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Iguerot Kodesh — lettres 7579 à 7598

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7579

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7579, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[27 Chevat 5721]

Je fais réponse à votre lettre. Il existe un nombre incalculable d’enseignements de nos Sages et même de décisions hala’hiques, concrètement applicables, qui ont été énoncés par nos Sages parce qu’ils ont recherché, avec soin, le bien des femmes juives, en tout ce qui concerne le mariage et la vie de couple. Ils se sont, en particulier, souciés de la femme Agouna(1). Si, malgré cela, il existe une situation dans laquelle la Torah ne permet pas le remariage de cette femme Agouna, il va, bien évidemment, à l’encontre de la logique première d’introduire une réforme en ce sens, selon les conceptions de telle personne.

Car, de deux choses l’une, ou bien cet homme change une décision de la Torah et il considère donc qu’il est supérieur à elle. Dès lors, quelle valeur pourrait avoir une telle Torah ou une Injonction qu’elle émettrait ? Ou encore, l’homme a-t-il conscience de la vérité, sait que la Torah vient du ciel. Dès lors, comment la rationalité limitée des hommes pourrait-elle modifier une décision du Créateur, Qui est infini et sans aucune commune mesure ? Comment pourrait-elle affirmer que telle Loi est justifiée, alors que telle autre ne l’est pas ? C’est dans cette catégorie qu’il faut ranger les propositions qui ont été totalement rejetées par les Grands des générations précédentes. De même, l’association des Rabbanim, ici(2), compte des centaines de Rabbanim qui, avec ardeur, ont consacré la majeure partie de leurs années à la Torah. Or,

ils interdisent une telle pratique(3).

J’espère que, de temps à autre, vous augmentez votre engagement pour la Torah et les Mitsvot, conformément à l’Injonction selon laquelle on s’élève dans le domaine de la sainteté. Et, rien ne résiste à la volonté. Je vous joins un extrait de la causerie du 10 Chevat(4). Il vous intéressera sûrement et vous vous en servirez de la manière qui convient.

Notes

(1) Dont le mari a disparu et qui ne peut donc pas se remarier. (2) Aux Etats-Unis. (3) Ne permettent pas ce remariage. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7567.

Lettre n°7580

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7580, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Chevat, de même qu’à celles qui la précédaient. Vous évoquez le changement des dates de vacances(2). Bien souvent, en pareil cas, une intervention, même si elle porte ses fruits, ne permet que de les réduire(3), ce qui ne veut pas dire que l’on pourra poursuivre les études pendant les périodes habituelles de vacances en les prenant à un autre moment, mais bien que ces études sont purent et simplement supprimées pendant les deux périodes à la fois(4). Néanmoins, le doute subsiste, en la matière et peut-être les conditions sont-elles différentes en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Vous poursuivrez donc ce qui a été fait jusqu’à maintenant et qui doit être maintenu. En revanche, on peut se demander ce qui résultera d’une nouvelle démarche et si elle est justifiée. Bien entendu, cette remarque est valable uniquement si le changement est effectué dans quelques écoles seulement. En revanche, s’il est adopté par toutes les écoles ou, tout au moins, par toutes celles qui sont religieuses, il n’y aura aucun risque.

J’attends de bonnes nouvelles de vos accomplissements communautaires et de vos préoccupations personnelles. Nous approchons du mois d’Adar, dont le point central est la fête de Pourim, lorsque “ ce fut transformé ”. Tous les blocages, les obstacles, les voiles se transforment donc et ils viennent en aide. Aussi m’annoncerez-vous de bonnes nouvelles de ce qui a été dit et de tout, en général, en abondance. J’ai bien reçu vos demandes de bénédictions. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav D.‘Hanzin. Voir, à son sujet, la lettre n°4762. (2) Dans les écoles du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) Les vacances. (4) Les vacances officielles et celles que l’on aurait voulu avoir.

Lettre n°7581

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7581, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Chevat 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Chevat. En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisque vous m’avez transmis cette demande, Dieu fasse que vous me donniez également de bonnes nouvelles, à son sujet.

Je dois, par ailleurs, exprimer ma surprise et mon étonnement, en constatant que, jusqu’à maintenant, l’on n’ait pas encore envisagé de publier, d’une manière effective, vos articles sur le Baal Chem Tov, alors qu’il en était réellement question, il y a déjà quelques semaines. Or, l’acte est essentiel et, en la matière, on observe non seulement l’étude qui est ainsi publiée, mais aussi l’exemple qui est donné. En outre, dans ce cas précis, la logique elle-même établit qu’il doit bien en être ainsi. Il est clair que mon but n’est pas de vous faire de la morale, mais bien de vous encourager pour l’avenir. En effet, l’action concrète pourrait intervenir encore plus tard qu’après-demain. Puisse donc Dieu faire que vous rédigiez tout cela au plus tôt, demain mais pas plus tard.

Nous entrons dans le mois d’Adar, dont le Mazal est fort pour les enfants d’Israël et pour tout ce qui les concerne. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7582

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7582, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Chevat 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat, avec ce qui y était joint Me trouvant, ce jour, veille du Roch ‘Hodech(2) au cours duquel on multiplie sa joie(3), près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’ai mentionné le nom de votre fils, afin qu’il ait une complète guérison. Dieu fasse qu’avec votre épouse, vous l’éduquiez, de même que tous vos enfants, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. J’ai pris connaissance, avec plaisir, de vos actions, mais, conformément à un proverbe(4) de nos maîtres et chefs, dont les dictons sont des commentaires de la Torah : “ si le bien est bien, le meilleur n’est-il pas meilleur ? ”. Je reproduirai également ici les termes du verset : “ On m’a chargé de garder les vignes, mais, ma propre vigne, je ne l’ai pas gardée ”(5), ce qui veut dire que, selon la Torah, il s’agit incontestablement là d’une vigne et qu’elle doit donc être gardée. Pour autant, celle-ci ne peut pas être comparée à la garde de “ ma propre vigne ”.

Il a été maintes fois souligné que toute chose figure, au moins en allusion, dans la partie révélée de la Torah et même dans la Hala’ha, concrètement applicable. C’est également le cas, en l’occurrence. L’importance de la différence(6) peut être déduite de la décision hala’hique selon laquelle “ toutes les préoccupations célestes ne l’équivalent pas ”, ce qui veut dire que toutes les Mitsvot n’atteignent pas une seule parole de la Torah. En revanche, quand il s’agit d’une Mitsva dont on ne peut pas confier l’application à quelqu’un d’autre, c’est-à-dire précisément de “ ma propre vigne ”, non seulement une telle équivalence existe, comme l’affirme le traité Moéd Katan 9a, mais, en outre, on suspend l’étude de la Torah dans le but de mettre en pratique une telle Mitsva, comme le soulignent les commentaires de Rachi et des Tossafot, à cette référence, que vous consulterez.

Il est bien évident que je fais allusion ici à l’enseignement de la ‘Hassidout, à ce qui la concerne, à ses directives et à ses usages. Nous en avons reçu l’Injonction et il est donc certain que nous obtenons tous les moyens nécessaires pour y parvenir, car “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”. Tout ne dépend donc que de la volonté. Vous m’interrogez sur le Rambam et sur son rapport avec la Kabbala(7). Vous consulterez, à ce sujet, le Séfer Ha Si’hot été 5700(8), à la page 41 et dans la note. Vous me posez également une question sur le fait de dire : “ Pardonne-nous ”(9). Je n’ai pas reçu d’instruction, à ce propos, mais il me semble que tout dépend de l’heure à laquelle on prononce cette bénédiction plutôt que de ce qui se passera par la suite. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Concernant le nombre de mots du paragraphe Al Ha Nissim(10), vous verrez le Siddour du Yaabets, selon lequel celui de ‘Hanoukka en compte cent huit, comme dans le rite de l’Admour Hazaken et celui de Pourim, soixante huit. Le Colbo en cite cent vingt quatre ou cent vingt cinq, mais cela dépend des deux avis qui sont rapportés par le Choul’han Arou’h, à la fin du chapitre 682. Vous verrez aussi le Chilteï Ha Guiborim, du Rav Morde’haï, au second chapitre du traité Chabbat, qui dit : “ Le Al Ha Nissim compte cent vingt quatre mots, avec la conclusion : ‘tout comme Tu as fait…’ ”.

Dans l’article qui est joint à votre lettre, vous incluez à la fois les hommes et les femmes, dans l’obligation d’étudier la Torah, sans faire la moindre distinction, pas même en allusion ! Bien plus, vous concluez en citant ce que dit le Rambam, à ce sujet(11) ! Vous consulterez également les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1. S’agissant des Tables de la Loi, l’usage courant veut qu’on les représente avec le sommet arrondi(12). Pour ma part, j’en ai toujours été surpris, car le Talmud établi clairement qu’elles étaient cubiques. On peut aussi l’établir d’après le commentaire que font nos Sages du verset : “ Elles étaient écrites de part en part ”. Leur représentation exacte figure sur la couverture des Conversations avec les jeunes.

Notes

(1) Le Rav C.Rivkin, de Seattle. Voir, à son sujet, la lettre n°7032. (2) A l’occasion du “ petit Yom Kippour ”. (3) Celui d’Adar. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°1544, 3219 et 7238. (5) En l’occurrence, pourquoi ces actions ne sont-elles pas menées dans le cadre de ‘Habad ? Voir, à ce propos, la lettre n°3999. (6) Entre le fait de garder “ ma propre vigne ” ou bien celle d’un autre. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°551. (8) 1940, du précédent Rabbi. (9) Si quelqu’un achève la Amida de la prière de Min’ha après le coucher du soleil et, de ce fait, ne dit pas le Ta’hanoun, doit-il néanmoins battre sa coulpe en récitant, dans cette Amida, la bénédiction Sela’h Lanou : “ Pardonne-nous ”, d’après la coutume ‘Habad qui veut qu’on le fasse uniquement lorsque cette prière est suivie par le Ta’hanoun ? (10) Intercalé dans la prière, à ‘Hanoukka et à Pourim. (11) Comme s’il considérait lui-même que les hommes et les femmes avaient la même obligation, en la matière. (12) Voir, à ce propos, la longue explication des causeries du Chabbat Parchat Tissa 5741 (1981) et de Sim’hat Torah 5742 (1981).

Lettre n°7583

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7583, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Chevat 5721,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la caisse de notre maître, en notre

Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par

notre juste Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 22 Chevat, avec ce qui y était joint. Vous me faites part du désir de renforcer la caisse de notre maître. J’ai bon espoir que cette motivation sera suivie d’effet, d’une manière concrète, car l’acte est essentiel. En outre, le moment est propice pour cela, puisque nous entrons dans le mois d’Adar, dont le point central est la fête de Pourim. L’une de ses Mitsvot essentielles est celle des dons aux pauvres, s’ajoutant à tous les Préceptes que l’on met en pratique à Pourim et, en particulier, à la nécessité de donner à quiconque tend la main, sans examen préalable. Or, précisément en notre génération, au sein de cet exil , dans l’obscurité profonde et intense de la période du talon du Machia’h, on peut constater la force de l’effronterie, comme le commentent longuement nos Sages. Malgré cela, on demande et l’on sollicite les bénédictions de Dieu, on souhaite les obtenir précisément avec bienveillance et largesse. Pour que l’on donne à quiconque tend la main, chacun doit donc, à son tour, en faire de même, comme on l’a indiqué à propos de l’argent qui est distribué à Pourim.

Bien entendu, cela n’est en aucune façon comparable. Le don pratiqué ici-bas n’a rien de commun avec celui que l’on attend de Dieu et le niveau atteint dans ce monde, qui est insignifiant par rapport aux sphères célestes, ne représente pas la situation peu enviable de celui qui, malheureusement, tend la main dans le but de recevoir une aumône d’une autre personne. Pour autant, telle est bien la valeur de l’effronterie, quand elle se manifeste dans sa dimension positive. Comme l’établissent différents textes, un homme a, en effet, le pouvoir de transformer tous les éléments malencontreux, d’en faire spécifiquement du bien. Vous consulterez, à ce sujet, le discours ‘hassidique intitulé : “ Voici les Décrets ”, qui se trouve dans le Likouteï Torah, à la Parchat Be’houkotaï. Et, c’est à ce propos qu’il est dit : “ l’effronterie envers Dieu se révèle efficace ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, en mettant en pratique la Mitsva selon laquelle on multiplie sa joie, une joie véritable et également profonde,

M. Schneerson,

Lettre n°7584

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7584, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Chevat 5721]

Le(1) Torah Or, Parchat Bechala’h, à la page 61d, dit : “ Nos Sages enseignent : Celui qui désire se soumettre au joug de la Royauté céleste fera ses besoins, se lavera les mains, mettra des Tsitsit et des Tefillin ”. L’origine de cette citation(2) est le Péri Ets ‘Haïm et le début du Siddour du Ari Zal. Peut-être est-elle basée sur le Zohar, tome 3, à la page 120b. De fait, l’Admour Hazaken, dans la première édition de son Choul’han Arou’h, chapitre 2, au paragraphe 8, cite effectivement le Talmud, au traité Bera’hot 15a, qui formule la même affirmation, mais sans mentionner les Tsitsit. Néanmoins, il est envisageable qu’il y ait un lien entre les deux formulations, en fonction du fait de porter des Tsitsit, pendant la nuit et de dormir avec un Talith Katan(3). Vous verrez, à ce propos, la décision hala’hique du Tséma’h Tsédek sur le Ora’h ‘Haïm, au chapitre 8, de même que le Baït ‘Hadach et le Pericha, Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 2.

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Ephraïm Eliézer Yalles, de Philadelphie. Elle a été rédigée sur sa propre lettre, datée du 12 Chevat 5721. Voir, à son sujet, la lettre n°7455. (2) Le Rav Yalles s’interrogeait sur cette référence, car cette affirmation est formulée par le traité Bera’hot 14b sans faire mention des Tsitsit. (3) La partie révélée de la Torah ne fait pas obligation de porter des Tsitsit pendant la nuit, alors que son enseignement profond le requiert.

Lettre n°7585

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7585, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Adar 5721,

Brooklyn, New York,

A l’attention des participants au cours de Talmud avec ses

commentaires, enseigné dans la synagogue Adat Yaakov,

de Brooklyn, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et empli d’empressement, le Rav Pin’has Ha Cohen(1) que vous concluez, ces jours-ci, votre étude publique du traité Meguila. Conformément à la coutume juive, qui est partie intégrante de la Torah, sans doute commencerez-vous aussitôt l’étude d’un autre traité. Pour reprendre la formule qui a été élaborée par les premiers Sages, “ qu’il soit Ta Volonté, Eternel notre Dieu, tout comme Tu nous as aidé à conclure… de nous aider à commencer… ”. On peut ajouter à cela la précision apportée par la ‘Hassidout(2) selon laquelle une Injonction de la Torah est aussi une assurance donnée pour le futur(3). Tel est le sens de la phrase : “ chacun la(4) lira en son temps ”, ce qui est à la fois une injonction et une certitude, puisque “ nul ne sera repoussé ”. Il en est donc de même, en l’occurrence. Quand une requête est formulée “ devant Toi ”, elle devient également une promesse “ devant Toi ”, de sorte que, “ tout comme Tu nous as aidés ”, il est absolument certain que “ Tu nous aideras ”.

Et, comme le dit la fin, la conclusion de ce paragraphe, “ Qu’il soit Ta Volonté ”, se réalisera aussi la promesse selon laquelle : “ l’Eternel bénira Son peuple par la paix ”, car celle-ci est bien le réceptacle contenant la bénédiction du Saint béni soit-Il en tout ce qui est nécessaire à un homme et à sa famille.

Dieu fasse que s’accomplissent le début et la fin du traité dont vous concluez l’étude : “ La Meguila est lue à partir du 11 Adar et jusqu’au 15 ”. On sait que ce chiffre fait allusion(5) au Nom Divin Avaya. En effet, les deux dernières lettres de ce Nom sont un Vav et un Hé, qui ont, pour valeur numérique onze. Et, le début de ce Nom, Youd et Hé, a pour valeur numérique quinze, dernière date à laquelle la Meguila est lue. La somme de toutes les dates de lecture de la Meguila, du 11 au 15, est soixante-cinq, valeur numérique du Nom divin Ado-Naï, qui est une manière de lire le Nom Avaya lorsqu’Il est caché(6), c’est-à-dire lorsque la Divinité est occultée par le monde. Tout ceci est clairement lié à la Meguila, dans laquelle le Nom de Dieu n’apparaît pas. Il figure uniquement en allusion, par des initiales ou par les dernières lettres des mots. C’est la raison pour laquelle la Meguila doit être lue et le miracle, diffusé(7). Il en est de même, plus généralement, pour l’étude de la Torah, qui apporte l’élévation au monde, qui définit ce qui est permis, pur, Cacher, afin de mettre en pratique la Volonté de Dieu et Sa Mitsva, qui indique ce qui ne peut pas être consacré à Son service.

Grâce à cette action de l’âme, dans le monde, on peut mettre en évidence le contenu et la finalité véritables de tous les jours de l’année. En effet, il est nécessaire que “ chaque journée ait son contenu spécifique ”(8). Pour cela, l’étude de la Torah est indispensable. En effet, “ Moché instaura, pour le peuple d’Israël, que l’on étudie et que l’on enseigne ce qui concerne chaque jour ”(9). Ainsi, selon les termes de Rachi, à la même référence, “ ils l’accepteront et le mettront en pratique, eux-mêmes et leurs enfants, dans ce monde et dans le monde futur ”. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav P.Kats. Voir, à son sujet, la lettre n°4684. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, à la fin du chapitre 27 et le Torah Or, à la page 86c ”. (3) L’impératif a la même forme grammaticale que le futur. (4) La Meguila. Le Rabbi note, en bas de page : “ Fin du traité Meguila ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chneï Lou’hot Ha Berit, à la Parchat Tetsavé. Voir la fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘La Meguila est lue’, prononcée en 5629 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ comme l'explique le traité Pessa’him 50a ”. (7) Le Rabbi note en bas de page : “ comme l’explique le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, sur le Rambam, lois de la Meguila, chapitre 1, au paragraphe 3 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ comme le précise le Zohar, tome 3, à la page 94b et l’on verra le tome 1, à la page 264b ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est-à-dire, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 429, au paragraphe 4, ‘le miracle qui s’est produit en ce jour-là, les lois qui sont nécessaires pour ce jour-là’ ”.

Lettre n°7586

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7586, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Adar 5721,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Mena’hem Zéev Ha Lévi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 21 Chevat(2). J’espère que vous trouverez les termes qui conviennent pour expliquer l’Injonction

de nos Sages selon laquelle : “ dès le début d’Adar, on multiplie sa joie ”. Ce Précepte de la Torah insuffle également la force de le mettre pleinement en pratique. Il suggère des causes de joie, des sentiments du cœur selon lesquels il y a de quoi se réjouir, d’une manière ressentie. Vous faites également allusion aux élèves de la Yechiva qui se trouvaient ici, pour la réunion ‘hassidique du 10 Chevat et qui demandaient comment procurer de la satisfaction et du plaisir.

Je dois avouer que je n’ai pas imaginé que l’on puisse poser une telle question dans un autre pays, en traversant la frontière, alors que tel est bien le contenu de la Torah et des Mitsvot. Bien plus, la ‘Hassidout explique et clarifie le fait que “ il n’est de bon que la Torah ”. Plus précisément, le bien véritable est “ bon pour les cieux et bons pour les créatures ”, un “ bien qui produit des fruits ”. Les trois éléments(3) à la fois sont donc nécessaires. Et, cette idée peut être précisée d’après l’affirmation selon laquelle : “ la dimension profonde de l’Attribut de découverte intellectuelle est celle d’Atik Yomin(4) ”. De la sorte, le plaisir profond devient lui-même une compréhension profonde, grâce à l’enseignement profond de la Torah. En effet, celui-ci permet de percevoir, y compris par l’intellect de son âme animale, et d’autant qu’il s’agit, en l’occurrence, des plus grands secrets de la Torah. Il est dit, en effet, que le plaisir est l’antithèse de la douleur, sa transformation, précisément en cette génération du talon du Machia’h, en particulier pour ce qui concerne l’action concrète. Et, la soumission procure un plaisir véritable, jusqu’à ce que vienne le temps heureux du plaisir infini, qui ne sera mêlé à rien d’autre, “ le Chabbat et repos pour l’éternité ”.

S’agissant, plus spécifiquement, des élèves de Tom’heï Temimim, ceux-ci doivent, avant tout, respecter scrupuleusement les temps d’étude de la Yechiva. Bien évidemment, il faut le faire sans remettre en cause sa santé physique, car “ avoir un corps en bonne santé fait partie des voies de Dieu ”(5). Par la suite, il reste encore suffisamment de temps libre pour diffuser les sources(6) à l’extérieur, non seulement en l’extérieur qui se trouve au sein de sa propre personnalité, mais aussi à l’extérieur, au sens littéral. Puisse Dieu faire que vous leur expliquiez tout cela et que vous influenciez en ce sens ceux qui vous ont interrogé, ceux qui le feront et même ceux qui auraient dû le faire, mais en ont été empêchés par “ les plaintes des chefs de famille ”(7). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, à la fois de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles, de même qu’en multipliant la joie, comme je l’ai dit,

Notes

(1) Le Rav M.Z. Gringlass, guide spirituel de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°6572. (2) Qui constatait que le Rabbi, lors de la réunion ‘hassidique du 10 Chevat, était empreint d’une grande amertume et qu’à l’issue de cette réunion, plusieurs élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de Montréal s’étaient adressés au destinataire de cette lettre afin de lui demander ce qu’il y avait lieu de faire pour améliorer la situation. (3) Le bon pour les cieux, le bon pour les créatures et le bon qui produit des fruits. (4) La partie profonde de Kéter, la couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes, correspondant au plaisir. (5) Selon les termes du Rambam. (6) De la ‘Hassidout. (7) Réfugiés dans l’immobilisme. Voir, à ce sujet, la lettre n°7536.

Lettre n°7587

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7587, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Adar 5721,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assume une mission

sacrée(1), est empli d’empressement, le Rav Chmouel(2),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29 Chevat. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Je vous remercie beaucoup de m’avoir décrit, au moins brièvement, les conséquences de vos visites(3). Il est clair qu’il n’y a nullement lieu de polémiquer(4). Tout d’abord, il est dommage de perdre du temps, car celui qui est consacré à ces visites est nécessairement limité. Il doit donc être utilisé pour ce qu’il est nécessaire de dire et de faire savoir(5). En outre, on peut vérifier, dans la pratique, qu’en général, il est pratiquement inévitable, quand s’instaure une telle discussion, qu’on souhaite en être le vainqueur, quitte, pour cela, à s’écarter de la conscience de soi-même et même, malheureusement, de celle de Dieu. L’objectif de votre visite n’est donc pas cette polémique. Il faut, bien au contraire, exposer, expliquer clairement vos conceptions, d’une manière agréable et, bien entendu, pacifique. Certes, une telle approche soulève une difficulté. Il faut faire en sorte que ceux qui vous écoutent n’aient pas l’impression que vous refusez la discussion, du fait de la faiblesse de vos positions et de vos conceptions, ne sachant que répondre. Toutefois, vous avez acquis de l’expérience par vos visites en différents endroits. Vous trouverez donc sûrement une formulation qui écartera ce risque. Et, même si la polémique est nécessaire, il convient et il est possible de la réduire à son minimum.

Nous sommes dans le mois d’Adar, à propos duquel il est dit(6) : “ les nations du monde se judaïsèrent ”. Combien plus l’ignorance des Juifs doit-elle disparaître ! Puisse donc Dieu faire que toutes les barrières soient supprimées. De la sorte, “ la vérité germera de la terre ”, elle se développera et elle prendra de l’ampleur. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, dans la joie et dans l’enthousiasme, puisque nous avons été enjoints de multiplier notre joie et qu’un Précepte de la Torah est également une force insufflée pour le mettre en pratique,

Notes

(1) L’enseignement basé sur les valeurs sacrées. (2) Le Rav C.Hefer. Voir, à son sujet, les lettres n°7261, 7609*, 7632* et 7676. (3) Dans les implantations d’Erets Israël, afin d’y diffuser la Torah et les Mitsvot. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7632*. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Je fais allusion à la nécessité de mettre en pratique les Mitsvot, d’une manière effective et concrète ”. (6) Dans la Meguila, à propos de la victoire de Pourim.

Lettre n°7588

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7588, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[3 Adar 5721]

Je fais réponse à votre lettre(1) de l’issue du Chabbat qui bénit le mois d’Adar, dans laquelle vous m’interrogez sur votre activité, dans le proche avenir. Actuellement, vous vous préparez, de manière proche, pour ce qui sera toute votre vie, pendant des décennies(2). Or, on peut vérifier concrètement qu’un jour, un mois, une année supplémentaires, que l’on consacre à cette préparation, permettent, d’une manière largement accrue, de renforcer sa position et de mieux s’installer dans la vie, par la suite. Vous devez donc faire tout ce qui est en votre pouvoir pour poursuivre vos études, l’année prochaine, afin de parfaire votre formation, dans toute la mesure de ce qui convient.

En outre, l’amour des parents pour leurs enfants est un principe acquis et puisse donc Dieu faire que vos parents soient satisfaits de votre décision, qu’ils vous encouragent en ce sens et vous soutiennent, dans la mesure de ce qu’ils peuvent faire. L’ajout et la satisfaction que vous leur procurerez en complétant votre préparation compenseront largement l’aide, la concentration, de même que l’effort auquel ils consentiront, en la matière. Vous vous consacrez sûrement à la diffusion de notre Torah, Torah de vie et de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) A bâtir un foyer juif.

Lettre n°7589

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7589, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Adar 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 27 Chevat et je réponds à vos questions :

A) Vous évoquez votre participation à des organismes adhérents à un certain mouvement, avec lequel le rabbinat a interdit, en son temps, toute collaboration et vous me demandez de quelle manière vous devez considérer cette question. De façon générale, le Rav est le maître de l’endroit et il tranche par la force de son ordination rabbinique, ce qui veut dire qu’il exprime l’avis de la Torah. Il est donc bien clair que celui qui parvient dans un endroit se doit d’honorer sa décision(1), sauf s’il existe, dans cet endroit, plusieurs communautés, chacune ayant son propre Rav, sans qu’un tribunal rabbinique les lie et les unisse. Bien entendu, vous avez le droit et peut-être même le devoir de vous entretenir de cette question avec ces Rabbanim, de vérifier si leur décision s’applique également à la proposition qui vous est faite, ou bien si celle-ci est particulière.

B) Vous me demandez si vous devez vous inscrire aux examens universitaires. Comme votre lettre semble l’indiquer, vous ne me consultez pas sur la poursuite de vos études à l’université, que vous fréquentez de toute façon. Vous faites uniquement référence aux examens. En tout état de cause, il faut se demander ce que sera la réaction du public, en la matière. Cela ne sera-t-il pas interprété comme un blanc-seing accordé à ce qui n’est pas souhaitable(2) ? Il faudra le déterminer en fonction de la situation, sur place. Bien entendu, je souligne que votre question ne porte pas sur ces études proprement dites, car la manière de considérer l’étude des sciences profanes est bien connue. C’est une évidence.

C) On vous propose, malheureusement, l’ablation de toute la chair des gencives. De fait, une telle proposition est surprenante, car cette ablation a pour but de permettre que la chair se forme à nouveau. Or, on ne peut pas être pleinement certain que cela se passera de la manière qui convient. En tout état de cause, vous dites que vous avez recueilli l’avis d’un spécialiste et vous en consulterez donc un autre, qui vous indiquera ce qu’il en pense. En cas de doute, ou même de façon générale, il est préférable de ne rien faire.

J’aimerais avoir des nouvelles bonnes et détaillées de la réunion, à propos de laquelle vous m’écrivez. Et, nos Sages nous ont déjà défini ce qu’est le bien véritable : “ bon pour les cieux, bon pour les créatures ”, “ un bien qui produit des fruits ”(3). Or, l’assurance nous a été donnée que les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur de celui qui les écoute. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

N. B. : Vous avez sûrement pris part à la réunion ‘hassidique de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, le 10 Chevat et vous en avez tiré la motivation qui convient pour toute l’année, puisque telle est la finalité d’une réunion ‘hassidique.

Notes

(1) Et, en l’occurrence, ne pas apporter sa participation à cet organisme. (2) Une autorisation accordée à tous de poursuivre des études universitaires. (3) Voir la lettre n°7586.

Lettre n°7590

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7590, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Adar 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Adar. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Vous m’interrogez sur votre appartement(1). Comme nous l’avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, il convient, en la matière, de tenir compte de l’avis de la femme, qui est la maîtresse de maison, conformément au verset : “ L’honneur de la fille du Roi est à l’intérieur ”(2). Bien entendu, il reste possible de lui expliquer, d’une manière agréable et pacifique, vos conceptions et vos idées, même si celles-ci contredisent les siennes. Peut-être en sera-t-elle convaincue. Mais, si ce n’est pas le cas, il faudra tenir compte de son avis.

B) S’agissant de vos noms, je ne comprends pas pourquoi vous voulez les changer. En effet, vous et votre épouse portez des noms sacrés.

C) Concernant la réussite de votre sainte mission, l’éducation basée sur les valeurs sacrées, l’assurance a été donnée, à ce propos et, plus généralement, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. Votre décision de vous y consacrer avec ardeur et abnégation portera donc ses fruits, ce qui veut dire que vous connaîtrez une réussite accrue, en la matière. A notre époque, en particulier, le domaine de l’éducation est fondamental, particulièrement primordial.

J’espère que vous avez pris part à la réunion ‘hassidique du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, le 10 Chevat. Vous conserverez donc cette motivation tout au long de l’année. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°7523. (2) Se trouvant plus souvent à la maison, elle est plus clairement concernée par son choix.

Lettre n°7591

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7591, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements, le Rav Guedalya(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’interrogez sur l’enseignement de nos Sages qui est rapporté par le Tanya, au nom du Zohar, selon lequel : “ celui qui souffle le fait de toute son intériorité ”(2). Pour l’heure, je n’en ai pas trouvé la référence dans le Zohar ou les Tikouneï Zohar. De même, dans les notes, se trouvant en ma possession, des ‘Hassidim ‘Habad des premières générations, sont citées des références, à ce propos, dans différents ouvrages de la Kabbala, de même que dans le commentaire du Ramban sur ce verset(3), mais non dans le Zohar.

J’espère que vous avez pris part à la réunion ‘hassidique du jour favorable, celui de la Hilloula(4) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël. Puisse Dieu faire que la motivation qui en résulte se poursuive, jusque dans l’action concrète, tout au long de l’année. Avec mes respects et ma bénédiction pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) Le Rav G.Hertz, de Sydney, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°6421. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7558. (3) Béréchit 2, 7. (4) Le 10 Chevat.

Lettre n°7592

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7592, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Adar 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 3 Adar, mois pendant lequel on multiplie sa joie, de même que celles qui l’ont précédée. Vous faites référence à ce qui concerne la Yechiva. Tout comme vous avez pu observer les merveilles de Dieu, de par le passé, lorsque nos maîtres et chefs ont invoqué Sa miséricorde, je suis profondément convaincu qu’il en sera de même à l’avenir. Bien plus, on sait que le commencement est toujours difficile, comme on l’a dit et combien plus en sera-t-il donc ainsi(1), alors que l’on connaît l’élévation dans la sainteté, d’une année sur l’autre.

Puisse(2) Dieu faire que chacun agisse en ce sens, avec une joie véritable. Selon les termes de l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 529, au paragraphe 12, la joie que la Torah ordonne “ n’est pas l’attrait du vin, en pensant que plus l’on en prend, plus l’on accomplit la Mitsva de la joie. Car, l’Injonction que nous avons reçue porte sur la joie du service du Créateur de toute chose ”. Vous consulterez ce texte. Certes, la joie de Pourim est différente, se manifestant “ jusqu’à ne plus savoir ”(3). Il n’en est pas de même, en revanche, pour la joie de la fête, à laquelle cette référence du Choul’han Arou’h fait allusion. Leur point commun est, en revanche, le suivant. Cette joie(4) doit également permettre le service du Créateur, même si elle n’est pas limitée, comme l’explique la ‘Hassidout dans les discours de Pourim.

J’espère que vous vous servirez de votre capacité, dans toute la mesure du possible, pour être attiré par le “ vin de la Torah ”. Différents textes de ‘Hassidout expliquent que cette expression fait allusion aux secrets de la Torah, à sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Comme on l’a dit, celle-ci sera diffusée sans limite. Puisse Dieu faire que vous vous y employiez avec joie et enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) On pourra observer ces merveilles. (2) A partir de ce paragraphe, une même lettre a été adressée à plusieurs personnes. (3) “ faire la différence entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï’ ”. (4) Celle de Pourim.

Lettre n°7593

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7593, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Adar 5721,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Ephraïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Adar. Je vous remercie de m’avoir décrit, au moins brièvement, le “ Chabbat de la ‘Hassidout ” dans votre ville. Je veux être certain que la bonne impression dont vous parlez exercera son effet, conformément à la volonté de nos maîtres et chefs, pour ce qui concerne de telles réunions et fêtes. Outre leur importance intrinsèque, celles-ci doivent avoir un apport effectif pour la Torah et les Mitsvot, conformément à l’affirmation de la Michna selon laquelle “ l’acte est essentiel ”. Bien entendu, mon propos n’est pas de faire un discours. Je veux dire qu’en tant que résident de cet endroit, vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour qu’il en soit effectivement ainsi, c’est-à-dire influencer les autres pour qu’à leur tour, ils influencent d’autres personnes, qu’ils “ soient humides au point d’humecter ”. En effet, l’assurance nous a été donnée que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.

En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Et votre nom le sera également, conformément à ce que vous m’écrivez. Vous me demandez si vous devez vous efforcer de faire venir votre neveu(2), avec sa famille, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Il est évident que cela est judicieux, mais, au préalable, vous devez vérifier que tel est bien leur souhait. En effet, il convient, pour y parvenir, d’intervenir d’une manière légale. Vous devez donc obtenir leur accord. Dans votre entourage, on sait ce qu’il y a lieu de faire en pareil cas, car nombreux sont ceux qui ont mené de telles démarches et qui ont réussi. Il me semble qu’il y a même des administrations chargées de traiter de tels dossiers et connaissant la meilleure façon de formuler la requête. Or, “ nul n’est sage comme celui qui a de l’expérience ”. Vous faites également référence à votre différent. Vous devez, bien évidemment, vous conformer à l’avis de votre avocat, qui connaît non seulement la loi, mais aussi la réaction des juges, laquelle est, bien souvent, déterminante. Puisse Dieu faire qu’on vous donne le bon conseil et que vous m’annonciez de bonnes nouvelles. En effet, nous sommes en Adar et il est nous est enjoint, chaque jour, de multiplier notre joie. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) Monsieur E. Kazari, de ‘Hadéra. (2) Textuellement “ le fils de votre frère ”.

Lettre n°7594

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7594, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Adar 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22/2 et, si vous me communiquez le nom de la mère de chacun de ceux que vous citez, comme le veut l’usage dans la prière, tous seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Je dois, en outre, exprimer une remarque générale sur la formulation de votre lettre. La source des bénédictions et de la réussite est le Créateur du monde, Qui le dirige et il est dit : “ Ne placez pas votre confiance en ceux qui sont généreux, en le fils de l’homme qui ne peut pas sauver ”. Un homme ne peut qu’invoquer la miséricorde divine, se renforcer dans la prière et, simultanément, montrer la voie à celui qui a besoin d’une bénédiction. Comme le disent nos Sages, “ la prière du malade et de celui qui a besoin d’une bénédiction est positive ”. La voie de notre Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement, Torah de vie et enseignement pour la vie, est le comportement qu’il convient d’adopter pour obtenir la bénédiction de Celui Qui donne la Torah, le Créateur du monde Qui le dirige. Bien évidemment, tous doivent appliquer, au quotidien, les enseignements de notre Torah, Torah de vie et la pratique des Mitsvot desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Plus l’on ajoute en ce sens et plus l’on multiplie la bénédiction de l’homme, en tout ce qui lui est nécessaire, de même qu’à sa famille.

De par le passé, on pouvait encore s’interroger sur une telle conception, demander des preuves. A l’heure actuelle, par contre, cela est malheureusement inutile, puisque tous les Juifs se trouvant sur la terre, que Dieu accorde à chacun d’entre eux des années longues, bonnes et agréables, sont des “ tisons sauvés du feu ”, à l’issue des persécutions les plus terribles qui, de manière naturelle, étaient totalement inconcevables. Combien plus en est-il ainsi pour ceux qui se trouvent en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. On sait, en effet, ce qui s’y passa lors de l’attaque du général Rommel qui se trouvait à Alexandrie, en Egypte, avec ses troupes. Bien entendu, mon propos n’est pas de vous faire de la morale. Je considère le futur et, comme je l’ai dit, j’envisage le comportement quotidien. En effet, on peut observer, quand on prend la ferme décision d’adopter un tel comportement, que les difficultés concrètes sont bien moindres que ce que l’on escomptait. Il suffit de ne pas s’affecter des problèmes et des obstacles, qui sont courants, chaque fois que l’on commence un nouveau processus. Ainsi, il est dit que “ tous les débuts sont difficiles ”.

Ce qui vient d’être dit concerne chacun et chacune, mais s’applique, combien plus, à l’éducation des garçons et des filles. Selon une image bien connue, les jeunes sont comparables à des graines, à des pousses d’arbre. Toute amélioration, même légère, qui leur est apportée et, inversement, toute diminution, toute entaille, y compris la plus fine, aura des conséquences, dans de très larges proportions, quand l’arbre sera parvenu à maturité et qu’il portera des fruits. C’est bien évident. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Mon secrétariat ne rédige pas en allemand. C’est la raison pour laquelle la présente est écrite dans la Langue sacrée. Toutefois, vous pouvez continuer à m’écrire en allemand, car je lis cette langue.

Lettre n°7595

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7595, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Adar 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je n’ai pas reçu une lettre de votre part, pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps déjà. Puisse Dieu faire qu’il y ait là le signe que tout va bien, en vos accomplissements communautaires comme en vos préoccupations personnelles. Vous avez sans doute transmis mes salutations collectives, de même que ce dont je me suis entretenu avec vous, concernant votre ville et, plus généralement, vos contrées. Je suis surpris et même peiné que pratiquement rien n’ait été fait pour diffuser les sources(1). Il est clair que cette mission incombe, avant tout, à vous-même et à ceux qui sont comme vous. En effet, vous avez poursuivi vos études, pendant quelques temps, à la Yechiva Tom’heï Temimim, qui a été fondée et qui est dirigée par nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera. Or, les actions et les paroles des Justes sont immuables. En outre, votre ascendance vous vient en aide. Pour quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.

Bien entendu, mon propos n’est pas de vous faire de la morale, mais bien de vous inviter et de vous encourager à cette diffusion et aux actions menées en ce sens, avec toute l’énergie nécessaire. Je suis particulièrement surpris par cette carence en la présente époque, alors que le monde entier et les cercles les plus divers parlent et diffusent au moins quelques notions de ces sources(1), à l’occasion du bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. Dans différents endroits, on continue à le faire, encore maintenant(2). Et, ce sera le cas ici même, par exemple, dans les prochaines semaines, où cette action sera entreprise par des groupes non pratiquants. Combien plus ceux qui possèdent la profondeur de tout cela doivent-ils en faire de même.

Puisse Dieu faire que j’obtienne de bonnes nouvelles de tout cela. Comme le dit la Meguila de Pourim, puisque sa lecture(3) commencera demain(4), “ pour les Juifs, ce fut lumière ”, “ la lumière, c’est la Torah ”. Or, la lumière illumine un endroit qui, au préalable, manquait de clarté. Bien plus l’Admour Hazaken enseigne que le terme Ora, la lumière, a la forme grammaticale de l’action que l’on fait faire aux autres(5). Vous consulterez, à ce propos, la conclusion du Chaareï Ora. Avec mes respects, ma bénédiction pour un joyeux Pourim et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Bien que le bicentenaire soit passé, ayant été célébré en 5720. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ On peut ajouter que telle est la dimension profonde du service de Dieu de l’homme, devant réaliser les termes de l’enseignement suivant : ‘Mon Nom se lit comme il s’écrit’. Car, ce qui est lu est révélé. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, de Noms et non uniquement de Ado-Naï, par Lequel ‘Tu es le Maître (Adon) de toutes tes créatures’, car il faut savoir, en outre, que Dieu est le Créateur, qu’Il a été, qu’Il est et qu’Il sera simultanément, avec toutes les distinctions qui peuvent être faites entre les Noms Avaya, Ado-Naï et Elokim. Je vous joins un extrait d’une lettre qui précise cette idée et qui vous intéressera sûrement ”. Concernant cet extrait de lettre, on verra également la lettre suivante et la lettre n°7585. (4) Le 11 Adar est la première date de lecture de la Meguila qui est citée par la Michna. (5) La lumière doit donc permettre d’éclairer son entourage.

Lettre n°7596

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7596, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5721,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements pour la Torah et pour

ses Mitsvot, ayant de larges connaissances, empli

d’empressement, le Rav ‘Hananya Yom Tov Lipa(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été heureux de vous rencontrer, en plus de recevoir votre lettre de ce dimanche, avec ce qui y était joint. Que soit béni Celui Qui guérit les malades, Celui Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles. Puisse Dieu faire que vous ayez une complète et prompte guérison, jusqu’à recouvrer vos forces, au sens le plus littéral et votre puissance, selon ce qu’indique cette expression, comme l’explique le discours ‘hassidique intitulé Maskil d’Etan l’Ezra’hi(2), de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Bien plus, le mérite de ce qui est public vous vient en aide, vos actions pour le Judaïsme et, avant tout, pour le Mikwé, s’ajoutant à vos livres, aux eaux de la connaissance, puisque “ il n’est d’eau que la Torah ”, dont la pureté est immuable. En effet, ses paroles, y compris par les lèvres des hommes, ne peuvent pas contracter l’impureté(3). Combien plus est-ce le cas pour les propos émanant(4) de l’arbre de la vie, en lesquels il n’y a pas de controverses, liées à l’esprit d’impureté, c’est-à-dire pour la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout.

Il nous a été enjoint de nous réjouir, en chaque jour de ce mois. Puisse donc Dieu faire qu’il en soit ainsi en tout ce qui concerne chacun, à la fois à titre communautaire et personnel, moral et physique. Et, l’on connaît la supériorité(5) de la fête célébrée en ce mois, Pourim, par rapport à ‘Hanoukka. En effet, c’est également le corps physique qui fut sauvé, à Pourim.

Je conclurai en évoquant ce qui est d’actualité(6) en ce 11 du mois, d’après le début et la fin de notre traité, celui de Meguila : “ La Meguila est lue à partir du 11 Adar et jusqu’au 15 ”. On sait que ce chiffre fait allusion(7) au Nom Divin Avaya. En effet, les deux dernières lettres de ce Nom sont un Vav et un Hé, qui ont, pour valeur numérique onze. Et, le début de ce Nom, Youd et Hé, a pour valeur numérique quinze, dernière date à laquelle la Meguila est lue. La somme de toutes les dates de lecture de la Meguila, du 11 au 15, est soixante cinq, valeur numérique du Nom divin Ado-Naï, qui est une manière de lire le Nom Avaya lorsqu’Il est caché(8), c’est-à-dire lorsque la Divinité est occultée par le monde. Tout ceci est clairement lié à la Meguila, dans laquelle le Nom de Dieu n'apparaît pas. Il figure uniquement en allusion, par des initiales ou par les dernières lettres des mots. C’est la raison pour laquelle la Meguila doit être lue et le miracle, diffusé(9). Il en est de même, plus généralement, pour l’étude de la Torah, qui apporte l’élévation au monde, qui définit ce qui est permis, pur, Cacher, afin de mettre en pratique la Volonté de Dieu et Sa Mitsva, qui indique ce qui ne peut pas être consacré à Son service.

Grâce à cette action de l’âme, dans le monde, on peut mettre en évidence le contenu et la finalité véritables de tous les jours de l’année(10). En effet, il est nécessaire que “ chaque journée ait son contenu spécifique ”(11). Pour cela, l’étude de la Torah est indispensable. En effet, “ Moché instaura, pour le peuple d’Israël, que l’on étudie et que l’on enseigne ce qui concerne chaque jour ”(12). Ainsi, selon les termes de Rachi, à la conclusion de ce traité, “ ils l’accepteront et le mettront en pratique, eux-mêmes et leurs enfants, dans ce monde et dans le monde futur ”. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.Y. T. L. Deutsch, Rabbi de Helmets. Voir à son sujet, la lettre n°7518. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Imprimé dans le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, de mon beau-père, le Rabbi ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ En ce sens, elle est précisément comparée au feu, selon le traité Bera’hot 22a, dans lequel on se trempe essentiellement pour purifier les autres, comme l’indique le traité Sanhédrin 39a. Vous devez comprendre ce que je veux dire ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 3, à la page 124b, expliqué dans Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 26 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Levouch, cité par le Toureï Zahav sur le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 670, au paragraphe 3 ”. (6) Voir la lettre n°7585. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chneï Lou’hot Ha Berit, à la Parchat Tetsavé ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Pessa’him 50a ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, sur le Rambam, lois de la Meguila, chapitre 1, au paragraphe 3 ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ L’âme, le monde et l’année sont les trois dimensions définies par le Séfer Yetsira lui-même et l’on consultera, à ce propos, la fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘Et, le mont Sinaï était fumée’, de 5628 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ “ comme le précise le Zohar, tome 3, à la page 94b et l’on verra le tome 1, à la page 264b ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est-à-dire, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 429, au paragraphe 4, ‘le miracle qui s’est produit en ce jour-là, les lois qui sont nécessaires pour ce jour-là’ ”.

Lettre n°7597

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7597, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Adar 5721,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Moché

qui est appelé docteur Munk(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 20 Chevat, de même qu’à celle qui la précédait. Je vous remercie d’avoir pensé à m’écrire à propos des écoles ‘Habad de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. J’espère que vous continuerez à le faire, à l’avenir et je vous en sais gré d’avance. Il est absolument certain qu’à l’avenir, vous continuerez à aider ces institutions, de même que celles qui leur sont rattachées, dans toute la mesure de vos possibilités. Ceci inclut également votre intervention, là où s’étend votre influence, auprès des organismes et des personnes susceptibles de contribuer à leur renforcement et à leur développement. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer longuement l’importance d’une éducation qui est précisément basée sur les valeurs sacrées.

Je vous apporterai maintenant les précisions concernant les points que vous avez abordés :

A) Vous envisagez que, dans les écoles ‘Habad, ce qui est demandé aux élèves soit trop élevé, du point de vue du niveau d’étude comme du standard de comportement. Certains pourraient donc être effrayés par ce joug et, de la sorte, être exposé au danger d’une éducation qui n’est pas souhaitable(2) ou, en tout état de cause, qui l’est moins. Or, tout d’abord, vous dites vous-même que, si l’on réduit les exigences sur le niveau des études, les bons élèves et même les moyens s’en trouveront privés. Et, il y a tout lieu de penser que ce que l’on gagnera sera largement compensé par ce que l’on perdra. Mais, il est encore un autre point, essentiel également. Les écoles ‘Habad ont un caractère qui leur est propre. Leur nom même indique et fait savoir à qui veut l’entendre que l’on y adopte un certain comportement, que l’on y étudie à un certain niveau. Pour une large part et, au moins, pour leurs principes fondamentaux, toutes les écoles ‘Habad du monde entier sont identiques, de ce point de vue. En abaissant les standards et les niveaux dans un endroit, on induira donc des effets similaires dans les autres écoles ‘Habad, non seulement dans le même pays, mais aussi à l’étranger.

Un autre point doit, en outre, être mentionné, selon une remarque que j’ai entendue de mon beau-père, le Rabbi. En effet, il existe une certaine hiérarchie dans la société, constituée par les hommes. Si, à un certain stade, est constatée une descente, il peut en être de même, en cascade, à tous les niveaux suivants. Même si la première chute s’effectue du Saint des Saints vers le Saint, il en résultera automatiquement, par la suite, une descente du Saint vers le profane puis, encore plus bas que cela, du permis vers l’interdit. Mon beau-père, le Rabbi, expliquait, de cette façon, que chacun, à son niveau, doit s’élever dans le domaine de la sainteté et, bien évidemment, ne pas connaître la chute, même si, à l’issue de celle-ci, il domine encore son entourage. Vous comprendrez ce qui en résulte pour ces écoles.

Ce qui vient d’être dit serait vrai même s’il n’y avait pas eu une certaine pratique, qui existe depuis quelques années et qui est donc devenue un fait accompli. Combien plus est-ce le cas, en l’occurrence, puisque l’on constate effectivement une telle pratique. Il n’y a donc nullement lieu d’envisager que l’on abaisse le niveau, d’autant que ceci sera interprété comme une évolution, induisant de nouvelles règles et donc de nouvelles exigences. Bien plus, en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, plusieurs bonnes écoles n’attendent pas de leurs élèves ce que vous mentionnez, dans votre lettre. Il n’y a donc pas à craindre que les candidats qui ne seront pas reçus dans les écoles ‘Habad intègrent nécessairement celles qui sont radicalement différentes, ce qu’à Dieu ne plaise. Ils pourront fréquenter des écoles dont le programme n’intègre pas de telles exigences. J’ai eu, il y a quelques temps, une discussion comme celle-ci et j’ai répondu à celui qui m’interrogez qu’une directive claire, en la matière, peut être découverte dans les propos de nos Sages. Selon leur habitude, ceux-ci énoncent un bref dicton, qui décrit une telle situation avec la plus grande précision. C’est le suivant : “ Rav trouva une brèche et la clôtura ”, ce qui veut dire que Rav découvrit un point que l’on négligeait. En conséquence, il adopta une attitude plus rigoriste, ajouta des barrières et des précautions, en la matière. Or, on pourrait penser que, de la sorte, certains s’éloigneront ou même qu’on les repoussera vers un stade encore plus bas. Pour autant, l’enseignement qui est délivré va à l’encontre de cette position et il commande de leur conseiller l’empressement, l’attitude la plus rigoriste, précisément dans le domaine où la brèche a été constatée. C’est bien évident.

B) S’agissant des explications qui peuvent être données aux adolescents et aux adolescentes à propos du mauvais penchant, de la vie sexuelle et de tout ce qui est lié à cette question, il est difficile d’adopter une position tranchée, en la matière, car, malgré le commentaire que font nos Sages du verset que vous citez dans votre lettre, “ lorsqu’un homme a un souci en son cœur, il en parlera ” aux autres, ce qui s’applique, en l’occurrence, à la jeunesse, les mêmes Sages n’en disent pas moins que : “ l’homme possède un petit membre. Quand il l’affame, il est rassasié. Quand il le rassasie, il est affamé ”. Or, de telles discussions sont, à proprement parler, un moyen de le rassasier, sauf si elles sont conduites par le spécialiste le plus remarquable, qui saura éviter certaines expressions et certains associations d’idées. En fonction de ce que j’ai pu constater en différents endroits, la bonne solution consiste, en concertation avec les professeurs qui se trouvent sur place, à adopter une attitude et une manière de s’adresser à chaque garçon ou à chaque fille. Tout au plus, en regroupera-t-on deux ou trois, dans la mesure où cela est envisageable. Bien entendu, les garçons et les filles seront séparés. En revanche, on évitera la publicité autour de cela, selon la pratique qui existe en différents endroits. Mais, même en pareils cas, de larges précautions restent nécessaires si l’on ne veut pas trébucher, transgresser un Interdit de la Torah ou même des Sages, en suscitant la réflexion à tout cela, comme le dit le Choul’han Arou’h, Even Ha Ezer, chapitre 23, au paragraphe 3. Et, vous consulterez également le chapitre 11 du Tanya.

Je dois exprimer ici ma profonde peine en constatant qu’il y a quelques années, avec l’immigration massive de nos frères, les Sefardim, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, on a “ jugé bon ” de relever l’âge de leur mariage(3), à l’opposé de la pratique qu’ils avaient adoptée dans leurs contrées d’origine. Lorsque cette décision a été prise, on pouvait se demander s’il en résulterait un gain ou une perte. Mais, du fait de nos nombreuses fautes, cet usage a eu des conséquences amères, pendant toutes ces années et, à notre grande douleur, le plus grand dommage en a découlé. Bien entendu, mon propos n’est pas de me plaindre du passé. Néanmoins, de temps à autre, on envisage des dispositions nouvelles, en la matière, on souhaite abaisser cet âge ou bien le relever. En fonction de ce qui vient d’être dit, vous comprendrez ma position tranchée, sur ce sujet et Dieu fasse que les Ashkenazim eux-mêmes s’habituent à se marier dès le plus jeune âge, conformément à l’avis de Rav ‘Hisda, qui est exprimé au traité Kiddouchin 29b.

Nous sommes à la veille de Pourim, lorsque tout “ fut transformé ”. Puisse donc Dieu faire que les éléments qui dérangent et qui sont négatifs se transforment en lumière, en joie, en allégresse et en honneur, au sens littéral et comme on peut le comprendre, d’après l’interprétation suivante de nos maîtres(4) : “ La lumière, c’est la Torah… ”. Avec mes respects et ma bénédiction pour un joyeux Pourim,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7371. (2) En se rendant dans d’autres écoles. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6916. (4) Sur le verset : “ Pour les Juifs, ce fut lumière, joie, allégresse et honneur ”.

Lettre n°7598

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7598, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Adar 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux bons

comportements, responsable communautaire aux multiples

accomplissements, homme de qualité, issu d’une illustre

famille, le Rav Its’hak Meïr Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-après le texte des deux télégrammes que le Rabbi Chlita vous a adressé, le premier à l’issue du Chabbat et le second, ce jour :

A) “ Ayez un joyeux Pourim. J’ai proposé, dans mes écoles, que les garçons et les filles astreints à la pratique des Mitsvot, de même que les plus petits, dans la mesure du possible, s’efforcent de mettre eux-mêmes en pratique l’envoi de mets à des amis et les dons aux pauvres(2). Avec mes respects,

Mena’hem Schneerson, ”

B) “ Je vous remercie et je fais réponse à votre télégramme. En plus de la pratique de ces Mitsvot et de leur valeur pédagogique, il s’agit, en l’occurrence, de donner une expression ici-bas à l’unité de notre peuple éparpillé, de la montrer à Dieu, si l’on peut s’exprimer ainsi et d’affirmer que celle-ci est durable uniquement quand on met en pratique notre religion, qui diffère de celles de toutes les autres nations(3). En outre, on attirera les jeunes et, par leur intermédiaire, leurs parents, afin qu’ils suivent la voie de Morde’haï le Juif, qui rejeta toutes les formes d’idolâtrie. Avec mes respects et ma bénédiction,

Mena’hem Schneerson, ”

Avec mes respects et ma bénédiction pour un joyeux Pourim,

Lettre du secrétariat du Rabbi à propos de cette proposition

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar 5721,

Brooklyn, New York,

A l’attention des Rabbanim, recteurs de Yechiva, éducateurs,

enseignants et parents, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion des jours de Pourim qui approchent, le Rabbi Chlita nous a demandé d’attirer l’attention de tous sur le manque de familiarisation aux Mitsvot que sont les mets envoyés aux amis et les dons aux pauvres, selon ce que l’on constate parmi les enfants et les jeunes juifs. Nombre d’entre eux s’en remettent à l’opinion affirmant qu’ils s’acquittent de ces Mitsvot par l’accomplissement de leurs parents. En outre, il peut arriver également que les parents ne les mettent pas en pratique de la manière qui convient. C’est pour cela qu’avec tout le respect qui leur est dû, il est demandé aux Rabbanim, aux éducateurs et aux parents de rappeler aux enfants dont ils prennent en charge l’éducation et se trouvant sous leur influence les points suivants :

A) En plus de la Mitsva d’écouter la lecture de la Meguila, la nuit de Pourim, puis, de nouveau, le lendemain matin, chaque garçon, à partir de l’âge de treize ans et chaque fille, dès douze ans, ont l’obligation d’accomplir personnellement les Mitsvot des mets envoyés à des amis et des dons aux pauvres, le jour de Pourim.

Remarque : D’un point de vue pédagogique, il est souhaitable d’habituer également les enfants plus jeunes à la pratique de ces Mitsvot.

B) Il est aisé d’accomplir ces Mitsvot. Pour envoyer des mets à ses amis, il suffit de disposer de deux aliments, par exemple d’une pomme et d’un bonbon, ou bien d’une tranche de gâteau et d’un soda ou encore d’un jus de fruit. Et, l’on peut s’acquitter de la Mitsva des dons aux pauvres avec deux cents, que l’on donnera à deux pauvres.

J’ai bon espoir que vous tiendrez compte de tout cela, de la manière qui convient, pour le mérite du plus grand nombre. Avec ma chaleureuse bénédiction pour un Pourim joyeux et plein d’inspiration. Avec mes respects et ma bénédiction,

Le secrétariat du Rabbi Chlita,

Notes

(1) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à son sujet, les lettres n°7054, 7608 et 7654. (2) Les Mitsvot de Pourim. (3) Selon les termes de la Meguila.

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