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Iguerot Kodesh — lettres 6630 à 6649

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6630

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6630, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Moché ‘Haïm Ephraïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la cinquième lumière(2). Vous faites référence au Juste, le grand Rav et ‘Hassid, Rav Chmaryahou Noa’h Schneersohn de Babroysk. Voici ce que je sais de lui. Tel était effectivement son nom. Il était le petit-fils du Tséma’h Tsédek. Il quitta ce monde le 15 Tévet 5683(3) et il est enterré à Babroysk. Ses petits-enfants, que Dieu leur accorde longue vie, résident actuellement en Terre Sainte, à Tel Aviv et ils préparent la publication de ses responsa, de ses discours et de ses commentaires de ‘Hassidout.

Vous me parlez également du Juste, le grand Rav Chlomo Zalman de Kapoust. Vous consulterez, à son propos, le livre Beth Rabbi, tome 3, à la fin du chapitre 8. De fait, son auteur le connaissait personnellement. Il écrit : “ Il portait le saint nom de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et celui de son grand-père, le ‘Hassid Rav Chlomo Freyda’s. A différentes reprises, il signa d’un seul de ses prénoms, ou bien Chlomo Zalman ou encore C. Zalman. Une fois, on a pu observer qu’il avait signé : Chlomo C. Zalman. Il quitta ce monde le 27 Iyar 5660(4). Son fils unique était le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Yehouda Leïb, qui ne fut pas un Rabbi, mais tirait sa subsistance du commerce. ”

Par envoi séparé, vous a été adressé le recueil Hayom Yom, au début duquel figure la généalogie de ces personnes et, plus généralement, celle de toute la famille de l’auteur du Tanya. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.H. E. Bloch, du Bronx. (2) De ‘Hanouka. (3) 1923. (4) 1900.

Lettre n°6631

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6631, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se

consacre aux besoins communautaires,

assume une mission sacrée,

le Rav Yehouda Zera’hya, Morde’haï Leïb ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la cinquième lumière(2). En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun d’eux obtienne la satisfaction de ses besoins, en fonction de ce que vous m’écrivez.

Vous m’interrogez sur le discours ‘hassidique intitulé : “ Nous expliquerons maintenant ”, qui est publié dans le Torah Or, Parchat Vayéchev, à la page 29d, selon lequel les multiples offrandes permettent de révéler ici-bas la Lumière infinie de Dieu, en tous les sacrifices que l’on effectue par la suite. Vous vous demandez ce que sont ces multiples sacrifices révélant la Lumière de Dieu, puisque, par rapport à Lui, tout est insignifiant. Or, différents textes de notre sainte Torah soulignent qu’en pareil cas, comme pour tout ce qui concerne le service de Dieu, en général, il ne suffit pas d’agir “ de tout ton cœur et de toute ton âme ”. Il faut, en outre, Le servir “ de tout ton pouvoir ”, faute de quoi “ on ne fait(3) pas la volonté de Dieu ”, pour reprendre l’expression du traité Bera’hot 35b. C’est, en effet, le “ pouvoir ” de l’homme qui met en évidence celui de Dieu, comme l’établissent différents textes. Car, telle est bien la mesure du Saint béni soit-Il, répondant à celle de l’homme. Et, il en est également ainsi pour ce qui fait l’objet de notre propos. En intensifiant et en multipliant toutes les actions de l’homme, on développe les bénédictions célestes, au-delà de la situation normale.

Vous me demandez quelle est la supériorité des sacrifices offerts par les chefs de tribu, du fait de laquelle ils ont été qualifiés de “ grandes offrandes ”. Le discours ‘hassidique précédemment cité répond à cette question, traitant des plateaux d’argent, des bœufs, des agneaux et des boucs. Sur l’ensemble de ce sujet, vous consulterez également le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parchat Nasso. Ce texte commente, en outre, d’autres aspects des offrandes des chefs de tribu. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.Z. M. L. H. Segal, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6313. (2) De ‘Hanouka. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera, à ce propos, le discours ‘hassidique précédent celui qui vient d’être cité, dans le Torah Or ”.

Lettre n°6632

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6632, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Guerchon Mendel(1) et son épouse, la Rabbanit,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement les actions que vous avez menées, ces jours passés. Dans votre prochain courrier, vous m’exposerez sûrement les termes des échanges qui vous ont opposés aux membres de la communauté, la manière dont ils ont mis en pratique leurs possibilités théoriques et votre façon actuelle d’agir, au sein de cette communauté. Puisse Dieu faire que tout ceci connaisse une grande réussite, que votre action soit méthodique, envers les hommes, les femmes et les enfants. En effet, le mérite de ce qui est public vous vient en aide et vous disposez des bénédictions de nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera.

Sans doute vous intéressez-vous également à la possibilité de publier quelques récits sur le Judaïsme et la ‘Hassidout dans les périodiques qui sont lus par nos frères, les enfants d’Israël. Bien entendu, la traduction de ces textes (2) devra prendre en compte la mentalité des lecteurs de chaque journal en particulier(3). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, dans la joie et l’enthousiasme,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav G.M. Garelik, de Milan. Voir, à son sujet, la lettre n°6614. (2) En Italien. (3) Avoir une formulation adaptée à son lectorat.

Lettre n°6633

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6633, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples

accomplissements, se consacrant aux besoins de la

communauté, le Rav Naftali(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Tévet. Je suis surpris que vous ne me confirmiez pas avoir reçu la mienne, qui répondait à votre précédent courrier. Vous envisagez encore une fois l’organisation d’une promenade(2) pendant ‘Hol Ha Moéd Pessa’h, qui approche. Selon votre programme, celle-ci doit durer deux jours et vous espérez qu’elle favorisera la diffusion des Conversations avec les jeunes(3) et, plus généralement, de votre action. Or, à mon sens, une promenade à Pessa’h soulève de nombreuses difficultés, à cause des pratiques plus rigoristes de cette fête. Comme vous espérez, de nombreux jeunes y participeront et elle sera donc d’autant plus difficile à organiser, surtout pendant une année de Chemitta. En conséquence, si vous décidez qu’une telle promenade doit encore une fois être envisagée, il serait bon de ne pas la fixer à Pessa’h.

Sur la question proprement dite, vous disposez sûrement du bilan de la précédente promenade ou, tout au moins, l’établirez-vous maintenant. Vous me le communiquerez et il sera alors possible de formuler un avis, en la matière. Vous mentionnez également les Conversations avec les jeunes et il me semble qu’une lettre vous a été adressée, à ce propos, par le Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h.

Votre sort est heureux puisque vous dirigez cette activité qui, à n’en pas douter, rapproche les cœurs de nombreux Juifs de notre Père Qui se trouve dans les cieux, de Sa Torah et de Ses Mitsvot. Il n’est pas de mots pour en expliquer l’importance, surtout d’après le dicton de l’Admour Hazaken, selon lequel : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est le réceptacle de : “ Tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”. Or, cet amour de Dieu est le fondement de toutes les Mitsvot, puisqu’il est à l’origine des deux cent quarante huit Injonctions de la Torah, parmi lesquelles figure la crainte de Dieu, source des trois cent soixante cinq Interdits. Je vous réitère ma bénédiction pour que vous et votre épouse éduquiez votre fille à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, en bonne santé et en connaissant l’opulence dans tous les domaines. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav N.Kraus, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6075. (2) Pour les enfants. (3) Publication Loubavitch destinée à la jeunesse.

Lettre n°6634

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6634, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au Juste, Rav et ‘Hassid, issu d’une illustre famille,

le Rav Moché(1) Chlita Ha Lévi,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche et il me semble que, ces jours-ci, une réponse vous a été adressée par la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim. A cette occasion, je vous accuse réception de votre livre Ech Dat, tome 6. Puisse Dieu faire que, pendant de nombreuses années encore, vous redoubliez d’ardeur en la Torah.

Puisse Dieu faire également que vous renforciez le point le plus essentiel, qui est l’impérieuse nécessité, pour chaque Juif, d’étudier l’enseignement profond de la Torah. Celui-ci, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. Bien plus, une telle étude doit en permettre la compréhension, comme c’est systématiquement le cas pour la Loi orale. En ce qui la concerne, en effet, la perception intellectuelle est indispensable pour que l’on puisse parler d’étude. Vous consulterez, à ce sujet, le Maguen Avraham sur le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 50, qui est cité par le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Vaykra, dans le discours ‘hassidique intitulé : “ Ne supprime pas ”, à la page 5b.

Et, l’on connaît les propos passionnés de Rabbi ‘Haïm Vital, dans son introduction au Chaar Ha Hakdamot(2). On trouve aussi un long développement du Rabbi Rachab, sur le même sujet, dans son Kountrass Ets ‘Haïm. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’ajouter quoi que ce soit. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.Epstein, de Tel Aviv. (2) Expliquant la nécessité d’étudier la dimension profonde de la Torah

Lettre n°6635

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6635, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham Zoucha(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, avec ce qui y était joint. En un moment propice, celle-ci sera lue près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Nous sommes dans le mois de Tévet(2), duquel il est dit que : “ le corps prend plaisir au contact avec un autre corps(3) ”. Comme on l’a rappelé au cours de la réunion ‘hassidique, à laquelle, me semble-t-il, vous participiez, nos Sages disent que : “ A’hachvéroch, c’est le Saint béni soit-Il ”, Qui possède le début et la fin(4). De même, Esther fait allusion à l’assemblée d’Israël, c’est-à-dire aux Juifs de toutes les générations.

Dieu fasse donc que, d’une manière concrète, l’Essence de Dieu prenne plaisir, si l’on peut s’exprimer ainsi, au contact du corps et des accomplissements des Juifs, au sens le plus littéral. Vous consulterez également la causerie du Rabbi Rachab, publiée dans le Torat Chalom, qui a été prononcée à Sim’hat Torah 5669(5). A partir de la page 108, il y est dit : “ L’Essence de Dieu entre en contact avec le corps. Et, cette constatation renforce la décision hala’hique du Rambam selon laquelle : ‘avoir un corps en bonne santé fait partie des voies de Dieu’. C’est aussi le sens du verset : ‘Et, Yehouda se présenta devant lui’, à propos duquel il est expliqué : ‘devant Lui et non devant Ses Attributs’(6), comme le montrent les discours du Torah Or basés sur ce verset, soulignant la supériorité du minéral, celle de l’action et celle du corps. Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de votre santé physique et de ce qui concerne votre santé morale, de même que de celle de chacun des membres de votre famille.

Notes

(1) Le Rav A.Z. Ziskind, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°6404. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°6619. (3) A cause du froid pendant cette période. (4) A’hachvéroch étant la contraction de A’harit, la fin et Réchit, le début. (5) 1908. (6) La prière ne peut être adressée qu’à l’Essence de Dieu et non à un stade intermédiaire.

Lettre n°6636

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6636, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5719,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux

multiples accomplissements, le Rav Touvya(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 1er Tévet. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun d’entre eux obtienne la satisfaction de ses besoins, en fonction de ce que vous m’écrivez. En tout cela, vous serez protégé par le mérite de votre activité pour diffuser les sources(2) à l’extérieur. De fait, il est expliqué, par ailleurs, que cet “ extérieur ” commence quand on quitte les attributs de l’intellect, la compréhension proprement dite(3). Puis, par la suite, on se dirige, d’une étape vers l’autre, jusqu’à l’extérieur au sens le plus littéral.

Heureux est votre sort, puisque votre extérieur est constitué d’élèves de Yechiva. Simultanément, votre responsabilité s’en trouve accrue d’autant, car, en exerçant sur eux l’influence qui convient, vous pouvez faire en sorte que chacun d’entre eux soit “ humide au point d’humecter les autres ”, c’est-à-dire qu’il exerce, le moment venu, une influence sur son entourage. Vous consulterez, à ce sujet, la Tossefta, à la fin du troisième chapitre du traité Edouyot, qui parle des disciples de disciples. Tout cela est bien évident. Puisse Dieu faire que vous accomplissiez ces actions dans la joie et l’enthousiasme, de sorte que : “ tu te répandras à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ”, jusqu’à obtenir “ un héritage sans limite ”(4). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav T.Blau, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°5986 et 6856. (2) De la ‘Hassidout. (3) Pour faire naître le sentiment. (4) Selon les termes de la promesse faite à Yaakov.

Lettre n°6637

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6637, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Tévet. A l’issue de tous les raisonnements, tous les calculs inhérents à ce monde, vous concluez votre lettre en parlant de votre loyer et vous m’affirmez que vous êtes endetté en dollars. Pensez-vous réellement qu’il y a lieu de remuer les mondes à cause de cela ? Bien plus, un simple effort vous permettrait de résorber votre dette matérielle et, grâce à un effort de plus, il pourrait en être de même pour votre dette spirituelle. En effet, quand un homme se sanctifie quelque peu ici-bas, il reçoit, d’en haut, une immense sanctification. Mais, tout cela se trouve déposé dans un coffret et il vous appartient donc de l’ouvrir. Bien plus, cette ouverture doit uniquement être de la taille d’une pointe d’aiguille. Dès qu’elle sera pratiquée, Dieu fera pour vous une ouverture comme le portique du Sanctuaire.

Vous me dites que vous ne savez pas quel est votre objectif. Or, les Sages nous le précisent, dans la Michna, selon laquelle l’homme a été créé pour servir son Créateur. Pour autant, il est différentes manières de le faire et qu’importe si, pour vous, il s’agit de rapprocher le cœur de vos élèves de notre Père Qui se trouve dans les cieux, en étant l’émissaire des prières des enfants d’Israël, pour peu que vous assumiez votre mission dans la tranquillité, la joie et l’enthousiasme ? Puisse Dieu faire que vous ne cherchiez pas à vous convaincre que tout cela vous dérange, car tous ces obstacles n’existent pas et l’on attend uniquement de votre part que vous ouvriez comme la pointe d’une aiguille pour qu’il se produise ce qui vient d’être dit.

J’ai été satisfait par le compte-rendu de votre visite, avec vos élèves. Puisse Dieu faire, comme on l’a dit, que vous ne vous contentiez pas de votre situation actuelle, mais que vous vous répandiez, d’une manière agréable. Et, rien ne résiste à la volonté. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°6638

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6638, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du cinquième jour de Tévet, dans laquelle vous me dites qu’il y a quelques temps déjà, vous avez rencontré une jeune fille. Il a déjà été question de mariage et vous avez même envisagé de retenir une date. Puis, celle-ci est revenue sur sa décision et vous vous êtes séparés. Vos propos semblent indiquer que des fiançailles formelles n’ont pas été célébrées(1). De même, vous ne précisez pas clairement si, entre temps, la sœur aînée de cette jeune fille s’est déjà fiancée, s’il y a eu une demande explicite d’excuse(2) ou bien, comme vous l’indiquez, si elle(3) a simplement demandé à sa sœur de ne pas l’attendre.

Concrètement, si sa sœur aînée s’est effectivement fiancée ou, tout au moins, si elle lui a pardonné de tout son cœur, il serait bon d’ajouter un prénom à l’une des deux mères. En effet, j’observe, dans votre lettre, que cette jeune fille et votre mère ont le même prénom. Par la suite, vous discuterez encore une fois avec cette jeune fille, car la raison qu’elle a donnée pour justifier la rupture est extrêmement mince. Il est, en outre, un autre point, qui est également essentiel. Quand vous avez envisagé de vous lier, vous êtes-vous mis d’accord pour bâtir votre foyer sur le fondement de la Torah et des Mitsvot, pour avoir une maison traditionnelle ? Comme je le disais, ceci est une condition essentielle pour qu’une union soit fructueuse.

Vous précisez, dans votre lettre, que vous êtes surveillant de Cacherout, dans votre ville. Je veux espérer, non seulement que vous vous acquittez de votre mission de la manière qui convient, mais, en outre, que vous vous préoccupez aussi d’exercer une surveillance sur le cerveau et le cœur des immigrants(4) et non uniquement sur les aliments. Je fais allusion au comportement général, dans les endroits où se trouvent ces immigrants, à la synagogue, à tout ce qui concerne l’éducation, au lien avec ceux qui craignent Dieu, aux alentours de ces endroits. Il est certain que quelqu’un qui se trouve sur place trouvera différents autres moyens d’agir en ce sens. Et, ceci sera le canal et le réceptacle pour accroître les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Car, si cela avait été le cas, il aurait fallu envisager leur annulation. (2) De la part de la jeune fille dont il est ici question, demandant à sa sœur qu’elle l’excuse de la devancer. (3) La sœur aînée. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4009.

Lettre n°6639

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6639, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 13/12, dans laquelle vous me décrivez les différents événements auxquels vous et votre mari avez été confrontés. Vous en établissez un bilan final et vous me dites que votre situation n’a jamais été bonne, qu’elle ne l’est pas plus à l’heure actuelle. Et, l’on peut en déduire naturellement le regard que vous portez sur votre état. Or, je suis surpris que vous parveniez à une telle conclusion. Car, vous écrivez vous-même qu’il ne reste que quelques rescapés de votre famille(1) et que vous êtes de ceux-là. Vous m’écrivez, en outre, que plusieurs problèmes et maladies ont trouvé leur solution. De même, vous faites référence à votre mari et vous dites que l’on ne pouvait s’imaginer…(2), qu’il a pu réaliser… que vous disposez tous les deux d’un logement.

Si l’on prend tout cela en compte et si l’on observe votre situation, non seulement d’une manière superficielle, mais aussi en fonction de ce qui se passe concrètement dans votre maison, comment le bilan final pourrait-il être celui que vous décrivez ? Bien entendu, il faut demander à Dieu que tout aille mieux et encore mieux, car Il est l’Essence du bien et il est dans la nature de Celui Qui est bon de faire le bien. Pour autant, on ne doit pas ignorer Ses bienfaits, tels qu’on les a déjà observés. Bien plus, vous dites vous-même qu’il s’agit de bienfaits évidents, de miracles avérés. Je souligne, en outre, le point qui suit. Je ne veux pas dire que l’on doit ignorer ce dont on a besoin. Je ne prétends pas non plus que vous ne manquez d’aucun élément essentiel. J’entends uniquement vous souligner ici le bien, dans la plus large mesure, que vous et votre mari avez pu observer par vos yeux de chair.

Un autre point, à ce sujet, n’est pas moins important. Comme l’explique notre sainte Torah, la quantité de bénédictions divines qu’un homme reçoit dépend, pour une large part, de la manière dont il les reçoit, c’est-à-dire du comportement qu’il adopte, en la matière, de la façon dont il prend conscience de ces bienfaits. C’est de cette manière qu’il élargit le canal et les réceptacles grâce auxquels il obtiendra ces bienfaits dans un proche avenir et, plus généralement, dans le futur. L’un des moyens efficaces, en ce domaine, est le suivant. Si l’on veut élargir les bénédictions de Dieu, on doit rendre service à son prochain, matériellement ou spirituellement. En effet, chacun se doit de donner de la Tsédaka matérielle et l’on a donc les moyens de le faire. Or, il en est de même, dans le domaine spirituel. Tout d’abord, on accomplit, ce faisant, une Injonction de la Torah, “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, de laquelle Rabbi Akiva dit qu’elle est “ un grand principe de la Torah ” et c’est bien ainsi que l’on multiplie les bénédictions de Dieu. En outre, on tire d’un tel comportement la satisfaction morale, puisque l’on observe le fruit positif de son effort. Et, cela exerce un effet, direct et indirect, en permettant que s’améliore son état de santé, que l’on considère sa propre situation et celle de son entourage d’une manière différente.

Il serait bon de faire vérifier les Tefillin de votre mari et les Mezouzot de votre maison. En outre, vous respecterez l’usage positif des femmes juives qui consiste à donner de la Tsédaka, chaque fois que vous allumez les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) A l’issue de la Shoa. (2) Au préalable, qu’il parviendrait à de tels acquis.

Lettre n°6640

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6640, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce vendredi, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce que vous avez vécu. Vous concluez en affirmant que vous voulez revenir au Judaïsme. Heureux est votre sort, car vous avez pris la décision de faire le bien véritable, matériel et spirituel, d’adopter un mode de vie basé sur l’enseignement de notre sainte Torah, Torah de vie. Comme nos Sages en donnent l’assurance, lorsqu’un homme “ se sanctifie quelque peu ici-bas, il reçoit une importante sanctification d’en haut ”. Combien plus en est-il ainsi quand on multiplie de telles actions !

Vous me dites que certains se moquent de vous. Il serait bon de ne pas du tout polémiquer avec eux. Parfois, de telles personnes persiflent parce que, au fond de leur âme, elles sentent bien que leur propre comportement n’est pas satisfaisant. En effet, leurs ancêtres et les ancêtres de leurs ancêtres, depuis trois mille cinq cents ans, ont suivi la voie de la Torah et des Mitsvot, alors que ces hommes eux-mêmes s’en sont détournés. De même, ils ont le sentiment, même si parfois ils ne le comprennent pas intellectuellement, qu’ils se sont égarés parce qu’ils n’ont pas été capables de lutter contre leur mauvais penchant. Ils cherchent donc à occulter leur sentiment par le ricanement et la raillerie. Or, dans la pratique, on peut observer qu’en s’abstenant d’engager le dialogue avec eux, en suivant la voie de la Torah et des Mitsvot sans se préoccuper de ceux qui se moquent, on obtient qu’ils cessent de le faire, qu’ils s’approchent eux-mêmes, pas à pas, de la Torah et des Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.

J’espère que vous rencontrez souvent les jeunes de l’association ‘Habad, comme vous le mentionnez dans votre lettre, que vous participez à leurs réunions ‘hassidiques, à propos desquelles il est dit : “ Chacun viendra en aide à son prochain ”. S’agissant de votre situation financière, vous me dites que vous avez des dettes. Chaque jour de semaine, avant la prière du matin, vous prélèverez donc quelques pièces pour la Tsédaka. Il serait bon d’en faire de même avant la prière de Min’ha. Vous respecterez aussi l’usage qui consiste à lire, après la prière du matin, les Tehilim selon leur répartition mensuelle. De même, il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, afin de vous assurer qu’ils sont cachères, conformément à la Hala’ha. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6641

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6641, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Tévet 5719,

Brooklyn

Aux dirigeants de l’union des élèves de Yechivot,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 Tévet, avec ce qui y était joint. J’ai également reçu, en ces jours, quelques exemplaires du discours ‘hassidique intitulé : “ Rabban Chimeon Ben Gamlyel dit ”, avec le feuillet explicatif qui l’accompagne. Je suis un peu surpris que ce dernier n’ait pas été correctement relu. Ainsi, il y est indiqué que le Tséma’h Tsédek naquit en 5548, alors qu’il fallait citer l’année 5549(1). Et, l’on pourrait mentionner d’autres points encore. Cela pourrait paraître d’importance mineure. Il s’agit pourtant, en l’occurrence, d’un document de quatre pages, qui a été diffusé à plusieurs milliers d’exemplaires. Il faut donc, bien évidemment, s’efforcer de le corriger et de l’améliorer, dans toute la mesure du possible. C’est une évidence.

J’ai déjà écrit, dans ma lettre adressée aux jeunes de l’association ‘Habad(2), que le moment est enfin venu, pour les ‘Hassidim en général et pour les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim, en particulier, de ne pas se limiter à labourer, à semer et à planter. Il faut, en outre, récolter et observer les bons fruits de son effort, en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Je ne répéterai pas ces propos ici(3), car ils sont bien évidents. J’entends uniquement souligner, par la présente, qu’ils vous concernent et je ne dis pas qu’ils vous concernent “ également ”(4), car vous figurez parmi les responsables de l’action, en la matière. C’est une évidence. Rien ne résiste à la volonté et vous connaissez, en particulier, la décision du Tribunal céleste selon laquelle, grâce à l’abnégation dont fit preuve l’Admour Hazaken pour la ‘Hassidout(5), ceux qui sont liés à lui et suivent sa voie auraient la main haute, en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) 1788 au lieu de 1789. Voir, à ce sujet, les recueils de commentaires d’Ohaleï Torah, fascicules n°511, pages 28 à 35 et 512, pages 26 à 31. (2) Il s’agit de la lettre n°6265. (3) Ceux qui ont été écrits aux jeunes de l’association ‘Habad. (4) Ce qui voudrait dire : au même titre que d’autres. (5) Lors de son emprisonnement qui se solda par la fête de la libération du 19 Kislev.

Lettre n°6642

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6642, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5719,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Mi’hel Yochoua(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai demandé à votre frère des nouvelles de votre état de santé et surtout de votre état d’esprit. J’espère qu’à réception de la présente, l’amélioration sera effective. Bien plus, je connais votre amour pour notre Terre Sainte(2), puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h. Il est donc certain que l’atmosphère d’Erets Israël doit exercer sur vous une influence positive, non seulement pour la santé et la force de votre âme, mais aussi pour la santé et la force de votre corps, car l’une et l’autre sont liées. Je serai satisfait de recevoir de vos bonnes nouvelles, concernant tout cela.

Il est sûrement inutile de vous souligner, surtout si l’on tient compte des relations existant entre votre imprimerie ici-même et les publications Loubavitch(3), qu’il serait bon et judicieux de prévoir une visite à l’imprimerie de Kfar ‘Habad(4), en plus de celles que vous rendrez à d’autres institutions ‘Habad. Outre son intérêt intrinsèque(5), il ne fait pas de doute que vous pourrez être d’un apport considérable à cette institution nouvelle de Kfar ‘Habad, à laquelle vous prodiguerez conseils et indications, d’autant que cette imprimerie est encore au début de son fonctionnement. Or, qui, comme vous est spécialisé et expérimenté, dans ce domaine ? Vous voudrez bien saluer, de ma part, votre père, bien que je ne le connaisse pas personnellement. J’attends de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles, dans la joie et l’enthousiasme,

Notes

(1) Le Rav M.Y. Shulsinger. Voir, à son sujet, la lettre n°3887. (2) Où le destinataire de cette lettre se trouvait vraisemblablement en convalescence. (3) Un grand nombre de livres parus aux éditions Kehot furent, en effet, réalisés par les imprimeries Shulsinger. (4) Fonctionnant dans le cadre de l’école professionnelle de Kfar ‘Habad. (5) Présenté par cette visite.

Lettre n°6643

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6643, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre dont vous avez achevé la rédaction à Zot ‘Hanouka(1) et que je viens de recevoir. Vous me décrivez brièvement votre sainte mission, celle de l’éducation basée sur les valeurs sacrées au sein de la Yechiva de même que dans le groupe de femmes auxquelles vous délivrez votre enseignement. Il n’est sûrement nul besoin de vous préciser l’importance d’une telle activité. Différents textes de notre Torah, Torah de vie, l’établissent clairement. Votre épouse elle-même le sait aussi. En effet, vous m’écrivez qu’elle accepte d’ores et déjà différents aspects de votre travail. Vous concluez votre lettre en précisant que votre enseignement est contesté, qu’on prétend que vous lui consacrez trop de temps, ce qui vous empêche d’accorder à vos enfants ou bien aux préoccupations domestiques toute l’attention qu’ils méritent. Vous me demandez ce que j’en pense.

De façon générale, il est bien évident que l’on ne peut émettre de règles intangibles, en la matière, c’est-à-dire assigner un comportement fixe à chaque jour, car la situation évolue et les responsabilités changent également, dans les domaines communautaires comme à la maison. Néanmoins, il est tout aussi clair qu’un homme doit effectivement avoir une activité publique, même s’il doit, par ailleurs, consacrer une large part de son temps à sa maison, le point central y étant l’éducation des enfants. Il en résulte que, pour déterminer de quelle manière il convient de répartir son temps entre ses préoccupations communautaires et ses activités personnelles, il convient de recueillir l’avis de quelqu’un qui se trouve sur place(2). Vous-même êtes très “ proche de votre propre personne ”, pour reprendre l’expression de nos Sages. Vous ne pouvez donc pas émettre un avis autorisé(3), de la manière qui convient. Nos Sages précisent que la proximité que l’on éprouve par rapport à sa propre personne fait que l’on n’est pas crédible, à la fois quand on fait mention de ses qualités et de ses défauts. C’est une évidence. Vous soumettrez donc cette question à trois de vos amis se trouvant sur place. Et, il a déjà été dit que : “ le salut vient par le nombre des conseillers ”.

Je répète encore une fois qu’une activité publique est indispensable pour chacun, surtout pour celui auquel la divine Providence a conféré un mérite et qui a déjà observé le fruit positif de son effort. Vous avez sûrement connaissance des trois études fixées qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous, à l’avenir. Et, votre épouse gardera l’usage positif des femmes juives qui consiste à prélever de la Tsédaka avant l’allumage des bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le dernier jour de cette fête. (2) De sorte que le Rabbi ne peut pas répondre à la question qui lui avait été posée par le destinataire de cette lettre. (3) Par manque d’objectivité.

Lettre n°6644

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6644, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5719,

Brooklyn, New York,

Aux élèves de la Yechiva du soir Chaareï ‘Hessed,

sous l’égide des jeunes de l’association ‘Habad,

dans la ville sainte de Jérusalem,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre à l’occasion du second anniversaire de votre Yechiva. Par la suite, j’ai obtenu, avec plaisir, des nouvelles de la réunion tenue pour tous les élèves de la Yechiva du soir et des examens, qui ont eu lieu à ‘Hanouka. J’adresse à chacun en particulier ma bénédiction. En effet, différents textes expliquent qu’il s’agissait, à ‘Hanouka, de “ leur faire oublier Ta Torah et leur faire transgresser les Décrets de Ta Volonté ”. Ainsi, le royaume impie de la Grèce ne voulait pas interdire la Torah en tant que discipline de l’esprit Son objectif était plutôt de faire oublier qu’elle est précisément “ Ta Torah ”, la Torah intègre de Dieu. Il en fut de même pour la pratique des Mitsvot. Les Grecs ne s’en prenaient pas à celles qui sont logiques, mais bien aux Décrets, à tous les Préceptes qui ne sont pas raisonnés. Plus encore, ils étaient même prêts à les accepter pour peu qu’ils ne soient pas “ les Décrets de Ta Volonté ”, l’expression de la Volonté du Créateur.

Quand les enfants d’Israël, hommes, femmes et enfants, firent don de leur propre personne, les impies tombèrent dans les mains des Justes et les méchants, dans celles des hommes qui se consacrent à Ta Torah. Les Juifs reçurent alors une fête supplémentaire “ pour louer et glorifier Son grand Nom ”(1). De manière sans cesse accrue, ils peuvent ainsi éclairer l’obscurité de l’exil, grâce aux lumières de ‘Hanouka et la Hala’ha retient l’avis de Beth Hillel(2). Il est dit que “ la bougie de Dieu est l’âme de l’homme ”. Chaque Juif est donc la bougie du Saint béni soit-Il. Son rôle est défini par la Michna, qui affirme : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”, c’est-à-dire pour illuminer la part du monde que l’on reçoit en partage, non seulement son âme animale, mais aussi son entourage, tout ce qui est extérieur, au même titre que les bougies de ‘Hanouka brûlent “ à la porte de sa maison vers l’extérieur ”. Puisse Dieu faire que tout cela s’accomplisse en chacun d’entre vous, d’une manière sans cesse accrue et toujours plus lumineuse. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Bien entendu, ce qui vient d’être dit s’adresse également à vos amis, auxquels Dieu accordera longue vie, à ceux qui appartiennent aux autres groupements de la Yechiva du soir(3). Sans doute leur transmettrez-vous ce message. Mais, avant tout, vous leur fournirez un judicieux exemple de l’attitude d’un bon élève, qui connaît la réussite, conformément à l’espoir et à l’objectif de nos maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera.

Notes

(1) D’après le texte de la prière, lors de l’allumage des bougies. (2) Selon lequel ces bougies sont allumées en ordre croissant. (3) Dans les autres villes, en dehors de Jérusalem.

Lettre n°6645

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6645, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jeûne du dixième mois(1), qui sera bientôt transformé en joie et en allégresse. Vous me précisez que vous enseignez aux élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim, dans votre ville. Et, vous me dites que, de ce fait, vous n’avez pratiquement rien étudié pour votre propre compte. Vous comprendrez que je sois profondément surpris par une telle affirmation. Comment l’enseignement à une classe peut-il avoir pour effet de supprimer l’étude personnelle ? Bien plus, vous m’indiquez qu’il s’agit de jeunes élèves. Il est, certes, indispensable de préparer chaque cours, comme l’enseignent nos Sages et comme le faisaient concrètement nos maîtres, y compris quand il s’agissait de la lecture de la Haftara(2), mais le temps nécessaire à cette préparation doit, en fonction de cela(3), être quantitativement peu important. Et, Dieu fasse que vous appreniez pour votre propre compte pendant tout le temps que vous ne consacrez pas à cet enseignement.

Quant à la question de savoir si vous devez poursuivre vos études, tout dépend des résultats(4). Si l’enseignement à vos élèves est fructueux, il est clair qu’il doit être poursuivi. En tout cela, Dieu vous guidera vers ce qui sera le bien pour vous, en tout point. Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Un homme est proche de lui-même(5). Il est donc clair que vous vous en remettrez, pour l’évaluation de ces résultats, à la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim.

Notes

(1) Le 10 Tévet. (2) Qu’ils préparaient également. (3) Du niveau des élèves. (4) De l’enseignement aux élèves. (5) Incapable d’être objectif sur son propre compte.

Lettre n°6646

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6646, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5719,

Brooklyn,

A madame Zlota(1),

Je vous bénis et vous salue,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 10 Tévet, que cette date(2) soit transformée en joie et en allégresse, avec les photographies du séminaire et de l’école professionnelle qui lui étaient jointes. Puisse Dieu faire qu’avec joie et enthousiasme, vous renforciez cet accomplissement de la plus haute importance, bien plus que vous le développiez et conduisiez ceux qui vous entourent à en faire de même, dans une proportion sans cesse accrue. Il est sûrement inutile de vous expliquer l’importance d’une telle réalisation. Et, il est tout aussi superflu de décrire longuement l’étonnement et la peine que suscite l’accueil “ tiède ”(3) réservé par de nombreux ‘Hassidim à cette institution, malgré les nombreuses causeries de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, que nous avons nous-mêmes entendues, dont le texte a été retranscrit et qui montrent la haute importance que revêtent de telles écoles.

Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, on médite plus profondément aux causeries qui viennent d’être citées, afin qu’il en résulte une action concrète, dans la plus large mesure possible. En effet, il existe de nombreuses possibilités et il suffit de le vouloir. Mais, selon l’expression bien connue : “ tu le peux, mais tu ne le veux pas ”(4). En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Le mérite de votre travail dans les écoles qui viennent d’être citées vous préservera, vous-même et les vôtres, afin que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être rappelé. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Z. Halthuiz, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°5305. (2) Qui est un jour de jeûne. (3) Dans le texte, “ parvé, neutre ”. (4) En russe dans le texte.

Lettre n°6647

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6647, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre du 16/12, dans laquelle vous me décrivez l’accident qui est malheureusement survenu(1). Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous ne m’annonciez que le bien, un bien visible et tangible, dans les domaines communautaires comme pour ce qui vous concerne personnellement. De fait, chez un Juif, ces deux dimensions sont liées et vous connaissez le dicton(2) de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ un individu est considéré comme toute une communauté et il peut agir sur toute une communauté ”. Combien plus est-ce le cas pour ce qui vous concerne, puisque, d’après ce que je sais, vous avez déjà essayé d’exercer une telle influence et vous y êtes parvenu avec succès.

Vous m’interrogez spécifiquement sur cet événement, survenu en route. Or, comme vous le savez, il est expliqué dans différents textes que tout ce qui se passe dans notre monde matériel émane de la dimension spirituelle et, plus particulièrement, de la Torah. C’est ce qu’enseignent nos Sages, au début du Midrash Béréchit Rabba : “ La Torah est le carnet et le plan à partir desquels le monde entier fut bâti, avec tout ce qu’il contient ”. Chaque événement matériel fait donc allusion, ou parfois même plus qu’une allusion, à la situation morale. Spirituellement, le chemin est décrit par le verset : “ Ils garderont le chemin de Dieu en faisant la Tsédaka et le jugement ”, ce qui correspond à la Torah et aux Mitsvot, en général, à la Tsédaka et au jugement, en particulier. La ‘Hassidout précise le lien qui existe entre ces deux notions. En effet, la Tsédaka doit faire suite à un jugement destiné à déterminer ce qui est nécessaire et indispensable pour ses propres besoins. C’est ensuite que l’on peut prélever la plus large part pour la Tsédaka.

Il en est de même pour la Tsédaka morale. Vous devez faire une juste évaluation de votre situation, de votre capacité à influencer votre prochain, dans votre environnement proche ou éloigné. Par la suite, vous en prélèverez la plus large part, de même que celle de votre énergie et de vos capacités et vous consacrerez tout cela à la Tsédaka, en exerçant votre influence sur ceux qui sont éloignés, afin de les rapprocher du monde futur, ce qui leur sera utile également dans ce monde. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. Puisse Dieu faire que vous m’en donniez de bonnes nouvelles. Vous me direz également que vous gagnez votre vie d’une manière paisible et dans la largesse. Que Dieu vous accorde la réussite. Avec ma bénédiction,

Notes

(1) En chemin, la voiture du destinataire de cette lettre s’était retournée. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5808.

Lettre n°6648

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6648, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites, à la fin de votre lettre, que votre situation morale est très basse et vous en êtes surpris. Or, ces deux affirmation sont, l’une et l’autre, étonnantes. En effet, pourquoi vous en affecter ? L’Admour Hazaken précise que la tristesse est un stratagème du mauvais penchant. Et, il explique longuement que le côté du mal fait usage de cette tactique à l’encontre de quiconque n’est pas parvenu au niveau du roi David, dont “ le cœur est détruit en lui-même ” car “ il n’avait plus de mauvais penchant ”.

Mon second motif d’étonnement découle du constat que vous accordez la victoire au mauvais penchant, dans ce stratagème, ce qu’à Dieu ne plaise. Non seulement il vous attire vers cette situation morale, mais, bien plus, vous vous y trouvez concrètement. Or, si chacun reçoit la force de ne pas se laisser convaincre, de faire d’emblée échouer un tel stratagème, combien plus doit-il en être ainsi pour ceux qui ont reçu de la divine Providence le mérite de se consacrer aux saintes institutions appartenant à la communauté des ‘Hassidim. Le point central, en la matière, est de servir Dieu avec joie et enthousiasme. J’attends de bonnes nouvelles de tout cela et puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi au plus vite. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

Lettre n°6649

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6649, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Tévet 5719,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Tévet. J’y ai lu, avec une immense surprise que vous avez commencé à réciter un discours ‘hassidique, mais que l’on ne vous a pas permis de l’achever(1). Certains recommandent une telle manière de procéder, afin de ne pas humilier(2). Pour autant, nous devons nous en tenir à l’instruction de notre chef(3), mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon laquelle il convient, tout d’abord, d’achever la récitation du discours, puis, si l’on veut respecter également l’usage de son entourage, de le réciter à nouveau et de l’interrompre durant cette seconde fois.

Plusieurs personnes se trouvant en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, étaient alors présentes(4). C’était en Pologne, en 5696(5). Je suis surpris qu’elles n’aient pas diffusé cette pratique. Tout au moins le fera-t-on maintenant. C’est bien évident. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

E. Kwint,

Notes

(1) Vraisemblablement à l’occasion d’un mariage. (2) Ceux qui ne sont pas capables d’apprendre par cœur un discours ‘hassidique. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°5872. (4) Lorsque le précédent Rabbi délivra cet enseignement. (5) 1936.

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