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Iguerot Kodesh — lettres 7742 à 7763

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7742

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7742, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[3 Elloul 5721]

Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Elloul, dans laquelle vous m’annoncez votre anniversaire. Vous m’indiquez également dans quelle institution vous poursuivez vos études. Vous n’avez pas choisi celle que vous citez parce que, selon vous, l’école que vous fréquentez possède un meilleur niveau. Vous comprendrez que j’en sois étonné et surpris, d’autant que je connais votre famille, un foyer ‘hassidique et l’éducation que vous avez reçue va en ce sens. Il devrait donc être bien clair dans votre esprit, de la manière la plus tranchée, que le niveau le plus élevé réside dans le fait qu’une école est fondée et dirigée par mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. En ce sens, il va sans dire que les connaissances ne sont pas essentielles. Leurs conséquences, en revanche, le sont et celles-ci doivent être conformes à la mission que l’homme reçoit, dans ce monde. Nos Sages formulent l’affirmation suivante : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ” et, pour y parvenir, on doit recevoir une éducation pénétrée de crainte de Dieu et l’aide du ciel.

Comme vous l’écrivez, une année nouvelle commence maintenant et il est dit que : “ le nombre des années confère la sagesse ”. Dieu fasse donc que vous preniez conscience de la vérité. En effet, il est dit que “ le début de la sagesse est la crainte de Dieu ”. Il est donc nécessaire de recevoir son éducation dans un contexte ‘hassidique, dans les quatre coudées de mon beau-père, le Rabbi. A n’en pas douter, c’est de cette façon que l’on suscite une immense miséricorde divine, y compris dans les autres domaines où celle-ci est nécessaire.

A n’en pas douter, certains ont suivi votre exemple, dans le choix de leur école. Puisse donc Dieu faire qu’à l’avenir, vous donniez l’image d’une jeune fille ‘hassidique, à la fois en votre éducation et en l’endroit que vous fréquentez. Je fais allusion très simplement, comme je l’ai dit, à une école de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles au plus vite, afin d’être inscrite et scellée pour une bonne année,

Lettre n°7743

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7743, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Elloul 5721,

Brooklyn,

Au jeune Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 25 Mena’hem Av, me décrivant brièvement la colonie de vacances de Kfar ‘Habad et m’en dressant un bilan. Heureuse est votre part, de même que celle des autres moniteurs, parmi tous les dirigeants qui ont eu le mérite de se consacrer à cette réalisation, de rapprocher le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux.

On connaît le dicton(2) de notre maître, le Baal Chem Tov, selon lequel l’amour de Dieu pour Israël est encore plus intense que celui de parents pour leur fils unique, né alors qu’ils avaient déjà un âge avancé. Bien plus, on peut constater qu’en dirigeant des enfants pendant les vacances, lorsqu’ils sont libérés de tout autre influence(3), qu’ils passent toute la journée dans cette ambiance et avec ces directives, on les marque plus profondément et plus durablement qu’à l’école.

L’Admour Hazaken explique, au début du Torah Or, que “ l’on obtient ainsi(4) un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. Puisse donc Dieu faire qu’il en soit ainsi en votre étude personnelle, pendant l’année qui vient, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.Hartman, de Lod. (2) Voir la lettre n°7739. (3) Découlant des études séculaires. (4) En consacrant son temps aux autres. Voir la lettre n°7739.

Lettre n°7744

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7744, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Elloul 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Elloul. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Vous comprendrez que j’ai été surpris, en lisant le début de votre lettre, faisant état de votre tristesse et de votre moral, qui n’est pas bon. Vous avez sûrement connaissance de ce qui est expliqué dans les saints livres, en différents textes et surtout dans la ‘Hassidout. Ces textes établissent la nécessité de rejeter résolument la tristesse. De fait, il est aisé de le comprendre car, au début du jour, on récite les bénédictions du matin. Encore avant cela, on dit le Modé Ani, “ Je Te rends grâce ” et le sens simple de ce terme suffit pour inspirer une joie immense, mais sûrement pas le contraire de cette action de grâce, ce qu’à Dieu ne plaise. Pour quelqu’un comme vous, il est, à n’en pas douter, inutile d’en dire plus.

Bien plus, vous-même avez eu, dernièrement, le mérite de marier vos enfants, en un moment bon et fructueux. Et, l’on peut encore citer de nombreux autres éléments. Il faut donc espérer que ceci contribue à éclairer votre situation, à vous permettre de la percevoir telle qu’elle est réellement. Désormais, vous serez empli de joie et d’enthousiasme, comme nous l’ordonne notre sainte Torah, Torah de vie. Bien plus, nous nous trouvons actuellement pendant les jours favorables du mois d’Elloul, celui de la miséricorde et du bon vouloir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Lettre n°7745

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7745, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Elloul 5721,

Brooklyn,

Nous sommes dans le mois de la miséricorde et du bon vouloir. Selon les termes de l’Admour Hazaken, dans son Likouteï Torah, au début du discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi ”, Parchat Devarim, à la page 32b, “ le Roi se trouve dans le champ et Il y accueille chacun avec bienveillance ”.

Puisse donc Dieu faire que tout se passe comme pendant “ les premiers jours ”(1), avec bon vouloir et intégrité, comme lorsque ‘Habad(2) connaissait l’intégrité, selon l’expression d’une lettre bien connue(3). Il en sera ainsi pour l’ensemble de l’existence, pour la quintessence et pour son extension. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, pour donner de bonnes nouvelles et afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Avant que soit commise la faute du veau d’or. (2) Les forces de l’intellect. (3) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 1, lettre n°110.

Lettre n°7746

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7746, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[9 Elloul 5721)

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 4 Elloul, avec la demande de bénédiction qui lui était jointe et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisque vous m’avez transmis cette requête, Dieu fasse que vous m’en donniez de bonnes nouvelles. De fait, je suis surpris de constater que les ‘Hassidim et surtout les anciens élèves de la Yechiva n’ont pas pris l’habitude de transmettre les bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, malgré les nombreuses remarques que j’ai formulées, à ce sujet(1). Il y a pourtant de nombreuses occasions de le faire et, à n’en pas douter, ceci réduira le nombre de fois où l’on doit écrire à propos des bienfaits cachés(2). Malgré cela, je ne constate, pour l’heure, aucune évolution en ce sens.

Nous sommes en des jours de miséricorde et de bon vouloir(3). Puisse donc Dieu faire que se produise, en la matière, un changement d’un extrême à l’autre, ce qui veut dire que les bienfaits cachés se révéleront(4), que les uns annonceront aux autres uniquement un bien visible et tangible. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Voir la lettre n°3264. (2) Pouvant, de manière extérieure, prendre l’apparence du contraire du bien. (3) Ceux du mois d’Elloul. (4) Deviendront des bienfaits évidents.

Lettre n°7747

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7747, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Elloul 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous connaissez la plaisanterie ‘hassidique suivante : “ le renoncement ne doit pas venir à l’esprit ”(1). Autre point, qui est essentiel, nos maîtres et chefs précisent la leçon qui est délivrée, pour l’ensemble des Mitsvot, par Pessa’h Chéni(2), comme le précise le Hayom Yom, à la date du 14 Iyar : “ Rien n’est jamais définitivement perdu ”. Je m’adresse donc à vous, encore une fois, pour le même objet.

Ce mois est propice puisque le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, se trouve dans le champ et y accueille chacun avec bienveillance, comme l’explique le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, au début du discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à mon Bien-Aimé ”, à la page 32b. Puisse Dieu faire que ceci soit efficace, dans ce domaine également. Le mérite de ce qui est public dépend de vous, de vos remarques et de vos directives. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Cette affirmation est, de fait, une autre lecture d’un principe talmudique, “ le renoncement qui n’est pas conscient ”, selon lequel un homme pourrait être dépossédé d’un objet lui appartenant, qu’il a perdu, bien qu’il ne le sache pas encore, dès lors qu’on sait qu’il y renoncera quand il en apprendra la perte. Paraphrasant cette affirmation, la ‘Hassidout souligne que le découragement ne doit même pas venir à l’esprit. (2) Qui fut offert par ceux qui n’avaient pas eu la possibilité de sacrifier le premier.

Lettre n°7748

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7748, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chmouel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Elloul, avec votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous me parlez de l’affection dont vous souffrez et du traitement que le médecin vous propose. Vous l’avez repoussé après le jour sacré(2), qui approche et vous me demandez s’il est possible de le fixer après la fête de Soukkot. S’il s’agit effectivement de l’affection que vous décrivez, cela importe peu et vous pouvez, sans difficulté, retarder ce traitement de deux semaines, conformément à votre souhait. Mais, bien entendu, la décision finale, en la matière, appartient au médecin, car “ la Torah a autorisé le médecin à guérir ”. A n’en pas douter, si vous lui en expliquez la raison, il vous l’accordera.

Vous avez sans doute connaissance de ce qui suit, mais j’ai jugé bon de vous l’écrire. Il est, en effet, différentes façons de subir ce traitement et le Choul’han Arou’h les distingue. Certaines sont permises, alors que d’autres…(3). Comme je l’ai dit, votre nom sera mentionné, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, pour tout ce qui vous concerne, en général, pour avoir une prompte et complète guérison, en particulier. En effet, ces jours sont ceux du mois d’Elloul, de la miséricorde et du bon vouloir, “ comme les premiers jours ”(4). Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav C.Yalov. Voir, à son sujet, la lettre n°7074. (2) Yom Kippour. (3) Sont interdites. Il s’agit vraisemblablement d’une opération de la prostate. (4) Avant que soit commise la faute du veau d’or.

Lettre n°7749

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7749, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat 13 Elloul 5721,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, qui n’était pas datée, avec ce qui y était joint. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, matériellement et spirituellement à la fois. La tête et le début de la Paracha de cette semaine font allusion à cela et précisent la manière de servir Dieu qui en découle.

Lorsque tu iras au combat: Il s’agit là du départ, avant même qu’intervienne la lutte effective(1).

Sur: Il faut, d’emblée, avoir le dessus, se trouver “ sur ”(2) l’ennemi. Il suffit, pour cela, de se dire que: “ L’Eternel votre Dieu marche devant vous ”(3).

Tes ennemis: Ce terme a deux Youd(4), marque du pluriel. On distingue, en effet, l’ennemi du corps, de celui de l’âme. Or, l’un et l’autre sont exprimés en un même mot(5), car les Juifs sont “ une nation unique sur la terre ”(6), assujettissant leur corps physique à leur âme spirituelle et mettant en évidence l’unité et la vérité qui les caractérisent.

La conséquence d’un départ au combat qui est conçu de cette façon est la suivante:

Il le donnera: Ce terme est au singulier. Dieu en donne la source céleste, le mauvais penchant(7), ennemi de l’âme, qui est l’ange de la mort(8), ennemi du corps.

L’Eternel, ton Dieu, dans ta main: Il le donnera entièrement, de sorte que:

Tu captureras son captif: c’est-à-dire le captif de ton ennemi. On sauvera ainsi ce qui était auparavant captif chez l’ennemi.

Et, ceci ne concerne pas seulement l’homme qui a commis une faute, au sens littéral, puis est parvenu à une grande Techouva(9), transformant les fautes intentionnellement commises en bienfaits. Il y a également là un moyen d’apporter l’élévation aux envies permises(10), momentanément enfermées dans le domaine du mal. L’homme moyen défini par le Tanya, dont la situation doit être le fait de tous(11), celle vers laquelle il convient de tendre, peut appliquer tout cela d’une manière plus élevée, en permettant aux forces de son âme(12) qui appartiennent au domaine du mal susceptible de se parfaire d’être intégrées à la sainteté.

Mais, il est, en outre, une forme encore plus élevée du service de Dieu, celle qui transforme les sentiments(13) de l’âme animale résidant dans le coeur, lequel est une étincelle divine, afin qu’ils deviennent le bien absolu, au même titre que le bon penchant. Et, peut-être est-il possible d’avancer que l’on est, de la sorte, en mesure d’obtenir l’élévation de la Torah et des Mitsvot accomplies(14) sans intention particulière, sans les dédier au Nom de Dieu.

De telles actions restent dans la partie superficielle des mondes(15). Par la suite, lorsque l’homme agit de nouveau pour le Nom de Dieu, il les libère de cet endroit, les unit à des actes dédiés au Nom de Dieu et il leur permet ainsi de connaître la plus haute élévation, jusqu’à se présenter devant Dieu. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois des rois, au début du chapitre 7, qui évoque ce même verset. Il en déduit, en particulier, que celui qui se consacre à une Mitsva est dispensé d’en respecter une autre ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, dans le second discours intitulé ‘Lorsque tu iras au combat’, à la fin du paragraphe 2 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le début du chapitre 8 du traité Sotta et le chapitre 29 du Tanya ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Min’hat Chay et le Kéli Yakar, sur ce verset ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Nidda 61b ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au chapitre 9 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Baba Batra 16a ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ce qui inclut également toutes les souffrances, y compris le fait de maigrir ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le chapitre 7 du Tanya ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chapitre 7 du Tanya ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Début du chapitre 14 du Tanya ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chapitre 35 du Tanya ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tel est le niveau du Juste. Voir la fin du chapitre 37 du Tanya, le Likouteï Torah, dans le second discours intitulé ‘Lorsque tu iras au combat’, au paragraphe 3 ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, aux chapitres 39 et 40 ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ L’élévation de ces actions doit leur permettre de ‘s’inclure dans le Divin’, selon l’expression du Likouteï Torah, à la fin du premier discours intitulé : ‘Lorsque tu iras au combat’ ”.

Lettre n°7750

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7750, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Elloul 5721,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Azryel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 9 Elloul et je suis surpris par l’interruption(2) survenue depuis la réception de votre télégramme. Mais, en tout état de cause, il est inutile de se plaindre du passé. Vous envisagez de porter, pendant ‘Hol Ha Moéd, des boîtiers de Tefillin vides(3). Or, on trouve une longue explication, à ce sujet, dans le Ot ‘Haïm Ve Chalom, du Juste, le grand Rav de Munkatch, au chapitre 38, paragraphe 1. Une telle pratique n’est absolument pas évidente, y compris pour ceux qui plaident en sa faveur. Et, nombreux sont ceux qui l’excluent, avançant de très fortes raisons(4).

Vous envisagez de quitter prochainement Copenhague, peut-être même jusqu’au Chabbat qui bénit le mois de ‘Hechvan(5). En fait, pour ce qui est de vos fonctions rabbiniques, comme c’est le cas de chaque fait nouveau, un certain temps est nécessaire avant d’avoir une organisation fixe, d’autant qu’il faudra établir un programme différent pour la Yechiva, pour le ‘Héder. Il convient donc d’y rester au moins pendant quelques mois encore. C’est une évidence. Avec ma bénédiction pour donner, au plus tôt, de bonnes nouvelles de ce qui vous concerne personnellement et de vos réalisations communautaires, avec tout le détail nécessaire, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav A.Chaykin, de Copenhague. Voir, à son sujet, la lettre n°7607. (2) De la correspondance. (3) Le Rav Chaykin, dont la coutume consistait à ne pas porter les Tefillin pendant ‘Hol Ha Moéd, était le rabbin d’une communauté dont les membres les portaient. Voir, à ce sujet, la lettre n°1305. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est, en particulier, le cas du Adéret Elyahou, de l’auteur du Michnat ‘Hassidim, selon lequel l’interdiction de le faire est une évidence. Les responsa ‘Hatam Sofer, au chapitre 127, écrivent : ‘Il y a des risques et cela a déjà été proposé par un Grand, qui a été contesté’. De fait, cela veut dire que le ‘Hatam Sofer n’a lui-même pas adopté une telle pratique, à l’encontre de ce que telle personne vous a rapporté. Et, le Meassef Le ‘Hol Ha Ma’hanot cite tout un groupe de Décisionnaires considérant que le fait de ne pas porter les Tefillin dans une synagogue où on le fait ne peut pas être considéré comme y constituer des groupes. Le Tséma’h Tsédek est du même avis, dans ses Pisskeï Dinim, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 236 ”. (5) Soit après toutes les fêtes de Tichri.

Lettre n°7751

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7751, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Elloul 5721,

Brooklyn, New York,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

groupement de …, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

Nous sommes actuellement au milieu du mois d’Elloul, lorsque chaque Juif, homme ou femme, se doit d’établir un bilan moral sur la manière dont s’est passée, positivement, l’année qui vient de s’écouler et de préparer un programme adapté pour l’année qui vient, pour le bien et pour la bénédiction, en prenant la ferme résolution de le mettre en pratique dans sa vie.

Chez les Juifs, tout est lié à la Torah, qui est une Torah de vie, une Torah indiquant de quelle manière il faut vivre, qui fait que la vie soit digne de ce nom, qui précise quel comportement on doit adopter en chaque situation et à chaque minute de l’existence quotidienne.

*

*

*

Nous avons déjà expliqué précisément que l’un des objectifs assignés aux femmes et aux jeunes filles ‘Habad est l’encouragement et le renforcement des maris, des frères et des fils, en leur étude de la Torah. Un tel accomplissement et une telle Mitsva incombent à tous, jeune ou vieux, riche ou pauvre.

Cette étude de la Torah doit être quotidienne et la plus large possible. En outre, comme tout ce qui concerne le Judaïsme, elle sera menée dans la joie et avec enthousiasme.

*

*

*

Le lien spécifique qui existe entre les femmes et l’accomplissement de l’étude de la Torah est le suivant :

A) Bien souvent, le mari n’étudie pas la Torah comme il le faudrait parce qu’il doit consacrer son temps à gagner sa vie, afin de subvenir à tous les besoins du foyer et de la famille. Très fréquemment, on pense qu’il s’agit effectivement de besoins, ou bien l’on veut se persuader qu’ils le sont. Il est donc indispensable et important que la femme, la maîtresse de maison, encourage son mari à l’étude, qu’elle exige que celle-ci soit quotidienne, la plus intense possible, même s’il en résulte quelques limitations matérielles, dans le train de vie du foyer et de la famille. Une telle étude est assurément le moyen approprié pour assurer le bonheur familial.

B) Même si l’encouragement et la demande d’étudier la Torah de la manière qui convient ne sont exprimés verbalement que de temps à autre, l’attitude quotidiennement adoptée envers le mari doit, à elle seule, suffire pour les rappeler en permanence.

C) En renforçant les maris dans l’étude de la Torah, en l’exigeant de leur part, en envoyant les fils dans de bons ‘Héders et de bonnes Yechivot, les femmes reçoivent une part de cette étude ou, plus précisément, de la Mitsva de l’étudier.

En outre, à tout ceci s’ajoute le fait que l’étude est le moyen de savoir quel comportement il convient d’adopter, comme l’expliquent les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin du premier chapitre. En ce sens, les femmes reçoivent également une part de la récompense qui est accordée pour cette Mitsva. Or, comme cette Mitsva est elle-même plus importante que toutes les autres, sa rétribution l’est également.

*

*

*

Je vous demande, en ces jours, de vous employer à motiver les maris, les frères, les fils, afin qu’ils renforcent et élargissent leur étude quotidienne de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de faire un effort en ce sens. Ils la mèneront avec enthousiasme et joie.

Et, que Dieu, Qui donne la Torah, multiplie et renforce les bénédictions accordées à chacun, en tous ses besoins, à la fois matériels et spirituels. Qu’Il accorde à chacun, au sein de tout Israël, d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de chacune d’entre vous, en tout ce qui vient d’être dit et en vous souhaitant d’être inscrites et scellées pour une bonne année,

M. Schneerson,

N. B. : Il serait bon que celles qui demandent qu’on mentionne leur nom et celui des membres de leur famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en ces jours de miséricorde et de bon vouloir, joignent à cette requête la liste des études de leur mari, qui seront également mentionnées, en même temps que cette demande de bénédiction.

Lettre du secrétariat du Rabbi, concernant l’instruction énoncée ci-dessus

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Elloul 5721,

Brooklyn, New York,

A tous les ‘Hassidim, que Dieu vous accorde

de longs jours et de bonnes années,

Je vous salue et vous bénis,

En fonction de ce qui nous a été transmis par le Rabbi Chlita, nous formulons la remarque et la requête suivantes. Les demandes de bénédiction qui seront adressées, en particulier pendant les jours de miséricorde et de bon vouloir, ou bien à cette occasion, seront une prière, une demande que l’homme formule à Dieu afin d’obtenir une révélation émanant de la source. Chacun précisera donc quelle est son étude de la Torah.

Comme on le sait, la Torah et son étude appartiennent à la voie médiane et elles réalisent à la fois l’élévation de la matière et le dévoilement qui est obtenu ici-bas. Ceci est, en outre, conforme à son objectif premier, aux directives édictées à l’homme sur la manière de servir Dieu, ici-bas. En agissant de la sorte, ainsi qu’il est dit : “ Si vous marchez dans Mes Décrets ”, on peut obtenir la révélation, “ Je donnerai vos pluies en leur temps ”. La révélation de Dieu répondra à l’effort des hommes car, selon la formulation de la partie révélée de la Torah, “ le Saint béni soit-Il agit mesure pour mesure ”. Il en sera de même également pour le dévoilement qui est obtenu par la suite.

Bien entendu, il n’est pas établi d’avance qu’il en sera ainsi, ce qu’à Dieu ne plaise(1). Pour autant, il s’agit bien d’une certitude, d’une nécessité qu’il en soit ainsi, si l’on peut s’exprimer de cette façon, dès lors que le principe en est établi par la Torah. Et, vous verrez, à ce propos, le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, Parchat Devarim, à la page 84b, qui dit : “ Plus précisément, il en est ainsi chaque jour, quand on étudie la Torah ”(2). Vous consulterez ce texte. Avec nos respects et notre bénédiction, afin d’être inscrits et scellés pour une bonne année,

Le secrétariat,

Bien évidemment, il serait bon et judicieux que ceux qui ont déjà fait parvenir leur demande de bénédiction les complètent, au plus vite, en transmettant ces précisions.

Notes

(1) Car, Dieu ne saurait subir la contrainte. (2) L’assurance est donc donnée que la révélation peut être obtenue à tout moment.

Lettre n°7752

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7752, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Elloul 5721,

Brooklyn, New York,

Aux organisateurs du groupe voyageant ici,

pendant les jours de miséricorde et de bon vouloir

et à cette occasion, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Me basant sur l’enseignement de nos Sages selon lequel : “ on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité ”, je formulerai ici la remarque suivante. Tout ce qui a été dit l’an dernier(1) à propos de la motivation à la Torah et aux Mitsvot, à l’occasion du voyage qui est effectué ici et de son organisation, reste valable, de la même façon, pour cette année. Bien plus, il nous est enjoint de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. Chacun consentira donc un ajout, en fonction de sa propre situation. Et, l’assurance nous a été donnée que : “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”.

En effet, pour tout ce qui concerne le bien et la sainteté, y compris les besoins du corps des enfants d’Israël, peuple saint, qu’ils doivent intégrer à la sainteté, toute situation, aussi bonne qu’elle puisse être, peut toujours être améliorée, augmentée et clarifiée. Il est sûrement inutile de préciser que ceci s’applique, de la même façon, à l’influence que l’on exerce sur les autres. Bien plus, “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est un grand principe de la Torah et l’on connaît l’enseignement de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon lequel les deux Préceptes “ tu aimeras l’Eternel ton Dieu ” et “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” n’en font qu’un. Tout cela est bien évident.

Ce jour est précisément celui de la naissance des deux grands luminaires, le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken. Puisse donc Dieu faire qu’ils illuminent notre vie et même notre existence quotidienne, nos pensées, nos paroles et nos actions, d’une manière concrète. En la matière, on connaîtra l’avancement, l’on ajoutera et l’on éclairera, jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse selon laquelle “ la nuit éclairera comme le jour ”. Il en sera ainsi dans le service de Dieu, dans l’effort réalisé ici-bas, qui permettra de transformer l’obscurité en lumière, l’amertume en douceur. Et, c’est bien de transformation qu’il s’agit ici, de sorte que l’obscurité et l’amertume deviendront, à leur tour, de la lumière et de la douceur.

De la sorte, il en sera de même dans le monde, dont l’obscurité deviendra également lumière. Alors, d’une manière concrète, “ la nuit éclairera comme le jour ”, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très prochainement. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela, je conclus en vous adressant ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir la lettre n°7412. (2) Un effort. (3) Des bénédictions.

Lettre n°7753

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7753, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Elloul 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 17 Elloul, dans laquelle vous me décrivez brièvement vos études, telles que vous les avez menées jusqu’à maintenant. En outre, vous me faites part de votre état d’esprit et vous me demandez si vous pouvez être un réceptacle du Divin, en mettant en pratique le Précepte : “ Supprime ta volonté devant la Sienne ”, afin de servir Dieu dans la joie. Je suis très surpris que vous m’interrogiez sur ce qui est d’une si grande évidence. Car, il y a bien là un principe essentiel et fondamental de notre sainte Torah, qui est une Torah de vie. Il est absolument certain que vous pouvez mettre tout cela en pratique, que vous êtes même tenu de le faire. Or, tout ne dépend que de votre volonté, ainsi qu’il est dit : “ Et, tu choisiras la vie ”.

Néanmoins, toutes les Injonctions de la Torah sont également formulées comme des assurances qui sont données pour l’avenir. En effet, “ on vient en aide à celui qui désire se purifier ” et la promesse nous a été faite que : “ aucun d’entre nous ne sera repoussé ”. Bien plus, même si un homme ne se sanctifie que quelque peu, ici-bas, on le sanctifie, d’une manière considérable, d’en-haut.

Or, la présente période est propice à un profond effort, en la matière. Elle est faite de jours de miséricorde et de bonne volonté. Comme l’explique longuement l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, le Roi, c’est-à-dire, le Roi suprême, le Saint béni soit-Il, se trouve alors dans le champ et Il accueille chacun avec bienveillance. Vous consulterez le Likouteï Torah, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à Mon Bien-Aimé ”, à la page 32b et vous y trouverez une analyse précise de tout cela. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Lettre n°7754

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7754, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Elloul 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie et les fonctions que vous occupez actuellement, consistant essentiellement à guider la jeunesse. Heureuse est donc votre part, puisque l’on vous a accordé les moyens d’influencer les jeunes Juifs, de contribuer à façonner leur personnalité, ce qui pourra transformer tout le reste de leur vie, c’est-à-dire des décennies entières, de même que leur foyer, lorsqu’ils se marieront. Je dis que votre part est heureuse et il en est ainsi de deux points de vue. Il est positif de pouvoir venir en aide à quelqu’un, physiquement ou moralement, y compris d’une manière accessoire et pour une durée limitée. Combien plus est-ce le cas lorsque cette aide, comme on l’a dit, est à la fois matérielle et spirituelle, qu’elle s’exerce sur une longue période et peut-être même sur toute la vie.

Néanmoins, comme c’est systématiquement le cas, notre Torah, Torah de vie, indique : “ Vois, J’ai donné devant toi la vie et le bien, la mort et le mal ”. Il faut donc espérer que s’accomplisse ce qu’elle dit, à la fin de ce passage : “ Et, tu choisiras la vie ”. On peut donc attendre d’un homme qui reçoit de telles possibilités qu’il choisisse la voie de la vie et du bien, qu’il se serve de ses capacités et de son influence afin de former ses élèves à la vie et au bien véritables. Or, il est un critère permettant de reconnaître la vérité. Celle-ci ne disparaît pas à l’issue de quelques instants, de quelques jours ou même de quelques semaines. Elle dure longtemps et elle est même éternelle. Pour autant, le mauvais penchant intervient, sème le trouble et il incite à se servir de ses capacités dans un sens opposé. Il s’adresse à chacun selon son langage et il avance des arguments, des propositions qui sont de nature à convaincre. Néanmoins, dans le monde, tout est pensé et ordonné. Rien n’est laissé au hasard, ce qu’à Dieu ne plaise. Chacun est donc libre de choisir l’une de ces deux voies. On peut aussi se dresser contre la séduction et l’incitation exercées par le mauvais penchant. En pareil cas, on a un mérite beaucoup plus grand et, comme je l’ai dit, on reçoit une part bonne et agréable.

On sait la réponse qui est apportée à une question bien connue. Si le mauvais penchant est parfois capable d’endosser un vêtement positif et juste, en tentant de convaincre avec des arguments qui, en apparence, appartiennent à la droiture et à l’équité, comment peut-on déterminer si une idée relève du bien ou du mal ? En fonction de ce qui vient d’être dit, on peut donc établir que l’un des critères permettant de l’établir est le suivant, au moins quand il s’agit d’un fait ou d’un événement spécifique. Celui qui commet une faute parce qu’il en éprouve une forte envie, parce qu’il le veut profondément, s’emplira, par la suite, de regrets. Plus le temps passera et plus ce sentiment se renforcera. A l’opposé, un accomplissement positif procure, par la suite, une satisfaction encore plus grande. Un autre critère s’applique à ce qui est plus général et donc également à votre situation, c’est-à-dire à l’influence qui est exercée sur un groupe ou sur un certain milieu. Vous devez consulter l’histoire de notre peuple, les enfants d’Israël et vous demander quelle est l’attitude qui a assuré sa pérennité, à travers les différentes époques de notre longue histoire, bien que, selon la formulation bien connue, “ en chaque génération, on se dresse contre nous afin de nous détruire ” et les peuples du monde “ nombreux et forts se dressent contre ceux qui sont faibles et peu nombreux ”.

Une réflexion sommaire suffit pour établir que tous les milieux qui se sont écartés du chemin agréé, qui ont placé leur confiance dans la culture des pays qui les entouraient, même s’ils “ l’exprimaient dans la langue de notre peuple ” ou bien cherchaient à l’adapter à notre propre culture, ont tous disparu, sans laisser la moindre trace au sein de notre peuple, les enfants d’Israël, au bout d’une, de deux, tout au plus de trois générations. Ainsi, à l’époque du premier Temple, certains se tournaient vers Achour et Babel. Au début de la période du second Temple, il y eut les Hellénistes. Beaucoup plus tard, pendant le moyen âge, certains voulurent adhérer à la philosophie et à l’hégémonie de l’Espagne. Puis, il y eut, en Allemagne, les disciples de Mendelsohn, qui souhaitèrent ensuite épouser la culture française et qui furent à l’origine de la réforme. Or, certains sont revenus sur leur position, d’autres se sont assimilés aux non-Juifs qui les entouraient, encore une fois sans qu’il n’en reste la moindre trace, dans la génération suivante.

Depuis le don de la Torah, sur le mont Sinaï, nous avons reçu les Mitsvot, qui s’appliquent de manière concrète. C’est alors qu’il fut dit : “ Tu ne feras pas d’idole ”, “ Garde le jour du Chabbat ”, “ Tu ne travailleras pas… ”. C’est alors que fut donnée la Mitsva des Tsitsit et des Tefillin, qu’il fut interdit de consommer les bêtes sauvages et les animaux domestiques n’ayant pas le sabot fendu et ne ruminant pas. Ce sont ces principes immuables qui jalonnent les trois millénaires de l’histoire des enfants d’Israël, sans la moindre modification. La conclusion qu’il convient de tirer de tout cela est bien claire.

Puisse Dieu faire que vous utilisiez pleinement les opportunités qui se présentent à vous, de la manière qui vient d’être décrite et dans toute leur mesure. Vous influencerez également vos amis, les autres moniteurs, de sorte que votre exemple soit imité. Le mérite du plus grand nombre, celui de vos élèves et des personnes qui vous suivent, vous viendra en aide pour cela. Ces jours-ci, appartenant au mois d’Elloul, sont favorables pour y parvenir. En effet, c’est en ce mois que l’on établit le bilan de l’année qui vient de s’écouler et que l’on prépare celle qui vient. Vous-même, comme vous me l’écrivez, vous apprêtez à vous marier prochainement. Vous avez donc besoin d’une bénédiction spécifique, de la part du Créateur du monde, Qui le dirige. En ce sens, chaque action positive, pour le bien du plus grand nombre, constitue le canal et le réceptacle élargissant les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins et en ceux de votre fiancée. Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela et que, de temps à autre, celles-ci soient accrues.

Bien entendu, vous avez l’autorisation, et ceci sera votre mérite, de transmettre tout ce qui est indiqué ici à vos amis, les autres moniteurs. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Lettre n°7755

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7755, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5721,

Brooklyn,

Au jeune ‘Hassid qui craint Dieu, élève

de la Yechiva, le Rav Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre et les feuillets de correction du Pirouch Ou Pisskeï Ha Rid(2) sur le traité Chabbat, dont vous avez eu le mérite de travailler le manuscrit et de préparer la publication. Heureuse est votre part, puisque vous avez l’avantage de vous consacrer à l’enseignement des premiers Sages, qui sont comparés à des anges, des maîtres des Tossafot, desquels nous recevons la vie. Bien souvent, par leur formulation limpide et concise, ceux-ci illuminent la voie, dans l’océan du Talmud, de sorte que les questions et les contradictions sont d’emblée écartées.

Vous connaissez, à ce sujet, le dicton de mon beau-père, le Rabbi, rapporté au nom de ses ancêtres, nos maîtres et chefs, soulignant que les premiers Sages, en quelques lignes, pouvaient préciser une notion complexe et définir la Hala’ha, concrètement applicable, d’une manière lumineuse, alors que les derniers Sages discutent longuement la Torah, pèsent le pour et le contre, mènent le “ combat de la Torah ” avant d’adopter une conclusion, laquelle, malgré cela, n’est pas aussi évidente, pas aussi lumineuse que celle des livres des premiers Sages.

Une image a été énoncée, à ce propos. Un homme se trouvant dans un palais large et lumineux trouvera aussitôt ce qu’il recherche, une porte ou bien une fenêtre. Mais, il n’en est pas ainsi, en ces dernières générations. L’obscurité s’est renforcée, jusqu’à devenir palpable. Les sentiments se sont atrophiés. L’homme qui est dans le palais et veut en trouver la porte doit donc tâtonner pour découvrir une ouverture, puis rechercher la preuve qu’il s’agit bien là de la porte conduisant vers l’extérieur, ou bien d’une simple fenêtre ouverte, ou encore d’une fenêtre fermée. Ces preuves pourront aussi être indirectes, détournées. Or, ce que l’on entend et que l’on comprend ne peut pas être comparé à ce que l’on voit. On définit, dans la compréhension, tous ces stades, la conclusion à l’issue d’une analyse, la réfutation des objections, la preuve intellectuelle, conférant une vision claire de l’idée, au point que toutes les questions, tous les doutes, ne puissent remettre en cause la conclusion, ni même l’affaiblir. Et, l’on a coutume de citer, à ce propos, la preuve suivante : “ Rav se tût ”. On souleva des objections contre sa décision hala’hique, mais, pour autant, lui-même ne revint pas sur sa position(3) car il était bien évident, dans son esprit, que la conclusion finale devait effectivement être celle-ci, malgré les questions et les arguments soulevés.

Puisse Dieu faire que vous multipliez votre force dans l’étude de la Torah, à la fois de sa partie révélée et de sa dimension profonde, puisqu’elle est une Torah unique. Comme le précisent nos Sages, cette étude conduira à l’action, ce qui inclut aussi la publication de tels ouvrages. Ainsi, le commentaire que vous établirez de ces textes et de ces notions sera conforme à la vérité. Pour cela, vous étudierez en vous pénétrant de crainte de Dieu, en vous soumettant à Lui. Car, c’est bien de cette façon que l’on établit la vérité. Comme le soulignent nos Sages, dans le traité Sanhédrin 93b, à propos du verset : “ L’Eternel est avec lui ”, on peut être en mesure de discuter et de prendre part au combat de la Torah, de faire des déductions et d’en tirer des conclusions concrètes. Malgré cela, pour pouvoir établir la vérité et voir son avis retenu par la Hala’ha, il faut que s’accomplissent les termes de cette affirmation : “ l’Eternel est avec lui ”. Or, il est dit que : “ Il réside avec celui qui est humble et modeste ”. Vous consulterez, à ce sujet, le discours ‘hassidique intitulé : “ Et, Il dit… Je suis… ”, de 5627(4), de même que le suivant. Avec ma bénédiction de réussite en tout cela, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson,

En signe d’appréciation, je formulerai quelques remarques, bien que le temps soit précieux pendant ce mois d’Elloul, en ces jours de miséricorde et de bon vouloir, a fortiori durant la période des Seli’hot, que l’on consacre à la prière et aux supplications, en se joignant à la communauté et en épanchant son cœur comme de l’eau devant notre Père Qui se trouve dans les cieux, Roi Qui désire la vie.

Remarque générale : Dans différents passages de ce livre, vous reproduisez le texte du Talmud en l’état, sans rien y ajouter, sans même le commenter, y compris quand il ne s’agit pas d’une décision et que cela ne concerne pas la Hala’ha. Par exemple, à la page 156, il est rapporté : “ Rabbi Eléazar dit : comme le gouverneur à sa tête… ”. Or, l’auteur possédait peut-être différentes versions de ces textes et sa citation avait, en l’occurrence, pour but d’établir la plus exacte. Dans votre ouvrage, il n’y a pratiquement pas d’explication sur la partie midrashique de ce traité.

A la page 1 : “ Les sorties, pendant le Chabbat, sont deux qui font quatre, à l’extérieur… à l’intérieur ”(5). Une note précise que telle est la version de la Michna de Cambridge, parue en 5662(6), d’abord “ à l’extérieur ”, ensuite “ à l’intérieur ”. Or, la Michna des éditions Rohm cite les différentes versions et l’on peut constater qu’aucune autre n’est identique à celle-ci. Il est donc difficile de comprendre que l’on ne retrouve pas trace de la version qui a été choisie par le Rid. Toutefois, si l’on en fait une analyse plus précise, on parviendra à la conclusion que l’auteur, le Rid, adopte lui-même la version mentionnant d’abord “ à l’intérieur ”, puis “ à l’extérieur ”. C’est pour cela qu’il commence son explication par : “ Ces sorties du Chabbat sont au nombre de deux, d’après la Torah, à l’intérieur et au nombre de deux, d’après la Torah, à l’extérieur ”.

Même si l’on admet que les commentateurs citent, en premier lieu, ce qui a été dit en dernier, on doit convenir que cette interprétation ne peut pas être la bonne, dans le cas présent, puisque l’analyse commence par “ ces sorties du Chabbat ”, soit les premiers mots de la Michna. Par la suite, on peut constater également que l’auteur retient d’abord “ à l’intérieur ” et ensuite “ à l’extérieur ”, dès lors qu’il dit, au bas de la page 2 : “ C’est là l’explication, deux à l’intérieur et deux à l’extérieur ”, puis, au bas de la page 3 : “ Il précise… il y a donc deux introductions vers l’intérieur et deux sorties vers l’extérieur ”. Pour résoudre la contradiction entre la citation de la Michna et son commentaire, on peut avancer l’explication suivante.

Plusieurs, parmi les premiers Sages commentant le Talmud, n’en citent pas les termes comme titre de leur explication, si ce n’est deux ou trois mots. Parfois, ils notent leur précision à même l’exemplaire du Talmud. C’est bien ce qu’a fait le Rid, en l’occurrence. En l’occurrence, le copiste qui en a reproduit le texte n’était pas méticuleux, puisqu’il n’a pas remarqué cette inversion. Il ne s’est donc pas posé de question non plus sur la retranscription de la Michna, ou peut-être disposait-il de l’édition de Cambridge. En tout état de cause, une personnalité aussi importante que le Rid ne peut pas avoir opté pour cette version et c’est pour cela que l’on n’en trouve pas l’équivalent par ailleurs, comme on l’a constaté, bien que les disciples du Rid aient été nombreux.

A la même référence : “ à l’intérieur : il s’agit d’introductions ”. Il convient de noter que ceci est conforme au commentaire de Rachi sur le traité Chevouot 5a, mais non à ce que disent Rachi et les Tossafot, à la présente référence.

A la même référence, “ qui sont quatre ” : Il n’y a pas là le début d’un nouveau paragraphe, mais seulement la continuation du premier, qui se conclut par : “ et, chez le pauvre ”, à la fin du passage commenté ici. Par la suite, les mots : “ et la Guemara s’interroge ” introduisent un développement nouveau.

A la fin du livre : A la page 489, il est noté : “ Qu’a-t-on dit ”. En fait, peut-être faut-il lire : “ Qui a dit ”.

A la même référence : “ Je m’occupe afin de me détendre et je n’ai pas besoin de savoir la mesure de cette eau ”(7). Le Rid ajoute la précision suivante(8) : “ afin de me détendre ” et l’on doit rechercher si cet ajout ou bien son équivalent se retrouvent également chez d’autres commentateurs. Ceci peut être rapproché du fait de jouer au ballon pendant le Chabbat. En effet, une mesure est alors nécessaire(9), mais, dès lors qu’on l’effectue uniquement pour s’occuper, cela est permis. En pareil cas, la mesure a une finalité ludique et il est inutile de connaître celle de l’eau(10). Tel est l’opinion du Avi Ha Ezri sur le Tour Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 306, qui donne la permission de mesurer trois fois une distance de trois coudées puis de réciter une formule incantatoire. En effet, il y a seulement là un moyen de s’occuper(11).

Toutefois, on peut aussi interpréter le terme “ se détendre ” au sens d’un amusement, d’un acte léger, comme dans le verset Michlé 26, 19 : “ Je m’amusais ”(12). En pareil cas, il ne s’agit nullement de mesurer, mais uniquement d’avoir une occupation. Vous verrez, à ce propos, l’explication de Rabbénou ‘Hananel, qui dit : “ Je ne fais que m’occuper, ce qui veut dire que je mesure sans avoir l’intention de le faire ”. De même, l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, chapitre 306, aux paragraphes 18 et 19, précise : “ celui qui mesure sans que cela lui soit utile, d’une quelconque façon ”. C’est dans ce cas que cela est permis. En l’occurrence, la récitation d’une formule incantatoire suppose une mesure, mais celle-ci est permise puisqu’elle est motivée par une Mitsva. En tout état de cause, cette analyse doit encore être approfondie. Et, puisque l’on parvient à une telle conclusion, on peut s’interroger également sur la raison pour laquelle le Rambam, le Choul’han Arou’h et le Rama ne rapportent pas le principe selon lequel il est permis de mesurer s’il s’agit uniquement de s’occuper(11).

A la même référence, “ le tonneau a été pris ” : Peut-être faut-il, en fait, dire ici : “ Il prend le tonneau ”.

A la même référence, dans la note : “ Béni soit Dieu Qui… ”. Il semble que cela signifie : “ Béni soit Dieu Qui nous est venu en aide ”(13).

Notes

(1) Le Rav A.Chitrik. (2) “ Commentaire et Décisions hala’hiques de Rabbi Ichaya Ditrani ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Beïtsa 6a. Et, la plupart des Décisionnaires adoptent l’avis de Rav. A ce sujet, vous consulterez, en particulier, à cette référence, le Ran, le Roch, les Hassagot Ha Rabad sur le Razah, au traité Soukka 7a, le Kountrass Ha Ramé et le Chivreï Lou’hot. Tel n’est cependant pas l’avis des Tossafot, au traité Baba Batra 62a ”. (4) 1867, du Rabbi Maharach, grand-père du Rabbi précédent. (5) Voir la première Michna du traité Chabbat. (6) 1902. (7) De façon générale, il est interdit de mesurer pendant le Chabbat. Néanmoins, cela sera permis si on le fait uniquement pour s’occuper, sans que cette mesure ait une utilité intrinsèque. (8) Qui ne figure pas dans le Talmud. (9) Dans le cadre de ce jeu. (10) Qui est mesurée dans le cas cité par le Talmud. (11) Donc sans utilité intrinsèque. (12) “ Ainsi fait l’homme qui abuse son prochain et explique : ‘Je m’amusais’ ”. (13) Formule traditionnelle de conclusion d’un traité talmudique.

Lettre n°7756

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7756, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat Parchat Nitsavim 5721,

“ Vous vous trouvez en ce jour ”

Brooklyn, New York,

Aux fils et filles d’Israël,

partout où ils se trouvent,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis largement,

Nous nous trouvons dans les jours de préparation à la nouvelle année qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. En toute situation, notre Torah, Torah de vie, délivre l’enseignement et est le guide d’un Juif. Pour autant, il en est encore plus clairement ainsi, et d’une manière beaucoup plus importante, quand il s’agit de se préparer à une nouvelle année. En effet, on demande, on souhaite, que celle-ci introduise une vie bien meilleure, dans tous les domaines.

*

*

*

La Sidra que nous étudions, ces jours-ci, celle de Nitsavim, “ Vous vous trouvez tous en ce jour ”, est toujours lue(1) avant Roch Hachana. De fait, l’expression : “ ce jour ” fait allusion à Roch Hachana(2). Or, dès son début, elle délivre un enseignement conforme à ce qui vient d’être dit :

“ Vous vous trouvez tous, en ce jour, devant l’Eternel votre Dieu ”. Ainsi, les Juifs doivent se tenir, se “ trouver ” avec fermeté et hardiesse, sans s’affecter du fait qu’ils sont “ la minorité d’entre les nations ”. Or, il ne peut en être ainsi(3) que lorsqu’ils se rassemblent et se réunissent “ tous ”. De fait, comment susciter une union véritable et durable entre des personnalités différentes, ayant des idées divergentes, des intérêts personnels et subissant d’autres limitations encore ?

La réponse est la suivante : il convient de se trouver “ devant l’Eternel votre Dieu ”. La réunion des Juifs est possible lorsque(4) eux-mêmes sont attachés à leur âme, à leur âme divine, qui est une “ parcelle de Divinité suprême véritable ”. Chacun en possède une, sans aucune exception. Et, quand on médite profondément au fait que l’on se tient : “ devant l’Eternel ”, qui est : “ votre Dieu ”, c’est-à-dire votre force et votre vitalité(5), on exprime et l’on révèle pleinement le lien qui existe entre les Juifs ou bien la relation de chaque individu avec la communauté.

Quels sont le but et l’objectif de cette union ? Le verset le précise aussitôt : “ pour te faire contracter l’alliance de l’Eternel ton Dieu et Son serment, que l’Eternel ton Dieu conclut avec toi, en ce jour ” d’une manière renouvelée(6). Ce lien est établi “ afin que tu constitues Son peuple ”, celui de Dieu, un peuple dont le comportement quotidien est conforme à la Torah de Dieu et qui se soumet à toutes Ses Injonctions.

*

*

*

Puisse Dieu faire que chacun et chacune mette en pratique la manière de se préparer qui vient d’être définie, de la façon la plus positive et la plus large. Et, que la nouvelle année, qui approche, soit bonne et douce, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, d’un bien visible et tangible,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Nitsavim ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 3, à la page 231a ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Tan’houma, début de la Parchat Nitsavim ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, au chapitre 32 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 5 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Roch Hachana 16a, qui dit : ‘afin de proclamer Ma Royauté sur vous’ et Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 14 ”.

Lettre n°7757

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7757, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat Parchat Nitsavim 5721,

“ Vous vous trouvez tous en ce jour ”

Brooklyn, New York,

A l’attention des résidents du quartier ‘Habad de la ville

sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,

par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, l’information télégraphique de la réunion des résidents du quartier ‘Habad. Ceux-ci commenceront à prier, à étudier et à tenir des réunions ‘hassidiques, en cet endroit, à partir du Chabbat Nitsavim. Puisse Dieu faire que cette entrée en matière se déroule en un moment bon et fructueux. Ainsi, ce quartier sera le Sanctuaire de Dieu. La bénédiction y résidera et la joie y sera grande, dans les foyers de tous ses résidents, avec les membres de leur famille, à la fois matériellement et spirituellement.

Le présent commencement intervient en ces jours propices et cette maison est, en l’occurrence, inaugurée, par la Torah et la ‘Hassidout, au cours du Chabbat qui précède Roch Hachana et pendant lequel on lit systématiquement la Parchat Nitsavim, comme l’explique le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Nitsavim. Et, l’on trouve une allusion à cela dans l’expression : “ en ce jour ”, comme le précise le Zohar, tome 3, à la page 231a.

Puisse donc Dieu faire que s’accomplissent en vous les termes du verset : “ Vous vous trouvez tous ensemble en ce jour devant l’Eternel votre Dieu ”, avec toutes les explications, toutes les allusions qui sont énoncées, à ce sujet, dont l’idée centrale est l’unité, la profondeur, la volonté du cœur, concrètement éprouvée afin que l’on se prépare à la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, puis de conserver tout cela pour toute la durée de cette année. Avec mes respects, ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellées pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement,

Lettre n°7759

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7759, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

dimanche 15 Tévet 5685(1),

Yékatrinoslav,

A l’attention du grand Rav(2), aux multiples connaissances,

ayant une profonde analyse, parmi les plus grands érudits,

incisif, posant de multiples questions dans différents

domaines, le Rav Y.Rosin Chlita,

Je salue votre personne et votre connaissance de la Torah,

J’ai bien reçu votre bref courrier(3) et, certes, qui suis-je pour avoir un avis divergent du vôtre ? Pour autant, il s’agit, en l’occurrence, de la Torah et je dois l’étudier, quitte à devenir ainsi quelqu’un qui s’exprime en présence des Sages, d’autant que vos propos étaient rédigés d’une manière très concise. L’idée en est la suivante.

Si l’on considère qu’un animal devenu Taref ne peut pas retrouver son statut cacher(4), on est confronté à une difficulté, quand on envisage l’épaisseur d’une adhérence, comme l’explique Rachi qui, commentant le traité ‘Houlin 46(5) et 49(6), précise qu’un orifice se creuse tout d’abord, puis que se forme une adhérence. Certes, le Ran(7) répond à la question qu’il soulève et il dit qu’un orifice sur lequel est susceptible de se former une adhérence par la suite ne rend pas l’animal Taref a priori et nous le considérons comme tel uniquement par manque de connaissances, ce qui semble pourtant difficile à admettre. En tout état de cause, on peut soulever une objection en considérant le cas du poumon transpercé, qui est refermé par le flanc de l’animal, comme cela est exposé à la page 48a(8). Rachi et le Rambam, dans ses lois de la Che’hita, au chapitre 7, considèrent que la présence d’un tel orifice a pour effet de rendre Taref la viande cachère. Or, une adhérence sur la côte ou bien entre les côtes est indépendante de cet orifice puisqu’elle se forme par la suite. Et, dès lors que l’orifice n’est pas en cause, il est impossible d’avancer le raisonnement du Ran ou bien de considérer qu’il y a là une clarification de la situation, ayant une valeur rétroactive. En outre, la formulation de la Guemara(9) établit qu’une adhérence est une disqualification de l’animal ne l’empêchant pas de retrouver la Cacherout par la suite. Rachi(10), commentant les pages 46b, 47b et 48a, de même que le traité Yebamot 76a indique qu’une croûte formée à la suite d’un choc ne disparaît pas, par la suite et qu’en pareil cas, le flanc est fermé d’une manière convenable. Et, l’on doit donner la même interprétation des propos de Rachi, à la page 43a. En effet, ce qu’il veut dire est résumé au début de ses propos(11). En outre, le Rambam, dans ses lois de la Che’hita, chapitre 3, au paragraphe 21(12), développe également la même explication, d’une certaine façon. Or, si l’animal devenu Taref ne peut plus être cacher par la suite, l’essentiel n’est pas dit par ces textes, c’est bien clair. Il faut en conclure que cet animal peut effectivement redevenir cacher.

Certes, on peut, en fonction de tout cela, s’interroger sur le traité ‘Houlin 68b(13), que vous avez cité, mais peut-être y est-il question du verset de la Torah. Or, l’animal Taref auquel la Torah fait référence est celui qui a été égorgé, comme le dit le Rambam, dans les lois des aliments interdits, chapitre 4, au paragraphe 6 et dans les lois de la Che’hita, chapitre 5, aux paragraphes 1 et 3. Cet animal n’est donc pas Taref du fait d’un orifice qui aurait été percé, comme le précisent les Tossafot, au traité ‘Houlin 42a(14). Il faut en conclure que, selon les Sages, un animal égorgé ne peut pas guérir et celui qui est Taref ne pourra donc pas redevenir cacher. Concrètement, cela veut dire que l’égorgement est irrémédiable, et non uniquement parce que le retour en arrière est inconcevable. Cela permettra de comprendre pourquoi l’on ne peut plus permettre l’animal Taref par la suite. On établit, en effet, une comparaison avec un animal qui aurait quitté son domaine, en fonction de ce qui n’a pas été enseigné, comme le précisent les Tossafot(15).

Si l’animal peut effectivement redevenir cacher, il en sera bien ainsi, dans la mesure où l’orifice est correctement refermé. Et, l’on ne peut soulever aucune objection à partir du traité ‘Houlin 54a(16) et 57b(17). En effet, il faut admettre qu’un animal Taref n’est pas viable, si on ne le soigne pas. Dans un autre cas, il sera possible de le soigner, y compris quand on ne peut faire autrement, selon le traité Baba Batra 74b(18). Et, si l’on admet, bien que cela soit difficile, l’idée qu’il y a là un miracle, en se basant sur le traité ‘Houlin 43a(19), on doit tenir compte de la précision du traité Baba Batra 74b(20), affirmant qu’un remède fabriqué à partir d’herbes peut s’avérer efficace. C’est aussi ce que dit le traité Yebamot 114b(21) et l’on consultera les Tossafot sur le traité Yebamot 120b(22). En outre, on peut trouver une preuve, d’une certaine façon, dans les traités Baba Metsya 107b(23) et 113b ou Pessa’him 56a(24), selon la version du Babli et le commentaire de Rachi(25), ce qui exclut l’interprétation du Rambam, dans le Guide des Egarés(26). En outre, le traité ‘Houlin 54 et 57 permet d’établir qu’il n’y a pas de guérison complète, selon la distinction introduite par les Tossafot, au traité Be’horot 38b(27), que vous avez vous-même rappelée. Mais, l’on peut encore s’interroger(28), d’après la version que donne le Rachbam du traité Baba Batra 74b(29), remplaçant dans le traité ‘Houlin, les médicaments par des extraits de plantes. On peut citer aussi les Tossafot sur le traité Guittin 69a(30).

Vous citez le Yerouchalmi(31) et le Sifri(32), mais je n’ai pu accorder leur explication avec le Babli, au traité Yebamot 76b(33), qui affirme le contraire. Vous consulterez aussi le commentaire de Rachi sur le traité ‘Houlin 48a(34). Et, j’ai trouvé, dans le Nimoukei Yossef(35), une version du Yerouchalmi, considérant que l’animal dont il est ici question retrouve, a fortiori, sa situation initiale, ce qui n’est pas le cas de l’animal castré. De ce point de vue, le commentaire du Korban Ha Eda sur le Yerouchalmi(36) est surprenant et l’on peut donc poursuivre l’interrogation sur tout cela.

Dans ma précédente lettre, je vous ai demandé si l’on peut trouver une référence à l’usage d’écrire, dans l’en-tête des lettres, “ que Dieu soit béni ”(37) ou bien “ avec l’aide de Dieu ”. En effet, il semble que l’on puisse établir la position inverse à partir du traité Roch Hachana 18b(38) et Rachi, à cette référence(39), constate qu’il est difficile de supprimer cet usage. C’est aussi ce que dit le traité Sanhédrin 11b(40). Mais, l’on ne peut pas tirer de preuve des traités Sanhédrin 96a(41) et ‘Houlin 95b. C’est bien clair et l’on n’en retrouve pas l’équivalent dans le texte des actes officiels. On peut citer également le traité Yebamot 96b(42), qui dit : “ Eléazar délivre un commentaire, sans rien préciser, mais tous savent que… ”. Il y a d’autres références encore. Il est surprenant que vous ne m’ayez rien répondu sur ce sujet.

C’est ce qu’il me semble, à mon humble avis et j’espère, après vous avoir présenté mes excuses, que vous voudrez bien me communiquer le vôtre, celui de la Torah, qui est la Hala’ha en la matière. Tels sont les propos de celui qui attend votre réponse avec impatience et vous marque son respect, en fonction de votre grande valeur. Après avoir écrit tout cela, j’ai feuilleté le Séfer Ha Mitsvot du Rambam(43) et j’ai observé que selon lui, on encourt la flagellation, d’après la Torah, uniquement pour un animal égorgé, mais non pour celui qui est Taref, de façon courante. Mais, je n’ai pas pu consulter attentivement ce texte et je n’ai fait que le feuilleter. Je vous indique ci-dessous mon adresse à Yékatrinoslav(44). La présente a été retardée et l’on a rapporté, ici, que vous avez déménagé à Dvinsk, mais je ne connais pas précisément votre adresse. En tout état de cause, ma lettre vous sera sûrement transmise, bien qu’elle soit envoyée à l’adresse que j’ai notée.

Notes

(1) 1925. (2) Le Rabbi, auteur de cette réponse, la signa du nom et de l’adresse du Rav Morde’haï Gurary, de Yékatrinoslav. Deux réponses du Rabbi adressées au Rav Yossef Rosin de Ragatchov ont d’ores et déjà été publiées dans le cadre de ces Iguerot Kodech. La première, de 5688 (1928), est la lettre n°1. La seconde, de 5692 (1932), est la lettre n°5. L’une et l’autre furent rédigées après que le Rabbi ait quitté la Russie et il les signa donc de son propre nom. Le Gaon de Ragatchov se trouvait alors dans sa ville de Dvinsk. La présente lettre, qui est donc la troisième réponse, fut rédigée par le Rabbi, en son jeune âge, à Yékatrinoslav, ville dont son père était le Rav. Le Rabbi la signe en empruntant le nom d’un ami, habitant également dans cette ville. Le Gaon de Ragatchov se trouvait alors à Leningrad et le Rabbi expliqua, par la suite, qu’il avait eu recours à un prête-nom parce que la censure surveillait le nom Schneerson. (3) La lettre de 5688 est introduite de la même façon, ce qui permet d’établir que le Rabbi et le Gaon de Ragatchov correspondaient sans doute avant même l’année 5685 et qu’ils continuèrent à le faire jusqu’en 5692 ou peut-être encore par la suite. Malheureusement, seules trois de ces lettres ont, pour l’heure, été retrouvées. (4) Il semble qu’il s’agisse ici d’une entaille pratiquée sur un animal que les vétérinaires sont parvenus à cicatriser. Le Gaon de Ragatchov considère que l’animal n’est pas redevenu cacher pour autant, se basant en cela sur le traité ‘Houlin 68b, qui dit : “ Et, la viande Taref dans le champ : dès lors qu’elle est Taref , elle ne peut pas redevenir cacher ”, de même que le Yerouchalmi, traité Yebamot, chapitre 8, au paragraphe 2 et le Sifri, Parchat Tétsé, au paragraphe 247, qui souligne : “ Celui qui a été castré ne peut pas guérir par la suite ”. A ceci, le Rabbi objecte, dans la présente lettre que, d’après différents textes, si la cicatrisation s’est faite, l’animal redevient cacher. (5) 46b : “ L’épaisseur le protège et, de nouveau, il est en bonne santé. Les parois, étant serrées, ne se détachent plus et la membrane qui se forme est de plus en plus solide ”. (6) “ Ainsi, si les intestins ont été transpercés, puis que l’orifice est obstrué par la graisse, l’animal est cacher. En effet, la graisse cachère adhère fortement, de sorte que la fermeture de l’entaille est estimée satisfaisante ”. (7) A la page 46b, celui-ci cite le commentaire de Rachi précédemment rapporté et il s’interroge : “ On peut apporter la précision suivante. Si l’animal reste en bonne santé malgré cet orifice, il peut en être de même quand il y a une adhérence qui se ressoude par la suite. Certes, il est dit que ce qui est devenu Taref le restera irrémédiablement par la suite. Mais, il faut admettre que tout ce qui peut être réparé ne devient pas Taref alors que ce qui est rendu Taref le reste définitivement. De ce point de vue, tous les orifices ne sont pas identiques. Certains ne peuvent pas donner lieu à des adhérences, alors que d’autres les produisent. Dans ce dernier cas, l’animal, d’emblée, n’est pas Taref. Telle est la conception de Rachi. (8) Affirmant qu’un tel animal est cacher. Rabina précise : “ s’il est couvert de chair ”. Rachi explique que le poumon est bloqué et inséré dans la chair, entre deux côtes, ce qui est une fermeture solide et non lâche. En revanche, une adhérence sur la côte elle-même ne se maintient pas. Et, le Rambam, chapitre 7, aux paragraphes 3 et 4, précise : “ Si le poumon est transpercé à l’endroit ou la chair fait pression, l’animal reste cacher. Dans quel cas ? Lorsque l’orifice est recouvert. En revanche, s’il se trouve à côté de l’os, on ne peut rien faire ”. (9) A la page 48a, qui rapporte, à ce sujet, la Boraïta définissant la disqualification qui n’empêche pas l’animal de redevenir cacher (10) Au traité ‘Houlin 46b, il dit : “ Si, à la suite d’un coup, une croûte se forme sur le poumon, celle-ci ne devra pas être prise en compte car, au final, elle disparaîtra ”. Puis, il répète encore, à la page 47b, qu’elle est appelée à disparaître et, à la page 48a, qu’elle ne doit pas être considérée comme une croûte. En revanche, le flanc de l’animal est effectivement fermé d’une manière convenable. Le traité Yebamot 76a précise qu’une croûte formée sur le poumon à la suite d’une blessure n’en est pas une, car, nécessairement, l’orifice s’ouvrira de nouveau par la suite. Et, l’on voit donc bien que cette conclusion est indépendante de la possibilité d’établir, en considérant l’adhérence, s’il y avait un orifice à l’origine ou non, comme l’indique le Ran. Le critère est, en fait, uniquement le suivant. L’orifice est-il bouché d’une façon définitive ou bien s’ouvrira-t-il encore par la suite ? Il est donc clair que, selon Rachi, l’animal qui est désormais Taref peut redevenir cacher, si l’orifice du poumon a été correctement fermé. (11) Qui dit qu’une croûte formée à la suite d’une blessure sur l’œsophage ne doit pas être prise en compte. S’il y a eu une ouverture, la croûte qui se forme ne sera pas stable, y compris quand elle est épaisse. Chaque fois que l’animal est Taref, la croûte qui se forme par la suite est inutile. Ce cas ne peut donc pas être comparé à celui dans lequel l’orifice du poumon est bouché ou bien au foie qui obture la rate ou aux hanches, par les organes qui s’y trouvent. Dans ce cas, l’orifice est effectivement considéré comme fermé. (12) Si l’œsophage a été percé et s’il a formé une croûte qui l’a refermé, on ne tiendra pas compte de sa présence et l’on fera comme s’il était encore percé. (13) Cet animal est devenu Taref et, dès lors, il ne pourra plus être permis. (14) Non pas parce qu’un orifice apparaîtra à terme, mais parce que l’animal égorgé est brûlé par le poison de sorte que, à terme, il mourra inéluctablement. (15) A la page 68b et, selon la conclusion, tout ce qui revient au stade initial est permis. Le qualificatif de Taref s’applique donc à un autre cas. (16) On ne peut introduire de nouveaux cas, n’ayant pas été cités par les Sages, dans lesquels l’animal est Taref. En l’occurrence, on observe que l’animal est mort et l’on apprend qu’un médicament lui a été administré, ce qui veut bien dire que celui-ci n’est d’aucune utilité quand l’animal est Taref. (17) Un animal Taref n’est pas viable pendant douze mois. Rachi dit : “ Si l’animal peut vivre plus que cela, c’est la preuve qu’il n’est pas Taref ”. (18) Une fois, Rabbi Yehouda se trouvait dans un bateau et il vit une pierre précieuse. Il la plaça sur sa tête, la prit, la suspendit et l’animal vécut. (19) Job dit : “ Il me perce les reins, répand à terre mon fiel ”, mais il est encore vivant. On lui répondit qu’il ne fallait pas déduire de preuve d’un miracle. (20) Nous marchions dans le désert et la chair de la hanche se fendit. Nous avons alors lu et déposé des herbes. Dès lors, la hanche se referma et retrouva son état initial. Il s’agissait d’un médicament constitué de plantes. (21) Il arrive qu’on la blesse avec une épée ou une lance. On est alors convaincu qu’elle est morte, mais on lui donne des médicaments à base de plantes et elle vit. (22) Il est clair que celui dont parle la Michna mourra au final, car cette plaie le condamne, dès lors qu’elle l’atteint au-dessus du genou, comme l’indique le texte par la suite, mais il n’est pas certain, en revanche, qu’il mourra avant qu’on lui permette de se marier. (23) Chmouel dit : “ Tout vient du vent ” et Rachi explique : “ Les maladies provoquant la mort sont la conséquence du vent qui souffle ”. Puis, précise Chmouel, “ il y a ceux qui sont condamnés à mort par les autorités ” et Rachi explique : “ Ceux-là sont exécutés par l’épée ”. Or, “ eux aussi, s’ils recevaient un médicament, pourraient vivre ”. Puis, à la page 113b, Chmouel précise : “ Nous savons guérir toutes les maladies sauf trois ”. (24) Le roi ‘Hizkya a caché le livre de la guérison. (25) Il cacha le livre des guérisons, parce que la maladie ne recourbait pas le cœur des hommes, dès lors qu’ils étaient aussitôt guéris. (26) Peut-être s’agit-il du commentaire de la Michna, selon lequel : “ le livre des guérisons proposait des traitements qui n’étaient pas autorisés par la Torah, comme dans le service des idoles. En effet, certains connaissent la science des étoiles. Ils en déduisent parfois une forme bénéfique ou maléfique, dans certains domaines. Par la suite, quand les hommes se sont corrompus et utilisaient ces traitements pour se guérir, on supprima ce livre et on le cacha ”. Puis, le Rambam cite l’explication qui est donnée par Rachi et il la réfute. On verra, à ce sujet, le Yagdil Torah, édition de New York, tome 36, à la page 145. (27) Un véritable médicament peut faire disparaître une infirmité définitive. (28) Si un animal est véritablement malade, le médicament n’est d’aucune utilité. Alors que, dans les cas précédemment cités, il a effectivement été efficace. (29) Ce médicament à base de plantes cicatrise, comme l’indique les traités Baba Metsya 107b et ‘Houlin 54a, relatant qu’un tel médicament apporta effectivement la guérison. (30) Cette référence indique que l’animal peut être guéri, alors que le traité Be’horot 38b parle, à ce propos, d’une infirmité définitive. Rabbénou Its’hak considère que tout ce qui ne disparaît pas seul ou bien par un traitement léger est considéré comme une infirmité définitive. De plus, le traitement dont il est ici question est administré au début de la maladie, alors qu’à la fin de celle-ci, on ne peut plus rien faire. (31) Le traité Yebamot, chapitre 8, au paragraphe 2, indique : “ La différence entre celui qui est stérile et celui qui est castré tient à la médecine. Le premier peut guérir, mais non le second ”. (32) Parchat Tétsé, au paragraphe 247, qui explique : “ Quelle différence y a-t-il entre celui qui est stérile et celui qui est castré ? Le premier guérit, mais non le second. Tout cela dépend des médecins ”. (33) S’il y a une blessure, il y aura un épanchement et il est donc disqualifié. S’il est refermé, il est apte de nouveau car il pourra enfanter. Il s’agit donc bien d’une disqualification passagère, qui n’empêche pas de retrouver son état normal. (34) Dans le cas de celui qui blesse un homme castré, incapable d’avoir une relation conjugale. Si, par la suite, l’orifice se referme, cet homme peut réintégrer l’assemblée, car il sera en mesure d’enfanter. (35) Dans le commentaire du traité Yebamot, il dit : “ Selon le Sifri, une castration est définitive ”. (36) La différence entre une blessure sur la verge ou sur les testicules dépend des médecins. La première peut être guérie, mais non la seconde. (37) De fait, le Rabbi introduit la présente par : “ Que Dieu soit béni ”. En revanche, celle de 5688 (1928), la lettre n°1, de même que la lettre suivante, de la veille de Roch Hachana 5689, ne commencent pas par cette formule. On verra, à ce propos, les responsa Tsafnat Paanéa’h, parus à Varsovie, aux chapitres 196 et 197. (38) Le 3 Tichri, on cessa de mentionner le Nom de Dieu dans les actes officiels, après que les autorités grecques aient demandé de ne plus le faire. Puis, les rois asmonéens se renforcèrent et ils les vainquirent. Dès lors, ils rétablirent l’usage de mentionner le Nom de Dieu, y compris dans ces actes. On écrivait alors : “ En telle année des fonctions de Yo’hanan, grand Prêtre du Très-Haut ”. Puis, les Sages en eurent connaissance et ils objectèrent : “ Demain, la dette sera payée et cet acte sera jeté aux immondices ! ”. Par la suite, cet usage fut donc supprimé. (39) Il fut difficile de modifier une pratique que le peuple avait déjà adoptée. (40) Qui reproduit trois lettres de Rabban Gamliel ne commençant pas par : “ Que Dieu soit béni ”. (41) Ecrivez ceci : “ paix à Dieu Qui est grand, paix à la cité de Jérusalem, paix au roi ‘Hizkya ”. (42) Rabbi Eléazar alla, délivra un enseignement dans la maison d’étude, sans préciser qu’il le faisait au nom de Rabbi Yo’hanan. Ce dernier l’apprit et il lui en tint rigueur. Rav Ami et Rav Assi vinrent le voir et ils lui dirent : “ Certes, Rabbi Eléazar, ton disciple, délivre un commentaire, sans fournir aucune précision. Néanmoins, tous savent que son savoir émane de toi ”. (43) Interdit n°181 : “ Si un animal domestique ou une bête sauvage portent un signe qui les rend Taref, d’après l’une des méthodes de déduction, il est interdit de les consommer et celui qui le fait reçoit la flagellation, conformément à une décision de nos Sages ”. (44) Le Rabbi note ensuite son adresse en russe.

Lettre n°7761

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7761, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

dimanche 21 Mena’hem Av 5696(1),

A mon distingué et agréable ami, le grand Rav,

‘Hassid qui craint Dieu, Rav Elyahou(2),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre télégramme concernant notre ami, le Rav M.D. Friedman(3) et je vous joins une lettre du Rabbi Chlita. De fait, je vous écris bien que je ne vous connaisse pas, car j’ai entendu votre éloge et je sais que vous êtes l’un des tous premiers élèves de la Yechiva Loubavitch, l’un des plus importants, que vous êtes attaché au Rabbi Chlita, auquel il est, selon vous, fondamental et agréable de causer de la satisfaction. Je vous précise donc qu’il importe au Rabbi Chlita d’acquérir des livres pour sa bibliothèque. Les ‘Hassidim devraient donc lui en envoyer, c’est-à-dire intervenir auprès des Rabbanim auteurs pour que ceux-ci adressent leurs ouvrages, à titre gracieux, à la bibliothèque du Rabbi Chlita.

Vous causerez une immense satisfaction au Rabbi en lui procurant des livres anciens, publiés en Amérique, quel que soit leur contenu, commentaire, ‘Houmach, Sidour, Haggadah. Seli’hot, supplications, Ma’hzor ou autre. Il peut s’agir aussi d’ouvrages de Hala’ha, d’exégèse et d’analyse. Un vieux calendrier, un ordre des Hochaanot ou bien un compte de l’Omer seront également considérés comme des éléments positifs. Il serait bon que vous fassiez des recherches auprès des libraires se trouvant à New York, que vous vous procuriez leurs adresses et leur catalogue, afin de les faire parvenir au directeur de la bibliothèque du Rabbi Chlita, monsieur H. Libermann. Celui-ci déterminera ce qui manque à la bibliothèque et vous ferez en sorte de vous le procurer. Avec le respect qui convient,

Le secrétaire,

M. S.

Notes

(1) 1936. (2) Le Rav Elyahou Simpson, de Brooklyn. (3) Voir, à son propos, les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 4, lettre n°914.

Lettre n°7762

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7762, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Nissan 5700(1),

A l’attention du distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

sage et avisé, ayant des traits de caractères

favorables, le Rav D.B.(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’espère que, dans l’intervalle qui s’est écoulé depuis le dernier courrier que vous m’avez adressé, vous avez trouvé un moyen de gagner votre vie. Je serais heureux que vous me le confirmiez. Vous me direz également si les membres de votre famille ont pu vous rejoindre et si tout va bien. J’éprouve de la peine en constatant que, dans les courriers que l’on nous adresse, on réduit à leur plus simple expression les nouvelles concernant l’état de santé de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Je m’adresse donc à vous en vous priant instamment de m’écrire de façon détaillée, à ce sujet. Vous me décrirez la situation telle qu’elle est réellement. Je suis persuadé que vous accèderez à ma requête et je n’en dis donc pas plus. D’avance, je vous remercie chaleureusement.

A n’en pas douter, on retranscrit actuellement les causeries de mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans votre ville. Peut-être est-il possible de m’en adresser une copie ici, de même que le texte de ce qu’il a dit, à propos de la bénédiction du Gomel(3), quand vous vous êtes rencontrés au port(4) et la description de ce qui s’est passé pendant la fête de Pessa’h. Je conclus en vous souhaitant tout le bien et dans l’attente de votre réponse sur tout cela, en vous en remerciant par avance,

M. Schneerson,

Notes

(1) 1940. (2) Le Rav Dov Ber ‘Haskind. Voir, à son sujet, les lettres n°687 et 7801. (3) L’action de grâce prononcée par celui qui bénéficie d’un bienfait. (4) Voir, à ce propos les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 5, lettre n°1165 et le Séfer Ha Si’hot été 5700, à la page 1.

Lettre n°7763

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7763, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[26 Adar 5701]

Nice le(1) 25/iii, 1941

D’après mes calculs(2), vous recevrez la présente à proximité de Pessa’h et je vous adresse donc mes meilleurs vœux pour une fête de Pessa’h joyeuse et tranquille, dans tous les sens du terme, pour chacun d’entre vous en particulier. En vous souhaitant la réussite et tout le bonheur, bien à vous,

Mendel,

Notes

(1) En français dans le texte, le reste de la lettre étant en russe. (2) Ce paragraphe a été ajouté par le Rabbi à une lettre de son épouse, la Rabbanit, destinée à ses parents. Voir Yemeï Méle’h, tome 1, à la page 532.

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