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Iguerot Kodesh — lettres 7519 à 7538

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7519

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7519, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Kislev 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre du 20 Kislev, dans laquelle vous me rapportez ce que vous avez observé dans telle Yechiva, une attitude qui, selon vous, n’est pas souhaitable et ne convient pas. Il est bien clair qu’en la matière, vous devez vous adresser à la direction de cette Yechiva et vérifier tout cela. Car, si, pour une personne, à titre individuel, notre sainte Torah demande qu’on lui accorde les circonstances atténuantes, combien plus doit-il en être ainsi quand il s’agit d’une Yechiva, dans laquelle on étudie la Torah de Dieu.

B) Vous m’interrogez sur les conceptions de la ‘Hassidout et sur ses voies. Toutes ces explications ont déjà été énoncées dans différents textes. En outre, et ceci est essentiel, l’étude de cet enseignement est, à notre époque, une nécessité. Bien plus, une lacune, en la matière, fait obstacle à la délivrance, ce qu’à Dieu ne plaise, comme l’expliquent à la fois l’Admour Hazaken et le Gaon de Vilna(1). Et, ceci est basé sur l’affirmation de Moché lui-même, le Berger fidèle, comme le rapportent le Zohar et les Tikouneï Zohar. Tour cela est bien évident.

C) S’agissant de la rigueur que vous devez introduire en votre comportement, vous consulterez un Rav, tranchant la Hala’ha, qui vous indiquera ce qui est interdit et ce qui est permis. Dans cette dernière catégorie, il peut y avoir des actes repoussants, bien que permis et, de fait, ceux-ci sont également interdits par la Torah, comme le souligne le commentaire du Ramban sur la Torah, au début de la Parchat Kedochim(2), affirmant que l’on peut être “ un dévoyé avec l’autorisation de la Torah ”. Bien plus, d’après les Sages qui recensent les Mitsvot, “ Sanctifie-toi en ce qui t’est permis ” est bien un Précepte de la Torah.

Plus généralement, cessez donc de rechercher des questions, des objections, des interrogations ! Quiconque marche droit, sur la voie de la droiture, celle de la Torah, sans rechercher la calomnie, ce qu’à Dieu ne plaise, connaît la réussite dans l’étude de la Torah, dans la pratique des Mitsvot et, plus globalement, en tout ce qui le concerne. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°5786. (2) Qui demande de se sanctifier en ce qui est permis.

Lettre n°7520

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7520, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Kislev 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous envisagez de vous rendre en Terre Sainte afin de vous y installer ou, tout au moins, vous pensez que votre épouse pourrait le faire. Or, il me semble que nous avions déjà eu un échange, à propos de ce qui suit, lors de notre rencontre. En effet, la situation actuelle aux Etats-Unis, en particulier parmi les jeunes, révèle une motivation significative pour le Judaïsme, la Torah et les Mitsvot. Néanmoins, on manque des cadres, de personnes qui les inciteront, qui les encourageront et qui leur montreront le chemin. Il est donc bien évident que quiconque a reçu de la divine Providence les capacités nécessaires pour agir en ce sens reçoit l’obligation la plus sacrée et le mérite de s’y employer, avec toute l’ardeur nécessaire. De fait, vous avez pu observer votre réussite, dans ce domaine et, à n’en pas douter, votre action sera encore fructueuse à l’avenir, surtout si vous raffermissez votre détermination, par rapport à vos actions passées, sans la moindre crainte d’avoir une activité trop intense. Car, à mon grand regret, c’est bien ce risque, injustifié, qui vous empêche d’agir et qui vous fait obstacle.

En fonction de ce qui est dit, vous comprendrez ma position. Non seulement il est exclu que vous déménagiez en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, mais, en outre, cela n’est pas bon et pas justifié pour votre épouse non plus, tout d’abord parce qu’à n’en pas douter, une telle situation gênera votre travail et aussi parce que l’influence exercée par votre épouse, là où elle peut se manifester, disparaîtrait ainsi. En effet, notre Torah, Torah de vie, affirme que : “ les pauvres de ta ville ont la préséance ”. Il faut donc diffuser le Judaïsme traditionnel dans “ ta ville ”, même si, bien entendu, il existe des possibilités d’action également en Terre Sainte. J’ajouterai un point essentiel. Ma conception, en la matière, selon laquelle vous devez tous deux poursuivre vos actions ici, est basée et fondée sur l’idée et l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, dans des cas similaires, y compris lorsque l’action menée était moins importante que la vôtre.

A cette occasion, puisque tout est effet de la divine Providence, je dois vous souligner, et vous m’en excuserez, ce qui est la suite logique de toutes ces remarques. J’ai bon espoir, en effet, que vous redoublerez d’exigence afin de raffermir et de développer le comportement basé sur la crainte de Dieu de “ Young Israel ”. Comme j’ai pu le vérifier lors de ma rencontre avec les responsables des différents départements et du centre, la présente période est propice pour souligner tout cela. Non seulement ces propos seront acceptés, mais, en plus, on vous en remerciera et l’on vous louera pour avoir conduit à une telle prise de conscience. Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour un joyeux ‘Hanouka,

Lettre n°7521

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7521, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Kislev 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce lundi, dans laquelle vous me dites que vous voulez connaître la ‘Hassidout ‘Habad et, ce qui n’est pas moins important, ses directives et ses usages, jusque dans la vie quotidienne, puisque, selon la décision de la Michna, “ l’acte est essentiel ”. Il serait bon, dans un premier temps, de vous familiariser au contenu des Likouteï Dibbourim, qui sont un recueil de causeries prononcées, à différentes occasions, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous pourrez y découvrir la ‘Hassidout et la vie des ‘Hassidim, basée sur l’enseignement et les directives de la ‘Hassidout.

Néanmoins, une lecture des livres ne peut être comparée à un contact direct, comme le souligne l’Admour Hazaken, dans son introduction du Tanya. Il serait donc judicieux que vous fassiez la connaissance des jeunes ‘Hassidim de Loubavitch résidant à Boston et que vous vous entreteniez avec eux. Sans doute en connaissez-vous quelques uns. Par leur intermédiaire, vous pourrez également vous rapprocher des autres.

Puisse Dieu faire que vous mettiez en pratique cette bonne décision, telle que vous me l’avez annoncée dans votre lettre. Comme pour tout ce qui concerne le Judaïsme, la Torah et les Mitsvot, vous le ferez avec joie et avec enthousiasme, ce qui sera également le canal et le réceptacle permettant d’obtenir les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins, pour vous-même et pour votre famille. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de ce dont nous nous sommes entretenus, lors de notre discussion et pour un joyeux ‘Hanouka,

Lettre n°7522

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7522, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Jours de ‘Hanouka 5721]

On connaît les propos de l’Admour Haémtsahi(1), soulignant la qualité des commerçants, par rapport à ceux qui se consacrent à l’étude. Ceux-ci peuvent, en effet, observer concrètement la Divinité, la Providence(2). A l’époque, tous ceux qui avaient l’étude pour seule activité n’observaient pas tous aussi clairement la Providence de Dieu. Il n’en est pas de même, en revanche, en notre génération, celle du talon du Machia’h, la dernière de cet exil obscur et sombre, mais aussi celle de la révélation des sources(3), celles des Paroles du Dieu de vie, l’enseignement du Baal Chem Tov, la ‘Hassidout générale et, par la suite, la ‘Hassidout ‘Habad.

Selon l’expression du Zohar(4), se sont désormais ouvertes “ les portes de la Sagesse supérieure et les voies de la sagesse inférieure ”. En effet, “ à proximité de la période du Machia’h, il pourra arriver que les enfants du monde découvrent de profonds secrets de la Torah ”. Dès lors, ceux qui se consacrent à l’étude de la Torah peuvent, à leur tour, observer la divine Providence, véritablement par leurs yeux de chair.

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, on distingue et l’on observe la Providence uniquement dans les domaines du bien visible et tangible. Ceci inclut, bien évidemment, la réussite en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, qui seront pénétrées et illuminées par la clarté et la vitalité de la ‘Hassidout, pour vous-mêmes et pour tous vos amis, les enfants d’Israël.

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Fin du Kountrass Torat Ha ‘Hassidout ”. (2) Dans le succès de leurs activités commerciales. (3) De la ‘Hassidout. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Parchat Vayéra, ‘Il se révéla à Lui’, aux pages 117a et 118a ”.

Lettre n°7523

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7523, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Kislev 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la veille des jours de ‘Hanouka et je commencerai par évoquer ce qui est dit au début de votre lettre. Je vous remercie pour ce que vous m’écrivez à propos de la réunion ‘hassidique du jour de la bonne nouvelle, la date propice du 19 Kislev, à Kfar ‘Habad, fondé et dirigé par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ce que vous m’avez écrit m’a procuré satisfaction et plaisir. J’espère, je prie pour que l’impression que vous garderez de cette réunion soit conforme à son objectif, ce qui veut dire qu’elle exercera un effet pour ce qui concerne le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot, jusque dans l’existence quotidienne, tout au long de l’année.

Vous me faites part des avis divergents émis par les médecins, à propos du traitement qui convient à votre épouse. Vous savez que, quand on est dans le doute concernant une intervention chirurgicale, il est préférable de s’abstenir. Celui qui guérit toute chair et accomplit des miracles la guérira donc. Il la renforcera de la manière qui convient et Il exaucera le souhait de vos cœurs(1). Vous faites également allusion à une nouvelle maison. Il est clair que cela est bon et judicieux. En effet, conformément à la coutume et au dicton d’Israël, partie intégrante de la Torah, “ celui qui change d’endroit change de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction ”. Bien plus, nos Sages affirment clairement qu’il en est ainsi. Néanmoins, votre épouse doit accepter le principe de ce déménagement(2) de son plein gré et sans subir la moindre pression. C’est à cette condition qu’il sera positif. Il ne faut donc pas exercer de pression sur elle. Bien au contraire, vous lui expliquerez tout cela, une première fois, puis une seconde.

En un moment propice, on mentionnera votre nom et tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, de même que, bien évidemment, du renforcement du Judaïsme, de sa diffusion et, en particulier, de l’objectif profond, la diffusion des sources(3) jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour un joyeux ‘Hanouka,

Notes

(1) Vraisemblablement celui d’avoir un enfant. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°7015 et 7590. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7524

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7524, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Kislev 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce lundi, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qui s’est passé, de même que votre situation actuelle. J’ai lu, avec un plaisir particulier, dans votre lettre, que vous n’êtes nullement satisfait de ce que vous avez obtenu jusqu’à maintenant, en tout ce qui concerne le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot. En effet, vous souhaitez ajouter, vous élever dans le domaine de la sainteté. Et, à n’en pas douter, vous faites en sorte que cette bonne volonté soit suivie d’un effet concret. Or, nos Sages nous enseignent que, lorsqu’un tel désir suscite un effort, il est certain qu’il permettra d’obtenir un résultat.

Puisse Dieu faire que vous adoptiez cette attitude et que vous connaissiez la réussite, au-delà de ce que vous escomptez. Il est sûrement inutile de vous souligner que l’une des Mitsvot essentielles est : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, que celle-ci est, en outre, “ un grand principe de la Torah ”. Je veux dire que vous devez influencer vos amis et, plus généralement, votre entourage, afin que tous se mobilisent et adoptent le même comportement, en connaissant l’élévation dans le domaine de la sainteté. Vous-même, eux et tous les autres savez sûrement ce que dit le Sage : “ Rien ne résiste à la détermination ”.

Vous me dites que vous n’étudiez que peu de ‘Hassidout et j’en suis surpris. En effet, la pratique démontre que la chaleur et la vitalité ‘hassidiques renforcent l’élan et l’ardeur à l’étude de la partie révélée de la Torah, de même qu’à la pratique la meilleure des Mitsvot. Comme je l’ai dit, rien ne résiste à la volonté, d’autant qu’à n’en pas douter, vous rencontrez, de temps à autre, ceux qui ont étudié et qui étudient encore cette partie de la Torah. Vous pouvez donc vous entretenir avec eux de ce qui vous semble difficile ou bien qui présente un caractère nouveau.

Par ailleurs, vous faites référence à une jeune fille, qui vous semble être pudique et vous envisagez de l’épouser. Vous me demandez ce qu’il convient de faire pour cela et de quelle manière l’interroger sur les usages positifs des filles d’Israël. De manière concrète, vous faites sans doute référence à une rencontre qui serait organisée dans le but d’un mariage. Vous adopterez donc la coutume des Juifs et des élèves de Yechiva, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée, de ceux qui craignent la Parole de Dieu et qui pratiquent les Mitsvot de la manière qui convient. Il semble qu’en la matière, on agisse par un intermédiaire et non directement. De fait, la logique immédiate indique qu’il doit en être ainsi, puisque, de la sorte, le jeune homme et la jeune fille peuvent exprimer leurs demandes sans manquer de respect à qui que ce soit. C’est bien évident. S’agissant de ces “ usages positifs ”, il faut, là encore, faire intervenir un intermédiaire. Bien entendu, celui-ci saura s’exprimer d’une manière agréable. Toutefois, vous pourrez vous expliquer plus clairement lors de votre rencontre. Bien entendu, vous ne le ferez pas dès le début de celle-ci.

Vous craignez d’être considéré comme un extrémiste, du fait de votre exigence. Or, un esprit de pureté et de crainte de Dieu souffle dernièrement, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle rebâtie et restaurée, parmi les jeunes, qui souhaitent revenir vers les coutumes de leurs ancêtres, vers la Torah. Vous me communiquerez également le nom de votre mère, puisque c’est ainsi qu’on le formule dans la prière et on le mentionnera près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en fonction du contenu de votre lettre. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour un joyeux ‘Hanouka,

Lettre n°7525

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7525, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de ‘Hanouka 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(1) du 22 Kislev, avec ce qui y était joint. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de son contenu et de tout ce qui vous concerne, en général. En effet, nous sommes dans la période de ‘Hanouka et nous venons de passer une date propice, celle de la bonne nouvelle, le 19 Kislev, Roch Hachana de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. A ce propos, la proximité dans le temps fait assurément allusion à une similitude du contenu.

L’explication suivante peut être proposée. Nous rappellerons, au préalable, une question bien connue(2), qui est mentionnée dans différents textes. La Hala’ha précise que la notion d’impureté est repoussée, pour tout ce qui est public. Il aurait donc été permis d’allumer les lumières du Temple avec de l’huile impure !

L’une des réponses à cette question est la suivante. Dieu, de la sorte, témoigna de Son amour pour Israël et pour la manière dont il Le sert. Afin que les Juifs puissent accomplir leur mission de la meilleure façon, bien que la Mitsva eut été acceptable sans cette précaution, le Saint béni soit-Il accomplit un miracle et Il modifie l’ordre naturel. Dès lors, cette fiole d’huile peut brûler pendant huit jours. Ceci nous permettra de comprendre pourquoi le miracle se produisit par l’huile du Chandelier et non par une autre partie constitutive du Temple. En effet, même s’il était nécessaire qu’il s’agisse d’huile, cela aurait pu être celle des offrandes.

Nous répondrons à toutes ces questions en fonction de ce qui a été dit au préalable. Le miracle destiné à faire la preuve de l’amour divin pour Israël se produisit précisément avec le Chandelier, lequel “ porte témoignage du fait que la Présence divine réside en Israël ”, selon l’expression du traité Chabbat 22b.

De ce miracle, découla une Mitsva, une obligation qui est faite à chacun et à chacune, en chaque génération, celle d’allumer les lumières de ‘Hanouka. Selon l’expression bien connue du Midrash, que le Ramban commente au début de la Parchat Beaalote’ha, “ certains la pratiquent de la meilleure façon et d’autres, de la meilleure parmi les meilleures ”. La raison en est la suivante. Lorsque les Asmonéens allumèrent les lumières du Temple, ils cherchèrent, bien entendu, à le faire de la meilleure façon. En conséquence, il est encore possible d’allumer les bougies de ‘Hanouka “ de la meilleure façon parmi les meilleures ”.

Il en est de même également pour la partie de la Torah à laquelle l’huile fait allusion, c’est-à-dire pour “ les secrets des secrets ”, qui ont été révélés précisément en ces dernières générations, comme l’expliquent différents textes, en particulier Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 26. En effet, “ en ces dernières générations, il est permis et il est une Mitsva de révéler cette sagesse ”.

Certains s’interrogent, à ce propos. Si l’étude de l’enseignement profond de la Torah, de son “ huile ”, est une nécessité, celle-ci aurait dû être obligatoire également pour les premières générations. Or, force est de constater qu’elle était alors réservée aux personnes parvenues à une grande élévation et à leurs proches, comme l’indique Iguéret Ha Kodech.

On peut répondre, à cette question également, en fonction de ce qui a été dit auparavant. La meilleure façon d’accomplir la Mitsva et la grande élévation morale sont liées à l’amour de Dieu pour Israël, comme l’indique la parabole de l’Admour Hazaken(3), montrant de quelle manière le roi offrit le plus beau joyau, faisant toute l’importance de sa couronne, dans le but de sauver son fils unique. Or, après que ce don ait été effectué, en faire usage devient une obligation et une pratique fondamentale. Cette parabole permet de l’établir, qui précise que le fils unique du Saint béni soit-Il peut être sauvé uniquement de cette façon. Et, “ il n’est pas de roi sans peuple ”.

L’explication qui vient d’être donnée nous permettra de répondre à une autre question, généralement posée sur la ‘Hassidout ‘Habad. S’il est nécessaire de l’étudier et de la comprendre, pourquoi tous les élèves du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézéritch n’adoptèrent-ils pas cette même optique ? On sait, en effet, que différentes conceptions se développèrent, chacune selon sa manière propre. Là encore, l’image qui a été citée nous permettra de le justifier, car “ certains la pratiquent de la meilleure façon et d’autres, de la meilleure parmi les meilleures ”. C’est bien évident.

Ceci nous conduit à une autre image et à un enseignement supplémentaire. Il y a de nombreuses générations déjà, existaient une pratique “ de la meilleure façon ” et une autre “ de la meilleure parmi les meilleures ”, puis, selon les termes du Ramah, “ l’usage le meilleur parmi les meilleurs s’est répandu ”. Il en est donc de même pour l’étude de l’enseignement du Baal Chem Tov et de ses disciples. Auparavant, chacun en avait sa propre conception, comme nous l’avons vu, mais “ les uns et les autres exprimaient les Paroles du Dieu de vie ”. Par la suite, on a pu constater qu’il était une nécessité absolue d’étudier cet enseignement et de le comprendre, tout comme l’étude de la partie révélée de la Torah s’est largement répandue, à l’heure actuelle. Chacun doit donc apprendre également cette dimension profonde de la Torah. Une telle manière d’agir doit se répandre, de plus en plus. Avec ma bénédiction pour un joyeux ‘Hanouka,

M. Schneerson,

Vous m’interrogez sur le temps de la création des âmes. Je suis surpris que vous alliez rechercher une explication aussi lointaine, alors que vous auriez pu poser votre question sur le verset, qui dit clairement, à propos du sixième jour(4) : “ Et, il insuffla dans ses narines(5) ”, plutôt que, par exemple sur l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ elles précédèrent le monde ” ou bien sur l’explication suivante, qu’ils donnent également : “ L’esprit de Dieu survolait… : c’est l’esprit du Machia’h ”. Nos Sages disent aussi que les âmes sont incrustées sous le Trône céleste, se trouvant dans le monde de Brya, alors qu’il est dit, par ailleurs : “ elle est pure ”, expression qui se rapporte au monde d’Atsilout(6), en lequel le temps n’existe pas encore. Bien plus, différents textes de ‘Hassidout affirment que les âmes prennent leur source dans l’Essence de Dieu. L’explication de tout cela peut être déduite de ce qui est exposé par le second chapitre du Tanya.

Vous rappelez aussi que l’Attribut de bonté s’exerce, de la même façon, envers celui qui ne le mérite pas et vous avancez que cette affirmation contredit différents textes. En fait, on peut distinguer diverses façons de ne pas mériter, selon le jugement de la rigueur ou bien selon celui de la pitié ou encore selon la bonté émanant de la rationalité, celle du système de Tikoun(7). Plusieurs textes en citent des exemples, dans l’ordre, tout d’abord les vingt six générations nourries par la bonté…(8) qui , d’une part, défiaient Dieu de plus en plus, d’autre part, recevaient le plus grand bien, puis la requête “ puisse Ichmaël vivre ”(9), de même que la bonté envers les arabes(10), ou encore l’intervention pour qu’ils bénissent le Propriétaire de ce qu’ils avaient mangé(11).

Notes

(1) Une même lettre fut envoyée à plusieurs personnes. Celle-ci est adressée au Rav Its’hak Dubov et la conclusion a été ajoutée spécifiquement à son intention. On verra, à son sujet, la lettre n°7070. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°3118. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6208. (4) De la création. (5) Une âme de vie. (6) Supérieur à celui de Brya. (7) De la Réparation, faisant suite au système de Tohou, celui de la cassure des réceptacles. (8) Du Saint béni soit-Il, avant le don de la Torah. (9) Selon la requête formulée par Avraham, qui représentait l’Attribut de bonté. (10) Qui, à l’époque d’Avraham, étaient idolâtres et se prosternaient devant la poussière de leurs pieds. (11) A la demande d’Avraham, qui était leur hôte.

Lettre n°7526

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7526, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de ‘Hanouka 5721,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai pris connaissance, avec plaisir, du don de votre cœur pur, de même que de celui de vos amis, une amitié de pureté qui a pour objet de mettre en éveil le cœur des enfants d’Israël. En effet, chacun, au début du jour, quand il se réveille, prononce une bénédiction(2) pour Dieu, Qui est pur(3), dont le Sanctuaire est pur, dont les serviteurs sont purs : “ Mon Dieu, l’âme que Tu as placée en moi est pur ”. Ces termes soulignent l’importance de l’immersion rituelle, de la purification du corps, réceptacle de sainteté et propriété du Saint béni soit-Il(4), selon les propos des premiers et des derniers Sages, desquels nous recevons la vie.

Il est fait allusion ici non seulement à l’immersion rituelle au sens propre, destinée à se défaire de l’impureté et à accéder à la pureté, mais aussi à celle qui permet d’accéder d’une pureté à une autre, puisque cette pureté compte plusieurs stades, différents niveaux, tout comme les Sages énumèrent les cinq qualités de celui qui effectue une immersion rituelle pour une consommation profane, pour ce qui est impur, pour la dîme. Ainsi, selon les propos de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, on ne peut pas comparer(5) les différents moments en lesquels peuvent avoir lieu cette immersion purificatrice, les jours de semaine, en général, les jours de lecture de la Torah, lundi et jeudi, les jours de jeûne, les veilles du Chabbat et des fêtes, les veilles de Roch Hachana et de Yom Kippour, les jours de Chabbat et de fête.

Bien entendu, il y a en cela plusieurs niveaux, comme on peut le déduire également des termes du Rambam, dont les propos(6) sont particulièrement précis, à la conclusion du dixième livre(7), celui de la pureté. Il y est expliqué que l’immersion rituelle et l’introduction dans l’eau font allusion à l’ablution de son âme dans les eaux de la connaissance. La Michna formule, à la fin du chapitre : “ Yom Ha Kippourim ”, l’affirmation suivante : “ Tout comme le Mikwé purifie ceux qui sont impurs, le Saint béni soit-Il purifie Israël ”. Vous consulterez également les discours ‘hassidiques de l’Admour Hazaken(8), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, à propos du Mikwé et de ce qu’il accomplit. Et, vous analyserez ces textes avec précision.

Puisse Dieu faire que tous ceux qui s’efforcent de multiplier la pureté en Israël connaissent la réussite. En effet, l’assurance nous a été donnée que : “ l’on vient en aide à celui qui veut se purifier ”. En outre, “ la purification conduit à la sainteté et la sainteté à la ‘Hassidout ”, jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse selon laquelle : “ Je vous aspergerai d’eaux pures et vous serez purifiés… Je vous purifierai et la terre s’emplira(9) de connaissance de Dieu, comme l’eau recouvre le fond de la mer ”. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav D.Teitelbaum. (2) Au début des bénédictions du matin. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Vaykra Rabba, au chapitre 18 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, fin du chapitre 4. Rambam, lois du crime, chapitre 1, au paragraphe 4. On verra aussi le Radbaz sur le Rambam, lois du Sanhédrin, à la fin du chapitre 18. Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois des dommages corporels, au chapitre 4, qui dit : ‘Un homme n’est pas maître de son corps…’ ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans sa causerie de la fête de Pessa’h 5703, au paragraphe 61 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Principes du Rambam. A ce propos, on verra, en particulier, le Yad Mala’hi ”. (7) De son Michné Torah. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Qui sont imprimés dans son Sidour ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, à la fin des lois des rois. Et, l’on notera que, dans les lois de la Techouva, n’est pas citée la fin du verset, ‘comme l’eau recouvre le fond de la mer’, alors qu’elle l’est effectivement à la fin des lois des rois, conclusion de son livre. En outre, on verra le Radbaz, à cette référence ”.

Lettre n°7527

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7527, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Kislev 5721(1)]

Il est dit(2), dans les écrits du Ari Zal, porte des versets, Parchat Chemot, que l’on ne réfute pas un commentaire(3). Malgré cela, vous écrivez que les anges desquels il est question dans le verset : “ Et, Yaakov envoya des anges ” sont ceux qui furent créés par ses Mitsvot. Or, en l’occurrence, on peut réellement se demander si son objectif était d’envoyer ses Mitsvot à Essav(4), d’autant que “ les Mitsvot n’ont pas été données pour que l’on en tire un intérêt personnel ”.

Notes

(1) La date de cette lettre n’est pas certaine. (2) Cette lettre est adressée à Rabbi Chalom Sufrin, le Rabbi de Komarno. Elle a été rédigée à même son courrier, qui est daté du 12 Kislev 5721. On verra, à son sujet, les lettres n°6180, 6208 et 7627. (3) Dès lors qu’un même passage peut recevoir plusieurs explications divergentes. (4) Auprès duquel ces anges étaient délégués.

Lettre n°7528

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7528, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Kislev 5721(1)]

A notre époque(2), nombre de ceux qui ont choisi la vie, sur la voie de notre Torah, Torah de vie, subissent des complications et des obstructions de la part des membres de leur famille, qui leur demandent de renoncer à ce choix. Le chemin le plus adapté et le plus proche pour rétablir la paix est donc le suivant : 1) Il ne faut pas entrer dans la controverse, s’appliquer à présenter son argumentation. Il convient d’éviter la polémique, en la matière et l’on écrira(3) uniquement ce qui concerne la famille, après avoir affirmé, une fois, de manière tranchée, que l’on a choisi la voie de la Torah(4), ce que vous avez d’ores et déjà fait. 2) Il ne faut pas être troublé par les vexations que l’on vous adresse par écrit. Comme je l’ai dit, nombreux sont ceux, se trouvant dans la même situation que vous, qui reçoivent de telles lettres. Bien plus, vous savez qu’on vous les adresse dans l’espoir de vous contraindre, de cette façon, à vous écarter de la Torah et des Mitsvot(5). 3) Vous devez, en outrer, étudier la Torah avec élan et ardeur(6). Car, votre réussite, en ce domaine, sera la meilleure réponse aux reproches que l’on vous adresse. Au final, ceux qui formulent ces reproches l’accepteront.

S’agissant de Pessa’h(7), vous y penserez le moment venu. Concernant la barbe et les Péot, vous déciderez s’il faut le dire(8) et comment le faire, après avoir reçu la réponse à toutes vos lettres et après y avoir répondu à votre tour.

Notes

(1) La date de cette lettre n’est pas certaine. (2) Cette lettre a été rédigée à même un courrier daté du 25 Kislev 5721. (3) Dans les correspondances familiales. (4) Et, que l’on ne reviendra donc pas sur cette position, qu’elle n’est pas négociable. (5) Mais, non réellement pour blesser. (6) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva. (7) Et, vraisemblablement, de l’impossibilité de passer la fête en famille. (8) Prévenir les membres de la famille.

Lettre n°7529

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7529, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chalom Yehouda Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 26 Kislev, dans laquelle vous me communiquez ces salutations, même si vous le faites de la manière la plus concise possible. Vous comprendrez que je sois surpris de constater à quel point vous résumez ce qui aurait dû être développé, pour différentes raisons. Mai, en tout état de cause, puisse Dieu faire que ces propos aient l’effet escompté, comme nous en avons parlé ici et conformément à la décision de la Michna selon laquelle : “ l’acte est essentiel ”, ce qui veut dire que les heures d’étude de la Torah seront accrues, celles de sa partie révélée et celles de la ‘Hassidout. En effet, une parole est considérée au moins comme une petite action. De même, les Mitsvot seront concrètement mises en pratique, de la meilleure façon. En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez.

Vous me demandez quand doit avoir lieu la coupe de cheveux(2) de votre fils Lévi Its’hak, auquel Dieu accordera de longs jours et de bonnes années. Il est clair, à mon sens, que l’on ne peut pas l’avancer, avant qu’il ait trois ans révolus. Quant au fait de la retarder de trois jours, en l’occurrence, puisqu’il est né le 13 Nissan, ceci reviendra à la faire près du tombeau de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(3). A ce propos, vous prendrez conseil auprès des Rabbanim ‘Habad de Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.

Vous me parlez d’un tirage au sort pour un voyage ici. Sans doute posez-vous cette question au nom de plusieurs autres ‘Hassidim(4). Une telle initiative a toujours dépendu de la manière dont on le ressent et c’est encore le cas, à l’heure actuelle. Il ne m’est donc pas possible d’émettre un avis, en la matière. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos accomplissements communautaires et de ce qui vous concerne personnellement,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Y. L. Gansburg, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°7240. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4788. (3) Le jour de Lag Baomer. Jusqu’à cette date, la période de l’Omer empêchera de le faire. (4) Qui participeront également à ce tirage au sort. Le Rav Gansburg demandait au Rabbi si celui-ci devait être organisé.

Lettre n°7530

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7530, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[2 Tévet 5721]

Nous sommes dans les jours de ‘Hanouka et nous récitons actuellement la prière Al Ha Nissim(1). Or, tout ce qui appartient à notre Torah et à ses Mitsvot est éternel et concerne chaque Juif, en toutes les générations. Puisse donc Dieu venir en aide à chacun. De la sorte, “ Tu as placé les forts, les nombreux, les impurs, les impies, les méchants dans les mains de ”(2) celui qui se consacre à la Torah, au sein de la personnalité de chacun. Le fort(3) est le mauvais penchant, qui tire sa puissance du fait qu’il présente son argumentation le premier(4). Et, il est bien dit ici : “ Tu as placé ”, car “ c’est par la force du bœuf(5) que l’on obtient les nombreuses récoltes ”, “ de tout ton cœur ”, c’est-à-dire “ par tes deux penchants ”(6). Ceci accroîtra la diffusion du Judaïsme, en général, celle des sources(7), en particulier. De la sorte, se réalisera : “ Tu te répandras…(8) ”. Alors, viendra le roi Machia’h et “ ils purifieront Son Sanctuaire, loueront et glorifieront Son grand Nom ”(2).

Notes

(1) Paragraphe qui, pendant cette fête, est intercalé dans la Amida et dans la bénédiction après le repas. (2) Selon le texte du paragraphe Al Ha Nissim. (3) Dont il est question dans ce paragraphe. (4) Puisqu’il pénètre dans le corps de l’homme depuis sa naissance alors que le bon penchant se manifeste uniquement après la Bar Mitsva. (5) Qui évoque le mauvais penchant, l’âme animale. (6) Du fait du Beth supplémentaire du mot Levave’ha, ton cœur, dont la valeur numérique est deux, introduisant ainsi une allusion à ces deux penchants. (7) De la ‘Hassidout. (8) A l’ouest et à l’est, au nord et au sud.

Lettre n°7531

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7531, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 26 Kislev, seconde lumière(2). Vous comprendrez que je sois étonné et surpris par ce que vous m’écrivez. En effet, vous invoquez une impossibilité de réparer(3). Or, une telle affirmation va à l’encontre d’un principe fondamental de notre foi et de notre Torah, Torah de vie, selon lequel rien ne résiste à la Techouva. En outre, un verset affirme clairement que : “ nul ne sera écarté ”. Il en est ainsi même s’il est clair qu’une faute a été commise, d’une manière délibérée, ce qu’à Dieu ne plaise. En revanche, il n’en est pas de même pour ce que vous m’écrivez, qui n’entre nullement dans cette catégorie(4). Autre point, qui est essentiel également, il est clair qu’une situation malencontreuse est réparée par ce qui est judicieux, bon et saint. Il ne s’agit pas, en effet, d’ajouter une autre situation malencontreuse(5). La tristesse et a fortiori le renoncement sont totalement exclus par les livres qui traitent du service de Dieu, en particulier par le saint Tanya. Et, il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.

Concrètement, vous vous efforcerez donc d’expliquer l’idée, les principes et les lois de la pureté familiale au sein de votre entourage, parmi vos connaissances et vos amies, par la parole de même qu’en diffusant des brochures. Bien entendu, vous le ferez d’une manière agréable, mais avec l’empressement qui convient. De même, vous graverez en votre cerveau et en votre cœur la confiance en Dieu, la Providence qu’Il accorde à chacun et à chacune. Il est l’Essence du bien et il est dans la nature de celui qui est bon de faire le bien.

Avant tout, vous saurez qu’un Juif ou une Juive doit être joyeux et enthousiaste, comme on peut le déduire de la nécessité qui nous est faite, au début de chaque jour, de louer le Créateur du monde et de l’homme, selon le texte du Modé Ani et toutes les bénédictions du matin qui sont récitées ensuite. Ainsi, vous connaissez le récit du Juste, le grand Rav et ‘Hassid, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev, que l’on vit danser et se réjouir, un matin, alors qu’il disait la bénédiction : “ Qui ne m’a pas fait non juif ”. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Du fait du contenu de votre lettre, la présente vous est adressée en passant outre à la file d’attente. Avec

ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) De ‘Hanouka. (3) La faute qui a été commise, concernant vraisemblablement la pureté familiale. (4) Il n’est pas certain que cette faute ait été réellement commise. Il peut ne s’agir que d’une impression. (5) De racheter le mal par le découragement.

Lettre n°7532

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7532, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[5 Tévet 5721]

J’ai bien reçu votre lettre, avec ce qui y était joint. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. J’espère qu’il est inutile de vous préciser que chaque Juif, homme ou femme, jeune ou vieux, doit raffermir sa confiance en Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun, en tous les aspects de sa vie, en particulier pour ce qui concerne votre état de santé. Ceci doit vous insuffler de la détermination

et du courage. Vous devez avoir la conviction qu’au final, tout sera bien.

Dieu souhaite que l’on fasse tout ce qui est en son pouvoir, en agissant selon les voies naturelles. Il convient donc de solliciter l’avis d’un médecin spécialiste et, dans votre cas, d’un neurologue, connaissant les maladies de l’esprit. Vous vous conformerez à ses prescriptions et Dieu accordera Sa bénédiction afin que vous connaissiez la réussite. Plus votre confiance en Dieu sera grande et plus la bénédiction sera évidente.

Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot de votre appartement, afin de vous assurer qu’elles sont bien conformes à la Loi. Vous en ferez de même pour les Tefillin de votre mari. Chaque jour de semaine, au matin, avant de mettre les Tefillin, il donnera quelques pièces, une petite somme, à la Tsédaka. Quant à vous, vous en ferez de même chaque fois que vous allumerez les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, conformément à l’usage positif des femmes juives. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°7533

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7533, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre de la sixième lumière(1). En un moment propice, vos noms seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez.

B) Vous comprendrez que je sois étonné et surpris par ce que vous m’écrivez. Vous me dites que, selon le programme qui a été établi, vous auriez dû prendre la parole, dans le cadre de votre travail, une fois toutes les deux semaines. Mais, à votre demande, vous en avez été dispensé et vous le faites uniquement une fois par mois. La raison de mon étonnement est bien évidente, surtout à notre époque, en laquelle est soulignée la nécessité de diffuser les sources(2) à l’extérieur, surtout auprès de telles personnes. Comme vous l’écrivez vous-même, il y a là une opportunité unique et particulière. En fonction des besoins du moment, on doit rechercher le moyen de susciter de telles occasions et, quand la divine Providence fait qu’elles se présentent, en étant déjà prêtes, vous les considérez comme des corvées, alors même qu’il s’agit d’une immense manifestation de Sa bonté, comme on peut le constater de manière concrète, par ses yeux de chair.

Bien entendu, tout ce qui vient d’être dit n’a en aucune façon pour objet de vous faire de la morale. Je formule toutes ces remarques pour l’avenir. Que Dieu soit avec votre bouche et qu’Il permette à ceux qui vous écoutent de retrouver le droit chemin, celui du Judaïsme, de la Torah et de ses Mitsvot, illuminées par la clarté et la chaleur ‘hassidiques. En outre, vous accomplirez tout cela avec une joie véritable, avec largesse d’esprit, ainsi qu’il est dit : “ J’avancerai dans la largesse ”, ce qui accroîtra également la réussite, en la matière.

C) Il est, bien entendu, douloureux de constater l’imperfection qui a entaché la réunion ‘hassidique, au jour lumineux et propice du 19 Kislev, Roch Hachana de l’étude de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Pour autant, une telle situation est conforme au principe bien connu selon lequel, en tous les aspects du monde, sont entremêlés le bien et le mal. En conséquence, il est certain que “ de l’amer sortira le doux ” et, au final, vous avez compris à quel point votre participation était indispensable. De la sorte, vous avez acquis de l’assurance, la conviction que la mission confiée par nos maîtres et chefs connaîtra la réussite, pour peu que l’on veuille agir en ce sens. Vous connaissez, en effet, la décision du Tribunal céleste selon laquelle, grâce à l’abnégation dont fit preuve l’Admour Hazaken pour la ‘Hassidout(3), ceux qui sont attachés à lui et suivent ses pas l’emporteraient, en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements. Tout ceci est imprimé dans les résumés et notes sur le Tanya, à la fin de la page 122. Là encore, il ne s’agit pas de se plaindre du passé, mais de faire référence à l’avenir.

D) Vous évoquez la création d’une institution ‘Habad dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement. Il semble, néanmoins, que ce lieu ne soit pas encore prêt pour cela. Cette conclusion apparaît clairement, à la lecture de votre description de l’endroit et des personnes. On peut donc penser qu’une telle création avant son temps aurait une influence néfaste pour les activités de ‘Habad, quand le moment viendra de les introduire en cet endroit, en particulier pour ce qui concerne la diffusion des sources(2).

E) S’agissant de la synagogue ‘Habad(4), il faut vérifier qu’il n’en découlera pas de dispute. Le principe est le suivant. En cas de doute, il sera préférable de s’abstenir. En outre, il est logique de penser que, s’il n’y a pas de synagogue spécifiquement ‘Habad, on pourra transmettre une explication ‘Habad dans toutes les synagogues à la fois. Il n’en est pas de même quand on peut répondre qu’un édifice particulier a été désigné pour cela, d’autant que l’on peut réellement se demander s’il est justifié de se répartir en quelques endroits.

Notes

(1) De ‘Hanouka. (2) De la ‘Hassidout. (3) Lors de son emprisonnement qui s’acheva avec la fête de la libération du 19 Kislev. (4) Convient-il de la créer ou non ?

Lettre n°7534

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7534, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la troisième lumière(2). En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez.

Conformément à ce qui est expliqué par différents textes, le canal et le réceptacle permettant à celui qui est le propriétaire de ce tombeau de susciter et de mettre en éveil l’immense miséricorde consistent à suivre ses voies et ses comportements. En conséquence, j’ai bon espoir qu’en plus du temps fixé pour l’étude de la ‘Hassidout qu’assurément, vous avez d’ores et déjà, vous effectuez un ajout, de temps à autre, conformément à l’Injonction selon laquelle : “ on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”. Tout ceci renforcera l’éveil de cette immense miséricorde et vous me donnerez de bonnes nouvelles de vous-même et des membres de votre famille. En effet, rien ne résiste à la volonté et puisse Dieu faire que vous influenciez en ce sens votre entourage, vos amis et vos connaissances. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Je fais réponse à vos questions :

A) Quelle est la référence de l’affirmation de nos Sages(3), citée dans les additifs du Torah Or, à la fin de la Parchat Tissa, selon laquelle : “ c’est avec difficulté que l’on a permis de prononcer des paroles de Torah pendant le Chabbat ”(4) ? J’ai déjà indiqué, comme vous l’écrivez vous-même, que cette expression figure à la fin du Séfer Ha Irea, de Rabbénou Yona. Et, l’on sait que plusieurs enseignements de nos Sages, en particulier ceux qui sont cités dans le Yerouchalmi, étaient connus des premiers Décisionnaires, mais n’apparaissent pas dans les ouvrages qui sont parvenus jusqu’à nous. Vous consulterez également le Yerouchalmi, traité Chabbat, chapitre 15, au début du paragraphe 3. C’est la référence qui a été donnée par le Gaon de Ragatchov, dans ses responsa Tsafnat Paanéa’h, tome 2, au chapitre 5. Vous verrez aussi le Zohar, tome 3, à la page 94b. Et, l’on ne peut penser que ceci fasse référence à une étude approfondie des paroles de la Torah, puisque, dans ce contexte, l’accent est mis sur ce qui est prononcé par la bouche.

B) Qu’en est-il de la récitation de la bénédiction d’action de grâce, le Gomel, par les femmes ? Les derniers Décisionnaires traitent longuement de ce sujet, comme vous le mentionnez également dans votre lettre. Vous verrez, en particulier, le Ketsot Ha Choul’han, du Rav Naé, au début du chapitre 65. Par ailleurs, il faut mentionner la coutume, particulièrement surprenante, des Sefardim de Londres, qui consiste à réciter cette bénédiction indépendamment, comme le rapporte le Kéter Chem Tov du Rav Gaguin.

C) Dans la formulation de “ la bénédiction qui est triple dans la Torah (Ba Torah) ”(5), le Beth de Ba Torah permet d’établir que cet aspect triple se trouve dans la Torah elle-même. Vous consulterez le Kéter Chem Tov, à propos des remarques que vous formulez, en la matière.

Notes

(1) Le Rav M.Halberstam, de Jérusalem. (2) De ‘Hanouka. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°99. (4) Car, ce jour devrait être uniquement consacré à la prière. (5) La bénédiction des Cohanim, qui compte trois versets.

Lettre n°7535

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7535, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5721,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche, de même que celle qui la précédait. Je vous remercie pour cette bonne nouvelle, la réussite du traitement médical. Puisse Dieu faire qu’elle(1) recouvre bientôt ses forces et qu’elle puisse annoncer elle-même de bonnes nouvelles, en la matière.

Vous faites également référence à cette institution(2), dont vous envisagez le transfert à une certaine organisation. Il est bien évident qu’il convient, avant tout, de vérifier la compétence, dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées, de ceux qui en recevront la responsabilité, car ceci est bien l’essentiel, en la matière, puisque les élèves doivent grandir sur les bases de notre Torah et de ses Mitsvot. Certes, il semble qu’en la matière, il n’y ait pas de limite(3), mais, en l’occurrence, il convient de vérifier que l’éducation qu’ils reçoivent actuellement ne soit pas réduite. Je ne sais pas si l’on peut en obtenir la garantie dans le cadre du contrat de transfert ou de vente. En effet, on peut vérifier, dans la pratique, que tout ce qui concerne l’esprit et les conceptions morales, y compris quand un engagement est pris, se maintient uniquement dans la mesure où celui qui s’engage y adhère, car, si ce n’est pas le cas, on peut toujours trouver un moyen de se justifier(4).

Si cette condition est satisfaite de la manière qui convient, il est bon de se demander encore une fois si tout cela est bien justifié. Il serait judicieux d’y réfléchir après avoir déterminé clairement les chances d’obtenir une subvention pour la prochaine année scolaire. Je fais allusion à l’aide qui est accordée par les administrations et par les différentes organisations. Celles-ci, à n’en pas douter, détermineront, ces prochaines semaines, les budgets qu’elles accorderont. Alors, la situation sera claire et l’on pourra également vérifier les autres facteurs. En fonction de ces deux éléments, vous et votre épouse déciderez ce qu’il y a lieu de faire. Dieu accorde Sa Providence à chacun et Il révèlera donc le bien, en tout point, pour cette institution et pour ce qui vous concerne personnellement. Voici pour ce qui est de l’action concrète.

J’ai maintenant l’obligation, et ceci est peut-être même un mérite, de préciser ma position sur les points que vous exposez dans votre lettre, afin de justifier ce que vous envisagez de faire. L’idée profonde de votre argumentation est, en l’occurrence, la suivante. Beaucoup d’efforts, d’empressement, de santé ont été investis dans cette institution. Or, quand on observe sa situation actuelle, on n’est pas encouragé à poursuivre l’action.

Vous comprendrez que je sois surpris et étonné par une telle manière de formuler le problème. En effet, l’objectif de cette institution est d’assurer l’éducation des fils et filles d’Israël. Or, si l’on établit un bilan, si l’on veut tirer une conclusion sur l’efficacité de l’empressement et des efforts consentis, on doit, avant tout, vérifier la qualité de l’éducation dispensée, c’est-à-dire combien de garçons et de jeunes gens mettent les Tefillin et prient, grâce à la formation qu’ils ont reçue. Il en est de même pour les filles et les jeunes filles. A n’en pas douter, bon nombre d’entre elles sont déjà mariées, elles ont construit ou construisent des foyers juifs. Il faut donc s’assurer que leur maison est basée sur les fondements de la Torah et des Mitsvot, se demander ce qui se serait passé si elles n’avaient pas reçu leur éducation dans cette institution. Il est sûrement aisé de l’établir, au moins d’une manière approximative, grâce aux statistiques établies sur les élèves d’autres écoles. Nos Sages disent que le salut d’une seule âme juive est équivalent à celui d’un monde entier. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit de dizaines d’âmes ou peut-être même plus encore, de dizaines de foyers juifs, dont la situation, concernant la Torah et les Mitsvot, a une incidence pour eux-mêmes, pour les générations qui les suivent et pour celles qui viendront ensuite, jusqu’à la fin du monde.

Une telle analyse est uniquement basée sur le Choul’han Arou’h et peut-être également sur les livres du Moussar. Combien plus en est-il ainsi si l’on observe la situation avec l’éclairage de la ‘Hassidout, de l’enseignement du Baal Chem Tov, celui de l’Admour Hazaken et leurs principes fondamentaux. Je n’en mentionnerai ici que deux idées. Selon un dicton du Baal Chem Tov(5), “ une âme descend ici-bas et s’introduit dans un corps pendant soixante dix ou quatre vingt ans uniquement dans le but de rendre un service, matériel ou spirituel, à un Juif ”. En outre, un proverbe de l’Admour Hazaken affirme qu’en accomplissant une Mitsva, quelle qu’elle soit, “ l’unification qui en résulte là-haut est immuable et éternelle ”, selon le chapitre 25 du Tanya. Cela veut dire que, s’il y a quelque part, un jeune homme ou une jeune fille qui récite des bénédictions ou lit le Chema Israël, la descente, “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, pendant soixante dix ou quatre vingt ans, de toutes les âmes qui ont permis d’obtenir un tel résultat se trouve ainsi justifiée. Bien plus, ce que ces âmes ont accompli là-haut est effectivement éternel et immuable.

Même si, pour une quelconque raison, vous et votre épouse n’êtes pas optimistes, je suis convaincu qu’y compris selon votre propre évaluation, des centaines d’âmes juives ont effectivement été sauvés, par votre intermédiaire, d’une complète assimilation, ce qu’à Dieu ne plaise, qu’elles ont adopté un mode de vie basé sur la Torah et les Mitsvot, au moins de temps à autre. Des dizaines de milliers d’actions positives sont effectuées grâce à votre intervention et à votre effort. Si la conclusion est que tout cela était bien justifié, il faut immédiatement changer d’optique quant à votre action au sein de cette institution. Vous devez vous emplir d’une joie immense et d’un enthousiasme véritable pour tout ce que vous avez eu le mérite d’accomplir avec succès, en la matière. Une réflexion, même sommaire, à tout cela, vous montrera que la difficulté selon laquelle vous devez actuellement travailler tous les deux pour gagner votre vie, alors que, dans d’autres domaines, il suffirait qu’un seul d’entre vous travaille, ne doit même pas être soulevée. En effet, le moyen de gagner votre vie est spirituel. Il est “ planté en terre, mais son sommet parvient jusqu’au ciel ”(6), ce qui veut dire qu’il est plus élevé que le ciel tout en étant planté plus bas que la terre. Partant du point le plus bas, il parvient donc au sommet le plus haut. En outre, votre épouse a le mérite d’avoir elle-même accompli toutes ces actions. Par ailleurs, elle apporte également sa contribution aux réalisations de son mari. Il n’est pas de sort plus enviable.

Tout ceci pourrait être développé, mais, pour quelqu’un comme vous, je me contenterai de citer quelques points. Si vous analysez objectivement la situation, vous vous passerez d’une longue lettre, qui est expédiée d’un autre continent. Bien au contraire, quelqu’un qui se trouve sur place pourrait largement développer tout cela. Bien entendu, je n’ignore pas l’explication la plus première, selon laquelle on peut également agir pour la Torah et les Mitsvot, de même que pour leur diffusion, sans être confronté aux difficultés que vous avez subies, au sein de cette institution. Mais, point essentiel, on ne rencontre pas une telle situation chaque jour. Et, vous-même écrivez que la situation actuelle est surnaturelle. Il s’agit de la seule institution qui dépende de particuliers. En outre, chaque âme a sa propre mission, ses capacités. Un homme n’est donc pas toujours en mesure d’échanger une mission contre une autre, alors qu’il peut assumer sa mission ou ne pas le faire, puisque “ tout est dans les mains de Dieu, sauf la crainte de Dieu ”. Les Juifs ont donc le choix, reçoivent le libre-arbitre.

Cette constatation nous conduit à un autre point, que vous mentionnez aussi et qui apparaît, en outre, entre les lignes. Vous considérez que son état de santé(7) ayant rendu nécessaire une intervention chirurgicale et un traitement médical est la conséquence de la fatigue et des efforts qu’elle a investis dans cette institution. Or, qui peut l’affirmer ? En outre, le verset dit clairement que : “ si vous marchez dans Mes Décrets ”, et Rachi précise : “ en faisant porter vos efforts sur la Torah ”, dès lors “ Je donnerai ” toutes les bénédictions mentionnées dans la Paracha. Il y a donc tout lieu de penser que le contraire est vrai, que la réussite du traitement médical et le fait qu’elle recouvre la santé sont bien les conséquences de l’effort et du travail fournis pour cette institution et ce qui la concerne. Si, comme votre lettre semble l’indiquer, vous êtes convaincu que votre contribution à des causes de Tsédaka est intervenue dans la réussite du traitement, vous devez admettre qu’un don financier, aussi important qu’il puisse être, n’est nullement comparable à une contribution physique ou morale, laquelle permet d’investir les forces de son âme et de son corps dans la Tsédaka. Je fais allusion à la notion qui est introduite par le verset : “ La Tsédaka élève un peuple ”.

Il me semble vous avoir déjà écrit, dans mon précédent courrier que, de façon générale, mon propos n’est pas de faire de la morale ni de me plaindre du passé. Bien au contraire, j’envisage l’avenir. En l’occurrence, je souhaitais uniquement établir le bilan final de ce que vous avez accompli dans cette institution, tel que je le vois et, à mon sens, il est clair que celui-ci est exact. Comme je l’ai dit, ceci devrait susciter en vous une joie et un enthousiasme véritables. Dieu agit “ mesure pour mesure ”(8), mais en proportion largement accrue. Puissiez-vous donc concevoir une satisfaction véritable de tous vos descendants, une satisfaction juive et ‘hassidique. Vous serez également satisfait des élèves que vous avez conduits au monde futur et, dans notre génération, également à ce monde, car, quand ils s’écartent, leur vie matérielle périclite également. J’espère obtenir de bonnes nouvelles de tout cela. Puisse Dieu faire que vous me les donniez en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Vraisemblablement, l’épouse du destinataire de cette lettre. (2) Une école dirigée par le destinataire de cette lettre. (3) Que l’on peut toujours faire mieux. (4) Quand on ne tient pas son engagement. Textuellement : “ les portes des explications ne sont pas fermées ”. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2985. (6) A l’image de l’échelle du rêve de Yaakov. (7) Celui de l’épouse. (8) De la manière dont on agit envers Lui.

Lettre n°7536

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7536, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Jeûne du dixième mois(1) 5721, qu’il

soit transformé en allégresse et en joie]

Vous me rappelez un dicton de mon beau-père, le Rabbi, qui relata que, se lançant dans une activité commerciale, il sollicita, à ce propos, la bénédiction de son père, le Rabbi Rachab, afin de “ ne pas émettre les plaintes des chefs de famille ”. Poursuivant le récit qu’il me faisait, il précisa que “ les plaintes des chefs de famille sont impures ”, bien entendu selon une forme plus fine d’impureté. En effet, il s’agit, en l’occurrence, de chefs de famille pleinement respectueux de la Torah et des Mitsvot. Pour autant, comme le souligne la ‘Hassidout, ils se trouvent en exil, au sein des limites(2) et des barrières, tout au long de leur vie. Car, pendant toute la durée de celle-ci, aujourd’hui est comme hier et demain comme aujourd’hui. Et, il en est de même également pour le “ demain ” qui viendra dans quelques temps(3). Bien plus encore, à leurs yeux, seul un fou peut souhaiter le changement. Une telle démarche s’écarte de la saine rationalité.

Comme sont lumineux les propos de l’Admour Hazaken, dans son Tanya(4) ! La Michna dit, en effet : “ En chaque génération, un homme est tenu de considérer qu’il a lui-même quitté l’Egypte ” et l’Admour Hazaken ajoute la précision suivante : “ chaque jour ”.

Notes

(1) Le 10 Tévet. (2) Mitsraïm, l’Egypte, est de la même étymologie que Metsarim, les limites. (3) De telles personnes sont réfugiées dans l’immobilisme. (4) Au chapitre 47. Voir, à ce sujet, la lettre n°7545.

Lettre n°7537

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7537, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5721,

Brooklyn,

A l’attention des participants à la réunion ‘hassidique,

à l’occasion du jour de la bonne nouvelle, date de la

libération, de notre libération et de la liberté de nos âmes,

le 19 Kislev 5721, prenant part à la répartition des traités

du Talmud, à Richon Le Tsion, en notre Terre Sainte,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste

Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, une lettre de quelques uns des participants à cette réunion ‘hassidique, au cours de laquelle on doit également répartir les traités du Talmud, conformément à la demande et à l’instruction de celui dont nous célébrons la joie, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Celui-ci indique, en effet, dans son Kountrass A’haron(2), que l’on doit conclure l’étude du Talmud, chaque année.

Les propos des Justes sont immuables et ils font leur effet, en tous les domaines qui sont mentionnés dans ce texte d’Iguéret Ha Kodech. A des personnes comme vous, il est sûrement inutile de souligner la relation qui peut être faite avec ce qui est exposé dans ce texte, selon les termes du maître : “ Chacun de ceux qui participent à cette étude, conclura pour lui-même, chaque semaine, les huit groupes(3) de verset que compte le Psaume 119 ”. Cette relation, dans sa définition générale, apparaît également, en allusion, dans les propos de nos Sages, commentant le verset suivant des Tehilim, “ l’Eternel aime les portes(4) de Sion, plus que tous les Sanctuaires de Yaakov ”. Et, le traité Bera’hot 8a précise bien : “ Je prie là où j’étudie ”(5).

Puissent ces deux points, la Torah et la prière, la vie éternelle(6) et la vie passagère(7), révéler la bénédiction de Dieu en tous les domaines du monde, “ pour obtenir la guérison, la paix et la subsistance matérielle ”, selon les termes de Rachi, commentant le traité Chabbat 10a, pour vous-mêmes et pour tous les membres de votre famille, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années. Vous avez commencé à mettre en pratique cette Mitsva et vous aurez donc le mérite de la conduire à son terme, avec tranquillité, joie, enthousiasme. Selon les termes de notre maître, à la même référence : “ Que votre cœur soit fort et courageux, vous tous qui placez votre espoir en Dieu ”. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Une même lettre, avec quelques légères modifications, a été adressée aux participants à la répartition des traités du Talmud, à Jérusalem. (2) A la page 163a, au paragraphe : “ Tu formuleras des reproches ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est cette version qu’il convient de retenir et non celle qui est imprimée, laquelle n’est pas exacte ”. (4) Le terme Chaareï, les portes, peut être rapproché de Chiyoureï, les études. (5) C’est la relation qui peut être faite entre la prière, la lecture des Tehilim et l’étude de la Torah, la répartition des traités du Talmud. (6) L’étude de la Torah, qui est immuable. (7) La prière, qui permet de demander à Dieu la satisfaction des besoins du moment.

Lettre n°7538

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7538, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Tévet 5721,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

assume une mission sacrée(1), le Rav Yehochafat(2),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 7 Tévet, dans laquelle vous envisagez l’organisation d’une grande fête pour les élèves des grandes classes d’Azur(3), à Pourim. Vous me décrivez l’intérêt que ceci présente. De façon générale, de telles initiatives sont bonnes, mais seulement dans la mesure où l’on obtient une participation significative de la part des élèves. En effet, à Pourim, comme vous l’écrivez vous-même, plusieurs fêtes seront sûrement organisées. En outre, et ceci est essentiel, plusieurs familles organisent sans doute des réunions dans leur maison, à l’attention de leurs proches.

En fait, il serait bon de s’intéresser à la possibilité d’organiser une telle fête pour le 10 Chevat. Cette année, ce jour est à la veille du Chabbat et vous le ferez donc la soirée précédente, c’est-à-dire à la veille de la Hilloula(4). De la sorte, tous les risques seront écartés et cette fête aura sûrement un écho. En effet, plusieurs écoles ont pris l’habitude de venir, en visite, à Kfar ‘Habad, à cette date. Dernièrement, l’œuvre de celui dont nous célébrons la Hilloula, dans les contrées de Russie, en ce qui concerne l’éducation des enfants, a fait l’objet d’une diffusion dans toute la Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.

S’agissant des dépenses qui en résulteront, vous connaissez sans doute vous-même l’état de la trésorerie du réseau(5). Néanmoins, si tout cela est suivi d’effet et, surtout, s’il y a une bonne participation, comme on l’a dit, j’espère que celle-ci pourra vous accorder une participation, à hauteur de cent vingt cinq à cent cinquante livres(6). Je suis surpris que vous ne fassiez pas mention de vos actions pendant le mois de Kislev, en

particulier envers les élèves(7). On leur a sûrement expliqué le récit des libérations et des miracles de ce mois, c’est-à-dire, dans l’ordre, le 9(8), le 10(9), le 19(10) et ‘Hanoukka. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles,

Notes

(1) Enseigne la Torah aux enfants. (2) Le Rav Y.Alpert, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5420. (3) Près de Tel Aviv. (4) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (5) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (6) Israéliennes. (7) Le Rabbi emploie ce terme à la fois au masculin et au féminin. (8) Hilloula de l’Admour Haémtsahi. (9) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi. (10) Fête de la libération de l’Admour Hazaken.

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