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Iguerot Kodesh — lettres 6650 à 6669

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6650

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6650, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5719,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

groupement de Boston, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

C’est avec un grand plaisir que j’ai pris connaissance de votre compte-rendu, en particulier dans le domaine de la pureté familiale. Il serait bon que vous contactiez le centre de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, auquel vous transmettrez, en particulier, cette partie de votre compte-rendu d’activité. En effet, on peut sûrement mettre en place une activité identique ou, tout au moins, similaire dans beaucoup d’autres groupements des femmes et jeunes filles ‘Habad. Votre expérience et vos connaissances délivreront un enseignement à chacun de ces groupements, afin de mener une telle action dans sa ville et d’accroître le succès, en la matière, avec l’aide de Dieu.

Que Dieu vous accorde la réussite en tout ce qui vient d’être dit, de même qu’en tous les autres domaines de votre activité, de la manière la plus large, en bonne santé, avec joie et enthousiasme. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6651

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6651, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5719,

Brooklyn,

Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement déjà reçu le courrier que je vous ai adressé, il y a quelques temps. Celui-ci faisait réponse à votre lettre du 11 Tévet, dans laquelle vous me parliez d’une organisation et de témoins. Je réitèrerai donc mon propos. Dieu fasse que vous parveniez, avec succès, à organiser et à renforcer Kfar ‘Habad, ville fondée et dirigée par mon beau-père, le Rabbi. En effet, heureux est le sort de chacun de ceux qui prendront part aux activités publiques de Kfar ‘Habad, car c’est bien ainsi que l’on s’attache et que l’on s’unit à notre chef, mon beau-père, le Rabbi. Lorsque celui-ci vivait physiquement dans ce monde, il assumait sa mission et il en fait de même, à l’heure actuelle. Il appelle la grande miséricorde de Dieu sur tous ceux qui prennent part à ses actions et à ses réalisations. Ceux-ci en recevront une bénédiction accrue, la réussite, la bonne santé du corps et de l’âme, la satisfaction de tous les besoins qui se répartissent en trois domaines, enfants, santé et prospérité. Ils obtiendront tout cela dans la largesse.

Une erreur a pu être faite, de par le passé, mais nos Sages disent qu’on ne doit pas la maintenir et la Torah n’a pas été donnée aux anges. A l’avenir, chacun d’entre vous avancera dans la quiétude, sur la voie royale, celle du Roi du monde, le Saint béni soit-Il. Car, “ les Justes sont à l’image de leur Créateur ” et : “ qui sont les rois ? Ce sont les Sages ! ”, en particulier quand on se trouve dans l’endroit de Rav, en l’occurrence celui de mon beau-père, le Rabbi. Avec joie et enthousiasme, en bonne santé, avec tous les membres de votre famille, vous redoublerez donc d’ardeur pour renforcer Kfar ‘Habad et le développer, dans tous les domaines publics et privés, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Bien entendu, vous avez l’autorisation de publier la présente, de la manière qui convient.

Lettre n°6652

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6652, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tévet 5719,

Brooklyn,

A monsieur C. Druck,

auquel Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 19 Tévet, dont le contenu était le suivant :

A) Dans la prière Ichtaba’h, faut-il lire : “ Roi unique, Dieu ” ou bien : “ Roi, Dieu unique ” ? Il est clair que le terme “ unique ” doit ici être attaché à ce qui le précède ou bien être considéré comme un nom indépendant, n’étant lié ni à ce qui le précède, ni à ce qui le suit, comme c’est le cas dans la prière Barou’h Ché Amar(1).

B) Certains prononcent le Nom Ado-naï en le concluant par un Noun avec un Kamats, mais sans prononcer le Youd. Il est bien évident qu’il s’agit d’une erreur. Et, l’on ne doit pas considérer, comme vous le faites dans votre lettre, qu’il vaut mieux qu’ils agissent par inadvertance(3). En effet, il est certain que, si on leur en explique la raison, ils s’efforceront de réparer tout cela, car ils en ont les moyens.

Je saisis cette opportunité pour vous rappeler la nécessité de garder les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, que celles-ci concernent chacun et qu’elles ont un effet propice, dans différents domaines. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le rite du Ari Zal, on dit : “ Roi unique, Vie des mondes ” en omettant le mot “ Dieu ”, ce qui est une preuve de plus que l’adjectif “ unique ” ne se rapporte pas à “ Dieu ”. Commentant cette formulation du Ari Zal, l’Admour Hazaken explique, dans le Torah Or, à la page 40c : ‘Ce terme de Roi est lié au niveau de l’Unique’. ” (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Péri Megadim, sur le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 5, dans le Echel Avraham, selon lequel le Youd doit, bien au contraire, être accentué ”. (3) Et qu’il ne faut donc pas les mettre en garde, car, s’ils passaient outre à cet avertissement, ils seraient considérés comme commettant une faute délibérément.

Lettre n°6653

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6653, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jeûne du dixième mois(1), qui sera bientôt transformé en joie et en allégresse, dans laquelle vous me dites que vous vous trouvez à la Yechiva Tom’heï Temimim de votre ville depuis un mois et quelques jours. Or, certains aspects de la situation que vous y avez trouvée ne vous satisfont pas. Vous les détaillez dans votre lettre. Vous voudrez bien m’excuser de vous écrire ce qui va suivre. Je voudrais, tout d’abord, vous rappeler l’affirmation de nos Sages selon laquelle le mauvais penchant, bien qu’il soit présenté comme un “ insensé ”, n’en est pas moins habile à sa tâche, laquelle consiste à tenter un Juif. Les hommes ont des personnalités différentes et chacun a donc sa propre approche, en fonction de ses traits de caractère et de sa manière d’être.

Quand un jeune homme décide, par sa propre initiative et malgré les difficultés auxquels il fait face, d’étudier la Torah avec crainte de Dieu, de s’élever dans la pratique des Mitsvot, de se lier à tout ce qui concerne la Torah et ses Mitsvot, bien plus, lorsqu’il a d’ores et déjà commencé à mettre sa décision en pratique, en s’introduisant dans un domaine où l’on met en avant la crainte de Dieu et l’étude de la dimension profonde de la Torah, il est bien clair que s’il(2) se présente a lui en lui demandant de renoncer à sa bonne décision, ce qu’à Dieu ne plaise et de revenir à sa pratique antérieure, il ne tiendra aucun compte de ses avances. Il intervient donc de la manière par laquelle il pense être en mesure de le convaincre. Il lui explique donc que ce n’est pas le bon endroit, pas la bonne façon d’atteindre son objectif. Bien entendu, il s’efforcera d’avancer des arguments logiques et peut-être même les trouvera-t-il, car la perfection n’existe pas, dans le monde. Le bien et le mal sont mélangés, en tout ce qui le concerne, même si, bien entendu, des différences fondamentales existent. Ainsi, au sommet du bien, le mal ne sera qu’un millième ou qu’un dix millième, occupant ainsi une part insignifiante. A l’autre extrême, l’inverse sera malheureusement vrai. Plus le mauvais penchant craint que l’homme réussisse sur la voie qu’il a choisie et dans l’endroit où il se trouve afin d’y mettre en pratique sa bonne résolution, plus il renforce ses avances. De la sorte, comme l’explique le Tanya, les mauvaises pensées et les attaques du mauvais penchant se renforcent pendant la prière, bien plus que pendant le reste de la journée. C’est une évidence.

Peut-être les arguments que vous mettez en avant sont-ils justifiés, au moins pour partie. Les jeunes gens avec lesquels vous étudiez ont peut-être les défauts que vous décrivez, mais l’on peut formuler, à ce propos, l’image suivante. Quelqu’un qui fait du commerce dans le but d’assurer sa subsistance matérielle s’efforcera de trouver, auprès des clients qui viennent le consulter, ce qui lui sera utile pour écouler sa marchandise, afin de lui procurer le plus grand profit. En revanche, il ne mettra pas en avant, auprès de ses clients, les éléments pouvant aller à l’encontre de son objectif. Or, il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Quand un homme se lie à un autre, il doit souligner et mettre en avant l’aspect positif qu’il a en lui, s’efforcer de le raffermir et non l’inverse. Je suis convaincu que, parmi les amis et les jeunes gens de la Yechiva, nombreux sont ceux qui n’ont pas les défauts que vous décrivez, même si, comme tous les hommes qui ne connaissent pas la perfection, ils peuvent encore avoir certains points devant être améliorés ou parfaits. Le meilleur moyen est donc d’apprendre de chacun en considérant ce qu’il a de positif et en se liant à lui, mais non l’inverse. Il en découle que vous devez étudiez, avec constance et ardeur, en vous appuyant sur les jeunes gens que vous côtoyez, à la Yechiva Tom’heï Temimim. Chez ceux qui étudient avec ardeur même s’ils ne prient pas longtemps, vous rechercherez cette ardeur et chez ceux qui prient longtemps et avec émotion, même s’ils n’étudient pas avec ardeur, vous trouverez la manière de prier. Et, nos Sages nous donnent l’assurance que, lorsque l’on fait des efforts, ceux-ci sont couronnés de succès.

Puisse Dieu faire que ces quelques lignes, peu nombreuses compte tenu de l’importance de l’enjeu, exercent leur effet. Vous y méditerez et vous en approfondirez la compréhension, car elles décrivent la réalité telle qu’elle est. Il ne fait pas de doute que mieux vous vous intègrerez à la Yechiva Tom’heï Temimim, mieux vous serez à même, le moment venu, d’exercer une influence sur les autres. Le mérite de ce qui est public vous viendra en aide, afin que vous puissiez surmonter ces prétendues difficultés et connaître la réussite pendant le temps que vous passerez à la Yechiva. Et, vous connaissez la causerie du Rabbi Rachab, publiée dans le Torat Chalom, selon laquelle celui qui doit être un guide spirituel et veut connaître le succès en cela doit, au préalable, recevoir de toutes les façons possibles. Selon l’expression de nos Sages, il sera un réceptacle exempt de tout intérêt accessoire, de toute difficulté pour accepter cette situation, laquelle pourrait émaner de son propre intellect. C’est de cette façon qu’à terme, on devient un guide spirituel.

J’ajoute que plusieurs de vos amis ont sûrement appris que vous avez pris la décision de modifier votre comportement et que vous vous êtes déjà engagé en ce sens. Tout recul leur fournira donc un argument, leur permettra de vous avancer des explications diverses et variées dans le but de vous prouver que votre décision n’est pas la bonne. En effet, leur âme divine leur suggère le remord, comme c’est le cas pour chaque Juif, dès lors qu’eux-mêmes n’ont pas pris la décision, comme vous, de revenir vers la vie véritable, celle de notre Torah, Torah de vie et la pratique de ses Mitsvot desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Pour justifier leur propre position, le moyen le plus aisé consiste, pour eux, à ternir votre propre décision de revenir vers la voie de nos ancêtres, la Torah et la tradition. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Du 10 Tévet. (2) Le mauvais penchant.

Lettre n°6654

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6654, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche. J’y ai lu avec plaisir que vous avez pris part à la réunion ‘hassidique, au jour lumineux du 19 Kislev, Roch Hachana de l’enseignement de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Dieu fasse que s’accomplisse en vous ce qui est le but de chaque réunion, c’est-à-dire qu’elle agisse et que sa trace soit conservée pendant les jours, les semaines, les mois qui suivent, jusque dans l’action concrète, ainsi qu’il est dit : “ craindre Dieu et garder Ses Mitsvot sont toute la finalité de l’homme ”.

Vous me demandez comment renforcer la prière. La Hala’ha, tranchée par le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 98, au paragraphe 2 et par le Ramah, précise qu’avant de prier, soit trois fois par jour, il est nécessaire de méditer à la grandeur de Dieu et à la petitesse de l’homme, même si, bien évidemment, la nature de cette réflexion n’est pas la même avant la prière du matin, qui introduit la journée et qui est longue, ou bien avant celle de Min’ha et Arvit. Pour la même raison, les Pessoukeï de Zimra(1) sont longs, le matin. En outre, il convient de prier avec un Sidour. Et, si le programme de la Yechiva ne permet pas une méditation quotidienne à la signification de tous les mots, il serait judicieux et bon de réfléchir, chaque jour, au moins à un passage, à un verset qui, bien sûr, sera, à chaque fois, différent. De la sorte, au bout d’un certain temps, vous aurez médité à tous les passages, à toutes les parties de la prière(2). Nos Sages nous ont également ordonné de prélever de la Tsédaka, avant la prière, ainsi qu’il est dit “ dans la droiture, je verrai Ta face ”, ce qui veut dire que, grâce à la droiture, Tsédek, “ je verrai Ta face ”.

Comme l’expliquent différents livres, le respect de l’immersion rituelle d’Ezra(3) est très important et il a une influence directe sur la prière et sur son niveau. Même si, selon la stricte mesure de la Loi, cette immersion a été supprimée(4), Rav Haï Gaon, le dernier des Gaonim, mais le premier par sa qualité, précise qu’il en est ainsi pour la Torah, c’est-à-dire pour son étude, mais non pour la prière, comme l’explique aussi Rabbénou Yona sur le Rif, au troisième chapitre du traité Bera’hot, qui conclut : “ Même si la Hala’ha ne retient pas ici une obligation, tous s’accordent pour dire que la prière est plus aisément reçue après une immersion rituelle ”. Les livres de la Kabbala, de la ‘Hassidout et même du Moussar expliquent tout cela longuement.

Vous avez sûrement connaissance des études qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Vous les avez adoptées ou, tout au moins, le ferez-vous à l’avenir. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Les passages précédant les bénédictions du Chema, qui doivent inviter à la réflexion. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6628. (3) Après chaque relation conjugale et, par extension, chaque jour. (4) Elle n’est plus une obligation.

Lettre n°6655

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6655, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission divine, le Rav Yossef A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre de l’issue du Chabbat Parchat Mikets et celle qui la précédait. Vous me décrivez brièvement vos actions sacrées, au sein de la communauté de Gibraltar. Puisse Dieu faire que vous les développiez largement, car nous avons reçu l’Injonction de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté. Et, comme pour tout autre Précepte de Dieu, Créateur du monde, Qui le dirige, les forces et les moyens de s’y conformer vous ont, d’emblée, été accordés, surtout dans les domaines communautaires, lorsque le mérite de ce qui est public vous vient en aide. Dieu fasse donc que vous soyez plein d’empressement, avec joie et enthousiasme, ce qui, en outre, accroîtra le succès de votre action. Et, vous me donnerez de bonnes nouvelles de tout cela.

Bien que vous ne le précisiez pas, j’ai bon espoir que vous avez un temps fixé pour l’étude de l’enseignement profond de la Torah lequel, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. Actuellement, on attend cela(2) de chacun et, combien plus, de ceux qui exercent une influence au sein de leur communauté. En effet, tout ajout personnel aura une incidence sur ses membres et sur toute leur famille. C’est une évidence. Je vous présente mes respects et ma bénédiction de Mazal Tov, à l’occasion de la naissance de votre fils Morde’haï, que vous m’annoncez dans votre lettre. Vous et votre épouse l’éduquerez à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Vous parlez de vos efforts pour fonder une école secondaire. Néanmoins, les études y seront mixtes(3), ce qui n’est pas le cas actuellement(4). Si l’étude dans les écoles publiques n’oblige pas les élèves à transgresser le saint Chabbat, ce qu’à Dieu ne plaise, il est donc préférable, pour l’heure, de ne rien faire(5).

Notes

(1) Le Rav Y.A. Pitsipitsi, de Gibraltar. Voir, à ce sujet, les lettres n°4905 et 6979. (2) Fixer un temps pour une telle étude. (3) Les garçons et les filles seront mélangés. (4) Peut-être dans l’école primaire. (5) De ne pas créer une telle école.

Lettre n°6656

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6656, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission sacrée, le Rav Zeév(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 15 Tévet, dans laquelle vous rappelez les propos du Rachbam, sur le verset(2) : “ Dan jugera ”, soulignant que Chimchon n’en perçut pas toute la signification profonde(3). Vous rappelez pourtant que de nombreux Midrashim de nos Sages(4) adoptent effectivement une telle interprétation.

Voici ce que veut dire le Rachbam. Les explications des Sages appartiennent à la partie analytique de la Torah, le Drouch, mais non à son sens simple, le Pchat. Le Rachbam précise plus clairement le lien de tout cela dans son commentaire de la Torah, au début de la Parchat Vayéchev, que vous consulterez. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav Z.Weber, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5386. (2) Vaye’hi 49, 16. (3) Cette prophétie s’applique à Chimchon, qui vengea son peuple des Philistins et jugea tout Israël, uni devant lui. (4) Midrash Tan’houma, chapitre 12 et Midrash Béréchit Rabba, chapitre 99, paragraphe 11.

Lettre n°6657

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6657, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5719,

Hilloula de l’Admour Hazaken,

auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h,

Brooklyn,

A monsieur Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre avec plaisir et j’y ai constaté votre intérêt pour le chant du peuple d’Israël, en général, pour celui des ‘Hassidim et des ‘Hassidim ‘Habad, en particulier. Vous décrivez la situation, en ce domaine et vous constatez la raréfaction de tels chants, ces dernières années, dans les apparitions publiques des différentes chorales. Bien entendu, votre réaction est juste et il est clair qu’une telle constatation est douloureuse. Elle est en deux directions. D’une part, ce qui est bon manque. D’autre part, il est remplacé par ce qui n’est qu’accessoire ou parfois même nuisible. Or, c’est précisément la ‘Hassidout ‘Habad qui souligne l’importance du chant et de la mélodie, comme l’établissent différents textes, dont une large partie a été compilée dans l’introduction du Séfer Ha Nigounim, paru aux éditions Kehot(2). Vous possédez sûrement cet ouvrage.

Ce qui vient d’être dit établit également que, sur le principe, votre proposition de retravailler quelques mélodies de ‘Habad à l’usage des chorales est très positive. Mais, si l’on observe ce qui est fait dans ce domaine, en cette période troublée, il y a tout lieu de craindre, que cette retouche en modifiera la forme et le contenu, peut-être au moins même que l’inconvénient surpasse l’avantage. Pour notre malheur, quand on retravaille différents points de notre sainte Torah et ceux de la ‘Hassidout, on obtient un résultat qui est dommageable. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de citer des preuves ou des illustrations de tout cela. En effet, votre lettre indique que vous êtes en contact direct avec la jeune génération.

En tout état de cause, mes propos ne sont en aucune façon un rejet de votre proposition, mais plutôt une question posée, une demande d’un conseil spécifique, d’une manière d’agir qui permettra d’écarter ce risque. Vous parlez aussi d’un texte qui convient pour ces chants. Il y a là une complication de plus. En effet, ce texte doit être en rapport avec la mélodie et l’état d’esprit de ceux qui la chantent. Or, une telle adaptation n’est pas toujours possible. Et, il existe des textes qui définissent cette signification, mais le font, cependant, d’un autre point de vue. Car, la parole limite le chant, lequel est, par lui-même, plus souple. Bien souvent, il cumule de nombreux commentaires, ce qu’un texte ne peut faire. J’aimerais savoir quelle est votre fonction, auprès des jeunes, dans ce domaine et si vous publiez, à ce propos. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) M. I. Adel, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6824. (2) Reprenant les partitions et des commentaires sur toutes les mélodies ‘hassidiques.

Lettre n°6658

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6658, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Zot ‘Hanouka(1) et vous consulterez le discours ‘hassidique intitulé : “ Béni soit Celui Qui a fait des miracles ”, du Tséma’h Tsédek, précisant l’importance et la valeur de ce jour. Vous me dites que vous êtes victime de la compétition entre les érudits. En effet, vous jalousez vos amis qui ont plus d’ardeur que vous à l’étude. Pour autant, vous êtes motivé à l’étude de la Torah, avec ardeur et constance.

Je suis surpris par la formulation de votre lettre. En effet, nos Sages disent, au traité Baba Batra 22a, que “ la compétition entre les érudits multiplie la sagesse ”(2). Vous devez donc cultiver ce caractère, afin de favoriser l’ardeur et la constance. De la sorte, votre succès dans l’étude en sera accru. En outre, la valeur d’une telle situation peut être déduite du verset : “ Et, Ra’hel fut jalouse de sa sœur ”(3), comme le commente le saint Zohar, tome 2, à la page 126b, que vous consulterez. Vous verrez également le Or’hot Tsaddikim, à la porte 14 et vous trouverez un long commentaire, à ce propos, dans le Or Ha Torah du Tséma’h Tsédek, à la Parchat Vayétsé, sur le verset précédemment cité. Et, le sage d’entre tous les hommes(4) dit clairement : “ Que ton cœur ne jalouse pas les fautes, mais seulement la crainte de Dieu, tout au long du jour ”.

Vous précisez, dans votre lettre, que vous avez appris des concepts de la ‘Hassidout. J’ai donc bon espoir que, conformément à l’Injonction selon laquelle on doit connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté, vous développez cette étude, y compris avec élan et ardeur. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Vous avez sûrement connaissance des trois études fixées, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le dernier jour de cette fête. (2) Grâce à l’émulation. (3) Qui avait enfanté avant elle, ce qui est une jalousie positive, la conduisant à souhaiter encore plus fortement avoir elle-même un enfant. (4) Le roi Chlomo.

Lettre n°6659

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6659, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 17 Tévet. Vous envisagez une collaboration avec les jeunes de l’association ‘Habad et vous me dites que vous vous êtes gardé d’exercer des pressions sur eux. Votre approche est, bien entendu, la bonne. Quand on évite de faire des pressions sur quiconque, l’action est plus enthousiaste et nos Sages constatent que : “ un homme préfère une mesure lui appartenant, à neuf mesures de son ami ”. Pour autant, ceci concerne seulement la manière de les influencer. A l’opposé, l’existence d’une telle influence est indispensable, car il est dit que : “ le salut provient des nombreux conseillers ”. Combien plus en est-il ainsi dans les relations entre les jeunes et les anciens et l’on sait ce que disent nos Sages, à ce propos. Il est différentes façons, diverses voies, y compris des voies agréables, pour transmettre cette influence et cet enseignement, en sorte que celui qui adopte une idée pense qu’il l’a introduite de sa propre initiative.

Vous envisagez de correspondre avec votre élève. Il est clair que cela ne suffit pas. Vous trouverez sûrement un moyen de lui écrire, appelant une réponse de sa part. En effet, le simple fait de devoir répondre à quelqu’un suscite l’ajout, l’effort pour que la situation procure de la satisfaction à celui à qui l’on doit rendre compte. Il serait également judicieux de trouver, parmi vos amis ici, quelqu’un qui pourrait s’adresser à lui de vive voix, bien entendu d’une manière diplomatique, sans qu’il sache que la demande et l’initiative émanent de vous. Même si l’intervention de vos amis n’est pas réellement déterminante, même si elle ne porte pas sur des points fondamentaux, ceci n’en aura pas moins un impact, par le mérite de la proximité géographique. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°6660

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6660, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Moché(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jour au cours duquel deux fois fut dit le mot bon(2), avec ce qui y était joint. En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse, à laquelle Dieu accordera longue vie, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun de vous obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous m’écrivez. J’espère qu’à réception de la présente, votre épouse sera pleinement rétablie. S’agissant de son état de santé, vous devez consulter deux médecins spécialistes dans ce domaine et vous conformer à leurs prescriptions. En effet, “ la Torah a autorisé le médecin à guérir ”. Combien plus est-ce le cas quand il y en a deux. Différents passages du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, établissent la force de ce principe.

Et, Celui Qui fait vivre la vie élargira Sa bénédiction et Sa réussite, en tous vos besoins et en ceux de votre épouse. Ainsi, pour de longs jours et de bonnes années, vous renforcerez votre engagement en la Torah et les Mitsvot, en particulier en l’étude de la ‘Hassidout et surtout de la ‘Hassidout ‘Habad. On confère un mérite à un jour propice. Or, cette date(3) est celle de la Hilloula de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav M.Shayevitch, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°6616. (2) Lors de la création, c’est-à-dire son troisième jour, le mardi. (3) Le 24 Tévet.

Lettre n°6661

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6661, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Passant d’un sujet à l’autre, vous m’annoncerez enfin une nouvelle qui concerne votre domaine, un domaine essentiel, le premier qui est mentionné dans la Torah. A ce propos, est bien connu l’enseignement des premiers ‘Hassidim, d’après certains au nom de l’Admour Hazaken, selon lequel “ l’ordre de la Torah en est partie intégrante ”(1).

Cette première Mitsva est : “ Croissez et multipliez ”. Ainsi, un Juif doit “ faire ” un autre Juif(2). Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Ce qui est énoncé en premier a donc la préséance. (2) Lui donner naissance spirituellement, le rapprocher de la Torah et des Mitsvot.

Lettre n°6662

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6662, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ephraïm Eliézer(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken. J’y ai lu avec plaisir que vous allez mieux et l’on peut répéter, de nombreuses fois, les paroles de son maître, tout comme il est dit : “ tout l’est s’est éclairé à ‘Hévron ”(2). En l’occurrence, “ que l’on aille du bien vers le mieux ”(3), dans tous les domaines que vous mentionnez.

Vous faites référence au jet de liquide et à la pente. Vous savez sans doute que ces notions sont définies dans le commentaire de la Michna du Tséma’h Tsédek et dans le Chaar Ha Milouïm. Vous citez également la version de ce texte qui dit : “ trois pas ”. De fait, on peut indiquer plusieurs références associant le chiffre trois aux pas(4). S’agissant du niveau de Moché(5), par rapport aux cinq parties(6) que sont les Néfech, Roua’h, Nechama, ‘Haya, Ye’hida(7), vous consulterez les écrits du Ari Zal mentionnés plus bas(8). Vous y trouverez une longue explication à propos de l’expression : “ Il s’écarta pour voir ”, relative au verset : “ je m’écarterai et je verrai ”(9). Et, l’on connaît la causerie de mon beau-père, le Rabbi(10), dont le mérite nous protégera, qui est imprimée, à ce sujet. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°6582. (2) Phrase que l’on répétait chaque matin, dans le Temple, afin de constater le lever du jour tout en invoquant le mérite des Patriarches, qui reposent à ‘Hévron, afin d’effectuer le sacrifice perpétuel du matin. (3) Telles sont les “ paroles du maître ” desquelles il était question au préalable, en l’occurrence celles du précédent Rabbi. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, en particulier, le traité Sanhédrin 96a, d’après le Torah Or, à la page 31c, le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 43, paragraphe 3, avec la longue explication de Rabbi ‘Haïm Vital qui figure, en particulier à la fin du ‘Hessed Le Avraham, le Zohar, tome 3, page 307b. Voir aussi le Midrash Maassé Torah. ” (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°6273. (6) Qui constituent l’âme juive. (7) Soit la partie végétative de l’âme, sa partie émotionnelle, sa partie intellectuelle, la force qui la transcende et son essence profonde. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans la porte des versets du Séfer Ha Likoutim et dans le Likouteï Torah du Ari Zal ”. (9) Chemot 3, 3. (10) Voir le Séfer Ha Si’hot 5702, à la page 47.

Lettre n°6663

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6663, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 19 Tévet, dans laquelle vous m’indiquez que certains se demandent s’ils doivent écrire(1) pour faire état de leurs manques. Vous précisez qu’il y a eu d’âpres discussions, à ce sujet. Je suis très surpris qu’il puisse y avoir un doute, en la matière, car j’ai déjà écrit plusieurs fois, à ce sujet, en précisant qu’en tout état de cause, certains transmettent effectivement ces nouvelles. Néanmoins, quand ils le font, celles-ci émanent alors de personnes extérieures et elles sont donc exagérées, ce qui a la conséquence opposée à celle qui est recherchée par les personnes souhaitant les taire(2).

Mais, la raison essentielle de ma surprise est la suivante. Nous avons reçu de nos saints maîtres une instruction claire selon laquelle il faut analyser de telles idées, établir quelle est leur origine, savoir s’il y a un doute, à ce sujet, comme le dit le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan, le critère étant ce qui sera ajouté ou retranché aux éléments utiles à l’action concrète et au service de Dieu. Or, il ne fait pas de doute qu’un homme qui sait ne pas avoir à rendre compte de ses manques dans un certain endroit(1) ne réduira pas ces lacunes et ces défauts, bien au contraire. C’est une évidence. Peut-on imaginer, à ce propos, affirmation plus claire que celle de nos Sages, qui demandent : “ puissiez-vous craindre Dieu comme vous craignez un homme de chair et d’os ” ?

Puisse Dieu faire qu’il soit de moins en moins nécessaire d’écrire de telles choses, non pas à cause de ce raisonnement qui n’a pas lieu d’être, mais bien parce que les manques et leur cause diminueront, jusqu’à disparaître complètement, comme l’explique Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 26. On écrira donc des lettres détaillées, non pas pour obtenir des clarifications, mais pour multiplier les lumières. C’est une évidence. Vous évoquez ce qui doit encore être réparé. Sans doute le soulignerez-vous encore et encore(3), d’autant que la formulation courante, à ce propos, est : “ Tu feras des reproches, cent fois s’il le faut ” et il ne s’agit pas là d’un chiffre exagéré, comme le disent le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 156, au paragraphe 7 et ses commentaires. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Au Rabbi. (2) Qui désirent les étouffer, alors que, bien au contraire, elles sont exagérées. (3) A ceux qui ont les moyens d’une telle réparation.

Lettre n°6664

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6664, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken, dont le mérite nous protégera. Vous envisagez une visite au Canada et également à New York. De façon générale, cela n’est pas exclu, d’autant que vous faites état d’une forte nostalgie(1), mais, si vous pensez aussi à New York, il faudra faire en sorte que la date de votre visite corresponde à une réunion ‘hassidique(2) ou bien à une fête. Vous savez que l’on peut alors prendre plus et conserver ce que l’on a pris pendant toute l’année.

Dieu fasse que vous preniez la meilleure décision, d’un bien visible et tangible, que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de l’action de l’un et de l’autre(3), chacun en son domaine, afin de renforcer et de développer la ‘Hassidout dans la plus large part. Vous le ferez en bonne santé. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous m’écrivez.

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre se trouvait auparavant auprès du Rabbi. (2) Du Rabbi. (3) Le destinataire de cette lettre et son épouse.

Lettre n°6665

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6665, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken et à celle qui la précédait. Vous me dites que vous avez pu reconstituer votre ascendance(1) et vous établissez un lien avec l’affirmation du Tanya, à la fin du second chapitre, selon laquelle : “ il n’est pas de Néfech, de Roua’h ou de Nechama(2) qui n’ait pas un vêtement(3)… ”.

Des générations se sont écoulées depuis lors(4) et, parmi celles-ci, certains, à n’en pas douter, sont parvenus à la Techouva. Ils ont regretté ce qui s’est passé et ils en ont ainsi effacé la trace. Pour autant, vous soulevez cette question et vous me demandez comment réparer ce qui s’est passé. Or, différents textes établissent qu’une telle réparation doit porter sur le domaine où le manque a été constaté. En l’occurrence, il vous faut faire des efforts, un grand effort, à la mesure du préjudice causé, afin de diffuser les sources(5) à l’extérieur. En tout état de cause, chacun est tenu de mener pareille action et il s’agit donc uniquement ici de vous conseiller et de vous en montrer l’importance. Puisse Dieu faire que vous m’en donniez de bonnes nouvelles. Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre venait de découvrir qu’il était le descendant d’un homme peu recommandable. (2) Les trois premières parties de l’âme, à l’origine de la vie végétative, de la vie émotive et de la vie intellectuelle. (3) Moral qui lui est conféré par la sanctification des parents, lors de la conception. (4) Depuis l’ancêtre découvert par le destinataire de cette lettre. (5) De la ‘Hassidout.

Lettre n°6666

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6666, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Yaakov(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Tévet, avec ce qui y était joint. En plus de ce dont nous nous entretiendrons au téléphone, sans en faire le vœu, je voudrais souligner ici un point concernant ce que vous m’écrivez, conformément au dicton bien connu de l’Admour Hazaken selon lequel on doit vivre avec la Sidra de la semaine(2). Celle-ci(3) parle, en l’occurrence, d’un dur labeur, d’un âpre esclavage.

A ce propos, le Torah Or, dans les commentaires de la Parchat Chemot, le Or Ha Torah du Tséma’h Tsédek et d’autres textes, se basant sur le saint Zohar, soulignent que tous les événements décrits par cette Sidra ont un équivalent moral. Ainsi, comme cela est expliqué, le dur labeur est la question que l’on se pose pendant l’étude, le mortier est le raisonnement “ a fortiori ”, tous les travaux du champ sont la Boraïta(4) et les briques sont l’éclaircissement de la Hala’ha.

Cette conception(5) est bien plus agréable et la récompense en est bien plus importante. C’est une évidence. Il me semble que, dans le contenu de la Parchat Chemot, il est également question de tout cela, au moins brièvement. Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, pour un Chabbat joyeux, un Roch ‘Hodech joyeux et pour en conserver la joie pendant toute la semaine et tout le mois.

Notes

(1) Le Rav Y.Kats, de Chicago. Voir, à son sujet, les lettres n°5523 et 6987. (2) L’Admour Hazaken dit : “ On doit vivre avec le temps ”. (3) La Parchat Vaéra. (4) Les enseignements des Sages de la Michna qui n’ont pas été inclus dans le texte de la Michna. (5) Remplaçant le matériel par le spirituel.

Lettre n°6667

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6667, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tévet 5719,

Brooklyn,

A monsieur Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, la lettre qui m’a été écrite, de votre part, par le distingué ‘Hassid, aux multiples accomplissements et aux bons comportements, plein d’empressement, monsieur A. Bin Noun(2). Celle-ci précise que vous avez la bonté de faire don d’un terrain à ‘Habad, afin d’y bâtir des écoles professionnelles et des habitations pour les travailleurs et les élèves. Votre bonne volonté fait la preuve qu’il est inutile de vous décrire longuement l’importance de donner une bonne éducation à la jeune génération, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, une éducation dans l’esprit de ‘Habad, basée sur l’enseignement de la ‘Hassidout et sur le principe selon lequel l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour du peuple d’Israël ne font qu’une seule et même entité. Sans doute me donnerez-vous d’autres précisions sur ce terrain et sur l’adéquation de l’endroit où il est situé, dans l’optique de la construction d’une école professionnelle spécifique, ou bien si cela n’a pas d’incidence. Je veux dire que plusieurs catégories d’écoles professionnelles ont, en outre, besoin d’un autre terrain, près de leur bâtiment, afin de pouvoir fonctionner de la meilleure façon. Vous me donnerez également les autres détails qui sont importants pour un tel accomplissement(3). Le troisième paragraphe de votre lettre, en particulier, souligne que vous êtes prêt à donner tout de suite une partie de ce terrain afin d’y bâtir ces institutions(4). Il est donc d’autant plus nécessaire de disposer de ces informations. En la matière, chaque détail de plus revêt une grande importance.

Puisse donc Dieu faire que le mérite de cette immense réalisation vous protège, en tous vos besoins, en général et surtout pour que vous ayez de longs jours et de bonnes années, qui seront, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, “ bonnes à tous les sens du terme ”. J’ai entendu mon beau-père, le Rabbi, dire, à différentes reprises, que d’une rencontre entre deux Juifs, doit découler du bien pour un troisième Juif, en plus du bien de l’un et de l’autre. Je me permets donc de vous souligner la nécessité d’un ajout à la Torah et aux Mitsvot, y compris dans votre vie privée. En effet, le bien et la sainteté ne connaissent pas de limite. Aussi bonne que puisse être votre situation, il reste donc toujours possible de l’améliorer, car un homme est incapable de parvenir au terme de ce qui est infini. Et, s’il en est ainsi même en dehors d’Erets Israël, combien plus est-ce le cas dans le pays que les hommes du monde entier qualifient de Terre Sainte.

Une Mitsva en attire une autre et la bonne volonté dont vous faites preuve, concernant ce terrain en votre possession entraînera effectivement l’ajout dans vos besoins moraux, en ce qui concerne la Torah, Torah de vie et ses Mitsvot desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Je vous adresse mes respects et ma bénédiction afin que vous connaissiez la réussite dans tous les domaines, en particulier pour que soit positivement exaucé le souhait de votre cœur(5), en bonne santé, pour de longs jours et de bonnes années,

M. Schneerson,

Notes

(1) M. Kats, de Raanana. (2) Le Rav Alexander Zisel Bunin Bin Noun, de Raanana. Voir, à son sujet, les lettres n°6605, 6668 et 6693. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°6668. (4) Le reste étant un leg. (5) Peut-être celui d’avoir un enfant.

Lettre n°6668

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6668, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume

une mission sacrée, le Rav Alexander Zoussya(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 21 Tévet, qui m’informait de la bonne volonté de monsieur Morde’haï, à propos de ses terrains. Vous trouverez ci-joint une lettre qui lui est adressée(2). Sur la question proprement dite, il est clair que ceci soulève plusieurs difficultés, même si, comme vous l’écrivez, cet homme accepte de donner une partie de ses terrains afin d’y bâtir les institutions, déjà de son vivant, puisse-t-il avoir de longs jours et années. L’utilité d’une telle parcelle n’est cependant pas clairement établie. Peut-on y construire uniquement une école professionnelle ou bien également des habitations, comme il le dit ? En outre, il est plusieurs catégories d’écoles professionnelles et certaines ont besoin d’un terrain pour qu’on y travaille de la manière qui convient et pour que cette institution puisse remplir sa mission.

De même, on peut s’interroger sur la ville de Raanana. En effet, pour le succès de cette entreprise, il faut que ceux qui y travaillent habitent à proximité et, si le salaire de l’école ne suffit pas à assurer leur subsistance, ils doivent avoir le moyen de compléter leur salaire. Cela sera-t-il possible à Raanana ? En outre, la ville est-elle bien desservie et l’environnement est-il agréable ? Je vous remercie d’avance de répondre à toutes ces questions. Vous me ferez part des qualités et des défauts, en la matière. Pour des raisons évidentes, je n’ai pas voulu inclure ces questions dans la lettre que j’ai écrite à cet homme.

Je suis surpris que vous ne m’ayez pas accusé réception de la lettre relativement détaillée que je vous ai adressée il y a quelques mois

et que vous avez sûrement reçue en son temps. De même, vous ne me dites rien de l’état de santé de votre épouse. J’espère qu’elle va mieux, ce qui inclut également son moral, aspect essentiel. En outre, j’espère que vous avez participé à la réunion ‘hassidique du jour lumineux du 19 Kislev, le Roch Hachana de l’enseignement de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav A.Z. Bunin Bin Noun, de Raanana. Voir, à son sujet, les lettres n°6490, 6693 et la lettre précédente. (2) Il s’agit de la lettre n°6667.

Lettre n°6669

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6669, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Chevat 5719,

Brooklyn, New York,

A tous les participants au dix neuvième dîner annuel

du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Ce dîner, qui aura lieu le 2 Chevat, sera célébré à proximité de deux dates importantes de ce mois, ayant une signification particulière pour les Yechivot, en général, pour les Yechivot Tom’heï Temimim, en particulier.

*

*

*

La Torah nous raconte, au verset Devarim 1, 3, qu’en un premier jour du mois de Chevat, Moché notre maître commença à prononcer le livre de Devarim, le Michné Torah, devant tous les enfants d’Israël. Celui-ci avait une signification particulière et il constituait une préparation, à la veille de l’entrée en Erets Israël. A l’époque, les enfants d’Israël quittaient un endroit dans lequel ils avaient vécu pendant de nombreuses années, délivrés de tout soucis matériel. Tous leurs besoins, leur nourriture, leurs vêtements, le toit qui était au-dessus de leur tête, leur venaient de Dieu, sous la forme de la manne, du puits et des colonnes de nuée. Avant d’entrer dans un pays, dans un lieu où ils devaient vivre, labourer, semer, récolter, se consacrer à toutes les préoccupations du monde, ils avaient besoin de forces morales particulières et d’une mise en garde, afin que le monde matériel ne les rende pas grossiers, bien au contraire qu’ils soient en mesure d’y introduire la sainteté, de réaliser son affinement et son élévation, dans leur entourage. De la sorte, la matière deviendrait spiritualité, grâce à la Torah, aux Mitsvot, à la Tsédaka et aux bonnes actions.

Or, tel est également le but des Yechivot, en particulier en ces dernières générations. Certains font l’erreur de penser que ces institutions forment des rabbins, des Cho’hatim et d’autres cadres religieux, alors qu’en réalité, elles forment surtout de “ simples ” Juifs. Avant d’entrer dans le monde et de fonder une famille, un commerce, ceux-ci doivent, au préalable, se “ gaver ” et se pénétrer de Torah et de crainte de Dieu. Par la suite, se trouvant dans le monde, ils sauront apporter l’élévation à leur entourage en transmettant aux autres Juifs l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour d’Israël, dans l’existence quotidienne.

*

*

*

Le dixième jour de Chevat est la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, directeur de la première Yechiva Loubavitch, qui fut fondée par son père, le Rabbi Rachab, il y a soixante deux ans. Grâce à lui, cette Yechiva a été transférée aux Etats-Unis, il y a dix neuf ans. Dans les Yechivot Tom’heï Temimim d’Amérique également, mon beau-père, le Rabbi, s’est fixé l’objectif qui vient d’être défini. Tout en formant des élèves, grands dans la partie révélée de la Torah et grands dans la ‘Hassidout, son but essentiel fut qu’ils fassent don d’eux-mêmes pour l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour d’Israël, ces sentiments prenant la forme d’actions concrètes. Et, il connut la réussite en tout cela, comme on peut le constater chez les élèves de la Yechiva, aux quatre coins du monde.

Dans l’optique de la Hilloula, le 10 Chevat, de celui qui fonda le centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch en Amérique, chacun et chacune saura assurément éveiller en lui les forces nécessaires pour soutenir ces Yechivot de la manière la plus large. De la sorte, on recevra les bénédictions divines, pour lesquelles celui dont nous célébrons la Hilloula invoque la miséricorde divine et qu’il révèle pour chacun et chacune de ceux qui prennent part au renforcement et au développement de ces saintes institutions, fondées par lui, avec leurs enfants et tous les leurs, auxquels Dieu accordera longue vie. Avec mes respects et ma bénédiction,

M. Schneerson,

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