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Iguerot Kodesh — lettres 6348 à 6367

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6348

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6348, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Sivan 5718,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui se consacre aux besoins

communautaires, le Rav Chlomo Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie pour vos articles et la brochure que vous m’avez envoyés. Sans doute le ferez-vous encore, à l’avenir. Je vous en remercie d’avance. J’ai, en outre, bien reçu, votre lettre du 25 Sivan et, conformément à notre discussion, on a fait savoir aux ‘Hassidim de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, que, quand leurs difficultés pour fonder un second Kfar ‘Habad en Erets Israël seront résolues, ils pourront vous contacter et j’espère que vous leur viendrez en aide(2).

Nos Sages disent que : “ les pauvres de ta ville ont la priorité ”. Malgré cela, j’ai bon espoir que, pendant votre séjour en dehors d’Erets Israël et aux Etats-Unis, en particulier à New York, vous ferez pleinement usage de votre influence afin de renforcer la foi, dans l’esprit de la Tradition d’Israël et vous la diffuserez également à l’extérieur de la Terre Sainte, en tout endroit que vous pourrez atteindre, sur la base des points que nous avons évoqués, lors de notre discussion. Avec mes respects, ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles,

Je viens de recevoir votre lettre, à laquelle était jointe une copie de celle de l’ingénieur. Je vous remercie de me l’avoir adressée.

Notes

(1) Le Rav C.Z. Shargay. Voir, à son sujet, la lettre n°6266. (2) Pour la fondation de ce second village.

Lettre n°6349

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6349, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 27 Sivan et, me trouvant aujourd’hui(2) près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’ai mentionné votre nom. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de vos réalisations communautaires et de vos préoccupations personnelles. Avec ma bénédiction,

Vous évoquez l’obturation de la cavité d’une dent pour une durée de quelques mois et vous vous demandez s’il s’agit d’une séparation(3). Vous consulterez les responsa du Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, chapitre 160 et la référence qui est citée par le Darkeï Techouva, le chapitre 195, paragraphe 24, de même que le Taharat Israël, à la même référence. Mais, sans doute n’ignorez-vous pas ces textes.

Dans le Chaareï Tsion, publié à Jérusalem en 5685(4), au chapitre 54, sont comparés deux avis de la Hala’ha, celui du Rambam et celui de Rachi, selon lesquels il ne s’agit pas d’une séparation si l’on n’y prête pas attention. En effet, on ne souhaite pas l’ôter et cette obturation est donc considérée comme insignifiante. D’après un avis, on ne souhaite pas non plus ôter celle qui est temporaire, mais, bien au contraire, la remplacer par une définitive, c’est-à-dire avoir le corps définitivement couvert, puisque c’est bien de la séparation proprement dite qu’il s’agit et non de ce qui constitue cette séparation. Il n’en est pas de même pour les anses des ustensiles qui n’ont pas été fixées de la manière qui convient. En pareil cas, une attache est nécessaire laquelle, pour l’heure, n’existe pas. C’est là ce que vous dites et le temps ne me permet pas de consulter les références précédemment citées, pour vérifier si une telle analyse y est évoquée. Mais, si l’on raisonne ainsi :

A) une obturation pour un jour ou deux ne constituera pas non plus une séparation. Ce n’est pourtant pas l’avis de plusieurs des derniers Sages.

B) on a, bien au contraire, le désir d’ôter une obturation temporaire, même si on ne le fera pas immédiatement. Il faut donc dire que cette obturation est effectivement scellée et qu’en conséquence, elle ne doit pas être prise en compte.

A ce propos, votre remarque sur le Yerouchalmi, traité Yoma, chapitre 4, au paragraphe 4, selon lequel la fixation par un clou supprime la séparation d’un étui, même s’il n’est là que pour un jour, celui de Yom Kippour, ne me convient pas. En effet, il s’agit, en l’occurrence, d’une fixation définitive et d’un instrument réservé à Yom Kippour.

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°5791. (2) Veille de Roch ‘Hodech, qui est le “ petit Yom Kippour ”. (3) Entre l’eau et le corps, lors de l’immersion rituelle. (4) 1925. Dans le texte, le Rabbi met un point d’interrogation après cette date, pour indiquer qu’elle n’est pas certaine.

Lettre n°6350

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6350, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Tamouz 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’interrogez et vous souhaitez des explications sur ce que l’on attend de vous, en termes d’actions pour renforcer et pour diffuser le Judaïsme, en particulier pour diffuser les sources(1). Je ne sais quelle explication vous demandez, car vous vous trouvez dans la ville sainte de Jérusalem, dont la sainteté est plus grande(2). Vous devez comprendre ce qui en découle. En pareil cas, la sainteté de l’homme doit elle-même être augmentée, car son effort est à la mesure de la révélation céleste qu’il obtient.

L’ajout de sainteté passe par la Torah, les Mitsvot et leur dimension profonde, c’est-à-dire par les sources. On doit, en cela, mettre en pratique le Précepte : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, c’est-à-dire faire preuve de largesse non seulement envers soi-même, mais aussi envers l’autre. Cette diffusion est nécessaire dans différents domaines. Il est clair que l’obligation en incombe à chacun, ce qui veut dire que tous ont les moyens de la mener à bien, que tout ne dépend que de la volonté. C’est une évidence. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Que celle du reste d’Erets Israël.

Lettre n°6351

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6351, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Tamouz 5718,

Brooklyn,

A la Rabbanit, madame Rivka(1),

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 27 Sivan, dans laquelle vous me décrivez le développement de votre groupe(2). Dieu fasse que ceci vous permette de révéler les forces profondes que Dieu vous accorde, afin de donner à ce groupe une dimension encore plus large, à la fois quantitativement et qualitativement. L’effort et l’attention qui en résultent sont justifiés, si l’on se dit que chaque femme doit être considérée non seulement à titre individuel, mais aussi en tant que représentant de tout un foyer, de tout une famille. J’ai été particulièrement satisfait de lire, dans votre lettre, que vous avez introduit une activité auprès des femmes se préparant au mariage. Ceci est particulièrement important, conformément à l’enseignement de nos maîtres selon lequel tout processus est conditionné par son début.

Vous me demandez si vous devez vous déclarer et prendre le nom de groupement des femmes et jeunes filles ‘Habad. C’est actuellement le début de l’été et l’activité est alors réduite, le nombre des participantes diminue. Le moment n’est donc pas propice pour une telle introduction, qui fera l’objet de discussions(3), au moins de la part de quelques unes des participantes. Cela sera plus aisé quand l’action s’intensifiera et qu’elle aura un rythme(4) plus accéléré. Cette nouveauté sera alors accompagnée par d’autres changements et, dès lors, elle n’en sera qu’un parmi tant d’autres. Ceux qui cherchent à poser des questions disposeront donc de moins de temps.

En un moment propice, je mentionnerai votre nom, ceux de votre mari et de vos enfants près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, de vos préoccupations personnelles comme de vos réalisations communautaires, les unes dépendant des autres. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Madame Rivka Sharfstein, de Cincinnati. Voir, à son sujet, la lettre n°3234. (2) Les femmes et jeunes filles ‘Habad de Cincinnati. (3) En anglais dans le texte, cette lettre étant rédigée en Yiddish. (4) “ Tempo ” dans le texte.

Lettre n°6352

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6352, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2ème jour de Roch ‘Hodech Tamouz 5718,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait savoir que vous avez eu un fils, avec Mazal Tov, qu’il a été scellé dans l’alliance de notre père Avraham(1) et qu’il a été appelé Yossef Its’hak. Voici ma réponse. Puisse Dieu faire que, tout comme il a conclu cette alliance, il soit introduit à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Vous l’éduquerez, avec votre épouse, dans la largesse. Avec ma bénédiction de Mazal Tov,

S’agissant de ce que vous rapportez à propos du nom(2), il est clair qu’il n’y a nullement lieu de le remettre en cause. En effet, le Ari Zal précise, dans la vingt troisième introduction du Chaar Ha Guilgoulim, que : “ le Saint béni soit-Il place dans la bouche du père et de la mère le nom dont l’âme a besoin. Ce nom est gravé, là-haut, dans le Trône céleste ”.

Notes

(1) A reçu la circoncision. (2) Le destinataire de cette lettre écrivait : “ Certaines personnes m’ont dit que j’aurais dû lui donner le nom de mon grand-père ”.

Lettre n°6353

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6353, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Chmouel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir par mon beau-frère, le Rav Chlita(2), que vous l’avez accueilli avec bienveillance et que vous avez multiplié les efforts, lors de sa visite dans votre ville, à Syracuse. Il est sans doute inutile de remercier quelqu’un comme vous, d’autant que, disent nos Sages, “ la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”. Bien plus, la ‘Hassidout souligne que Mitsva est de la même étymologie que Tsavta, le lien, ce qui veut dire que la récompense véritable, la plus importante, est le simple fait d’avoir mis en pratique la Mitsva, ce qui crée un lien une relation entre Celui Qui l’ordonne, le Créateur et la créature, alors que l’Un et l’autre n’ont rien de commun. J’émets le vœu non seulement que cette bienveillance se poursuivra, mais aussi qu’elle s’élargira, puisqu’il s’agit, en l’occurrence, de renforcer une institution de Torah(3) et qu’il nous a été enjoint de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté.

Mon beau-frère m’a également fait part de votre intervention dans la discussion avec monsieur Shapiro. Il m’a dit que celle-ci a eu une suite et qu’il convient donc d’être vigilant pour que cette suite soit positive, jusqu’à sa conclusion. L’importance de tout cela(4) est établie par l’enseignement de nos Sages selon lequel la Mitsva porte le nom de celui qui la conduit à son terme. En conséquence, je suis certain que vous ferez tout ce qui est nécessaire, et même plus que cela, pour qu’il en soit bien ainsi.

Nous sommes dans le mois de Tamouz, celui de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Que chacun soit donc libéré, au sein de tout Israël, de tout ce qui le trouble et que se révèle une bénédiction accrue, une réussite dans tous les accomplissements communautaires et personnels, les uns dépendant des autres. Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav C.Yalow, de Syracuse. Voir, à son sujet, la lettre n°6144. (2) Le Rav Shmaryahou Gour Aryé. (3) D’effectuer une collecte pour la Yechiva Loubavitch. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez le Yerouchalmi, traité Roch Hachana, fin du chapitre 1, paragraphe 4, selon lequel la nécessité de rapprocher la fin de la Mitsva de son début a pour effet de repousser le Chabbat en la forme de son début ”.

Lettre n°6354

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6354, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5718,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

groupement de Tel Aviv, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre, me décrivant brièvement vos activités de ces dernières semaines. Puisse Dieu faire que celles-ci s’élargissent dans toutes les directions, quantitativement et qualitativement, conformément à la volonté de nos saints maîtres et en particulier de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous profiterez sûrement des jours de sa libération, les 12 et 13 Tamouz, pour renforcer votre groupement et ses activités, de la manière qui convient. Puisse Dieu faire que la réussite soit considérable. J’attends de vos bonnes nouvelles. Avec ma bénédiction de succès et pour donner ces bonnes nouvelles,

Vous me dites que votre groupement souhaite créer une caisse de bienfaisance. Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux. De vos jours et des nôtres, s’accomplira la promesse selon laquelle : “ il n’y aura plus de pauvre, en ton sein ”, avec la venue de notre juste Machia’h.

Lettre n°6355

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6355, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5718,

Brooklyn,

Aux membres du comité des fêtes de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 24 Sivan, dans laquelle vous me faites part de la constitution de votre comité et du début de son fonctionnement, en particulier à l’occasion de la réunion ‘hassidique organisée pour la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz, qui approche et qui est la fête de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Puisse Dieu faire que ces décisions soient suivies d’effet de la manière la plus positive, ce qui, bien entendu, inclut le point le plus profond, la nécessité que résultent de cette réunion ‘hassidique des décisions concrètes. Par la suite, celles-ci se réaliseront effectivement, en tous les domaines qui sont abordés dans la lettre de celui dont nous célébrons la joie, relative à la réunion ‘hassidique de la fête de sa libération(1). Combien plus en est-il ainsi à Kfar ‘Habad, village dont il est le fondateur et le dirigeant, car “ c’est là qu’Il a ordonné la bénédiction ” pour en faire un centre de diffusion des sources(2) en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”. Tout ne dépend donc que des habitants de Kfar ‘Habad, qui disposent pleinement des moyens nécessaires à tout cela. Puisse Dieu faire que, très vite, ils les utilisent entièrement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de ce qui est réalisé,

Notes

(1) Dans laquelle le précédent Rabbi définit la manière de célébrer de cette date. (2) De la ‘Hassidout.

Lettre n°6356

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6356, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au jeune ‘Haïm Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre avec satisfaction. Vous me décrivez le programme d’étude de la classe préparatoire à la sainte Yechiva Torat Emeth(2). La divine Providence vous a confié un sort enviable et vous pouvez mener vos études dans cet endroit. Et, j’observe avec un plaisir particulier, dans votre lettre, que vous consacrez également un temps extérieur au cycle de la Yechiva à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot, de même qu’à leur grand principe, la nécessité d’influencer les autres, ainsi qu’il est dit : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”.

Puisse Dieu faire que vous poursuiviez tout cela, que vous vous éleviez d’une étape vers l’autre et que vous me donniez de bonnes nouvelles. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous connaissiez la réussite en tout cela. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Vous m’interrogez sur la bénédiction Ata ‘Honen, “ Tu accordes le discernement à l’homme ”, dite à l’issue du Chabbat(3). Vous consulterez, à ce sujet, le Chaar Ha Collel, à cette référence. Il me semble que les ‘Hassidim la récitent effectivement et qu’ils disent également Ata ‘Honantanou, “ Tu nous as accordé ”(4).

Notes

(1) H. C. Deutsch, de Jérusalem. (2) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (3) Bénédiction de la Amida dans laquelle est récitée la Havdala. (4) La Havdala proprement dite.

Lettre n°6357

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6357, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Avraham Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29 Sivan, dans laquelle vous m’interrogez sur ce que j’écrivais dans ma propre lettre(2), à propos de la définition du Gan Eden, selon le Rambam. Celui-ci dit, en effet, dans son commentaire de la Michna, au traité Sanhédrin, que le Gan Eden est “ la partie la plus grasse et la plus riche de la terre ”. Vous citez, en outre, différents textes qui traitent du Gan Eden. Plusieurs livres définissent ces notions. Néanmoins, je les rappellerai brièvement ici.

Il est plusieurs niveaux de Gan Eden. Le plus bas, celui qui est mentionné par les versets du début de la Torah, se trouve dans notre monde, car un verset ne peut pas être départi de son sens simple. Or, dans ceux-ci, il est bien question de fruits que l’on peut consommer matériellement. C’est à cela que le Rambam fait allusion, dans ce commentaire de la Michna. Ce Gan Eden a été créé avec le reste du monde, comme l’indiquent ces versets, mais, selon le Rambam, il a été caché par la suite et il se révélera de nouveau dans le monde futur. A un stade plus élevé, il y a aussi un Gan Eden qui n’est pas matériel, qui concerne donc les âmes sans corps. De façon générale, celui-ci comprend deux niveaux, le Gan Eden inférieur et le supérieur. Plusieurs textes traitent longuement de l’un et de l’autre, en particulier le Zohar, tome 2, à partir de la page 210. Vous le consulterez et vous verrez qu’il y est effectivement question des âmes sans corps. Toutefois, le Gan Eden inférieur et le supérieur comptent, l’un et l’autre, plusieurs stades, comme le précise le passage du Likouteï Torah que vous avez reproduit dans votre précédent courrier.

Par ailleurs, il faut distinguer une autre notion, qui est celle de monde futur. On trouve, à ce propos, une controverse entre le Rambam et le Ramban, exposée dans le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Tsav, page 15c. D’après le Rambam, il s’agit bien d’un monde des âmes sans corps. A l’opposé, ce qui est dit au début du chapitre ‘Hélek(3) est une autre idée et, dans ce texte, on fait effectivement référence aux âmes se trouvant dans des corps, comme vous pourrez le constater. Pour le Ramban, en revanche, il est bien question d’âmes étant dans des corps, comme ce sera le cas après la résurrection des morts. Selon cette interprétation, il n’y a plus de contradiction entre les textes que vous citez dans votre lettre. De fait, j’ai déjà rédigé une analyse de tout cela(4) et elle a été publiée dans les Kovets Loubavitch, numéros 9 et 10. Quelqu’un doit sûrement en posséder un exemplaire, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav A.M. Greenberg, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°6168. (2) Il s’agit de la lettre n°6300. (3) Dans le traité Sanhédrin. (4) Il s’agit de la lettre n°200.

Lettre n°6358

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6358, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22 Sivan, avec les demandes de bénédiction qui y étaient jointes. Vous envisagez une opération(1), mais vous ne me précisez pas laquelle. Peut-être s’agit-il d’une lobotomie(2). Cette proposition ne me convient pas, au moins pour l’heure. Très souvent, en effet, de telles opérations n’ont pas eu une grande réussite. Il faut donc, au préalable, essayer toutes les autres possibilités. De fait, différents comprimés(3) et des traitements modernes qui sont actuellement utilisés n’exercent leur effet qu’après un an ou deux. Il serait bon que le médecin traitant rédige une lettre de façon détaillée, comme on le fait entre confrères, afin de préciser quel est le traitement administré à cette femme, jusqu’à maintenant. Vous montrerez ce rapport à un médecin spécialiste se trouvant ici.

Nous sommes entrés dans le mois de Tamouz, celui de la délivrance de notre maître, tête d’Israël et “ le corps suit la tête ”. Puisse donc Dieu faire que, dans son ensemble et jusqu’à son talon, ce corps reçoive ce que la tête lui donne. Que chacun soit ainsi libéré de tout ce qui l’entrave et se trouve ainsi en mesure de servir Dieu avec une joie et un enthousiasme entiers. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6429. (2) Une sérieuse opération du cerveau, en anglais dans le texte, “ lobotomy ”. (3) En anglais dans le texte, “ pil ”.

Lettre n°6359

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6359, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 21 Sivan. Vous m’interrogez sur la possibilité de parler pendant la lecture de la Torah. Je suis surpris qu’une telle question doive être adressée sur un autre continent. Et, je suis encore plus étonné que certains négligent ce principe(1), en citant à l’appui différentes preuves, alors que l’on connaît les propos du Rabbi Rachab qui sont, en outre, imprimés dans le recueil de ses lettres(2) et, avant tout, ce que dit le Yaïr Nativ, de mon beau-père, le Rabbi. Je reproduis ici l’explication de son père, le Rabbi Rachab, dont le mérite nous protégera : “ Il est clair que celui qui écoute la lecture de la Torah de la manière qui convient accomplit une Mitsva de Dieu et, en outre, grâce à l’honneur qui est ainsi fait à la Torah, celle-ci invoque la miséricorde divine pour l’homme et pour les membres de sa famille, spirituellement et matériellement ”. Introduisant son propos, il dit encore : “ On prendra bien garde de ne pas parler et de ne pas discuter pendant la lecture de la Torah ”.

Vous faites référence à la réunion ‘hassidique et à ce qu’il conviendrait de réparer, à ce propos. Il est clair que ce n’est pas le cas. Tout action, petite ou grande, doit être acceptée par soumission, comme un Décret céleste. Le Saint béni soit-Il Lui-même, Créateur de ce monde, fit en sorte qu’une partie de Sa Torah soit accessible par la rationalité. De fait, tout ce qui permet de se lier à son prochain, au sein de tout Israël, doit être logique, surtout pour ce qui concerne ‘Habad. Car, si celui qui passe devant une parfumerie sent une bonne odeur, combien plus en est-il ainsi pour celui qui y passe quelques temps, quelques années, parfois même au péril de sa vie(3). Il peut ainsi s’en pénétrer encore plus profondément. Et, il est à peu près certain que, si les ‘Hassidim âgés expliquaient ces idées et précisaient ce qui est nécessaire, on l’accepterait plus aisément qu’on l’imagine. Car, l’assurance a été donnée que les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur, d’autant que le mérite de ce qui est public vous vient en aide, en particulier à Kfar ‘Habad qui, comme on l’a maintes fois souligné, doit donner l’exemple d’un village ‘Habad. C’est une évidence. Bien entendu, ces remarques s’appliquent aussi aux enseignements publics qui y sont délivrés. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Et parlent pendant la lecture de la Torah. (2) Voir ses Iguerot Kodech, tome 1, lettre n°67. (3) Comme ce fut le cas en Russie.

Lettre n°6360

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6360, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre du 29 Sivan et celles qui les précédaient. A ce propos, j’ai déjà écrit que, lorsque je n’en accuse pas réception, c’est généralement, et même toujours, du fait de mes nombreuses occupations. Je réponds donc aux lettres pour lesquelles cela est nécessaire afin d’éviter une erreur. Telle est ma priorité. En revanche, un simple accusé de réception peut être retardé, surtout quand il porte sur une activité menée dans le cadre d’une institution, comme les jeunes de l’association ‘Habad ou bien les femmes ‘Habad, puisqu’il est alors déjà donné dans une lettre adressée à l’institution proprement dite.

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que l’on a engagé les préparatifs qui conviennent pour la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz. Puisse Dieu faire qu’il y ait là un bon début pour que l’on dispose, suffisamment tôt, d’un programme détaillé. De la sorte, différents événements malencontreux, qui étaient jusqu’à maintenant le fait de la hâte, disparaîtront. L’assurance nous a été donnée que, “ comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je leur montrerai des merveilles ”. Mais, pour autant, une différence existe entre les deux événements. A l’époque, la hâte fut nécessaire à tous les niveaux pour la Présence divine, pour Israël, pour l’Egypte, alors qu’il n’en sera pas de même pour le monde futur. Il doit donc en être ainsi pour la préparation(1), ainsi qu’il est dit : “ Ce n’est pas à la hâte que vous partirez ”. Tout cela est expliqué, notamment, dans la longue séquence de discours ‘hassidiques qui est intitulée Ve Ka’ha(2). Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, en connaissant la réussite dans votre mission sacrée et, point central, dans la diffusion des sources(3) à l’extérieur,

Notes

(1) Au monde futur. (2) Du Rabbi Maharach. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°6361

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6361, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn,

A monsieur Binyamin(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre m’annonçant une bonne nouvelle. On vous propose d’organiser les activités des jeunes dans la synagogue dont vous êtes le directeur, de leur parler de la Torah et du Judaïsme, de les inviter à fréquenter plus souvent cette synagogue. Il est sûrement inutile de vous rappeler que, si une telle activité a toujours été une nécessité, combien plus l’est-elle en cette période du talon du Machia’h. Bien plus, chez les jeunes, toute évolution positive changera la manière dont ils bâtiront leur foyer, quand viendra le moment de leur mariage. De la sorte, elle aura une influence sur toutes les générations. Chaque effort, chaque intervention dans ce domaine sont donc justifiés.

A ce propos, j’ai déjà expliqué que la jeunesse, aux Etats-Unis, à tout âge et dans tout milieu, doit étudier les lois nécessaires pour la vie quotidienne et Dieu fasse que les adultes et les grands adoptent également une telle étude. En effet, l’ignorance et le manque de connaissances des plus jeunes, pour ce qui concerne les bénédictions, la prière, le respect du Chabbat, sont tout à fait effarants. Et, l’on peut observer les conséquences profondément négatives que cela peut avoir. C’est une évidence. Même si le temps devant être consacré à cela n’est pas le même dans tous les milieux, une telle étude est, en tout état de cause, indispensable. Il faut motiver les élèves et les inviter à l’empressement, afin qu’ils révisent ces lois quand ils ont du temps libre. Du reste, l’abrégé du Choul’han Arou’h est traduit dans la langue de ce pays, en anglais.

Bien que vous n’en disiez rien, j’espère que vous avez un temps fixé pour étudier la ‘Hassidout, comme nous en avons parlé et que vous l’augmentez, de temps à autre, conformément à l’Injonction de nos Sages selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. :

Concernant l’entrevue(2), vous en fixerez le temps qui convient avec mon secrétariat.

Notes

(1) B. Servya, de Brooklyn. (2) Avec le Rabbi, sollicitée par le destinataire de cette lettre

Lettre n°6362

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6362, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Tamouz 5718,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yera’hmyel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me faites savoir que vous avez emménagé dans votre nouvelle maison et voici ma réponse. Puisse Dieu faire qu’en changeant d’endroit, vous changiez de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de votre mission sacrée consistant à diffuser les sources(2),

Vous faites référence au Mikwé et, bien entendu, il faut tout faire pour qu’il y en ait un dans votre quartier, au moins pour les hommes. Rien ne résiste à la volonté, surtout quand il s’agit d’un accomplissement aussi important. Vous consulterez, en particulier, le Likouteï Torah, à la Parchat Tavo, page 43b et les allusions des Tehilim, à la fin du Or Torah du Maguid(3), à propos du Baal Chem Tov.

Notes

(1) Le Rav Y.Blumenfeld, de Rio de Janeiro. Voir, à son sujet, les lettres n°3482, 3719 et 6477. (2) De la ‘Hassidout. (3) De Mézéritch.

Lettre n°6363

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6363, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27(1) Nissan, dans laquelle vous faites référence à la synagogue(2), à propos de la colonie de vacances(3). Il semble que vous n’ayez pas connaissance de la lettre de mon beau-père, le Rabbi, qui avait été adressée aux directeurs de synagogue de Montréal(4), lorsque ceux-ci refusèrent les après-midi récréatives du Chabbat, en prétextant de la sainteté de la synagogue.

Les 12 et 13 Tamouz approchent. Puisse donc Dieu faire que l’on emporte une victoire surnaturelle et que disparaisse enfin tout ce qui fait obstacle à la direction judicieuse de Kfar ‘Habad, conformément à la volonté de celui qui l’a créé et qui le conduit, mon beau-père, le Rabbi. Ceci se passera dans la bonté et la miséricorde, avec une largesse véritable, en ajoutant et en éclairant, jusqu’à ce que “ la nuit éclaire comme le jour ”. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rabbi écrit Za’h, pur. (2) Pour dire que celle-ci devait être réservée à l’étude et à la prière. (3) A Kfar ‘Habad. (4) Publiée dans ses Iguerot Kodech, tome 9, lettre n°2281.

Lettre n°6364

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6364, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Binyamin Elyahou(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Tamouz, de même que celle du 2 Tamouz, avec ce qui y était joint. A l’occasion, vous me ferez sûrement savoir quel est le cours officiel du franc. Puisse Dieu faire qu’il y ait, au Danemark(2), un bon début pour la diffusion des sources(3), dans ce pays comme dans les pays limitrophes. Les difficultés qu’il y a eu jusqu’à maintenant suffiront pour conclure la période du commencement, car il est dit que “ tous les débuts sont difficiles ”, uniquement le début.

Les sources se diffuseront donc à l’extérieur, celles d’une Torah intègre, à la fois sa partie révélée et la ‘Hassidout. On confère un mérite aux jours propices, en l’occurrence les 12 et 13 Tamouz qui approchent, ceux de la libération de notre maître, chef d’Israël. En effet, le corps suit la tête. Puisse donc Dieu faire que chacun d’entre nous soit libéré, au sein de tout Israël, de toutes ses entraves. La victoire sera évidente comme ce fut le cas à l’époque, il y a trente et un ans. Et, avec largesse d’esprit, on se renforcera dans tous les domaines pour lesquels celui dont nous célébrons la joie fit don de lui-même, soit, avant tout, pour la formation d’élèves ayant la crainte de Dieu, étudiant la Torah intègre, sa partie révélée et son enseignement profond, accomplissent les Mitsvot de Dieu de la meilleure façon. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav B.E. Gorodetski, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°4764. (2) Où une Yechiva était fondée. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°6365

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6365, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tamouz 5718,

Je vous salue et vous bénis,

Vous faites référence à ce jeune homme mais, pour l’heure je n’ai reçu de lui aucune lettre. Il faut sans doute expliquer ce silence par l’affirmation de nos Sages selon laquelle la naissance d’un enfant, au sein d’une famille, est une bénédiction dans tous les domaines. De fait, il a déjà constaté, de ses yeux de chair, une évolution positive. Un raffermissement de sa confiance en Dieu encouragera et hâtera tout cela.

Cette dame m’écrit qu’elle est très fatiguée par son travail, à l’école et à la maison. J’ai bon espoir qu’il en sera ainsi uniquement au début, après qu’elle se soit arrêtée pendant quelques temps. Puis, peu à peu, tout rentrera dans l’ordre, elle s’habituera et organisera son temps en sorte que la fatigue diminue, jusqu’à disparaître complètement. Ce travail sacré lui apporte assurément de la satisfaction morale et ceci la délivrera encore plus rapidement de la fatigue. A la place de tout cela, elle décuplera ses forces, physiques et morales à la fois. Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de ce qui vient d’être dit et pour profiter, avec succès, des jours propices de la fête de la libération, les 12 et 13 Tamouz, qui approchent. Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°6366

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6366, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tamouz 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples

accomplissements et aux bons comportements,

le Rav Israël(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, il y a quelques temps, que vous avez pris vos fonctions au sein de la Yechiva Tom’heï Temimim, fondée et dirigée par le Rabbi Rachab et par son fils, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Par la suite, j’ai été particulièrement satisfait d’avoir des nouvelles de l’impact que vous exercez sur les élèves et je viens de recevoir votre lettre de la veille du Chabbat. Conformément à votre demande, je mentionnerai votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous ayez une considérable réussite en tout ce qui concerne la Yechiva, son objectif le plus central et le plus profond étant de former des élèves dignes de porter le titre de Tamim(2), avec l’équipe formée par le recteur, les enseignants et les guides spirituels. Vous consulterez le traité Ara’hin 31a, qui énonce l’interprétation que donne Rabbi Meïr de ce terme(3) et le commentaire de la Michna, de même que le Zohar, tome 3, page 163b.

Il y a, à ce sujet, une discussion entre Rabbi et les Sages, à cette référence du traité Ara’hin. Pour le premier, d’après l’interprétation de la plupart des commentateurs, une année “ intègre ” comble son propre manque, mais non celui d’autres années. En ce sens, l’année solaire a bien une qualité, puisqu’elle est toujours intègre. Les Sages, en revanche, montrent la valeur de l’année lunaire qui, parfois, est non seulement elle-même intègre, mais, en outre, complète les années passées et les rend intègres. Tel est précisément le but du second Adar. C’est la différence qui peut être faite entre le service de Dieu des Justes et celui des hommes parvenant à la Techouva. En effet, le Tanya explique que l’homme “ moyen ” et, a fortiori, le Juste “ n’a jamais commis une faute de sa vie, de sorte que son chemin est sûr ”. A l’opposé, celui qui parvient à la Techouva la plus haute répare les fautes de son passé et celles qu’il a intentionnellement commises deviennent ainsi des bienfaits. Selon les termes de nos Sages, “ si l’on avait l’habitude de lire une page, on en lira deux ”, à la façon d’une corde sectionnée et renouée qui, à l’endroit de ce nœud, est double, comme l’explique Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 9.

Telle est la supériorité de la ‘Hassidout par rapport à l’Ethique, conformément à l’image du Baal Chem Tov(4) selon laquelle il est deux moyens de se préserver d’un voleur. On peut crier : “ au voleur ” et le faire fuir, ce qui n’exclut pas, de sa part, un éventuel retour ultérieur ou bien l’attraper jusqu’à ce qu’il ne puisse plus, ne veuille plus voler. La même différence existe entre le Moussar et la ‘Hassidout. En ces jours qui précèdent la fête de la libération, les 12 et 13 Tamouz, libération du directeur de la Yechiva, mon beau-père, le Rabbi, alors que le corps suit la tête, puisse Dieu faire que chacun d’entre nous soit libéré, au sein de tout Israël, de tout ce qui lui fait entrave. Chacun emportera une victoire évidente, comme ce fut le cas il y a trente et un ans(5). Avec largesse d’esprit, on se renforcera dans tous les domaines pour lesquels celui dont nous célébrons la joie fit don de lui-même et, avant tout, dans la formation d’élèves craignant Dieu, étudiant Sa Torah intègre, partie révélée et enseignement profond, accomplissant Ses Mitsvot de la meilleure façon. Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour en donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav I.Grossman, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5268. (2) Homme intègre, terme qui désigne les élèves ou anciens élèves de la Yechiva. (3) Employé à propos d’une année, qui est intègre quand elle met en adéquation les cycles solaire et lunaire. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°5554. (5) Voir la lettre n°6364.

Lettre n°6367

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6367, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tamouz 5718,

Brooklyn, New York,

A l’attention du docteur ‘Hano’h Reinhold,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 30 Nissan, dont l’acheminement a été retardé au-delà de l’accoutumée et qui m’est donc parvenue dans les jours proches de la fête de Chavouot. C’est pour cela que ma réponse a été différée jusqu’à maintenant, du fait de mes nombreuses occupations et vous voudrez bien m’en excuser. Vous m’interrogez sur la relation devant s’instaurer entre l’enseignant et la famille de l’élève, en particulier dans le cadre de l’Alya des jeunes, lesquels sont issus de milieux dont la moralité est sujette à caution. Ceci a pour conséquence que l’éducateur se voit conduit à former l’enfant, à le guider sur une voie nouvelle, ce qui remet en cause la relation qu’il entretient avec ses parents et avec sa famille. C’est en particulier le cas pour nos frères Sefardim, immigrants du Maroc. Vous me demandez ce que j’en pense.

Pour vous répondre, j’introduirai tout d’abord une notion fondamentale, concernant les jeunes, en général. D’ordinaire, ceux-ci n’acceptent pas le compromis. Leur vision du monde est d’un seul bloc. En conséquence, si l’on remet en cause quelques uns de leurs principes, en parvenant à les convaincre qu’ils sont erronés, on fera s’écrouler tout l’édifice. Combien plus est-ce le cas quand on touche à des domaines ou à des valeurs que l’élève estime fondamentaux. Si l’on observe la vie de nos frères issus des communautés orientales, on peut vérifier que leur vision du monde, conditionnant leurs actions, leurs paroles et leurs pensées, au quotidien, depuis les temps les plus reculés et encore jusqu’à nos jours, est basée sur une foi inébranlable en la Torah, en la Tradition et en ses Mitsvot, de même que sur une confiance absolue, une soumission totale aux parents et aux maîtres, lesquels fixent ce que doit être le comportement, non seulement envers Dieu, mais aussi entre les hommes. C’est grâce à cette obéissance absolue, que nos Sages appellent : “ acceptation du joug ”, qu’ils se sont maintenus religieusement, qu’ils ont conservé leurs qualités, leur pudeur, dans les pays où ils vivaient, jusqu’à maintenant, dans des conditions difficiles, dans un environnement suscitent de multiples épreuves, dans un climat où l’âge adulte commençait plusieurs années avant la pratique en usage dans les communautés ashkénazes, avec toutes les attirances et toutes les épreuves que cela implique.

Il résulte de cette analyse que toute remise en cause, tout affaiblissement, toute atteinte à cette soumission provoqueront nécessairement l’effondrement de la vision du monde d’un immigrant venant du Maroc ou du Yémen, supprimeront tout frein, toute capacité à se maîtriser et l’abandonneront à son sort, dans sa lutte contre le mauvais penchant. Vous imaginez ce qui peut en résulter. Et, la conséquence pourra même être plus grave dans les rapports entre les hommes que dans la relation à Dieu. En effet, la crainte de la punition, par exemple de l’emprisonnement, est efficace uniquement si elle est accompagnée d’une vision du monde intégrant le sacré, le bon, le moral et rejetant tout ce qui s’y oppose. Il est bien évident que l’on ne peut pas, en un seul instant, remplacer la soumission au père ou au précédent maître par la confiance en l’éducateur, le nouvel enseignant, qui a des attentes opposées. Dès lors que le jeune homme ou la jeune fille rejètent l’autorité une première fois, ils ne craindront pas de le faire une seconde, puis une troisième fois.

En fonction de tout cela, ma position est très claire. Tant que l’on n’aura pas conçu une vision du monde structurée et solide, dans toute la mesure du possible, adaptée à la compréhension d’une certaine jeunesse, on n’a pas le droit de remettre en cause sa conception actuelle. Car, on ne parviendra pas à détruire pour reconstruire par la suite. Entre temps, ces jeunes peuvent connaître la chute, sans possibilité de remonter par la suite. Je n’envisage pas ici l’aspect religieux de leur situation. Je l’analyse uniquement sous l’angle pédagogique et moral, car votre lettre semble indiquer que telle était votre question. Certes, je comprends votre interrogation, car il est impossible de laisser ces jeunes dans la situation qui était la leur, dans un coin reculé du Maroc, sans aucune évolution. Pour autant, on n’a pas non plus le droit d’aller à l’autre extrême, de les changer radicalement, de déraciner les valeurs qui ont été les leurs pendant de nombreuses générations, pour tenter ensuite de leur greffer une culture étrangère, qui leur est tout à fait insolite. En la matière, il faut avancer pas à pas, en commençant par les bases. En d’autres termes, il faut influencer ces jeunes par l’intermédiaire de leurs parents et de leurs professeurs ou bien, s’il est nécessaire de le faire directement, sans remettre en cause les valeurs qu’ils considèrent comme incontestables.

Bien entendu, une telle voie est longue, mais le bonheur de toute une génération en dépend, ce qui implique l’harmonie morale, la santé, au sens littéral et avec tout ce qu’elle peut impliquer. Ces jeunes doivent occuper une place saine, au sein de la société. Et, il est justifié de prolonger de quelques années supplémentaires le processus d’adaptation à la vie de notre époque de nos frères venus du Maroc ou du Yémen, pourvu que ceux-ci se maintiennent en bonne santé et dans l’intégrité, au moins d’une manière relative. Ce problème primordial et douloureux mériterait une analyse beaucoup plus longue, mais, comme je l’ai dit, une lettre n’est pas le cadre permettant de la détailler autant qu’il le faudrait. Mais, vous exercez une activité pédagogique et j’ai donc bon espoir que ces quelques lignes suffiront pour éclaircir ma position, pour exprimer ma profonde douleur, face à l’effroyable désordre régnant, ces dernières années chez les jeunes, parmi nos frères, les enfants d’Israël, immigrants du Maroc et du Yémen. Chacun d’entre nous, au sein de tout Israël, est en droit d’espérer et d’exiger qu’ils prennent la place des centaines de milliers de nos jeunes lumineux, ayant été exterminés en notre génération, celle d’un exil obscur et sombre.

J’espère qu’il est inutile de préciser ce qui doit être bien évident. Mon intention n’est en aucune façon, ce qu’à Dieu ne plaise, de critiquer nos frères sefardim ou de leur prêter une mauvaise réputation. De fait, j’ai beaucoup appris sur leurs souffrances et leur oppression, dans leurs pays d’origine. En effet, nous y possédons des dizaines d’écoles, dirigées par des hommes dévoués, s’intéressant à chaque détail de la vie de leurs élèves, non seulement quand ils se trouvent à l’école, mais aussi avant et après cela, à la maison et dans la rue. Pour autant, si l’on veut réparer une situation, on ne peut pas en ignorer un seul détail. Il est interdit de le faire, même pour se tranquilliser ou pour calmer son entourage, car on affaiblirait ainsi le désir d’améliorer la situation et, parfois même, on obtiendrait le résultat inverse.

J’espère que vous vous servirez des capacités que la divine Providence vous a accordées et des moyens que vous offre votre poste, au sein de l’Alya des jeunes et de l’enfance, afin qu’il s’agisse bien, en l’occurrence, d’une Alya, d’une élévation profonde et véritable, non seulement en Erets Israël, au sens géographique et dans l’espace matériel, mais aussi dans l’Erets Israël morale. Cette élévation doit être intérieure et entière, concerner le corps et l’âme à la fois. Rien ne résiste à la volonté, d’autant qu’au final, ces enfants et ces jeunes sont nos frères. Selon les termes de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, leur âme est “ une parcelle de Divinité véritable ”. Le Créateur du monde, Qui le dirige, porte témoignage qu’il est dit, de chacun d’entre eux : “ Mon fils aîné, Israël ” et “ Vous êtes des enfants pour l’Eternel votre Dieu ”. Avec mes respects et ma bénédiction,

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