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Iguerot Kodesh — lettres 7034 à 7053

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°7034

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7034, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tichri 5720,

Brooklyn,

A madame Tsipora(1),

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch Hachana. Conformément à votre demande(2), ma réponse vous est adressée en passant outre à la file d’attente. Vous me communiquez l’avis de médecins spécialistes, que vous avez consultés dernièrement à propos de votre traitement médical. Or, notre Torah, Torah de vie, accorde au médecin l’autorisation de guérir, ce qui veut dire également qu’elle lui donne la force d’y parvenir.

Puisse donc Dieu faire que cette intervention vous apporte une prompte guérison, que vous recouvriez la santé, comme c’était auparavant le cas et, avec votre mari, auquel Dieu accordera une longue vie, vous poursuivrez votre action pour notre sainte Torah, pour ses Mitsvot et, avant tout, pour l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et d’être définitivement inscrits pour une bonne année,

M. Schneerson,

Notes

(1) Madame T. Bunin, de Raanana. Voir, à son sujet, la lettre n°6605. (2) Du fait de l’urgence médicale.

Lettre n°7035

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7035, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Elloul, dans laquelle vous soulevez plusieurs questions, pour lesquelles vous trouverez de brèves réponses ci-après(1) :

A) De façon générale, le comportement d’un Juif ou d’une Juive doit emprunter des voies agréables et pacifiques. Tel est le chemin de la Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement, ainsi qu’il est dit : “ ses voies sont des voies agréables et tous ses chemins sont paix ”(2).

B) Il est bien évident qu’un ou une élève doit écouter les enseignants et les enseignantes, comme l’établissent différents textes, en particulier le Choul’han Arou’h, dans les lois du respect dû au maître(3).

C) Ce que vous écrivez à propos du rite Ari Zal est judicieux(4). Celui qui l’a établi(5) l’a choisi parmi différents rites, de sorte qu’il soit adapté pour tous, comme l’explique longuement le Likouteï Amarim du Maguid de Mézéritch, qui est le maître de l’auteur du Séfer Haflaa et de celui du Séfer Ha Mikna, l’un et l’autre des érudits d’envergure mondiale, dont les livres sont étudiés dans toutes les Yechivot.

D) Celui qui prie, à titre individuel, dans une synagogue d’un autre rite, a le droit de conserver le sien. Il n’y a, en la matière, absolument aucun risque(6), à condition, bien évidemment, que cet individu ne soit pas l’officiant. Mais, comme je l’ai dit plus haut, cela doit se passer d’une manière agréable et sans insistance.

E) D’après ce qui a été dit au paragraphe C, il est clair que l’on peut passer(7) du rite ashkénaze au rite séfarade et de ce dernier au rite Ari Zal, qui est le rite ‘Habad, mais non l’inverse. Il serait donc bon de maintenir ce rite, puisque, selon ce que vous écrivez, vous l’avez d’ores et déjà adopté et vous continuez encore à le faire. Vous le ferez, à n’en pas douter, d’une manière agréable et pacifique. Ainsi, vous obtiendrez le plein accord de votre enseignante.

J’espère que votre comportement est, en tout point, conforme à celui des jeunes filles juives, chacune d’entre elles étant définie comme une descendante de Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. C’est actuellement(8) le moment de prendre de bonnes décisions, afin de parvenir à un ajout, en la matière. De fait, on constate, à ce propos, une motivation particulière, pendant les dix jours de Techouva, ainsi qu’il est dit : “ Recherchez Dieu pendant qu’Il peut être trouvé, invoquez Le quand Il est proche ”. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de chacun d’entre eux. Avec ma bénédiction afin d’être définitivement inscrite pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Pour compléter ce qui a été dit plus haut, j’ajouterai que le fait qu’il n’y a rien de répréhensible à prier selon votre rite, même si la communauté en a un autre, est établi par différents textes, en particulier les Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, partie Ora’h ‘Haïm, au chapitre 236. Et, l’on sait que tel était le comportement de l’auteur du Haflaa et celui de son maître(9). De même, la permission de passer du rite ashkénaze au rite séfarade et de ce dernier au rite Ari Zal, qui est celui de ‘Habad, mais non l’inverse, est énoncée par les responsa Min’hat Eléazar, tome 1, au chapitre 1 et par le Kountrass Chiyoureï Min’ha Le Chem, qui cite plusieurs ouvrages traitant de cette question.

Notes

(1) Voir également la lettre suivante. (2) Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement une jeune fille qui a adopté les coutumes des ‘Hassidim, ce qui a suscité quelques problèmes relationnels. (3) Ces problèmes ont également affecté les relations de cette jeune fille avec ses enseignants.

(4) Vraisemblablement la décision de l’adopter. (5) L’Admour Hazaken. (6) De former plusieurs groupes, au sein d’une même synagogue, ce qui est interdit. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°7032. (8) Entre Roch Hachana et Yom Kippour. (9) Le Maguid de Mézéritch.

Lettre n°7036

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7036, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Je fais réponse à votre lettre du 28 Elloul, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce que vous avez vécu. Vous me dites que vous avez adopté le rite ‘Habad pour la prière et vous me faites part des difficultés qui en résultent. J’ai déjà répondu, sur ce même sujet, à la lettre de votre amie(2) et celle-ci vous montrera sûrement ce que je lui ai écrit. Je ne soulignerai ici qu’un seul point, que j’ai également mentionné dans cette lettre et qui est particulièrement fondamental. C’est le suivant. Notre Torah, Torah de vie, nous a demandé d’emprunter des voies agréables et pacifiques. Chacun et chacune doit s’écarter au plus haut point de la dispute, ce qu’à Dieu ne plaise. Si l’on désire réellement diffuser la conscience de ‘Habad, le meilleur moyen est, bien au contraire, de donner un bon exemple du comportement que l’on doit adopter, envers Dieu et envers les hommes, de sorte que tous ceux qui le voient en fassent l’éloge, soulignent l’élévation de ce mouvement et du comportement de ceux qui y adhèrent.

Vous me dites que, dans la mesure où vous priez selon le rite ‘Habad, il vous arrive de devoir vous lever quand votre classe est assise. Je ne comprends pas cette affirmation, car la différence entre le rite ‘Habad et les autres porte uniquement sur le texte de la prière, mais non sur le fait d’être debout ou assis. Il est certain que vous pouvez dire le Chemoné Essré(3) lorsque toute la classe le fait également. De fait, il n’est pas judicieux que vous vous distinguiez, ce qui contredit l’ordre établi et l’obéissance nécessaire. Vous devez donc vous efforcer que tous prient en même temps, comme je l’ai dit. Puisse Dieu faire que vous et vos amies, au sein de votre classe, ayez le comportement qui sied aux jeunes filles juives, chacune d’elles étant définie comme une descendante de Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. Vous connaîtrez ainsi la réussite en tout ce qui vous concerne. Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrite pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une jeune fille. (2) Il s’agit de la lettre précédente. (3) Lorsqu’il convient d’être debout.

Lettre n°7037

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7037, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tichri 5720,

Au jeune Adin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 3 Tichri et j’ai mentionné votre nom, en ce jour, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année, en un bien visible et tangible. Bien entendu, le bien véritable est celui qui est conforme aux enseignements de notre Torah, à propos de laquelle il est dit : “ Je vous ai donné une bonne acquisition ”. Ce verset fait effectivement allusion à la Torah, donnée par le Créateur du monde, Qui le dirige et Qui est l’Essence du bien, d’autant que Sa Providence vous a accordé la capacité d’exercer une influence sur les autres. Tout ajout, de votre part, se trouve donc multiplié d’autant, auprès de ceux qui subissent cette influence. Il en résulte que la promesse de nos Sages selon laquelle : “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ” s’applique tout particulièrement, en ce qui vous concerne. Rien ne résiste à la volonté, mais, pour cela, un effort est nécessaire, qui requiert la plus grande application. Du reste, nos Sages affirment que : “ si l’on fait des efforts, ceux-ci sont couronnés de succès ”.

Vous m’écrivez que vous enseignez actuellement dans plusieurs villages du Néguev, mais vous ne me donnez aucune précision, à ce sujet. Dans quel cadre, dispensez-vous cet enseignement et sur quelle matière porte-t-il ? J’espère que vous saisissez toute occasion, toute opportunité pour diffuser le Judaïsme véritable et traditionnel, non seulement oralement mais aussi par votre action, car celle-ci est essentielle. Sans doute me transmettrez-vous toutes ces précisions, la prochaine fois. Vous me direz aussi ce que font vos amis, en la matière. D’après ce que je sais, en effet, un groupe de jeunes gens et également de jeunes filles avait été constitué, avec l’objectif de diffuser le Judaïsme. J’espère que vous avez un temps fixé pour étudier vous-même la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, que vous pratiquez les Mitsvot de la meilleure façon. Comme je l’ai dit, cela est particulièrement important, pour ce qui vous concerne(4). Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de cela également. Vous me direz également que vous gardez les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année et que vous me donniez de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav A.Steinzalts, de Jérusalem. (2) Un effort. (3) Des bénédictions. (4) Du fait de l’influence exercée sur les autres.

Lettre n°7038

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7038, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tichri 5720,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la maison d’étude Beth Israël(1), dans la

ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée

et rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 25 Elloul, jour duquel il fut dit : “ Au commencement, Dieu créa… ”(2). Or, Béréchit, au commencement, est l’anagramme de Treï Chabbat, deux Chabbats, comme l’expliquent les Tikouneï Zohar, au Tikoun 48. Vous lettre traite, en effet, du respect du Chabbat. Vous me dites que, pour cela, vous avez décidé d’acheter une machine(3), ce qui représente un investissement important. Je ne dispose pas de fonds spécifiques pour cet objectif et les caisses qui existent supportent d’ores et déjà de multiples dépenses. Malgré cela, il est dit que : “ Je suis l’ami de tous ceux qui Te craignent ”(4) et je vous joins donc un chèque personnel, à titre de participation symbolique, en la matière.

Puisse Dieu faire que les Juifs respectent deux Chabbats. De la sorte, ils seront aussitôt libérés par notre juste Machia’h, lors de la délivrance véritable et complète. Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrits pour une bonne année,

Notes

(1) Celle des ‘Hassidim de Karlin Stolin. (2) Date de la création du monde. (3) Un générateur électrique, afin de ne pas avoir recours à l’électricité produite au moyen d’une transgression du Chabbat. (4) Tehilim 119, 63.

Lettre n°7039

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7039, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre question. Jusqu’à maintenant, vous avez prié selon le rite séfarade. Vous me demandez si vous devez adopter le rite ‘Habad, c’est-à-dire celui du Ari Zal, puisque vous poursuivez vos études dans une Yechiva ‘Habad. C’est effectivement une bonne initiative, pour différentes raisons. Néanmoins, vous connaissez l’enseignement selon lequel on peut passer du rite ashkénaze au rite séfarade et de ce dernier au rite Ari Zal, celui de ‘Habad, mais non l’inverse(1). En conséquence, si vous prenez la décision de ce changement, celui-ci doit être définitif(2). Et, vous savez que, conformément à la tradition des ‘Hassidim, l’Admour Hazaken établit le texte de son rite à partir de soixante dix Sidourim. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles et d’être définitivement inscrit pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Vous me demandez, au nom d’une certaine personne, s’il est possible de se couper la barbe(3). En la matière, nous devons nous en tenir aux propos du Tséma’h Tsédek, qui sont longuement exposés dans ses responsa, partie Yoré Déa, chapitre 93, que vous consulterez attentivement. Il affirme que cela est interdit. Vous verrez aussi sa décision hala’hique sur le Yoré Déa, aux chapitres 181 et 182 et sur les Tehilim, à propos du verset : “ Il est miséricordieux ”(4). Vous consulterez, en outre, les responsa Min’hat Eléazar, tome 2, au chapitre 48. J’espère que vous-même, qui m’écrivez, étudiez la Torah avec élan et ardeur, que vous gardez, par ailleurs, les études bien connues portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, afin de vous assurer qu’elles sont cachères, conformément à la Hala’ha.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°7032. (2) Puisqu’il ne sera plus possible de revenir à la situation précédente. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°7111. (4) Expliquant que la barbe est liée aux Attributs de Miséricorde divine.

Lettre n°7040

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7040, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille de Roch Hachana, avec la demande de bénédiction qui lui était jointe et qui a été lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Bien entendu, j’ai été horrifié par ce que vous m’écrivez froidement, concernant vos fonctions et votre travail(1). Et, vous concluez en disant que vous avez connaissance de ma farouche opposition, en la matière, comme s’il s’agissait d’une position personnelle, alors que je ne fais que rapporter ce que j’ai appris dans les livres et j’ai clairement expliqué mon avis, en la matière. Il ne s’agit donc pas d’un décret irraisonné de ma part, ce qu’à Dieu ne plaise, ni d’une opposition à quiconque, mais bien de la nécessité de préserver chaque individu et toute la communauté d’une faute qui est commise publiquement, au nom de tout Israël et dont on n’a pas connu l’équivalent, depuis des millénaires. Bien entendu, ces jours(2) ne permettent nullement d’écrire longuement, à ce sujet. Pour autant, j’ai pensé que je n’avais pas le droit de passer tout cela sous silence, surtout en cette période au cours de laquelle le Saint béni soit-Il demande, supplie : “ Recherchez l’Eternel quand on peut Le Trouver, invoquez Le quand Il est proche ”. Selon les termes de nos maîtres, les maîtres de la ‘Hassidout, “ le Luminaire est proche de Son émanation ”, en ces jours. Et, vous connaissez l’explication de la Kabbala et de la ‘Hassidout, d’après laquelle Chabbat est l’anagramme de Tachev, “ accède à la Techouva ”, qui est, en l’occurrence, la Techouva Supérieure, sa préparation et l’étape la précédant étant la Techouva inférieure, c’est-à-dire le regret profond de ce qui s’est passé et une ferme résolution pour l’avenir. Comme je l’ai dit, cette période ne me permet pas de traiter longuement de tout cela.

Puisse Dieu faire que la proximité du Luminaire enflamme Ses émanations, en tout endroit, dans la bonté et dans la miséricorde. Ainsi, d’une façon immédiate, le peuple d’Israël respectera le Chabbat de la manière qui convient et les Juifs seront aussitôt libérés, de leur exil intérieur comme de l’exil au sens simple, celui qui est l’accomplissement des termes du verset : “ Et, Moi, voiler, Je Me voilerai ”(3). En effet, la pénombre est si intense et profonde que le voile lui-même est caché(4). On affirme donc que tel est bien le chemin qui doit être emprunté, celui qui convient, bien plus, on le fait en public, comme je l’ai dit et l’on s’exprime au nom de tout le peuple d’Israël. Dieu fasse que vous soyez en mesure de me donner de bonnes nouvelles de tout cela. Or, il n’est de bon que le chemin de la Torah, de laquelle il est dit : “ Je vous ai donné une bonne acquisition ”. Bien plus, celle-ci a été donnée un Chabbat et, encore avant cela(5), il fallut déjà respecter ce jour. En effet, ce respect fut édicté à Mara. Malgré cela, il fut reçu avec amour, comme l’expliquent les premiers Sages et les Décisionnaires. J’espère que ces quelques lignes feront leur effet, qu’à l’avenir, vous gagnerez votre vie et celle des membres de votre famille, conformément à la Torah, d’une manière cachère et respectable. Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Dans les bateaux israéliens voyageant pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, les lettres n°6618 et 7094. (2) Entre Roch Hachana et Yom Kippour. (3) La répétition faisant ici allusion à un voile particulièrement opaque, au point de ne même pas avoir conscience de son existence. (4) De sorte que l’on ne parvient pas à l’identifier et que l’on peut donc la prendre pour de la lumière. (5) Avant la révélation du Sinaï.

Lettre n°7041

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7041, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 du mois de la miséricorde(1). En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de toutes les personnes que vous citez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Vous me posez, au nom de votre beau-frère, la question suivante. Celui-ci habite dans un endroit dont les résidents n’ont pas un bon comportement. Doit-il donc déménager pour s’installer dans un quartier religieux et orthodoxe, même s’il lui faudra, pour cela, emprunter de l’argent(2) ?

Conformément aux propos de nos Sages, au traité Avot, chapitre 6, Michna 9 et à la décision hala’hique du Rambam, dans ses lois des opinions, au début du chapitre 6, il est clair que l’on doit s’efforcer, dans toute la mesure du possible, de résider à proximité de ceux qui craignent la Parole de Dieu, respectent la Torah et les Mitsvot de la manière qui convient. Il pourra sûrement rembourser l’argent qu’il empruntera à des conditions favorables. Que Dieu vous accorde la réussite. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles et d’être définitivement inscrit pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Celui d’Elloul. (2) Le coût du logement y étant supérieur.

Lettre n°7042

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7042, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du jeûne de Guedalya, qui sera bientôt transformé en joie et en allégresse. Bien évidemment, j’ai été particulièrement horrifié par son contenu et, encore plus par le sang-froid avec lequel vous évoquez votre passé que par les événements proprement dits dont vous faites état. Néanmoins, nos Sages disent que : “ rien ne résiste à la volonté ” et : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. Il est donc certain que vous avez le moyen de suivre la voie royale, celle du Roi du monde, au plein sens du terme. De fait, cela est même plus aisé pour quelqu’un qui a passé quelques temps dans l’armée, deux ans selon ce que vous écrivez. En effet, pendant de nombreux mois, vous avez été habitué à la soumission, à l’obéissance à un officier, qui est comme vous un homme de chair et d’os, même si, de différents points de vue, vous surpassez cet officier, par vos sentiments, par votre intellect ou par les deux à la fois. Concrètement, le maintien d’une armée et le respect de l’ordre, au sein de celle-ci, dépendent de cette soumission. Or, s’il en est ainsi envers les hommes, combien plus est-ce le cas, toutes proportions gardées, envers le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Et, point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est évident.

En ces jours(1), alors que le Luminaire est proche de Son émanation(2), Dieu fasse que votre chemin, dans la vie, soit clair pour vous. En effet, vous avez hérité de l’amour caché que chaque Juif possède. Ce sentiment est, en outre, renforcé par votre ascendance. Désormais, vous aurez donc une vie véritable, qui sera conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie et de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Entre Roch Hachana et Yom Kippour. (2) Voir la lettre n°7040.

Lettre n°7043

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7043, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tichri 5720,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples

accomplissements, le Rav E.L.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 5 Tichri, de même que votre lettre et vos salutations qui m’ont été transmises par une personne de votre ville venue ici. Je vous en remercie beaucoup. Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, ait le mérite d’obtenir ce qui résulte de la Mitsva des quatre espèces(2). Car, il s’agit là d’une Mitsva ayant portée générale, au même titre que toutes celles du mois qui a lui-même une portée générale et qui est rassasié de tout le bien(3). Mais, pour que la révélation en soit obtenue ici-bas, le processus doit d’abord commencer dans le cœur de l’homme. C’est précisément pour cette raison que l’on rapporte les quatre espèces vers son cœur(4). Et, c’est à ce propos qu’il est écrit : “ Il a placé le monde dans leur cœur ”, dans celui de l’homme. De la sorte, sont obtenues la bénédiction et la réussite, en abondance, pour toute l’année, dans tous les domaines, matériels et spirituels à la fois. Avec ma bénédiction pour une joyeuse fête du temps de notre joie(5), qui approche et pour donner de bonnes nouvelles,

N. B. : Vous m’interrogez sur ma lettre(6), concernant votre livre intitulé : “ Recueil de propos sur la Torah ”(7). Vous connaissez l’enseignement du Tséma’h Tsédek, reprenant la formulation de nos Sages : “ Nous sommes les travailleurs du jour ” et nous révélons donc, dans le monde, le jour, la lumière, ainsi qu’il est dit : “ Et, Dieu appela la lumière : jour ”. Si vous pensez que ma lettre peut inviter à la crainte de Dieu, à la Torah et aux Mitsvot, il est bien clair que vous pouvez la publier dans le second tome de votre livre. Vous faites référence à la parole et au verbe(8). A ce propos, il convient de faire les distinctions suivantes : A) Du point de vue de celui qui les prononce, le verbe peut être silencieux, alors que la parole est révélée, affirmée. Et, vous consulterez le Zohar, tome 3, à la page 132b, de même que le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, Parchat ‘Houkat, à la page 57c. B) Du point de vue de celui qui les écoute, le verbe est doux, léger, alors que la parole est dure, selon le traité Makot 11a et le Likouteï Torah du Ari Zal, au début de la Parchat Haazinou, à la référence citée par votre lettre. Vous citez également le Zohar, tome 2, à la page 79b et vous consulterez, à ce propos, la Me’hilta, citée par le commentaire de Rachi. La réponse à la question que vous posez est donnée par le Or Ha ‘Hama, à la même référence.

Notes

(1) Le Rav Eliézer Lippa Lavi, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°6731 et 7358. (2) De Soukkot. Le Rav Lavi écrivait, en effet : “ J’adresse au Rabbi Chlita, ce jour, par poste aérienne, un Ethrog que j’ai cueilli moi-même ”. (3) Le mois de Tichri. (4) Pendant la bénédiction et la lecture du Hallel. (5) La fête de Soukkot. (6) Il s’agit de la lettre n°6801. (7) Le Rav Lavi demandait au Rabbi s’il pouvait publier cette lettre. (8) Dans ce recueil de propos sur la Torah, à la page 106, Parchat Vaéra, il est dit : “ J’ai cité l’auteur de l’ouvrage : ‘L’écriture et la tradition’, au nom du saint Zohar, de Rabbénou Be’hayé et du Gaon de Vilna, selon lequel la parole est révélée alors que le verbe est caché. Mais, en méditant au Likouteï Torah de notre maître, Rabbi ‘Haïm Vital, à la Parchat Haazinou, j’ai cru y trouver l’affirmation inverse ”.

Lettre n°7044

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7044, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 8/10, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie. Vous devez achever, cette année, vos études d’ingénierie et vous ne savez pas dans quel pays vous installer, à l’issue de ces études. En outre, vous êtes inquiet parce que votre mère se trouve actuellement en Egypte. Vous devrez donc, le moment venu, vous préoccuper également de son installation et de la manière dont elle gagnera sa vie. D’après le contenu de votre lettre, il est sûrement inutile de vous préciser le principe fondamental de notre foi, selon lequel le Créateur du monde le dirige, encore à l’heure actuelle. Il accorde Sa divine Providence à chacun et à chacune. Il est l’Essence du bien et, par nature, Il souhaite prodiguer Ses bienfaits, pourvu que l’on adopte un comportement conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. Une telle attitude est le canal, le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu. Plusieurs mois passeront encore avant que vous finissiez vos études. C’est donc à ce moment que vous déciderez où vous devez vous installer. Il suffira d’y penser quelques mois avant cette conclusion. Dix mois avant celle-ci, il est trop tôt pour le faire et ce souci porte sûrement préjudice à vos études, de même qu’à tout ce qui vous concerne. Dans quelques mois, vous écrirez à vos amis, dans les pays que vous mentionnez et vous verrez ce qu’il en est en France, là où vous vous trouvez actuellement. Alors, quand quelques mois se seront écoulés, il est certain que vous aurez une image plus précise que maintenant. En fonction de cela, vous déciderez de vous installer dans tel ou tel autre pays.

Il en est de même pour vos fiançailles, auxquelles vous faites allusion, car il est dit que : “ une femme avisée provient de Dieu ”. Il n’y a donc pas lieu d’être inquiet. Vous vérifierez les détails, quand viendra le moment de penser à ces fiançailles, d’une manière concrète. Bien entendu, vous vérifierez alors quelle est la conception du monde adoptée par la jeune fille à propos de laquelle vous m’écrivez ou bien par une autre, pour vous assurer que celle-ci est conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. Car, c’est uniquement à cette condition que la Présence divine réside entre un homme et une femme. Leur vie doit être basée sur la Torah et les Mitsvot, c’est bien évident. Aussi, il n’y a pas lieu de vous affecter en constatant que vous n’avez pas les mêmes caractères. Une telle situation est fréquente et, si tout est conforme par ailleurs, cela ne constitue pas un réel obstacle. S’agissant de votre moral, qui parfois n’est pas bon, il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, afin de vous assurer qu’elles sont cachères,

conformément à la Hala’ha. De même, chaque jour de semaine, avant de porter ces Tefillin, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsédaka. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour une fête joyeuse,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Mon secrétariat ne rédige pas en français. C’est la raison pour laquelle ma réponse vous est donnée dans la Langue sacrée. Toutefois, vous pouvez continuer à m’écrire en français, car je lis cette langue.

Lettre n°7045

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7045, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à la question que vous me posez dans votre lettre du 11 Tichri, à propos du voyage de votre épouse, à laquelle Dieu accordera longue vie. Celle-ci souhaite, en effet, visiter l’Angleterre et la Suède. Je dois vous dire la vérité. Je ne vois pas quel apport profond pourront avoir ces voyages, surtout à l’approche de l’hiver et de l’automne. Néanmoins, votre lettre semble indiquer qu’elle les souhaite, les désire profondément. Il faut donc leur adjoindre une quelconque mission de Mitsva. Ainsi, elle rendra visite, sur place, à l’association des femmes ‘Habad ou, plus généralement, à des organisations de femmes orthodoxes, auxquelles elle expliquera l’importance des Mitsvot et d’un mode de vie basé sur la Torah. Sans doute trouverez-vous, en outre, la meilleure accommodation pour les enfants.

Puisse Dieu faire que ce voyage et le retour interviennent en un moment bon et fructueux, qu’elle s’en serve pour la Mitsva, en plus de la satisfaction de sa propre volonté, dans la joie et l’enthousiasme. A n’en pas douter, vous vous préparez à profiter des jours de notre joie(1), qui approchent, de la manière qui convient, afin de diffuser les sources(2). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une fête joyeuse,

Notes

(1) La fête de Soukkot. (2) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7046

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7046, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tichri 5720,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Meïr Israël Issar Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie de m’avoir transmis l’enseignement que vous avez trouvé dans le Sidour Daat Kedochim, selon lequel on doit dire, dans la prière de la Neïla, lorsque Yom Kippour est un Chabbat : “ ils se reposeront en eux ”(2), ce qui, à n’en pas douter, fait suite aux termes : “ les Chabbats ”, qui figure au préalable. Vous faites également référence à la précision de l’Admour Hazaken, dans son Sidour(3) : “ Lors de la colère, souviens-Toi de l’amour ”. Vous me demandez à qui cette expression fait-elle référence, puisque l’on trouve déjà, avant cela, les termes : “ miséricorde ”, “ sacrifice ” et “ intégrité ” qui correspondent aux Patriarches(4).

Cette question m’a déjà été posée et j’ai répondu qu’à mon sens, il convient, bien au contraire, de s’interroger sur la formulation de ce texte qui retient uniquement les termes : “ miséricorde ”, “ sacrifice ” et “ intégrité ”. En effet, le verset parle bien de quatre souvenirs, ainsi qu’il est dit : “ Je Me souviendrai de Mon alliance avec Yaakov, avec Its’hak, avec Avraham et Je Me souviendrai de la terre ”. En outre, ce verset fait bien référence à une période de colère, tout comme la requête : “ Et, nous, nous ne savons que faire ”. Il faut donc concilier ces deux aspects. Et, l’on peut donc déduire de ce qui vient d’être dit que l’expression : “ Lors de la colère, souviens-Toi de l’amour ” correspond au quatrième souvenir, “ Je Me souviendrai de la terre ”. De même, le Zohar, tome 1, à la page 196b, dit : “ la femme qui aime Dieu, c’est l’assemblée d’Israël. En effet, c’est à son propos qu’il est question d’amour, ainsi qu’il est dit : ‘Je T’ai aimé, d’un amour éternel’ ”. Or, l’assemblée d’Israël correspond précisément à la terre. Cette explication permet d’apprécier la précision des Sidourim, selon le rite de l’Admour Hazaken, puisque ceux-ci mentionnent Avraham, Its’hak, Yaakov et le quatrième pied(5), à la différence des Sidourim séfarades qui citent uniquement : “ miséricorde ”, “ sacrifice ” et “ intégrité ”.

Notes

(1) Le Rav M.I. I. Friedman. Voir, à son sujet, la lettre n°1054. (2) Et, non “ en lui ”, ce pluriel faisant référence aux “ Chabbats ”, au pluriel, selon la précision de ce texte. Le rite ‘Habad retient également ce pluriel. (3) A la fin de la prière du Ta’hanoun. (4) Soit, dans l’ordre, à Avraham, à Its’hak et à Yaakov. (5) Du Char céleste, le quatrième souvenir du verset.

Lettre n°7047

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7047, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tichri 5720,

Brooklyn,

Au jeune homme, se consacrant aux besoins communautaires,

aux multiples accomplissements, Its’hak Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du jour sacré(2), avec ce qui y était joint. Je vous remercie beaucoup pour la bonne nouvelle de ce qui a été accompli à Ir Ganim(3). A n’en pas douter, le succès connu jusqu’à maintenant vous conduira à multiplier vos activités. Plus généralement, ceux qui se consacrent au réseau(4) et y investissent leurs efforts recevront des forces supplémentaires et solides afin d’élargir leurs accomplissements, dans toute la mesure du possible. Or, si celui qui préserve une âme d’Israël est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier, combien plus est-ce le cas pour celui qui en sauve deux, trois ou plus encore. De fait, on peut observer de ses propres yeux qu’avec l’effort qui convient, il est envisageable d’ajouter des dizaines d’élèves(5) au jardin d’enfants et à l’école. Bien entendu, il faut réaliser tout cela sans afficher sa victoire face au camp opposé. En effet, les propos et les chemins de notre Torah sont des voies agréables, comme le souligne l’enseignement de la ‘Hassidout.

En fonction de ce qui vient d’être dit, il est parfaitement judicieux d’organiser, à Ir Ganim, une réunion ‘hassidique et la célébration de Sim’hat Beth Ha Choéva(6). Avec ma bénédiction de réussite en tout cela, jusqu’à ce que : “ Tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”(7), afin d’obtenir : “ un héritage sans limite ” et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav I.T. Eisenbach, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6547. (2) Yom Kippour. (3) Dans la banlieue de Jérusalem. (4) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (5) Le Rabbi emploie ce terme à la fois au masculin et au féminin. (6) La célébration joyeuse, pendant ‘Hol Ha Moéd Soukkot, qui commémore les réjouissances, dans le Temple, quand on puisait l’eau des libations. (7) Selon le slogan choisi par le Rabbi pour l’année 5719.

Lettre n°7048

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7048, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille du 14 Tichri 5720,

Brooklyn,

Il convient de renforcer la paix(1), d’unir et de rapprocher les cœurs de tous, les uns envers les autres, de raffermir la conviction selon laquelle : “ l’Eternel votre Dieu vous met à l’épreuve ”. Quand on prend conscience qu’il n’y a là qu’une épreuve, celle-ci disparaît totalement. Dès lors, apparaît clairement la signification profonde de l’événement, l’épreuve et l’élévation qui en résulte(2), au-dessus de tous les voiles et des occultations, jusqu’à en avoir conscience, s’unir à cette situation par un lien fort et puissant, la révéler face à face, selon l’expression du Likouteï Torah, Parchat Reéh, à partir de la page 19b. De cette manière, le bien céleste deviendra aussi un bien visible et tangible, ici-bas, un bien pour nous, matériel et spirituel à la fois, “ notre joie ”, au pluriel.

Notes

(1) Ceci est la réponse du Rabbi à une demande de bénédiction qui émanait des habitants de Kfar ‘Habad, à la suite de différents événements intervenus dans cet endroit. (2) Quand on la surmonte.

Lettre n°7049

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7049, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

veille de Soukkot 5720,

Brooklyn,

On transmettra aux ‘Hassidim, au sein de tout Israël, mes bénédictions pour le temps de notre joie. A son début, il y aura la campagne(1) pour les quatre espèces, ainsi qu’il est dit : “ Et, tu te répandras… ”(2), auprès des quatre catégories du peuple juif(3), que l’on unira et que l’on enflammera pour la Torah, les Mitsvot et leur dimension profonde, conformément à l’enseignement du maître de tout Israël, le Baal Chem Tov, puisque l’année qui vient de commencer est le bicentenaire de sa Hilloula. Ses sources se diffuseront à l’extérieur et, dès lors, le maître viendra, le roi Machia’h(4). Ayez une joyeuse fête et donnez des nouvelles réjouissantes.

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Afin que le plus grand nombre de Juifs mettent en pratique cette Mitsva. (2) “ A l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, selon le slogan choisi par le Rabbi pour l’année 5719. (3) Correspondant aux quatre espèces, ceux qui étudient la Torah et pratiquent les Mitsvot, ceux qui étudient mais ne pratiquent pas, ceux qui n’étudient pas mais pratiquent, ceux qui n’étudient pas et ne pratiquent pas. (4) Conformément à la promesse faite par le Machia’h au Baal Chem Tov, lorsque ce dernier eut une élévation de l’âme, pendant la prière de Roch Hachana.

Lettre n°7050

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7050, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[18 Tichri 5720]

Je fais réponse à votre lettre du 13 Tichri, dans laquelle vous m’exposez les propositions commerciales que vous avez reçues(1) et vous me demandez ce que j’en pense. La pratique a montré qu’il n’est pas bon, pas sain de mélanger deux activités, des responsabilités communautaires et des préoccupations personnelles, dans un endroit comme le vôtre. Bien plus, jusqu’à ce jour, tout s’est bien passé, en ce lieu. Il n’y a donc pas lieu de se placer dans une situation de doute(2). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une joyeuse fête(3),

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre les avait reçues après qu’il se soit rendu en l’endroit où le Rabbi avait fait de lui son émissaire. (2) Sur la manière dont on réagira à cette situation nouvelle. (3) De Soukkot, cette lettre étant datée de son quatrième jour, soit le second de ‘Hol Ha Moéd.

Lettre n°7051

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7051, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tichri 5720,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

assume une mission sacrée, le Rav Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 7 Tichri. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous me dites que vous ne m’avez pas écrit, de par le passé, car vous ne savez que faire. Vous comprendrez que je sois surpris par une telle réponse alors que les âmes de dizaines de milliers de Juifs, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, ont soif de la Parole de Dieu, telle qu’elle est révélée par Ses serviteurs, nos saints chefs et maîtres, même si certains ont conscience de cette soif, alors que, chez d’autres, le corps l’occulte. Il est clair que la pitié que l’on doit éprouver pour ces derniers est d’autant plus grande.

Par une bonté de Dieu, vous avez le mérite d’avoir eu connaissance de l’enseignement de nos maîtres. Or, vous m’écrivez que vous n’avez rien à faire ! Il est sûrement inutile d’en dire plus, surtout pendant le temps de notre joie, alors qu’il est une Mitsva de réunir les quatre espèces, représentant les quatre catégories du peuple juif(2). En l’occurrence, l’idée essentielle est que la Mitsva de l’Ethrog(3) ne peut pas être mise en pratique en l’absence du saule(4). C’est bien évident. Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, vous méditiez et vous agissiez afin de diffuser les sources(5) à l’extérieur. Vous m’annoncerez de bonnes nouvelles, d’un bien véritable, bon pour les cieux et bon pour les créatures, un bien qui produit des fruits, selon l’expression du traité Kiddouchin 40a. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une fête joyeuse,

Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre et je le fais donc en son nom,

Le secrétaire,

E. Kwint,

Notes

(1) Le Rav B.Pariz, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°4246. (2) Voir, la lettre n°7049. (3) Correspondant aux Juifs qui étudient la Torah et qui pratiquent les Mitsvot. (4) Correspondant aux Juifs qui n’étudient pas la Torah et ne pratiquent pas les Mitsvot. (5) De la ‘Hassidout.

Lettre n°7052

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7052, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tichri 5720,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, adressée à la suite de mes vœux pour la nouvelle année, que vous avez sûrement reçus :

A) Vous faites allusion au bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. Le point le plus important à souligner, en la matière, est le suivant(1). Il faut rectifier l’erreur de certains, selon lesquels l’enseignement du Baal Chem Tov se résume à la phrase : “ Dieu demande le cœur ”, qu’il va donc à l’encontre, ce qu’à Dieu ne plaise, de l’affirmation de la Michna selon laquelle : “ l’acte est essentiel ”. On en conclut donc…(2). En la matière, il est important de souligner que le Baal Chem Tov n’a pas introduit le moindre allègement de la Loi(3), ce qu’à Dieu ne plaise, y compris pour de simples pratiques instaurées par les Sages. Bien au contraire, il a montré l’importance de la ferveur, souligné que chaque Juif possède pleinement les moyens de s’unir à son Créateur, grâce à Sa Torah et Ses Mitsvot, qu’il n’en est pas ainsi uniquement pour ceux qui ont reçu des capacités intellectuelles innées, leur permettant d’étudier profondément la Torah. Il a souligné que tous sont tenus de mettre en pratique les Mitsvot, d’une manière concrète, que chacun, “ en fonction de ses prédispositions intellectuelles et de la source de son âme ”, selon l’expression de l’Admour Hazaken, se doit d’étudier le sens simple, le sens allusif, le sens analytique et le sens ésotérique de la Torah.

B) Vous faites état de propositions selon lesquelles les élèves des écoles participeraient à différents défilés et à diverses manifestations. De façon générale, je n’approuve pas de telles pratiques, car on ne doit pas interrompre l’étude des enfants, y compris pour la reconstruction du Temple et combien plus…(4). Une exception peut être faite à ce principe lorsque leur participation reçoit une valeur pédagogique. En effet, l’enseignement dispensé aux élèves n’est pas uniquement oral. Il fait également intervenir la pratique concrète et de telles actions. Bien plus, on peut vérifier concrètement que celles-ci sont profondément dans l’esprit de l’élève et qu’il les retient. Il en résulte qu’avant d’obtenir une participation positive, est nécessaire une explication de la part du professeur ou du moniteur sur sa signification. Vous en déduirez également toutes les précautions qui sont nécessaires, en la matière. En effet, l’élève peut toujours recevoir une explication sur cette participation de quelqu’un d’autre, par exemple de ceux que vous citez dans votre lettre. Et, l’on peut imaginer que cette seconde explication le conduise à une conclusion opposée, comme vous l’écrivez vous-même. En cas de doute, il est donc préférable de s’abstenir. Vous faites valoir que l’on ne peut pas s’écarter de la communauté(5). Bien au contraire, il est parfois nécessaire de souligner plus clairement l’importance d’une certaine conception du monde et, précisément pour cela, de s’écarter de la communauté, sans être abusé par le fait que beaucoup adoptent un avis contraire.

C) Vous me dites que votre fils ne s’est pas totalement libéré de ce qui lui est arrivé, même si la situation est bien meilleure que de par le passé. Le médecin vous a sûrement expliqué l’importance essentielle, ou au moins déterminante, de l’état nerveux. Quand celui-ci s’est amélioré, renforcé, qu’il a retrouvé confiance en lui, il a commencé à se sentir mieux. Mais, pour renforcer cet acquis et pour faire disparaître ce qui s’est passé, il y a plusieurs traitements que les médecins peuvent prescrire, par exemple la réduction de l’alimentation et, bien sûr, de la boisson, avant d’aller dormir.

D) Vous me parlez également de la contraception(6). Notre Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement, est une Torah de vie, non seulement dans le monde futur, mais aussi, et même essentiellement, dans ce monde, car : “ elle ne se trouve pas dans le ciel ”. Or, la tension artérielle change, d’une période à une autre. Elle dépend de l’émotion et de l’état d’esprit. L’oubli la réduit largement. Le médecin leur(7) expliquera donc que des milliers de femmes ayant une tension supérieure à la normale, parviennent, néanmoins, à avoir des enfants, de la manière la plus favorable. L’idée essentielle est, en la matière, la suivante. Toute intervention de l’homme en de tels domaines, dépendant uniquement du Créateur du monde, Qui le dirige, va à l’encontre de la logique première et non uniquement de la conception de la Torah. On pourrait ajouter beaucoup d’autres précisions, à ce sujet, mais je n’en donnerai que deux :

1. En notre génération, chacun est “ un tison sauvé des flammes ”, après les persécutions qui ont été subites, Dieu fasse qu’elles ne se produisent plus. Il faut donc compléter ce qui n’a pu être accompli par les personnes ayant disparu pour sanctifier le Nom de Dieu. Avant tout, il est nécessaire de compléter le nombre des Juifs, au sens le plus littéral.

2. A notre époque, chacun recherche des prétextes, bâtit des règles générales à partir de situations spécifiques, parfois même d’une manière curieuse, pourvu que l’on puisse ainsi se simplifier la vie. On peut donc craindre qu’une telle attitude conduise d’autres femmes à en faire de même(8). En effet, il n’est pas connu de tous qu’en la matière, la raison d’une telle attitude est une tension artérielle élevée. Bien plus, on ne se demande même pas quelle est la raison et l’explication. On ne cite pour preuve que l’action concrète.

Puisse donc Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, de votre réussite en votre mission sacrée, l’éducation basée sur les valeurs sacrées et “ à quiconque ajoute(9), on ajoute(10) ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une joyeuse fête(11),

Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre et je le fais donc en son nom,

Le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°7114, 7226, 7328, 7333, 7356 et 7403. (2) Que la pratique des Mitsvot n’est pas essentielle. (3) Textuellement : “ pour la pointe se trouvant au-dessus du Youd ”. (4) Pour de telles pratiques. (5) Qu’il faut donc permettre la participation des élèves à ces activités, si les autres écoles le font. (6) Pour une femme qui craint une grossesse du fait d’une tension artérielle élevée. (7) Vraisemblablement à cette femme et à son mari. (8) A avoir recours à la contraception. (9) Des efforts. (10) Des bénédictions. (11) De Soukkot, cette lettre étant datée de son sixième jour, soit le quatrième de ‘Hol Ha Moéd.

Lettre n°7053

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7053, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

‘Hol Ha Moéd Soukkot 5720,

Brooklyn, New York,

A monsieur Its’hak Damyel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement reçu ma lettre, vous souhaitant une bonne année, de même que l’index du Likouteï Torah qui vous a été adressé. Vous m’avez écrit que les membres de votre groupe ont eu une discussion à propos de mes deux lettres(2). Vous me préciserez donc ce qui en a résulté. Vous me demandez de préciser certains points de mes courriers. Les occupations inhérentes à cette période font qu’il m’est difficile de me concentrer sur cette idée. En outre, et ceci est essentiel, il me serait plus aisé de rédiger une explication complémentaire ou un prolongement de mes deux lettres si je savais quels sont les points ou les concepts qui vous posent difficulté, ne vous paraissent pas logiques ou bien ne sont pas clairement définis dans mes courriers. Ainsi, je m’efforcerai de les développer. Je vous joins une copie de ma lettre adressée à tous, à l’occasion de ce Roch Hachana(3). Son contenu est précisément lié à ces deux lettres et surtout à la seconde, basée sur la conscience, conformément au dicton de l’Admour Hazaken(4), que : “ un Juif ne veut pas et ne peut pas se séparer de la Divinité ”. Il est clair qu’il en est bien ainsi pour chacun et chacune de ceux qui posent ces questions. Aussi, peut-être une explication supplémentaire se révélera-t-elle superflue s’ils sont touchés profondément, comme l’explique le Likouteï Torah, au début de la Parchat Chemini.

Vous avez sans doute eu connaissance de ce dont il a été quelques fois question ici, le bicentenaire de la Hilloula du Baal Chem Tov. Il convient donc de souligner deux points essentiels de son œuvre et de son accomplissement, qui semblent contradictoires :

A) Il se lia et s’unit aux Juifs les plus simples.

B) Il leur apporta et insuffla profondément en eux, d’après le rapprochement que font nos Sages entre Lifneïhem, devant eux et Lepnimiyoutam, en leur dimension profonde, les secrets de la Torah et même les secrets de ses secrets.

Mais, en réalité, ces deux points n’en font qu’un, conformément à un principe de la ‘Hassidout, qui est précisé par différents textes, selon lequel ce qui est le plus haut, précisément le plus haut, descend le plus bas. Il en résulte que chaque notion de ‘Hassidout doit recevoir une application concrète, non pas une petite action, mais bien une grande action. C’est ainsi que l’on révèle ce qui ne peut être qualifié ni de haut, ni de bas(5), l’Essence, puisque telle est la finalité de l’homme. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que pour une fête joyeuse, pour vous-même et pour tous les membres de votre famille,

Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre et je le fais donc en son nom,

Le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à son sujet, les lettres n°6539, 7168 et 7403. (2) Il s’agit des lettres n°6876 et 6898. (3) Il s’agit de la lettre n°7014. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°4604, 7148 et 7441. (5) L’Essence divine, transcendant ces notions.

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