Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6952
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6952, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tamouz 5719,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Pin’has Pelaï,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre. Vous savez sûrement que je ne participe pas aux enquêtes menées par les périodiques(1), mais je saisis cette occasion pour vous dire la satisfaction que m’a procurée, en son temps, la visite du Rav Dolgin, de Los Angeles. Celui-ci était dans le camp Brandeys(2) et il m’a fait part de l’influence positive que vous avez exercée là-bas, de la manière dont votre visite a été perçue. J’ai donc bon espoir que vous êtes resté en contact avec ces personnes, d’autant que chaque jeune est potentiellement, quelqu’un qui, à son tour, influencera les autres. Il est clair qu’il bâtira un foyer juif, de sorte que toute amélioration actuelle de ce qui le concerne se trouvera multipliée de nombreuses fois, à l’avenir.
Un exemplaire de Panim El Panim(3) est paru le vendredi, veille du 12 et 13 Tamouz, jour de la libération de mon beau-père, le Rabbi et vous avez sûrement connaissance de ce qui s’est passé, à ces dates. Je suis donc surpris de constater que rien n’y a été dit, à ce propos. En effet, de nombreux lecteurs sont sûrement intéressés par la connaissance de tels événements, dont les conséquences sont encore perceptibles à l’heure actuelle. Bien plus, on peut même dire qu’il est encore plus important de les porter à la connaissance de ceux qui, pour l’heure, ne s’y intéressent pas. Car, vous savez qu’un malade n’ayant pas conscience de son état se trouve dans une bien terrible situation. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
J’ai vu, avec plaisir, votre beau-père, lors de la réunion ‘hassidique du 13 Tamouz. Il vous a sûrement transmis mes salutations,
Notes
(1) Telle était vraisemblablement la requête du destinataire de cette lettre. (2) Vraisemblablement un centre pour la jeunesse. (3) Le périodique publié par le destinataire de cette lettre.
Lettre n°6953
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6953, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tamouz 5719,
Brooklyn,
Aux participants à la réunion du 3 Tamouz,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu le compte-rendu de votre réunion, de même que les propositions et les décisions formulées en matière de diffusion des sources(1). Puisse Dieu faire que les bonnes décisions soient concrètement suivies d’effet, d’une manière croissante et, précisément selon le terme de la lettre du Baal Chem Tov, qu’elles “ se diffusent ”.
Et que se réalise le verset “ Yehouda a été exilé (Galta) ”, selon cette autre lecture “ Yehouda a été révélé ”(2). De plus, Yehouda symbolise la soumission la plus totale, personnelle et globale, car les sources parviendront effectivement à l’extérieur. Le verset dit ensuite : “ du fait de sa pauvreté et de son intense labeur ”. La diffusion permettra donc la “ pauvreté ” du mal, que l’on repoussera et elle requerra un “ intense labeur ”. En effet, “ il séjourne parmi les nations ” et sa mission consiste donc à trouver les forces en lui-même. C’est pour cela que “ il ne trouve pas le repos ” et il en est récompensé, car “ tous le poursuivent ”. Or, il est dit, par ailleurs, que : “ le bien et la bonté me poursuivront ”. Et, “ ils le rattrapent entre les situations d’étroitesse(3) ”. A partir de cette étroitesse, on s’élèvera vers ce que la pensée ne peut saisir, comme l’expliquent les Rechimot du Tséma’h Tsédek sur E’ha, 1 à 3. Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) Galta pouvant être rapproché de Gilouï, révélation. (3) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Lettre n°6954
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6954, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tamouz 5719,
Brooklyn,
Aux membres du comité spirituel de Kfar ‘Habad,
en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, ville fondée et dirigée par mon beau-père, le Rabbi,
dont le mérite nous protégera, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 22 Tamouz, avec ce qui y était joint. Je réponds à vos questions dans l’ordre :
A) Vous me dites que vous n’avez pas reçu de réponse à vos lettres. Or, j’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim, j’ai demandé et j’ai répété, à de multiples reprises, que l’on ne doit pas tenir compte de cette absence de réponse. En pareil cas, s’expliquant du fait de mes nombreuses activités, il convient de juger en fonction de ce que l’on observe sur place et, pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, le plus tôt est le mieux. Or, s’il en est ainsi pour tous, combien plus est-ce le cas pour un comité spirituel, puisque telle est la Hala’ha de notre sainte Torah(1).
B) S’agissant de la Chemitta et de votre magasin d’approvisionnement(2), il est clair qu’il lui appartient d’être scrupuleux(3), en la matière, dans la mesure où il assure la distribution de la majeure partie des aliments de Kfar ‘Habad. Bien entendu, il faut aussi diffuser une liste des produits qui peuvent être consommés sans le moindre doute, car il est clair que certains ‘Hassidim ne se servent pas dans ce magasin et que quelques produits n’y sont pas distribués. C’est bien évident. Or, il y a différents avis sur la Cacherout, en la matière. Le comité spirituel, dirigé par le “ maître de l’endroit ”(4), doit donc établir l’avis de la Torah et le diffuser.
Puisse Dieu faire que chacun des élèves de la Yechiva et des ‘Hassidim assume sa mission de diffusion des sources(5) à l’extérieur. Ainsi, on rapprochera encore plus les jours où cette période(6) sera “ un héritage sans limite ” et même la largesse véritable, comme l’expliquent les Rechimot du Tséma’h Tsédek sur E’ha 1, 3. Qu’il en soit donc bientôt ainsi, par notre juste Machia’h. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
L’envoi de la présente a été retardé et, entre temps, j’ai reçu votre lettre dans laquelle vous envisagez la construction du Mikwé dans l’ancienne synagogue. A cette question, j’ai déjà donné une réponse négative au Rav Its’hak Mena’hem Mendel Lis.
Notes
(1) La nécessité pour le juge de décider en fonction de ce qu’il observe de ses yeux. (2) De la surveillance des produits qui y sont vendus, pendant la Chemitta. (3) Que ceci relève de la compétence de ceux qui gèrent le magasin. (4) Le Rav de la ville. (5) De la ‘Hassidout. (6) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Lettre n°6955
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6955, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tamouz 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Morde’haï Ha Cohen,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23 Tamouz. En un moment propice, je mentionnerai encore une fois votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez.
Vous avez eu le mérite de prendre part aux actions de la plus haute importance qui ont été menées pour sauver mon beau-père, le Rabbi, “ en ces jours-là, à cette époque-ci ”(1).
Dieu fasse que ceci vous protège, en tous vos besoins, spirituels et matériels. Bien entendu, cette protection inclut, avant tout, une bonne santé, la largesse matérielle et, plus généralement, de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible.
Pour passer de vos préoccupations personnelles aux réalisations communautaires, que Dieu fasse que cette période(2) se transforme prochainement en joie et en allégresse et que nous ayons le mérite d’assister à l’accomplissement de la promesse selon laquelle nous recevrons un héritage sans limite. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Lors de la libération du 12 et 13 Tamouz. (2) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Lettre n°6956
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6956, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tamouz 5719,
Brooklyn,
A mon proche parent, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui
craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Guerchon(1) et son épouse, la Rabbanit Guessya,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez, d’une manière extrêmement concise, la réunion ‘hassidique des 12 et 13 Tamouz. Puisse leur effet se prolonger pendant les jours et les mois qui suivront. En un moment propice, je mentionnerai vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, conformément à ce que vous m’écrivez.
Nous sommes à la conclusion du mois de la délivrance(2) de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Son mérite renforcera donc la réussite en toutes les préoccupations communautaires et personnelles de chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, dans la joie et l’enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
N. B. : Vous citez le Char Ha I’houd Ve Ha Emouna, qui dit : “ Tu les fais tous vivre : ne lis pas ‘vivre’, mais ‘exister’ ”. Il me semble vous avoir déjà écrit, il y a quelques temps, que cette affirmation de nos Sages figure dans le Réchit ‘Ho’hma, porte de la sainteté, à la fin du chapitre 7, de même que dans le Pardès, porte 6, au chapitre 8 et dans le Chneï Lou’hot Ha Berit, à la page 48b.
Notes
(1) Le Rav M.Chen, de ‘Haïfa. Voir, à son sujet, la lettre n°6412. (2) Tamouz.
Lettre n°6957
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6957, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tamouz 5719,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 21/7, dans laquelle vous me décrivez ce que vous avez vécu. Vous me dites que vous souhaitez adopter un mode de vie religieux, vous consacrer à l’éducation des enfants juifs, dans l’esprit de la Tradition d’Israël, mais vous craignez l’influence de votre entourage. Or, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, il existe plusieurs possibilités de vivre dans un environnement religieux. Et, une Injonction de notre Torah, Torah de vie, conformément à l’enseignement du grand maître, le Rambam, demande de s’attacher aux Justes, de se trouver en permanence auprès des Sages, de s’écarter des impies, de se rendre dans un endroit dont les habitants sont vertueux et ont un bon comportement. Et, avant même d’énoncer ce principe, il en donne la raison : d’une manière naturelle, en effet, un homme est influencé, dans ses opinions comme dans ses actions, par ses amis et par ses connaissances.
Or, il en va de même pour l’éducation religieuse. De nombreuses écoles recherchent des enseignantes exerçant dans cet esprit, leur accordent même un salaire convenable et de bonnes conditions de travail. Vous possédez déjà une certaine expérience en la matière et, avec un effort, vous trouverez sûrement l’endroit qui convient, où vous vous servirez de vos compétences pour rapprocher le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Il est certain que le mérite de cette mission sacrée vous protégera en tout ce qui vous concerne personnellement. De la sorte, vous connaîtrez la tranquillité intérieure, une tranquillité véritable. Vous organiserez votre vie d’une manière favorable et, en particulier, vous trouverez un parti qui vous conviendra en tout point. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°6959
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6959, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche, avec ce qui y était joint. Vous me confirmez avoir reçu mes deux lettres(2) et, si cela a une suite, vous voudrez bien m’en faire part, en détail. Je vous en remercie d’avance. De fait, j’inclus dans cette suite des remarques que vous formulerez vous-même. En effet, dans votre lettre, vous me communiquez un compte-rendu, sans y ajouter vos propres remarques. Vous ne me dites pas non plus comment ont réagi, de vive voix, ceux qui posaient cette question. Sans doute se confient-ils plus facilement à vous qu’aux autres.
Je me permets d’ajouter que mon but n’était pas uniquement qu’ils reçoivent, eux-mêmes, ces deux lettres séparément. Mon propos s’adressait également à vous et, de fait, il en a bien été ainsi, puisque quelques jours se sont écoulés entre la réception de l’une et de l’autre. En revanche, il n’en a pas été de même pour eux puisque, selon ce que dit votre lettre, ils ont lu les deux lettres l’une à la suite de l’autre, sans pouvoir, au préalable, “ ingérer ” intellectuellement le contenu de la première. Cela est dommage et vous en comprenez bien la raison. Comme le veut la nature humaine, quand on fait appel à l’émotion, afin de comprendre mieux et plus profondément, on obtient plus aisément un résultat, lorsqu’il y a, tout d’abord, d’un point de vue intellectuel, une déception ou, tout au moins, une insatisfaction, comme je l’indiquais dans ma lettre. Je soulignais donc que, même si la réponse demandée devait être logique, la nature même d’une telle interrogation et, avant tout, la pression qu’elle exerce, le désir d’obtenir une réponse, étaient plus émotionnels que intellectuels. En conséquence, il est impossible qu’une réponse rationnelle, même si elle est exhaustive, satisfasse l’attente. Si vous me faites part de ces remarques, en fonction de ce que vous avez ressenti à la lecture de la première lettre et avant la réception de la seconde, peut-être sera-t-il possible de vérifier qu’il en est bien ainsi.
Je saisis cette opportunité pour répondre à une question que vous m’aviez posée au préalable. En effet, en vous entretenant avec quelques ‘Hassidim, vous vous êtes demandé si l’existence sera modifiée dans le monde futur. Ceci fait référence à votre compréhension ou à votre perception du Divin. Ou bien faut-il dire que tout ce qui est expliqué à ce sujet n’est qu’image et façon de parler. Selon la ‘Hassidout, tout ce qui est dit à propos du monde futur, “ l’honneur de Dieu se révélera et toute chair verra ”, doit être interprété au sens littéral. Ainsi, la chair verra Dieu et les créatures qui sont douées de discernement Le comprendront intellectuellement. C’est ce qu’établissent les enseignements de nos Sages, dans le Talmud et le Midrash(3). Vous verrez aussi le dicton reproduit dans le Hayom Yom(4) : “ La pierre du mur s’écriera… ”.
La revue Kemfer(5) m’est parvenue et j’y ai vu votre article sur le fondement de la foi et des Mitsvot. J’ai été satisfait de constater que, par votre intermédiaire, ces propos d’encouragement sont parvenus aux lecteurs de cette revue. Conformément à la coutume des Juifs, je formulerai une remarque, à ce propos et vous voudrez bien m’excuser pour ce qui va suivre. Je fais allusion à l’impression “ déplacée ” qui est causée parce que vous citez, tout d’abord, les prophètes, Na’houm Ich Gam Zo(6), puis les auteurs contemporains. Vous devez comprendre ce que je veux dire. Certes, nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, qu’il n’y a pas lieu de faire des distinctions entre les Juifs, ce qu’à Dieu ne plaise. Pour autant, cela ne veut pas dire que toutes les barrières disparaissent. Bien évidemment, j’ai également le souvenir de ce qui est expliqué par différents textes, dont l’origine semble être l’introduction du Rambam à ses huit chapitres : “ Reçois la vérité de celui qui l’énonce ”. Malgré cela, vous m’excuserez de dire que l’énoncé de ces noms les uns à la suite des autres suscite l’impression que je disais. Vous soupçonnez sûrement que je vous écris tout cela afin qu’il n’en soit plus de même, à l’avenir. Vous avez tout à fait raison.
J’adopterai une conclusion positive en vous remerciant pour l’aide que vous avez apportée au cours de perfectionnement des enseignants qui était organisé par le réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. Sans doute le ferez-vous encore à l’avenir. Nous venons de vivre le mois de la délivrance(7) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ce fut la libération du plus grand nombre, le salut de la Torah, à l’époque et pour les années qui suivirent. Il fit don de sa propre personne afin de renforcer le Judaïsme, en général, de diffuser les sources de la ‘Hassidout, en particulier. Or, quiconque a connaissance de tout cela doit s’efforcer, avec empressement, de diffuser ces sources à l’extérieur. C’est ainsi que l’on hâte l’accomplissement de la promesse selon laquelle cette période(8) se transformera bientôt en joie et en allégresse, très prochainement, par la venue de notre juste Machia’h. Nous mériterons alors “ un héritage sans limite ”. Avec mes respects, ma bénédiction et en espérant que tous les vôtres vont bien,
N. B. : Bien entendu, vous pouvez également transmettre ce qui vient d’être dit, à propos de la réaction à mes lettres, à ceux qui ont posé la question, bien entendu après qu’ils aient réagi à mes deux lettres, en l’état, ou bien quand ils le feront, sans préciser ce que suggère tout ce qui vient d’être dit. S’agissant de la publication des lettres à laquelle vous faites allusion, je m’en remets à votre entendement. Dans votre cours de Tanya, vous mentionnez sûrement ce qui est le contexte de la ‘Hassidout, comme on l’a toujours fait. Vous trouverez, à ce propos, une matière riche et diverse dans les causeries et les Likouteï Dibbourim qui ont été publiés.
Notes
(1) Le Rav I.Damyel. Voir, à son sujet, la lettre n°6539. (2) Il s’agit des lettres n°6876 et 6898. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Tehilim, à la fin du chapitre 73 et le Yerouchalmi, traité Avoda Zara, chapitre 4, au paragraphe 7. Il en était déjà ainsi avant la faute d’Adam, selon les Avot de Rabbi Nathan, chapitre 1,
au paragraphe 5. Différents textes de ‘Hassidout l’établissent également, par exemple le Torat ‘Haïm, de l’Admour Haémtsahi, au discours ‘hassidique intitulé : ‘Que s’abatte sur eux’, au chapitre 16 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ A la date du 15 Adar Richon. Voir aussi le traité Taanit 11a ”. (5) Le combattant. (6) Qui disait, pour tout événement qui lui arrivait : “ Ceci est également pour le bien ”. (7) Tamouz. (8) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Lettre n°6960
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6960, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me décrivez ce que vous avez vécu et votre état d’esprit actuel. Il vous semble que vous connaissez la chute, ce qu’à Dieu ne plaise, que vous êtes insensible à ceux qui vous entourent. Vous constatez une inadéquation entre votre comportement concret et votre volonté. Avant tout, un homme, de manière naturelle, suit son entourage et il acquiert non seulement sa manière de se comporter, mais aussi ses idées et ses conceptions. Pour autant, au sein de cet entourage, il y a bien des opinions divergentes. Vous devez donc vous installer dans un environnement en adéquation avec la voie que vous avez choisie, dans votre vie, celle du bonheur véritable, la voie de notre Torah, Torah de vie, qui instaure la paix entre les différents sentiments de l’âme, de même qu’entre l’homme et ce qui l’entoure ou plus généralement le monde extérieur. Selon la formulation de nos Sages, la Torah établit la paix dans le sanctuaire céleste et dans le sanctuaire terrestre.
Vous faites allusion à une chute, ce qu’à Dieu ne plaise. Même si votre évaluation était la bonne, en la matière, le découragement, la conscience de sa petitesse et de sa bassesse n’y arrangeraient rien. Bien au contraire, il doit en résulter une ardeur accrue. Cet état de fait doit mettre en évidence des forces profondes et cachées afin de surmonter cette descente et de pratiquer un ajout par rapport à la situation qui prévalait avant celle-ci. En effet, un homme, tout au long de sa vie, doit franchir des étapes, aller de l’avant. C’est la mission qui lui est confiée et il est donc certain que le Créateur du monde lui accorde, d’emblée, les forces nécessaires pour la mener à bien, dans toute la mesure du possible.
Un point important manque à votre lettre et peut-être apporte-t-il une solution à une partie des manifestations indésirables que vous y décrivez. Il s’agit des relations que vous entretenez avec votre famille et avec les plus proches, de même que de votre volonté de vous fiancer. Sans doute complèterez-vous tout cela à la prochaine occasion. A la fin de votre lettre, vous m’interrogez sur la frontière que l’on peut tracer entre la compréhension et le sentiment. Vous avez raison de dire qu’il ne faut pas écraser un sentiment. Comme pour tout ce qui concerne l’homme, on doit, bien au contraire, agir sur lui afin de l’élever vers la perfection qui convient. Pour autant, l’émotion doit se manifester sous la responsabilité de l’intellect. En d’autres termes et pour reprendre la formulation de nos Sages, le cerveau doit diriger le cœur, ce qui implique deux points. D’une part, le cerveau doit dominer. D’autre part, le cœur doit agir, même s’il le fait sous la surveillance du cerveau.
Bien entendu, on ne peut pas, en la matière, fixer des règles intangibles, s’appliquant à tous les hommes et dans toutes les situations. On ne peut pas dire que l’intellect s’arrête ici et que l’émotion commence là ou bien l’inverse. Car, il n’en est pas de même pour chacun et, en outre, une évolution peut être constatée, d’une situation à une autre. Mais, comme pour tout ce qui concerne l’homme, un enseignement peut systématiquement être trouvé dans la Torah, permettant à un homme de déterminer comment il doit réagir à une certaine situation et fixer des limites, en la matière. Si le doute subsiste, il est dit que : “ le salut provient des nombreux conseillers ”, des amis et des connaissances, dont la vision du monde est basée sur un fondement véritable, celui de la Torah et des Mitsvot. Vous ne me dites rien de votre programme d’étude. Vous avez sûrement un temps fixé pour apprendre ce qui a une incidence sur l’action concrète, ce que l’on doit faire et ce qu’il est interdit de faire. Vous étudiez également ce qui vous permet de conformer votre vision du monde à la Tradition de nos ancêtres. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6961
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6961, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de même que les salutations que vous m’avez transmises par la personne de votre ville qui est venue ici. Vous envisagez un voyage et une visite ici. Comme cela est bien connu, je n’y suis pas du tout favorable, pour différentes raisons. Tout d’abord, un tel voyage suppose beaucoup d’efforts et de dépenses, un coût en empressement, un coût financier et un coût en santé. Par ailleurs, chaque ‘Hassid de Paris et de ses environs a un large domaine où il peut exercer la mission confiée à l’homme, selon les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”, ce qui suppose que l’on doit avancer, d’une étape vers l’autre, dans la Torah et les Mitsvot, pour soi-même et dans l’influence que l’on exerce sur son prochain.
En plus de tout cela, quand j’observe ceux qui viennent ici et le changement qui intervient en eux par rapport à la manière dont ils vivaient, au préalable, à Paris, je dois convenir que, pour la plupart, ils sont sous l’emprise de la déconvenue, consacrent une partie de leur temps à ce qui ne leur était nullement nécessaire, dans le mode de vie qui était le leur avant d’arriver ici. Or, ils auraient pu préserver ce temps pour la spiritualité ou, tout au moins, pour ce qui présente un intérêt, plutôt que le perdre pour ce qui est accessoire et ne concerne que la vie passagère ou même encore moins que cela. De façon générale, nos Sages constatent qu’il est difficile de résider dans les grandes villes. A fortiori en est-il ainsi quand il s’agit de visiter une ville des Etats-Unis, un pays qui est bien connu pour le trouble qu’il provoque, pour les présupposés qu’il impose, pour le vacarme de sa rue. Certes, dans les quatre coudées des Juifs, il s’agit d’une rue permise, mais celle-ci n’en rend pas moins l’homme confus et elle l’amoindrit, en différents domaines. Si la plupart des ‘Hassidim venus de France pour s’installer ici m’écoutaient, ils retourneraient, dans la bonté et la miséricorde, s’installer à Paris et dans sa région, afin d’y assumer leur mission de renforcement du Judaïsme, en général et de diffusion des sources, en particulier.
Ce qui vient d’être dit s’applique également à ceux qui sont venus ici pour quelques semaines. La pratique a fait la preuve qu’ils ont perdu leur temps et leur ardeur. Avant tout, ils ont introduit des différences, montré qu’un ‘Hassid doit consacrer son temps et ses forces non seulement à ce qui concerne son âme animale, mais même à des perspectives encore plus basses, à ce qui ne leur serait même pas venu à l’esprit, avant leur arrivée ici. Et, point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est douloureux. Dieu fasse que vous diffusiez ces propos, de sorte qu’ils parviennent à convaincre les autres d’agir sur cette base, y compris ceux qui se trouvent déjà ici. Je vous adresse ma bénédiction de bonne santé. Dans la tranquillité, la joie et l’enthousiasme, vous vous consacrerez à la Torah et aux Mitsvot, dans l’endroit où vous vous trouvez maintenant et vous donnerez l’exemple à tous les ‘Hassidim qui se trouvent là-bas ou bien dans les alentours, afin qu’à leur tour, ils en fassent de même. De fait, il est dit que : “ Dieu fit l’homme droit, mais ceux-ci établirent de nombreux calculs ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°6962
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6962, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[6 Mena’hem Av 5719]
La Me’hilta(1), à la Parchat Tissa, peut être interprétée de deux façons :
A) Le verset montre que le Chabbat est une collection d’instants, ce qui va à l’encontre de l’hypothèse envisagée(2).
B) Le verset peut aussi enseigner que le Chabbat, bien qu’il soit un point unique, peut inclure des transgressions successives(3). C’est à ce propos qu’il est dit : “ Ceux qui le transgresseront…(4) ”, au pluriel(5).
De fait, Mal’hout, l’Attribut de royauté divine, qui correspond au Chabbat, fait bien allusion à tout cela, puisqu’il s’agit d’un Youd, c’est-à-dire d’un point tourné vers le haut(6) et d’un Hé, d’une surface(7) permettant la réception(8).
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Morde’haï Mentlik, de Brooklyn. Elle fut rédigée à même la sienne, qui était datée du 6 Mena’hem Av 5719 et disait : “ Dans la causerie de Sim’hat Torah 5718, il est expliqué que toutes les vingt quatre heures du Chabbat, avec le temps que l’on y ajoute, ne constituent qu’un point unique et l’on en cite pour preuve la Me’hilta. Or, la causerie du 13 Tamouz 5719 cite cette même explication, au nom du Gaon de Ragatchov et souligne que, si ce n’était ce verset, on aurait pu penser qu’il s’agit d’un point unique. Le verset établit donc que ce n’est pas le cas et que le Chabbat est, en réalité, une collection d’instants ”. (2) Selon laquelle le Chabbat serait un point unique. (3) On pourrait imaginer, si l’on admet que le Chabbat est un point unique, que toutes les transgressions commises pendant le même Chabbat se cumulent afin de constituer une transgression unique. Puis, le verset, selon l’interprétation de la Me’hilta, précise que ce n’est pas le cas. (4) Seront condamnés à mort. (5) Faisant allusion à des transgressions multiples. (6) Présentant le Chabbat comme un point unique. (7) Large, faisant allusion aux multiples transgressions. (8) Voir, à ce propos, les lettres n°176 et 183, de même que la longue explication du Likouteï Si’hot, tome 5, à partir de la page 50.
Lettre n°6963
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6963, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, de même que celle qui l’a précédée. Vous avez sûrement appris que j’ai écrit à tous ceux auxquels vous m’aviez proposé de le faire. S’agissant des petites(1), je suis surpris que vous recherchiez des explications afin de justifier que vous vous moquiez de ce qui a été dit. En effet, comme nous en avons maintes fois parlé, d’après les propos de nos maîtres : “ C’est en fonction de son commencement…(2) ”.
Je suis surpris que, d’un courrier à l’autre, vous dressiez à chaque fois de nouvelles barrières, d’autres limites, de sorte qu’il faille vous répéter encore une fois la décision de la Torah selon laquelle : “ le roi brise les barrières ”(3). Or, “ qui sont les rois ? ce sont les sages ” c’est-à-dire nos maîtres, avec ce qui les concerne et leurs institutions. On a évoqué, lors de la réunion ‘hassidique, une explication, à ce propos, du Tséma’h Tsédek, qui est le Décisionnaire, pour ce qui nous concerne. Or, “ dans l’endroit de Rav, on adopte l’usage de Rav ”. Selon celle-ci, c’est d’entre les étroitesses(4) que l’on parviendra à la largesse véritable, à “ un héritage sans limite ”. Vous consulterez sa Rechima sur E’ha, 1-3, qui dit : “ De manière positive,
on peut expliquer que… ”(5). Avec ma bénédiction pour que, très prochainement, nous méritions l’accomplissement de la promesse selon laquelle ces jours se transformeront en joie et en allégresse,
Notes
(1) Vraisemblablement des classes pour les petites filles, au sein d’une école. (2) “ Que se déroule l’ensemble d’un processus ”. Si le commencement est positif, le reste le sera également. (3) D’un domaine privé, s’il désire le traverser. (4) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av. (5) Cette formulation montre que l’on peut transformer un événement négatif.
Lettre n°6964
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6964, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Aux dirigeants du centre de formation des enseignantes
de Beth Rivka et de l’école Beth Rivka en France,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 Mena’hem Av, avec ce qui y était joint, le programme d’étude pour la première année du centre de formation des enseignantes. J’en ai lu les détails, avec plaisir. Sur quelques éléments qui y sont mentionnés, et dans la mesure du possible, vous recevrez une lettre du Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h. Mais, je dois ajouter le point suivant. Le vendredi, les études doivent également commencer par les matières sacrées, en plus de la prière, au moins pendant quelques minutes. Cette étude sera liée à ce jour, ce qui veut dire qu’elle portera sur la Paracha de la semaine. En effet, le Choul’han Arou’h dit qu’en ce jour, on en lit deux fois chaque verset et une fois le Targoum. De même, il convient, en ces semaines, de fournir des “ provisions ” aux élèves. Je fais allusion à la période des vacances. Bien plus, en ces mois, en particulier en Tichri, un ajout est nécessaire à tout ce qui concerne le Judaïsme, notre Torah et ses Mitsvot. En effet, il y a de nombreuses lois et des coutumes, plus que pendant le reste de l’année. Selon les possibilités, il serait bon de concevoir une structure adaptée, qui ne sera pas dérangée par les vacances et qui se consacrera à ce qui vient d’être dit. Les élèves y viendront de leur plein gré et non sous la contrainte du centre de formation ou de l’école. La pratique fait la preuve que ces jours sont propices à une perception positive des valeurs juives. Du reste, la logique établit qu’il en est bien ainsi puisque l’étude est liée à l’action concrète des fêtes, de ce qui les précède, de ce qui les suit. Leur influence se marque ensuite pendant tout le reste de l’année. Il en est de même également dans la dimension profonde. On sait, en effet, que chaque fête a une portée générale, que celle-ci est ensuite conservée tout au long de l’année. Ainsi, Roch Hachana apporte la soumission à Dieu, Yom Kippour la Techouva et Soukkot, la joie de la Mitsva.
De façon générale, quand il y a un doute à propos d’un manuel scolaire, il faut adopter une position rigoriste, dès lors qu’il s’agit de l’éducation des jeunes. En la matière, il faut se préserver même d’un léger manque. Selon l’image bien connue, une petite encoche sur la graine devient un immense orifice sur l’arbre adulte, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est bien évident. Et, l’on ne peut se donner une permission, en la matière, pour les livres qui ont plusieurs auteurs, dont le nom n’est pas mentionné et qui sont donc des recueils, en se disant que seul le choix d’un livre entièrement conçu par un seul auteur serait un moyen d’autoriser tout ce qui le concerne.
En ces jours, à propos desquels nos Sages disent, dans le traité Chabbat 119b : “ Jérusalem fut détruite uniquement parce que les enfants cessèrent d’y étudier la Torah ”, chacun, au sein de tout Israël, s’emploiera à réparer cette situation au moyen d’un ajout et d’un effort particuliers pour l’éducation des enfants d’Israël basée sur les valeurs sacrées. Il est clair que ceci inclut également l’éducation des filles. Comme le disent les Décisionnaires, en particulier les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1, les femmes sont également tenues d’étudier les Lois qui les concernent, c’est-à-dire les Injonctions qui n’ont pas un temps précis d’application et tous les Interdits de la Torah et des Sages. Ceci hâtera l’accomplissement de la promesse selon laquelle ces jours se transformeront en joie et en allégresse. Et, nous obtiendrons “ un héritage sans limite ”. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,
Lettre n°6965
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6965, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 5 Mena’hem Av, dans laquelle vous me décrivez en quelques mots ce qui vous est arrivé dernièrement. J’ai bon espoir qu’en tout endroit où vous vous trouvez, vous n’oubliez pas, ce qu’à Dieu ne plaise, la mission qui incombe à chaque Juif. Car, selon les termes de la Michna, “ j’ai été créé pour servir mon Créateur ” et, comme l’établissent différents textes, cette forme du service de Dieu est le chemin de la vie quotidienne, en relation avec la Torah et les Mitsvot. En la matière, il est un grand principe, ainsi qu’il est dit : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Il convient donc d’influencer son entourage, afin qu’il adopte, à son tour, le même comportement. Nos Sages donnent l’assurance que “ les paroles émanant du cœur(1) pénètrent dans le cœur(2) ”. Point essentiel, le cœur de chaque Juif est en éveil pour le Saint béni soit-Il, pour Sa Torah et pour Ses Mitsvot. Néanmoins, dans certains cas, la dimension profonde de ce cœur est recouverte d’une couche de terre et d’argile. Mais, quand quelqu’un lui vient en aide pour faire disparaître cette couche qui voile et occulte, il doit lui apporter les moyens d’y parvenir, en conscience ou bien sans qu’il le sache. C’est ce qu’explique longuement le saint Tanya, à propos de l’amour caché que tous les Juifs portent à Dieu en leur cœur et qu’ils ont hérité de leurs ancêtres. Actuellement, le moment est venu de ne plus attendre, pour venir en aide aux autres, que l’on ait soi-même atteint sa propre plénitude. Ces objectifs doivent être réalisés conjointement(3). Bien plus, chaque catégorie d’actions favorise toutes les autres, comme on peut le vérifier concrètement. Vous menez actuellement une vie basée sur l’obéissance et la soumission(4). Sans doute vous tenez-vous donc, en votre esprit, le raisonnement suivant : s’il en est ainsi pour les injonctions d’un homme de chair et d’os(5), combien plus est-ce le cas pour l’ordre reçu du Créateur de l’homme, le Roi, Roi suprême, le Saint béni soit-Il.
Vous faites référence à votre père et vous me demandez s’il doit changer de travail. En pareil cas, il convient de ne pas abandonner le moyen que l’on a d’assurer sa subsistance avant d’être pratiquement certain que l’on pourra gagner sa vie par celui que l’on entend adopter. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, y compris, bien entendu, de la diffusion des sources(6). C’est ainsi que l’on hâte l’accomplissement de la promesse selon laquelle cette période(7) se transformera en joie, en allégresse et en “ héritage sans limite ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Bien entendu, une union avec une jeune fille dont la relation avec la Torah et les Mitsvot n’est pas ce qu’elle devrait être entraînerait de nombreuses complications que l’on ne peut pas toujours imaginer d’emblée.
Notes
(1) De celui qui les prononce. (2) De celui qui les écoute. (3) On doit, en même temps, se parfaire soi-même et se consacrer aux autres. (4) Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement dans l’armée. (5) Par exemple, un officier. (6) De la ‘Hassidout. (7) Entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Lettre n°6966
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6966, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris la bonne nouvelle de la naissance de votre fils, avec Mazal Tov et son introduction dans l’alliance de notre père Avraham(2), en un moment bon et fructueux. Puisse Dieu faire que vous le conduisiez, avec tous vos enfants, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, illuminées par la clarté et la chaleur de la ‘Hassidout. Le mérite de votre activité d’enseignement de notre Torah, Torah de vie, aux enfants d’Israël, fils du Dieu de vie, multipliera les bénédictions célestes et votre réussite en votre mission sacrée, de même qu’en vos préoccupations personnelles.
Vous avez sûrement connaissance du recueil d’analyses talmudiques des élèves qui a été édité ici. Peut-être même l’avez-vous vu. On y trouve des explications de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, qui ont été rédigées par les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim, ici-même. Il serait particulièrement judicieux(3) que les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod en fassent de même. Il est sans doute inutile de vous en souligner l’importance, mais l’on ne conseille l’empressement qu’à ceux qui possèdent naturellement cette qualité. Dans la mesure du possible, il serait particulièrement judicieux d’envisager une telle publication pour le 18 Elloul ou bien pour le mois de Tichri, qui approche. Car, rien ne résiste à la volonté. Je conclus comme je commençais avec ma bénédiction de Mazal Tov et pour que vous me donniez de bonnes nouvelles, en général et de manière spécifique,
Notes
(1) Le Rav Israël Grossman, recteur de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°6366. (2) Sa circoncision. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6943.
Lettre n°6967
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6967, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre
aux besoins communautaires, grand érudit, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem(2). Vous posez le problème du grand Rabbinat(3). Différentes informations et rumeurs que l’on reçoit ici, de manière directe, indirecte ou totalement détournée, indiquent que les discussions actuelles n’ont pas d’incidence, qu’elles n’auront pas une grande influence sur la réalité ou peut-être même n’en auront pas du tout. En effet, les élections, en la matière, auront lieu quelques mois après celles de la Knesset. Or, le grand Rabbinat est désormais lié aux partis(4). Ces élections, après celles de la Knesset, permettront donc d’évaluer le poids respectif de chacun de ces partis.
J’ai bien reçu votre livre, “ auteurs et ouvrages ”, qui compte deux tomes. J’attendais, pour vous en accuser réception, la réception du troisième tome, dont il a été question dans diverses publications. Pour l’heure, je ne l’ai toujours pas reçu, mais vous m’interrogez à ce propos et je vous confirme donc avoir bien reçu ces deux tomes. Selon la coutume des Juifs, je formulerai d’emblée une remarque. Il convient de comparer la partie de ces deux livres qui est consacrée à la partie profonde de la Torah à celle qui présente son enseignement révélé. En outre, point essentiel, il faut tenir compte du fait que plusieurs auteurs peuvent traiter de la partie révélée de la Torah, ce qui n’est pas le cas de son enseignement caché. Concrètement, vous auriez dû consacrer une part plus importante à l’enseignement profond de la Torah laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Bien plus, notre époque a eu le mérite d’assister à la diffusion la plus large de la ‘Hassidout, ‘Hassidout ‘Habad et ‘Hassidout générale. Il est pourtant bien clair que ce qui vous concerne le plus est la ‘Hassidout ‘Habad.
A ma surprise, je vois que vous faites référence, dans la partie sur ‘Habad à la Haggadah avec un recueil de coutumes et d’explications(5). Je ne le savais pas et j’en suis un peu surpris, car nos Sages disent : “ Celui qui offre un cadeau à quelqu’un doit le lui faire savoir(6) ”. Je formule cette remarque, car il y a peut-être d’autres textes entrant dans cette même catégorie. Si c’est effectivement le cas, vous voudrez me les adresser. Je vous en remercie d’avance.
Pour changer de sujet tout en restant dans le même contexte, j’ai demandé, il y a quelques temps, que l’on vous adresse les dernières publications des éditions Kehot, en matière d’enseignement révélé de la Torah, en plus de ce qui est imprimé de la ‘Hassidout. Il serait bon, à la première occasion, que vous faisiez paraître des articles, à ce sujet. J’ajouterai à tout cela une remarque d’ordre technique. Il serait bon de noter, dans vos livres : “ tome 1 ” et “ tome 2 ” ou bien, s’il n’y a pas de fil conducteur entre eux, de trouver un moyen de les distinguer.
Il me semble qu’à cette période, vous avez l’habitude de changer d’endroit, c’est-à-dire, selon l’expression courante, de “ prendre des vacances ”. Or, la contradiction que révèle cette formulation est bien évidente, car des vacances ne peuvent pas être prises. Elles doivent être reçues, car si vous pouvez les prendre vous-même, c’est que vous êtes d’emblée libre(7). En outre, ceci contredit le fait que : “ vous êtes Mes serviteurs ”(8). En tout état de cause, vous comprenez ce que je veux dire. Votre but, en l’occurrence, est d’être en bonne santé et, en conséquence, la Torah autorise une telle démarche. Puisse donc Dieu faire que vous connaissiez la réussite, que ces vacances vous apportent la liberté véritable. Et, “ seul est libre celui qui se consacre à la Torah ”. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir, à son sujet, la lettre n°6925. (2) Av. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°6925. (4) Politiques religieux. (5) Dont le Rabbi est l’auteur. (6) Au destinataire de ce cadeau. (7) ‘Hofchi, de la même étymologie que ‘Hofech, vacances. C’est donc celui qui dépend d’un patron qui peut “ recevoir ” des vacances de ce patron. (8) Un Juif est donc, en permanence, assujetti à Dieu et, de ce fait, il n’est jamais “ libre ”.
Lettre n°6968
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6968, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[13 Mena’hem Av 5719]
A) J’ai reçu, avec effroi, une lettre me décrivant la réunion ‘hassidique qui a eu lieu à la synagogue et à laquelle vous avez vous-même participé. On m’a rapporté votre manière de vous exprimer et les expressions que vous avez employées à propos de telle et telle personnes.
B) Il est inutile de rappeler à quel point nos maîtres, dont le mérite nous protégera, ont fait don de leur propre personne pour diffuser les sources(1) à l’extérieur. Ils ont insisté non seulement sur “ les sources ”, mais aussi sur “ l’extérieur ”. Vous pouvez en déduire à quel point est totalement exclue toute démarche qui va à l’encontre de cette diffusion ou même qui lutte contre elle. Il est inutile de rappeler que le recours à des expression impropres, en n’importe quel endroit, même si aucun des participants n’est à l’affût d’une carence, n’en est pas moins une parole prononcée en public, ce qui constitue une immense responsabilité. Combien plus en est-il ainsi quand il y a, parmi les participants, des personnes qui ne considèrent pas la ‘Hassidout et ce qui la concerne d’un œil favorable. Or, la diffusion des sources est une injonction de nos maîtres, c’est-à-dire un précepte de la Torah. En cas de doute, on doit donc toujours adopter l’attitude la plus rigoriste. Bien plus, cette diffusion est un moyen de sauver des âmes juives, qui se trouvent en situation de danger. Plus encore, lors de cette réunion, cela était une certitude, sans le moindre doute.
C) Certains prononcent de telles expressions quand ils ont bu de l’alcool, plus que de mesure. Là encore, je n’en vois pas l’utilité. Bien au contraire, selon, plusieurs causeries de mon beau-père, le Rabbi, une telle pratique est détestable, pour ne pas dire plus.
D) Je ne sais pas si j’aurais écrit tout cela, s’il s’était agi uniquement du passé. Mais, j’ai bien peur qu’il en soit de même à l’avenir et j’exprime donc mon avis, clairement et sans ambiguïté. Le recours à de telles expressions est interdit par la Torah, comme le tranche l’Admour Hazaken, dans le Ora’h ‘Haïm, chapitre 156, aux paragraphes 10 et 11, de même qu’à la fin de ses lois de la tromperie, au paragraphe 25. Mais, plus encore, il va, en outre, à l’encontre de l’œuvre de nos maîtres. Et, si la prise d’alcool peut avoir une telle conséquence, il faut s’en écarter, chaque fois qu’un tel risque existe.
E) Bien entendu, vous avez le droit, et même encore plus que cela(2), de publier ce qui vient d’être dit, d’autant que je suis moi-même en cause, puisque c’est moi qui ai reçu cette lettre de protestation(3), me soulignant d’emblée que ces paroles ont été prononcées par celui que j’ai choisi pour être mon émissaire dans ce pays, par une mission que je lui ai spécifiquement confiée.
F) Il est clair également que je ne vous en veux pas, que je ne suis pas en colère contre vous. Je ne fais ici que confesser mon erreur. Je pensais que vous feriez tout ce qui est en votre pouvoir pour vous conformer à la mission, telle que je la comprends, par les moyens qui permettent de l’assumer. Il semble, au moins pour ce qui est de ces moyens, que mon erreur ait été totale.
En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous connaissiez la réussite, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) L’obligation. (3) Dont il est question au début de la présente.
Lettre n°6969
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6969, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8/9, qui est emplie de questions et d’objections. J’espère qu’il est inutile de vous expliquer que l’on ne parvient jamais à rien en commençant par poser des questions et même en en regroupant plusieurs à la fois. Si l’on veut comprendre une certaine idée, a fortiori une conception du monde, qui embrasse toute l’existence, on doit, au préalable, faire disparaître tout préjugé et, encore plus, écarter la conception selon laquelle : “ je dois trouver un défaut ou un manque et, si possible, plusieurs carences et plusieurs objections ”(1). Certes, nos Sages disent que “ celui qui est timide n’apprend pas ”, mais je constate, en lisant votre lettre, que vous ne faites pas que poser des questions. Vous soulevez, en fait, des objections, comme je le disais ou peut-être même encore plus que cela. Malgré ce que je viens d’écrire, je vous accorde les circonstances atténuantes. Au final, vous avez sans doute une bonne intention, mais nul ne vous a appris à aborder une idée et une conception du monde. Vous n’êtes donc pas responsable de l’approche que vous adoptez dans votre lettre. De ce fait, je répondrai à vos questions, au moins brièvement. La nature de telles questions fait qu’on les comprend mieux en en parlant de vive voix. A n’en pas douter, plusieurs ‘Hassidim ou bien les personnes se trouvant dans la Yechiva dont vous êtes étudiant auraient pu répondre ce qui va suivre aux questions que vous posez. Oralement, on peut développer ces idées, y ajouter d’autres explications sur les aspects qui posent problème à celui qui les reçoit. Dans le cadre épistolaire, en revanche, il n’est pas toujours aisé de déterminer ce qui n’a pas été perçu et ce qui est uniquement accessoire.
A) Est-il possible de démontrer que la Torah fut donnée sur le Sinaï par le Saint béni soit-Il ? Une telle preuve a déjà été énoncée dans plusieurs de mes lettres(2), de même que dans les livres des Grands d’Israël, publiés depuis bien longtemps déjà. En outre, vous pouvez en trouver une illustration dans votre propre vie, dans la plupart de vos comportements. Je veux dire que, lorsque vous accomplissez une action qui requiert un grand effort ou beaucoup d’argent, vous ne vous imposez pas toujours la vérification intégrale de ce qui résultera de cet effort. Concrètement, vous vous en remettez aux autres. Prenez un exemple simple. Lorsque vous achetez un billet pour voyager dans un certain endroit, vous n’allez pas, tout d’abord, examiner le moteur et le train, apprendre comment il fonctionne, afin d’être certain que le voyage auquel votre billet vous donne droit vous conduira effectivement à destination. Il en est ainsi non seulement dans les domaines où la sanction de l’effort est immédiate et peut être observée à l’issue d’un court instant, mais aussi lorsque ces conséquences ne se manifestent qu’au bout de plusieurs années. Observez votre comportement et vous verrez que vous vous en remettez non pas à vous-même, mais aux personnes auxquelles vous faites confiance, que vous ne suspectez pas de vous mentir et qui n’ont pas d’intérêt à vous abuser.
Plus le nombre de ceux qui portent témoignage sur la valeur d’une action est grand, plus sera forte votre décision de vous en remettre à eux. Bien plus, vous le ferez également dans un cas de vie et de mort, par exemple pour une intervention chirurgicale importante, ce qu’à Dieu ne plaise. On fait alors confiance à un chirurgien, qui possède un diplôme, attestant du fait qu’il a été formé auprès d’un spécialiste, il y a dix ou vingt ans, établissant ainsi qu’il est lui-même un bon médecin. Il est, en outre, souhaitable que des témoins attestent avoir été soignés par lui et avoir constaté l’efficacité du traitement. Or, en s’en remettant à ce témoignage, on permet à un homme de pratiquer une opération particulièrement compliquée, bien qu’il ne soit lui-même qu’une seule personne, que beaucoup d’autres pourraient remplacer. Au cours de cette opération, cet homme peut se tromper ou bien essuyer un échec, même si, jusqu’alors, il a systématiquement réussi de telles interventions. En pareil cas, la base du comportement que l’on adopte est bien la confiance en le témoignage d’autres personnes. Néanmoins, s’il s’agit d’un domaine important, vous ne vous suffisez pas d’un seul témoignage, de deux ou de trois. Vous en recherchez beaucoup d’autres. Et, cette règle de conduite est encore plus largement répandue pour ce qui concerne les événements des époques précédentes. En effet, il est impossible d’en vérifier l’exactitude. Pour autant, aucun homme normal ne remet en cause les propos de trois ou quatre historiens chercheurs, même si ceux-ci se contredisent en certains points. On adopte alors l’avis de la majorité, surtout si celle-ci est large, un contre dix, contre cent ou contre mille. Un tel témoignage est alors considéré comme une vérité absolue.
Après cette introduction, je précise que le don de la Torah sur le mont Sinaï, par le Saint béni soit-Il, n’est pas un fait nouveau, introduit à notre époque. Nous l’avons reçu de nos parents et eux-mêmes de leurs propres parents. Cette tradition et ce récit remontent ainsi le fils des générations et, à chaque époque, l’événement fut transmis avec une grande précision, par des centaines de milliers d’hommes, issus de milieux radicalement différents. Or, tous ces récits ont été convergents et, depuis le don de la Torah, la tradition n’a jamais été modifiée ou altérée. La génération des enfants, qui entra en Erets Israël, avec Yochoua, la reçut de ses parents, qui avaient quitté l’Egypte et qui s’étaient eux-mêmes tenus près du mont Sinaï, qui avaient personnellement entendu : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”. Il est bien évident que, si cette information avait été introduite au cours d’une génération intermédiaire(3), il aurait été impossible que des centaines de milliers de personnes s’entendent pour la diffuser. Il est certain que quelqu’un aurait dit à son ami : “ Quelle est cette nouvelle dont on parle dans le pays et dont nous n’avons jamais eu connaissance ? ”. Si vous méditez bien à tout cela, vous pourrez développer cette pensée qui, comme je l’ai dit, est particulièrement forte, par rapport à toutes les idées que vous acceptez sur la base d’un récit de ce qui s’est passé il y a dix ou vingt ans.
B) On ne peut pas soulever, contre ce qui vient d’être dit, l’objection suivante : les chrétiens et les musulmans sont plusieurs millions. En effet, une telle constatation est radicalement différente. La tradition chrétienne est, au final, réduite à une seule personne, l’émissaire Chaoul(4) ou, tout au plus, à dix ou à douze émissaires, qui ont déclaré avoir entendu telle phrase de telle personne. En revanche, ils n’ont pas reçu eux-mêmes cette prophétie. Cela veut bien dire que la tradition se réduit à une seule personne de chair et d’os, pouvant se tromper ou s’égarer, par inadvertance ou bien intentionnellement. Il en est de même pour les musulmans dont la “ foi ” commença lorsque Mohammed revint du désert et rapporta qu’il y avait reçu la “ prophétie ”.
C) Les non Juifs peuvent-ils percevoir tout cela et s’élever vers les stades les plus élevés ? Le Rambam tranche la Hala’ha, dans ses lois des rois, chapitre 8, au paragraphe 11, selon laquelle les Justes parmi les nations auront part au monde futur.
D) Vous ne parvenez pas à vous expliquer que les non Juifs ne disposent pas de toutes les opportunités offertes aux Juifs. On peut pourtant le justifier de différentes façons. La raison essentielle est que nous ne connaissons pas les voies du Créateur, Ses motivations, Sa manière d’intervenir dans certains cas. Il en est de même pour les différents membres du microcosme qu’est l’homme. Il est impossible que le pied comprenne l’intellect du cerveau et le cerveau ne parviendra jamais à l’émotion du cœur. En d’autres termes, chaque membre de ce petit monde reçoit une fonction spécifique. Certains membres sont plus raffinés et d’autres, plus grossiers. Pour autant, chaque membre doit remplir sa mission et non celle d’un autre. S’il assume sa propre mission, ce membre parvient à la perfection et atteint son objectif. Or, il en est de même pour le grand monde, duquel nous faisons nous-mêmes partie. Le minéral y a sa place, au même titre que l’homme. Chaque catégorie y reçoit un but, comme l’explique le Zohar, tome 3, à la page 221b, selon lequel Israël parmi les nations est comme le cœur au sein du corps. La main et le pied n’auront donc jamais un sentiment aussi intense que le cœur. La main doit écrire et se mouvoir. Le pied doit marcher. Or, vous ne demandez pas pourquoi le pied n’écrit pas ou pourquoi le cœur ne comprend pas. De la même façon, votre question n’a pas de sens.
E) Ce qui vient d’être dit répond également à la question suivante, que vous avez posée :
Qui est meilleur d’entre les Justes des nations et les impies d’Israël ? La réponse dépend de ce que vous entendez par là. Faites-vous allusion aux forces potentielles ou bien à leur utilisation effective ? On peut reprendre ici l’image du cœur et du cerveau qui ne remplissent pas leur mission, ce que l’on appelle couramment un cœur et un cerveau malades, ce qu’à Dieu ne plaise et un pied en bonne santé. Lequel est-il supérieur à l’autre ?
F) D’après ce qui est admis et selon la tradition, nous sommes en l’an 5719 depuis la création du monde. Comment accorder cette affirmation avec les datations scientifiques(5) ? Je répondrai brièvement à cette question. Toutes les sciences, y compris celles qui se définissent comme exactes, sont basées sur des prémisses qui sont sans fondement logique, mais que l’on accepte. De façon générale, il en est également ainsi pour la science qui effectue une recherche sur l’histoire et l’évolution de la terre. Parmi ces prémisses, on peut citer les suivantes. Il faut admettre que les lois de la nature n’ont pas du tout évolué, qu’en cette année 5719, elles sont restées identiques à ce qu’elles ont toujours été depuis que le monde existe, sans le moindre changement. Il faut admettre que la pression atmosphérique, la température et la quantité de radium, de même que des centaines et des milliers de paramètres relatifs à la terre sont pratiquement demeurés identiques ce qu’ils étaient à l’époque. Et, il est encore beaucoup d’autres postulats, que l’on ne peut nullement prouver.
Avant tout, si l’on considère que le monde n’a pas pu être créé d’une manière ordonnée et structurée, qu’il n’y eut, tout d’abord, que quelques atomes, il faut admettre que, par la suite, ceux-ci se sont réunis de la manière et au rythme que nous connaissons actuellement, sans le moindre changement, y compris lorsque le monde était “ ruine et désolation ”. Lorsque toutes ces conditions sont réunies, il faut, en effet, un certain nombre d’années pour que le monde sorte de la destruction, qu’on y trouve des animaux et des humains. A l’opposé, si l’on abandonne une partie de ces postulats, toutes les conclusions scientifiques disparaissent. De fait, peut-on accepter, logiquement, que Dieu ne soit pas capable de créer un homme, Adam, en l’état, qu’Il devait d’abord susciter des atomes pour que ceux-ci se réunissent par la suite ?
J’ai écrit tout ce qui est exposé ci-dessus afin d’apaiser votre esprit, mais, encore une fois, il n’y a pas lieu de procéder ainsi, de soulever des objections. Il faut étudier la Torah et respecter les Mitsvot. Ainsi, vous connaîtrez la réussite, en tout ce qui vous concerne, en général, en la compréhension de la vision du monde que l’on doit avoir, en particulier. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin et que vous adoptiez les trois études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont bien connues. Nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, qu’elles concernent chacun et qu’elles sont favorables en différents domaines. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Le secrétaire,
Vous trouverez une preuve que la datation scientifique et le nombre d’années auquel elle aboutit ne sont pas précis, dans le fait que les comptes établis par les différentes disciplines, géologie, astronomie, recherche des effets radioactifs, se contredisent. Et, les scientifiques ne parviennent pas à résoudre ces contradictions.
Notes
(1) Ceci est vraisemblablement une citation de la lettre à laquelle le Rabbi répond ici. (2) Voir, en particulier, la lettre n°6876. (3) Entre le don de la Torah et l’époque actuelle. (4) Paul. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°3868 et 4409.
Lettre n°6970
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6970, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5719,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Israël(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui était la suite de la précédente, à laquelle j’avais déjà partiellement répondu. S’agissant des touristes qui viennent visiter Kfar ‘Habad, il est, bien entendu, très judicieux de leur réserver un bon accueil, pour différentes raisons que j’ai déjà écrites et pour d’autres encore. Bien entendu, il faut, dans la mesure du possible, remédier aux carences dont vous faites état, naturellement de manière agréable et pacifique. Je suis même surpris que vous ayez un doute sur l’opportunité d’une telle visite. Il est bien clair qu’il faut faire des efforts importants pour qu’elles aient lieu, même si, de manière exceptionnelle, on peut s’arranger pour que ces touristes repartent le même jour et ne passent pas la nuit à Kfar ‘Habad. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Vous faites allusion à une brochure expliquant l’activité éducative de ‘Habad en Terre Sainte, pusse-t-elle être restaurée et rebâtie, en particulier celle des écoles du réseau(2). Il est évident qu’une information de première main, en la matière, est bonne et nécessaire, mais le moment est enfin venu que ce qui concerne ‘Habad soit ordonné. Nul ne doit publier un document quelconque sans posséder des informations suffisantes ou bien sans que soit faite une relecture de ce qu’il a rédigé. Plusieurs ‘Hassidim possèdent des qualités rédactionnelles et il faut donc leur conseiller l’empressement, en la matière. Et, il n’y a pas lieu que tout cela traîne, puisqu’une bonne initiative a déjà été prise(3). Sans doute me répondrez-vous, par le détail, sur les points évoqués dans les courriers précédents et dans celui-ci. Je vous en remercie d’avance. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav I.Leibov, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°6792. (2) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) Par le destinataire de cette lettre, qui a soulevé la question.
Lettre n°6971
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6971, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume une
mission sacrée, le Rav Avraham Morde’haï Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat Na’hamou et j’y ai lu avec plaisir que vous avez eu des semaines de Oufaratsta(2). Différents textes, en particulier de la ‘Hassidout, expliquent précisément qu’une semaine inclut en elle tous les moments, du début à la fin des six millénaires de la création. C’est pour cela que l’on dit, au début de chaque semaine(3) : “ C’est aujourd’hui le premier jour ”. Que le Oufaratsta de ces semaines se répande donc sur les semaines qui suivront. L’assurance nous a été donnée que quelqu’un qui se sanctifie quelque peu ici-bas reçoit d’en-haut une immense sanctification. Combien plus en est-il ainsi pour celui qui se sanctifie plus que quelque peu. C’est bien évident. Or, selon la ‘Hassidout, cette sainteté ne consiste pas à s’isoler dans le désert ou bien à se concentrer sur la Lumière précédant le Tsimtsoum(4), sans se préoccuper de ce qui se passe autour de soi.
Bien au contraire, selon un récit bien connu que nous avons reçu de mon beau-père, le Rabbi, l’Admour Hazaken fit de la morale à quelqu’un qui se consacrait à l’étude de la Torah et qui, de la sorte, n’entendit pas les pleurs d’un enfant qui était tombé de son berceau. Chaque détail des récits de nos maîtres délivre un enseignement. Or, tous les aspects de celui-ci attestent que la leçon qu’il apprend, ce qu’il convient d’en tirer, est particulièrement précise. En l’occurrence, ceux qui doivent être considérés comme des enfants, qui se définissent comme tels également lorsqu’ils sont couchés et dorment, car ils se trouvent alors dans un berceau et non dans un simple lit, peuvent connaître la chute pendant leur sommeil. A l’opposé, celui qui se consacre à l’étude le fait avec ardeur et constance, de la manière la plus profonde. Il peut donc ne pas entendre les pleurs d’un enfant. Malgré cela, une âme qui descendait ici-bas pour la première fois, issue du monde d’Atsilout(5), lui délivra un enseignement, selon lequel il ne sied pas d’adopter un tel comportement, de ne pas ressentir une situation aussi basse, se faisant jour dans le monde, au sein même de la matérialité. L’enseignement de tout cela, que l’on doit apprendre et mettre en pratique, est bien clair. Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles des points que vous abordez dans votre lettre, de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles. En un moment propice, je mentionnerai toutes ces personnes près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela, d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.M. C. Lieder, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°5409. (2) “ Et, tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, selon le slogan choisi par le Rabbi pour cette année, c’est-à-dire des semaines de diffusion des valeurs juives. Voir, à ce sujet, la lettre n°6541. (3) Dans la prière du matin, après que le Chabbat ait permis de revenir à l’origine du temps. (4) La contraction de cette Lumière qui est à l’origine de la création. (5) L’Admour Hazaken.
Lettre n°6972
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6972, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Mena’hem Av 5719,
Brooklyn, New York,
A l’attention du distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav M.Lisman,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement l’objectif de votre action. J’ai appris, en particulier, avec satisfaction, par les exemplaires de “ l’organe pour l’unité d’Israël ”, que vous donnez un cours public de Guemara. Conformément à l’enseignement de nos Sages, j’espère que cette étude conduira à l’action dans la vie quotidienne, en particulier ceux qui exercent une influence sur un certain milieu. En effet, toute étude, même si elle n’a pas d’incidence sur l’action, au moins à première vue, n’en forge pas moins une conception du monde. En l’occurrence, elle conditionne donc celle de vos élèves. A notre époque, une attention particulière est nécessaire, en la matière et différents points fondamentaux doivent même être rectifiés, même si le principe de la Michna selon lequel l’acte est essentiel reste toujours valable.
Vous appartenez à un mouvement, d’après ce que vous me dites dans votre lettre, dont l’une des règles fondamentales est l’obéissance, l’application des ordres, l’enrôlement non seulement en période de combat, mais aussi en se tenant prêt à se conformer aux paroles de l’officier, y compris durant les périodes qualifiées de “ normales ”. De ce fait, je voudrais vous préciser, plus spécifiquement, le point suivant. D’après le dicton et l’enseignement déterminant de notre maître le Baal Chem Tov, que répétait sans cesse mon beau-père, le Rabbi, “ tout ce qu’un Juif voit ou entend est un effet de la divine Providence et lui délivre une leçon pour atteindre son objectif et la mission qu’il reçoit dans le monde, l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot en toutes tes voies ”. Or, il semble difficile de satisfaire pleinement une telle requête. Car, le sentiment et la compréhension de l’homme peuvent évoluer, non seulement en des périodes différentes, mais aussi dans la même année, le même mois, le même jour. Il n’en est pas de même pour la requête ainsi formulée, qui est toujours la même.
L’explication de tout cela peut être trouvée dans une notion fondamentale, qui est énoncée dans la Me’hilta, à la Parchat Yethro, selon laquelle la condition préalable au don des dix Commandements et de la Torah fut la suivante : “ Quand on acceptera Ma Royauté, J’émettrai pour vous des Décrets ”. Et, l’on accepte Sa Royauté en se soumettant à Lui, ce qui, de fait, ne dépend ni de la compréhension, ni du sentiment. En effet, l’intellect et l’émotion ne sont que des moyens de percevoir ou de ressentir, mais, en la matière, ils ne sont pas essentiels. Bien plus, une soumission au-delà de toute rationalité permet ensuite de comprendre et de ressentir plus profondément. La règle de base du mouvement auquel vous appartenez offre donc une possibilité spécifique de transmettre notre Torah, Torah de vie et la pratique concrète des Mitsvot, au quotidien, d’une manière particulière, plus favorable, en se démarquant ainsi de ceux qui commettent l’erreur de dire que les jeunes, à notre époque, ne supportent pas l’obéissance et la soumission. C’est, bien au contraire, l’un des moyens les plus efficaces de conquérir le cœur de la jeunesse, non seulement celle qui est religieuse ou qui l’est à moitié mais bien de tous les jeunes qui s’enrôlent, qui répondent effectivement à l’appel, à condition qu’on leur apporte une explication véritable et profonde.
A première vue, un tel appel n’enthousiasme pas leur intellect et leur émotion, mais, au final, il en sera bien ainsi, quelle que soit la manière dont on l’explique, d’une façon très grossière ou bien un peu plus fine, en écoutant l’âme animale qui dira que l’enrôlement et l’assujettissement à un officier, dont on ne peut contester l’autorité, libère celui qui a été engagé de sa responsabilité et de la nécessité de prendre une décision à chaque pas. Mais, l’explication véritable est : “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ”, celle de l’âme divine. Cette âme est, de manière naturelle, une parcelle de Divinité et elle est attirée vers sa source et son origine. Selon les termes de l’Admour Hazaken, cette nature “ transcende l’entendement, l’intellect perçu et compris ”, qui ne sont que des instruments extérieurs de l’essence de cette âme. En tout état de cause, ce point fondamental et décisif existe chez chaque jeune. Nous avons pu constater, à notre époque, à quel point c’est précisément la soumission qui a su conquérir le cœur des jeunes, par le nombre de leurs années comme par leurs forces cachées et leur courage. De fait, en ces dernières années, les déceptions se sont multipliées, dans différents domaines. Des milliers, des dizaines de milliers de jeunes ne trouvent pas de fondement, de base sur lesquels ils peuvent se tenir. Heureux est donc le sort de quiconque lance l’appel suivant : “ Engagez-vous dans les armées de Dieu, Qui donne la Torah et ordonne la Mitsva ! ”. De la sorte, on convaincra, l’un après l’autre, tous les milieux de la jeunesse égarée. En effet, ici se réunissent et s’assemblent deux points, les traits de caractère spécifiques à chacun, d’une part, une armée au sens propre, d’autre part, car la Torah de vérité est une Torah de vie, insufflant la vie de ce monde, non seulement dans un moments fort comme la prière de la Neïla de Yom Kippour, mais aussi, de la même façon, à chaque instant de la semaine.
Cette conquête de la jeunesse, d’un milieu après l’autre, d’un cercle après l’autre, est la condition nécessaire à la fin du présent exil, qui diffère de ceux qui l’ont précédé. Les délivrances passées n’ont pas été complètes et une partie des Juifs est alors restée en exil, matériellement ou spirituellement. Il n’en sera pas de même pour le présent exil. L’assurance nous a été donnée que nous connaîtrons la délivrance véritable et complète, de l’exil apparent comme de l’exil profond, de l’exil physique comme de l’exil moral. Le salut de chaque âme juive hâtera donc la délivrance collective. C’est également là le fondement de la ‘Hassidout, qui souligne l’importance du Précepte : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” et de la diffusion de ses sources à l’extérieur. Chaque pas dans cette direction rapproche la fin de l’exil et le début de la délivrance, qui sera véritable et complète. Il ne faut donc négliger aucune action. Qui peut mesurer l’importance de ce qui est accompli, quand un seul jeune homme porte les Tefillin ou une seule jeune fille récite le Chema Israël ? Il ne s’agit pas uniquement d’un accomplissement spécifique, effectué par une personne spécifique en un jour spécifique. Tout cela s’additionne pour constituer un grand ensemble, dont chaque détail est la condition qui permet de hâter la délivrance collective. Avec mes respects et ma bénédiction,
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