Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6428
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6428, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5718,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Ben Tsion,
qui est appelé docteur Dinor(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu un tiré à part de votre article : “ Figure historique du Judaïsme russe et difficultés d’effectuer des recherches en la matière ” qui m’a été envoyé par notre ami, le Rav Pin’has Althuiz, à la veille de Roch ‘Hodech Tamouz. Je vous en remercie. Je l’ai reçu pendant les jours liés à la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz, au cours desquels mon beau-père, le Rabbi fut délivré. Vous savez à quel point sa vie a été consacrée aux Juifs de Russie et, par leur intermédiaire, à tout le peuple d’Israël. Par la suite, en Pologne puis aux Etats-Unis, ceci resta l’un des points essentiels de son action, y compris quand il se consacra au Judaïsme des Etats-Unis et du monde entier. Dans l’action qu’il mena à titre individuel, il fut, selon la terminologie ‘hassidique, la “ tête ” dispensant l’influence aux “ membres ”. Les événements de cette époque-là marquèrent un tournant dans la vie spirituelle des Juifs, en Russie et dans le reste du monde.
Je sais que, selon différentes conceptions, le marxisme ou la science, on n’admet pas l’idée qu’un individu puisse être à l’origine d’un changement durable et important de l’ensemble de la communauté. Néanmoins, à notre époque, on ne s’effraye plus, quand on est confronté au miracle, surtout quand il s’agit des Juifs, chacun d’entre eux étant un rescapé(2), un exemple vivant(3). De plus, les conclusions de la science, au cours de ces dernières dizaines d’années, établissent qu’il n’y a pas de vérité absolue, en tout ce qui a trait aux lois “ naturelles ” ayant été découvertes ou établies. Celles-ci sont uniquement probables et la règle relative à un ensemble ne s’applique pas nécessairement à tous les éléments qui le constituent. Une règle prend donc en compte la majeure partie de ces éléments, mais elle n’est pas vérifiée dans tous les cas. Il peut y avoir des exceptions, la contredisant. De fait, il est surprenant de constater que, précisément dans les pays où le marxisme est dominant, il aurait dû être couramment accepté que l’individu ne peut pas transformer la communauté. Or, dans nombre d’entre eux, s’est développé le culte de la personnalité sous sa forme la plus extrême. Dans certains cas, règne même une dictature défiant la raison.
De manière plaisante, si l’on tient compte du fait que les institutions et les réalisations de mon beau-père, le Rabbi, existent maintenant dans le monde entier, on ne peut nullement considérer que son soleil s’est couché. Du reste, le soleil est toujours identique et il ne fait que passer d’un endroit à l’autre, d’un hémisphère à l’autre. Son œuvre reste vivace en tout endroit et sa lumière éclaire toujours, agit en permanence. Il me semble que vous m’avez dit ou écrit que vous rédigez un livre sur l’histoire d’Israël et que vous préparez, en outre, une nouvelle édition de quelques uns de vos livres et articles. J’espère que vous conserverez le bénéfice des études(4) de votre jeune âge, des mois que vous avez passés à proximité de mon beau-père, le Rabbi, à la Yechiva Tom’heï Temimim. Car, rien n’est définitivement perdu, a fortiori quand il s’agit de notre Torah éternelle, éclairée par la lumière profonde de la ‘Hassidout. La marque de tout cela se ressentira sûrement dans les livres et les écrits qui émaneront de votre plume. A ce propos, je suis surpris par ce que vous écrivez dans cette brochure, à la page 109 et dans la note, à propos des huit éditions du Tanya parues en Russie. Vous consulterez, sur ce point, l’index figurant, en additif, dans le Tanya parue aux éditions Kehot, dont la dernière version vous a été adressée, par envoi séparé. Avec mes respects et ma bénédiction,
Comme le veut la coutume des Juifs qui consiste à apporter, en toute chose, une touche personnelle, je me permets de formuler une remarque à propos de votre article, bien que ce domaine ne semble pas être le mien. La voici. Quand on présente le Judaïsme de Russie comme un ensemble, que l’on y inclut, comme vous le faites dans ce texte, tous les territoires qui étaient sous la domination du gouvernement de ce pays, on soulève, me semble-t-il, une contradiction. En effet, différentes communautés juives se trouvant dans ces régions n’étaient nullement unies. Le lien entre elles était purement mécanique, découlant en tout et pour tout de la sujétion à un même gouvernement. Concrètement, ces communautés étaient attachées, et parfois même encore plus que cela, avec le Judaïsme d’autres pays. C’est le cas, par exemple, des communautés du Caucase. Jusqu’au milieu de la première guerre mondiale, celles-ci vivaient de manière totalement autonome, sans aucun lien avec le Judaïsme de Russie. Il en est de même pour les communautés de Pologne qui étaient liées, pratiquement dans tous les domaines, avec celles de Galicie et non avec le reste de la Russie. De ce fait, dans plusieurs domaines que vous citez dans votre article, ce qui caractérise les communautés d’une partie de la Russie ne peut être appliqué à celles d’une autre partie, lorsque la relation entre elles était uniquement mécanique, comme je le disais. Bien entendu, après la période de laquelle vous traitez, c’est-à-dire après le début de la première guerre mondiale, plusieurs barrières entre ces communautés sont tombées, parce que les Juifs de Pologne et de Lettonie ont été refoulés vers la Russie, d’une part, par la coupure totale qui s’instaura entre les communautés de Pologne et de Galicie, d’autre part. Il en fut de même pour le Judaïsme de Caucase, auprès duquel jouèrent d’ailleurs un rôle actif mon beau-père, le Rabbi et surtout son père, le Rabbi(5). Au début de la première guerre et surtout à la fin de celle-ci, plusieurs émissaires furent délégués auprès des communautés du Caucase. Les liens se resserrèrent dans le domaine religieux et, grâce à cela, dans plusieurs aspects de la vie économique.
Par ailleurs, l’influence émanant de l’étranger occupe la place la plus centrale pour le Judaïsme de Russie, en ces dernières périodes et, plus généralement, dans l’histoire d’Israël. En ce sens, le Judaïsme de Russie se distingue de celui du Maroc, de Turquie ou de Hongrie, par exemple. Il n’en fut pas de même pour la vie sur place ou, en d’autres termes, pour le fonctionnement interne. En Hongrie et en Galicie, ou même au Maroc, la vie avait un niveau élevé et, en différents points, peut-être même supérieur à celui de la Russie, surtout au début de la période à laquelle nous faisons référence. En conséquence, on peut réellement s’interroger sur les quatre éléments fondamentaux, exposés dans votre article, qui ont donné à cette communauté sa place particulière au sein de notre peuple. Il faut se demander ce qu’il en était pour les Juifs de Hongrie ou du Maroc. Dans certains domaines, peut-être même dans la majeure partie de ceux-ci, la situation n’était pas inférieure à celle de la Russie. Elle pouvait même être plus développée. Ce fut le cas, par exemple pour la vie et le comportement quotidien basés sur la Tradition ancestrale. En la matière, nos frères Sefardim se distinguent beaucoup plus que les Ashkénazim.
En fonction de ce qui vient d’être dit, il convient, à mon humble avis, d’ajouter aux trois caractéristiques du Judaïsme de Russie un point essentiel et fondamental, qui est son influence, sa contribution à la vie du peuple juif dans toutes les parties du monde, par des écrits, par ce qui a été publié, par des contacts personnels, par l’intermédiaire d’émissaires, par l’immigration.
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°3396. (2) De la Shoa. (3) Du miracle ainsi survenu. (4) De la Torah. (5) Le Rachab.
Lettre n°6429
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6429, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5718,
Brooklyn, New York,
A l’attention du docteur Reouven Meïr,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23 Tamouz et je vous remercie d’avoir bien voulu me décrire l’état du malade(1). L’avis des plus grands spécialistes en la matière se trouvant ici, sur la base de plusieurs cas qui ont été traités, est le suivant. Lorsque la maladie se prolonge pendant plusieurs années et que tous les traitements s’avèrent inutiles, ceux-ci penchent pour l’opération. Bien entendu, il vous appartient de déterminer si le présent cas entre dans cette catégorie, la malade se trouvant dans l’hôpital que vous dirigez. Avec mes respects et ma bénédiction,
Conformément à l’injonction de nos Sages selon laquelle : “ vous serez irréprochables devant Dieu et devant Israël ”, je réponds également au second point figurant dans votre lettre et à la formulation que vous employez à mon égard. Vous vous dites surpris que je veuille exercer mon influence sur un autre continent(2). Vous concluez votre lettre par : “ Israël est un pays nouveau, mais…(3) ”. Il est bien clair que mon propos n’est pas de manquer de respect à Erets Israël ni à quiconque, encore moins à des personnes que je ne connais pas. Néanmoins, le traitement de la lobotomie, qui a été mis au point ces dernières années, est nécessairement considéré d’une manière différente par les médecins, d’une année à l’autre, comme c’est, du reste, le cas pour toute réalisation scientifique, surtout s’il s’agit d’un traitement médical. Il est appliqué d’une manière différente et, plus l’on accumule de l’expérience, plus ces changements sont fondés. On peut donc penser qu’ils seront adoptés pour un certain temps. Vous devez savoir tout cela mieux que moi.
Il en résulte que l’on doit avoir recours à un traitement que l’on ne pourra pas modifier par la suite, par exemple à une opération, uniquement après avoir essayé toutes les autres possibilités, comme vous le faites vous-même remarquer dans votre lettre. Il faut opérer uniquement quand on ne peut faire autrement, quand il est impossible d’attendre ou de rester passif. C’est la raison pour laquelle, même aux Etats-Unis, on évite de pratiquer cette intervention. Et, après avoir suivi un patient pendant plusieurs années, on effectue une lobotomie, dans la plupart des cas, seulement quand il n’a pas été possible de le suivre comme il l’aurait fallu, par manque de moyens financiers. Après tout cela, comme vous le savez sûrement mieux que moi, y compris quand l’opération a réussi, et malgré votre affirmation selon laquelle “ tous retrouvent une vie normale ”, les cas constatés ici dans lesquels le patient retrouve une vie normale sont particulièrement rares. On peut même se demander s’il y en a eu un seul.
Je reprends votre formulation, puisque vous dites : “ je ne veux pas apporter mon appui à un crime ”. Or, une telle opération n’atteint pas uniquement le corps, mais aussi le psychisme, peut-être même la vie morale. Il y a donc bien là une forme de crime, mais, ne pouvant faire autrement, on choisit le mal sous sa forme la plus réduite. Tout ce qui vient d’être dit justifie ma position, par rapport à ce traitement, conformément aux enseignements de nos Sages, exprimés dans notre Torah, Torah de vie, selon lesquels il convient de faire tous les efforts pour sauver quelqu’un, y compris si c’est uniquement pour quelques heures. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit d’un malade mental. En la matière, en effet, plusieurs points ne sont pas encore clairs, qu’il s’agisse des causes de la maladie et de la manière de la traiter. Bien plus, ces dernières années, on découvre souvent, en la matière, de nouveaux traitements et des changements importants interviennent. Il est donc justifié de surseoir à cette lobotomie, pour quelques temps encore, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus du tout le choix. Vous m’excuserez de vous écrire pour m’exprimer dans un domaine qui est le vôtre. Et, que Celui Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles vous accorde une pleine réussite en votre mission. Le mérite de ce qui concerne toute la communauté vous vient en aide.
Notes
(1) Voir la lettre n°6358. (2) En disant s’il convient de faire cette opération ou non. (3) Ne pensez pas que nous commettons des imprudences dans les traitements médicaux.
Lettre n°6430
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6430, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je te salue et te bénis,
J’ai entendu une nouvelle surprenante selon laquelle quelqu’un aurait levé la main sur toi, alors que tu assumais ta mission sacrée, consistant à dispenser une éducation qui est basée sur les valeurs sacrées. D’après ce que l’on m’a dit, celui qui a levé la main a pensé défendre ces valeurs en agissant de la sorte.
Sans doute n’en es-tu pas découragé. Car, profondément, ce n’est pas contre toi qu’il a levé la main, mais bien contre moi. Du reste, même s’il ne s’en était pris qu’à toi, nos Sages précisent quelle est la nature de celui qui frappe un Juif. Mais, en l’occurrence, on peut dire qu’il m’a attaqué à moi et que tu as été uniquement mon émissaire. Or, cet homme ne m’a nullement inspiré le désir d’affaiblir mon travail. J’ai donc bon espoir qu’il en sera de même pour toi, s’agissant de ton propre travail et que, bien au contraire, tu redoubleras d’ardeur et d’enthousiasme, en la matière. Que Dieu t’accorde une grande réussite, ce qui permettra de satisfaire tous tes besoins, spirituels et matériels. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°6431
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6431, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[1er Mena’hem Av 5718]
J’ai reçu votre lettre du 27 Tamouz, avec satisfaction. Vous me faites part de votre bonne décision, concernant ce que vous ferez l’an prochain. Dieu fasse que vous connaissiez une grande réussite dans l’étude de notre sainte Torah, également appelée Torah de vie, ce qui veut dire que, grâce à elle, on sait comment l’on doit vivre. Grâce à elle, Dieu accorde le succès et l’on peut ainsi être heureux, matériellement et spirituellement.
Et, l’étude sera conforme à l’affirmation de nos Sages selon laquelle elle “ conduit à l’action ”, d’une manière sans cesse accrue. Et, les bénédictions de Dieu se multiplieront également. J’espère que votre exemple aura une influence positive sur vos amis, qui renforceront leur engagement pour la Torah et les Mitsvot. De la sorte, le mérite de ce qui est public vous viendra en aide, y compris en vos préoccupations personnelles.
Lettre n°6432
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6432, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tamouz et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite vous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins et que soient exaucés les souhaits de votre cœur, dans tous les domaines que vous mentionnez. Vous évoquez les pensées qui vous empêchent de vous concentrer sur votre étude. L’un des moyens de remédier à cela est l’étude dans le texte. Même quand vous réfléchissez et vous bâtissez un raisonnement, vous aurez un livre ou un fascicule posé devant vous. Et, il en sera de même pour la prière.
Vous me dites aussi que vous pensez à un métier. Or, vous connaissez la formulation de la bénédiction après le repas, qui est instaurée par la Torah : “ Il nourrit le monde entier par Sa bonté, Sa grâce, Son bienfait, Sa miséricorde ”. Aussi, en redoublant d’ardeur et de constance dans l’étude de la Torah et dans la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, on reçoit les bénédictions de Dieu, en la matière, y compris pour pouvoir s’installer d’une manière positive, le moment venu. Et, le verset dit clairement : “ Si vous marchez dans Mes décrets ” et Rachi, se basant sur le Sifra, explique : “ en faisant porter vos efforts sur la Torah ”, un effort étant donc nécessaire en la matière, “ et si vous gardez Mes Mitsvot, Je vous donnerai ” toutes les bénédictions énoncées dans cette Paracha.
Vous avez sûrement connaissance des trois études fixées, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins, les adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Lettre n°6433
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6433, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Aux membres du comité éducatif de Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tamouz, dans laquelle vous m’annoncez que des après-midi récréatives du Chabbat ont été organisés. Sans doute l’avez-vous fait également pour les filles, bien entendu sous la direction des femmes et jeunes filles ‘Habad de Kfar ‘Habad. Dieu fasse que ces réunions, pour les garçons et pour les filles, parviennent à leur faire acquérir, en quantité accrue, le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot, illuminés par la clarté et la chaleur ‘hassidiques.
Heureux est le sort de chacun de ceux qui se consacrent à cette mission sacrée. Tous connaîtront la réussite. Ceci s’ajoute à la bénédiction et à la réussite qu’ils recevront, en leurs préoccupations personnelles. Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles,
Lettre n°6434
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6434, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint
Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chmouel Mena’hem Mendel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 Tamouz. En un moment propice, je mentionnerai celui que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles à son propos et pour tout ce que vous m’écrivez.
Le point central de tout cela est la nécessité de connaître la réussite dans la diffusion des sources(2) à l’extérieur, ce qui est d’actualité, car c’est en ces trois semaines(3) que le voile devint profond. C’est pour cela que l’exil est comparé au sommeil, comme l’établissent plusieurs textes de la ‘Hassidout. Vous consulterez, à ce sujet, le discours ‘hassidique intitulé : “ Cette nuit-là ”, de 5700(4). En pareille situation, il faut renforcer encore plus clairement la révélation de la dimension profonde, celle de notre Torah, jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’extérieur et détruise “ l’autre côté ”. Alors, viendra le roi Machia’h. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.M. M. Schneersohn, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5343. (2) De la ‘Hassidout. (3) De commémoration de la destruction du Temple. (4) 1940, du précédent Rabbi.
Lettre n°6435
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6435, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me parlez de votre fils. A mon sens, la raison véritable de cette situation est la suivante. Il est difficile d’être surveillé toute la journée, d’être astreint à une certaine organisation. Il semble, en effet, qu’à la maison, il ne subissait pas tout cela. Il faut donc obtenir, d’une manière agréable et pacifique, qu’il reste là-bas jusqu’au début de l’année scolaire. Bien entendu, plus longtemps il y restera et plus il sera aisé de s’habituer et de recevoir une influence durable, pour toute l’année, d’accepter la discipline et de se soumettre à l’ordre, non seulement pendant les heures d’école, mais aussi à la maison, ce qui est le plus important, pour un enfant.
Psychologiquement, il faudra aussi l’admettre, lui-même se rendra compte que la décision a été prise de le laisser là-bas. Il intégrera donc, en son esprit, l’idée qu’il doit y rester. A l’opposé, d’après ce que vous écrivez, il apparaît, selon vos conversations téléphoniques, qu’il espère encore être en mesure de se libérer du centre de vacances et de la discipline. Vous faites également référence à un traitement médical. Celui-ci est nouveau et il convient donc de prendre les plus grandes précautions, d’effectuer une vérification tous les quelques jours, en s’assurant, à chaque fois, que l’on ne laisse pas passer plus de quelques jours. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela. Vous et votre épouse, en bonne santé et avec largesse d’esprit, vous concevrez une satisfaction véritable, c’est-à-dire une satisfaction ‘hassidique de vos enfants. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°6436
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6436, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai lu, avec étonnement, la lettre que vous avez adressée à cette personne, dans laquelle vous lui dites que je vous en veux, ce qu’à Dieu ne plaise. Il est clair que votre suspicion est sans fondement. Comme je l’ai écrit à plusieurs, je ne vois pas à quoi sert la rancœur. Parfois, un comportement indésirable peut causer de la peine. On ne se sert pas de la bénédiction et de la réussite que Dieu accorde et l’on a mal au cœur en voyant tout ce qui pourrait aller mieux que dans la situation actuelle, alors que l’on ne profite pas de la bénédiction divine, pour des raisons futiles. Mais, il faut savoir que la rancœur est totalement exclue et a fortiori ce qui dépasse la rancœur. Je peux comprendre, en revanche, la peine à laquelle je faisais allusion, mais cela ne veut pas dire que vous devez trouver dans ma lettre ce qui n’y figurait pas ou bien penser que vous n’avez pas reçu de réponse à cause de cela, alors que, de façon générale, il en est ainsi du fait de mes nombreuses activités.
Ce que je voulais dire est ceci. Il me semble vous avoir déjà écrit une fois afin de souligner la nécessité que votre épouse porte une perruque. Il me semble vous avoir déjà dit, d’une manière allusive, qu’une situation ne change pas et ne s’améliore pas, quand on fait comme si on ne la voyait pas, car tous les secrets sont dévoilés devant Dieu. Et, l’on peut comprendre la peine que cela inspire en considérant le saint Zohar, tome 3, page 126a, cité par les derniers Sages, dans le commentaire du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, qui dit : “ Une femme doit avoir la tête couverte même quand elle se trouve chez elle ”. Il doit donc, a fortiori, en être ainsi à l’extérieur. Le Zohar poursuit : “ Si elle agit ainsi, ses enfants recevront l’importance et toutes les bénédictions, supérieures et inférieures, quand elle priera pour avoir des enfants et des petits-enfants ”. Vous consulterez ce texte avec attention.
Je voudrais souligner encore une fois qu’il n’y a pas, de ma part, la moindre rancœur, mais uniquement de la contrariété et de la douleur, qui sont amplifiées quand on pense au soi-disant sacrifice que demande cette pratique, comparé à ce que l’on perd en s’en passant, surtout si l’on prend en compte l’endroit où vous vous trouvez maintenant. Là, un tel bon comportement peut avoir une influence positive sur de nombreuses familles juives, qui vous imiteront et connaîtront l’élévation, d’une étape vers l’autre.
Dieu fasse que chacun d’entre nous observe enfin qu’Il accorde la bénédiction et la réussite, matérielle et spirituelle, que l’on forge les réceptacles permettant d’intégrer cette bénédiction et d’en faire pleinement usage. Nous venons de vivre le mois de la délivrance, celui de Tamouz, qui vit la libération de notre maître et chef. Il est dit que “ le corps suit la tête ”. Que chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, soit donc libéré de tout ce qui lui fait obstacle, de sorte que l’on puisse servir Dieu avec joie et inspiration. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°6437
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6437, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce jeudi. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous m’écrivez.
Vous me dites que votre père a des difficultés à gagner sa vie. Sans doute avez-vous des connaissances et des amis, près de votre maison. Vous leur demanderez donc conseil afin de déterminer de quelle manière il est possible de gagner sa vie, dans la situation actuelle. Simultanément, vous accomplirez tout ce qui est de nature à renforcer le succès et la bénédiction que Dieu accorde. Je fais allusion au conseil suivant de nos Sages : “ le sel écarte le manque d’argent ”, ce qui veut dire que vous multiplierez le don à la Tsédaka. Vous le répartirez en plusieurs montants, que vous donnerez à différentes reprises. L’un des moments propices pour cela est chaque jour de semaine, avant la prière du matin. De même, chaque jour, y compris le Chabbat et les fêtes, après la prière du matin, vous lirez au moins un Psaume et, si possible, les Tehilim selon leur répartition mensuelle. Si cela est possible dans l’endroit où vous vous trouvez, il serait bon que votre mère donne, chaque jour, une tranche de pain ou bien un autre aliment à un pauvre, qui se trouve dans le besoin. Une telle forme de Tsédaka a une utilité immédiate. Elle est donc de nature à hâter la bénédiction de Dieu, comme le soulignent nos Sages, au traité Taanit 23b.
Vous évoquez la maladie de votre père, son traitement médical et ses conséquences. Vous consulterez, à ce sujet, un médecin spécialiste. Ces dernières années, en effet, on a trouvé que ce traitement peut nuire aux reins. On le remplace donc, ou bien on le modifie. En outre, c’est vous qui formulez cette demande et vous vous rapprochez du droit chemin. Pour votre part, vous renforcerez donc votre engagement pour la Torah et les Mitsvot. De la sorte, vous multiplierez les bénédictions de Dieu, en vos besoins et, en particulier, pour la satisfaction de la présente demande. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot, dans la maison de votre père, de même que vos Tefillin. Lui et vous, vous maintiendrez la lecture des Tehilim selon leur répartition mensuelle, chaque jour, après la prière du matin.
Lettre n°6438
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6438, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à la lettre de votre fils, qui m’écrit en votre nom. Il y est dit que vous avez fiancé votre fils, auquel Dieu accordera longue vie, que vous vous êtes engagé à prendre en charge les dépenses qui en découleront, bien que ceci dépasse vos moyens. Vous sollicitez donc de l’aide. Vous affirmez donc que cela dépasse vos moyens. Pourtant, notre Torah, Torah de vie, précise qu’un homme est tenu de marier son fils. Elle souligne également que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”. Il en résulte que l’homme doit pouvoir prendre en charge les dépenses qui en résultent, d’après la Torah, même s’il peut sembler, momentanément, à nos yeux de chair, que l’on n’en a pas les moyens.
Second point, nos Sages disent que “ l’homme qui reçoit une pièce de Job est béni ”, parce que celui-ci était un homme intègre et droit, craignant Dieu et s’écartant du mal. Ces qualités sont également celles de nos saints maîtres et chefs, dont le mérite nous protégera, comme je l’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, dont le mérite nous protégera. Et, nos Sages précisent bien : “ une pièce ”, afin d’établir qu’en la matière, le montant importe peu et qu’il faut tenir compte uniquement de la personne qui la donne. Je vous joins donc un chèque, émis sur l’une des caisses de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. On peut s’en remettre aux Sages afin que se réalise la promesse précédemment rappelée, de sorte que cette pièce vous apporte la bénédiction et vous permette de trouver les moyens nécessaires.
Vous avez sûrement connaissance des trois études fixées, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Lettre n°6439
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6439, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem, dans laquelle vous me dites que vous étudiez, pour la seconde année, à la Yechiva, mais que vous n’y avez que peu reçu. Dernièrement vous n’apprenez plus et vous perdez votre temps. Vous vous demandez donc comment vous organiser et que faire, dans le proche avenir. Vous envisagez différentes possibilités. Vous avez seize ans.
D’après les enseignements de notre Torah, Torah de vie, il est bien évident que vous devez poursuivre vos études à la Yechiva, avec ardeur et constance, car toutes les raisons que vous invoquez ne sont que des stratagèmes du mauvais penchant, lequel incite l’homme, de différentes façons, afin de l’empêcher d’avoir un comportement conforme aux instructions de notre Torah, Torah de vie. Vous me dites que vous perdez du temps, mais nos Sages enseignent : “ Celui qui te dit avoir fait des efforts sans qu’ils soient couronnés de succès, ne le crois pas ”. Si vous le désirez réellement, non seulement vous ne perdrez pas votre temps, mais, en outre, vous connaîtrez une réussite exceptionnelle. C’est, en effet, à votre âge que l’on connaît une période de bonheur, ce qui veut dire que, si l’on en profite de la manière qui convient, ces jours ouvrent la voie d’un bonheur véritable, spirituel et matériel à la fois. Sachez donc clairement que tout dépend de vous. Si vous en prenez réellement la décision, avec la fermeté qui convient, il pourra, au début, vous sembler que cela est difficile, mais, peu à peu, vous vous apercevrez qu’une partie de ces difficultés était imaginaire et que l’on peut échapper aisément à celles qui existent réellement. Selon l’expression bien connue, rien ne résiste à la volonté.
Vous avez sûrement connaissance des études fixées, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous, à l’avenir. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin, afin de vous assurer qu’elles sont cachères, conformément à la Hala’ha.
Lettre n°6440
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6440, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem, dans laquelle vous me dites que l’on propose un parti à votre fils, auquel Dieu accordera longue vie. Il s’agit d’une jeune fille ayant une grande sœur qui ne s’est pas encore fiancée. Pour autant, les parents ont indiqué qu’elle le serait bientôt. C’est alors que la proposition qui vous est faite, à propos de la plus jeune, pourra prendre effet.
Les fiançailles ont pour but de bâtir un édifice éternel. Il n’y a donc pas lieu de se dépêcher, d’exercer des pressions afin d’accélérer les choses pour gagner quelques jours. Il est préférable de fixer un délai pendant lequel vous attendrez les fiançailles de la grande sœur. Il peut, par exemple, s’agir de quelques semaines, d’autant que nous nous trouvons en un mois duquel nos Sages disent, au traité Taanit 29b : “ Il est préférable d’éviter Av ”. Pour différentes raisons, il n’y a pas lieu d’engager l’autre parti, en conférant à cette proposition un caractère impératif. Vous-mêmes, vous ne vous lierez pas non plus car, pendant ces semaines, pourront être formulées des propositions méritant d’être examinées.
Je suis surpris que vous ne me disiez rien de votre participation aux réunions ‘hassidiques, aux études publiques et surtout à vos actions de diffusion des sources, ce qui est une Mitsva personnelle, en particulier pour ceux dont les parents ont déjà adopté une telle activité. Le mérite des pères leur vient donc en aide. Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela, car le bien personnel, concernant un Juif ou une Juive, dépend du bien de ses accomplissements communautaires.
Lettre n°6441
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6441, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem, dans laquelle vous me dites que l’on vous propose de voyager hors d’Erets Israël afin de collecter des fonds. Je suis un peu surpris que vous teniez compte d’une telle suggestion. En effet, vous ne pouvez pas ignorer que de telles propositions sont faites uniquement aux bonnes âmes(1), ce qui veut dire qu’on les accepte seulement quand on ne peut pas faire autrement. Il est clair que cela ne correspond pas à votre situation, ce qu’à Dieu ne plaise.
Vous me demandez si vous devez abandonner votre travail et enseigner au sein du réseau(2), votre épouse ayant signifié son accord pour cela. De façon générale, ma position est connue et je l’ai écrite à plusieurs personnes. Quiconque a des aptitudes lui permettant de travailler pour l’éducation basée sur les valeurs sacrées doit le faire. Heureux est son sort et celui des membres de sa famille, matériellement et spirituellement. S’agissant d’une personne précise et d’une proposition définie, il convient, bien évidemment, d’en examiner tous les aspects et, en fonction de cela, de prendre une décision afin, comme je l’ai dit, d’opter pour la bonne part, l’éducation qui rapproche le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui est dans les cieux. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Compte tenu des difficultés, des absences fréquentes, de l’inconfort. (2) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte.
Lettre n°6442
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6442, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem, rédigée au nom de l’association des jeunes filles religieuses, dans laquelle vous me demandez si vous devez vous rendre dans les villages où l’enseignement religieux est insuffisant, afin d’y occuper un poste d’enseignant dans une école religieuse ou bien s’il est préférable que vous restiez en votre endroit, dans les grandes villes, où existe déjà une éducation religieuse. Vous concluez en disant que l’ambiance religieuse des villages exercera sûrement un effet positif sur vous. Or, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, il est bien évident que l’activité d’enseignement est une Mitsva fondamentale et d’une grande élévation. Quiconque possède une aptitude, en la matière doit donc y consacrer son temps et son énergie.
Mais, il est tout aussi clair que l’enseignant doit être un pédagogue, quelqu’un qui exerce une influence et non lui-même un élève, recevant encore cette influence, car alors les conséquences négatives, le tort qui peut en découler, ce qu’à Dieu ne plaise, seraient difficiles à évaluer. Or, un homme n’est pas objectif, le concernant et il ne peut donc pas évaluer lui-même sa propre situation, savoir s’il résistera à l’épreuve dans l’endroit où il viendra dispenser une éducation, sans s’écarter de la voie de notre Torah, Torah de vie, mais, au contraire, en exerçant une influence positive sur son entourage. Chacun doit donc établir ce qu’il en est réellement auprès de ceux qui connaissent sa personnalité et ses traits de caractère, qui connaissent également l’endroit et l’environnement en question. Ceux-là lui indiqueront ce qu’il y a lieu de faire.
Il découle de tout cela qu’au sein d’un groupe de personnes, dont “ les avis divergent ”, selon l’expression de nos Sages, il est bien clair que l’on ne peut pas prendre une décision unique pour tous. En l’occurrence, chacune a une situation spécifique et doit être considérée comme telle, en la matière. Dans la ville sainte de Jérusalem, il est certain que vous pourrez trouver plusieurs personnes, animées d’une sincère crainte de Dieu, ayant connaissance des principes de l’éducation et de la personnalité des hommes. Chacune d’entre vous, à titre individuel, prendra conseil auprès de ces personnes. Conformément à votre demande, cette réponse vous est adressée en devançant la file d’attente, compte tenu de l’urgence. Vous voudrez bien me dire ce qui en a résulté. Puisse Dieu, Qui accorde Sa Providence à tous et à toutes, guider chacune d’entre vous sur la voie qui sera réellement bonne pour elle. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6443
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6443, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous répondez à ma question sur la diffusion des sources(1) en rappelant que vous avez souligné, à maintes reprises, au grand Rav, la nécessité d’envoyer dans votre ville la personne qui convient pour cela(2). Vous comprendrez que cette réponse suscite, de ma part, un grand étonnement. Pensez-vous réellement que vous êtes parvenus en cet endroit uniquement pour faire la Che’hita à un certain nombre de bêtes et de volailles ou bien pour y prier et y prononcer un discours ? Vous connaissez l’image du serviteur auquel on avait appris à enfiler des perles et qui se consacrait à vendre du pain et de la viande. De fait, le pain et la viande sont nécessaires, mais il n’est nul besoin d’investir en cela ses forces révélées et ses forces cachées. Cet accomplissement peut être le fait de nombreuses personnes pour lesquelles nos saints maîtres n’ont pas fait don d’eux-mêmes, afin d’assurer leur éducation au sein de la Yechiva Tom’heï Temimim et de révéler en eux la plus haute lumière. Certes, l’effet de cet investissement de leur part apparaît à l’évidence, même s’il s’agit de vendre du pain et de la viande. Pour autant, une telle activité reste superficielle et n’est sûrement pas essentielle. Bien plus, vous observez vous-mêmes que vous vous trouvez dans cet endroit depuis plusieurs années déjà et que la divine Providence n’y a pas conduit d’autres anciens élèves de la Yechiva ou ‘Hassidim. Or, il est clair que les sources doivent être diffusées également dans votre ville.
Bien entendu, vous avez l’autorisation et le droit de transmettre tout cela au Rav, dirigeant l’endroit, car ce qui vient d’être dit le concerne également. Bien plus, comme l’établissent différents textes, la responsabilité du maître de l’endroit(3) est plus grande que celle du Cho’het, même si cette dernière est également importante, conformément à l’explication bien connue de mon beau-père, le Rabbi(4), qui dit : “ un Cho’het n’est pas uniquement quelqu’un qui tient un couteau à la main ”. Nous avons vécu le mois de la délivrance, celui de Tamouz, au cours duquel fut libéré notre maître et chef, tête d’Israël. Or, “ le corps suit la tête ”. Puisse donc Dieu faire que chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, soit libéré de tout ce qui lui fait obstacle, matériellement et spirituellement. Ainsi, la victoire sera évidente, comme ce fut le cas “ en ces jours-ci, à cette époque-là ” et l’on pourra servir Dieu avec joie et inspiration. Point fondamental, on diffusera les sources jusqu’à ce qu’elles parviennent également à l’extérieur. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) De la ‘Hassidout dans la ville où les destinataires de cette lettre exerçaient la fonction de Cho’het. (2) Pour assurer cette diffusion, leur fonction de Cho’het ne leur permettant pas de le faire eux-mêmes. (3) Du Rav. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4442.
Lettre n°6444
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6444, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Zoussya(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous me dites que vous avez entrepris différents projets, mais que, pour l’heure, les résultats n’en ont pas été satisfaisants. L’explication de cette situation peut, néanmoins, être trouvée dans vos propos. Vous avez entrepris plusieurs projets à la fois, ce qui veut sûrement dire que vous ne vous êtes pleinement investi en aucun d’eux.
Certes, à l’époque où tout allait bien, chacun se contentait d’une seule occupation matérielle et d’une seule, morale. Il est donc bien clair que, lorsque tout ne va pas bien, en cette période du talon du Machia’h(2), comme l’expliquent nos Sages, il n’y a pas lieu de réduire une activité, qu’elle soit spirituelle ou matérielle. Pour autant, il est clair qu’une seule activité doit être essentielle, tout comme nos Sages demandaient : “ Quelle Mitsva ton père accomplissait-il de la manière la plus scrupuleuse ? ”. Vous devez, vous aussi, assumer uniquement une activité “ de manière plus scrupuleuse ” et assurer les autres de manière courante ou même encore moins que cela, c’est-à-dire inviter et encourager les autres à les prendre en charge en s’impliquant personnellement, puis, de temps à autre, vous leur demanderez de redoubler d’ardeur et de le faire plusieurs fois, “ même cent fois ”, selon l’expression de nos Sages, sans pour autant oublier ce qui restera l’activité essentielle. Si, au moins à l’avenir, vous adoptez une telle organisation, il est certain que vous connaîtrez la réussite non seulement en votre activité essentielle, mais aussi en celles pour lesquelles vous ne faites qu’encourager les autres, demander ou bien débuter. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi très prochainement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
N. B. : Il est clair que, dans la situation actuelle, plusieurs projets ont déjà été entrepris, pour lesquels on compte sur vous. Ce qui vient d’être dit ne signifie donc pas que vous devez brusquement tout abandonner, à l’exception d’un ou deux projets. Si c’était le cas, on pourrait craindre que tout le reste disparaisse également, puisque l’on a été habitué à vous voir en endosser la responsabilité. Vous attirerez donc, dans ces projets, une ou deux personnes compétentes, puis vous leur expliquerez qu’elles doivent en prendre la responsabilité, leur activité essentielle consistant à faire commerce par l’intermédiaire de ce projet. Ainsi, on peut espérer qu’en une période qui ne sera pas longue, vous trouverez des responsables dévoués dans plusieurs de ces domaines, de la manière dont vous l’avez vous-même fait jusqu’à maintenant, comme je l’ai dit.
Notes
(1) Le Rav H.Z. Wilimovski, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°6066. (2) Les événements anormaux annonçant sa venue.
Lettre n°6445
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6445, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
A) Par l’intermédiaire de mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assume une mission sacrée et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Moché Zalman Schneerson, j’ai bien reçu votre question, qui est la suivante. Compte tenu des modifications intervenues ces dernières années, vous avez eu l’idée de revendre la maison que vous possédez. De la sorte, vous serez en mesure de rembourser les dettes que vous avez contractées et de confier une certaine somme à vos enfants, qui pourront ainsi s’installer dans une autre maison. Vous concluez en disant que vous ne craignez pas qu’il ne reste rien pour que vous puissiez vous loger vous-même, car vous êtes prête à cette idée. Vous me demandez ce que j’en pense.
Si l’on se base sur les conséquences que l’on peut observer, lorsque des personnes de votre âge doivent loger chez les autres et dépendre d’eux, même s’il s’agit des enfants, faisant preuve de la plus haute abnégation, on peut constater que les relations, y compris si elles sont très bonnes au départ, se dégradent par la suite. Je ne suis donc pas d’accord avec une telle manière de procéder. Même si les dettes sont importantes et qu’il n’est pas d’autre moyen de les rembourser qu’en vendant cette maison, il est indispensable qu’un logement soit prévu pour vous, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas le temps de dépenser l’argent, même pour la cause la plus importante, car celui-ci sera déjà investi dans votre logement. Ainsi, vous pourrez conserver une vie autonome et observer, de manière naturelle, que vous vous passez de l’aide des autres. C’est une évidence. D’après tout cela, il est évident qu’il serait encore plus souhaitable de trouver une meilleure façon de rembourser vos dettes. La lettre précise que ce prêt est à intérêt. Sans doute l’avez-vous donc contracté avec une permission de faire commerce. Si ce n’est pas le cas, ce qu’à Dieu ne plaise, vous réparerez tout cela dès réception de la présente, de la manière qui convient, comme vous l’indiquera un Rav, tranchant la ‘Hala’ha.
B) Vous sollicitez ma bénédiction pour une femme, à laquelle Dieu accordera longue vie. En un moment propice, je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que celle-ci obtienne la satisfaction de ses besoins et, en particulier, l’amélioration de son état de santé. Bien entendu, ses parents doivent renforcer leur engagement dans la Torah et les Mitsvot, dans toute la mesure de leur possible, car cet ajout est le canal et le réceptacle permettant de susciter et d’intégrer les bénédictions de Celui Qui guérit toute chair et accomplit des miracles, y compris pour ce qui concerne leur fille. Il est bien évident que la pratique personnelle des parents, en matière de Torah et de Mitsvot, a aussi une incidence et une influence en la matière.
De ce point de vue, le comportement évident, dans les domaines observés par tous et pour le bien de tous, est donc encore plus déterminant. Et, la Michna parle de “ celui qui a un mérite et qui confère un mérite au plus grand nombre ” comme du cas contraire, ce qu’à Dieu ne plaise. Puisse Dieu faire que vous trouviez les mots, que ceux-ci émanent de votre cœur afin de pénétrer le cœur de ces personnes et de les convaincre. Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot de votre maison, afin de vous assurer qu’elles sont toutes cachères, conformément à la Hala’ha. De même, vous observerez la coutume des femmes juives qui consiste à prélever de la Tsédaka, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6446
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6446, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Dov Ber(1),
le Cho’het et son épouse, madame Ra’hel,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement la réunion ‘hassidique des jours propices de la libération, les 12 et 13 Tamouz. Bien entendu, il est douloureux de constater, comme vous le faites vous-même, que ces réunions, destinées aux élèves de la Yechiva, se réduisent, pour différentes raisons que l’on peut comprendre. Compte tenu de leur importance, il serait bon de s’intéresser aux moyens d’arranger et d’améliorer une telle situation. Rien ne résiste à la volonté, d’autant qu’au fond de leur âme, ces jeunes gens désirent tout cela, comme l’établissent différents textes de ‘Hassidout.
S’agissant(2) de la préparation des causeries pour les réunions des femmes et jeunes filles ‘Habad, vous pouvez vous servir des “ Conversations avec les jeunes ”, qui sont éditées depuis plusieurs années et comptent déjà plus de trois cents numéros, fournissant une matière riche, surtout si on la travaille et on la développe, dans la mesure du possible, en fonction des participantes. Bien entendu, si la lecture de textes est mal reçue, comme vous l’écrivez, il faut modifier cette pratique, compte tenu de l’importance de l’enjeu. Vous devez faire plusieurs essais, jusqu’à trouver la formule qui convient. Vous penserez à la récompense que Dieu accorde, en la matière, dont on reçoit les fruits en ce monde et à la satisfaction véritable, c’est-à-dire à la satisfaction ‘hassidique, que l’on conçoit de ses enfants. Dieu fasse que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit. Avec ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Le Rav D.B. Lewin, de Sunderland, Angleterre. Voir, à son sujet, la lettre n°4299. (2) Le premier paragraphe de cette lettre, s’adressant au Rav Lewin, est rédigé en Hébreu. Celui-ci, rédigée en Yiddish, s’adresse à son épouse.
Lettre n°6447
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6447, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mena’hem Av 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Mena’hem Av, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie jusqu’à maintenant, les secousses morales et les évolutions de votre état d’esprit. Puis, avec l’aide de Dieu et grâce à différentes interventions, vous êtes parvenu à vous maîtriser et vous êtes actuellement élève de la classe préparatoire à la sainte Yechiva, fondée et dirigée par nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera.
Il est sûrement inutile de vous rappeler que vous devez renforcer votre confiance en le Créateur du monde, Qui le dirige. En effet, “ tout ce que Dieu fait est pour le bien ” et, avec une tranquillité véritable, avec joie et inspiration, vous étudierez donc avec ardeur et constance, vous accomplirez les Mitsvot de la meilleure façon. S’agissant des disputes que vous mentionnez, le meilleur moyen est de ne pas entrer dans la confrontation, ce qu’à Dieu ne plaise ou, selon l’expression de nos Sages, “ d’entendre et de ne pas répondre ”. C’est la façon la plus efficace de réduire les polémiques et les altercations, comme je l’ai dit. Le point véritable est, en fait, le suivant. Le simple fait d’étudier avec joie supprime toutes les limites, fait disparaître les voiles et les obstacles. Bien entendu, le détail de votre comportement dépend de nombreux points, que vous exposerez donc à votre professeur et à votre guide spirituel. Ceux-ci vous donneront des conseils et ils vous guideront, d’autant que, comme votre lettre semble l’indiquer, ils vous ont déjà aidé, de par le passé et leur intervention a été fructueuse.
Vous avez sûrement connaissance des trois études fixées qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim
et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous, à l’avenir. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec joie et inspiration, pour accomplir les Mitsvot de la même façon,
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