Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6448
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6448, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et
assume une mission sacrée, le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, huitième jour de Mena’hem, dans laquelle vous me dites que votre anniversaire sera le 13 Mena’hem Av. Puisse Dieu vous accorder une année de réussite en votre mission sacrée, le renforcement et le développement de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch en Europe, dont la divine Providence vous a confié la direction. Que s’accomplissent, en cette mission, les termes du verset : “ Il a libéré mon âme dans la paix ” et que tout se passe d’une manière pacifique, car tel est le réceptacle de la bénédiction de Dieu, lorsque “ ils ont été nombreux avec moi ”, quand ce qui fait obstacle et impose le voile non seulement cesse de le faire, mais, en outre, est “ avec moi ”, vient en aide.
Simultanément, il est bien évident que la bénédiction doit se révéler de la même façon en ce qui vous concerne personnellement, de même que les membres de votre famille, avec la paix et quand “ ils ont été nombreux avec moi ”. En effet, les uns dépendent des autres(2), en particulier pour ce qui est lié à nos maîtres, même si l’initiative des hommes est nécessaire, en la matière, comme le souligne le Likouteï Torah, à la Paracha de cette semaine(3) : “ J’ai supplié l’Eternel… Je verrai la bonne terre ”. Certes, il(4) ne put l’obtenir, mais il est néanmoins dit : “ Et, maintenant, Israël, écoute… ”, ce qui signifie que sa requête fut partiellement satisfaite. Ainsi, on reçoit les bénédictions divines non seulement pour ce qui concerne la Torah, le “ pain du ciel ”, mais aussi pour ce qui peut être obtenu par la prière. Car, une ferveur accrue révèle bien une bénédiction accrue. Or, la dimension profonde de la Torah et surtout la ‘Hassidout relient et unissent la Torah et la prière. Pour y parvenir, elles doivent être plus élevées que l’un et l’autre à la fois. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav N.Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°5832. (2) Les réalisations communautaires des préoccupations personnelles. (3) A la Parchat Vaét’hanan. (4) Moché notre maître.
Lettre n°6449
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6449, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Perets(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 Mena’hem Av et je remercie Dieu pour cette bonne nouvelle, la libération(2) de votre fils aîné Chmouel, auquel Dieu accordera longue vie. Nos Sages disent que : “ quand on fait du bien à quelqu’un, il en est ainsi pour de longs jours et de bonnes années ”. Puisse Dieu faire vous m’annonciez bientôt d’autres bonnes nouvelles, concernant les différents points que vous mentionnez dans votre lettre. Vous me demandez si vous devez intervenir pour que votre fils aîné, depuis la Pologne, aille directement s’installer en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, ou bien si, pour l’heure, il doit rester à Riga, afin d’y effectuer les démarches. Nous ne connaissons pas, ici, les détails de la situation qui règne là-bas et les démarches qui sont nécessaires pour pouvoir immigrer. En outre, des modifications peuvent intervenir, en la matière et l’on ne peut pas demander de vérifier tous ces points sur place, pour des raisons qui sont bien évidentes. Il n’y a donc pas lieu d’intervenir en tout cela. Il est préférable, ici, de ne rien faire et que ceux qui se trouvent sur place s’en remettent à leur discernement.
Je vous remercie également de m’avoir annoncé la guérison de cette femme. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles d’elle, de même que de vos réalisations communautaires, c’est-à-dire de votre enseignement et des réunions ‘hassidiques, qui sont tenues en des moments propices. Vous me dites que tout cela est maintenant réduit(3)et l’on pourrait répondre, de manière plaisante, que le “ petit visage ”(4) est l’extrémité de la Lumière de l’En Sof, comme l’explique le Torah Or, à la fin de la Parchat Terouma. En fait, il ne s’agit pas d’une plaisanterie, mais bien de la dimension profonde de l’activité. Même si l’étude est réduite, comme vous le dites, il faut y introduire une grande Lumière, qui pourra, de fait, être celle de l’En Sof. Tous les participants en seront transformés, même s’ils sont peu nombreux. L’influence qu’ils exerceront sur leur entourage s’en trouvera accrue et le résultat sera beaucoup plus large que s’il y avait, dans ces réunions, de nombreux participants mais peu de lumière. Bien entendu, tout cela dépend essentiellement de celui qui mène les réunions. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav P.Motchkin, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°5878. (2) De prison, en Russie soviétique. (3) Textuellement : “ a un petit visage ”. (4) Les Attributs célestes de l’émotion. Il convient donc, en l’occurrence, de faire en sorte que la lumière éclaire.
Lettre n°6450
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6450, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Aux dirigeants du Talmud Torah Beth Yossef de la Yechiva
Loubavitch de Toronto, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre compte-rendu n°29 et celui qui le précédait, dans lesquels vous décrivez la constitution des comités et la répartition des tâches entre les membres de la direction. Les membres du comité ont accepté ces nominations. Puisse Dieu faire que tout cela soit introduit en un moment bon et fructueux, que vous renforciez et développiez cette sainte institution afin d’y recevoir une bénédiction accrue et de connaître la réussite en tout ce qui la concerne, de manière générale et spécifique à la fois. Tel est le canal et le réceptacle permettant d’accroître la bénédiction et le succès pour tous les participants, en ce qui les concerne personnellement, de même que pour tous les membres de leur famille, auxquels Dieu accordera longue vie.
Nos Sages disent que la nomination du responsable de la citerne émane de Dieu. Combien plus en est-il ainsi pour celui qui se consacre à l’éducation aux valeurs sacrées des enfants d’Israël, peuple sacré. En conséquence, j’ai bon espoir qu’au plus tôt, chaque comité se réunira, avec l’empressement qui convient, afin de s’acquitter de la tâche qui lui est confiée. Il est certain que s’accomplira la promesse de nos Sages selon laquelle “ celui qui se sanctifie quelque peu ici-bas est largement sanctifié par Dieu, là-haut ”. Combien plus est-ce le cas quand on se sanctifie largement ici-bas. Dès lors, la sainteté et la réussite que l’on reçoit de Dieu sont “ très, très grandes ”, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Bamidbar, page 38c, à propos de l’expression : “ très, très ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, d’une manière sans cesse accrue, avec toujours plus de lumière,
Lettre n°6451
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6451, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1) de la veille du Chabbat ‘Hazon et, en un moment propice, je mentionnerai encore une fois tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins. Le temps de l’étroitesse(2) est désormais passé, puisque nous sommes à la veille du 15 Av. C’est, en effet, à cette date, que l’on est libéré de tous les doutes(3), comme le précisent nos Sages, à la fin du traité Taanit et dans les Tossafot, d’après le Midrash E’ha Rabba. Il y aura donc là un bon début pour se délivrer de toutes les entraves, à tous les sens du terme, matérielles et spirituelles.
De cette libération dépendant de Dieu, Qui est l’Essence du bien, il est dit que : “ le salut de Dieu intervient dans le temps d’un clin d’œil ”. Il n’en est pas de même, en revanche, pour les trois semaines, bien que : “ de la bouche du Très Haut n’émane pas le mal ”. Ainsi, selon la formule bien connue, c’est effectivement “ en un moment et en un instant ” et, “ au milieu de ce jour ”(4) que peut intervenir la délivrance véritable et complète, individuelle et collective. De fait, on peut considérer que la délivrance collective dépend de la délivrance et des actions individuelles, dans toute la mesure du possible, comme l’expliquent différents texte et comme le tranche notre Torah, Torah de vie et Torah de vérité. Selon les termes du Rambam, dans ses lois de la Techouva, au chapitre 3, paragraphe 4, pour ce qui concerne notre propos, “ chacun doit considérer que le monde est moitié méritant et moitié coupable. Une seule Mitsva permet donc de le faire pencher du côté du bien, de provoquer le salut et la délivrance ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à de nombreuses personnes. (2) A l’issue de la période commémorant la destruction du Temple. (3) Le décret selon lequel la génération qui était sortie d’Egypte devait mourir dans le désert prit fin le 9 Av de la quarantième année. Six jours plus tard, le 15 Av, jour de la pleine lune, on eut la certitude que le 9 Av était effectivement passé et que le décret était donc bien annulé. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ En le temps d’un clin d’œil, à la lumière du jour, selon l’expression de la Me’hilta ”.
Lettre n°6452
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6452, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous envisagez différentes possibilités de vous organiser, dans le très proche avenir. La décision finale dépend de nombreux détails et vous décrirez donc votre situation, d’une manière précise, en présence de trois amis se trouvant dans votre endroit(1). Puisse Dieu leur inspirer l’idée juste afin de vous conseiller. En tout état de cause, vous connaissez mon opinion selon laquelle, quand on entreprend l’étude d’un métier et que l’on a, d’ores et déjà, investi en cela beaucoup d’empressement, beaucoup de temps, il y a bon espoir que l’on puisse s’en servir et, même si ce résultat n’est pas totalement certain, il est bon d’en achever l’étude, pour une raison bien évidente.
J’espère que vous avez un temps fixé pour l’étude et que cette fixation est également dans l’âme, selon le dicton de l’Admour Hazaken(2). Vous apprenez à la fois la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Vous participez à la diffusion des sources(3). Ce sont là le canal et le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu, en tous les besoins de l’homme, matériels et spirituels. Dans l’attente de vos bonnes nouvelles concernant tout cela,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6188. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6203. (3) De la ‘Hassidout.
Lettre n°6453
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6453, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 11 Mena’hem Av, dans laquelle vous m’informez de votre état de santé. Vous me dites que le médecin, un professeur, vous conseille de vous rendre au bord de la mer, pendant quelques temps. Cela est judicieux, car “ la Torah a accordé au médecin la permission de guérir ”. Bien entendu, il faut le faire avec joie et inspiration, d’autant qu’il est dit : “ Dieu prépare les pas de l’homme ”. C’est donc la Providence de Dieu qui guide les hommes, comme l’explique mon beau-père, le Rabbi(1). Il faut, toutefois, que : “ Il agrée sa voie ” que l’homme assume sa mission de son plein gré, c’est-à-dire, comme l’explique la ‘Hassidout, avec la dimension profonde de la volonté. En effet, qui sait ? Il y a tout lieu de penser que, dans l’endroit où vous vous rendrez, vous pourrez rectifier quelque chose, dans le domaine du Judaïsme, en général, de la diffusion des sources(2), en particulier. Mais, encore une fois, tout cela doit être accompli dans la joie et l’inspiration. De la sorte, vous renforcerez à la fois votre santé physique et le succès de votre mission en cet endroit.
Il est sûrement inutile de vous répéter encore une fois que vous assumerez cette mission en respectant les prescriptions du médecin, c’est-à-dire sans porter atteinte à votre santé physique d’une quelconque façon, au sens le plus littéral. Ces deux points(3) sont une Mitsva, puisque “ avoir un corps en bonne santé appartient aux voies de Dieu ”(4). Sans doute pourrez-vous les mener à bien conjointement et, bien plus, une Mitsva en attire une autre. Comme vous me l’avez demandé, la présente vous est envoyé en devançant la file d’attente. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°3934 et 6483. (2) De la ‘Hassidout. (3) La préservation de la santé et la diffusion des valeurs juives. (4) Selon les termes du Rambam.
Lettre n°6454
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6454, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Mena’hem Av, dans laquelle vous m’écrivez que vous souhaitiez, tout d’abord, mener vos études avec ardeur afin de bien employer votre temps. Puis, est arrivée ma lettre vous communiquant le programme de ces études et, depuis, votre motivation s’en est trouvée réduite.
Je suis surpris par tout cela, car je ne vois pas le rapport entre le contenu de ma lettre et l’affaiblissement de votre motivation. Un homme doit se servir du temps dont il dispose de la manière la plus efficace. Dieu, Créateur du monde, Qui le dirige, a accordé à certains des capacités, dont ils doivent faire pleinement usage. Ainsi, une étude pouvant être menée dans un délai court ne doit pas être prolongée sur une longue période. De la sorte, le temps qui reste pourra servir à d’autres activités, par exemple à des études ou bien à une action menée auprès de votre entourage. Ce qui vient d’être dit peut être déduit du Kountrass Ou Mayan, selon lequel un homme possédant une profonde intelligence n’en est pas dispensé pour autant de fournir des efforts, avec ardeur et constance. J’ai donc bon espoir que vous profiterez de votre temps et de vos capacités, en fonction des possibilités qui vous ont été accordées. Ceci aura, en outre, l’avantage de développer vos moyens, comme l’indique l’image des membres du corps dont les facultés sont accrues quand on les entraîne. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6455
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6455, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 11 Mena’hem, m’empressant même de le faire. Vous dites que vous n’avez pas reçu de réponse à votre précédent courrier, peut-être parce que je ne suis pas satisfait de votre emploi du temps. Cela est tout à fait inexact et même surprenant, alors que je vous ai précisé que le retard de mes réponses était dû à mes nombreuses occupations. Mais, chacun peut interpréter les allusions et les allusions d’allusions de la manière la plus surprenante.
De façon générale, l’expression que vous employez, “ la difficulté de célébrer un mariage ”, n’a pas de sens, car ces deux points se contredisent. Un mariage doit être joyeux et la joie brise les limites, conduit à la largesse véritable, ce qui va à l’encontre de la difficulté. De même, il n’y a pas lieu de penser à la seconde moitié de Tichri. Je n’ai jamais vu que l’on célèbre un mariage en cette période. En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille en tous les points que vous citez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela et également de vos accomplissements communautaires, en un bien visible et tangible, d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Lettre n°6456
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6456, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, l’un des
‘Hassidim les plus âgés et les plus respectables,
le Rav A.S.(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, le fascicule qui est un additif à votre livre Edout Le Assaf et qui présente un recueil d’explications, basées sur le sens allusif, lequel n’est pas traité dans ce livre. Les livres de Kabbala expliquent que les quatre mondes, Atsilout, celui de l’émanation, Brya, celui de la création, Yetsira, celui de la formation et Assya, celui de l’action, correspondent aux quatre paliers d’interprétation de la Torah, aux sens simple, allusif, analytique et ésotérique. Cette affirmation apparaît également dans les livres de la ‘Hassidout et vous consulterez le Kehilat Yaakov, à l’article “ allusion ”, de même que la causerie de Chavouot 5693(2), de mon beau-père, le Rabbi. Selon certains, le sens allusif correspond à Yetsira, selon d’autres à Brya. Et, chacun de ces mondes possède ce que l’autre n’a pas. En effet, Brya est le début des mondes créés, possédant donc une intense lumière, alors que Yetsira peut d’ores et déjà être perçu par les créatures. De la sorte, l’union qui y est réalisée avec la compréhension véritable est plus proche de l’action concrète, ce qui n’est pas le cas en Brya. Comme le montre le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 42d, un verset fait allusion à cela, qui a été cité par les membres de la grande Assemblée(3) : “ Il crée (Yotser) la lumière et suscite (Boré) l’obscurité ”(4).
Puisse Dieu vous accorder, de même qu’à tous ceux qui commentent le sens allusif, de réunir ces deux qualités à la fois, au moyen de vos allusions. Et, dans l’action concrète, ceci interviendra dans un domaine essentiel, le renforcement du Précepte : “ craindre Dieu et respecter Ses Mitsvot sont la finalité de l’homme ”. En marque d’estime, je joins, en bas de pages, quelques remarques et références sur les points que vous abordez dans ce fascicule. Dieu fasse que, pendant de nombreuses années encore, vous redoubliez d’ardeur dans la Torah et ses Mitsvot. Vous le ferez en bonne santé et avec une largesse d’esprit véritable. Avec mes respects et ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, matériellement et spirituellement,
Références sur le paragraphe 1 : à propos du chiffre quatre cents, pour Essav, vous consulterez le Torah Or, à la Parchat Vaychla’h, page 24c et, plus longuement, le Or Ha Torah, du Tséma’h Tsédek, à la Parchat ‘Hayé Sarah, à partir de la page 230.
Références sur le paragraphe 2 : La relation entre Amalek et l’Egypte, Pareo, le pharaon, étant l’anagramme de Haoref, la nuque, est expliquée dans le Torah Or, à la fin de la Parchat Tetsavé. Vous consulterez le traité Baba Batra 46b. Le signe d’Amalek a déjà été commenté par le Yaabets, à cette référence.
Références sur le paragraphe 3 : Il faut noter que l’oiseau offert par le lépreux doit précisément recevoir la Che’hita.
Références sur le paragraphe 4 : Vous consulterez le discours ‘hassidique intitulé : “ Ce mois-ci est pour vous le premier des mois ”, dans le Séfer Ha Maamarim 5626(5).
Notes
(1) Le Rav Avraham Sender Nemtsov. Voir, à son sujet, la lettre n°5315. (2) 1933. (3) Dans le texte de la prière. (4) Le premier terme correspond à Yetsira et le second à Brya. (5) 1866, du Rabbi Maharach.
Lettre n°6457
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6457, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn, New York,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Barou’h Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur une contradiction entre ce que dit le Hayom Yom, d’une part, le Sidour ou le Choul’han Arou’h, d’autre part. Bien entendu, il faut se baser sur ce qui est dit dans le Hayom Yom, qui a été rédigé ultérieurement.
S’agissant de la coutume ‘Habad concernant la lecture du Le Chem I’houd(2), vous consulterez le Chaar Ha Collel sur le Sidour, au chapitre 6. Néanmoins, il est dit, à cette référence, qu’il n’en est pas fait mention dans le Péri Ets ‘Haïm. Or, cette mention apparaît effectivement dans les errata, à la fin du premier tome. Vous consulterez aussi, à cette même référence, la porte des Zemirot, à la fin du chapitre 5, le Séfer Ha Likoutim, à la Parchat Reéh et la porte de l’inspiration divine, à la page 12b.
Notes
(1) Le Rav B.C. Hishrik, d’Akko. (2) Formule dite, dans la coutume ‘Habad, une fois par jour, dans la prière du matin et, dans d’autres coutumes, avant l’accomplissement de chaque Mitsva.
Lettre n°6458
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6458, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 13 Mena’hem, dans laquelle vous me faites part de votre état de santé et de l’avis des médecins. En pareil cas, il faut se conformer aux prescriptions des spécialistes, en la matière. Il y aura consensus entre au moins deux d’entre eux. Vous dites que, par la suite, vous devrez rester au repos pendant plusieurs mois. Cela est très surprenant car, de façon générale, un délai bien moins long que cela est suffisant. Mais, peut-être n’avez-vous pas décrit précisément, dans votre lettre, l’affection dont vous souffrez et le traitement qui vous est proposé. De même, si votre description est exacte, vous pourrez conserver une vie conjugale normale, après l’opération et le traitement. Il serait bon, à ce sujet, de consulter un Rav, tranchant la Hala’ha.
Vous avez le mérite, de même que votre mari, de vous consacrer à l’éducation des enfants juifs(1). D’après ce que l’on entend, vos élèves(2), grâce à l’influence que vous exercez sur eux, se rapprochent de notre Torah, Torah de vie et de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ” une vie emplie de contenu et heureuse. Tout ceci protégera vous-même, votre mari et vos enfants, en tous vos besoins, à la manière de Dieu, Qui agit “ mesure pour mesure ”(2), mais en proportion largement accrue. Ainsi, avec calme et largesse d’esprit, vous poursuivrez votre mission fondamentale, consistant à dispenser une éducation basée sur les valeurs sacrées, d’une manière sans cesse accrue. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi mentionne les garçons et les filles. (2) De la manière dont on agit envers Lui.
Lettre n°6459
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6459, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[24 Mena’hem Av 5718]
Je fais réponse à ta lettre, dans laquelle tu me dis que tu as eu douze ans, âge de la Bar Mitsva, le 15 Mena’hem Av. Puisse Dieu faire que tu reçoives, d’un cœur entier, le joug de la Royauté divine et celui des Mitsvot. Qu’Il t’accorde la réussite dans ton étude et dans ton comportement et que tu grandisses pour mériter le titre de jeune fille ‘Habad, conformément à la volonté de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera. En la matière, tu influenceras également tes amies, par la parole ou, mieux encore, en leur donnant l’exemple d’une jeune fille juive éduquée selon les voies de la ‘Hassidout. Tu en tireras le bonheur, moral et physique.
Tu me demandes où et comment poursuivre tes études. L’éducation des jeunes, en particulier à ton âge, conditionne le reste de la vie. D’elle dépendent l’autonomie et la détermination, la possibilité de surmonter les épreuves que chacun et chacune affronte, au cours de son existence. Nous vivons une période aux multiples évolutions et il est impossible d’imaginer aujourd’hui, le mode de vie et les conditions d’existence qu’il y aura dans quelques années. On ne peut donc pas déterminer non plus l’importance des épreuves qu’il faudra subir afin de ne pas s’écarter de la justice, de la droiture, de la foi et de la religion.
De ce fait, chacun et chacune, parmi les jeunes, se doit, à mon avis, de recevoir l’éducation religieuse la plus intensive, afin d’échapper à tout danger qui pourrait se dresser, ce qu’à Dieu ne plaise. Et, si une telle forme d’éducation impose un manque de confort, pendant une certaine période, cet inconvénient sera insignifiant, comparé à la protection, à la force accrue que l’on reçoit, de cette façon, pour tout le reste de sa vie.
Lettre n°6460
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6460, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav Azryel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 21 Mena’hem, avec ce qui y était joint. Puisse Dieu faire que vous-même et votre épouse, vous vous investissiez en votre mission sacrée par les dix forces de votre âme animale et, bien évidemment, par celles de l’âme divine. De la sorte, non seulement le corps n’y fera pas obstacle, mais, bien plus, il agira lui-même avec intégrité.
Ainsi s’accomplira la promesse de nos Sages selon laquelle : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. En effet, il y a bien là à la fois une demande et une assurance. En outre, il s’agit effectivement d’un effort, au sens le plus littéral et, dès lors qu’il est fourni, le succès est acquis, comme on l’a expliqué ici, au cours d’une réunion ‘hassidique. On ne parle pas, dans ce texte, de compréhension, de réflexion, car il n’y aurait là aucune idée nouvelle. En fait, la Torah assure que la réussite sera comparable à un objet trouvé(2) et que l’on aura des difficultés à comprendre qu’il y ait si peu de rapport entre eux(3). C’est une évidence. Que Dieu vous accorde le mérite d’annoncer de bonnes nouvelles d’une manière sans cesse croissante. En effet, nous approchons du mois d’Elloul, celui de la miséricorde, au cours duquel chacun dit(4) : “ L’Eternel est ma Lumière et mon Salut ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav A.Chaykin, de Copenhague. Voir, à son sujet, la lettre n°4874. (2) Que l’on ne s’attend pas du tout à trouver. De même, le résultat de l’effort est sans aucune commune mesure avec la peine qu’il impose. (3) Entre l’effort et son résultat. (4) Dans la prière du matin et celle de l’après-midi.
Lettre n°6461
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6461, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous faites allusion, au début de votre lettre, à un voyage ici. Contre mon gré et malgré la gêne qui en résulte, je dois, encore une fois, vous communiquer ma position, à ce sujet. Chacun d’entre nous est tenu de baser son comportement sur le Choul’han Arou’h, en particulier d’après les précisions qui sont apportées par la ‘Hassidout, à ce sujet. En l’occurrence, il est dit qu’un homme est tenu, envers lui-même et envers les membres de sa famille, de gagner sa vie. Il est dit aussi que, pour y parvenir, dans ce monde, l’action et l’effort sont nécessaires. Et, le verset affirme clairement : “ L’Eternel ton Dieu te bénira en tout ce que tu feras, comme l’explique, en particulier, le Kountrass Ou Mayan, à partir du discours 23. Il est souligné, en outre, que l’on est tenu de rembourser une dette, y compris envers soi-même.
Il en résulte que l’on doit exclure toutes les dépenses que l’on peut éviter, en particulier le coût de ce voyage, même s’il n’était que pour quelques jours ou pour quelques semaines. Ceci va à l’encontre de la décision de la partie révélée de la Torah et, plus encore, de celle de la ‘Hassidout. Si vous possédez effectivement la somme nécessaire pour payer ces billets, commencez donc par rembourser vos dettes ! Peut-être allez-vous m’écrire que ce voyage est indispensable pour un membre de votre famille ou pour ce qui le concerne. Je réponds donc à cette question avant même que vous ne la posiez. Il n’y a là qu’un prétexte et, en outre, il est certain que ce voyage n’est nullement indispensable à votre famille.
Il découle de tout cela la conclusion suivante. Vous m’écrivez, à ce propos et cela semble indiquer que vous souhaitez connaître mon avis. Celui-ci est donc très clair. Vous devez continuer à assumer votre mission sacrée, consistant à diffuser les sources et tout ce qui les concerne, à renforcer les institutions de mon beau-père, le Rabbi, dans l’endroit où vous vous trouvez. Le moment venu, quand votre travail sera organisé et large, quand vos rentrées seront supérieures à vos dépenses, vous vous intéresserez à un voyage ici. Puisse Dieu faire que vous acceptiez ces propos de la manière dont ils sont énoncés, c’est-à-dire sans chercher à les interpréter et uniquement pour votre bien véritable, de même que pour celui des membres de votre famille. En outre, ceci a une incidence sur les domaines communautaires. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez, très bientôt, de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,
Lettre n°6462
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6462, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
S’agissant du Mikwé, vous me dites qu’un réservoir a été fait sur le côté, afin que l’eau puisse s’écouler. Selon la manière voulue(1) par le Rabbi(2), le Mikwé doit se trouver au dessus de ce réservoir et il souhaita que l’eau se trouvant en bas déborde sur le sol du bassin supérieur, comme le dit le Rav Yehouda Leïb Landa(3). C’est de cette façon que l’écoulement d’eau est le plus efficace. En pareil cas, un bassin pour le passage des eaux est, bien entendu, inutile, d’après tous les avis.
Et, même si l’eau ne s’élève pas jusqu’au sol du bassin supérieur, on peut faire en sorte que l’eau courante se déverse directement dans l’orifice donnant dans le réservoir inférieur. L’écoulement peut être réalisé de cette façon et dès lors, quelle est l’utilité du réservoir se trouvant sur le côté ? Il ne peut être qu’une simple précaution, pour le cas ou le bassin inférieur serait endommagé.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°739. (2) Rachab, père du précédent Rabbi. (3) Rav de Bneï Brak qui, en Russie, construisit un Mikwé pour le compte du Rabbi Rachab.
Lettre n°6463
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6463, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mena’hem 5718,
Brooklyn,
Au jeune Chalom(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Mena’hem Av, dans laquelle vous me dites que l’on vous a transmis mon avis selon lequel, après votre mariage, vous et votre épouse, à laquelle Dieu accordera longue vie, devrez vous rendre au Maroc, à Casablanca. Là-bas, vous assumerez une mission sacrée, l’éducation basée sur les valeurs sacrées, avec les ‘Hassidim qui se trouvent sur place.
Votre sort est heureux. La divine Providence vous a confié une part agréable, l’éducation rapprochant le cœur des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux. Il n’est pas de mots pour en expliquer la récompense, en plus de son aspect le plus essentiel selon lequel : “ la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”(2). De plus, c’est à ce propos qu’il est dit que l’homme en consomme les fruits dans ce monde et en conserve le capital pour le monde futur. Ceci inclut l’étude de la Torah et les bonnes actions. Il est dit que “ l’étude de la Torah surpasse les autres Préceptes ” et les bonnes actions sont supérieures à la Tsédaka(3). Il y a donc bien là l’essentiel du service de Dieu, en cette période du talon du Machia’h. C’est le moyen de s’attacher réellement à Dieu, de transformer l’obscurité en lumière et, comme le dit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 9 : “ on aura le mérite d’assister, de ses propres yeux, au retour de Dieu à Tsion ”. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
N. B. : Vous recevrez d’autres courriers pour définir les modalités de votre travail et les précisions qui en découlent.
Notes
(1) Le Rav C.Edelman, de Paris. Voir, à sujet, la lettre n°4586. (2) L’attachement à Dieu qui résulte de son accomplissement. (3) Qui ne concerne que les pauvres, alors que les bonnes actions sont également concevables envers les riches.
Lettre n°6464
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6464, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav Israël Zussman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 Mena’hem Av. Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite d’annoncer de bonnes nouvelles, d’un bien véritable, “ bon pour les cieux et bon pour les créatures ”, d’une manière sans cesse croissante. Bien plus, nous nous rapprochons du mois d’Elloul(2), celui de la miséricorde, lorsque nous disons chaque jour : “ L’Eternel est ma Lumière et mon Salut ”. Puisse donc Dieu faire que nous obtenions très prochainement l’accomplissement de l’allusion contenue dans ce verset, comme l’explique le Be’hayé, cité par le Tséma’h Tsédek dans son commentaire des Tehilim, à cette référence(3), c’est-à-dire la promesse que le troisième Temple serait reconstruit et que la Présence divine s’y révélerait de nouveau. C’est à ce propos que le roi David dit : “ Dieu est ma Lumière et mon Salut ”.
Vous m’interrogez sur la fonction du Sofer et la forme des lettres, selon la coutume de ‘Habad. Je n’ai pas eu l’occasion de recevoir des instructions, à ce sujet. La transmission orale d’un Sofer à l’autre est essentielle, en la matière. Il faut donc rechercher ceux qui l’ont reçue et les interroger. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav I.Z. Dvurts, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°5998. (2) Ce passage fut écrit à plusieurs personnes. Voir aussi la lettre n°6460 et les deux lettres suivantes. (3) Psaume 27.
Lettre n°6465
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6465, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche, dans laquelle vous me faites part de l’état de santé de votre épouse et du traitement médical qu’elle subit. J’attends, de votre part, de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles. Chez les Juifs, en général, chez les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, en particulier, les unes dépendent des autres. De ce fait, il est surprenant, très surprenant que vous ne disiez rien de la diffusion des sources, afin que celles-ci parviennent à l’extérieur. Sans doute complèterez-vos tout cela à la prochaine occasion. Là encore, il y aura de bonnes nouvelles, d’un bien véritable, “ bon pour les cieux et bon pour les créatures ”, comme l’expliquent nos Sages.
Nous nous rapprochons du mois d’Elloul, celui de la miséricorde, lorsque nous disons chaque jour : “ L’Eternel est ma Lumière et mon Salut ”. Puisse donc Dieu faire que nous obtenions très prochainement l’accomplissement de l’allusion contenue dans ce verset, comme l’explique le Be’hayé, cité par le Tséma’h Tsédek dans son commentaire des Tehilim, à cette référence, c’est-à-dire la promesse que le troisième Temple serait reconstruit et que la Présence divine s’y révélerait de nouveau. C’est à ce propos que le roi David dit : “ Dieu est ma Lumière et mon Salut ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Lettre n°6466
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6466, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim et des
écoles professionnelles, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres dont la date est antérieure à celle-ci.
A) Vous me faites part des détails du nouveau bâtiment de la Yechiva Tom’heï Temimim, à Kfar ‘Habad(1). Il me semble vous avoir déjà écrit qu’en la matière, il faut solliciter, sur place, le conseil de ceux qui sont en mesure de formuler un avis, en respectant le principe suivant. Il doit rester une possibilité d’agrandir et d’élargir le bâtiment. Mais, bien entendu, dès le début de la construction, il n’y a pas lieu d’en réduire les dimensions. De manière plaisante, on peut faire remarquer que le Tsimtsoum, la contraction(2) est la source de l’élément de rigueur.
B) Vous me dites que des changements vous ont été demandés dans la direction des écoles professionnelles. Répondez donc, en mon nom, que le centre de direction de ces écoles se trouve auprès de mon secrétariat. C’est donc à lui que doit s’adresser celui qui formule une telle requête, quelle que soit l’instance au nom de laquelle il s’exprime. Je vous adresse ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, pour donner des nouvelles bonnes et détaillées de votre préparation, de la manière qui convient, à l’année scolaire qui commencera dans quelques jours. Vous vous y préparerez suffisamment tôt, d’une manière pleine et entière.
Nous nous rapprochons du mois d’Elloul, celui de la miséricorde, lorsque nous disons chaque jour : “ L’Eternel est ma Lumière et mon Salut ”. Puisse donc Dieu faire que nous obtenions très prochainement l’accomplissement de l’allusion contenue dans ce verset, comme l’explique le Be’hayé, cité par le Tséma’h Tsédek dans son commentaire des Tehilim, à cette référence, c’est-à-dire la promesse que le troisième Temple serait reconstruit et que la Présence divine s’y révélerait de nouveau. C’est à ce propos que le roi David dit : “ Dieu est ma Lumière et mon Salut ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6211. (2) De la Lumière divine qui est à l’origine de la création.
Lettre n°6467
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6467, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn, New York
A l’attention de monsieur Eliézer Livna,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre article intitulé : “ L’exil volontaire ”, que vous avez bien voulu me faire parvenir. Toutefois, son acheminement a été retardé, plus qu’à l’accoutumée et, du fait de mes nombreuses activités, ma réponse a également été retardée. Vous voudrez bien m’en excuser. J’ai lu cet article avec intérêt, en accordant une attention particulière à son idée centrale, c’est-à-dire l’analyse de tout ce qui est recherché pour être substitué à la mission véritable, à la vocation profonde du Judaïsme et des Juifs. On peut aisément comprendre les sérieuses conséquences, les effets indésirables qui découlent d’une telle approche. J’ai observé que vous n’hésitiez pas à formuler des affirmations qui sont désagréables pour ceux qui les entendent. J’espère que vous maintiendrez cette optique et que vous rejetterez tout substitut, quel qu’il soit. En effet, le simple fait d’échanger un élément contre un autre montre que l’on n’agit pas comme on devrait le faire. Plus l’imitation, le substitut est bon et agréable, plus le danger est grand, même si, en apparence, à l’issue d’un examen superficiel, on n’observe pas réellement de différence(1) et il semble qu’au moins momentanément, on puisse ainsi calmer la soif de son esprit.
A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de rappeler ce qui est, de fait, accepté et admis par tous, au moins dans la pratique concrète. Chaque nation, chaque peuple doit trouver sa place au sein de la matière et du monde. Mais, en l’occurrence, il s’agit bien d’êtres humains et non d’un troupeau de bêtes. Il est donc clair que leur mission ne se limite pas à manger et à boire, à avoir une belle maison. Ils doivent, en outre, exercer une activité intellectuelle, faire intervenir leur esprit, ce qui distingue l’homme de l’animal. Et, s’il en est ainsi pour tous les hommes, pour chaque nation, combien plus est-ce le cas pour le peuple d’Israël. Malgré la nécessité qui leur incombe de satisfaire leurs besoins physiques, les Juifs ne leur accordent pas un rôle essentiel et profond. Ils privilégient le monde de la pensée et de l’esprit, ce qui est lié à l’âme. Car, le corps n’est qu’un instrument permettant de révéler tous ces éléments. Il n’y a donc pas lieu d’échanger les instruments confiés pour mener à bien la mission, d’en faire la finalité ultime, même s’ils sont importants, fondamentaux, indispensables pour que l’âme se maintienne au sein du corps. Selon la formulation de nos Sages, “ le danger(2) repousse tout ”. En pareil cas, il s’agit bien de faire en sorte que l’âme se maintienne au sein du corps. Pour autant, il n’y a là qu’un moyen, certes indispensable et repoussant pratiquement tout, mais, au bout du compte, seulement un moyen de mener à bien la mission que l’on a reçue. Il en est ainsi à titre individuel et ceci s’applique également à la dimension communautaire.
Bien entendu, lorsque quelqu’un s’égare et échange le moyen contre la finalité, son erreur peut porter sur ce qui n’est pas nécessaire et indispensable. En pareil cas, on peut espérer qu’un tel homme prenne conscience de son écart, à l’issue d’une réflexion sommaire ou bien, en tout état de cause, il sera au moins aisé de le lui faire admettre la vérité. Il n’en est pas de même si cet instrument est fondamental, indispensable pour mener à bien la mission. L’erreur est alors beaucoup plus fréquente et l’on trouve plus facilement un substitut, un succédané. Et, même celui qui avance des preuves aura du mal à rétablir la réalité, à obtenir un changement d’attitude. Dès lors, comme je le disais, le risque de se détourner de la mission confiée est beaucoup plus grand.
Vous mentionnez, dans votre article, les substituts avec lesquels nos frères, les enfants d’Israël, entendent s’acquitter de leur obligation, le don d’un chèque ou bien la participation à une réunion, à plusieurs reprises, afin de se dispenser de la mission véritable. Il en résultera nécessairement les conséquences indésirables que vous décrivez dans ce texte, la perte de toute nature, de tout contenu juif. Pour autant, l’homme qui n’a pas honte d’exprimer un avis divergent de celui qui est couramment accepté, met beaucoup plus clairement en garde contre ce grave danger. Les conséquences destructrices d’une telle approche peuvent d’ores et déjà être perçues, en particulier au sein de la jeunesse, qui est l’avenir du peuple. On choisit donc des substituts plus “ fins ”, comme le nationalisme, le désir d’autonomie territoriale, de pouvoir indépendant. Et, même si l’on a déjà obtenu tout cela, qu’on en profite pleinement, on ne doit pourtant pas oublier qu’il s’agit uniquement d’un moyen. Il faut exiger que ceci soit gravé dans le cœur et dans l’esprit, que tous les membres du corps s’en pénètrent, ceux de l’individu et ceux de toute la nation(3). Car, une mission ne peut être liée qu’à l’esprit et à l’intellect. Selon l’expression de la ‘Hassidout, il est nécessaire que l’esprit domine la matière. En d’autres termes, d’après le récit que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi(4), l’Admour Hazaken, fondateur de l’enseignement de ‘Habad, définit le service de Dieu d’un homme de la façon suivante : “ Il faut fouetter les chevaux, afin qu’ils cessent d’être des chevaux ” ou encore, selon une autre version : “ afin qu’ils sachent qu’ils sont des chevaux ”, le cheval désignant ici la matière. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Entre ce que l’on fait et ce que l’on devrait faire. (2) Textuellement, “ le danger de l’âme ”. (3) Afin d’en faire une règle de conduite permanente. (4) Voir le Likouteï Dibbourim, tome 1, à la page 30a.
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