Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°7479
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7479, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mar’hechvan 5721,
Brooklyn,
A l’attention de monsieur ‘Haïm,
qui est appelé docteur Shaskes(1),
Je vous salue et vous bénis,
Le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov(2) m’a appris que vous partez en voyage, avec votre épouse. Je vous souhaite donc un fructueux voyage. Ce succès se marquera dans le domaine du Judaïsme, ce qui veut dire qu’en tout endroit où se rend un Juif, il accomplit la mission du Créateur du monde, Qui le dirige. Celle-ci consiste à transmettre un mode de vie basé sur la Torah de vie et ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”, une vie, au sens littéral, dans ce monde matériel. Vous avez sûrement entendu(3) qu’il existait une coutume, à Loubavitch, selon laquelle, à l’issue de Sim’hat Torah, à la conclusion des fêtes du septième mois(4), quand on se prépare pour les jours ordinaires, on annonçait : “ Et, Yaakov avance sur son chemin ”, c’est-à-dire le chemin qui doit être le sien, selon Dieu Qui accorde Sa Providence à chacun(5). C’est ainsi que l’on mérite l’accomplissement de la fin de ce verset : “ Et, des anges de Dieu le rencontrèrent ”, afin de le protéger sur son chemin et de le conduire vers son lieu de destination.
Puisse Dieu faire que vous transmettiez des paroles d’encouragement à nos frères, les enfants d’Israël, en tout endroit où ils se trouvent, d’autant que vous vous êtes rendu dans les pays qui se trouvent de l’autre côté du rideau de fer. Vous pourrez donc leur tenir le raisonnement “ a fortiori ” suivant : si, sous de telles conditions, les Juifs s’efforcent de rester fidèles à Dieu et à Sa Torah, véritablement au péril de leur vie, combien plus doivent le faire ceux qui ont le mérite de vivre dans des pays où la liberté religieuse est accordée. Il est de votre devoir et de votre mérite de saisir pleinement de telles opportunités, de faire preuve de largesse envers les autres, en tout endroit où s’exerce votre influence, d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction de réussite, mes respects et pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°5093. (2) Directeur du secrétariat du Rabbi. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°7457. (4) Celui de Tichri. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°7457.
Lettre n°7480
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7480, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mar’hechvan 5721,
Brooklyn,
Aux diplômés de la quatrième promotion, aux élèves de
l’école de menuiserie de Kfar ‘Habad, fondée et dirigée par
mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 ‘Hechvan, dans laquelle vous m’informez de l’intensification des heures d’étude, à la veille du Chabbat, ce qui porte préjudice à la préparation de ce jour, qui est saint pour Dieu. Vous présenterez donc votre argumentation, en la matière, à la direction de cette école. Bien entendu, vous pouvez dire que vous le faites sur ma proposition. Cette demande d’accroissement des heures d’étude provient des administrations concernées et vous-même formulerez donc sûrement une contre-proposition sur la manière de satisfaire à cette requête, sans que ces préparations soient remises en cause.
J’espère que votre étude et votre comportement, en général, sont adaptés, en tout point, à ce qui est attendu d’un Juif, qui est le descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov. Bien plus, vous poursuivez vos études dans une école de Kfar ‘Habad qui, comme je l’ai dit, a été fondée et est dirigée par mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°7481
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7481, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mar ‘Hechvan 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23 Mar’hechvan. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout ce que vous m’écrivez, y compris des personnes pour lesquelles vous me dites que vous êtes encore dans le doute. En effet, le Sage dit que : “ Son Nom est assurément à la mesure de Sa gloire ”. Au final, on peut effectivement obtenir une certitude, en tout ce qui concerne un Juif, conformément à l’Injonction selon laquelle on doit “ s’attacher à Ses voies ”. Et, il est bien clair que ce qui est lié à notre Torah, Torah de vie, délivre un enseignement pour tout ce qui se rapporte à la vie, jusque dans son moindre détail, surtout d’après l’explication du Baal Chem Tov soulignant que la divine Providence s’applique même à l’aspect qui est en apparence le plus insignifiant. Tout cela est bien évident.
Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles de ce qui vient d’être dit, dans la joie et d’une manière sans cesse accrue, comme le montre ‘Hanouka, duquel nous nous approchons. Avec ma bénédiction de réussite en votre sainte mission, celle de l’éducation basée sur les valeurs sacrées et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°7482
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7482, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5721,
Brooklyn,
A madame Batya(1),
A madame Léa(2),
Je vous bénis et vous salue,
J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 23 ‘Hechvan, dans laquelle vous me faites part de votre intention et de votre volonté de fonder une association des femmes ‘Habad dans votre ville. Même si le premier essai n’a pas été pleinement concluant, je suis certain que vous n’en serez pas effrayées et que vous vous concerterez, de nouveau, pour mener une action en la matière. Dieu fasse que vous y parveniez avec enthousiasme et chaleur. De la sorte, vous rencontrerez un écho et vous connaîtrez la réussite.
Bien entendu, l’approche et le contenu de vos propos ne pourront pas être les mêmes en tout endroit, car ils dépendent des personnes qui sont présentes. Il est donc important que vous vous mettiez d’accord, au préalable, de la manière qui convient, entre vous, puis avec vos maris, les Rabbanim, qui connaissent la situation et qui sont ainsi en mesure de formuler un avis, afin que votre action suscite l’intérêt des femmes et les attire d’une manière durable, bien plus que cette action se développe et qu’elle prenne de l’ampleur, de temps à autre.
Une telle action revêt la plus haute importance, en tout endroit et elle est encore plus fondamentale en celui où s’installent de nouveaux immigrants. En effet, on doit s’assurer qu’ils fondent leur mode de vie sur la voie juive, en particulier en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, de laquelle il est dit : “ Les yeux de Dieu sont toujours tournés vers elle, du début de l’année à la fin de l’année ”.
Dieu fasse que s’accomplisse en vous le proverbe suivant de nos Sages : “ Si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. En effet, nous entrons en Kislev, le mois des miracles et de la délivrance(3). Avec ma bénédiction de réussite en tout cela et pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Madame B. Minsky, de Kiryat Gat. (2) Madame L. Abelski, de Kiryat Gat. (3) De l’Admour Hazaken, le 19 Kislev et de l’Admour Haémtsahi, le 10 Kislev.
Lettre n°7483
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7483, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5721,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume
une mission sacrée, le Rav ‘Haïm Chalom Ha Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 23 Mar’hechvan, dans laquelle vous me communiquez, brièvement, de bonnes nouvelles de ce qui se passe, en particulier comme en général. Vous me dites, tout d’abord, que votre petit-fils a contracté l’alliance de notre père Avraham(2) et qu’il a été appelé Chlomo Yehouda. Dieu lui accordera de longs jours et de bonnes années. Puisse Dieu faire que ses parents l’éduquent à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
S’agissant de votre anniversaire, vous avez sûrement respecté les coutumes adoptées, ces dernières années, en ce jour. Dieu fasse que vous ayez une année de réussite, en laquelle vous insufflerez à vos élèves la crainte et l’amour de Dieu, de même que ce qui en résulte, conformément à l’explication du saint Tanya, qui les définit comme les ailes de la Torah et de ses Mitsvot(3). Celles-ci seront donc pénétrées de la lumière, de la vitalité et du luminaire de la Torah, c’est-à-dire de sa dimension profonde, laquelle à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Et, vous accomplirez tout cela dans le calme, la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction pour un bon Chabbat et pour un bon mois, en l’occurrence celui de Kislev, mois de la délivrance et des miracles, de même que pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav H.C. Segal, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5859. (2) A été circoncis. (3) Leur permettant de s’élever vers Dieu.
Lettre n°7484
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7484, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Mar’hechvan 5721]
Il(1) en est bien ainsi(2) pour le comportement personnel(3), mais l’on peut se demander si c’est le cas pour ce qui est destiné à acquitter les autres de leur obligation ou, en tout état de cause, également les autres(4), d’autant qu’il s’agit, en l’occurrence, d’un Commandement de la Torah et qu’en outre, ceci se passe en public. A fortiori est-ce le cas pour le son du Chofar, mais non pour sa bénédiction, puisque chacun se doit d’accomplir cette Mitsva(5) et doit donc bien entendre de quelle manière sont sonnés les Chevarim(6).
Au final, comment pratique-t-on(7), dans les synagogues ‘Habad des différents endroits, pour ce qui concerne ces Chevarim(8) ?
Notes
(1) Cette réponse du Rabbi a été rédigée à même le courrier du Rav Yaakov Landa, Rav de Bneï Brak. Cette lettre est datée du dimanche de la Parchat Le’h Le’ha 5721 (1960). On verra, à son sujet, les lettres n°7097 et 7544. (2) Le Rabbi avait demandé au Rav Landa, par l’intermédiaire de son fils, le Rav Elyahou Sim’ha, qui lui avait rendu visite, s’il se rappelait de quelle manière on sonnait le Chofar, selon les trois sons qui constituent les Chevarim, à Loubavitch. (3) Le Rav Y.Landa écrivait au Rabbi : “ Me trouvant auprès du Rabbi (Rachab), je n’ai entendu le Chofar sonné que par lui et j’ai remarqué différents points, sur lesquels un homme simple lui-même aurait pu s’étonner. J’en ai parlé, une fois, au ‘Hassid érudit, le Rav Yaakov Rachal de Riga, qui m’a répondu : ‘Que m’importe ? N’est-ce pas le Rabbi qui sonne du Chofar ?’. Or, nous n’avons pas l’habitude d’imiter et j’ai donc pensé que seul le Rabbi pouvait sonner les Chevarim de cette façon et que je devais, pour ma part, m’en tenir au Choul’han Arou’h. ” (4) C’est-à-dire le Rabbi lui-même et également d’autres personnes. (5) Alors que la bénédiction est récitée uniquement par celui qui sonne le Chofar. (6) Le Rabbi indique ainsi au Rav Landa que le Rabbi Rachab sonnait du Chofar dans le but d’acquitter les autres de leur obligation et que l’on peut donc en déduire un enseignement s’appliquant à tous. (7) Le Rabbi demandait aussi au Rav Landa de quelle manière étaient sonnés les Chevarim dans les différentes synagogues de ‘Habad. (8) La réponse du Rav Landa était la suivante : “ Mon père, le Rav, sonnait quatre sons pour les Chevarim, mais, dans notre synagogue, différentes pratiques avaient été instaurées par le beau-père de mon père, le ‘Hassid, Rav Zichka. On n’observait pas ces pratiques dans les autres synagogues. Il est clair qu’il ne m’est pas venu à l’esprit d’imiter notre saint maître, le Rabbi Rachab, y compris pour les usages qu’il est possible de mettre en pratique conformément au Choul’han Arou’h, mais l’on ne se souvient pas que l’on doit le faire, alors que le Rabbi le fit effectivement. C’est bien le cas pour les Chevarim, puisque le Rabbi sonnait plus de trois sons ”.
Lettre n°7485
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7485, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 21 Mar’hechvan. Nous sommes le Roch ‘Hodech Kislev, qui porte en lui l’ensemble de ce mois, défini comme celui de la délivrance et des miracles. C’est donc un moment propice pour susciter la bénédiction de Dieu, afin que la libération se manifeste en tous les domaines, ceux de la Torah et des Mitsvot, à titre individuel et ceux qui concernent la collectivité, en tout ce qui fait obstacle et sème le trouble.
On notera également que le Roch ‘Hodech Kislev est la dernière date(1) à laquelle tombent les pluies, y compris en une année en laquelle la saison des pluies est tardive. De fait, la pluie est la révélation céleste répondant à l’effort des hommes, ainsi qu’il est dit : “ Une onde s’élève de la terre pour arroser ” et nos Sages soulignent(2) : “ Elle monta de la terre et l’arrosa aussitôt ”.
Puisse Dieu faire que s’accomplissent tous les points pour lesquels on a prié, depuis le début de l’année(3) et jusqu’à la prière de la pluie(4), qui inclut tout en elle(5). Car, c’est la dernière date pour que tout cela s’accomplisse concrètement, qu’elle descende ici-bas et qu’elle se réalise pleinement, depuis ce Roch ‘Hodech, pour la bénédiction, pour la vie et pour la satiété. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, en particulier comme en général,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le traité Taanit 6a, le traité Nedarim, chapitre 8, à la Michna 5 et les Tossafot Yom Tov, à cette référence. On verra aussi le traité Baba Metsya 106b. ” (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Béréchit Rabba, à propos de ce verset. Yerouchalmi, traité Taanit, au début du second chapitre et l’on consultera également le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Haazinou ”. (3) Depuis Roch Hachana. (4) Prononcé à Chemini Atséret. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 13, au paragraphe 16, qui dit : ‘Elle irrigua tout : tout fut béni’ ”.
Lettre n°7486
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7486, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre et, comme vous me le demandez, je mentionnerai encore une fois vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Malgré la formulation de votre lettre et son contenu, bien plus, malgré ce que vous répétez pratiquement dans chaque lettre, je n’ai pas perdu l’espoir, ce qu’à Dieu ne plaise, qu’au final, non seulement vous observerez le bien de la vie, y compris de la vôtre, mais, en outre, que cette observation mettra un sentiment en éveil, dans votre cœur. Bien plus, selon l’expression de la ‘Hassidout, l’ensemble de ce monde est
un amalgame de bien et de mal. Un homme doit donc faire le choix de ce qu’il lui appartient de mettre en exergue, de ce qui doit lui offrir l’occasion de méditer, de s’intéresser. En effet, deux voies s’ouvrent, dans la vie de tous : on peut observer le bien autour de soi ou bien…(1) Or, s’il en est ainsi pour chacun, combien plus est-ce le cas pour les fils et filles d’Israël, qui sont animés d’une foi intangible en l’éternité de l’âme, en le caractère immuable de la spiritualité, en la victoire du bien, une victoire absolue. En effet, ce qui n’est qu’éphémère et passager(2) ne peut que disparaître devant l’existence éternelle, dès lors que ces deux éléments n’ont rien de commun.
Un récit de nos Sages nous délivre un enseignement, en la matière. Adam, le premier homme, se trouvant encore dans le Gan Eden, avant d’en avoir été chassé, se plaignit de sa situation et, de ce fait, il fut qualifié d’ingrat. A l’opposé, les fils et filles d’Israël, étant dans les camps de concentration des allemands, que leur nom soit effacé, en la période la plus terrible, récitaient les bénédictions du matin, louaient et bénissaient le Créateur du monde, Qui le dirige. Au final, chacun se situe bien entre ces deux extrêmes.
Bien entendu, ce qui vient d’être dit n’a nullement pour but de justifier ce qui arrive à quiconque, ce qu’à Dieu ne plaise, et surtout pas…(3). Il s’agit uniquement de décrire la réalité telle qu’elle est. Et, l’idée, en l’occurrence, est donc la suivante. La nature, le mode de vie que l’on mène, que celle-ci soit emplie de satisfaction et de contenu, ou bien qu’elle ait la définition inverse, dépendent, pour une très large part, de la volonté de l’homme, qui dirige l’observation de l’œil de son intellect et qui détermine ainsi s’il doit regarder à droite ou à gauche(4). Nous sommes en Kislev, mois de réussite pour toute la famille et puisse donc Dieu faire que cette évolution intervienne immédiatement. Avec mes salutations et ma bénédiction,
Notes
(1) Le contraire du bien. (2) Le mal. (3) La situation de laquelle se plaint le destinataire de cette lettre. (4) D’une manière large ou bien restrictive.
Lettre n°7487
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7487, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 23 ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez la prière(1) et vous me précisez les améliorations qui restent encore nécessaires, en la matière. A ce propos, on peut vérifier, dans la pratique, qu’en nommant des responsables du bon ordre, parmi les élèves eux-mêmes, en les chargeant d’aider les autres, de leur distribuer les livres de prière, comme le fait un responsable ou un guide, dans une synagogue, mais, bien entendu, en s’adaptant aux conditions(2), on réussit non seulement à obtenir le calme souhaité pendant la prière, mais aussi après celle-ci et, en outre, quand on se prépare à prier. Bien entendu, pour différentes raisons, ces responsables doivent être changés, de temps à autre. Et, la durée de leur fonction dépendra des capacités et de la personnalité des élèves. Dans le doute, vous commencerez par une période courte, ce qui permettra de nommer une seconde fois celui qui est apte à cela ou bien de le remplacer par quelqu’un qui est plus adapté à cette fonction.
Vous faites allusion à une élève de petite taille. Ces dernières années, plusieurs traitements ont été trouvés, en ce domaine. Bien entendu, tous ne réagissent pas de la même façon, par rapport à ces traitements et la réussite n’est pas toujours la même. En un moment propice, on mentionnera son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’elle obtienne la satisfaction de ses besoins. En tout état de cause, ses parents consulteront, de temps à autre, leur médecin traitant, afin d’être informés des dernières évolutions, en ce qui concerne leur fille. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Dans l’école dirigée par le destinataire de cette lettre. (2) Scolaires.
Lettre n°7488
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7488, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5721,
Brooklyn, New York,
Au Rav et érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples connaissances, se consacrant aux
besoins communautaires, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à vos lettres formulant la proposition d’établir et de mettre en forme un nouveau commentaire du Tana’h(2), à la fois traditionnel et pouvant être compris par la nouvelle génération. Vous souhaitez que je participe à ce projet, bien plus que j’en prenne la responsabilité. Faisant suite aux conversations que j’ai eues, ici même, avec une certaine personne, je préciserai, par la présente, ma position en la matière et le contenu de la réponse que j’ai communiquée oralement, au cours de ces conversations.
Je traiterai, tout d’abord, de ma participation en précisant, au préalable, qu’un tel projet représente une grande responsabilité, qu’en la matière, un échec partiel équivaut à un échec total. Si, dans quelques passages, est introduit un commentaire qui ne convient pas et si celui-ci est imprimé, c’est l’ensemble du projet qui en sera entaché. Le responsable ne peut donc être qu’un homme disposant de temps et de loisir qu’il peut consacrer à ce commentaire, dans toute la mesure de ce qui est nécessaire qui devra le relire d’un bout à l’autre, s’approfondir autant qu’il est possible de le faire, afin d’exclure tout écart par rapport à la tradition, qui est la voie droite.
De même, il est bien clair qu’en la matière, on ne peut pas déléguer un émissaire ou un représentant. Un projet impliquant une telle responsabilité ne peut pas être réalisé en s’en remettant à d’autres personnes, uniquement sur la base de la confiance, surtout d’après le dicton du Tséma’h Tsédek(3), qui dit qu’un mot prononcé oralement s’adresse à tous les présents, un mot écrit à l’ensemble de la génération et un mot imprimé à toutes les générations à la fois. Je dois donc décliner cette proposition, non seulement pour ce qui concerne la responsabilité, mais aussi pour le fait d’y associer mon nom, ce qui revient à en prendre la responsabilité, bien évidemment.
B) S’agissant du projet proprement dit, je pense qu’il s’agit d’une bonne initiative, mais uniquement dans la mesure où il est mené à bien par des personnes dignes de confiance et vérifié ensuite par plusieurs spécialistes fiables, qui seront réellement compétents en ce domaine. Je préciserai ce que je veux dire.
De façon générale, les paroles du Tana’h ont été commentées par les premiers exégètes, depuis celui qui en énonce le sens simple, Rachi, jusqu’au Metsoudat David et au Metsoudat Tsion. Ceux-ci possèdent une compétence particulière, en la matière, car ils en expliquent le texte selon ce qu’il est, ce qui veut dire qu’ils assumèrent une mission sacrée, qu’ils expliquèrent la Torah de Dieu, le livre des livres, sans rechercher un intérêt personnel, pas même moral, encore moins dans le but de se mettre en avant et de faire la preuve qu’ils connaissaient tout ce qui est caché. C’est ainsi que Rachi, à différentes références, affirme, par exemple : “ Je ne sais pas ”. Ceci fait également la preuve de leur compétence, puisque la signification véritable des versets leur a été transmise, d’une génération à l’autre, de même que, très certainement, plusieurs explications qui leur ont été léguées depuis la rédaction du Tana’h. Et, l’on connaît l’affirmation du Rambam, à propos de la Langue sacrée, selon laquelle l’éloignement des générations en a fait oublier différents points, ce qui la rend difficile à comprendre. Il y a donc bien eu une transmission, en la matière.
Malgré cela, il existe des différences de formulations, différents points dont la signification était auparavant évidente, alors qu’à l’heure actuelle, elle l’est beaucoup moins. De ce fait, il est bon que soit rédigé le commentaire auquel vous faites allusion. Et, nous devons, pour cela, nous en remettre aux Grands d’Israël des précédentes générations, qui permirent que des explications soient traduites en Yiddish(4) et s’efforcèrent de les diffuser auprès de ceux qui, pour une quelconque raison, ne comprenaient pas le commentaire de Rachi et ceux des Sages qui lui succédèrent. Mais, il est bien évident que tout ce projet est assorti d’une condition essentielle. Il doit être, selon l’expression de nos Sages, “ du vin vieux dans une bouteille nouvelle ”, ce qui veut dire que seuls le style et la formulation peuvent changer. Le vin vieux est, en l’occurrence, le commentaire qui a été consacré par les Grands d’Israël des précédentes générations, comme on l’a dit, depuis Rachi jusqu’au Metsoudat David et au Metsoudat Tsion.
C) On observe que les premiers Sages renforcent la précision de leurs commentaires en citant des mots issus d’autres langues, “ dans la langue d’un peuple étranger ”, selon l’expression de Rachi. On peut donc en faire de même pour le présent commentaire.
D) De même, il est évident que l’on peut y ajouter des comparaisons avec d’autres langues. Par exemple, nos Sages, dans le Midrash Tan’houma, commentant ce verset, précisent que Ano’hi,
Je, est un terme égyptien. Aux références qui conviennent, on citera les découvertes archéologiques et l’on y ajoutera des illustrations. Là encore, on trouve des précédents chez les exégètes qui sont acceptés par tous, par exemple le Rambam dans son commentaire de la Michna et le Arou’h, même si, dans les éditions ultérieures, plusieurs illustrations ont été supprimées, vraisemblablement pour des raisons techniques.
E) Le projet sera réalisé par des hommes, chacun d’entre eux possédant des traits de caractère qui lui sont propres. Or, comme je l’ai dit, il est un principe fondamental et une condition sine qua non que ce commentaire soit précisément du “ vin vieux ”. Il est donc indispensable que ses rédacteurs ne cherchent pas à y introduire des idées nouvelles. Leurs qualités et leurs aptitudes doivent se manifester uniquement dans le recueil et la présentation des explications. Bien plus, on peut vérifier dans la pratique que, chez de nombreuses personnes, ces dispositions d’esprit se contredisent. Celui qui est en mesure d’introduire des idées nouvelles a souvent des difficultés à recueillir et à mettre en forme, en l’état, les propos d’autre personnes, car il n’est pas aisé pour lui de ne pas y faire figurer sa propre idée. En pareil cas, c’est, au final, l’idée nouvelle qui l’emporte sur l’ancienne.
F) Il est évident également que l’objectif de ce projet est de donner un commentaire fiable du Tana’h, avec la formulation et la présentation les plus claires et les plus simples. La première conséquence en est qu’il n’y a pas lieu d’y faire figurer des avis contraires, y compris pour les rejeter ensuite. On doit citer chaque explication telle qu’elle est. Et, celui qui désire mettre en pratique les termes de la Michna : “ Sache ce qu’il faut répondre(5) ” en trouvera les moyens par ailleurs.
G) Une autre question est essentielle : y a-t-il une place, dans un tel commentaire, pour les explications de nos Sages, au moins pour quelques unes, comme les cite Rachi ? En effet, le but de l’étude du Tana’h est non seulement de comprendre le sens du verset, mais “ aussi ” de connaître Celui Qui donne la Torah. Il y a donc matière à s’interroger, à ce sujet. Mais, peut-être la position la plus adaptée consiste-t-elle à placer de telles explications sur le côté du commentaire ou bien sous son texte, sur une même page, mais non dans le corps de ce texte.
H) Tout ceci pourrait être développé, mais j’énumère ici uniquement les points principaux et les idées indispensables, à mon sens. En effet, s’il n’est pas possible d’accomplir pleinement l’ensemble de ces conditions, le projet pourrait causer beaucoup de tort, à la place de l’intérêt qu’on en attend. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Je serais satisfait de recevoir vos remarques concernant tout cela, avec tout le détail nécessaire. Je vous en remercie d’avance. Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, auteur de l’Encyclopédie talmudique, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°7476. (2) De la Torah, des Prophètes et des Ecrits saints. Voir, à ce sujet, la lettre n°7558. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2078. (4) La langue courante à l’époque, afin qu’elles soient comprises par le plus grand nombre. (5) A l’hérétique.
Lettre n°7489
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7489, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5721,
Brooklyn, New York,
A monsieur Korn(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 14 ‘Hechvan. J’ai pris connaissance, par la presse, de votre voyage, qui avait pour but d’obtenir des dédommagements pour nos frères, les enfants d’Israël originaires de Roumanie(2). Il semble que ceci fasse suite à ce dont nous nous sommes entretenus, lorsque vous étiez ici. J’espère que votre entreprise a été couronnée de succès et que vous m’en donnerez de bonnes nouvelles. Et, puisse Dieu faire que tous les montants collectés à titre de dédommagement, puisque ceux-ci sont désormais un fait établi, soient utilisés de telle façon que ce dédommagement ait aussi une portée spirituelle ou encore, selon la formule courante, qui est également consacrée, “ pour la sanctification du Nom de Dieu ”, c’est-à-dire pour réaliser ce qui permettra une telle sanctification.
J’ai noté, avec une satisfaction particulière, l’intérêt que vous manifestez, à la fin de votre lettre, pour l’édification de la Yechiva de Kichinev(3), à Kiryat Gat(4). Dieu fasse que vous connaissiez la réussite, en la matière, au-delà de ce que vous escomptez, afin de grandir et de parer la Torah, de sorte que la Yechiva qui existait au préalable ait une continuation, en se développant et en éclairant. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7085. (2) Des persécutions nazies. (3) Pour les Juifs originaires de Roumanie. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°6696.
Lettre n°7490
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7490, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5721,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du saint Chabbat. Je vous remercie pour la bonne nouvelle qu’est l’amélioration de votre état de santé. Vous me demandez comment améliorer votre comportement. Vous en parlerez au guide spirituel qui vous enseigne la ‘Hassidout(1). Telle doit être, en effet, l’attitude d’un élève de Tom’heï Temimim, fondé et dirigé par nos maîtres et chefs. Vous me demandez comment réparer ce qui s’est passé(2). Vous oublierez complètement tout cela(3). Et, l’oubli ne consiste pas à entrer en lutte contre la pensée qui n’est pas bonne. Il faut, bien au contraire, investir sa pensée dans un autre domaine et, si possible, la fixer, l’occuper par des mots de la Torah et de la prière. Car, si un peu de lumière permet de repousser beaucoup d’obscurité, combien plus peut le faire beaucoup de lumière.
Vous me demandez quand l’on doit lire deux fois chaque verset de la Paracha et une fois le Targoum. Je suis surpris par cette question, car ceci est expliqué dans le Choul’han Arou’h et l’on trouve, en outre, une précision supplémentaire, à ce sujet, dans le Hayom Yom(4). Vous constatez également que le Tanya, à la fin du premier chapitre, ne fait pas mention de la modestie(5). En effet, il cite uniquement les qualités qui sont innées au peuple juif, ce qui n’est pas le cas de la modestie, laquelle a été acquise lors du don de la Torah, comme l’explique le Maharcha, commentant le traité Yebamot 79a(6).
Il est inutile de vous préciser la nécessité de renforcer votre élan et votre ardeur à l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de même qu’à la pratique des Mitsvot de la meilleure façon. Et, les questions, les différentes interrogations, surtout en traversant les frontières, ne peuvent que s’ajouter à ce qui constitue l’ordre établi. C’est une évidence. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Au sein de la Yechiva dont le destinataire de cette lettre est un élève. (2) Une émission séminale en pure perte. (3) Voir, en particulier, la lettre n°7426. (4) A la date du 30 Sivan. (5) Le texte fait référence aux trois qualités caractéristiques du peuple juif, cite la pitié, la bienfaisance, mais non la troisième, la modestie. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°7298.
Lettre n°7491
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7491, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5721,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux bons
comportements, empli d’empressement, aux multiples
accomplissements, le Rav Its’hak, appelé docteur Lewin(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, à l’occasion, votre livre intitulé : “ Fruit de la fin de l’été ”(2). Je vous en remercie et, à n’en pas douter, vous m’adresserez également vos autres publications, qui ne figurent pas dans ma bibliothèque. Je vous en remercie. J’ai jugé bon d’exprimer ici l’idée suivante, que j’ai depuis quelques temps déjà et, régulièrement, je suis étonné et surpris qu’elle ne soit pas suivie d’effet. Il faudrait rédiger une histoire des persécutions et des pogroms, qui serait conforme à la réalité et serait également destinée à ceux qui craignent la Parole de Dieu.
Plusieurs ouvrages ont été publiés, ces dernières années, décrivant différentes périodes de persécutions et de pogroms, mais leur nombre reste très réduit et un enfant pourrait les compter, ou encore occultent-ils la partie concernant ceux qui craignent Dieu et leurs institutions. En tout état de cause, la part qui leur est consacrée est très minime par rapport à ce qui serait nécessaire ou, pire encore, les faits sont falsifiés. Parmi ces quelques publications, il est clair que les recueils intitulés “ Ceux dont il faut conserver le souvenir ” occupent une place prépondérante, mais, à quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de souligner que cela n’est nullement suffisant, surtout en comparaison avec ce qui est édité par l’autre camp, qui fait une présentation falsifiée des faits.
J’ai souhaité vous écrire spécifiquement tout cela lorsque j’ai consulté votre livre, que je viens de recevoir, dans lequel figurent des articles qui entrent effectivement dans cette catégorie. Il me semble qu’il y a eu, voici quelques années, un échange, à ce propos, dans la presse orthodoxe. Je m’en suis également entretenu avec des personnes d’Erets Israël, venus ici même en visite. Mais, pour l’heure, je n’ai pas vu les fruits de tout cela ou, en tout état de cause, je n’en ai pas eu connaissance. Or, la nature humaine veut que certains points soient oubliés, parfois même parmi les plus importants. Bien plus, à notre époque, des faits nouveaux et des problèmes se dressent chaque jour, attirant l’attention et exigeant la concentration, occupant le temps libre, quand on en dispose.
Je serais satisfait d’apprendre que certaines personnes se consacrent à la description de ces périodes et que ce projet avance, à la cadence qui convient. Puisse Dieu faire que cette situation soit bientôt modifiée et que l’on puisse publier un tel livre d’histoire, avec des chapitres emplis d’un contenu réjouissant, d’un bien visible et tangible. Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7653. (2) En anglais dans le texte : “ Late Summer Fruit ”.
Lettre n°7492
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7492, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5721,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, empli
d’empressement, aux multiples connaissances,
le Rav ‘Haïm D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 24 Mar’hechvan. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de son contenu, concernant votre état de santé et votre installation. De fait, nos Sages définissent ce qui est bon : “ bon pour les cieux et bon pour les créatures ”, soit un bien qui produit des fruits, selon l’expression du traité Kiddouchin 40a. Ceci inclut, bien entendu, votre important projet, la publication d’un commentaire du Tana’h, “ l’avis des Sages ”(2), incluant en lui de nombreuses explications traditionnelles, dont plusieurs chapitres et passages se complètent. En outre, celui-ci est formulé d’une manière compréhensible et simple.
Bien plus, mon beau-père, le Rabbi, rapporta que son père, le Rabbi Rachab, dont le mérite nous protégera, avait une étude fixée du Na’h(3), s’ajoutant à la pratique qui a été largement diffusée, en tout endroit où s’exerce son influence et où sa voix est entendue, l’étude quotidienne d’une Paracha du ‘Houmach, de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
En signe d’amitié, je reproduis ici quelques notes sur votre commentaire de la Paracha de cette semaine, celle de Vayétsé.
Sur son début : Il est dit que Yaakov quitta le lieu où habitait son père afin de se rendre à Béer Cheva. C’est effectivement ce que disent nos Sages, dans le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 68, au paragraphe 5. En revanche, pour ce qui est du sens simple de ce passage, selon le contexte de la Paracha qui lui est proche, de même que dans le temps, les versets 26, 23-25 indiquent que Its’hak planta alors sa tente à Béer Cheva. Par la suite, au verset 35, 27, il est question de ‘Hevron, où résidèrent Avraham et Its’hak. Et, le Midrash Tan’houma s’interroge, à ce sujet. En fait, ce verset précise l’endroit où ils habitaient de manière fixe. C’est pour cela qu’il dit qu’à la fois Avraham et Its’hak résidèrent là. C’est bien évident. Et, vous consulterez également le commentaire du Ramban sur notre Paracha, au verset 28, 17.
Sur le commentaire de la fin de la Paracha : La grandeur de Yaakov est établie, qui reconnut immédiatement les anges, à Ma’hanaïm(4), camp des hommes et camp des anges. La référence de cette interprétation n’est pas donnée. Il s’agit du commentaire de Rabbi Avraham Ibn Ezra et de celui du Ramban. A cela, on peut ajouter le point suivant. Ma’hanaïm correspond au chiffre deux et non à un simple pluriel et le récit précise bien, par la suite : “ en deux camps ”, soulignant ainsi une relation plus étroite, un lien entre ces parties qui forme une paire. Là encore, il y a une allusion à la grandeur de Yaakov et des hommes qui l’accompagnaient, dans le camp de la terre, au même titre que dans le camp des anges. En effet, tous à la fois bénissaient Dieu, comme le constate le Ramban. On peut encore dire que le camp des anges n’était pas venu pour lutter, mais bien pour s’adjoindre au camp de Yaakov, selon le Targoum Yonathan Ben Ouzyel et le Targoum Yerouchalmi.
Notes
(1) Le Rav ‘Haïm Dov Rabinovitch. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7656. (3) Des Prophètes et des Ecrits saints. (4) Textuellement, deux camps.
Lettre n°7493
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7493, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5721,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Ohaleï
Yossef Its’hak Loubavitch, à Melbourne,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris ce qui s’est malheureusement passé dans l’ancien bâtiment de la Yechiva(1). Puisse Dieu faire que s’accomplisse, pleinement et très prochainement, ce qui est rapporté au nom d’hommes d’une grande sainteté(2) et qui figure dans un manuscrit de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. En effet, ce texte précise, que l’on s’enrichit, après un incendie et il explique, en outre, que cette richesse est obtenue selon l’attribut de Yaakov, qui est “ un héritage sans limite ”, passant d’une extrémité à l’autre.
Bien plus, on peut ajouter encore une précision, à ce sujet. Il semble, en effet, que deux éléments soient cités ici, un héritage sans limite, d’une part, ce qui passe d’une extrémité à l’autre et qui est donc limité par ces extrémités, d’autre part. Il faut donc avoir l’intention de les réunir, de sorte que l’héritage sans limite se révèle également à l’endroit de cette limite. Et, l’on connaît l’exemple qui est donné, à ce sujet, celui de l’arche sainte qui n’avait pas de dimensions(3), même si elle avait précisément deux coudées et demie de longueur et une coudée et demie de largeur. Or, c’est précisément en se trouvant dans cet endroit(4) que l’arche se révèle ne pas avoir de dimensions.
Il doit en être ainsi à toutes les époques, au sein des quatre coudées de la Torah, dans les maisons d’étude et les Yechivot, se trouvant en un endroit limité. Tout d’abord, cette limite peut recevoir la plus haute bénédiction, d’une extrême à l’autre. C’est précisément là que se révèle l’héritage sans limite, qui est donc lié à Tiféret, l’attribut de l’harmonie, dont la dimension profonde s’élève jusqu’à la profondeur de Kéter, la couronne surplombant l’enchaînement des mondes, en laquelle toute impossibilité disparaît. Tout cela est bien évident. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de ce qui vient d’être dit,
M. Schneerson,
N. B. : Cette analyse doit encore être détaillée et précisée. Voici donc ce qui en résulte concrètement. Dans la dimension matérielle, il est nécessaire de collecter des fonds, lesquels sont, par nature, limités. Pour autant, la limite de ces sommes sera la plus large qui soit et la bénédiction vous sera accordée, qui vous permettra d’en faire usage de la manière la plus considérable.
Notes
(1) Qui a pris feu. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4307. (3) N’occupait pas de place, dans le Saint des Saints du Temple. (4) Le Saint des Saints, défiant les limites du monde.
Lettre n°7494
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7494, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 24 Mar’hechvan et à celles qui la suivaient :
A) Comment prier dans votre situation(1) ? Pendant le saint Chabbat et les fêtes, vous pourrez prier plus longtemps, tout d’abord quelque peu. Durant la semaine, en revanche, vous vous contenterez, pour l’heure, de la signification des mots, puisque vous êtes astreint à l’emploi du temps de la Yechiva et vous verrez, à ce propos, ce que dit le Kountrass Ha Tefila, comme vous le notez vous-même dans votre lettre.
B) Comment méditer avant la prière, surtout dans le but de pouvoir prier plus longtemps, selon ce qui a été dit ? En la matière, il s’agit bien de méditer et non d’étudier, d’acquérir de nouvelles connaissances. Il est donc très judicieux de se concentrer sur ce que vous avez déjà appris plusieurs fois et que vous connaissez. Cette méditation sera un approfondissement ou bien une révision des connaissances, afin d’en élargir la partie qui s’applique à l’action concrète ou encore aux bons sentiments. En la matière, on constate des différences entre les natures des hommes. Certains méditent mieux quand ils répètent les mots du maître, alors que d’autres, au contraire, préfèrent en réviser le contenu plutôt que les mots.
C) Comment faire en sorte que cette méditation génère de bons comportements ? De façon générale, un bon comportement doit découler de chaque méditation. Et, le point commun à toutes est le suivant : elle porte systématiquement sur la Torah de Dieu. Il en résulte donc systématiquement une idée liée à la grandeur de Dieu, un développement, un aspect merveilleux de ce concept, duquel découle, à l’autre extrême, la petitesse de l’homme, comme l’explique le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 98. Comme je l’ai dit, c’est là le point commun à toutes les méditations, mais l’on doit, en outre, en tirer, à chaque fois, un point plus spécifique.
D) Comment lier la pensée à une idée pendant un certain temps ? Comme pour tout ce qui concerne la Torah et le domaine de la Sainteté, il est dit, à ce propos, “ Je le renverrai peu à peu ”, ce qui veut dire que, dans un premier temps, on attache sa pensée pendant un court moment, puis que l’on y consacre plus de temps, peu à peu. On y parvient plus aisément en ayant un livre ou un Sidour ouvert devant soi, à la page ou au sujet sur lequel on médite.
E) Comment définir le service de Dieu du Chema Israël récité avant le coucher ? Il est, tout d’abord, une règle générale selon laquelle on établit le bilan des pensées, des paroles et des actions de la journée qui vient de s’écouler. En outre, certains points sont spécifiques à chacun et ils dépendent des traits de caractère, de la pratique de la Torah et des Mitsvot. Parfois, on doit être encouragé, renforcé. D’autres fois, c’est le contraire qui est vrai. Et, il en est de même également pour ce qui est plus personnel.
F) Comment et de quelle manière répartir son engagement entre l’étude de la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout(2) ? Il est bien évident qu’il faut, avant tout, organiser son étude en fonction de l’emploi du temps de la Yechiva. En plus des trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, de l’étude des lois qui sont nécessaires(3), tout dépend ensuite de votre intérêt personnel, surtout pour ce qui concerne l’étude approfondie.
En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction des souhaits de votre cœur, pour les points à propos desquels vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,
N. B. : Ce qui est dit ci-dessus, malgré le détail de la présentation, ne reprend que des directives ayant une portée générale. Pour obtenir le détail, y compris le plus précis, vous exposerez ces questions au guide spirituel qui vous enseigne la ‘Hassidout(4). Il vous conseillera conformément à la tradition des guides spirituels de Tom’heï Temimim, en chaque génération.
Notes
(1) Celle d’un élève de Yechiva, devant respecter son organisation. (2) A laquelle apporter plus de soins et d’effort ? (3) Qui sont d’usage courant. (4) Au sein de la Yechiva.
Lettre n°7495
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7495, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 29 ‘Hechvan, dans laquelle vous mentionnez votre attachement(1). Vous avez sûrement vu les propos de nos maîtres et chefs, concernant cet attachement. Ils sont rapportés par le Hayom Yom, aux dates du 9 Adar Chéni et du 24 Sivan. Cela veut bien dire que tout dépend de vous. Néanmoins, nos Sages soulignent que : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”, ce qui veut bien dire que seul un tel effort permet d’obtenir un résultat.
En tout état de cause, j’ai bon espoir, me basant sur le désir dont vous faites état(2), que vous étudiez, avec élan et ardeur, à la fois la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, qu’en outre, vous pratiquez les Mitsvot de la meilleure façon. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Au Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°7412. (2) Celui de s’attacher au Rabbi.
Lettre n°7496
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7496, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 3 Kislev, dans laquelle vous me relatez l’événement malencontreux qui s’est passé dans la famille de votre fiancée(1). De ce fait, vous vous demandez si le mariage doit, malgré tout, être célébré à la date qui avait été fixée. Je suis très surpris que vous soyez dans le doute, à propos de ce qui a été clairement établi par les Décisionnaires et vous faites vous-même état, dans votre lettre, de la décision d’un Rav, tranchant la Hala’ha, selon laquelle le mariage doit avoir lieu.
Il faut ajouter à cela que, selon la coutume juive, on ne retarde pas la date d’un mariage(2). Or, une coutume juive est partie intégrante de la Torah, surtout en la matière. C’est bien évident. En un moment propice, vos noms seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à votre demande. J’ai bon espoir que, non seulement vous ne retarderez pas la date du mariage que vous citez dans votre lettre, mais qu’en outre, vous l’avancerez, dans toute la mesure du possible et pour différentes raisons. Puisse Dieu faire qu’il soit célébré en un moment bon et fructueux. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Qui a perdu sa grand-mère paternelle. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°7458.
Lettre n°7497
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7497, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous me dites que vous êtes mariés depuis huit mois…(1). Vous me demandez si vous devez effectuer un examen(2), puisque votre épouse est en bonne santé. Ceci semble contradictoire, puisque vous précisez vous-même, au début de votre lettre, qu’elle se sent mal. Mais, vous voulez sans doute dire qu’on a déjà pratiqué sur elle l’examen courant, en la matière.
En tout état de cause, pendant l’année(3), il n’est pas nécessaire de consulter et de pratiquer des examens. Vous-même et votre épouse renforcerez votre engagement en ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, en général, le respect scrupuleux de la pureté familiale, en particulier. En effet, pour tout ce qui touche le bien et la sainteté, une situation aussi bonne qu’elle puisse être, peut toujours être améliorée, dès lors que l’on est attaché au Saint béni soit-Il, Qui est infini.
Bien que vous n’en disiez rien, j’ai bon espoir que vous avez un temps fixé, chaque jour, pour l’étude de la ‘Hassidout, de même que de la partie révélée de la Torah. Pendant le Chabbat, qui est saint pour Dieu, ce temps sera accru. En outre, vous diffusez les sources(4) à l’extérieur, conformément à l’exigence et à la nécessité du moment. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Alors que ce couple n’attend toujours pas d’enfant. (2) Recherchant une éventuelle stérilité masculine. (3) Toute la première année du mariage. (4) De la ‘Hassidout.
Lettre n°7498
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7498, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5721,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me signifiez de votre désir “ d’être ” ici, ce qui veut dire, vraisemblablement, que vous désirez poursuivre vos études, pendant quelques temps, à la Yechiva Tom’heï Temimim se trouvant ici. Il est clair qu’il vous faut, avant tout, interroger la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim au sein de laquelle vous étudiez actuellement. Celle-ci transmettra à mon secrétariat le détail de votre situation, concernant votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, votre pratique des Mitsvot et la ferveur de votre prière, de même que son avis sur l’intérêt de votre présence ici, pendant quelques temps. Une réponse vous sera communiquée après réception de ces informations.
En tout état de cause, j’ai bon espoir, en fonction du désir dont vous faites état, que vous étudiez, avec élan et ardeur, la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. De même, vous mettez les Mitsvot en pratique de la meilleure façon. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
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