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Iguerot Kodesh — lettres 6107 à 6126

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6107

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6107, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5718,

Brooklyn,

Concernant le problème que l’on sait(1), vous me dites que “ le prisonnier ne se libère pas lui-même ”. Il est bien évident que cela n’a pas été dit à ce propos, puisque nos Sages affirment que l’on est obligé de rechercher, comme on le ferait, précisément, pour ce que l’on a perdu, c’est-à-dire avec le plus grand empressement.

Puisse Dieu faire que s’accomplisse concrètement l’Injonction de notre sainte Torah à propos du mois d’Adar, selon laquelle il convient de multiplier sa joie. Il s’agit bien là d’une joie liée à un bien visible et tangible, conformément à la différence qui est faite entre Pourim et ‘Hanouka(2). De fait, en l’occurrence, le miracle reçut une apparence naturelle par l’intermédiaire de fiançailles et d’un mariage(3).

Notes

(1) La nécessité de se fiancer. (2) A Pourim, le danger était physique et ce qui est concret revêt donc une plus grande importance. Le danger de ‘Hanouka, par contre, était uniquement moral. (3) D’Esther et A’hachvéroch.

Lettre n°6108

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6108, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat Parchat Yethro. Au début de celle-ci, vous expliquez pourquoi il n’y a pas eu de réunion ‘hassidique(2), au jour lumineux du 19 Kislev, jour de la victoire et de la délivrance. En effet, la synagogue ‘Habad de votre ville s’est vidée de ses personnes âgées. Or, ceci n’explique rien et, bien au contraire, renforce la question. Un véritable responsable communautaire, en particulier celui qui est le Rav de sa communauté, ne s’adresse pas uniquement aux oreilles attentives, qui le sont devenues par l’intervention des précédents dirigeants. Il exerce aussi son influence sur les jeunes, afin qu’à leur tour, ceux-ci aient des oreilles attentives et suivent les pas des anciens.

On peut vérifier concrètement que cette manière d’agir est devenue plus aisée, ces dernières années. En effet, les jeunes sont effrayés par ce qui se passe et les révolutions se multiplient. Il n’y a donc pas lieu de déraciner l’arbre pour le replanter ailleurs. Celui-ci a, en tout état de cause, d’ores et déjà été déraciné. Selon l’expression bien connue de nos Sages, “ il sema le trouble dans le monde entier ”. De fait, il ne s’agit pas ici de changer d’endroit au sens matériel, mais bien de se défaire de sa base et de son contenu. Les jeunes, qui étaient animés de certains idéaux, prennent désormais conscience que ce qu’ils considéraient comme fondamental s’avère être vide.

Vous citez quelques textes relatifs à l’anniversaire(3). Vous n’acceptez la preuve apportée par le Yerouchalmi, au traité Roch Hachana, chapitre 3, paragraphe 6 et vous en mentionnez d’autres, à la place de celle-ci. Ceci me surprend de deux points de vue :

A) Le Yerouchalmi affirme clairement que l’astre de l’homme est fort, en ce jour.

B) Les autres textes que vous citez ne font aucune allusion à cela.

Avec ma bénédiction pour une joyeuse fête de Pourim et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav H.Medalyé, de Leeds. Voir, à son sujet, la lettre n°5822. (2) Dans la synagogue dont le Rav Medalyé est le rabbin. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°5822.

Lettre n°6109

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6109, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce vendredi, me demandant une bénédiction. En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, conformément à ce que vous m’écrivez. Dans une telle prière, on mentionne également le nom de la mère et vous voudrez bien me le communiquer, en Hébreu.

Il est sans doute inutile de vous souligner que, plus l’on intensifie son engagement à la Torah et aux Mitsvot, plus l’on multiplie les bénédictions de Dieu, en tous ses besoins. Bien plus, un élève de Yechiva doit intensifier son étude de notre sainte Torah, qui est également appelée Torah de vie, y compris au sens littéral, dans ce monde.

Vous faites allusion à l’oubli. Comme vous le savez, il existe une pratique favorable, en la matière. Il faut respecter l’immersion rituelle d’Ezra, étudier la Torah et prier avec un livre et un Sidour, connaître par cœur quelques chapitres de Michna et au moins un de Tanya. De même, il serait bon, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, de prélever une pièce pour la Tsédaka.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°6110

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6110, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que, pour une certaine raison, quelqu’un s’est affaibli, dans l’exercice de sa mission consistant à diffuser les sources(1). Celui-ci méditera sûrement, de la manière qui convient et sincèrement, au début et au fondement des quatre parties du Choul’han Arou’h : “ J’ai placé Dieu en permanence face à moi ” et, en conséquence, “ on n’éprouvera pas de honte, face à ceux qui se moquent ”. Il est amplement suffisant de méditer à tout cela, pour se dire que, bien au contraire, il est nécessaire, à l’avenir, de redoubler d’ardeur dans cette diffusion(2), y compris en l’extérieur qui se trouve en l’homme. Puisse Dieu faire que cela se passe de la manière décrite par Iguéret Ha Techouva, à la fin du chapitre 9 : “ s’il avait l’habitude…(3), deux…(4) ”, ce caractère double conférant la sagesse.

Je vous adresse ma bénédiction afin d’étudier la Torah avec crainte de Dieu et de connaître une immense réussite en votre mission sacrée de diffusion des sources de la ‘Hassidout, jusqu’à l’extérieur et même l’extérieur de l’extérieur.

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Afin de répondre à ces moqueurs. (3) D’étudier un chapitre. (4) Il en étudiera deux.

Lettre n°6111

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6111, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai pris connaissance, avec une grande peine, de votre compte-rendu qui m’a été envoyé le 10 Adar. Il est sûrement inutile de vous préciser la raison de cette peine, car vous avez sans doute conservé une copie de ce compte-rendu, soulignant la manque d’actions menées en direction des autres. Une peine qui n’est pas moins grande et qui est peut-être même supérieure est, en outre, provoquée par l’insuffisance des actions envers soi-même, qui est mise en évidence par le manque d’harmonie entre les cœurs.

Certes, il est inutile de se plaindre du passé et Dieu fasse qu’au moins à l’avenir, les cœurs se rapprochent, dans toute la mesure du possible, que l’on redouble d’ardeur envers soi-même et envers les autres, comme l’établissent différents textes. On sait, en effet, que nul ne sera écarté. En tout endroit, il faudra bien agir. Car, la requête de nos maîtres portant sur la diffusion des sources à l’extérieur est un ordre. Comme le soulignent les Sages, commentant le verset : “ Dieu achève pour moi ”, la Torah a le pouvoir de modifier les processus naturels. Retarder un accomplissement d’une journée, d’une semaine, d’un mois n’a donc aucun intérêt, car, au final, cela devra être fait par telle personne. Il est donc préférable de s’en acquitter au plus tôt et de le faire précisément dans la joie et l’enthousiasme.

Bien plus, nous sommes en des jours propices, en particulier pour ce qui vient d’être dit. En effet, comme le soulignent les livres, une des raisons pour lesquelles il y a, à Pourim, une Mitsva d’envoyer des mets à son prochain, est la nécessité de rapprocher les cœurs des Juifs. Un don est fait, en outre, à ceux qui sont dénués de tout et qui sont donc bien plus que de simples pauvres. Or, “ il n’est de pauvre que par l’esprit ” et il y a bien là la diffusion des sources à l’extérieur et même à l’extérieur de l’extérieur. C’est une évidence. Si vous prenez une ferme résolution en ce sens, il est une certitude que vous constaterez aussitôt la réussite, comme cela est expliqué à propos des épreuves. En effet, quand on n’y fait guère attention, on prend conscience qu’il s’agissait uniquement d’une épreuve et nullement d’une réalité. Il en reste donc uniquement l’apport positif, ainsi qu’il est dit : “ Car, l’Eternel votre Dieu vous met à l’épreuve ” Cette mise à l’épreuve(1) peut également être rapprochée du verset : “ Je soulèverai mon fanion au dessus des montagnes ”, lequel fait bien allusion à l’élévation et à la hauteur(2).

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, “ la lumière, la joie, l’allégresse et l’honneur ”(3) soient le contenu de toutes les nouvelles me parvenant de votre ville. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une fête de Pourim joyeuse,

Notes

(1) Menassé, de la même étymologie que Ness, le fanion. (2) Ce fanion se trouvant alors encore plus haut que les montagnes elles-mêmes. (3) Qui sont l’apport de la fête de Pourim.

Lettre n°6112

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6112, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que l’on vous propose d’intervenir, en différents endroits, au nom de ‘Habad(1). Or, vous sentez en vous-même que vous n’êtes pas encore prêt pour cela, que ce dont vous parlez est trop haut pour vous. Il est sûrement inutile de vous expliquer qu’il n’y a là qu’un stratagème du mauvais penchant, comme l’expliquent les notes de mon beau-père, le Rabbi, à propos de la Torah et le même principe s’applique effectivement, en l’occurrence.

En effet, même le plus grand ne peut parvenir à une compréhension exhaustive, car “ elle est plus longue que la terre, plus large que la mer ”. A l’opposé, l’homme le plus simple possède bien une partie de la Torah, qu’il peut donc comprendre. Bien plus, la divine Providence vous a confié une mission liée à la bonne éducation, basée sur les valeurs sacrées. Il est donc certain que vous avez les moyens de la mener à bien. Mais, bien entendu, vous êtes comme tous les autres Juifs, qui doivent avancer par étapes et connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté, ce qui veut dire que ces hommes n’ont pas encore atteint la plénitude, qu’ils connaissent encore le manque, ce qui est également le cas de la situation de la veille par rapport à celle du lendemain, dans le domaine céleste. En effet, il faut que toute chose intervienne en son temps, de sorte qu’il y a un temps pour faire un effort envers soi-même et un envers les autres.

Certains justifient la manière dont ils considèrent leur travail en affirmant que leurs propos ne seront pas acceptés, car ils n’en sont pas dignes, par exemple du point de vue des sentiments de leur cœur. Néanmoins, on sait qu’il est dit : “ Reçois la vérité de celui qui l’énonce ”. Même si la manière dont vous décrivez votre situation est exacte, le doute subsiste encore, car un homme n’est pas objectif, pour ce qui le concerne. Il détourne donc le jugement, parfois à droite(2), mais parfois aussi à gauche(3). C’est une évidence.

Le point central de tout cela est le suivant : “ nous sommes des travailleurs du jour(4) ”. Comme le souligne le Tséma’h Tsédek, nous devons éclairer, ainsi qu’il est dit : “ Et, Dieu appela la lumière jour ”. En conséquence, lorsqu’un ouvrier reçoit un travail de son employeur, il est certain qu’il peut le mener à bien. A l’opposé, il ne lui appartient pas de mener une enquête et de rechercher pourquoi l’employeur n’a pas choisi un autre travailleur. Vous devez comprendre cette image. Je vous adresse ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, en tout cela et pour donner de bonnes nouvelles, y compris de vos élèves et, bien entendu, de vous-même.

Avec ma bénédiction pour un joyeux Pourim et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Vous me demandez pourquoi est-ce précisément un bond en avant qui permit de créer la matière à partir du spirituel. L’explication réside dans cette expression elle-même. Il s’agit d’un bond en avant par rapport à l’ordre naturel, à ce qui est possible au sein de l’enchaînement des mondes. L’explication est la suivante. Au sens simple, une grande force est nécessaire, pour bondir en avant, beaucoup plus que pour marcher, d’une manière progressive. Il en est donc de même pour la création. En outre, il faut savoir qu’il y a plusieurs sortes de bonds en avant, que ceux-ci peuvent être plus ou moins importants. Vous consulterez le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 15b.

Notes

(1) Vraisemblablement pour donner des conférences. (2) En surévaluant ses propres capacités. (3) En se jugeant soi-même avec trop de sévérité. (4) Chargés de faire le jour, d’éclairer.

Lettre n°6113

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6113, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17(1) Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre(2) et l’on confère un mérite à un jour propice. Nous sommes, en l’occurrence, dans les jours d’Adar, lorsque notre sainte Torah, appelée Torah de vie, demande de multiplier sa joie. Bien plus, le point central de ce mois est Pourim, qui vient de passer. Alors, “ un homme est tenu de s’enivrer jusqu’à ne plus savoir(3) ”. Ces jours, comme tous les moments propices, doivent donc se prolonger par la suite, de sorte que leur trace soit reconnaissable dans l’action concrète, car la Michna affirme que : “ l’acte est essentiel ”.

Nous en avons reçu l’Injonction et “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec traîtrise envers Ses créatures ”. Il est donc certain que tout est fait là-haut, qu’un bien visible et tangible se révèle, que tous les obstacles et les voiles sont, bien entendu, supprimés, afin que ces jours soient emplis d’une joie abondante, “ jusqu’à ne plus savoir ”. La trace en sera effectivement conservée par la suite, comme on l’a dit et l’on révélera les bénédictions de Dieu, en un bien abondant, une bonté large, comme le disent nos Sages, dans le Midrash Rabba, à la fin d’Esther Rabba.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est dix sept. (2) La même lettre fut adressée à plusieurs personnes. (3) Faire la différence entre “ béni soit Morde’haï ” et “ maudit soit Haman ”.

Lettre n°6114

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6114, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Adar 5718,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

Je fais réponse à ta lettre du 15 Adar, Chouchan Pourim, dans laquelle tu me décris ta situation morale et tu sollicites mon conseil, à ce sujet. Tu possèdes sûrement un Tanya et tu y trouveras la réponse à toutes tes questions. Tu en possèdes sûrement l’édition dans laquelle il y a un index, ce qui te facilitera la recherche.

Tu m’interroges sur ce qui est raconté dans les livres ou bien transmis oralement, à propos de personnes qui, en leur jeune âge, étaient d’immenses génies du peuple d’Israël. Or, à quoi bon poser de telles questions ? Pourquoi se demander la raison pour laquelle les hommes sont différents ? Bien plus, le début du chapitre 4 du Tanya explique que la compréhension de la Torah dépend des capacités intellectuelles et de la source céleste de l’âme. Commentant l’affirmation de la Michna selon laquelle on doit être “ humble devant chacun ”, le chapitre 30 souligne que tout homme possède une qualité que l’autre n’a pas. C’est aussi ce qu’explique la fin du chapitre 7 d’Iguéret Ha Kodech, montrant que la réussite d’une certaine personne, dans une Mitsva particulière, s’explique uniquement parce que telle est la Volonté de Dieu.

Je suis surpris par ta manière d’aborder cette question. Car, la finalité de l’homme n’est pas de s’élever et de dépasser les autres, mais, selon les termes de la Michna, “ j’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Si le Saint béni soit-Il souhaite que la grandeur de l’un s’exprime par la Mitsva de la Tsédaka et celle de l’autre par l’étude de la Torah, chacun ne peut que mettre en pratique le Dessein du Créateur, celui qui lui a été assigné. Bien évidemment, cette citation d’Iguéret Ha Kodech n’a pas d’autre but que de conforter et d’inviter à l’empressement. Mais, en tout état de cause, tous les Juifs sont tenus de mettre en pratique l’ensemble des six cent treize Mitsvot, “ et l’étude de la Torah surpasse toutes les autres ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Tu as sûrement connaissance des trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopteras-tu, à l’avenir. De même, tu donneras quelques cents à la Tsédaka, chaque matin de semaine, avant la prière.

Lettre n°6115

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6115, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Adar 5718,

Brooklyn,

Aux dirigeants du réseau(1) en notre Terre Sainte,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à la lettre rédigée par le ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Its’hak Gansburg, dans laquelle est reproduite une lettre de la personne affirmant qu’elle peut intervenir pour faire mettre une école à la disposition du réseau ‘Habad à trois conditions. Celle-ci doit être mixte. Les enseignants ne doivent pas exercer d’activités politiques. Les moniteurs de ‘Habad travailleront en étroite collaboration avec le comité de la jeunesse du mouvement des Mochavim. La direction du réseau me demande ce que j’en pense et, s’agissant de ces trois conditions, ma réponse est très claire :

A) Pour ce qui est de la mixité, ce point a maintes fois été évoqué. Il y a là un principe fondamental de l’éducation, d’un point de vue non seulement religieux, mais aussi moral. Cette idée est de plus en plus largement reconnue, y compris chez les non Juifs et chez ceux qui ne sont pas pieux. On peut le vérifier aux Etats Unis et dans plusieurs autres pays. En effet, on a pu constater ce qui résulte d’une éducation mixte, même si, à titre exceptionnel, pour de jeunes enfants et pour une très courte période, on peut fermer les yeux dans un certain endroit et dans une certaine classe. En revanche, comment être dans le doute quand la mixité fait partie du programme et qu’elle en est un principe fondamental, au mépris du Choul’han Arou’h ?

B) Il en est de même pour le second point. Comme vous le savez, la conception de ‘Habad est de s’écarter de toute forme de politique, quelle qu’elle soit. Je suis donc surpris que l’on énonce une telle condition, alors que telle est, en tout état de cause, la position de ‘Habad, refusant de se mêler à la politique, que celle-ci soit de droite ou de gauche.

C) Ceci s’applique également au troisième point, qui est radicalement à l’opposé du paragraphe précédent. Le comité de la jeunesse du mouvement des Mochavim énonce, dans son programme, plusieurs orientations politiques. Ceci contredit effectivement le second paragraphe, demandant à ‘Habad de ne pas se mêler de politique. Il est évident que le comité de la jeunesse ne changera pas de programme, de manière dérogatoire, dans les endroits où il y a une école ‘Habad, par rapport à ce qu’il pratique dans les endroits où il n’y en a pas. Bien entendu, l’exigence que ‘Habad fasse participer ses élèves

aux réunions nationales de la jeunesse, organisées par le mouvement des Mochavim, est résolument politique, comme l’a montré le passé et comme le montre encore le présent. Ceci fait partie de leur programme de travail.

La fin du paragraphe, selon laquelle il faut prendre en compte les besoins religieux des participants n’arrange en rien ce qui a été dit au préalable(2). En effet, on peut satisfaire pleinement les besoins religieux et, simultanément, militer dans plusieurs partis politiques. Le programme des réunions et leurs conséquences auront nécessairement un aspect profondément politique.

Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée,

Notes

(1) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (2) Cela ne garantit pas la neutralité politique.

Lettre n°6116

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6116, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce vendredi, dans laquelle vous m’interrogez sur la source de votre âme, dans la perspective de ce qui est dit au chapitre 4 du Tanya. J’ai déjà répondu, à une question similaire(1), qu’un homme doit s’efforcer d’accumuler les connaissances qui lui viennent en aide, qui le renforcent afin de mettre en pratique la mission qui lui est confiée dans le monde, selon les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Or, ce n’est pas le cas, en la matière. Dès lors, à quoi bon le savoir ?

Vous devez vous consacrer à l’étude et le faire avec élan, ardeur, comme l’expliquent les lois de l’étude de la Torah. Ce passage du Tanya, en revanche, explique pour quelle raison tous ne comprennent pas de la même façon. Bien plus, les Justes servant Dieu tout au long de leur vie ont eux-mêmes des perceptions différentes. De fait, une telle différence de compréhension est précisément liée à la source de l’âme.

J’ai appris, avec satisfaction, votre participation au cours public de Tanya, mais il est évident que cela n’est nullement suffisant. En plus de cela, vous avez sûrement des études personnelles, chaque jour, même pendant un temps relativement court. Puisse Dieu faire qu’en la matière également se réalise l’Injonction de la Torah selon laquelle on s’élève dans le domaine de la sainteté(2). Et, rien ne résiste à la volonté. Vous gardez sûrement les trois études bien connues qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Voir la lettre n°6096. (2) En multipliant, en l’occurrence, le temps de l’étude.

Lettre n°6117

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6117, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir, par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, le Rav Chlomo Zalman Katsnelenboygen. J’ai également reçu votre don. Celui-ci m’est parvenu pendant la période de collecte des Maot ‘Hitin(1) et je l’ai donc transmis, à cet effet, afin de fournir aux pauvres les Matsot de Pessa’h.

Il est sûrement inutile d’évoquer longuement ce qui est dit clairement par le verset (Ichaya 58, 7) : “ Tends ton pain à l’affamé ” et “ ne te détourne pas de ta propre chair ”. Je veux dire que, même si la Tsédaka est considérée comme l’ensemble des Mitsvot, chaque Juif se doit de respecter toutes les six cent treize Mitsvot, c’est-à-dire six cent douze autres, en plus de la Tsédaka. Bien entendu, la pratique des Mitsvot est bonne pour l’homme qui la réalise et celui-ci reçoit les forces nécessaires pour la mener à bien.

S’il en est ainsi pour chaque Juif, combien plus est-ce le cas pour ceux qui ont eu le mérite d’effectuer leurs études à la Yechiva Tom’heï Temimim. J’ai entendu que c’était bien votre cas. Or, nos maîtres ont révélé, en ces Yechivot, des forces immenses et une vitalité spécifique, dans l’éducation et dans la manière de la dispenser. Eux-mêmes étaient également des éducateurs efficaces et expérimentés. Leur action peut donc laisser sa trace et agir, y compris plusieurs années après que l’on ait quitté la Yechiva. Nos Sages énoncent le principe suivant : “ Quand on décoche une flèche, celle-ci retombe toujours sur sa pointe ”(2).

J’aimerais avoir de vos nouvelles, de temps à autre, concernant ce qui vient d’être dit. Bien entendu, vous pouvez m’écrire dans la langue que vous manipulez le plus aisément ou bien me transmettre ces nouvelles par d’autres personnes. Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) La Tsédaka spécifiquement destinée à assurer les besoins des pauvres, pendant la fête de Pessa’h. (2) On revient toujours à ses origines.

Lettre n°6118

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6118, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche. En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre mari, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en fonction du contenu de votre lettre, en particulier pour que vous ayez une bonne santé et pour que soit résolu le problème de votre logement.

Il est sûrement inutile de vous faire remarquer que chaque homme a des domaines importants, auxquels il accorde la priorité et d’autres, moins primordiaux, qui ne viennent qu’au second ou au troisième rang. Parmi les préoccupations les plus importantes, figurent la satisfaction des enfants et la santé. Et, même si un problème se fait jour au deuxième ou au troisième rang, il est clair que l’on doit d’abord satisfaire les besoins primordiaux.

Il en est bien ainsi, pour ce qui vous concerne. Dieu vous a manifesté une grande bonté et Il vous a accordé une satisfaction juive de vos enfants et de vos petits-enfants. Il en est de même pour votre santé, surtout si vous comparez votre état actuel à la situation précédente. Vous devez, chaque jour, remercier Dieu et Le louer pour son immense bonté. Point plus important encore, vous devez raffermir votre confiance en Dieu et être convaincue qu’en la matière également, vous observerez les bénédictions de Dieu et Sa réussite, en tous vos besoins. Il n’y a donc nullement lieu de prendre à cœur votre problème de logement. L’issue sera sans doute réellement la meilleure qui soit, même si l’on a parfois du mal à l’imaginer.

La réponse à votre question de logement est donc la suivante. A mon sens, il faut intervenir de la façon normale, ne pas se hâter de prendre un appartement. Le problème se posera sûrement après la fête de Pessa’h. Et, si une bonne opportunité se présente avant cette fête, il serait peut-être bon de la saisir, ce qui évitera de passer la fête dans la vieille maison. Mais, comme je l’ai dit plus haut, l’essentiel est de renforcer votre confiance en Dieu. De la sorte, vous observerez effectivement la bénédiction et la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Vous évoquez le remboursement de vos dettes. Il n’y a pas lieu de le prendre à cœur. Vous le ferez quand vous gagnerez mieux votre vie.

Lettre n°6119

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6119, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me rapportez quelques points de votre vie. Vous concluez en évoquant le problème de votre plus jeune fils, qui a des dispositions pour l’étude, mais manque de volonté et de patience.

En pareil cas, on peut trouver une solution uniquement en le plaçant dans un endroit où l’on se consacre, avec élan et ardeur, aux études sacrées, pendant la majeure partie du jour. En conséquence, il serait bon, dans la mesure du possible, qu’il aille poursuivre ses études, au moins pendant quelques temps, dans l’une des Yechivot d’Europe, réservée aux études sacrées. Sans doute l’acceptera-t-il, puisque cela sera uniquement pour un temps limité. De la sorte, vous observerez l’effet que cela aura sur lui. Vous constaterez s’il n’a réellement aucune volonté et aucune motivation, comme vous l’écrivez ou bien si la Yechiva a exercé sur lui une influence positive.

S’il semble que, même de cette façon, il ne se consacre pas à l’étude avec élan et ardeur, vous savez, néanmoins, ce qu’expliquent différents textes de notre sainte Torah. Il est, en effet, plusieurs catégories de Juifs, y compris parmi ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot. Certains sont, avant tout, des érudits de la Torah, se consacrant à son étude, même si, par ailleurs, ils pratiquent également les Mitsvot. D’autres, en revanche, s’appliquent, avant tout, à accomplir les Mitsvot, même s’ils fixent, en outre, un temps quotidien pour l’étude. On peut être un Grand d’Israël, utile à soi-même et à la communauté, tout en appartenant soit à l’une soit à l’autre de ces catégories. Puisse Dieu faire que vous conceviez de lui une satisfaction véritable, c’est-à-dire une satisfaction juive en tout point.

Il faudrait faire vérifier les Tefillin de votre fils, de même que les Mezouzot de votre logement, afin que toutes soient cachères, conformément à la Hala’ha. Et, madame respectera la coutume positive des femmes juives vertueuses qui consistent à donner de la Tsédaka, chaque fois qu’elles allument les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6120

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6120, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5718,

Brooklyn, New York,

Aux présidents de séance, responsables et participants à la

seizième campagne de collecte au profit de la Yechiva

Tom’heï Temimim Loubavitch de Montréal,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

A l’occasion de votre dîner annuel de collecte, qui aura lieu, avec l’aide de Dieu, le jeudi 21 Adar, je salue les présidents de séance, les responsables et les invités, de même que les amis de la Yechiva Tom’heï Temimim, auxquels Dieu accordera longue vie. Pourim est passé depuis une semaine et chacun a encore présent à l’esprit l’enseignement de cette fête, qui doit avoir une incidence sur la vie quotidienne de l’individu et de la communauté.

L’un des récits merveilleux relatifs à l’abnégation des Juifs, à l’époque de Morde’haï et d’Esther, est le suivant. Malgré les terribles conséquences de cet effroyable décret, Morde’haï réunit vingt deux mille enfants juifs et il leur enseigna la Torah. Par ce mérite, Dieu accorda Son aide et l’ensemble du peuple juif fut sauvé. Or, la Meguila d’Esther, au même titre que l’ensemble de la Torah, est éternelle. L’enseignement qu’elle délivre s’applique en tout endroit et à chaque époque.

En ces jours, chacun et chacune d’entre nous doit se rappeler à quel point il est nécessaire de se consacrer, par toutes ses forces, à offrir aux enfants la possibilité d’étudier la Torah de la manière la plus pure, à les éduquer à la pratique des Mitsvot avec une grande abnégation.

J’espère que tous les participants à ce dîner feront la preuve de la profonde conscience qu’ils ont de la mission qui leur est confiée, qu’avec la plus grande générosité, ils soutiendront la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de Montréal. Ceci renforcera la communauté juive de cette ville, en particulier et celle du monde entier, en général. Le mérite de tout cela protégera chacun d’entre vous, avec tous les membres de sa famille. Et, vous recevrez les bénédictions de Dieu en tous vos besoins, matériels et spirituels.

Avec ma bénédiction pour tout le bien,

Lettre n°6121

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6121, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez à propos des bateaux(1) et vous avez sûrement reçu la copie des questions qui ont été posées, en anglais(2), bien que vous n’en parliez pas. Or, la situation, en la matière, est de plus en plus effroyable. D’une part, on constate que l’on transgresse de nouvelles interdictions, par des travaux que l’on ajoute sur les bateaux, lesquels, encore une fois, ne sont pas automatiques, même si la technologie actuelle le permettrait. D’autre part, nombreux sont ceux qui incitent à une telle transgression, surtout dans le cadre de la campagne qui est menée actuellement. Or, en la matière, il n’est pas la moindre brindille à laquelle on puisse se rattacher(3).

Ainsi, on prépare un voyage spécifique pour les membres d’un certain “ parti politique religieux ”, ce qui veut bien dire que la grande majorité des passagers, cette fois-là, feront un voyage de plaisance. En effet, ils appartiennent à ce parti et ils voyagent donc de manière “ désintéressée ”. Ceci supprime toutes les permissions que l’on pourrait envisager, même s’il s’agissait d’un bateau appartenant à des non Juifs et conduit par un équipage non juif, qui commencerait son voyage le dimanche.

Il y a ici un fait effrayant. D’une part, on constate une profanation publique, de masse, du Chabbat, sans que quiconque n’intervienne. Ainsi, ici-même, quelqu’un qui se targue d’être un Rav et appartient, bien entendu, à un parti religieux, a déclaré, à propos de ces voyages sur des bateaux israéliens, qu’ils iront jusqu’au don de leur vie pour les maintenir. En effet, ils craignent la Parole de Dieu, Sa Torah et Sa Terre Sainte. Je lui ai répondu, de manière plaisante, qu’il avait raison et qu’il y avait réellement là un don de sa propre personne(4). En effet, ce don consiste, d’ordinaire, à offrir son corps afin que l’âme reçoive une élévation, en sanctifiant le Nom de Dieu par la pratique de Sa Torah et de Ses Mitsvot. En revanche, par une telle attitude, c’est bien son âme que cet homme offre et qu’il tue par cette transgression publique du Chabbat, laquelle est punie de lapidation, afin que le corps reçoive “ l’élévation ” vers tel endroit et de telle façon.

De nombreux miracles furent faits à nos ancêtres “ en ces jours-là, à cette période-ci ”(5). Puisse donc Dieu faire qu’au moins de façon miraculeuse, tout “ soit transformé ” et l’on aura “ la lumière, qui est la Torah ”, illuminant chaque coin, car “ ils furent saisis par la crainte des Juifs ”, ce qui veut dire, comme l’explique le Ramah, Décisionnaire d’Israël, dans son Me’hir Yaïn, que “ la crainte de Dieu les saisit ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Israéliens voyageant pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, la lettre n°5898. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6089. (3) Aucune permission ne peut être donnée. (4) En Hébreu Messirout Néfech, textuellement : “ transmission de l’âme ”. (5) A Pourim.

Lettre n°6122

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6122, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Vous me demandez de quelle manière il est possible de s’engager sur la voie de la Techouva. Tout d’abord, je dois introduire un point préalable, concernant la définition de cette Techouva selon la ‘Hassidout, dont l’un des principes fondamentaux est la joie, la confiance entière et absolue en le Créateur du monde, Qui le dirige. La Techouva n’est donc pas spécifiquement liée à la faute. En fait, le point commun à toutes les formes de Techouva est le retour vers la source, vers le début de toute chose, vers Dieu Qui nous a créés. Pour cela, il faut adopter un mode de vie conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. Tel est le dénominateur commun à toutes les formes de Techouva, depuis celle de l’homme le plus ordinaire jusqu’à celle du Juste le plus parfait. En effet, chacun est tenu d’accéder à la Techouva.

Si l’on ne sait pas précisément sur quoi doit porter la Techouva et comment la mettre en pratique, ce qui vient d’être dit est la voie qui inclut toutes les autres en elle. Il est sûrement inutile de vous expliquer longuement qu’un mode de vie basé sur la Torah ne se limite pas à Roch Hachana ou à Yom Kippour, au Chabbat ou aux fêtes. Il doit être littéralement quotidien. Du reste, les jours de semaine sont plus nombreux que les Chabbats et les fêtes. Et, une plus grande vigilance est alors nécessaire. Mais, comme je l’ai dit, tout cela peut et doit être fait avec joie et confiance en Dieu. Puisse Dieu faire que j’obtienne, dans les prochains courriers, de bonnes nouvelles de vous-même, des membres de votre famille et de tous vos proches, auxquels Dieu accordera longue vie.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°6123

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6123, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5718,

Brooklyn, New York,

A l’attention de ceux qui prient dans la synagogue Beth

Israël de Manchester, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir que votre synagogue s’est installée dans sa nouvelle demeure, en un moment bon et fructueux. Nous sommes dans la période qui sépare Pourim de Pessa’h, en des mois de joie et de délivrance. Je vous souhaite donc de servir Dieu joyeusement, par la prière, laquelle est également une forme de sortie d’Egypte et de libération, comme l’explique la ‘Hassidout. J’espère que votre synagogue sera également une maison d’étude, dans laquelle on apprendra la Torah et la ‘Hassidout, non seulement le Chabbat et les fêtes, mais aussi plusieurs fois par semaine, afin d’introduire la sainteté dans les jours profanes, dans tous les domaines de l’existence quotidienne.

Je vous souhaite, en particulier, ce qui a été dit, ce Pourim, à propos du verset : “ Nombre de ceux qui appartenaient aux autres peuples de la terre se judaïsèrent ”. Outre le sens littéral de ces mots, il en est également une signification plus profonde, qui concerne chacun. La vie de l’âme est dans le corps et certains aspects de ce corps se rattachent aux “ autres peuples de la terre ”, la nourriture et la boisson, le commerce et, plus généralement, les besoins physiques. La Torah demande donc qu’un Juif se distingue des autres, non seulement quand il étudie la Torah, prie ou met en pratique les Mitsvot, mais aussi en faisant du commerce, en mangeant et en buvant. Son commerce doit donc être conforme aux dispositions de la Torah, c’est-à-dire vertueux, sans concurrence déloyale, sans médire des concurrents. La nourriture et la boisson seront également conformes à la Torah, avec la proportion et l’intention qui conviennent. Bien entendu, la Cacherout est un moyen de mettre en pratique le Précepte : “ En toutes tes voies, reconnais Le ”, comme l’expliquent le Rambam et le Tour Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 231.

Un Juif commence sa journée par la prière, avec les bénédictions du matin, à la maison puis la prière proprement dite, à la synagogue. Après cela, il étudie la Torah et c’est ensuite qu’il met en pratique tout ce qui concerne le Précepte : “ En toutes tes voies, reconnais Le ”, selon le Tour, Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitres 155 et 156. En conséquence, dans une synagogue, il faut faire en sorte de se pénétrer de son influence, d’en illuminer son comportement pour toute la journée. Puisse Dieu faire que, très prochainement, à partir de cette nouvelle synagogue qui est un petit sanctuaire, vous méritiez, au sein de tout Israël, de vous rendre dans le troisième Temple qui sera bâti, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.

Avec ma bénédiction pour tout le bien,

M. Schneerson,

Lettre n°6124

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6124, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5718,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Eliézer Steinman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos deux livres, “ recueil de paraboles pour le peuple et pour la jeunesse ” et “ le jardin de la ‘Hassidout ”(2). Je vous remercie d’avoir pensé à me les envoyer et sans doute en ferez-vous de même pour vos prochaines parutions. Les livres qui ont été expédiés d’ici vous sont sûrement parvenus. J’ai lu, avec intérêt, l’avant-propos de votre “ recueil de paraboles pour le peuple et pour la jeunesse ”. Pour l’heure, je ne me rappelle pas si vous citez, dans vos livres, l’optique de ‘Habad sur les images de la Torah, ce qui, bien entendu, inclut également la littérature ‘Habad. En effet, la Torah comporte aussi la Loi orale, jusqu’à la fin des générations, c’est-à-dire toutes les explications introduites par les érudits de la Torah, se basant sur la sainte Tradition qui remonte jusqu’à Moché, notre maître.

Le sens d’une image, dans la Torah, est le suivant. Celle-ci ne peut pas être totalement indépendante de ce qu’elle doit décrire et qui en découle. Ainsi, ce que l’on observe chez un roi de chair et d’os existera, à fortiori, chez le Roi, le Saint béni soit-Il. Une telle image est forte, car la royauté terrestre prend sa source dans la Royauté céleste. Et, il en est de même pour toutes les autres, pour toutes les illustrations de la Torah, comme l’exprime également un court dicton figurant au début du chapitre 3 du Tanya, qui traite de l’âme de l’homme. Ce texte explique que les trois parties de l’âme, Néfech, Roua’h et Nechama, comprennent dix niveaux, correspondant aux dix Sefirot supérieures, “ dont ils découlent ”, précise-t-il. Il en est de même pour toutes les paraboles. Ce concept est précisé à différentes références, par exemple dans le Torah Or, à la Parchat Mikets, page 42, colonne 2, commentant l’affirmation selon laquelle le roi Chlomo “ énonça trois mille paraboles ”, qui sont, en fait, trois mille facettes, l’une supérieure à l’autre, de la même idée. Selon les termes du Zohar, “ l’un est le cerveau de l’autre et l’un est la force du mal de l’autre ”. Et, le Torah Or précise, s’agissant d’une telle image, que : “ la spiritualité du stade inférieur est la matérialité du stade supérieur ”.

Une analyse précise montre que l’on doit nécessairement avoir recours à une telle définition des paraboles, si l’on tient compte du fait que le hasard n’existe pas et que Dieu dirige le monde, jusque dans le moindre de ses détails. Une idée ne peut donc pas en décrire une autre par le simple fait du hasard, sans qu’il n’y ait une relation profonde entre eux. Peut-être est-ce pour cela que les paraboles sont si peu nombreuses, dans la ‘Hassidout ‘Habad. En effet, celle-ci explique la Divinité, montre que “ il n’est rien d’autre Lui ”. L’image adéquate est donc le corps, ainsi qu’il est dit : “ De ma chair, je percevrai le Divin ” ou bien, à un stade plus élevé, le fonctionnement de l’âme, car la Divinité se trouve en toute chose. L’enseignement de ‘Habad a pour objectif de mettre tout cela en évidence. Il est donc clair que l’on peut trouver une image et une illustration dans les différents stades et aspects de l’âme. Et, aucune autre parabole n’est nécessaire.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Je citerai au moins une remarque spécifique, mais qui a peut-être également une portée générale. Celle-ci concerne la rubrique “ De la bouche des ‘Hassidim ” de votre recueil, à la page 300, qui rapporte le récit d’un ‘Hassid ‘Habad, grand commerçant, qui établit son bilan annuel et, sur sa dernière ligne, inscrivit, en guise de total, “ Il n’est rien d’autre que Lui ”. A ce propos, les ‘Hassidim savent par tradition selon qu’il s’agit d’un ‘Hassid de l’Admour Hazaken, le Rav Binyamin de Kletsk. L’explication est la suivante. Les ‘Hassidim soulignent que cet homme

inscrivait le détail des dépenses, puis, sans en faire la somme, parvenu à la ligne du total, il nota : “ Il n’est rien d’autre que Lui ”, non pas en tant que fruit d’une réflexion préalable, mais comme une évidence. La synthèse finale de toute chose, quelle qu’elle soit, est bien : “ Il n’est rien d’autre que lui ”.

A la suite de cela, il est également raconté qu’on lui demanda, une fois, comment la ‘Hassidout pouvait demander que l’on mettre en pratique le Précepte : “ En toutes tes voies, connais Le ”, également au moment de la nourriture, de la boisson, du commerce et pour ce qui les concerne, d’après la définition que donne la ‘Hassidout d’une telle connaissance, c’est-à-dire une perception et un sentiment qui transpercent l’homme. Il répondit que, comme la pratique en fait la preuve, on peut, même au point central de la prière, au début de la Amida, avoir une pensée pour la foire de Leipzig. Dès lors, pourquoi s’étonner que, pendant la fois de Leipzig, on se dise que : “ Il n’est rien d’autre que Lui ” ?

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°6009. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5543.

Lettre n°6125

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6125, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. Vous sollicitez mon conseil et ma bénédiction, pour le service de Dieu, en général, pour l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, en particulier. Nos Sages affirment que “ celui qui te dit avoir fait des efforts et ne pas avoir connu la réussite, ne le crois pas ”. Il est donc bien évident que tout dépend de vous. Si vous le désirez réellement, vous y parviendrez, pour tout ce qui concerne la prière, la Torah et les Mitsvot. Vous me dites qu’en tel endroit, vous avez de mauvaises fréquentations. Là encore, tout dépend de vous et la pratique fait la preuve qu’en commençant à se lier à de bons amis, on s’écarte nécessairement de ceux qui ne sont pas bons, sans même qu’un grand effort soit nécessaire pour cela.

Parmi vos études de la Torah figurent sûrement celle des lois nécessaires au quotidien, par exemple celles du Chema Israël, des Tefillin, de la prière, des bénédictions, du Chabbat. Et, vous les révisez, de temps à autre. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu et pour pratiquer les Mitsvot de la meilleure façon,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6126

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6126, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Adar 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. J’y ai lu, avec plaisir, que vous avez fait la connaissance de ‘Hassidim ‘Habad. Vous avez écouté leurs merveilleux récits et leurs différentes mélodies. Mais, sans doute vous êtes-vous également interrogé sur l’enseignement de la ‘Hassidout et sur ses pratiques. En effet, la finalité de l’homme consiste à adopter un mode de vie conforme à notre sainte Torah, Torah de vie, à ses Préceptes pénétrés d’une attitude généreuse. Et, tout dépend de la volonté, car nos Sages ont assuré, en la matière, que “ si quelqu’un te dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.

Vous m’interrogez sur les ‘Hassidim ‘Habad. Or, plusieurs livres et différentes brochures ont été publiés, à ce sujet. Vous en prendrez connaissance auprès des ‘Hassidim que vous avez rencontrés. J’ai bon espoir que votre correspondance avec moi vous permettra une ardeur et un élan accrus pour l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot de la meilleure façon. Que Dieu vous accorde la réussite. Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

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