) Dans le traité Baba Batra 131a. (6) Dans le Zohar, tome 3, à la page 134a.
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