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Iguerot Kodesh — lettres 8060 à 8080

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°8060

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8060, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Mena’hem Av 5715,

Brooklyn,

Aux membres du comité moral de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai déjà écrit(1), il y a quelque temps, qu’il est bon de fonder le prolongement de la scolarisation des jeunes filles, à Kfar ‘Habad. En revanche, s’agissant des études séculaires, il faut consulter une école orthodoxe qui existe déjà, dans laquelle celles qui le désirent, et uniquement celles-là, pourront les apprendre, une ou deux fois par semaine. S’il est nécessaire, à cet effet, qu’elles se rendent, toutes ensemble, à Tel Aviv, cela ne prête pas à conséquence et la dépense n’en sera pas importante. Il suffit, pour cela(2), que les ‘Hassidim s’y intéressent sincèrement, qu’ils comprennent enfin l’importance de l’éducation de leurs filles. Tout cela les concerne, à titre individuel, non seulement dans le domaine moral, mais aussi matériellement. S’ils réfléchissent à cette question, ils lui trouveront une solution concrète.

A ce propos, le Rav Pin’has Lewin est venu ici en visite et, selon lui, le Beth Yaakov(3) qu’il dirige étend son autorité sur les autres Beth Yaakov de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, bien que chaque école ait conservé une autonomie relative. Il a promis d’apporter son aide pour l’éducation des filles des ‘Hassidim, bien entendu sans chercher à en prendre la direction. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°2905. (2) Pour que le projet aboutisse. (3) Ecole de jeunes filles.

Lettre n°8061

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8061, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Elloul 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre express du 28 Mena’hem Av et à celles qui la précédaient.

A) Vous me demandez si vous devez vous adresser aux représentants des partis, au sein de la municipalité, afin qu’ils soutiennent vos demandes. Je suis surpris par cette question. C’est, en effet, ce qui se pratique, depuis plusieurs années, dans différents domaines de ‘Habad, mouvement qui n’est affilié à aucun parti. Bien entendu, votre école ne doit pas être liée au moindre parti, comme je l’ai maintes fois écrit.

B) Vous faites état des différentes conceptions pour le recrutement des enseignants et enseignantes. Là encore, ce n’est pourtant pas votre première année de fonctionnement. Tous les membres de la direction du réseau(2) doivent donc prendre la décision. Comme pour tout ce qui concerne les écoles, à chaque domaine correspond un spécialiste. Il n’y a donc pas lieu d’imposer la dictature d’un individu, comme c’est le cas dans plusieurs institutions et en divers secteurs, dans le monde.

C) S’agissant du secrétariat(3), je suis surpris, encore une fois, par votre question portant sur ce qui est une évidence. Le secrétaire est chargé des inscriptions et de la diffusion des informations. En revanche, il n’est pas indispensable qu’il participe personnellement à toutes les délégations, aux réunions, aux interventions auprès des différentes administrations. Il peut, en effet, obtenir les informations nécessaires auprès de ceux qui en sont chargés et les rédiger par la suite. Là encore, tel est l’usage, dans le monde entier.

D) S’agissant de votre fils Yossef Sim’ha, qui aura de longs jours et de bonnes années, vous consulterez un médecin de vos amis. S’il donne son aval, celui-ci pourra commencer à fréquenter le ‘Héder. Dieu vous accordera, de même qu’à votre épouse, le succès d’éduquer tous vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

N. B. : Sans doute organisez-vous des réunions avec le grand Rav et ‘Hassid, Rav B.E. Gorodetski(4), pour tout ce qui concerne le réseau(2). Celui-ci vous apportera sûrement son aide, dans la mesure de ses possibilités.

Notes

(1) Le Rav I.Gansburg. Voir, à son sujet, la lettre n°8042. (2) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) Poste qui était proposé au Rav Gansburg. (4) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, délégué du Rabbi. Voir, à son sujet, la lettre n°7809.

Lettre n°8062

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8062, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Elloul 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat qui bénit le mois “ pour l’Eternel et ils dirent, en ces termes : Je chanterai pour l’Eternel ”(2), selon l’explication du Péri Ets ‘Haïm, porte 24, celle de Roch Hachana, au chapitre 1. Vous m’interrogez, dans votre lettre, sur le verset : “ Voyez que l’Eternel vous a donné le Chabbat ”. Vous consulterez, à ce propos, son commentaire qui figure au début du Likouteï Torah. De larges éloges ont été faites de cette explication, qui est reproduite dans le Hayom Yom, à la Parchat Bechala’h. On y trouve des interprétations du Baal Chem Tov, du Maguid(3), de l’Admour Hazaken. Vous m’interrogez également sur le rapport entre la vision(4) et le Chabbat. Or, celui-ci est bien évident puisque l’on sait que le Chabbat et la fête sont “ la sainteté intrinsèque ”(5) et la “ convocation sacrée ”(6), la sagesse et la compréhension, ainsi qu’il est dit : “ Qui est le sage ? Celui qui voit ”. On verra aussi, en particulier, le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 3 et le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaét’hanan.

Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, d’autant qu’en cette période, “ le Roi accueille chacun avec bienveillance et Il montre un visage souriant à tous ”, selon l’expression du Likouteï Torah, à la page 32b, à la Parchat Reéh, “ Vois, Je… ”. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles. Voir, à ce propos, la lettre n°7863. (2) Verset du Cantique de la mer dont les initiales forment le nom d’Elloul. (3) De Mézéritch. (4) Puisque ce verset dit : “ Voyez ”. (5) Indépendante de l’action de l’homme, puisque, depuis la création, le septième jour est systématiquement un Chabbat. (6) Révélée par les hommes puisque la date des fêtes dépend du Roch ‘Hodech, dont la date est fixée par la décision du tribunal, après audition des témoins.

Lettre n°8063

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8063, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Elloul 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Elloul, dans laquelle vous évoquez le dernier Melavé Malka. Il est dommage que vous ayez été affecté, semble-t-il, par la faible assistance. Bien au contraire, les présents n’étaient pas peu nombreux. Ils étaient même en grand nombre, compte tenu des préparations que vous décrivez et, par un raisonnement a fortiori, vous pouvez en déduire le succès que vous auriez eu si ces préparations avaient été introduites en leur temps et pleinement réalisées. Puisse Dieu faire qu’en la matière, s’accomplisse le dicton du Baal Chem Tov(1), basé sur un verset, selon lequel, lorsque : “ ton début est dans la peine ”, alors seulement, “ ton issue sera très prospère ”. Bien entendu, ceci fait allusion à ce qui ne dépend pas du libre-arbitre de l’homme. C’est en ce domaine que le début est dans la peine. Néanmoins, en l’occurrence également, les actions d’un homme sont indépendantes du libre-arbitre de l’autre.

Il serait bon que les participants à cette réunion ‘hassidique reçoivent des bons vœux pour la nouvelle année, de votre part et de celle de tous les organisateurs, qui vous ont aidé, afin que personne n’imagine qu’il n’y avait là qu’une activité à caractère exceptionnel ou bien qu’elle avait uniquement une portée financière, sans suite. Par ailleurs, j’ai été satisfait de ce que vous m’écrivez, concernant votre diffusion de la ‘Hassidout et de ses usages, dans votre ville. En outre, votre épouse et votre fils vous viennent en aide, en la matière. Puisse Dieu vous accorder une bonne santé, la joie véritable, de sorte qu’il en soit ainsi pour de longs jours et de bonnes années et qu’Il exauce positivement le souhait de votre cœur(2). Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°7958. (2) Vraisemblablement celle d’avoir un enfant.

Lettre n°8064

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8064, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me demandez un conseil afin de parvenir à une meilleure compréhension de vos études. Or, ce conseil a déjà été énoncé par nos Sages, en ces termes : “ Si quelqu’un prétend avoir obtenu un résultat sans effort, ne le crois pas ”. En conséquence, tout ne dépend que de votre volonté. Vous devez faire un effort, par toutes vos forces.

En tout domaine, l’aide de Dieu est nécessaire et vous adopterez donc l’immersion rituelle selon la pratique d’Ezra. Vous donnerez un franc ou deux à la Tsédaka, chaque jour de semaine, avant la prière. Vous lirez aussi, chaque jour, les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, après la prière du matin. Et, vous étudierez la ‘Hassidout avec entrain et ardeur. Vous influencerez également vos amis en ce sens et Dieu vous accordera la réussite. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah en se pénétrant de crainte de Dieu, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne et année,

Lettre n°8065

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8065, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de Seli’hot 5715,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse, par la présente, ma bénédiction, pour vous-même et pour les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

N. B. : A) Je fais réponse à votre lettre du 14 Elloul. Plusieurs de ses points ont déjà été éclaircis dans mes courriers précédents. Vous envisagez la constitution d’une caisse d’entraide entre les enseignants du réseau(2). Vous voulez sûrement dire que chacun devra y consacrer un pourcentage de son salaire. Or, j’ai déjà écrit, sur une question similaire du Rav D.‘Hanzin(3), qu’il faut absolument éviter toute contrainte(4), tout comme il faut préserver, en tout état de cause, l’esprit de ‘Habad. Il n’y a donc pas lieu d’affaiblir tout cela par une décision autoritaire et encore moins par une contrainte, qui serait exercée dans les domaines matériels.

B) L’enseignement des sujets qui conviennent de la ‘Hassidout et de son esprit aux enseignantes du réseau(2) est important et extrêmement(5) judicieux. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, Parchat Chela’h, à la page 37a-b, qui précise le sens de l’expression : “ extrêmement ”. En outre, il peut en être de même pour les enseignants, bien entendu pour ce qui les concerne.

Notes

(1) Le Rav I.Gansburg. Voir, à son sujet, la lettre n°8042. (2) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) Le Rav David ‘Hanzin. Voir, à son sujet, la lettre n°8042. (4) Un prélèvement obligatoire pour alimenter cette caisse. (5) Le Rabbi souligne le mot “ extrêmement ”.

Lettre n°8066

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8066, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[5715(1)]

Notes sur le livre, dans son ensemble(2)

Les idées sont présentées, dans ce livre, comme si le lecteur était déjà dans le vif du sujet dont il traite et devait uniquement prendre connaissance des éléments conduisant à la conclusion et résolvant les contradictions. Or, il est clair que seule une élite possède d’ores et déjà une telle connaissance et même ceux qui en font partie, passé un certain temps, ne se souviendront plus des différentes notions intervenant dans la compréhension de ce sujet. Il serait donc particulièrement judicieux de prévoir un avant-propos, qui présentera la question posée. De fait, pour la plupart des érudits de la Torah, celle-ci sera totalement nouvelle et surprenante. Vous énoncerez également les aspects essentiels des différentes conceptions qui ont été formulées de la réponse. De la sorte, vous élargirez considérablement le cercle de ceux qui comprennent de quoi il s’agit.

Dans cet avant-propos ou cette introduction, il sera nécessaire, en outre, d’expliquer ou, tout au moins, de suggérer que l’analyse de la question proprement dite pourra être trouvée dans le dernier quart du livre. De fait, dans la mesure où cela n’est pas trop difficile, il serait bon de changer cette présentation afin de faciliter, dans toute la mesure du possible, la perception et la compréhension de l’étendue du sujet traité. En revanche, je vous félicite de citer in extenso les propos des auteurs que vous mentionnez, ce qui dispense de consulter leurs ouvrages. Et, sans doute corrigerez-vous les épreuves encore une fois, car on y trouve des fautes d’orthographes(3).

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Vous écrivez(4) qu’en traversant le méridien du changement de date, à plusieurs reprises, pendant l’instant qui réunit le vendredi au Chabbat, on supprime le signe que constitue le Chabbat. Or, une telle éventualité est inconcevable. En effet, on peut se demander ce qu’il en serait si sept jours s’écoulaient sans qu’il y ait un Chabbat ou même sept cents jours sans Chabbat et pourquoi cela ne serait pas possible, surtout d’après le commentaire que fait le Ramban du verset Chemot 20, 8, selon lequel on met en pratique, quotidiennement, l’Injonction : “ Souviens-toi du jour du Chabbat ”. Pour autant, y compris d’après son avis, ce souvenir ne constitue pas, à proprement parler, un signe, puisque l’on est tenu, malgré tout, de porter les Tefillin(5).

Il est donc bien clair que l’on ne peut pas interdire une telle traversée, ni la comparer à une circoncision qui serait repoussée dans le but de ne pas transgresser le Chabbat, par la suite, avec les instruments, selon l’avis du Razah et du Rachba, cités par le Ran dans son commentaire du traité Chabbat 134b ou encore à l’interdiction de se joindre à une caravane qui pourrait être conduite à transgresser le Chabbat. Vous verrez aussi le commentaire de Rachi sur le traité Soukka 25b, qui dit : “ Celui qui accomplit une Mitsva est dispensé…(6) ”. En effet, on est tenu de toutes les mettre en pratique, mais une certaine raison peut en repousser une ou bien la permettre, ce qui n’est pas le cas en l’occurrence.

En revanche, une comparaison, jusqu’à un certain point, est envisageable avec le cas figurant dans le traité Mena’hot 41a, qui dit : “ Justifieras-tu que tu en sois dispensé ? ”. Et, l’on consultera, à ce sujet, les Tossafot et les Hagahot Maïmonyot, à la fin des lois des Tsitsit. Vous verrez aussi les responsa Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, au chapitre 92 et le Tsafnat Paanéa’h, seconde édition, à la page 87d. Pour autant, cette comparaison n’est pas parfaite non plus, car, en la matière, la Mitsva existe effectivement(7), alors qu’il n’y a pas de Chabbat, le vendredi ou le dimanche. J’ai vu aussi le passage du Michna Beroura que vous citez, dans votre livre.

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Vous envisagez également, à ce propos, que tous les enfants d’Israël puissent traverser ensemble le méridien du changement de date, ce qui aurait pour effet de supprimer complètement le Chabbat(8). Vous consulterez le Me’hilta, au début de la Parchat Tissa, qui précise : “ Les nations ont encerclé la Terre Sainte et profané Israël ”. A ce propos, le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, ouvrage dont je ne dispose pas, précise qu’un verset est nécessaire pour le cas où le Chabbat est complètement supprimé. Et, c’est pour cela que le Me’hilta fait allusion à une situation aussi peu fréquente. De même, on peut se demander, dans ce cas, si les Juifs ont mis les Tefillin le jour de Kippour, en l’année où fut achevée l’édification du Temple, puisqu’en ce jour, ils mangèrent et ils burent(9), comme le rapporte le traité Moéd Katan 9a. Vous consulterez le commentaire du Tséma’h Tsédek sur ce traité Moéd Katan, chapitre 3, à la Michna 4, selon lequel la présence d’un signe implique l’interdiction de travailler. Mais, peut-être les Juifs ne travaillèrent-ils pas, ce Yom Kippour(10), à l’exception des Cohanim qui offrirent les sacrifices et peut-être de ceux qui devaient cuire les aliments. En tout état de cause, ce ne fut pas le cas de tous les Juifs, mais ce point ne sera pas approfondi ici.

En revanche, un traversée par tous les Juifs à la fois du méridien du changement de date est impossible, selon l’explication donnée par le Séfer Ha Mitsvot, du Rambam, à l’Injonction n°153, affirmant que Dieu ne pourrait faire pareille chose, en fonction d’une assurance qu’Il a Lui-même donnée. Et, le Tsafnat Paanéa’h, dans ses lois de la sanctification du nouveau mois, à la fin du chapitre 5, cite, à ce propos, la référence des traités Baba Batra 115b et Horayot 6b. Mais, de fait, on peut se demander ce qu’il veut dire, car même s’il y avait à l’autre extrémité du monde, des descendants d’Ephraïm et de Menaché, leur héritage leur resterait acquis, en tout état de cause. Cette tribu n’a donc pas disparu.

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Vous analysez(11) le commentaire que fait le ‘Hazon Ich de l’avis du Razah et la conclusion qu’il en tire pour le méridien du changement de date. Vous le faites au prix d’énormes difficultés et vous n’apportez cependant pas la solution, comme vous l’indiquez vous-même, à plusieurs reprises, dans votre livre. S’agissant de la capacité d’englober(12), on en retrouve effectivement l’équivalent, quoique d’une manière très différente, dans le cas de celui qui consacre au Temple un membre vital. Un exemple plus proche figure, en outre, dans les lois du Erouv, pour l’homme qui pénètre dans sa limite, à l’intérieur de la ville. En pareil cas, c’est bien l’ensemble de la ville qui est considéré comme quatre coudées. De même, pour ce qui concerne le début du jour, il est évident, d’après tous les avis, que cela dépend du coucher et du lever du soleil, ce qui veut bien dire que chaque point reste strictement indépendant. En conséquence, il est inacceptable d’avancer que, dans le compte de ces jours, des milliers de Mils soient englobés en un point unique.

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En apparence, l’aspect le plus surprenant de la conception du Razah est le suivant. Selon lui, le méridien du changement de date se trouve entre Jérusalem et un endroit localisé à l’extrême-orient. L’explication de nos Sages, au traité Roch Hachana 20b, “ pour nous et pour eux ”, précise ce que sont ces deux points. Or, cela veut dire qu’à l’époque où les Sages se sont exprimés, il y avait effectivement une communauté juive en cet endroit de l’extrême-orient. Dès lors, comment est-il possible que le Talmud ne tranche pas un seul aspect des multiples questions qui sont liées au méridien du changement de date ? Il faut en déduire que l’explication est uniquement donnée “ pour nous ”, pour Babylone. En revanche, là-bas, il n’y avait pas de Juifs.

Vous évoquez la sanctification du Chabbat et des fêtes, là-haut et vous citez différents livres, à ce propos. En effet, la différence entre les endroits n’existe qu’ici-bas(13). Vous consulterez également le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 1, au paragraphe 8 et le Séfer Torat ‘Haïm, à la fin de la Parchat Bechala’h, à partir de la page 708.

Notes

(1) L’année de cette lettre n’est pas certaine. (2) Il s’agit du Agan Ha Sahar, du Rav Aharon ‘Haïm Zimmermann, qui est une étude sur la localisation du méridien du changement de date. Voir, au sujet de l’auteur, les lettres n°976 et 2502. (3) Textuellement : “ des lettres en moins et des lettres en plus ”. (4) A la page 436. (5) Tous les jours de semaine, ce qui ne serait pas le cas s’ils portaient le signe du Chabbat. Ils seraient alors dispensés du signe des Tefillin. (6) D’en accomplir une autre. (7) Et, seule une raison extérieure ne permet pas de la mettre en pratique. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°183. (9) Du fait de l’inauguration du Temple. (10) Bien qu’ils aient mangé et bu. (11) A la page 415. (12) Une certaine distance en un point unique. (13) Alors que tous les endroits se réunissent, en un Chabbat unique, là-haut.

Lettre n°8067

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8067, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tichri 5716(1),

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du sixième jour de Tichri, dans laquelle vous me décrivez votre situation, pour ce qui concerne le service de Dieu et votre manière de Le craindre. En effet, “ un peuple se dresse contre l’autre ”(2) et vous en concevez donc de la tristesse.

Il est bien clair que la réflexion et les pensées suscitant le renoncement, la paresse, la faiblesse du service de Dieu ont une source qui n’est pas pure. Elles sont un stratagème du “ petit malin ”(3), qui prend l’apparence de la crainte de Dieu. Il convient donc de lutter contre tout ce qui le concerne, d’autant que le moyen de le faire est déjà précisé dans plusieurs chapitres du Tanya, en particulier à partir du chapitre 27. Il est dommage que vous perdiez tant de temps en des pensées qui sont inconcevables, alors que vous pourriez vous en servir dans les trois domaines du service de Dieu que sont la Torah, la prière et les bonnes actions. Que Dieu vous accorde le succès de redoubler d’ardeur et de constance en votre service de Dieu, qui sera joyeux, conformément aux enseignements de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, de même qu’afin d’être définitivement scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) 1955. (2) Le mauvais penchant contre le bon, parfois avec succès. (3) Le mauvais penchant.

Lettre n°8068

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8068, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tichri 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Elloul et aux deux qui la précédaient. Je suis surpris de ne plus avoir de vos nouvelles, encore une fois. Je ne sais donc pas la suite de ce que vous m’écrivez d’habitude, en particulier pour ce qui concerne le réseau(2) et la nomination des enseignants. Plus précisément, il était question d’organiser des journées d’étude pendant la fête de Soukkot. Or, déjà l’été dernier, on a vu ce qui a résulté du manque d’organisation de ces journées, comme il l’aurait fallu. Malgré cela, il n’y a pas d’avancement et l’on ne prépare toujours pas. Vous me dites que, dans une école, dix-sept heures doivent être ajoutées, sur le compte du réseau. Or, je ne comprends pas en quoi celle-ci se distingue de toutes les autres écoles, d’autant qu’il a été proposé que tous les professeurs ajoutent des heures d’enseignement au profit du réseau(3). Néanmoins, si telle est la situation, qu’on le fasse donc et que Dieu accorde la réussite. Vous me dites que les élèves qui habitaient à Kfar Saba se sont dispersés en différents endroits(4). Or, j’ai déjà maintes fois souligné(5) qu’il doit y avoir une école ‘Habad en laquelle les élèves du réseau puissent poursuivre leurs études. J’espère que mon appel spécifique apportera une partie de la subvention qui sera nécessaire pour cela. A n’en pas douter, plusieurs administrations de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, soutiennent de telles écoles. Tout ne dépend donc que de l’empressement des responsables du réseau pour que cela soit suivi d’effet et le plus tôt sera le mieux.

Vous m’interrogez sur ce que je voulais dire lorsque je demandais d’élargir les écoles du réseau. Faut-il investir en cela des montants financiers ? Sur le principe, cela n’est pas exclu, mais, compte tenu de la situation qui prévaut actuellement en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, cela n’est nullement nécessaire. Les montants qui seront collectés devront plutôt être utilisés pour améliorer et parfaire le réseau. Et, je dis que cela n’est pas nécessaire en me basant sur votre propre expérience et sur ce que tous savent. Si l’on commençait les inscriptions suffisamment tôt, de la manière qui convient et non dans des lieux qui ont un engagement politique, on aurait pu créer de nombreuses autres écoles, dans le cadre du réseau. Malheureusement et pour notre peine, on a commencé à le faire tardivement, comme le veut l’usage quand il s’agit d’une “ marmite appartenant aux associés ”(7), certains se disant qu’ils pouvaient s’en remettre à d’autres pour les acquitter de leur obligation. L’action a donc porté essentiellement sur les lieux politisés. On leur a demandé de s’activer et l’on a troublé leur repos, comme le veut la politique qui, bien souvent, n’est pas pure. Aussitôt, se sont donc dressés sur place des opposants et les conséquences en ont été ce que l’on sait. Dans quelques endroits, la situation n’est pas encore clarifiée, car les politiciens locaux s’affairent toujours.

Je ne sais pas si cette “ leçon de morale ” vient à propos, puisqu’il semble que vous n’ayez plus la possibilité de créer une école du réseau dans une nouvelle localisation. Mais, peut-être pourrez-vous le faire dans les nouvelles implantations, à condition de n’être motivés ni par la compétition politique, ni par les incitations extérieures. Car, c’est à cette condition que tout sera possible, ce qui veut dire que vous obtiendrez les moyens nécessaires auprès des administrations dont c’est le rôle. Il vous reviendra donc uniquement d’organiser ou, tout au plus, de réunir les fonds destinés à améliorer et à parfaire. Si vous méditez à ce qui est arrivé au réseau cet été ou bien l’été dernier, vous découvrirez en vous suffisamment de forces pour tout cela. Avec ma bénédiction pour en donner de bonnes nouvelles, de même qu’à l’occasion de la fête,

Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita n’a pas signé la présente et je le fais donc à sa place,

le secrétaire,

E. Kwint,

Notes

(1) Le Rav I.Gansburg. Voir, à son sujet, la lettre n°8042. (2) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) A titre bénévole. (4) Après avoir achevé leur scolarité dans le réseau. (5) Voir la lettre n°4610. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°8073. (7) Dont tous sont collectivement responsables et qui n’est donc remplie par personne.

Lettre n°8069

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8069, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Mar ‘Hechvan 5716,

Brooklyn,

Aux responsables de la ville sainte de Tibériade,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie très bientôt,

par notre juste Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 25 Tichri, dans laquelle vous soulevez la question d’une Yechiva ‘Habad dans votre ville. En la matière, vous devez vous adresser à la direction de l’association ‘Habad en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, 22, rue Piarberg, à Tel Aviv, auprès de laquelle vous clarifierez la situation. Dès le début de l’année qui vient de commencer, Dieu accordera à chacun d’entre vous, au sein de tout Israël, la réussite, afin de mener à bien la mission qui vous est confiée ici-bas, conformément aux termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Ainsi, vous assumerez pleinement cette mission, dans la largesse d’esprit et avec succès. Avec mes respects et ma bénédiction,

M. Schneerson,

Lettre n°8070

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8070, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Mar ‘Hechvan 5716,

Brooklyn,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez l’état de vos affaires. Il est évident que tout dépend de vos traits de caractères. Si vous vous y consacrez avec soumission, les résultats seront, bien évidemment, en conséquence. En fonction de ce que semble indiquer votre lettre, vous préférez gérer votre propre affaire, plutôt que d’occuper un poste au sein de celle des autres. Par ailleurs, vous envisagez de vous installer aux Etats-Unis. Or, j’ai déjà maintes fois souligné que, selon la logique la plus évidente, ce n’est pas de cette façon que l’on améliore les moyens de sa propre subsistance. Comme on peut le vérifier, il vous sera plus aisé de vous installer là-bas(2). En outre, vous aurez le calme de l’esprit et vous pourrez fixer un temps pour l’étude de la Torah. Là encore, cela vous sera plus facile qu’à New York, comme la pratique le démontre. Que Dieu vous guide sur la voie qui sera bonne pour vous et pour les membres de votre famille, à la fois matériellement et spirituellement, en tout ce qui vient d’être dit. Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Il s’agit, vraisemblablement, du Rav Chnéor Zalman Butman. Voir, à son sujet, la lettre n°7812. (2) Sans doute en Terre Sainte.

Lettre n°8071

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8071, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mar ‘Hechvan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai pris connaissance, avec plaisir, des activités de ce jeune homme. Comme l’indique également les informations que l’on a eu sur son passé, il est actif, travailleur et il réussit. Vous ferez donc en sorte qu’il puisse maintenir son action dans la vigne de ‘Habad, où il y a fort à faire, alors que la désolation est encore importante. Vous me demandez quel nom donner à ces cours. J’ai déjà précisé que, de manière officielle, toutes les activités devaient être centralisées, car, dans bien des domaines, s’applique le principe selon lequel : “ la bougie qui éclaire une personne en éclaire cent ”. Néanmoins, d’une manière officieuse et locale, ce cours pourra être donné par des personnes qui n’appartiennent pas aux jeunes de l’association ‘Habad. Sans doute avez-vous évalué ce que cela coûtera. Je m’efforcerai d’apporter ma participation, à hauteur d’un certain montant. Il faut, en outre, rechercher s’il n’y a pas d’administrations subventionnant de telles activités. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, dans la largesse matérielle, comme il est sied et avec largesse d’esprit,

Lettre n°8072

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8072, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Mar ‘Hechvan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, aux comportements

vertueux, le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 15 ‘Hechvan. J’espère que vous avez profité des jours de Tichri pour renforcer la pratique juive dans votre entourage. En effet, il est aisé de se motiver pendant les jours de ce mois. Il est alors plus facile de révéler la pointe de Judaïsme qui, d’ordinaire, reste cachée, bien qu’il soit nécessaire de le faire également tout au long de l’année. Que le mérite de tout cela suscite une bénédiction accrue et la réussite en vos préoccupations personnelles, y compris dans le domaine matériel.

Je vous joins le Kovets Loubavitch. Vous pourrez vous servir d’une partie de son contenu pour ce qui vient d’être dit(2). Dieu merci, vous m’annoncez une bonne nouvelle, concernant l’état de votre épouse. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours, concernant vous-même, les vôtres et tout votre entourage. Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Perrin, de Londres. Voir, à son sujet, la lettre n°7965. (2) Pour diffuser la pratique juive.

Lettre n°8073

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8073, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mar ‘Hechvan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Nous avons bien reçu vos lettres, celle de Roch ‘Hodech ‘Hechvan, les deux du 10, celles des 12 et 16 ‘Hechvan, avec ce qu’elles contenaient. Sans doute vous êtes-vous préoccupé de préparer, avec le plus grand empressement, les journées d’étude de ‘Hanouka. Vous me demandez qui s’en occupera. Il est indispensable de tenir une réunion générale et de vous répartir les rôles, sans renvoyer la discussion à une seconde réunion. Pour ce qui est des imprimés que vous avez instaurés dans l’une des écoles du réseau(2), ceux-ci devront être examinés lors d’une réunion générale des enseignants et des enseignantes. A l’issue de cette discussion, on arrêtera un même texte pour toutes les écoles du réseau, pour ces imprimés comme pour les autres.

Vous m’indiquez que vous n’avez pas compris ce que j’ai voulu dire(3) lorsque je vous demandais d’agrandir le nombre des écoles du réseau, sans qu’un investissement financier soit nécessaire, en la matière. Je ne vois pas ce que cela change, pour le moment, puisqu’il ne sera sûrement pas possible d’ouvrir de nouvelles écoles avant l’été prochain. Jusque là, différentes conditions, plusieurs points seront sûrement modifiés. Pour ce qui est du passé, toute plainte est, en tout état de cause, inutile. En outre, dans quelques endroits, et il en est beaucoup d’autres, on a bien commencé à faire des inscriptions, mais si l’on s’y était pris à temps, il est clair que l’on aurait pu fonder d’autres écoles, y compris à proximité de Tel Aviv et de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

Vous faites allusion à une école au sein de laquelle ceux qui achèvent leur scolarité dans le réseau pourront poursuivre leurs études. La démarche la plus concrète consiste à négocier avec ceux qui peuvent intervenir, en la matière, pour le Kfar(4) et les bâtiments qui s’y libèrent. On peut aussi élargir le cadre du Beth Rivka, dans le Kfar, de même que les écoles de garçons, afin que ces élèves puissent les intégrer. Si l’on réfléchit à cela suffisamment tôt, il est certain que l’on parviendra à combler les manques, du fait desquels les élèves du réseau n’ont pas été accueillis par les institutions du Kfar et se sont dispersés en de nombreux endroits. S’agissant du programme d’étude et de la couture, pour les jeunes filles, il faut rechercher ce que font les écoles orthodoxes qui existent déjà. Avec quelques adaptations, vous pourrez sans doute en faire de même dans la vôtre.

Je suis satisfait de ce que vous me dites sur la préparation d’un programme pour le 19 Kislev. Il serait bon, dans la mesure du possible, que celui-ci réunissent tous les élèves des écoles du réseau. On a sûrement déjà choisi les professeurs de ces écoles ou, en tout cas, la majeure partie d’entre eux. Vous voudrez bien m’en adresser la liste. Si certains d’entre eux n’ont pas encore d’affectation définitive, vous le préciserez sur cette liste. Vous mentionnez aussi, à la fin de votre lettre, la proposition du Rav ‘Hanzin(5), concernant Kfar Saba. J’ai bon espoir que chacun d’entre vous fera tout ce qui est en son pouvoir, en la matière. De fait, il est clair que cela est également votre bien. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident. Tout ceci vous est écrit personnellement, à titre officiel, en tant que secrétaire du réseau, mais il est clair qu’il vous appartient de communiquer tous ces points, lors d’une réunion de la direction de ce réseau. Je vous en remercie. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Je viens de recevoir votre lettre du 22 Mar ‘Hechvan. Dans la mesure du possible, il serait bon de prévoir plus d’une journée d’étude pour les enseignants. Vous ferez venir les élèves du quartier Kaplan uniquement si vous êtes certain qu’il n’en résultera pas une détérioration des relations avec la municipalité et les partis.

N. B. : Vous me dites que votre fils Yossef Sim’ha a commencé à fréquenter le ‘Héder et j’en suis satisfait. Puisse Dieu faire que vous-même et votre épouse conceviez une satisfaction, beaucoup de satisfaction ‘hassidique, de tous vos enfants. Lui-même aura la crainte de Dieu. Il sera un ‘Hassid et un érudit de la Torah.

Notes

(1) Le Rav I.Gansburg. Voir, à son sujet, la lettre n°8042. (2) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) Dans la lettre n°8068. (4) Kfar ‘Habad. (5) Voir, à son sujet, la lettre n°8042.

Lettre n°8074

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8074, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Kislev 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du dimanche de la Parchat Toledot(1), dans laquelle vous me décrivez vos actions de diffusion de la Torah, y compris à l’extérieur. Je vous félicite pour le passé, mais il est clair que tout cela doit être intensifié. En effet, à chacun d’entre nous, y compris à ceux qui multiplient les bonnes actions, s’applique la sentence de nos Sages selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté. Nos Sages disent aussi que, “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”. Ceci concerne également un homme qui doit sans cesse s’élever, toujours plus, en sainteté. Je vous joins ce qui a été publié dernièrement. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de ce qui est public en dépend. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le 28 ‘Hechvan. (2) Un effort dans le service de Dieu. (3) Des bénédictions.

Lettre n°8075

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8075, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Yoël(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez que vous avez organisé un Melavé Malka, repas de David le roi oint, à la veille du jour lumineux du 19 Kislev, celui de la délivrance de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, lorsque : “ Il a libéré son âme dans la paix, dans le combat mené contre lui, car ils étaient nombreux avec lui ”(2), pour le grand nombre, parce qu’il avait fait du bien au grand nombre. Et, vous consulterez le Séfer ‘Hassidim, au chapitre 607, de même que la note du Tséma’h Tsédek sur les Tehilim

55, 19. Ce fut alors la victoire de la ‘Hassidout, de ses usages et de ses pratiques, le début de sa large diffusion, au sein des enfants d’Israël.

A n’en pas douter, ce jour est propice pour que l’on entende des propos de ‘Hassidout au cours de la réunion que vous organiserez, un encouragement à “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même qu’au luminaire de la Torah, sa dimension profonde. Puisse Dieu faire que ces paroles émanent du cœur afin qu’elles pénètrent le cœur de ceux qui les écoutent, qu’elles s’appliquent à leur existence quotidienne Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav Y.Halpern, de Brooklyn. (2) Paraphrase du verset 19 du Psaume 55 que l’Admour Hazaken récitait quand on vint lui annoncer sa libération.

Lettre n°8077

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8077, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Kislev 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm Zoussya(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 28 ‘Hechvan et 6 Kislev, avec ce qu’elles contenaient(2). Soyez apaisé comme je l’ai moi-même été en lisant ce que vous m’écrivez à propos des ‘Hassidim. Sans doute continuerez-vous à le faire, mais non plus de manière brève. Bien au contraire, vous m’écrierez avec tout le détail nécessaire et je vous en remercie d’avance. Que Dieu vous accorde le mérite et le succès de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour le bien du plus grand nombre, en général, des ‘Hassidim, en particulier. Le mérite de ce qui est public en dépend.

Je vous joins ce qui a été publié dernièrement. Vous pourrez sûrement vous servir de son contenu que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre. Dans l’attente de vos lettres détaillées, en général, de celle qui décrira la réunion ‘hassidique du 19 Kislev, en particulier,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav H.Z. Wilimovski. Voir, à son sujet, la lettre n°7879. (2) Le compte-rendu de l’activité des ‘Hassidim de Terre Sainte.

Lettre n°8078

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8078, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Kislev 5716,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

J’ai été satisfait de recevoir ta lettre, dans laquelle tu me fais part de ton programme d’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. A n’en pas douter, tu mets en pratique la décision de notre sainte Torah selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté. Or, si l’on agit en ce sens, si l’on consent à un effort, il est certain que celui-ci est couronné de succès.

A n’en pas douter, tu t’es pénétré de l’idée que tu te rends à Montréal dans le but de donner l’exemple de ce que doit être un élève de la Yechiva Tom’heï Temimim, non seulement pendant la prière et l’étude, en respectant scrupuleusement les horaires de la Yechiva, mais aussi en montrant de quelle manière on doit se comporter durant les temps de pause. En effet, la ‘Hassidout explique comment un serviteur se met au service de son maître, même si ce dernier n’est qu’un être de chair et d’os. Combien plus doit-il donc en être ainsi pour le Roi suprême, le Saint béni soit-Il. Il doit être évident qu’on Le sert tout au long du jour, y compris en mangeant et en dormant. Et, c’est à propos de tout cela que nos Sages disent : “ Si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”, car rien ne résiste à la volonté. Avec ma bénédiction pour connaître la réussite dans l’étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu, dans la pratique des Mitsvot de la meilleure façon et, en particulier, dans la prière fervente,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°8079

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8079, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Kislev 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux

besoins communautaires, au comportement vertueux,

le Rav Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 16 Kislev et à celles qui les précédaient. Je suis satisfait de votre désir de prendre part aux réunions. Sans doute continuerez-vous à le faire, à l’avenir, puis vous m’en rendrez compte, par le détail. Plus vous serez précis, en la matière et mieux cela sera. Vous parlez de démissions, un tel se démet de ses fonctions, tel autre en fait de même. Il faut donc expliquer à ces personnes que l’on doit être prudent, lorsque l’on travaille pour mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, car, au bout du compte, on pourrait bien accepter cette démission et, dès lors, on resterait à l’extérieur, ce qu’à Dieu ne plaise.

En outre, il aurait fallu leur expliquer clairement, une fois pour toutes, que ceux qui démissionnent envers l’intérieur le font aussi envers l’extérieur, ce qui veut dire que ces hommes ne sont plus habilités, par la suite, à s’exprimer au nom de nos institutions et de ce qui nous concerne, comme ils le faisaient avant cette démission. Que l’on cesse donc de jouer et d’entrer en politique contre mon beau-père, le Rabbi ! Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite de leur dire tout cela. Mais, vous le ferez avec des mots agréables, afin de convaincre ceux qui les écouteront.

Nous nous dirigeons maintenant vers les jours de ‘Hanouka(2), au cours desquels on allume en ordre croissant et l’on éclaire même à la porte de sa maison, vers l’extérieur. Que la lumière et le luminaire de la ‘Hassidout se répandent donc d’une manière sans cesse accrue dans toutes les institutions ‘Habad, où qu’elles se trouvent, jusqu’à ce que nous ayons le mérite d’assister à l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ la nuit éclairera comme le jour ”. Avec ma bénédiction de réussite en tout cela et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

L’envoi de la présente a été retardé et je viens de recevoir votre lettre du 25 Kislev. Je suis surpris que vous soyez aussi bref à propos de la réunion ‘hassidique du 19 Kislev, qui a été organisée dans les différents endroits. Dieu fasse qu’au moins, vous invitiez les autres à m’écrire à ce sujet, avec tous les détails qui conviennent.

Notes

(1) Le Rav A.Pariz. Voir, à son sujet, la lettre n°7854. (2) Cette lettre est datée de la veille de ‘Hanouka.

Lettre n°8080

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8080, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Kislev 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Kislev et je suis surpris que vous n’y évoquiez pas la visite du Juste, le grand Rav de Satmar Chlita, dans votre ville. Sans doute le ferez-vous à la prochaine occasion, avec tout le détail nécessaire. Vous me dites que l’équipe travaillant à la bibliothèque(1) commence à s’intéresser à la pratique concrète des Mitsvot. J’en suis satisfait, car tel est le but de l’homme, ainsi qu’il est dit : “ Garde Ses Commandements, car c’est là toute la finalité de l’homme ”. A n’en pas douter, s’appliquera, en la matière, le principe selon lequel on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté, d’une manière sans cesse accrue, surtout en ces jours propices, en lesquels la Hala’ha retient l’avis de Beth Hillel(2).

Vous évoquez quelques mots qui pourraient être transmis aux élèves. A ce propos, j’ai écrit, à maintes reprises, que ceci relève de la responsabilité de la direction et de ses membres, qui n’ont pas à rechercher un remplaçant, en la matière. Vous me parlez également d’un élève, auquel Dieu accordera de longs jours et de bonnes années, qui se consacre à l’étude avec ardeur. J’en suis satisfait et puisse Dieu faire que celui-ci observe le bon fruit de son effort. Pour l’heure, il n’y a pas lieu d’intervenir dans tous les autres domaines le concernant. Je vous joins le fascicule qui a été publié pour le 19 Kislev. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de ce qui est public en dépend. Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

J’ai reçu votre lettre du 22 Kislev et je suis étonné que vous ne me précisiez pas comment s’est passée la fête de l’ordination rabbinique. Bien entendu, si j’avais su qu’on y aurait chanté ce chant-là, je n’aurais pas envoyé une lettre, à cette occasion et je n’aurai pas demandé à quelqu’un de s’y rendre. Je n’ai pas imaginé que le mauvais penchant aurait été aussi habile. Vous concluez en vous excusant pour ce que vous avez dit dans votre précédente lettre. Selon notre sainte Torah, il n’y a pas lieu de s’excuser lorsque l’on écrit ce que l’on pense. Quant à moi, ma réponse reste celle que je vous ai donnée. Il n’y a donc pas lieu de m’interroger encore une fois, à ce propos, car je maintiens ma position et je n’adopte pas la vôtre.

Celui que vous savez m’a rendu visite, mais il n’a pas fait d’allusion à l’université. Bien au contraire, c’est moi qui l’ai interrogé, à ce propos et il m’a répondu qu’à l’avenir, il n’en serait pas question non plus. Son fils viendra peut-être ici pour la soirée de la cinquième bougie(3). Si on lui confie la liste de tous les élèves qui étudient la ‘Hassidout, on pourra lui remettre, pour eux, l’argent de ‘Hanouka, conformément à l’usage. Vous me demandez une “ leçon de comportement ”. Or, ce sujet est abondamment traité dans les causeries et les lettres de mon beau-père, le Rabbi.

Notes

(1) En français dans le texte. (2) Qui demande d’allumer les bougies de ‘Hanouka en ordre croissant. (3) De ‘Hanouka.

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