Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6872
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6872, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Mena’hem(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 16 Iyar, avec ce qui y était joint et je vous remercie d’avoir pris la peine de m’envoyer une copie de la lettre circulaire. De fait, il me semble que j’en possède un exemplaire, mais je n’ai pas eu le temps de la rechercher. Vous me dites qu’il y a, à Tel Aviv, le fils d’un ‘Hassid qui a étudié auprès du Tséma’h Tsédek et qui possède quelques manuscrits(2) ou bien des notes de ce qu’il a reçu de son père. Sans doute vous y intéresserez-vous et vous vous les procurerez car, bien souvent, on trouve, dans les notes prises par les présents, des ajouts substantiels(3). C’est bien évident. Je vous remercie d’avance pour les efforts que vous ferez, en la matière.
Ma lettre, faisant réponse à votre courrier précédent, vous est sûrement parvenue en son temps. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout ce qui y était mentionné. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav M.Melov, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°6850. (2) De discours ‘hassidiques. (3) Par rapport à ce qui est directement rédigé par le Rabbi.
Lettre n°6873
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6873, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi, avec ce qui y était joint. Vous m’y décrivez l’usage positif que vous avez adopté depuis trente sept ans, celui de prélever la dîme pour la Tsédaka. Or, vos revenus vont diminuer, à l’avenir et vous serez donc dans l’impossibilité de prélever un tel montant. Vous me demandez ce qu’il y a lieu de faire et s’il est nécessaire de se délier d’un vœu, en la matière.
Je me demande pourquoi il vous faut vous engager dans toute cette discussion, alors que la Mitsva la plus appropriée, le meilleur conseil, en ce domaine(1), est de maintenir votre usage positif, de demander au Créateur du monde, Qui le dirige, de vous donner la possibilité de le faire, avec largesse d’esprit, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme. Ceci peut être rapproché de la Hala’ha énoncée dans le domaine de : “ Ecarte-toi du mal ”. Nos Sages disent, en effet, que “ celui qui a passé la majeure partie de sa vie sans commettre de faute n’en fera pas par la suite ”(2). Il en est donc de même pour : “ Fais le bien ”(3). Il faut, selon la Torah, prendre en compte la situation majoritaire(4), comme l’indiquent la fin de ce même verset(5) et la conclusion de ce passage du Talmud, dans le traité Yoma, à la fin du chapitre 3.
Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, pour passer l’été en bonne santé,
S’agissant de la Hala’ha proprement dite, vous me dites que vous ne souhaitez pas une annulation de votre vœu, car vous ne regrettez pas ce qui a été fait, de par le passé(6). Je ne le comprends pas, car vous ne regrettez pas l’action elle-même, mais uniquement le vœu qui a été fait à ce propos. De fait, la formulation de l’annulation des vœux retenue par l’Admour Hazaken, dans son Sidour, indique qu’il est impossible de se passer de cette procédure. Il est clair, en effet, que cette pratique n’est pas moins qu’un usage positif qui aurait été adopté trois fois(7).
Vous me demandez si l’on doit prélever la dîme sur la vente d’une maison. Vous ne précisez pas le sens de votre question et le doute est, en l’occurrence, le suivant. Si la maison a été achetée avec de l’argent sur lequel la dîme a déjà été prélevée, il est clair qu’on le fera uniquement sur le profit de cette opération, mais non sur l’ensemble de la somme.
Notes
(1) Pour celui qui a des difficultés financières. (2) Celui qui s’est écarté du mal pendant longtemps ne cessera pas de le faire. De même, celui qui a donné de la Tsédaka pendant très longtemps ne doit pas cesser de le faire. (3) En l’occurrence le don de la Tsédaka. (4) Qui veut que l’on ne modifie pas son comportement. (5) “ Recherche la paix et demande-la ”. (6) Alors que la formule d’annulation est aussi la déclaration d’un tel regret. (7) Qui est également considéré comme un vœu, que l’on doit annuler si l’on veut s’en délier.
Lettre n°6874
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6874, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche de la Parchat Bamidbar 5719,
Brooklyn, New York,
A toutes les participantes à l’association des femmes et
jeunes filles ‘Habad, en général, à leurs représentantes et
aux participantes à la convention annuelle, en particulier,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
A l’occasion de la convention annuelle de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, et par l’intermédiaire de celle-ci, j’adresse ma bénédiction à chacune d’entre vous, en général et j’exprime mes souhaits les plus chaleureux, pour cette convention.
Je vous adresse ma bénédiction et mes souhaits de réussite pour l’action des femmes et des jeunes filles ‘Habad, en toutes leurs activités et dans tous leurs domaines. Ces activités seront réalisées en bonne santé et avec un bon moral, avec enthousiasme ‘hassidique et plaisir.
Et, qu’il en soit ainsi, en particulier, pour le contenu de la convention, laquelle doit fixer et influencer le programme de travail que vous adopterez jusqu’à la convention suivante, après avoir établi le bilan final de tout ce qui a été accompli pendant l’année passée.
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Nous commençons la lecture du livre de Bamidbar, pendant l’office qui a lieu à la synagogue(1) et dans votre étude de la semaine. Vous vivez donc profondément avec lui, dans votre foyer et en tout endroit.
Dès le début de ce livre, est énoncée l’Injonction de recenser les enfants d’Israël. Les Sidrot suivantes rapportent également de quelle manière on les décompta, à différentes reprises, par la suite. Et, la Torah réserve une place particulière à ces dénombrements, au point d’appeler(2) tout le livre de Bamidbar “ Houmach des comptes ”.
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Que peut-on en déduire pour la mission qui nous incombe, c’est-à-dire pour la diffusion des valeurs juives, pénétrées de la clarté et de la chaleur ‘hassidiques ? L’une des explications essentielles que l’on peut donner, à ce propos, est la suivante: Lorsque l’on établit un tel recensement, une personne, aussi importante qu’elle puisse être, ne compte pas pour plus qu’un. A l’autre extrême, la plus humble et la plus petite n’est pas moins qu’un.
Ce qui fait obstacle à celui qui souhaite se consacrer aux besoins de son prochain, avec dévotion et enthousiasme, est, bien souvent, la question suivante: “ En quoi suis-je concerné ? Et, si mon prochain connaît la chute, que puis-je faire pour lui? ”. On méditera donc à ce qui vient d’être dit et l’on se dira que l’on n’est soi-même, pas plus qu’une personne, que l’on ne peut acquérir la force et le pouvoir du nombre qu’en se liant aux autres.
Et, l’on se dira que l’autre est une personne, au même titre qu’on l’est soi-même. Il est donc tout à fait envisageable qu’il puisse atteindre, en tous points, le niveau que l’on possède soi-même, si on lui apporte l’aide nécessaire pour y parvenir. On prendra alors conscience que l’obstacle précédemment défini n’était qu’apparent, que l’on peut ainsi prétendre à de grandes réalisations, pour soi-même et pour son prochain. Alors, on se mettra à l’œuvre, avec une ardeur et une énergie accrues.
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Que Dieu bénisse vos accomplissements, afin que vous connaissiez la réussite dans tous les domaines. Qu’Il accorde Sa bénédiction et le succès à chacune d’entre vous, de même qu’aux membres de votre famille, en tout ce qui vous concerne.
Très prochainement, nous aurons le mérite, avec tout le peuple juif, d’assister à la réalisation de la prophétie(3) selon laquelle: “ En ce lieu (Erets Israël) qui est actuellement détruit, les agneaux (les Juifs) passeront encore devant celui (le Machia’h) qui les comptera, Parole de l’Eternel ”. Avec ma bénédiction de réussite et pour que vous donniez de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Maguen Avraham, chapitre 282, au paragraphe 6. Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 282, au paragraphe 5 ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Sotta 7, 7 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yermyahou 33, 13. Midrash Bamidbar Rabba, chapitre 2, au paragraphe 11. Targoum, à cette référence. Voir aussi le Midrash Tan’houma, à la Parchat Ki Tissa. Et, le Targoum ne fait pas de différence entre les expressions : ‘monde à venir’ et ‘monde futur’ ”.
Lettre n°6875
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6875, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres du 9 Iyar et celles qui les ont suivies. S’agissant de l’école, j’ai déjà répondu officiellement, dans une lettre adressée à sa direction, au courrier dont vous étiez vous-même l’un des signataires. J’ajoute qu’à ma grande douleur, il en est de même également pour les autres actions(1). Vous me dites que tout dépend de la relation et du comportement d’une certaine personne(2). Vous comprendrez que j’en sois surpris car, quand une personne s’oppose à la majorité, c’est l’avis de la majorité qui doit être retenu. Et, il ne s’agit pas d’une décision irrationnelle de la Torah, mais bien d’une attitude logique, conforme à la réalité. Néanmoins, il est clair que la majorité doit faire savoir qu’elle existe, en tel domaine et en telle action. Pour cela, il est nécessaire d’agir et de diffuser ce qui a été accompli. En revanche, lorsque ces deux points manquent(3), au moins partiellement, manque également la possibilité de suivre la majorité. Quand cela s’avère nécessaire, tous se réunissent et, de fait, vous avez tous signé la lettre concernant l’école. Il est donc clair que vous devez vous réunir et statuer sur la situation générale, laquelle est bien la conséquence de ce que vous écrivez, mais non vous contenter de dire : “ Il n’est pas possible d’améliorer les choses à l’avenir ”.
Enfin, je dois, bien évidemment, réagir vigoureusement à la fin de votre lettre, selon laquelle je ferais un lien entre les moyens minimaux de gagner sa vie et l’action, dans le domaine de ‘Habad(4). Tout d’abord, point essentiel, la satisfaction des besoins de chacun est assurée par Dieu Lui-même, Créateur du monde, Qui le dirige(5). En outre, je souhaite effectivement, pour ma part, que chacun connaisse l’opulence matérielle, concrètement, ici-bas et j’espère que nul ne me suspectera d’éprouver un autre sentiment que celui-là. Ceci ne doit donc être lié à aucun autre élément. Et, je vous ai écrit, sur ces deux points uniquement pour vous donner mon avis sur la situation telle que je la vois, mais non pour établir un lien ou pour imposer des conditions, ce qu’à Dieu ne plaise, non seulement sur la manière de gagner sa vie, mais aussi pour connaître l’opulence, comme je le disais.
Nous sommes dans la période de l’Omer et nous comptons les jours, non pas en nombre ordinal, premier, second, mais en nombre cardinal, deux jours, ce qui veut dire que l’éclairage du jour précédent se juxtapose à celui du jour présent et à son accomplissement. Puisse donc Dieu faire que se juxtaposent aussi tous les accomplissements positifs des ‘Hassidim de votre ville. Quand on additionnera la bonne volonté et les réalisations judicieuses de tous, il est certain que l’on supprimera les voiles et les obstacles. Alors, vous diffuserez les sources de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses usages, dans votre ville et autour de celle-ci, en des cercles de plus en plus larges, avec joie et enthousiasme, largesse d’esprit et opulence matérielle. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Menées par les ‘Hassidim ‘Habad, en dehors de cette école. (2) Faisant un blocage. (3) Quand on n’agit pas qu’on ne diffuse pas. (4) Il convient de travailler dans les institutions ‘Habad, quitte à avoir un salaire extrêmement réduit. (5) Et Qui en fixe donc le montant indépendamment du fait de travailler pour telle institution ou pour telle autre.
Lettre n°6876
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6876, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Iyar 5719,
Brooklyn,
A monsieur Its’hak Damyel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, à laquelle était jointe une question posée par un groupe de jeunes. Vous voudrez bien leur demander de m’excuser pour le retard avec lequel ma réponse leur est donnée, du fait de mes nombreuses activités, en particulier pendant les jours et les semaines qui ont précédé et qui ont suivi la fête de Pessa’h. S’agissant de la question proprement dite, il est impossible d’y répondre d’une manière exhaustive dans le cadre épistolaire. Je me vois donc contraint de limiter ma réponse à quelques points essentiels, mais j’espère que vous pourrez leur ajouter vos propres explications, qui seront basées sur ce que dit notre Torah, en particulier dans les livres de la ‘Hassidout. En outre, cela va sans dire, si vous trouvez quelques passages ou quelques idées, dans ma lettre, qui ne sont pas totalement clairs, je suis toujours prêt à recevoir d’autres questions, ou même des objections, des contradictions. Je m’efforcerai d’y répondre, dans toute la mesure de mes connaissances.
J’en viens à la question posée(2) : “ Y a-t-il un moyen pour que nous, sceptiques, puissions admettre l’existence de Dieu d’une manière claire, sans l’ombre d’un doute, sans qu’il soit possible de la contester ? ”.
Certaines questions semblent être simples, porter sur des sujets évidents, être formulées dans des termes ordinaires et courants. De telles questions exigent, précisément, une grande prudence. Car, chaque expression que l’on emploie doit être précise. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit d’une question sur laquelle on se penche depuis des centaines, des milliers d’années, dans les milieux les plus différents et les plus larges. En pareil cas, il est inconcevable que tous lui donnent un contenu similaire, jusque dans le moindre détail. En conséquence, il est légitime, quand on introduit une telle interrogation, d’être précis et de définir tous les mots que l’on utilise. Il en est bien ainsi, pour votre question. Vous me demandez une preuve de l’existence de Dieu. Or, l’existence, de même que la preuve de ce qui existe sont des concepts vagues, parce que trop largement utilisés, par le petit enfant comme par le chercheur, qui se doit d’être particulièrement précis, en chacune de ses démarches. En l’occurrence, vous n’expliquez pas clairement ce que vous voulez dire.
Je préciserai mon propos. Certains considèrent que, pour un petit enfant, l’existence et ce qui la prouve sont uniquement ce qu’il peut toucher de ses mains. Pour un aveugle, par exemple, les couleurs n’existent pas et il doit s’en remettre, en la matière, à ce que les autres lui disent. A un stade plus bas, “ tous ” s’accordent pour reconnaître, sans ambiguïté, que chaque action doit nécessairement avoir une origine. En conséquence, quand on observe une action, on a bien la preuve qu’il existe une force l’ayant provoquée, même si celle-ci n’est pas une preuve “ directe ” et qu’en conséquence, elle laisse la place au doute. Un exemple probant de cela est l’énergie électrique. Un homme possède des sens. Sa vision lui certifie l’existence de couleurs et son audition, celle du son. Il considère qu’il y a bien là des preuves tranchées et directes. Pour autant, aucun sens ne lui permet de “ voir ” l’énergie électrique. Il observe, en revanche, son action, le fil qui devient incandescent, la vibration d’un compteur électrique. Et, il en déduit l’existence de cette force que l’on appelle électricité, que l’on ne verra jamais et qui est pourtant bien à l’origine des actions précédemment décrites. Malgré cela, il y a bien là une preuve probante. Il en est de même également pour la force magnétique, mais j’ai choisi l’exemple de l’électricité, parce que celle-ci est très répandue et acceptée par tous, sans l’ombre d’un doute.
Plus encore, à un stade de niveau inférieur. La règle selon laquelle toute action a une cause est désormais incontestée. Et, on l’accepte même quand elle heurte la logique. C’est le cas de la pesanteur, dont on vérifie l’existence par le mouvement des objets matériels. Or, ce mouvement n’a pas d’explication logique. On accepte donc la pesanteur comme un fait établi, bien que cette force agisse à distance, sans aucun intermédiaire. Pourtant, la logique n’admet rien de tout cela, mais l’on est habitué à cette notion, depuis son enfance. Elle est, sans cesse, répétée dans les livres, au point d’être devenue une évidence, au-delà des doutes et des remises en cause. Quant à la tentative qui a été faite d’expliquer la pesanteur par l’existence d’une matière raffinée, qui serait appelée éther, celle-ci devrait avoir tant de caractères opposés et contradictoires que son existence est encore moins évidente que l’éventualité d’une action menée à distance, sans aucun intermédiaire, dans la mesure où l’on peut concevoir une situation encore plus absurde que celle-ci.
Je ne sais pas à quelle discipline scientifique se consacrent les jeunes qui ont posé cette question. S’agit-il de ce qu’il est convenu d’appeler les sciences exactes ? De fait, précisément dans ce domaine, a été dernièrement mis en évidence un concept qui est totalement incompréhensible, selon le bon sens immédiat. Malgré cela, il est accepté, comme un fait indubitable, par tous ceux qui s’intéressent à ces sciences exactes et, pratiquement, par le grand public également. Il est pourtant totalement irrationnel. C’est le suivant. La matière ne serait qu’une forme particulière d’énergie. En conséquence, il est possible de transformer la matière en énergie et l’énergie en matière, ce qui est parfaitement inconcevable. En fait, on observe des actions que l’on est absolument incapable d’expliquer et l’on constate qu’en acceptant ce principe, on aurait un moyen de les interpréter. On considère alors que cela est une preuve scientifique, acceptée pratiquement en tout endroit comme une preuve claire, sans l’ombre d’un doute, sans même qu’il soit possible de la contester, pour reprendre la formulation de la question. Pourtant, d’un point de vue intellectuel, une telle idée est totalement absurde.
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Dans la formulation de leur question, ces jeunes ne précisent donc pas ce qu’ils accepteront comme preuve de l’existence de Dieu, sans l’ombre d’un doute, sans qu’il soit possible de le contester. Je présume donc qu’ils admettront une preuve comparable à celles qu’ils estiment suffisantes, dans leur existence quotidienne. Si l’on admet cette idée, il est clair que l’on peut démontrer l’existence de Dieu, bien plus, que l’on peut en citer plusieurs preuves. Comme on l’a dit, le fait que cette preuve ne puisse être saisie logiquement ou même qu’elle heurte la logique ne pose pas de problème. Nous avons vu, en effet, que tout homme qui réfléchit et médite à ce qui se passe autour de lui ne peut “ expliquer ” certains événements que par ce que l’intellect ne saisit en aucune façon. Le moyen de prouver ou bien la preuve elle-même seront donc comparables à ce qui est pris pour référence dans toutes les sciences exactes ou même aux preuves liées à l’existence quotidienne de chacun d’entre nous.
Quiconque observe sa propre manière d’agir, quand il se trouve chez lui ou bien quand il avance sur le chemin, quand il se couche ou bien quand il se lève, n’aura pas honte de reconnaître qu’il n’exige pas de lui-même un examen du fondement de chaque acte qu’il accomplit ou de chaque comportement qu’il adopte. Il accepte le témoignage d’autres personnes ayant déjà effectué un tel examen et il recherchera d’autres témoins uniquement s’il suspecte que ce témoignage ait été falsifié ou que le témoin était mû par certaines motivations, internes ou externes, ou encore qu’il n’était pas sain d’esprit et qu’il a donc eu une observation déformée. Plus est important le nombre des témoins, issus de situation diverses et de différents milieux, afin de réduire le risque d’erreur ou de connivence, plus la preuve sera considérée comme scientifique et absolue. Et, sur la base de cet unique principe, on se conforme à des situations, à des actions, de façon systématique, avec la certitude absolue que cela est vrai et exact. C’est bien le cas, en l’occurrence.
Le don de la Torah, sur le mont Sinaï, fut confirmé, d’une génération à l’autre, en tant qu’événement qui se déroula en présence de six cent mille hommes adultes et il y avait également des enfants. Si l’on compte, en outre, les femmes et les hommes âgés de plus de soixante ans, il y avait là plusieurs millions de personnes, ayant quitté l’Egypte, qui avaient personnellement été les témoins de ce qui s’était passé. Il n’y a donc nullement là une révélation réduite à un prophète, à un homme ayant des visions ou même à un petit groupe de personnes. Puis, ce témoignage s’est transmis, de père en fils, d’une génération à l’autre. Et, tous reconnaissent que la chaîne de cette transmission n’a pas été interrompue, depuis lors et jusqu’à notre époque. Le nombre des témoins n’a jamais été inférieur à six cent mille, parmi lesquels il y avait des personnalités très différentes. Même après que ces hommes aient été disséminés aux quatre coins du monde, les différentes versions qui nous sont parvenus de cet événement historique restent concordantes en tout point. Y a-t-il une preuve plus fidèle et plus précise que celle-là ?
Une seconde démonstration peut être basée sur le même principe selon lequel l’observation d’actions et d’événements est significative, même quand on peut craindre qu’un tort en résulte. C’est la suivante. Quand on considère un ensemble dont les parties sont en ordre parfait, se correspondent et se coordonnent avec précision, bien que chacune soit indépendante, on en déduit, avec une certitude absolue, qu’il existe une force extérieure à cet ensemble, en réunissant et en rassemblant toutes les parties. En constatant que cette force est capable de le faire, on doit en déduire qu’elle est plus grande et plus puissante que cet ensemble, puisqu’elle le dirige. On peut citer, à ce propos, l’exemple suivant. Si l’on pénètre dans une usine totalement automatisée, dans laquelle on ne voit aucun homme, nul ne parviendra à la conclusion certaine qu’il n’y a pas, quelque part, un technicien maîtrisant, dans son esprit, toutes ces machines, avec leurs différentes composantes. Cet homme les connaît et il est à l’origine de la coordination des machines entre elles, de même que de ces machines avec le centre de l’action. Bien plus, plus la présence d’hommes dans l’usine est réduite et plus l’automatisation est grande, plus la qualité du technicien s’en trouve clairement établie.
Or, s’il en est ainsi pour une usine, qui compte des centaines, des milliers ou même des dizaines de milliers de composantes, combien plus est-ce également le cas quand on observe notre monde, un billot de bois, une pierre, un végétal, un animal. Et, il va sans dire qu’il en est ainsi pour la constitution du corps humain car, selon les termes du verset : “ J’observe, de ma chair ”. Bien plus la science contemporaine explique que toute chose est constituée par des milliards d’atomes et chaque atome est constitué d’un grand nombre d’infimes particules. Celles-ci auraient donc dû se mélanger, se trouver dans un immense désordre. Or, on peut constater qu’elles sont ordonnées de façon parfaite, qu’elle se coordonnent merveilleusement, les petites, les grandes et les immenses. De même, les parties du petit monde, du microcosme, correspondent à celles du grand monde, le macrocosme. Il est donc bien clair, au-delà du moindre doute, qu’il existe un “ Technicien ” responsable de tout cela.
Bien entendu, je n’ignore pas l’explication habituellement donnée selon laquelle tout cela est régi par “ les lois de la nature ”, mais il est, je pense, inutile de rappeler que cette expression n’apporte pas la moindre explication. Elle n’est qu’une description commode de la situation constatée, du fait que les phénomènes naturels répondent à certaines lois. En revanche, il serait totalement absurde de prétendre que ces lois naturelles ont une existence indépendante, qu’elles dirigent la création et qu’il en est plusieurs milliers, en fonction des différentes situations. Aucun scientifique, se consacrant à tout cela, ne prétend pareille chose. Cette expression est donc bien, comme je le disais, une formule commode et concise pour décrire la situation, afin qu’il ne soit pas nécessaire de répéter, à chaque pas, une longue description des phénomènes considérés comme les plus évidents. Mais, il est bien clair que cela n’explique absolument rien.
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Sur le fait même, je suppose, comme je l’ai dit, qu’ils demandent une preuve qui pourrait être l’une de celles qu’ils appliqueraient à leur comportement, de manière concrète. Or, la preuve que je viens de mentionner est bien plus forte que toutes celles qui sont à la base de l’existence quotidienne. En effet, est-il un fait plus simple que le suivant ? Quand on va dormir, la nuit, on prépare tout ce qui sera nécessaire pour le lever du lendemain matin. Or, rien n’atteste, d’un point de vue logique, que le soleil se lèvera encore une fois le lendemain et que les événements naturels se reproduiront à l’identique, comme ce fut le cas hier et avant-hier. En fait, le monde se comporte de la même façon depuis de nombreux jours, depuis de nombreuses années et l’on en déduit donc que les mêmes “ lois ” s’appliqueront encore demain et après-demain et c’est ainsi que, sur la base de cette “ certitude ”, on fait des efforts, on prend des initiatives, afin de tout préparer pour le comportement que l’on adoptera demain matin, bien que cette attitude ne soit nullement “ logique ”, sauf si l’on admet que ce monde à un Maître.
Comme je l’ai dit, cette analyse pourrait être largement développée et l’on pourrait encore en élaborer certains aspects, mais j’espère que ce qui a été dit suffit, apporte suffisamment matière à réflexion et permet une conclusion. Ceux qui prétendent que l’on doit encore trouver une preuve que Dieu existe, mais qu’en revanche, l’existence de la création est une évidence ne faisant pas l’ombre d’un doute, commettent une erreur. C’est, en fait, l’inverse qui est vrai. D’après les toutes dernières conclusions de la science sur l’existence du monde et la manière de la “ décrire ”, on peut effectivement avoir les plus grands doutes. Bien plus, dernièrement, les conclusions de la science se contredisent de plus en plus, dans différents domaines. Et, il y a, en outre, le doute scientifique le plus grand, le plus essentiel, le plus fondamental : “ Comment puis-je être certain que ce que je perçois par mes yeux, par mes oreilles, par mon cerveau a un rapport avec la réalité extérieure à mes sens et à mon intellect ? ”. Il n’en est pas de même pour le Créateur ou, en d’autres termes, pour la Force Qui est à l’origine de la création et la met en ordre. Peu importe donc s’il y a une autre existence ou même une apparence d’existence. En effet, l’idée première d’un homme censé, sur laquelle il se maintient, pendant toute sa vie, est qu’une existence, dans son monde, dont il a connaissance, a nécessairement une cause qui lui permet d’être, de l’intérieur et l’extérieur.
Je dois ajouter un autre point, qui est le suivant. En fonction de la nature humaine, il n’est pas rare que l’on accepte difficilement une preuve “ évidente ”, précisément du fait de son évidence. Mais, j’espère que ce ne sera pas le cas pour ceux qui ont posé cette question, car une telle hésitation ne serait pas logique et elle ne modifierait pas le comportement, d’une manière concrète, comme on peut le vérifier dans la pratique. L’une des bases de notre foi en le Créateur du monde, Qui le dirige, en la révélation du mont Sinaï, en la réception de la Torah et de Ses Mitsvot, est bien la suprématie de l’action concrète. Je serai satisfait de recevoir des réactions de tout cela et, comme le dit la lettre jointe à celle-ci, j’espère que vous vous sentirez pleinement libres d’exprimer votre avis, chaque fois que vous ne serez pas d’accord avec ce qui est exposé ici. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6539. (2) Voir, sur le même sujet, les lettres n°6898, 6959 et 6969.
Lettre n°6877
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6877, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[25 Iyar 5719]
Je fais réponse à votre lettre du 27 Tichri, dans laquelle vous me dites avoir entendu de quelqu’un comme un fait certain, comme une décision tranchée de la science, comme vous l’écrivez vous-même dans votre lettre, que la terre tourne autour du soleil, ce qui contredit la conception opposée, qui semble devoir être écartée par un grand nombre de preuves. Vous me demandez une clarification, en la matière.
Il semble que vous désiriez, avant tout, savoir quel est, en la matière, l’avis des scientifiques. En fait, au cours de ces dernières décennies, tous les scientifiques se consacrant à cette discipline, ont affirmé qu’aucune position définitive ne pouvait être prise sur cette question. On ne peut savoir si c’est le soleil ou la terre qui reste à sa place, l’autre astre tournant autour de lui. Bien plus, il a été dit, sur la base de plusieurs principes scientifiques, que l’on ne pourra jamais trouver des preuves et trancher. D’après la science, chacun peut donc avoir la conception qu’il veut, dire que la terre est immobile et que le soleil tourne autour d’elle ou bien l’inverse. Ceux qui développent la science, à notre époque et connaissent la théorie de la relativité savent tout cela.
Comme je l’ai dit, c’est là la décision scientifique la plus récente et la plus certaine de tous les savants de notre génération. En fonction de cela, il est clair que tous les versets traitant du mouvement du soleil autour de la terre doivent effectivement être interprétés au sens littéral. Ils ne soulèvent donc aucune difficulté.
Lettre n°6878
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6878, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Iyar 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jour lumineux de Lag Baomer, Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï. J’ai, bien entendu, été peiné d’apprendre que vous avez interrompu votre étude du Tanya avec vos enfants. Connaissant leur tournure d’esprit, j’ai bon espoir que vous trouverez le moyen qui convient pour rétablir cette étude. Vous devrez, en outre, compléter ce qui a manqué, pendant le temps de cette interruption et puisse donc Dieu faire que le renouvellement soit conforme à l’enseignement de l’Admour Hazaken, figurant dans le saint Tanya, au neuvième chapitre d’Iguéret Ha Techouva, selon lequel : “ Si l’on avait l’habitude d’étudier une page(1), on en lira deux(2) ”. Bien entendu, il en sera de même pour les conséquences de cette étude, pour ce qui en résulte dans l’action. Vous me dites aussi que vous hésitez à poursuivre votre travail, de peur qu’il soit difficile de s’en accommoder. Je suis très surpris par votre hésitation et par votre doute, en la matière, alors qu’il s’agit d’une Injonction, réitérée par différents textes de notre Torah, Torah de vie. Et, l’on trouve également une belle allusion, à ce propos, dans le Tanya, qui se conclut par la sainte épître intitulée : “ Tu feras des reproches, même cent fois ”. Celle-ci montre toute la dimension profonde de ce reproche et c’est précisément dans ce texte que l’Admour Hazaken s’exclame, à ce sujet : “ Cela est terrible ! terrible ! ”. Or, l’ordre dans lequel la Torah est énoncée en est bien partie intégrante.
Vous me dites qu’il n’y a pas de séparation entre les hommes et les femmes(3). J’ai bon espoir qu’avec l’effort qui convient, d’une manière agréable et avec des paroles émanant du cœur, vous serez en mesure de réparer tout cela. Y parvenir est particulièrement important, afin d’établir un précédent positif et judicieux, par rapport à différents villages. Bien plus, à ceux qui, jusqu’à maintenant, n’ont pas accepté l’explication selon laquelle l’absence de séparation va à l’encontre du Choul’han Arou’h, il faut s’adresser en faisant usage du bon sens évident, accessible également à l’âme animale. En effet, quand ils prient, ils s’adressent au Très Haut, quelle que soit la représentation qu’ils ont de Lui en leur intellect et en leur cœur. Or, ils admettront que la prière est le service de Dieu du cœur, qu’elle requiert de la ferveur. La conséquence immédiate d’une telle réflexion, même pour quelques temps, est la nécessité d’écarter tout ce qui est de nature à troubler cette ferveur, à empêcher de s’attacher à Celui Que l’on prie. Concrètement, en l’absence d’une séparation, même si l’on prie dans deux parties de la pièce(4), les hommes et les femmes sont tentés d’observer de l’autre côté. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de dénigrer qui que ce soit. Et, c’est pour la même raison que l’on n’a pas le droit d’embrasser ses enfants, à la synagogue, même si la Torah reconnaît la relation qui existe entre les parents les enfants et, plus encore, le verset dit : “ comme un père a pitié de ses enfants ”. Telle est pourtant la Hala’ha, tranchée par le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 98. Et, la raison en est bien celle qui a été énoncée au préalable.
Avec ma bénédiction de réussite dans la diffusion du Judaïsme, en général, pour avoir de la vitalité dans la Torah et les Mitsvot, en particulier et pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Avant la faute. (2) Après la Techouva. (3) A la synagogue fréquentée par le destinataire de cette lettre. Voir, à ce sujet, la lettre n°6247. (4) Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre.
Lettre n°6879
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6879, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Iyar 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assume une
mission sacrée, aux multiples accomplissements,
le Rav Yossef A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, il y a quelques temps, que votre père, auquel Dieu accordera longue vie, se distingue par son excellent style en italien. Peut-être est-il envisageable qu’il consacre une partie de son temps à rédiger des articles, faciles à comprendre et à lire, qui porteront sur la pratique effective des Mitsvot et le mode de vie traditionnel, dans la vie quotidienne. Ceux-ci s’adresseront à la jeunesse parlant l’italien et seront proches de son état d’esprit.
Je souligne leur nécessaire simplicité car les deux livres de votre père que je possède ici, y compris d’après la connaissance insuffisante que j’ai de cette langue, dont il est clair que je ne suis nullement un expert, sont d’un niveau beaucoup plus élevé, aussi bien par la connaissance de la langue que par les connaissances qu’ils requièrent(2).
Notes
(1) Le Rav Y.A. Pitsipitsi, de Gibraltar. Voir, à son sujet, la lettre n°6655. (2) Afin d’en comprendre le contenu.
Lettre n°6880
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6880, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Iyar 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, avec ce qui y était joint(1), pour lequel je vous adresse un reçu. Vous me dites qu’un élève de la Yechiva vous a emprunté de l’argent et ne vous l’a toujours pas restitué, bien que la date fixée(2) soit dépassée. Vous me demandez si vous devez lui offrir cet argent afin qu’il ne soit pas en faute ou bien s’il peut encore vous rembourser. Vous pouvez faire ce que vous dites en fixant une condition. Mais, conformément aux récits de nos Sages, cette condition doit répondre à différents critères.
Vous faites également allusion à votre confiance en Dieu. Vous consulterez, à ce sujet, le ‘Hovat Ha Levavot, porte de la confiance en Dieu. S’agissant de Chavouot, qui approche, je joins à la présente un recueil d’enseignements s’appliquant à ces jours. Vous ne me dites pas de quelle manière vous vous êtes installé. Cela veut sans doute dire que tout va bien. Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et de manière profonde,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Une participation à la Tsédaka. (2) Pour le remboursement.
Lettre n°6881
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6881, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Sivan 5719,
Brooklyn,
A l’attention de monsieur Eliézer Livna(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 21 Iyar et j’y ai lu, avec intérêt, les quelques détails que vous me communiquez à propos de la nouvelle organisation. Vous me dites que certains envisagent la séparation de la religion et de l’état. Et, vous constatez que les membres respectueux des Mitsvot ont, en la matière, une position beaucoup plus extrême que les autres. En soulignant ce fait, vous faites la preuve que votre surprise est à la mesure de la mienne. De fait, une telle réaction est bien compréhensible, car la religion d’Israël réconcilie les deux extrêmes(2), dont l’opposition n’est, du reste, qu’apparente. D’une part, elle inclut en elle les principes les plus simples, comme l’unité du Créateur et celle de la création, réalisée à partir du néant. D’autre part, elle régit aussi le comportement quotidien de l’homme, jusque dans le moindre détail, même le plus banal. Le contenu des dix Commandements en apporte la preuve. La signification profonde du premier Commandement, “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, est la négation de toute autre existence que celle de Dieu, alors que le dernier, “ Tu ne tueras pas ”, fait référence aux instincts les plus bas de l’homme. Ceci permet d’établir que, dans la vie des enfants d’Israël, aucune dichotomie ne saurait exister entre la religion et la vie matérielle. Bien au contraire, l’unité et la paix doivent régner dans le macrocosme, au même titre que dans le microcosme qu’est l’homme. Pour cela, ces deux éléments doivent être conjugués. En d’autres termes, il faut introduire la spiritualité au sein de la matière et, de la sorte, parvenir à la raffiner.
Ce qui vient d’être dit justifie le dicton, de portée globale, de nos Sages, selon lequel : “ Ce n’est pas la théorie, mais bien la pratique qui est essentielle ”. En effet, ces Sages avaient connaissance des secrets de la Torah et de ses concepts les plus abstraits, mais, simultanément, ils prônaient la pratique la plus scrupuleuse d’actes matériels, en apparence secondaire, y compris quand ils concernent la nourriture, la boisson et tous les domaines mineurs. Et, c’est bien là le critère à retenir, pour chaque personne et en toute activité. Il en est de même également pour la séparation de la religion et de l’état. La première étape, la plus essentielle, consiste à évaluer ce qui en résultera concrètement. Or, il est aisé d’imaginer ce que sera, demain, la conséquence que l’on peut attendre d’une telle séparation, puisqu’elle aurait pour effet de supprimer les subventions versées à toutes les institutions religieuses de notre Terre Sainte. Peut-on imaginer qu’après une telle séparation, on puisse ouvrir un plus grand nombre d’écoles basées sur les valeurs sacrées et de Yechivot, multiplier les Rabbanim et les Cho’hatim, obtenir la satisfaction des besoins religieux à un moindre coût ? Tout cela est tellement évident qu’il est sûrement inutile d’expliquer plus longuement pourquoi quiconque est religieux et anticipe l’événement a le devoir de s’opposer, de la manière la plus ferme, à l’idée de séparer la religion et l’état. Et, pour cela, il est inutile d’imaginer ce qui se passera dans plusieurs années, une telle prévision ne pouvant être qu’incertaine(3). Il suffit de se demander ce qui se passera demain ou après-demain.
A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, et conformément à la formulation adoptée par les membres de la Grande Assemblée, à l’époque d’Ezra le scribe, qui la définissent comme “ le temps du don de notre Torah ”, je me permets de vous souhaiter, à vous-même et à tous ceux qui reçoivent votre influence, que ce soit effectivement le temps à la fois du don et de la réception de la Torah. Selon la formule consacrée, vous recevrez la Torah joyeusement et d’une manière profonde. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6765. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6885. (3) Parce qu’à trop long terme.
Lettre n°6882
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6882, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, le Rav Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre livre, les responsa Zekan Aharon, tome 1, à la suite de notre discussion, lorsque nous nous sommes rencontrés et je vous en remercie. Je vous sais gré de ce cadeau et puisse Dieu faire que, pendant de nombreuses années encore, vous vous consacriez à la diffusion de la Torah, en particulier de la Hala’ha, concrètement applicable à l’existence quotidienne. Si, en tout lieu et de tout temps, grande a été l’étude qui conduit à l’action, combien plus celle-ci est-elle nécessaire à notre époque et dans ce pays, où se trouve la majorité numérique et structurelle de nos frères, les enfants d’Israël. Simultanément, se sont multipliés ceux qui abusent les personnes affaiblies, en leur expliquant que : “ Dieu demande le cœur ”(2), que tout le reste est secondaire, ce qui a pour effet de supprimer la barrière entre les orthodoxes et les conservateurs. Cette confusion est si grande que certains appellent de leurs vœux une telle suppression au nom de la crainte de Dieu. Il est difficile d’en dire plus, tant cela est pénible et douloureux.
Nous sommes dans les jours desquels il est dit : “ Israël campa là-bas, face à la montagne ”(3). Tous les enfants d’Israël s’unirent alors, ce qui justifie l’emploi du singulier, dans ce verset, face à cette montagne et à tout ce qui la caractérisait. Et, vous consulterez le Midrash Chemot Rabba, chapitre 2, au paragraphe 4 et chapitre 51, au paragraphe 8, qui commente tous les noms de cette montagne, en relation avec la Torah et les Mitsvot. Puisse donc Dieu faire que cette situation soit prochainement rectifiée. Avec mes respects et ma bénédiction, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, pour que vous receviez la Torah joyeusement et d’une manière profonde,
Notes
(1) Le Rav C.Wolkin, de Brooklyn. (2) Que l’on peut donc se passer de la pratique concrète. (3) Du Sinaï, juste avant le don de la Torah.
Lettre n°6883
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6883, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 27 Iyar, que je viens de recevoir. Son contenu est le suivant :
A) Devez-vous intégrer, dans votre don spécifique(1), ce que vous avez l’habitude de donner, chaque année, à l’occasion de l’appel annuel ? Il s’agit bien, en l’occurrence, d’une contribution spécifique, comme nous l’avons dit. Il est donc bien clair qu’il n’y a pas lieu d’y inclure vos contributions habituelles. Il est tout aussi certain qu’un don spécifique ne doit pas diminuer vos prélèvements réguliers pour la Tsédaka. C’est une évidence.
B) Pouvez-vous conserver ce montant jusqu’au début de la construction, puisque tel est son but ? Vous transmettrez ce montant en sorte qu’il parvienne à la Yechiva Tom’heï Temimim de Montréal quand vous le désirerez. Toutefois, de façon générale, il n’y a pas lieu de retarder le don à la Tsédaka, pour une raison quelconque. Vous devez, bien au contraire, lui faire quitter votre domaine au plus vite, avec empressement. Selon les termes de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 21 : “ tout d’abord, chacun connaît la valeur de l’empressement, en toutes les Mitsvot et celui de notre père Avraham(2) est immuable. Il agit avec une ardeur merveilleuse, afin de faire la preuve de sa joie, de son désir de mettre en pratique la Volonté du Créateur et de Lui procurer du plaisir. Mais, en outre, ceci concerne, en particulier, la Tsédaka ”.
C) Vous souhaitez transmettre ce montant par mon intermédiaire et vous me demandez si je l’accepte. Bien entendu, je suis d’accord pour qu’il soit déposé chez moi jusqu’au moment de son versement à la caisse de la Yechiva Tom’heï Temimim de Montréal.
Nous sommes à la veille de la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Puisse donc Dieu faire, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, que vous receviez la Torah, avec les membres de votre famille, joyeusement et d’une manière profonde. Puis, vous prolongerez tout cela, pendant tout le reste de l’année, en tout ce qui vous concerne. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Pour la construction d’un bâtiment destiné à la Yechiva Loubavitch de Montréal, en plus du don qui est donné, chaque année, pour son fonctionnement, par le destinataire de cette lettre. (2) Lors du sacrifice d’Its’hak.
Lettre n°6884
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6884, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Issrou ‘Hag Chavouot 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me dites que vous avez fixé votre mariage au mardi 24 Sivan, qui approche et voici ma réponse. Je vous exprime, par la présente, ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Celui-ci sera célébré en un moment bon et fructueux. Vous bâtirez un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont éclairées par le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout. Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,
Pour faire réponse à votre question, vous étudierez et vous achèverez, avant votre mariage, les chapitres 16 et 17 de la porte de la sainteté du Réchit ‘Ho’hma, de même que le discours ‘hassidique intitulé Le’ha Dodi, dans le recueil des commentaires du mariage, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Lettre n°6885
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6885, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Issrou ‘Hag Chavouot 5719,
Brooklyn,
Aux responsables et amis des écoles Beth Rivka, en général,
à ceux qui prennent part au dix septième banquet annuel
des écoles Beth Rivka, en particulier,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Le banquet des écoles Beth Rivka, se déroulera, cette année, au cours du mois qui est sous l’influence de la fête du don et de la réception de la Torah. Tous les responsables et les amis des écoles Beth Rivka se trouveront donc sous l’influence de cette fête, dont le contenu profond est : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. De fait, la Torah porte en elle deux éléments opposés. D’une part, on y trouve les concepts les plus profonds, par exemple l’unité du Créateur, en particulier selon l’éclairage qu’en donne l’enseignement profond de la Torah, la ‘Hassidout. Mais, d’autre part, cette même Torah est également liée aux détails de l’existence, y compris les plus minimes et les plus profanes(1).
Cette idée est également soulignée par les dix Commandements, qui commencent par : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, exprimant ainsi la foi en l’unité du Créateur, malgré la diversité de la création, ce qui requiert une profonde réflexion. Et, ces dix Commandements se concluent, notamment, par : “ Tu ne tueras pas ”, ce qui est lié aux instincts les plus bas de l’homme. Il en résulte que, tout comme la Torah réunit deux extrêmes opposés, un Juif vit lui-même une telle unification(2), au quotidien, sans se couper du monde, mais, bien au contraire, en y introduisant la sainteté. C’est pour cela que les Juifs sont appelés : “ nation unique sur la terre ”. En effet, ils introduisent l’unité et la sainteté jusque dans les préoccupations terrestres.
Ce qui vient d’être dit a également une incidence sur l’éducation des enfants juifs, depuis leur plus jeune âge. En effet, les plus petits ne peuvent pas méditer aux concepts les plus profonds de la Torah. Pour autant, celle-ci délivre un grand nombre d’enseignements pour eux. Elle montre, de la manière la plus détaillée, jusque dans les points les plus évidents, de quelle manière on doit éduquer un enfant. Et, la pratique de toute la Torah en dépend. Ceci est tout particulièrement important pour les filles, qui sont appelées à devenir des maîtresses de maison, éduquant leurs fils et leurs filles sur le chemin de la Torah et des Mitsvot. Et, l’on peut en déduire son caractère fondamental. En conséquence, j’espère que chacun et chacune s’efforcera d’accorder l’aide matériel la plus importante possible aux écoles Beth Rivka, à l’occasion de leur banquet annuel et, par la suite, tout au long de l’année. En outre, on persuadera les autres d’apporter également leur concours, afin de renforcer et de développer les écoles Beth Rivka.
A n’en pas douter, Dieu ne restera pas en dette. Il accordera le succès à chacun et à chacune, en ce qui les concerne personnellement et pour les membres de leur famille, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, la lettre n°6881. (2) Entre la spiritualité et la matière.
Lettre n°6886
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6886, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Issrou ‘Hag Chavouot 5719,
Brooklyn,
Aux auxiliaires féminines de Brownsville East New York
auprès des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai appris, avec plaisir que votre prochain repas annuel aura lieu le mardi 10 Sivan. Celui-ci survient dans les jours qui suivent la fête de la réception de la Torah, avec joie et d’une manière profonde, selon la formule de la bénédiction qui est donnée par mon beau-père, le Rabbi. Je veux donc espérer que la joie profonde de la fête de Chavouot s’exprimera, de la manière qui convient, durant ce repas. Une expression de nos maîtres et chefs, en particulier quand son contenu est une bénédiction, est nécessairement précise, réfléchie et exacte(1). En l’occurrence, la Torah doit donc être reçue avec joie et avec profondeur. Or, ces deux notions sont liées. La joie du fait que Dieu nous a choisis comme Son peuple saint, nous a permis de nous rapprocher de Lui, de nous attacher à Lui par la pratique de la Torah et des Mitsvot, doit éveiller en nous le désir, la motivation profonde permettant d’accepter cette Torah, afin qu’elle nous imprègne, nous pénètre et conditionne tout ce qui constitue notre existence quotidienne. Il serait donc inconcevable de considérer la Torah et les Mitsvot comme une corvée, ce qu’à Dieu ne plaise, ou bien comme une habitude acquise, que l’on maintient sans enthousiasme et sans ardeur. Tout ce qui concerne la Torah est vécu profondément et suscite la joie, ce qui permet de surmonter toutes les épreuves et toutes les difficultés.
Il en est de même pour toute initiative qui est prise dans le but de renforcer et de développer la Torah et les institutions éducatives basées sur les valeurs sacrées, de manière accrue, afin que celles-ci bénéficient pleinement de la bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et avec profondeur. Que Dieu vous accorde le succès dans votre action(2), de même qu’en ce qui vous concerne personnellement, avec tous les membres de votre famille. Et que règne toujours chez vous la joie, matérielle et spirituelle à la fois. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour connaître la réussite,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6297. (2) Au profit de la Yechiva.
Lettre n°6887
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6887, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi, dans laquelle vous m’interrogez sur le fait de passer quelques mois en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. On peut réellement se demander s’il y a lieu de le faire, car même si vous possédiez le montant nécessaire pour couvrir les frais de ce voyage, il serait préférable de le consacrer à la Tsédaka, plutôt qu’à ce voyage, dont l’intérêt n’apparaît pas clairement. En outre, lorsque vous aurez séjourné plus de trente jours en Terre Sainte, il n’est pas certain que vous ayez le droit de la quitter(1). Pourquoi donc vous placer dans une situation de doute(2) ? Et, même si la conclusion était qu’une telle sortie est effectivement permise, sans le moindre doute, même si ceux qui adoptent un tel comportement sont nombreux, cela ne fait pas disparaître les incertitudes, le débat, en la matière(3).
En outre, le contenu de votre lettre indique que le traitement suivi par votre épouse n’est pas encore achevé, ce qui rend encore plus surprenant votre projet, d’autant que, comme vous le précisez, elle est triste et elle a un mauvais moral. Or, il me semble vous avoir déjà écrit qu’un Juif doit servir Dieu avec joie et enthousiasme. Et, c’est précisément de ce service de Dieu qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”. Il me semble vous avoir également souligné la nécessité de fixer une étude de la ‘Hassidout. Bien plus, pour ce qui vous concerne(4), comme le dit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, une telle pratique est propice pour avoir des enfants. C’est ce que dit le Sidour Méa Chéarim, au paragraphe : “ Pratique propice pour avoir des enfants ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Puisque, passé ce délai, on est considéré comme y étant installé. (2) Un avis permettant alors de quitter la Terre Sainte, alors qu’un autre avis l’interdit. (3) On ne peut faire abstraction de l’avis qui l’interdit. (4) Cette lettre étant vraisemblablement adressée à un couple qui a des difficultés pour avoir des enfants.
Lettre n°6888
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6888, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Sivan 5719,
Brooklyn,
A monsieur ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 9 Sivan, dans laquelle vous traitez de la paix. Or, notre Torah, Torah de vie, définit ce qu’elle est réellement et ce que peut faire chaque Juif, pour l’obtenir, en diffusant ce qui concerne notre Torah, elle-même donnée pour réaliser la paix dans le monde. Et, l’on, ne se contentera pas d’adopter soi-même une telle attitude. On influencera son entourage en ce sens. On contribuera, en particulier, à renforcer les Yechivot dans lesquelles on étudie la Torah avec crainte de Dieu, de même qu’à créer de nouvelles Yechivot, dans cet esprit. Quant à la création d’un institut international pour la paix(2), je n’en vois pas l’intérêt, pour l’heure, d’autant que cette matière est d’ores et déjà enseignée en différents endroits. Ce sera donc un gaspillage de moyens financiers, de forces et d’empressement. Chaque pièce que les Juifs donneront à cet institut n’aura aucun apport et Dieu fasse qu’elle ne soit pas nuisible. Un Juif doit consacrer ses moyens à la Torah et aux Mitsvot, pour lesquelles une récompense lui est assurée et dans lesquelles il ne subira pas de perte.
Je suis surpris que vous ne me disiez rien de ce que vous faites pour diffuser le Judaïsme, ce qui est la mission première de chaque Juif, comme je le disais. J’espère que le manque est uniquement dans ce que vous m’écrivez, mais que vous faites effectivement tout ce qui est en votre pouvoir, dans ce domaine. Avec mes respects et ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) M. H. Harman, de Lakewood. (2) L’université pour les sciences de la paix.
Lettre n°6889
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6889, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Sivan, dans laquelle vous me dites que l’on vous propose un parti, une jeune fille qui craint Dieu. Mais, vous précisez qu’il y a une différence d’âge entre vous. En l’occurrence, cela n’a aucune importance. Vous dites que vous n’éprouvez aucun sentiment. Vous devez évaluer la différence qu’il y a entre la première fois que vous vous êtes rencontrés et votre sentiment à l’issue de plusieurs rencontres. Vous sentez-vous plus proche ? Si c’est le cas, il y a lieu de penser qu’il y aura une évolution positive.
Dieu accorde Sa Providence à chacun. Il vous guidera donc vers ce qui est bon pour vous, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6890
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6890, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5719,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Barou’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce mercredi, à laquelle était jointe la décision de la cour suprême, signifiant votre victoire(2). Dieu fasse que l’on aille d’une victoire vers l’autre, que l’on s’élève de plus en plus haut, dans les domaines de la Torah, des Mitsvot, du Judaïsme véritable, non pas de celui qui est dilué et altéré, mais bien du Judaïsme qui a été donné à Moché sur le mont Sinaï. C’est précisément en s’engageant sur cette voie, la voie de Celui Qui donne la Torah et ordonne les Mitsvot, qu’avec l’aide de Dieu, on parvient, au final, à renforcer et à développer le Judaïsme.
Bien entendu, plus l’on raffermit sa confiance en Dieu, en agissant avec enthousiasme et chaleur, une chaleur ‘hassidique et de l’abnégation, plus l’on grandit et l’on hâte l’accomplissement de la promesse selon laquelle : “ la vérité jaillira de la terre ” et “ Dieu est avec nous. Ne les craignez pas ”. En effet, “ Dieu combattra pour vous ”. Avec mes respects, ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et, selon le dicton de mon beau-père, le Rabbi, pour avoir un été en bonne santé, physique et morale,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav B.Litvin, de Mts Clemens. Voir, à son sujet, la lettre n°6764. (2) Dans le jugement pour placer, dans la synagogue, une barrière séparant les hommes des femmes. Voir, à ce sujet, la lettre n°5521.
Lettre n°6891
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6891, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5719,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 Sivan, qui me demandait une bénédiction pour ce jeune garçon. En un moment propice, je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’il obtienne la satisfaction de ses besoins, en fonction de ce que vous écrivez.
De la manière dont vous décrivez sa situation, on peut penser que, si on lui confiait une activité qu’il pouvait diriger, dans laquelle il guiderait les autres, par exemple des après-midi récréatives du Chabbat pour des petits garçons ayant quelques années de moins que lui, il acquérrait de l’assurance et de la fermeté. En effet, il constaterait sa réussite, verrait qu’on l’écoute et qu’on le suit. On peut penser que, grâce à cette évolution, plusieurs troubles disparaîtront d’eux-mêmes. Il y a sûrement plusieurs possibilités, plusieurs manières d’organiser un groupe pour cette activité et pour l’attirer afin qu’il accepte de le diriger. En agissant par les voies de la nature, on forge un réceptacle afin de recevoir les bénédictions de Dieu, d’une façon surnaturelle.
Vous trouverez sûrement les mots qui conviennent pour expliquer à ses parents que tout ajout à la pratique de la Torah et des Mitsvot est aussi un ajout aux bénédictions que Dieu accorde, en tout ce qui convient à l’homme et à sa famille. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
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