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Iguerot Kodesh — lettres 7539 à 7558

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7539

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7539, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[10 Tévet 5721]

Vous me dites que la paix doit être améliorée(1). Bien souvent, une telle situation est la conséquence d’une proximité indésirable(2), ce qui veut dire qu’elle n’est pas permise par notre Torah, Torah de vie. En la matière, la Techouva est efficace. Il faut donc regretter le passé et prendre une bonne décision pour l’avenir, un bon comportement en conséquence, d’une manière concrète.

Notes

(1) Vraisemblablement au sein d’un couple. (2) D’un manquement aux lois de la pureté familiale.

Lettre n°7540

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7540, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[14 Tévet 5721]

Selon(1) un récit(2) que nous avons entendu(3) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, le Tséma’h Tsédek, étant enfant, étudia le verset : “ Et, Yaakov vécut dans le pays de l’Egypte pendant dix sept ans ” et son maître lui expliqua, d’après le commentaire du Baal Ha Tourim(4), que “ les meilleures années de Yaakov furent les dix sept qu’il passa en Egypte ”. Rentré chez lui de l’école, il interrogea son grand-père, l’Admour Hazaken : “ Comment est-il possible que notre père Yaakov, élu d’entre les Patriarches, passa les dix sept meilleures années de sa vie en Egypte, abomination de la terre ? ”.

L’Admour Hazaken lui répondit : “ Il est écrit : ‘Il envoya Yehouda devant lui, à Yossef, afin de reconnaître, devant lui, à Gochen’. Et, le Midrash, cité par Rachi, explique : ‘Rabbi Né’hémya précise : pour y instaurer pour lui une maison d’étude, de sorte que la Torah soit présente et que les tribus l’étudient, afin de reconnaître devant lui, à Gochen’. Quand on étudie la Torah(5), on se rapproche de Dieu(6), béni soit-Il. Dès lors, on peut recevoir la vie, même en Egypte ”.

Puisse Dieu faire que chacun, en sa propre Egypte, ait une vie conforme à cette explication de l’Admour Hazaken, que l’on puisse dire, à juste titre, que l’on vit les meilleures années de son existence. Pour cela, il est impératif d’étudier la Torah, son enseignement révélé et la ‘Hassidout. En outre, grande est l’étude qui conduit à l’action, à la pratique des Mitsvot desquelles il est dit : “ On vivra par elles ” une vie digne de ce nom. De plus, on hâtera sa libération de tout ce qui fait obstacle, des barrières et des entraves, ainsi qu’il est dit : “ Pour le sauver des mains de l’Egypte et pour l’élever ”(7).

Notes

(1) Une même lettre fut adressée à plusieurs personnes. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à partir de la page 160, de même que les lettres n°259 et 7552. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Hayom Yom,

à la date du 18 Tévet ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir également le Zohar, tome 1, à la page 216b ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash, cité par le Radak, sur le verset Yochoua 11, 16 et les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 39 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 1, à la page 211a ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Torah Or, à la fin de la Parchat Vaéra ”.

Lettre n°7541

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7541, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 8 Tévet et à celles qui la précédaient. Vous faites état de vos difficultés et de votre travail, à l’heure actuelle, l’éducation basée sur les valeurs sacrées, au sein d’une institution fondée et dirigée par mon beau-père(1), le Rabbi, chef d’Israël. Pour aborder la résolution de tels problèmes, il faut d’abord avoir la conviction qu’ils ont effectivement une solution, ce qui n’apparaît pas entre les lignes de votre lettre. La nécessité en est bien évidente et ceci constitue une bonne part(2), compte tenu de la nature et de l’objectif de cette institution, comme on l’a dit. Bien plus, j’espère que vous vous rappelez de ce dont nous nous sommes entretenus ici, pendant les semaines de votre séjour, en public(3) et personnellement avec vous(4). Bien plus, vous espérez fonder bientôt un foyer juif, ce qui rend encore plus clairement nécessaire une large bénédiction de Dieu. Un tel travail au sein de cette institution est donc le canal et le réceptacle qui permet de l’obtenir, à condition de l’assumer avec dévouement et abnégation.

Pour résoudre vos problèmes, vous prendrez conseil auprès du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, le Rav H.C. Brook(5). Bien entendu, vous pouvez lui dire que vous le consultez sur mon conseil. Plus généralement, votre lettre semble indiquer que vous pensez vous trouver dans l’étroitesse. C’est, du reste, ce que vous m’avez dit, à plusieurs reprises, quand vous étiez ici. Je vous adresse la copie d’une lettre que j’ai envoyée à plusieurs ‘Hassidim et qui vous concerne également. Vous y trouverez une réponse et vous serez tranquillisé. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Vraisemblablement dans une école du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (2) Le fait d’enseigner dans une telle école est un sort enviable. (3) Lors des discours publics. (4) Lors d’une entrevue accordée par le Rabbi au destinataire de cette lettre. (5) Le Rav ‘Haïm Chaoul Brook, directeur de la Yechiva A’heï Temimim de Richon Le Tsion.

Lettre n°7542

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7542, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Zot ‘Hanoukka(1), que je viens de recevoir et je m’empresse d’y répondre, en passant outre à la file d’attente, car j’ai été horrifié en y lisant que vous avez fait part à telle personne de votre conception selon laquelle serait nécessaire une séparation de l’Etat et de la religion(2). Même si une telle affirmation peut être interprétée de différentes façons, au moins difficilement, son sens simple, tout au moins, prône bien une rupture entre le domaine religieux et les différentes administrations. Vous comprendrez que j’en sois horrifié, pour une raison bien évidente. En effet, vous m’excuserez de vous dire qu’à mon avis, une telle opinion va à l’encontre du Ani Maamin(3). Car, un rassemblement de Juifs, quel qu’il soit, dès lors qu’il proclame sa séparation de la foi et qu’il agit en conséquence, va à l’encontre de notre sainte Torah, laquelle est également une Torah de vie, y compris dans ce monde. Aucun Juif, où qu’il se trouve, ne peut se séparer de la religion.

Bien entendu, j’ai appris, par la presse et par des courriers, que certains, parmi ceux qui craignent la Parole de Dieu, s’efforcent d’obtenir une telle séparation, en avançant que, quand des personnes qui n’ont pas adopté les conceptions de la Torah ont leur mot à dire sur la religion, un désastre peut en résulter. Concrètement, une telle affirmation est juste, mais la solution n’est pas d’ajouter une faute à ce manque et de proclamer, face à toutes les nations et devant plusieurs communautés d’Israël, que l’on sépare la religion. La réponse et la réparation, pour que de telles personnes n’aient pas leur mot à dire, peut être déduite, par un raisonnement a fortiori, en observant la médecine physique. En effet, il existe actuellement un ministère, qui est officiellement chargé de ce dossier(4) et qui en assume pleinement le coût. Malgré cela, celui qui dirige ce ministère n’a pas son mot à dire sur les traitements médicaux et les médicaments(5). Combien plus en est-il ainsi pour la guérison et la bonne santé de l’esprit(6). A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Il est bien évident que je n’ai pas été moins horrifié par l’interprétation que vous faites du traité Sanhédrin 98b, selon laquelle “ le nouveau David ”, pour reprendre l’expression que vous utilisez dans votre lettre pour désigner le roi Machia’h, compte tenu de son rôle, de sa mission et de son comportement extérieur, pourrait bien être quelqu’un qui n’est pas religieux ! Le Rambam ne dit-il pas qu’il sera : “ versé dans la Torah et se consacrant aux Mitsvot, comme David son ancêtre ” ? Et, “ il conduira tout Israël à la suivre(7) ”, sera un grand prophète, comparable à Moché notre maître, selon le Midrash Tan’houma, à la Parchat Toledot, qui précise : “ Il sera plus élevé que Moché ”.

Notes

(1) Le dernier jour de la fête. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7515. (3) Des treize articles de foi du Rambam. (4) Un ministère de la santé. (5) Il ne fait que gérer administrativement la santé, sans être lui-même médecin. (6) Que l’on peut rechercher activement sans remettre en cause les voies prônées par la Torah. (7) La voie de la Torah.

Lettre n°7543

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7543, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Acher(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’interrogez(2) sur la date de votre voyage(3), en un moment bon et fructueux. Je ne suis pas satisfait que l’on traverse le méridien du changement de date pendant la période de l’Omer, quand il n’y a pas une nécessité absolue de le faire. En effet, en pareil cas, je considère, d’une manière très claire(4), que l’on doit célébrer Chavouot au cinquantième jour de son propre compte(5), mais non de celui des Juifs qui se trouvent dans l’endroit où l’on parvient. Ceux qui vous verront le faire en seront donc étonnés.

Notes

(1) Le Rav A.Abramson, de Sidney, Australie. Voir, à son sujet, les lettres n°7362 et 7573. (2) Cette interrogation était formulée sur la lettre n°7540. (3) Pour rendre visite au Rabbi, voyageant ainsi de l’Australie vers les Etats-Unis. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°6415 et 7573. (5) De l’Omer.

Lettre n°7544

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7544, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Tévet, que ce jour soit bientôt transformé en allégresse et en joie. Conformément à votre demande, j’y réponds au jour même de sa réception. Votre courrier concerne l’épitaphe de la pierre tombale(2). De manière générale, en pareil cas, il convient, à mon avis, que celle-ci soit semblable à toutes celles qui se trouvent dans le même cimetière. Car, comme l’expliquent différents textes, certains même appartenant à la Hala’ha, ce qui est fait pour l’une des personnes enterrées là concerne également toutes les autres.

A ce propos, il serait bon que tous ceux qui ont connu le Rav B.rédigent un texte, en fonction de ce qu’ils savent de lui. Puisque vous me demandez mon avis, j’ajouterai que, comme je l’ai déjà indiqué à plusieurs personnes(3) m’ayant posé cette question, il serait bon de mentionner, dans ce texte, qu’il était le ‘Hassid d’un Rabbi, en précisant le nom de ce Rabbi. En l’occurrence, on mentionnera les deux(4).

Le conseil que je formule, en la matière, est basé sur ce que j’ai vu, lorsque mon beau-père, le Rabbi, a rédigé l’épitaphe de la pierre tombale de sa mère, la Rabbanit. Il y a mentionné ces Justes, fondements du monde, chaque Rabbi étant cité par son nom. Et, peut-être y a-t-il une allusion à cela, dans la Michna, au chapitre 3 du traité Tamid, qui rapporte la question : “ jusqu’à ‘Hevron ”(5). De fait, le but de la pierre tombale est bien de conférer un mérite à l’âme et d’assurer son élévation. Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, y compris de votre état de santé, au sens le plus littéral,

Notes

(1) Le Rav Y.Landa, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°7484. (2) Du Rav Barou’h Duchman. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°4999 et 7662. (4) Le Rabbi Rachab et le précédent Rabbi. (5) Demandant si le jour s’était levé et si le temps était venu d’offrir le sacrifice perpétuel du matin, le Cohen précisait : “ l’aube est-elle lumineuse jusqu’à ‘Hevron ? ” afin d’associer à ce sacrifice le mérite des Patriarches, enterrés en cet endroit.

Lettre n°7545

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7545, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17(1) Tévet 5721,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, aux multiples

accomplissements et au bon comportement,

Chear Yachouv Ha Cohen(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 13 Tévet, en plus des nouvelles qui m’ont été communiquées par les ‘Hassidim. J’ai été satisfait des salutations que vous m’avez transmises et je vous en remercie.

Vous faites référence au grand Rabbinat de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. J’ai déjà écrit, à ce sujet, au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples connaissances, le Rav C.Y. Zevin(3), afin d’exprimer ma grande peine, face à toutes ces complications. L’humiliation est grande(4). Il m’a répondu qu’il a fait connaître ma position, sur le sujet, selon les trois points dont il a été question lors de votre visite ici(5).

Vous connaissez sûrement l’interprétation ‘hassidique qui est énoncée à propos de l’Egypte et de la sortie de ce pays. En effet, au sein même de la sainteté, il existe des barrières et des obstacles(6). Et, l’on est tenu de considérer que l’on a soi-même été délivré d’Egypte “ chaque jour ”, comme le souligne l’Admour Hazaken, au chapitre 47 du Tanya. Or, ceci est vrai également pour sa propre Egypte. Mais, en outre, il y a ici un autre point. Avant même, la sortie d’Egypte, il convient d’y “ vivre ”(7). Bien plus, on peut même y passer ses meilleures années(8), y accomplir ses actions les plus fructueuses, comme le précise l’explication de l’Admour Hazaken que je vous joins(9).

Je vous remercie de m’avoir adressé les livres auxquels vous faites allusion, à la fin de votre lettre. Sans doute en ferez-vous de même, à l’avenir. Vous transmettrez mes salutations à votre père, le Rav Chlita, qui a sûrement reçu la lettre que je lui ai adressée, il y a quelques temps(10). Avec mes respects et mon estime,

Notes

(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, mot dont la valeur numérique est dix sept. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°7571. (3) Il s’agit de la lettre n°7515. (4) Ces mots paraphrasent un verset de la Meguilat Esther. (5) Qui sont énoncés dans la lettre n°7558, au paragraphe A. (6) Metsarim, de la même étymologie que Mitsraïm, l’Egypte. (7) Allusion au verset : “ Et, Yaakov vécut en Egypte pendant dix sept ans ”. Voir, à ce sujet, la lettre n°7540. (8) Allusion au commentaire du Baal Ha Tourim, sur ce verset, qui précise : “ Ce furent les meilleures années de la vie de Yaakov ”. (9) Et, qui est exposée, par ailleurs, dans la lettre n°7540. (10) Il s’agit de la lettre n°7516.

Lettre n°7546

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7546, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce vendredi, veille du saint Chabbat, dans laquelle vous me parlez du montant qui a été collecté pour la Tsédaka dans votre ville, en relation avec la situation de la sainte institution qui s’y trouve, à la condition que des instructions soient données d’ici sur la répartition de cette somme. Bien évidemment, il convient, dans un premier temps, de considérer ce qu’il doit en être, d’après le Choul’han Arou’h. En l’occurrence, la Hala’ha établit, de la manière la plus précise, que l’on ne modifie pas la destination d’une Tsédaka, surtout quand elle a été collectée auprès d’autres personnes(1), qui l’ont donnée pour une cause précise. En pareil cas, dans la mesure où la répartition n’est pas faite par ceux qui ont personnellement apporté leur contribution, il s’agit non seulement d’un changement de destination, mais aussi, à proprement parler, d’un vol.

Pour autant, l’existence de cette sainte institution est particulièrement nécessaire, pour votre ville et pour votre région. On s’efforce de la faire fonctionner, on le fait avec dévouement, chaleur, lumière et enthousiasme. Il est donc absolument certain que l’on reçoit l’aide et la réussite de Dieu, en la matière, de sorte que, non seulement cette institution sera en mesure de maintenir sa situation actuelle, mais qu’en outre, elle se développera et s’élargira, conformément à l’Injonction de notre sainte Torah, selon laquelle “ on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”.

Puisse Dieu faire que l’exemple et l’action des responsables, en tout ce qui vient d’être dit, élargissent les bénédictions de Dieu, dans tous leurs besoins, de même qu’en ceux de leurs familles, auxquelles Dieu accordera de longs jours et de bonnes années. Il est essentiel que ceci influence un grand nombre de nos frères, les enfants d’Israël, dans votre région. Ceux-ci en feront de même et, à leur tour, ils viendront en aide à cette sainte institution, afin de la renforcer et de l’élargir, comme je l’ai dit, en ajoutant sans cesse, en éclairant toujours plus. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée,

Ce qui vient d’être dit de l’interdiction de modifier la destination d’une Tsédaka s’applique, comme le précisent les Décisionnaires, au passé(2). En revanche, les principaux responsables des deux partis(3) peuvent se concerter pour qu’à l’avenir, le résultat de la collecte soit réparti de la manière qui convient, à la place de la subvention qui a été accordée.

Notes

(1) Quand il ne s’agit pas d’une contribution personnelle, dont on peut soi-même décider la destination. (2) Aux montants déjà collectés. (3) Entre lesquels doit être effectuée cette répartition.

Lettre n°7547

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7547, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1). La Paracha de cette semaine, selon l’explication qu’en donne l’Admour Hazaken(2), qui la reçut lui-même de notre maître, le Baal Chem Tov, dit :

A) Un ange de Dieu se révéla,

B) dans une flamme,

C) au sein du buisson.

En conséquence, qu’il soit la Volonté de Dieu que vous me donniez de bonnes nouvelles des actions auxquelles vous faites allusion. Leur contenu profond est, en effet, l’unification de deux points, d’une part la flamme, ainsi qu’il est dit : “ Sa flamme est une flamme de feu, la flamme de l’Eternel ”(3), correspondant, par exemple, à la prière, qui permet l’élévation du bas vers le haut, selon le même mouvement que le feu, d’autre part le dévoilement ici-bas, comme il est dit : “ il se révéla ”, soit la Torah et les Mitsvot qui sont, globalement, une révélation céleste. Tout ceci s’accomplira “ au sein du buisson ”, c’est-à-dire dans ce monde(4), dans un endroit étroit, celui de l’étroitesse, Tsara, dont on fera une fenêtre, Tsohar(5), grâce à la lumière de la Torah et des Mitsvot. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Une même lettre a été adressée à plusieurs personnes. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Kountrass Bikour Chicago, troisième causerie, que l’on consultera ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra la suite de discours ‘hassidiques intitulé : ‘Les eaux nombreuses’, de 5636, à partir du chapitre 62 ”. (4) Le Rabbi note en bas de page : “ On consultera le Me’hilta, à cette référence, qui dit : ‘Le buisson est plus bas que tous les arbres du monde’. Et, le Tanya, au début du chapitre 36, précise : ‘Ce monde est le plus bas qui soit’ ”.

Lettre n°7548

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7548, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[20 Tévet 5721]

Je fais réponse à votre lettre du 13 Tévet, dans laquelle vous me demandez si, selon mon avis, il est préférable de distribuer cette somme à la Tsédaka ou bien de constituer un fonds, qui recevra un caractère définitif(1). De façon générale, il est plus juste et préférable d’envisager une répartition, qui permettra une utilisation concrète de toute la somme. Conformément aux enseignements de nos Sages, lorsque Dieu accorde le moyen de mettre en pratique une Mitsva, il n’y a pas lieu de la remettre à plus tard, en l’occurrence, en en faisant un capital, dont seuls les intérêts seront distribués.

D’après cet enseignement de nos Sages mentionné ci-dessus, on peut établir également que vous devriez vous-même(2) distribuer une large part, la plus large part de cette somme dès maintenant. Il est clair que sa répartition se fera selon votre volonté. En effet, on ne doit pas déléguer un émissaire pour faire ce que l’on peut accomplir soi-même. En plus de tout cela, le fait de répartir soi-même est une action favorable, qui permet d’avoir de longs jours et de bonnes années.

Il est également de mon devoir et de mon mérite de vous préciser qu’il serait judicieux, plus que bon, qu’une partie de cette somme soit consacrée à la publication d’ouvrages de nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera. Ceci constituera un mérite éternel. Chaque fois que l’on étudiera ces livres, ceux qui ont rendu leur édition possible recevront un mérite et une part de cette étude. Si, en outre, vous inscrivez vos noms juifs et ceux de vos parents sur une feuille, à la fin du livre, celui qui l’étudie en prendra lui-même connaissance. Il arrive que certains ne souhaitent pas préciser leur nom de famille, afin, par exemple, d’écarter le mauvais œil, ce qu’à Dieu ne plaise. En revanche, rien n’empêche de citer les noms dans la Langue sacrée, qui ne permettent pas de préciser de qui il s’agit.

Dieu accorde Sa Providence à chacun et à chacune. Il vous guidera donc, en tout ce qui vient d’être dit, vers le bien concret, le bien véritable. Ainsi, pour de longs jours et de bonnes années, chacun d’entre vous cumulera les accomplissements juifs, la Torah et les Mitsvot, dans la tranquillité, la joie et l’enthousiasme.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°6236 et 5147. (2) Plutôt que de charger quelqu’un de le faire.

Lettre n°7549

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7549, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que le Bar Mitsva s’apprête à lire publiquement toute la Paracha. Vous connaissez l’avis qui a toujours été le mien, à ce propos. En notre génération, on a malheureusement rendu essentiel ce qui est accessoire et vice versa. En l’occurrence, pour se préparer à accepter le joug de la Torah et des Mitsvot, on réduit l’étude des bases et des fondements, des lois dont l’application est quotidienne, pour les remplacer par ce qui, en tout état de cause, n’est pas primordial(1).

Autre point, qui est essentiel également, une telle manière de pratiquer n’a jamais existé. Certes, nos Sages disent que “ quand on parvient dans une ville, on en adopte les usages ”. Pour autant, il existe, dans chaque ville, de nombreux usages(2). C’est bien évident. Bien entendu, il n’y a là qu’une proposition, qu’une remarque, afin que vous reconsidériez tout cela encore une fois, pour vous demander si cette pratique est bien justifiée. Puisse Dieu faire qu’en tout état de cause, la décision que vous prendrez soit pour le bien(3).

Notes

(1) En l’occurrence, le fait de lire la Torah, au jour de sa Bar Mitsva, avec la nécessité de préparer cette lecture qui en résulte. Le temps consacré à cette préparation est nécessairement sur le compte d’autres activités. (2) Que l’on n’adopte pas tous. Dès lors, pourquoi précisément celui-là ? (3) Voir, à la suite de cela, la lettre n°7564.

Lettre n°7550

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7550, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche. En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles.

Vous avancez que j’aurais donné à quelqu’un l’instruction d’étudier la Kabbala. De nos jours, l’oubli est fréquent, mais, de façon générale, je n’ai pas du tout l’habitude de donner de telles directives. Ce que je demande effectivement, en revanche, c’est l’étude de la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout du Baal Chem Tov, la ‘Hassidout générale et par l’enseignement de l’Admour Hazaken, la ‘Hassidout ‘Habad. Tout cela est bien connu et clairement établi. Vous m’interrogez également sur les amulettes. Je n’ai reçu aucune instruction, à ce sujet.

Bien entendu, j’ai été épouvanté par la manifestation de haine. Il s’agit de propos sans contenu et totalement vains, résultant uniquement d’un manque d’organisation en tous les domaines, qui affaiblit la sainteté du corps, réduisant d’autant la joie et l’enthousiasme. Il est donc indispensable que vous ayez enfin une vie organisée et vous savez à quel point mon beau-père, le Rabbi, exigea cela de chacun. Je veux dire, très simplement, qu’il faut mettre en ordre votre alimentation, votre boisson, votre sommeil, de même que votre façon de gagner votre vie. Certes, il est difficile de se changer immédiatement, d’un extrême à l’autre et, de fait, cela n’est pas nécessaire. Il est indispensable, en revanche, que vous vous fixiez cet objectif et que vous commenciez immédiatement à améliorer votre situation, étape par étape. Je suis certain que Dieu vous accordera la réussite, en la matière. S’agissant des étapes qu’il convient de franchir, de manière concrète, vous consulterez vos amis, se trouvant en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Il est dit, en effet, que “ le salut provient des nombreux conseillers ”. Avec ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, dans la tranquillité, la joie et l’enthousiasme,

Lettre n°7551

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7551, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux

multiples accomplissements, le Rav Chmouel Abba(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 16 Tévet, dans laquelle vous me décrivez brièvement la réunion ‘hassidique, au jour lumineux, fête de la libération du 19 Kislev, notre délivrance et liberté de nos âmes, Roch Hachana de l’étude de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Puisse Dieu faire que sa trace soit conservée tout au long de l’année, jusque dans l’existence quotidienne.

Vous faites référence à cette école, dans laquelle on apprendra à la fois les études sacrées et les sciences profanes. De façon générale, la formule à retenir dépend des conditions de l’endroit et des personnes concernées. De fait, on peut, en la matière, distinguer deux situations extrêmes. Dans certains cas, nos maîtres et chefs se sont opposés à cela(2) avec la plus grande énergie. D’autres fois, même s’ils n’ont pas personnellement fondé de telles écoles, ils n’en ont pas moins accordé indirectement leur aide. Bien entendu, cette dernière situation était particulièrement rare. Pour autant, cela est arrivé. En l’occurrence, il vous appartient donc d’analyser la situation locale et de décider, en conséquence, ce qu’il y a lieu de faire. Dieu a donné l’assurance que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. Il fera donc que votre décision soit la bonne, pour le mérite du plus grand nombre.

J’espère que l’on se prépare à la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël(3). Dieu fasse que, jusqu’à cette date et encore par la suite, chacun renforce son engagement dans les domaines pour lesquels celui dont nous célébrons la Hilloula fit don de lui-même, l’idée profonde étant la diffusion des sources(4), jusqu’à ce que celles-ci parviennent à l’extérieur. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos réalisations communautaires et de vos accomplissements personnelles, de même qu’en saluant tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Le Rav C.A. Snieg, de Munich. Voir, à son sujet, la lettre n°7176. (2) A l’étude des sciences profanes. (3) Célébrée le 10 Chevat. (4) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7552

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7552, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5721,

Hilloula de l’Admour Hazaken,

auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h,

dont le mérite nous protégera,

Brooklyn, New York,

Aux participants au dîner annuel du centre des

Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Nous avons reçu de mon beau-père, le Rabbi, le récit suivant(1), délivrant un enseignement(2), à propos de l’Admour Hazaken, dont la Hilloula est célébrée aujourd’hui, alors que la présente est rédigée. Celui-ci délivre une leçon particulière, à l’occasion du dîner annuel du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch.

Quand le Tséma’h Tsédek était un enfant, il étudia le verset : “ Et, Yaakov vécut dans le pays de l’Egypte pendant dix sept ans ”. Son professeur lui en donna l’interprétation suivante(3) : notre père Yaakov vécut, en Egypte, les dix sept meilleures années de sa vie. De retour à la maison, le Tséma’h Tsédek interrogea son grand-père, l’Admour Hazaken : “ Comment est-il possible de dire que les meilleures années de la vie de notre père Yaakov, élu d’entre les Patriarches, furent celles qu’il passa dans l’exil d’Egypte, le plus impur de tous les pays ? ”.

L’Admour Hazaken lui répondit : “ Il est écrit : ‘Il envoya Yehouda devant lui à Yossef, pour reconnaître devant lui, à Gochen’. Le Midrash, cité par le commentaire de Rachi, explique que notre père Yaakov, avant de se rendre en Egypte, y délégua Yehouda afin d’y fonder pour lui une Yechiva, où les tribus pourraient étudier la Torah. Quand on étudie la Torah(4), on se rapproche(5) de Dieu, béni soit-Il et, dès lors, même en Egypte, on peut ‘vivre’ ”(6).

*

*

*

L’enseignement qu’il convient de retenir est le suivant. Quand des Juifs vont s’installer dans un certain endroit, à chaque époque et en tout lieu, ils doivent, avant tout, y fonder un lieu pour étudier la Torah, non seulement pour l’ancienne génération, pour Yaakov, le père, mais aussi, comme on l’a dit, pour les tribus, les enfants, la jeune génération, laquelle doit aussi se consacrer à l’étude de la Torah. Quand on a conscience que c’est là le commencement, le fondement de la vie juive, d’une installation juive, on renforce et l’on développe cette institution de Torah, qui, dès lors, en devient le centre. En pareil cas, on peut avoir la certitude que les années seront les meilleures, même si, extérieurement, on se trouve en exil.

Comme on l’a dit, c’est bien de cette façon que l’on se rapproche de Dieu, Maître du monde, que l’on obtient Ses bénédictions en proportion accrue, en tous ses besoins, non seulement pour celui qui se consacre à cette étude, mais aussi pour celui qui la soutient, de même que pour tous les responsables, rendant cette étude possible et diffusant la Torah et les Mitsvot.

*

*

*

Ce qui vient d’être expliqué a toujours été l’objectif des Yechivot Tom’heï Temimim, au cours de leur longue histoire, de leurs pérégrinations, d’un endroit à l’autre, d’un pays vers le second. Mon beau-père, le Rabbi, dès son arrivée(7) en Amérique, a fondé la Yechiva centrale Tom’heï Temimim Loubavitch et il a jeté les bases d’un large système de Yechivot. Le centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch a apporté et vivifié la Torah et la vie de la Torah, dans ce pays. Ceci doit se poursuivre en proportion accrue, conformément aux exigences permanentes de notre période troublée. En effet, on peut vérifier de plus en plus clairement que seule la lumière de notre Torah, Torah de vie, est en mesure de montrer le chemin de la vie. Quiconque apporte sa contribution à cette sainte entreprise obtient les bénédictions de Dieu, qui lui permettent de faire, de ce moment et de ces années, les meilleures et les plus heureuses de sa vie, matériellement et spirituellement.

J’adresse mes salutations et ma bénédiction aux participants à ce dîner, aux responsables et aux invités, en formulant ma requête et en exprimant mon espoir pour que le dîner annuel apporte les moyens nécessaires pour renforcer et développer le travail du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, dans la proportion la plus large. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°7540. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Hayom Yom, à la date du 18 Tévet ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Baal Ha Tourim. On verra aussi le Zohar, tome 1, à la page 216b ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash, cité par le Radak dans son commentaire du verset Yochoua 11, 16 et les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 39 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 1, à la page 211a ”. (6) Voir les lettres n°7540 et 7545. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la causerie du 9 Adar Chéni 5700, dans le Séfer Ha Si’hot été 5700, à la page 5 ”.

Lettre n°7553

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7553, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yochoua Zéev(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 22 Tévet, un mardi, troisième jour, lorsque deux fois fut dit le mot “ bon ”(2), m’annonçant une bonne nouvelle. Vous serez protégé, de même que chacun des membres de votre famille, par le mérite de votre action et de votre renforcement du Judaïsme et de sa diffusion, en particulier de celle des sources(3), qu’à n’en pas douter, vous développez, de temps à autre, grâce à la force que l’on peut tirer de l’Injonction de notre Torah, Torah de vie, selon laquelle “ on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”. De la sorte, vous recevrez tous de Dieu, des bénédictions accrues, matériellement et spirituellement.

Comme l’indique le début de la Paracha de cette semaine, à propos du verset : “ Et, Mon Nom Avaya ”, “ Ce que Je suis réellement ”, le Nom Avaya et l’Attribut de vérité(4) restent identiques, d’une extrême à l’autre, sans la moindre modification, depuis le point le plus élevé, le sommet de la spiritualité, jusqu’au stade le plus bas, la matérialité la plus grossière.

Votre communauté célébrera sûrement, de la manière qui convient, la Hilloula du 10 Chevat(5), qui approche. Vous m’interrogez aussi sur le fait de recevoir l’expiation. Vous consulterez, à ce propos ce qui figure dans le Talmud, au traité Bera’hot 19a. Je suis surpris que vous ne constatiez pas le changement au sein même du Traité Taanit, entre le commentaire de Rachi sur la Michna et la Guemara. Vous verrez aussi le Chem Ha Guedolim, du ‘Hida, à l’article : “ Rachi ”, qui dit que : A) selon certains, le commentaire sur le traité Taanit n’a pas été rédigé par Rachi. B) il existe plusieurs versions du commentaire de Rachi.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vous concerne, à la fois à titre communautaire et personnel,

Notes

(1) Le Rav Y.Z. Schwartsman, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°7662. (2) Lors de la création. (3) De la ‘Hassidout. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Avaya a été, est et sera d’une manière identique. Concernant la vérité, on consultera le Yerouchalmi, traité Sanhédrin, chapitre 1, au paragraphe 1 ”. (5) Celle du précédent Rabbi.

Lettre n°7554

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7554, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tévet 5721,

Brooklyn, New York,

A monsieur Binyamin Lampert,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 10 ‘Hechvan, de même que les suivantes. Vous me faites part de l’initiative de constituer une compagnie maritime, qui mettrait en service des bateaux reliant la Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, aux Etats-Unis, d’une manière permise par le Choul’han Arou’h(1). A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer à quel point cela constitue un grand mérite. Je suis, bien évidemment, intéressé par un tel projet, de toute mon âme et de tout mon cœur, car c’est un moyen de conférer un mérite au plus grand nombre.

Vous envisagez que l’équipage de ces bateaux soit constitué de non Juifs. Cette éventualité n’est pas du tout réaliste, pour différentes raisons, comme je l’ai expliqué, d’une manière relativement détaillée, dans ma lettre, dont vous trouverez une copie ci-jointe. Bien plus, selon ce raisonnement, il faudrait doubler l’effectif de cet équipage. Autre point, qui est essentiel, il est concrètement inévitable que certains travaux et différentes actions, soient effectués par des Juifs. C’est bien évident. J’ai donc été tranquillisé en observant que, dans votre seconde lettre, vous envisagiez uniquement que le bateau soit immobilisé pendant le Chabbat.

Vous possédez une bonne connaissance du fonctionnement des bateaux. Vous savez donc sûrement qu’après leur accostage, plusieurs travaux sont encore nécessaires, jusqu’à leur immobilisation totale. De même, plusieurs préparatifs sont indispensables avant qu’ils reprennent le large. On doit réchauffer les machines et les mettre en route, ce qui exige un certain délai. Il faut donc arrêter le bateau quelques temps avant l’entrée du Chabbat. De même, il faut fixer d’emblée que le démarrage, à l’issue du Chabbat, ait lieu un moment après la fin de ce jour. Il convient, en outre, d’obtenir l’aide de ceux qui sont intéressés. Or, il existe, à ma connaissance, une entreprise de Juifs orthodoxes qui entretient des relations commerciales avec des compagnies maritimes dans le but d’organiser des voyages et d’expédier des marchandises dans le respect du Chabbat. Il serait bon que vous les contactiez, à l’adresse indiquée ci-dessous. Je leur ai moi-même fait part de votre initiative, de sorte que, si vous leur écrivez, ils ne découvrent pas votre projet(2).

Compte tenu de l’importance de ce projet et de sa nécessité absolue, Dieu fera que vous connaissiez le succès. Le mérite de ce qui est public vous viendra en aide. De fait, il est souhaitable que la situation se précise et se clarifie(3). Et, nous assisterons, très prochainement, à l’accomplissement de la promesse selon laquelle, si les Juifs respectent scrupuleusement un Chabbat, ils seront aussitôt libérés. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Sans transgression du Chabbat. Voir, à ce propos, la lettre n°7040. (2) Mais, en auront déjà eu connaissance, au préalable. (3) Que l’on sache qu’il y a, en la matière, une transgression du Chabbat.

Lettre n°7555

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7555, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de ce vendredi, veille du saint Chabbat Parchat Vaéra, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre installation en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, vos études et aussi le contexte dans lequel vous évoluez, qui est religieux Or, ce qui appartient au domaine du bien et de la sainteté est lié au Saint béni soit-Il, Qui est infini. Il est donc clair qu’un ajout reste toujours possible, ainsi qu’il est dit : “ Celui qui a cent pièces en désire deux cents ”, soit un ajout de cent. En revanche, “ celui qui en possède deux cents en veut quatre cents ”, c’est-à-dire un ajout de deux cents pièces. Tout cela est bien évident. Et, l’assurance nous a été tenu que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”, ce qui veut dire à la fois purifier les autres et se purifier soi-même(1).

Vous me demandez s’il est permis d’enseigner la ‘Hassidout aux jeunes filles(2). Une décision tranchée en ce sens est énoncée dans les lois de l’étude de la Torah. Vous consulterez, par exemple, celles de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1, qui dit : “ Les femmes sont tenues d’apprendre les Hala’hot qui leur sont nécessaires, de les connaître. Ceci inclut toutes les Injonctions qui n’ont pas reçu un temps précis ”. Or, les Injonctions qui ne sont pas du tout limitées dans le temps sont celles qui sont permanentes, auxquelles l’homme est astreint véritablement à chaque instant de sa vie. Ce sont les Mitsvot de croire en Dieu, de croire à Son unité, de L’aimer, de Le craindre, de ne croire à nul autre que Lui, de ne pas se détourner du fait de la pensée de son cœur et de la vision de ses yeux, conformément à une lettre de l’auteur du ‘Hinou’h. Or, comment accomplir sincèrement ces Injonctions, et non uniquement d’une manière superficielle ? Le grand Maître(3) répond à cette question, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du second chapitre : “ Quel est le moyen d’y parvenir ? En méditant… ”. Cette méditation est précisément l’objet de l’étude de la ‘Hassidout. Tout cela est bien évident.

Bien que vous n’en disiez rien, j’ai bon espoir que vous avez rendu visite à Kfar ‘Habad et, plus généralement, aux cercles de ‘Habad, y compris pendant les jours propices, lorsque se tiennent des réunions ‘hassidiques. J’aimerais connaître vos réactions, à la suite de ces visites. Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles à la fois de vos activités communautaires et de ce qui vous concerne personnellement.

N. B. : Vous avez sûrement reçu ma lettre qui vous souhaitait une bonne année.

Notes

(1) Le mot Litaher peut recevoir les deux interprétations. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°2375 et 7412. (3) Le Rambam.

Lettre n°7556

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7556, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Chevat 5721,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à vos lettres, dans lesquelles vous me décrivez votre état d’esprit et les difficultés qui se sont faites jour dans votre classe. De ce fait, vous avez, pour l’heure, abandonné l’enseignement et vous me demandez ce que j’en pense. A mon sens, votre état d’esprit reçoit trois explications :

A) Pour une certaine raison qui, bien évidemment, ne peut être déterminée que sur place, vous êtes très fatiguée par votre travail. Et, un autre élément s’ajoute sans doute à cela, par exemple une fatigue à la maison ou bien une autre activité qui épuise le corps.

B) Il semble que l’on vous ait confié une classe supérieure à ce que vous souhaitiez ou à ce qui est nécessaire quand on commence à enseigner, de manière autonome.

C) Conformément aux explications du saint Tanya, les hommes, pour la plupart, ne sont pas des Justes, ce qui veut dire qu’ils peuvent encore subir les assauts de leur mauvais penchant. Or, l’un des stratagèmes les plus efficaces dont celui-ci se sert, et donc celui qu’il affectionne le plus, consiste à inspirer la tristesse et le découragement à l’homme. Il l’observe donc, afin de déterminer le moment qui sera le plus propice, par exemple quand un homme est fatigué. Il est alors plus aisé de lui suggérer de tels sentiments.

Ce qui vient d’être dit vous permettra de déterminer mon avis, en la matière. Il est bien évident que vous pouvez poursuivre votre enseignement, connaître la réussite et vous élever d’une étape vers l’autre. Néanmoins, il vous faut, au préalable, supprimer les causes qui ont été énumérées ci-dessus, soit, de la dernière à la première et dans l’ordre chronologique :

A) Vous devez prendre la décision de ne pas écouter les avances du mauvais penchant.

B) Vous choisirez, parmi toutes les classes, la plus facile, par sa discipline et également par son niveau d’étude.

C) Vous recommencerez à enseigner seulement après vous être reposé, au sens le plus littéral, afin de ne pas avoir le corps fatigué et las.

La durée de la période nécessaire pour être reposé, de la manière qui convient, n’est pas identique pour tous. Certains se contentent de quelques heures, alors que, pour d’autres, plusieurs jours sont nécessaires. Mais, en tout état de cause, un point est commun à toutes les situations. Il faut observer votre état telle qu’il est réellement, c’est-à-dire comprendre qu’il ne présente aucun caractère exceptionnel, qu’il constitue uniquement un fait courant, mais qu’en l’occurrence, plusieurs causes sont intervenues conjointement. C’est pour cela que le résultat est gonflé, par rapport à ce que l’on constate d’ordinaire. Or, ces causes sont bien indépendantes l’une de l’autre et chacune d’elles, considérée par elle-même, n’est ni difficile, ni importante. Il est donc relativement aisé de toutes les supprimer.

Un homme n’est pas objectif, pour ce qui le concerne. Il n’est donc pas toujours en mesure d’évaluer ses forces, ni les éléments qui sont extérieurs à lui et l’influence que ceux-ci exercent sur lui. Il serait donc bon de consulter vos amis, qui connaissent tout cela et, bien évidemment, de s’adresser, avant tout, au directeur de l’école, le Rav Silberstrom. Dieu accorde Sa Providence à chacun et à chacune. A maintes reprises, de par le passé, et même dernièrement, vous avez pu observer Son bienfait et Sa bonté, un bien visible et tangible. Il est donc certain qu’il vous guidera vers ce qui est bon pour vous, à condition que vous renforciez votre confiance en le Créateur du monde, Qui le dirige. De la sorte, vous connaîtrez le calme, la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7557

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7557, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la fin Tévet. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. Tout comme vous m’avez transmis cette requête, Dieu fasse que vous m’en donniez également de bonnes nouvelles.

Vous évoquez les progrès de la médecine, aux Etats-Unis. De façon générale, les médecins se trouvant ici et ceux de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, travaillent en étroite collaboration. Les uns savent ce que font les autres. Toutefois, il est parfois bon d’interroger spécifiquement le médecin que l’on consulte sur les progrès qui sont faits en dehors d’Erets Israël et surtout aux Etats-Unis, conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ Ce qui n’incombe pas à l’homme… ”(1).

Vous envisagez un déménagement à Tel Aviv. Il ne me semble pas que ce soit une bonne initiative, au moins pour l’heure. Vous me dites que votre appartement vous évoque des souvenirs(2). Néanmoins, il est possible d’en changer le mobilier, ou bien la répartition des pièces. En outre, il serait judicieux, dans la mesure du possible, qu’il y ait, de temps à autre, un cours de Torah dans votre appartement, au moins réunissant quelques personnes. Celui-ci portera sur la partie révélée de la Torah ou bien sur sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Il peut aussi porter sur les deux à la fois. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

Notes

(1) Celui-ci n’y pense pas. En l’occurrence, le médecin ne pensera peut-être pas à un nouveau traitement, s’il n’est pas spécifiquement interrogé, à ce sujet. (2) Désagréables, du fait d’un événement malencontreux qui s’y est passé, d’où le désir de déménager.

Lettre n°7558

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7558, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5721,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, homme généreux,

aux multiples connaissances, le Rav C.Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, qui m’inquiétait déjà et qui, selon votre courrier, s’explique uniquement par des raisons accessoires, j’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Chevat et je répondrai aux différents points dans l’ordre :

A) S’agissant du grand Rabbinat(2), il n’est pas du tout établi que cela soit repoussé de plusieurs mois, puisque, discrètement, les négociations se poursuivent et les parties les plus importantes, qui sont impliquées dans cette affaire, formulent encore des propositions de type commerciale, comme : “ garde-moi ceci et je te garderai cela ”. Et, qui sait ce qu’il adviendra, quels rebondissements on constatera qui modifieront ces négociations ? Un autre point est important également, pour lequel j’ai clairement exprimé ma position à plusieurs ‘Hassidim. Certains, à ma surprise, sont encore dans le doute, en la matière, peut-être parce que telles sont leurs propres conceptions, mais ils trouvent le moyen de faire dépendre leur avis du mien, qui peut être à l’opposé du leur. Vous devriez donc publier un extrait de ma lettre(3), énonçant concrètement les trois points suivants :

1. Il est dommageable de retarder ces élections.

2. Pour qu’elles aient lieu, il doit y avoir des électeurs. Or, pour les Ashkénazim, il n’y a qu’un seul candidat.

3. S’agissant des Sefardim, il est une humiliation de la Torah et du Rabbinat de démettre un Rav de ses fonctions.

Une telle publication pourrait faire échec à la tentative de faire dépendre de moi des “ cruches vides ” et peut-être même cela aurait-il une influence sur le déroulement des événements.

B) Vous faites référence au Rabbinat de la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Je ne connais pas les candidats que vous citez. En tout état de cause, je suis de votre avis pour ce qui concerne votre propre candidature. Cela n’est en aucune façon votre affaire.

C) S’agissant de votre commentaire du Tana’h(4), vous faites référence à l’interprétation scientifique d’un certain professeur sur laquelle j’aurais exprimé mon avis. Je suis particulièrement surpris par cette rumeur. Il me semble que j’entends parler pour la première fois de ce travail, même si : “ ce qui n’incombe pas à l’homme… ”(5). Toutefois, si j’en juge par les quelques points figurant dans votre lettre, celle-ci n’est pas du tout adaptée, puisqu’il s’agit, en l’occurrence, de rédiger un commentaire traditionnel du Tana’h. Certes, j’ai parlé d’une compilation de plusieurs versions et de différentes éditions, mais j’ai aussitôt expliqué ce que je voulais dire. Je faisais référence, par exemple, à l’édition du professeur Kitel, qui présentent en marge, plusieurs versions, à la fois imprimées et manuscrites. Bien entendu, je ne faisais nullement référence à une analyse critique des versets, ce qu’à Dieu ne plaise.

D) Vous m’interrogez sur ce que je disais, dans ma lettre, à propos du commentaire du Metsoudat Tsion et du Metsoudat David(6). Je me basais sur le fait que ces commentaires sont maintes fois cités par la ‘Hassidout. En outre, peut-on négliger la constatation selon laquelle ils soient enseignés dans le ‘Héder traditionnel, en lequel des générations d’enfants ont étudié la Torah et grâce auquel ils ont pu, par la suite, vivre leur vie en conformité avec cette Torah et avec la Tradition ?

E) Vous me demandez pourquoi on ne pourrait rédiger des commentaires nouveaux, d’autant qu’on rapporte une telle pratique au nom de Rachi, comme le précise son petit-fils, le Rachbam. La différence est très simple, selon une précision de l’Admour Hazaken, cité par le Rabbi Rachab dans la séquence de discours ‘hassidiques de 5672(7), dans la partie qui n’a pas été éditée(8) : “ Tous les commentateurs, jusqu’au Toureï Zahav et au Sifteï Cohen compris, ont rédigé leurs ouvrages avec l’inspiration divine ”, comme le rapporte le Hayom Yom, à la date du 6 Chevat. De fait, j’ai trouvé, par la suite, que la même explication était énoncée par le Chéérit Israël, dans son commentaire de Soukkot, du Maharid de Vilendik, qui la rapporte au nom du Ribach, lequel, vraisemblablement, n’est autre que le Baal Chem Tov.

F) Il convient de formuler également une autre remarque. Il faut, bien au contraire, s’étonner que l’on ne veuille pas se contenter des commentaires précédents(9), au moins dans le but d’établir le sens simple du verset, ce qui permet d’étudier le Tana’h et de bien le comprendre. Même si l’on veut mentionner les récentes découvertes, on peut le faire en marge et il n’est nul besoin de rédiger un nouveau commentaire pour cela. De fait, si l’on considère la situation, à notre époque, il est surprenant que la demande de retour aux sources émane précisément de la jeune génération. Néanmoins, ceux qui, dans leur jeunesse, ont dû lutter contre les tenants de la Haskala(10), ont encore l’impression que les jeunes souhaitent, eux aussi, une telle lutte. Ils emploient donc des stratagèmes et des armes qui n’ont nullement lieu d’être. Or, le traité Chabbat 63a dit, à propos des armes matérielles : “ Si elles ne sont pas utiles, elles ne sont pas belles ”. Quand aux armes morales, elles sont, en outre, nuisibles(11). Et, la littérature permet de le vérifier concrètement. Selon la nouvelle terminologie, celle-ci est qualifiée d’apologétique et l’on en souffre jusqu’à ce jour. On peut ranger dans cette catégorie le commentaire Or Ha ‘Haïm, de l’auteur du Tiféret Israël, les livres du Rav Hirsch et d’autres encore. De fait, il y a de nombreuses générations, il y avait déjà le commentaire de Philon d’Alexandrie, qui s’appelait Yedidya. Tous avaient une bonne intention, ils ont voulu adapter, enjoliver. Mais, le résultat est sans rapport avec la réalité, avec la vérité. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Le Tanya, au début du second chapitre et dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 15, de même que d’autres textes citent, au nom du Zohar(12), le fait que : “ celui qui souffle le fait de toute son intériorité ”. Il me semble que cette citation n’apparaît pas dans la version du Zohar ou des Tikouneï Zohar qui est en notre possession. On la trouve, en revanche, dans les livres des premiers Sages(13). Vous vous préparez sûrement au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, qui sera le 10 Chevat, de la manière qui est décrite dans la lettre de celui dont nous célébrons la Hilloula(14), à propos de celle de son père, le Rabbi Rachab. Puisse Dieu faire que les préparatifs et les actions de ce jour propice connaissent la réussite. Leur effet se prolongera tout au long de l’année, dans la tranquillité, la joie et l’enthousiasme. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°7476. (2) Et, des élections devant avoir lieu pour choisir les deux grands Rabbins d’Israël. Voir, à ce sujet, la lettre n°7474. (3) Il s’agit de la lettre n°7515. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7488. (5) Celui-ci n’y pense pas. Voir la lettre précédente. (6) Sur l’importance de ces commentaires. (7) 1912. (8) Actuellement dans le tome 3 du Séfer Ha Maamarim 5672, à la page 1385. (9) Et, que l’on cherche à en introduire de nouveaux. (10) Du siècle des lumières. (11) Si elles ne sont pas utiles. (12) Voir, à ce sujet, la lettre n°7591. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ On trouve cette citation, faite au nom de nos Sages, en particulier dans le Emek Ha Méle’h, à la page 127c, qui dit : ‘Il insuffla dans ses narines une âme de vie : nos Sages disent que celui qui souffle le fait par l’essence de lui-même’. Vous verrez aussi l’introduction du Chéfa Tal, qui dit : ‘Il insuffla : on sait que quiconque souffle le fait par l’essence de lui-même’. Vous consulterez, en outre, le commentaire du Ramban sur le verset Béréchit 2, 7, celui du Be’hayé sur le verset Yethro 20, 7. Certains disent que cette citation figure également dans le Séfer Ha Kané, mais je n’en dispose pas ”. (14) Voir les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 1, lettre n°72 et tome 2, lettre n°432.

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