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Iguerot Kodesh — lettres 6287 à 6307

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6287

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6287, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Iyar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que l’un de vos élèves souhaite fréquenter une école dans laquelle on se consacre aux études sacrées. Vous me demandez si vous devez lui venir en aide ou bien ne pas intervenir, en la matière. Je suis surpris que vous soyez dans le doute et que vous posiez une telle question. Pour tout ce qui concerne l’étude de la Torah, en effet, si l’on ne fait pas tout ce qui est en son pouvoir, si l’on n’agit pas dans toute la mesure du possible, on est considéré comme la négligeant de la manière la plus effroyable. Certes, celui qui ne peut faire autrement s’acquitte de son obligation(1) avec un chapitre le matin et un autre, le soir. A ce propos(2), vous consulterez l’explication de l’Admour Hazaken, montrant qu’il n’y a nullement de contradiction entre ces affirmations.

En conséquence, quiconque a le désire de consacrer une heure de plus à l’étude de notre sainte Torah doit être encouragé, dans toute la mesure du possible, par quiconque en a le pouvoir, surtout s’il s’agit, comme vous l’écrivez, de quelqu’un qui possède des aptitudes ou, selon l’expression de nos Sages, d’un “ élève brillant ”(3). Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Quand vous m’avez rendu visite ici, vous m’avez dit que votre conception de l’éducation des élèves, au sein de la Yechiva, est la suivante. Vous leur expliquez que le programme de l’institution qu’ils fréquentent n’est pas le meilleur, mais qu’en fonction de l’éducation qu’ils recevaient auparavant ou bien du désir de leurs parents, ils ne peuvent, pour l’heure, consacrer que quelques heures à l’étude de la Torah, qu’ils devront donc, dès qu’ils le pourront, augmenter leur étude de la Torah au détriment des autres matières. Vous justifiez ainsi que vous ayez envoyé votre propre fils dans une Yechiva de la ville sainte de Jérusalem. Mais, je pense qu’il n’y a, là encore, aucune contradiction avec le fait que votre élève se rende dans une institution où l’on se consacre, toute la journée, aux études sacrées, ce qui va à l’encontre de l’argument qu’on vous a opposé.

Notes

(1) D’étudier la Torah. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Torah Or, Meguilat Esther, page 98c et lois de l’étude de la Torah, chapitre 3, dans le Kountrass A’haron ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Kiddouchin 29b. Voir le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Vaykra ”.

Lettre n°6288

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6288, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5718,

“ Le troisième mois, en ce jour, ils

parvinrent dans le désert du Sinaï ”,

Brooklyn, New York,

A toutes les participantes à la troisième convention

de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

Vous vous réunissez à l’occasion de la troisième convention annuelle de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad. Je m’adresse donc à vous toutes d’après la formule juive traditionnelle : “ Soyez les bienvenues ” et j’émets le souhait suivant : “ Soyez agréables à Dieu ” et que l’action de vos mains connaisse un grand succès. Conformément à l’explication du Baal Chem Tov, que nous avons maintes fois entendue de mon beau-père, le Rabbi, tout est effet de la divine Providence et délivre un enseignement pour le service de Dieu. Il en est de même pour la date à laquelle cette convention a été prévue, avec l’aide de Dieu, c’est-à-dire le Roch ‘Hodech Sivan. En effet, il découle de cette date une leçon concernant cette convention.

Car, c’est en ce jour que les enfants d’Israël parvinrent dans le désert du Sinaï, ainsi qu’il est dit : “ Israël campa là-bas, face à la montagne ” du Sinaï. Nos Sages précisent qu’ils arrivèrent là “ comme un seul homme avec un seul cœur ”. Dieu considéra qu’il y avait en cela une préparation judicieuse, une preuve que la Torah devait effectivement leur être donnée. Or, celle-ci est éternelle, à toutes les époques et en tout lieu. Il en est donc de même pour la façon de se préparer à la recevoir, à l’heure actuelle.

Le jour même de Roch ‘Hodech Sivan délivre un enseignement et une leçon aux Juifs, en particulier ceux qui se réunissent dans le but de renforcer le Judaïsme véritable, de réaliser l’unité entre eux grâce à un amour d’Israël accompagné d’amour de la Torah et d’amour de Dieu. Et, cette unité se manifestera “ face à la montagne ”, afin d’y recevoir la Torah de Moché, une Torah de vie, qui insuffle la vie et montre comment vivre pendant les jours de semaine, le Chabbat et les fêtes.

Devant le mont Sinaï, la Torah fut reçue dans l’ordre suivant : “ Ainsi, tu diras à la maison de Yaakov ”, c’est-à-dire aux femmes, puis : “ tu diras aux enfants d’Israël ”, aux hommes. Et, il en est de même à l’heure actuelle, quand nous nous préparons à recevoir la Torah, avec une ardeur et un enthousiasme accrus. Les femmes juives, avec toute la flamme de ‘Habad, sa chaleur et sa clarté, comme le soulignent nos maîtres, doivent mettre en pratique ce qui vient d’être dit de la meilleure façon. Tel est l’un des objectifs essentiels qui sont assignés à l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad. Celles-ci doivent montrer l’exemple pour cette action sacrée. Ainsi, les bénédictions de Dieu en seront sûrement accrues, satisfaisant les besoins de chacune et des membres de sa famille. Avec ma bénédiction de réussite et pour tout le bien,

M. Schneerson,

Lettre n°6289

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6289, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5718,

“ Le troisième mois, en ce jour, ils

parvinrent dans le désert du Sinaï ”,

Brooklyn, New York(1),

Je vous bénis et vous salue,

Je suis surpris de n’avoir, dernièrement, reçu aucune nouvelle de vos activités sacrées, conformément au programme des femmes et jeunes filles ‘Habad. Puisse Dieu faire que ce manque soit uniquement dans la transformation des informations, mais non dans l’action, car, selon l’Injonction de notre sainte Torah, il est nécessaire de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté(2). De temps à autre, un ajout est donc nécessaire, de même qu’un avancement et une lumière accrue. Quand on agit sincèrement, on a l’assurance que Dieu accorde la réussite, une immense réussite.

Je vous joins une copie de ma lettre adressée à la troisième convention annuelle de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad. Bien entendu, celle-ci s’adresse à toutes les participantes des femmes et jeunes filles ‘Habad, en tout endroit. Son contenu reste valable tout au long de l’année. Dieu fasse que vous ayez une année de réussite en l’activité qui vient d’être décrite. De la sorte, les bénédictions de Dieu seront amplifiées, en les préoccupations personnelles de chacune de vos membres, au sein de tout Israël. Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, de recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs groupements des femmes et jeunes filles ‘Habad. (2) D’agir de manière sans cesse croissante.

Lettre n°6290

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6290, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

“ Le troisième mois, en ce jour(1) ” 5718,

Brooklyn, New York,

Aux participants à la réunion de fondation des

jeunes de l’association ‘Habad à Montréal,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, la lettre dans laquelle vous me faites part de cette réunion et de la désignation d’un comité temporaire. Sans doute avez-vous aussitôt établi un programme d’actions concrètes et, avant tout, l’avez-vous mis en application, comme l’explique la lettre adressée aux jeunes de l’association ‘Habad se trouvant ici même(2), dont je vous joins une copie.

Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, que vous agissiez avec empressement et enthousiasme, puisque telles sont les qualités de la jeunesse, afin de renforcer et de diffuser le Judaïsme, en général, l’enseignement de la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, en particulier.

Bien entendu, cette activité ne concerne pas uniquement ceux qui sont jeunes par le nombre des années qu’ils ont passé ici-bas, mais bien tous les jeunes qui s’enflamment, éprouvent un sentiment vivace, ont un cœur en éveil pour le Saint béni soit-Il, les Mitsvot et la délivrance(3). Chaque Juif et chaque Juive en reçoit la possibilité. Il suffit, pour cela, de méditer, même sommairement, au Précepte de nos Sages(4) selon lequel les paroles de la Torah, les Injonctions du Créateur, doivent être perçues comme nouvelles, comme si elles avaient été données en ce jour.

En tout domaine, existent une Injonction de Dieu et une manière de Le servir, comme l’indique le verset : “ En toutes tes voies, reconnais Le ” et comme l’expliquent longuement le Rambam, dans ses lois des opinions, le Tour et le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231. Chacun, en particulier celui qui a été éduqué selon la voie de ‘Habad et qui en a adopté les conceptions doit méditer à la dimension profonde et cachée de toute chose, à sa finalité. De la sorte, il renouvellera, à chaque instant, sa vitalité, sa force d’action.

La Michna par laquelle l’Admour Hazaken introduit son Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, dit : “ On se renforcera comme un lion ”. Plus précisément(5), la seconde version de cet ouvrage, basée sur le Tour, dit : “ Sois audacieux comme une panthère, léger comme un aigle, rapide comme un cerf, fort comme un lion, afin d’accomplir la Volonté de ton Père Qui se trouve dans les cieux ”. Vous consulterez ce texte.

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il s’agit du Roch ‘Hodech Sivan, selon le traité Chabbat 86b, comme l’explique le Torah Or, au début de la Parchat Yethro, que vous consulterez. ” (2) Il s’agit de la lettre n°3429. Voir également la lettre n°6427. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Yalkout Chir Hachirim, au paragraphe 988. ” (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le commentaire de Rachi sur le verset Devarim 11, 13. On verra aussi le Sifri et le commentaire de Rachi sur le verset 6, 6. ” (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le commentaire du Megalé Amoukot, au début de la Parchat Emor, l’expression ‘audacieux comme une panthère’ se rapporte à la Torah, selon le traité Beïtsa 25b. ‘Léger comme un aigle’, animal qui est miséricordieux, fait allusion à l’amour de Dieu et ‘rapide comme un cerf’ aux Mitsvot selon le traité Bera’hot 6b. Enfin, dans ‘fort comme un lion’, Ary, le lion, est l’anagramme de Iréa, la crainte. Les quatre expressions correspondent ainsi aux quatre lettres du Nom de Dieu, d’après le Zohar, tome 3, à la page103b et le Tanya, au début du chapitre 44. Or, la crainte inférieure est la porte de l’élévation vers toutes ces étapes et ce qui les sous-tend, comme le disent le Zohar, tome 1, page 8a et le Kountrass Ha Avoda, au chapitre 2, alors que la crainte supérieure en est la finalité ultime, comme le dit le verset Devarim 6, 24 et comme l’explique le Tanya, à la fin du chapitre 23. On peut ainsi comprendre la fin de cet enseignement : ‘pour accomplir la Volonté…’, correspondant à la pointe qui surplombe le Youd, comme l’explique, en particulier, Iguéret Ha Techouva, au chapitre 4. Mais, ce point ne sera pas développé ici. ”

Lettre n°6291

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6291, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez brièvement vos activités destinées à diffuser les sources(1). Vous me dites que vous récitez des discours ‘hassidiques dans la maison d’étude, laquelle est connue comme un bastion…(2). Nombreux sont ceux qui se sont ainsi rapprochés de l’idéal de la ‘Hassidout. Vous devez donc les conduire à être le plus près possible. On peut, en effet, vérifier dans la pratique que, grâce à ce qui est appelé le contexte de la ‘Hassidout, et bien entendu sans remettre en cause le temps consacré à son étude proprement dite, le rapprochement obtenu est plus rapide et plus important.

Vous évoquez les fiançailles et vous me dites que certains vous proposent de vous habiller d’une façon plus moderne. Il est clair qu’il n’y a pas lieu de satisfaire une telle demande, qui est significative de l’état d’esprit de la jeune fille, de sa famille ou des deux à la fois. Si l’on fixe d’emblée de telles conditions, on peut comprendre ce qui en résultera dans un proche avenir, puis par la suite. En effet, chercher à se marier ne signifie pas se placer dans une situation de conflit, pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. En pareil cas, comment savoir qui l’emportera ? Il est impossible qu’il n’en résulte pas du tort pour les deux à la fois. C’est, du reste, à ce propos qu’il est dit : “ Un peuple se dressera contre l’autre ” et “ parfois l’un l’emporte, parfois…(3) ”.

Je dois, toutefois, préciser que je suis surpris par votre question. En effet, ceux qui craignent la Parole de Dieu sont nombreux en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Et, que Dieu les multiplie. Parmi eux, on peut sûrement trouver ceux qui formulent une demande contraire(4), conservant ainsi la tradition de leurs ancêtres, laquelle est partie intégrante de la Torah. Je suis étonné que vous n’évoquiez pas la campagne de distribution de la Matsa Chemoura et celle de Lag Baomer. Sans doute le ferez-vous à la prochaine occasion. Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah dans la joie et avec profondeur,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Vraisemblablement de l’opposition à la ‘Hassidout. (3) C’est l’autre et, dès lors, le premier trébuche. (4) Qui ne recherchent pas la modernité.

Lettre n°6292

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6292, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre du 22 Iyar, dans laquelle vous me demandez auprès de qui passer votre examen. Je suis surpris par cette question car vous êtes devenu, en un moment bon et fructueux, un élève de la classe préparatoire de la sainte Yechiva Torat Emeth(1), fondée et dirigée par nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera. En conséquence, pour toutes les questions concernant les examens et l’étude, vous devez vous conformer aux instructions qui vous sont données par la direction de cette sainte Yechiva Torat Emeth.

B) Quand étudier le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya(2) ? De façon générale, il est expliqué, dans l’introduction du Hayom Yom, que les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, sont lus après la prière de Cha’harit. Quant au ‘Houmach avec le commentaire de Rachi et au passage du Tanya, il est clair qu’il est préférable de les étudier à proximité de la prière de Cha’harit et, si possible tout de suite après celle-ci. Si, pour une raison quelconque, cela n’est pas possible, on pourra encore le faire pendant la nuit suivante(3).

S’agissant des coutumes relatives au port des Tefillin, vous interrogerez les ‘Hassidim âgés de la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

Notes

(1) A Jérusalem. (2) Dans le cadre des trois études quotidiennes instaurées par le précédent Rabbi. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°1502 et 2467.

Lettre n°6293

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6293, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Sivan 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la fin d’Iyar, dans laquelle vous soulevez les points suivants :

A) On a rapporté, en mon nom, que les Tefilin envoyées de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, même si elles y ont été écrites par un scribe craignant Dieu, même si leurs boîtiers ont été faits par des hommes dignes de confiance, doivent être vérifiées ici, à réception. Je peux le justifier de la façon suivante. A différentes reprises, les autorités douanières ont fait ouvrir ces boîtiers, de peur qu’ils contiennent des pierres précieuses ou des perles. Bien entendu, plusieurs erreurs peuvent intervenir quand ceux-ci sont recousus et certaines sont de véritables invalidations(2).

B) Selon la coutume de Habad, on se sert uniquement d’un Ethrog de Calabre. J’ai écrit à quelqu’un ce que j’ai entendu, à ce sujet et ce qu’en dit, à mon humble avis, la partie révélée de la Torah. Je vous joins une copie de cette lettre(3), de même que les notes sur le Kountrass Soukkot de 5712(4), à la page 59, faisant référence à une causerie de mon beau-père, le Rabbi, qui traite de ce point.

Vous citez le commentaire de nos Sages sur le verset : “ Tu n’y manqueras de rien ”, qui dit : “ pas même de poivre ”. Il est clair que la Terre d’Israël est en mesure de produire un “ fruit de splendeur ”(5), qui n’est pas moins que du poivre. Cela ne veut pas dire que l’on trouve effectivement en Terre Sainte, à l’heure actuelle, des “ fruits de splendeur ” répondant aux critères les plus élevés. Le verset envisage ici uniquement une potentialité, une possibilité, qui n’est pas nécessairement suivie d’effet. En effet, n’est-il pas dit : “ Le souffre et le sel brûleront toute la terre. Tu ne planteras pas, tu ne récolteras pas, tu n’y feras pas pousser d’herbe ”(6) ? Combien plus est-ce le cas en l’occurrence. Bien plus, la Mitsva proprement dite de l’Ethrog implique que celui-ci soit le plus beau possible, ce qui veut bien dire que l’on doit rechercher la qualité la plus élevée. Rechercher le plus beau fruit dans “ les régions grasses de la terre ”, c’est-à-dire en “ Calabre de la Grèce ”, ne remet donc pas en cause le fait que : “ tu n’y manqueras de rien ”. Avec mes respects et ma bénédiction, conformément à l’expression de mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

N. B. : Vous m’interrogez sur la “ Calabre de la Grèce ” et vous citez le Yerouchalmi. J’ai déjà dit au préalable que ceci justifie le commentaire de nos Sages selon lequel : “ les régions grasses de la terre, c’est la Calabre de la Grèce ”. On peut, en effet, s’interroger, puisque Its’hak bénit Yaakov en lui promettant “ la rosée des cieux et les régions grasses de la terre ” et qu’il dit, précisément à cause de cela : “ que ferais-je pour toi, mon fils(7) ? ”. Il n’y avait donc pas le choix. Cet Ethrog devait venir de la Calabre de la Grèce. Or, à l’époque, cette contrée n’existait pas encore(8) et elle ne pouvait donc pas figurer dans la bénédiction que reçut Yaakov.

D’après le Yerouchalmi, ce lopin de terre fut, en effet, emporté et “ quand le Pharaon épousa la fille du Pharaon, Gabriel descendit, planta un piquet dans la mer et en fit sortir un monticule, sur lequel fut bâtie une ville, l’Italie de la Grèce ”, selon le traité Chabbat 56b. Par la suite, j’ai également découvert la même affirmation dans le Damessek Eliézer, au nom de Rabbi Heschel de Craco. J’ai été satisfait de voir que mon interprétation était la bonne. Vous avancez que la Calabre est, en fait, l’une des contrées des Kini, Knizi et Kadmoni(9). A ce propos, vous consulterez, en particulier, le traité Baba Batra 56a et le Rambam, lois du crime, chapitre 8, au paragraphe 4.

Notes

(1) Le Rav M.Harlig, de Brooklyn. (2) Disqualifiant ces Tefillin. (3) Il s’agit de la lettre n°3056. (4) 1951. (5) Un Ethrog. Dès lors, pourquoi le chercher en Calabre plutôt qu’en Erets Israël ? (6) De façon générale, la terre a le pouvoir de faire germer, mais, en l’occurrence, celui-ci lui fut ôté. (7) Essav, après que tout ait été donné à Yaakov. (8) N’avait pas encore émergé de l’eau. (9) Trois peuples résidant à Canaan, dont nous recevrons les territoires, dans le monde futur.

Lettre n°6294

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6294, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume une

mission sacrée, le Rav Chlomo ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du Roch ‘Hodech Sivan, avec la demande de bénédiction qui y était jointe et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous évoquez le découragement et les plaintes de quelqu’un, à propos de la Yechiva(2). A n’en pas douter, chacun fait sûrement ce qu’il peut pour améliorer la situation et l’on ne peut que préparer le canal et le réceptacle(3). En effet, mon beau-père, le Rabbi et son père, le Rabbi(4), de là où ils se trouvent, continuent à invoquer la miséricorde divine pour la Yechiva Tom’heï Temimim, en particulier en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Il est dit que “ le Juste décide et le Saint béni soit-Il entérine ”. Toutefois, il faut, ici-bas, être en mesure de recevoir ces bénédictions. Car, au final, c’est bien dans un monde matériel que nous nous trouvons. Toute chose doit donc emprunter la voie naturelle. Il en est de même pour la Torah, y compris en sa dimension profonde. Par nature, la Torah peut changer la nature. Malgré cela, il est bien dit que : “ L’Eternel ton Dieu te bénira en tout ce que tu feras ”(5).

Vous faites référence à ceux qui sont formés pour l’enseignement. Vous m’excuserez de constater que, comme c’est bien souvent le cas dans vos lettres, vous indiquez les points négatifs sans proposer aucun moyen de les résoudre. Certes, il est indispensable et judicieux de rectifier ce qui n’est pas bon. Pour autant, tel n’est pas l’objectif, car la fonction du médecin ne consiste pas à raffiner la maladie, mais bien à la guérir. En l’occurrence, vous m’écrivez que plusieurs ‘Hassidim, en particulier parmi les jeunes, se forment à l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Il est nécessaire qu’il en soit ainsi. Ainsi, quand mon beau-père, le Rabbi, parvint ici, il choisit quelques uns parmi les meilleurs jeunes gens de la Yechiva et les envoya en province afin d’enseigner la Torah, en commençant par l’alphabet. Or, il en est de même et peut-être plus encore en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, si ce n’est qu’il s’agit alors de l’alphabet du Judaïsme, l’alphabet au sens littéral ne devant pas être étudié(6). Combien plus cela concerne-t-il la pérennité d’une Yechiva, car s’il n’y a pas de chevreaux, c’est-à-dire d’élèves du ‘Héder sous l’influence de ‘Habad, comment y aurait-il des boucs, des élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim ? C’est une évidence.

Je suis surpris que vous ne disiez rien des préparatifs de la fête de Chavouot, au sein de la Yechiva. En outre, d’après l’expérience des années précédentes, le moment est enfin venu de vous concerter pour ce qui concerne les vacances. Depuis plusieurs années, des avis divergents sont émis, à ce propos. On n’agit donc plus en fonction d’un programme ordonné. Le tort en est d’autant plus important, c’est bien clair. Avec ma bénédiction, selon la formulation de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, afin que vous receviez la Torah dans la joie et avec profondeur,

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman, de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°5937. (2) Dont la situation matérielle était critique. (3) Pour y révéler la bénédiction. (4) Le Rabbi Rayats et le Rabbi Rachab. (5) Une action concrète, de la part de l’homme, reste donc nécessaire. (6) Puisqu’il est d’ores et déjà la langue du pays.

Lettre n°6295

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6295, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du jour de la Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(2), avec la liste qui lui était jointe. Je vous remercie d’avoir pris la peine de me la transmettre. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, d’un bien véritable, qui n’auront pas pour seul but de me rassurer ou bien de trouver des circonstances atténuantes, bien que ceci soit essentiel également. La Michna explique l’importance d’accorder des circonstances atténuantes et nos Sages disent que “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est “ un grand principe de la Torah ”. Pour autant, il est bien clair que les bonnes nouvelles sont plus parfaites quand on modifie la réalité, de sorte que ces circonstances atténuantes deviennent inutiles. Comme je vous l’ai dit quand vous étiez ici, vous êtes le “ maître de l’endroit ”(3). Or, nos Sages précisent que Rav était aussi le maître des brigands qui se trouvaient dans les parages, qu’il exerçait donc son influence également sur eux. Combien plus est-ce le cas pour des ‘Hassidim et des élèves de la Yechiva, en lesquels nos maîtres ont investi leurs forces profondes et essentielles. Il en est de même pour ceux qui sont venus par la suite(4), car nos Sages disent : “ En s’approchant de ce qui est gras, on devient soi-même gras ”. Or, s’agissant de “ ce qui est gras ”, on sait que “ l’huile imbibe toute chose ”. C’est une évidence.

Nous nous trouvons dans les jours de préparation à la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, de laquelle il est dit qu’elle était : “ gravée (‘Harout) sur les Tables ” et nos Sages enseignent : “ Ne lis pas ‘Harout, gravée, mais ‘Hérout, liberté ”, car elle libère de tous les tracas. Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles, d’un bien véritable, un bien visible et tangible, dans tous les domaines communautaires comme en ce qui vous concerne personnellement. A partir du jour de votre anniversaire, qui approche, vous redoublerez d’ardeur en la matière, pour de longs jours et de bonnes années, qui seront bonnes selon tous les sens du terme(5). Avec ma bénédiction, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, afin de recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Garelik, Rav de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°6190. (2) Lag Baomer. (3) Le Rav de la ville. (4) Qui sont devenus des ‘Hassidim par la suite. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°1960, 2016 et 2050.

Lettre n°6296

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6296, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Sivan, dans laquelle vous faites référence à la Yechiva A’heï Temimim que vous dirigez et pour laquelle vous êtes confronté à de nouvelles difficultés. Or, de telles épreuves se sont déjà présentées, aussi bien en votre endroit que dans toutes les institutions Tom’heï Temimim et A’heï Temimim. A chaque fois et en tout lieu, le Saint béni soit-Il accorde la réussite et le salut dans tous les domaines. Bien plus, il permet même l’ajout. Il faut présumer qu’il en sera bien ainsi, en l’occurrence. Certes, il est difficile de décider d’ici, jusque dans le détail, le comportement qu’il convient d’adopter. Néanmoins, vous avez acquis l’expérience de telles situations, d’autant qu’à n’en pas douter, mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, invoque une grande miséricorde et vous connaissez le récit(1) relatif à Rav Aharon de Bélinits, que le Tséma’h Tsédek délégua pour assumer une telle responsabilité.

Nous sommes dans les jours de préparation, au temps du don de notre Torah, de laquelle il est dit qu’elle est “ gravée sur les Tables ” et nos Sages enseignent : “ Ne lis pas ‘Harout, gravée, mais ‘Hérout, liberté ”, une liberté de tout ce qui fait obstacle, de tout ce qui entrave(2). Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible. Avec ma bénédiction, selon la formulation du maître, mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,

Notes

(1) Voir le Séfer Ha Toledot Rabbi Maharach, dont le Rabbi est l’auteur, la lettre n°717 et la réunion ‘hassidique du Chabbat Parchat Chemot 5748, dans Itvaadouyot, tome 2, page 215. (2) Voir la lettre n°6295.

Lettre n°6297

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6297, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5718,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux

besoins communautaires, a des comportements généreux,

est issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Dans ma correspondance avec les ‘Hassidim de Terre Sainte, je demande de vos nouvelles et j’en obtiens effectivement. Malgré cela, je suis un peu surpris que vous ne m’ayez pas écrit depuis bien longtemps déjà. Pour autant, je suis convaincu que, comme auparavant, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir, et même encore plus que cela, pour tout ce qui concerne ‘Habad en Erets Israël et en particulier pour Kfar ‘Habad. A l’occasion du temps du don de notre Torah, qui approche, je vous exprime mes souhaits, selon la formulation du maître, mon beau-père, le Rabbi, afin de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde. Mon beau-père, le Rabbi, en chaque domaine, s’exprimait précisément de la manière dont il l’avait entendu de son père(2) et c’était assurément le cas également pour la bénédiction qu’il accordait à l’occasion de la fête de Chavouot.

Cette précision est, en l’occurrence, la suivante(3). En éprouvant de la joie et en repoussant la contrainte, on accède à la profondeur. C’est pour cela que l’enseignement de ‘Habad exige à la fois cette profondeur et cette joie. Néanmoins, la joie elle-même souligne son aspect profond, qui lui permet de pénétrer l’homme, puis de se révéler à l’extérieur. De fait, toute culture est véritable lorsqu’elle exerce une action profonde et l’on se trompe en mettant l’accent sur l’apparence extérieure, par exemple sur la politesse. La ‘Hassidout ‘Habad, à l’opposé, souligne que l’intellect doit diriger le cœur. Or, cette domination ne peut être profonde et entière que dans la mesure où elle s’exprime aussi de manière extérieure. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête joyeuse, afin de donner de bonnes nouvelles de vos préoccupations personnelles et de vos réalisations communautaires, les unes dépendant des autres,

Notes

(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, la lettre n°6182. (2) Le Rabbi Rachab. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 4, page 1307 et tome 8, page 272.

Lettre n°6298

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6298, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Période de l’Omer(1) 5718]

1) A l’avenir, vous l’entendrez de quelqu’un d’autre(2)

2) Vous continuerez le compte de la manière dont vous l’avez commencé(3). A mon sens, c’est cette manière qui est essentielle pour vous. Puis, à titre de complément, vous direz également le compte tel qu’il est établi ici. Vous introduirez une interruption au milieu, de sorte que vous ne ferez pas les deux comptes l’un à la suite de l’autre, ce qui semblerait être un mensonge(4) et irait à l’encontre de cette notion même de compte, laquelle implique la clarté. Il ne peut donc pas être établi au bénéfice du doute. De ce fait, on peut se demander si vous auriez pu réciter cette bénédiction, même si vous aviez d’emblée tenu les deux comptes(5).

Vous demanderez aux Rabbanim de trancher la Hala’ha concernant la fête de Chavouot(6). En effet, comme on l’a dit, Chavouot est fixé uniquement d’après le compte de chacun et non selon celui du tribunal rabbinique. Peut-être devez-vous donc l’anticiper d’un jour, en le célébrant le Chabbat et le dimanche(7).

Notes

(1) Ceci est la réponse à quelqu’un qui s’était rendu d’Australie aux Etats-Unis pendant la période de l’Omer, traversant ainsi le fuseau-horaire du changement de date. Le soir de son arrivée en Amérique, celui-ci récita une bénédiction et il compta l’Omer comme on le faisait aux Etats Unis, répétant ainsi une seconde fois le compte qu’il avait fait la veille, en Australie. Par la suite, après une interruption, il compta encore une fois l’Omer comme il aurait dû le faire s’il était resté en Australie. Puis, à partir du lendemain, il maintint uniquement le compte correspondant aux Etats-Unis. Il demandait donc au Rabbi si c’était bien ce qu’il devait faire. Voir, à ce sujet, la lettre n°6415. (2) La bénédiction et le compte, cet homme ne pouvant le poursuivre lui-même. (3) C’est-à-dire selon le compte d’Australie. (4) Le second contredisant le premier. (5) Celui d’Australie et celui des Etats-Unis, dans la mesure où le voyage était prévu d’emblée. (6) Cette fête doit-elle être célébrée selon le compte d’Australie ou bien des Etats-Unis ? (7) Au lieu du dimanche et du lundi, comme c’était le cas en cette année 5718.

Lettre n°6299

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6299, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Issrou ‘Hag Chavouot 5718,

Brooklyn, New York,

A tous ceux qui apportent leur soutien ou prennent part au

quatre vingt troisième banquet annuel(1) de la synagogue

et maison d’étude Ancheï Loubavitch(2) de Chicago,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis largement,

J’ai pris connaissance avec satisfaction de la tenue du banquet visé ci-dessus, dont le but est de renforcer et d’élargir, dans tous les domaines, la synagogue et la maison d’étude Ancheï Loubavitch de Chicago. Nous venons de vivre les jours de Chavouot, temps du don de notre Torah, que les Juifs ont reçue avec sainteté, crainte et déférence, après avoir offert les garanties nécessaires, ainsi qu’il est dit : “ Nos enfants seront nos garants ”. Or, il faut garder en permanence présent à l’esprit le fait que le don de la Torah doit être quotidien et qu’il l’est effectivement. De fait, la bénédiction(3) précise que Dieu “ donne la Torah ”, au présent.

Tout ceci suscitera un enthousiasme et une vigueur en la sainte tâche qui consiste à construire, à renforcer et à élargir l’endroit où tout cela prendra une forme concrète, de la meilleure façon, c’est-à-dire une synagogue, une maison d’étude et une école pour les enfants juifs, ceux, précisément, qui sont nos garants.

A n’en pas douter, ceci augmentera les bénédictions de Dieu, comme auparavant et pour toujours, y compris dans les préoccupations personnelles. Que Dieu accorde le bonheur à tous ceux qui prennent part à cette mission sacrée, de même qu’un grand succès en tout ce qui vient d’être dit. Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, le Séfer Ha Toledot ‘Habad Be Artsot Ha Berit, à la page 130. (2) “ Les originaires de Loubavitch ”. (3) De la Torah, récitée chaque jour.

Lettre n°6301

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6301, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chaoul Issa’har(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre datée du “ jour digne ”. En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela.

Nous venons de vivre la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, de laquelle il est dit qu’elle est “ gravée sur les tables ”. Et, nos Sages enseignent : “ Ne lis pas ‘Harout, gravée, mais ‘Hérout, liberté ”, une liberté de tout ce qui trouble(2). Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

N. B. : Comme vous le constatez, le Choul’han Arou’h pur de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 494, justifie que l’on dise, à Chavouot, “ temps du don de notre Torah ” parce que nous calculons à l’avance la date de la fête, de sorte que celle-ci survient toujours le 6 Sivan, jour du don de la Torah. Vous objectez que, dans le Yerouchalmi, à la fin du traité Roch Hachana, on trouve une allusion, dans un verset de la Torah, à Chavouot, temps du don de la Torah. Bien entendu, cette question ne se pose pas sur l’Admour Hazaken mais sur la réalité concrète. Comme nos Sages le stipulent clairement, Chavouot peut être le 5 Sivan et il est alors, bien entendu, impossible de dire qu’il s’agit du temps du don de notre Torah, y compris d’après les propos du Maharal de Prague, au chapitre 27 du Tiféret Israël, que vous reproduisez dans votre lettre. En effet, selon tous les avis, le 5 Sivan est le cinquantième jour de l’Omer et non celui du don de la Torah. Or, nos Sages affirment que cette fête peut également survenir à cette date et il faut en conclure que l’enseignement du Yerouchalmi n’apporte qu’un appui, car “ il n’est rien que l’on ne puisse trouver en allusion dans la Torah ”. Et, de fait, on doit aussi répondre à une question plus forte que celle que vous posez. Différents textes établissent, en effet, un lien entre les deux pains qui étaient offerts à Chavouot, d’une part et le verset : “ Allez, combattez pour Mon pain ”, qui fait allusion au don de la Torah(3), d’autre part. Or, ces deux pains étaient offerts même lorsque Chavouot était le 5 Sivan.

Notes

(1) Le Rav C.I. Bick, de Bneï Brak. Voir, à ce sujet, la lettre n°6145. (2) Voir la lettre n°6295. (3) Qui est appelée “ Mon pain ”, le pain de Dieu.

Lettre n°6302

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6302, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Vous faites référence à votre action au sein des femmes et des jeunes filles ‘Habad. Sans doute l’intensifierez-vous. Vous me dites que vous ne possédez pas les compétences nécessaires pour cela. Ce n’est sûrement pas le cas, car chaque personne, homme ou femme, peut diffuser les valeurs juives. C’est en particulier vrai pour ceux qui ont été éduqués parmi les ‘Hassidim, ayant fait don d’eux-mêmes dans l’endroit où nous nous trouvions(2).

De la sorte(3), on reçoit un mérite et une bénédiction spécifiques, qui vous permettront, de même qu’à votre époux, de m’annoncer de bonnes nouvelles à propos de tout ce qui vient d’être dit. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) En Russie. (3) En recevant une telle éducation.

Lettre n°6303

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6303, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5718,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Eliézer(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre des jours de limitation(2), avec la demande de bénédiction qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Je suis surpris que vous ne disiez rien de l’action que vous menez pour assumer la mission qui vous est confiée, celle de diffuser les sources(3) à l’extérieur. Car s’il est clair qu’avant que la Torah ait été donnée pour la première fois(4), en 2448(5), il fallut se préparer(6) de différentes façons, combien plus cette préparation, après ce don de la Torah, consiste-t-elle essentiellement à en diffuser l’étude, ainsi qu’il est dit : “ Il accorde la sagesse aux sages ”.

Plus profondément, tel est le sens du compte de l’Omer, qui fut établi en cette année 2448, comme l’explique le Ran(7), à la fin du traité Pessa’him, citant le Midrash de nos Sages selon lequel ce compte soulignait leur intense désir de recevoir la Torah. Depuis cette année-là, la preuve que le compte est motivé par ce désir résulte d’une étude effective de la Torah. C’est une évidence. Nous venons de vivre la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, de laquelle il est dit qu’elle était “ gravée sur les Tables ” et nos Sages enseignent : “ Ne lis pas ‘Harout, gravé, mais ‘Hérout, liberté ”, une liberté de tout ce qui fait obstacle(8). Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, dans tous les domaines que vous mentionnez, dans votre lettre comme dans votre demande de bénédiction. Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav H.E. Heber, de Péta’h Tikva. Voir, à son sujet, les lettres n°5241 et 6382. (2) Les trois jours qui précèdent la fête de Chavouot. (3) De la ‘Hassidout. (4) Puisque celle-ci est donnée à nouveau, chaque année, lors de la fête de Chavouot. (5) 1312 avant l’ère vulgaire. (6) A la recevoir. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°2615. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°3295.

Lettre n°6304

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6304, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22/5(1) et je suis très surpris qu’un jeune homme, issu d’une famille ‘hassidique, indique, dans sa lettre, la date vulgaire(2), alors que vous avez dit, ce même jour(3) : “ c’est aujourd’hui le cinquième jour de la semaine ”, conformément à l’Injonction : “ Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier ”(4). Bien plus, ce jour est, en outre, l’un de ceux de limitation(5), précédant le don de la Torah.

Vous m’interrogez sur vos fonctions pédagogiques et me demandez si vous devez les assumer à la Yechiva ou bien au sein du réseau(6), dans le programme des villes-frontières(7). Il est étonnant que vous me posiez une telle question car, à l’heure actuelle, la dernière possibilité est une “ Mitsva dont on ne peut confier la pratique à personne d’autre ”. Vous consulterez, à ce sujet, le traité Moéd Katan 9b et vous prendrez contact avec les dirigeants du réseau. Que Dieu vous accorde la réussite. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le jeudi 3 Sivan. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3802. (3) Dans la prière du matin, avant le “ Cantique du jour ”. (4) Selon laquelle chaque jour doit être situé par rapport au Chabbat. (5) Les trois jours précédant Chavouot. (6) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (7) Ayant pour objet de créer des écoles dans ces villes.

Lettre n°6305

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6305, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 2 Sivan, dans laquelle vous me dites que vous vous êtes fiancé il y a quelques temps, mais que le manque de moyens financiers, vous empêchant d’acquérir un domicile, fait, pour l’heure, obstacle à votre mariage. Vous précisez, en outre, que, s’il s’agissait uniquement de quelques milliers de livres(1), vous pourriez vous arranger.

J’ai déjà écrit à plusieurs jeunes gens(2) fréquentant la Yechiva et, plus généralement, craignant la Parole de Dieu, qui se trouvaient dans une situation similaire, pour dire qu’il est douloureux d’observer qu’un tel usage, bien qu’il ne soit pas positif, a, néanmoins, été adopté par quelques uns, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Ainsi, ces jeunes gens s’installent dans une surface réduite et ils paient, pour cela, des sommes effroyables à titre de pas-de-porte. Ils retardent d’autant la date de leur mariage(3), ce qui va à l’encontre de la décision de notre sainte Torah, Torah de vie. Or, en différents endroits de Terre Sainte, les maisons ne sont pas si chères, alors que la sainteté d’Erets Israël y est la même. Et, pour ce qui est des habitants de Jérusalem, s’il est dit qu’il est permis de quitter Erets Israël dans le but de se marier, combien plus peut-on quitter Jérusalem pour une autre ville d’Israël, même s’il est une évidence que le quartier où l’on réside se trouve à l’intérieur des frontières de Jérusalem. Que Dieu fasse que cet usage soit enfin modifié, d’une extrême à l’autre. Ainsi, la joie des mariages se multipliera immédiatement et l’on bâtira des foyers juifs, sans subir cet effroyable obstacle, qui n’est nullement incontournable.

A cette occasion, je voudrais vous souligner la nécessité absolue, à notre époque, de fixer un temps pour l’étude de la dimension profonde de la Torah. Dans notre génération, celle-ci a été révélée par la ‘Hassidout et, selon le dicton de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, cette fixation doit être non seulement dans le temps, mais aussi dans l’âme. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Israéliennes. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4423. (3) Du fait du manque de moyens financiers qui en résulte.

Lettre n°6306

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6306, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Sivan 5718,

Brooklyn,

Aux distingués ‘Hassidim craignant Dieu, qui participent

à la collecte au profit de la Yechiva Tom’heï Temimim,

en France, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue grandement et vous bénis,

J’ai appris avec satisfaction, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav Perets Motchkin(1), que vous prenez part au renforcement de la Yechiva Tom’heï Temimim, en France(2). A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer longuement la grande importance et le grand mérite de soutenir cette Yechiva. Il suffira donc de le rappeler, de conseiller l’empressement en la matière et d’influencer vos amis et vos connaissances pour qu’ils en fassent de même(3). Le mérite de ce qui est public vous viendra en aide.

Le Zohar, commentant le verset : “ Elle(4) est un arbre de vie pour ceux qui se renforcent en elle et ceux qui la soutiennent sont heureux ”, dit : “ Ne lis pas Meouchar, heureux, mais Mérocho, à sa tête ”(5). Puisse donc Dieu faire que se révèle Sa bénédiction en tous les besoins de chacun d’entre vous, avec les membres de sa famille, “ à sa tête ”, c’est-à-dire du stade le plus profond de l’Ein Sof jusqu’au point le plus bas, sous la forme d’enfants, santé et prospérité dans la largesse. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6449. (2) A Brunoy, dans la région parisienne. (3) Qu’ils soutiennent également la Yechiva. (4) La Torah. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le discours ‘hassidique intitulé : ‘Arbre de vie’, de Sim’hat Torah 5699 et le dicton de l’Admour Hazaken, à ce propos ”.

Lettre n°6307

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6307, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Sivan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 21/5 et, en un moment propice, je mentionnerai le nom de tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins, conformément à ce que vous écrivez.

Vous savez sûrement qu’un des principes fondamentaux de la foi d’Israël est la pérennité de l’âme juive, qui est immuable. C’est pour cela qu’il est interdit de multiplier les pratiques de deuil, ce qu’à Dieu ne plaise, au delà de ce qui est énoncé par le Choul’han Arou’h. Il est clair que, s’il en résulte une gêne pour l’étude, en général, pour sa constance et son ardeur, en particulier, il n’y a là qu’une intervention du mauvais penchant, tentant d’empêcher chacun de servir son Créateur comme le demande notre sainte Torah. En outre, si l’on succombe aux avances de ce mauvais penchant, ce qu’à Dieu ne plaise, on cause le contraire de la satisfaction à l’âme de celle qui a quitté le monde. En effet, le mauvais penchant intervient, par son intermédiaire, afin d’affaiblir un homme dans son étude de la Torah. C’est une évidence.

Vous devez redoubler d’ardeur et d’effort dans l’étude de la Torah, qui cause une satisfaction véritable à l’âme et qui est le canal et le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu pour toute la famille, chacun selon sa situation. Il serait bon de lire, chaque jour, après la prière du matin, les Tehilim selon leur répartition mensuelle. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

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