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Iguerot Kodesh — lettres 723 à 742

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°723

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°723, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Saadya(1), émissaire des sages,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du second jour de Roch ‘Hodech Elloul, à laquelle était jointe la liste des donateurs: 1. pour la construction du Ohel(2), 2. pour le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, le Ma’hané Israël et les éditions Kehot, 3. pour le remboursement des dettes.

Je vous remercie pour tout cela. Une Mitsva en entraîne une autre et vous redoublerez donc d’ardeur dans tous ces domaines. Vous expliquerez à ces donateurs et aux autres qu’un tel don est le moyen de recevoir, dans de larges réceptacles, des bénédictions pour tout le bien matériel et spirituel, que leur a accordées, leur accorde et leur accordera notre chef, mon beau-père, le Rabbi, qui se trouve dans ce monde encore plus que de son vivant.

Toutes les limites ont désormais disparu(3) et il en est de même pour les voiles, qui s’amenuiseront de plus en plus, jusqu'à ce que nous puissions percevoir, de nos yeux de chair, la lumière bienfaisante.

Vous consulterez le fascicule ci-joint, celui qui a été édité à l’occasion du 18 Elloul. Celui-ci explique que la vision saisit également le contour matériel de celui qui voit et de ce qui est vu.

Les discours ‘hassidiques introduits par le verset 'Il viendra, portant un habit royal et ceux qui les commentent démontrent la présence de l’Essence de Dieu au sein de la matière.

Lettre n°724

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°724, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav...,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Elloul. Comme vous le souhaitez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille auprès du tombeau et dans le bureau de mon beau-père, le Rabbi, afin que les besoins de chacun soient satisfaits.

Vous m’interrogez sur le moyen d’assurer votre subsistance. Il est clair qu’il faut avoir recours aux voies naturelles, comme le dit le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la page 106a et le Kountrass Oumayan, au discours 17. Lorsque l’on forge des réceptacles, de manière naturelle, Dieu accorde Sa bénédiction pour satisfaire vos besoins et ceux de votre famille.

Vous évoquez le commerce des Ethroguim. Puisse Dieu faire, si vous adoptez cette activité, qu’elle vous soit fructueuse. Néanmoins, elle est uniquement saisonnière et vous devez gagner votre vie de manière fixe. Et, il est dit que lorsque l’on fait l’effort qui convient, on obtient le résultat escompté.

Vous avez sans doute un temps fixé pour étudier l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi. C’est là le réceptacle permettant de susciter et de recevoir ses bénédictions, matérielles et spirituelles.

Avec ma bénédiction pour être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°725

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°725, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres des 4 et 5 Elloul, m’annonçant que votre mariage sera célébré le 18 Elloul.

Puisse votre mariage être célébré en un moment bon et fructueux, que votre couple soit heureux, que vous bâtissiez un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot comme l'explique la ‘Hassidout et béni d’enfants droits.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov, pour vous et pour votre futur épouse, Pessya.

Avec ma bénédiction pour être inscrit et scellé pour une bonne année,

M.

Schneerson,

Vous m’interrogez à propos de l’alliance du mariage. La coutume, dans la famille du Rabbi, veut qu’elle soit en or. C’est la pratique des ‘Hassidim que j’ai pu constater(2).

Le Taameï Haminhaguim et le ‘Houpat ‘Hatanim disent, du reste, que l’on place l’anneau sur le doigt à cause du Psaume 19(3), qui dit : Et Lui, comme un marié... que l’or. L’or fait ici allusion au doigt.

Notes

(1) Le Rav Chlomo Matusof. Voir, à son propos, la lettre n°587. (2) Voir, à ce propos, le Séfer Haminhaguim ‘Habad, page 76 : On se marie avec une alliance en or lisse, sur laquelle rien n’est gravé, pas même à l’intérieur, conformément à l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, qui dit, à ce propos : C’est ce que j’ai entendu. Ceci est basé sur le Tikouneï Zohar, Tikoun 5, Tikoun 10 et Tikoun 21. (3) 6-11 : Et Lui, comme un marié sortant du dais nuptial, se fait une joie, de parcourir Son chemin... La crainte de l’Eternel est pure, elle subsiste à jamais. Les jugements de l’Eternel sont vérité, ils sont parfais tous ensemble, plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin.

Lettre n°726

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°726, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez dit que vous avez commencé les démarches nécessaires pour obtenir les visas d’entrée au Maroc(2). Vous le ferez sans doute au plus vite et puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite et soyez un réceptacle permettant d’attirer et de recevoir les bénédictions de mon beau-père, le Rabbi.

Sur le fait d’obtenir des lettres de là-bas(3), il semble, selon le Rav B.G.(4), que ce soit inutile. Vous devez simplement fournir le nom d’une personne, de la ville où vous vous rendez. Ce nom et son adresse vous seront communiqués, ces jours-ci, par le Rav B.G.

Je réitère ma bénédiction pour que votre mariage se déroule en un moment bon et fructueux. Vous et votre épouse constituerez de larges réceptacles pour susciter et contenir les bénédictions de mon beau-père, le Rabbi.

Avec ma bénédiction pour être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Matusof. Voir, à son propos, la lettre n°587. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°695. (3) Emanant de la communauté locale et demandant la venue du Rav Matusof pour justifier, auprès des autorités marocaines, la délivrance d’un visa pour son installation dans ce pays. (4) Le Rav Binyamin Gorodestki, de Paris.

Lettre n°727

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°727, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5710,

Au ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

Le Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Israël Jacobson(2), m’a transmis vos noms et vos deux chèques, l’un pour le Maamad(3) et l’autre pour la Yechiva. Les reçus lui ont été remis.

Comme vous l’avez demandé, les noms qui m’ont été transmis seront lus, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et, à n’en pas douter, il accordera sa bénédiction. J’espère que vous-même et les membres de votre famille serez de bons réceptacles pour recevoir les bénédictions, matérielles et spirituelles, du Rabbi.

L’un des moyens d’élargir ces réceptacles est d’adopter les études qu’a instaurées le Rabbi, la Paracha de chaque jour, de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi, les Tehilim, après la prière de Cha’harit, tels qu’ils ont été répartis entre les jours du mois et le Tanya, selon son cycle d’étude annuel, réparti par le Rabbi(4).

Je suis certain que vous adopterez ces études et je serais heureux que vous me le fassiez savoir.

Sans doute donnez-vous, de temps à autre, de la Tsédaka, non seulement de façon matérielle, mais aussi spirituellement, en exerçant une influence positive sur vos connaissances, en les rapprochant de la Torah, des Mitsvot et de la crainte de Dieu.

Lorsqu’on le désire réellement, Dieu vient en aide et l’on trouve les mots justes, les meilleurs moyens d’influencer positivement les autres. Et l’on peut ainsi se renforcer soi-même, être encore plus déterminé. De même, les membres de la famille se raffermissent dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. Telle est la volonté de notre chef, mon beau-père, le Rabbi.

Avec ma bénédiction pour être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav David Shtrasfeld. (2) De New York, qui fut le président de l’association des ‘Hassidim ‘Habad aux Etats Unis et au Canada avant l’installation du précédent Rabbi en Amérique. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°692 et 706. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°649.

Lettre n°728

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°728, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat 13 Elloul 5710,

Brooklyn, New York(1),

Différents textes(2), parmi les causeries de mon beau-père, le Rabbi, expliquent le sens du 18 Elloul. C’est la date de la naissance du Baal Chem Tov, dans l’année Na’hat, le plaisir et ‘Hatan, le fiancé(3), la date à laquelle se révéla à lui sont saint maître, A’hya de Shilo, en 5484(4), la date à laquelle il se révéla lui-même(5), en 5494(6), la date de la naissance de l’Admour Hazaken, en 5505(7), et le jour d’introduction du service de Dieu de la nouvelle année(8).

Mon beau-père, le Rabbi, définit le troisième jour des Seli’hot(9) comme une date particulière, à laquelle l’Admour Hazaken disait(10), en privé, un discours ‘hassidique devant l’élu de ses fils, l’Admour Haémtsahi. Dès que le Tséma’h Tsédek eut dix ans, il était également présent quand ce discours était récité. Il demanda que nul ne le sache.

Lettre n°729

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°729, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du saint Chabbat

13 Elloul 5710,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul et vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre, afin de vous vivifier vous-même et de vivifier les autres, conformément aux deux proverbes(2) énoncés à propos du 18 Elloul: 1. qui introduit la vitalité dans le mois d’Elloul, 2. qui vivifie le service de Dieu basé sur le verset Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi.

En effet, c’est en ce jour que furent suspendus les luminaires, c'est-à-dire que naquirent le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken.

Tous deux apportèrent une vitalité profonde au service de Dieu exprimé par le verset Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi. Ils firent don d’eux-mêmes pour que les érudits de la Torah et les simples hommes aient accès à cette vitalité profonde et puissent en tirer leur existence.

Comme le rapporte l’introduction de ce fascicule(3), mon beau-père, le Rabbi, explique qu’à partir du 18 Elloul commence la préparation spécifique à Roch Hachana. Il précise, dans un autre texte(4), qu’alors commencent également les trois mois nécessaires pour se préparer au Roch Hachana de la ‘Hassidout, célébré à la date sacrée du 19 Kislev.

Les fondateurs de la ‘Hassidout sont le Baal Chem Tov, qui introduisit la ‘Hassidout générale et l’Admour Hazaken, à l’origine de la ‘Hassidout ‘Habad, dont les maîtres sont leurs successeurs, jusqu'à mon beau-père, le Rabbi.

En ce jour lumineux du 18 Elloul, chacun et chacune qui a eu connaissance des propos de mon beau-père, le Rabbi, des explications qu’il a donné de ce jour, commencera sans doute, avec une vitalité profonde, à établir un bilan moral, adapté à sa propre personne, portant sur tout ce qui s’est passé durant l’année qui vient de s’écouler. On regrettera le passé et l’on prendra de bonnes décisions pour l’avenir. Ainsi, on se préparera comme il convient pour le Roch Hachana général et pour celui de la ‘Hassidout.

Tout ceci constitue, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, une préparation afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année, matériellement et spirituellement.

En vous souhaitant la réussite dans votre mission consistant à rechercher le bien public et en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

*

*

*

Vous me demandez s’il faut prier tôt le matin, lorsque vous n’avez pas dormi pendant toute la nuit, ou bien s’il est préférable de dormir un peu afin de se préparer à la prière.

Tout dépend dans quelle mesure vous êtes capable de résister au sommeil. J’ai n’ai reçu aucune instruction, en la matière, mais, à mon avis, il importe que la prière soit fervente. Elle est disqualifiée lorsqu’elle ne l’est pas. De manière générale, il est donc préférable d’opter pour la seconde solution.

Combien plus est-ce le cas pour des ‘Hassidim, qui ont entendu parler de l’importance de la prière, ou l’ont étudiée.

*

*

*

J’ai appris avec effroi que vous avez l’intention de fréquenter une certaine université.

J’ai bon espoir et je suis certain que vous écarterez cette éventualité. Vous me tranquilliserez en me donnant cette bonne nouvelle.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Voir, à ce propos, Likouteï Dibourim, tome 3, page 946. (3) Il s’agit de la lettre précédente. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Voir la causerie du 18 Elloul 5705.

Lettre n°730

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°730, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, ...,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en leur temps, vos lettres et les demandes de bénédiction qui y étaient jointes. J’ai lu ces dernières dans le bureau de mon beau-père, le Rabbi, où l’on entre pour recevoir une bénédiction et une entrevue. Je les lirai également près du tombeau, en un moment propice.

Le Juste qui quitte ce monde s’y trouve plus que de son vivant. Il accordera sa bénédiction et Dieu l’accomplira pleinement, matériellement et spirituellement.

Vous me parlez de quelques enfants, que vous essayez de maintenir à la Yechiva. Vous voudrez bien me communiquer leurs noms. Vous devez expliquer calmement aux parents qu’une bonne éducation n’a pas pour unique but de former des rabbins ou des femmes-rabbins. A l’époque actuelle, c’est, avant tout, un acte de protection contre l’assimilation, ce qu’à Dieu ne plaise.

Quelle que soit la situation de ces parents, il est clair qu’ils sont tous animés du désir que leurs enfants assument pleinement leur Judaïsme. Pour avoir l’assurance qu’il en sera bien ainsi, dix ou vingt ans plus tard, il faut leur apporter la plus large mesure de ce Judaïsme. Parallèlement, le père et la mère demanderont à Dieu que leurs enfants se maintiennent dans leur Judaïsme, malgré toutes les épreuves qu’ils devront subir, qu’ils soient de bons Juifs dans leur relation avec Dieu, envers leurs parents, ce qui les concerne directement et envers les autres.

Vous me dites souffrir d’une affection cutanée de la main gauche, sur la partie extérieure de la paume. J’espère que vous êtes déjà guéri. Cela était sans doute un effet de l’émotion. Ne pensez donc plus à cela et cette affection disparaîtra. En tout état de cause, il serait bon, surtout maintenant, pendant le mois d’Elloul, de faire vérifier vos Tefilin, en particulier celles du bras. Vous vérifierez également la mesure et la largeur des lanières.

Vous organisez sûrement, de temps en temps, une réunion avec tous ceux qui travaillent avec vous, à la Yechiva. Je fais allusion à une réunion telle que le Rabbi la voulait et la veut encore, à l’heure actuelle, une réunion fraternelle, destinée à renforcer la Torah et les Mitsvot, en général, l’amour de son prochain, de la Torah et de Dieu, en particulier. J’insiste pour obtenir de bonnes nouvelles dans ce domaine.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul, qui vient de paraître. Vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre, de la façon qui convient le mieux.

En saluant tous les membres de votre famille, chacun en particulier et en vous adressant ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°731

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°731, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Elloul 5710,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 7 Elloul:

A) Vous évoquez le Youd renversé qui fait partie de la lettre Tsaddik(2) et vous demandez, à ce propos, une précision hala’hique. Plusieurs l’ont donné et il existe, à ce propos, de multiples avis, dans le Michnat Avraham, chapitre 23, paragraphes 86-88, le Meïr Eïneï Sofrim, chapitre 7, le Meassef Le’hol Hama’hanot, chapitre 36, que vous consulterez.

B) Concrètement, pour ce qui est des Tefilin, je ne peux imaginer que quelqu’un, en cette génération orpheline, se permette de contester l’avis du Ari Zal, qui demande d’y faire figurer un Youd renversé.

Des témoins fidèles rapportent que tel est bien l’avis du Ari Zal. Il s’agit de la Michnat ‘Hassidim, du Tikoun Tefilin 1, 10, du Matsat Chemourim et surtout de l’Admour Hazaken.

Plusieurs Décisionnaires, y compris le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, retiennent les propos du Ari Zal pour la Hala’ha.

C) Concrètement, pour ce qui est du Séfer Torah, ce qui vient d’être dit des Tefilin s’applique de la même manière. Le Youd renversé doit donc apparaître dans le Tsaddik. Le Talmud ne fait pas état d’une différence et, selon les responsa Noda Bihouda, il doit donc en être de même pour le Séfer Torah.

D) Comment écrire le Séfer Torah de la meilleure façon? Vous faites état, dans votre courrier, d’une lettre de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle notre coutume est d’inscrire un Youd renversé également dans le Séfer Torah.

Le Michnat Avraham, à la référence précédemment citée, dit qu’il a pu constater cette pratique chez des grands et des spécialistes de plusieurs générations, dans les meilleurs Sefer Torah de notre époque et seuls quelques avis récents désirent introduire un changement, en la matière.

Tel n’est pas l’avis des responsa Hechiv Moché, Yoré Déa, chapitre 51, selon qui l’on doit faire, dans le Séfer Torah, un Youd droit.

E) Vous demandez l’avis du Gaon de Vilna, en la matière et vous reproduisez, dans votre lettre, le Tossefet Maassé Rav, qui dit que celui-ci disqualifiait les Tsaddik courbes, distordus à l’arrière, considérant qu’une erreur s’était glissé dans les écrits du Ari Zal.

Je ne possède pas ce livre. Néanmoins, est-il question ici d’un Youd renversé? Mais, le Ketov Le’haïm, écrit par le scribe, Rav Avraham ‘Haïm de Minsk, paru à Vilna en 5618(3), écrit que, selon le Rav Eléazar Moché de Manastirchitsina, le Gaon de Vilna possédait une autre version du Zohar, tome 1, page 2b, qui dit autour et non à l’arrière. Il affirme en outre que l’avis du Gaon de Vilna, qui est celui du Beth Yossef, est retenu par la Hala’ha.

Bien évidemment, il n’est pas raisonnable de considérer que l’avis du Gaon de Vilna contredit celui du Ari Zal uniquement sur la base de cette référence, d’autant que cette nouvelle version du Zohar parait surprenante, puisque celui-ci poursuit: Il ne se trouveront pas face à face... parfois, ils seront face à face. Or, il est clair que le contraire de face est arrière et non autour.

F) La ‘Hassidout parle de la forme du Tsaddik. J’ai noté la référence du Likouteï Torah, au début du commentaire du discours Hé’haltsou, qui cite, du reste, le Zohar parlant de l’arrière et du discours intitulé étends ta main, prononcé en 5663(4).

G) Je vous remercie pour votre remarque, à propos des bénédictions du Chabbat. Des ‘Hassidim des écoles polonaises m’ont déjà dit que l’on faisait usage de ce nom, dans plusieurs communautés de Galicie.

H) De même, je vous remercie d’avoir fait que, dans votre ville, quiconque désire des livres de ‘Hassidout puisse se les procurer, au moins pour les consulter sur place. Si tous ceux qui résident là-bas choisissent un endroit, selon l’avis majoritaire, vous me le ferez savoir et nous vous enverrons toutes nos parutions.

I) Je vous joins le fascicule du 18 Elloul, qui vient de paraître, avec la lettre qui l’accompagne.

J) Comme vous me l’avez demandé, je ferai mention de votre nom et de ceux des membres de votre famille près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année et que vous receviez tout le bien.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Rav Mena’hem Schneerson,

Bien évidemment, nous avons peu de nouvelles de Riga et nous ne savons rien de votre oncle, le Rav M.A. Voici l’adresse de sa synagogue, là-bas: ...

Notes

(1) Le Rav A.Friedman. (2) Tel qu’il est écrit dans les Tefilin et le Séfer Torah. (3) 1858. (4) 1903, par le Rabbi Rachab.

Lettre n°732

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°732, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Elloul 5710,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en leur temps, vos deux lettres qui n’étaient datées ni l’une ni l’autre. Du fait de mes nombreuses occupations, je n’ai pas pu vous répondre auparavant.

Selon ce que vous me dites de vos relations avec votre seconde épouse, après avoir fait état de tous vos griefs et des dissensions qu’il y a entre vous, je pense que tout cela est sans fondement, qu’il n’y a là que de simples divergences.

Parmi leurs causes, il y a sûrement l’intervention de tierces personnes, la médisance. A mon avis, il faut donc trouver un moyen de vous rapprocher l’un de l’autre. Dans la mesure du possible, vous devriez déménager, afin de vous éloigner de ceux qui colportent des ragots et qui ont recours à l’exagération. Ainsi, il y aura bon espoir que, peu à peu, les divergences et les disputes s’estompent, jusqu’à ce que la paix et le calme s’instaurent entre vous.

Nos Sages indiquent qu’une femme pleure facilement. Vous lui parlerez donc gentiment et il sera plus aisé de vous faire entendre. Une réponse douce peut apaiser la colère, même si celle-ci est justifiée et combien plus, en l’occurrence, puisque ce n’est pas le cas, mais qu’il s’agit uniquement d’une manifestation d’émotivité.

Nos Sages soulignent que la seconde épouse d’un homme lui est accordée selon ses actions. Au delà du sens simple, cela veut dire également que sa relation avec elle dépend de ses actions, beaucoup plus qu’avec sa première épouse. En effet, cette union dépend directement de son comportement.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul et, à la fin du discours intitulé Mon coeur te dit, vous trouverez une citation du Likouteï Torah, selon laquelle on peut, pendant le mois d’Elloul, rencontrer le Roi dans le champ, c'est-à-dire dans un lieu qui n’est pas destiné à l’habitation. Or, chaque homme porte en lui une ville, un champ et un désert.

Lorsque le Roi se trouve dans le champ, quiconque le désire peut aller l’y rencontrer. Le Roi accueille chacun avec bienveillance et Il montre un visage souriant.

L’effort de l’homme provoque l’éveil céleste, surtout en Elloul, mois dont le nom est constitué des initiales des mots formant le verset Je suis à mon Bien Aimé, ce qui est un début et conduit à mon Bien Aimé est à moi. C’est le comportement que chacun d’entre nous doit adopter envers son entourage proche. Il peut sembler que l’autre est un homme du champ, ce peut même être effectivement le cas, mais l’on doit, malgré tout, lui réserver un bon accueil et lui sourire.

En Elloul, une telle relation s’instaure entre le Saint béni soit-Il et le peuple d’Israël. Or, le monde inférieur est à l’image du monde supérieur, selon le Zohar, tome 1, page 38a. Ce temps est également propice pour qu’une telle attitude s’instaure dans ce monde inférieur, entre un homme et son prochain, entre un mari et son épouse.

Vous fixez sûrement un temps pour étudier l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, qui est un large réceptacle pour susciter et recevoir ses bénédictions, matérielles et spirituelles.

Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai votre nom, celui de votre épouse et des membres de votre famille, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Le Juste qui a quitté ce monde s’y trouve plus que de son vivant. Il accordera donc sa bénédiction pour la satisfaction de tous vos besoins. Et, Dieu accomplira pleinement ses bénédictions.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année. J’attends de vos bonnes nouvelles, la paix et le calme qui se sont instaurés chez vous. Car, la paix est le réceptacle qui contient la bénédiction pour le monde,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°733

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°733, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos deux lettres du mercredi de la Parchat Reéh et du dimanche de la Parchat Tétsé. Comme vous le souhaitez, je lirai vos demandes de bénédiction près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Il accordera certainement sa bénédiction et vous conférera la réussite, ainsi qu’à tous les vôtres, que vous citez dans votre lettre.

Vous me posez la question de votre installation(1), vous appuyant sur la lettre de mon beau-père, le Rabbi, qui évoque votre voyage. Je ne comprends pas pourquoi vous m’interrogez encore. Que puis-je ajouter à ma précédente lettre, dans laquelle j’évoquais déjà ce problème ? En tout état de cause, que votre décision, quelle qu’elle soit, connaisse le succès matériel et spirituel.

Je lirai la demande de bénédiction pour l’institutrice du Beth Sarah près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Il donnera sûrement sa bénédiction afin de satisfaire tout ce dont elle a besoin, matériellement et spirituellement.

Vous me parlez du métier que vous apprenez et vous me demandez si vous devez poursuivre vos études pendant le mois d’Elloul. Sachez que tu engrangeras ton blé, ta vigne et tes olives(2) est partie intégrante de la Torah et ce verset est mentionné dans le Chema Israël. Néanmoins, cette activité doit être conforme aux enseignements de la Torah et pénétrée de crainte de Dieu.

Je pense donc que vous devez poursuivre vos études avec succès. Dieu vous accordera Sa bénédiction et vous pourrez assurer votre subsistance matérielle, là où vous vous trouverez, de la manière qui convient, dans le calme et la largesse.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de bonnes nouvelles de vous-même et de tous ceux qui vous mentionnez dans votre lettre,

Mena’hem Schneerson,

Il est inutile d’utiliser le livre d’Avraham Kahana, intitulé Séfer Ha’hassidout, d’autant qu’il y a maintenant d’autres livres qui traitent de la ‘Hassidout et de son enseignement, qui sont écrits par des maîtres de la ‘Hassidout et des ‘Hassidim.

Notes

(1) Voir la lettre n°702. (2) Assurer sa subsistance matérielle.

Lettre n°734

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°734, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Elloul 5710,

Au Rav, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, ...

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée, dans laquelle vous m’annoncez qu’un médecin préconise l’hospitalisation de votre épouse, pendant quelques jours, afin d’effectuer des examens. Or, pour différentes raisons, par ailleurs sans fondement, votre épouse a peur de l’hôpital.

Vous devez lui expliquer ceci, en des termes qu’elle pourra comprendre, dans son état d’esprit actuel :

Dieu a créé le monde et le dirige. Ceci est vrai aussi bien pour l’hémisphère inférieur(1), où nous nous trouvons, que pour l’hémisphère supérieur, où vous êtes. Il dirige par Sa Parole, ordonne ce qui doit être. Rien au monde ne saurait se faire sans Son intervention et Dieu accomplit tout ce qu’Il désire. Néanmoins, Il souhaite que nous forgions un réceptacle en ayant recours aux lois de la nature, c'est-à-dire en agissant de manière naturelle.

Lorsqu’un Juif, homme ou femme, ne se sent pas bien, il doit consulter un médecin. Cela ne veut pas dire que ce dernier pourra faire ce que bon lui semble, mais que Dieu l’a choisi comme émissaire pour qu’il s’acquitte de la mission qu’Il lui confie.

Lorsque l’on place sa confiance en Dieu et que l’on écarte les doutes, lorsque l’on prend conscience qu’Il dirige le monde, on peut constater tout cela de ses yeux de chair, à chaque pas, s’apercevoir que Dieu nous prend par la main et nous conduit de la meilleure façon, matérielle et spirituelle à la fois.

Si elle est hospitalisée selon l’avis du médecin, elle n’en reste donc pas moins sous l’autorité de Dieu, Qui la protégera, s’assurera que tout se passe de la meilleure façon pour elle, qu’elle obtienne la santé physique et morale.

Elle doit uniquement raffermir sa foi et sa confiance en Dieu, être convaincue que la bénédiction de mon beau-père, le Rabbi se réalisera. Car, il l’a bénie, la bénit et la bénira encore pour qu’elle guérisse et puisse très vite donner de bonnes nouvelles, annoncer qu’elle se sent bien.

Elle donne sans doute de la Tsédaka, dans un tronc dédié à Rabbi Meïr Baal Haness, à la veille du Chabbat et des fêtes, avant d’allumer les bougies et vous lisez sûrement le Psaume du Rabbi, qui est actuellement le Psaume 71. Vous le ferez au moins jusqu’au 10 Chevat 5711, bien évidemment sans en faire le voeu(3).

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et en attendant de vos bonnes nouvelles,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le continent américain, si l’on prend Jérusalem comme le point le plus haut du globe. (2) L’Europe. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°644.

Lettre n°735

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°735, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Elloul 5710,

A madame ....,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre du 27 Mena’hem Av, dans laquelle vous me faites part de votre situation et vous vous plaignez que celle-ci n’est pas bonne, que vous n’êtes pas suffisamment pieuse.

La ‘Hassidout explique le sens du mois d’Elloul et un discours de mon beau-père, le Rabbi, précise, en outre, que Dieu est alors comme un Roi qui se rendrait dans le champ, là où tous peuvent aller à sa rencontre. Il y accueille chacun avec bienveillance et en souriant, quelle que soit la situation de l’homme ou de la femme qui va vers Lui.

Il en résulte qu’Elloul, le dernier mois de l’année, est consacré au bilan de l’année qui vient de s’écouler. Et, lorsqu’un homme réfléchit à ce qu’a été son comportement durant cette période, il ne doit pas s’effrayer.

On lui dira : Sache donc que, même si tu te trouves dans le champ, bien que l’on ne puisse encore établir si tu es digne de pénétrer dans un endroit où résident des personnalités importantes, le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il ne s’en trouve pas moins dans le champ pour t’y rencontrer. Là, tu peux t’adresser directement à Lui, Lui formuler ta requête. Il t’accueillera avec bienveillance, en souriant. Tu ne dois donc pas t’effrayer.

Lettre n°736

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°736, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

A la réunion des ‘Hassidim ‘Habad,

Implantation des immigrants de Russie,

Che’hounat Harakevet 6a,

Lod,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu le télégramme qui vous a été adressé hier. Voici son texte :

La réunion nationale des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte(1) renforcera et raffermira sans doute la prière fervente, l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, l’adoption des pratiques ‘hassidiques, conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken.

Lettre n°737

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°737, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

A l’agréable jeune homme, distingué ‘Hassid,

qui craint Dieu, le Rav ...,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Mena’hem Av, décrivant votre situation et reproduisant ce que vous a dit mon beau-père, le Rabbi, qui vous conseillait d’organiser des cours chez vous et de vous efforcer que le plus grand nombre y participe. Vous m’écrivez également que vous vous employez à réunir des enfants et à organiser des fêtes pour eux, durant le Chabbat et parfois même au milieu de la semaine. Vous avez vous-même personnellement fixé des études, mais vous n’en éprouvez aucune satisfaction et vous sentez que quelque chose vous manque. Vous me demandez mon sentiment, à ce propos.

A mon avis, vous manquez de la soumission qui est à la base même du service de Dieu. Or, pour l’acquérir, il n’est nul besoin de méditer profondément. Il suffit de penser que le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, a créé le monde, puis insufflé dans vos narines une âme de vie, celle qui fait vivre votre corps. Il se trouve devant vous et vous observe, sonde vos entrailles, votre cœur, vos actions, vos paroles et compte vos pas, selon le chapitre 42 du Tanya.

Pour que cet effort vous soit plus aisé, Dieu a permis que vous soyez un ‘Hassid, que votre âme soit une parcelle de l’âme collective du Juste. Ainsi, si l’âme personnelle éprouve un quelconque manque, un attachement convenable lui permet d’obtenir de l’âme collective tout ce dont elle a besoin.

Le Rabbi a clairement dit qu’en prenant la direction des ‘Hassidim, il a demandé que cela se passe dans la bonté et la miséricorde(1). Puis, depuis 5680(2) et jusqu'à maintenant, il assume sa mission, insuffle à ses ‘Hassidim et à ceux qui sont liés à lui la force et la vitalité nécessaires pour servir Dieu, ce qui inclut des actes envers Lui et d’autres envers son prochain.

De plus, le Rabbi vous a personnellement choisi et vous a confié une mission spécifique. La partie révélée de la Torah elle-même établit que l’émissaire d’un homme s’identifie à lui. Pour que vous puissiez assumer cette mission, le Rabbi vous a donc donné de ses propres forces, comme l’explique le discours ‘hassidique de ce 18 Elloul, précisant que le terme Mitsva est de la même étymologie que Tsavta, le lien. Ce texte développe longuement une image, celle de l’homme qui met en pratique la volonté du sage et du roi, même s’il ne la comprend pas, n’en perçoit pas la grandeur. Sa joie, en conséquence, doit dépasser toutes les limites, puisqu’il reçoit ainsi la possibilité de s’unifier à la quintessence du sage et du roi.

Or, il se trouve que vous possédez effectivement tout cela. Malgré cela, vous dites que vous n’êtes pas satisfait, que vous ne sentez aucune vitalité, éprouvez uniquement le manque.

Si vous m’écoutez, abandonnez toutes ces plaintes, provenant d’une trop forte conscience de votre propre personne, de ce qui vous manque et de ce que vous possédez. Pensez au sort enviable qui est le vôtre. Vous êtes un disciple de notre chef, mon beau-père, le Rabbi. Vous êtes attaché à lui et ceci doit vous inspirer une immense joie, se traduisant par des actions concrètes pour mettre en pratique la mission qu’il vous confie. Vous possédez les forces nécessaires et il ne vous manque que la détermination.

Si vous supprimez votre propre volonté devant celle de notre chef, qui vous a fait connaître la Volonté de Dieu, vous forgerez le réceptacle qui insufflera la vitalité à toutes les actions que vous menez pour accomplir la mission confiée par mon beau-père, le Rabbi.

En vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année et en attendant de vos bonnes nouvelles, celles que vous avez raffermi votre service de Dieu, envers vous-même et envers les autres et que vous mettez en pratique l’Injonction servez Dieu dans la joie.

Mena’hem Schneerson,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul.

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°655. (2) 1920, date à laquelle il succéda à son père.

Lettre n°738

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°738, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, ...,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre envoyée il y a quelques temps et je viens de recevoir celle du 2 Elloul. Selon votre désir, je lirai votre demande de bénédiction près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Le Juste qui quitte ce monde s’y trouve plus que de son vivant et, à n’en pas douter, il accordera sa bénédiction. Et, Dieu exaucera ses bénédictions, matérielles et spirituelles à la fois.

Votre épouse est sans doute examinée, de temps à autre, par un médecin spécialiste. Il ne faut pas s’affecter du fait que cette situation se prolonge, en particulier pendant l’année du décès. Car, d’une part, toutes les barrières sont supprimées, comme l’explique Igueret Hakodech, au chapitre 27 et dans son commentaire. Par ailleurs, la partie révélée de la Torah elle-même établit que pendant ces douze mois(1), celui qui s’est retiré conserve une relation avec ce monde.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de forger un réceptacle conforme aux lois naturelles(2). Alors, les bénédictions, matérielles et spirituelles, que l’on recevra connaîtront une réussite au delà de ce que l’on peut imaginer. Mais, pour cela, le canal, permettant un attachement(3) particulièrement fort, doit être ouvert. Et les modalités de cet attachement ont déjà été expliquées dans les fascicules édités ces derniers mois.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul et la lettre qui lui est jointe.

Il est vraisemblablement inutile de vous rappeler la nécessité de fixer un temps pour étudier l’enseignement de mon beau-père, de lire le Psaume 71(4) et de contribuer à la Tsédaka pour un montant qui ne dépassera pas vos moyens. En effet, seul importe le geste et non la quantité.

Vous donnerez cette Tsédaka chaque jour, sans en faire le voeu, sauf, bien sûr, le Chabbat et les fêtes. Elle sera consacrée aux institutions de mon beau-père, le Rabbi. Vous cumulerez ainsi les trois domaines que sont la Torah, la prière(5) et les bonnes actions.

J’ai bon espoir que vous pourrez me donner de bonnes nouvelles de vous-même, de votre épouse, de vos filles et de vos fils.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, et dans l’attente de bonnes nouvelles,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Du deuil. (2) En consultant un médecin. (3) Au Rabbi. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°644. (5) Le Psaume.

Lettre n°739

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°739, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement reçu, en leur temps, mes précédentes lettres et les fascicules.

J’ai été peiné d’apprendre que nos amis, les Rabbanim et ‘Hassidim craignant Dieu ... ont été incarcérés. Depuis lors, je n’ai pas eu de leurs nouvelles.

Des démarches sont sans doute faites, dans ce domaine, dans toute la mesure du possible. Vous voudrez bien me dire ce qu’il en est et quelle est actuellement la situation. J’ai bon espoir qu’en ces jours de miséricorde(2), ils soient libérés, conformément à la décision hala’hique selon laquelle celui qui doit subir un jugement s’efforcera que celui-ci intervienne pendant le mois de miséricorde. Ainsi, la peine disparaîtra.

J’attends de vous de bonnes nouvelles, en général et dans ce domaine, en particulier.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Lorsqu’ils seront libérés, vous leur transmettrez ma bénédiction afin qu’ils soient inscrits et scellés pour une bonne et douce année, que cette peine soit suffisante pour toute l’année qui vient, au cours de laquelle ils ne connaîtront pas la peine, ce qu’à Dieu ne plaise.

Et, l’on conclut en évoquant le bien visible et tangible.

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov. Voir, à son propos, la lettre n°440. (2) Durant le mois d’Elloul.

Lettre n°740

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°740, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav ...,

Je vous salue et vous bénis,

J’espère que vous êtes bien arrivé en votre lieu de destination et je vous souhaite la bienvenue, par la présente.

Le traité Sanhédrin 100b définit le caractère véritable de la paix en affirmant que la Torah est le moyen de l’instaurer dans le monde. La Guemara explique qu’elle règne ainsi dans les palais célestes et dans les palais terrestres.

L’Ethique et la ‘Hassidout donnent, à ce propos, l’explication suivante. Chacun possède une âme divine et une âme animale, un bon penchant et un mauvais penchant, qui se trouvent en état de guerre. L’un des deux pourra conquérir la petite ville que constitue le corps et lui imposer sa volonté.

La différence entre eux est la suivante. Le bon penchant ne peut en aucune manière adopter l’avis du mauvais penchant, puisqu’il est, à proprement parler, une parcelle de Divinité. Il n’en est pas de même pour le mauvais penchant qui sait Qui est son Maître et n’a d’autre objectif que de soumettre l’homme à l’épreuve, afin d’établir qui il écoutera, du maître ou du disciple.

Lorsque le mauvais penchant constate que, malgré ses attaques et ses provocations, on ne l’écoute pas et l’on se réfère au bon penchant, il s’en réjouit également. En effet, non seulement, il n’a pas fait trébucher cet homme, mais, bien plus, il lui a permis d’obtenir une grande récompense, puisque celui-ci a surmonté l’épreuve, est resté fidèle à son Créateur.

La paix dans les palais terrestres est donc celle qui s’instaure entre le bon et le mauvais penchants, les désirs du corps et ceux de l’âme. Or, il est une seule manière de la réaliser. Le bon penchant doit vaincre le mauvais. Dès lors, la paix règne également dans les palais célestes. En effet, il y a, là encore, un côté gauche(1), duquel nos Sages disent que le mauvais penchant est le Satan et un côté droit(2), celui de Mi’haël, protecteur d’Israël.

Au dessus de tout cela, Dieu dit que Israël est Mon fils aîné, vous êtes des fils pour l’Eternel, votre Dieu. Et, lorsque le tribunal céleste constate que certains penchent pour le côté droit, d’autres pour le côté gauche, lorsqu’il juge l’homme et s’aperçoit que le bon penchant a vaincu le mauvais et s’est renforcé au point que ses mérites l’emportent sur ses fautes, il permet que la paix s’instaure dans les palais célestes. Alors, l’Attribut de sévérité cesse ses accusations, dont Dieu nous gardera. Bien plus, l’accusateur se transformera en avocat et l’homme recevra tout le bien matériel et spirituel.

Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai votre nom près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et Dieu vous guidera sur le droit chemin, de sorte que vous pratiquiez la Torah et les Mitsvot avec crainte de Dieu. Vous influencerez également votre entourage en ce sens. Ainsi, en tout endroit se trouvera la lumière de la Torah et la bougie qu’est la Mitsva. Alors, l’endroit sera lumineux, y compris au sens matériel.

J’espère que vous étudierez, de temps à autre, la ‘Hassidout. Si vous rencontrez une difficulté, vous pourrez sûrement en parler avec des ‘Hassidim de votre ville. Je suis convaincu que le luminaire de la Torah, sa dimension ésotérique, vous sera agréable et vivifiera votre vie.

Je vous souhaite d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, de connaître la réussite dans votre mission sacrée et j’attends de vos bonnes nouvelles.

Mena’hem Schneerson,

Vous trouverez ci-joint le fascicule du 18 Elloul, qui vient de paraître.

Notes

(1) Celui de la sévérité. (2) Celui de la bonté.

Lettre n°741

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°741, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

Au Rav, ‘Hassid, qui craint Dieu, ...,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du mardi de la Parchat Choftim, m’apprenant que vous êtes bien arrivé, avec votre famille, à Cleveland, ce que vous y faites et ce qui a été accompli dès les premiers jours.

J’ai été satisfait de voir que vous avez immédiatement commencé à rapprocher des Juifs de la pratique, en général et de la ‘Hassidout, en particulier. Ce sera sans doute le moyen d’obtenir les bénédictions matérielles et spirituelles, pour satisfaire tous vos besoins et ceux des membres de votre famille.

Vous me dites que vous avez été désigné comme officiant pour la prière de Moussaf de Roch Hachana et de Yom Kippour. Puissiez-vous connaître la réussite, en la matière. Que vos prières soient exaucées et que votre communauté soit inscrite et scellée pour une bonne et douce année, matérielle et spirituelle.

Vous trouverez sûrement une synagogue qui convienne et qui fera abstraction de toute concurrence. Bien évidemment, il vous faudra quelques temps pour cela. Vous observerez donc patiemment la situation de la ville, jusqu'à pouvoir en faire une évaluation précise. Vous trouverez ensuite la meilleure solution.

Bien évidemment, cela ne vous empêchera pas de gagner votre vie car, dans ce pays, les guides spirituels des synagogues sont occupés pendant le Chabbat et les fêtes, mais relativement libres pendant la semaine.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité pour le 18 Elloul avec la lettre qui lui est jointe.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de bonnes nouvelles de chacun, en particulier et de tous, en général,

Mena’hem Schneerson,

Vous vous êtes sans doute arrangé avec le Joint.

Lettre n°742

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°742, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Elloul 5710,

A madame ...,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 9 de ce mois, dans laquelle vous décrivez votre situation. Vous dites avoir écrit, à ce propos, à mon beau-père, le Rabbi, qui vous a répondu.

Vous devez savoir que le Rabbi a toujours tenu parole et combien plus est-ce le cas, à l’heure actuelle, pendant l’année du décès. Comme le souligne l’Admour Hazaken, toutes les barrières qui existaient auparavant sont désormais tombées. Vous devez donc être certaine, ferme dans votre foi, car la promesse du Rabbi se réalisera en tout état de cause. Bien évidemment, cela est seulement une question de temps.

Vous me parlez de votre fille et je me rappelle qu’à l’époque, lorsque je me trouvais à Paris, elle m’avait elle-même transmis votre requête. Je lui avais, alors, envoyé un Sidour. Ayant été éduquée à Beth Rivka, je suis sûr qu’elle s’en sert souvent. J’ai donc demandé qu’on lui en envoie un nouveau. Puisse Dieu faire que les prières qu’elle dira avec celui-ci soient exaucées par le Maître du monde.

Nous sommes dans le mois d’Elloul et nous commencerons bientôt à dire les Seli’hot. Il y aura ensuite les jours redoutables, puis les jours joyeux de Soukkot et de Chemini Atséret. On doit donc savoir qu’il en est de même pour chaque Juif, homme ou femme. Quand on demande à Dieu de faire preuve de miséricorde et de bonté, on met en éveil l’aspect profond du cœur juif qui est intact chez chacun.

Alors, même si l’on a eu un comportement qui n’était pas irréprochable, Dieu pardonne et permet d’être inscrit et scellé pour une bonne année. Viennent ensuite les moments joyeux et l’on reçoit une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Vous respectez sans doute la coutume consistant à donner de la Tsédaka dans un tronc dédié à Rabbi Meïr Baal Haness, avant d’allumer les bougies du Chabbat et des fêtes, ce qui favorise la bonne santé et la prospérité matérielle.

Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai votre nom, celui de votre mari et celui de votre fille, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année. J’émets le souhait que la promesse du Rabbi se réalise au plus vite et que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne et douce année.

Avec ma bénédiction pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson,

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