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Iguerot Kodesh — lettres 6790 à 6810

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6790

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6790, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Adar Chéni 5719,

Brooklyn

A monsieur Mi’ha Eldad,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, qui m’est parvenu avec retard, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie et l’action que vous avez menée jusqu’à maintenant, en tant que moniteur des plantations, dans le domaine agricole(1) et également dans l’école de Taana’h, qui est affiliée au réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch(2). Vous me dites que vous rencontrez des difficultés et des problèmes(3). Or, vous connaissez sûrement l’assurance donnée par le Créateur du monde, Qui le dirige, selon laquelle “ Il n’agit pas avec traîtrise envers Ses créatures ”(4) et “ le résultat est à la mesure de l’effort ”(5). Cela veut dire que chacun reçoit les forces et les moyens d’assumer la mission qui lui est confiée de la façon la plus efficace et la meilleure. Or, s’il en est ainsi pour chaque fonction, combien plus est-ce le cas quand il s’agit de l’éducation des enfants basée sur les valeurs sacrées, au sein d’une école qui détermine ou, tout au moins, qui exerce une influence essentielle sur le comportement des élèves, pour tout le reste de leur vie. En pareil cas, le mérite de ce qui est public vient en aide à tous les enseignants de cette école, à ses dirigeants et à tous ceux qui apportent leur concours dans le but de la renforcer et de la développer.

J’espère qu’à quelqu’un comme vous, il est inutile d’expliquer la grande importance d’une telle fonction, ni même de souligner que, même si l’agriculture et les sciences de la nature n’appartiennent pas aux études sacrées et ne font que décrire les phénomènes naturels, le travail de la terre, il n’en est pas moins évident que s’applique, en la matière, le Précepte : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”, qui est un principe de la spiritualité et du comportement de l’homme, comme l’expliquent longuement le Rambam, dans ses lois des opinions et le Tour, Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231. Bien plus, un élève, par la nature des choses, imite son professeur en tout point, même s’il ne reçoit son enseignement que dans une autre matière(6). Vous devez donc avoir conscience que ceux qui étudient l’agriculture et la nature auprès de vous réfléchissent et qu’ils observent votre comportement, pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, qu’ils en sont influencés, bien souvent pas moins que dans le domaine agricole et naturel(7), ou parfois même encore plus clairement. En effet, les enfants et les jeunes ont une tendance instinctive à recevoir plus profondément et plus aisément ce qui leur est transmis d’une manière indirecte, plutôt que par l’étude, la discipline, l’ordre et l’obligation.

Il découle de tout ce qui vient d’être dit que, si votre comportement, jusqu’à maintenant, a été inscrit dans la ligne de la Loi, ou même l’a dépassée, il est clair qu’à partir du moment où la divine Providence vous a confié la responsabilité de plusieurs Juifs, vous devez intensifier votre engagement, en étant “ humide au point d’humecter les autres ”(8). Ainsi, même si l’on n’imite que la moitié de votre comportement ou même encore moins que cela, rien ne leur manquera et ce qu’ils prendront sera conforme à l’enseignement de notre Torah. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. A n’en pas douter, ceci constituera un grand mérite, qui multipliera la bénédiction et la réussite de Dieu, y compris en ce qui vous concerne personnellement. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Vraisemblablement dans des fermes. (2) Sous la direction du Rav Its’hak Yadgar. (3) Vraisemblablement sur le rôle que doit assumer le destinataire de cette lettre, au sein d’une école affiliée au mouvement Loubavitch. (4) Il n’attend pas d’elles ce qu’elles ne sont pas capables de faire. (5) Textuellement : “ La marque sur le dos du chameau dépend du poids du fardeau ”. (6) Qui n’est pas liée au domaine dans lequel il reçoit son influence. (7) La prise en compte des phénomènes naturels dans les principes agricoles. (8) Se pénétrer des valeurs morales au point d’être capable de les transmettre à ses élèves.

Lettre n°6791

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6791, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Adar Chéni 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Eliézer Yerou’ham(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre feuillet de ce lundi, faisant référence aux propos du Divreï ‘Haïm sur la Torah(2), qui commente l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ Celui qui donne un Séla à la Tsédaka…(3) est un Juste parfait ”.

Il y a effectivement là une explication précieuse et l’on sait que la partie analytique de la Torah inclut six cent mille interprétations(4), comme le précise le Chaar Ha Guilgoulim(5), dans la dix septième introduction. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav E.Y. Halbershtam, de Brooklyn. (2) Le Rabbi commentait, dans sa causerie du 10 Chevat 5719, rapportée dans le Likouteï Si’hot, tome 1, à la page 153, l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ Celui qui donne un Séla à la Tsédaka pour que son fils ait une longue vie est un Juste parfait ”. Rachi précise : “ S’il le fait couramment ”. Le Divreï ‘Haïm sur la Torah, citant son maître, le Rabbi de Lublin, précise ce que Rachi veut dire ici : “ S’il le fait couramment, son attitude, même si elle est d’abord intéressée, finira par être désintéressée. Dès lors, il sera un Juste parfait ”. (3) Pour que son fils ait une longue vie. (4) Que l’on peut donc développer dans toutes les directions. (5) L’un des écrits du Ari Zal.

Lettre n°6792

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6792, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Adar Chéni 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Israël(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez à propos de l’électricité(2). Or, il y a plusieurs façons de faire fonctionner la lumière et, avant de formuler un avis, on doit savoir comment fonctionnent les machines, dans tel endroit et pour telle utilisation. S’agissant du village auquel vous faites allusion(3), peut-être est-il alimenté en énergie de Tel Aviv ou encore possède-t-il ses propres machines. Dans la mesure où il s’agit d’un petit village et que la consommation en énergie est relativement faible, on peut la stocker dans une machine que l’on appelle, en russe, accumulitor(4). Bien entendu, il est rare que ce soit le cas, pour différentes raisons techniques et financières. En tout état de cause, même s’il n’en est ainsi que de façon marginale, ceci empêche de formuler un avis clairement tranché(5), d’autant qu’en fait, cela importe peu(6), puisqu’il est possible de vérifier sur place le type des machines et leur mode de fonctionnement. En prenant cela en compte, la position qu’il convient d’adopter peut être clairement établie.

J’ajoute que, comme c’est le cas pour tout ce qui concerne l’endroit auquel vous faites allusion(3), j’ai déjà maintes fois souligné que vous n’êtes pas les premiers à gérer un tel village. Vous pouvez donc vérifier ce qui est fait à Koumemyout(7), par exemple. On m’a dit, me semble-t-il, que ce village possède son propre générateur, pour le Chabbat. De la sorte, on peut savoir exactement quel est son fonctionnement et faire en sorte que celui-ci soit permis, pendant le Chabbat. Il en est de même pour le sucre(8) et pour tout le reste. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, à la fois de vos réalisations communautaires et de ce qui vous concerne personnellement, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav I.Leibov, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°6970. (2) En Erets Israël, pendant le Chabbat, les machines étant actionnées par des Juifs. Voir, à ce propos, les lettres n°4963 et 4967. (3) Vraisemblablement Kfar ‘Habad. (4) Un accumulateur, en caractères russes dans le texte. (5) Tant que l’on n’a pas connaissance de tous les éléments. (6) Cet avis n’est pas réellement nécessaire (7) Mochav affilié à un mouvement orthodoxe. (8) Qui est raffiné dans une usine fonctionnant également pendant le Chabbat.

Lettre n°6793

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6793, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Nissan 5719,

Brooklyn, New York,

Aux membres du comité de Kfar ‘Habad(1),

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, avec votre demande de bénédiction dans laquelle vous me faites part des élections pour le comité de Kfar ‘Habad et vous affirmez votre désir de vous consacrer à tous les besoins de cet endroit. J’ai lu, à deux reprises, cette demande de bénédiction auprès du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Il est lui-même le fondateur de Kfar ‘Habad et il le dirige.

Puisse Dieu faire que vos actions et vos réalisations reçoivent une réussite considérable, qu’elles soient conformes à la volonté de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, fondateur du Kfar, qui le dirige. Vous agirez de la manière qui convient et comme cela est nécessaire, c’est-à-dire d’une manière agréable et pacifique, mais, néanmoins, avec la détermination qui s’impose, chaque fois qu’il le faudra. Car, au final, le désir sincère de tous les habitants du Kfar est de mettre en pratique le souhait et la volonté du fondateur de Kfar ‘Habad, c’est-à-dire son renforcement et son développement, spirituel et matériel à la fois(2). J’ai donc bon espoir que le comité, s’il s’attelle à la tâche avec tout l’empressement nécessaire, sera effectivement en mesure de rectifier différents points, concernant le Kfar. Il observera aussitôt une réussite effective.

Grand est le mérite de tous ceux qui s’absorberont et se consacreront, avec l’abnégation qui convient, aux activités du comité de Kfar ‘Habad. A n’en pas douter, notre maître invoque une profonde miséricorde pour que le succès, en tout cela, soit considérable et que vous receviez une immense bénédiction en vos préoccupations personnelles, spirituelles et matérielles. Dans l’attente de nouvelles bonnes et détaillées de tout cela, je conclus en vous adressant ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Notes

(1) Vraisemblablement, celui qui était nouvellement élu. (2) De ce fait, la détermination qui permettra d’atteindre cet objectif est effectivement le souhait de tous les habitants du Kfar.

Lettre n°6794

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6794, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Nissan, mois de la délivrance

5719, Brooklyn, New York,

A tous les élèves de la Yechiva du soir, dans la

ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée

et rebâtie, très bientôt et de nos jours, par notre juste

Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue sans fin et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et votre demande de bénédiction. C’est aujourd’hui le Roch ‘Hodech Nissan et c’est à son propos qu’il est dit : “ Ce mois-ci est, pour vous la tête des mois. Il est, pour vous, le premier des mois de l’année ”. A cette occasion, j’exprime ma bénédiction à chacun d’entre vous. Vous effectuerez un ajout et vous avancerez, d’une étape vers l’autre, dans l’étude de notre sainte Torah, Torah de vie et dans la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, avec un comportement qui sied à un élève de Yechiva, surtout quand celle-ci est dirigée dans l’esprit de ‘Habad, dans la direction tracée par nos maîtres, qui prônent une élévation dans le domaine de la sainteté. Comme l’explique la ‘Hassidout(1), l’avancement est véritable quand il suscite un changement de nature, c’est-à-dire un ajout non seulement quantitatif, avec élan et ardeur, mais aussi qualitatif, concernant la manière d’étudier. En outre, il est nécessaire que chacun influence ses amis en ce sens, car il nous est enjoint : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Bien plus, au sein d’une Yechiva ‘hassidique, surtout quand elle est fondée et dirigée par nos maîtres, les chefs de ‘Habad, tous les élèves ne forment qu’une seule et même entité. En tout cela, l’assurance nous a été donnée que le résultat est à la mesure de l’effort(2).

Moché, s’adressant à tous les anciens, à tout Israël(3), après avoir entendu la Parole de Dieu, “ Ce mois-ci sera pour vous… ”, prononça l’entrée en matière suivante : “ Ecartez et prenez le Pessa’h ”. Nos Sages expliquent(4) : “ Ecartez vos mains de l’idolâtrie, prenez pour vous du bétail, égorgez les dieux de l’Egypte, faites le sacrifice de Pessa’h, car c’est ainsi que le Saint béni soit-Il passera au-dessus de vous ”. Vous-mêmes, prendrez bien garde, à partir de ce Roch ‘Hodech et pour tous les jours, pour tous les mois de l’année qui vient, à écarter vos mains de tout accomplissement qui vous serait étranger(5), étranger à chaque Juif, dont la mission est uniquement, selon les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Vous prendrez et vous égorgerez les dieux de l’Egypte, de tout votre entourage, qui est limité et mesuré par les barrières et les entraves de la matière et de l’existence physique. Vous ferez le Pessa’h, qui sera un bond en avant et non une élévation progressive(6), car il s’agit, en l’occurrence, de transformer l’obscurité en lumière et l’amertume en douceur. Ainsi, sera transformé(7) ce qui concerne le corps et l’âme animale en lumière et en sainteté. De la sorte, le Saint béni soit-Il passera effectivement au-dessus de vous. Il vous prendra en pitié et Il vous protégera(8) de tout événement malencontreux et, avant tout, de tout ce qui fait obstacle à l’homme désireux d’avancer sur la voie de notre Torah, Torah de vie, insufflant la vie en ce monde et la vie dans le monde futur.

Grand est le mérite qui est lié à un tel comportement, consistant à s’écarter, à égorger et à faire le Pessa’h, pour accroître la bénédiction et la réussite de vos familles(9) et pour tout ce qui vous concerne, avant tout pour vos parents et pour vos enseignants, auxquels Dieu accordera longue vie. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même que pour avoir une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, en particulier, le discours ‘hassidique intitulé : ‘C’est le jour’, de 5709 ”. (2) Textuellement, “ la marque, sur le dos du chameau, dépend du poids du fardeau ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la Me’hilta, à cette référence ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Chemot Rabba, chapitre 16, au paragraphe 2 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Chabbat 105b ” (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, à la Parchat ‘Houkat, page 61c ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 1, à la page 4a. Tanya, fin du chapitre 10 ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Targoum Onkelos et Targoum Yonathan sur le verset Chemot 12, 23 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Be’hayé sur le verset Chemot 12, 21, qui dit : ‘selon vos familles… Il en sera de même à l’époque de la délivrance… ”.

Lettre n°6795

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6795, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Nissan 5719,

Brooklyn,

A monsieur M. Ben Oury,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu, avec intérêt, votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Nissan, faisant suite à l’entretien que nous avons eu, lors de votre visite. Vous insistez, en particulier, sur le graphisme de la couverture des Conversations avec les jeunes, qui sont éditées par le Merkaz Le Inynaneï ‘Hinou’h. Vous formulez une critique en trois points : 1. L’emplacement des deux Tables de la loi et leur forme. 2. L’emplacement du globe terrestre et sa représentation. 3. L’illustration, sous la forme de trois colonnes, du dicton de nos Sages selon lequel le monde repose sur trois piliers, la Torah, la prière et les bonnes actions. Vous me demandez les remarques que je formule, à ce propos.

Je préciserai, tout d’abord, une idée, que vous comprendrez sûrement. Cette couverture est diffusée depuis dix huit ans déjà. Ce périodique est distribué, de la manière la plus large, aux Etats-Unis, en Terre Sainte et dans d’autres pays encore. Ceci conduit à penser que cette couverture doit être maintenue, à l’avenir, en l’absence d’éléments contraires, qui obligeraient à rejeter totalement le graphisme actuel. Je répondrai maintenant, dans l’ordre, aux critiques que vous formulez dans votre lettre :

A) Lorsque la publication de ce périodique a été décidée, la finalité profonde qui lui avait été assignée était de renforcer le Judaïsme et de le transmettre aux jeunes, par tous les moyens possibles. Ceci est possible non seulement par la lecture de son contenu, mais aussi par ce qui en apparaît à première vue, c’est-à-dire sa couverture. Il en résulte deux points. D’une part, le Judaïsme et son expression effective, la Torah et les Mitsvot, sont les éléments les plus parfaits et les plus hauts de la création. D’autre part, rien au monde n’est concevable, qui ne soit pas basé sur elles. Or, le symbole le plus évident de la Torah et des Mitsvot est, bien entendu, les Tables de la Loi, comme le savent également ceux qui n’ont reçu aucune éducation juive, sous quelle forme que ce soit. Car, ce périodique s’adresse également à eux.

Le graphisme souligne qu’elles se trouve au-dessus de la terre et même au-dessus du ciel. Or, il est difficile de les figurer clairement d’une autre manière que par des nuages. C’est pour cette raison que les Tables de la Loi sont posées au-dessus des nuages. Seul le Créateur, béni soit-Il, est au-dessus d’eux et c’est à cela que font allusion les lettres Beth Hé, Barou’h Hachem, “ que Dieu soit béni ”, se trouvant sur cette couverture. Au-dessous, se trouve le globe terrestre. Or, la Torah ayant été donnée sur le mont Sinaï, ce globe est représenté de telle façon qu’une ligne émanant directement de ces deux lettres et passant par les deux tables parvienne sur sa surface. C’est pour cela que les trois traits sont représentés en diagonale et non l’un en-dessous de l’autre. En effet, si tel était le cas, il aurait fallu représenter le globe d’une manière dont les jeunes n’ont en aucune façon l’habitude, c’est-à-dire avec l’est vers le haut et l’ouest vers le bas. Or, comme je l’ai dit, le but de cette couverture est de faire en sorte que quiconque la voit puisse se passer de toute autre explication, se suffisant de ce qu’il observe de ses yeux.

Il est également une autre raison. Si l’on avait adopté cette représentation, on n’aurait pu figurer qu’une partie du continent habité. Or, il s’agissait de souligner que la Torah s’applique d’une manière identique en tout endroit. Pour cette même raison, les Tables de la Loi ne sont pas droites, mais légèrement inclinées sur le côté. En effet, il fallait que la terre se trouve sous ces Tables et celles-ci sous les lettres.

B) Vous faites remarquer que le globe terrestre tient sur trois piliers et vous me dites qu’une explication ultérieure est nécessaire : on doit savoir sur quoi tiennent ces piliers. Il est clair que votre question porte sur la Michna, dont les propos sont dessinés sur cette couverture. Or, pour la Michna elle-même, une telle explication n’est pas nécessaire. En effet, chacun comprend aisément que la Torah, la prière et les bonnes actions ne sont pas des piliers matériels, mais doivent être compris au sens spirituel, même si ceci a une incidence concrète sur l’action de l’homme. De même, chacun sait que la Torah émane de Celui Qui la donne. Il n’est nul besoin de le spécifier, tout comme la Michna dit : “ Le monde se tient ”, terme que l’on emploie pour un objet matériel placé sur un autre objet matériel, alors qu’elle fait allusion à un équilibre spirituel et profond. Pour autant, la Michna ne craint pas une erreur, en la matière. De ce fait, aucun de ses commentateurs qui sont particulièrement nombreux, concernant le traité Avot, ne formule une telle question : sur quoi reposent ces piliers ? De même, le graphisme de la couverture, à mon avis, ne prête nullement à confusion.

Vous proposez de remplacer cette image par celle des trois dimensions, la longueur, la largeur et la hauteur, de sorte que chacune d’elles représente un pilier défini par la Michna. Or, il est, tout d’abord, possible d’envisager plusieurs dimensions, outre la longueur, la largeur et la hauteur. Ainsi, il peut y avoir des dimensions arrondies, dès lors qu’il y en a trois, indépendantes l’une de l’autre, comme l’explique longuement la géométrie. En outre, il est utile, de différents points de vue, d’ajouter une quatrième dimension, celle du temps. De plus, selon la définition envisagée par les mathématiques, des dimensions ont pour but de mesurer ce qui y est inscrit, de fixer sa place, de le limiter et d’en préciser le contour, mais non de repérer ce qui les dépasse.

Bien entendu, il n’y a là qu’une remarque, le point essentiel étant que tout cela n’a pas sa place sur la couverture d’un périodique destiné à la jeunesse. Il en existe plusieurs catégories, transmettant la connaissance des sciences de la nature. Or, pour la plupart d’entre eux, ces jeunes ne comprendraient pas un tel graphisme, y compris ceux qui sont dans l’enseignement secondaire et, a fortiori, les plus jeunes. Or, comme je l’ai dit, l’idée véhiculée par une image doit pouvoir se passer de toute autre explication. Si ce n’est pas le cas, elle est impropre et elle est entachée de manque. Comme le disent nos Sages, la paix doit régner, à l’issue de la discussion et j’espère donc que vous ne m’en voudrez pas pour ces remarques, qui n’ont d’autre but que d’expliquer et qui ne sont nullement destinées à polémiquer. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°6796

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6796, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Adar Chéni, dans laquelle vous m’interrogez sur le transfert du corps de votre frère, puisse-t-il reposer en paix, du cimetière de Lyon en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. De façon générale, mon propos n’est pas de trancher la Hala’ha, d’autant qu’il y a, dans votre ville, de nombreux Rabbanim, qui peuvent le faire. Pour autant, je vous communique mon avis, afin de ne pas retarder ce projet. Cette initiative est bonne et même judicieuse, pour les raisons que vous indiquez dans votre lettre et pour d’autres encore. Mais, comme je l’ai dit, vous devez interroger également un Rav, tranchant la Hala’ha, qui se trouve à proximité de chez vous. Il sera sûrement du même avis, puisque telle est l’opinion des Décisionnaires.

Vous comprendrez mon étonnement de constater que vous ne dites pas un mot de vos activités sacrées, destinées à diffuser et à renforcer le Judaïsme, en particulier à notre époque, alors que ceci est une obligation personnelle pour chacun et le besoin du moment. Puisse Dieu faire que le manque soit uniquement dans votre lettre, mais non dans l’action concrète. De même, j’espère que vous gardez les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction pour donner des nouvelles bonnes et réjouissantes, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°6797

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6797, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Pourim et aux deux qui la précédaient. Entre-temps, vous avez sûrement reçu mon courrier, qui répondait à quelques points évoqués dans ces lettres. Vous faites référence à la tournure des activités de ‘Habad, en Terre Sainte. Vous savez quel enseignement est donné, à ce propos. Chacun doit d’abord faire lui-même tout ce qui est en son possible, avec toute l’ardeur nécessaire. Seulement après cela, si l’on observe que quelqu’un, en la matière, ne fait pas ce que l’on attend de lui, on devra lui conseiller l’enthousiasme et la détermination, dans son action(1). Il en est ainsi pour deux raisons. Tout d’abord, quand on observe le manque, y compris pour ce qui concerne son prochain, on doit s’efforcer de le combler. En outre, selon l’enseignement de la ‘Hassidout, dès que l’on prend conscience d’une imperfection, il est certain que l’on peut intervenir pour la réparer, comme le souligne le Baal Chem Tov. En effet, on ne peut recevoir la conscience de tout cela en vain. C’est bien évident.

Un troisième point s’ajoute à tout ce qui vient d’être dit. On peut observer à quel point nos Sages avaient raison de constater que : “ une femme ne jalouse que… ”(2) et que : “ la rivalité des érudits multiplie la sagesse ”. Vous m’écrivez que vous ne trouvez pas grâce…(3). Il est bien clair que cette affirmation n’est nullement fondée et j’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim que le retard de mes lettres est uniquement dû à mes nombreuses activités.

Nous sommes entrés dans le mois de Nissan, au cours duquel nous serons libérés, comme le dit le Midrash Chemot Rabba, chapitre 15, au paragraphe 11. En outre, selon ce texte, la délivrance marque aussi la fin d’une servitude de fer, pour s’astreindre à celle de la Torah. Comme le dit le Tanya, au début du chapitre 37, tout ce qui se passera pendant la période du Machia’h dépend de ce qui est accompli pendant le temps de l’exil. Cela veut dire qu’actuellement, on doit quitter la servitude de fer pour celle de la Torah et des Mitsvot, en se soumettant à elles, en en portant le joug. Il faut, en particulier, renforcer les institutions et tout ce qui concerne ‘Habad, surtout dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées qui cumulent à la fois la Torah et les Mitsvot. J’espère que, désormais, vous redoublerez de chaleur, de lumière, de vitalité, en toutes ces actions. Vous donnerez le bon exemple, en la matière, à tous les responsables qui se trouvent dans votre entourage. En outre, vous chercherez à les convaincre oralement. Et, nos Sages assurent que : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. Bien plus, le résultat sera comme un objet trouvé, dépassant largement ce que l’on peut escompter en fonction de son effort. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) C’est-à-dire lui venir en aide et non le critiquer. (2) La hanche de son amie, selon le traité Meguila 13a. Cette rivalité peut ainsi susciter une émulation positive. (3) Aux yeux du Rabbi, du fait de la transmission de ces mauvaises nouvelles.

Lettre n°6798

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6798, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29/3, qui m’est parvenue avec retard. Vous m’écrivez que vous vous trouvez parmi vos amis, qui ne sont pas religieux, que ceci a une influence sur vous, qu’il est difficile de lutter contre les personnes que l’on côtoie à son travail. Vous me demandez que faire en pareil cas. Vous me dites aussi que vous avez des diplômes universitaires, mais vous ne précisez pas dans quel matière. Il est sans doute inutile de vous souligner que le comportement de l’individu se déduit, bien souvent, de celui de la collectivité qui est, en l’occurrence celle du peuple juif. Si l’on adopte la conception que vous exposez, selon laquelle on doit se conformer à l’attitude de son environnement, on peut se demander si, d’emblée, les enfants d’Israël se seraient constitués en tant que peuple. Et, même si, contre toute attente, il en avait été ainsi, ils auraient dû, d’après ce que vous écrivez, disparaître totalement dès leur sortie du désert et leur installation dans le pays de Canaan. En effet, ils ont toujours été la minorité d’entre les nations. Et, pendant les trois millénaires qui se sont écoulés depuis lors, ils ne se sont préservés que par leur spécificité.

S’ils avaient eu l’attitude que vous décrivez et s’ils avaient imité les sept peuples, lors de leur entrée dans le pays de Canaan, ils auraient subi le même sort qu’eux et ils auraient rejoints ces nations qui, de nos jours, ont totalement disparu. Il en fut de même pour l’exil de Babel, qui suivit la destruction du second Temple, de même également pour l’exil de Rome. Or, de Babel et de Rome, il ne reste que des vestiges. Il en aurait été de même pour eux s’ils avaient revendiqué le droit de vivre en leur ressemblant. En fait, avec l’aide de Dieu, ils se sont maintenus sur le droit chemin, ont eu conscience qu’ils devaient conserver un comportement vrai et une vie juive, qui est l’ego profond et intérieur de chaque Juif. C’est là ce qui a assuré leur continuité et leur pérennité. Certes, les peuples auprès desquels vivent les Juifs ont adopté un autre comportement. Mais, en les imitant, on est déconsidéré à leurs yeux car, au final, une telle attitude, ne peut nullement susciter l’honneur et le respect, ni auprès des autres, ni auprès de sa propre personne.

L’attitude juive, collective et individuelle, a survécu à Babel, à Rome et à d’autres civilisations encore. Tous les peuples qui étaient plus nombreux et l’ont manifesté par l’émission de différents décrets, ont disparu, alors que les Juifs sont toujours présents, ainsi qu’il est dit : “ Vous vous trouvez tous, en ce jour… ”. Comme on l’a dit, on ne possède plus que des vestiges de ces peuples, emplissant les musées et rien d’autres. Ce qui vient d’être dit s’applique également dans un contexte de persécutions et de pogromes, ce qu’à Dieu ne plaise, comme c’est le cas, par exemple, pour nos frères se trouvant dans les pays subissant l’influence bolchevique. En revanche, on peut comprendre à quelle point est négative l’approche de ceux qui n’ont pas été confrontés à une telle épreuve et se trouvent dans un pays où chacun peut faire ce que bon lui semble, mais qui souhaitent, néanmoins, imiter la majorité, sans aucune motivation rationnelle.

Bien entendu, il n’est pas toujours facile d’être différent de la majorité, mais il n’est pas aisé non plus d’avoir une attitude basée sur la justice et la droiture, de ne pas transgresser les Interdits : “ Tu ne convoiteras pas ”, “ Tu ne voleras pas ”. Parfois, on ne vole pas par crainte de la police. Mais, en tout état de cause, personne ne prétendra qu’il faut systématiquement choisir la voie la plus aisée. On peut en citer pour preuve les années de l’enfance. En effet, chaque enfant préfère jouer plutôt que de se consacrer à ses études, pendant de nombreuses années. Puis, par la suite, il commencera à percevoir la différence, ce qui a résulté du choix de la voie la plus facile, celle du jeu.

Le principe précédemment énoncé, selon lequel il est toujours juste de suivre la majorité, a conduit les allemands vertueux, pendant la période hitlérienne, à dire : “ Des dizaines de millions d’allemands brûlent des Juifs à Auschwitz. Pourquoi me distinguerai-je d’eux ? Ne convient-il pas de se conformer à la majorité ? ”. Je ne veux pas en dire plus car je suppose que, pour un jeune homme, il est inutile de multiplier les preuves du fait que telle n’est pas la finalité de l’existence, que l’on ne peut se limiter à ce qui réduit l’effort et se fondre au plus vite dans son entourage.

Vous connaissez également cette autre comparaison. Les minéraux sont plus nombreux que les végétaux et ces derniers que les animaux. Les animaux sont eux-mêmes plus nombreux que les hommes. Parmi ceux-ci, les autres peuples sont plus nombreux que les Juifs et, même parmi les Juifs… Pour autant, personne ne dira que la mission et la finalité d’un végétal consistent à devenir un minéral et qu’un homme doit éprouver le désir d’être un animal. Que Dieu vous donne la force d’avoir un raisonnement droit et de ne pas être victime de votre propre volonté, en recherchant ce qui est le plus aisé et le moins coûteux. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6799

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6799, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 13/4. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous écrivez. Vous semblez considérer, d’après ce que vous dites dans votre lettre, qu’il suffit, pour donner une bonne éducation juive à ses enfants, de les envoyer au Talmud Torah et de célébrer leur Bar Mitsva. J’en suis surpris car cela est loin d’être suffisant. C’est bien évident. En effet, l’éducation juive se poursuit après la Bar Mitsva. Elle n’est pas moins importante qu’avant celle-ci, l’est peut-être même plus. Un garçon doit donc être envoyé à la Yechiva et une fille, dans une école Beth Rivka ou Beth Yaakov. De la sorte, on évite beaucoup de déboires et d’ennuis(1), au cours des années suivantes, pour les enfants et pour soi-même. Aussi stricte que puisse être la manière d’exprimer tout cela par les mots, ceci ne sera pas encore suffisant, eu égard à l’importance de l’enjeu, à la nécessité d’une éducation juive, comme je l’ai dit.

Vous ne me précisez pas quelle éducation vous donnez à votre garçon(2) et à votre fille. J’ai donc pensé qu’il était de mon devoir de vous écrire ce qui est dit ci-dessus, d’une manière encore plus forte et encore plus sérieuse. Quand on le désire réellement, on parvient à se convaincre soi-même, à convaincre ses enfants et son mari. Dieu fasse que le mérite de ce que vous accomplirez, en la matière, pour persuader vos enfants de recevoir une éducation juive et de la mettre en pratique, protège vous-même et votre mari, afin que vous conceviez une satisfaction juive de tous à la fois. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même que pour un Pessa’h cacher et joyeux,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) En anglais dans le texte, “ trouble ”, le reste de la lettre étant en yiddish. (2) En anglais dans le texte, “ boy ”.

Lettre n°6801

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6801, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Sixième jour de Nissan 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Eliézer Lippa(1),

J’ai bien reçu votre lettre du 23 Adar Chéni, puis les livres que vous m’avez adressés, dont la liste est rappelée ci-dessous, en particulier le vôtre, une anthologie de discours sur la Torah. Sans doute en ferez-vous de même à l’avenir(2). Puisse Dieu faire que, pendant de nombreuses années encore, vous diffusiez la partie révélée du Judaïsme et son enseignement profond dans des cercles de plus en plus larges, en bonne santé, physique et morale. De tout temps et en tout lieu, un tel accomplissement a été primordial, comme l’explique le Zohar, tome 3, à la page 5a. Et, la grandeur est effective quand le Roi et la reine, le Saint béni soit-Il et l’assemblée d’Israël, la Torah et les Mitsvot se révèlent concrètement, en ce monde matériel, comme l’établissent différents textes. Mais, combien plus en est-il ainsi à notre époque, en la génération du Machia’h, dernier point pour la venue et la révélation de celui qui se tient derrière notre mur, observe et voit.

Puisse Dieu faire que cette révélation se passe très bientôt, très prochainement. Nos Sages disent, en effet, dans le Midrash Chemot Rabba, chapitre 15, au paragraphe 11, que “ c’est en Nissan qu’ils seront libérés ”. C’est pour cela qu’y est fixée une célébration joyeuse, une délivrance joyeuse, dans le calme et la tranquillité. Et, Il nous montrera des merveilles. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

N. B. : Comme à mon habitude et en signe d’affection, je citerai au moins quelques points concernant votre livre et l’on commence…(3).

A) En l’occurrence, il est dommage que vous n’ayez pas relevé quelques perles dans les livres de la ‘Hassidout ‘Habad. Cela est regrettable pour différentes raisons, même si l’on peut vous accorder des circonstances atténuantes en constatant que la sélection des textes ne dépendaient pas uniquement de vous. Je n’en dirai pas plus. Malgré cela, celui qui lit et étudie votre livre, au final, n’aura pas connaissance de ces perles qui sont véritables, qui expriment et illuminent différentes idées, présentent une certaine vision du monde. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer tout cela longuement. Bien plus, je pense que votre largesse d’esprit vous conduira à faire d’autres publications similaires. Vous pourrez donc introduire un complément, dans le domaine que je citais et celui-ci pourra même être double. Bien entendu, j’ai observé que vous mentionnez, au début de votre livre, l’enseignement de ‘Habad et, dans l’introduction, vous parlez du Tséma’h Tsédek. Ceci renforce les circonstances atténuantes que je vous accordais auparavant, puisque vous étiez le seul à décider, pour cette introduction et pour ce début.

B) Le Yalkout, au début de la Parchat Michpatim, à la page 131, commente le Divreï Ha Baït(4). On peut considérer qu’il fait allusion à la Hala’ha selon laquelle nul ne doit recevoir les honneurs pendant le jugement, qui qu’il soit, afin que l’autre partie ne soit pas empêchée de présenter ses arguments. De ce fait, la Paracha a caché que la Parole était adressée à Moché.

C) A la page 199(5), est cité le chapitre 32 du Tanya. Il s’agit d’une très belle citation. Du reste, ce que dit le Tanya est encore plus clairement expliqué dans le Likouteï Torah, à la Parchat Matot, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Enrôlez d’entre vous ”, qui en montre l’incidence sur le Nom divin Avaya. De fait, les six cent treize Mitsvot sont suspendues au Nom divin Avaya, selon l’introduction des Tikouneï Zohar, à la page 2a et dans le Tikoun n°2. Si l’on permute le Mêm et le Tsaddik par la méthode du At Bach(6), Mitsva devient effectivement Avaya, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Vaykra, page 2a.

D) A la page 269, est cité le chapitre 5 du Tanya. Vous consulterez, à ce propos, le Guide des égarés, tome 1, au chapitre 68 et le commentaire de la Michna(7), traité Avot, à la fin du chapitre 3.

Notes

(1) Le Rav E.L. Lavi, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°6731. (2) En adressant les nouvelles parutions au Rabbi. (3) En évoquant, tout d’abord, les défauts. (4) Il demande : “ Pourquoi n’est-il pas dit, dans cette Paracha : ‘Et, l’Eternel parla à Moché’ ? Parce qu’il est ici question de Michpatim, de jugements. Or, un jugement ne fait aucune différence entre le grand et le petit. Par rapport à lui, tous sont identiques. ” (5) Il dit : “ Tout comme la Chemitta fut donnée sur le mont Sinaï, il en fut de même pour les autres Mitsvot. Le Tanya, au chapitre 32, en déduit qu’aucune Mitsva ne peut être accomplie d’une manière parfaite si l’on ne met pas en pratique, au préalable, le Précepte : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. C’est pour cela qu’il est souligné que la Chemitta fut donnée sur le mont Sinaï ”. (6) Qui consiste à permuter la première et la dernière lettres de l’alphabet, Aleph et Tav, la seconde et l’avant-dernière, Beth et Chin, et ainsi de suite. (7) L’un et l’autre du Rambam.

Lettre n°6802

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6802, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5719,

Brooklyn, New York,

Aux membres de la synagogue Maoz Aviv et, à leur tête,

aux responsables, le Rav Pin’has Ha Cohen Rubin,

le Rav Its’hak Martin et le Rav Chalom Kornfine,

que tous soient bénis,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 3 Adar Chéni, m’informant qu’avec la participation du Rav Youdassin(1), vous allez mettre au point un programme afin de construire une synagogue qui remplacera la baraque en bois dont vous disposez actuellement. J’espère que cette synagogue sera également une maison d’étude, dans laquelle il y aura des cours fixes et publics, comme vous le précisez dans votre lettre.

Conformément au verset(2) : “ Je suis l’ami de tous ceux qui Te craignent ”, je vous joins une participation symbolique. Puisse Dieu faire que votre effort soit fructueux. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav Alexander Sender Youdassin, de Tel Aviv, vraisemblablement le Rav de cette synagogue. Voir, à son sujet, la lettre n°6557. (2) Tehilim 119, 63.

Lettre n°6803

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6803, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5719,

Brooklyn,

Aux participants à la réunion ‘hassidique, à l’occasion de la Hilloula

du Rabbi Rachab, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce jour propice(1), une lettre de bénédiction. De la sorte, “ j’ai pris une bénédiction et je la rendrai ”(2), ainsi qu’il est dit(3) : “ Je bénirai ceux qui te béniront ”. Que chacun d’entre vous reçoive donc la bénédiction du Saint béni soit-Il. Celle-ci cumule, en effet, deux qualités, celle de la bénédiction(4) et celle de la prière(5), comme l’explique longuement le discours ‘hassidique intitulé : “ Rabbi Yochoua Ben Lévi dit ”, de 5629(6).

On confère un mérite aux jours propices, ceux du mois de Nissan qui est tout entier un Roch ‘Hodech, comme l’explique le Chneï Lou’hot Ha Berit, à la Parchat Bo, cité par le discours ‘hassidique intitulé : “ Ce mois-ci est pour vous ”, de 5626(7). En effet, il est dit, de ce mois et de tout ce qui le concerne, “ ce mois-ci est pour vous ”. Ceci, comme le soulignent nos Sages, révèle ce qui fait la particularité des enfants d’Israël. C’est une évidence. Celui dont nous célébrons la Hilloula déclara, lors de son décès : “ Je monte vers le ciel et je vous laisse mes manuscrits ”. Il montra ainsi que ses écrits compensaient et remplaçaient son ascension vers le ciel.

Nos Sages disent que “ les Justes ressemblent à leur Créateur ”, Duquel le traité Chabbat 105a dit : “ Moi, Mon âme, Je l’ai inscrite et donnée(8) ”, comme l’explique le chapitre 47 du Tanya, citant le saint Zohar. Son mérite protégera donc tous ceux qui se consacrent à son enseignement. Et, “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”, à l’avancement selon ses directives et ses pratiques, afin que ce chef d’Israël suscite une miséricorde accrue, pour que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins, spirituels et matériels. Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même que pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Celui de la Hilloula du Rabbi Rachab. (2) D’après le verset Balak 23, 20. (3) Le’h Le’ha 12, 3. (4) Qui révèle ici-bas ce qui se trouve là-haut. (5) Qui suscite, chez Dieu, une Volonté nouvelle, ainsi qu’il est dit : “ Puisse-t-il être Ta Volonté ”. (6) 1869, du Rabbi Maharach. (7) 1866, du Rabbi Maharach. (8) Dans la Torah.

Lettre n°6804

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6804, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui m’est parvenue avec retard. Conformément à votre demande, je vous adresse ma réponse en passant outre à la file d’attente. Vous faites référence à la Yechiva A’heï Temimim de votre ville et à sa direction. Je suis surpris que vous m’interrogiez et que vous soyez dans le doute, à propos de ce qui est pourtant bien connu.

Vous savez que mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, quand il fonda la Yechiva centrale Tom’heï Temimim de Brooklyn, puis, par l’intermédiaire de ses émissaires, ses branches dans les villes de province, qui ont été appelées A’heï Temimim, instaura que ses émissaires, dans ces villes, les dirigent, en s’entourant de responsables et des ‘Hassidim se trouvant dans cet endroit, tous formant, en quelque sorte, un comité de direction. Chaque difficulté qui ne pouvait être résolue sur place par l’émissaire et par le comité devait être soumise et discutée avec la direction de la Yechiva centrale, à Brooklyn. Quand, là encore, une solution n’était pas trouvée, on s’adressait directement à mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, lequel donnait son avis.

Toutes les Yechivot A’heï Temimim des Etats-Unis ont fonctionné de cette façon et elles ont connu la réussite. Bien entendu, nul ne souhaite modifier cette organisation, d’autant qu’elle s’est révélée efficace. Je suis convaincu que tous les responsables de la Yechiva A’heï Temimim de votre ville se fixent effectivement l’objectif qui a été désigné par mon beau-père, le Rabbi, celui de grandir et de parer la Torah, en ayant l’école et les élèves qui conviennent, en se basant sur les valeurs sacrées. Il est certain qu’ils en feront de même à l’avenir et que le mérite de ce qui est public leur viendra en aide, afin d’avoir une réussite considérable, de renforcer et de développer cette institution. C’est, bien entendu, de cette façon que l’on multipliera les bénédictions de Dieu et la réussite qu’Il accorde, dans les accomplissements personnels de tous ceux qui font des efforts, qui apportent leur concours à cette sainte école, physiquement, financièrement, moralement ou bien par ces trois manières à la fois. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, avec largesse d’esprit, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°6805

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6805, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5709,

Brooklyn, New York,

A nos frères, les enfants d’Israël,

partout où ils se trouvent,

Je vous salue et vous bénis,

A l’approche de la fête de notre libération, celle des Matsot, temps de notre liberté, j’adresse ma bénédiction aux Juifs, en tout endroit, afin que cette fête apporte à la vie quotidienne de chacun et de chacune, une libération véritable et entière de tous les tracas et de tous les obstacles, matériels et spirituels, une élévation vers le contenu profond(1) de la sortie d’Egypte, qui fut l’entrée en matière du don de la Torah et réalisa l’Injonction divine : “ Quand tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne ”, celle du Sinaï.

*

*

*

Bien entendu, la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles furent données par Dieu, sont éternelles et immuables. Il en est de même pour les enseignements que l’on peut et que l’on doit déduire de la Torah et des Mitsvot. Ceux-ci s’appliquent de tout temps et en tout lieu. Combien plus est-ce le cas pour une Mitsva et un principe d’une portée aussi globale que la fête de Pessa’h, la sortie d’Egypte, qu’il convient de mentionner chaque jour(2).

L’un des enseignements de la fête de Pessa’h est le suivant. Un Juif a la force de se transformer, d’une extrême à l’autre. Il peut y parvenir, d’une manière concrète, en peu de temps, en un instant. Le Tana’h et les propos de nos Sages font une description précise de l’amer exil d’Egypte et du profond désespoir des enfants d’Israël, à l’époque.

Ils étaient asservis dans le pays duquel aucun esclave n’était parvenu à s’enfuir(3), sous la puissante domination du Pharaon, qui se baignait dans le sang des enfants d’Israël(4). Ils vivaient dans une immense pauvreté(5), étaient brisés par les décrets et par l’âpre servitude, par un esclavage qui fracassait le corps et l’âme(6). Or, tout à coup, la puissance du Pharaon fut anéantie et l’ensemble du peuple fut libéré. Cette libération fut obtenue “ la main haute ”, avec fierté et “ avec un large butin ”, une grande richesse(7).

Il en est de même pour la libération, dans sa dimension morale, qui fut aussi un passage d’un extrême à l’autre. Les enfants d’Israël étaient embourbés dans les quarante neuf portes de l’impureté, au point d’en être idolâtres(8). Puis, Dieu, dans toute Son Essence, se révéla à eux(9). Quelques semaines plus tard, tous se trouvaient devant le mont Sinaï, au stade le plus élevé(10) de la sainteté et de la prophétie. L’Eternel s’adressa directement à chacun d’entre eux, sans intermédiaire, pas même Moché, notre maître et Il dit : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”.

*

*

*

Les leçons et les enseignements que l’on peut tirer de tout cela sont les suivants.

Quelle que soit la situation d’un Juif, à titre collectif ou individuel, quelle que soit l’évaluation que peut en donner l’intellect des hommes, celui-ci n’en est pas moins tenu de se souvenir, chaque jour, de la sortie d’Egypte. Il doit donc souhaiter la libération véritable et la délivrance, agir pour l’obtenir, une délivrance “ la main haute ” et “ avec un large butin ”, de toutes les servitudes, de tous les obstacles sur la voie de sa propre “ Egypte ”, jusqu’à devenir “ une nation de prêtres et un peuple sacré ” et recevoir la Torah “ comme(11) aux jours de ta sortie d’Egypte ”.

Nul n’a le droit de s’arrêter ou de se retarder, sur le chemin. Et, l’on ne peut pas se contenter des premiers acquis. On doit aller de l’avant, s’élever toujours plus haut, jusqu’à percevoir et ressentir que : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”.

*

*

*

Ces enseignements sont particulièrement importants et d’actualité en cette période, alors que l’on constate un éveil, non seulement de la part d’individus, mais aussi de groupes, de différents milieux, pour s’affranchir de la servitude morale, pour se diriger vers la liberté véritable, pour se défaire totalement de l’angoisse du : “ qu’en dira le non Juif ? ”.

Il peut s’agir d’un non Juif, au sens littéral, d’une parole “ non juive ” prononcée par un Juif égaré ou encore du non Juif que l’on porte en soi, c’est-à-dire du mauvais penchant. C’est à tous à la fois que s’adresse l’appel de Pessa’h : “ Ne vous arrêtez pas, allez de l’avant, recherchez l’élévation, avec la main haute. Dès lors, il est certain que vous quitterez l’exil, avec les jeunes(12) et les vieux, les fils et les filles, avec une grande richesse ”.

Je vous adresse ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et que s’accomplisse, très bientôt et de nos jours, la promesse selon laquelle : “ Comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles ”, par notre juste Machia’h,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Chemot Rabba, chapitre 3, au paragraphe 4 et chapitre 24, au paragraphe 2 ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 67 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Me’hilta sur le verset Yethro 18, 11 ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Chemot Rabba, fin du chapitre 1. Voir le Targoum Yerouchalmi sur le verset Chemot 2, 23 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire du Ramban sur le verset Devarim 16, 3 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Torah Or, au début de la Parchat Chemot, commentant le verset : ‘Ils rendirent leur vie amère’ et le Or Ha Torah, à la même référence ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Be’horot 5b ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar ‘Hadach, Parchat Yethro, à la page 31a. Voir la longue explication du Tseror Ha Mor, citée par le Chneï Lou’hot Ha Berit, au traité Pessa’him, paragraphe ‘Ma Nichtana’. Me’hilta sur le verset Chemot 14, 29 ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il s’agit de l’Attribut de Royauté, Mal’hout de l’En Sof et de l’Essence de l’En Sof, précédant le Tsimtsoum, comme l’explique le Rabbi Rachab ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois des fondements de la Torah, au chapitre 8 et le discours ‘hassidique intitulé : ‘Témoignage’, de l’Admour Haémtsahi, imprimé dans son Séfer Ha ‘Hakira ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Mi’ha 7, 15. Voir le discours ‘hassidique intitulé : ‘Comme aux jours de ta sortie d’Egypte’, de 5708, de mon beau-père, le Rabbi ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chemot 10, 9 ”.

Lettre n°6806

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6806, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5719,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Avraham Its’hak Ha Cohen,

qui est appelé le professeur Kats(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie pour votre lettre et pour les coupures de presse qui y étaient jointes et que je vous restitue avec la présente, conformément à votre demande. Je dois dire que je maintiens ma position selon laquelle la proposition d’inscrire, avec un titre spécifique, quel qu’il soit, y compris : “ Juif non affilié ”, les enfants dont la mère n’est pas juive et ne s’est pas convertie au Judaïsme, présente le plus grand danger d’être à l’origine de clivages dans les milieux les plus larges de notre peuple, les enfants d’Israël(2). Elle présente, en outre, d’autres inconvénients, par exemple le mélange et la tromperie pour ce qui concerne les mariages(3), si ce n’est en Terre Sainte, au moins dans le reste du monde, et bien d’autres effets négatifs encore.

J’ai indiqué par ailleurs, d’une manière allusive, qu’il est significatif de constater que les Juifs, de retour en Erets Israël à l’issue de l’exil de Babylone, prirent les mesures les plus sévères pour prévenir toute assimilation et tout mélange avec d’autres peuples, comme le relate le livre d’Ezra. Certes, nous n’avons pas encore mérité de quitter l’exil et d’accéder à la délivrance. Il y a, néanmoins, un point commun, et même encore plus que cela, entre cette situation et la période actuelle. A l’époque, quarante mille personnes s’installèrent en Terre Sainte, alors que de nos jours, ce chiffre est bien plus important. Une immigration aussi massive exige qu’on n’affaiblisse pas les barrières entre Israël et les nations, bien plus qu’on les renforce et qu’on les raffermisse. Ceci ne concerne pas uniquement ceux qui sont pieux ou seulement le domaine religieux. Il y a là un aspect fondamental de la pérennité du peuple d’Israël, dans tous les domaines, y compris, entre autres, sur le plan sécuritaire.

A ce propos, vous soulignez la contradiction entre la loi sur la résidence et la question de l’inscription des enfants de couples mixtes, de même que l’autre contradiction, en sens inverse entre cette question et la loi sur le mariage. Bien entendu, vous avez parfaitement raison. Pour ma part, je me suis bien gardé d’aborder ces points, dans mes lettres de réponse à la question sur : “ Qui est Juif ”(4). En effet, même si l’on ne constatait pas de telles contradictions et que seule la question : “ Qui est Juif ? ” était à l’ordre du jour, l’évidence et la fermeté de la réponse n’en auraient en aucune façon été changées.

Il est, en outre, une question que plusieurs posent, en s’étonnant : comment faire en sorte que la réponse à cette question ne soit pas perçue comme discriminatoire ? Je n’ai jamais compris le rapport entre les deux idées. En effet, il y a, en Erets Israël de nombreux chrétiens et de nombreux musulmans. Or, envers eux également, on est tenu d’écarter toute discrimination. Pour autant, il ne viendrait à l’idée de personne de les inscrire comme Juifs. Ceci est également la réponse à ce que vous mentionnez dans votre lettre, l’incidence de la sécurité et de la démocratie sur la manière de résoudre la question de : “ Qui est Juif ? ”. A mon avis, il n’y a aucune incidence, comme je viens de le montrer.

Je voudrais vous réitérer mes remerciements pour m’avoir prêté le second manuscrit, qui vous a été restitué par envoi séparé, avec la liste des discours ‘hassidiques et des lettres qu’il contient, ayant déjà été publiés, d’après mes souvenirs. Si vous découvrez encore un tel manuscrit, vous me permettrez sûrement de le voir et de le consulter. Je vous en remercie d’avance. Avec mes respects et ma bénédiction, en particulier pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6733. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°6733. (3) Puisque l’on ne saura plus qui est réellement juif. (4) Posée par David Ben Gouryon. Il s’agit des lettres n°6714 et 6715.

Lettre n°6807

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6807, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5719,

Brooklyn,

Aux membres de l’association des femmes et

jeunes filles ‘Habad, groupement de Cleveland,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai pris connaissance, avec plaisir, du compte-rendu de votre repas annuel, qui a eu lieu le 19 Adar Chéni. Je voudrais, par la présente, exprimer mes remerciements et ma bénédiction à toutes les participantes et surtout à celles qui ont apporté leur concours pour l’organisation de cette réunion, destinée à renforcer le Judaïsme, dans tous les domaines, en particulier pour ce qui concerne les femmes juives, celles qui reçoivent le titre de “ maîtresse de maison ”. Celles-ci sont les piliers et les dirigeantes du foyer juif. Elles y introduisent le bonheur et la joie, pour elles-mêmes, pour leur mari et pour leurs enfants.

Je veux espérer également que cette réunion, au cours de laquelle vous avez pu observer l’action positive qui a été menée, vous insufflera encore plus d’énergie et de forces afin de poursuivre cette mission sacrée, d’une manière toujours plus large et, de la sorte, de recevoir des bénédictions célestes sans cesse accrues. A l’approche de la fête de Pessa’h, il y a là, en outre, un enseignement, en particulier pour les femmes juives, soulignant leur grand mérite et, simultanément, leur immense responsabilité, puisque l’on doit pouvoir dire, comme ce fut le cas à l’époque : “ c’est par le mérite des femmes vertueuses que nos ancêtres furent libérés de l’Egypte ”. Il en sera de même pour la fin de l’exil actuel, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

J’ai également reçu votre contribution pour les écoles professionnelles de Kfar ‘Habad, soit deux cent soixante dollars, dont cent émanent de la branche de Kinsman. Il est certain que la promesse de Dieu se réalisera, que le mérite de la Tsedaka permettra que chacune d’entre vous, avec les membres de sa famille, obtienne la satisfaction de tous ses besoins, matériels et spirituels. Je vous souhaite une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et vous en prolongerez la joie pendant tous les jours de l’année,

Lettre n°6808

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6808, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11Nissan 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, a de

multiples connaissances, assume une mission sacrée,

le Rav Ben Tsion Moché Yaïr Chlita et son fils, le

grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yossef Mena’hem(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 Nissan, qui vient de me parvenir. Je vous remercie beaucoup d’avoir accédé à ma requête et d’avoir transmis “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ”(2) à Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte, ou Dieu a accordé la bénédiction.

Puisse Dieu faire que l’on confère un mérite, en un moment positif, en un bien visible et tangible, à des jours propices, puisque tout le mois de Nissan est comparé à un Roch ‘Hodech, selon le Chneï Lou’hot Ha Berit, à la fin de la Parchat Bo. Il est permis de travailler, pendant le Roch ‘Hodech, ce qui fait allusion à l’Attribut de Royauté céleste, Mal’hout. Pour autant, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un jour de travail, car cette Sefira reçoit l’influence des Sefirot qui sont au-dessus d’elles, à la différence de ce qui existe pendant les jours de semaine, comme l’explique longuement le discours ‘hassidique intitulé : “ C’est demain Roch ‘Hodech ”, du Tséma’h Tsédek, qui est imprimé dans le Or Ha Torah, Béréchit. Ainsi, se révélera ici-bas, la source la plus élevée, à partir de laquelle : “ Je suis l’Eternel Qui te guéris ”, verset dont les initiales forment le nom d’Iyar(3), comme l’expliquent les écrits du Ari Zal. C’est, en quelque sorte, le contenu de Pessa’h, qui introduit l’intellect parvenu à maturité. Avec mes respects et une double bénédiction, en tout cela, pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Les Rabbanim B. T. M. Y. et Y. M. Wientshuk, de Jérusalem. Voir, à propos de ce dernier, les lettres n°4877 et 5607. (2) Les Matsot de la fête de Pessa’h transmises par le Rabbi. (3) Soulignant ainsi le lien spécifique entre ce mois et la guérison, après que Nissan ait apporté la Matsa, elle-même : “ aliment de la guérison ”.

Lettre n°6809

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6809, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous poursuivez vos études, depuis quelques temps, au séminaire, mais, malgré cela, vous ne parvenez pas à vous rapprocher des autres élèves. Vous restez donc seul, ce qui, bien entendu, a une incidence sur votre moral. De façon générale, vous devez prendre conseil auprès de vos professeurs. Ils vous aideront à déterminer de quelles élèves vous pourrez devenir l’amie, puis comment faire pour qu’il en soit effectivement ainsi. Globalement, pour faciliter l’amitié, vous devez vous dire que nul n’est parfait, que personne ne possède toutes les qualités à la fois et qu’il en est de même pour vous. Vous-même n’êtes pas parfaite et vous ne pouvez donc pas demander à vos amies de l’être, en tout point et dans tous les domaines.

En outre, nos Sages portent témoignage que : “ les filles juives sont belles ” et chacune est appelée : “ fille de Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa ”. Toutes possèdent donc nécessairement de nombreuses qualités. Avec le temps, vous les connaîtrez mieux et leur amitié vous permettra vous-même de vous parfaire. Plus vous méditerez à cette idée, plus il vous sera aisé de vous faire des amies et d’écarter la solitude. Car nos Sages disent : “ Acquiers-toi un ami ”.

Vous faites allusion à un parti que l’on vous a proposé plusieurs fois, mais cela ne s’est pas fait. Pour l’heure, vous devez poursuivre vos études, pendant quelques temps encore, au séminaire. Quand la fin de votre scolarité se rapprochera, Dieu permettra que vous trouviez un bon parti, qui vous conviendra. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, de même que pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Mon secrétariat ne rédige pas en français. C’est la raison pour laquelle ma réponse est écrite dans la Langue sacrée. En revanche, vous pouvez continuer à m’écrire en français, car je lis cette langue.

Lettre n°6810

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6810, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Nissan 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Nissan, dans laquelle vous m’indiquez l’endroit où vous comptez vous rendre pour passer les derniers jours de Pessa’h. Cela est, bien entendu, surprenant. C’est, en effet, le premier Pessa’h que vous passez dans votre communauté(1). Il s’agit, en l’occurrence, de la tête des fêtes, du temps de notre liberté, d’une délivrance d’une extrême à l’autre(2), d’un moment propice, pendant lequel les membres de cette communauté peuvent recevoir une influence particulière et une motivation spécifique. S’il en est ainsi pendant les premiers jours de la fête, combien plus est-ce le cas pour ses derniers jours, pour deux raisons. Tout d’abord, ceux-ci font suite aux premiers jours. En outre, Chevii Chel Pessa’h commémore le passage de la mer Rouge et A’haron Chel Pessa’h figure la dernière délivrance, la venue du Machia’h, comme l’expliquent longuement les causeries de nos maîtres, de même que la Haftara de ce jour(3).

Vous devez donc vous emplir de joie et d’enthousiasme, du fait du grand succès qui a été accordé à vous-même et à votre épouse, la Rabbanit, celui de diffuser les sources(4) au sein de votre communauté et, à partir de celle-ci, dans toute la région. Puisse Dieu révéler pour vous ce succès chaque jour, en particulier pendant les fêtes, surtout à A’haron Chel Pessa’h, afin que vous vous en serviez, de sorte que : “ tu te répandras ”(5), ce qui fait allusion au Machia’h(6) et spécifiquement pendant le repas du roi Machia’h(7). Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même que pour donner de bonnes nouvelles, de ce qui vous concerne, en général et de manière spécifique,

Notes

(1) Dont le destinataire de la présente est le Rav. (2) De l’esclavage à la liberté. (3) Du dernier jour de Pessa’h. (4) De la ‘Hassidout. (5) “ A l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, selon le slogan choisi par le Rabbi pour cette année. (6) Appelé “ le briseur de barrière ”, Porets, de la même étymologie que Oufaratsta, “ tu te répandras ”. (7) A la fin de la journée de A’haron Chel Pessa’h.

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