Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°7398
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7398, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Tou Be Av(1) 5720,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux
besoins communautaires, aux comportements généreux,
issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(2),
Je vous salue et vous bénis,
Monsieur Hertsfeld vous a sûrement transmis le contenu de notre discussion relativement longue et détaillée(3). Je pensais vous écrire, à ce propos, il y a quelques semaines déjà, mais pour une raison qui est précisée dans ma lettre adressée à monsieur Hertsfeld, dont je vous joins une copie, la rédaction de ce courrier a été remise, d’un jour à l’autre. Puisse Dieu faire que ce long délai et ces préparatifs pour le commencement nous rendent quittes de tous les retards pour la fondation et l’édification, de sorte qu’à l’avenir la construction du second Kfar ‘Habad, que vous appelez le troisième, sera rapide, “ avec un empressement extraordinaire ”, selon l’expression de l’Admour Hazaken, au chapitre 21 d’Iguéret Ha Kodech. Comme je l’ai écrit à monsieur Hertsfeld, j’ai bon espoir qu’en cette année propice, celle du bicentenaire de la Hilloula de notre maître, le Baal Chem Tov, on pourra d’ores et déjà observer la première étape de la réalisation de ce Kfar. Autre point qui est d’actualité et qui est essentiel, certains candidats à l’installation dans le nouveau Kfar vont prochainement se marier ou choisir un domicile. C’est donc en réalisant au plus vite la première étape de cette construction qu’on les incitera à ne pas rechercher une autre organisation et à ne pas s’installer ailleurs. En effet, il leur serait difficile d’abandonner un endroit pour en adopter un autre.
Me fondant sur l’enseignement, de portée générale, qui est délivré par notre Torah, Torah de vie, selon lequel le Saint béni soit-Il multiplia la Torah et les Mitsvot pour les Juifs, non pas dans le but de les troubler, ou bien pour qu’une pratique se dresse contre une autre, mais, bien au contraire, parce qu’une Mitsva en attire une autre. Comme le dit la Michna, en la matière, j’espère et je suis certain que l’effort pour le second Kfar ne diminuera en rien celui qui est consenti pour le premier, ce qu’à Dieu ne plaise et qu’à l’opposé, l’aide au premier Kfar ne remettra nullement en cause celui qui sera accordé au nouveau Kfar. Je vous joins une copie de ma lettre adressée au comité du Kfar ‘Habad actuel(4). J’espère qu’en la matière également, on constatera “ un empressement extraordinaire ”, comme le dit l’Admour Hazaken. Un effort consenti ici-bas suscite la bénédiction céleste et, avec l’aide de Dieu, la réussite sera considérable. Vous-même avez eu le mérite de fonder le premier Kfar ‘Habad et vous avez connu le succès, en la matière. Vous aurez donc également le mérite qu’il en soit de même pour le nouveau Kfar ‘Habad et vous passerez d’une édification à l’autre, en notre Terre Sainte, matériellement et spirituellement, jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse de l’édification de la Maison de Dieu, celle du Temple, le Palais royal, selon l’expression du traité Meguila 27a, par notre juste Machia’h, lors de notre délivrance véritable et complète, avec une double consolation, dans l’allégresse et dans la joie, sans limite. Dans l’attente de bonnes nouvelles concernant tout ce qui vient d’être dit et vos interventions, en la matière, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme, avec une considérable réussite, je conclus en vous exprimant mon respect et ma bénédiction.
Les personnes du Kfar m’ont rapporté que vous avez pris part au congrès des historiens et que vous y avez fait une communication sur le Baal Chem Tov. Puis, vous en avez fait de même à l’occasion d’une réunion de l’institut du Rav Kook. On m’a également cité le nom de celui qui a parlé à ce même congrès et, selon certains, celui-ci a, lui aussi, parlé du Baal Chem Tov, à sa manière et en reprenant son ancienne formulation (5). Bien entendu, je ne sais pas dans quelle mesure ces rumeurs sont fondées. Si c’est le cas, j’espère que vous avez réagi de la manière qui convient. Tout d’abord, une transmission d’un Rabbi à l’autre, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi, établit l’immense érudition du Baal Chem Tov, au sens le plus littéral, dans la partie révélée de la Torah. C’est ce que l’Admour Hazaken entendit de son maître, le Maguid(6). Quiconque raisonne d’une manière juste admettra qu’il en est bien ainsi, même s’il s’agit d’un homme du commun, n’ayant jamais fréquenté un institut scientifique et, bien entendu, ne possédant aucun titre honorifique. Il suffit, pour cela, d’entendre l’appréciation que porte l’Admour Hazaken sur les connaissances de la partie révélée de la Torah qu’il possédait. Cela était pour lui un principe fondamental, un pilier ne pouvant s’effondrer, au même titre qu’une colonne de fer. Il est impensable et inconcevable que l’Admour Hazaken ait accepté l’autorité, surtout d’une façon aussi profonde, de quelqu’un qui n’aurait pas été un érudit de la partie révélée de la Torah, selon ses propres conceptions et ses critères. Celui qui prétend qu’il en est autrement et qui le croit fait la preuve qu’il ne connaît rien du monde de l’auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, bien plus qu’il ne veut pas connaître sa manière de penser, telle qu’il la souligna maintes fois, par écrit et oralement, dans son Choul’han Arou’h et dans ses discours ‘hassidiques imprimés ou manuscrits, ayant été diffusés. Si vous possédez une copie de vos communications, j’espère que vous les enverrez ici. Je vous en remercie d’avance.
Notes
(1) Le 15 Av. (2) Chnéor Zalman Shazar. Voir, à son sujet, la lettre n°7084. (3) Voir la lettre précédente. (4) Peut-être s’agit-il de la lettre n°7393. (5) Marquant son opposition et le présentant comme ignorant la Torah. (6) De Mézéritch, disciple et successeur du Baal Chem Tov.
Lettre n°7399
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7399, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Tou Be Av(1) 5720,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se
consacre aux besoins communautaires, aux multiples
connaissances, le Rav Chlomo Yossef(2),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous joins une copie de la lettre que j’adresse à monsieur Shazar(3). On conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité. En outre, monsieur Shazar est très occupé, par différents dossiers qu’on lui confie chaque jour, de différentes sources. J’ai donc bon espoir que vous-même serez vigilant et que, pour reprendre la même expression, vous “ l’occuperez ” avec ce qui concerne Kfar ‘Habad, le premier et le nouveau. Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous ayez, très prochainement, une meilleure santé,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le 15 Av. (2) Le Rav C.Y. Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°7066. (3) Il s’agit de la lettre précédente.
Lettre n°7400
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7400, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5720,
Brooklyn, New York,
Aux participants à la fête de Bar Mitsva, à Azur, près
de Tel Aviv, que Dieu vous accorde une bonne vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre, signée par tous les participants. En un moment propice, j’ai mentionné vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, que vous puissiez intensifier votre diffusion du Judaïsme, en bonne santé, dans le calme et la joie, avec un enthousiasme ‘hassidique, comme le souligne l’enseignement du Baal Chem Tov, le souvenir du bicentenaire de son décès nous revenant chaque jour à l’esprit, en cette année propice.
Le but d’un tel souvenir est l’expression concrète qui en découle et qui est essentielle, non seulement au sein des quatre coudées de chacun, mais aussi dans son entourage le plus large, conformément au grand principe de la Torah, “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Bien plus, l’enseignement du Baal Chem Tov souligne et commente longuement cette idée, en particulier dans les commentaires de la ‘Hassidout ‘Habad, car l’amour d’Israël, l’amour de la Torah et l’amour de Dieu ne font qu’un. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°7401
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7401, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5720,
Brooklyn, New York,
A l’équipe des enseignants et enseignantes, à leur tête
au directeur(1), le Rav Chmouel ‘Hefer(2),
que Dieu vous accorde une bonne vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu connaissance avec plaisir, en son temps, de votre fête de conclusion(3), avec toutes les précisions et les listes(4). Je vous en remercie beaucoup. J’espère que vous soulignerez aux élèves qu’en concluant une classe, une étape, on ne fait que se préparer au stade supérieur. En effet, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, chaque conclusion est, en fait, un début, dans la mesure où elles n’ont pas de fin, prenant leur source en le Saint béni soit-Il, Qui n’a pas de limite et pas de fin. Bien au contraire, chaque élévation doit insuffler une impulsion supplémentaire, permettant de se hisser dans le domaine de la sainteté, avec encore plus de force et de détermination.
De même, vous avez sûrement souligné que cette année a un caractère propice, puisqu’elle marque le bicentenaire du décès du Baal Chem Tov. Bien plus, comme vous le savez, avant sa révélation, celui-ci se consacra à l’éducation d’enfants qui étudiaient la Torah et il souligna l’importance de l’éducation basée sur les valeurs sacrées. En un moment propice, j’ai mentionné tous vos noms, en général et chacun, en particulier, près du saint tombeau, de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous connaissiez une considérable réussite et que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins, à la fois matériels et spirituels. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, avec une grande réussite, dans la joie et l’enthousiasme,
Notes
(1) Du Beth Rivka de Kfar ‘Habad. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°7261. (3) De l’année scolaire. (4) D’élèves.
Lettre n°7402
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7402, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5720,
Brooklyn, New York,
A monsieur Yossef, qui est appelé docteur Goldschmidt(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu, il y a longtemps, ma lettre qui faisait réponse à la vôtre. Pour l’heure, l’objet de la présente est la préparation de la prochaine année scolaire. Tout est effet de la divine Providence, y compris le fait que me soit parvenu, ces jours-ci, votre article en anglais, relatif à la fusion des exils, dans le domaine de l’éducation. J’ai bon espoir qu’à l’avenir, vous continuerez, dans toute la mesure du possible, à apporter votre aide aux écoles ‘Habad, d’une manière sans cesse accrue, puisqu’il nous est demandé de connaître l’élévation, en tous les domaines de la sainteté. Je ne peux donc m’empêcher de vous manifester ma gratitude. Même si cela est inutile, on peut le faire pour conseiller l’empressement, ce qui a un sens uniquement pour ceux qui possèdent cette qualité, d’une manière naturelle.
Il est clair qu’il ne faut pas accorder trop d’importance aux diplômes, comme je l’ai maintes fois souligné(2). Bien entendu, vous avez raison de dire que plus le niveau d’études est élevé, plus l’éducateur est doué et plus l’influence qu’il exerce sur les élèves est grande. Il est évident que je demande aussi à ceux qui m’écoutent de se former et de se parfaire, en leur enseignement. Pour autant, il n’est pas moins important, il est peut-être encore plus déterminant de se consacrer pleinement, avec enthousiasme, à cette sainte mission, l’éducation basée sur les valeurs sacrées.
S’agissant de votre article qui souligne l’importance d’une approche adaptée à l’esprit et aux sentiments des élèves, la nécessité de les encourager et de les renforcer, j’ai bon espoir que vous avez pu vérifier, personnellement ou bien par l’intermédiaire de vos émissaires, que l’intégration des différentes communautés, au sein des écoles ‘Habad, se déroule d’une façon optimale et harmonieuse, de la manière la plus concrète. On y insuffle, en outre, l’amour de la Torah et de ses Mitsvot, sans tenir aucun compte des foules qui se trouvent à l’extérieur ou même de l’entourage intérieur. Vous soulignez également cette idée dans votre article et c’est là un des points de la conception de ‘Habad, qui l’a toujours souligné. A l’heure actuelle, les hommes de ‘Habad interviennent encore dans tous les domaines et, avant tout, dans celui de l’éducation. Comme je l’ai dit, j’espère que vous auriez adopté une telle attitude, même si je ne vous avais pas écrit. Ma lettre n’a donc pour objet que de souligner tout cela, selon la formule de l’auteur du Tanya. Je vous remercie par avance pour tout cela. Avec mes respects et ma bénédiction,
J’ai reçu, en son temps, une instruction adressée par le ministère de l’éducation à toutes les écoles,
à l’occasion du bicentenaire du décès du Baal Chem Tov, de même que les documents explicatifs. Or, d’après une tradition transmise d’une génération à l’autre, le 18 Elloul est la date de sa naissance. Et, il me semble que cette date sera également celle de la prochaine rentrée des classes. J’espère, en conséquence, que ceci aura une suite, qui sera encore plus clairement soulignée dans la branche religieuse(3), que vous dirigez par un effet de la divine Providence. Je ne sais pas quelle est votre éducation personnelle, en matière de ‘Hassidout. Toutefois, il me semble vous avoir entendu dire, au cours de notre conversation, que vous avez reçu votre éducation à Francfort. Or, le président du tribunal rabbinique de cette ville était le Baal Haflaa(4), un élève du disciple et successeur du Baal Chem Tov, le Maguid(5). En tout état de cause, il a déjà été établi que toutes les craintes(6) étaient sans fondement. Tous admettent que la ‘Hassidout a vivifié les différents aspects du Judaïsme et, plus encore, le respect de la Torah et des Mitsvot, de la meilleure façon. Cela est bien connu et nul ne le conteste.
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7193. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7193. (3) Des écoles du système public. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7371. (5) De Mézéritch. (6) Emises à propos de la ‘Hassidout, dans les premiers temps.
Lettre n°7403
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7403, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5720,
Brooklyn, New York,
A monsieur Its’hak Damyel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je n’ai pas reçu un courrier de votre part, depuis bien longtemps. Je ne sais pas qui est “ redevable ”(2) envers l’autre, mais l’essentiel est que ce laps de temps ait été utilisé de la meilleure façon, dans toute la mesure du possible. J’espère que cela a effectivement été le cas. Vous savez sûrement quelle est “ ma ” devise, cette année, mon espoir et ma demande que chacun redouble d’ardeur, de toutes les manières possibles, pour diffuser les sources(3) à l’extérieur(4). On m’a posé la question suivante : sur quelle base ai-je affirmé que cette année est propice ? Or, si l’on pouvait s’interroger, à ce propos, au début de l’année, plusieurs mois se sont écoulés depuis et la pratique concrète a fait la preuve que l’annonce du bicentenaire a eu un écho et une influence sur des milieux divers et variés. On aurait pu penser, logiquement, que cette question n’aurait pas été soulevée dans les milieux religieux ou, plus précisément, ‘hassidiques, lesquels vivent dans l’esprit de l’enseignement du Baal Chem Tov et le faisaient déjà, cent quatre vingt dix neuf ans ou cent quatre vingt dix huit ans après son décès. Or, il se trouve que la responsabilité, en la matière, n’incombe pas aux personnes auxquelles s’adressent cet appel et cette annonce, mais bien à ces milieux ‘hassidiques. Vous devez comprendre ce que cela veut dire.
Bien entendu, ce qui vient d’être dit a également pour but d’accroître l’empressement de chacun d’entre nous. Il est clair que vous-même pouvez intervenir de deux façons, en menant une campagne et en délivrant un enseignement dans votre milieu, d’une part, en exerçant une influence en tout endroit que vous pourrez atteindre et en y installant des personnes susceptibles de délivrer cet enseignement, d’autre part. Pour ma douleur, du fait du manque d’intérêt pour ce qui va suivre et pour cet appel, de la part des milieux religieux, on n’a pratiquement pas ressenti, jusqu’à maintenant le non-sens profond et l’absurdité de l’affirmation bien connue(5) de certains Juifs “ éclairés ”, selon laquelle le Baal Chem Tov, ses disciples et les élèves de ses disciples aurait fait des compromis avec la pratique concrète des Mitsvot, ce qu’à Dieu ne plaise. De fait, cette erreur a fait de nombreuses victimes.
Je saisis cette opportunité pour accuser réception, avec mes remerciements, de votre livre Al Ha Saf(6). Bien entendu, je l’ai lu avec intérêt. Je formulerai une remarque, d’une portée générale, concernant votre livre. Il semble qu’en la matière, ma conception n’ait pas été suffisamment exposée dans mes lettres qui répondaient au groupe de vos disciples. En effet, la dimension profonde de ma réponse aux questions que vous m’aviez alors posées, de même qu’aux questions énoncées dans votre livre, est la suivante : il est absolument faux de dire que ces personnes ne sont pas croyantes. Une image permettra d’illustrer cette idée, celle d’un homme qui prétend ne pas croire à la nourriture et à la boisson, alors qu’il mange et boit trois fois par jour. La preuve en est la suivante. L’homme, par nature, accepte pleinement des conclusions dont la fiabilité est bien plus réduite que celle de différentes théories philosophiques et, bien évidemment, celle de la foi d’Israël. Or, il base sa vie sur ces conclusions, quitte, parfois, à mettre sa vie en danger, par exemple en empruntant un avion pour voyager. Plus encore, il considère celui qui n’adopte pas la même attitude comme un anormal, comme quelqu’un qui n’appartient pas au monde civilisé. Il en résulte que les conclusions dont les preuves sont beaucoup plus tranchées que celles-ci doivent, à n’en pas douter, être acceptées et s’imposer à tous. Pour autant, il n’est pas surprenant que telle personne puisse s’abuser elle-même et se présenter comme incroyante. Il suffit d’observer les résultats d’une telle illusion qui, bien souvent, a pour effet de supprimer les limites, s’agissant de “ écarte-toi du mal ” comme de “ fais le bien ”. Cela veut bien dire que la raison d’une telle illusion est un désir de se simplifier la vie, de se “ débarrasser ” de la pratique d’Injonctions et d’Interdits, d’avoir une existence sans bride.
Bien entendu, ce qui vient d’être dit s’applique quand on commence à s’écarter du droit chemin. Par la suite, quand on a adopté ce comportement pendant quelques temps, l’habitude devient une nature, comme le veut la personnalité humaine, dans la manière d’agir comme dans l’illusion. A force de se répéter que l’on n’est pas croyant, on parvient à se convaincre que telle est la réalité. Et, l’on peut trouver la preuve qu’il en est bien ainsi quand survient un événement tragique, transperçant les couches externes de sa personnalité et en atteignant le point profond. Dès lors, on s’aperçoit que l’on a effectivement la foi. De fait, il faut voir en cela l’application de ce qui est expliqué au chapitre 19 du Tanya, dans le discours ‘hassidique du jour de la Hilloula(7) de mon beau-père, le Rabbi, intitulé : “ Je suis venu dans Mon jardin ” et dans d’autres textes encore. Je suis un peu surpris que, dans votre livre, vous n’envisagiez même pas une telle conception. Je ne l’ai pas trouvée non plus dans les lettres que vous m’avez adressées jusqu’à maintenant. Je conclus donc la présente comme je l’introduisais, en exprimant le souhait que vous publiez à propos du Baal Chem Tov, de sa personnalité, de son enseignement et que vous le fassiez encore. Je vous remercie d’avance de bien vouloir m’en adresser une copie ici. Bien évidemment, ce qui vient d’être dit peut aussi être transmis à vos disciples. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de tous les autres domaines, ainsi que de chacun des membres de votre famille, auxquels Dieu accordera longue vie,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7053. (2) D’un courrier, devant répondre à l’autre. (3) De la ‘Hassidout. (4) A l’occasion du bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°7052. (6) “ Sur le seuil ”. (7) Le 10 Chevat.
Lettre n°7404
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7404, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav Avraham ‘Hano’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
Sans doute vous efforcerez-vous de faire en sorte que les périodiques et les hebdomadaires publient des articles à propos de votre livre sur le Baal Chem Tov.
Vous me demandez(2) pourquoi l’on n’a pas tenu compte de la douleur d’Its’hak, inspiré par le comportement d’Essav. Bien entendu, vous comprendrez que je sois surpris par une telle question, à laquelle différents textes répondent clairement. En effet, Its’hak, bien au contraire, le considérait comme un Juste, car ses yeux ne voyaient plus clair.
Notes
(1) Le Rav A.H. Glitsenstein, de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°7340. (2) A propos de l’affirmation du Likouteï Si’hot, tome 1, à la page 49, selon laquelle la vie de notre père Avraham fut réduite de cinq ans afin qu’il ne puisse pas voir le mauvais comportement de son petit-fils Essav. Le Rav Glitsenstein se demandait pourquoi il n’en fut pas de même pour Its’hak.
Lettre n°7405
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7405, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur la réunion ‘hassidique qui doit être organisée à l’occasion de la Bar Mitsva(2). On peut déduire du Zohar ‘Hadach, Parchat Béréchit, à la page 15d, qu’il est effectivement bon que celle-ci ait lieu le jour même de la Bar Mitsva, au moins en présence de dix personnes, constituant une assemblée entière. Bien entendu, il est possible de fixer, par la suite, une autre fête, en présence d’une foule plus large.
Notes
(1) Le Rav N.Eber, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°1611. (2) Le Rav Eber demandait s’il était nécessaire que la fête de la Bar Mitsva ait lieu le jour même des treize ans de l’enfant.
Lettre n°7406
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7406, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me demandez pourquoi l’on ne trouve pas, dans le Sidour ‘Habad, les prières qui figurent dans d’autres livres. On sait que l’Admour Hazaken a établi le rite de ‘Habad, en sorte que celui-ci s’applique à tous, comme l’explique le Chaar Ha Collel, du Rav A.D. Lawut. Il est bien connu qu’y figurent uniquement les passages et les prières qui concernent chacun, mais non celles qui sont le fait des Sages de la Kabbala ou bien d’une élite. Vous avez sans doute un temps fixé pour l’étude de la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Et, ce temps sera accru pendant le Chabbat, jour qui est sacré pour Dieu. S’agissant de la question de Cacherout que vous me posez, vous vous adresserez à un Rav, tranchant la Hala’ha, de votre entourage.
Lettre n°7407
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7407, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat. Puisse Dieu exaucer positivement le souhait de votre cœur, concernant la diffusion du Judaïsme, de la Torah, des Mitsvot et, en particulier, de la ‘Hassidout, en tout endroit où s’exerce votre influence, comme vous l’écrivez dans votre lettre. De fait, l’assurance nous a été donnée que : “ lorsque l’homme se sanctifie quelque peu ici-bas, Dieu lui accorde d’en haut une sanctification considérable ”. En outre, le mérite de ce qui est public vous vient en aide. En un moment propice, votre nom et celui des membres de votre famille sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Avec ma bénédiction de réussite dans la diffusion du Judaïsme, d’une manière sans cesse accrue et toujours plus lumineuse, de même que pour donner de bonnes nouvelles, en général,
M. Schneerson,
Lettre n°7408
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7408, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Zoussya(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 4 et 17 Mena’hem Av, de même que celles qui les précédaient. Je suis surpris par votre question, car j’ai déjà écrit, à ce sujet, au ‘Hassid, Rav Yona(2), En un moment propice, on mentionnera tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez et votre propre nom, afin que vous connaissiez la réussite dans les domaines que vous mentionnez, dans la joie et l’enthousiasme, d’une manière ordonnée et planifiée, comme je l’ai maintes fois écrit. Il est sûrement inutile d’expliquer longuement que, me basant sur l’avis de nos maîtres et chefs, je ne suis pas du tout satisfait par un comportement désordonné, lors d’une réunion ‘hassidique(3), comme l’établissent différentes causeries. Le fait de boire de l’alcool est alors totalement accessoire. En un tel moment, une bénédiction est nécessaire, dans la mesure où l’on peut penser que l’on avance sur le droit chemin. Je vous écris, à ce propos, car différentes informations qui ne sont pas bonnes me parviennent, comme si l’on s’excusait d’une telle manière d’agir et comme si cela était lié à la possibilité de prononcer des propos d’encouragement, à l’inverse de ce qui est dit dans les causeries de nos maîtres. Vous devez comprendre ce que je veux dire, car ce qui est clairement établi n’a nullement besoin d’être prouvé. Il y a là bien plus qu’une Mitsva accomplie par l’intermédiaire d’une transgression. En effet, en l’occurrence, la faute est bien claire, alors que l’on doit s’approfondir et effectuer une recherche pour trouver la Mitsva. C’est bien clair. Puisse Dieu faire qu’en la matière également, vous me donniez de bonnes nouvelles.
Nous sommes dans le mois de Mena’hem Av(4) et, comme son nom l’indique, notre Père Qui se trouve dans les cieux console alors chacun de ses enfants, ainsi qu’il est dit : “ Mon fils aîné, Israël ” et : “ Vous êtes des enfants pour l’Eternel votre Dieu ”. A la place de ce qui se passa pendant ces jours et ces semaines(5), puisse Dieu faire que l’on observe de nos yeux de chair un bien visible et tangible, une construction à la place de la destruction , de sorte que : “ tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, au lieu des oppressions(6), très prochainement, par notre juste Machia’h. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
J’espère que la construction se poursuit, d’une manière effective et avec empressement, dans les trois catégories(7). De la même façon ou, mieux encore, de manière accrue, on la poursuivra jusqu’à ce qu’elle soit achevée, d’une manière concrète. J’espère que vous serez vigilant, en la matière. Bien entendu, s’agissant du second Kfar, celui-ci doit être édifié sur le terrain qui a d’emblée été fixé pour cela, avant même le gel(8), car il ne peut pas être éloigné du Kfar actuel.
Notes
(1) Le Rav H.Z. Wilimovski, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°7275. (2) Le Rav Y.Edelkopf. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6968. (4) Textuellement, “ le Père consolateur ”. (5) Les événements liés à la destruction du Temple. (6) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av. (7) Les maisons destinées aux Marocains, les bâtiments pour l’école professionnelle et les édifices d’habitations. (8) De la situation en l’état.
Lettre n°7409
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7409, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5720,
Brooklyn,
A monsieur Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 12 Tamouz, date de la libération de mon beau-père, le Rabbi et de notre propre libération, qui vient de me parvenir. Vous m’y décrivez brièvement votre action dans le domaine de l’éducation et vous concluez en me posant la question suivante. Le mauvais comportement de ceux qui écoutent doit-il avoir pour effet de supprimer le cours et l’étude ? Vous craignez, si vous prenez tout cela en compte et exigez un changement de comportement, de ne rien obtenir ou, bien au contraire…(2). Avant tout, et ceci est essentiel en la matière, nos Sages disent, au traité Chabbat 55a : “ Si Dieu se révèle à toi, qui se révèle à eux ? ”. En l’occurrence, pourquoi devez-vous soupçonner des Juifs, alors qu’il nous est enjoint de les considérer avec bienveillance ? Et, l’on connaît le dicton de notre maître, le Baal Chem Tov, puisque cette année marque le bicentenaire de sa Hilloula, selon lequel les Juifs sont définis comme une terre de convoitise. Dans cette terre, se trouvent donc les trésors les plus précieux. Néanmoins, il faut encore les mettre en évidence. Et, il en est de même pour chaque Juif, comme le dit le Hayom Yom, à la date du 17 Iyar. Votre lettre établit que, pour l’heure, on n’a pas encore commencé à faire l’effort qui permettra de modifier cette situation.
S’agissant de tout cela, j’ajoute que j’ai connaissance de différentes situations, impliquant des Juifs, à l’extérieur d’Erets Israël, beaucoup plus éloignés de la Torah et des Mitsvot que ce que vous décrivez. Malgré cela, le professeur a demandé que l’on ait un comportement adapté à une certaine étude et les élèves, de leur plein gré, en ont admis le principe. Il est à peu près certain qu’il en sera de même également pour ce qui vous concerne, surtout à l’heure actuelle, puisque, comme vous l’écrivez vous-même, un évolution positive est intervenue en la matière.
Bien entendu, la première question qui se pose est, en l’occurrence, la suivante. En quoi ce jour est-il différent de tous les autres et pourquoi, tout à coup, devraient-ils modifier leur comportement ? Mais, en fait, cette question elle-même ne se pose plus, à l’heure actuelle, puisque c’est le début de l’année scolaire. Il faut être concerné par tout cela, prononcer des paroles qui émanent du cœur et qui pénétreront dans le cœur de celui qui les entendra. Ainsi, d’une manière agréable, elles feront leur effet. De la sorte, vous sanctifierez le Nom de Dieu et il y aura là un bon début, car votre exemple sera imité dans d’autres écoles. Il n’en sera pas de même, en revanche, si l’action requise manque. Conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov, précédemment cité, puisse Dieu faire que vous ayez le mérite et le succès de mettre en évidence le trésor qui se trouve dans la terre de convoitise que sont ces élèves. Vous le ferez dans la joie et l’enthousiasme. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) M. C. Amitaï, de Bat Yam. (2) D’obtenir le contraire du résultat recherché.
Lettre n°7411
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7411, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[28 Mena’hem Av 5720]
J’ai eu connaissance de votre état de santé, qui n’est pas bon et j’en ai été désolé. A n’en pas douter, une large part de cela dépend de votre état nerveux et de vos pensées, du fait que votre service de Dieu n’est pas suffisamment joyeux. Comme le tranche le Rambam et comme le citent, entre autres, le Tour et Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231, le service de Dieu est assumé “ en toutes tes voies ”(1), en mangeant, en buvant, en marchant. Je suis surpris de vous voir dans un tel état, car celui-ci est essentiellement la conséquence d’une foi réduite, le fait de personnes que nos Sages appellent : “ Ceux qui ont une foi diminuée ”. En effet, une foi conforme à ce qu’elle doit être conduit nécessairement à admettre que “ le fardeau est à la mesure du chameau ”(2). Cela veut dire que le Saint béni soit-Il ne confie pas à l’homme une mission qu’il n’a pas les moyens de mener à bien. Or, “ avoir un corps en bonne santé et intègre fait partie des voies de Dieu ”(3). Il est donc bien clair que le service de Dieu ne peut pas diminuer la santé physique. Certes, il existe des voiles, des occultations. Parfois, il peut sembler que ceux-ci vont au-delà de la mesure et peut-être même en est-il réellement ainsi, mais l’on sait ce qui est expliqué, à ce sujet, dans le Tanya. Le terme Mataamim, bon plat, porte, en effet, la marque du pluriel, car il en est deux catégories, deux formes de satisfaction, celle qui ne requiert pas de lutte et celle qui passe par le combat. Or, on part pour le front avec un chant joyeux, comme l’établit une causerie de mon beau-père, le Rabbi. Et, il en est de même quand on mène une guerre morale, qui ne doit pas remettre en cause la santé physique, bien que la chose doive se faire.
Que Dieu vous renforce et vous fortifie. De la sorte, en bonne santé, vous pourrez assumer votre mission qui consiste à diffuser la ‘Hassidout en votre endroit, à bâtir la Demeure de Dieu ici-bas, y compris dans votre pays, en diffusant les sources(4) à l’extérieur. Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) En chaque action. (2) Le résultat est à la mesure de l’effort. (3) Selon les termes du Rambam. (4) De la ‘Hassidout.
Lettre n°7412
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7412, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Elloul,
mois d’Elloul 5720,
bicentenaire de la Hilloula de notre maître,
le Baal Chem Tov,
Brooklyn, New York,
Aux membres de la commission organisatrice(1), à
Kfar ‘Habad, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Je formulerai une proposition, après avoir introduit le point suivant. C’est seulement dans quelques cas qu’il est permis de quitter la Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, pour se rendre à l’étranger. L’un d’eux est le pèlerinage devant les tombeaux des Justes, comme le dit le Sdeï ‘Hémed, au début du recueil de Lois et dans le Péat Ha Sadé. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit d’un Juste, un chef d’Israël(2), duquel on était proche, dont on a étudié l’enseignement, dont on met en pratique les enseignements et les directives, ou, tout au moins, quand on s’engage à le faire. Comme on l’a dit, nos maîtres et chefs expliquent que l’on s’attache à eux(3), en étudiant leur enseignement et en mettant en pratique leurs directives. Or, il est bien connu que mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, fit don de lui-même pour la ‘Hassidout, en général et, en particulier, pour sa diffusion la plus large, auprès des cercles les plus variés, avec amour et dans la langue que ces personnes comprennent.
En conséquence, chacun et chacune de ceux qui participent à ce voyage se doit de mettre tout cela en pratique avant même que celui-ci ne commence. Je veux dire que tous doivent renforcer leur étude de la ‘Hassidout et surtout des discours ‘hassidiques de celui qui repose dans ce tombeau. S’agissant des femmes, ce qui vient d’être dit s’applique aussi à elles et les concerne même encore plus. Vous consulterez, à ce sujet, les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1, qui disent : “ Les femmes sont tenues d’apprendre les Hala’hot qui les concernent, toutes les Injonctions qui n’ont pas un temps fixe. A l’époque, les érudits commentaient la Torah dans une langue qu’elles pouvaient comprendre. Parmi ces Injonctions qui n’ont pas un temps fixe, figurent avant tout celles qui s’appliquent en permanence(4), sans être interrompues un seul instant, tout au long de la vie. Ce sont les suivantes : 1) La foi en Dieu. 2) Le rejet de toute autre foi. 3) L’unité de Dieu. 4) L’amour de Dieu. 5) La crainte de Dieu. 6) L’interdiction de se détourner du fait de la pensée du cœur et de la vision des yeux ”. On parvient à cela, en particulier, grâce à une étude qui, à notre époque, est celle de la ‘Hassidout, comme le tranche le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du second chapitre et comme la pratique en fait largement la preuve.
De même, sans en faire le vœu, chacun prélèvera, chaque matin de semaine, quelques pièces pour la Tsédaka, pour les institutions de celui qui repose dans ce tombeau, afin de les renforcer. En outre, avant le voyage, tous visiteront, au moins une fois, au sein de tout Israël, des milieux qui, pour l’heure, ne sont pas encore attachés(5) en tout ce qui les concerne, ce qui signifie qu’au moins d’une manière plus fine, ils peuvent encore être qualifiés “ d’extérieur ”. Lors de cette visite, tous prononceront des paroles d’encouragement, en général et transmettront les enseignements de celui qui repose dans ce tombeau, en particulier. Bien entendu, plus l’on multipliera tout cela et mieux cela sera. Pendant le voyage, on enseignera publiquement, les trois études bien connues portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, selon la pratique instaurée par celui qui repose dans ce tombeau. On apprendra aussi l’un de ses enseignements, celui que l’on voudra, selon le désir de la plupart des participants. A n’en pas douter, tous les voyageurs et tout l’équipage(6), qui est juif également, se joindront à cela.
Puisse Dieu faire que ce voyage intervienne en un moment bon et fructueux, en ses différents aspects et surtout en sa dimension profonde, son apport pour renforcer la diffusion du Judaïsme, en général et des sources(7), à l’extérieur, en particulier. Vous profiterez de votre séjour ici, selon la formule de nos Sages, “ comme il convient de faire ”, dans la joie et l’enthousiasme. Très bientôt, nous mériterons l’accomplissement de la promesse : “ Dans le calme et le plaisir ”(8). En effet, nous retournerons tous, dans la joie et le plaisir, en notre Terre Sainte, par notre juste Machia’h, très prochainement. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela, je conclus en souhaitant à chacun et à chacune d’entre vous, qui aurez de longs jours et de bonnes années, d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.
Mena’hem Schneerson,
N. B. : La présente est également une réponse aux lettres personnelles de plusieurs des participants à ce voyage, auxquels Dieu accordera de longs jours et de bonnes années. Sans doute en transmettrez-vous le contenu à chacun d’entre eux.
Notes
(1) D’un voyage chez le Rabbi. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Yerouchalmi, traité Bera’hot, chapitre 3, fin du paragraphe 1 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir aussi le Hayom Yom, à la page 68, le Tanya, au chapitre 5, qui parle d’une ‘unification extraordinaire’, à la fin du chapitre 49 et au chapitre 37, soulignant que le don de la Tsédaka est celui de la vitalité de son âme ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la lettre qui introduit le Séfer Ha ‘Hinou’h ”. (5) Au Rabbi. (6) De l’avion. (7) De la ‘Hassidout. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la conclusion de la grande séquence de discours ‘hassidiques intitulé Ve Ka’ha ”.
Lettre n°7413
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7413, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5720,
Brooklyn,
A monsieur Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, le compte-rendu des jeunes gens délégués par le Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h pour visiter le pays, qui se sont rendus dans votre ville, Burlington et dans votre maison. Ils m’ont transmis votre cadeau, le livre Toledot Ha Rav Mi Lyadi(2) et vos salutations. Je vous en remercie. J’ai bon espoir, surtout en fonction de la discussion que vous avez eue avec eux, non seulement que vous vous rappelez de vos origines, mais aussi que vous avez adopté un mode de vie en rapport avec elles. Cela est particulièrement important, en ces années, d’autant que chacun d’entre nous est un tison sauvé du feu(3). C’est surtout vrai dans les milieux où l’on respecte la Torah et les Mitsvot, que la Main de Dieu a malheureusement frappés et qui constituaient la majorité de nos frères, les enfants d’Israël, ayant fait don d’eux-mêmes pour sanctifier le Nom de Dieu, en ces dernières années, celles de la terrible guerre de 5700-5704(4). Récemment, un réveil peut être constaté, aux Etats-Unis, un retour aux sources de notre Torah et de ses Mitsvot, en particulier de la part des jeunes. Toute action en ce sens, a fortiori tout bon exemple qui est donné, peuvent donc avoir des conséquences importantes, y compris au sens quantitatif. Bien entendu, je serais satisfait d’avoir de bonnes nouvelles de tout cela.
J’ai appris, avec un intérêt particulier, par ces jeunes gens que vous avez reçu en héritage un chandelier qui, selon vous, aurait appartenu à l’Admour Hazaken. Je vous serais reconnaissant de me préciser dans quelle mesure cela est exact et quelle est l’histoire de ce chandelier. De même, possédez-vous des manuscrits appartenant à l’Admour Hazaken ou à ses descendants ? En la matière, plus vous donnerez de détails et mieux cela sera. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) M. C. Z. Shapiro, de Burlington. (2) “ Biographie du Rav de Lyadi ”, l’Admour Hazaken. (3) A l’issue des massacres de la Shoa. (4) 1940-1944.
Lettre n°7414
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7414, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Elloul 5720,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Israël(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous faites référence à l’étude, entre les prières de Min’ha et d’Arvit. Celui qui dit que ce moment est propice pour apprendre, en présence de dix personnes(2), la dimension profonde de la Torah, le Midrash rapporté par le Eïn Yaakov, énonçant la plupart des secrets de la Torah et expiant les fautes de l’homme, selon Iguéret Ha Kodech, au chapitre 23, a tout à fait raison. Mais, cela n’exclut pas un ajout aux autres études. Ainsi, pendant l’année du deuil(3), il est important d’étudier la Michna, anagramme de Nechama, âme. Cette étude suit chaque prière, y compris celle de Min’ha.
Notes
(1) Le Rav I.Leibov, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°7088. (2) Publiquement. (3) Le Rav Leibov était alors en deuil.
Lettre n°7415
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7415, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 29 Mena’hem Av, veille de Roch ‘Hodech Elloul, mois de la miséricorde. Il est bien évident que vous n’avez nullement été écarté, ce qu’à Dieu ne plaise(1). J’ai déjà maintes fois écrit, à plusieurs ‘Hassidim, qu’une réponse peut parfois être retardée, du fait de mes nombreuses occupations. Il ne faut pas en déduire des interprétations qui n’ont pas lieu d’être. J’espère qu’au moins à l’avenir, vous écarterez de tels soupçons. Bien plus, le Baal Chem Tov souligne que l’on doit mettre en pratique l’Injonction : “ Servez Dieu dans la joie ” avec la plus forte confiance en Lui.
Ce mois d’Elloul est celui de la miséricorde et le verset exprimant la combinaison du Nom divin qui lui correspond est : “ Et, une Tsédaka sera pour nous ” (Devarim 6, 25), selon le Michnat ‘Hassidim, au début du traité Elloul(2). Puisse donc Dieu faire que le service de Dieu reçoive la définition du saint Or Ha ‘Haïm, énoncée à propos de ce verset, qu’elle soit basée sur l’amour de Dieu, dont la forme le plus haute exclut toute motivation personnelle. A ce propos, vous consulterez le Kountrass Ha Avoda(3), au chapitre 5, selon lequel un amour réellement désintéressé, émanant de l’essence de l’âme, la Ye’hida, se manifeste également dans l’action concrète. C’est la raison pour laquelle ce même verset se conclut par : “ pour faire ”. Alors, “ comme le visage se reflète dans l’eau ”, la révélation céleste sera également amour et bonté. Elle n’aura donc pas de limites, pas de contractions, apparaîtra à l’évidence jusqu’au point le plus bas, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le destinataire de la présente interprétait ainsi le fait que le Rabbi n’ait pas immédiatement répondu à sa lettre. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°7423. (3) Du Rabbi Rachab.
Lettre n°7416
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7416, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre télégramme, dans lequel vous m’interrogez sur l’étude du ‘Houmach résumé. En la matière, l’instruction de mon beau-père, le Rabbi, de son père, le Rabbi Rachab, dont le mérite nous protégera, est bien connue. Il s’agit d’une interdiction absolue. Vous en déduirez ma position, qui ne peut être qu’un rejet total.
Puisse Dieu inspirer tous les responsables de l’éducation juive, en tout endroit, y compris ceux que vous mentionnez, afin qu’ils prennent conscience de la véracité de notre Torah, Torah de vérité, qui ne supporte pas les résumés et les compromis. La Torah est intègre. Chaque Juif et chaque Juive doivent être éduqués à la recevoir et une âme est, à elle seule, un monde entier. Cette éducation sera donc basée sur les valeurs sacrées, afin de former des élèves qui pourront être définis par tous ceux qui les verront comme “ une descendance bénie de Dieu ”. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°7417
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7417, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Elloul 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me faites savoir que vous emménagez dans un nouvel appartement et voici ma réponse. Puisse Dieu faire qu’en changeant d’endroit, vous changiez également de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année.
On connaît le dicton de nos maîtres et chefs, à propos des “ gémissements de ceux qui recherchent le confort ”. Celui-ci affirme que de telles manifestations inspirent le dégoût, ce qui veut bien dire qu’ils ne font pas allusion à ce qui est clairement interdit. En fait, il s’agit là d’un état d’esprit bien connu, dont la nature est celle de la boue, des sables mouvants dans lesquels on s’enfonce jusqu’au point le plus profond, ce qu’à Dieu ne plaise, avec la “ permission ” de la Torah, ce qui veut dire que l’on ne regrette rien, que l’on ne parvient pas à la Techouva(1). Selon une rumeur particulièrement affligeante, il semble que vous et d’autres encore ayez conscience d’avoir atteint le but. Vous êtes donc satisfaits de votre sort moral, de votre étude de la partie révélée de la Torah, de la ‘Hassidout, de la ferveur de votre prière, de vos actes emplis d’empressement destinées à diffuser les sources(2) pour vous-même, pour les autres, pour tout votre entourage. Cependant, un homme doit avancer, s’efforcer de faire un ajout, malgré le confort que procurent le corps et tout ce qui le concerne, la sieste et le sommeil agréable. La descente(3) “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ” se justifie-t-elle pour recevoir une telle “ élévation ” ?
Notes
(1) N’ayant pas conscience de transgresser un Interdit. (2) De la ‘Hassidout. (3) De l’âme.
Lettre n°7418
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7418, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Elloul 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements,
le Rav Moché Yehouda(1) Ha Cohen,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Choftim(2), dans lequel vous m’expliquez ce que vous pensez ajouter à l’édition du livre manuscrit des compléments. Il me semble que nous nous sommes déjà entretenus de cela. En tout état de cause, il est préférable, à mon avis, d’adjoindre ce livre de compléments aux autres traités qui sont déjà imprimés, afin de les parachever et de rectifier les erreurs des éditions publiées jusqu’à maintenant.
Vous ne me dites rien de votre état de santé et j’espère que tout va bien, pour chacun des membres de votre famille. En tout état de cause, conformément à l’enseignement énoncé au début du Yoré Déa, chapitre 1, au paragraphe 1 et par le Ramah, basé sur les Cheïltot, à la Parchat Beaalote’ha, vous voudrez bien me le confirmer clairement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même qu’afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav M.Y. Blau, de Brooklyn. (2) Le 3 Elloul.
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