Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°743
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°743, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Au ‘Hassid qui craint Dieu, monsieur ...,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et votre demande pour une bénédiction de réussite, pour vous, votre épouse et vos deux fils. Sans en faire le voeu, je mentionnerai tous vos noms, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous soyez inscrits et scellées pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Vous connaissez sûrement l’explication de mon beau-père, le Rabbi, comparant une bénédiction à la pluie. En effet, il est d’abord nécessaire de planter. Puis, la bénédiction transforme une graine unique en une quantité infiniment plus importante de fruits.
Il en est de même lorsque l’on fait, de sa propre initiative, un acte lié à la Torah et aux Mitsvot, en général et à la Tsédaka, en particulier. Un homme ne peut agir qu’en fonction des forces dont il dispose et qui sont nécessairement limitées. Néanmoins, il reçoit la bénédiction, que Dieu lui accorde selon Ses possibilités, lesquelles ne sont pas limitées. Vous obtiendrez ainsi la santé, la prospérité matérielle et la réussite, de même que votre épouse et vos enfants.
Je suis convaincu que vous rechercherez et trouverez le moyen d’agir dans les domaines de la Tsédaka, de la Torah et des Mitsvot, pour vous-même et pour les autres. Ceci sera un bon réceptacle pour contenir la bénédiction dont vous-même et votre famille avez besoin.
Je voudrais vous demander de transmettre à votre oncle que je mentionnerai son nom, comme vous me l’avez demandé, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin qu’il ait une prompte guérison, qu’il soit inscrit et scellé pour une bonne et douce année.
Vous trouverez ci-joint un reçu pour le don que vous avez fait pour les oeuvres de Ma’hané Israël réalisées de manière confidentielle, venant en aide à des personnes ou a des institutions, selon des modalités qui, pour différentes raisons, ne peuvent être divulguées. La Tsédaka qui reste confidentielle est, de fait, l’une de ses formes les plus hautes.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Mena’hem Schneerson,
Lettre n°744
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°744, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Elloul, décrivant brièvement votre vie et ce que vous faites actuellement. J’y ai lu avec satisfaction que, dans l’endroit où vous venez de vous installer(2), vous mettez en pratique la mission qui vous a été confiée par mon beau-père, le Rabbi. Il vous accorde des forces pour cela et vous y parviendrez donc de la manière la plus satisfaisante.
Différents textes de ‘Hassidout établissent qu’en forgeant un réceptacle matériel, on peut obtenir une réussite surnaturelle.
Vous dites que, si vous trouvez, par la suite, quelqu’un susceptible de vous remplacer, vous lui confirez vos fonctions et vous vous consacrerez à attirer les jeunes gens vers la Torah et les Mitsvot. Pour l’heure, ce n’est pas encore le cas et il est donc dommage de perdre du temps à envisager cette question.
Vous m’interrogez sur l’éducation de votre fille et me demandez si elle doit fréquenter l’école. Il serait bon de constituer une classe avec quelques jeunes filles et d’engager quelques professeurs, ce qui les dispenserait de fréquenter l’école. Les conditions seraient alors les meilleures, pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
Vous trouverez ci-joint le fascicule du 18 Elloul, qui vient de paraître, avec la lettre qui lui est jointe.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, ainsi que les membres de votre famille et toute votre communauté,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Y.Abba Pliskin. (2) En Australie.
Lettre n°745
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°745, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Au ‘Hassid, qui craint Dieu, le Rav ...,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Elloul. J’ai appris avec satisfaction que vous avez terminé vos études, avez obtenu vos diplômes et que vous exercez déjà votre métier.
Vous savez que le Rambam, dans ses lois des opinions, explique longuement comment mettre en pratique le Précepte en toutes tes voies, connais-Le. Il montre que, par chaque élément de sa vie, on doit pouvoir servir Dieu. A n’en pas douter, si vous faites l’effort qui convient, vous trouverez le meilleur moyen de servir Dieu sur la voie dans laquelle vous vous êtes engagée.
Vous me dites que, durant votre voyage, vous avez rencontré des Juifs orthodoxes et tiré un enseignement de leur comportement. C’est une très bonne chose et, de fait, la Michna dit: Qui est le sage? Celui qui apprend de chacun. Et vous trouverez, dans les mémoires de mon beau-père, le Rabbi, le commentaire du Baal Chem Tov sur cette sentence(1).
Néanmoins, tout cela n’est pas suffisant. Car, un homme doit, certes, apprendre, mais aussi enseigner aux autres. Il est différentes manières de le faire, ou bien en dispensant un enseignement, au sens le plus littéral, c'est-à-dire en parlant aux autres et en leur montrant le comportement droit, dans le service de Dieu comme dans les relations entre les hommes. Ce peut être aussi en leur montrant un exemple, par son propre comportement, en particulier par son étude de la Torah et sa pratique des Mitsvot.
Ainsi, si l’on voit un homme qui adopte toujours un bon comportement, on dira: Voyez telle personne, qui a une attitude digne d’un Juif. Chacun doit donc l’imiter. Je souhaite qu’avec le temps, il en soit ainsi pour vous, et non uniquement de la seconde manière(2).
Ainsi, vous dites, dans votre lettre, que vous enseignez à l’école du dimanche(3) et travaillez dans une compagnie juive. Vous enseignerez donc encore plus activement, en exerçant directement une influence positive sur les autres, en les conduisant à étudier la Torah, en étant pénétrés de crainte de Dieu et en accomplissant les Mitsvot.
Vous me dites qu’il vous est difficile de transformer votre personnalité. Je ne comprends pas exactement ce que vous voulez dire. Faites-vous allusion à vos relations avec les autres personnes ou à autre chose? Vous préciserez sûrement vos propos, la prochaine fois.
Vous m’écrivez aussi que vous êtes surpris par la politique du monde, en relation avec la venue du Machia’h. Là encore, vous ne m’expliquez pas clairement ce qui fait l’objet de votre étonnement. Vous vous rappelez sans doute de notre conversation, lorsque vous étiez ici. Nous disions que le Saint béni soit-Il n’a rien créé d’inutile dans le monde. Cela est vrai également des événements qui s’y déroulent et de la manière de les interpréter.
Ainsi, si cela était nécessaire au service de Dieu, il y aurait sûrement des personnes qui prédiraient l’avenir, afin de rendre ce service plus aisé. Si l’on ne trouve pas de telles personnes, c’est donc que l’on attend de nous ce service, même si nous ne savons pas à l’avance ce qui va se passer.
Il y a deux mois environ, j’ai déjà dit qu’à mon avis, il n’y aura pas de guerre, dans les prochains mois. Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur et chacun peut se consacrer à ses occupations, comme à l’accoutumée. Il importe uniquement de mener à bien la mission pour laquelle son âme est descendue dans ce monde. Pour y parvenir, il faut étudier la Torah et accomplir les Mitsvot, comme l’explique la ‘Hassidout.
Lorsque quelqu’un a eu le mérite de se voir confier une mission par mon beau-père, le Rabbi, il doit être clair pour lui que celle-ci fait partie du rôle dévolu à son âme, ici-bas.
Pour reprendre ce dont nous avons parlé il y a quelques temps, lorsque vous m’avez posé plusieurs questions à propos d’Erets Israël, il est sans doute maintenant évident pour vous, puisque le Saint béni soit-Il l’a montré aux Juifs sans ambiguïté, que cela n’est pas la délivrance tant attendue. Il l’explique avec bonté et miséricorde, afin que l’on sache qu’il n’y a là qu’une faible part du salut.
Pour différentes raisons, nous n’avons pas encore obtenu la délivrance qui nous a été annoncée par nos prophètes et pour laquelle nous prions chaque jour en disant et à Jérusalem, Ta ville(4), La pousse de David Ton serviteur(5), Que nos yeux assistent(6).
Mais, avant de dire et à Jérusalem, Ta ville, nous proclamons d’abord: Et nous n’aurons jamais honte, car nous avons placé notre espoir en Toi. Avant de dire Que nos yeux assistent, nous affirmons: Père miséricordieux, prends-nous en pitié.
Ainsi, il est clair que la délivrance viendra de Dieu Lui-même, qu’elle est liée à la Torah et aux Mitsvot, comme l’expliquent nos Sages, dans différents textes, dont voici quelques références: Israël sera délivré uniquement lorsqu’il accédera à la Techouva, Israël sera délivré seulement par la Tsédaka. Chaque Juif et chaque Juive doivent savoir que toutes leurs bonnes actions hâtent la rédemption, la fin de l’exil et de l’obscurité, rapprochent la délivrance complète et véritable, par notre juste Machia’h.
C’est donc le seul moyen d’obtenir la délivrance d’Israël et Moché, notre maître, l’a dit lui-même au peuple juif, il y a plus de trois mille ans. Il l’a même longuement consigné, dans la Torah de Dieu, à la Parchat Nitsavim, au chapitre 30.
Vous m’avez demandé de mentionner votre nom près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et c’est ce que je ferais. Mais, vous dites que vous ne comprenez pas cette pratique. Néanmoins, lorsque vous mangez, buvez ou dormez, je suppose que vous ne réfléchissez pas, au préalable, à l’effet que ceci peut avoir sur votre corps et sur votre âme. Or, vous faites ces actions, bien que vous ne les compreniez pas. Il peut donc en être de même, dans ce domaine.
Vous dites que cette manière d’agir s’apparente à une conversation avec les morts, ce qu’à Dieu ne plaise, que l’on s’adresse alors à quelqu’un d’autre(7), que Dieu nous en garde. Vous comprenez sans doute que ce n’est nullement le cas. Vous savez que Kalev, fils d’Ifouné, des Sages de la Michna et de la Guemara, des Justes de différentes époques ont agi de la sorte.
Je répondrai brièvement à votre question. Lorsque l’on venait demander une bénédiction au Rabbi(8), on ne s’adressait pas à lui du fait de la supériorité de son corps, mais bien à cause de l’élévation de son âme. Or, la mort atteint uniquement le corps, car l’âme est éternelle. Celle du Juste, en particulier, ne peut connaître le Guehénom(9) ou la fronde(10). Pour elle, la mort ne peut donc être qu’une élévation, qu’une ascension vers un stade plus élevé. Mais, ce Juste n’est pas un mort, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est ce qu’explique le Zohar, tome 3, page 71.
Vous prétendez également que l’on s’adresse à quelqu’un d’autre(7). Je vous expliquerai brièvement que ce n’est nullement le cas. En effet,
A) On demande, au Juste, dans sa grande perfection, d’intercéder en faveur de celui qui le sollicite auprès du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
B) Il fait aussi introduire un autre point. Chaque ‘Hassid, attaché au Rabbi, possède une âme qui est une parcelle de celle du Juste, laquelle possède un caractère collectif, est comparée à la tête par rapport à toutes ces âmes individuelles, comme le dit le second chapitre du Tanya. Chaque membre du corps reçoit sa vitalité de l’âme. Mais, celle-ci se révèle tout d’abord dans le cerveau et dans la tête. C’est ensuite seulement qu’elle véhicule à chaque membre la vitalité dont il a besoin.
Or, il en est de même pour la relation entre un ‘Hassid et son Rabbi. La tête, qui est saine et forte, possède la vitalité qui convient à chaque membre du corps. Pour que ce dernier soit également sain, il doit s’attacher pleinement à la tête, c'est-à-dire avoir des nerfs qui fonctionnent bien. C’est alors qu’il peut recevoir la vitalité.
De façon générale, c’est en ces termes que l’on peut définir l’attachement d’un ‘Hassid à son Rabbi et c’est de cette manière que celui-ci obtient la satisfaction de tous ses besoins, matériels et spirituels.
Le temps ne me permet pas de développer cette analyse, mais j’ai bon espoir que ce qui a été dit sera suffisant. Si vous vous posez des questions sur ce qui vient d’être dit, vous me les communiquerez et, lorsque je disposerai de temps libre, je m’efforcerai d’y répondre.
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul.
Et, je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les additifs de Keter Chem Tov, paru aux éditions Kehot en 5733-1963, à la page 52. (2) Qui est passive, mais de la première manière, en enseignant effectivement. (3) L’équivalent américain du Talmud Torah français. (4) Tu reviendras dans la miséricorde, dans la Amida, de même que les passages suivants. (5) Fais-la germer promptement. (6) A Ton retour à Tsion, dans la miséricorde. (7) Que Dieu. (8) De son vivant. (9) Le purgatoire des âmes. (10) Dans laquelle on fait tourner l’âme, après qu’elle ait quitté le corps, pour supprimer la trace des paroles inutiles qu’elle a prononcées, de son vivant.
Lettre n°746
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°746, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Elloul et je vous remercie de m’avoir communiqué des informations sur l’enterrement provisoire(2), puis sur celui(3) qui a eu lieu en Terre Sainte.
Vous me dites que vous et votre frère souhaitez l’un et l’autre diriger l’office(4). Il en résulte qu’il n’y a parfois que sept personnes priant avec l’un et sept avec l’autre. Vous me demandez s’il est préférable qu’un seul d’entre vous dirige l’office, afin que le quorum soit pleinement atteint.
Je n’ai pas reçu d’instruction claire, à ce propos. Néanmoins, il me semble préférable que chacun d’entre vous conduise l’office. La plupart du temps, vous pourrez sûrement réunir l’un et l’autre dix personnes. Et, parfois, lorsque vous devrez vous contenter de six personnes(5), vous vous en remettrez au Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 69, paragraphe 5, les considérant comme une communauté entière. Car, celui-ci a les épaules larges!
Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai vos noms et ceux des membres de votre famille près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de vous installer de la manière qui convient le mieux, matériellement et spirituellement.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav ‘Haïm Meïr Minkovitch. Voir, à son propos, la lettre n°674. (2) A Paris. Voir la lettre n°674. (3) Définitif. (4) Pendant l’année du deuil. (5) Minimum requis pour la prière publique.
Lettre n°747
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°747, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Au jeune homme, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav ...,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, écrite à l’issue du Chabbat 7 Elloul. Vous me dites que vous avez fait vos études, jusqu’à maintenant, à la Yechiva de Tel Aviv, mais, dernièrement, vous ressentez le manque et vous me demandez donc si vous devez aller ailleurs.
De façon générale, une telle question doit être posée à votre guide spirituel, le Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman(1). Vous me ferez connaître son avis.
Vous dites ressentir un manque et vous ne précisez pas de quelle nature il est. Or, vous disposez des fascicules de l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, de ses causeries, dans lesquelles figurent des instructions et des conseils pour ne pas laisser le mauvais penchant(2) troubler l’étude de la Torah et le service de Dieu, empli de Sa crainte.
Il est bien établi que la conscience du manque est un stratagème du mauvais penchant, qui se masque pour apparaître à chacun de la manière qui lui permettra de convaincre le plus aisément.
Vous avez sans doute un temps spécifiquement fixé pour étudier l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi. De même, vous devez lire chaque jour le Psaume 71(3) et puisse Dieu faire que vous soyez un ‘Hassid, craignant Dieu et érudit, qui mettra en pratique la volonté de mon beau-père, le Rabbi, ce qui implique, en particulier, d’être une lumière pour éclairer son entourage par la clarté de la crainte de Dieu. Vous me donnerez de bonnes nouvelles, à ce propos.
Je lirai la demande de bénédiction figurant dans votre lettre près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Le Juste qui quitte ce monde s’y trouve plus que de son vivant. Il accordera donc sa bénédiction et Dieu l’exaucera, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Voir, à son propos, la lettre n°425. (2) Le texte dit, textuellement, le petit malin. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°644.
Lettre n°748
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°748, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Elloul 5710,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 18 Mena’hem Av dans laquelle vous me demandez si vous devez quitter la ville où vous résidez actuellement et, le cas échéant, où aller.
A mon avis, vous devriez vous efforcer d’obtenir un visa pour les Etats Unis, le Canada ou l’Australie et, à peu près, quel délai il faudra pour cela. Si cela n’est pas possible, vous me le ferez savoir.
Vous me dites que votre fils n’est pas très attiré par l’étude. Vous devez donc lui expliquer, dans des mots qu’il comprendra, que tout est désormais différent, qu’il doit savoir que mon beau-père, le Rabbi est le chef et la tête de ses ‘Hassidim et de ceux qui lui sont attachés. Or, il est bien évident que la tête est saine et forte(1). Elle porte donc pleinement en elle tous les potentiels et la vitalité nécessaires pour ceux qui lui sont attachés. Tout dépend donc d’eux. Si leur volonté n’est pas celle de la tête, ce qu’à Dieu ne plaise, ils ne sont pas les seuls à être en cause(2).
Une réflexion, même hâtive, à tout cela, lui permettra sûrement de prendre conscience de l’immense responsabilité qui lui incombe. Dans toute la mesure que son état de santé lui permet, il doit donc se consacrer pleinement à la volonté de mon beau-père, le Rabbi, à l’application de ses propos et de ses enseignements figurant dans ses causeries, ses lettres, destinées à tous ou personnelles. Chacun et chacune y trouvera de quelle manière orienter son existence.
Et l’on ne doit pas se demander quelle relation il peut y avoir entre un si petit garçon et un si grand Rabbi. Différents textes de ‘Hassidout
l’expliquent, en particulier le discours ‘hassidique du 18 Elloul, paru cette année et se trouvant dans le fascicule que vous trouverez ci-joint.
Vous et votre gendre avez sans doute fixé un temps pour l’étude de l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi et vous lisez le Psaume 71(3).
Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai vos noms et ceux des membres de votre famille, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année.
Avec ma bénédiction pour une bonne et douce année,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°745. (2) La tête elle-même est touchée dans la mesure où elle se trouve dans l’impossibilité de donner. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°644.
Lettre n°749
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°749, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5710,
Brooklyn,
A nos frères et soeurs, fils et filles d’Israël,
en tout endroit où ils se trouvent,
que Dieu leur accorde longue vie(1),
Je vous salue et vous bénis,
Au seuil de la nouvelle année, qui apportera le bien et la bénédiction aux fils et filles d’Israël, chacun et chacune d’entre nous se trouve en éveil, établit le bilan de ce qu’a été l’année qui vient de s’écouler, de ce que l’on a fait et de ce qui est arrivé. On prend alors la décision de s’améliorer et l’on prie notre Père, Qui se trouve dans les cieux, afin d’être inscrit et scellé, avec tous les siens, pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement(2).
Nos Sages soulignent qu’en donnant de la Tsédaka(3) à un pauvre, on peut être exaucé, obtenir une bonne vie, la délivrance et le salut, l’opulence et la satisfaction des besoins matériels.
L’homme(4), au même titre que toutes les autres créatures, y compris les anges les plus élevés(5), possède un corps et une âme. Et, tout comme on peut être pauvre par son corps, incapable d’assurer la satisfaction de ses besoins, on peut aussi être pauvre par son âme, ne pas pouvoir satisfaire ses besoins.
Il en est de même pour la Tsédaka. Celle-ci peut être matérielle ou spirituelle. Dans le Tana Dveï Elyahou Rabba, au chapitre 27, nos Sages, commentant le verset lorsque tu verras un homme dévêtu, tu le couvriras, disent: Comment cela? En fait, si tu vois quelqu’un qui ne connaît pas les paroles de la Torah, fais-le entrer dans ta maison, enseigne lui le Chema Israël et la prière, encourage-le à la pratique des Mitsvot.
Chacun et chacune d’entre nous souhaite être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. On doit donc s’efforcer de donner de la Tsédaka, matérielle et spirituelle à la fois, en particulier pendant Elloul et Tichri.
En ces jours, nous nous présentons devant le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Chacun et chacune d’entre nous devra donc établir un grand bilan(6), selon ses possibilités propres, de la Tsédaka qu’il a donné pour sauver un pauvre matériellement et pour le préserver spirituellement.
Celui qui est matériellement pauvre est lui-même tenu de donner de la Tsédaka matérielle(7). De fait, chaque pauvre est capable de trouver un moyen de venir en aide à son prochain.
Et, il en est de même pour la Tsédaka spirituelle. Celui qui est spirituellement pauvre doit également en donner. Il n’est pas un homme ou une femme, dans le peuple d’Israël, qui ne soit capable d’exercer une influence positive sur les Juifs et les Juives, qui ne puisse les rapprocher de la crainte de Dieu, de la Torah et des Mitsvot.
Et l’effort est à la mesure de chacun(8). Les riches, matériels et spirituels, érudits de la Torah, ceux qui se consacrent à son étude, élèves des Yechivot, doivent dépenser largement leur argent et leurs connaissances, pour sauver, guérir et soigner l’âme et le corps de leurs frères et soeurs.
Et notre Père miséricordieux(9) inscrira et scellera chacun et chacune d’entre nous, parmi tout le peuple d’Israël, pour une bonne et douce année, en un bien visible et tangible, matériellement et spirituellement. Il nous accordera, très bientôt et de nos jours, la délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h, Amen.
Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,
gendre de notre chef et maître, le Rabbi,
Notes
(1) La lettre n°481, rédigée au milieu de l’année 5709-1949, était la première lettre collective-personnelle, dont la signification a été précédemment définie. A la fin de 5710-1950, le Rabbi introduisit également des lettres collectives. Celle-ci est la première de cette catégorie, qui fut, en son temps, dupliquée par ronéotype et reproduite en un très grand nombre d’exemplaires. Dans ces lettres, le Rabbi s’adresse indistinctement à tous les fils et filles d’Israël, en tout endroit où ils se trouvent. Cette lettre et les deux suivantes furent également imprimées dans le Séfer Hamaamarim 5711, du précédent Rabbi, puis dans un fascicule indépendant, édité en Elloul 5714-1954, dont l’avant propos dit : A cette occasion, le Rabbi Chlita a revu encore une fois le texte de ses lettres et il y a ajouté des notes, en bas de page. (2) Le Rabbi note en bas de page: On consultera les Hagahot Maïmonyot, lois de la Techouva, chapitre 3, paragraphe 3 et le Likouteï Torah Devarim, page 56a. (3) Le Rabbi note en bas de page : Traité Baba Batra 10a, largement commenté par Igueret Hakodech, par l’introduction du Sidour et par d’autres textes. (4) Le Rabbi note en bas de page: Largement commenté par la séquence de discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5710. (5) Le Rabbi note en bas de page: Y compris ceux qui se trouvent dans le monde spirituel d’Atsilout, selon Igueret Hakodech, au chapitre 20. Voir le Ets ‘Haïm, porte 50, chapitre 8. Vous consulterez également le Pardès, porte 24, chapitre, chapitres 11 et 15. C’est ce que dit le Ramban, cité par le Torah Or 4b, le Likouteï Torah Bera’ha 98a, le Rambam, lois des fondements de la Torah, chapitre 2, paragraphe 3, cité par le Ramban, à la fin de Chaar Haguemoul et le Guide des égarés, tome 1, chapitre 49, qui exclue que ce corps soit matériel. On consultera aussi le Guide des égarés, tome 2, chapitre 6, le Pardès, sixième porte, chapitre 6. Mais, l’on peut encore s’interroger, à ce propos. (6) Le Rabbi note en bas de page: Traité Baba Batra 9b. Voir Igueret Hakodech, chapitre 3. (7) Le Rabbi note en bas de page: Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 248 et commentaires, à cette référence. (8) Textuellement la marque sur le dos du chameau est à la mesure du poids de son fardeau. Le Rabbi note en bas de page: Il en est précisément ainsi. Voir l’importance de la punition, dans ce cas, au traité Ketouvot 66b. (9) Le Rabbi note en bas de page: Voir le Likouteï Torah, au discours intitulé: Cantique des degrés, des profondeurs, au début du second chapitre et le commentaire du discours : Je suis noire et gracieuse, au début du chapitre 6.
Lettre n°750
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°750, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5710,
A nos frères et soeurs, fils et filles d’Israël,
en tout endroit où ils se trouvent,
que Dieu leur accorde longue vie(1),
Je vous salue et vous bénis,
Au seuil de la nouvelle année, qui apportera le bien à tout Israël, chacun d’entre nous se trouve en éveil afin d’établir le bilan de ce que l’on a fait pendant l’année qui vient de s’écouler. On prend alors la décision que la nouvelle année sera meilleure et plus élevée, dans tous les domaines et l’on prie notre Père, Qui se trouve dans les cieux, afin d’être inscrit et scellé, avec tous les siens, pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Nos Sages soulignent qu’en donnant de la Tsédaka, on peut être exaucé, obtenir la santé, l’opulence et le bonheur.
L’homme possède un corps et une âme. Et, tout comme on peut être pauvre par son corps, dans la satisfaction de ses besoins, on peut aussi être pauvre par son âme et ne pas pouvoir satisfaire les besoins de celle-ci.
Il en est de même pour la Tsédaka, qui peut être matérielle ou spirituelle. Dans le Tana Dveï Elyahou Rabba, au chapitre 27, nos Sages, commentant le verset lorsque tu verras un homme dévêtu, tu le couvriras, disent : Que veut dire le Prophète? En fait, il souligne que si tu vois quelqu’un qui ne connaît pas les paroles de la Torah, tu devras le faire entrer dans ta maison, lui enseigner le Chema Israël et la prière, l’encourager à la pratique des Mitsvot.
En ces jours de bilan moral, chacun et chacune, homme ou femme, doit donc établir le compte de la Tsédaka qu’il a donnée pour satisfaire des besoins matériels et pour combler les manques spirituels, se demander également s’il l’a fait à la mesure de ses moyens, spirituels et matériels. Car, il est encore temps de rectifier ce qui est imparfait(2).
Celui qui est matériellement pauvre peut et doit donner de la Tsédaka matérielle à un autre pauvre, à la mesure de ses moyens. De même, chaque Juif, y compris celui qui est spirituellement pauvre, doit également venir en aide à celui qui est pauvre, par l’esprit, en exerçant une influence positive sur son entourage, en le rapprochant de la Torah et des Mitsvot.
Ceux qui sont matériellement riches et ceux qui possèdent des trésors spirituels, érudits de la Torah, élèves des Yechivot, doivent dépenser largement leur argent et leurs connaissances, pour sauver, guérir et renforcer l’âme et le corps de leurs frères et soeurs.
Je conclus en exprimant un souhait et une bénédiction(2). Que notre Père miséricordieux, Qui se trouve dans les cieux, inscrive et scelle chacun d’entre nous pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Il nous accordera, très bientôt et de nos jours, la délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h, Amen.
En vous souhaitant et en me souhaitant une bonne année,
Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson, gendre de notre chef et maître, le Rabbi de Loubavitch,
Notes
(1) Cette lettre est collective, selon la définition donnée pour la lettre précédente. Elle en diffère peu, mais la précédente est rédigée en Hébreu et celle-ci en Yiddish. Ce fut le cas, à plusieurs reprises, pour des lettres collectives. (2) Cette phrase ne figure pas dans la lettre précédente.
Lettre n°751
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°751, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Premier jour de Seli’hot 5710,
Aux élèves des Yechivot,
à qui Dieu accordera longue vie(1),
Je vous salue et vous bénis,
Avec la permission des Rabbanim érudits, directeurs des Yechivot, à qui Dieu accordera longue vie, je m’adresse à vous par la présente, mes amis, élèves des Yechivot, en plus de ma lettre du 18 Elloul(2).
La divine Providence vous a accordé l’immense bonheur d’être de ceux qui ont la Torah de Dieu pour seule activité. Dieu a conféré une vertu particulière à la jeunesse, celle de la force et de l’enthousiasme. Ces deux éléments font que vous portez une responsabilité particulière.
Vous devez être parmi les premiers à agir et à inviter les autres à l’action, à donner de la Tsédaka spirituelle à ceux qui sont moralement pauvres, à la donner avec bienveillance et largesse.
Nos Sages enseignent : Grande est, par elle-même, l’Injonction d’étudier la Torah, au delà de toutes les autres Mitsvot, dont elle est l’équivalent, car elle conduit à l’action(3). Mais, lorsque l’on ne peut confier à quelqu’un d’autre l’accomplissement d’une Mitsva, par exemple parce que l’on sera soi-même mieux entendu ou bien parce que l’action des autres est insuffisante pour mettre en pratique la Mitsva, on doit interrompre son étude pour l’accomplir. C’est ensuite seulement que l’on reprendra son étude.
Au cours du mois de Tichri qui approche, mois qui apporte à chaque Juif l’obligation et le mérite de renouveler ses actions et d’améliorer ses actions(4), vous autres, élèves des Yechivot, devez réunir toutes vos forces :
A) Dans vos efforts envers vous-mêmes : Vous devez accéder à une Techouva véritable, vous soumettre à la royauté de Dieu, à la Torah, en craignant Dieu et en mettant en pratique joyeusement les Mitsvot(5).
B) Dans votre action envers les autres : Vous devez vous rapprocher de ceux qui en ont besoin, renforcer ceux qui sont affaiblis, en les guidant vers la Techouva, l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot.
Bien plus, vous devez mener une campagne particulière et large, par tous les moyens possibles, pour que chaque enfant, chaque jeune, reçoive une bonne éducation, dans l’esprit de la Tradition d’Israël, sans compromis.
Et le Saint béni soit-Il dit à Israël : Si vous améliorez vos actions, Je quitterai le trône de la rigueur pour prendre place sur celui de la miséricorde et Je transformerai la sévérité en compassion(6).
En vous souhaitant et en me souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson, gendre de notre chef et maître, le Rabbi de Loubavitch,
Notes
(1) Cette lettre est collective. Voir, à ce propos, la lettre n°749. (2) Il s’agit des lettres n°749 et 750. (3) Le Rabbi note, en bas de page : Lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, chapitre 4, paragraphe 3. Voir aussi le Rambam, lois de l’étude de la Torah, début du chapitre 3. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Midrash Vaykra Rabba, chapitre 29, 6. (5) Le Rabbi note, en bas de page : Traités Bera’hot 22a, Chabbat 30b, Rambam, fin des lois du Loulav. (6) Le Rabbi note, en bas de page : Midrash Vaykra Rabba, à la même référence.
Lettre n°752
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°752, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Premier jour des Seli’hot 5710,
Brooklyn, New York,
Différents(1) textes de ‘Hassidout(2) expliquent pourquoi l’on parle de Roch Hachana, tête et non début de l’année. Ce jour, par rapport à tous les autres qui constituent l’année, en est bien la tête, dirigeant le corps et les membres.
La tête porte en elle la vitalité de tous les membres et l’insuffle à chacun en particulier(3). De même, Roch Hachana porte en lui la vitalité de tous les jours de l’année, de manière potentielle. Puis, chacun de ces jours acquiert une existence spécifique.
C’est une des raisons pour lesquelles il nous est commandé d’accorder de l’importance à chaque instant, à Roch Hachana. En ces jours, les heures et les minutes ont une portée générale, sont bien plus élevées que tout le reste de l’année, non seulement quantitativement, mais aussi qualitativement, tout comme la matière du cerveau est plus fine que celle du reste du corps.
L’homme est en bonne santé lorsque la vitalité de son corps est intègre, lorsque chaque membre de son corps en reçoit la partie qui lui revient.
Il en est de même pour les jours de Roch Hachana, qui doivent assumer la mission qui leur est impartie. Ils sont la tête de l’année, liés aux jours qui la constituent, pendant lesquels ils vivifient la soumission à la royauté de Dieu, l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot.
*
*
*
Il est un point qui vient en aide au service de Dieu, en général et apporte, en particulier, le moyen d’attacher Roch Hachana aux autres jours de l’année. C’est l’attachement au chef du peuple juif, dont l’âme(4) est la tête, le cerveau, par rapport aux autres âmes de la génération, tirant d’elle leur vitalité et s’unifiant, par son intermédiaire, à sa source première.
Il en est de même pour chacun et chacune d’entre nous. L’attachement au chef, à la tête de notre génération, mon beau-père, le Rabbi, est de nature à favoriser le service de Dieu de Roch Hachana(5) et à le mettre en relation avec les autres jours de l’année.
Or, il a lui-même expliqué que l’on s’attache à lui en étudiant son enseignement, en suivant le droit chemin qu’il a tracé pour nous, en suivant son exemple.
C’est par ce canal que nous obtiendrons d’être inscrits et scellés pour une bonne année, d’un bien visible et tangible, matériellement et spirituellement, à Roch Hachana, puis
pendant tout le reste de l’année.
Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre du Rabbi, introduisant le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana 5711, est imprimée dans le Séfer Hamaamarim 5711, à la page 2. (2) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Likouteï Torah, début de la Parchat Tavo, début d’Atéret Roch, discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5701, 5702 et d’autres textes encore. (3) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le chapitre 51 du Tanya. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Tanya, chapitre 2. Voir également l’introduction du fascicule édité à l’occasion du 12 Tamouz, qui est le fascicule n°80, c'est-à-dire la lettre n°635. (5) Le Rabbi note, en bas de page : De fait, mon beau-père, le Rabbi, raconta, le second soir de Roch Hachana 5704 (1943), qu’à partir de 5654 (1893), son père adopta la coutume de mentionner, pendant ces vingt quatre heures, les noms du Baal Chem Tov, du Maguid de Mézéritch, de l’Admour Hazaken, de l’Admour Haémtsahi, du Tséma’h Tsédek, du Rabbi Maharach et, parfois, également de ses oncles, les fils du Tséma’h Tsédek. Il rapportait un récit les concernant ou bien citait une brève explication de la Torah qu’ils avaient donnée.
Lettre n°753
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°753, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Troisième jour des Seli’hot 5710,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de Roch Hachana. Vous le mettrez sans doute à la disposition de tout votre entourage. Il serait bon qu’il fasse l’objet d’une étude collective car, si, en tout temps, nos Sages ont souligné le mérite de l’étude publique, combien plus est-ce le cas dans les jours qui précèdent Roch Hachana, durant cette fête et pendant les dix jours de Techouva. Il est alors important de se lier à ses amis.
Commentant le verset vous vous trouvez tous ensemble aujourd’hui, la ‘Hassidout souligne(2) que la Paracha qu’il introduit est toujours lue avant Roch Hachana. Du reste, le terme aujourd’hui fait allusion au jour de Roch Hachana, lorsque toutes les parcelles d’âme sont présentes et s’élèvent vers leur source, devant Dieu(3). Il faut donc être tous ensemble, réunis dans la plus grande unité, depuis les chefs de tribu jusqu’aux puiseurs d’eau.
Mon beau-père, le Rabbi, conclut son propos(4) en rapportant les termes de son père, ayant fait l’objet d’une transmission, d’un Rabbi à l’autre. Il dit que, lorsque l’Admour Hazaken se trouvait à Mézéritch, son maître, le Maguid, lui révéla qui il était. Il lui dit que sa mission consistait à dévoiler et à expliquer l’enseignement du Baal Chem Tov, ce qui en découlait pour l’amour de Dieu et pour l’amour du prochain, à enseigner la ‘Hassidout ‘Habad.
Mais, lui dit son maître, le Maguid, citant le Baal Chem Tov, le service de Dieu consiste avant tout à s’approcher des simples Juifs. Car, on doit aimer un Juif uniquement parce qu’il est Juif.
Puis, il ajouta une autre explication(5), précisant que le Baal Chem Tov avait établi la relation entre l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour du peuple juif. Le Maguid de Mézéritch permit de comprendre le lien entre ces trois amours et la signification profonde des trois formes d’amour de Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Enfin, l’Admour Hazaken révéla que chacun peut, doit éprouver ces trois amours, est tenu de le faire. Il affirma que l’amour du prochain est la porte permettant l’élévation, sur laquelle est inscrite, en lettres lumineuses : Voici la porte conduisant vers l’élévation.
En étant tous réunis ensemble, nous obtiendrons qu’en ce jour de Roch Hachana, nous soyons le peuple de Dieu et qu’Il soit Lui-même notre Dieu, Qui nous accordera toute la lumière du monde et nous donnera la délivrance véritable et complète, très bientôt et véritablement de nos jours.
En vous souhaitant et en me souhaitant d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année,
M. Schneerson,
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Dans votre lettre, vous me parlez de vous-même, de vos défauts et, en la lisant, je me suis souvenu de ce que m’a dit mon beau-père, le Rabbi, à propos d’un certain récit: On n’a pas le droit de médire d’un Juif, même s’il s’agit de soi-même.
J’attends de vous de bonnes et réjouissantes nouvelles.
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Dans votre lettre du 8 Elloul(6), vous vous plaignez que je n’ai pas répondu à vos questions, mais vous ne m’en n’avez pas posées. Vous m’avez seulement envoyé une demande de bénédiction, pour que je la lise près du tombeau, ce que j’ai fait, bien entendu.
Si cela n’est pas adapté(7), vous pourrez enseigner les commentaires de mon beau-père, le Rabbi, aux jeunes uniquement quelques fois par semaine et non tous les jours.
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Le Rabbi note, en bas de page: Dans le Likouteï Torah. (3) Ce qui est la suite de ce verset. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le compte rendu de Nitsavim 5707. (5) Le Rabbi note, en bas de page: Voir la causerie de Lag Baomer 5708. (6) Ce passage fut ajouté à la lettre destinée au Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman. Voir, à son propos, la lettre n°425. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°694. S’il n’est pas adapté de le faire tous les jours.
Lettre n°754
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°754, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5710,
Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Elloul, dans laquelle vous m’annoncez la naissance de votre fille, en un bon moment. Je vous exprime donc ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Vous l’éduquerez, avec votre épouse, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
Je lirai la demande de bénédiction qui était jointe à votre lettre près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, en un moment propice.
Je suis surpris que vous ne m’ayez pas dit si vous participer à la répartition du Talmud(2). Comme vous le savez, chacun doit étudier au moins un traité talmudique par an, comme le dit le fascicule n°28, à sa conclusion(3).
Vous continuerez sûrement à rédiger vos mémoires, bien que vous ne l’ayez pas fait dans votre dernière lettre.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année, ainsi que tous les membres de votre famille,
Mena’hem Schneerson,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana et des lettres qui s’adressent à tous(4). Il serait bon de les diffuser de la meilleure façon possible.
Notes
(1) Le Rav Chalom Dov Ber Natik. (2) De sorte que tous les traités en soient étudiés pendant l’année et achevés pour le 19 Kislev ou bien le 24 Tévet. (3) Likouteï Dibourim, tome 3, page 507b. (4) Les lettres n°749 à 751.
Lettre n°755
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°755, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5710,
Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, ...,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu, en son temps, le fascicule du 18 Elloul, avec ma lettre(1), qui y était jointe. Vous avez également lu ce qui figurait dans la marge de cette lettre.
Par manque de temps, je n’ai pas développé mon propos, comme il aurait fallu. De plus, je me suis dit que c’était inutile et que quelques mots seraient suffisants pour vous. Or, je constate votre silence. Vous ne m’avez pas répondu, à ce propos et vous savez que le Talmud donne deux interprétations du silence. Il dit que s’il se tait, c’est qu’il est d’accord. Mais, il dit aussi que il s’est tu pour contredire ses paroles. Le doute subsiste donc et je voudrais, en conséquence, développer quelque peu mon propos. Voici mon analyse de la situation.
Mon beau-père, le Rabbi vous a choisi, a fait de vous son émissaire pour diriger la communauté juive de votre ville. Or, l’émissaire d’un homme s’identifie à celui qui le mandate, en particulier parce que celui-ci lui donne toutes les forces nécessaires.
Il en est ainsi pour chacun, mais, combien plus est-ce le cas lorsque l’émissaire sait intérioriser tout cela et que celui-ci qui le mandate lui révèle son essence profonde. Le Baal Chem Tov enseigne que lorsque l’on détient une partie de l’essence, on la possède en totalité, comme l’explique le discours ‘hassidique de Roch Hachana, au second chapitre. Ainsi, lorsque celui qui mandate accorde ses forces à son émissaire, c’est comme s’il se trouvait lui-même sur place.
Dans quel but mon beau-père, le Rabbi, vous a-t-il délégué ? Il est bien clair qu’il attend de vous que vous conduisiez votre communauté sur le chemin de la Torah et des Mitsvot, lui veniez en aide pour que chacun de ses membres puisse s’élever sur la voie de Dieu.
Bien évidemment, il est nécessaire pour cela que l’émissaire connaisse personnellement une élévation bien supérieure à celle des membres de la communauté qu’il doit diriger. Comment peut-il l’obtenir? En suivant la voie royale, celle du Roi du monde, indiquée et expliquée par nos Sages, en général, par les maîtres de ‘Habad, en particulier et par notre chef, mon beau-père, le Rabbi, tout particulièrement. Cette voie détermine par quels moyens on peut se préserver des attaques du mauvais penchant, que l’on appelle le petit malin, mettant ainsi en pratique le Précepte écarte-toi du mal et de quelle manière connaître l’élévation, accomplissant ainsi l’Injonction fais le bien.
Après tout cela, s’il est vrai, ce qu’à Dieu ne plaise, comme je l’ai entendu, que vous souhaitez vous rendre à l’université, vous pouvez imaginer ce qui en découlera :
A) Vous utiliserez une large part de votre temps, qui, par ailleurs, est déjà limité, pour ce qui ne vous permet pas de mener à bien votre mission, précédemment décrite.
B) Vous consacrerez une partie de votre temps à ce qui contredit votre mission, qui vient d’être définie.
C) Votre exemple sera imité et même dépassé, par les membres de votre communauté, qui diront : Si l’émissaire du Rabbi de Loubavitch, qui a étudié, pendant plusieurs années, à la Yechiva, doit, pour atteindre sa propre plénitude, se rendre à l’université, pourquoi devrions nous, nous-mêmes, vivre dans l’erreur ? Bien au contraire, donnons d’emblée à nos enfants une telle éducation !.
D) Point le plus important, pourquoi en voulez-vous au Rabbi, au point de le traîner à l’université ? En effet, vous possédez bien les forces de celui qui vous délègue et, lorsque votre corps se rend à l’université, votre âme divine, enfermée dans ce corps, doit l’y accompagner. Dès lors, les forces du Rabbi, investies dans cette âme, en font de même. Nous avons vu, en effet, que lorsque l’on détient une partie de l’essence, on la possède en totalité. Vous obligez donc bien le Rabbi à vous accompagner, si l’on peut ainsi s’exprimer.
Je ne souhaite pas détailler mon propos, au delà de ce qui vient d’être dit. De plus, je n’en vois pas l’utilité, car ces propos sont bien suffisants.
Je ne sais pas si cette épreuve est, pour vous, si importante. En tout état de cause, j’ai bon espoir et je suis sûr que vous la surmonterez. Dès lors, vous prendrez conscience, comme c’est le cas pour chaque épreuve, que celle-ci n’a pas d’existence réelle. Il y a, en effet,
une différence entre l’épreuve et la transformation de la matière.
Vous ajouterez une étude supplémentaire de la Torah, en général et de l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, en particulier. Ceci permettra que vous ne soyez pas troublé par des pensées qui devraient vous être étrangères et que vous assumiez votre mission, celle de votre âme, dans ce monde, avec la tranquillité de l’esprit.
Je ne sais ce que votre épouse, la Rabbanit, pense de tout cela. En tout état de cause, vous pouvez lui transmettre le contenu de ma lettre et il semble que ce soit une bonne chose.
Vous me ferez sans doute connaître la bonne décision que vous avez prise, à ce propos. Je vous en remercie d’avance.
J’aimerais savoir s’il y a eu des conséquences positives de nos discussions, lorsque vous étiez ici, si vous avez fixé une étude avec votre épouse, portant sur l’un des livres de nos Sages qui lui convient.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, ainsi que votre épouse. Que les désirs de mon beau-père, le Rabbi, s’accomplissent pleinement par votre intermédiaire et que vous puissiez leur donner une application concrète, dans le calme de l’esprit et du corps, dans la largesse matérielle et spirituelle.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Mena’hem Schneerson,
Je vous adresse, avec la présente, le fascicule de Roch Hachana, avec la lettre qui lui est jointe est une lettre s’adressant à tous(2), dans les trois langues(3). Il serait bon que vous diffusiez cette lettre, s’adressant à tous, de la façon qui convient le mieux en fonction des différents publics.
Notes
(1) La lettre n°719. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°749. (3) En Hébreu, en Yiddish et en anglais.
Lettre n°756
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°756, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5710,
Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 9 Elloul.
Vous m’indiquez pour quelles raisons cette famille n’a pas confié à notre Yechiva l’éducation de son fils, d’abord parce que le père est membre d’Agoudat Israël et, en outre, pour que l’enfant puisse faire carrière.
Ces deux raisons n’ont pas de sens, car:
A) Même s’il appartient à l’Agouda, il doit savoir qu’un homme a le devoir d’influencer son entourage et non d’être influencé par lui. Or, il est lié au mouvement ‘Habad et se trouvait en relation avec mon beau-père, le Rabbi. Il se trouve entouré de membres de l’Agouda et il y a là un effet de la divine Providence, afin que ceux-ci deviennent des ‘Hassidim ‘Habad et non pour que lui-même, son épouse et ses enfants, qui sont des ‘Hassidim ‘Habad, se transforment en membres de l’Agouda.
Car, on peut trouver cent pièces dans deux cents, alors que l’inverse est faux. Je ne développerai par plus ce point, tant il est évident. Tout ajout serait inutile.
B) Il parle de carrière. Or, nos Sages disent que nul ne peut savoir d’où lui viendra sa subsistance, ce qui est vrai à la fois dans les domaines spirituel et matériel. S’il en est ainsi pour des adultes, combien plus est-ce le cas pour ceux qui sont encore au début de leur éducation. Il est absolument impossible de déterminer comment ils gagneront leur vie, lorsqu’ils grandiront et seront adultes, à leur tour.
Vous évoquez l’aide au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, à Ma’hané Israël et aux éditions Kehot qui, semble-t-il, vous est difficile. Je vous joins une copie de la lettre que j’ai adressée à quelqu’un, à ce propos. Elle devrait suffire à répondre à toutes vos questions.
Je joins à la présente le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana, avec la lettre qui l’accompagne et celle qui s’adresse à tous(1), de même qu’un courrier spécifiquement destiné aux élèves de la Yechiva(2). A mon avis, il serait bon que ces deux missives soient diffusées, de la manière qui convient, auprès des différents publics.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, ainsi que tous les membres de votre famille, que vous accomplissiez pleinement la volonté de celui qui vous délègue, mon beau-père, le Rabbi, dans la largesse et le calme de l’esprit,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) La lettre n°749. (2) La lettre n°751.
Lettre n°757
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°757, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5710,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav ‘Haïm Chaoul(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre et à votre demande de bénédiction, que j’ai reçues ce jour.
Comme vous me l’avez demandé, je les lirai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Le Juste qui quitte ce monde s’y trouve plus que de son vivant. Il accordera donc sa bénédiction à chacun et à chacune de ceux qui y sont mentionnées, pour la satisfaction de tous leurs besoins, matériels et spirituels. Et Dieu exaucera pleinement ses bénédictions.
Je vous remercie beaucoup pour le précieux cadeau que vous m’avez envoyé dans votre lettre, un manuscrit de mon beau-père, le Rabbi. Différents textes de ‘Hassidout expliquent que la force de l’artiste s’exprime dans l’œuvre de ses mains. Celle de l’homme qui écrit doit donc apparaître clairement dans son écriture. Bien plus, ce manuscrit évoque la ‘Hassidout, qui est profondément liée à un Rabbi.
Il est sûrement inutile de vous rappeler qu’il faut fixer un temps pour étudier la Torah et, en particulier, l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, en plus des cours que vous avez, par ailleurs. Il serait bon qu’une telle étude soit collective, de sorte que l’un vienne en aide à l’autre.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de connaître la réussite dans votre mission sacrée, de conduire vos élèves vers la Torah et les Mitsvot emplies de crainte de Dieu et, point qui est d’actualité, vers une Techouva sincère, selon les propos de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, prononcés à la veille de Roch Hachana 5710 et imprimés dans le fascicule édité à l’occasion de ce Roch Hachana, que je vous joins. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez souvent de bonnes nouvelles, dans ce domaine.
M.
Schneerson,
Vous trouverez ci-joint une lettre adressée à tous(2) et une autre pour les élèves de la Yechiva(3), non pas seulement ceux de notre Yechiva, mais bien de toutes les Yechivot. Vous les diffuserez sans doute de la manière qui convient.
Notes
(1) Le Rav ‘Haïm Chaoul Brook, de Terre Sainte. (2) La lettre n°749. (3) La lettre n°751.
Lettre n°758
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°758, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
grand érudit, issu d’une grande lignée, homme aux
multiples réalisations et aux bonnes actions, rendant
de la sainte communauté de Meknès, dont l’influence
s’étend sur tout le pays,
Je vous salue et vous bénis grandement,
J’ai bien reçu, en son temps, votre lettre du 9 du mois de la miséricorde(2), dans laquelle vous m’annoncez, Dieu merci, que vous avez recouvré la santé. Que Dieu fasse que vous soyez toujours en pleine force. Le Rambam enseigne, en effet, dans ses lois des opinions, au début du chapitre 4, qu’être en bonne santé est partie intégrante du service de Dieu. Vous assumerez donc pleinement vos fonctions rabbiniques et vous pourrez guider votre communauté sur le chemin de la Torah, du service de Dieu et des bonnes actions, jusqu'à la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Je prie Dieu pour que nous puissions, c’est-à-dire vous-même et nous, d’ici(3), diffuser la Torah avec crainte de Dieu, dans votre ville. Nos Sages expliquent que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. Lorsque l’on se sanctifie quelque peu ici-bas, on reçoit une grande sainteté d’en haut.
Je suis certain que la lumière de la Torah et son luminaire brilleront de plus en plus, jusqu'à ce que nous assistions tous à la réalisation de la promesse selon laquelle la nuit éclairera comme le jour.
Je joins à la présente, le fascicule qui a été édité pour le 18 Elloul et qui vous intéressera sûrement.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, avec tous les membres de votre famille. Que l’année qui vient soit, pour tout Israël, celle de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.
Pour l’obtenir, il faut mettre en éveil la Techouva et donner de la Tsédaka, matérielle et spirituelle à la fois, comme l’explique la lettre diffusée pour Roch Hachana dont je vous joins une copie(4).
Techouva immédiate, délivrance immédiate et que nous soit immédiatement accordée une bonne et longue vie, de même que la paix.
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Raphaël Barou’h Toledano, de Meknès. Voir, à son propos, la lettre n°642. (2) Elloul. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°559. (4) La lettre n°749.
Lettre n°759
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°759, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5710,
Que les monts apportent la paix et la bénédiction
au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, rend le
jugement, homme empressé aux multiples accomplissements, dirigeant sa communauté dans la droiture, qui brille et illumine, est intègre, descend d’une illustre lignée, Rabbi Meïr Abuhatsira Chlita(1), guide spirituel de la communauté de Midlat,
Après m’être enquis de vos bonnes nouvelles, je voudrais vous dire avec quel plaisir j’ai lu votre lettre du 14 du mois de la miséricorde(2). J’ai bon espoir que vous-même et tous ceux qui vous suivent, êtes prêts à prendre part à l’œuvre d’extension du projet éducatif, pour les enfants de votre pays, afin de grandir et de rehausser la Torah. Dieu nous conférera la réussite et nous verrons les fruits de notre effort, celui de la Torah, qui transcende le soleil, selon l’expression du Zohar, tome 1, page 223b.
Voici un point qui est d’actualité. En ce jour, 25 Elloul, le monde fut créé. Commentant le verset au commencement, Dieu créa le ciel et la terre, nos Sages disent que ce qu’ils contiennent le fut également. Plus profondément, cela signifie que les six millénaires de la création, avec
tous les événements qui les constituent, étaient d’ores et déjà présents, au premier jour de la création et celle-ci aurait même pu être réalisée par une seule Parole, laquelle aurait inclus en elle toutes les dix Paroles à la fois.
Il est donc bien évident que la finalité et la perfection de la création, telle qu’elle sera après l’exil, devaient déjà exister dès son premier jour. Ce fut effectivement le cas.
La création, comme l’établissent les livres de la Kabballa, commença par le Tsimtsoum(3), qui fit la place pour les mondes. Puis, un filet de Lumière éclaira ces mondes. Tout d’abord, Dieu bâtissait des mondes et les détruisait. Ce fut le système de Tohou. Ensuite, Il en construisit un et constata que celui-ci Lui convenait. Ce fut le système de Tikoun.
Nos Sages enseignent, au traité Chabbat 77b, qu’il y eut d’abord l’obscurité, puis la lumière ainsi qu’il est dit et ce fut soir, et ce fut matin.
La perfection et la plénitude du monde sont obtenues lorsque celui-ci n’est pas, pour l’homme, le pain de la honte(4). La créature doit donc introduire son propre effort en luttant contre le mauvais penchant, jusqu'à ce que son service de Dieu illumine l’obscurité du monde et que la pénombre devienne lumière.
C’est à cela que fait allusion le premier jour de la création, et ce fut soir, deux millénaires de Tohou, le monde évoluant dans l’obscurité, puis et ce fut matin, deux millénaires de Torah, introduisant la clarté, enfin un jour, deux millénaires de période messianique, lorsque doit être réalisé le dur effort de la période de l’exil, qui a pour but d’unir le soir et le matin afin d’en faire un jour. Alors, la nuit éclairera comme le jour, de la lumière du Dieu unique, dont le Nom est unique.
Telle est, de façon générale, la mission confiée à chaque Juif et à chaque Juive. Tous doivent illuminer l’obscurité du monde, par la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, jusqu'à la révélation du Machia’h, lorsque s’accompliront les termes de la promesse selon laquelle Dieu sera pour toi la Lumière du monde.
Conformément à votre demande, je mentionnerai votre nom, de même celui des membres de votre famille et des personnes que vous citez dans votre lettre, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
En vous souhaitant et en me souhaitant une bonne année, en saluant votre père, le grand Rav(5) Chlita, chef d’Israël, sur son trône royal et dans l’attente de bonnes nouvelles,
Mena’hem Schneerson,
Je joins à la présente, le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana, avec la copie d’une lettre adressée à tous, en relation avec ce fascicule et une autre(6), destinée à tous nos frères, les enfants d’Israël, à qui Dieu accordera longue vie.
Notes
(1) Voir, à son propos, la lettre n°703. (2) Elloul. (3) La contraction de la Lumière divine. (4) Qu’il obtient sans aucun effort de sa part. (5) Rabbi Israël Abuhatsira, le Baba Salé. (6) La lettre n°749.
Lettre n°760
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°760, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5710,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
érudit de la Torah, comparable au Sinaï
qui déracine les montagnes par son étude,
la met en ordre et l’analyse, bien connu pour
sa gentillesse, qui recherche le bien de son
peuple, tient des propos de paix,
le Rav I.Halévi(1), Grand Rabbin(2),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion du nouvel an, qui sera bon pour nous et pour tout Israël, je voudrais vous souhaiter, à vous-même et à tous les vôtres, une année de bonne vie, de paix, une grande bénédiction, matérielle et spirituelle, une année fructueuse et fertile dans votre action pour la communauté et pour chaque individu qui la constitue. Que Dieu vous permette d’accomplir Sa Volonté.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement, une année de délivrance par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen.
M. Schneerson,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana, issu de l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, qui vient de paraître et qui vous intéressera sûrement.
Un point brièvement, sur ce jour. C’est le 25 Elloul que le monde fut créé et qu’il fut dit et ce fut soir, et ce fut matin, un jour(3). Le temps peut être défini de deux façons. On peut le considérer comme un processus continu ou bien comme une succession d’instants indépendants. C’est ainsi que l’on peut faire la distinction entre le passage talmudique et l’avis de Rabba, exprimé dans le traité Nazir 7a.
En revanche, selon tous les avis, on peut identifier le jour et la nuit, entre lesquels il n’y a pas d’interruption. L’un et l’autre sont des manifestations du temps, mais non des périodes distinctes. A l’opposé, on peut définir une journée comme une période spécifique du temps, distincte d’une autre journée. Ainsi, le Zohar, tome 3, page 94b, dit bien que chaque jour a son apport spécifique.
Et, il y a seulement sept jours, chacun étant différent de tous les autres. Puis, le cycle recommence et c’est, de nouveau, le premier jour.
Le jour et la nuit ont une incidence sur le service de Dieu. Il est dit que nul ne sera écarté(4) et que les fautes intentionnellement commises seront transformées en bienfaits(5), car Il supprimera l’esprit d’impureté de la terre(6). Alors, la nuit éclairera comme le jour. Mais, chaque journée introduit une coupure et, même dans le monde futur, chaque Juste sera aveuglé par le dais dressé pour un autre Juste. Tout ceci ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Rav Its’hak Aïzik Halevi Herzog. Le Rabbi lui adressa, de nouveau, la même lettre, le 7 Tichri 5711. (2) d’Israël. (3) Voir la lettre précédente. (4) Chacun accédera à la Techouva. (5) Grâce à la Techouva inspirée par l’amour de Dieu (6) Lorsque viendra le Machia’h.
Lettre n°761
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°761, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5710,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.C. Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Elloul.
Comme vous me l’avez demandé, je lirai la liste de vos élèves près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que ceux-ci soient inscrits et scellés pour une bonne et douce année, que leur étude de la Torah, emplie de crainte de Dieu, soit fructueuse et qu’ils accomplissent les Mitsvot avec soumission et joie à la fois.
Vous me dites qu’un comité permanent a été constitué pour soutenir la Yechiva de Shepertown(2). C’est une bonne nouvelle. Les membres de ce comité prendront sûrement conscience du grand mérite que la divine Providence leur a accordé, celui de prendre part à l’œuvre de mon beau-père, le Rabbi. Ils se consacreront donc, de toutes leurs forces, à cette tâche, de la plus haute importance. Vous voudrez bien transmettre personnellement mon salut à chacun d’entre eux et, en particulier, au président. Je leur souhaite la réussite, matérielle et spirituelle, dans leur activité communautaire et dans leur vie personnelle.
Plus précisément, sur la manière de diriger la Yechiva et pour ceux qui doivent y enseigner, on prendra conseil auprès des ‘Hassidim âgés, qui se trouvent sur place. Je demande à chaque ‘Hassid capable d’être un enseignant, un guide spirituel ou un directeur, de se préserver de décliner cette offre. Avec l’aide de Dieu, tous s’efforceront d’assumer leurs fonctions.
L’optique des ‘Hassidim est toujours la bonne. Le recteur de la Yechiva doit être un érudit de la Torah, mais il doit aussi être apte à assumer ces fonctions, par sa crainte de Dieu, par son rapport avec la ‘Hassidout. Mais, en tout état de cause, le directeur de la Yechiva doit être quelqu’un qui a reçu la sainte éducation de Loubavitch et a formé sa personnalité sur la base de celle-ci.
Vous exprimez la crainte, si vous recevez un salaire, de ne pas pouvoir exprimer clairement votre avis ou d’être incapable de l’imposer au public. Mais, j’ai déjà dit plusieurs fois qu’en ces domaines, chacun d’entre nous est l’émissaire de mon beau-père, le Rabbi. Nous agissons donc sous sa responsabilité et avec sa caution.
Lorsque le public a conscience de cela, de nombreux obstacles disparaissent, en particulier celui de la médisance. Tout ceci est expliqué à propos des épreuves, qui se distinguent en cela de la transformation de la matière(3).
Bien évidemment, agir sous la responsabilité du Rabbi ne veut pas dire attaquer l’autre de front(4), mais plutôt faire preuve d’une profonde assurance, être tout à fait déterminé, avoir conscience qu’au bout du compte, la volonté du Rabbi, qui a confié cette mission, doit se réaliser et qu’en tout état de cause, elle se réalisera effectivement. Et, les paroles amicales sont entendues et font leur effet.
Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous soit dans le vrai, en mettant en pratique la mission et le rôle qui lui sont confiés.
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana et la lettre qui l’accompagne(5).
Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, de même que les membres de votre famille et toute votre communauté,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Sérébrianski. Voir, à son propos, la lettre n°623. (2) En Australie. Voir, à ce propos, la lettre n°623. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°755. (4) Textuellement : lui arracher le nez. (5) Voir la lettre n°753.
Lettre n°762
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°762, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et
se consacre fidèlement aux besoins communautaires,
le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 9 Elloul.
Conformément à votre souhait, je lirai, en un moment propice, la demande de bénédiction qui y était jointe, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Puisse Dieu faire que toutes vos requêtes, matérielles et spirituelles, soient satisfaites.
Vous proposez d’encourager les ‘Hassidim qui se trouvent actuellement à Paris, à immigrer en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.
Il semble, d’après les courriers qui parviennent ici, qu’eux-mêmes ne souhaitent pas, pour différentes raisons, se rendre en Terre Sainte, à l’exception de quelque personnes. Ils connaissent pourtant les détails que vous rapportez dans votre lettre. De plus, comment donner une instruction unique et collective, alors que la situation de chacun est différente ?
Autant que je puisse le savoir, mon beau-père, le Rabbi, lui-même, qui avait pourtant les épaules larges, n’a jamais traité la question de l’immigration des ‘Hassidim comme un problème global. Il n’a jamais donné d’ordre. Il prenait en compte la situation spécifique de chacun.
Par ailleurs, il est bien clair que mon beau-père, le Rabbi, s’efforçait, dans toute la mesure du possible, que les ‘Hassidim se trouvant en Terre Sainte et ceux qui devaient s’y rendre, avec son accord, puissent s’y installer dans les meilleures conditions possibles, matérielles et spirituelles.
Je suis donc certain que cette action sera fructueuse, matériellement et spirituellement.
Je joins à la présente le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana et la copie de la lettre qui l’accompagne(2).
Soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, de même que tous les membres de votre famille. Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous n’annonce que de bonnes nouvelles.
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°504. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°753 et la lettre précédente.
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