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Iguerot Kodesh — lettres 7177 à 7196

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7177

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7177, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos deux lettres du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken. Vous me demandez que faire du paiement que vous avez reçu(1). D’après ce que disent nos Sages, en pareil cas, vous en ferez un usage propice, à condition, bien sûr, que vous receviez le plein accord de votre épouse, la Rabbanit. Il est dit que l’on n’établit pas de compte précis, pour ce qui concerne la Tsédaka. Il serait donc bon d’en consacrer immédiatement un cinquième environ(2) à cet effet. Puis, peu à peu, vous vous servirez du reste pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

Bien entendu, ceci inclut avant tout l’éducation de vos enfants, basée sur les valeurs sacrées. En attendant, vous pourrez investir ce montant, afin que le capital en soit conservé et qu’il fructifie. Vous pourrez, en outre, investir dans les fonds fiduciaires(3). Là encore, vous en prélèverez une partie pour la Tsédaka, entre un dixième et un cinquième. En effet, “ on confère un mérite à l’homme, même en son absence ”(4), d’autant qu’il s’agit, en l’occurrence, d’une petite fille qui est sous la responsabilité de son père(5). Sans doute vous préparez-vous à la Hilloula du 10 Chevat, qui approche(6). Puisse Dieu faire que sa trace reste perceptible tout au long de l’année. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) A titre de dédommagement des compagnies d’assurance, à la suite d’un accident de voiture. (2) Le compte n’étant pas précis. (3) “ Trust fund ” dans le texte. (4) En la matière, en le rendant bénéficiaire de ces fonds. (5) Qui bénéficiera des fonds fiduciaires. (6) Celle du précédent Rabbi.

Lettre n°7178

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7178, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Its’hak Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi soir et les précédentes. J’ai lu avec plaisir, à sa conclusion, que les Juifs de votre ville s’emploient actuellement à comprendre la différence entre Israël et les nations. Puisse Dieu faire que cette compréhension s’élargisse et s’approfondisse. En effet, le traité Pessa’him 104a définit sept catégories de différences. Par la suite, ils percevront celle qui existe entre deux formes du sacré(2). Or, comprendre une idée permet de se lier à elle, au moins superficiellement. Heureux est donc celui qui s’efforce de diffuser notre sainte Torah, Torah de vie, en tout endroit que l’on peut atteindre, d’autant que vous avez le mérite de constater que vos paroles et vos écrits sont écoutés.

Pour passer d’une idée à l’autre, tout en restant dans le même contexte, nous nous approchons du 10 Chevat, date de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous connaissez sûrement quelques détails de la vie dans ce monde de celui dont nous célébrons la Hilloula. Il serait donc bon de relater son œuvre, avec toutes les explications nécessaires, dans le domaine de la Torah et de ses Mitsvot, la manière dont il risqua sa vie pour elles. On en déduira à quel point il est nécessaire que chacun de ceux qui se trouvent là consente à un effort. En effet, tous ont la possibilité d’agir, en la matière, sans aucun obstacle. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, en bonne santé physique et morale. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav I.Y. Nelson, de Dallas. Voir, à son sujet, les lettres n°2300 et 3134. (2) Par exemple celle entre le Chabbat et les jours de fêtes.

Lettre n°7179

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7179, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Chevat 5720,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad

en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et

rebâtie, branche de la ville sainte de Jérusalem,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et les comptes-rendus qui y étaient joints. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de la diffusion des sources(1) à l’extérieur, d’une manière sans cesse accrue. De fait, c’est bien là ce qu’il convient de faire puisqu’en l’occurrence, il s’agit clairement de diffuser. Bien évidemment, il en est de même pour les préparatifs de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef de notre génération(2). Le mérite de ce qui est public vous vient en aide afin que vous connaissiez, en la matière, une réussite considérable, en soulignant que nous sommes dans le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov.

Puisse Dieu faire qu’en la matière également, les deux extrêmes se rejoignent, le point le plus élevé, d’une part, la Hilloula, au cours de laquelle l’âme reçoit une élévation supplémentaire et la révélation concrète jusqu’au point le plus bas, d’autre part, dans l’action quotidienne, tout au long de l’année, dont la majeure partie des jours sont profanes, c’est bien évident. Avec ma bénédiction pour donner des nouvelles bonnes et détaillées de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Le 10 Chevat.

Lettre n°7180

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7180, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Tévet, dans laquelle vous me faites part de ce qui s’est passé il y a un mois, un incendie, ce qu’à Dieu ne plaise. Par un effet de la bonté de Dieu, tout s’est finalement bien passé, mais vous ne savez pas ce qui en est la cause. J’en suis surpris, car celle-ci est mentionnée dans votre lettre, quelques lignes auparavant. Je vous cite : “ Depuis de nombreuses années, je ne porte plus les Tefillin ”. Or, nos Sages disent, à leur propos, que toute la Torah leur fut comparée. Cela veut dire, comme le précise l’auteur du Choul’han Arou’h, que nous nous rappelons, grâce à eux, des miracles et des merveilles que Dieu accomplit pour nous, qu’Il possède la force et le pouvoir, sur les êtres célestes comme sur les êtres terrestres.

Ainsi, les Tefillin commémorent le miracle, rappellent que le Saint béni soit-Il, Qui dirige ce monde, la manière dont chacun gagne sa vie, son état de santé, tous les points pour lesquels vous sollicitez ma bénédiction dans votre lettre. J’ai donc bon espoir qu’à réception de la présente, vous commencerez à mettre les Tefillin, chaque jour de la semaine. De même, vous prierez chaque jour et, s’il est impossible d’aller à la synagogue pour le faire, vous prierez chez vous. Pendant les jours de semaine, avant de porter les Tefillin, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsédaka. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, à ce propos. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, concernant ce qui est dit plus haut, le contenu de votre lettre et également pour tous les membres de votre famille. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7181

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7181, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Tévet, dans laquelle vous me parlez d’une union dont les deux parties sont satisfaites. Néanmoins, la famille de la jeune fille s’y oppose. Vous me précisez la raison de ce refus, de la part de la famille. Il semble que, profondément, les membres de cette famille recherchent une crainte de Dieu plus entière chez le jeune homme. Si c’est effectivement le cas, il est clair que vous devez accéder à cette requête, non seulement parce que la famille le demande, mais surtout parce qu’il s’agit d’une Injonction de notre sainte Torah, Torah de vie, selon laquelle on doit connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. S’il en a été ainsi de tout temps et en tout lieu, combien plus est-ce le cas à notre époque et en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, d’autant qu’il a été dit, à son propos, que “ les yeux de l’Eternel ton Dieu sont tournés vers elle, du début de l’année à la fin de l’année ”.

Quand on s’apprête à franchir un pas aussi décisif et fondamental que l’édification d’un foyer juif, un édifice éternel, ce qui vient d’être dit est indispensable et vital. Or, “ rien ne résiste à la volonté ”. Parallèlement, un homme doit faire tout ce qui est en son possible pour parvenir au but, tout en empruntant les voies de la nature. Il faut donc s’efforcer, par l’intermédiaire d’amis et de connaissances de convaincre la famille qui refuse de changer d’avis. Tout est effet de la divine Providence et vous rappelez, dans votre lettre, que votre grand-père était l’un des fondateurs et des premiers membres de la communauté des Sages de la Kabbala. J’ai donc l’obligation et le mérite de vous souligner la nécessité absolue, l’obligation personnelle de fixer un temps pour étudier la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par l’enseignement de la ‘Hassidout. Tout cela est si évident qu’il est inutile d’en dire plus. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°7182

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7182, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Tévet, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qui est advenu jusqu’à maintenant, à vous-même et à votre famille. Vous avez observé les bienfaits de Dieu et votre installation en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, s’est bien passée. Vous me demandez un conseil sur l’activité à laquelle vous devez maintenant vous intéresser. Avant tout, il est bien évident que vous-même et tous les membres de votre famille, au sein de tous ceux qui observent concrètement les bienfaits de Dieu, devez exprimer votre reconnaissance ou, selon l’expression de nos Sages, apporter un sacrifice d’action de grâce. Pour ce qui vous concerne, vous êtes dans la première année de votre installation dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”. Vous vous perfectionnerez donc en notre sainte Torah, Torah de vie et en la pratique de ses Mitsvot de la meilleure façon.

En conséquence, mon avis est très clair. Jusqu’à Roch Hachana prochain et même jusqu’après la fête de Soukkot, vous devez poursuivre vos études à la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod, avec un élan et une grande ardeur. Non seulement cela ne fera pas obstacle à une installation favorable, vous permettra de gagner votre vie par la suite, mais, bien plus, vous connaîtrez ainsi un succès accru. Cela est si évident qu’aucune autre explication n’est nécessaire. J’ajouterai uniquement que, d’après l’enseignement de nos maîtres, tout en étudiant vous-même, avec ardeur et entrain, la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, comme je l’ai dit, vous devez, en outre, consacrer une partie de votre temps à diffuser les sources à l’extérieur, dans le cadre des actions menées par les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod ou des jeunes de l’association ‘Habad. Vous avez sûrement connaissance des trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7183

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7183, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

assume une mission sacrée, le Rav Moché Aryé Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken, dans laquelle vous me parlez d’une évolution positive des commentaires de Torah rédigés par les élèves(2), auxquels Dieu accordera longue vie. Puisse Dieu faire que cette évolution se développe, grandisse, connaisse l’avancement et apporte la lumière dans tous les domaines de notre Torah, Torah de vérité, de la vérité vraie, excluant la loi détournée, celle qui n’a pas eu le mérite de racheter la ruse du serpent, qui manque donc de crainte de Dieu ou bien qui fait passer la compréhension avant elle. En effet, cette crainte doit être entière, au même titre que Jérusalem(3) et elle doit précéder la compréhension.

La solution est donc d’interroger scrupuleusement les témoins, comme le disent les Tossafot, au traité Meguila 15b, ainsi qu’il est dit : “ Je les prendrai à témoins ”. A ce sujet, vous consulterez, en particulier, le traité Taanit 11a, le Likouteï Torah, à la Parchat Pekoudeï, à partir de la page 4b et les Biyoureï Ha Zohar, à la Parchat Choftim. Il est bien évident qu’en pareil cas, on émet un avis qui est retenu par la Hala’ha, car on révèle la vérité de Dieu, dans le monde que : “ Au commencement Dieu créa ”. C’est à ce propos que le prophète dit : “ L’Eternel Dieu est Vérité ”, comme le précise le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, chapitre 1, au paragraphe 4, à propos de l’expression : “ La vérité vraie ”. Vous consulterez ce texte. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav M.A. L. Shapiro, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6748. (2) De la Yechiva. Voir, à ce sujet, la lettre n°7162. (3) En Hébreu Yerouchalaïm, qui se décompense en Irea Chalem, crainte entière.

Lettre n°7184

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7184, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[4 Chevat 5720]

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Chevat, dans laquelle vous n’expliquez pas pour quelle raison vous avez cessé de m’écrire et, ce qui est encore plus douloureux, pourquoi vous avez interrompu votre participation aux actions menées et, en particulier, à votre collaboration aux accomplissements de l’association ‘Habad et des jeunes de l’association ‘Habad. Bien plus, il semble que tout ceci ait été interrompu soudainement, puisque ma première lettre expliquant tout cela est restée sans réponse consistante et n’a obtenu qu’un accusé de réception.

Je ne sais pas si l’on peut ici formuler un souhait, en la matière, mais, en différents domaines, nos Sages emploient l’expression : “ cent fois s’il le faut ”. Or, je ne suis pas encore parvenu à la quatre vingt dix neuvième. Je réitère donc ce que je disais. Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, un changement significatif intervienne, d’une manière sans cesse accrue. Votre lettre a été écrite à la veille de Roch ‘Hodech Chevat. Or, le 10 de ce mois est la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération. Puisse Dieu faire qu’il en découle un résultat concret, très prochainement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7185

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7185, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos deux lettres, celle du 24 Tévet, Hilloula de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h et celle qui la précédait. J’y ai pris connaissance avec plaisir des actions que vous menez pour diffuser le Judaïsme. Puisse Dieu faire que vous les multipliez, en tout domaine où s’étend votre influence. Vous me demandez des détails, à ce sujet, comment effectuer cette diffusion. Bien entendu, on ne peut pas émettre des règles intangibles, en la matière, car tout dépend des personnes et des conditions de l’endroit. Un responsable doit toujours se baser sur ce qu’il voit de ses yeux. Toutefois, il nous a été enjoint de conformer notre comportement au principe suivant : “ Le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”. En la matière, vous solliciterez le conseil des jeunes de l’association ‘Habad et du groupement des élèves de la Yechiva. Sans doute poursuivrez-vous en ce sens, car une expérience existe, dans ce domaine, en différents milieux.

En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, y compris à propos de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi. Vous me direz de quelle manière ce jour propice a été utilisé pour la Torah et les Mitsvot. Dieu fasse que sa trace soit ressentie tout au long de l’année. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et à l’occasion de votre anniversaire, pour une année de succès en ces actions,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

E. Kwint,

Lettre n°7186

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7186, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

sixième jour de Chevat 5720,

bicentenaire de la Hilloula

du Baal Chem Tov,

Brooklyn, New York,

A chacun et chacune des ‘Hassidim,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Il s’agit du jour et de la réunion ‘hassidique de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont l’âme se trouve dans les trésors célestes, dans les contrées de “ la vitalité de la vie ”, plus précisément de la dixième Hilloula(1), ainsi qu’il est dit : “ le dixième(2) sera sacré ”(3) en tout état de cause(4), ce qui est plus fort et devient prépondérant, grâce à l’action qui est accomplie ici-bas. Et, l’on révélera la sainteté en ce monde inférieur, selon le dévoilement qui peut en être obtenu, en toutes les dix forces des deux âmes(5), en un monde qui fut créé par dix Paroles, avec les dix catégories(6) d’actions que l’homme peut mener.

A n’en pas douter, on établira donc un juste bilan moral (7) de ce qui a été accompli pendant ces dix années et l’on comparera le résultat à ce qu’il était possible de faire, à ce qu’il aurait fallu faire, puis l’on prendra une décision profonde(8) d’accomplir, d’ajouter, d’aller de l’avant et d’éclairer. Le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula protégera et conférera la réussite en tout cela. Et, l’on diffusera, dans la tranquillité, la joie, l’enthousiasme, la Torah, les Mitsvot de même que leur dimension profonde, les sources(9) jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur et que vienne le roi Machia’h. Alors s’accomplira la promesse selon laquelle : “ Tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le 10 Chevat 5720, le précédent Rabbi ayant quitté ce monde le 10 Chevat 5710. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les termes de celui dont nous célébrons la Hilloula, dans sa lettre (publiée dans ses Iguerot Kodech, tome 2, à la page 470) de 5690 (1930) : ‘Cette année est la dixième depuis que mon père et maître, le saint Rabbi (Rachab), dont le mérite nous protégera, est monté dans les trésors célestes, dans les contrées de ‘la vitalité de la vie’, le monde supérieur qui est à l’image du monde inférieur. Chacun, selon le niveau de sa sagesse, de ses connaissances et, plus encore, de son sentiment profond, perçoit l’aspect prépondérant du monde supérieur, par rapport au monde inférieur. Dans ce dernier, le chiffre dix est sacré et combien plus en est-il ainsi dans le monde supérieur, dont la sainteté procède de l’essence, au même titre que l’élévation. La sainteté du chiffre dix est donc immense, considérable, particulièrement haute’, selon le Kountrass n°8, paru à New York, en 5690 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ On verra le Zohar, tome 2, à la page 271a, le Be’hayé, au début de la Parchat Terouma, le discours ‘hassidique intitulé : ‘Les eaux nombreuses’ de 5636 (1876), à partir du chapitre 32 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Be’horot 58b ”. On verra, à ce sujet, la lettre n°7199. (5) L’âme divine et l’âme animale. Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les résumés et commentaires du Tanya, à la page 63 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois des opinions, début du chapitre 5 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Torah Or, à la page 37a, le Chaareï Ora, au discours intitulé : ‘Réjouis-toi et sois joyeuse’, chapitre 3 ”. (8) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le Kountrass Ha Avoda, au chapitre 6 ”. (9) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7187

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7187, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tévet :

A) En un moment propice, on mentionnera votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. C’est vous qui formulez cette demande et puisse donc Dieu faire que vous soyez également celui qui m’en donnera de bonnes nouvelles. Celles-ci porteront également sur un ajout à l’étude de la ‘Hassidout, au sein de l’ensemble de notre Torah, Torah de vie. Ceci raffermira l’invocation de l’immense miséricorde divine qui sera formulée par celui qui repose en ce saint tombeau et qui fit don de sa propre personne pour diffuser les sources(2) à l’extérieur.

B) Vous m’interrogez sur l’affirmation du Zohar, tome 2, à la page 134a, selon laquelle Vaéd, pour l’éternité, peut être lu, à l’issue d’une permutation de lettres, E’had, un(3). Différents textes, en particulier la longue analyse figurant dans le Kovets Loubavitch, fascicule n°11(4), expliquent tout cela. L’idée centrale est la suivante. Le Aleph et le Vav peuvent être remplacés par les lettres Aleph, Hé, Vav, Youd, le ‘Heth et le Aïn par les lettres Aleph, ‘Heth, Hé, Aïn, qui sont des gutturales.

Le grand Dalet, quant à lui, peut être remplacé par un Dalet normal. La signification de ces permutations est longuement commentée dans le Imreï Bina, porte du Chema Israël, de l’Admour Haémtsahi, de même que dans les ouvrages ultérieurs de la ‘Hassidout.

C) Vous constatez que, selon le Targoum Yonathan(5) sur le verset Chemot 14, 21, le nom des six Mères d’Israël était gravé sur le bâton(6) et vous faites remarquer que l’on parle d’ordinaire des quatre Mères d’Israël(7), Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa, car les termes ‘Patriarches’ et ‘Mères’ les désignent. On peut expliquer simplement que, sur ce bâton, étaient mentionnés non seulement les Patriarches, mais aussi toutes les tribus. De ce fait, furent également ajoutées les mères des fils de Yaakov.

Je vous joins une copie de la lettre(8) que j’ai adressée à tous à l’occasion de la Hilloula du 10 Chevat, qui approche. Puisse Dieu faire que vous me donniez également de bonnes nouvelles de son contenu. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav H.I. Vilner, de Tel Aviv. (2) De la ‘Hassidout. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°408. (4) Publiée dans les Iguerot Kodech du Rabbi, tome 2, lettre n°220. (5) Voir la longue explication figurant dans le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 304. (6) De Moché. (7) Sans compter Bilha et Zilpa. (8) Il s’agit de la lettre précédente.

Lettre n°7188

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7188, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Chevat, dans laquelle vous soulevez les points suivants :

A) Comment expliquer les fondements de l’enseignement de ‘Habad et ses caractéristiques au plus grand nombre ? Il est clair qu’il est difficile d’apporter les explications suffisantes dans le cadre épistolaire. En outre, point essentiel, il est même inutile de le faire, car de nombreux ‘Hassidim se trouvent en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Ceux-ci se consacrent à tout cela depuis de nombreuses années. Ils ont de l’expérience et ils connaissent, en particulier, les explications qui sont adaptées à la Terre Sainte, à ses habitants et à ses conditions. Or, disent nos Sages, “ nul n’est aussi sage que celui qui a de l’expérience ”. C’est donc avec ces ‘Hassidim que vous vous concerterez et il est dit que : “ le salut provient des nombreux conseillers ”.

B) Vous évoquez également la reconnaissance de votre ordination rabbinique par le rabbinat local. Il est clair qu’il faut rechercher la raison de ce retard. Pourquoi ne vous a-t-elle pas été accordée jusqu’à maintenant ? En fonction de cela, vous complèterez ce qui manque et vous vous efforcerez d’obtenir ce certificat.

C) En me basant sur le début de votre lettre, qui fait référence au groupe et au mouvement de la ‘Hassidout, j’ai bon espoir que vous avez un temps fixé pour l’étude de la ‘Hassidout, de même que ses pratiques et ses usages. En effet, il est dit de toute partie de notre sainte Torah, Torah de vie que son étude doit conduire à l’action, qui est essentielle. Or, il nous est demandé non seulement d’étudier, mais aussi de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. Sans doute intensifiez-vous donc votre étude et, en conséquence, votre application concrète. Quelle que soit la situation, dans le domaine de la sainteté, il reste toujours possible de l’améliorer, dès lors que l’on s’attache au Saint béni soit-Il, Qui est infini. Vous avez sûrement connaissance des trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins le ferez-vous à l’avenir. Nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et dont la Hilloula est le 10 Chevat qui approche, que celles-ci concernent chacun et qu’elles sont propices en différents domaines. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°7189

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7189, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche 9 Chevat, dans laquelle vous évoquez le fait de traiter, en public, de la Kabbala. On vous a dit que les ‘Hassidim Loubavitch le font. De nos jours, le concept de Kabbala est devenu beaucoup trop large. Bien entendu, nul peut être garant de ce que l’autre entend désigner sous ce vocable. Concrètement, les hommes de Loubavitch et de ‘Habad diffusent l’enseignement profond de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, dont différents textes expliquent des notions de Kabbala. Il y a bien là un effort fondamental, de la part des hommes de ‘Habad, comme nous le demandent nos maîtres, qui firent don de leur personne afin de diffuser l’enseignement de la ‘Hassidout ‘Habad, qui est celui du Baal Chem Tov.

Différents récits montrent la profonde abnégation dont ils témoignèrent et ce qu’ils attendaient de leurs disciples. Ils exprimèrent leur profond espoir que viendrait un jour, lumineux et clair, à partir duquel cet enseignement deviendrait l’héritage de tout Israël, sans aucune exception. Or, un héritage, en matière de Torah, est une étude qui est pleinement assimilée et, comme c’est le cas pour tous les passages la constituant, qui conduit à l’action. Selon la formulation de votre lettre, je suis surpris que vous n’ayez pas connaissance de cette action. Quand vous la connaîtrez parfaitement et profondément, j’ai bon espoir que vous y apporterez votre contribution, que vous deviendrez l’un de ceux qui se consacrent à diffuser les sources de la ‘Hassidout, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur. Vous profiterez également, dans ce but, de votre influence, en tout endroit où elle s’exerce. Que Dieu vous accorde la réussite. Avec mes respects et ma bénédiction,

Lettre n°7190

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7190, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 4 Chevat, avec ce qui y était joint. Vous m’interrogez sur la rumeur selon laquelle j’aurais adressé une circulaire(1) à toutes les institutions et à tous les ‘Hassidim ‘Habad, sur la manière d’écrire la date de cette année, Tav, Chin, ‘Haf, 5720, avec un ‘Haf recourbé(2) et non pas long(3). Et, que personne n’ose…(4). Cette formulation n’est pas exacte. En fait, l’une des institutions ‘Habad m’a interrogé, en la matière, à la fin de l’année dernière. J’ai donné mon avis, selon lequel on doit écrire un ‘Haf recourbé, mais, pour différentes raisons, je n’ai pas écrit : “ que personne n’ose… ”. Tout d’abord, je n’accepte pas de faire de toute chose l’instruction la plus sévère. En la matière, nous pouvons nous suffire de ce qui a, d’ores et déjà, été énoncé, mais, pour l’heure, n’a pas encore été adopté par tous les milieux du peuple juif.

La raison pour laquelle j’ai écrit cela est essentiellement la suivante. Le même doute existe pour numéroter les paragraphes et les chapitres de nos livres sacrés, de même que pour leur pagination. Il existe, à ce propos, une coutume juive, en vigueur depuis plusieurs centaines d’années. Il est particulièrement judicieux d’en tenir compte et de s’y conformer, surtout si l’on se rappelle qu’auparavant, la publication de tels ouvrages était qualifiée de mission sacrée. Elle était assumée avec un grand scrupule, jusque dans le moindre détail. De fait, de nombreux imprimeurs étaient dignes de confiance et versés dans l’étude, en différents endroits où se trouvaient des Juifs. Or, il est bien évident, et tous l’admettent, que les paragraphes du Tour et du Choul’han Arou’h sont numérotés avec un Kaf recourbé.

Bien entendu, aucune preuve ne peut être tirée du fait que certains textes portent un Kaf long. Ceci s’applique, en fait, au groupe de lettres Mêm, Noun, Tsaddik, Pé, Kaf. De même, on écrit(5) tantôt Reïch, Noun(6), Teth, tantôt Tav, Reïch, Noun(7). Et, l’on peut citer des centaines, des milliers d’exemples, de manière concrète, dans les livres de nos frères, les enfants d’Israël Sefardim et dans leurs lettres. Une autre raison explique ma position, même si, à mon sens, celle qui a été énoncée au préalable est, à elle seule, déterminante. En effet, les livres développant le sens allusif et le sens ésotérique disent que les lettres Mêm, Noun, Tsaddik, Pé, Kaf, correspondent à des nombres, le Kaf long, le Tav Kouf(8). Dès lors, pourquoi instaurer une manière d’écrire qui contredit ces nombres, même s’il n’en est ainsi que d’après le sens allusif ? A ce propos, vous évoquez, dans la circulaire qui est jointe à votre lettre, l’accent tonique des lettres longues. Or, votre lettre a été reçue à la veille du Chabbat Bo, dont la Haftara se conclut par un Kaf long et portant un accent tonique.

Je conclus encore une fois comme j’avait introduit la présente. Malgré tout cela, je n’apprécie pas une telle manière de formuler, concernant un point aussi fondamental et essentiel, même si cela ne correspond pas à la manière de numéroter les paragraphes du Choul’han Arou’h, pourvu que l’on mette en pratique le contenu de ces paragraphes. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°6918. Voir aussi, à ce propos, les lettres n°7199, 7254 et 7282. (2) Celui du début ou du milieu d’un mot. (3) Celui de la fin d’un mot. (4) En faire autrement. (5) Pour désigner l’année 5650 (1890) (6) Qui est alors un Noun recourbé. (7) Qui est alors un Noun long. (8) Qui correspond à cinq cents.

Lettre n°7191

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7191, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Chevat 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi :

Je dois vous dire que j’étais dans le doute, me demandant si je devais vous répondre ou non. En effet, la raison pour laquelle vous me posez ces questions n’est pas claire(1). Néanmoins, j’accorde à un Juif une présomption de vertu, comme le demande la Michna et j’ai bon espoir qu’il s’agit uniquement pour vous d’établir la vérité. Bien plus, on connaît la relation qui existait, déjà en Europe, entre la Yechiva de Telz(2) et Loubavitch, les ‘Hassidim ‘Habad, la ‘Hassidout. A l’époque, des groupes d’étudiants de cette Yechiva apprenaient le Tanya. Sans doute le savez-vous vous-même, avec encore plus de détails. Je reprendrai donc vos questions dans l’ordre :

A) Question : On a coutume de se souhaiter, le 19 Kislev(3), une bonne année, dans l’étude de la ‘Hassidout et dans les voies ‘hassidiques. Vous citez, à ce propos, l’affirmation de nos Sages selon laquelle, un homme est inscrit et scellé, à Roch Hachana, pour tous les événements qui lui surviendront pendant l’année(4).

Réponse : Je préciserai, tout d’abord, qu’il en est ainsi depuis de nombreuses années. Ceci a été imprimé et diffusé, aux Etats-Unis, dès 5703(5) ou même encore avant cela, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Je ne comprends pas votre remarque, relative à Roch Hachana. Tout d’abord, vous rappelez vous-même que “ l’homme est jugé chaque jour ”. Or, il est clair que ceci ne contredit pas ce qui a été inscrit, à Roch Hachana, comme l’établissent différents textes. Et, vous consulterez également le Séfer Assara Maamarot de Rabbi Mena’hem Azarya de Fano, discours sur l’établissement de la loi, seconde partie, premier chapitre, de même que les autres références citées par l’Admour Hazaken dans son ouvrage, le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kora’h. Celui-ci expose, en outre, son propre commentaire, en la matière. On verra aussi les commentaires de la Michna, au début du traité Roch Hachana, chapitre 1, Michna 2, qui dit : “ Le monde est jugé à quatre occasions ”(6), Roch Hachana n’étant que l’une d’entre elles. Plusieurs explications données à ce propos s’appliquent aussi à ce qui fait l’objet de notre propos.

B) D’après ce qui vient d’être dit, vous me demandez également pourquoi l’on n’en fait pas de même pour la fête de Chavouot, puisque la Torah fut alors donnée dans sa globalité.

Réponse : Cela est évident également. En effet, le Saint béni soit-Il Lui-même ne fixa pas une fête pour le don de la Torah et Chavouot survient tantôt le 5 Sivan, tantôt le 6 et tantôt le 7. C’est uniquement quand le calendrier est établi à l’avance, sur la base du calcul(7), que Chavouot est également le jour du don de la Torah. Vous consulterez, à ce propos, les responsa du Ribach, au chapitre 96, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 494. Plusieurs raisons sont invoquées, à ce sujet et, pour la plupart, elles sont précisément liées au don de la Torah dans sa globalité. Vous verrez le Torah Cheléma du Rav M.Kocher, dans les additifs de la Parchat Yethro, fascicule sur le temps du don de notre Torah, établissant un recueil de plusieurs ouvrages, à ce sujet. En outre, on peut ajouter, à ce sujet, que les premières Tables de la Loi n’ont pas été conservées, que les secondes furent données à Yom Kippour, jour saint et redoutable, au cours duquel on est inscrit dans les trois livres(8). Comme le dit la Michna : “ Le jour de Son mariage : c’est le don de la Torah ”.

C) Le 19 Kislev est défini comme “ la fête des fêtes ”(9). Vous en déduisez que ce jour est plus important que Chavouot et vous manifestez votre étonnement, à propos de cette conclusion.

Réponse : Cette expression, elle-même empruntée aux Tikouneï Zohar, est en usage depuis de nombreuses années, des décennies. Elle a été diffusée, y compris aux Etats-Unis, durant l’année ci-dessus(5). On peut répondre à votre question en précisant qu’il s’agit bien de la fête des fêtes, c’est-à-dire, non pas d’une fête supplémentaire, selon votre interprétation, mais, bien au contraire, de ce qu’indiquent les Tikouneï Zohar, en la matière, au Tikoun 21, page 58b : “ une fête pour toutes les occasions et pour toutes les fêtes, une fête pour les trois fêtes de pèlerinage ”. Le Gaon de Vilna explique, à ce sujet, que le point central(10) se révèle chaque Chabbat et chaque fête, devenant ainsi l’aspect commun à toutes ces fêtes. Vous consulterez, à ce propos, le Séfer Béer La’haï Roï. On peut l’expliquer également en fonction de la partie révélée de la Torah. En effet, les fêtes se caractérisent par la joie, selon le traité ‘Haguiga 10b. La joie réunit les hommes et Dieu. Or, nos Sages stipulent que : “ il n’est de joie qu’avec de la viande ”, précisément celle du sacrifice de ‘Haguiga(11). De ce fait, à notre époque, on peut seulement dire que : “ il n’est de joie qu’avec du vin ”. Et, vous verrez l’analyse que fait l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, dans son Choul’han Arou’h, au chapitre 529, paragraphe 7.

Il y a là un point fondamental de l’enseignement de la ‘Hassidout, comme le soulignent différents textes du Baal Chem Tov et de ses disciples, de l’Admour Hazaken et de ses disciples, ainsi qu’il est dit : “ Servez Dieu dans la joie ”. Et, voici un autre principe. Le service de Dieu doit faire intervenir le corps, exclure le jeûne et les mortifications, selon l’interprétation bien connue du verset : “ Quand tu verras l’âne de ton ennemi ”, lequel fait allusion à la matière du corps, “ tu lui viendras en aide ”. C’est de cette façon qu’il faut agir, sans repousser ce corps et sans avoir recours aux mortifications. Le 19 Kislev est la date à laquelle l’Admour Hazaken fut libéré ici-bas, parce que l’autorisation avait été donnée, là-haut, de diffuser la ‘Hassidout et ses enseignements. Or, “ un homme ne fait pas un geste du doigt…(12) ”, ce qui veut bien dire que l’accord a été donné, là-haut, de diffuser une telle conception. C’est bien là l’idée commune à toutes les fêtes.

D) Il est dit, dans votre note, que le Gaon, Rav ‘Haïm de Brisk et le Gaon, Rav ‘Haïm Ozer de Vilna considérèrent tout cela(13) avec un grand respect. Vous avancez que cela est incompréhensible et vous me demandez quelle est l’origine de cette rumeur. La manière dont ils observaient le 19 Kislev et ce qui le concerne, y compris en tant que Roch Hachana des ‘Hassidim pour l’enseignement de la ‘Hassidout, a été rendue publique par mon beau-père, le Rabbi, qui a fait reproduire l’une de ses notes de 5662(14), lorsque fut publiée une lettre de son père(15) à propos du 19 Kislev, laquelle parvint jusqu’à Vilna. Celle-ci fut imprimée, à sa demande(16), en 5703(17), dans l’introduction du Kountrass Ou Mayan(18). Vous savez sûrement qu’à l’époque, tous les trois(19) se rencontraient fréquemment et qu’ils entretenaient des rapports amicaux, pas nécessairement pour gérer les problèmes communautaires. Il est dommage que les détails de tout cela n’aient pas été diffusés de la manière qui convient. Il est sûr et certain que de nombreuses insertions, objections, interrogations et divergences d’opinions auraient été évitées, même si toutes n’ont pas une origine sacrée(20). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Puisse Dieu faire que s’accomplisse très prochainement la promesse selon laquelle : “ les érudits de la Torah multiplient la paix dans le monde ” et, combien plus, dans leur propre monde, celui de la Torah et la décision hala’hique qui conclut la Loi orale : “ Le Saint béni soit-Il n’a pas trouvé d’autre réceptacle contenant la bénédiction pour Israël que la paix ”. Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : Si ce qui vient d’être dit soulève des remarques de votre part, je serai, bien entendu, satisfait de les recevoir. Il a déjà été précisé qu’au final, la paix règne entre les érudits.

Notes

(1) Sont-elles posées avec bonne foi ou non ? (2) Dont le destinataire de cette lettre est, vraisemblablement, l’un des Rabbanim. (3) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes et Roch Hachana de la ‘Hassidout. (4) Dès lors, que peut ajouter de plus le 19 Kislev ? (5) 1943. (6) Et, donc pas uniquement à Roch Hachana. (7) Comme c’est le cas actuellement, pendant la période de l’exil. (8) Le livre des Justes parfaits, celui des impies avérés et celui des hommes moyens. (9) Voir, à ce sujet, la lettre n°3202. (10) A toutes les fêtes à la fois. (11) Offert pendant les fêtes. (12) Si celui-ci n’est pas suggéré d’en haut. (13) Le 19 Kislev, la ‘Hassidout et ses usages. (14) 1902. (15) Le Rabbi Rachab. (16) Celle du précédent Rabbi. (17) 1943. (18) Du Rabbi Rachab. (19) Le Rav de Brisk, le Rav de Vilna et le Rabbi Rachab. (20) Et, n’ont d’autre but que d’attaquer.

Lettre n°7192

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7192, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yehouda Zera’hya Morde’haï Leïb ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 5 Chevat, dans laquelle vous me décrivez brièvement la réunion ‘hassidique du jour lumineux et favorable, le 19 Kislev. Puisse Dieu faire que sa trace soit ressentie tout au long de l’année, y compris dans le point central et la mission de tous ceux qui exercent une influence en Israël, en cette génération, la diffusion des sources(2) à l’extérieur. Pour reprendre la formulation de votre lettre, la lumière aurait effectivement pu être plus intense et plus lumineuse, mais le levain qui se trouve dans la pâte(3) l’en empêche. Il y a, certes, en cela un peu de vrai, mais sûrement pas toute la vérité. Je veux dire que l’obstacle émane essentiellement des réceptacles, c’est-à-dire des actions de l’homme qui devraient diffuser la Torah et ce qui la concerne en tout endroit où s’exerce son influence. Mais, “ les paroles de la Torah ne contractent pas…(4) ”.

Mais, il y a, en tout état de cause, un peu de vrai dans ce que vous dites, car des actions accomplies de la manière qui convient et même de la meilleure façon possible permettent effectivement d’ajouter de la lumière. Comme le dit le Zohar, faisant référence à la Torah, il faut multiplier les actions en son sens et nos Sages disent aussi que “ Israël insuffle de la force dans le Sanctuaire céleste, ainsi qu’il est dit : ‘Tu auras soif de l’action de tes mains’ ”. Il est précisé que : “ il n’est d’eau que la Torah ” et, pour cela, il est donc nécessaire de disposer précisément d’une source d’eaux vives. Or, il en est de même pour la Torah, car “ il n’est de lumière que la Torah ”. Puisse donc Dieu faire que l’on dispose du luminaire de la Torah, de sa source qui, à notre époque, a été révélée par l’enseignement de la ‘Hassidout. A ce propos, vous consulterez le Korban Ha Eda sur le Yerouchalmi, traité ‘Haguiga, chapitre 1, au paragraphe 7. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.Z. M. L. H. Segal, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6631. (2) De la ‘Hassidout. (3) L’orgueil. (4) L’impureté.

Lettre n°7193

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7193, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Chevat 5720,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Yossef,

qui est appelé docteur Goldschmidt(1),

directeur du département pour l’éducation

religieuse, auprès du ministère de l’éducation,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue(2), j’ai bien reçu votre lettre du 17 Tévet, dont l’acheminement a été retardé, au-delà de l’accoutumée et qui ne m’est parvenue que dernièrement. Bien entendu, vous avez raison de dire que le métier d’enseignant requiert une formation initiale, puis complémentaire. Croyez-le bien, je déplore tout autant que vous que cette formation complémentaire ne soit pas plus répandue et plus large. En effet, il reste toujours possible de se perfectionner, surtout quand il s’agit d’éducation, laquelle a une incidence sur toute la vie de l’élève. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. De même, il est évident que les hommes de ‘Habad en Terre Sainte, de façon générale, ceux qui se consacrent à l’éducation, en particulier et les enseignants, avant tout, doivent avoir la meilleure formation, comme vous le soulignez. Ils en ont conscience et s’en désolent, tout autant que moi et peut-être même plus. En effet, ils sont en contact quotidien avec leurs élèves. De ce fait, nous seulement ils sont pleinement disposés à se perfectionner, dans toute la mesure du possible, mais, en outre, ceci renforce l’espoir qui les anime de connaître la réussite, en la matière.

Je dois, encore une fois, réagir à un point figurant dans votre lettre qui, me semble-t-il, a été abordé au cours de notre entretien, lorsque vous étiez ici. C’est le suivant. A notre époque qui se caractérise par ses multiples revirements et sa différenciation des valeurs, on ne peut, bien sûr, renoncer à un minimum d’exigence envers l’enseignant et l’éducateur. Mais, au-delà de ce minimum, il est important que ce professeur ait une vision du monde large, de l’abnégation et un sentiment de sacrifice envers toutes les valeurs sacrées de notre peuple, ayant une incidence sur son mode de vie. C’est à cette condition qu’il sera capable de forger une attitude forte, chez son élève, bénéficiant de l’éducation qu’il lui dispense, afin que celui-ci ne soit pas troublé quand il sera confronté à des mutations et des évolutions, dans la rue et parfois même à la maison. Nos Sages appellent tout cela : “ les souffrances de la fronde(3) ”. Parfois, cette modification va même d’une extrême à l’autre, de sorte que l’élève, recevant cette éducation, peut être confronté à des événements se modifiant de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Encore maintenant, j’ai bon espoir, me fondant sur notre rencontre et sur ce que je lis dans votre lettre, au moins entre les lignes, que votre sympathie pour l’éducation ‘Habad ne s’est pas affaiblie, bien au contraire, qu’il en est de même pour l’aide et les subventions que l’on peut attendre de votre part. Celles-ci seront fortes, à tous les sens du terme. Il en résulte qu’un enseignant doit être considéré non pas uniquement dans sa situation actuelle, mais aussi en ce qu’il sera après par la suite, avoir consenti l’effort nécessaire pour se perfectionner, en se vouant pleinement à la sainte mission qui lui est confiée, celle de l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Je souligne encore une fois que mon but n’est pas de dispenser quiconque de l’effort nécessaire pour se perfectionner et pour parfaire sa formation, mais bien de clarifier la situation et, comme je l’ai dit, de vous transmettre encore une fois ma position, par écrit. Comme le souligne la Michna, la sagesse se perpétue uniquement chez celui qui fait passer sa crainte de Dieu avant elle. Un bilan moral permettra de vérifier qu’il en est bien ainsi, en particulier dans les écoles élémentaires.

Vous évoquez les écoles secondaires ou l’éducation secondaire, dans le cadre des écoles ‘Habad. Je ne pense pas qu’il soit possible d’y insérer des écoles secondaires intégrales(4), pour différentes raisons. A ce sujet, je pense qu’il est de mon devoir de vous préciser plus clairement ma pensée, qui est la suivante. A mon sens, il n’y a pas lieu d’introduire le programme d’une école secondaire dans le cadre d’une Yechiva, qui doit être entièrement consacrée à Dieu, à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot, au point que, si quelques élèves ou groupes d’élèves se doivent de suivre le programme d’une école secondaire pour une quelconque raison, il leur incombe de le faire à l’extérieur de l’enceinte de la Yechiva. Mais, de fait, chez ‘Habad, cette question ne se pose pas, au moins à l’heure actuelle, pour différentes raisons. Les confusions et la perte des valeurs, auxquelles nous ne pouvons remédier, sont suffisantes et il n’y a donc pas lieu d’ajouter un autre domaine de trouble et de désordre qui, par nature, ne se présentent pas simultanément, dont la conjonction n’a nullement un effet souhaitable. Font exception à cette règle les écoles professionnelles, par exemple l’école d’imprimerie et de technique qui se trouve à Kfar ‘Habad. Ceci ne concerne pas la Yechiva. Nous sommes au lendemain du nouvel an des arbres(5) et le verset dit : “ Car l’homme est tel l’arbre du champ ”. Je me suis donc rappelé des vœux que je vous ai adressés à l’occasion de la nouvelle année(6). J’espère que vous les avez reçus en leur temps et, avant tout, qu’ils s’accompliront pleinement. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à son sujet, les lettres n°6506 et 7402. En fonction de ce qui est dit ici, il semble que la date exact de la lettre n°6506 soit la veille de Roch Hachana 5720, c’est-à-dire le 29 Elloul 5719. Dans cette lettre, le Rabbi parle de “ ma lettre adressée à tous ”, qui doit donc être la lettre n°7014. (2) En l’occurrence, près de quatre mois. (3) Par référence à la “ fronde ” dans laquelle une âme est placée, quand elle quitte ce monde. Elle est ensuite projetée d’une extrémité de la terre à l’autre, afin d’être purifiée des fautes commises ici-bas. (4) Respectant l’intégralité du programme officiel. (5) Tou Bi Chevat, le 15 Chevat. (6) Pour Roch Hachana.

Lettre n°7194

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7194, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu votre lettre du 11 Chevat, lendemain de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui des personnes que vous citez près du saint tombeau de celui dont nous célébrons la Hilloula. C’est vous qui m’avez transmis cette requête et puisse donc Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de chacun d’entre eux. Vous m’interrogez également sur l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ dès que commence Adar, on multiplie sa joie ”, car “ son Mazal est fort ”. Dès lors, comment est-il possible que Moché notre maître, berger d’Israël soit mort en ce mois(2) ? La réponse à cette question figure dans le Talmud, au traité Meguila 13b. Il est dit, en effet, que ce mois pouvait être envisagé de deux manières diamétralement opposées(3), comme le précisent nos Sages, à cette référence : “ Lorsque le sort désigna le mois d’Adar…(4) ”. Mais, comme le précise la conclusion, “ il ne savait pas…(5) ”. Ceci fut décisif et permit de déduire comment devait être considéré l’ensemble de ce mois, de la totalité duquel il est dit : “ Il fut transformé ”.

B) Vous m’interrogez également sur la contradiction apparente entre l’affirmation de nos Sages sur le décès des Justes, qui “ est difficile comme…(6) ” et le fait que ce jour soit appelé Hilloula(7). Les derniers Sages ont beaucoup élaboré sur ce sujet et ils ont énoncé plusieurs explications, que vous consulterez. Celles-ci sont compilées par le Sdeï ‘Hémed, recueil de lois, article ‘Erets Israël’, au paragraphe 6 et dans le ‘coin du champ’, à la même référence, de même que par le Séfer Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, du Rav Margolis. Vous consulterez également, en particulier, le Likouteï Ha Chass du Ari Zal sur le traité Bera’hot 6b, le commentaire de Rachi sur le verset Yebamot 122an, selon lequel ce terme désigne une fête. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav A.Halwa, de Brooklyn. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6747. (3) Comme très favorable ou très néfaste. (4) Haman, dans un premier temps, s’en réjouit, pensant que ce mois était funeste, puisque Moché mourut à cette date. (5) Que Moché naquit également en Adar. (6) Le jour de l’incendie de la maison de notre Dieu. (7) Terme qui, textuellement, signifie : “ mariage ”.

Lettre n°7195

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7195, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Chevat 5720,

Brooklyn,

A monsieur Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

Avec un peu de retard, les jeunes gens, ‘Hassidim qui craignent Dieu, ayant visité votre ville, m’ont transmis le contenu de votre discussion. Ils m’ont dit que vous exercez une influence sur votre ville. Ils m’ont également transmis la question que vous leur avez posée portant sur l’affirmation de nos Sages, au traité Yoma 20b, selon laquelle : “ Trois voix se répandent d’une extrémité du monde à l’autre…(2). D’autres incluent également celle de Ridya(3) ”. Certains disent que, par ces termes, la Guemara fait allusion aux ondes radiophoniques, ce qui soulève des interrogations de votre part. Concrètement, il est absolument impossible d’admettre que la Guemara fait ici allusion aux ondes radiophoniques. En effet, on les appelle “ radio ” uniquement par une convention, décidée par ceux qui les ont découvertes, au cours de la génération précédant la nôtre, il y a une cinquantaine d’années. Rien n’obligeait à ce qu’il en soit ainsi et un tel phénomène n’est nullement naturel. Les rayons de lumière auraient pu s’appeler autrement et, de fait, pendant de nombreuses années, elles ont porté le nom de Hertz. Votre question ne se pose donc pas et l’on ne peut nullement dire de ces ondes qu’elles sont ce que nos Sages appellent : “ Ridya ”. En outre, vous consulterez, à ce propos, le Arou’h Ha Chalem, à cet article.

Tout est effet de la divine Providence et, en l’occurrence, également le fait que nous soyons entrés en relation. A cette occasion, j’ai le devoir et peut-être même le mérite d’attirer votre attention, tout en vous demandant de m’excuser pour ces mots, sur ce qui va être dit. Chaque créature, en particulier un homme, élu d’entre elles toutes, se doit de faire usage de toutes les capacités qui lui ont été accordées pour multiplier le bien, la droiture et la justice dans le monde. Comme l’expérience en fait la preuve, c’est uniquement en pareil cas qu’on peut être certain de les posséder d’une manière durable ou, plus important encore, qu’on ne qualifiera l’impie de juste et le mal de bien. Il peut en être ainsi seulement si les valeurs sont basées sur la foi en le Dieu de vie, Qui dirige le monde d’une façon effective, qui accorde Sa Providence au moindre détail. Si l’on fait abstraction de tout cela, comme on a pu l’observer, précisément en notre génération, le peuple ayant la culture la plus développée, accumulant les recherches scientifiques, les théories philosophiques et, bien plus, les conceptions morales, a fait usage de toutes ces qualités pour devenir le meurtrier le plus effroyable, de la manière la plus évidente, y compris par comparaison aux bêtes sauvages. En entendant tout ce qui a été perpétré par les Allemands, nous aurions du mal à croire que cela s’est réellement passé, si nous n’en avions pas été nous-mêmes les témoins. Et, tout cela fut fait au nom de la justice et en conformité avec la morale. Bien plus, nombre d’entre eux avaient foi en cet homme(4), mais cela ne les empêcha pas de prendre une part active aux actions précédemment rappelées. Je suis certain qu’à quelqu’un comme vous, il n’est pas nécessaire d’en dire plus.

La conséquence d’une telle réflexion est, comme je l’ai précisé au préalable, la nécessité d’avoir foi en le Dieu de vie, non pas une foi abstraite, selon laquelle Il se trouverait dans le septième ciel, sans s’intéresser à ce qui se passe dans ce monde inférieur ou bien ne lui accordant Sa Providence que d’une manière globale, sans prendre en compte les détails. Une telle conception peut conduire aux atrocités dont on a parlé et l’on a pu vérifier qu’il en a bien été ainsi, dans la pratique, car “ le penchant du cœur de l’homme est mauvais, depuis son jeune âge ”. Nous n’avons pas d’autre abri, d’autre protection, pour avancer fermement sur la voie du bien et de la droiture, que notre foi pure. Il faut aussi se renforcer en le Précepte : “ Je suis l’Eternel ton Dieu, Qui t’ai fait sortir du pays de l’Egypte ”. Ceci conduit à une conclusion certaine, “ Tu n’auras pas d’autres dieux ”, qui qu’ils soient. Cette foi conduit à mettre en pratique les Mitsvot, d’une manière concrète, jusque dans l’existence quotidienne, comme il est dit : “ Souviens-toi du jour du Chabbat ”. Alors, et alors seulement, on peut avoir la certitude que l’on mettra également en pratique les Préceptes : “ Tu ne tueras pas ”, “ Tu ne convoiteras pas ”. D’après ce que m’ont dit les jeunes gens, il vous a été accordé d’exercer votre influence sur un cercle particulièrement large. Puisse Dieu faire que vous vous en serviez de la manière qui vient d’être définie. Le mérite de ce qui est public vous viendra en aide. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) M. A. Halpern, de New Brunswick. (2) “ Il s’agit du son de la planète soleil, du son de la foule de Rome et du son de l’âme quand elle quitte le corps. Certains incluent également celui de la naissance. D’autres incluent, en outre, celui de Ridya ” (3) Rachi explique, à ce propos : “ Il s’agit d’un ange chargé d’irriguer la terre par la pluie du ciel et de l’abîme, que l’on compare à un veau. C’est pour cela qu’elle est appelée Ridya, terme qui évoque le bœuf qui laboure ”. (4) Qui fut à l’origine de la religion chrétienne.

Lettre n°7196

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7196, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Chevat 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission sacrée, le Rav Chimeon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 3 Chevat, avec les deux demandes de bénédictions qui lui étaient jointes. En un moment propice, celles-ci seront lues près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera. Puisse Dieu faire que vous-même et votre épouse, vous consacriez, avec abnégation et dévouement, aux actions menées par mon beau-père, le Rabbi, puisque c’est auprès de son saint tombeau que vos noms seront mentionnés, pour tout ce qui concerne votre école avec tout ce que cela implique.

Ceci sera également pour votre bien, puisque vos actions sont le canal et les réceptacles permettant de recevoir les bénédictions de Dieu, par le fait que celui qui repose dans ce saint tombeau suscite l’immense miséricorde de Dieu d’une manière accrue. A quelqu’un comme vous, il est certain qu’il est inutile d’en dire plus. J’ajouterai uniquement que rien ne résiste à la volonté, pour peu qu’on le veuille réellement. Je suis surpris que vous ne disiez rien du jour propice de la Hilloula(2). J’espère que vous y avez pris part(3), de même qu’aux actions menées dans ce cadre. Puisse Dieu faire que la trace de cette réunion ‘hassidique soit conservée tout au long de l’année. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Elitouv, de Kiryat Gat. Voir, à son sujet, la lettre n°6522. (2) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (3) Aux célébrations organisées à cette occasion.

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