Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6892
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6892, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me rapportez votre discussion avec le médecin qui suit votre fille. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Vous me direz non pas qu’il y a eu une petite évolution positive, en la matière, mais bien qu’il y a une importante évolution, de plus en plus grande.
On confère un mérite aux jours propices et vous avez écrit votre lettre à la veille du Chabbat Parchat Nasso, “ Tu élèveras la tête ”, alors que la réponse vous est donnée au début de la Parchat Beaalote’ha(1), “ Lorsque tu élèveras les lumières ”, verset à propos duquel Rachi explique : “ Jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même ”, en l’occurrence celle de “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ”. Cette âme “ s’élève d’elle-même ” précisément quand elle se trouve dans un corps physique. Son but est, en effet, d’éclairer, à la fois matériellement et spirituellement. En pareil cas, la spiritualité rehausse la matière, le corps l’affine, la transforme et réalise son élévation, comme l’explique le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, dans le discours ‘hassidique intitulé Beaalote’ha, que vous consulterez. Votre ascendance vous viendra en aide, pour accomplir tout cela. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
N. B. : Bien entendu, si j’ai connaissance d’un traitement, en la matière(2), je vous le ferai savoir, sans en faire le vœu, comme vous l’écrivez dans votre lettre.
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°6902. (2) Pour l’affection dont souffre la fille.
Lettre n°6893
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6893, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Vous me faites part de votre état d’esprit et vous me dites qu’il vous est toujours difficile de prendre une décision. Vous vous demandez systématiquement si vous avez bien agi. En fonction de l’éducation que vous avez reçue et que vous mentionnez dans votre lettre, il est inutile de vous souligner l’importance de la divine Providence, qui est à la base de notre foi et de notre Torah, Torah de vie. Au sens le plus simple, cette Providence signifie que Dieu, Créateur du monde, Qui le dirige, se préoccupe de chacun et de chacune, non seulement dans les domaines de portée générale, mais aussi dans le moindre détail. Il en résulte une nécessité de faire confiance au Créateur du monde, Qui est l’Essence du bien. Tout ce qui se passe est donc nécessairement pour le bien. Quiconque est croyant admettra logiquement qu’il en est ainsi. La toute première conséquence est qu’il n’y a pas lieu d’être soucieux, désemparé, car, quand on mène une analyse logique dans le but de déterminer la décision qu’il convient de prendre, on bénéficie également de la Providence et de l’aide divine, chaque fois que l’on recherche le bien et la droiture. Quand on base son comportement sur l’enseignement de la Torah, on se trouve sur la bonne voie et cette attitude vient en aide à l’homme, lui permettant de persévérer en tout ce qu’il entreprend, de la meilleure façon pour lui.
Comme pour tout ce qui concerne la foi, ce qui vient d’être dit n’exige aucune analyse rationnelle, ni la citation de preuves complexes, philosophiques et profondes. En effet, chaque Juif, homme ou femme, perçoit, en son âme qu’il est réellement croyant, même au moment où il n’y pense pas, que cela lui semble logique ou non. De fait, tous les Juifs sont croyants et fils de croyants, comme le soulignent nos Sages, ce qui veut bien dire que chacun possède la foi par lui-même et aussi comme héritage de ses ancêtres. Or, ce qu’un homme possède à la fois par lui-même et par héritage lui est acquis de la manière la plus forte. C’est bien évident.
J’espère que ces quelques lignes seront suffisantes pour provoquer votre réflexion et pour la diriger vers l’idée la plus profonde et la plus vraie, selon laquelle, au fond de vous-même, votre confiance en Dieu est totale et vous savez qu’Il vous accorde Sa Providence. Il suffit donc de faire jaillir cette idée de la dimension profonde de votre âme, jusqu’à l’exprimer dans votre existence quotidienne. Rien ne résiste à la volonté et, comme je l’ai dit, le moyen de parvenir à tout cela n’est pas une analyse intellectuelle approfondie. Il suffit de vous en remettre à votre sentiment intérieur, car vous faites confiance à Dieu. Il n’y a donc pas lieu de rechercher les doutes, de susciter les questions qui n’en sont pas et qui, en réalité, ne vous dérangent même pas. En oubliant tout cela, vous parviendrez sûrement à vous libérer de tous ces tracas.
Quelques fois par semaine, avant la prière du matin des jours de semaine, il serait bon de prélever quelques cents pour la Tsédaka, si possible le lundi, le jeudi et à la veille du saint Chabbat, bien entendu sans en faire le vœu. Avec ma bénédiction pour renforcer votre confiance en Dieu et pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6894
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6894, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume
une mission sacrée, le Rav Chlomo ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre du 28 Iyar, avec la liste des élèves(2) qui y était jointe. Si cela n’a pas encore été fait, il serait bon de demander aux élèves de la Yechiva qui transcrivent les causeries(3), ici-même, lors des réunions ‘hassidiques, qu’ils vous fassent parvenir les textes sur l’application de l’Injonction : “ Tu te répandras ”(4) à l’étude de la Torah(5).
J’espère que ces causeries pourront vous servir, de même qu’à la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim, en général. Leur message est un renforcement et une intensification de l’étude. Puisse Dieu faire que ce soient des paroles émanant du cœur(6), qui pénètrent dans le cœur(7) et font leur effet. Et, que cette action soit également conforme à l’Injonction : “ Tu te répandras ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav C.H. Kasselman, de Lod. Voir, à son sujet, les lettres n°6294 et 6897. (2) Des élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch, de Lod. (3) Du Rabbi. (4) “ A l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, selon le slogan choisi par le Rabbi pour cette année. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°6541. (6) De celui qui les prononce. (7) De celui qui les écoute.
Lettre n°6895
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6895, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 11 Sivan et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins. Vous me dites que vous ne pourrez pas adopter le comportement de la ‘Hassidout et vous comprendrez que j’en sois étonné et surpris. Comment un Juif, en particulier un élève de Yechiva, peut-il écarter de lui-même une forme quelconque du service de Dieu ? Bien plus, la Hala’ha tranche que celui qui dit : “ cette idée est belle…(1) perd…(2) ”, ce qui veut dire que, pour lui, il y a bien là deux idées. Toutefois, un tel homme considère que la seconde n’est pas belle pour lui. Vous consulterez tout cela, avec précision, au traité Erouvin 64a. Il est dommage que vous ne perceviez pas et ne ressentiez pas vous-même qu’une telle formulation émane du penchant(3). Il n’est nul besoin d’en dire plus tant cela est évident. Bien plus, vous avez le mérite d’être un descendant de nos frères Sefardim, qui, depuis toujours, se sont consacrés à l’étude de la dimension profonde de la Torah et il est dit que : “ lorsque l’on décoche une flèche, elle se pose sur sa pointe ”(4).
De même, vous me dites que vous n’avez pas trouvé de compagnon d’étude, que vous n’êtes pas parvenu à maîtriser votre penchant, que vous n’avez pas trouvé le moyen… Il n’y a là que des avances du mauvais penchant, comme l’expliquent longuement les livres de l’Ethique et de la ‘Hassidout, soulignant que “ le roi vieux et fou ”(5) s’adresse à chacun avec ruse et l’éprouve, de différentes façons. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir vous vous souveniez de ce qui vient d’être dit, du fait qu’en réalité vous vous trouvez dans un rayon de lumière, dans les quatre coudées de la Torah. Vous devez profiter pleinement de ce sort agréable, étudier, avec élan et ardeur, la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde qui, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout, mettre en, pratique les Mitsvot de la meilleure façon et servir Dieu sans s’affecter des attaques du penchant. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Alors que telle autre ne l’est pas. (2) La richesse de la Torah. (3) Mauvais. (4) On revient donc toujours vers la source. (5) Le mauvais penchant.
Lettre n°6896
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6896, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous me parlez de la suite de vos études. Il est bien évident que vous devez les poursuivre dans une Yechiva où l’on étudie à la fois la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Et, le sens de l’expression “ à la fois ” est ici bien clair. Il doit être reconnaissable que la partie révélée de la Torah est étudiée par un jeune homme ‘hassidique et que la ‘Hassidout est apprise par quelqu’un qui est versé dans la partie révélée de la Torah, de la manière qui convient.
Plusieurs textes expliquent tout cela, en particulier le Likouteï Torah(1), à propos de : “ Heureux celui qui arrive ici(2), son étude se trouvant dans sa main ”, cette formulation soulignant deux points. Tout d’abord, l’étude est nécessaire, en l’occurrence celle de la partie révélée de la Torah. D’autre part, celle-ci doit se trouver “ dans sa main ”, c’est-à-dire ne pas rester ici-bas, dans ce monde, comme le dit le Tanya, au début du chapitre 40. C’est une évidence. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ En particulier, Vaykra, à partir de la page 40b, Devarim, page 6c. Vous consulterez également le Kountrass Ets ‘Haïm ”. (2) Dans le monde futur.
Lettre n°6897
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6897, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Avich Morde’haï(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat. Les ‘Hassidim ont effectivement l’habitude, pendant la période de l’Omer, d’étudier le traité Sotta(2), selon un enseignement que j’ai reçu de mon beau-père, le Rabbi. Les ‘Hassidim ‘Habad le font depuis de nombreuses années et il ne m’en a pas donné la raison, mais l’on peut, toutefois, l’expliquer d’après ce qui est dit dans différents textes de la Torah et de la ‘Hassidout, établissant une relation entre la période de l’Omer ou bien l’offrande de l’Omer et le statut de la Sotta qui est lavée de tout soupçon et qui peut ensuite avoir des enfants.
En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. En plus des études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, vous avez sûrement un temps fixé pour étudier la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. Différents textes soulignent la nécessité de cette étude et l’on peut la justifier par diverses raisons. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav A.A. M. Porouch Glickman, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6825. (2) Qui a le même nombre de jours que les pages de ce traité.
Lettre n°6898
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6898, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5719,
Brooklyn, New York,
A monsieur Its’hak Damyel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Pour faire suite à ma lettre(2) répondant à la question posée, je vous adresse, ci-joint, une seconde lettre. Je m’en remets à votre discernement pour établir la manière de la transmettre et, le cas échéant, pour lui apporter des explications complémentaires, si cela s’avère nécessaire. Avec ma bénédiction,
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Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5719,
Brooklyn, New York,
Je fais suite à ma lettre répondant à la question que vous m’avez posée : “ Y a-t-il un moyen pour que nous, sceptiques, puissions admettre l’existence de Dieu d’une manière claire, sans l’ombre d’un doute, sans qu’il soit possible de la contester ? ”. Il me semble important d’ajouter les lignes suivantes, pour une raison que j’exposerai. Dans ma réponse précédente, je me suis limité à la formulation de votre question, “ admettre d’une manière claire, sans qu’il soit possible de contester ”, selon laquelle vous souhaitez une réponse logique. Il est bien évident que je ne suis pas satisfait par cette approche, pour deux raisons essentielles :
A) Chez un homme, en général, le sentiment et le développement des présupposés de l’esprit est plus déterminant
que les conclusions auxquelles on parvient par l’analyse raisonnée.
B) Chez un Juif, en particulier, l’intellect n’est qu’un vêtement de l’âme, selon la définition de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Or, cette âme est une “ parcelle de Divinité suprême véritable ”(3). C’est donc la dimension profonde de cette âme qui est la plus forte. Or, celle-ci ne se révèle pas nécessairement par l’intermédiaire de l’intellect. Concrètement, on peut vérifier qu’une approche émotionnelle s’avère plus efficace qu’une approche intellectuelle.
Malgré cela, je n’ai pas voulu aborder cette notion, dans ma première lettre, à cause de la manière dont la question était formulée, comme je l’ai dit et, avant tout, parce que je ne voulais pas donner l’impression que le contenu de votre courrier, en l’état, était insuffisant ou bien pouvait être écarté sur la base de la logique. C’est pour cela que je vous adresse le présent complément, d’une manière indépendante. Il est inutile de préciser que je considère ceux et celles qui ont posé la question comme des hommes juifs qui, quelles que soient leurs options intellectuelles, croient en la véracité de la justice et de la droiture. Et, cette foi doit être si forte qu’elle les conduit au sacrifice, y compris celui de leur vie privée, pour la défense de cette justice et de cette droiture, pour venir en aide à leur prochain, surtout quand il ne s’agit pas seulement d’un individu mais bien d’une collectivité quantitativement et qualitativement importante.
Si l’on met de côté les chaînes et les limitations inhérentes à la formulation de votre question, je me permets de m’adresser à vous, comme quelqu’un qui parlerait à son ami. Je vois, dans votre lettre et dans votre question, que vous êtes jeunes, en tout cas suffisamment pour posséder encore l’empressement et la vigueur de la jeunesse. Vous êtes également jeune par votre capacité de vous révolter contre l’avis majoritaire, dès lors que vous estimez nécessaire de le faire. Vous êtes, en outre, capables de modifier votre existence, d’une extrême à l’autre. Dans votre conception actuelle du monde, vous n’ignorez sans doute pas ce qu’a vécu notre peuple, ces dernières années, lors de la Shoa et des pogromes. Au cours de la dernière guerre, plusieurs millions d’hommes de notre peuple ont été exterminés. Simultanément, des fonctions nouvelles ont fait leur apparition, que l’on ne connaissait pas jusqu’à maintenant ou bien qui n’avaient, jusqu’alors, qu’une proportion très limitée.
Autre point, l’imprécision des contours et la confusion des esprits non seulement n’ont pas diminué, mais, bien plus, se sont renforcées de manière effroyable, au point de faire passer l’obscurité pour de la lumière et l’amertume pour de la douceur, avec un entêtement extrême, jusqu’à contraindre des milliers, des dizaines de milliers à admettre l’obscurité pour de la lumière et l’amertume pour de la douceur. De nos jours, tel est donc l’appel profond lancé par la dimension intérieure de l’âme de chacun et de chacune. Il faut se tenir au premier rang de ceux qui sont actifs et assument leur mission, non pas en tant qu’obligation personnelle, mais bien pour remplacer les forces les plus actives et les meilleures de notre peuple, qui ont été décimées par les massacres. Il ne suffit pas, comme je l’ai dit, d’écarter résolument le renversement des valeurs. Il faut aussi diffuser les principes immuables de notre peuple, les enfants d’Israël, de la manière la plus ferme, avec l’empressement et la vigueur de la jeunesse, jusqu’à ce que chacun et chacune soit l’étincelle faisant monter la flamme de l’âme de tout son entourage. Ce moment est-il vraiment propice pour des joutes oratoires, basées sur la rationalité ? Entre temps, on perd un jour, une semaine, un mois, une année et cette perte ne se retrouvera jamais. On rate des opportunités que l’on ne rencontrera plus. Et, si l’on attend cela de chacun, combien plus est-ce le cas des jeunes. En effet, on peut observer concrètement que la nouvelle génération, les jeunes sont beaucoup plus sensibles aux paroles d’encouragement enthousiastes de ceux qui ont le même âge qu’eux, qui sont jeunes comme eux. Leur démarche est beaucoup plus efficace que celle d’un homme “ âgé, avancé dans les jours ”. Bien plus, elle est acceptée avec une meilleure volonté.
Comme je l’ai dit, je ne souhaite pas, dans ce cadre, mener une analyse rationnelle afin de déterminer ce que l’on peut qualifier de valeurs immuables de notre peuple les enfants d’Israël, ni définir les fonctions nouvelles qui ont fait leur apparition. Je m’en remets à chacun et chacune d’entre vous pour les identifier, en consultant les ouvrages sur l’histoire d’Israël qui se poursuit, sans interruption, depuis plusieurs milliers d’années. Cette histoire est maculée de sang, de persécutions à nulle autre pareilles, d’épreuves particulièrement dures dont on a jamais vu l’équivalent, même le plus fragmentaire, pour les autres peuples et les autres langues. Si l’on médite à cette histoire d’Israël, vous ne trouverez qu’une seule catégorie de valeurs qui ont été conservées en toutes les générations et qui existent encore à l’heure actuelle, sans la moindre modification. En la matière, les preuves logiques sont inutiles, car il s’agit de faits tangibles, d’actions qui se sont réellement passées, d’événements qui ont eu lieu, portant un témoignage incontestable sur le fait que la langue usuelle, les vêtements, la culture, le mode de vie courant, le régime politique ou économique ne sont pas nos valeurs éternelles et immuables. Tous ces éléments ont subi des modifications radicales, d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre. Ce qui est resté identique, sans évolution, est la Torah de vie, les Mitsvot concrètes, dans l’existence quotidienne. En la matière, “ l’éternité d’Israël ne se démentira pas ”(4).
Puisse Dieu faire que ces quelques lignes éveillent en vous des forces profondes, se trouvant au profond de l’âme de chaque Juif. Vous les utiliserez concrètement, en proportion toujours accrue. Et, si une récompense est nécessaire, la satisfaction morale sera, à n’en pas douter, la plus importante. Mais, en tout état de cause, il est certain que le Créateur du monde, Qui le dirige, vous rétribuera, en ce qui vous concerne personnellement, à chacun et à chacune en fonction de sa situation et de ce dont il a besoin. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6539. (2) Il s’agit de la lettre n°6876. (3) Selon le second chapitre du Tanya. (4) Chmouel 1, 15, 29.
Lettre n°6899
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6899, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, issu d’une illustre famille, aux bons comportements, le Rav ‘Haïm Chimeon Zeév(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre de Pessa’h Chéni, qui est intermédiaire entre le premier Pessa’h et le temps du don de notre Torah, sur le chemin de la délivrance véritable. En effet, lors du premier Pessa’h, le ‘Hamets est interdit jusque dans la quantité la plus infime. A Chavouot, par contre, les deux pains sont pétris pour être ‘Hamets, ce qui est une obligation de la Torah. A Pessa’h Chéni, on a, chez soi, à la fois du ‘Hamets et de la Matsa. La Matsa est une obligation, alors que le ‘Hamets est permis. Il est donc bien l’intermédiaire entre l’un et l’autre(2), comme l’indique également le saint Zohar, tome 2, à la page 183b.
Dans cette lettre, vous évoquez la fixation du mariage de votre fils, auquel Dieu accordera longue vie, pendant l’été prochain. Quelle que soit la date précise que vous retiendrez, puisse Dieu faire qu’il se passe bien, qu’il soit en un moment bon et fructueux, en tout point. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,
Notes
(1) Le Rav H.C. Z. Rubin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5447. (2) Pessa’h Chéni est l’intermédiaire entre le premier Pessa’h et Chavouot.
Lettre n°6900
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6900, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre du 15 Sivan, dans laquelle vous me dites que vous souhaitez retourner dans votre ville, dans un mois(1). Vous ne sollicitez pas mon conseil, en la matière. Malgré cela, je saisis cette occasion pour vous dire qu’à mon avis, il serait très judicieux, dans la mesure où cela est possible, de poursuivre votre visite en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, au moins pendant quelques mois encore, par exemple jusqu’à Pessa’h prochain ou, tout au moins, jusqu’au mois de Chevat, car il semble que, dans votre ville, c’est alors que commence la nouvelle année scolaire. Pendant ce temps, vous poursuivrez vos études dans une Yechiva où l’on se consacre uniquement aux études sacrées, tout au long du jour. Avant tout, vous vous efforcerez de séjourner dans l’internat de cette Yechiva, c’est-à-dire de passer toute la journée dans son atmosphère. A votre âge, les années sont déterminantes pour forger la personnalité de l’homme que vous serez pendant le reste de votre vie. En outre, et ceci est tout aussi fondamental, elles permettent de se renforcer et de se protéger contre les vents qui soufflent dans le monde, car, précisément à notre époque, soufflent des vents inhabituels et pourtant très forts. C’est bien évident. Certes, je comprends l’importance de la mission que vous voulez assumer dans votre ville, dans le domaine de l’éducation basée sur la Tradition. Toutefois, une préparation encore plus approfondie vous sera, à n’en pas douter, bénéfique, en la matière. Elle vous permettra d’avoir une influence plus efficace, en plus de l’intérêt qu’elle présente pour vous, à titre personnel. Il est inutile de préciser que la valeur de l’éducation dépend directement des connaissances de l’enseignant, de sa conception du monde et de sa dévotion à son rôle d’éducateur et de guide. Or, c’est précisément en la matière que l’ambiance d’une Yechiva est particulièrement déterminante, surtout quand elle est pénétrée de lumière et de chaleur ‘hassidiques.
Vous m’interrogez sur le voyage à bord d’un bateau israélien pendant le Chabbat(2). Je suis très surpris que vous soyez dans le doute, à ce sujet. Comme je l’ai écrit dans mes lettres qui, d’après la formulation de votre lettre, semblent vous être connues, il y a bien, en la matière, une interdiction claire. J’ai écrit également qu’il n’est nullement nécessaire, de ce point de vue, de s’en remettre au témoignage de quiconque. Il suffit de consulter les carnets de bord du capitaine et ceux des ingénieurs des bateaux, à notre époque. Chacun pourra vérifier que le bateau est dirigé grâce à des travaux interdits pendant le Chabbat, d’après tous les avis. Vous-même savez sûrement qu’aucun de ceux qui prescrivent une position conciliante en la matière n’a été en mesure de répondre à cette question essentielle(3). Bien plus, une telle réponse est même inutile. Il suffit de faire une copie des carnets de bord des bateaux de Terre Sainte et de la diffuser. Dès lors, il n’y aura plus de doutes. Bien plus, vous-même pourrez vérifier qu’il en est bien ainsi, si l’une de vos connaissances appartient à l’équipage d’un bateau. Mais, l’on doit vous montrer des carnets de bord véritables et non falsifiés. Comme je le disais dans mes lettres, cette transgression du Chabbat est effroyable. Or, elle est effectuée de la manière la plus publique, en la présence de plusieurs centaines de voyageurs et on lui apporte la plus large diffusion, puisque les journaux publient l’heure de départ et d’arrivée des bateaux. Et, tout cela est fait au nom de tout le peuple d’Israël, qui passe pour le propriétaire de ces bateaux.
Vous dites que vous ne pouvez pas intervenir, en la matière. Vous comprendrez vous-même que cela ne justifie absolument rien, puisque, malheureusement, il s’agit bien d’une transgression publique du Chabbat, alors que l’on n’est nullement contraint de le faire(4). Bien plus, il y a déjà eu plusieurs cas de personnes qui ont refusé de transgresser le Chabbat. Celles-ci ont exercé des pressions et elles ont obtenu gain de cause, de sorte que leur voyage a été conforme à notre Torah, Torah de vie. J’ai déjà écrit, à ce sujet et j’ai cité un enseignement de nos Sages, au traité Chabbat 119b, selon lequel c’est précisément la transgression du Chabbat qui détruisit la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Point n’est besoin d’en dire plus tant cela est pénible, douloureux et même effroyable. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Interrompant ainsi un séjour en Terre Sainte. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6618. (3) Comment permettre un voyage qui entraîne une transgression du Chabbat d’après les principes de la Torah ? (4) Il y a d’autres moyens d’effectuer un tel voyage.
Lettre n°6901
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6901, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Vous auriez dû m’écrire tout cela avant le voyage et non après celui-ci(1). En effet, on peut se demander à quoi servira l’explication que l’on pourra donner, à ce propos. Néanmoins, chaque homme et chaque femme se doit de méditer à tout événement, à tous les faits qui surviennent dans sa vie. Il est certain qu’il peut en tirer un enseignement pour son service de Dieu et pour sa vie. Selon le dicton du Baal Chem Tov que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, tout ce qu’un Juif voit ou entend lui délivre une leçon, lui permettant de servir Dieu et la Michna dit que : “ j’ai été créé pour servir mon Créateur ”. En conséquence, je considère que vous m’avez écrit afin que je puisse vous souligner le point suivant.
A notre époque, celle du talon du Machia’h définie par la fin du traité Sotta et d’après le proverbe bien connu du Ramban, dans sa célèbre lettre adressée à son fils, “ plus l’on est saint… ”(2). Du fait de nos nombreuses fautes, la Terre Sainte est spécifiquement touchée, en la matière, par la plaie des partis politiques. Et, les dignitaires de la communauté sont eux-mêmes frappés par ce mal, y compris dans les milieux où l’on craint Dieu sincèrement. Chaque fois que l’on se consacre à un objet, quel qu’il soit, qui diffère de la Torah et des Mitsvot, il est inévitable que la pratique de la Torah et des Mitsvot s’en trouve affaiblie, au moins dans certains cas, alors que dans d’autres situations, cela contribue, tout au moins, à ce même résultat. Et, il en va de même pour les partis. Dans la situation actuelle, en Terre Sainte, ceux-ci ont eu plusieurs apports bénéfiques pour les personnes qui craignent Dieu, mais il est impossible que, dans certains domaines, la diffusion de la Torah et des Mitsvot ne s’en trouve pas affaiblie. De fait, cela a déjà été le cas, de par le passé. Vous savez à quel point les Grands d’Israël des générations précédentes se sont opposés à l’affiliation de personnes religieuses à ces partis. Certains Grands de notre époque ont aussi marqué leur suspicion, dans ce domaine, y compris parmi ceux qui se trouvent en Terre Sainte et dont la position, en la matière, est bien connue.
De même, le mouvement ‘Habad, depuis toujours et jusqu’à ce jour, se place au-dessus des partis et il n’est affilié à aucun d’entre eux, pour la raison précédemment donnée. Il y a donc là une idée profonde qui doit être à la base de la mission sacrée confiée aux éducatrices, dans l’esprit de la Torah et de la tradition(3). Celles-ci doivent être particulièrement prudentes, face à tout ce qui concerne les partis, même religieux, car l’éducation doit être basée sur la Torah, de manière indépendante, réellement indépendante. Comme je l’ai dit, si vous avez le moindre doute sur un détail de votre travail, il ne vous appartient pas de le clarifier personnellement, surtout si cela requiert une recherche approfondie. Comme je l’ai précisé, je ne désire pas aborder ce point dans la lettre que je vous adresse. Une telle clarification va à l’encontre de votre mission, si vous vous apprêtez à être une enseignante se basant sur les valeurs sacrées. Mon propos est donc uniquement de vous souligner encore une fois qu’au moins à l’avenir, vous devez convaincre les jeunes filles, vos amies, de s’écarter de tout ce qui concerne les partis, de toute controverse. Vous consacrerez votre temps et votre ardeur à vous élever sur la voie conduisant vers la maison de Dieu, vers notre Torah, Torah de vie, qui est une Torah unique, “ dont la mesure est plus longue que la terre ”, quels que soient cette mesure et ce parti. Vous étudierez à la fois la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde.
Puisse Dieu faire que vous agissiez en ce sens, dans toute la mesure de vos moyens. Nos Sages nous ont donné l’assurance que : “ si tu fais des efforts, ceux-ci seront couronnés de succès ”. Grâce à votre abnégation pour guider vos amis dans cette direction, Dieu vous accordera l’expiation pour les actions que vous me décrivez(4). Et, Dieu vous accordera une bénédiction accrue, à la fois en tout ce qui vous concerne personnellement et dans l’influence que vous exercerez sur le plus grand nombre. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Il aurait alors été possible de faire quelque chose. (2) Et, plus l’on subit les attaques du mauvais penchant. (3) Ce qu’est vraisemblablement celle qui est la destinataire de la présente. (4) Vraisemblablement survenues pendant le voyage.
Lettre n°6902
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6902, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Beaalote’ha. La date de votre lettre mentionne la Paracha de la semaine(1) dans laquelle il est dit : “ Parle à Aharon… Lorsque tu élèveras les lumières ”. Nos Sages expliquent, à ce propos : “ Jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même ”.
Puisse donc Dieu faire que vous assumiez également votre mission(2), chaque Juif faisant partie d’une “ nation de prêtres et un peuple sacré ”. Cette mission, pour chacun, consiste à allumer : “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ”, chez tous les Juifs avec lesquels vous pourrez entrer en contact, à chaque fois “ jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même ”.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6892. (2) Consistant à allumer la flamme jusqu’à ce qu’elle s’élève d’elle-même.
Lettre n°6903
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6903, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, empli d’empressement,
aux bons comportements, grand érudit,
le Rav Mena’hem Mendel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je reproduis ici quelques remarques formulées par le Rabbi Chlita, à propos du livre Tsafnat Paanéa’h sur le traité Makot, qui vous intéresseront sûrement :
Remarque d’ordre général :
Ceux qui ont réalisé ce recueil et ce commentaire ne disposaient vraisemblablement pas du Maré Cohen, le livre du Rav Chmaryahou Menaché Ha Cohen Adler, de Londres, dont plusieurs éditions ont été publiées. J’en possède, pour ma part, la troisième édition qui fait référence, à la page 3, au traité Makot 7a, 26, 3 et 7. Dans les autres éditions, ont, à n’en pas douter, été également imprimées quelques lettres du Gaon de Ragatchov. En effet, il a correspondu avec les érudits et les Grands de sa génération, comme le montre son livre.
Page 1, première colonne, note 2 :
On peut réellement s’interroger sur l’explication selon laquelle il est ici fait référence au traité Ketouvot 26a. Il semble, en effet, que l’on ait confondu les pages 14 et 26. En outre, par la citation qui est faite du Rambam, on ne précise pas plus clairement ce que dit la Guemara. De fait, ceci n’est pas fréquent, dans les références mentionnées par le Gaon de Ragatchov, y compris quand il en énumère plusieurs. En effet, l’une ne rajoute rien à l’autre. En outre, il ne cite pas couramment le Rambam, sauf s’il en découle une précision supplémentaire, comme le montrent différents passages de ses livres et de ses responsa. Avant tout, je suis surpris que cette référence n’ait pas été interprétée selon son sens simple, en relation avec le traité Ketouvot 14, qui traite du cas d’un homme dont la validité du statut de Cohen est remise en cause et qui se tait quand cette accusation, à son encontre, est portée devant lui. La Guemara énonce plusieurs avis, à ce sujet et le Rambam tranche la Hala’ha, en la matière. Sa formulation montre qu’il écarte l’avis du Rabad et celui du Rachba, comme le dit le chapitre 19 de ses lois des relations interdites.
Certes, la référence au “ chapitre 20 ” est courante, dans les écrits du Gaon de Ragatchov. Néanmoins, il n’en va pas de même selon qu’il s’agisse d’un chapitre ou d’une page. Dans ce même livre, vous consulterez la page 1, troisième colonne, à la note 15. On retrouve cette même formulation dans différents passages de ses livres et de ses responsa. Et, il s’exprimait de la même façon oralement, selon le récit de ceux qui ont entendu ses commentaires de la Torah. Bien entendu, la présente référence précise le sens de ce qui est exposé ici ou, tout au moins, donne une indication, à ce sujet. C’est le cas, par exemple, de la première référence au traité Kiddouchin 66b. Selon la formulation de la Michna, on peut comprendre qu’il n’y a pas de différence, selon que cet homme se tait quand le témoignage est porté devant lui ou non. Ceci a une incidence sur le cas ou, par la suite, les témoins auraient été confondus. On devra alors tenir compte du fait qu’il s’est tu quand on a remis en cause son statut de Cohen. Certes, on peut avancer qu’il n’en est pas de même lorsque l’accusation émane de deux témoins. On peut alors dire qu’il se tait parce qu’il sait que sa réponse ne sera d’aucune utilité. Pour autant, ce sujet doit effectivement être analysé sur la base de ce que dit le Talmud, à propos d’un homme qui se tait quand son statut de Cohen est remis en cause. Combien plus en est-il ainsi selon le Rambam, qui écarte l’avis du Rabad et du Rachba, en la matière. C’est bien évident.
A la fin du traité, page 88, première colonne :
S’agissant de la différence qui peut être faite entre le quatre et le trois, on consultera les livres de Kabbala, soulignant que le Séfer Yetsira ne parle que de trois éléments fondamentaux, bien qu’il y en ait quatre(2). De fait, le Gaon de Ragatchov a également étudié la Kabbala, comme le savent plusieurs de ceux qui ont conversé avec lui(3), même s’il ne cite pas clairement de tels ouvrages, sauf dans son commentaire du Rambam, lois de l’idolâtrie, chapitre 12, au paragraphe 6. C’est, pour l’heure, la seule référence que j’ai trouvée. Mais, là encore, le fait que je n’en ai pas vu d’autre ne constitue pas une preuve. Il faut donc rechercher de telles références, surtout dans ses manuscrits sur la Torah. Il faut citer également l’heure de lecture du Chema Israël, dont l’essentiel est le premier paragraphe, dans lequel il est dit : “ de tout ton pouvoir ”, alors que n’y figure pas l’expression : “ Tu engrangeras ton blé ”, selon le traité Bera’hot 35b. Rabbi Chimeon Ben Yo’haï lui-même interrompait son étude pour lire le Chema. Or, le Chema est dit pendant les trois premières heures du jour, alors que la prière, permettant à l’homme de formuler ses besoins à Dieu, est dite pendant les quatre premières heures.
A la page 89, seconde colonne, note 42 :
Je suis surpris que l’on cite le commentaire de Rabbénou Ephraïm, à propos de l’Attribut de miséricorde qui est remplacé par celui de la rigueur. En effet, il est très difficile d’adopter une telle interprétation, dans ce texte, dont le sens est clair et évident. Car, le Nom Avaya transcende la nature alors que la valeur numérique du Nom Elokim est celle de Ha Téva, la nature(4). On mentionne donc ici les forces d’Elokim qui se révèlent à travers la nature. A ce sujet, on consultera, en particulier, le Guide des Egarés, tome 2, chapitre 6, au paragraphe 30 et le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 5. Il est ensuite fait référence à ce qui est dit au préalable : “ Yaakov voulut que tout y soit ”, non pas de manière naturelle, mais par une intervention de Dieu se substituant à la nature.
A la page 98, troisième colonne, dans le commentaire du Tan’houma :
On peut ici réellement s’interroger, car on peut simplement admettre que le Midrash Tan’houma se conforme à l’avis de Rabbi Ichmaël, énoncé au début du chapitre 3 du traité Makot. En effet, ceux qui sont condamnés à mort peuvent recevoir la flagellation, au même titre que ceux qui sont punis de Karet. Mais, peut-être cette explication n’a-t-elle pas été retenue, parce que le début de ce texte cite la Michna : “ Tous les hommes punis de Karet qui ont subi la flagellation ”. En tout état de cause, on peut s’interroger sur l’explication qui est donnée ici(5), car :
A) celui qui passe outre aux propos du prophète n’est pas puni de flagellation, comme le dit le Rambam, dans ses lois du Sanhédrin, chapitre 19, au paragraphe 3.
B) pour être considéré comme passant outre aux propos du prophète, il n’est pas nécessaire de les avoir entendu directement de sa bouche. Il en est ainsi pour tous ceux qui sont concernés par cette prophétie. Mais, peut-être ce texte considère-t-il qu’il faut entendre ces propos directement du prophète. Vous consulterez, à ce propos, le Min’hat ‘Hinou’h, au paragraphe 516 et les notes du Rav Y.P. Perla, à cette référence.
A la page 102, quatrième colonne, qui cite le Torah Cheléma, tome 17, paragraphe 543 :
Au paragraphe 543, figure le commentaire du Gaon de Ragatchov sur la Tossefta du traité Kélim, chapitre 1, au paragraphe 6, qui dit : “ Le chien du Grand Prêtre est plus précieux que toi ”. On peut cependant se demander pourquoi il est ici question précisément de son chien, d’autant que, dans plusieurs passages, y compris dans le même contexte, il est question de son bœuf. On peut donc expliquer que cette Tossefta fait référence à l’entrée dans le Temple, ce qui établit une relation directe avec le Grand Prêtre, concernant même son chien, bien qu’il soit dit, à propos du prix de ce chien : “ Tu ne le conduiras pas dans la maison de l’Eternel ton Dieu ”. Mais, en fait, l’interdiction est uniquement d’en faire un sacrifice, comme le précise le Sifri, à cette référence. Le Torah Cheléma, tome 15, à la fin de page 147, interdit l’entrée d’un chien à la synagogue(5), mais aucune preuve n’est citée, à ce sujet. Vous consulterez le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 153, au paragraphe 21. A l’opposé, les responsa Iguerot Moché, au chapitre 45, du Gaon, Rav Moché Feinstein, considèrent comme un fait certain qu’un chien n’est pas moins qu’un âne. Mais, il ne mentionne pas le fait que : “ le chien du Grand Prêtre est plus précieux que toi ”, ce qui est surprenant.
Vous me confirmerez sûrement avoir reçu cette lettre. Je vous en remercie. Avec mes respects et ma bénédiction,
Le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav M.M. Kosher, de New York, auteur du Torah Cheléma. (2) Le feu, le vent, l’eau et la terre. A ce propos, le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le ‘Hayat Be Maare’het, au début du chapitre 3, le Pardès de Rabbi Moché Cordovero, porte 9, au chapitre 3 et le discours ‘hassidique intitulé : ‘Au commencement, Dieu créa’, de 5655, du Rabbi Rachab. On verra aussi le Zohar, tome 1, à la page 5b ”. (3) Le Rabbi étant l’un d’eux. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Pardès de Rabbi Moché Cordovero, porte 12, chapitre 2. Chneï Lou’hot Ha Berit, porte des lettres, à la page 89a, au nom du Zohar ”. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°6936.
Lettre n°6904
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6904, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que vous avez pratiqué un examen sur une seule testicule. Selon un médecin spécialiste se trouvant ici, voici ce qu’il convient de faire. Si la seconde est plus grosse et plus molle que celle qui a été examinée, il faut pratiquer un examen sur elle également. Si elle est semblable à la première, cet examen est inutile.
Lettre n°6905
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6905, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Meïr(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi. Comme vous me le demandez, je reproduis ici ce qui est imprimé, dans la ‘Hassidout ‘Habad, à propos de la lecture de Zé’her Zè’her(2) :
Boné Yerouchalaïm(3), au chapitre 44, dont l’auteur est, très vraisemblablement, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h :
A ce sujet, un verset dit : “ Effacer, J’effacerai le souvenir d’Amalek ”, ce qui veut dire qu’il appartient à Dieu de l’effacer. Un autre verset affirme : “ Tu effaceras le souvenir d’Amalek ”, ce qui signifie qu’il nous appartient de le faire(4). Mais, l’explication est la suivante. Il y a une façon de lire et une façon d’écrire “ le souvenir d’Amalek ”(5), l’une ponctuée avec un Ségol et l’autre, avec un Tseïré(6). Le Ségol fait allusion à l’amour, car il émane de la bonté, alors que le Cheva représente la crainte(7), qui est un amour(8), les Mitsvot que l’on fait pour soi-même, le niveau d’Amalek(9) qui n’agit que par intérêt. Dieu ne nous a donc pas demandé de l’effacer(10). A l’opposé, il nous appartient bien d’effacer la crainte négative, c’est-à-dire les Interdits, qui appartiennent au mal absolu, duquel nous devons nous séparer.
Tel est le sens du verset : “ Tu effaceras le souvenir d’Amalek ”, avec un Cheva(11), en le faisant soi-même, comme on l’a dit. L’amour négatif correspond aux Mitsvot que l’on accomplit par intérêt. Or, nous n’avons pas la force d’effacer tout cela et de faire en sorte que ces Mitsvot soient bonnes et parfaites. Celles-ci sont donc entachées par de nombreux manques, dès lors qu’elles n’ont pas été mises en pratique de la manière qui convient. C’est à ce propos qu’il est dit : “ J’effacerai Amalek ” avec un Ségol. Il reviendra à Dieu d’effacer cet amour quand se révèlera le Machia’h, très bientôt et de nos jours. A l’heure actuelle, en revanche, il n’y a pas lieu de supprimer les Mitsvot. On doit les respecter, même si l’on est animé par un intérêt. C’est bien évident.
Comportements de Pourim, imprimés à la fin des Rechimot sur la Meguilat Esther, à la page 23(12) :
Dans la lecture de la Parchat Za’hor et de la Parchat Tetsé, de même que dans celle de Pourim et de la Parchat Bechala’h, on lit Zé’her, le souvenir d’Amalek, avec un Tseïré ou avec un Ségol. On trouve, à ce propos, différents usages. Je n’ai cependant pas reçu d’instructions, en la matière. Il est toutefois préférable de lire l’un et l’autre à la fois. Pour la Parchat Za’hor et la Parchat Tetsé, on prononcera ce mot d’abord avec un Tseïré, puis avec un Ségol. Pour la lecture de Pourim et de la Parchat Bechala’h, par contre, on lira d’abord avec un Ségol, puis avec un Tseïré(13).
Avec mes respects et ma bénédiction,
Le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav M.Amsel, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°3821. (2) Le “ souvenir ” d’Amalek. Il y a un doute sur la ponctuation de ce terme et, quand il est lu dans la Torah, on le répète deux fois, en le lisant une fois avec un Ségol, une autre avec un Tseïré. Voir, à ce sujet, les lettres n°4246 et 4597. (3) Et dans le Séfer Maamareï Admour Hazaken Ha Ketsarim, à la page 42. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Tan’houma, à la fin de la Parchat Tetsé, Rabboténou Baaleï Ha Tossafot, à la fin de la Parchat Bechala’h, le Torah Or, de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parchat Tetsavé ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il semble que celui qui a retranscrit ce texte n’a pas été précis. Il y a, en fait, deux manières de lire cette expression ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, plus bas, la dernière note ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tikouneï Zohar, Tikoun n°69, à la page 129b. Pardès de Rabbi Moché Cordovero, porte de la ponctuation ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il faut vraisemblablement dire : un amour négatif ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le lien entre Amalek et l’action égoïste est expliqué dans le discours précédent du Boné Yerouchalaïm. On verra aussi, en particulier, le Torah Or, à la page 83a ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 10, à partir du paragraphe 2 : ‘Cette qualité n’est pas accessible à tous les sages. Dans un premier temps, on apprend donc dans le but de recevoir une récompense, jusqu’à ce que l’on acquiert le discernement et une grande sagesse. C’est alors que, par étapes, on révèle ce secret’ ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Peut-être faut-il dire Cheva Tseïré, dont la relation est définie par l’introduction des Tikouneï Zohar, à la page 15b, par le Tikoun n°56, à la page 89b, par le Tikoun n°69, à la page 104b, par le Tikoun n°70, à la page 126a, par le Zohar ‘Hadach, Chir Hachirim, à la page 73d et par le Pardès, précédemment cité ”. (12) Voir également le Séfer Ha Minhaguim ‘Habad, à la page 72. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans le ‘Houmach, selon la Tradition, le Zé’her de la Parchat Bechala’h est écrit avec un Tseïré. Pour la Parchat Tetsé, on trouve les deux avis. Il semble que le Michna Beroura fasse allusion à cela, au chapitre 685, paragraphe 18. Selon la conclusion de ce denier, il est bon de lire les deux à la fois et de s’acquitter ainsi de son obligation selon les deux avis. Le Séfer Maassé Rav et ses notes rapportent des explications contradictoires, à ce sujet. Vous verrez aussi les Hagahot Porat Yossef sur le traité Baba Batra 21b. Il en résulte que le doute subsiste uniquement pour la Parchat Tetsé et la Parchat Za’hor. En revanche, le Ketsot Ha Choul’han, dans ses notes de la fin du tome 4, cite plusieurs coutumes également pour la lecture de la Parchat Bechala’h. On peut le comprendre d’après ce que dit le Boné Yerouchalaïm, au chapitre 44, bien qu’il semble que cette Rechima ne soit pas précise. Il est dit, dans ce texte que le Zé’her de la Parchat Bechala’h a un Ségol et celui de la Parchat Tetsé, un Tseïré. Il me semble donc, comme je l’ai écrit dans ce texte, que, pour la Parchat Bechala’h et pour Pourim, on dit d’abord et essentiellement un Ségol, puis, pour s’acquitter de son obligation également d’après le second avis, un Tseïré, alors que, dans la Parchat Tetsé et la Parchat Za’hor, on fait l’inverse. La lecture pour celui qui dit la Haftara s’ajoute aux sept appelés à la Torah, qui constituent la lecture essentielle. On en fait donc de même, pour le septième appelé comme pour celui qui lit la Haftara. Il faut, avant tout, retenir le dicton du l’auteur du Torat ‘Hessed, cité par le Ketsot Ha Choul’han, à la même référence, selon lequel : ‘Qu’il s’agisse d’un Ségol ou d’un Tseïré, l’essentiel est surtout de bien l’effacer !’ ”.
Lettre n°6906
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6906, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Sivan 5719,
Brooklyn,
Aux jeunes de l’association ‘Habad, groupement de Montréal,
au comité du centre de vacances Gan Israël,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce jeudi, de la Paracha : “ Parle à Aharon… Lorsque tu élèveras les lumières… ”, m’annonçant une bonne nouvelle, l’ouverture, cette semaine, du centre de vacances. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite la plus considérable, à la fois matériellement et spirituellement.
En effet, il est écrit : “ Parle à Aharon ” et chaque Juif appartient à “ une nation de prêtres et un peuple sacré ”. Il est dit : “ Lorsque tu élèveras les lumières ”, c’est-à-dire : “ la bougie de Dieu (qui) est l’âme de l’homme ”, “ jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même ”. Que tout ceci s’accomplisse donc en chacun de ceux qui se trouvent dans le centre de vacances Gan Israël. Telle est, en effet, la mission de tous ceux qui y travaillent, de tous ceux qui s’y consacrent, auxquels Dieu accordera longue vie. Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles,
Lettre n°6907
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6907, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie. Vous me dites que, depuis quelques mois, vous êtes totalement seul. Vous avez donc pensé qu’il serait bon de rejoindre une Yechiva, à l’extérieur d’Erets Israël. Si vous voulez m’écouter, supprimez totalement cette solitude de votre esprit et ne pensez pas à quitter la Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen. Bien au contraire, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour rejoindre un kibboutz religieux, par exemple. Je veux dire que vous devez simultanément gagner votre vie et vous trouver dans une ambiance religieuse. Peu à peu, vous retrouverez le calme de l’esprit et vous vous préparerez une vie agréable. En effet, le Créateur du monde accorde Sa Providence à chacun et, avec le temps, vous pourrez examiner la possibilité de bâtir un foyer juif, s’il en est comme vous l’écrivez ou bien… En effet, votre situation actuelle n’est pas très claire.
Puisse Dieu faire que vous perdiez totalement votre amertume. Si vous effectuez une recherche, vous vous apercevrez que de nombreuses personnes ont vécu des événements comparables à ceux que vous décrivez. Malgré cela, elles tiennent bon et même, peu après, elles s’installent dans la vie et viennent en aide aux autres, à ceux qui sont affaiblis. De fait, il n’est pas de plus grande satisfaction que celle-là. Dieu fasse qu’il en soit ainsi pour vous, plus tôt que ce que vous imaginez. J’ai bon espoir qu’à l’avenir, vous vous conformerez aux enseignements de notre Torah, Torah de vie, dans votre existence quotidienne. C’est là, en effet, le canal et le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu, d’une manière sans cesse accrue. Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, afin de vous assurer qu’elles sont bien conformes à la Hala’ha. De même, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6908
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6908, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Sivan. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, d’un bien visible et tangible.
Vous me dites que, pour la première fois, vous avez passé la nuit de Chavouot, temps du don de notre Torah, dans la synagogue des ‘Hassidim Loubavitch. Dieu fasse qu’il y ait là un bon début. C’est, en effet, le temps de la réception de l’ensemble de notre Torah. Il y aura donc, en la matière, un commencement, comme “ en ces jours-ci, à cette époque-là ”(2). C’est bien évident.
Vous faites référence au fait que nous ne récitions pas Akdamout(3) et je suis étonné par votre surprise. En effet, vous vous trouvez en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Or, vous semblez ne pas savoir que tous les Sefardim ne le disent pas non plus. La coutume de Loubavitch est également de ne pas le lire, bien que je n’en ai pas entendu la raison. Et, vous consulterez le traité Soukka 44b, selon lequel : “ puisque cela est sorti de sa bouche… ”, on s’efforça d’agir ainsi, même quand il en résultait un allégement de la Hala’ha(4). Vous évoquez également la coutume ‘Habad selon laquelle celui qui soulève le Séfer Torah(5) le repose ensuite sur la table de lecture, le referme lui-même, puis s’assoit sur un banc. C’est ensuite que l’on enroule l’étoffe autour de ce Séfer Torah. Vous consulterez, à ce propos, le Arou’h Ha Choul’han, qui était l’un des dirigeants des Ashkenazim, chapitre 147, au paragraphe 9. En effet, il fait l’éloge de cette manière de pratiquer et il conclut en disant que la coutume des Ashkenazim(6) est surprenante, en la matière. A la raison qu’il donne, on peut ajouter ceci :
A) Différents usages relatifs au Séfer Torah montrent qu’on le maintient ouvert uniquement quand cela est nécessaire et qu’on le referme aussitôt après cela.
B) On doit, dans toute la mesure du possible, réduire les coutumes divergentes qui peuvent exister entre les communautés juives. Or, chez le Sefardim, on soulève le Séfer Torah avant la lecture, puis on le repose sur la table et on le referme ou bien on le tourne(7).
C) Pour le refermer de la manière qui convient, vous consulterez le Chaareï Ephraïm, chapitre 310, au paragraphe 19.
Sur le fait de l’ouvrir sur trois colonnes, vous verrez le Michna Beroura, au chapitre 134.
Notes
(1) Le Rav M.Huzler, de Tel Aviv. (2) Lors de la révélation du Sinaï. (3) Un cantique qui est récité, dans certaines communautés, au premier jour de Chavouot. (4) Un disciple doit, dans tous les cas, se conformer à l’enseignement de son maître. (5) Après sa lecture. (6) Qui consiste à s’asseoir avec le Séfer Torah encore ouvert, de sorte que quelqu’un l’enroule, alors que celui qui l’a soulevé est assis. (7) On les rejoint donc en en faisant de même, après la lecture de la Torah.
Lettre n°6909
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6909, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Roch ‘Hodech Tamouz 5719,
mois de la délivrance de mon beau-père,
le Rabbi, Brooklyn,
Aux fils et filles d’Israël se trouvant dans le Gan Israël,
à leur tête, aux moniteurs et monitrices, aux dirigeants et
à tous les responsables, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Que l’ouverture du centre de vacances Gan Israël et votre arrivée en cet endroit soient en un moment bon et fructueux. Vous révélerez le succès et la bénédiction dans tous les domaines, matériels et spirituels, du Gan Israël. Et, ce Gan Israël sera conforme à son nom, il dressera de beaux arbres, portant de bons fruits. Ainsi s’accomplira en vous le verset : “ Que vienne mon Bien Aimé ”, le Saint béni soit-Il, “ dans Son jardin ”, le lieu de Son plaisir(1), Sa demeure, grâce à l’étude et à la pratique de notre Torah et de ses Mitsvot, illuminées par la clarté et la vitalité ‘hassidiques.
En cette année, qui est un Chabbat pour Dieu(2), vous révélerez en tout ce qui vous concerne, le repos et la satisfaction(3), le “ Chabbat du Chabbat ”(4), un plaisir véritable, matériellement et spirituellement à la fois. Avec ma bénédiction de réussite en tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Rabba, à cette référence, commenté par la séquence de discours ‘hassidiques intitulée : ‘Je suis venu dans Mon jardin’, de mon beau-père, le Rabbi, de 5710 ”. (2) Celle de la Chemitta. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les Rechimot sur Tehilim du Tséma’h Tsédek, à la page 92a et dans les additifs ”. (4) Selon l’expression employée par la Torah à propos de la Chemitta.
Lettre n°6910
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6910, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Mena’hem Israël(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 24 Sivan, avec ce qui y était joint. Je vous remercie beaucoup pour votre cadeau(2), des discours et des lettres de nos saints maîtres. Sans doute maintiendrez-vous par la suite cet usage positif. Comme le disent nos Sages, on confère de la valeur à ce qui est précieux, d’autant qu’il s’agit de l’enseignement de nos maîtres. C’est bien évident. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible.
J’ai bien reçu votre manuscrit, en particulier le tome 1 du Tanya, qui présente des différences par rapport à la version qui est imprimée, puis les discours de l’Admour Hazaken. Je vous remercie tout particulièrement pour cela. Vous envisagez qu’il s’agisse d’une reproduction de textes falsifiés(3). Je ne suis pas du tout d’accord avec vous. En effet, on n’y trouve aucune modification nuisible(4). Il semble simplement qu’il y ait ici quelques manques et peut-être même quelques pages ont-elles été égarées. En revanche, on peut effectivement penser qu’il s’agit de la première édition du Tanya, mais ce point ne sera pas développé ici.
Vous évoquez encore une fois la lecture du verset : “ Lorsqu’elle faisait halte, il disait ”(5). Au préalable, il me semblait que celui qui pose cette question voulait savoir la vérité et qu’il recherchait une réponse à son interrogation. Néanmoins, vous me rapportez, dans la présente lettre, la suite des questions qu’il vous a posées. Il semble, en fait, que ce ne soit pas du tout le cas et que son seul but est de soulever une objection. Vous comprendrez que j’en sois très étonné et surpris. Quand on formule une question et peut-être même une objection contre l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, accepté par tout le peuple d’Israël, y compris par ceux qui ont d’autres maîtres et se conforment à leurs enseignements, on va à l’encontre du respect qui lui est dû. En l’occurrence, avant de poser une telle question, on ne consulte même pas, on ne réfléchit pas, afin de vérifier si cette interrogation est plausible. Vous comprendrez donc que je sois également surpris lorsque vous-même m’écrivez : “ Y a-t-il un moyen de répondre à sa question ? ”. En effet, vous auriez dû lui répondre vous-même qu’il n’y a là aucune question et il n’y avait sûrement pas lieu de la transmettre sur un autre continent(6).
Je ne sais pas pourquoi vous ne lui avez pas donné cette réponse et je répondrai donc, brièvement et dans l’ordre de votre lettre, à ces questions :
A) Cet homme dit que : “ La nécessité de ‘ne pas se hâter d’ouvrir la bouche’ ne s’applique pas aux versets de la Torah ”. Il est clair que cette affirmation n’a aucun fondement, puisque ce principe a été énoncé précisément à propos des versets du Tana’h et qu’il s’y réfère donc. Bien plus, le sens simple de ce verset établit qu’il en est bien ainsi. En effet, il n’est pas dit que cela n’est pas vrai ou que cela n’est pas souhaitable, mais bien que l’on doit réduire ses propos, ne pas les multiplier. Ainsi, le défaut est bien de prononcer de nombreuses paroles, alors que celles-ci sont inutiles et rien d’autre. Puis, le second verset introduit une autre idée et il précise que la multiplication des paroles peut aussi avoir d’autres effets. C’est bien évident.
B) Il dit que : “ L’Admour Hazaken n’a jamais supprimé la lecture de versets de la Torah, sauf quand il pourrait en résulter une interruption ”. Cette affirmation n’a pas de sens. Quiconque feuillette le Sidour de l’Admour Hazaken, même de manière superficielle, verra un nombre incalculable de passages qui la contredisent. L’Admour Hazaken a supprimé de nombreux versets qui doivent être récités selon d’autres rites, même quand il n’en résulte aucune interruption. Je commencerai par le début du Sidour et je me contenterai d’une seule comparaison avec le rite séfarade, mais l’on pourrait en trouver beaucoup d’autres, avec le rite ashkénaze. Dans la Mitsva des Tefillin, n’est pas mentionné le verset : “ Tu me seras attaché pour l’éternité ”. On ne trouve pas non plus le passage Pata’h Elyahou, ni la Paracha sur le bassin d’ablution, pas plus que de nombreux autres passages, y compris à la fin de la bénédiction suivant le repas(7).
C) Il dit que : “ Rabbi Yaakov Kopel, dans son Sidour(8), ne cite pas le verset : ‘Que l’on glorifie le Nom de l’Eternel’(9) ”. L’Admour Hazaken, en revanche, le fait. Or, même s’il n’apparaissait pas dans le Sidour de Rabbi Yaakov Kopel, celui-ci figure bien dans le Sidour de Rabbi Chabtaï de Rashkov(10), qui est conforme aux enseignements du Baal Chem Tov et rédigé par ses disciples. Ce verset se trouve, en outre, dans tous les Sidourim, depuis celui de Rav Amram Gaon. Pourquoi donc la question est-elle posée précisément sur celui de l’Admour Hazaken ? Autre point, qui est essentiel et qui indique bien de quelle manière cette question a été posée, le Sidour de Rabbi Yaakov Kopel cite effectivement ce verset ! Et, vous consulterez les prières du Chabbat pour le vérifier. Il semble, en fait, que celui qui a posé la question ait consulté uniquement la prière de la semaine, dans laquelle il n’a pas vu ce verset et qu’il se soit réjoui de cette découverte, sans même remarquer que cette prière de semaine ne rapporte rien du rituel de la restitution du Séfer Torah dans l’arche sainte. Ainsi, si celui qui pose la question prend le Sidour de Rabbi Yaakov Kopel à la lettre, il en déduira que, selon lui, le Séfer Torah n’est pas du tout replacé dans l’arche sainte, pendant la semaine(11) !
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours, de vos réalisations communautaires, de même que de ce qui vous concerne personnellement,
Notes
(1) Le Rav M.I. Melov. Voir, à son sujet, la lettre n°6850. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°6872 et 6911. (3) Par des détracteurs de la ‘Hassidout. (4) Introduites dans l’intention de nuire. (5) Beaalote’ha 10, 36, que certains disent lorsque la Torah est lue. Voir, à ce sujet, la lettre n°6850. (6) Au Rabbi. (7) Que d’autres rites concluent par quelques verset s’achevant avec : “ L’Eternel conférera la puissance à Son peuple, l’Eternel bénira Son peuple par la paix ”. (8) Qui est une version de celui du Ari Zal. (9) Récité quand le Séfer Torah est reconduit dans l’arche sainte. (10) Qui est une autre version de celui du Ari Zal. (11) Ce qui est, bien entendu, absurde. Ceci apporte la preuve que celui qui a posé la question n’a examiné le Sidour de Rabbi Yaakov Kopel que d’une manière très superficielle, dans le seul but de soulever une objection.
Lettre n°6911
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6911, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Tsadok(1),
Je vous salue et vous bénis,
Par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, le Rav Mena’hem Melov, j’ai bien reçu votre cadeau, un manuscrit contenant des discours ‘hassidiques de l’Admour Hazaken(2). Je vous remercie beaucoup pour ce présent. Tout d’abord, il est dit que l’on confère de la valeur à ce qui est précieux. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit de l’enseignement de nos maîtres, dont le mérite nous protégera. Bien entendu, si vous-même ou l’un des membres de votre famille possédez un manuscrit ou une note similaire, je vous serais, d’emblée, très reconnaissant de bien vouloir la mettre à ma disposition, d’autant qu’elle profitera ainsi au plus grand nombre. Il est clair que, si vous souhaitez la reprendre par la suite, votre désir sera satisfait.
Je ne dispose pas de détails sur les membres de votre famille. Néanmoins, vos aïeuls étaient des ‘Hassidim du Tséma’h Tsédek et même des générations précédentes. Certains possèdent donc sûrement des manuscrits comparables à celui-ci. Je vous remercie de bien vouloir le vérifier. Et, je suis sûr que le ‘Hassid, Rav M.Melov, vous épargnera les difficultés de l’envoi(3).
Puisse Dieu faire que, pendant de longs jours et de bonnes années, vous vous remémoriez encore les souvenirs du passé, des jours de lumière, de ce que vous avez entendu de vos pères et des pères de vos pères, ce que chacun d’entre eux a reçu de nos maîtres, en sa génération. En effet, les propos des Justes sont immuables et ils font leur effet. J’espère que vous diffuserez effectivement la ‘Hassidout, son enseignement, ses pratiques, en tout endroit que vous pourrez contacter. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav T.Chajkin, de Tel Aviv. (2) Voir la lettre précédente. (3) En l’effectuant lui-même.
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