Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°7014
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7014, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5719,
Septième année(1),
Brooklyn, New York,
Aux fils et filles d’Israël,
partout où ils se trouvent,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
En ces jours de conclusion de l’année passée et à l’aube de la nouvelle, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, le moment est au bilan moral de cette période écoulée, dont la synthèse finale permet de prendre les résolutions qui conviennent, pour la période qui commence.
Pour que ce bilan soit juste, on doit faire une évaluation exacte de ses forces et de ses possibilités. Plus sont larges les forces dont on a disposé, mais qui sont restées inutilisées, plus sont grandes la déconvenue et la faute de ne pas s’en être servi(2). La décision de mettre désormais en application toutes les possibilités offertes, dans la plus large mesure, en sera d’autant plus forte.
Le temps qui précède Roch Hachana et cette fête proprement dite ne sont pas seulement l’occasion qui est accordée d’établir un bilan moral, en général. Cette période rappelle et demande, en outre, une profonde évaluation des capacités dont on dispose, en tant qu’homme, élu d’entre les créatures et en tant que Juif, auquel Dieu transmet une céleste Torah de vie. De fait, Roch Hachana est le jour de la création de l’homme.
*
*
*
Lorsque l’homme fut créé, le Créateur lui montra aussitôt les forces dont il disposait et la mission qui lui était confiée, dans le monde : “ Emplissez la terre et conquérez-là. Dirigez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tout animal qui rampe sur la terre ”.
L’homme a donc reçu toutes les forces nécessaires pour conquérir la terre et la diriger. Il en est ainsi sur la terre ferme, dans les mers et en l’air. Et, on lui a enjoint qu’il en soit bien ainsi, car tel est l’accomplissement qui lui incombe. Or, de quelle manière est-il possible de diriger le monde et, de cette façon, d’atteindre son objectif et d’assumer sa mission ? Les Sages nous l’enseignent(3).
Adam, le premier homme, quand Dieu le créa, était pénétré et illuminé par son âme, par son image céleste. C’est de cette façon et grâce à cela qu’il parvint à diriger toute la création. Tous les êtres se réunirent alors pour le couronner et le proclamer leur créateur. Mais, Adam, le premier homme, leur montra leur erreur et il leur dit : “ Venez, nous irons servir Dieu, Qui nous a créés ”.
*
*
*
La direction du monde qui fut confiée à l’homme, à titre d’objectif et de mission, consiste à apporter l’élévation à son environnement, au monde entier, y compris aux bêtes sauvages et aux animaux domestiques, en les mettant au service de l’humanité véritable, une humanité pétrie et éclairée par l’image de Dieu, par l’âme qui est une “ parcelle de Divinité supérieure véritable ”(4). De cette façon, tous les êtres peuvent parvenir à la conscience que Dieu “ nous a créés ”.
Bien entendu, avant de partir à la conquête du monde, un homme doit d’abord maîtriser sa propre personne, l’aspect “ terrestre ” de sa personnalité, son apparence de “ bête sauvage ”. Pour cela, il doit mettre en pratique les enseignements de la Torah, Torah de vie, guide de l’existence quotidienne. De la sorte, ce qui est matériel et grossier s’imprègnera de la clarté de : “ Dieu est un et Son Nom est un ”(5), jusqu’à en devenir lumineux.
Ainsi, Dieu créa un homme unique et Il lui confia cette mission et ce rôle. Il y a bien là une leçon profonde, mais claire : un homme, chaque homme a le pouvoir(6) de dominer le monde.
Si quelqu’un n’assume pas la mission qui lui est confiée, s’il ne se sert pas des forces divines qui lui sont accordées, il ne fait pas que subir une terrible perte et un immense échec personnel. Il remet en cause le sort de l’humanité entière.
*
*
*
En ces jours de bilan moral, chacun d’entre nous, s’il se dit qu’en se conformant aux enseignements du Créateur, exprimés dans Sa Torah, il recevra la possibilité de conquérir les mondes, se posera, dès lors, la question suivante : dans quelle mesure a-t-on agi en ce sens au cours de l’année qui vient de s’écouler ? Or, telle est bien la mission divine, la finalité de la vie. S’il s’avère que certains points n’ont pas encore été accomplis, on prendra donc les résolutions qui s’imposent pour la nouvelle année.
Dieu sonde les cœurs et Il verra la fermeté des bonnes résolutions qui seront prises, en la matière. De ce fait, Il accordera Sa bénédiction, afin que l’on puisse les mettre en pratique de la meilleure façon, dans la joie et l’enthousiasme, avec la largesse matérielle et spirituelle. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Celle de la Chemitta. (2) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir aussi le traité Ketouvot 67a ”. (3) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir les Tikouneï Zohar, Tikoun 56 et les Pirkeï de Rabbi Eléazar, au chapitre 11 ”. (4) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le chapitre 2 du Tanya et les notes du Tséma’h Tsédek, à cette référence, dans le Kitsourim Ve Héarot, à la page 72 ”. (5) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le Séfer Mitsvot Katan, dans le Beth Yossef, Tour Ora’h ‘Haïm, au chapitre 61 ”. (6) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le traité Sanhédrin, chapitre 4, Michna 5 et le traité Kiddouchin 40b ”.
Lettre n°7015
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7015, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Elloul 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez ce que vous avez vécu et vous me dites comment vous avez organisé votre vie, à l’heure actuelle. Vous concluez en énumérant différents problèmes :
A) Parfois, vous sentez que vous êtes indifférent par rapport à la spiritualité, au point de lutter avec votre penchant. Or, vous connaissez l’enseignement de nos Sages selon lequel celui qui se trouve dans une telle situation ne doit pas se décourager. Différents textes l’expliquent et, à ce propos, vous consulterez également le saint Tanya, dans les passages indiqués par l’index qui se trouve à la fin du livre, en particulier le chapitre 27.
B) Comment repousser les pensées indésirables ? De façon générale, on peut, en la matière, formuler le conseil suivant. Il faut oublier une telle pensée et ne pas lutter contre elle, ce qui a pour effet de l’examiner attentivement, c’est-à-dire d’aller à l’encontre de l’oubli. Néanmoins, un homme pense en permanence et l’oubli consiste donc à se concentrer sur une pensée appartenant à un tout autre domaine, si possible lié à la Torah et aux Mitsvot. Car, si un peu de lumière suffit à repousser beaucoup d’obscurité, combien plus peut le faire beaucoup de lumière.
C) De quelle manière peut-on commencer à changer son comportement, puis le faire d’une manière ordonnée ? Il est clair qu’en la matière, on ne peut émettre des règles intangibles, car cela dépend des traits de caractère de chacun. Or, les personnalités sont différentes. Vous solliciterez donc le conseil des ‘Hassidim âgés qui se trouvent dans votre entourage et qui vous connaissent ou bien qui pourront répondre à ces questions. Ils vous guideront. Néanmoins, l’idée générale concernant ce changement est la suivante. L’avancement se fait pas à pas, étape par étape, mais non par un bond en avant, qui ne peut avoir qu’un caractère exceptionnel, à certains moments. Bien entendu, ceci s’applique uniquement aux barrières et aux résolutions, en la matière. En effet, ce qui est interdit l’est en tout état de cause et l’on ne peut se permettre d’attendre le jour où l’on comprendra enfin qu’il y a bien là une interdiction. En la matière, ce n’est pas un bond en avant qui est nécessaire, mais un abandon total de la situation précédente pour accéder à une situation nouvelle. Il est clair que l’une et l’autre sont diamétralement opposées. Comme l’explique le Tanya, la transgression d’une disposition légère de nos Sages est une interdiction à proprement parler, liée aux forces du mal(1). Et, celui qui respecte cette disposition légère s’attache et s’unit ainsi à la Lumière de Dieu. Vous consulterez ce texte.
D) Vous me demandez si vous devez changer votre lieu de résidence et, le cas échéant, où vous devez aller. La décision, en la matière, dépend de différents points. De même, l’opinion de votre épouse(2) est importante, sur ce sujet, car la femme est définie comme la maîtresse de maison. Le mérite de votre diffusion du Judaïsme dans votre entourage, comme vous me le décrivez et que vous intensifierez sûrement, parce que celle-ci est la nécessité et le besoin du moment, vous protégera et multipliera les bénédictions de Dieu, pour vous et pour tous les membres de votre famille. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Textuellement : “ aux forces extérieures au domaine de la sainteté ”. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°5814 et 6147.
Lettre n°7016
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7016, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Elloul 5719,
Brooklyn, New York,
Aux participants à la réunion ‘hassidique du Melavé Malka,
repas de David le roi oint et aux signataires de la demande
générale de bénédiction, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
En un moment propice, votre demande de bénédiction sera lue près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. De tout temps, nos Sages ont montré l’importance de la prière qui est prononcée près du tombeau des Justes, mais combien plus est-ce le cas à notre époque de révélation de la dimension profonde de la Torah et de sa diffusion, ce qui met en évidence la dimension profonde du monde. En effet, notre Torah, Torah de vie, établit ce qui est l’existence du monde, comme le tranchent nos Sages, dans le Yerouchalmi, traité Ketouvot, chapitre 1, au paragraphe 2, à propos du verset : “ A Dieu, Qui conclut pour moi ”(1).
Il a déjà été expliqué par ailleurs que ceci ne contredit pas l’affirmation selon laquelle, d’une génération à l’autre, les sentiments diminuent et l’obscurité s’intensifie. En effet, le traité Sotta 49a dit : “ Il n’est pas de jour… ”(2). C’est, bien au contraire, l’explication d’une telle situation. C’est précisément lorsque l’obscurité se renforce que l’aide céleste est accrue. En effet, l’assurance nous a été donnée que : “ le Saint béni soit-Il lui vient en aide et il peut le(3) vaincre ”. Ce sujet, avec tout ce qui en découle, est particulièrement important, en cette période pendant laquelle nous disons, deux fois par jour, selon le traité Nedarim 36a et le Choul’han Arou’h, à la référence correspondante : “ Recherchez Ma Face. Eternel, je rechercherai Ta Face ”(4). Il faut alors
demander, rechercher la dimension profonde, surtout pendant le dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour. L’étincelle est alors proche du Luminaire(5), ainsi qu’il est dit : “ Recherchez Dieu pendant qu’Il peut être trouvé… pendant qu’Il est proche ”(6).
Bien plus, selon une explication bien connue de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, complétant celle qui vient d’être énoncée : “ ceci est vrai pour celui qui est seul ”(7). Une telle Techouva émane de l’essence de l’âme, Ye’hida et elle conduit vers l’Unique du monde, Ya’hid(8). Vous avez détaillé, dans la lettre et la demande de bénédiction, les souhaits positifs de votre cœur. Puisse donc Dieu faire que vous me préveniez également lorsque vous serez exaucé, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement,
M.. Schneerson,
Notes
(1) Selon lequel l’existence du monde se met en conformité avec la décision de la Torah. (2) “ Dont la malédiction ne soit pas plus forte que celle de la veille ”. (3) Le mauvais penchant. (4) Le Psaume 27, qui est récité deux fois par jour depuis Roch ‘Hodech Elloul, jusqu’à Hochaana Rabba. (5) L’âme est proche de la Divinité. (6) Nos Sages expliquent : “ C’est-à-dire pendant les dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour ”. (7) Et qui prie pendant ces dix jours. Le résultat de la prière d’un individu, pendant cette période, est l’équivalent de celui d’une communauté, pendant le reste de l’année. (8) Ye’hida et Ya’hid doivent être rapprochés de celui qui prie seul, Ya’hid.
Lettre n°7017
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7017, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce lundi, dans laquelle vous me parlez des questions que l’on vous pose parfois, à propos de la foi juive et de ce qui la concerne. Vous m’en demandez la réponse. De façon générale, il n’y a pas lieu de transmettre de telles questions sur un autre continent, d’autant que cela est totalement inutile. Vous pourrez contacter un guide spirituel des ‘Hassidim ou bien l’un des ‘Hassidim âgés. Vous en connaissez sûrement puisque vous me dites que vous avez été l’élève d’une Yechiva ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Ces personnes vous guideront. Il est sûrement inutile de vous préciser qu’il n’est pas d’usage qu’un homme recherche les questions, de manière systématique. Il est dit, en effet, que “ l’homme est né pour l’effort ”, afin de faire le bien, ici-bas. Si vous commencez à rechercher des questions, vous y consacrerez tout votre temps, vos jours et vos années, sans parvenir à leur apporter une réponse, car un homme est limité, son intellect l’est également, au même titre que ses jours et ses années.
Puisse Dieu faire que vous avanciez, avec intégrité, sur la voie de la Torah, la voie de la vie véritable. En effet, la Torah et ses Mitsvot sont “ notre vie et la longueur de nos jours ”. Une telle attitude supprimera les doutes et les interrogations. On peut citer, à ce propos, l’exemple suivant. Un homme affamé et assoiffé a l’intellect troublé et il ne comprend rien de manière directe. Il n’en est pas de même, en revanche, pour celui qui n’a ni faim, ni soif. Or, ceci s’applique, de manière identique, quand l’âme a faim et soif de Torah et de Mitsvot. Il serait bon que vous gardiez la pratique consistant à lire des Tehilim selon leur répartition mensuelle, chaque jour, après la prière du matin. Chaque jour de semaine, avant la prière, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsédaka. Avant tout, vous ferez ce qui est en votre pouvoir pour diffuser le Judaïsme auprès de vos amis et de votre entourage, d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, que vous me donniez de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°7018
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7018, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos deux lettres et je fais suite à la bénédiction que je vous ai adressée, à l’occasion de la nouvelle année et que vous avez sûrement reçue. Vous me parlez de l’éducation de votre fils, auquel Dieu accordera longue vie. Une doctoresse conseille de réduire le temps consacré à ses études sacrées, afin qu’il fasse plus de gymnastique et qu’il se consacre plus aux activités qui favoriseront son développement. Or, notre Torah est appelée Torah de vie, ce qui veut dire qu’elle apporte la vie, dans ce monde, une vie pleine et entière, en bonne santé, dans l’intégrité et dans le bien. Il est donc clair qu’il n’y a pas lieu de changer son programme, ni de réduire le temps d’étude de la Torah, d’autant que sa crainte de Dieu en dépend. Il faut donc parler avec cette doctoresse et lui demander qu’il effectue ces activités se révélant efficaces, selon les voies de la nature, pendant son temps libre.
Il est bien évident que vous devez expliquer tout cela à votre épouse, de la manière qui convient. Avant tout, vous placerez votre confiance en Dieu, Qui accorde à chacun Sa divine Providence. En évitant le changement et les réductions, pendant le temps que votre fils passe au ‘Héder, il est clair que vous renforcerez sa santé, y compris au sens littéral. De même, vous expliquerez à cette doctoresse qu’il y a sûrement, dans l’école où elle veut placer votre fils, des enfants non juifs et ceux-ci y sont peut-être la majorité. Il y a donc lieu de craindre les complications qui en résulteront, dans l’esprit de l’enfant, s’il passe là la plupart de son temps et y reçoit son éducation. Vous dites qu’il n’y sera pas confronté à l’antisémitisme. Malheureusement, celui-ci est omniprésent, en particulier pour les enfants qui ne cachent pas leur Judaïsme. C’est bien évident. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de l’état de santé de votre épouse, à laquelle Dieu accordera longue vie.
Vous procéderez ainsi si vous obtenez, de manière agréable, le plein accord de votre épouse sur une telle démarche. En tout état de cause, il serait bon d’apporter toutes ces explications à la doctoresse et de lui exprimer, d’une manière diplomatique, votre légère surprise en constatant qu’elle a pu formuler une telle proposition à votre épouse avant de vous en avoir d’abord parlé à vous. En effet, il n’est pas toujours possible de connaître les relations qui existent entre un homme et son épouse. Combien plus le manque d’information, en la matière, peut-il générer des conflits entre les personnes, qui ne sont uniquement physiques, mais se manifestent aussi dans l’esprit de votre épouse. Sa nature et son éducation sont religieuses et peut-être, très rapidement, sera-t-elle dans le doute, se demandera-t-elle si elle a bien fait de modifier son programme d’étude et son éducation ou bien… Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°7019
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7019, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5719,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jour lumineux du 18 Elloul, date à laquelle furent suspendus les deux grands luminaires, date de la naissance de notre maître, le Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. Vous me transmettez la requête de parents, à propos de leur fils. Celui-ci a cessé de parler et, après quelques soins qui se sont révélés inefficaces, il a subi un traitement sur les os du cou et il semble qu’il aille mieux. Ces parents me demandent s’ils doivent poursuivre ce traitement.
D’après les quelques mots que vous me dites de ce traitement, il semble qu’il s’agisse d’un moyen auquel quelques médecins ont recours dernièrement et que l’on appelle la chiropractie. Il ne s’agit nullement d’une pratique ayant une quelconque vertu, y compris selon ceux qui la défendent et même d’après ses détracteurs. La controverse, la concernant, porte uniquement sur son efficacité. Ceci répond à la question qui demandait s’il est permis de se rendre chez celui qui la pratique. En tout état de cause, mon propos n’est pas de trancher la Hala’ha, d’autant que quelques détails ne sont pas précisés. Ils s’adresseront donc à un Rav de leur entourage, qui tranche la Hala’ha, après lui avoir expliqué tous les détails de ce traitement. Sur la question proprement dite, est-il bon de s’y rendre encore une fois ? Il est effectivement judicieux de le faire, puisque l’on a déjà constaté une amélioration.
Si vous m’indiquez le nom du fils et celui de sa mère, je le mentionnerai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’il obtienne la satisfaction de ses besoins. Puisque vous m’avez transmis cette requête, puisse Dieu faire que vous me donniez vous-même de bonnes nouvelles, à ce sujet. Vous trouverez sûrement les mots qui conviendront pour expliquer aux parents de ce garçon qu’ils doivent renforcer leur engagement à la Torah et aux Mitsvot. Aussi bonne que puisse être leur situation, en la matière, un ajout reste toujours possible, dès lors que l’on est attaché au Saint béni soit-Il, Qui est infini. C’est ainsi que l’on multiplie les bénédictions de Dieu, en tout les besoins de l’homme et de sa famille. Avec ma bénédiction afin que vous me donniez de bonnes nouvelles, que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Vous avez sûrement déjà reçu ma lettre de bénédiction, à l’occasion de Roch Hachana.
Lettre n°7020
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7020, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5719,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Eliézer Aryé Ha Lévi,
qui est appelé docteur Finkelstein(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, à vous-même et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Et, je saisis cette opportunité pour revenir sur le contenu de votre précédente lettre, dans laquelle vous définissez la valeur de la Torah par l’influence positive qu’elle exerce, la seule qui puisse modifier la nature de l’homme(2). De fait, personne ne conteste que “ l’étude de la Torah surpasse tous les Préceptes ” et “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Il n’est nul besoin de l’expliquer longuement et de développer cette idée. Pour autant, il y a bien là une difficulté. A notre époque, en particulier aux Etats-Unis, les hommes sont plus pragmatiques qu’intellectuels. Dans ce pays, ceux qui exercent une activité intellectuelle approfondie sont particulièrement peu nombreux.
Bien entendu, mon propos n’est pas d’évaluer les avantages et les inconvénients d’une telle situation. Ce n’est pas ici le cadre pour le faire et mon objectif est uniquement de décrire la réalité. D’un point de vue pédagogique, on ne peut donc pas s’en remettre uniquement à l’étude de la Torah, en se disant que ceux qui la pratiquent en tireront les conséquences, que le luminaire de la Torah les ramènera vers le bien. Tout cela, selon la nature humaine, requiert une analyse approfondie et beaucoup de temps. L’enthousiasme et la recherche d’un objectif qui exige un grand investissement en temps vont en se volatilisant et, au fur et à mesure que ce temps s’écoule, chaque occasion qui se présente est perdue. De ce point de vue, dans notre pays, ici, plus que partout ailleurs, la situation concrète impose que l’on accompagne l’étude de la Torah par un encouragement, une invitation spécifique à adopter un comportement qui soit en accord avec cette étude. J’ai déjà longuement expliqué, par ailleurs, que ceux qui possèdent une influence dans le domaine pédagogique ont le devoir de connaître la nature des jeunes auprès desquels ils l’exercent, de faire plus résolument confiance à leurs forces profondes, de ne pas craindre, s’il les influencent pleinement, que ceux-ci ne l’acceptent pas. En réalité, ces jeunes peuvent recevoir beaucoup plus qu’on ne l’imagine. C’est aussi l’idée de la lettre que j’ai adressée à tous, à l’occasion de Roch Hachana, qui approche et dont je vous joins une copie(3).
De fait, on peut voir en cela le fondement même de notre foi, la foi en la Tradition d’Israël. Notre Torah dit que : “ les Justes sont à l’image de leur Créateur ” et un autre texte ajoute : “ Tout comme le Saint béni soit-Il crée des mondes, Yaakov en fait de même ”. Combien plus peut-on créer une âme juive, laquelle est elle-même un monde entier. Et, l’on peut en faire une créature nouvelle, la transformant d’une extrême à l’autre. La ‘Hassidout souligne que le mot Mitsva est de la même étymologie que Tsavta, le lien. En la mettant en pratique, on accomplit les termes du verset : “ Vous êtes liés à l’Eternel votre Dieu ”. Dès lors, il est bien clair qu’ils “ sont à l’image de leur Créateur ”. Quand on observe son élève, celui-ci peut sembler très limité, mais, quand obtient qu’il adapte son comportement à son étude de la Torah de Dieu, en ayant une vie de pratique effective de la Torah et des Mitsvot, on révèle en lui des forces morales que l’on ne soupçonnait pas, les forces de l’âme divine, qui est liée et attachée au Dieu de vie. De manière plaisante, on pourrait dire qu’il serait bon d’adopter une telle conception même en présence du plus grand doute(4), car il s’agit d’une situation de danger(5). Mais, à mon sens, il n’y a là aucun doute. Il s’agit bien d’une certitude absolue(6). Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6529. (2) Le destinataire de cette lettre en déduisait la nécessité de promouvoir uniquement l’étude, sans souligner l’importance de l’action concrète. (3) Il s’agit de la lettre n°7014. (4) Sur l’efficacité que celle-ci peut avoir. (5) Et, il faut donc tout mettre en œuvre pour sauver ces jeunes. (6) Une telle approche se révèle toujours efficace.
Lettre n°7021
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7021, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se
consacre aux besoins communautaires, a de multiples
connaissances, le Rav Chlomo(1),
Pour une certaine raison, l’envoi(2) a été retardé et, entre temps, nous nous sommes rencontrés. Vous m’interrogez sur le traité Be’horot 41a, d’après l’explication de Rabbénou Guerchom Maor Ha Gola, selon laquelle ‘Héres, l’argile, signifie ici ‘Harouts, l’or, le Samé’h et le Tsaddik étant deux lettres interchangeables. Il en résulte que :
A) l’on peut comprendre l’avis de la Guemara selon lequel : “ la cruche, c’est l’argile ”, alors que l’on ne comprend pas ce que l’argile, par lui-même, a de plus que cette cruche,
B) la présence d’une plaie fait la preuve qu’une telle inversion est possible(3). En effet, toutes les plaies doivent être plus profondes que l’ombre, même si, comme signe de leur impureté, il suffit qu’elles aient l’apparence de la profondeur, même si cela ne correspond pas à la réalité. Vous consulterez, à ce sujet, le Torah Temima sur le verset Tazrya 13, 3(4).
Malgré vos hésitations, lors de notre discussion, j’espère que vous proclamerez, dans les endroits où cela est nécessaire, que : “ l’honneur… ”(5), car ceci est un principe duquel on ne peut faire abstraction. En effet, même à propos d’un gain matériel, et uniquement pour une seule personne, il est dit : “ Je bénirai ceux qui te béniront ”. Et, Rachi, commentant le traité Meguila 27b, précise : “ Rav entendit… parce que Rav Houna n’avait pas parlé de ce qui n’était qu’une éventualité ”, alors que cela n’était nullement son rôle(6). Combien plus est-ce le cas…(7).
Notes
(1) Le Rav C.Goren, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6502. (2) De la présente, faisant réponse à la lettre du Rav Goren. (3) Que celle-ci peut s’enfoncer dans la chair, au lieu d’être en saillie. (4) “ Le Cohen verra la plaie dans la peau de la chair et le poil, dans la plaie, sera devenu blanc et l’apparence de la plaie est plus profonde que la plaie de sa chair, c’est une plaie de lèpre. Le Cohen le verra et le déclarera impur ”. (5) “ De la fille du Roi se trouve à l’intérieur ”, la nécessité de la pudeur féminine. (6) Malgré cela, dès lors que cette parole pouvait avoir un apport concret, il aurait dû la prononcer. (7) Pour le destinataire de cette lettre qui, s’il exige publiquement le respect de cette pudeur, est assuré d’obtenir un certain résultat.
Lettre n°7022
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7022, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Jours de Seli’hot 5719]
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples connaissances, le Rav Meïr(1),
J’ai bien reçu votre livre, le tome 1 du ‘Houmach Torah Meïra(2) et je vous en remercie beaucoup. En marque d’affection, je reproduis ici quelques notes, très brèves, en fonction du temps dont je dispose et nos Sages disent que “ la paix règne à la fin ”(3) :
Au début de l’introduction : Le commentaire du Baal Chem Tov est rapporté, en particulier, à la fin du Maor Enaïm.
Au début des ajouts,
à la page 9a-b : Une lecture rapide du Midrash Ha Néélam, dans le Zohar ‘Hadach, au début de la Parchat Béréchit, établit que, selon l’avis qui dit que “ le monde fut créé par dix Paroles ”, la question est de savoir si le monde pouvait être créé par une seule parole ou même par un Aleph. La formulation de la Michna et de différents textes de nos Sages montre qu’il n’y a pas de controverse, en la matière et qu’il s’agit en fait ici, de différents stades du dévoilement de la création. A ce sujet, vous consulterez, en particulier, le Avodat Ha Kodech, tome 4, au chapitre 4. Pour compléter le sujet et pour les additifs, il aurait été bon de citer également l’affirmation de nos Sages, formulée dans le Yerouchalmi, traité ‘Haguiga, chapitre 2, au paragraphe 2, selon laquelle le monde fut créé par un Beth et le Zohar, tome 2, à la page 20a, qui dit que le monde fut créé par une pensée.
Au début des références de Rachi, à la page 9a : Le renvoi au chapitre 12 du Midrash Béréchit Rabba n’est pas exact. Le Torah Cheléma , au paragraphe 219, dit : “ l’étude de la Torah est mentionnée dans le Midrash Yelamedénou ”, mais je ne dispose pas de cet ouvrage.
A la fin des ajouts, à la page 342b : Le Noun de ‘Haran est retourné. Les commentaires, à ce sujet, sont le Aleph, le Dalet et le Vav. Les autres portent sur “ à ‘Haran ”. Vous verrez, en particulier, le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 68, au paragraphe 13, qui dit : “ à ‘Haran : le lieu de Sa colère ”.
Notes
(1) Le Rav M.Meïri, de Londres. (2) Qui éclaire, du nom de l’auteur. (3) Les controverses entre les sages n’entament pas leurs bonnes relations.
Lettre n°7023
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7023, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Jours de Seli’hot 5719]
Vous me demandez la référence de l’affirmation du Torah Or, à la page 32b et du Likouteï Torah, Parchat Beaalote’ha, à la page 29c, selon laquelle Aharon est bien l’un des sept bergers, alors que son nom n’est pas mentionné dans le traité Soukka 52b. Une même affirmation figure aussi dans d’autres textes du Torah Or, que vous retrouverez dans l’index. La référence en est la suivante :
A) La fin du Zohar ‘Hadach et les Tikounim, à la page 104a, disent : “ Le berger fidèle se dressa sur ses jambes et il dira : ‘Saints bergers ! Avraham, Its’hak, Yaakov, Adam le premier homme, Aharon, David et Chlomo’ ”. Ceci explique également que :
1. le Torah Or, à la page 82a, cite Avraham comme premier berger, alors que, selon le traité Soukka, il s’agit d’Adam,le premier homme,
2. le Torah Or, à la page 33c, considère que Its’hak fait également partie des bergers.
B) Le Zohar, tome 2, à la page 26b, dit : “ c’est Aharon et Moché ”, au singulier, “ car l’un s’intègre à l’autre ”. Vous consulterez le traité Taanit 80a. C’est pour cela que, dans ce cas, seul un d’entre eux est mentionné, en l’occurrence celui qui a le rôle essentiel. C’est bien évident.
En la matière, on pourrait poser une autre question, qui est essentielle. Le Torah Or et le Likouteï Torah définissent les sept bergers comme “ ceux qui insufflent la Divinité à l’assemblée d’Israël ”. Or, quel est le rôle de Chet et de Metouchéla’h(1), en la matière ? Commentant le verset Mi’ha 5, 4(2), le Tséma’h Tsédek énonce deux explications du terme : “ nous dresserons ”. La première l’applique à Achour et la seconde, aux enfants d’Israël, selon l’interprétation du Targoum, ce qui aurait pour conséquence la défaite d’Achour.
Ceci nous permettra de comprendre ce qui est dit plus haut. Le traité Soukka suit la première explication, alors que le Zohar ‘Hadach opte pour la seconde. Si je pouvais me le permettre, je dirais qu’il faut vérifier les premières éditions du Zohar ‘Hadach. Peut-être, à la place d’Adam, le premier homme, faut-il lire Yossef, comme pour les invités de Soukkot(3). On peut toutefois soulever une objection à partir du Torah Or, à la page 33d. Le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de ‘Hanouka, reproduit ce passage du traité Soukka et il définit ces bergers. Toutefois, parmi les sept, il cite uniquement Avraham, Yaakov et Moché. On pourrait approfondir cette analyse, mais on ne le fera pas ici.
Notes
(1) Qui n’appartiennent pas au peuple juif et ne peuvent donc pas lui insuffler la Divinité. (2) “ C’est alors que règnera la paix. Si Achour envahit notre pays et s’empare de nos palais, nous dresserons contre lui sept bergers et huit princes parmi les hommes ”. (3) Le Zohar dit que l’on reçoit, chaque soir de la fête, l’un de ces Justes dans sa Soukka. Il énumère, à ce propos, les mêmes noms que le Zohar ‘Hadach et les Tikounim, remplaçant uniquement Adam, le premier homme par Yossef.
Lettre n°7024
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7024, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Jours de Seli’hot 5719]
Vous m’indiquez(1) une contradiction apparente(2) dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, entre le chapitre 192, au paragraphe 2 et le chapitre 198, dans une parenthèse qui est à la fin du paragraphe 1. Le chapitre 192 dit : “ et non celui qui invite à la bénédiction(3) ”, se référant ainsi à celui qui a été cité au préalable, c’est-à-dire à celui qui entend les autres. Il en résulte que :
A) L’on peut ainsi comprendre la longueur de ce passage. En effet, selon votre interprétation, il aurait fallu préciser : “ Il n’a pas dit… seuls les convives ”, alors qu’avec cette explication, on comprend que les convives ne doivent pas répondre Amen pour deux raisons :
1. Ceci concerne uniquement celui qui vient de la rue, alors que les convives doivent se concentrer pour écouter. Et, une telle distinction a bien une incidence. En effet, si l’un des convives termine la bénédiction avant les autres, il ne répond pas Amen.
2. L’invitation à réciter la bénédiction après le repas s’adresse essentiellement aux convives. En conséquence, celui qui vient de la rue et doit répondre(4) a le choix(5). Il doit, en l’occurrence répondre aux convives et non à ceux qui invitent à dire la bénédiction.
B) La référence au Levouch dans le chapitre 192 indique que celui-ci est à l’origine de la décision hala’hique figurant au chapitre 198. Il convient, cependant, de consulter son livre, mais je n’en dispose pas. Je vous joins ce que j’ai écrit à quelqu’un, à propos de la formulation de l’Admour Hazaken, Vana’hnou(6). En effet, j’ai vu ce que vous écrivez, à ce sujet.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Yaakov Werdiger, auteur et éditeur du Sidour Tslota De Avraham. Voir, à son sujet, la lettre n°6045. (2) Quant au fait de répondre Amen, lorsque l’on se rend dans un endroit où plusieurs personnes prennent leur repas et que l’on entend celui qui invite les autres à réciter la bénédiction après le repas dire : “ Béni soit Celui à Qui appartient ce que nous avons mangé et par la bonté Duquel nous vivons ”. (3) Lui même ne répond pas Amen. (4) Amen. (5) Il peut répondre à celui qui invite à dire la bénédiction ou bien à l’un des convives. (6) “ Et, nous (nous louerons Dieu dès maintenant et pour l’éternité) ”, dans les versets précédant la bénédiction après le repas.
Lettre n°7025
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7025, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5719,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Binyamin(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous exprime, par la présente, mes vœux, pour vous-même et pour tous les vôtres, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, en général et plus spécifiquement.
M. Schneerson,
Je viens de recevoir votre lettre et votre télégramme, à propos du front commun avec Agoudat Israël(2). Je vous remercie de me l’avoir adressée. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite et que vous parveniez à relever le sort de la Tradition d’Israël.
Notes
(1) Le Rav B.Mints, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°1110. (2) Pour les élections en Erets Israël. Voir, à ce sujet, la lettre n°3489.
Lettre n°7026
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7026, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples connaissances, le Rav Moché Yaakov(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous exprime, par la présente, mes vœux, pour vous-même et pour tous les vôtres, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction,
N. B. : Je vous remercie encore une fois pour votre cadeau, votre livre ‘Hemdat Moché, des responsa sur les quatre parties du Choul’han Arou’h. Mon temps ne me permet pas du tout son examen approfondi, du fait du contenu de ces jours. Et, l’on sait ce que dit le Birkeï Yossef, cité par le Elef La Maté, dans le Maté Ephraïm, chapitre 581, au paragraphe 15. Malgré cela, en signe d’affection, je formule ici quelques remarques :
Au début de l’introduction : Concernant le commentaire du Or Ha ‘Haïm sur le verset : “ Et, la mer retrouva ”, vous consulterez le Or Torah du Maguid de Mézéritch, à ce propos. Un récit de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à ce sujet, est reproduit dans le Hayom Yom, à la date du Chabbat Parchat Bechala’h(2)
Au début de l’avant-propos : paragraphes 2 et 3. Vous consulterez le Yerouchalmi, traité Taanit, chapitre 1, paragraphe 1, qui dit : “ avec cinq éléments…. Il vit… ”.
Responsa, chapitre 1 : Nombreux sont ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot, mais séjournent, néanmoins, dans les hôtels(3), mais mon beau-père, le Rabbi, ne portait rien, pendant le Chabbat, dans les couloir d’un hôtel. En tout état de cause, ceux qui ont recours aux services d’un hôtel ont de fortes raisons pour le faire :
A) Une permission est donnée, en la matière parce que le propriétaire possède des affaires dans les chambres, ce qui veut bien dire qu’il n’en a pas totalement retiré sa propriété. C’est donc comme s’il y résidait lui-même, de sorte que tous sont ses invités, comme le dit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 370, au paragraphe 2. Du reste, la location d’une chambre d’hôtel subit différentes limitations, que l’on ne retrouve pas pour un logement courant.
B) Il y a presque toujours, dans la chambre, des objets appartenant au propriétaire que le locataire n’utilise pas. De la sorte, ce propriétaire reste partie prenante, même s’il s’agissait d’une location ordinaire.
C) Selon le Péri Megadim, chapitre 370, au paragraphe 3, il suffit que le propriétaire ait le droit d’y déposer ses affaires. Mais, le Michna Beroura n’est pas du même avis.
D) On y séjourne moins de trente jours. Même si l’on y reste plus longtemps que cela, la location est payée à la semaine. Et, le propriétaire peut faire cesser la location à tout moment, puisqu’il n’y a pas de contrat, à la différence d’une location classique. Il s’agit donc, chaque semaine, d’une location nouvelle. Vous verrez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 370, selon lequel celui qui fixe son séjour pour plus de trente jours ne subit pas d’interdiction, pendant tout ce délai. Et, ceux qui paient un loyer mensuel, y compris sur la base du calendrier courant, selon lequel un mois peut avoir trente et un jours, ne subissent pas non plus d’interdiction, sauf si le trente et unième jour est un Chabbat et, dans ce cas, uniquement pendant ce Chabbat. Vous consulterez le Or Zaroua et le Biyour Hala’ha du Michna Beroura, à la fin du chapitre 370, à propos des trente jours.
Les responsa du Rachag, tome 2, paru à Bordiov en 5699(4), au chapitre 123, énoncent une permission, en la matière, en invoquant les raisons A et C. Cet ouvrage conclut en citant comme preuve le fait que l’on ne fixe pas une Mezouza(5), en pareil cas, y compris pour ceux qui passent plus de trente jours dans les hôtels non juifs.
Début des passages : On peut réellement s’interroger sur la manière d’expliquer l’avis du Rambam, dans ses lois des sacrifices disqualifiés, chapitre 3, au paragraphe 22. Selon lui, les sacrifices ayant été égorgés sont repoussés. Vous verrez aussi le Kessef Michné, lois de l’idolâtrie, chapitre 7, au paragraphe 10, de même que le Rambam, lois des sacrifices disqualifiés, chapitre 2, au paragraphe 22. Or, il aurait fallu les considérer comme des animaux égorgés et non comme des animaux vivants.
Conclusion du Talmud : “ Rabbi Yochoua Ben Lévi dit… chaque Juste et chaque Juste… ”. Vous donnez l’explication de cette répétition, qui fait allusion au Juste et à celui qui a accédé à la Techouva. Certes, on ne remet pas en cause un commentaire(6), selon le Chaar Ha Pessoukim, du Ari Zal, à propos du verset : “ Ils rendirent leur vie amère ”. On peut toutefois lui trouver un appui dans le traité Kiddouchin 49b selon lequel, d’après la Hala’ha, et d’une manière certaine, celui qui est parvenu à la Techouva peut être qualifié de “ Juste ”.
Ceci est, du reste, en rapport avec le contenu de cette période, puisque cette affirmation de nos Sages, à propos de chaque Juste, ne correspond pas à ce que dit Rabbi ‘Hiya Bar Abba, au nom de Rabbi Yo’hanan, dans le traité Bera’hot 34b. On peut aussi voir en cela la base de la décision hala’hique, en particulier du Rambam, selon l’avis qui contredit le sien et dit que : “ le niveau atteint par celui qui accède à la Techouva n’est pas à la portée du Juste parfait ”. Vous verrez aussi Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 8.
Notes
(1) Le Rav M.Y. Beck, de Brooklyn. (2) Relatif à la condition imposée à la mer Rouge, lors de la création, pour qu’elle s’ouvre devant les enfants d’Israël. (3) Appartenant aux non Juifs, sans crainte. Voir, à ce sujet, la lettre n°6937. (4) 1939. (5) A la porte de la chambre d’hôtel. (6) Puisqu’il est toujours possible d’en proposer un autre.
Lettre n°7027
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7027, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Fin de 5719]
Vous m’interrogez(1) sur le chapitre 3 d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, qui dit : “ environ trois heures avant le lever du soleil ”(2). De fait, les premiers ‘Hassidim ont déjà posé cette question(3) et je n’ai pas reçu d’explication, à ce sujet. Les responsa Rachag, tome 2, du Rav C.Greenfeld, parues à Bordiov en 5699(4), chapitre 34, à la page 75, précisent à ce propos qu’en Lettonie, cela correspond à l’heure du lever du jour ou bien à une demi heure avant cela. Mais, vous m’excuserez de vous dire que vos propos ne sont pas satisfaisants, en la matière.
On peut aussi expliquer la valeur de la condition fixée à ce sujet(5), selon ce qui est dit dans Iguéret Ha Techouva, qui se base sur le Yerouchalmi. Selon la version qui y est donnée de cette Boraïta, au traité Taanit, chapitre 1, au paragraphe 4, l’auteur en est Rabban Chimeon Ben Gamlyel et non Rabbi Eléazar Ben Rabbi Chimeon, comme le dit le Babli. Or, d’après plusieurs Décisionnaires, cités par le Yad Mala’hi, la Hala’ha est tranchée selon Rabban Chimeon Ben Gamlyel contre l’avis de Rabbi. Cela est donc permis(6) jusqu’au cri du coq. Ce n’est pas ce que tranche le Choul’han Arou’h, au chapitre 564. Un commentateur, dans le traité Tamid 26a parle du tiers de la nuit après minuit. Selon la conclusion de l’Admour Hazaken, dans son Sidour, on compte le jour à partir du lever du soleil. Il s’agit donc bien d’environ trois heures avant ce coucher du soleil, comme le dit Iguéret Ha Techouva.
Le Zohar, tome 2, à la page 195b, cité par la Hala’ha dans le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 47, précise que le cri du coq est à minuit, d’après la Michna du traité Yoma 20a. C’est pour cela qu’il faut faire une différence entre une seule fois par an et trois fois, comme le dit la page 21a. Mais, l’on peut s’interroger sur le commentaire de Rachi sur le traité Zeva’him 20a et les Tossafot, au traité Soukka 21b. Toutefois, le temps ne me permet pas de développer tout cela,
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Nathan Noté Zuber et rédigée à même la sienne, qui est datée du 14 Elloul 5719. (2) C’est à ce moment que le jeûne commence. (3) Voir, à ce sujet, le recueil Yagdil Torah, paru à New York, tome n°71, à partir de la page 235. (4) 1939. Ouvrage cité dans la lettre précédente. (5) Celle de commencer le jeûne à cette heure-là et qu’il soit, malgré cela, considéré comme étant un jeûne à part entière. (6) De manger avant le jeûne.
Lettre n°7028
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7028, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5718-5719]
On vous a posé la question suivante(1). Il est dit, tantôt que les pensées, les paroles et les actions sont les vêtements de l’âme, tantôt, que celles-ci sont comparables aux Attributs de l’intellect, à ceux du sentiment et à ceux de l’action.
Cela n’est nullement contradictoire. La pensée est le vêtement de l’intellect, la parole celui de l’émotion et l’action, celui de l’acte concret. En d’autres termes, l’intellect se révèle dans la pensée(2), les sentiments essentiellement par la parole(3). Enfin, la révélation de l’âme se fait par l’action. Or, le vêtement et celui qui le porte s’unissent. C’est bien évident.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Moché Aharon Braudo, de Bneï Brak. (2) Qui le formalise. (3) Qui a un rôle d’accélérateur, par rapport à eux.
Lettre n°7029
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7029, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5718-5719]
Je vous salue et vous bénis,
Avec la plus grande surprise, mêlée à de la peine, j’ai pris connaissance de votre lettre et de votre demande de bénédiction de l’issue du Chabbat. La raison de ma surprise est bien claire. Une demande de bénédiction est, d’ordinaire, lue près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Or, en l’occurrence, qu’annoncerai-je près de son tombeau ? Je dirai qu’il y a, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, tel homme, qui craint Dieu et son épouse, également issue d’une famille ‘Habad, se trouvant dans un environnement ‘Habad, ayant assuré l’éducation de leurs enfants dans les institutions de mon beau-père, le Rabbi. Or, cet homme vient de m’écrire pour m’annoncer qu’il retire sa fille aînée d’une de ces institutions de mon beau-père, le Rabbi.
Bien entendu, il me joint les explications, à ce sujet, de l’expert que l’on sait(1), afin de justifier qu’il y a bien là une nécessité. Et, à cause de cela, vous retirez également votre fille plus jeune d’une institution de mon beau-père, le Rabbi(2). En conséquence, vous déménagez, avec tous les membres de votre famille et vous quittez donc le quartier ‘Habad(3). Vous précisez même : “ en un bon moment ” ! Quand je me rendrai près du tombeau, comment présenterai-je cette bonne nouvelle à mon beau-père, le Rabbi ?
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le mauvais penchant. (2) Afin de ne pas séparer les deux enfants. (3) Pour se rapprocher de la nouvelle école.
Lettre n°7030
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7030, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5718-5719]
Dans le Choul’han Arou’h(1), Ora’h ‘Haïm, chapitre 559, au paragraphe 4, le Beth Yossef tranche que l’on ne dit pas le Ta’hanoun, à Tichea Beav, parce que ce jour est défini comme une fête. Le traité Pessa’him dit, à ce propos : “ Cela veut dire que le Roch ‘Hodech est considéré comme une fête, selon la parole d’Abbayé, qui cite le verset : ‘Il m’a appelé fête’ ”. Rachi explique : “ Les explorateurs furent envoyés en Tamouz. Les quarante ans(2) s’achevèrent à Tichea Beav et le jour du mois est donc appelé fête ”. Il en résulte que la fête est le Roch ‘Hodech et non Tichea Beav(3).
Le traité Roch Hachana 22a dit : “ Rabbi Yossi rapporte : Il arriva que Touvya le médecin observa le nouveau mois, à Jérusalem. Les Cohanim acceptèrent son témoignage et celui de son fils(4). Or, y avait-il, à Jérusalem, un tribunal de Cohanim(5) ? Et, pourquoi se rendirent-ils d’abord au tribunal des Cohanim, puis au tribunal courant(6) ?
Au traité Guittin 36b, les Tossafot disent, au milieu : “ sauf s’il est plus grand ”. Or, c’est uniquement pour les dix huit éléments qu’il cite que nul ne peut annuler la décision, même s’il est plus grand car, comme le rapporte le Yerouchalmi(7), cela leur coûta la vie puisque, de ce fait, des disciples de Beth Chamaï tuèrent ceux de Beth Hillel.
Notes
(1) Ces réponses furent données à même la lettre dans laquelle les questions furent posées. (2) Passés dans le désert où il avait été décidé qu’ils devaient mourir. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Conformément au principe selon lequel un verset est interprété en fonction de ce qui le précède et de ce qui le suit, d’après, en particulier, le traité Mena’hot 19a. Ainsi, le verset : ‘Il m’a appelé fête’ signifie bien que cela a été préparé à l’avance. On en déduit que le Roch ‘Hodech est lui-même une fête. Toutefois, cette fête ‘creuse mes orifices’, expression qui fait référence à Tichea Beav et veut donc bien dire que ce jour est également une fête ”. (4) Bien que, d’ordinaire, il ne doit pas y avoir de lien de parenté entre les témoins. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Pessa’him 90b. Même quand il est écrit : ‘les Cohanim’, comme dans le traité Roch Hachana, Rachi précise : ‘Tribunal de Cohanim’. Voir le traité Yoma 66a ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Cela avait une incidence sur les sacrifices et sur les chants. C’est pour cela que l’on s’empressait de prévenir les Cohanim. On consultera le traité Roch Hachana 30b ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat, chapitre 1, au paragraphe 4 et Babli 17a, qui précise : ‘ils plantèrent une épée’. Le traité Yebamot 77a indique également : ‘Quiconque ne se conforme pas à cette Hala’ha, qu’il soit transpercé par le glaive’. Voir aussi le Midrash Ruth Rabba, au début du chapitre 4 et le commentaire du Razav, à la même référence ”.
Lettre n°7031
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7031, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5718-5719]
Vous me demandez que faire dans les cas suivants :
A) A propos de la lecture, deux fois, de chaque verset de la Sidra de la semaine et du Targoum, vous consulterez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 285, au paragraphe 6, qui dit : “ Certains ont coutume… d’autres ont coutume… ”(1). Le Séfer Klaleï Ha Possekim cite trois avis, à ce sujet et il tranche, en fonction de ce qui est rapporté par le Sdeï ‘Hémed, Klaleï Ha Possekim, aux chapitres 13 et 14. Par contre, le Rabbi Rachab, dans son enseignement bien connu(2) à propos de la lecture de la Torah, suit ceux qui adoptent le second avis(3). Concrètement, vous verrez le Hayom Yom, à la date du 4 Tévet 5703. L’idée de ne pas achever cette lecture au jour qu’elle est commencée figure également dans le Maguen Avraham, chapitre 285, au paragraphe 6. Bien entendu, il faut alors recommencer encore une fois jusqu’à la conclusion, afin de se conformer à l’avis le plus rigoriste, selon lequel on ne doit pas s’interrompre jusqu’à la fin(4).
B) Quand se coupe-t-on les ongles, à la veille du Chabbat ? Le Maguen Avraham, au chapitre 285, citant le Chneï Lou’hot Ha Berit, dit qu’on le fait avant de lire les deux versets et le Targoum. Par contre, pour le Péri Ets ‘Haïm, à la porte du Chabbat, chapitre 3, on le fait seulement après cette lecture. Il semble clair, en revanche, qu’on doit le faire avant l’immersion rituelle, comme le précise le Sifteï Cohen, Yoré Déa, chapitre 198, au paragraphe 25. Le Ari Zal dit qu’on le fait avant midi et il demande de se couper les cheveux durant l’après-midi, afin de ne pas transgresser l’interdit : “ Ne muselle pas le bœuf pendant qu’il laboure ”. Il en est de même pour les ongles, puisque : “ elles(5) se tiennent aux cheveux et aux ongles ”. C’est aussi ce que dit le Maguid Mécharim, Michlé, reproduit dans le Sidour de Rabbi Chabtaï de Rashkov(6), à propos du fait de couper les ongles des mains et des pieds le même jour, bien que le Ari Zal n’écarte pas cette pratique, comme le dit le Chaareï Techouva, au chapitre 260. En revanche, il est clairement dit dans le Chaar Ha Kavanot, à la porte 6 : “ Mon maître, le Ari Zal, se coupait les ongles après la prière de Min’ha ”. A l’opposé, la formulation du Michnat ‘Hassidim montre qu’il n’est pas du même avis. Mais, ce point ne sera pas développé ici. En tout état de cause, je n’ai pas reçu d’instruction concrète, en la matière.
Notes
(1) Certains les lisent le vendredi après-midi, d’autres le vendredi matin. (2) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 1, à la page 177. (3) C’est-à-dire le vendredi matin. (4) Que l’on ne doit pas parler pendant l’ensemble de cette lecture. (5) Les forces du mal. (6) Celui du Ari Zal.
Lettre n°7032
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7032, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tichri 5720,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Chalom(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 Elloul et à ce qui y était joint. Vous me demandez quelle position vous devez adopter, concernant les pratiques pour lesquelles une divergence existe entre les pratiques du Ari Zal et les coutumes de la synagogue dans laquelle vous priez. Il est bien évident qu’à titre personnel, vous n’avez aucune raison de changer votre manière d’agir. En effet, il n’y a, en l’occurrence, aucune constitution de groupes(2), selon le principe hala’hique retenu par le Tséma’h Tsédek sur le Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 236. Toutefois, comme l’établissent différents textes(3), on peut passer du rite ashkénaze au rite séfarade et de ce dernier à celui du Ari Zal, qui est le rite de ‘Habad, mais non l’inverse. Il faut donc faire en sorte que l’on adopte différents usages, bien entendu d’une manière agréable, par exemple les Hakafot, que nous avons l’habitude de célébrer trois fois(4). Il faut donc expliquer qu’il n’y a rien de dramatique à adopter ces trois célébrations, que l’on peut, tout au plus, annoncer que seuls ceux qui le désirent y participeront. Du reste, les Hakafot ont lieu après la prière et elles ne “ dérangeront ” donc pas les autres.
Je ne sais pas ce que vous avez fait pour les sonneries du Chofar. Je suis surpris que vous n’ayez pas vérifié tout cela d’emblée. Il me semble, en effet, que, selon leur coutume, on n’atteint pas le nombre de cent sonneries(5). Là encore, vous auriez pu compléter ces sonneries, jusqu’à ce nombre, en reprenant la même explication(6). De la sorte, vous auriez touché les autres présents, comme l’explique le Likouteï Torah, au début de la Parchat Chemini(7). C’est bien évident. Avec ma bénédiction afin d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Vous avez sûrement reçu, il y a quelque temps déjà, ma lettre vous souhaitant une bonne année.
Notes
(1) Le Rav C.Rivkin, de Seattle. Voir, à son propos, les lettres n°6017, 7324 et 7442. (2) Au sein d’une même synagogue, ce qui serait interdit. C’est la raison pour laquelle ceux qui portent les Tefillin à ‘Hol Ha Moéd ne peuvent les mettre, s’ils se trouvent dans une synagogue où on ne le fait pas. Il y aurait alors deux groupes, ceux qui prient avec des Tefillin et ceux qui n’en ont pas. En revanche, l’existence, au sein d’une même communauté, de plusieurs rites de prière n’est pas considérée comme une constitution de groupes. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°6704, 7035, 7036, 7039 et 7107. (4) Le soir de Chemini Atséret, puis le soir et le matin de Sim’hat Torah, alors que, selon d’autres coutumes, elles ont lieu uniquement les deux dernières fois. (5) Comme c’est le cas pour la coutume ‘Habad. (6) En précisant que cela concerne uniquement ceux qui le désirent. (7) Rappelant que “ toucher ” veut dire à la fois “ contacter ” et “ sensibiliser ”.
Lettre n°7033
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7033, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tichri 5720,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 28/9 et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom, de même que celui de votre épouse, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Il est, bien entendu, nécessaire d’intensifier votre engagement à la Torah et aux Mitsvot, conformément à l’Injonction selon laquelle : “ on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”. Ce sont là le canal et le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu en tous ses besoins, surtout quand on se trouve en un endroit où, pour une quelconque raison, ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot sont peu nombreux. Il ne fait alors pas de doute que chaque Juif se trouvant sur place se doit de donner l’exemple de ce qu’est un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov, y compris pour les non Juifs. De fait, chaque comportement spécifique adopté par un Juif doit constituer une sanctification du Nom de Dieu. Même si les difficultés, dans de tels endroits, sont bien évidentes, Dieu donne l’assurance qu’Il accordera Son aide à chacun. Bien plus, nos Sages nous ont fait savoir que : “ lorsqu’un homme se sanctifie quelque peu ici-bas, on le sanctifie considérablement, d’en haut ”.
Pour différentes raisons, je ne souhaite pas en dire plus, sur ce point, d’autant que, pour quelqu’un comme vous, toute explication est inutile. Je me contenterai donc de réitérer l’idée essentielle, selon laquelle chacun, en tout endroit, doit mettre en pratique la Torah et les Mitsvot. Et, “ le résultat est à la mesure de l’effort ”, car l’assurance nous a été donnée que l’on peut garder et accomplir(1) la Torah et les Mitsvot. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,
N. B. : S’agissant de ce que vous m’écrivez à propos du rachat(2), vous répartirez cet argent entre des causes de Tsédaka liées à une éducation basée sur les valeurs sacrées ou bien des écoles de votre pays, appliquant ces valeurs. Je vous joins une copie de ma lettre adressée à tous, à l’occasion de Roch Hachana(3). Sans doute la diffuserez-vous de la manière qui convient.
Notes
(1) Ces deux termes correspondant aux Interdits et aux Injonctions. (2) De la Tsédaka donnée pour le rachat de son âme, à l’occasion de Roch Hachana et Yom Kippour. (3) Il s’agit de la lettre n°7014.
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam
Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam