Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°7237
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7237, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Adar 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23/3 et, me trouvant aujourd’hui près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’ai mentionné votre nom et celui des membres de votre famille, conformément au contenu de votre courrier. Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Bien plus, nous nous trouvons à la conclusion du mois d’Adar, qui est favorable pour les Juifs et pour tout ce qui les concerne. Nous nous rapprochons de Nissan et de Pessa’h, fête de la délivrance en tous les points qui font obstacle au service de Dieu, béni soit-Il, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour gagner votre vie plus largement,
Vous faites référence aux actions boursières. Globalement, je n’accorde aucune valeur aux transactions portant sur les actions et à la spéculation. Plus précisément, il convient, en la matière, de solliciter le conseil d’un expert.
Lettre n°7238
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7238, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Adar 5720,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre expresse du 24 Adar et celle qui la précédait. Que Dieu soit loué pour les miracles que l’on a pu observer concrètement(2). Puisse Dieu faire que l’on assiste toujours, désormais, à ce qui figure en allusion dans le nom de ce mois, celui de Nissan(3), c’est-à-dire les miracles des miracles et vous consulterez, à ce propos, le traité Bera’hot 57a(4) et le commentaire du Maharcha, à cette référence. Dès lors, les miracles ne serviront pas à être préservés des événements malencontreux, comme celui que vous décrivez, ce qu’à Dieu ne plaise, mais ils se manifesteront au sein même du bien(5).
Vous connaissez le dicton suivant de nos maîtres et chefs : “ Si le bien est bien, le meilleur n’est-il pas meilleur ? ”. On ira donc d’un bien vers l’autre, matériellement et spirituellement. Et, comme en ces jours de conclusion du mois d’Adar et d’introduction de celui de Nissan, nous rapprocherons une délivrance de l’autre. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son sujet, la lettre n°5936. (2) Une crevasse avait
été observée dans un mur de la Yechiva Loubavitch de Casablanca. Après que tous les élèves aient été évacués, tout l’édifice s’était effondré. (3) De la même étymologie que Ness, le miracle. (4) Faisant remarquer que Nissan comporte deux Noun, initiale de Ness, le miracle et correspond donc aux “ miracles des miracles ”. (5) Le rendant d’autant plus intense.
Lettre n°7239
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7239, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Adar 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu et
assume une mission sacrée, le Rav ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 22 Adar et puisse Dieu faire, comme vous le dites à la fin de votre lettre, que s’accomplisse l’affirmation suivante de nos Sages, qui est aussi une Injonction : “ Les érudits de la Torah multiplient la paix dans le monde ”. Il en sera ainsi d’une manière sans cesse accrue, conformément aux besoins de l’époque, d’autant que nous sommes à la fin d’Adar et entrons dans Nissan, rapprochant ainsi une délivrance de l’autre(2). Or, ces deux mois mettent en avant l’idée de la proximité et de l’unité des Juifs entre eux, selon le Midrash Tan’houma, commentant le verset Chemot 2, 14. Et, la raison d’être de l’envoi de mets(3) est précisée par les responsa du ‘Hatam Sofer. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Vous faites référence à la décision hala’hique de l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 453, au paragraphe 14, selon laquelle il suffit de garder(4) pour mettre en pratique les termes du verset : “ Pendant sept jours, tu mangeras des Matsot ”, sans penser spécifiquement à cet autre verset : “ au soir(5), vous mangerez des Matsot ”. Selon cet avis, il serait une Mitsva de manger des Matsot pendant tous les sept jours(6). C’est aussi ce que dit le Torah Cheléma, dans les additifs du tome 11, commentant le traité Pessa’him 40a. On ne peut cependant pas avancer cette interprétation, car l’avis de l’Admour Hazaken est le même que celui du Rambam, affirmant que la Mitsva(7) s’applique uniquement le premier soir. C’est aussi ce que l’on peut déduire de la formulation du Roch, du Tour et Choul’han Arou’h, même si leur avis est le second mentionné au chapitre 453, paragraphe 14, comme le précisent les références. C’est, en outre, ce que dit le Rambam, dans ses lois du ‘Hamets et de la Matsa, chapitre 5, au paragraphe 9. Vous consulterez donc ces références et également le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov. Y a-t-il en cela une nécessité d’agir “ pour le nom ” de la Mitsva et celle-ci s’applique-t-elle pendant tous les sept jours ? Le Torah Cheléma traite longuement de tout cela, à la référence précédemment citée, mais ce point ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav H.Stein. (2) Celle de Pourim de celle de Pessa’h. (3) De deux mets à un ami, pendant la journée de Pourim. (4) Les Matsot, pour les préserver de tout ‘Hamets. (5) Du Séder. (6) De la fête et non uniquement le premier soir. (7) De consommer des Matsot.
Lettre n°7240
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7240, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Adar 5720,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chalom Yehouda Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du second jour de Roch ‘Hodech et j’y ai lu, avec plaisir, que vous enseignez publiquement la ‘Hassidout. Bien plus, quelques uns de ceux qui assistent à cet enseignement sont des élèves de Yechiva. Il est clair que vous ne vous contenterez pas du nombre de ceux qui vous écoutent jusqu’à maintenant. Vous vous efforcerez de multiplier largement votre audience, car il est dit d’une âme juive qu’elle constitue, à elle seule, un monde entier. Combien plus est-ce le cas pour un élève de Yechiva, qui fondera bientôt un foyer juif. Chaque ajout de sa part, en particulier à l’étude de la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, sera un apport profond et essentiel à la maison qu’il édifiera, en un moment bon et fructueux. C’est bien évident.
Vous me demandez si vous devez fixer une étude également avec les toutes dernières personnes qui se sont adressées à vous, dans ce but. Bien entendu, tout dépend de la possibilité de les réunir toutes ensemble(2). Vous m’interrogez également sur les discours ‘hassidiques que vous devez enseigner. Il va sans dire que ceux-ci doivent être méticuleusement corrigés. Vous choisirez donc des textes imprimés qui, en outre, possèdent pour la plupart d’entre eux, des notes et des références. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de cela, de même que de l’état de santé de votre père, qui aura de longs jours et de bonnes années,
M. Schneerson,
L’envoi de la présente a été retardé et je viens de recevoir votre lettre du 21 Adar. Je vous remercie des bonnes nouvelles que vous me communiquez, concernant votre père, qui aura de longs jours et de bonnes années.
Notes
(1) Le Rav C.Y. L. Gansburg, de Bneï Brak. (2) De trouver un moment qui convienne à tous.
Lettre n°7241
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7241, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Adar 5720,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de la veille de Pourim. Il est perceptible que votre moral est meilleur et puisse Dieu faire qu’en la matière, vous progressiez d’une étape vers l’autre. De fait, une forte confiance en Dieu apporte la tranquillité de l’esprit, la joie et l’enthousiasme. C’est, en outre, l’un des fondements de notre sainte Torah, en particulier d’après ce qui est expliqué par l’enseignement du Baal Chem Tov et la ‘Hassidout ‘Habad. J’ai eu connaissance avec plaisir, par votre lettre, de vos visites à Kfar ‘Habad, au séminaire et au Beth Rivka. Puisse Dieu faire qu’en la matière également, les points que vous mentionnez s’améliorent, au même titre que tout ce qui concerne ces institutions.
Bien plus, on sait que l’éducation de la jeune génération est comparable au traitement d’une graine. Chaque apport à celle-ci est largement multiplié, quantitativement et qualitativement. Par la suite, cette graine poussera et deviendra un arbre portant des fruits. Il en résulte qu’en la matière, chaque effort est justifié et que l’on accorde donc, d’en haut, une force accrue, une aide spécifique pour cela. Vous me dites que vous projetez de visiter des proches, à l’étranger. Vous le ferez sûrement avec l’accord de votre mari, auquel Dieu accordera de bons jours et de longues années. Vous associerez, en outre, ce voyage à l’accomplissement d’une Mitsva, ce qui permet de quitter la Terre Sainte. Puisse Dieu faire que votre voyage soit en un moment bon et fructueux, de manière positive et en bonne santé. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, avec la tranquillité de l’esprit et en bonne santé,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Lettre n°7242
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7242, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[fin du mois d’Adar 5720]
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi de la Parchat Vayakhel Pekoudeï
5720 depuis la création,
A notre saint maître, le Rabbi Chlita(1),
L’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, lois du Chabbat, chapitre 357, au paragraphe 1, dit : “ Dans une cour ouverte vers le domaine public, mesurant moins de quatre coudées sur quatre coudées, il est interdit de verser de l’eau, pendant le Chabbat, en été. En effet, dès lors que celle-ci ne possède pas ces quatre coudées, les deux Séa d’eau qu’un homme a coutume d’utiliser chaque jour ne peuvent être absorbées par un tel endroit. C’est donc comme si on les déversait dans le domaine public. Certes, ce déversement de la cour vers le domaine public n’est pas interdit par la Torah, comme le disent le chapitre 159, au paragraphe 6, le Maguen Avraham, chapitre 328, au paragraphe 53, le traité Sanhédrin 67b et le Ritva, commentant le Beth Yossef, dès lors que l’eau n’y est pas versée directement, mais seulement à distance de l’endroit d’évacuation(2) vers ce domaine public. Elle s’écoule donc d’elle-même et non par la force du déversement, laquelle n’est que la cause première ”.
Il est clair que notre maître(3) a ici l’intention d’expliquer ce qui est dit au traité Erouvin 88 : si quelqu’un jette de l’eau dans un domaine privé et que son écoulement se poursuit, par la suite, dans le domaine public, il ne transgresse qu’une interdiction de nos Sages. Or, ceci semble étonnant, car l’eau se répand bien par la force de celui qui l’a versée du domaine privé vers le domaine public. Dès lors, pourquoi la Torah permettrait-elle de le faire ? Notre maître précise donc qu’en la matière, il n’y a pas d’interdiction de la Torah, dès lors que l’eau est versée en un endroit éloigné du domaine public, de sorte qu’elle n’y parvient pas réellement par la force de l’homme. Il n’en est pas de même si ce dernier la déverse à proximité du domaine public, dans laquelle elle s’écoule aussitôt, ce qui peut être comparé à l’homme qui fait rouler un objet du domaine privé vers le domaine public.
Pour ce qui est indiqué en marge, “ on consultera le traité Sanhédrin 67 ”, référence qui ne fait aucune allusion à tout cela(4). A mon avis, il s’agit donc d’une erreur d’imprimerie et il faut lire : “ 77b ”, page où il est effectivement question(5) de celui qui verse de l’eau sur son prochain. On établit, à ce propos, une différence entre la force première et la force seconde, comme le précise clairement Rachi, montrant qu’une distinction doit être faite entre celui qui est proche et celui qui est éloigné. Notre maître précise, en outre, que l’homme doit se trouver à distance du domaine public, selon l’avis du Ritva(6), que je n’ai malheureusement pas retrouvé.
La formulation de Rabbi Yonathan, cité par le Beïta Yossef, au début du chapitre 357, établit clairement qu’un endroit quelque peu éloigné du domaine public ne suffit pas. Il faut, en outre, que l’eau puisse se déposer pendant quelques temps, avant de s’écouler vers l’extérieur. Il semble que cet avis soit celui du Rama, au traité Sanhédrin 4, lequel établit une distinction, à propos de celui qui verse de l’eau sur son prochain, entre la force première et la force seconde. Le texte précise que l’interprétation la plus satisfaisante est la suivante : la force seconde est celle qui fait suite à une brève interruption, comme le dit le chapitre : “ La maison et son étage ”, à la page 117, faisant référence à l’écoulement d’eau qui s’est arrêté, puis a repris à cause de flèches ayant été décochées. Cet auteur repousse ici les commentaires distinguant un endroit proche d’un endroit éloigné. Selon lui, il faut accepter l’interprétation de Rabbi Yonathan qui considère que toutes les permissions énoncées ici s’appliquent uniquement quand l’eau s’est déposée, pendant quelques temps, avant de s’écouler vers l’extérieur. Selon notre maître, en revanche, il semble que la différence essentielle soit celle qui est faite entre l’endroit proche et celui qui est éloigné.
On peut étayer l’affirmation de notre maître(7) en introduisant effectivement une différence entre ce qui est proche et ce qui est éloigné en comparant tout ce qui se trouve loin de cette seconde force. C’est pour cela que cet acte est permis d’après la Torah, comme le dit le Talmud, au traité ‘Houlin 107b, à propos de canaux d’irrigation. En pareil cas, si l’on ne rapproche pas la main du seau, on ne peut admettre qu’il y a une force versant l’eau, la distance en faisant une force seconde. Par la suite, j’ai retrouvé cette preuve, dans le Séfer Sia’h Ha Sadé. En me prosternant devant l’honneur de votre sainteté,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée au Rabbi par le Rav Israël Its’hak Piekarski de New York et le Rabbi lui ajouta des notes, en bas de page, qui sont présentées ici. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il semble qu’il faille dire : de sa sortie ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 357, cite, entre parenthèses, une loi qui ne figure ni dans le Choul’han Arou’h du Beth Yossef, ni dans le traité Erouvin. Il est donc une façon interdite par la Torah de déverser de l’eau dans une cour. Or, le texte va à l’encontre de la formulation adoptée par le Choul’han Arou’h du Beth Yossef, pour tous les principes cités par l’Admour Hazaken, dans les paragraphes 1 à 5, de même que de la formulation du Talmud, dans l’ensemble de ce passage, au point qu’en chacun de ces cinq paragraphes, l’Admour Hazaken prend soin d’ajouter, également entre parenthèses, ce qui résulte, pour ce paragraphe, de l’idée qu’il introduit. Il est donc bien évident qu’il mentionne, conformément à son habitude, la source de l’idée nouvelle ainsi introduite et la manière dont la Torah énonce cette interdiction. En revanche, il ne précise pas que, selon les références qu’il cite, l’interdiction est énoncée par les Sages. C’est pour cela qu’il renvoie ensuite au commentaire de Rachi, à la page 88a, qui est cité par le Tséma’h Tsédek, dans son commentaire de la Michna, à la page 35c, comme il le précise à cette même référence. Ceci permet également de soulever une objection sur la présente affirmation de l’Admour Hazaken, comme l’indique aussi la formulation du Tséma’h Tsédek, à cette référence : “ On peut donner une autre explication, basée sur les propos de Rachi. Notre maître, par contre… ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ On notera que, seulement de cette référence, l’Admour Hazaken dit : ‘On la consultera méticuleusement’. En outre, s’agissant des lois du Chabbat, on peut trouver de nombreuses barrières qui ont été dressées par nos Sages. Or, on ne voit pas que la moindre modification introduite par rapport à ce qui est interdit par la Torah permette, d’emblée, d’autoriser une certaine pratique, ce qui est pourtant bien le cas pour l’idée nouvelle que l’Admour Hazaken introduit ici. En effet, le traité Sanhédrin 67b enseigne : ‘les lois de la sorcellerie sont comme celles du Chabbat. Certaines sont punies de lapidation… d’autres sont interdites, mais ne sont pas sanctionnées… d’autres encore sont permises d’emblée’. Quelle est le sens de cette affirmation ? N’en est-il pas de même pour de nombreuses autres interdictions ? Ainsi, il est dit, à propos de l’idolâtrie, qu’il est permis, d’emblée, de lire ses livres, dès lors qu’il s’agit de s’instruire. Et, de fait, les membres du Sanhédrin étaient astreints à une telle lecture. Il faut en déduire qu’en l’occurrence, la même action, selon la manière dont elle est réalisée, peut être punie de lapidation ou bien permise, d’emblée. Et, à ce propos, est cité l’exemple de la sorcellerie, qui permet de créer, à proprement parler, un veau de trois ans. Ceci nous permettra de répondre aux deux questions précédemment formulées. De même, on comprend aussi pourquoi l’Admour Hazaken a recours à toutes ces références. Le chapitre 159, au paragraphe 7, et non 6 comme le dit le texte, permet d’établir qu’en l’occurrence, on doit considérer que l’eau a été versée par l’homme lui-même. Le Maguen Avraham précise que, pendant le Chabbat, il y a bien là un travail, au sens premier, même si, en apparence, l’homme qui effectue ce travail ne fait rien d’interdit. Enfin, le traité Sanhédrin permet de répondre à la seconde question ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Si l’on considère qu’il s’agit ici du traité Sanhédrin 77b, il ne me semble pas que l’on parle ici de quelqu’un qui avait l’intention de déverser cette eau sur son prochain, tout d’abord parce que, si c’était effectivement le cas, il aurait fallu renvoyer au commentaire de Rachi, comme c’est fréquemment le cas dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken et, en outre, parce que le commentaire de Rachi fait ici référence à une pente (sur laquelle l’eau se déverse), ce qui n’est pas le cas, en revanche, dans notre texte. A mon humble avis, s’il s’agit réellement de la page 77b, qui dit : “ De quoi s’agit-il ici ? D’un écoulement ”, cela veut dire qu’une aspersion, quand elle est forcée, n’en est pas moins un moyen de conférer la sanctification. Ceci répond, au moins partiellement, à ce que vous demandez ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voici ce que dit le Ritva, commentant le Beth Yossef : ‘S’il le verse là-bas, dans la cour, il le fait passer du domaine privé au Karmélit ou bien au domaine public, dans la mesure où il y a moins de trois Téfa’h. Il divise ce cas en deux et il faut en déduire que les interdictions auxquelles il fait référence ne sont pas les mêmes. En dessous de trois Téfa’h, il s’agit, à proprement parler, d’un transfert du domaine privé vers le domaine public ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ C’est pour cela qu’est cité le chapitre 159, au paragraphe 7. Celui-ci mentionne le Choul’han Arou’h et non le Talmud, afin d’écarter la première explication qui est donnée par les Tossafot, à cette référence ”.
Lettre n°7243
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7243, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Nissan 5720,
Brooklyn, New York,
A l’institution éducative basée sur les valeurs sacrées,
“ Ohaleï Torah ”, à Brooklyn, New York,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre courrier m’informant que vous organisez un dîner au profit de votre institution, le 6 Nissan prochain(1). Puisse Dieu faire que ses préparatifs et donc ses résultats connaissent une grande réussite, permettant ainsi l’existence et le développement de cette institution éducative, quantitativement, par le nombre de ses élèves et qualitativement, par les possibilités d’y approfondir son étude. Il a déjà été dit que cette année est favorable, puisqu’elle marque le bicentenaire de la Hilloula de notre maître, le Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale, dont la première action, avant qu’il se dévoile en tant que Baal Chem Tov, fut l’éducation des enfants juifs, y compris les plus petits. Il leur enseigna comment répondre Amen Yehé Chemé Rabba(2), Bare’hou(3), la Kedoucha(4), les bénédictions, comme nous l’a maintes fois rapporté mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Or, il en est de même, à l’heure actuelle. Il convient d’investir le plus grand effort, de concentrer toutes ses forces dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées, y compris pour les plus jeunes enfants qui, le moment venu, seront, avec l’aide de Dieu, des adultes fidèles, respectant la Torah et les Mitsvot, étudiant la Torah. Le mérite de chacun et de chacune de ceux qui participent à cette action pour venir en aide à cette école basée sur les valeurs sacrées, “ Ohaleï Torah ” et tout ce qu’à n’en pas douter, vous ajouterez, en la matière, vous protégera, de sorte que vous serez bénis de tout le bien, matériel et spirituel à la fois. Avec ma bénédiction de réussite,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir aussi la lettre n°7236. (2) Pour répondre au Kaddish. (3) Avant le Chema Israël. (4) Dans la répétition de la Amida.
Lettre n°7244
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7244, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 2 Nissan 5720,
Hilloula du Rabbi Rachab, qui est(1) le
premier jour de la direction des ‘Hassidim
par mon beau-père, le Rabbi, bicentenaire
de la Hilloula du Baal Chem Tov,
dont le mérite nous protégera,
Brooklyn, New York,
A chacun et chacune des résidants de Kfar ‘Habad,
fondé et dirigé par mon beau-père, le Rabbi,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
A l’occasion de la fête des Matsot, temps de notre liberté, qui vient, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, j’adresse ma bénédiction à chacun et chacune d’entre vous, une bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, en ce temps de notre liberté, une liberté de tout ce qui fait obstacle au service de Dieu dans la joie et l’enthousiasme. En effet, l’obligation(2) du service de Dieu est perpétuelle(3) et aucun homme ne peut s’en dégager, pas même un seul instant. Elle concerne tous les Juifs, Yehoudim, avec deux Youd(4), “ du jeune homme au vieillard, les enfants(5) et les femmes ”. Comme l’enseigne l’Admour Hazaken(6), la Matsa est, le premier soir, “ l’aliment de la foi ” et, le second, “ l’aliment de la guérison ”. Or, “ lorsque la guérison conduit à la foi, chez celui qui rend grâce à Dieu d’avoir été guéri, cela veut dire qu’il a bien été malade. A l’opposé, lorsque c’est la foi qui conduit à la guérison, cela signifie que, d’emblée, il ne l’a pas été ”. Cette liberté sera donc telle que, d’emblée, vous ne connaîtrez pas le trouble et la déception, ce qu’à Dieu ne plaise.
Puis, vous prolongerez cette liberté et cette joie à la fois en tout ce qui vous concerne personnellement et en vos activités communautaires, pendant tous les jours de l’année. Puisse Dieu faire qu’en cette année, en ces jours, s’accomplisse la promesse de nos Sages(7) selon laquelle : “ le fils de David(8) vient à l’issue de la septième année(9) ”. Il nous libèrera, lors de la délivrance véritable et complète. Ce sera une liberté véritable, de sorte que : “ tu te répandras, à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”(10). Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, dans la largesse véritable, de même que pour un été en bonne santé et dans la joie,
J’ai envoyé une Matsa Chemoura et j’ai demandé au comité général de Kfar ‘Habad, de même qu’au comité spirituel avec, à sa tête, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav C.Z.(11), maître du lieu, de la distribuer aux habitants de Kfar ‘Habad et aux plus importants parmi les responsables communautaires de ‘Habad, puissent-ils avoir de longs jours et de bonnes années, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Dieu fasse que cette Matsa exerce pleinement et intégralement son effet, qu’elle soit “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ”.
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Baba Batra 159a ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les termes de la lettre introduisant le Séfer Ha ‘Hinou’h ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tour et Choul’han Arou’h, partie Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231. Il en est de même pour la ‘Hassidout et ce qui la concerne, selon l’enseignement du Rabbi Maharach, comme le précise le Séfer Ha Toledot, à la page 86a ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceux qui sont dirigés par les dix forces de leur âme divine et ceux qui sont dirigés par les dix forces de leur âme animale, selon la causerie du Tséma’h Tsédek. Voir ses notes sur le Tanya, au chapitre 1, dans le Séfer Ha Kitsourim, à partir de la page 81 ”. Voir, à ce propos, la lettre n°7232. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ils ont également besoin de recevoir l’expiation, selon les traités Nedarim 35b et Kritout 16a, même s’ils ne sont pas tenus d’étudier la Torah, comme le dit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Yoré Déa, chapitre 2, au paragraphe 2, le Péri Megadim, dans l’introduction à Ora’h ‘Haïm, tome 2, au chapitre 3. Mais, ce point ne sera pas développé ici ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Hayom Yom, à la date du 15 Nissan. Voir aussi les commentaires du verset Bechala’h 15, 26 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Sanhédrin 97a ”. (8) Le Machia’h. (9) La Chemitta. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Meoreï Or, à l’article ‘Pérets’ ”. (11) Le Rav Chnéor Zalman Garelik, Rav de Kfar ‘Habad.
Lettre n°7245
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7245, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Nissan 5720,
Brooklyn,
Au jeune Morde’haï Yossef Eléazar(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris de ne pas recevoir de lettres, de votre part et de ne pas avoir de vos nouvelles, depuis quelques temps, même si j’ai bon espoir que, conformément à l’Injonction selon laquelle : “ On s’élève dans le domaine de la sainteté ”, vous multipliez vos actions destinées à renforcer le Judaïsme, la Torah, ses Mitsvot et leur dimension profonde, la diffusion des sources(2).
Différents textes établissent que l’extérieur(3) est, avant tout, le sien propre, ce qui est au-delà de la dimension profonde de “ la seconde âme d’Israël ”(4), celle de la sagesse, mais aussi l’extérieur, au sens le plus littéral et l’action auprès de son prochain se trouvant dans cet extérieur. Nous avons reçu l’Injonction d’accomplir tout cela et il est donc certain que les moyens, les capacités nous en ont été donnés. En conséquence, tout ne dépend que de votre volonté. Bien plus, nous sommes dans le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, une année propice à la diffusion des sources, qui sont l’enseignement de la ‘Hassidout. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même que pour donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav M.Y. E. Goldschmidt, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°7315. (2) De la ‘Hassidout. (3) Dans lequel ces sources doivent être diffusées. (4) L’âme divine, selon les termes du second chapitre du Tanya.
Lettre n°7246
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7246, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Nissan 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Nissan. Je suis surpris que vous ne me disiez rien du temps que vous fixez pour l’étude de l’enseignement profond de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. En outre, il semble que vous n’établissiez aucun lien entre ceci et ce que vous m’écrivez. Peut-être est-ce là la raison des troubles dont vous me faites part. En effet, la dimension profonde de la Torah est qualifiée de : “ arbre de vie, dépourvu d’objections et de controverses, de sorte que les érudits de la Torah ne tirent plus leur subsistance des ignorants, mais uniquement du domaine du bien ”, comme l’affirme le berger fidèle, Moché notre maître. Ceci est également expliqué dans le saint Tanya de l’Admour Hazaken, au chapitre 26 d’Iguéret Ha Kodech.
Et, l’on sait la question qui est posée, à ce sujet. Nombreux sont ceux qui ne se consacrent pas à tout cela mais qui, malgré cela, vivent des jours et des années agréables. Par ailleurs, en plus de toutes les réponses qui peuvent être apportées à cette ancienne objection, on ne peut comparer l’homme à qui la divine Providence a fait connaître ces enseignements, développés par la ‘Hassidout et qui en a effectivement commencé l’étude à toutes les personnes qui n’ont pas eu ce mérite et qui n’en connaissent pas même l’existence, c’est bien évident.
Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, sans attendre une autre invitation à le faire ou encore d’autres allusions, vous fixiez un temps quotidien pour l’étude de la dimension profonde de la Torah, avec un ajout pendant le Chabbat, qui est “ sacré pour Dieu ”. Cette fixation sera non seulement dans le temps, mais aussi dans l’âme. De la sorte, vous connaîtrez la largesse en vos préoccupations spirituelles et matérielles à la fois. Dieu fasse que vous me donniez, par retour du courrier, de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Lettre n°7247
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7247, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Nissan 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est clair que l’édition de livres sacrés, en particulier ceux qui sont utiles pour la diffusion de la Torah, est particulièrement précieuse. Néanmoins, tout comme la Tsédaka doit être donnée de la manière qui convient, c’est-à-dire dans toute la mesure des possibilités et des moyens, il en est de même également pour la Tsédaka spirituelle. Est-il concevable, y compris selon votre conception, que l’on utilise pleinement son énergie pour publier des livres, mais que l’on ne prenne pas part , par sa parole et par son effort, aux problèmes du monde juif, en général, à ceux de la Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie et de la ville sainte de Jérusalem, en particulier, pas même les problèmes les plus brûlants ? Certes, on peut penser que vous n’êtes pas satisfait par ce que d’autres accomplissent d’une certaine façon(1) ou bien par ceux qui ne font absolument rien. Il est, toutefois, bien évident, que cela ne justifie en aucune façon l’ajout d’un autre point, qui n’est en aucune manière convenable(2), en plus de tout ce que font les autres et qui n’est pas bon non plus.
Nous avons eu connaissance d’une autre objection : “ Qui suis-je pour me consacrer à cela et quel en sera l’apport ? ”. Or, c’est précisément d’un cas similaire qu’il fut dit : “ L’humilité de Rabbi Ze’harya…(3) ”. En l’occurrence, chacun d’entre nous souhaite se conformer à ce qu’implique la dénomination : “ armées de Dieu ”(4), l’un des aspects de la fête de Pessa’h. Or, le ciment d’une armée n’est pas sa compréhension intellectuelle, mais bien la nécessité de se conformer pleinement à l’instruction donnée. Notre sainte Torah, Torah de vie, énonce l’Injonction suivante : “ Tu formuleras des reproches à ton prochain ”. Encore avant cela, elle dit : “ Tu ne haïras pas ton frère en ton cœur ”, puis, à la fin : “ Tu ne te vengeras pas… Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis l’Eternel ”. Comme la Torah le précise, cette Injonction(5) s’applique : “ même cent fois, si cela est nécessaire ”. Il n’est nul besoin d’en dire plus, tant cela est évident. Il me semble vous avoir déjà écrit, à ce sujet, mais il est préférable de le faire deux fois plutôt qu’une. Je serais heureux d’obtenir, de votre part, de bonnes nouvelles, en la matière.
Notes
(1) Que le destinataire de cette lettre n’approuve pas. (2) En l’occurrence, le fait de se contenter de publier des livres, sans rechercher à exercer sur le public l’influence que l’on pourrait avoir. (3) Eut pour effet de détruire le Temple. (4) Qui fut décernée au peuple d’Israël lors de la sortie d’Egypte, du fait de sa soumission à Dieu. (5) Celle de faire des reproches à son prochain.
Lettre n°7248
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7248, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[7 Nissan 5720]
Il est clair que vous devez vous organiser pour que le ‘Hamets soit vendu, en cet endroit(1). L’intérêt en est bien évident. Tout d’abord, on met en pratique, de la sorte, l’Injonction : “ On ne le verra pas et on ne le trouvera pas ”. C’est, en outre, un moyen de se remémorer l’interdiction du ‘Hamets, les coutumes ancestrales. Vous me dites qu’il y a un risque que ce ‘Hamets soit utilisé, pendant Pessa’h. Néanmoins, 1. il est certain que quelques uns d’entre eux ne le feront pas, 2. même pour ceux que l’on peut suspecter de le faire, on n’a pas de certitude, alors que la réparation(2), elle, est certaine, 3. selon différents avis, le fait de se servir du ‘Hamets n’annule pas la vente et tel est bien l’opinion de l’Admour Hazaken, au chapitre 445, paragraphes 13 et 14. En pareil cas, on ne fait que voler l’objet vendu et rien de plus, 4. selon l’avis qui considère que le fait de se servir du ‘Hamets en annule la vente, beaucoup considèrent que l’on ne punit pas de flagellation celui qui l’a fait, bien qu’il y ait eu une action concrète(3), 5. selon l’avis qui dit qu’il y a effectivement flagellation, en pareil cas, on peut encore se demander ce qu’il convient de privilégier entre passer les huit jours de Pessa’h en voyant et en trouvant du ‘Hamets chez soi, même si l’on évite ainsi la flagellation, ou bien de le faire seulement pendant un laps de temps plus court, peut-être même un seul instant, celui où l’on a pris le ‘Hamets, même si, de ce fait, on reçoit la flagellation, 6. même si l’on admet que l’annulation de cette vente a valeur rétroactive, il faut alors dire qu’il n’y a eu aucune action interdite, que l’on ne peut donc pas imposer la flagellation, puisque la vente n’a jamais été effective et qu’elle est impossible pendant Pessa’h.
Vous vérifierez auprès des Rabbanim la discussion qu’il convient d’avoir, en la matière. Est-il possible et utile d’ajouter sur l’acte(4) les points suivants : A) le Juif vend son ‘Hamets s’il le désire, ou bien le fait son représentant, accepté par le non Juif qui est l’acheteur, non pas d’une manière intéressée, en vendant pour son compte ce qui fait l’objet de la transaction, ou bien en en faisant un cadeau. Ou encore, B) on peut conclure une vente limitée à la veille de Pessa’h, à l’exception des objets mentionnés dans l’acte, mais qui, malgré cela, sera prise pendant les jours suivants. Bien entendu, il faudra souligner aux vendeurs(5) qu’il est interdit de procéder de la sorte. Mais, même s’ils transgressent cette interdiction, il n’y a pas lieu de craindre l’annulation de la vente, puisqu’elle a été faite à cette condition.
Notes
(1) Cette lettre est une réponse au Rav Chmouel Pessa’h Bogomilski, qui demandait, au nom du Rav Speizman, à propos duquel on verra la lettre n°7319, s’il est nécessaire d’organiser une vente du ‘Hamets dans une ville dont on sait qu’un certain nombre de ceux qui vendront le leur ‘s’en serviront, malgré tout, pendant Pessa’h. (2) Apportée par la vente du ‘Hamets. (3) En l’occurrence, celle de prendre le ‘Hamets. (4) De vente du ‘Hamets établi par le Rav. (5) De ‘Hamets.
Lettre n°7249
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7249, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements et au comportement
généreux, le Rav Israël(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 4 Nissan. A l’occasion de la fête des Matsot, temps de notre liberté, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous adresse ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, pour une liberté véritable, liberté de tous les tracas matériels et spirituels, de tout ce qui fait obstacle au service de Dieu dans la joie et l’enthousiasme. Puis, vous conserverez cette liberté et cette joie pendant tous les jours de l’année, d’autant que le service de Dieu, comme l’ordonne notre Torah, Torah de vie, prend en compte tout ce qui concerne l’homme, tout au long de la journée et de la nuit, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais Le ”. Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,
N. B. : J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, ce qui est dit de la rédaction d’un questionnaire à l’usage des élèves de la Yechiva. On peut vérifier concrètement que ceci suscite leur intérêt et renforce leur ardeur. Puisse Dieu faire que ces activités se renforcent largement, comme l’expliquent nos Sages, au traité Sanhédrin 21a, et même “ beaucoup, beaucoup ”, comme l’explique l’Admour Hazaken, dans son Likouteï Torah, à la Parchat Chela’h, page 38c. Cet accomplissement est également lié au temps de notre liberté, la fête de Pessa’h, ainsi qu’il est dit : “ Lorsque tu feras sortir ce peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne(2) ”. Il est ici question de service de Dieu, ce qui implique l’effort, un grand effort, comme le dit l’Admour Hazaken à propos de la tannerie(3). Vous consulterez, à ce propos, le Torah Or, au début de la Parchat Michpatim. Vous évoquez aussi le départ d’élèves se trouvant ici afin de se rendre dans la Yechiva Tom’heï Temimim de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Cette proposition a été transmise à la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim, ici. Sans doute prendrez-vous contact avec elle.
Notes
(1) le Rav I.Grossman, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°6966. (2) Celle du Sinaï, lors du don de la Torah. (3) Textuellement des peaux travaillées, celles sur lesquelles on a investi son effort, ce qui permet d’en transformer l’apparence.
Lettre n°7251
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7251, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Nissan 5720,
Brooklyn,
A l’attention des convives à la joie du mariage du
jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav I.C.(1) et à tous ceux qui
ont signé la lettre de bénédiction, à l’occasion de
l’anniversaire(2), que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de bénédiction visée ci-dessus. Et, une réponse vous a déjà été faite par notre sainte Torah, Torah de vie, selon laquelle : “ Quiconque accorde une bénédiction est lui-même béni ”, mais par la bénédiction du Saint béni soit-Il, dont l’intérêt dépasse le capital. Bien plus, cette bénédiction est accordée au cours d’une réunion ‘hassidique.
Or, vous connaissez les propos de l’Admour Hazaken(3), selon lesquels un billet descendit des cieux les plus hauts, sur lequel il était inscrit : “ Ce que peut accomplir une réunion ‘hassidique, l’ange Mi’haël lui-même ne peut le faire ”. Et, il énonce lui-même une explication à ce sujet, qui est exposée dans une lettre de mon beau-père, le Rabbi, imprimée dans le premier recueil de ses lettres. Bien entendu, en cette bénédiction de Dieu, est également incluse la satisfaction de la requête du cœur de chaque Juif, au sein de tout Israël, pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même que pour une libération véritable. Par la suite, cette joie et cette libération se prolongeront, tout au long de l’année. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) Le Rav I.C. Landa. (2) Du Rabbi, le 11 Nissan. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°5999 et 6492.
Lettre n°7252
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7252, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Nissan 5720,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Nous sommes à quelques jours de la fête de Pessa’h, temps de notre liberté, qui apporta non seulement la libération, au sens le plus littéral, mais permit, en outre, d’échapper aux limites de la nature. Tout cela fut réalisé avec des miracles évidents. Au début de la libération, l’Egypte fut frappée et, simultanément, Israël fut guéri, ce qui va à l’encontre de la nature, y compris dans le domaine de la sainteté, puisque les Attributs de la rigueur et de la bonté se révélèrent conjointement. Une telle manifestation fut possible par un dévoilement de l’Essence de Dieu, “ Moi et non un ange, Moi et non un séraphin, Moi et non un émissaire ”. Dieu Lui-même le réalisa, comme l’explique le Rachba dans ses responsa, parce que rien ne Lui est impossible. Il en fut de même, à la fin de Pessa’h, pour le passage de la mer Rouge, même si un miracle évident n’était pas indispensable, en la matière, puisque les enfants d’Israël quittèrent la mer du côté où ils s’y étaient engagés, selon les Tossafot, au traité Ara’hin 15a.
Puisse donc Dieu faire qu’il en soit de même dans tous les domaines de la Torah et des Mitsvot et, combien plus, dans celui de l’éducation, qui est directement lié à la sortie d’Egypte. C’est, en effet, les enfants qui “ Le reconnurent les premiers ” et l’épisode se conclut par le don de la Torah, lorsqu’il fut proclamé : “ nos enfants seront nos garants ”. Je conclus ma lettre comme je l’avais commencé, en faisant référence à la relation la meilleure qui soit, celle que vous entretenez avec ces institutions, d’autant que vous leur avez accordé votre soutien, votre appui et votre amabilité. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour une liberté véritable de tout ce qui fait obstacle au service de Dieu, dans la joie et l’enthousiasme, de même qu’avec respect,
Lettre n°7253
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7253, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Nissan 5720,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
C’est avec beaucoup de retard que j’ai reçu votre lettre et ce qui y était joint. Vous me faites part de votre surprise et de votre étonnement, à propos de la discussion que vous avez eue avec les jeunes de l’association ‘Habad, dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Je ne connais pas bien tous les détails de ce que vous m’exposez, mais je sais le dévouement des jeunes de ‘Habad en Terre Sainte à tout ce qui concerne le renforcement et la diffusion du Judaïsme. S’ils ont adopté l’attitude à laquelle vous faites référence, ils avaient sûrement une raison forte et fondée de le faire. D’après ce que vous m’écrivez et selon les nouvelles que rapporte la presse, à propos de cet épisode, j’imagine que leur motivation était l’instruction stricte qui leur avait été donnée, de même qu’à tous les ‘Hassidim ‘Habad, par nos maîtres et chefs, celle de s’éloigner, dans toute la mesure du possible, de toute affiliation à un parti, quel qu’il soit, fut-il le meilleur. La raison de cette position a été exposée par écrit et, plus largement encore, oralement. Notre mission, en effet, consiste à diffuser le Judaïsme, au sein de tous les enfants d’Israël et, point le plus profond, la ‘Hassidout, y compris à l’extérieur. C’est pour cela que nous devons nous éloigner, au plus haut point, de tout ce qui est susceptible de réduire les possibilités d’une telle diffusion, au point d’adopter l’attitude la plus rigoriste, dès lors qu’il y a le moindre doute, en la matière.
J’ai bon espoir qu’en réfléchissant à tout cela et conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle il convient d’accorder des circonstances atténuantes à chacun, vous serez clément envers les jeunes ‘Habad, dans ce domaine également. Non seulement vous ne leur en voudrez pas, mais, en outre, vous leur viendrez en aide afin qu’ils diffusent ces sources, mais, bien plus, votre soutien sera accru par rapport à ce qu’il a été jusqu’à maintenant. Car, à n’en pas douter, vous-même devez apprécier cette mission et puisse Dieu faire que j’obtienne, de votre part, de bonnes nouvelles, en la matière. Car, grande est la paix au point que toute la Torah fut donnée pour la multiplier dans le monde. A l’occasion de la fête de Pessa’h, temps de notre liberté, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous adresse ma bénédiction pour que celle-ci soit cachère et joyeuse, pour avoir une libération véritable de tout ce qui fait obstacle au service de Dieu, dans la joie et l’enthousiasme. Avec mes respects et ma bénédiction,
Il est bien clair qu’en rapportant ce qui vient d’être dit, à propos de la nécessaire absence d’affiliation de ‘Habad, de ses personnes et de ce qui s’y rattache, mon but n’était nullement de dénigrer l’action menée au sein d’un parti, ce qu’à Dieu ne plaise, dans la mesure où celle-ci est basée sur la Torah et les Mitsvot. Je voulais uniquement souligner qu’une telle activité n’entre pas dans le domaine de ‘Habad et de ses personnes, lesquelles doivent se consacrer à une mission plus importante, la diffusion des sources et, précisément, jusqu’à ce que celles-ci parviennent à l’extérieur. Certes, tous les Juifs reçoivent la même mission, comme le dit la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Il est, cependant, différentes façons, diverses manières de le faire et chacun doit suivre sa voie, si elle le conduit vers la maison de Dieu.
Lettre n°7254
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7254, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements, assumant une mission sacrée,
le Rav Ben Tsion Moché Yaïr(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la fête des Matsot, temps de notre liberté, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous adresse, par la présente, ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour une libération véritable des tracas physiques et des tracas moraux, de tout ce qui fait obstacle au service de Dieu, dans la joie et l’enthousiasme. Vous conserverez cette liberté et cette joie durant tous les jours de cette année. Bien plus, le service de Dieu, comme nous l’ordonne notre Torah, Torah de vie, s’applique à tout ce qui concerne l’homme, tout au long du jour et de la nuit, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”. Je vous adresse mes respects et ma bénédiction à l’occasion de la fête.
N. B. : J’ai reçu le livre Kinor Ben David(2) et je vous remercie pour ce cadeau. Puisse Dieu faire que, encore pendant de nombreuses années, vous multipliez vos efforts pour la Torah, jusqu’à ce que nous méritions la venue du fils de David(3) et que s’accomplisse la promesse selon laquelle : “ Mon serviteur, David, sera leur chef, pour l’éternité ”. Je suis surpris que vous notiez, dans les quelques lignes que vous avez inscrites sur la page de garde de ce livre Tav, Chin, Kaf avec un Kaf final(4), dont la valeur numérique est cinq cents(5), comme le précisent différents textes du Midrash Talpyot, à l’article “ lettres ”. En pareil cas, surtout en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, il convient d’être prudent et de faire en sorte que l’on ne déduise rien de cela, selon les termes du traité Avot, chapitre 1, à la Michna 11, qui dit : “ Ils boiront…(6) et il en résultera…(7) ”. Et, l’on adopte une conclusion positive(8).
Notes
(1) Le Rav B.T. M. Y. Weinstock, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6808. (2) La harpe du fils de David. (3) Du Machia’h. (4) Plutôt qu’un Kaf de milieu de lettre, pour indiquer l’année 5720. Voir, à ce propos, la lettre n°7190. (5) Et, non vingt, ce qui correspondrait à l’année 6200 ! ! (6) Les mauvaises eaux. (7) Une profanation du Nom de Dieu. (8) En rappelant la nécessité de le faire, afin qu’une lettre ne se conclut pas par la mention d’un fait malencontreux.
Lettre n°7255
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7255, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5720,
Brooklyn, New York,
A monsieur Binyamin West,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie pour le livre : “ struggles and generations ”(1), de même que pour les publications précédentes. J’espère qu’à l’avenir, vous continuerez à adresser ce que vous éditez à notre bibliothèque. Je vous en remercie par avance. Bien entendu, il appartient à ceux qui ont connu la vie juive, dans le pays où nous nous trouvions auparavant(2), de la perpétuer, jusque dans le moindre détail, avant que le souvenir ne s’en estompe. Il faut raconter, en particulier, les combats pour avoir une existence véritable et conserver son identité. A quelqu’un comme vous et à ceux qui vous viennent en aide, reviennent des félicitations, en la matière, car de telles réalisations sont d’actualité, surtout à notre époque, alors qu’une seule année constitue une période entière, avec de multiples bouleversements. En ces jours qui précèdent le temps de notre liberté, puisse Dieu faire que tous les groupes constituant notre peuple quittent leur exil. Ceux qui connaissent l’exil physique(3) s’en déferont donc et ceux qui vivent un exil moral en seront libérés, conduits de la servitude vers la liberté véritable.
Commentant l’expression “ gravés (‘Harout) sur les Tables de la Loi ”, nos Sages disent : “ liberté (‘Hérout) par les Tables de la Loi ”. Car, pour nous, la liberté véritable est liée aux Tables de la Loi, écrites de la Main de Dieu et réunissant deux points extrêmes, le plaisir du Saint béni soit-Il Qui n’a pas de limite et pas de fin, d’une part, la Torah de vie délivrant un enseignement pour l’existence quotidienne en notre monde matériel et grossier, d’autre part. Telle est bien la mission du peuple d’Israël, à toutes les époques et en tous les endroits, comme le montre, en allusion, le rêve de notre père Yaakov, “ une échelle plantée dans la terre et dont le sommet atteint le ciel ”, afin de réunir le point le plus bas à celui qui est le plus haut, de sorte que : “ Voici, l’Eternel se tient devant Lui ” selon la conclusion de ce passage. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) Combats et générations. (2) En Russie. (3) Se trouvant, par exemple, de l’autre côté du rideau de fer.
Lettre n°7256
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7256, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai transmis votre réponse au Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h, mais, globalement, je me vois dans l’obligation de vous signifier mon étonnement. A mon sens, vous devriez adopter une position qui soit plus clairement adaptée à la réalité concrète. En l’occurrence, il s’agit d’une institution de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, qui la dirige d’une manière concrète, puisque les actions des Justes sont éternelles. En conséquence, quiconque apporte son concours à une institution ou, a fortiori, représente son fondateur, en est l’émissaire, en particulier dans un endroit central, est bien le délégué, le représentant de mon beau-père, le Rabbi. Or, “ l’émissaire d’un homme est comme cet homme ” !
Et cette situation est encore plus indéniable quand il s’agit d’un Juste, transcendant les limites du temps et de l’espace, en particulier après sa Hilloula, comme l’affirme le commentaire d’Iguéret Ha Kodech, au chapitre 27, de l’Admour Hazaken, qui dit : “ puisque son esprit n’est plus enfermé dans un réceptacle, n’est plus inséré dans l’endroit matériel… ”. On consultera ce texte. En méditant à tout cela, vous comprendrez pourquoi je suis étonné et surpris par ce que vous m’écrivez. Telle personne s’est exprimée d’une manière qui ne convient pas ou même a fait une action qui n’est pas bonne et, de ce fait, quelqu’un est prêt à interrompre la mission et la délégation qui lui sont confiées, ce qu’à Dieu ne plaise. N’ayant pas compris ce que vous vouliez me signifier, je n’en dirai pas plus, mais peut-être y a-t-il des raisons cachées à tout cela.
Lettre n°7257
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7257, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5720,
Brooklyn, New York,
A nos frères, les enfants d’Israël, en tout endroit où
ils se trouvent, que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
A l’occasion de la fête des Matsot, qui approche, j’adresse mes vœux et ma bénédiction à nos frères, les enfants d’Israël, en tout endroit où ils se trouvent, une bénédiction pour une fête de Pessa’h, temps de notre liberté, cachère et joyeuse. La liberté véritable doit être entière. Elle concerne l’homme à titre personnel, en sa qualité de microcosme(1), comme en tant que partie intégrante du monde alentour. Il y a donc bien là une double libération, l’une intérieure, qui permet de se défaire de tous les obstacles profonds, inhérents aux caractères innés ou acquis par l’éducation ou par l’habitude, l’autre extérieure, supprimant les obstacles que le monde ambiant dresse devant l’homme.
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Nos Sages, de sainte mémoire, qui savent exprimer une notion importante en une courte sentence, ont effectivement énoncé ce qui vient d’être dit en quelques mots. De la sorte, ils ont montré la voie et donné les moyens de cette libération. Ils disent : “ la liberté par les Tables de la Loi ”(2). Ainsi, ce qui y est gravé libère de l’assujettissement aux nations, de la pauvreté, de la sottise, de la douleur et de l’étroitesse. Les dix Commandements, qui figurent sur les Tables de la Loi, englobant, en allusion, toutes les Mitsvot(3), commencent par l’Injonction : “ Je suis l’Eternel ton Dieu(4), Qui t’ai fait sortir du pays de l’Egypte, de la maison de la servitude ”. Le premier Précepte, le plus fondamental, qui est gravé dans la vie juive, prononcé et écrit par Dieu, s’adressant à chacun et à chacune, est donc bien : “ Je suis ton Dieu ”, dans ta propre vie, au sein de ton comportement personnel.
Le Nom “ ton Dieu ” souligne(5), en particulier, que Dieu est tout puissant, qu’Il possède tous les pouvoirs. Il en résulte une double libération, d’une part celle du pays de l’Egypte, de la peur et des actes indésirables, de “ l’action de l’Egypte ”, des conséquences de l’influence exercée par la vie en Egypte, d’autre part celle de la maison de la servitude, de l’esclavage au Pharaon, à l’Egypte, au monde environnant. C’est pour cela que l’Injonction, adressée à chacun, est elle-même double, concernant à la fois la vie intérieure et la vie extérieure, “ tu n’auras pas d’autres dieux ”, pas d’autre autorité que Dieu, quelle qu’elle soit et “ souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier ” sans se soumettre au comportement et aux exigences du monde extérieur.
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La Torah elle-même possède(6) ces deux aspects, le plus intérieur, son âme(7), sa dimension profonde et ce qui est lié à l’action concrète, l’étude, la pratique des Mitsvot, son enseignement révélé. Et, c’est l’aspect profond, l’âme, qui vivifie l’aspect extérieur. En ces dernières générations, la partie profonde de la Torah a été largement commentée et diffusée par l’enseignement de la ‘Hassidout, fondée par le Baal Chem Tov dont nous célébrons, cette année, le bicentenaire de la Hilloula.
L’un des enseignements de la ‘Hassidout, maintes fois souligné par le Baal Chem Tov, est le suivant : “ J’ai placé l’Eternel en permanence face à moi ”(8). Chaque Juif doit avoir conscience de se trouver devant Dieu. De ce fait, il percevra de manière identique(9) tout ce qui se trouve dans le monde et en lui-même. Bien plus, il en sera ainsi “ en permanence ”, non pas uniquement quand il récite la Amida, point culminant de la prière, non pas seulement en quelques moments de la journée, par exemple à son début(10), car ceci ne serait pas, à proprement parler, “ J’ai placé ”, une liberté véritable permettant d’échapper à l’influence, intérieure ou extérieure, qu’exerce le monde. En effet, au cours des autres moments, l’homme pourrait retomber dans la servitude, l’assujettissement à sa propre nature et au monde ambiant. Le “ face à moi ” doit véritablement être “ en permanence ”. Il faut qu’il conditionne chaque action, chaque mouvement de l’homme, sa nourriture, sa boisson, les propos qu’il échange avec les autres. Dès lors, cet homme ne tiendra aucun compte des obstacles intérieurs et extérieurs et il parviendra à la liberté véritable et intégrale, celle, à la fois, du “ pays de l’Egypte ” et de “ la maison de la servitude ”.
Ce “ face à moi ” a également pour effet que le service de Dieu d’un Juif, comme on l’a dit, pénètre les deux domaines de la vie, celle qui est profonde et celle qui est extérieur. En outre, il permet qu’il en soit ainsi dans la joie et l’enthousiasme, comme l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, l’explique longuement(11). Selon lui, celui qui médite à l’attitude que Dieu adopte envers chaque Juif, au fait qu’Il lui accorde Sa Torah et Ses Mitsvot, qu’Il désire Se trouver en permanence près de lui, près de chacun, si l’on peut s’exprimer ainsi, tout comme il est dit : “ Je résiderai parmi vous ”, “ au sein de chacun ”(12), verra son
cœur s’emplir du plus immense bonheur et il en concevra la plus profonde inspiration.
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Puisse Dieu faire que chacun et chacune parvienne à la liberté véritable et complète, à la fois morale et physique. Celle-ci nous conduira, très bientôt et de nos jours, à la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Tan’houma, Parchat Pekoudeï, au chapitre 3. Voir le Likouteï Torah, Parchat Bamidbar, à la page 5a ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tikouneï Zohar, au Tikoun 56. Voir aussi les Tikounim à la fin du Zohar ‘Hadach, à la page 97b, les commentateurs du traité Avot, chapitre 6, à la Michna 3 et le Midrash Vaykra Rabba, chapitre 18, au paragraphe 3 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les mises en garde de Rabbi Saadya Gaon. On consultera aussi, en particulier, le Yerouchalmi, traité Shekalim, chapitre 6, au paragraphe 1 et le Zohar, tome 2, à la page 90b ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire du Ramban sur le verset Chemot 20, 2 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 5 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le début du Midrash Béréchit Rabba ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 3, à la page 152a ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Tsavaat Ha Ribach ”. (9) Chiviti, rendu ici par “ j’ai placé ”, doit être rapproché de Chavé, identique. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Sanhédrin 22a. Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, début des propos du Ramah. Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, chapitre 1, au paragraphe 5. Voir aussi le Torah Or, à la fin de la Parchat Vayétsé ”. (11) Le Rabbi note en bas de page : “ Tanya, au chapitre 33. Voir le Rambam, à la fin des lois du Loulav ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chneï Lou’hot Ha Berit, au début de la Parchat Terouma. Voir le discours ‘hassidique intitulé : ‘Je suis venu dans Mon jardin’, de 5708, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, paru dans le Kountrass n°55 ”.
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