Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°7156
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7156, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre de la quatrième lumière(1), dans laquelle vous me décrivez votre situation, pour ce qui concerne vos études et vos examens. Vous envisagez différentes possibilités pour l’avenir. Comme je l’ai écrit dernièrement et il me semble que nous en avons également parlé lorsque vous étiez ici, on a le devoir, après avoir investi tant de forces, de temps et d’énergie en un certain accomplissement, quel qu’il soit, de faire tout ce qui est possible pour en tirer profit de la meilleure façon possible. Bien plus, d’après ce que je comprends de votre lettre, cet accomplissement, en l’occurrence, est pratiquement déjà acquis. Il est donc bien évident qu’il faut s’efforcer de le conduire à son terme, d’en achever ce qui reste afin que tout ce qui a précédé ne soit pas inutile. Bien entendu, il est difficile de déterminer des critères, en la matière, car ceux-ci sont multiples, les examens, les aptitudes. En outre, même si une réalisation intégrale est impossible, on peut, néanmoins, dire que 90% sont préférables à 80% et ces derniers à 70%. En fonction de vos capacités, de l’évaluation de vos forces et de la situation ambiante, il faut opter pour le meilleur résultat possible, après une longue année d’effort.
Vous vous trouvez en cet endroit depuis plusieurs années déjà. Vous êtes en relation avec des professeurs qui vous connaissent, tout au long de ces années. En outre, votre épouse vous accompagne et, selon l’expression de nos Sages, “ l’épouse d’un homme est comme son propre corps ”. En prenant conseil auprès d’eux(2), on peut mettre en pratique les termes du verset : “ Le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”. De la sorte, vous prendrez la décision qui sera la meilleure, de tout point de vue et vous la mettrez en pratique. En un moment propice, on mentionnera votre nom et celui des membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Je saisis cette opportunité pour vous rappeler l’usage qui consiste à lire des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, chaque matin, après la prière. Durant les jours de semaine, en outre, vous donnerez, avant la prière, quelques pièces à la Tsédaka. Quant, à votre épouse, elle adoptera l’usage positif des femmes juives, consistant à donner de la Tsédaka chaque fois que l’on allume les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. C’est là un canal et un réceptacle pour obtenir de Dieu une bénédiction accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) De ‘Hanouka. (2) Des professeurs et de l’épouse.
Lettre n°7157
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7157, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la troisième lumière(1), dans laquelle vous me décrivez brièvement vos accomplissements et, plus généralement, votre participation aux actions des jeunes de l’association ‘Habad et de l’union des élèves de la Yechiva. Puisse Dieu faire que vous les multipliez largement, car c’est bien là la nécessité, l’exigence du moment et c’est à ce propos qu’il a été dit : “ Si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. Bien plus, le mérite de ce qui est public vous vient en aide, d’autant que nous sommes dans le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, une année propice pour diffuser les sources, c’est-à-dire l’enseignement de la ‘Hassidout.
Vous me dites, à la fin de votre lettre, que tout cette activité n’a aucun effet sur vos préoccupations personnelles(2). Or, l’Admour Hazaken explique qu’en accomplissant tout cela, “ on obtient un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. Il est donc clair qu’il en est bien ainsi, de manière concrète. Néanmoins, il emploie l’expression : “ plus affinés ”, ce qui veut bien dire qu’une certaine action reste encore nécessaire pour obtenir cet affinement du cerveau et du cœur. Dès lors, l’action réalisée devient mille fois plus fructueuse. Il est certain qu’il en sera ainsi pour vous, que vous ne vous affecterez pas devant les avances du mauvais penchant, souhaitant vous décourager, ce qu’à Dieu ne plaise. Différents textes de la ‘Hassidout décrivent une telle situation et énoncent les moyens d’y remédier, en particulier le saint Tanya, comme le montre l’index des thèmes qui figure à sa fin. Avec ma bénédiction afin d’être en mesure de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) De ‘Hanouka. (2) Qui ne reçoivent pas la bénédiction, malgré ce qui est accompli.
Lettre n°7158
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7158, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[15 Tévet 5720]
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée et qui m’est parvenue après une longue interruption. Vous m’y décrivez de quelle manière vous gagnez votre vie, à l’heure actuelle.
De façon générale, mon avis est bien connu. Il est bon de s’installer en faisant le choix d’une manière de gagner sa vie qui n’impose pas une implication profonde. Ceci peut être clairement déduit de textes de ‘Hassidout selon lesquels : “ on gagne sa vie sans le prendre à cœur ”. Il serait donc bon de réfléchir et, peu à peu, de changer votre manière de gagner votre vie, en adoptant celle qui vous libèrera de ce soucis. J’ai bon espoir qu’en méditant, en recherchant, vous parviendrez à la trouver, au final. Dieu fasse que cette recherche ne soit pas trop longue.
Lettre n°7159
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7159, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jeûne du dixième mois(1), qui sera transformé en allégresse et en joie et à celle qui l’a suivie. J’ai pris connaissance, avec intérêt, de votre programme d’étude. A n’en pas douter, vous ne vous contenterez pas de ce qui a été acquis jusqu’à maintenant. Vous tenterez de le développer de la façon qui convient et avec l’intérêt qu’il faut. De la sorte, on peut avoir bon espoir que vous connaîtrez la réussite en la matière, d’autant que le mérite de vos nombreux élèves et de tous ceux qui ont reçu votre influence vous vient en aide. Vous me parlez aussi de : “ Tu te répandras…(2) ” pour ce qui vous concerne personnellement. Bien entendu, le droit chemin et la voie la plus efficace sont, très simplement, de multiplier son étude de la Torah, pour soi-même et pour son entourage, d’accomplir les Mitsvot de la manière qui sied, de ne s’affecter en aucune manière, devant les stratagèmes du mauvais penchant, qui désire semer le trouble en la matière, en avançant des arguments divers et variés.
L’un de ces stratagèmes consiste à suggérer le découragement en constatant que l’on n’est pas parfait. En pareil cas, il n’y a qu’un pas à faire pour sombrer dans le désespoir, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien plus, dans une telle situation, le mauvais penchant prend, bien souvent, une apparence de crainte de Dieu, comme le précisent nos maîtres, selon ce qui est rapporté par le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan. Le critère, en l’occurrence, est très simple et il est précisé par ce texte. Si l’on observe que les arguments avancés ont pour effet de réduire l’ardeur à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot, on peut déterminer, avec une certitude absolue, qui en est l’auteur. Oubliez donc tout ce qui suscite la tristesse, comme le dit le saint Tanya. Consacrez-vous, avec joie et enthousiasme, à la diffusion du Judaïsme dans votre entourage. Ceci raffinera les réceptacles de votre âme, comme le précise l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, affirmant que l’on obtient ainsi un cerveau et un cœur mille fois plus affinés(3), en sorte que votre étude et vos actions soient elles-mêmes mille fois plus fructueuses. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Celui du 10 Tévet. (2) “ à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, la nécessité de diffuser en tout endroit les valeurs de la Torah et de la ‘Hassidout. (3) Voir la lettre n°7156.
Lettre n°7161
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7161, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur la date que vous devez retenir pour votre mariage. S’il est célébré en Chevat(1), il devra avoir lieu en sa première moitié, selon notre coutume. Si, pour une raison quelconque, il doit avoir lieu plus tard, il est préférable d’opter pour le mois d’Adar. En effet, l’ensemble de ce mois a été qualifié de : “ jours de joie et de fête ”(2). Puisse Dieu faire que votre décision soit réellement bonne en tout point. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
N. B. : Conformément à votre demande, je vous réponds en passant outre à la file d’attente.
Notes
(1) Conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel un mariage, dès lors qu’il est fixé, doit être célébré au plus vite. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Si des raisons importantes conduisent à choisir la seconde moitié du mois de Chevat, vous réunirez trois Rabbanim. Ils vous confirmeront que cette date est la bonne. Ce sera alors en un moment bon et fructueux ”.
Lettre n°7162
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7162, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tévet 5720,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim
à Lod, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre et à vos questions :
A) Je répète encore une fois ce qui est bien évident. Il est particulièrement douloureux de constater que, il y a déjà plusieurs mois, j’ai demandé(1) que l’on publie un recueil de commentaires rédigés par les élèves. Or, pour l’heure, rien n’a été fait.
B) De même, il est tout aussi évident que, si la Yechiva porte le nom de Tom’heï Temimim, il est nécessaire que l’on y étudie la ‘Hassidout et qu’on la comprenne réellement, comme l’explique longuement le Kountrass Ets ‘Haïm et conformément au souhait de nos maîtres, fondateurs de cette Yechiva, qui la dirigent. Nous nous écartons, en cela, de la conception des ‘Hassidim ‘Hagat(2). Il est bien clair que les élèves se trouvant dans une telle Yechiva pendant un an ou deux, ou même plus que cela, doivent comprendre quelques concepts de ‘Hassidout, au point d’être en mesure de transmettre ce qu’ils en ont perçu, oralement ou par écrit. Différentes références renvoient à des livres, des fascicules ou des discours ‘hassidiques qui sont disponibles. Après un ou deux ans d’étude, ils doivent pouvoir indiquer que tel concept est présenté dans tel ouvrage, qu’il est également traité dans tel autre livre, lequel, bien entendu, apporte une précision complémentaire. Or, on a édité un index des thèmes traités par le saint Tanya, par le Torah Or, par le Likouteï Torah et il est donc désormais possible de le faire sans difficulté particulière et même sans effort spécifique. De ce fait, on peut véritablement se demander pourquoi ce recueil n’a pas encore été édité. Vous précisez, en effet, que le retard en incombe essentiellement à la partie qui porte sur la ‘Hassidout.
C) L’étonnement est d’autant plus grand que, s’agissant des quelques élèves de Lod qui sont venus ici(3), on a pu constaté, dès leur arrivée, qu’ils étaient parfaitement capables de rédiger, avec tous les commentaires conformes à ce qui vient d’être dit. Or, il est clair qu’ils n’ont pas acquis cette capacité pendant leur voyage entre Lod et ici.
D) Peut-être certains mettent-ils en cause le soi-disant fait nouveau que constitue cette demande(4), car une telle pratique n’existait pas, il y a cent cinquante ans. Il faut leur apporter deux réponses :
1. Ceux qui ont vu le recueil Ha Tamim, publié à Varsovie par mon beau-père, le Rabbi, savent qu’une telle rubrique y existait effectivement.
2. Comme on le sait, le critère qu’il convient de retenir, en la matière(5), pour établir l’origine de tels arguments, est exposé dans le calendrier Hayom Yom, à la date du 23 Sivan. Il consiste à examiner ce qui en résulte concrètement. Or, on peut constater que les élèves qui se sont consacrés à cela en ont éprouvé un enthousiasme accru pour les domaines sur lesquels leur étude a porté. Bien plus, ils ont su motiver leurs amis en ce sens. Ainsi, cet usage a été connu par ceux qui, auparavant, n’en avaient pas entendu parler. De même, la nécessité de rédiger a exigé un examen plus attentif, une analyse plus profonde. Et, d’une affirmation on peut déduire une négation(6). Je veux dire que, si l’on dit aux élèves qu’il n’y a pas lieu de s’intéresser à rédiger de tels textes, qu’il ne faut pas rechercher des faits nouveaux et des explications profondes, on observera concrètement ce qui en résultera.
E) Certains s’interrogent et craignent que la rédaction de ces textes ne confère à leurs auteurs une forte conscience d’eux-mêmes(7). Cette réaction est difficile à comprendre car on peut en dire de même pour les explications de la partie révélée de la Torah. En outre, le même risque existe quand on exige des élèves qu’ils récitent des discours ‘hassidiques en public, qu’ils mènent une campagne pour l’étude de la ‘Hassidout, qu’ils en expliquent la nécessité selon leurs propres termes. Il est bien évident que, si l’on ne rédige pas ces textes et qu’on ne les publie pas, on réduit la diffusion des sources(8) à l’extérieur, qu’il s’agisse de l’extérieur qui est personnel à chacun, de l’extérieur se trouvant dans ses quatre coudées ou bien de l’extérieur au sens propre. Chacun d’entre nous est tenu de le faire, conformément à la sainte épître du Baal Chem Tov et, plus près de nous, à l’enseignement de nos maîtres. A n’en pas douter, la direction de la Yechiva a connaissance de tout cela. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
N. B. : J’ai bien reçu vos lettres des 11, 12 et 13 Tévet, avec ce qui y était joint, de même que les précédentes.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°6943 et 7123. (2) Qui privilégient l’émotion plutôt que l’intellect et ne mettent donc pas l’accent sur l’étude de textes ‘hassidiques. (3) Afin de poursuivre leurs études dans la Yechiva se trouvant auprès du Rabbi. (4) La rédaction de ces recueils. (5) Pour déterminer si cette publication est une bonne initiative ou non. (6) En l’occurrence, ceux qui n’ont pas participé à la rédaction de ce recueil n’ont pas eu cet examen plus attentif et cette analyse plus profonde. (7) Ceux-ci pourraient en concevoir de l’orgueil. (8) De la ‘Hassidout.
Lettre n°7163
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7163, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tévet 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre express, dans laquelle vous me faites part de votre état de santé. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisque vous m’avez vous-même transmis cette requête, puisse Dieu faire que vous m’annonciez également de bonnes nouvelles, en la matière, de même que dans les autres domaines vous concernant, qu’ils soient communautaires ou personnels.
J’ai bien reçu les livres Hali’hot Olam Katan(2) et Chaar Tahara(3), que vous avez publiés et je vous en remercie. A l’avenir, vous devriez accorder la priorité aux Lois d’usage courant, pour lesquels aucun recueil des propos des Sages les plus récents n’a été établi par la suite. Je fais allusion, par exemple, au Séfer Meïr Eïneï Ha Sofrim(4). Le mérite du plus grand nombre vous viendra en aide. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav H.Medalyé, de Leeds. Voir, à son propos, les lettres n°5922 et 7337. (2) Les voies du petit monde. (3) La porte de la pureté. (4) Ce qui éclaire les yeux des érudits.
Lettre n°7164
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7164, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5720,
Brooklyn, New York,
A ceux qui prennent part au dîner annuel du centre des
Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Cette année, le dîner du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch a lieu en un jour propice, le 24 Tévet, Hilloula de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad.
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La Hilloula est la date de l’année où l’on se souvient du dernier jour qu’une âme juive vécut ici-bas, dans ce monde, puis de son retour vers son Créateur. En ce jour, est établi un bilan global(1) de toute la vie, de la manière dont cette âme a mis en pratique la mission qui lui était confiée dans ce monde. Mais, comme c’est le cas pour chaque commémoration que la Torah introduit au sein de la vie juive, une Hilloula n’est pas seulement un jour de souvenir, uniquement destiné à rester dans la mémoire. Elle instaure et requiert des actes spécifiques, dans l’esprit de la mission qui a été confiée à l’âme dont nous célébrons la Hilloula. Les actions concrètes doivent aller dans la même direction et permettre de s’unir avec la vie éternelle de celui dont nous célébrons la Hilloula, ou même d’aller encore au-delà d’un tel résultat.
Conformément aux explications de mon beau-père, le Rabbi et de son père, le Rabbi Rachab, le point profond de la mission confiée à une âme, de la vie et de l’œuvre de l’Admour Hazaken, se reflète dans le début de son nom(2), Chnéor(3), que l’on peut lire Chneï Or, deux lumières réunies pour ne former qu’un seul et même nom. Il s’agit donc de réunir les deux lumières divines, la lumière dévoilée de la partie révélée de la Torah et la lumière cachée de son enseignement ésotérique. De la sorte, la plus profonde apparaîtra à l’évidence, brillera et illuminera celle qui lui est extérieure, afin que la Torah soit une et parfaite(4), une Torah intègre, Temima.
Comme le précise le Zohar(5), cette unification s’applique également à la dimension profonde de l’âme et à sa partie révélée, à sa facette qui se révèle à tous et au point de Judaïsme qu’elle porte en elle. Or, telle est précisément la vocation profonde des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch. Ses élèves doivent être des personnes intègres, Temimim, dans l’esprit de la Torah intègre, Temima, comme le précise et l’explique l’Admour Hazaken, dont nous célébrons la Hilloula.
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Tous ceux qui participent, de la manière qui convient, au dîner annuel des Yechivot Tom’heï Temimim, en ce jour propice du 24 Tévet ou bien ceux qui, à titre personnel, ne pourront y prendre part, mais n’en apportent pas moins le soutien nécessaire pour renforcer et développer les Yechivot Loubavitch, se lient ainsi et s’unissent à l’œuvre et aux actions de celui dont nous célébrons la Hilloula. Puisse Dieu faire que cette participation soit sans cesse accrue, avec un enthousiasme et une abnégation toujours plus intenses. A n’en pas douter, le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula, l’Admour Hazaken, protégera chacun et chacune de ceux qui prennent part au soutien et au développement des Yechivot Tom’heï Temimim, lesquelles sont conduites dans son esprit et selon sa voie. Il leur apportera les bénédictions divines en tous leurs besoins, à la fois matériels et spirituels. Avec mes respects et ma bénédiction,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Sidour de l’Admour Hazaken, à la porte de Lag Baomer, fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘Tu as instauré’. ” (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Choul’han Arou’h Even Ha Ezer, chapitre 129, paragraphe 18. ” (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Faisant référence à l’Admour Hazaken, le Baal Chem Tov dit, une fois, à ses disciples. Il s’appelle Chnéor, Chneï Or, deux lumières et il éclairera par la Torah révélée de la Torah et par son enseignement caché, selon le Youd Teth Kislev, à la page 9. ” (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Ara’hin, chapitre 9, Michna 3. ” (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tome 3, à la page 73a ”.
Lettre n°7165
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7165, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me faites part de l’action, de la plus haute importance, qui est menée par les auxiliaires féminines, au profit de la Yechiva Tom’heï Temimim. Vous concluez en m’interrogeant sur ce qui doit être fait par la suite, car une telle action a un effet sur votre santé. Nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi et également au nom de son père, le Rabbi(1), dont le mérite nous protégera, qui furent les fondateurs et les dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim, quelle est l’immense valeur du soutien que l’on apporte, en fonction de ses moyens, pour renforcer et développer les Yechivot. Ils ont également montré qu’un tel mérite non seulement se révèle après cent vingt ans(2), mais, en outre, constitue le canal et le réceptacle permettant d’obtenir les bénédictions de Dieu, en tous les besoins que l’on éprouve ici-bas.
Il est donc bien clair que l’on doit maintenir cette activité, continuer à l’assumer, observer la réalité telle qu’elle est, voir qu’il y a là un domaine pour lequel nos maîtres firent don d’eux-mêmes. Cela veut dire également qu’une telle activité, non seulement ne doit pas remettre en cause la santé, mais bien au contraire, ne peut que la renforcer, comme tout accomplissement positif que l’homme réalise ou dont il bénéficie. Ceci a un apport dans tous les domaines et renforce la santé. Bien entendu, il est possible, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres activités, que l’on se heurte à des difficultés ou bien, comme vous l’écrivez, à des comportements déplacés envers vous, de la part de vos collègues. Il convient de chercher à améliorer une telle situation, dans toute la mesure du possible. A n’en pas douter, vous parviendrez, peu à peu, à obtenir un tel résultat. A l’opposé, il n’y a pas lieu de dire que, parce que l’autre n’a pas le comportement qui convient, on doit faire soi-même ce qui n’est pas bon. Dieu fasse donc que vous-même et votre époux, le Rav Chlita, ayez une bonne santé pour de longs jours et de bonnes années. L’un et l’autre, à la mesure de vos moyens, vous parviendrez à renforcer tous les domaines de la ‘Hassidout, avec un bon moral et d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Rachab. (2) A l’issue de la vie.
Lettre n°7166
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7166, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 20 Tévet et vos salutations. J’ai été particulièrement satisfait d’y apprendre votre réussite en votre action destinée à exercer une influence sur les mouvements de jeunesse. Dieu fasse que le succès que vous avez constaté jusqu’à maintenant suscite en vous et en vos disciples un effort accru afin de venir en aide aux institutions de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Il est dit, à propos de la nature humaine, que : “ celui qui a cent pièces en désire deux cents et celui qui possède ces deux cents en veut quatre cents ”. Combien plus doit-il en être ainsi pour tout ce qui est lié à la spiritualité et à la sainteté. Il est bien clair que cette attitude multipliera les bénédictions de Dieu, y compris en ce qui vous concerne personnellement.
A ce propos(1), je mentionnerai votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et je le ferai encore par la suite, sans en faire le vœu. Mais, comme je vous l’ai transmis par ce Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements(2), on peut vérifier concrètement qu’en voulant brusquer les choses, on ne connaît pas toujours la réussite, bien au contraire. Certes, on peut comprendre la peine qui conduit à vouloir aller plus vite, mais un comportement adopté du fait de cette peine n’est pas significatif. Il ne s’agit donc pas d’une punition, ce qu’à Dieu ne plaise. Telle est la nature des choses, dans la mesure où l’on peut parler de nature en la matière. Différents textes établissent qu’il ne faut pas brusquer les événements. Il est donc possible d’y parvenir, d’autant que l’on peut constater qu’en voulant aller trop vite, vous avez perdu la joie, ce qui réduit également votre empressement. C’est ainsi que l’on peut expliquer, selon la nature de l’âme animale, pourquoi une telle attitude n’est pas souhaitable. Dieu fasse que vous m’annonciez bientôt de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, que l’on pourra observer de ses propres yeux. Bien plus, vous avez raison de m’écrire que cette situation a également une incidence sur vos réalisations communautaires. Vous vous servirez donc de votre capacité de vous contenir et de ne pas brusquer les choses avec une largesse véritable, matérielle et spirituelle. Avec ma bénédiction pour me donner ces bonnes nouvelles et, comme je l’ai dit, pour le faire très prochainement,
Notes
(1) A propos des difficultés pour gagner sa vie. Voir, à ce sujet, la lettre n°7304. (2) Délégué par le Rabbi pour visiter la communauté à laquelle appartient le destinataire de cette lettre.
Lettre n°7167
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7167, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 11 Tévet, dans laquelle vous me décrivez votre état de santé et votre action sacrée, au sein de l’école du réseau(1) se trouvant dans votre ville. Vous observez la réussite dans le développement de l’école et des élèves, comme vous l’écrivez. A n’en pas douter, il en est de même pour les études. Il est bien clair que ceci doit vous encourager, vous remonter le moral et vous conférer une joie véritable. De fait, il est dit : “ Tu aimeras l’Eternel ton Dieu ” et il n’est pas de plus grande joie que ce qui provoque la satisfaction céleste. On connaît le dicton du Baal Chem Tov(2) selon lequel l’amour du Saint béni soit-Il pour un Juif, qui qu’il soit, le plaisir qu’Il prend à lui prodiguer le bien, une éducation basée sur les valeurs sacrées, rapprochant le cœur d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, suscitent la joie de l’Eternel notre Dieu, d’une manière infiniment plus intense que le bonheur des parents et leur amour pour leur fils unique, né alors qu’ils avaient un âge avancé.
Vous déduirez de ce qui vient d’être dit qu’une bonne part vous a été confiée en cet accomplissement positif. J’ai bon espoir que vous en serez réconforté, que vous en tirerez non seulement le calme et l’enthousiasme, mais aussi la joie. Celle-ci vous apportera la santé, le succès en mettant en pratique les directives du médecin, comme vous le faites effectivement, d’après ce que vous m’écrivez dans cette lettre. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. De fait, les écoles du réseau portent son nom et sont dirigées dans son esprit. Le fait d’y travailler renforcera l’immense miséricorde qu’il révélera pour vous. J’attends de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4539.
Lettre n°7168
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7168, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5720,
Brooklyn, New York,
A monsieur Its’hak Damyel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je ne me souviens plus du compte(2). Qui devait écrire à qui ? En tout état de cause, je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps. Entre temps, les jours de Kislev, mois des miracles et de la délivrance, sont venus et sont passés, en particulier le jour lumineux du 19 Kislev(3), immédiatement suivi par ‘Hanouka, lorsqu’il s’agit d’ajouter de la lumière dès le coucher du soleil, “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”. La signification et le contenu profond de tout cela sont la nécessité de ne pas consulter les comptes, car, comme le dit mon beau-père, le Rabbi, lorsque deux Juifs se rencontrent, ou s’écrivent, il y a lieu d’espérer qu’il en résulte un bien pour eux-mêmes et pour les autres.
Il est un fait réjouissant de constater, dans différents milieux, un éveil en cet année du souvenir, à l’occasion du bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. Sans doute faites-vous tout ce qui est en votre possible pour diffuser les sources(4) et, comme je l’ai dit, pour le faire d’une manière sans cesse accrue, toujours plus lumineuse. J’aimerais recevoir de bonnes nouvelles de votre part, en la matière. De fait, plus vous me donnerez de détails et mieux cela sera. Bien entendu, je fais allusion, avant tout, à vos élèves, à ceux qui reçoivent votre influence, dans les différents milieux où celle-ci parvient. J’espère que ceux-ci progressent non seulement dans la dimension profonde, mais aussi extérieurement(5), comme le dit la Michna et jusque dans leur action concrète. De fait, nos Sages disent : “ Ne rejette rien ”, d’autant que, comme vous l’écrivez, vous avez observé des éléments concrets qui ont eu une évolution positive. Vous m’avez également écrit à propos des brochures éditées par les jeunes de l’association ‘Habad. A ma connaissance, elles sont toujours sous presse. Quand elles paraîtront, elles vous seront, bien entendu, adressées.
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7053. (2) Des correspondances. (3) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (4) De la ‘Hassidout. (5) Dans leur apparence extérieure.
Lettre n°7169
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7169, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 21 Tévet, mais celle-ci n’explique pas vraiment la raison de cette interruption. Il est clair que la situation de votre ville fait beaucoup de peine. Il semble qu’on puisse l’expliquer en fonction d’une causerie bien connue du Rabbi Rachab, qui nous a été transmise par mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle on peut observer, en pareil cas, la différence(1) entre un employé consciencieux et celui qui est à son propre compte. Le premier s’acquitte pleinement de ce qui lui incombe. En d’autres termes, si un client se présente, il lui vendra sa marchandise. Puis, quand vient le moment de fermer le magasin, il considère s’être acquitté de son devoir envers lui-même et envers Dieu. En effet, il est bien resté dans le magasin de telle heure à telle heure, y a attendu les clients. On ne peut donc rien lui demander d’autre. Il n’en est pas de même, en revanche, quand on en est le propriétaire. On souhaite alors renforcer et élargir son bien, le développer concrètement. Si aucun client ne le fréquente, on ira en chercher. Après l’heure de fermeture, on n’empêchera pas la venue d’un client. Bien au contraire, on sera satisfait par les bénéfices que l’on peut réaliser en-dehors du temps officiel. Telle est l’idée de cette causerie et l’on peut ajouter que le client lui-même ressent aussitôt s’il n’a à faire qu’à un employé, même si celui-ci
prend en charge tous les aspects de la transaction ou bien si son interlocuteur est quelqu’un qui s’intéresse à l’affaire dans son ensemble et qui ne dira jamais : “ Je me suis pleinement acquitté de mon obligation ”. Bien plus, un tel homme éprouvera de la peine, en son cœur, s’il voit que les clients ne se bousculent pas dans son magasin, afin d’en acquérir la marchandise.
Je ne sais pas si ces propos sont incisifs, au-delà de la mesure, mais, au final, qu’importe, pourvu que cette image décrit fidèlement la situation ou non ? Ainsi, si vous vous étiez consacré à trouver les moyens de votre subsistance ou bien un logement comme l’aurait fait l’employé dont il est ici question, vous pourriez imaginer où vous seriez maintenant et dans quelle maison vous résideriez. Etablissez donc un bilan fidèle ! Que Dieu accorde la réussite à chacun d’entre nous, au sein de tous les ‘Hassidim, afin que nous accomplissions la volonté de nos maîtres de la manière dont ils le souhaitèrent, c’est-à-dire bien au-delà de l’employé le plus fidèle. De fait, nous nous rapprochons de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef de notre génération(2). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) La lettre n°5454 applique les termes de cette image à celui qui se consacre à l’étude de la Torah. (2) Le 10 Chevat.
Lettre n°7170
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7170, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5720,
Brooklyn, New York,
A monsieur Yossef,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai reçu votre lettre, il y a quelque temps. Vous me transmettez le Tana’h que vous avez édité pour les soldats de Tsahal. Je voudrais vous remercier pour ce cadeau de valeur et précieux. A cette occasion, je voudrais vous féliciter également pour l’esthétique de cette édition. Ceci est basé sur le verset, et sur les propos de nos Sages qui le commentent : “ Il est mon Dieu et je veux Le glorifier : Rends-toi agréable devant Lui par les Mitsvot(2) ”. Or, s’il en a toujours été ainsi, combien plus est-ce le cas à notre époque, en cette génération orpheline, dans laquelle nombreux sont ceux qui apprécient le contenu profond en fonction de l’apparence extérieure.
A ce propos, je me permets de formuler une remarque qui, si vous l’acceptez, pourra être mise en application dès la prochaine édition. En effet, il est bien clair que, quand quelqu’un édite un livre sacré, surtout un Tana’h destiné aux soldats, qui les accompagnera tout au long de leur vie, non seulement le Chabbat et les fêtes, mais aussi, et surtout, pendant les jours de la semaine, il doit savoir qu’un tel livre sera d’usage courant
et qu’on l’utilisera pendant longtemps, ce qui dépend de sa reliure et de son papier. Or, j’ai observé dans l’exemplaire qui m’a été adressé que le papier est particulièrement fin. Bien entendu, cela présente un avantage puisque, de la sorte, l’ouvrage n’est pas trop épais et l’on peut aisément le garder dans la poche. Mais, à l’opposé, ce papier n’est pas du tout solide et il résistera difficilement à un usage quotidien. Il me semble qu’il peut, en outre, se tacher aisément. J’ai vu beaucoup de livres, imprimés sur un papier fin comparable à celui-là, qui n’en était pas moins plus solide.
Puisse Dieu faire que vous vous serviez de vos possibilités et de vos capacités pour diffuser le Judaïsme traditionnel dans des cercles de plus en plus larges et étendus. Pour reprendre votre formulation, puisque vous me dites que vous êtes fonctionnaire au ministère de la sécurité, vous-même et vos amis, avez le moyen de renforcer et de précipiter la sécurité de chacun de ceux qui appartiennent à Tsahal, au sein de tout Israël, en raffermissant leur foi et leur confiance en le Dieu d’Israël. Selon le double enseignement du Tana’h, “ béni soit l’homme qui place sa confiance en Dieu. Dieu sera sa forteresse ”, “ Il sera comme un arbre planté près d’un cours d’eau ”, avec toutes les bénédictions mentionnées par ce texte. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Y. Dekel, de Tel Aviv. (2) En les accomplissant de la manière la plus belle.
Lettre n°7171
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7171, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tévet 5720,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, est issu
d’une illustre famille, le Rav Moché ‘Haïm Ephraïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec surprise, votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous vous référez aux livres sur lesquels portait ma remarque, formulée dans mon précédent courrier(2). Je l’ai reçue avec surprise car, dans un premier temps, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une erreur ou bien que quelqu’un vous avait induit en erreur. En effet, votre lettre confirme encore une fois que l’auteur de ces correspondances est bien le Gaon de Ragatchov, ce qui est absolument et totalement exclu. Il est sûrement inutile de vous préciser que l’on dispose de milliers de lettres, de responsa, de pages entières d’explications de la Torah du Gaon de Ragatchov, s’étalant sur une période qui couvre de nombreuses années. Or, le point commun à toutes ces lettres, ces responsa, ces explications de la Torah, sans la moindre exception, est le style qui lui est propre et que chacun reconnaîtra aisément. Et, l’on reconnaîtra également ce qui ne peut en aucune façon être de lui. En l’occurrence, les correspondances publiées dans le Dovev Yechénim ont une formulation totalement opposée à la sienne, de la manière la plus certaine.
L’idée selon laquelle il aurait pu demander à quelqu’un de rédiger en son nom et signer lui-même ou bien qu’il aurait changé son style du fait de certaines plaintes et pour faire avancer les choses ou encore qu’on l’aurait obligé à changer de formulation, va à l’encontre de la vie du Gaon de Ragatchov et de la manière dont il l’organisa. Il y a là, à proprement parler, le contraire de ce qu’il aurait fait, de la manière dont il a vécu pendant des dizaines d’années, d’un principe duquel il ne s’est jamais écarté durant toute cette période. Je suis certain qu’il n’aurait pas voulu enseigner ou parler d’une autre façon, qu’il n’aurait pas été capable de le faire. Bien plus, même s’il était concevable que le Rav de Ragatchov vienne en personne et porte témoignage qu’il a bien écrit ces lettres, on ne l’aurait pas cru et on ne l’aurait même pas écouté.
Je vous écris tout cela, avec un développement relativement long, car je crains, considérant votre lettre, que vous écrirez également à d’autres personnes pour leur demander qu’elles s’en remettent à ce qui est imprimé et considèrent que ces correspondances sont bien celles du Gaon de Ragatchov. Or, j’ai l’obligation de vous souligner qu’il est particulièrement judicieux d’annuler une telle démarche, car, comme je l’ai précisé, il n’y a pas le moindre doute, ces correspondances ne sont pas du Gaon de Ragatchov. Vous voudrez bien m’excuser pour ces expressions, qui ne sont peut-être pas de la plus haute diplomatie. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav M.H. E. Bloch, du Bronx. Voir, à ce sujet, la lettre n°7096. (2) Il s’agit de la lettre n°7096.
Lettre n°7172
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7172, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Depuis très longtemps, je ne reçois plus de vos lettres et de vos nouvelles. Puisse Dieu faire qu’il y ait là le signe que tout va bien, de la meilleure façon. Qu’Il fasse aussi qu’il en soi de même pour ce que je vais vous dire maintenant. J’ai obtenu une information qui m’a paru particulièrement étrange. Celle-ci émane, néanmoins, d’hommes vertueux, dont le témoignage est recevable et qui sont plus de deux. Il est donc de mon devoir de clarifier tout cela et d’intervenir, en la matière. Le contenu de cette rumeur est le suivant. Quand quelqu’un délivre un cours en public, quel qu’en soit le thème, qu’il appartienne à la partie révélée de la Torah ou à la ‘Hassidout, vous intervenez, en présence de tous, pour poser des questions, pour soulever des objections, pour apporter la contradiction. Cela est arrivé non pas une fois ou deux, de manière accessoire, mais bien d’une façon systématique et fixe.
Si cette rumeur s’avère exacte, ce qu’à Dieu ne plaise, vous comprendrez mon étonnement mêlé de peine. En effet, une Hala’ha de la Torah établit clairement à quel point il est grave d’humilier quelqu’un en public. C’est ce que dit la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout souligne encore plus clairement la nécessité d’aimer son prochain. En effet, toutes les âmes sont équivalentes et ont un même Père, comme l’explique le saint Tanya et le Kountrass Hé’haltsou(1), traitant de la vengeance de Dieu en Midyan. Je peux vous accorder des circonstances atténuantes, quoique particulièrement faibles, en considérant qu’il s’agit, en l’occurrence, d’établir la Hala’ha de la Torah telle qu’elle est réellement, car on ne peut accepter que le moindre point, le moindre détail en soient falsifiés, ce qu’à Dieu ne plaise. Mais, même en pareil cas, cela est incompréhensible, car pourquoi le faire en public ? La conséquence peut être un effet pervers : les présents vont en déduire qui a le plus de connaissances(2), si l’on peut dire. Il n’en serait pas de même si cela(3) se faisait en privé, en la seule présence du Saint béni soit-Il, Qui distinguera et mesurera l’éloge que constitue le fait d’avoir soulevé une telle objection.
Si j’en ai le mérite, ces propos feront leur effet et ceux qui, au préalable, ont semé le trouble, pour une raison quelconque, viendront désormais doublement en aide, comme l’explique Iguéret Ha Techouva de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 9 : “ S’il avait l’habitude d’étudier une page, il en étudiera deux ”. Avec ma bénédiction pour donner de véritables bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Notes
(1) Un discours ‘hassidique du Rabbi Rachab. (2) Et dénigrer celui qui donne le cours, à l’ordinaire, pour se rapprocher de celui qui formule la remarque. (3) Le reproche.
Lettre n°7173
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7173, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Tévet, dans laquelle vous me parlez de l’affection qui vous frappe, de votre bégaiement. Vous avez déjà consulté un médecin, mais cela n’a été d’aucune utilité. J’en suis un peu surpris car les médecins spécialistes en la matière ont recours à différents traitements et ils peuvent sûrement en trouver un qui vous convienne. Je dois ajouter un point essentiel. De façon générale, un tel état est directement lié à la confiance en soi(1) et à l’équilibre nerveux. La meilleure solution pour chacun, y compris celui qui suit un traitement, est donc de renforcer cette confiance, qui est à la base de notre foi, confiance en Dieu Qui est le Créateur du Monde, le dirige, accorde Sa Providence à chacun, est l’Essence du bien.
Il en résulte, pour reprendre la formulation du Chantre d’Israël(2), que : “ Dieu est avec moi. Je n’ai pas peur ”. Il n’y a donc pas lieu d’avoir honte des personnes de votre entourage et l’on peut avoir bon espoir que Dieu vous guidera sur la voie qui sera bonne pour vous. Plus vous graverez dans votre esprit que vous vous trouvez devant le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, plus vous réduirez votre crainte, concernant la réaction que manifesteront ceux qui vous entourent devant votre bégaiement. De la sorte, tout ira mieux, surtout si vous suivez un traitement. J’ajouterai un autre point, à ce sujet. Lorsque vous devez dire un mot et craignez de ne pas le prononcer de la manière qui convient, ne luttez pas contre vous-même pour le dire en tout état de cause. Cherchez plutôt une autre formulation. En tout domaine, il est nécessaire de disposer de l’aide de Dieu. Vous devez donc redoubler d’ardeur dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot de la meilleure façon(3). Car, “ rien ne résiste à la volonté ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Sans doute prélevez-vous quelques pièces pour la Tsédaka, chaque jour de semaine, avant la prière du matin. De même, vous lisez les Tehilim, selon leur répartition mensuelle. Vous les direz chaque jour, y compris le Chabbat et les fêtes, après la prière du matin.
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°5038, 5414, 6524, 6594 et 7299. (2) Le roi David. (3) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva.
Lettre n°7174
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7174, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tévet 5720,
Brooklyn,
Au jeune Issa’har Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre des 6 et 21 Tévet, faisant suite au compte-rendu des actions menées à Ir Ganim(2), qui ont subi de nombreuses difficultés. Vous avez, néanmoins, observé, en la matière une réussite au-delà de ce que vous escomptiez et puisse Dieu faire que vous voyiez en cela un enseignement supplémentaire selon lequel les entraves que l’on rencontre dans la mission sacrée de diffusion des sources(3) à l’extérieur et du Judaïsme, en général, ne sont qu’une épreuve, de laquelle il est dit : “ Car l’Eternel votre Dieu vous éprouve… ”(4).
L’Admour Hazaken explique que Nissayon, l’épreuve, évoque le verset : “ Je soulèverai mon fanon (Nissi) ”, qui introduit l’idée de l’élévation. Il est donc clair que ceux qui prennent part à de telles activités reçoivent l’élévation en tout ce qui les concerne, y compris en leurs préoccupations personnelles. Comme le dit l’Admour Hazaken, “ son cerveau et son cœur deviennent mille fois plus affinés ”. Dès lors, on peut redoubler d’ardeur en ces actions, tout s’arrange et rien n’empêche plus d’avancer, d’une étape vers l’autre. Bien entendu, vous avez l’autorisation et le mérite de transmettre tout cela à ceux qui participent à toutes les actions destinées à renforcer les saintes institutions et à diffuser les sources. Puisse Dieu faire que l’on prononce des paroles émanant du cœur. De la sorte, elles pénétreront dans le cœur de ceux qui les entendront. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Notes
(1) I. D. Walles, de Jérusalem. (2) Dans la banlieue de Jérusalem. (3) De la ‘Hassidout. (4) Pour savoir si vous craignez l’Eternel votre Dieu ou non.
Lettre n°7175
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7175, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tévet 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me dites que vous donnez de la Tsédaka, selon vos moyens, en différents lieux et pour diverses causes. Or, vous avez, en la matière, été saisi par le doute. Vous savez que certaines de ces institutions sont animées par la crainte de Dieu, ont une pratique de la Torah et des Mitsvot plus profonde que les autres, alors que d’autres, même si elles appliquent intégralement le Choul’han Arou’h, la Torah et les Mitsvot, ne le font pas réellement de la meilleure façon. En conséquence, vous vous dites qu’il convient peut-être de privilégier les premières et de cesser vos contributions à celles qui, semble-t-il, n’ont pas adopté la pratique la plus vertueuse. De telles pensées soulèvent toujours une question : qui est à leur origine ? Emanent-elles totalement du bien ou bien ‘l’autre côté’ intervient-il également ? Ce dernier, en effet, peut se manifester de différentes façons, pourvu qu’il empêche un Juif de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot. Il sait que, s’il proclame clairement son intention, il ne sera pas écouté. Il cherchera donc une solution et il prendra une apparence hypocrite.
En un cas comme celui-ci, il peut, même après coup, formuler une seconde objection : pourquoi donner tant de Tsédaka à une seule institution ? La contribution préalable n’était-elle pas suffisante ? Il en résultera un manque pour ces institutions, pour des actions qui, d’après la Torah, ont effectivement été réalisées, même si cela n’a pas été de la meilleure façon. A l’opposé, les institutions ayant adopté le meilleur comportement ne recevront rien de plus. Plus généralement, pour ce qui concerne la Tsédaka, nos Sages énoncent la mise en garde suivante : il ne faut pas procéder à un examen trop minutieux. Qui peut dire d’institutions dont le comportement est acceptable d’après la Torah qu’elles n’agissent pas de la meilleure façon ? De manière allusive, on peut renforcer ce raisonnement en observant que nos Sages, au traité Erouvin 63a, refusent que l’on donne l’ensemble de ses offrandes à un seul Cohen, même s’il s’agit de son propre maître.
S’agissant de la Tsédaka, il est bon de fixer un montant minimal pour chacune des institutions saintes et utiles, pour des réalisations positives, sans trop rechercher, sans être minutieux. Puis, l’on augmentera ce montant pour les institutions qui adoptent le meilleur comportement. Je dois, en outre, formuler une autre remarque. Vous me dites que vous donnez de la Tsédaka selon vos moyens, sans expliquer ce que vous entendez par là. Vous consulterez donc le Tanya, en fonction de l’index des thèmes qui figure dans l’édition Kehot, selon lequel il est nécessaire de multiplier largement la contribution à la Tsédaka. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°7176
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7176, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Tévet 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chmouel Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken, avec les deux demandes de bénédiction qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Nous sommes(2) à la veille du jour en lequel Moché “ expliqua cette Torah ”(3) et le verset poursuit aussitôt : “ Allez, voyagez et héritez de la terre que l’Eternel a fait le serment à vos ancêtres de leur donner ”. Or, cette promesse n’a pas encore été pleinement réalisée. En effet, le traité Sanhédrin 90b dit : “ Il n’est pas dit : ‘de vous donner’, mais : ‘de leur donner’ ”. De fait, la promesse de Dieu portait sur le territoire de dix peuples(4), comme le souligne Rachi, se basant sur le Sifri, à propos du verset : “ et à tous ses voisins ”.
Or, lorsque ces jours sont “ commémorés ”, ils sont également “ revécus ”. Déjà, à l’époque, si l’on en avait eu le mérite, la conquête aurait pu être complète et définitive. Puisse donc Dieu faire que cette promesse s’accomplisse prochainement. En effet, nos Sages voient, en ce verset, une allusion de la Torah à la résurrection des morts, “ ils se réveilleront et se réjouiront, ceux qui reposent sous terre ”. Celui qui réside dans ce tombeau et dont nous célébrerons prochainement la Hilloula(5) sera à leur tête. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav C.A. Snieg, de Munich. Voir à son sujet la lettre n°6002. (2) Une même lettre fut adressée à de nombreuses personnes. (3) Le Roch ‘Hodech Chevat, premier jour du onzième mois. (4) Alors que l’on a uniquement reçu sept d’entre eux. (5) Le précédent Rabbi dont la Hilloula est le 10 Chevat.
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