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Iguerot Kodesh — lettres 7135 à 7155

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7135

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7135, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jours de ‘Hanouka 5720,

Bicentenaire de la Hilloula du

Baal Chem Tov, de sainte mémoire,

Brooklyn, New York(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat. Une motivation spécifique peut être tirée des jours de ‘Hanouka au cours desquels on allume des lumières, celles qui se trouvent toujours “ face au Chandelier ”. Toutes ses bénédictions ne disparaîtront jamais, comme l’explique le Ramban, au début de la Parchat Beaalote’ha. En effet, la Hala’ha retient l’avis de Beth Hillel(2), selon lequel on va de l’avant et l’on éclaire.

Puisse donc Dieu faire qu’il en soit de même en vos activités sacrées, tout au long de l’année, afin de multiplier “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ”, la sienne propre et celle de l’autre, dans la joie. Et, que ces activités soient pénétrées de lumière et de vitalité de l’esprit, avec l’éclairage de la dimension profonde de Sa Torah, révélant la dimension intérieure et essentielle de la Lumière de l’En Sof. A ce propos, vous consulterez la sainte épître du Rabbi Rachab, qui est imprimée dans le Hayom Yom, à la date du 19 Kislev. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour un joyeux ‘Hanouka,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à de nombreuses personnes. (2) Selon lequel les lumières sont allumées en ordre croissant.

Lettre n°7137

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7137, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jours de ‘Hanouka 5720,

Brooklyn, New York,

A l’attention des participants à la réunion ‘hassidique du jour

de la bonne nouvelle, celui de la délivrance de l’Admour

Hazaken, de notre libération et de l’affranchissement de notre

âme, dans votre ville, que Dieu vous accorde longue vie(1),

Je vous salue grandement et vous bénis,

J’ai eu connaissance avec plaisir de votre réunion ‘hassidique du jour lumineux, le 19 Kislev, que nos maîtres appellent : “ fête des fêtes ”(2). A n’en pas douter, comme c’est le cas chaque fois que se réunissent des personnes craignant Dieu, des paroles de la Torah ont été prononcées et celles-ci conduiront à l’action, c’est-à-dire à une pratique accrue de la Torah et des Mitsvot, tout au long de l’année qui vient. Or, le Saint béni soit-Il fait en sorte qu’une bonne pensée s’associe à l’action, surtout quand cette pensée s’est manifestée et a été acceptée en un moment propice. Nos Sages disent que l’on confère un mérite à un jour qui est par nature propice. Puisse Dieu faire que tout ceci soit introduit en ces jours de ‘Hanouka, la Hala’ha retenant l’avis de Beth Hillel, selon lequel on ajoute, chaque jour, des bougies et de la lumière. Et, l’on peut déduire une allusion de tout cela à partir du verset : “ Car la bougie est une Mitsva et la Torah, une lumière ”. Ainsi, il y eut le miracle de l’huile qui, comme le disent différents textes, fait allusion aux secrets et à la dimension profonde de la Torah.

Que chacun s’éclaire donc lui-même et qu’il éclaire son entourage par “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que par le luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde révélée à notre époque, par la ‘Hassidout. Bien plus, nous célébrons le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, de sainte mémoire. Et, l’on sait, comme le dit sa sainte épître, que lorsque ses sources se diffuseront à l’extérieur, celles de son enseignement, c’est-à-dire de la ‘Hassidout, “ le maître viendra ”, le roi Machia’h. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre a été adressée à de nombreuses personnes. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3202.

Lettre n°7138

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7138, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jours de ‘Hanouka 5720,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux comportements

généreux, se consacrant aux besoins communautaires, issu

d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas reçu un courrier de votre part, mais, bien entendu, les ‘Hassidim me donnent de vos nouvelles, d’autant que je m’en enquiers moi-même. Vous comprendrez la surprise, mêlée à de la peine, que m’a causé la nouvelle selon laquelle, pour la première fois depuis la création de Kfar ‘Habad, vous n’avez pas pris part à la réunion ‘hassidique du 19 Kislev organisée en cet endroit. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer longuement la grande valeur du moindre détail de cette célébration, l’importance de participer à la réunion de la fête de la libération, à Kfar ‘Habad. Bien plus, celle-ci exerce une influence sur de nombreuses personnes, le point profond en étant la diffusion des sources(2), surtout en cette année propice, celle du bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, comme je l’ai maintes fois souligné dans mes lettres écrites cette année. Bien entendu, je ne doute pas qu’il y ait eu de bonnes raisons à cela(3), mais, s’agissant des autres, il est dans la nature humaine de ne pas demander d’explication, de ne pas rester dans l’expectative en attendant que quelqu’un vienne répondre aux interrogations. Plus encore, bien souvent, quand on fournit l’explication, celle-ci n’est pas acceptée. Car, chacun trouve lui-même la bonne interprétation et la raison juste, selon son état d’esprit et son optique.

Par ailleurs, il est clair que mon but n’est pas de vous faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise. Combien plus mon intention n’est-elle pas de vous faire de la peine. Mais, en pareil cas, il est établi que l’autre côté(4), avec les hommes qui le conseillent, intervient pour semer le trouble. Selon le dicton du Rabbi Maharach, “ il porte parfois l’habit d’un Juste intègre, humble et ayant de bons comportements ”. Cette citation figure, dans son intégralité, dans le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan. Peut-être en a-t-il été ainsi, en l’occurrence et, de ce fait, vous n’avez pas pris part à cette réunion ‘hassidique. Or, l’autre côté pourrait revêtir encore une fois ce même habit et semer de nouveau le trouble à l’avenir. C’est pour cela que je vous écris, car j’ai bon espoir qu’il ne connaîtra pas la réussite, d’autant que le mérite de ce qui est public vous vient en aide, afin que vous fassiez usage de votre influence, en la matière, pour diffuser les sources.

Je réitère encore une fois ma bénédiction et je me joins à la foule de ceux qui vous ont présenté leurs vœux à l’occasion de vos soixante dix ans. Comme le dit mon beau-père, le Rabbi, qui le présente comme une coutume des anciens, un garçon Bar Mitsva, atteignant l’âge de treize ans est ensuite concerné par le Psaume 14(5). Par la suite, il en est de même chaque année de sorte que, parvenu à l’âge de soixante dix ans, le Tehilim qui vous concerne est le Psaume 71. Puisse Dieu faire que s’accomplissent en vous les propos du chantre d’Israël(6) : “ jusqu’à la vieillesse et l’âge avancé, Dieu, ne m’abandonne pas, afin que je dise Ta puissance à cette génération, Ta bravoure à tous ceux qui viendront ”. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Je vous joins la copie d’une de mes lettres qui, à n’en pas douter, vous intéressera, car elle traite de l’éducation.

Notes

(1) Chnéor Zalman Shazar. Voir, à son propos, la lettre n°7084. (2) De la ‘Hassidout. (3) A cette absence. (4) Les forces du mal. (5) Qu’il doit alors lire chaque jour. (6) Tehilim 71, 18.

Lettre n°7139

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7139, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tévet 5720,

Brooklyn,

A monsieur Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous exprime, par la présente, ma profonde reconnaissance pour votre effort et vos actions afin de sauver les tomes du saint Zohar portant les commentaires(2) de mon père(3), dont le mérite nous protégera. Ceux-ci viennent de me parvenir. Outre leur valeur intrinsèque, la délivrance de paroles de la Torah, il est bien clair que, pour moi, il y a, en l’occurrence, une émotion personnelle, comme pour tout ce que l’on reçoit en héritage de ses pères, en particulier quand je me rappelle de l’effort, de la peine et, en même temps, de l’enthousiasme de mon père, quand il réalisa tout cela. Puisse Dieu faire que, pendant de nombreuses années encore, vous vous consacriez à la Torah et aux Mitsvot, en général et, plus spécifiquement, d’une manière positive, à cette grande Mitsva consistant à libérer les captifs.

Selon l’enseignement de la ‘Hassidout, la mission sacrée qui est confiée à l’homme, celle de transformer la matière consiste, en fait, à libérer les parcelles de sainteté qui se trouvent en exil, à délivrer l’âme divine de l’homme, elle-même une parcelle spécifique de la Présence divine que chacun porte en lui, comme l’explique l’Admour Hazaken dans différents textes, en particulier le Tanya, au chapitre 4 d’Iguéret Ha Kodech. Vous accomplirez tout cela dans le calme et la satisfaction, d’une manière sans cesse accrue et toujours plus lumineuse. Avec mes respects et ma bénédiction, je conclus comme j’avais commencé en vous remerciant encore pour tout cela,

N. B. : Ce qui va suivre ne correspond peut-être pas à ce qui est dit plus haut. Malgré cela, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de vous écrire l’un et l’autre afin de mettre en pratique le Précepte : “ Vous serez déchargé de votre devoir envers Dieu et envers Israël ”. D’après une information qui m’a été transmise, vous auriez été étonné de ne pas recevoir de réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez votre visite en Russie soviétique. Or, je ne vous ai pas répondu pour deux raisons, que nos Sages nous enseignent :

A) “ Tout comme il est une Mitsva de dire ce qui va être entendu, il en est une également…(4) ”.

B) “ On ne répond pas…(5) ”.

Je m’expliquerai après avoir introduit l’idée suivante. Il est bien clair que la finalité des visites des enfants d’Israël dans le pays où nous vivions auparavant(6), à mon sens et sûrement au vôtre également, est de renforcer la personnalité juive de ceux qui se trouvent là-bas, de les réconforter en leur montrant que nombre de nos frères sont du même avis qu’eux et, s’ils vivaient eux-mêmes dans des conditions similaires, ce qu’à Dieu ne plaise, ils lutteraient à leur tour pour conserver leur personnalité juive, surmonteraient les épreuves et les combats. En vous rendant là-bas et dans la mesure où il vous a été possible d’entrer en contact véritable avec de telles personnes, vous avez dû réfléchir à leur vie, à leurs difficultés. Vous avez observé que, même s’ils dépendent, en tout point, d’ennemis luttant en permanence contre la Torah et les Mitsvot, ils les respectent néanmoins, dans toute la mesure de leurs possibilités, jusqu’à se mettre en danger de manière concrète et porter atteinte à leur situation matérielle, ne plus avoir les moyens de gagner leur vie. Or, ils n’ont pas peur, y compris envers leurs enfants, d’adopter un tel comportement, pourvu qu’ils restent ainsi fidèles à la Torah et à ses Mitsvot. Ils fixent donc un temps pour étudier la Torah, chaque fois qu’ils disposent d’un moment libre, ils respectent le Chabbat et les fêtes. Bien entendu, ils mangent cacher, bon nombre d’entre eux portent même la barbe et les Péot, bien qu’il s’agisse de signes extérieurs évidents de leur qualité de Juifs pieux et il est d’autres points que l’on pourrait citer également. Certes, on peut imaginer que ceux qui portent la barbe et les Péot évitent d’avoir des contacts avec les visiteurs venus d’ailleurs, étant espionnés d’une manière beaucoup plus sérieuse et sachant qu’on peut les mettre en accusation pour chacun de leur mouvement. Il est donc probable que vous ne les ayez pas rencontré. J’ai, cependant, bon espoir qu’on vous a parlé d’eux.

Après cette introduction, imaginez-vous ce que doit être la réaction de nos frères, les enfants d’Israël, qui vivent ainsi depuis des décennies, lorsqu’ils sont les témoins d’une telle situation. Quand ils ont le mérite de rencontrer des Juifs venant de pays dans lesquels on peut se consacrer à la Torah et aux Mitsvot sans aucun obstacle ou, combien plus, de Terre Sainte, ils s’aperçoivent que ces visiteurs, en chacun de leurs mouvements, s’efforcent de ne pas pouvoir être identifiés comme des Juifs, par leur apparence physique, par leur manière de s’habiller, par les Tsitsit. Quand ils les interrogent, d’une manière fine et indirecte, afin de ne pas les humilier, ce qu’à Dieu ne plaise, sur ce qu’ils font et sur la manière dont ils profitent de la liberté absolue dont ils jouissent pour étudier la Torah et pratiquer les Mitsvot, ils reçoivent la réponse suivante. Tel est un footballeur reconnu et tel autre une étoile du théâtre. Or, les meilleurs d’entre eux respectent la Torah et les Mitsvot, investissent la plus large part de leur empressement et de leurs forces dans l’étude. Ils fréquentent également l’université communiste, de manière libre et sans obstacle. Pour autant, ils fixent effectivement un temps afin d’apprendre notre sainte Torah, Torah de vie. On peut donc se demander si la rétribution d’une visite qui a pour but de réconforter nos frères se trouvant là-bas, surpasse réellement le dégât qui se trouve ainsi causé(7). Je ne vous cacherai pas que, dès réception de votre lettre, relatant votre voyage, j’ai voulu vous écrire tout cela, mais je me suis demandé ce qui en résulterait. J’ai donc préféré me taire, à cause des deux principes mentionnés ci-dessus.

Pour conclure d’une manière “ agréable ” et ajouter une “ consolation ” à tout ce qui vient d’être dit, je préciserai qu’une délégation de jeunes rabbins américains s’était rendus là-bas, en visite, deux ans avant vous. Or, d’après ce qui a été dit, le doute que l’on pouvait soulever sur leur visite était beaucoup plus important que celui de votre propre visite, avec vos amis. En effet, leur déplacement a eu un caractère officiel et ils se sont présentés en tant que rabbins. Or, la réaction que l’on a manifestée là-bas peut être déduite de la question concise et allant droit au but qui leur a été posée sur place, au nom de ces Juifs, pas nécessairement ceux qui sont religieux, et même des non Juifs. Ils ont précisé qu’il y a, parmi eux, également des footballeurs et qu’il était inutile d’être venu des Etats-Unis uniquement pour cela. Vous voudrez bien m’excuser pour ce qui vient d’être dit. Je l’ai fait, néanmoins, en me contenant et en contractant largement mes propos. En effet, mon objection ne porte pas uniquement sur votre visite. Envers quelqu’un comme vous, celle-ci est plus profonde, plus intérieure, émanant véritablement de l’âme.

Après tout ce qu’ont vécu nos frères, les enfants d’Israël, la responsabilité de ceux qui restent, “ tisons sauvés des flammes ”, est infiniment plus grande, surtout quand ils résident en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Ceux-ci se doivent de remplacer, dans la mesure du possible, ce qui aurait pu être accompli par toutes les personnes mortes en sanctifiant le Nom de Dieu(8), dans les domaines qui nous distinguent de toutes les autres nations, c’est-à-dire la Torah et les Mitsvot, pratiquées aux yeux de tous. On se démarque ainsi du slogan que les tenants de la Haskala avaient auparavant adopté : “ Sois un Juif dans ta maison et un homme à l’extérieur de celle-ci ”, dont les conséquences apparaissent à l’évidence en leurs descendants, à la seconde ou à la troisième génération.

Pour formuler tout cela simplement, je dirais que les jeunes de notre génération, celle des persécutions, considérant qu’ils ne doivent pas changer l’optique adoptée par le monde il y a trente ou cinquante ans, ce qui est particulièrement difficile, ont le devoir d’établir leur propre bilan moral, de comprendre qu’ils remplacent la fine fleur de notre peuple, les enfants d’Israël. Ils doivent marcher dans la rue de telle façon que tous ceux qui les observent reconnaissent en eux des descendants d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov. Plus encore, en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, on doit pouvoir vérifier qu’ils respectent la Torah et les Mitsvot, de la manière qui est nécessaire. En effet, il ne suffit pas qu’ils parlent l’Hébreu. Il faut qu’en les rencontrant dans la rue, on puisse se dire qu’ils viennent de Méa Chéarim. Puis, on leur demandera comment et de quelle manière ils passent leur temps. Ils répondront alors, comme s’il s’agit de la plus grande évidence, qu’ils se consacrent à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot. Mais, selon l’ordre que Dieu a instauré en son monde, il leur est également nécessaire de gagner leur vie. Ils exercent donc un métier, de manière accessoire, sans qu’il faille y investir un large effort et sûrement pas toutes les forces de son intellect ou, plus généralement, toute sa pensée, dans des domaines qui enthousiasment également les non Juifs.

Certes, vous pourriez me demander pourquoi l’on ne retrouve pas le même message et la même requête, de la part de tel Rav ou de tel dirigeant. La raison en est peut-être les deux principes précédemment énoncés. Mais, avant tout, il faut dire que cette question ne se pose pas et qu’il n’y a pas lieu d’y répondre. En effet, de deux choses l’une : si elle se pose réellement, que l’on accepte la vérité de celui qui l’énonce et, si elle ne se pose pas, il faut trouver un autre moyen d’écarter l’argument qui a été soulevé. Comme je l’ai dit, tout cela s’applique aux jeunes Juifs, en tout endroit où ils se trouvent, et avant tout, en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie et, plus spécifiquement à ceux que l’on observent comme des représentants du Judaïsme, quel que soit le milieu auquel ils appartiennent. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) M. M. Shouv, de Tel Aviv. (2) Rédigés en exil, à même les exemplaires du Zohar et qui furent publiés par la suite sous le titre de “ Likouteï Lévi Its’hak ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°5905. (4) De ne pas dire ce qui ne sera pas entendu. (5) Aux propos hérétiques. (6) La Russie. (7) Auprès de ces Juifs qui observent ainsi que ceux qui vivent dans des pays libres et pourraient se consacrer à la Torah et aux Mitsvot ne le font pas. (8) Pendant la seconde guerre mondiale.

Lettre n°7140

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7140, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Tévet, bien plus de la septième lumière(1), avec la demande de bénédiction qui y était jointe. Celle-ci sera lue près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. C’est vous qui m’avez transmis cette requête et Dieu fasse donc que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout ce que vous m’écrivez.

Vous me dites que votre affaire n’a pas de clients(2). Peut-être devez-vous envisager de vous rendre, pour quelques jours, à Montréal, afin d’y chercher un moyen de gagner votre vie. En outre, vous trouverez peut-être là un client, plutôt qu’en l’endroit où vous le cherchez. De fait, qui sait ce qu’il en est, selon les raisons cachées ? Il faut donc explorer différents moyens et Dieu fasse que l’on découvre celui qui est le meilleur.

Nous venons de vivre les jours de ‘Hanouka. Le moment où l’on accomplit cette Mitsva, en allumant les bougies, est le coucher du soleil, lorsque tout devient sombre. C’est alors qu’un Juifs les allume et fait ainsi jaillir la clarté, non seulement pour lui-même, mais aussi “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”, précisément celle qui est tournée vers la rue, afin que la clarté y parvienne également, non pas d’une manière invariable et toujours identique, mais bien de façon croissante, avec toujours plus de lumière, en multipliant les bougies et la clarté. Ainsi, le Ramban, dans son commentaire de la Torah, à la Parchat Beaalote’ha, faisant allusion au miracle de ‘Hanouka et à ses bougies, souligne qu’elles sont éternelles et que ses bénédictions ne disparaîtront jamais. Celles-ci sont, en l’occurrence, les suivantes : “ Que Dieu te bénisse et qu’Il te garde ”(3). Et, nos Sages précisent que : “ Tes biens seront bénis ”.

Qu’il en soit donc ainsi, très prochainement, pour ce qui vous concerne. Dès lors, vous ne serez plus préoccupé par ce que vous m’écrivez. En effet, nos Sages affirment que la roue tourne, de sorte que, quand on se trouve tout en bas, on doit voir en cela le début de l’élévation, de la remontée. En fait, votre préoccupation ira vers la justification, envers vous-même, des questions que vous vous posez(4) et de la manière de les formuler. Certes, dans la prière suivant le repas et même dans sa première bénédiction, instaurée par la Torah, on affirme clairement que Dieu “ nourrit le monde entier avec grâce, bonté et miséricorde ”. Néanmoins, on a coutume de dire : “ Dieu fasse que l’on soit à ce niveau ! ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) De ‘Hanouka. (2) Souhaitant la racheter. (3) C’est-à-dire la bénédiction des Cohanim. (4) Sur les difficultés actuelles.

Lettre n°7141

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7141, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre de l’issue du Chabbat, avec ce qui y était joint et je fais réponse aux trois questions qui y étaient posées :

A) S’agissant du centre de vacances, vous avez pu voir et observer, l’an dernier, à quel point celui-ci était important, surtout dans l’état de New England. A mon sens, il est donc clair qu’un effort, une action particulière sont nécessaires afin que ce centre poursuive son activité pour les filles. Pour l’an prochain, il reste encore plusieurs mois avant la saison. L’effort qui convient permettra donc d’intégrer celles qui viennent de milieux ayant les moyens de payer le séjour. Ainsi, il y a lieu d’espérer qu’il n’y aura pas de déficit et même que l’on couvrira une partie du déficit du passé. Vous me dites vouloir maintenir ce centre “ pour le Nom de Dieu ”(1). Néanmoins, la pratique fait la preuve que ce qui est durable doit être subventionné. Il faut donc faire tout ce qui est en votre possible, selon les voies de la nature pour l’obtenir. Certes, nos Sages disent que “ tous les débuts sont difficiles ” mais, en l’occurrence, ce début est déjà passé. Désormais, tout sera plus aisé.

B) Vous me demandez s’il convient de multiplier les prières(2) pour connaître la réussite matérielle, de même que pour conserver la santé. Je suis, bien entendu, surpris de votre doute et de la question que vous me posez. En effet, notre Torah, Torah de vie, nous ordonne : “ Vous prendrez bien garde de vos âmes ” et le Rambam tranche, dans ses lois des opinions, à la fin du chapitre 3 et au début du chapitre 4, qu’il “ appartient à l’homme d’avoir un corps en bonne santé et intègre, ce qui fait partie des voies de Dieu ”. De façon générale, il signifie ainsi qu’un homme doit préserver sa santé physique et tout ce qui la concerne. Selon les termes de l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, lois des dommages physiques et moraux, au paragraphe 4 : “ Le corps de l’homme ne lui appartient pas. Il ne peut lui imposer aucune souffrance ”. Vous consulterez aussi ses lois de la préservation du corps et point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est clairement établi. Plus encore, selon l’avis de quelques uns des premiers Décisionnaires, lorsqu’un homme se trouve dans le besoin, y compris quand il s’agit de sa santé physique, la Torah lui fait Injonction de prier Dieu pour en obtenir la satisfaction.

C) Vous parlez également d’un centre de vacances pour les garçons. Vous précisez vous-même qu’une clarification est encore nécessaire, à ce sujet et qu’un intense effort doit être déployé. A mon avis, vous ne devez donc pas, prendre, en plus, une responsabilité nouvelle, en l’occurrence, celle du centre pour les garçons, en tout cas pas pour l’année qui vient. Puis, en fonction des résultats de cette année, vous déciderez ce qu’il y aura lieu de faire en 5721(3). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, dans le calme et l’enthousiasme,

Notes

(1) Sans profit. (2) Voir, à la suite de cela, la lettre n°7200. (3) Pour l’été 1961.

Lettre n°7142

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7142, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5720,

Brooklyn,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Naftali(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

J’espère que vous êtes bien arrivé à Londres(2) et j’aimerais savoir si, au cours de votre voyage, vous avez rencontré monsieur Chnéor Zalman Yaffé et les membres de sa famille, auxquels Dieu accordera longue vie. En effet, vous vous êtes trouvés sur le même bateau. De même, avez-vous eu l’occasion de diffuser les sources(3) à l’extérieur ? Car, on a maintes fois souligné l’importance de profiter de chaque événement et de chaque opportunité, en la matière. De fait, le Baal Chem Tov enseigne cette notion à propos des Juifs se perdant dans les différents pays(4), comme cela est imprimé à la fin du Likouteï Torah, paru aux éditions Kehot. Pour souligner clairement tout cela et y faire un ajout, je voudrais vous rappeler que, pendant votre séjour à Londres, vous devez donner des nouvelles d’ici et de ce qui a été dit lors des réunions ‘hassidiques. En outre, vous parlerez des Yechivot du soir, des actions positives qui y sont accomplies et de l’importance d’un tel accomplissement. Vous décrirez le changement profond qui en a résulté pour les élèves et pour tout leur entourage. En la matière, vous ne ferez pas preuve de modestie puisqu’il est dit, à ce propos : “ J’avancerai dans la largesse ”, surtout pour ce qui a une incidence sur l’action concrète et ce qui en résulte pour le service de Dieu, en l’occurrence pour la création de Yechivot du soir à Londres. Et, l’on sait, à ce sujet, le moyen de déterminer l’origine de chaque argument(5), comme l’explique le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan.

Bien entendu, ce qui vient d’être dit ne contredit pas ce que je vous ai indiqué, de manière confidentielle, à propos de ces Yechivot du soir. Car, en tout ce qui appartient au domaine de la sainteté, il nous est demandé de connaître l’élévation, de ne se contenter en aucune façon des acquis du passé, ni même du présent. Comme le dit l’Admour Hazaken, à propos de ce domaine de la sainteté, à la fin du chapitre 13 du Tanya : “ La tête et l’intellect des stades inférieurs sont plus bas que les talons et les pieds des stades supérieurs ”. Or, l’Admour Hazaken n’émet aucun doute, à ce sujet et il renforce même cette idée en concluant : “ Nos Sages affirment que ‘les pieds des anges les surpassent’ ”. Il s’agit là d’une explication plus appuyée de ce qui a été dit au préalable : “ Tous les stades et les niveaux inférieurs sont comme insignifiants par rapport à ceux qui les dépassent ”.

Cette affirmation est à l’origine de ce que je vous ai dit, à propos de la seconde étape du développement des Yechivot du soir. En la matière, vous vous servirez, de la manière qui convient et avec l’enthousiasme requis, des talents qui vous ont été accordés. Et, j’espère que vous accèderez rapidement à cette seconde étape. A tout cela, il convient d’appliquer les termes de l’Admour Hazaken précédemment cités, non seulement : “ sont comme insignifiants par rapport à… ”, mais, bien évidemment et avant tout, du fait que l’étape précédente, c’est-à-dire la situation actuelle, est bien un stade du domaine de la sainteté, pouvant être qualifié de tête et d’intellect. C’est bien clair. Si vous disposez d’une ou de deux journées libres, il serait bon que vous vous rendiez à Manchester et surtout dans la Yechiva de cette ville. Vous transmettrez mes salutations à l’enseignant et au recteur. Vous lui demanderez, en outre, l’autorisation de signifier mes salutations également aux élèves de cette Yechiva, auxquels Dieu accordera longue vie. Bien entendu, transmettre mes salutations consiste à prononcer devant eux des propos de Torah et d’encouragement ayant été entendus lors des réunions ‘hassidiques. Je m’en remets à votre entendement pour déterminer quelles explications il convient de choisir. Avec ma bénédiction de réussite en tout cela et pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav N.Roth de Jérusalem. Voir, à son propos, les lettres n°6462 et 7204. (2) Où le Rav Roth fit une escale, rentrant en Terre Sainte, après un voyage chez le Rabbi. (3) De la ‘Hassidout. (4) Ils doivent alors y diffuser la Torah. (5) Il émane du bien ou du mal selon qu’il conduit à renforcer son service de Dieu ou à l’affaiblir.

Lettre n°7143

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7143, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la sixième lumière(1), me demandant une bénédiction de réussite en vos études. Vous me faites remarquer que ‘Hanouka est une période au cours de laquelle les Juifs luttèrent pour l’étude de notre sainte Torah. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera, afin que les souhaits de votre cœur soient positivement exaucés. Pour autant, il est bien évident que vous devez mettre en pratique l’enseignement de nos Sages, “ tu feras des efforts ”. De la sorte, il est certain que s’accomplira la promesse selon laquelle : “ ils seront couronnés de succès ”.

La guerre de ‘Hanouka, à laquelle vous faites référence, n’était pas dirigée contre toute forme d’étude de la Torah. Elle avait plus précisément pour but, comme nous le disons dans Al Ha Nissim(2), “ de leur faire oublier Ta Torah ”. En d’autres termes, ils n’étaient pas opposés, par principe, à l’étude de la Torah, pourvu que, pendant celle-ci, on ne conserve pas à l’esprit le lien avec Celui Qui l’a donnée. De la même façon, ils n’étaient pas contre la pratique des Mitsvot, mais rejetaient seulement : “ Les Décrets de Ta Volonté ”, les Commandements qui n’ont pas d’explication rationnelle. C’est pour cela que les enfants d’Israël luttèrent. Ils conservèrent ainsi l’étude de la Torah, dans sa globalité et la pratique des Mitsvot, y compris les Témoignages(3) et les Jugements(4).

Il en est de même en ces jours, comme le précise la Michna. Pour que la Torah se maintienne, il faut que : “ la crainte de Dieu précède la sagesse ”. Or, le moyen d’acquérir la crainte et l’amour de Dieu est, selon la formulation du Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du chapitre 2 : “ Comment parvient-on à Le craindre ? En méditant à la grandeur du Créateur, béni soit-Il ”. Puisse Dieu faire que vous-même adoptiez une attitude similaire et que vous influenciez vos amis pour qu’ils en fassent de même. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) De ‘Hanouka. (2) Le passage intercalé dans la prière et dans la bénédiction suivant le repas, pendant ‘Hanouka. (3) Les Mitsvot commémoratives. (4) Les Mitsvot purement rationnelles.

Lettre n°7144

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7144, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5720,

Brooklyn, New York,

Au banquet annuel des auxiliaires féminines de

Brownsville et de East New York, au profit des

Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,

Je vous bénis et vous salue,

C’est avec plaisir que j’ai reçu l’invitation à votre banquet annuel, qui doit avoir lieu, avec l’aide de Dieu, ce mardi 12 Tévet. Sans doute, les dirigeantes et leurs collaboratrices font-elles tout ce qui est en leur pouvoir afin d’assurer la réussite de cet événement. Je ne fais pas seulement allusion aux préparatifs du banquet proprement dit, mais aussi à l’obtention de bons résultats, financiers et moraux. De fait, les résultats d’une manifestation annuelle doivent avoir des répercussions tout au long de l’année. En outre, et comme je l’ai maintes fois souligné, cette année a une vertu particulière, puisqu’elle marque le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale et également celui de la date à laquelle l’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, devint un responsable communautaire de la plus large envergure.

On sait que le Baal Chem Tov, avant même de se révéler en tant que tel, commença son œuvre parmi les Juifs et envers les Juifs en étant assistant dans un ‘Héder, afin de se consacrer à l’éducation des petits-enfants. Par la suite, il révéla à tous et, jusqu’à ce jour, le chemin de la ‘Hassidout, avec sa chaleur et sa clarté. Son enseignement a été très largement commenté et illuminé, avec la plus profonde abnégation, par l’Admour Hazaken. Tel est également le contenu de votre mission, en tant que femmes juives et que mères. Vous devez éduquer des enfants juifs sur le chemin vivace, chaleureux et radieux de la Torah, venir en aide aux élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim afin qu’eux-mêmes suivent cette voie, celle du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. A n’en pas douter, le mérite de ce saint accomplissement protégera chacune d’entre vous, avec les membres de vos familles, afin de connaître le succès en toutes vos actions, matérielles et spirituelles. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, concernant tout ce qui vient d’être dit,

M. Schneerson,

Lettre n°7145

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7145, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5720,

Brooklyn, New York,

Aux participants à la fête de ‘Hanouka de Kfar Argentina

en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie

très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue grandement et vous bénis,

J’ai eu connaissance avec plaisir de votre réunion ‘hassidique, tenue pendant ‘Hanouka. Comme c’est systématiquement le cas quand se réunissent des enfants d’Israël craignant la Parole de Dieu, on y a sûrement entendu des propos de Torah, lesquels conduiront à l’action concrète, c’est-à-dire à un ajout à pratique de la Torah et des Mitsvot(1), tout au long de l’année qui suit(2).

Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) A l’adoption d’une pratique supplémentaire. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7137.

Lettre n°7146

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7146, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

A monsieur Yaakov El’hanan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Tévet, dans laquelle vous exprimez votre surprise en constatant que, lors de la réunion ‘hassidique du jour de la bonne nouvelle, le 19 Kislev, à Kfar ‘Habad, il n’a pas été question publiquement de nos frères, les enfants d’Israël, se trouvant…(2), alors que l’on aurait dû prier, du fait de la situation dans laquelle ils se trouvent. Vous précisez que votre surprise est d’autant plus forte que bon nombre des présents, vous en avez la conviction, ont encore de proches parents qui se trouvent là-bas.

Votre première surprise est, en fait, expliquée par la seconde. Il en est ainsi précisément parce que ce sentiment est gravé dans l’esprit des principaux intervenants de cette réunion et, plus généralement, des habitants de Kfar ‘Habad. En effet, tout ce qui leur est arrivé, avant qu’ils quittent ce pays, reste gravé en eux. Plus encore, ils ont là-bas, pour la plupart d’entre eux, des personnes très proches, matériellement et spirituellement. Si l’on tient compte de la personnalité humaine, il est clair que ceux-ci ne peuvent s’acquitter de leur obligation, en la matière(3), par une courte prière ou par un Psaume, puis, tout de suite après cela, prendre part à la joie d’une réunion ‘hassidique. Différentes catégories de personnes, en particulier parmi celles qui viennent d’être désignées, ne se contrôlent pas, même s’ils investissent toutes leurs forces dans la célébration joyeuse de ce jour, dans les réjouissances qu’elle commémore et l’honneur des présents. Il est bien clair qu’un sentiment aussi intérieur et profond ne peut pas être affiché en public. Néanmoins, pendant les jours précédant la fête et lui faisant suite, de même que pendant la fête elle-même, en dehors de la réunion ‘hassidique, il est bien clair que ces personnes non seulement se souviennent de la situation qui règne là-bas, mais, en outre, la conservent toujours devant leurs yeux, comme c’est le cas pour de nombreux ‘Hassidim ayant quitté ce pays. En effet, le lien avec cet endroit reste vivace, l’est même encore plus qu’auparavant. On peut en trouver la preuve dans les lettres des ‘Hassidim(4), sollicitant une bénédiction pour le bien-être de ceux qui s’y trouvent encore. Ces lettres sont rédigées avec une émotion particulière.

Pour passer d’une idée à l’autre tout en restant dans le même contexte, différents textes expliquent que tous les enfants d’Israël sont considérés comme un seul homme, comme un grand organisme. Or, si l’on reprend cette image, le raffermissement d’un membre du corps apporte également force et vitalité à tous les autres. Combien plus en est-il ainsi, ou même au-delà de ceci, pour ce qui est décrit par cette image. En effet, dans le domaine spirituel, l’endroit ne limite pas et l’on dépasse aussi les lois naturelles inhérentes à la matière. Ainsi, plus chaque individu, au sein de tout Israël, intensifiera tout ce qui contribue à la libération du petit monde que constitue le corps, renforçant la lumière et le bien, repoussant l’autre côté(5), plus l’on réalisera un ajout là-bas, pas moins qu’en y envoyant des colis et même bien plus qu’en le faisant. Vous me faites part, dans votre lettre, de vos origines familiales. Vous n’avez donc nul besoin, je l’espère, de preuves afin d’établir que seules la Torah et ses Mitsvot sont en mesure de renforcer la lumière et le bien dans notre monde matériel. Alors que l’oppression est malheureusement renforcée, la nécessité d’un ajout, en la matière, se fait d’autant plus importante. Et, si cette nécessité se fait jour, il est certain que l’on reçoit la possibilité, en ce moment, de satisfaire à cette requête. Vous comprenez bien ce qui en résulte.

A cette occasion, tout étant effet de la divine Providence, je voudrais vous souligner, en particulier, l’obligation absolue et le devoir personnel de fixer un temps pour l’étude de la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Bien plus, nous célébrons le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov et cette année est donc propice pour la diffusion des sources(6), de l’enseignement de la ‘Hassidout, jusqu’à ce qu’il parvienne à l’extérieur, comme le dit sa sainte épître, qui est bien connue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) M. Y. E. Play, de Tel Aviv. (2) En Russie. (3) Tout ce qu’ils feraient ne serait pas suffisant. (4) Adressées au Rabbi. (5) Le domaine du mal. (6) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7147

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7147, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission sacrée, le Rav Avraham Ben Tsion(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous faites allusion à une brochure pour la prochaine fête de Chavouot. Globalement, c’est une très bonne proposition. Néanmoins, celle-ci doit être consacrée uniquement au Baal Chem Tov(2) et non à ses prédécesseurs, car il ne faut pas mélanger les idées. Comme je l’ai maintes fois écrit, il est indispensable que cette brochure soit rédigée et corrigée suffisamment à l’avance.

Puisse Dieu accorder la réussite à ces actions, au sein de toutes celles qui sont menées pour diffuser les sources(3) à l’extérieur, en avançant et en éclairant sans cesse, jusqu’à ce que s’accomplisse : “ Et, tu te répandras… ” et que l’on puisse constater de ses propres yeux l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ le maître viendra ”, c’est-à-dire le roi Machia’h. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav A.B. T. Maïzlich, de Kfar ‘Habad. Voir la lettre n°4689. (2) Dont la Hilloula est à Chavouot. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7148

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7148, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 6 Tévet. En un moment propice, on mentionnera son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, pour tout ce que vous m’écrivez. Vous me dites que vous ne connaissez la réussite en rien, ce qu’à Dieu ne plaise. Différents textes de notre Torah, Torah de vie, établissent qu’un Juif n’a pas le droit de parler ainsi, ni même de le penser. Bien plus, la logique élémentaire permet d’établir que ce n’est nullement le cas. La base de notre foi est que tout est effet de la divine Providence, que “ le mal ne peut pas émaner de la bouche de Dieu ”, ce qu’à Dieu ne plaise. En outre, la Hala’ha tranche, comme on le sait, que “ tout ce que Dieu fait est pour le bien ”. Néanmoins, comme l’établissent différents textes, plus l’on raffermit sa foi et sa confiance en Dieu, sa conviction, comme on l’a dit, que “ tout ce que Dieu fait est pour le bien ”, d’une manière large et au plus vite, plus l’on observe la vérité dans la pratique concrète. Vous consulterez ce qui est expliqué, à ce propos, dans le saint Tanya, en consultant l’index de cet ouvrage, qui est paru aux éditions Kehot.

C’est l’occasion pour moi de vous rappeler la nécessité de garder les trois études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont bien connues. Nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qu’elles concernent chacun et qu’elles exercent un effet favorable, y compris dans le domaine précédemment cité(1). Vous me parlez aussi de telle personne dont le comportement n’est pas du tout satisfaisant, alors que vous êtes obligé de vous taire. Vous savez et vous vérifiez concrètement qu’il existe divers moyens d’exercer une influence. La parole n’est pas toujours la plus efficace, surtout quand elle est adressée directement. L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, nous a fait savoir(2) que : “ un Juif ne veut pas et ne peut pas se séparer de la Divinité ”. Le Rambam fait allusion à cela, par la décision hala’hique qu’il énonce à la fin du chapitre 2 de ses lois du divorce. A n’en pas douter, il existe donc bien un moyen d’exercer une influence sur cette personne. Toutefois, il est nécessaire de rechercher ce moyen et il est dit que : “ si tu fais des efforts, ceux-ci seront couronnés de succès ”.

En la matière, l’idée centrale est donc la suivante. Bien souvent, il s’avère plus efficace d’exercer une influence indirecte, par l’intermédiaire d’amis, plutôt que directement, par des proches. Vous m’avez transmis cette requête et puisse donc Dieu faire que vous m’en donniez également de bonnes nouvelles. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Pour lequel le destinataire de cette lettre demandait une bénédiction. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7053.

Lettre n°7149

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7149, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Tévet, dans laquelle vous me dites que vous assurez la direction d’une école rapprochant les cœurs juifs de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Or, cette institution subit des difficultés financières. Une telle situation n’est sûrement pas nouvelle pour vous. Vous connaissez la lettre du Ramban, selon laquelle : “ Plus on s’est sanctifié…(1) ”. En tout état de cause, il convient uniquement que les responsables et les directeurs soient animés d’une ferme détermination. Il s’agit, en effet, de l’éducation des enfants basée sur les valeurs sacrées. Et, il faut, pour cela, prononcer des paroles qui émanent du cœur.

Vous m’interrogez sur vos fiançailles. Or, vous connaissez l’enseignement de nos Sages, selon lequel l’homme doit se comporter comme s’il recherchait ce qu’il a perdu, mais, bien entendu, d’une manière pudique, en conformité avec le Choul’han Arou’h. De nos jours, en général et pour un jeune homme qui a étudié à la Yechiva, en particulier, le conseil suivant est donné, à ce propos. Il faut se préoccuper uniquement de ce qui est essentiel, en la matière, ainsi qu’il est dit : “ mensonge…(2). Seule une femme craignant Dieu est digne d’éloge ”. De la sorte, Dieu Lui-même, Qui constitue les couples, accorde la réussite à la fois en l’essentiel et en l’accessoire. Tout est effet de la divine Providence. Il est donc de mon devoir et de mon mérite de vous rappeler la nécessité absolue de fixer un temps pour l’étude de la partie profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par l’enseignement de la ‘Hassidout. Vous exercerez une influence en ce sens auprès de votre entourage et c’est à ce propos qu’il est dit : “ Rien ne résiste à la volonté ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Plus l’on subit des difficultés. (2) Est la grâce, insignifiante est la beauté.

Lettre n°7150

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7150, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 4 Tévet, dans laquelle vous me parlez des logements et du moyen de gagner votre vie. En un moment propice, on mentionnera vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon le contenu de votre lettre. Je mentionnerai également les noms que vous citez près de ce saint tombeau. Vous faites référence, à la fin de votre lettre, à la diffusion des sources(1). Il est bien évident que cela n’est en aucune façon suffisant, que l’on ne peut même pas dire que l’on a agi, mais pas autant qu’il l’aurait fallu ou bien que ce résultat est proche de ce que l’on aurait dû obtenir, mais est encore entaché par le manque. Cela ne s’applique nullement aux actions que vous décrivez et est d’autant plus surprenant que vous avez commencé à vous en occuper, que vous avez pu observer votre réussite. Vous avez donc dépassé la période du début(2). Vous ne devez pas vous laisser convaincre par l’autre côté(3), affirmant que tout cela n’est pas votre affaire, qu’un tel accomplissement est inutile. Vous avez pu vous-même constater votre succès. Or, non seulement vous n’avez introduit aucun ajout, en la matière, mais, bien plus, vous avez pratiqué de nombreuses réductions.

Bien entendu, mes propos n’ont pas pour objet de faire de la peine à quiconque, surtout à quelqu’un qui, s’il disposait de toutes ses forces, pourrait en faire plein usage afin de diffuser le Judaïsme, en général et les sources, en particulier. La vigueur et la puissance réduiront la peine. Néanmoins, je souligne ici qu’à l’avenir, un changement fondamental doit intervenir, en la matière. Comme l’explique la fin du chapitre 9 d’Iguéret Ha Techouva, “ celui qui avait l’habitude de lire une seule page…(4) ”. En d’autres termes, si un tel homme avait au préalable, le devoir et le mérite de donner un cours public, il convient désormais qu’il en fixe deux, comme je l’ai dit. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, d’un bien véritable, bon pour les cieux et bon pour les créatures, un bien portant des fruits. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) De laquelle il est dit : “ Tous les débuts sont difficiles ”. (3) Les forces du mal. (4) En lira deux, afin de transformer le passé.

Lettre n°7151

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7151, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5720,

Brooklyn,

A monsieur Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, le Rav Chalom Mena’hem Mendel Simpson, j’ai bien reçu votre demande de bénédiction. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous m’en donniez bientôt de bonnes nouvelles. Le mérite de votre action destinée à renforcer le Talmud Torah, que dirige le Rav C.M. Simpson, protégera vous-même et votre épouse, afin que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins. En effet, il n’est pas de mots pour expliquer l’importance de l’étude de la Torah des enfants d’Israël, qui rapproche leur cœur de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Vous en déduirez la valeur de ce mérite. A n’en pas douter, vous vous servez encore de votre influence pour développer le Talmud Torah et, plus généralement, tout ce qui concerne la synagogue, afin que tout y soit basé sur les valeurs sacrées.

Nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera qu’à votre âge(2), il est bon d’étudier la Michna par cœur. A n’en pas douter, vous en connaissez sûrement déjà un grand nombre, celles qui figurent dans la prière ou bien celles que vous avez étudiées. Vous lirez également le Psaume correspondant au nombre de vos années. En effet, à partir de la Bar Mitsva, on commence à dire le Psaume 14. Puis, chaque année, on lit le Psaume suivant et ainsi de suite. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) M. M. Machtey, de Brooklyn. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5446.

Lettre n°7152

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7152, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre et, conformément à votre demande, je passe outre à la file d’attente pour le faire. Vous me posez une question concernant une femme qui a déjà subi deux césariennes. Celle-ci doit maintenant accoucher et le médecin lui propose, si une césarienne s’avère encore une fois nécessaire, ce qui la mettrait en danger pour les grossesses suivantes, de pratiquer, après la naissance, une opération grâce à laquelle elle ne pourra plus avoir d’enfant par la suite. De façon générale, mon propos n’est pas de trancher la Hala’ha. Toutefois, je suis surpris par ce que vous me dites, car l’avis des médecins, surtout ces dernières années, comme on le sait, est qu’un accouchement normal reste possible, même après une césarienne. De même, ils considèrent que la nécessité de conserver une bonne santé n’impose aucune limite du nombre des césariennes(1). Tout dépend, en fait, de l’état de santé général de la femme, quand elle accouche. On ne peut donc rien trancher, concernant le risque que présentent la grossesse et la naissance, si l’on ne tient pas compte de l’état de santé du moment. Or, il existe différents médicaments qui raffermissent la santé, en général et qui fortifient la mère.

Par ailleurs, vous connaissez sûrement la décision hala’hique du Tséma’h Tsédek qui, lorsque la grossesse présente un danger autorise l’emploi d’un tampon, lors d’un rapport(2). Pour différentes raisons, cette manière de pratiquer semble préférable à une opération supprimant définitivement la possibilité d’avoir un enfant. Il faut ajouter, et le médecin vous l’expliquera sûrement, que, de façon générale, une telle opération consiste à ligaturer les trompes. Or, cette ligature peut parfois se séparer et se défaire. Dès lors, on retrouve la possibilité d’enfanter, sans même le savoir. En d’autres termes, si l’on ne désire plus avoir d’enfants, on doit se demander ce qui est préférable, se conformer à l’avis du Tséma’h Tsédek ou bien ligaturer les trompes. Et, il convient d’ajouter encore un autre point, qui est essentiel. Selon les résultats de la recherche médicale menée ces dernières années, des découvertes nouvelles peuvent aboutir chaque jour. Il faut donc se préserver de telles pratiques(3), sur lesquelles on ne pourra pas revenir par la suite, même si l’on parvient à mettre au point un traitement grâce auquel ceci deviendra inutile.

Vous précisez que son médecin respecte la Torah et les Mitsvot, qu’il est, en outre, spécialiste en la matière. Après avoir clarifié tous ces points, sur le principe, auprès d’un autre spécialiste, il serait donc bon de vous adresser de nouveau à lui, à ce médecin pratiquant, afin de vérifier ce qui vient d’être dit. Que Dieu accorde Sa Providence à chacun et à chacune. Il vous montrera donc le bon chemin qu’il convient de suivre, en la matière. Je réitère ma bénédiction pour que Dieu lui accorde une grossesse favorable et facile, qu’elle ait un enfant en bonne santé, au moment qu’il faut, de la manière qui convient et aisément. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Qu’une femme peut subir. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°4032, 5013 et 5218. (3) De ce qui est irréversible, comme la ligature des trompes.

Lettre n°7153

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7153, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Aryé(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche soir, dans laquelle vous m’interrogez sur le changement de formulation que l’on constate entre le commentaire de Rachi sur la Torah, au verset Vaygach 46, 28 et le Midrash Béréchit, au chapitre 95. En effet, Rachi dit(2) : “ duquel émanerait l’enseignement ”, alors que le Midrash préfère : “ dans lequel on apprend des Paroles de la Torah ”. Or, il est établi que certains Midrashim, que consultèrent Rachi et les premiers Sages, ne sont pas parvenus jusqu’à nous et, de ceux que nous possédons, il existe plusieurs versions. Ainsi, en la matière, le Midrash Tan’houma dit : “ dans lequel il délivrerait son enseignement ”. Pourquoi Rachi a-t-il choisi la formulation du Midrash Tan’houma plutôt que celle du Midrash Rabba ? On peut le justifier aisément, selon le sens simple du verset, qui parle d’enseignement plutôt que de ce que l’on apprend. C’est la différence qui peut être faite entre l’étude de la Torah et la capacité de trancher la Hala’ha, que l’on acquiert par la suite. Rachi, dans son commentaire de la Torah, recherche systématiquement l’explication la plus proche du sens simple du verset, alors que le Midrash opte parfois pour son sens analytique. C’est une évidence.

Peut-être est-il donc possible d’avancer que Rachi énonce ici le sens simple du Midrash Rabba. La différence entre ces deux interprétations est la suivante. Il s’agissait, en l’occurrence, d’étudier la Torah en cet endroit. Or, une telle étude peut être envisagée sans qu’il ne soit nécessaire de trancher la Hala’ha. A l’opposé, s’il s’agit effectivement de la trancher, une étude de la Torah est, au préalable, nécessaire. C’est pour cela que Rachi parle d’enseignement, notion qui est effectivement plus proche des termes du verset et, en outre, qui s’applique à tous, y compris à l’étude de la Torah, car, “ en deux cents pièces, il y a effectivement cent pièces ”. De fait, nous avons entendu le mot de l’Admour Hazaken sur la Sidra de Vaye’hi, “ Et, Yaakov vécut ” et sur le commentaire de Rachi, auquel vous faites allusion. Vous en prendrez connaissance en consultant le Hayom Yom, à la date du 18 Tévet. Dieu fasse que chacun d’entre nous agisse, au sein de sa propre Egypte, comme le dit l’explication de l’Admour Hazaken et qu’il en soit ainsi avec exaltation et chaleur, avec l’enthousiasme ‘hassidique. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav A.Shpeizman, de la Barbade. Voir, à son sujet, la lettre n°7319. (2) A propos de la maison d’étude que Yaakov fit créer en Egypte.

Lettre n°7154

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7154, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Tévet, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie. L’une des évolutions qui y sont intervenues dernièrement, dans le domaine religieux, est votre récent retour aux sources, pour reprendre votre formulation, c’est-à-dire à la source d’eaux vives, celle de notre Torah et de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. La formulation que vous employez, celle du retour aux sources, fait la preuve qu’il n’y a pas réellement là un fait nouveau. Bien au contraire, l’homme réintègre le lieu qui est réellement le sien. En avançant sur cette voie, d’une étape vers l’autre, vous renforcerez, de temps à autre, votre conviction et votre certitude que vous devez persévérer en ce sens, sans être affecté par la guerre que vous mène votre mauvais penchant, qui est susceptible de corrompre l’homme par différents moyens, non seulement dans le service de Dieu, mais aussi en toutes ses bonnes actions. De fait, ceux qui ne sont pas pieux, parmi les autres nations, adoptent la même attitude. Malgré cela, le mauvais penchant séduit, incite. Mais, nos Sages nous ont fait savoir que le Créateur de l’homme lui a accordé les forces nécessaires pour prendre le dessus, en ce combat, pour emporter la victoire et pour aller de l’avant, d’une étape vers l’autre.

Vous me parlez également des difficultés de votre situation matérielle. De ce fait, vous devez accepter l’aide de votre mère, qui elle-même ne vit pas dans l’opulence et doit subvenir aux besoins des membres de sa famille. Votre lettre n’indique pas clairement quelles études vous poursuivez et combien de temps vous sera nécessaire pour les achever. Toutefois, d’après ce que l’on rapporte ici, plusieurs étudiants se trouvant dans la même école que vous, gagnent déjà leur vie, à temps partiel, en même temps qu’ils étudient, au moins pendant la dernière ou les deux dernières années. Ils donnent, par exemple, des cours particuliers, sans empiéter sur le temps nécessaire à la réussite de leurs études. En outre, apprendre un métier est un moyen de s’installer dans la vie d’une manière plus adaptée, pendant des décennies par la suite. Un effort et la lassitude qui en résulte, pendant un certain temps, sont donc des investissements qui produisent des fruits importants, dépassant largement l’effort consenti et, par la suite, conservés pendant longtemps. Il est certain que grâce à cela, vous aurez la possibilité de procurer à votre mère une immense satisfaction. Elle observera le fruit de son effort et de l’aide qu’elle vous a apportée pour poursuivre et conclure vos études.

Bien entendu, il n’y a pas lieu de vous excuser pour m’avoir écrit et vous continuerez à le faire, à l’avenir. J’espère, toutefois, que vos prochains courriers me donneront de bonnes nouvelles, en la matière. Vous me direz, avant tout, que vous avez un meilleur moral, que vous avez renforcé votre confiance en Dieu, Qui accorde Sa providence à chacun, personnellement et jusque dans le moindre détail. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°7155

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7155, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5720,

Brooklyn,

Aux responsables et aux dirigeants de la synagogue

‘Hevra Tséma’h Tsédek, de rite Ari Zal, 184 rue Henry,

New York, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai entendu dire que la direction de la ville de New York a l’intention de détruire le bâtiment dans lequel se trouve votre synagogue et maison d’étude. A n’en pas douter, vous recevrez, comme le stipule la loi, un dédommagement d’un montant qui vous permettra d’acquérir une synagogue et maison d’étude conforme à vos coutumes et vos particularités. Il est sans doute inutile d’appeler votre attention, suffisamment à l’avance, sur la nécessité de trouver un endroit, un immeuble dans lequel on pourra transférer ces institutions afin que vous soyez en mesure de poursuivre vos activités, selon votre coutume et votre tradition de plusieurs décennies, le rite Ari Zal, avec ses pratiques spécifiques en relation avec la prière et la synagogue, de même que les études publiques de la Torah, comme le veut la Tradition d’Israël, en accord avec la pratique que vous avez eue jusqu’à maintenant.

Conformément à l’enseignement de nos Sages, “ on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent cette qualité par nature ”. Je voudrais donc ajouter qu’à n’en pas douter, vous poursuivrez effectivement ces activités, dans la nouvelle localisation de votre synagogue et maison d’étude, comme cela a été le cas jusqu’à ce jour. Je veux dire que vous devez être autonome, en tout cela, sans vous associer à quiconque, afin de conserver pleinement la possibilité de garder vos coutumes et votre rite dans toute leur pureté. On sait à quel point notre sainte Torah a souligné l’importance d’un tel usage et nos Sages affirment, au traité Beïtsa 4b : “ Prenez bien garde aux coutumes de vos ancêtres qui vous sont parvenues ”. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, que vous assuriez la continuité de toutes les activités de la synagogue et maison d’étude Tséma’h Tsédek, de rite Ari Zal, d’une manière sans cesse accrue, sans cesse plus lumineuse. Très prochainement, s’accomplira la promesse selon laquelle les synagogues et les maison d’étude de Babel seront rétablies en Erets Israël, avec la venue de notre juste Machia’h, lors de la délivrance véritable et complète. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

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