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Iguerot Kodesh — lettres 7419 à 7438

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7419

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7419, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Elloul 5720,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ephraïm Eliézer(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos cartes postales des 1er et 3 Elloul, mois de la miséricorde. Vous m’interrogez sur le chapitre 14 d’Iguéret Ha Kodech, selon lequel le fait que les six cent treize Mitsvot de la Torah furent transmises à Moché sur le mont Sinaï est un enseignement de nos Sages. Dans la première partie du Tanya, au début du chapitre 20, cette affirmation est effectivement citée au nom de nos Sages et vous consulterez la première mise en garde qui figure au début du Tanya, définissant la nature d’Iguéret Ha Kodech et expliquant comment ont été trouvées les lettres qui en constituent le texte.

A la fin de la seconde carte postale, vous faites référence à un service de Dieu intègre. A ce sujet, vous consulterez le début du Tsavaat Ha Ribach. Lors d’une réunion ‘hassidique(2), j’ai fait remarquer, à ce propos, que l’on peut définir les conditions de ce service intègre. Il doit permettre d’obtenir le résultat final, sans qu’aucun acte ultérieur ne soit nécessaire, comme le dit le traité Yoma 26a. C’est bien le point nouveau introduit par ce texte de Tsavaa(3). Cette idée paraît évidente et elle figure dans différents textes.

Vous faites référence au saint Or Ha ‘Haïm, qui parle de la partie végétative de l’âme, Néfech et de son aspect émotionnel, Roua’h(4). Vous consulterez, à ce propos, le Guinzeï Nistarot, tome 1, au chapitre 70, rapportant les propos du Baal Chem Tov, à propos de l’auteur du Or Ha ‘Haïm. On connaît aussi les paroles du ‘Hida, sur les proportions que reçut l’étude de son livre, à la suite des propos du Baal Chem Tov. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, Rav de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°7136. (2) Le second jour de Soukkot 5720. On verra les Si’hot Kodech 5720, à la page 20 et les Biyourim Al Tsavaat Ha Ribach, à la page 3. On verra aussi la causerie du 18 Elloul 5746, dans Itvaadouyot 5746, tome 4, à la page 401. (3) Testament du Baal Chem Tov qui, en l’occurrence, n’en est pas un, mais seulement un recueil de textes, établi par ses disciples. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera ce que dit, à ce propos, le Netiv Mitsvoté’ha, en sa quatrième partie ”.

Lettre n°7420

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7420, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’interrogez sur la possibilité de la couper(1). Je n’ai pas reçu d’instruction spécifique, à ce sujet et l’on peut pencher pour un avis ou pour l’autre. Vous vérifierez donc quel est l’usage des ‘Hassidim, en la matière, auprès des Rabbanim ‘hassidiques, sachant ce que faisaient les ‘Hassidim âgés. Car, l’acte prime(2).

Notes

(1) La moustache, parce qu’elle constitue une gêne, quand on mange. (2) Fait référence, en l’absence de références hala’hiques.

Lettre n°7421

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7421, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Tout est effet de la divine Providence. Bien plus, selon l’enseignement du Baal Chem Tov, dont nous célébrons, cette année, le bicentenaire de la Hilloula, j’ai le devoir de vous souligner et, par votre intermédiaire, à tous ceux dont vous me transmettez le nom, les propos de nos maîtres et chefs, depuis notre maître le Baal Chem Tov, son successeur le Maguid(1), l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie profonde de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, montrant l’impérative nécessité d’étudier la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Nos maîtres firent don d’eux-mêmes pour diffuser cette étude. Or, s’il en est ainsi pour chacun, combien plus est-ce le cas pour ceux qui ont la capacité d’influencer d’autres personnes. Selon l’expression de la Michna, “ il a le mérite et confère le mérite aux autres ”. Et, d’une formulation positive…(2). A fortiori en est-il ainsi en la période du talon du Machia’h(3), alors que “ il se tient derrière notre mur ”. Chacun doit alors être prêt pour sa venue, au quotidien et, pour cela, faire tout ce qui est en son pouvoir, conformément aux propos du roi Machia’h, rapportés par la sainte épître du Baal Chem Tov, affirmant que : “ lorsque tes sources se répandront à l’extérieur ”, il viendrait. Que Dieu nous garde donc de prolonger l’exil, fut-ce même pour un court instant, en s’abstenant de réaliser cette diffusion ou même en la conduisant d’une façon imparfaite. En effet, le Saint béni soit-Il est Lui-même exilé. L’assemblée d’Israël l’est également et “ ils ont exilé la Présence de Dieu à Edom avec eux ”. Il est difficile d’en dire plus, tant cela est douloureux et même effrayant.

Nous nous trouvons dans le mois d’Elloul, celui du bilan moral et de la miséricorde, lorsque le Roi se trouve dans le champ, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Reéh, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à mon Bien Aimé ”. Il est donc certain que Dieu accorde des forces à chacun, afin d’accomplir tout cela. Puisse Dieu faire que l’appel de Dieu suscite l’effort des hommes, d’une manière sans cesse accrue, toujours plus lumineuse. Dieu fasse que je reçoive de bonnes nouvelles de cela et il n’est de bon que l’action concrète, car “ l’acte est essentiel ” et “ rien ne résiste à la volonté ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) De Mézéritch. (2) On peut déduire une formulation négative, en l’occurrence la gravité de ne pas diffuser cet enseignement. (3) A proximité immédiate de sa venue.

Lettre n°7422

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7422, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Elloul 5720,

bicentenaire(1) de la Hilloula du

Baal Chem Tov,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux

multiples connaissances, se consacrant aux besoins

communautaires, le Rav C.Y.(2) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, que vous conclurez l’étude du Talmud, le lundi de la Parchat Ki Tavo, “ Quand tu parviendras dans la terre ”(3). Comme le veut la coutume juive, qui est partie intégrante de la Torah, sans doute recommencerez-vous aussitôt, encore une fois, cette étude, car “ la fin est liée au début et le début à la fin ”.

Bien plus, cette étude est publique et elle crée donc un lien entre tous ceux qui y prennent part, depuis “ vos chefs de tribu ”, jusqu’à “ vos coupeurs de bois et vos puiseurs d’eau ”. Tous s’unissent de cette façon, comme l’explique l’Admour Hazaken, à propos de la Parchat Nitsavim : “ Vous êtes tous présents aujourd’hui ”(4), Paracha qui est en relation avec la période précédant Roch Hachana. Une telle unité apporte l’élévation au puiseur d’eau et au coupeur de bois, au même titre qu’au chef de tribu, comme le précise ce discours ‘hassidique.

Ce qui vient d’être dit peut être expliqué par le début et la fin du Talmud. Sa conclusion est la suivante : “ Rav Chmaya dit à Rav Abba : ‘Peut-on dire que la femme devient Zava le jour, Nidda la nuit ?’. Il lui répondit : ‘C’est à ce propos que le verset dit : ‘sur sa Nidda’, c’est-à-dire à proximité de celle-ci. Or, à proximité de la Nidda, ce peut être la nuit et le verset parle, malgré tout, de Zava ”. Par la suite, est rapporté un enseignement qui fut énoncé dans la maison d’étude d’Elyahou que certaines versions ne retiennent pas et ceux qui le font admettent qu’il est là uniquement pour conclure par l’éloge et la consolation(5), comme le dit la Tosséfet.

Ce passage peut être appliqué au service de Dieu, conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov selon lequel toute chose et toute idée que l’homme voit ou entend, doivent lui délivrer une leçon pour servir son Créateur. Combien plus en est-il ainsi quand il s’agit de notre Torah, Torah de vie qui, comme son nom l’indique, délivre un enseignement pour la vie.

La différence entre l’impureté de la Nidda et celle de la Zava est la suivante. La première appartient à la nature du monde, bien qu’elle y apparut uniquement après la faute(6), ce qui n’est pas le cas de la seconde, laquelle est une manifestation du corps n’ayant pas un caractère naturel. Or, il en est de même pour le service de Dieu. L’impureté existe et elle prend sa source, précisément, en celui qui est appelé “ l’impur ”(7). Et, elle est naturelle, même si elle ne l’est devenue qu’après la faute. Bien plus, il est dit des quatre Justes que l’on sait(8) qu’ils moururent “ par la morsure du serpent ”, c’est-à-dire à cause de la faute originelle.

A des stades plus proches de nous, on peut faire une déduction, en considérant les circonstances atténuantes(9) qui furent accordées par le Maguid de Mézéritch aux pensées conçues par les disciples du Baal Chem Tov, lui reprochant de se consacrer aux hommes du commun et de leur manifester la plus grande proximité. Le Maguid fit plusieurs interventions dans le but de réparer ces pensées. Bien plus, il ne se contenta pas de cela et, une nuit, alors qu’il parcourait les sanctuaires du Gan Eden, il parvint dans celui où se trouvent les enfants qui étudient le ‘Houmach. Moché leur enseignait le verset : “ Avraham tomba, face contre terre et il rit ”. Il souligna alors que ce verset ne pouvait pas être départi de son sens simple. Or, on peut se demander comment Avraham douta de la Parole de Dieu. En fait, il en était ainsi à cause du corps, car même un corps saint n’en est pas moins fait de chair.

Il y a, en outre, celui qui excite son proche mauvais penchant, qualifié de “ maladie ”(10). L’impureté qui en résulte est celle de la Zava. Rav Chmaya, dont le nom fait allusion à la compréhension, à l’analyse raisonnée, s’adressa donc à Rav Abba, correspondant à la découverte intellectuelle, qui transcende la compréhension effective, de sorte qu’il y avait, entre le dernier et le premier, la relation de crainte qui existe entre un père et un fils(11). Il lui dit que le jour évoquait la période éclairée par “ le soleil et son fourreau ”, lorsque la Présence divine est évidente. Malgré cela, on pouvait alors observer un écoulement de sang, se séparant du corps et en investissant la chaleur dans les préoccupations extérieures. Il lui demanda si une telle situation pouvait être qualifiée de Zava, dans la mesure où il y avait bien eu une excitation du mauvais penchant, devenu comme “ l’âne qui a froid en été ”. A l’opposé, la même manifestation pendant la nuit, au sein de l’obscurité décrite par le verset : “ Moi, Je voilerai Ma face ”, n’était qu’une situation de Nidda.

Rabbi Abba, transcendant l’intellect, put, néanmoins, répondre à cette question, bien qu’elle ait été tout à fait judicieuse. Certes, la Loi orale doit, avant tout, être comprise, indiqua-t-il. Pour autant, il fallait s’élever au-dessus de la compréhension et considérer le verset, la Loi écrite(12) dans laquelle les lettres et les phrases sont plus importantes que leur sens. C’est pour cela qu’un ignorant récite également la bénédiction de la Torah. Celle-ci dit : “ sur sa Nidda ”, c’est-à-dire à proximité de celle-ci, car tout écoulement extérieur de sang, quel qu’il soit, n’est possible que du fait de la proximité de la Nidda, résultant de la faute originelle, qui transforma la nature et la souilla. Ce qui résulte de la Nidda est donc la nuit, l’occultation de la lumière du “ soleil de Dieu ”. La Loi écrite, le verset prononcé par le Saint béni soit-Il, qualifie une telle situation de Zava, car elle n’est pas inéluctable. Il s’agit, à proprement parler, d’une maladie. Or, en pareil cas, Dieu accorde Son aide, en particulier par l’intermédiaire de la compréhension de l’homme, de la force d’abnégation que chacun possède(13). Alors, même pendant la nuit, la bougie ne s’éteint pas, “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ” et l’Eternel illumine l’obscurité.

De même, “ la fin est liée au début ”. Dans l’obscurité de la nuit, est ainsi donnée une Injonction, de même que la force de la mettre en pratique, car “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”, celle de lire le Chema Israël du soir, de proclamer Sa Royauté en haut, en bas et aux quatre points cardinaux. La force de tout cela provient de Meïmataï, “ à partir de quand ? ”, que l’Admour Hazaken, d’après une explication de Rabbi Avraham l’ange, lit : Meïma, en éprouvant de la crainte pour Lui, face à Sa grandeur, une crainte supérieure, liée à la sagesse ou bien, à l’autre extrême, la crainte du châtiment, la crainte inférieure, celle des chefs de tribu comme celle des coupeurs de bois et des puiseurs d’eau.

Dieu fasse que, malgré la pénombre profonde de la nuit de l’exil, s’accomplissent en chacun la lecture et la révélation du Chema, “ Ecoute, Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est Un ”, comme l’explique le Zohar, tome 2, page 116b, selon lequel rien d’autre ne peut remplacer le Chema Israël. Les derniers Sages ont développé de longues explications, à ce sujet(14). Ainsi, l’obscurité sera transformée en lumière et “ la nuit éclairera comme le jour ”.

Avec mes respects, ma bénédiction pour que chacun des participants à cette étude, auxquels Dieu accordera longue vie, soit inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Tamid, chapitre 3, Michna 2, qui dit : ‘jusqu’à ‘Hébron’ ”. (2) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°7066. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ ‘Quand tu viendras vers la volonté et afin que tu parviennes jusqu’à elle’, selon l’enseignement du Baal Chem Tov, rapporté par le Hayom Yom, à la date du 18 Elloul ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, au début de la Parchat Tavo ”. (5) le Rabbi note, en bas de page : “ Ce passage n’est donc pas la conclusion et, quand, de nouveau, on recommence, aussitôt, cette étude, on le trouve ici uniquement parce qu’une Michna et une leçon de nos Sages ne peuvent pas être supprimées. On notera le changement d’ordre de la Michna, au cinquième chapitre d’Avot, dans le Sidour de l’Admour Hazaken et dans celui du Chneï Lou’hot Ha Berit, comme le note le Chaar Ha Collel. Mais, l’on peut encore s’interroger, à ce propos ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Erouvin 100b ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Soukka 52a. Zohar, tome 1, à la page 35b ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat 55b et l’on consultera le commentaire de Rachi, à cette référence, qui dit : ‘et, non par une autre faute’ ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la longue explication développée dans la lettre de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, figurant dans le Kovets Mi’htavim, tome 1 et reproduit dans le Ha Tamim, volume 2 ”. Cette lettre figure dans ses Iguerot Kodech, tome 3, lettre n°810, à la page 455. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yerouchalmi, traité Chabbat, chapitre 14, paragraphe 3, expliqué dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Les cinquante portes de la compréhension’, de 5653, dans le Kountrass 18 Elloul 5703 ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Béréchit Rabba, chapitre 36, au paragraphe 6 ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, à ce sujet, la longue explication du Likouteï Torah, Parchat Vaykra, à partir de la page 5b ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, à la fin du chapitre 25 ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le début du Chaareï Zohar, au début du traité Bera’hot, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 60, le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, sur le Rambam, lois du Chema Israël, au début du chapitre 2 ”.

Lettre n°7423

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7423, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

En ce mois d’Elloul, celui de la miséricorde, dont la combinaison figure dans le verset Devarim 6, 25 : “ Et, une Tsédaka sera pour nous ”, selon l’interprétation du Michnat ‘Hassidim, au début du traité Elloul, puisse Dieu faire que le service de Dieu soit conforme au commentaire que donne le saint Or Ha ‘Haïm de ce verset, qu’il soit basé sur l’amour de Dieu. Or, la perfection du service de Dieu écarte tout intérêt personnel, comme l’explique le Kountrass Ha Avoda(1), au chapitre 5, selon lequel l’amour qui ne dépend pas d’une cause, qui émane de l’essence de l’âme, la Ye’hida, intervient jusque dans l’action concrète et ce verset se conclut par : “ pour faire ”.

Et, “ comme le visage se reflète dans l’eau ”, l’amour et la bonté de Dieu se révèleront également, sans limite et sans restriction, jusqu’au point le plus bas, à la fois matériellement et spirituellement(2).

Notes

(1) Du Rabbi Rachab. (2) Voir la lettre n°7415.

Lettre n°7424

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7424, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 7 Elloul, mois de la miséricorde. En un moment propice, on mentionnera encore une fois votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vos fiançailles soient positives, ainsi qu’il est dit : “ La femme qui craint Dieu est digne d’éloge ”.

Vous me demandez, dans votre lettre, pourquoi vous n’avez pas trouvé votre promise jusqu’à maintenant. Or, qui a connaissance des voies du Créateur du monde, Qui le dirige ? En outre, cela n’est nullement étonnant, car “ celui qui recherche Dieu Le trouvera-t-il ? ”. Il convient, bien au contraire, de mettre en pratique les termes du verset : “ Tu seras intègre ”, d’avoir une confiance absolue en la divine Providence, comme le souligne l’enseignement de notre maître, le Baal Chem Tov, cette année marquant le bicentenaire de sa Hilloula. Ceci renforce et multiplie les bénédictions de Dieu. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°7425

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7425, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre de la fin du mois de Mena’hem Av, dans laquelle vous évoquez le port de la perruque. Vous me dites que, dans l’entourage religieux au sein duquel vous évoluez, on ne la porte pas. Vous craignez donc que l’on se moque de vous, si vous le faites. Or, la nécessité de porter une perruque et de ne pas se contenter d’un chapeau ou d’un foulard est établie par différents textes et l’on peut observer concrètement qu’un chapeau, ou même un foulard, ne couvrent pas toute la tête, au moins pendant un moment, ce qui veut dire que l’on transgresse alors une grave interdiction, comme le tranche le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 75. L’importance de tout cela peut être déduite également de l’immense récompense qui est accordée à celle qui met en pratique l’Injonction telle que nous l’avons reçue. Selon les termes du Zohar, “ on reçoit toutes les bénédictions supérieures et inférieures, la richesse, les enfants et les petits-enfants ”.

Vous me dites que l’on pourrait se moquer de vous et que vous en éprouvez de la honte. Or, parmi les jeunes, aux Etats-Unis, on ressent dernièrement un sentiment de respect envers ceux qui marquent fortement leurs positions, qui ne s’affectent pas de ceux qui se moquent d’eux et de leur manière de vivre. Ils considèrent avec dédain et mépris ceux qui suivent la majorité, sans aucune force de caractère. Vous savez sans doute que le début des quatre parties du Choul’han Arou’h est : “ On ne s’affectera pas des hommes qui se moquent, lorsque l’on sert Dieu ”. Autre point, qui est évident également, Dieu dit : “ J’emplis les cieux et la terre ”. Il accompagne l’homme en tout lieu et à tout moment. Il n’en est pas de même, en revanche, pour les autres personnes, y compris quand celles-ci appartiennent à la proximité immédiate. Elles ne peuvent pas se trouver toujours à proximité. En conséquence, est-il envisageable que vous n’ayez pas honte du Saint béni soit-Il, ce qu’à Dieu ne plaise et que vous craigniez des hommes de chair et de sang ? Compte tenu de l’éducation que vous avez reçue, comme l’indique la fin de votre lettre, j’espère qu’il est inutile d’en dire plus.

Dieu accorde Sa Providence à chacun et à chacune et il s’agit, en l’occurrence, d’un principe fondamental de notre foi, comme l’explique longuement l’enseignement de notre maître, le Baal Chem Tov, cette année marquant le bicentenaire de sa Hilloula. Il vous guidera donc sur la voie qui sera bonne pour vous, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°7426

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7426, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 6 Elloul. Vous faites allusion à ce que l’on sait(1). Le mieux est d’oublier tout cela jusqu’après votre mariage, en un moment bon et fructueux. L’oubli ne signifie pas la lutte contre les pensées qui ne sont pas bonnes, mais, bien au contraire, le fait d’avoir d’autres pensées, si possible portant sur la Torah et la prière. Car, si un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité, combien plus peut le faire beaucoup de lumière. Vous connaîtrez donc par cœur au moins quelques chapitres de Michna et de Tanya. Vous les réviserez, par la pensée ou même par la parole, chaque fois que cela est possible. De même, il serait bon, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, de donner quelques pièces à la Tsédaka. Vous garderez également les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.

Vous faites référence à des jeûnes(2). Vous les échangerez donc contre des “ jeûnes de la volonté ”, ce qui veut dire que vous ne satisferez pas votre volonté de consommer un aliment agréable. A la place de cela, vous rechercherez le plaisir et la satisfaction dans la Torah et ses Mitsvot. Bien évidemment, ceci inclut également la nécessité d’influencer les autres. Vous devez vous considérer comme l’émissaire de Dieu, béni soit-Il. Comme le dit la Michna, à la fin du traité Kiddouchin : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Et, ce service consiste à diffuser notre Torah, Torah de vie, à mettre en pratique les Mitsvot desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. C’est ce que vous ferez en tout endroit où s’exerce votre influence, à différentes reprises et avec des paroles émanant du cœur, afin qu’elles pénètrent dans celui de la personne qui les écoute. Si, pour l’heure, ce n’est pas le cas, cela veut dire que vous n’avez pas parlé avec tout l’enthousiasme nécessaire. En prononçant ces mots, bien au contraire, d’une manière agréable mais avec détermination, vous connaîtrez le succès non seulement envers les autres, mais aussi, largement, envers vous-même. En effet, ces jours sont propices, comme l’explique le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Reéh, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à mon Bien Aimé ”, selon lequel le Roi se trouve dans le champ et réserve à chacun un accueil bienveillant. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

En réponse à votre question, vous direz Alénou avec la communauté et Le David Ori ensuite(3).

Notes

(1) L’émission séminale en pure perte. (2) Pour expier cette faute. (3) Dans une communauté où le Psaume Le David Ori n’est pas ajouté pendant le mois d’Elloul. En effet, on doit systématiquement se joindre à une communauté qui récite la prière Alénou.

Lettre n°7427

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7427, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Touvya(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 6 Elloul. Je vous remercie pour la référence au dicton du Baal Chem Tov que vous m’avez indiquée. De façon générale, et surtout en la matière, puisqu’il s’agit, en l’occurrence, d’un proverbe du Baal Chem Tov, on s’efforce de s’appuyer uniquement sur les ouvrages qui sont cités par la ‘Hassidout et qui ont donc reçu un blanc-seing de nos maîtres et chefs. C’est en particulier le cas du Kéter Chem Tov(2), des livres du Rav de Polnoa(3), du Meor Enaïm(4). Vous ne me dites rien de votre état de santé. C’est, je l’espère, le signe que tout va bien. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav T.Blau, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6636. (2) Recueil des propos du Baal Chem Tov, établi par ses disciples. (3) En particulier, le Toledot Yaakov Yossef. (4) De Rabbi Mena’hem Mendel de Tchernobyl.

Lettre n°7428

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7428, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 10 du mois d’Elloul, celui de la miséricorde. Du fait de son contenu, j’y réponds immédiatement, en passant outre à la file d’attente. Bien entendu, je fais allusion à la diffusion des sources(1) à l’extérieur et j’interviens rapidement pour que l’on profite du temps, des quelques jours restant de cette année propice, marquant le bicentenaire de la Hilloula de notre maître, le Baal Chem Tov. La réponse à ce que je vous ai écrit est, pour reprendre l’expression de nos Sages : “ Il l’a accusé de lui avoir pris du blé et l’autre a reconnu lui devoir de l’orge ”(2). En vous écrivant, j’ai exprimé mon étonnement et ma douleur en constatant que vous n’utilisez pas vos capacités et les possibilités dont vous disposez pour diffuser les sources. Or, vous me répondez que telle personne ne se comporte pas bien, que telle autre ne vous vient pas en aide. Ce n’est nullement ce qui vous était demandé. Peut-être ceci renforce-t-il mon argumentation. Si, comme vous le dites, de nombreuses personnes n’ont pas un bon comportement, le travail incombant à ceux qui ont un bon comportement s’en trouve accru d’autant. J’espère et je suis sûr que vous êtes de ceux-là. Cette conclusion est si évidente qu’il est sans doute inutile d’en dire plus.

De même, il est sûrement superflu de vous désigner la tribune à partir de laquelle vous pourrez accomplir tout cela. En effet, vos articles et vos écrits ont été publiés par différents organes et aussi de façon indépendante. Certes, nous arrivons à la fin de cette année, mais, point essentiel, l’Injonction de diffuser les sources reste valable pendant la deux cent unième année, même s’il ne s’agit pas d’une date particulière. En outre, il reste encore plusieurs jours, plusieurs heures, plusieurs instants avant la fin de cette année. Or, en un seul instant, on peut obtenir des accomplissements grandioses, pour peu que l’on mette en application les forces et les trésors que recèle l’âme juive, ou encore, selon les termes de l’Admour Hazaken, dans le Likouteï Torah, au second discours ‘hassidique intitulé : “ Quand tu sortiras au combat sur ton ennemi, l’Eternel ton Dieu le placera dans ta main ”, chapitre 3, si l’on met en évidence non seulement un reflet du point profond du cœur, mais aussi la quintessence de ce point. En effet, le début de toutes les parties du Tour, la partie Ora’h ‘Haïm, est : “ Sois comme un cerf, afin d’accomplir la Volonté de ton Père Qui se trouve dans les cieux ”. Puisse Dieu faire que j’ai de bonnes nouvelles de tout cela. Comme je le précisais, c’est pour cette raison que la présente vous est envoyée en express. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) La réponse était sans rapport avec la question posée.

Lettre n°7429

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7429, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

à l’issue du saint Chabbat 18 Elloul 5720,

date de la naissance du Baal Chem Tov et

de l’Admour Hazaken, Brooklyn,

Au jeune ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 6 Elloul, mois de la miséricorde dans laquelle vous me décrivez l’organisation qui a été adoptée pour cette période de compassion. Comme le dit l’Admour Hazaken, dans le Likouteï Torah, à la Parchat Reéh, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Je suis à mon Bien Aimé ”, le Roi se trouve alors dans le champ et Il réserve à chacun un accueil bienveillant. Il est donc bien évident qu’il convient de multiplier tout ce qui appartient à la prière, à la Torah et aux Mitsvot. Selon les termes du verset : “ Je suis à mon Bien Aimé ” tout d’abord et ensuite : “ mon Bien Aimé est à moi ”, dont les initiales des mots constituent le nom Elloul et comme l’expliquent les livres de la Kabbala, du Moussar et de la ‘Hassidout, l’organisation à adopter, telle qu’elle est énoncée par les derniers Sages, est la suivante : on doit multiplier les prières et les supplications, par rapport au reste de l’année. Vous consulterez, à ce sujet, le Birkeï Yossef, cité par le Maté Ephraïm, au chapitre 581, paragraphe 11(2). Il en est de même pour l’étude de la Torah, dont on développe la partie qui est liée au service de Dieu, de même aussi pour la pratique des Mitsvot de la meilleure façon. Les livres de ‘Habad traitant plus spécifiquement de tout cela sont Iguéret Ha Techouva, la troisième partie du Tanya et le Dére’h Ha ‘Haïm du fils de l’auteur du Tanya, l’Admour Haémtsahi.

Puisse Dieu faire que vous accomplissiez tout cela. Vous le ferez, ainsi qu’il est dit : “ on fait en sorte que la Tsédaka soit donnée(3) ”, en vous forçant à aller au-delà de votre habitude, au-delà de ce que vous indique votre intellect. En effet, nous avons reçu l’Injonction suivante : “ Supprime ta volonté devant la sienne ”. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav H.Volkin, de Wickleaf, Ohio. Voir, à son sujet, la lettre n°7321. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le Maté, à la même référence de cet ouvrage ”. (3) Ce qui inclut le recours à la contrainte.

Lettre n°7430

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7430, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, aux bons comportements, issu

d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je reproduis ici le texte du télégramme que le Rabbi Chlita a bien voulu vous envoyer, aujourd’hui :

“ Tout de suite après le Chabbat 18 Elloul, date de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, je vous adresse mes souhaits afin que vous puissiez réaliser immédiatement, dans l’endroit adapté, le nouveau Kfar ‘Habad, en lequel s’accomplira : ‘on veut le faire et on peut le faire’(2). Vous révèlerez les trésors cachés dans la terre de convoitise que sont les participants à cette réunion, selon l’expression du Baal Chem Tov(3). Avec ma bénédiction de réussite, de même que, pour chacun de vous, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Schneerson, ”

Vous avez sûrement reçu ce télégramme en son temps et nous attendons de bonnes nouvelles. Avec ma bénédiction et en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

le secrétaire,

Notes

(1) Chnéor Zalman Shazar. Voir, à son sujet, la lettre n°7084. (2) En russe dans le texte. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Hayom Yom, à la page 54 ”.

Lettre n°7431

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7431, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 15 Elloul, dans laquelle vous me faites part de votre mission sacrée, au sein de l’école Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et dont ces écoles portent le nom. Vous me faites part de la proposition selon laquelle les enseignants et les enseignantes resteraient dans les écoles(1) afin de conduire les élèves au Tachli’h(2). A l’opposé, on peut aussi imaginer qu’ils rentrent chez eux et retrouvent leur environnement habituel.

Le contenu de Roch Hachana est la soumission et il convient donc d’accepter cette proposition. Tout au moins le feront les enseignants et les enseignantes qui n’ont pas de raison de la refuser, si ce n’est ce qui vient d’être dit. Sans doute profiterez-vous de ces jours pour insuffler cette soumission aux élèves et à leur entourage. Car, c’est bien là le canal et le réceptacle permettant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, matériellement et spirituellement. En contrepartie, vous pourrez peut-être rentrer chez vous pour le jour sacré(3) et au moins pour une partie du temps de notre joie(4), ou même pour sa totalité, selon ce que vous déciderez avec le directeur. Dans la mesure du possible, un tour de rôle est envisageable entre les professeurs, en la matière. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

N. B. : S’agissant de la question que vous me posez, au début de votre lettre, il est bien évident que vous avez raison de rechercher, pour vous marier, un jeune homme avec lequel vous pourrez fonder un foyer ‘hassidique, qui étudiera la ‘Hassidout, aura adopté ses usages, ses directives et ses pratiques. Nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera, en ont souligné l’immense importance, dans leurs causeries. Bien entendu, cela est particulièrement important quand on fonde un foyer et bâtit un édifice éternel en Israël.

Notes

(1) Pendant les vacances pour les fêtes. (2) Le second jour de Roch Hachana. (3) Yom Kippour. (4) Soukkot.

Lettre n°7432

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7432, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 Elloul, dans laquelle vous me parlez de votre fille, qui a reçu son éducation dans telle famille. Or, ses professeurs vous demandent une réponse claire(1) et ils formulent deux propositions(2). A mon avis, votre fille ayant seize ans, comme vous l’écrivez, il convient effectivement de trouver le moment propice pour lui dire la vérité. En effet, il est à peu près certain qu’au final, elle le saura. Il est donc préférable qu’elle l’apprenne de ceux qui sont les plus proches d’elle, au moment qui convient et avec des propos adaptés. Au bout du compte, l’essentiel est le bien de votre fille. Il est donc clair qu’il faut faire en sorte qu’elle évolue dans un milieu religieux et qu’elle soit placée sous une influence religieuse, dans toute la mesure du possible. Il est important, bon et peut-être même indispensable qu’il en soit ainsi au plus vite, à cet âge de transition.

Vous craignez que votre fille reste indifférente à un récit qui lui serait fait par surprise. Il faut donc introduire ces propos, de la manière qui convient. En outre, et ceci est essentiel, il y a tout lieu de penser qu’elle l’apprendra par elle-même, comme je l’ai dit. Il est donc préférable que cela vienne de vous, d’autant que de tels cas ne sont pas rares, même si, bien entendu, ceux qui sont concernés n’en font pas état publiquement. Comment envisager tout cela concrètement ? Cela dépend de différents points et des traits de caractère des protagonistes. Vous consulterez donc des amis se trouvant sur place et Dieu, Qui accorde Sa Providence à tous, guidera chacun d’entre vous vers le bien véritable. Il est évident qu’un ajout à la Torah et aux Mitsvot élargit la bénédiction de Dieu, surtout quand on a besoin que celle-ci soit accrue. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de votre appartement, afin qu’elles soient cachères, selon la Hala’ha.

Vous me demandez une bénédiction et, si vous m’écrivez les noms de ces personnes, avec celui de leur mère, puisque c’est de cette façon que l’on cite quelqu’un dans une prière, on les mentionnera près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Faut-il lui dire qui sont ses véritables parents ? (2) Lui dire qui ils sont ou non.

Lettre n°7433

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7433, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Elloul, mois de la miséricorde, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce que vous avez vécu, de même que la perte que vous avez dernièrement subie, avec le décès de votre fils. Que le Consolateur de Sion et de Jérusalem renforce chacun d’entre vous, dans toute la mesure du possible et qu’à l’avenir, vous connaissiez uniquement le bien et la largesse. Vous me parlez de votre famille et de son origine. Il est inutile, je l’espère, de vous rappeler que l’âme est éternelle. De fait, les sages des nations le reconnaissent et ils n’émettent même aucun doute, à ce sujet. Cette âme ne fait que passer d’un stade à un autre. En conséquence, tous ceux qui étaient auparavant liés à elle et qui recherchent son bien doivent s’efforcer de lui procurer de la satisfaction, dans toute la mesure du possible. De fait, même lorsque l’âme se trouve dans le corps, c’est bien à elle qu’on est lié, elle qu’on aime, car le corps n’est qu’un vêtement extérieur. Comment lui procurer de la satisfaction ? En introduisant un esprit de purification, une lumière pure dans ses quatre coudées et dans son entourage. C’est de cette façon qu’un homme et un endroit peuvent recevoir la bénédiction de Dieu, Source de la vie réelle, Existence véritable. En tout ce qui est lié et attaché à la vie, s’accomplissent les termes du verset : “ Et vous, vous êtes liés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui ”. Il est inutile de préciser que ces mots font allusion à notre Torah, Torah de vie et à ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.

Autre point, à ce sujet, bien que cette précision soit sans doute inutile, j’espère que vous avez adopté une organisation, concernant la lecture du Kaddish et l’étude de la Michna pour l’âme du défunt. En outre, et ceci est essentiel, vous devez donner de la Tsédaka, au sens littéral de même qu’en sa dimension morale, en diffusant le Judaïsme traditionnel en tout endroit où s’exerce votre influence. Je serais satisfait d’obtenir une bonne nouvelle, concernant cette organisation. Je dois également me référer au début de votre lettre, concernant votre lieu de travail, du fait duquel vous ne m’avez pas écrit jusqu’à maintenant. J’en suis surpris et étonné, car vous travaillez avec des Juifs. Or, tous assument une responsabilité collective et, qui sait ? Peut-être travaillez-vous là afin que, par votre intermédiaire, s’y produise un ajout à “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même qu’au luminaire de la Torah, sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, avec sa lumière et sa vitalité. Déjà, au préalable, il n’était pas de Juif qui n’ait son moment, un domaine dans lequel il soit possible d’exercer une influence sur lui. Et, combien plus est-ce le cas, à l’heure actuelle. On peut observer, dans le milieu que vous décrivez et au sein duquel vous travaillez, une motivation pour les valeurs véritables des Juifs, la Torah, la Tradition ancestrale, l’étude, qui conduit à l’action, à la pratique effective des Mitsvot. C’est à ce propos que nos Sages disent : “ Rien ne résiste à la volonté ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

N. B. : J’ai lu avec plaisir les quelques lignes que vous m’écrivez à propos de votre frère, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, qui aura de longs jours et de bonnes années. Vous me dites qu’il connaît la réussite en ses actions de diffusion de la lumière de la Torah dans son entourage, en des proportions de plus en plus larges, surtout parmi les jeunes gens et les jeunes filles, qui construisent l’avenir et le confortent.

Lettre n°7434

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7434, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Elloul 5720,

Brooklyn,

A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui

craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chmouel Mena’hem Mendel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du 29 Mena’hem Av et du 3 Elloul, dans lesquelles vous me décrivez ce qui se passe, parmi les ‘Hassidim, dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Il semble que, dans la mesure où vous rédigez ces nouvelles par la suite, plusieurs éléments manquent, y compris parmi les plus importants. Sans doute réparerez-vous tout cela, à l’avenir. En effet, il est possible de noter tout de suite les points principaux et quelques références, puis de détailler ensuite quand on en a le loisir. C’est bien évident.

A ce propos, vous faites référence, dans votre lettre du 29 Mena’hem Av, à ce qui a été dit ici lors de la réunion ‘hassidique, c’est-à-dire au fait que la révélation, lors du don de la Torah, aurait été uniquement un ajout(2). Il est clair qu’une telle interprétation est totalement exclue, car le don de la Torah correspondait bien à tout l’enchaînement des mondes. Il est inutile de le préciser, tant cela est évident. Voici, en fait, ce qui alors a été dit. La présence de dix personnes constitue un fait public, emplissant ce monde, ce qui fait allusion à la largeur, c’est-à-dire à la surface, mais non à la profondeur et à la hauteur. La révélation émane alors d’un stade particulièrement élevé. En la matière, il existe plusieurs niveaux, certains étant beaucoup plus hauts que ce chiffre de dix. Il est clair qu’il en existe un nombre infini, en hauteur et en profondeur. Et, c’est la dimension profonde qui est révélée par la présence de six cent mille personnes, ce qui permet de bénir : “ le Sage percevant les secrets ”, révélant un niveau similaire. Or, il en est de même pour le don de la Torah. Il semble que plusieurs idées comme celle-ci soient notées(3). Je suis surpris que les lecteurs ne s’en aperçoivent pas, ce qui dénote une absence totale d’attention. C’est bien évident. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Je fais réponse à votre question. Il est bon que vous vous soyez inscrit pour résider dans le quartier ‘Habad de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Bien entendu, vous maintiendrez cette inscription et vous la conduirez à son terme. S’agissant du logement pour lequel il convient d’opter, vous consulterez vos amis se trouvant sur place et vous prendrez une décision, avec votre épouse. De la sorte, vous connaîtrez le succès.

Notes

(1) Le Rav C.M. M. Schneerson, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6739. (2) A la réalité du monde et non un événement s’y déroulant. (3) Des propos du Rabbi, qui sont retranscrites de manière inexacte.

Lettre n°7435

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7435, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Elloul 5720,

bicentenaire du décès du Baal Chem Tov,

Brooklyn, New York,

A ceux qui participent à la réunion ‘hassidique,

en le jour lumineux du 18 Elloul, date de la naissance

des deux grands luminaires, notre maître le Baal

Chem Tov et notre maître, l’Admour Hazaken,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, faisant référence à cette réunion ‘hassidique. Puisse Dieu faire que son effet se manifeste tout au long de l’année, en particulier d’après la causerie de mon beau-père, le Rabbi(1), selon laquelle le 18 Elloul est le jour du bilan moral pour le mois de Tichri écoulé(2). Or, Tichri est lui-même un mois qui a une portée générale, conditionnant toute l’année.

En un moment propice, on mentionnera chacun d’entre vous près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, conformément à ce que vous m’écrivez. Avec mes respects, ma bénédiction à chacun d’entre vous, avec les membres de sa famille, auxquels Dieu accordera longue vie, afin d’être inscrits et scellés pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Kountrass 18 Elloul 5703, à la page 42 ”. (2) Les douze derniers jours de l’année permettent d’établir le bilan moral de ses douze mois.

Lettre n°7436

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7436, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Elloul 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13/9, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie et vous me faites part de votre récente décision de poursuivre vos études, pendant une année, à la Yechiva. Puis, vous me dites que vous avez été saisi par le doute : comment gagnerez-vous votre vie et que ferez-vous en quittant la Yechiva ?

Votre lettre ne précise pas clairement si vous êtes troublé par la pensée que les quelques mois passés à la Yechiva pourraient remettre en cause votre manière de gagner votre vie. Or, on peut espérer, bien au contraire, qu’après avoir goûté l’étude de notre Torah, Torah de vie, sans être importuné par d’autres études, vous en percevrez l’aspect positif, le bien véritable, non seulement pour le monde futur, mais aussi pour ce monde. De fait, on peut observer concrètement que le point le plus essentiel, duquel dépend le bonheur de l’homme, est le fait de ne pas se sentir seul dans la vie, lui-même se trouvant d’un côté, alors que le monde et son entourage est de l’autre. Pour exclure cette éventualité chez ceux qui établissent un bilan de leur monde, il faut être animé par la foi en le Créateur du monde, Qui le dirige et lui accorde Sa Providence, encore actuellement et, selon l’expression de nos Sages, “ concrètement, ici-bas ”. Si, de tout temps, cet élément a été essentiel pour trouver le calme de l’esprit, combien plus est-ce le cas à notre époque, après les persécutions et les pogromes. Notre emprise sur la vie et notre maintien dépendent d’une foi pure, d’une foi forte. Or, il est clair que vous ne la fortifierez pas en apprenant un métier, un travail, ou même les sciences. Bien au contraire, une activité scientifique, à notre époque, conduit à remettre en cause les fondements. C’est tout particulièrement vrai pour les sciences qui sont définies comme exactes. On ne le démontrera pas ici et l’on soulignera uniquement que la condition première, pour gagner sa vie de la manière qui convient, est la tranquillité de l’esprit, la possibilité de se concentrer pour assurer sa propre subsistance. Bien plus, à propos d’un intellectuel, il est dit : “ en multipliant ses connaissances, il agrandit sa douleur ” quand il observe son entourage. Vous devez donc renforcer votre conception du monde, la raffermir de plus en plus. Pour cela, vous devez consacrer du temps et vous trouver dans un entourage pénétré de l’optique de notre Torah, Torah de vie, au sein de laquelle celle-ci est étudiée profondément et, comme je l’ai dit, sans être déconcentré par d’autres études. Après avoir bâti, de cette façon, une fondation solide et puissante, vous construirez sur elle l’édifice que sera la manière de gagner votre vie. En d’autres termes, les mois et les années que vous consacrerez exclusivement à l’étude de la Torah seront la base de la manière dont vous gagnerez votre vie par la suite.

Vous me demandez comment vous assurerez votre subsistance par la suite. Or, à votre âge, vos centres d’intérêts, s’agissant de votre travail, peuvent encore évoluer, surtout si vous passez quelques temps de la manière qui vient d’être décrite. Il n’y a donc pas lieu de décider maintenant ce que vous ferez plus tard. Vous le ferez le moment venu, c’est-à-dire quand il faudra s’y intéresser d’une manière concrète. Il découle de tout cela que vous devez poursuivre vos études dans une Yechiva où vous vous consacrerez uniquement à notre sainte Torah, pendant un certain temps. Plus celui-ci sera long et plus vous renforcerez l’assise de votre vie. Par la suite, ou bien à la fin de cette période, vous vous intéresserez à la manière de gagner votre vie. Que Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun, vous guide vers ce qui sera réellement bon pour vous. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, ainsi qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : J’espère que vous avez un temps fixé pour l’étude de la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, qui insuffle un enthousiasme accru à la vie d’un Juif en ce monde, une vitalité émanant du bien et de la pureté, malgré les vents indésirables qui soufflent dans les rues. C’est bien évident. Il serait bon que vous ayez une étude de cet enseignement chaque jour. En outre, elle sera accrue pendant le Chabbat, qui est saint pour Dieu.

Lettre n°7437

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7437, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Elloul 5720,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’association des élèves des Yechivot,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat 24 Elloul, avec le compte-rendu qui lui était joint. En ces jours de Seli’hot et de miséricorde, Dieu fasse que la compassion soit grande et qu’elle se révèle ici-bas. Vous connaîtrez la réussite dans vos actions, dont le point central est l’édification pour Lui d’une demeure ici-bas, jusqu’au point le plus bas, le plus inférieur qui soit, comme l’explique le Tanya, au chapitre 36.

Les initiales des mots composant votre nom forment le mot Ata, toi. Puisse donc Dieu faire que se réalisent les termes du verset : “ Toi, Tu es l’Eternel seul ”, comme l’explique le discours ‘hassidique prononcé ce dernier Chabbat. Car, ce mot désigne l’Essence de Dieu et Son Nom est présent dans la bouche de tous. Avec ma bénédiction de réussite et afin que chacun de vous soit inscrit et scellé pour une bonne année,

Lettre n°7438

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7438, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

jours de Seli’hot 5720,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Eliézer Aryé Ha Lévi,

qui est appelé professeur Finkelstein(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre en son temps. Du fait de mes nombreuses activités, je n’y ai pas répondu par écrit, mais, bien entendu, je suis informé des développements et des modifications de l’institution que vous dirigez et, avant tout, de l’état d’esprit de ses élèves. Ceci me conduit à vous souligner encore une fois le point suivant, dont nous nous sommes entretenus à différentes reprises et que j’ai également, me semble-t-il, évoqué dans une lettre que je vous ai adressée. Sous réserve d’une vérification, il n’y a jamais eu un moment aussi propice que l’heure actuelle pour conduire la jeunesse, les jeunes, à se soumettre à la Torah et aux Mitsvot, au sens le plus littéral, c’est-à-dire à la pratique de ces Mitsvot, au quotidien, à leur accomplissement concret. Chaque instant, chaque opportunité, chaque occasion dont on ne se sert pas de la manière qui convient est une perte irrémédiable. Bien entendu, je ne veux pas dire qu’en faisant de la morale, en prononçant de tels propos, on transformera aussitôt ceux qui les écouteront, en sorte qu’ils respecteront toute la Torah et ses six cent treize Mitsvot. Mais, il est certain, comme la pratique en a fait la preuve, que non seulement ces propos auront un effet théorique, mais, qu’en outre, ils prépareront les esprits pour un changement effectif et, comme je l’ai dit, conduiront à la pratique des Mitsvot. Or, c’est bien l’acte qui est essentiel.

Il est douloureux de constater que, précisément les responsables, les guides spirituels, naturellement plus âgés que ceux qui les écoutent, que les élèves, ceux dont la personnalité morale a été constituée il y a vingt ou trente ans, soient encore animés par une crainte qui avait cours à l’époque, qu’ils aient adopté le dicton : “ en voulant en faire trop, on ne fait rien ”, qu’ils prennent une pointe de cheveu pour une montagne, pour un immense résultat. Et, il est difficile de les convaincre, car ils ont un argument lié à la crainte de Dieu : s’ils s’adressent aux jeunes et à ceux qui les écoutent de la manière définie au début de ma lettre, ils pourraient les effrayer, perdre tout contact avec eux ! Et, qui sait où les conduira cette chute ? J’écris tout cela clairement car, d’après ce que l’on dit, vous-même n’éprouvez pas une telle crainte. Mais, en tout état de cause, j’ai la certitude que vous ne vous servez pas pleinement de votre capacité d’exercer une influence, de la manière qui vient d’être dite, peut-être du fait de l’opposition marquée par ceux qui sont d’âge moyen et auxquels je faisais auparavant allusion. Or, vous m’excuserez de dire que cette crainte n’a pas lieu d’être, car, à n’en pas douter, ceux qui vous écouteront, les élèves, seront de votre côté. Aux Etats-Unis, en particulier, les parents suivent les enfants et les professeurs s’en remettent aux élèves.

De fait, c’est bien là un des signes de la période du talon du Machia’h(2), de la dernière génération de l’exil, juste avant le début de la délivrance. Conformément à la promesse du prophète, “ Il fera revenir le cœur des pères par les fils ” et Rachi explique : “ par l’intermédiaire des fils ”. Il semble que ceci soit le contraire de la bénédiction, comme l’indique la Tossefta, à la fin du traité Sotta : “ les jeunes gens feront pâlir les anciens, le fils conspuera son père ”. Pour autant, il nous est commandé de transformer l’obscurité en lumière et l’amertume en douceur. Vous me soulignez l’importance de l’étude et de l’analyse approfondie. La Hala’ha tranche effectivement que l’étude est grande, mais elle en énonce aussitôt la raison : parce qu’elle conduit à l’action. Bien plus, pour que l’étude soit fructueuse et gravée dans l’esprit, elle ne doit pas contredire, en tout cas pas de manière évidente, l’existence quotidienne de ceux qui s’y consacrent, l’enseignant et l’élève. En outre, selon l’analyse des traits de caractère de l’homme, telle qu’elle est établie par la ‘Hassidout, on prépare son esprit à intégrer les propos de notre Torah, qui est sainte et qui est également une Torah de vie, en ayant une existence quotidienne conforme à ses enseignements. En ce sens, il existe une différence fondamentale entre notre Torah, bien qu’elle soit définie comme “ votre sagesse et votre entendement aux yeux des nations ” et les autres sciences, les disciplines de la connaissance. Quand on étudie une science, même éthique, le fait d’adopter un comportement totalement contraire à ses conclusions n’empêche pas de la comprendre. Il n’en est pas de même, en revanche, pour la sagesse de la Torah, non seulement sa dimension morale, mais aussi, par exemple, les lois de l’impureté et de la pureté, comme le souligne un bref dicton de nos Sages : “ Dieu est avec lui et la Hala’ha est systématiquement tranchée selon son avis ”. En effet, c’est uniquement quand “ Dieu est avec lui ” que l’on peut déterminer la Hala’ha ou, selon la formulation de la Michna, quand “ la crainte de Dieu précède la sagesse ”.

Tout ce qui vient d’être dit est basé sur la conception qui est exposée dans votre lettre, montrant la nécessité de l’étude, dans un premier temps. En revanche, selon ma propre optique, la valeur de l’action doit être soulignée, en tout état de cause, car c’est par son intermédiaire que l’on peut influencer les jeunes, d’une façon immédiate et durable, les conduire, par la suite à l’ardeur dans l’étude. Vous savez sûrement que cette année marque le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. A cette occasion, nous avons publié un livre qui s’appelle : “ Baal Chem Tov ”. Il vous a été adressé par envoi séparé. Je ne sais pas quelle est votre relation avec la ‘Hassidout, mais je suis sûr que cet ouvrage suscitera votre intérêt. Peut-être clarifiera-t-il et renforcera-t-il ce qui est dit ci-dessus. Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et mes vœux afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6529. (2) A proximité immédiate de sa venue.

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