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Iguerot Kodesh — lettres 7095 à 7114

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7095

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7095, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Kislev 5720,

Brooklyn, New York,

Aux distingués ‘Hassidim qui craignent Dieu et

prient à la synagogue de rite Ari Zal,

Je vous salue et vous bénis,

Nous sommes à la veille de Roch ‘Hodech Kislev, qui est le mois de la délivrance, des miracles et de la victoire, comme tous les Juifs le savent et je vais me rendre auprès du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, comme je le fais chaque veille de Roch ‘Hodech, en particulier celui de Kislev. J’ai été surpris et également peiné par une rumeur, dont je veux espérer qu’elle n’est pas fondée, selon laquelle vous voudriez cesser, ce qu’à Dieu ne plaise, de dire et d’étudier les propos de nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera, l’enseignement de la ‘Hassidout ‘Habad, comme cela est pratiqué depuis de nombreuses années déjà, depuis plusieurs générations, au point que le nom de votre synagogue est : “ de rite Ari ”. Comme je l’ai dit, je veux avoir la conviction qu’il n’y a là qu’une rumeur et que l’on maintiendra cet usage positif, comme cela a été fait jusqu’à maintenant, bien plus, qu’un ajout sera introduit, dans ce domaine, conformément à l’enseignement de notre sainte Torah selon lequel on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté et à la leçon délivrée par les lumières de ‘Hanouka, soulignant

que l’on doit toujours éclairer plus.

Il est certain que tous ceux qui prient dans la synagogue de rite Ari apporteront leur concours afin de maintenir cet usage positif, qui, de fait, est non seulement une coutume, mais aussi un fait établi depuis de nombreuses années, au point d’être devenu un principe de la Torah. En outre, et ceci est essentiel également, vous connaissez la requête de mon beau-père, le Rabbi, de son père et des maîtres des générations précédentes, depuis l’Admour Hazaken, celle de diffuser les sources de la ‘Hassidout en tout endroit. Et, eux-mêmes ont clairement souligné que cela ne concerne pas uniquement les ‘Hassidim ‘Habad, mais, à terme, tout le peuple d’Israël. Or, si l’on a demandé qu’il en soit ainsi à l’époque de mon beau-père, le Rabbi et encore avant cela, combien plus doit-il en être ainsi, à chaque pas, à notre époque, celle du talon du Machia’h.

J’ai été encore plus étonné d’apprendre que certains des ‘Hassidim de Satmar ne sont pas satisfaits de cette étude de l’enseignement de ‘Habad ou voudraient même lui faire obstacle, alors qu’avant ce Soukkot, j’ai reçu le livre Yoël Moché, du Rabbi de Satmar Chlita, qui cite et appuie les propos de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, se base sur eux pour développer son explication. Peut-on croire que son ‘Hassid agisse à l’encontre de sa position, bien plus empêche les autres, en public, de l’adopter ?

Comme je le disais auparavant, j’espère que l’étude de la ‘Hassidout ‘Habad sera maintenue sans aucune difficulté. Je conclurai donc ici, en vous saluant, en vous souhaitant une paix véritable, comme le tranchent nos maîtres, dans le traité Sanhédrin 99b, en ces termes : “ Quiconque se consacre à la Torah pour son nom instaure la paix dans le sanctuaire céleste et dans le sanctuaire terrestre ”. Ceci est expliqué dans le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, au discours ‘hassidique intitulé : “ Enrôlez d’entre vous ”, de même que dans le discours introduit par les mêmes mots du Rabbi Rachab, que je joins à la présente. Je vous adresse ma bénédiction pour un mois joyeux et ‘hassidique. Grâce à l’étude visée plus haut, qui est un moyen d’en diffuser les sources à l’extérieur, une explication du Baal Chem Tov, nous mériterons prochainement l’accomplissement de la réponse du roi Machia’h : “ le maître viendra ”, “ lorsque tes sources se répandront à l’extérieur. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7096

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7096, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Début de Kislev 5720]

Je(1) vous remercie beaucoup pour la remarque que vous m’avez adressée concernant les responsa Héchiv Moché. De même, j’ai bien reçu le livre Dovev Sifteï Yechénim. Vous m’excuserez de vous dire que j’ai été peiné de constater que plusieurs lettres y ont été présentées comme émanant du Gaon de Ragatchov. Quiconque est familier de son style(2) pourra vérifier que ce n’est nullement le cas.

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Moché ‘Haïm Ephraïm Bloch et rédigée sur la sienne, datée du jeudi 25 Mar’hechvan, de la Parchat ‘Hayé Sarah. Voir, à son sujet, les lettres n°5984, 6630 et 7171. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°7171.

Lettre n°7097

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7097, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Kislev 5720,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’espère que vous profitez des jours de ce mois, celui des miracles et de la délivrance, dans lequel se trouve le Roch Hachana de l’enseignement de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques(2). Cette date est elle-même incluse dans le Roch ‘Hodech qui, de ce fait, s’appelle Roch, la tête et non le début, comme cela est expliqué à propos de Roch Hachana(3). Bien plus, votre ville est le centre de nombreuses Yechivot et, d’après ce que l’on dit, on ressent, chez leurs élèves, une tendance à percevoir la dimension profonde de la Torah laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.Landa, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, les lettres n°5012 et 7352. (2) Le 19 Kislev, date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (3) Tête de l’année qui inclut en elle tous ses jours.

Lettre n°7098

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7098, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Kislev 5720,

Brooklyn, New York,

Aux membres de l’assemblée de Yechouroun,

chérissant et respectant la Torah et les Mitsvot,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Cette année est le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale. Comme on le sait, le Baal Chem Tov entama son œuvre sacrée en tant qu’éducateur des petits-enfants. Il était l’assistant d’un professeur, conduisait les touts petits à l’école en les portant sur ses bras, leur enseignait l’alphabet, les bénédictions, le Chema Israël, avec un amour et une abnégation qui ne connaissaient pas de limite. Il est bien connu que tous les maîtres de ‘Habad, depuis l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad sur la base des principes établis par son “ grand-père ”(1), jusqu’au fondateur de la Yechiva Tom’heï Temimim, à Loubavitch, le Rabbi Rachab et son fils, mon beau-père, le Rabbi, qui transféra cette Yechiva en Amérique, ont diffusé, au péril de leur vie, une Torah emplie de crainte de Dieu et sa dimension profonde, de sorte que, de nos jours, les différentes Yechivot Tom’heï Temimim et, avant tout, leur centre, qui est à Brooklyn, sont la source des plus grandes forces, dans le domaine de la bonne éducation, basée sur les valeurs sacrées. En effet, chaque élève se pénètre d’amour de Dieu, d’amour de la Torah et d’amour du prochain, étant ainsi en mesure de diffuser une influence lumineuse et enthousiaste dans son entourage.

En ce jour de Roch ‘Hodech Kislev, 1er Kislev, la vertu lumineuse de ce mois, grâce à la fête de la libération de l’Admour Hazaken(2) et la Mitsva des bougies de ‘Hanouka, que l’on allume en ordre croissant me permet de m’adresser à tous les amis des Yechivot Loubavitch ou, plus généralement, à ceux qui chérissent la Torah et les Mitsvot, de leur lancer un appel du fond de mon cœur, afin qu’ils soutiennent la célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, qui en attend une aide significative, une aide qui les sauvera et rendra leur existence plus sûre. Le mérite de cette Mitsva, qui est aussi celui du plus grand nombre de même que le mérite des jours propices qui approchent, protègeront chacun et chacune, à n’en pas douter, avec les membres de sa famille, afin d’obtenir les bénédictions de Dieu, d’une manière sans cesse accrue, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) C’est ainsi que l’Admour Hazaken appelait le Baal Chem Tov. Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 4, à la page 1136, en particulier dans la note 1 et la lettre n°7294. (2) Des prisons tsaristes, le 19 Kislev.

Lettre n°7099

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7099, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Kislev 5720,

Brooklyn,

Au jeune Lévi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 28 Mar’hechvan, dans laquelle vous me faites part de l’évolution positive qui a été constatée en certains points, à propos desquels vous m’aviez écrit. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles également des autres points. Vous êtes élève de Yechiva et il est donc bien évident que vous devez, avant tout, renforcer encore plus clairement votre étude de la Torah, avec élan et ardeur, pratiquer ses Mitsvot de la meilleure façon. C’est ainsi que vous multiplierez les bénédictions de Dieu, en vos besoins.

Vous me dites que votre père a adopté l’usage positif qui consiste à donner de la Tsédaka, en disant Vayevaré’h David(2). Celui-ci est basé sur les écrits du Ari Zal et sur différents autres textes. Sans doute maintiendra-t-il donc maintenant cette pratique favorable, qui est aussi un moyen de prélever de la Tsédaka avant la prière, puisque sa partie essentielle est le Chemoné Essré, comme l’explique l’introduction de l’Admour Hazaken à son Siddour. Néanmoins, il faut, bien entendu, ajouter à cela un don pour la Tsédaka avant l’ensemble de la prière(3). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) L. ‘Hizkya, de Lod. (2) “ Et, David bénit ”, dans les Pessoukeï de Zimra de la prière du matin. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Péri Megadim, Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 92, considère que la Tsédaka précédant la prière est donnée quand on dit Vayevaré’h David. Et, de fait, le don de Tsédaka en prononçant ces mots précède effectivement la prière. Néanmoins, l’Admour Hazaken écrit, dans son Choul’han Arou’h, aux chapitres 51 et 92, qu’il y a bien là deux pratiques différentes. Aussi s’agit-il effectivement de deux dons distincts. C’est en particulier le cas si l’on tient compte de la manière de pratiquer ces dons, comme l’expliquent le Siddour de l’Admour Hazaken, à propos de Vayevaré’h David, Iguéret Ha Kodech de l’Admour Hazaken, au chapitre 8 et le commentaire du Tséma’h Tsédek sur les Tehilim, au chapitre 17. Il y a bien là deux conceptions divergentes. Certes, le don avant la prière est cité par le Choul’han Arou’h, à la fin du chapitre 92. Toutefois, le moment qui précède toute la prière est plus propice pour la Tsédaka. Il est clair qu’il n’y a pas lieu de s’interrompre, en donnant de la Tsédaka, entre la fin des bénédictions du Chema et la Amida, comme le dit le chapitre 92. Mais, ce point ne sera pas développé ici. ”

Lettre n°7100

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7100, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, qui me causait déjà de l’inquiétude, j’ai bien reçu votre lettre de ce mardi, lorsque deux fois fut dit le mot : “ bon ”(1), m’annonçant une bonne nouvelle, la réussite du traitement médical que vous avez suivi(2). Puisse Dieu faire que votre état de santé continue à s’améliorer. Vous conservez sûrement le souvenir de ce que je vous ai maintes fois écrit(3), concernant le message délivré par le dicton de nos maîtres et chefs : “ Si l’on se dit que tout est bien, tout va effectivement bien ”. Bien plus, vous avez observé, de vos yeux de chair, les bienfaits de Dieu et, en pareil cas, l’intellect humain, y compris celui de l’âme animale, se doit de penser que tout est bien.

Puisse Dieu faire qu’à partir du mois de Kislev, vous intensifiez l’un et l’autre(4) votre diffusion du Judaïsme traditionnel en tout endroit que vous pourrez atteindre. Celui-ci sera pénétré de chaleur, d’enthousiasme et de vitalité ‘hassidiques, de manière sans cesse accrue et toujours plus lumineuse. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, de même que de votre propre état de santé(5),

Notes

(1) Lors de la création. (2) Cette lettre est adressée à un couple et ceci concerne la femme. (3) Voir la lettre n°6676. (4) Le mari et l’épouse. (5) Celui du mari.

Lettre n°7101

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7101, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[2 Kislev 5720]

Mon beau-père, le Rabbi, au nom de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, nous a souvent rappelé que nous devons tirer un enseignement de la Sidra de la semaine(1) et l’appliquer à tous les événements survenant pendant cette semaine.

De fait, la Parchat Vayétsé délivre de nombreux enseignements relatifs au rôle de la femme en tant que maîtresse de maison(2), non seulement de son propre foyer, mais aussi de toute la maison d’Israël. En effet, cette Sidra nous montre comment Yaakov parvint en un pays étranger, vécut des moments difficiles. Or, malgré tout cela, c’est là qu’il bâtit toute la maison d’Israël. Tous ses enfants restèrent fidèles à la tradition des Patriarches, Avraham, Its’hak et Yaakov. Tout cela fut possible parce que les Mères juives, Ra’hel, Léa, Bilha et Zilpa firent tout ce qui était en leur pouvoir pour assurer l’intégrité de leur foyer et la plénitude de leur peuple.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6537. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7106.

Lettre n°7102

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7102, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de ce mardi, lorsque deux fois fut dit le mot “ bon ”(1), premier jour de Roch ‘Hodech Kislev, le mois des miracles et de la délivrance. Je vous remercie pour la bonne nouvelle figurant au début de votre lettre. Il convient de remercier Dieu pour une telle situation. Or, aussi bonne que soit cette situation, Il peut toujours accorder plus. Il en résultera sûrement, de votre part et de celle de votre famille, un engagement accru pour la Torah et les Mitsvot, en ce qui vous concerne comme en la diffusion du Judaïsme, de la Torah et des Mitsvot, en tout endroit que vous pourrez atteindre. Vous accomplirez tout cela dans la tranquillité, la joie, l’enthousiasme et, de temps à autre, vous renforcerez votre engagement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela.

Vous faites référence à une séparation(2) dont la partie supérieure serait faite de verre transparent. La réponse est, par elle-même, bien évidente. Qui trompera-t-on de cette manière(3) ? Par ailleurs, le sens simple du verset Béréchit 19, 17 : “ Et, ce fut quand ils les(4) firent sortir à l’extérieur ” est le suivant. En l’occurrence, ce sont les anges qui les firent sortir. Et, le verset 16 dit également : “ Ils les firent sortir ”, au pluriel. De même, le Targoum d’Onkelos, au verset 19, 17, selon différentes versions, indique : “ Ils les firent sortir ” et non : “ Il les fit sortir ”.

Notes

(1) Lors de la création. (2) Entre les hommes et les femmes, à la synagogue. (3) En lui faisant croire qu’il y a bien là une séparation. (4) Loth et sa famille.

Lettre n°7103

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7103, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 2 Kislev, dans laquelle vous me faites part de vos difficultés pour gagner votre vie. Or, j’ai déjà écrit à plusieurs personnes que, si l’on s’habituait à annoncer également les bonnes nouvelles, à écrire souvent pour les transmettre, les courriers dans lesquels on marque sa proximité ou son attachement en annonçant des nouvelles qui sont le contraire du bien s’amenuiseraient ou même disparaîtraient. C’est bien évident. En tout état de cause, vous savez que le meilleur conseil pouvant être donné, en la matière, est un ajout à la Tsédaka. Aussi difficile que puisse être la situation, vous devez vous habituer à donner au moins quelques pièces de plus, par rapport à votre pratique préalable. L’un des moments propices pour cela, chaque jour de semaine, est celui qui précède la prière du matin.

Autre point, qui est essentiel, vous devez renforcer votre confiance en Dieu, Qui nourrit et sustente chacun, avec bonté, grâce, bienveillance et miséricorde. Combien plus en est-il ainsi selon la notion de divine Providence, telle que la définit la ‘Hassidout, soulignant que celle-ci porte sur chacun et chacune, jusque dans le moindre détail. Et, vous connaissez le merveilleux dicton de mon beau-père, le Rabbi, imprimé dans le Hayom Yom, à la date du 28 ‘Hechvan, selon lequel on accomplit ainsi le Dessein divin. Vous consulterez ce texte. Et la fermeté de cette confiance renforce encore plus tout cela. Bien plus, nous sommes dans le mois de Kislev et cette année marque le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. Tout ajout, en particulier, à l’étude de l’enseignement profond de la Torah, lequel, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout, qui est l’arbre de vie, en lequel il n’y a pas de questionnements, pas de voiles, pas d’occultations, suscite une bénédiction accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°7104

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7104, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 22 et 29 Mar’hechvan, de même que du 1er Kislev :

A) Je dois préciser le point suivant. Le travail des enseignants, des enseignantes et, à fortiori des directeurs d’école ne peut en aucune façon être basé uniquement sur la soumission, comme le précisent également plusieurs textes de ‘Hassidout. On peut vérifier, dans la pratique, que la réussite est possible uniquement dans la mesure où l’on agit avec joie et enthousiasme, avec un sentiment de plaisir. La direction doit nécessairement entretenir, avec chacun, une relation amicale et, bien évidemment, pacifique, même si elle est convaincue d’avoir intégralement raison, alors que les autres sont totalement fautifs. Combien plus est-ce le cas si un doute subsiste, en la matière. Je vous écris tout cela, car je reçois des lettres amères, émanant de plusieurs écoles du réseau(1), même si les argumentations présentées ne sont pas les mêmes. Néanmoins, le point commun entre elles, dans la majorité des cas, est l’absence de perception d’un intérêt pour leurs préoccupations, d’une volonté de leur venir en aide, de la part de la direction ou du directeur local, quand ce courrier provient des enseignants ou des enseignantes, ou bien de ces enseignants et enseignantes, s’il a été envoyé par les directeurs. Bien entendu, l’amertume n’est pas la même, dans toutes ces lettres et elle n’est pas exprimée avec la même force et la même fréquence. A n’en pas douter, la réflexion à tout cela permettra une évolution immédiate, dans ce domaine. En effet, la récompense de celui qui sait renoncer est la révélation des treize Attributs de miséricorde, dont nos Sages disent qu’ils ne subissent aucune limite(2). C’est bien évident.

B) Il semble qu’une des raisons de cette amertume soit le retard dans le versement du salaire, de temps à autre. J’aimerais savoir si l’on a fondé une caisse de prêts pour les enseignants et les enseignantes, fonctionnant par un système d’avances sur le salaire du mois en cours. Il s’agirait donc d’un prêt pour quelques jours, une semaine ou deux, tout au plus. Cela serait-il utile ? Dans la mesure du possible, on fixera que le prêt soit remboursé sans contrainte, la garantie étant le chèque qui sera envoyé avec cette transmission. C’est bien évident. Nous sommes dans le mois de Kislev, celui des miracles et de la délivrance, les fêtes des 10 et 19 Kislev(3), qui se concluent par ‘Hanouka et la Hala’ha est tranchée selon l’avis de Beth Hillel, qui préconise un nombre sans cesse croissant(4). Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles de tout ce qui concerne la diffusion du Judaïsme et la diffusion des sources(5), en un bien visible et tangible, dans lequel la lumière sera sans cesse accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Je viens de recevoir votre lettre des 5 et 8 Kislev, de même que le compte-rendu des 23 et 26 Tichri, 10 et 21 Mar’hechvan, premier jour de Roch ‘Hodech Kislev.

Notes

(1) Ohaleï Yossef Its’hak en Terre Sainte. (2) Ils peuvent donc résoudre toutes les difficultés. (3) Libération de l’Admour Haémtsahi et de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (4) De bougies, allumées chaque soir pour la fête. (5) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7105

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7105, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre du 29/11 et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre fils près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. S’agissant de votre fils, il faut d’abord le convaincre qu’il ne doit jouer que de très petites sommes, des cents, ce qui réduira son attirance, en la matière et lui apportera la clarté de l’esprit. Il réfléchira et comprendra ainsi à quel point cela n’est pas souhaitable, en y méditant une fois, puis une autre. Ceci affaiblira son habitude et, à terme, la fera disparaître.

Bien plus, il a eu le mérite d’être l’élève d’une Yechiva de mon beau-père, le Rabbi dont le mérite nous protégera. Et, l’on sait la décision de notre sainte Torah, selon laquelle ce qui concerne le domaine de la sainteté, la Torah, les Mitsvot, sont immuables et ne peuvent pas se perdre, doivent laisser une trace qui, à terme, conditionnera l’existence quotidienne. C’est vous qui m’avez transmis cette requête, de même que d’autres points vous concernant. Puisse donc Dieu faire que vous m’annonciez également de bonnes nouvelles, en la matière, avec une satisfaction véritable, une satisfaction juive de vos enfants et de vos petits-enfants. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°7106

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7106, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Kislev 5720,

Brooklyn, New York,

Au comité féminin de New York au profit de l’école

professionnelle de jeunes filles et du séminaire d’enseignantes

de Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être

restaurée et rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai éprouvé une satisfaction toute naturelle en prenant connaissance du compte-rendu de votre activité et en apprenant qu’une fête a eu lieu à l’occasion de la nomination de vos nouvelles responsables, à l’issue du saint Chabbat Parchat Vayétsé. J’adresse mes vœux et ma bénédiction à ces nouvelles responsables, en espérant qu’avec les précédentes, de même qu’avec tous vos membres, elles raffermiront et élargiront l’activité du comité féminin, qu’elles connaîtront une année de larges accomplissements, surtout quand on sait que celle-ci est le bicentenaire depuis la Hilloula du Baal Chem Tov. Nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, au nom de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, que les évènements de la semaine se reflètent dans la Sidra qui est alors lue. De ce fait, il convient de l’étudier afin de déterminer le comportement que l’on doit adopter au cours de cette semaine.

Dans la Parchat Vayétsé, nous apprenons que notre père Yaakov parvint dans une contrée étrangère(1), y vécut des moments difficiles et des épreuves. Mais, rien ne put l’affecter et c’est précisément là qu’il fonda la maison d’Israël. Tous ses enfants restèrent fidèles à la tradition des Patriarches, Avraham, Its’hak et Yaakov. Et, tout cela fut possible parce que les Mères d’Israël(2), Ra’hel, Léa, Bilha et Zilpa, faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour assurer l’intégrité de leur foyer et la plénitude de leur peuple. Tel est le contenu profond du rôle assumé par une femme juive, celui de maîtresse de maison, non seulement de la sienne, mais aussi de toute la maison d’Israël. Nous sommes actuellement dans le mois de ‘Hanouka. Or, la Mitsva et l’enseignement de cette fête est la diffusion de la clarté, de “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ” d’une manière sans cesse accrue, chaque jour. Que Dieu accorde donc le succès à votre action, afin qu’elle grandisse et se développe. A n’en pas douter, ceci révélera également les bénédictions de Dieu pour chacune de vos collaboratrices, également d’une manière sans cesse accrue. Que vos foyers soient lumineux et joyeux, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) A ‘Haran. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7101.

Lettre n°7107

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7107, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

1) Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous évoquez le rite de la prière. Vous me demandez si vous devez changer celui auquel vous avez été habituée, qui était en usage chez vos parents. Comme cela est expliqué par ailleurs, on ne peut pas passer du rite Ari au rite séfarade ou ashkénaze(2). Aussi, si vous avez pris la ferme décision d’un changement stable et définitif, vous pouvez le faire. En revanche, si ce changement n’a qu’un caractère éphémère, vous attendrez jusqu’à ce que vous décidiez un changement irrévocable.

2) Vous me demandez également quelle est la méditation qui suscite la joie, puisqu’il est dit : “ Servez Dieu dans la joie ”. La réflexion la plus immédiate et la plus favorable, en la matière, peut être déduite des propos du Rambam, à la fin de ses lois du Loulav : “ Quand un homme se réjouit en accomplissant une Mitsva ou bien en aimant Dieu comme Il l’a demandé, il y a là une forme élevée du service de Dieu ”. Les commentateurs, à cette référence, expliquent tout cela.

3) Vous me demandez comment organiser vos études et comment vous investir en elles. Il est clair qu’en la matière, vous devez prendre conseil auprès de votre enseignante qui connaît votre personnalité, votre état d’esprit et qui, en outre, désire votre bien. Avec ma bénédiction pour connaître la réussite en tout cela,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une jeune fille. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°7032.

Lettre n°7108

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7108, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5720,

Au groupe des participants à l’étude de notre sainte Torah, à

la veille du saint Chabbat, dans la ville sainte de Jérusalem,

puisse-t-elle être rebâtie et restaurée, par notre juste Machia’h

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du troisième jour de Kislev, le mois des miracles et de la libération. Celle-ci a été rédigée par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Naftali Tsvi Gotlieb et elle m’annonce une bonne nouvelle, la fixation d’une étude, par tandem, pendant le moment propice visé ci-dessus. Bien que vous n’en fassiez pas mention dans cette lettre, vous intégrez sûrement à votre étude la ‘Hassidout, qui est l’enseignement du Baal Chem Tov, comme le souligne la lettre du Rabbi Rachab, imprimée dans le Hayom Yom, à la date du 19 Kislev. Comme on le sait, les écrits du Ari Zal montrent la nécessité d’étudier la dimension profonde de la Torah, pendant le saint Chabbat.

Puisse Dieu faire que cette étude soit sans cesse accrue, toujours plus lumineuse, dans la pensée, dans la parole et même dans l’action. Et, que s’accomplisse, par son intermédiaire, l’Injonction : “ Vous vous attacherez à Lui ”, selon le Likouteï Torah, Parchat Reéh, à la page 20b. Ceci hâtera, en outre, l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre ”, comme cela est expliqué, à cette référence. Ceci se réalisera, en particulier, par l’étude de l’enseignement profond de la Torah et la diffusion de ses sources. De la sorte, “ le maître viendra ”, le roi Machia’h. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu, avec une lumière et un enthousiasme ‘hassidiques,

Lettre n°7109

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7109, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5720,

Brooklyn,

A monsieur Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre de ce jeudi soir, dans laquelle vous m’interrogez sur ce que vous avez trouvé dans le Guinzeï Nistarot, tome 1, au paragraphe 59(2), faisant état de ce que les Juifs se sont engagés à faire, chaque année, à la date du 26 Tamouz. Vous me demandez pourquoi ce jour n’est pas célébré, pourquoi il n’est pas même reconnaissable qu’il s’agisse d’une fête. Je n’ai pas entendu d’explication, à ce sujet. Néanmoins, il me semble que cette situation peut être comparée à celle d’une fête dont la date est définitivement fixée seulement quand elle est déjà passée. On trouve une allusion à cela, dans les termes de nos Sages, à propos du miracle de ‘Hanouka. Le traité Chabbat 21b dit, en effet, que : “ l’année suivante, ils l’instaurèrent ”(3). En l’occurrence, l’engagement auquel vous faites allusion, intervint en 5519 (1759), ce qui veut dire qu’avant même la réalisation de ce qui fut proclamé la première fois, le décès du Baal Chem Tov survint et tous se séparèrent. On sait quel était alors l’état d’esprit, parmi ses élèves. Il semble donc que, d’emblée, cet engagement n’ait jamais été honoré.

B) A la même référence, au paragraphe 55(4), il est expliqué que : “ Aucun endroit n’est ‘vide’ de Lui ”, y compris au sein des objets les plus inférieurs. Telle est la conception de Rabbi Moché Cordovero et vous considérez que cela doit être aussi celle du Ari Zal, comme l’explique l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 25. On peut, à ce propos, formuler la remarque suivante. Comme vous le savez, le Tsimtsoum(5) n’est pas mentionné dans les écrits de Rabbi Moché Cordovero et il apparaît seulement dans la Kabbala du Ari Zal. C’est ce Tsimtsoum qui est à l’origine de l’erreur commise par certaines personnes qui se considèrent comme sages et qui ont interprété ce terme selon son sens littéral, comme l’indique le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 7. Il n’en est pas de même selon la Kabbala de Rabbi Moché Cordovero, qui ne laisse pas de place pour une telle erreur. Or, la lettre rapportée à ce paragraphe a été rédigée pour répondre aux questions posées de la manière la plus évidente. C’est pour cela qu’est mentionnée la Kabbala de Rabbi Moché Cordovero, selon laquelle tous admettent que, même dans les niveaux les plus inférieurs, “ aucun endroit n’est ‘vide’ de Lui ”.

J’ai bon espoir que vous fixez un long moment pour l’étude de la ‘Hassidout et que vous ne vous posez des questions que de temps à autre. En effet, il nous a été enjoint de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. A n’en pas douter, vous augmentez le temps consacré à cette étude, de temps à autre. Puisse Dieu faire, selon le dicton de l’Admour Hazaken, que cette fixation soit non seulement dans le temps, mais aussi dans l’âme, ce qui est essentiel. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Vous gardez sûrement les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir.

Notes

(1) M. Y. Hoenig, de Jérusalem. (2) Dans le Ha Tamim, à la page 24-558. (3) La fête de ‘Hanouka fut instaurée l’année suivant la victoire. (4) Dans le Ha Tamim, à la page 227-29. (5) La contraction de la Lumière divine qui est à l’origine de la création.

Lettre n°7110

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7110, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5720,

Brooklyn, New York,

A monsieur Chalom Lewin(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du début de ‘Hechvan, dont l’acheminement a été retardé. En outre, j’en ai moi-même retenu la réponse, pensant que vous visiteriez bientôt Kfar ‘Habad. Il semble, toutefois, que cette visite ait été retardée. Or, le mois de Kislev a commencé et je ne retarderai donc pas plus la présente, d’autant que je souhaite vous exprimer ma satisfaction, en observant que notre conversation a porté ses fruits, que vous avez bien lancé un appel aux enseignants, afin qu’ils soient volontaires pour diriger les jeunes. Or, vous avez rencontré un écho favorable et nombre d’entre eux se sont effectivement portés volontaires pour cette activité. J’ai bon espoir que ce commencement fructueux attirera d’autres volontaires, en nombre beaucoup plus large et que cette forme d’éducation en introduira une autre, qui sera plus complète, comme nous en avons parlé. En effet, chaque Juif possède en lui un point de Judaïsme et il y a donc nécessairement une idée qui peut prendre son cœur, lui suggérer la motivation qui convient. Je fais allusion au Judaïsme traditionnel, tel qu’il est depuis des millénaires, dont l’expression véritable, selon l’expression de la Michna, est : “ l’acte (qui) est essentiel ”, dans l’existence concrète et quotidienne. Chez l’un, ce point de Judaïsme se marquera à l’évidence par la Tsédaka, alors que, pour l’autre, il s’agira d’un autre domaine, mais, en tout état de cause, le cœur de tous est en éveil pour Dieu. J’espère donc que cette forme d’éducation se développera, jusqu’à inclure un Judaïsme intègre. Or, vous êtes celui qui a commencé à accomplir cette Mitsva. Sans doute la poursuivrez-vous donc jusqu’à sa conclusion, dans la mesure où l’on peut employer ce terme en matière d’éducation. En effet, celui qui est un homme se doit de recevoir, et il reçoit effectivement, une éducation chaque jour de sa vie. Bien plus, le Baal Chem Tov, commentant la Michna : “ Qui est le sage ? C’est celui qui apprend de chacun ”, précisa que tout ce que Dieu créa dans Son monde à pour but d’enseigner à l’homme le comportement qu’il doit adopter. Ceci est rapporté dans les additifs, se trouvant à la fin du livre des mémoires de mon beau-père, le Rabbi, dans le tome 1.

J’ai bon espoir que vous me ferez l’amitié de me prévenir de votre visite à Kfar ‘Habad et, en outre, ce qui est essentiel, de la poursuite de vos actions dans les domaines dont nous avons traités et que vous mentionnez au début de votre lettre, c’est-à-dire l’éducation de la jeunesse ayant dépassé l’enseignement élémentaire. Puisse Dieu faire qu’en la matière également, la situation se développe, comme l’indique la fin de ce mois, les jours de ‘Hanouka, qui sont placés sous le signe de l’ajout(2), d’une lumière accrue, d’une bougie supplémentaire chaque jour, car “ la bougie de Dieu est l’âme d’un homme ” et “ la bougie est une Mitsva et la Torah, une lumière ”. Je vous adresse mes respects, ma bénédiction et je me permets de saluer également tous ceux qui ont été volontaires pour réaliser cet objectif, comme vous l’écrivez dans votre lettre. On m’a adressé également un extrait de votre article intitulé : “ Il réprimande et il aime ”, dans lequel vous faites état du contenu de notre entretien. Je vous remercie d’avoir attiré l’attention des participants sur la réunion des enfants et, plus généralement, sur le milieu qui est peut-être le seul à pouvoir être le canal, véhiculant le message dont nous avons parlé.

Simultanément, je me dois d’exprimer ma peine, concernant un élément qui ne convient pas, bien qu’il soit essentiel. Et, je suis surpris qu’il émane de vous. Vous comprenez sûrement, je l’espère, que je fais allusion à l’extrait suivant de votre article(3) : “ Son service et son abnégation… lui conféreront un mérite, grâce auquel il ne sera pas puni pour les fautes qu’il aura commises par inadvertance ”. Selon ce que je me souviens, j’ai dit ceci : celui qui a acquis de nombreux mérites n’en a pas pour autant le droit de commettre la moindre transgression, y compris la plus infime. Ma surprise est d’autant plus grande que vous devez admettre, y compris selon votre propre conception, que la formulation, telle que la vous rapportez, n’est pas exacte, “ ou bien d’après le verset, ou bien d’après la logique ”, selon l’expression de nos Sages. Pourtant, il s’agit bien ici de votre domaine, celui de l’éducation. En effet, la raison d’être de la scolarité obligatoire, qui fut l’un des premiers acquis du ministère de l’éducation instauré en Terre Sainte, est basée sur l’idée que les parents, même s’ils ont mis un enfant au monde, lui donnent à manger et à boire, le vêtissent, satisfont tous ses besoins, n’en ont pas pour autant le droit de lui dispenser l’éducation que bon leur semble. Bien au contraire, il appartient à ceux qui sont chargés de veiller au bien de la collectivité et de l’individu à la fois d’en établir le programme, au moins minimal, sur lequel les parents n’ont en aucune façon leur mot à dire.

Combien plus en est-il ainsi pour ce qui fait l’objet de notre propos. Les fautes commises par inadvertance, pour reprendre votre expression, ont entaché des milliers, des dizaines de milliers de nos frères, les fils et filles d’Israël. Et, l’on peut en dire de même pour l’homme en tout ce qui le concerne, “ ou bien d’après le verset ”, car nombreux sont les versets qui énoncent ce principe, en particulier les propos du prophète Yé’hezkel 18, 24 : “ Lorsque le Juste revient sur sa droiture… ”. Tout comme vous le faites remarquer, à la fin de votre lettre, j’espère que nous aurons encore l’occasion de poursuivre notre conversation et je ne peux me retenir de mentionner, à ce sujet, cette année propice, la deux centième depuis la Hilloula du Baal Chem Tov. Je vous joins une copie de ma lettre, à ce propos. J’espère qu’elle vous intéressera.

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°7226. (2) Du nombre de lumières allumées. (3) Extrait de l’entrevue accordée par le Rabbi au destinataire de cette lettre.

Lettre n°7111

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7111, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi, avec ce qui y était joint et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous ayez un meilleur état de santé, que votre traitement médical soit une réussite et que vous ayez un prompt rétablissement. Comme nous en avons parlé, lors de votre visite ici, plus vous renforcerez votre confiance en Dieu, Qui guérit toute chair, accomplit des merveilles, accorde Sa Providence à chacun, plus vous multiplierez la bénédiction en la matière, comme nous la demandons et l’obtenons de Celui Qui est le Maître des bénédictions et, selon le rituel de la prière, “ Qui est bon pour nous ”, en un bien visible et tangible.

Je me suis abstenu, jusqu’à maintenant, de dire ou d’écrire ce qui va suivre, pour différentes raisons. Néanmoins, vous concluez votre lettre en me demandant de vous conseiller un acte réparateur(1), que vous adopterez sans en faire le vœu. Le Tséma’h Tsédek, dont la Hala’ha retient systématiquement l’avis, en particulier pour les ‘Hassidim et pour ceux qui ont eu le mérite d’avoir connaissance du luminaire de la Torah(2), explique dans ses notes sur les Tehilim du chantre d’Israël, à propos du verset : “ Il est miséricordieux ”, au paragraphe 4, que : “ les treize éléments réparateurs(3) révèlent la grande miséricorde(4). Leur force adoucit et le résultat est agréable et doux ”. Il serait donc particulièrement judicieux que vous adoptiez ce comportement à l’avenir, pour les coins de votre barbe(5). Bien plus, les responsa du Tséma’h Tsédek établissent qu’il doit en être ainsi, y compris d’après la partie révélée de la Torah. De la sorte, tout sera agréable et adouci, d’une manière visible et tangible, comme je l’ai indiqué. En outre, cela sera une sanctification du Nom de Dieu et le mérite de ce qui est public vous viendra en aide.

Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela. Ainsi, dès le mois de Kislev, conformément à son contenu, vous connaîtrez l’ajout et une clarté accrue en tout ce qui vous concerne, de même que pour les membres de votre famille. De cette façon, vous diffuserez le Judaïsme en tout endroit que vous pouvez atteindre, y compris à l’extérieur. En effet, la Mitsva de ce mois est la lumière de ‘Hanouka, que l’on allume en nombre accru, dès le coucher du soleil, “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”. Avec ma bénédiction pour un bon Chabbat,

Notes

(1) Vraisemblablement à la suite d’une faute commise. (2) La ‘Hassidout. (3) Liés aux treize points de la barbe. (4) De Dieu pour l’homme qui porte la barbe. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°7039, 7117 et 7235.

Lettre n°7112

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7112, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 2 Kislev, avec ce qui y était joint. Vous me dites que vous vous conformerez à cette directive, par soumission. Or, ce n’est pas de cette manière qu’il faut le faire. En l’occurrence, quand il s’agit d’exercer une influence sur les autres, en particulier ceux qui ne possèdent aucune connaissance préalable, quand, en outre, ceci concerne des adultes mûrs, possédant de larges connaissances des disciplines morales, il est indispensable de prononcer, selon l’expression de nos Sages, “ des paroles émanant du cœur ”. Une telle influence doit être basée sur l’émotion plus que sur l’intellect froid. Même si nos Sages donnent l’assurance que : “ un effort n’est jamais vain ”, l’effort véritable doit s’exprimer avec des termes que l’on a fait siens, y compris quand on les a entendus, vus ou lus de quelqu’un d’autre.

Il découle de tout cela que vous devez introduire la partie de mes lettres que vous avez perçue et ressentie dans les correspondances que vous échangez avec ces personnes. Quant à la partie que vous n’avez pas encore intégrée, il est certain que le moment viendra pour cela, car Dieu fit en sorte que tout se passe bien en son temps. Puisse Dieu faire qu’en ces jours qui séparent le 10 Kislev, libération de l’Admour Haémtsahi et le 19 Kislev, libération de notre maître, l’Admour Hazaken, la délivrance se révèle en tous les domaines, communautaires et personnels à la fois. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7113

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7113, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, que vous introduisez d’emblée par une explication. Bien évidemment, cela était tout à fait inutile, d’autant que, quand on écrit à quelqu’un, on attend de lui une réponse en retour et l’on désire, en outre, que cette lettre soit utile. Il faut donc l’écrire comme on le sent. Pour autant, je dois vous répondre sur cette explication, qui était destinée à justifier votre affirmation selon laquelle : “ vous n’êtes pas un ‘Hassid ”. Puis, tout de suite après cela, vous précisez que votre père, pour sa part, en était un. Il y a bien là une contradiction, car les qualités évidentes se transmettent par héritage. Il en résulte qu’on doit retrouver, d’une manière beaucoup plus profonde et beaucoup plus forte, chez les enfants, les qualités morales que les parents avaient eux-mêmes intériorisées et acquises.

Selon votre lettre, j’imagine que vous savez à quel point un ‘Hassid est profondément pénétré de son sentiment. Combien plus en était-il ainsi à l’époque de vos parents, comme l’indique l’expression courante qui dit : “ de la manière dont cela se passait là où nous résidions auparavant ”. Et, ce sentiment était intimement lié à la vie de leur âme. Il est donc une certitude que les enfants en héritent, mais, comme c’est également le cas pour d’autres caractères, certains aspects se révèlent et sont évidents, alors que d’autres attendent le moment propice pour le faire. Et, il en est d’autres encore que l’on souhaite cacher ou, en tout cas, empêcher leur révélation. Il est pourtant certain qu’ils sont là, qu’ils existent, comme tout ce qui vie et qu’ils se trouve dans le monde. On ne peut en aucune façon les faire disparaître. Tout au plus peut-on en changer la forme, mais il n’est jamais arrivé qu’on les détruise, avant même leur formation. Et, si l’on entend lutter contre eux, mais je suis certain que ce n’est pas le cas pour ce qui vous concerne, ou, tout au plus, leur retirer toute influence, ayant le sentiment qu’il en est mieux ainsi, que, de la sorte, on ne pourra pas exiger ce que la ‘Hassidout demande, on risquera de s’en trouver déstabilisé, de se distinguer de son entourage, ce qui rend nécessaire l’effort auquel on ne veut pas consentir.

Bien entendu, cette longue introduction n’a pas été écrite pour prononcer un discours, comme on dit, encore moins pour vous faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise, mais bien pour vous faire connaître ma conception, à propos de ces personnes, issues de différents milieux, en espérant qu’elles prennent conscience que chacune d’elles, au profond d’elles-mêmes, possède un trésor d’une immense valeur. De ce fait, chaque jour perdu est regrettable, s’il n’est pas utilisé pour parvenir à ce but, jusque dans l’existence quotidienne. Et, à n’en pas douter, ce sentiment sera si intense que, malgré l’effort qu’il exige, on voudra révéler à l’évidence ce trésor qui est profondément caché en soi.

Je passe au second paragraphe de votre lettre et je précise qu’il n’est nul besoin d’avoir confiance en l’autre, mais bien d’avoir confiance en soi, en son Judaïsme, c’est-à-dire, selon l’expression de l’Admour Hazaken dans le Tanya, en “ la seconde âme d’Israël qui est une parcelle de Divinité céleste véritable ”. Je me permets également de vous écrire, quoique brièvement, à propos de la conclusion de votre lettre, dans laquelle vous me parlez de votre fille. La meilleure manière de guider les élèves et d’influencer les enfants n’est pas tellement verbale, y compris quand on se répète de nombreuses fois. Elle consiste, plus exactement, à consister un exemple vivant. Si l’on attend de l’autre une adhésion intégrale, on doit soi-même avoir une attitude plus qu’intégrale. Si l’on se dit qu’il s’agit d’une influence qui changera la vie de ses enfants pour de nombreuses années, puis de ses petits-enfants, lorsque Dieu accorde la bénédiction d’en avoir, on comprendra que chaque effort en ce sens est justifié et qu’il peut exercer son effet “ jusqu’à la fin du monde ” et des générations. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°7114

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7114, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5720,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav Ichaya(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi dans laquelle vous me faites part de votre œuvre sacrée, consistant à commenter le Judaïsme, chaque semaine. Vous me demandez quelles idées il convient de souligner à propos du Baal Chem Tov, d’autant que nous célébrons le bicentenaire de sa Hilloula. Globalement, l’enseignement du Baal Chem Tov est particulièrement large et il est exposé avec précision par la doctrine de ‘Habad. Selon l’expression du Rabbi Rachab, “ l’enseignement de la ‘Hassidout ‘Habad est celui du Baal Chem Tov ”. Vous consulterez, à ce propos, la reproduction de sa lettre au début du Hayom Yom(2), qui est également citée dans le Kountrass Ou Mayan(3).

Voici ce qu’il est particulièrement judicieux de souligner(4). Il faut démentir, écarter l’erreur que certains répandent, par inadvertance ou bien délibérément, selon laquelle le Baal Chem Tov adoptait une position

plus conciliante(5) dans divers domaines, ce qu’à Dieu ne plaise, même s’il s’agit de la disposition la plus légère introduite par nos Sages. Il n’est nul besoin de le préciser, tant cela est évident. Il est donc inutile d’en dire plus, surtout pour quelqu’un comme vous. De même, il faut mettre en avant deux actions concrètes réalisées par le Baal Chem Tov. Tout d’abord, il commença son œuvre sacrée en se consacrant à l’éducation des petits enfants. En outre, il révéla une conception particulièrement profonde des principes de la Torah et de la conception du monde. Je vous joins une copie de ma lettre adressée aux participants à la réunion ‘hassidique de la fête de la libération du 19 Kislev, qui approche, dans laquelle j’aborde également ces notions. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, y compris de ce qui vous concerne personnellement,

Notes

(1) Ziv. Voir à son sujet la lettre n°6822. (2) A titre de paragraphe introductif, juste avant le passage correspondant au 19 Kislev. (3) Dont le Rabbi Rachab est l’auteur. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°7052. (5) Que celle de la Hala’ha.

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