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Iguerot Kodesh — lettres 6066 à 6085

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°6066

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6066, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Chevat 5718,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, aux multiples accomplissements,

le Rav ‘Haïm Zoussya(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 9 et 11 Chevat, avec ce qu’elles contenaient. J’espère que, pour l’heure, tous ceux que vous mentionnez vont mieux et qu’ils iront encore de mieux en mieux. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, les concernant, de même que de la réunion ‘hassidique qui a eu lieu à Kfar ‘Habad, ces dernières semaines. Plus vous me donnerez des détails et mieux cela sera.

D’après les premières informations que j’ai reçues, à ce sujet, j’espère que vous avez commencé, suffisamment tôt, à établir un programme pour cette réunion(2). Puisse Dieu faire que vous adoptiez cet usage, à l’avenir. Sans doute en observez-vous déjà les aspects positifs.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav H.Z. Wilimovski, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°5554. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5689.

Lettre n°6067

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6067, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du nouvel an des arbres, dans laquelle vous me dites que :

A) Vous êtes sujet à des fluctuations. De temps à autre, vous prenez la décision de vous stabiliser, mais vous ne parvenez pas à vous y tenir. Or, différents textes de ‘Hassidout, en particulier le Tanya, expliquent que : “ un peuple se dresse contre l’autre ”(1). Il n’y a donc pas lieu de se décourager et d’en être triste, ce qu’à Dieu ne plaise. Pour beaucoup, c’est de cette manière qu’il faut servir Dieu, comme plusieurs textes l’expliquent longuement(2). Vous les trouverez dans l’index qui figure à la fin du Tanya. Tout découragement, dans le domaine spirituel, tout relâchement, en la matière, ne peut être qu’un stratagème du mauvais penchant et l’une de ses interventions. C’est une évidence.

B) Vous me dites que vous envisagez de venir poursuivre vos études à la Yechiva Tom’heï Temimim, ici-même, mais votre démarche n’est pas claire. Pourquoi ne pourriez-vous pas étudier avec ardeur et élan dans les Yechivot se trouvant à proximité de l’endroit où vous vous trouvez actuellement ? Si vous désirez intégrer la Yechiva Tom’heï Temimim, vous choisirez celle qui est proche de vous, c’est-à-dire celle qui se trouve à proximité de Paris. Bien entendu, vous commencerez par écrire, par faire état de vos connaissances et vous vérifierez s’il existe, là-bas, une classe qui vous convienne.

Vous connaissez sûrement les trois études, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya, qui sont établies. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir.

Notes

(1) Le bon et le mauvais penchants sont en lutte permanente. (2) Dès lors qu’il est impossible de s’affranchir du mal.

Lettre n°6068

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6068, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez à propos de vos actions boursières(1). Pourquoi devez-vous entrer dans ce jeu(2) ? Dieu possède différents moyens de satisfaire les besoins de l’homme, sans qu’il ne soit nécessaire pour lui d’avoir recours à ce qui suscite la déconvenue.

Sans doute gardez-vous les études du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir, sans en faire le vœu. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) En anglais dans le texte, “ stocks ”. (2) Ce boursicotage, en anglais dans le texte, “ gambling ”.

Lettre n°6069

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6069, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[21 Chevat 5718]

J’ai bien reçu votre lettre du dimanche de la Parchat Vaéra, avec ce qu’elle contenait. Entre temps, vous avez sûrement reçu mon précédent courrier. Il semble que j’ai bien anticipé la manière dont vous formuleriez votre proposition, dans votre dernière lettre.

A) Concernant ce qui est dit, dans cette lettre, à propos du Chema Israël, dont il convient de compléter les deux cent quarante huit mots et en particulier, à la conclusion de cette lettre, à propos du Chema Israël du coucher, il semble qu’une imprécision se soit glissée et je m’empresse de la corriger, sur la base de ce que j’ai trouvé dans mes notes et reproduit dans le Hayom Yom, à la date du 28 Adar Richon : “ Pour le Chema Israël du coucher, après la lecture des trois paragraphes, on ajoute le mot Emeth ”. Et, à la date du 17 Iyar : “ Dans le Chema Israël que l’on dit le matin, avant la prière, afin de s’acquitter de son obligation de lire le Chema à l’heure, on répète également les trois derniers mots et l’on ajoute le mot Emeth. Dans le Chema Israël que l’on dit en portant les Tefillin de Rabbénou Tam ou de Chimoucha Rabba, on ne répète pas les derniers mots, mais l’on dit Emeth ”.

Vous dites que l’on ajoute le mot Emeth également dans le Chema Israël du coucher. Ceci contredit l’explication que certains donnent, à propos du Sidour de l’Admour Hazaken, traitant de ce sujet : “ On dit le Chema Israël jusqu’à la fin du troisième paragraphe ”, ce qui semble exclure le mot Emeth. En fait, ce n’est pas ainsi qu’il faut le comprendre. Cette remarque veut dire que l’on doit effectivement réciter ces trois paragraphes. Quant à la nécessité de compléter les deux cent quarante huit mots du Chema Israël du coucher, je n’ai pas reçu d’enseignement clair. Mais, il me semble que les ‘Hassidim adoptent la position énoncée par le Chaar Ha Collel, commentant le Sidour, chapitre 36, paragraphe 4, selon laquelle il convient de répéter les mots : “ Je suis l’Eternel votre Dieu ”.

B) Vous faites références au Psaume Yochev Be Séter(1), dans le Chema Israël du coucher et des différentes coutumes qui existent, à son sujet. Je suis surpris que vous ne précisiez ces différences, qui portent non seulement sur sa conclusion, mais aussi sur son début. D’après plusieurs avis, on commence à Vihi Noam(2). Et voici ce que l’on peut dire des références que vous citez :

1. En la matière, le Séfer ‘Hassidim a un avis particulier. Selon lui, un cantique portant sur les meurtrissures doit comporter les mots : “ Eternel, comme sont nombreux mes ennemis ”(3) et même commencer ainsi. C’est ce que disent les notes du Berit Olam sur le Séfer ‘Hassidim, basé sur le Yerouchalmi, traité Chabbat et fin du traité Erouvin.

2. Plus généralement, on peut s’étonner, car il n’est pas un seul exemple montrant que l’on décerne un titre spécifique à un chapitre de la Loi Ecrite, même s’il s’agit seulement d’une de ses parties et non de son intégralité. En l’occurrence, le cantique sur les meurtrissures est bien un passage de ce Psaume et non l’ensemble. Le Atéret Zekénim, au chapitre 298, citant le Tseror Ha Mor, Vaykra, indique que le Psaume, dans son ensemble, porte sur les meurtrissures, y compris le verset : “ Et, que la bienveillance… ”(2).

3. Certains achèvent leur lecture par Meoné’ha(4) et l’on peut accorder leur opinion avec celle considérant qu’il faut lire jusqu’à Ma’hsi(5). En effet, nos Sages disent qu’un verset qui n’est pas coupé doit être achevé. Et, il n’y a pas lieu de multiplier les controverses.

4. En tout état de cause, il faut prendre en compte la coutume, adoptée par tous, à l’issue du Chabbat, qui consiste à réciter intégralement le psaume Yochev Be Séter(1). Vous consulterez, à ce sujet, le Maté Moché le Zohar, tome 1, page 14b précise que l’on doit alors prononcer un cantique pour les meurtrissures. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour le Chema Israël du coucher ? Bien entendu, on peut trouver d’autres raisons que celle du Zohar, justifiant que ce psaume soit dit, à l’issue du Chabbat, dans son intégralité. Et, vous savez ce que disent le Tour, cité par le Maguen Avraham, au chapitre 295 et le Ma’hatsit Ha Shekel : ce psaume compte cent trente six mots et il est propice pour obtenir une bénédiction. C’est pour cette raison que l’on répète le verset Vihi Noam(2), comme le précisent ces textes. Selon le Atéret Zekénim, précédemment cité, en revanche, il s’agit bien d’un psaume pour les meurtrissures.

Notes

(1) Le Psaume 91 : “ Il réside dans un lieu caché et élevé ”. (2) Au dernier verset du Psaume précédent : “ Que la bienveillance de l’Eternel notre Dieu soit avec nous ”. (3) Psaume 3, 2. (4) Psaume 91, intégralité du verset 9 : “ En l’Eternel, tu as placé ton abri ”. (5) Psaume 91, moitié du verset 9 : “ L’Eternel est mon refuge ”.

Lettre n°6070

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6070, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Chevat, dans laquelle vous m’écrivez ceci :

A) Vous me faites part de votre état de santé et de la manière dont vous êtes installé. Vous concluez en précisant qu’il vous arrive d’être découragé, ce qu’à Dieu ne plaise.

Un tel découragement est, naturellement, tout à fait exclu. Comme l’ordonne notre sainte Torah, Torah de vie, un Juif ne doit jamais se décourager. Les livres de ‘Hassidout, en particulier le saint Tanya, expliquent longuement pourquoi il en est ainsi. De fait, la foi implique qu’il en soit ainsi, car tous les Juifs sont “ croyants, fils de croyants ”. Ils savent que le Saint béni soit-Il est l’Essence du bien, qu’Il dirige effectivement le monde et qu’Il accorde à chacun Sa Providence. Vous comprenez bien ce qui en résulte. Tout ce que Dieu fait est pour le bien de l’homme auquel Il accorde Sa Providence.

Vous précisez, dans votre lettre, que vous maintenez les études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, que vous récitez des discours ‘hassidiques et il est donc sûrement inutile de vous en dire plus. Une réflexion, même sommaire, à tout cela, vous permettra sûrement d’améliorer votre moral. En outre, vous connaissez sûrement le dicton de nos saints maîtres selon lequel : “ si tu penses que tout va bien, tout ira effectivement bien ”.

B) Vous faites également allusion à votre frère, auquel on propose un parti. Celui-ci se demande s’il doit faire état des problèmes de santé qu’il a eus.

La réponse à cette question, comme à toutes celles qui concernent un Juif, est énoncée par le Choul’han Arou’h. En l’occurrence, après avoir vérifié les détails auprès de votre médecin traitant, vous interrogerez un Rav, qui tranche la Hala’ha et vous vous conformerez à son avis.

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que votre frère a pris part aux activités des jeunes de l’association ‘Habad. Sans doute renforcera-t-il son engagement en ce sens. L’ajout essentiel portera sur les études de la ‘Hassidout ‘Habad, de même que sur l’adoption de ses pratiques et de ses usages.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6071

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6071, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Chevat 5718,

Brooklyn,

A(1) monsieur Moché(2),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me posez la question suivante. Vous avez vu, dans le Sidour Tehilat Hachem, que le terme Cheva était écrit avec un Beth, alors que, selon vous, ce devrait être un Vav(3).

En fait, ce qui est écrit dans le Sidour est exact, d’après ce qui est exposé dans différents textes, quelques uns d’entre eux étant cités en bas de page(4).

Avec mes respects et ma bénédiction,

Le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre fut rédigée par le secrétariat du Rabbi, puis corrigée par le Rabbi, de sa propre main. (2) M. Kifnis, de Jérusalem. (3) A la première page, présentant les lettres de l’alphabet et les voyelles, le Cheva est orthographié avec un Beth et non avec un Vav. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ En particulier, les Tikouneï Zohar, Tikoun 69, pages 104b, 126b et 129b, les Tikouneï Zohar ‘Hadach, page 99c, le Meoreï Or, à l’article Cheva, le Kehilat Yaakov, également à l’article Cheva. ”

Lettre n°6072

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6072, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Chevat et, en un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément au contenu de votre lettre.

En fonction de ce que disent certains textes de ‘Hassidout, il vous appartient de redoubler d’attention afin de ne pas prononcer de paroles inutiles et, a fortiori, interdites. Je ne fais que vous rappeler cette idée, car je suis sûr que vous êtes effectivement scrupuleux, en la matière, que vous multipliez les mots de la Torah et de la prière. En effet, ces mots sont comparables à la peau, comme le précise le Torah Or, à la page 58a. Et, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”, mais en proportion largement accrue. En agissant de la sorte, on réunit la matérialité et la spiritualité. C’est une évidence.

Vous avez sûrement connaissance des études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont établies et vous les respectez. Bien entendu, tout ajout à la Torah et aux Mitsvot, en général, renforce la satisfaction des souhaits du cœur de l’homme, d’une manière positive, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°6073

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6073, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5718,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de l’association de bienfaisance

Chomreï Chabbat, que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 22 Chevat et le compte-rendu d’activité de votre association de bienfaisance, activité dont on consomme les fruits dans ce monde, alors que le capital en est conservé pour le monde futur. Vous m’informez également de la tenue de votre réunion annuelle, à l’issue du saint Chabbat bénissant le mois d’Adar, qui approche. Vous célébrerez, à cette occasion, votre quarante neuvième anniversaire, soit sept fois sept ans.

D’après le dicton du Baal Chem Tov que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, il faut, de toute chose, tirer un enseignement pour le service du Créateur. Et, c’est également le cas, en l’occurrence, puisque cette année 5718 est la sixième de la Chemitta, selon l’avis des Gaonim, retenu pour la Hala’ha dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois des prêts, paragraphe 36. Et, les versets (Devarim 15, 9-10) disent, précisément à propos de cette période : “ La septième année approche, celle de la Chemitta ”. En pareil cas, “ tu lui donneras ”. Bien plus, cela ne suffit pas encore et une autre condition est, en outre, posée : “ tu n’auras pas mal au cœur, en lui donnant ” et la conclusion de ce verset précise la récompense de cette pratique : “ l’Eternel ton Dieu te bénira en toutes tes actions et là où tu enverras ta main ”.

Certes, ces versets font référence à “ la période pendant laquelle on ne fait pas la Volonté de Dieu ”, comme cela est dit par la suite, “ car les pauvres ne disparaîtront pas ” et comme le précise le Sifri, à cette référence. Mais, la Michna affirme que “ une Mitsva en attire une autre ”, surtout quand il s’agit de celle de la bienfaisance et de la Tsédaka, considérée comme l’ensemble des Mitsvot. Puisse donc Dieu faire qu’on Le serve en “ faisant Sa Volonté ” et que s’accomplisse la promesse selon laquelle “ il n’y aura pas, chez toi, de pauvres ”. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, avec une largesse véritable, matériellement et spirituellement,

N. B. : Je vous joins un chèque personnel, à titre de participation à votre mission sacrée.

Lettre n°6074

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6074, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5718,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait part de votre anniversaire et voici ma réponse. Vous avez sûrement adopté la coutume récente des ‘Hassidim, pour le jour de l’anniversaire. Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite dans l’étude de la Torah et dans la pratique des Mitsvot, de la meilleure façon(1).

Je vous adresse ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu et pour que vous preniez enfin conscience qu’il faut vous conformer aux instructions de la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim, dont la divine Providence a fait de vous un élève et les mettre effectivement en pratique. Car, c’est aussi pour ceux qui possèdent de profondes connaissances et pour ceux qui peuvent étudier seuls qu’a été prononcée la conclusion de la causerie de Sim’hat Torah 5667(2).

Notes

(1) Cette lettre est adressée à un élève de la Yechiva. (2) 1906, du Rabbi Rachab. Voir le Torat Chalom, pages 77 et 78.

Lettre n°6075

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6075, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Chevat 5718,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Naftali(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre concernant les “ Conversations avec les jeunes ”. Je l’ai transmise au Merkaz le Inyaneï ‘Hinou’h, qui vous fera une réponse détaillée, mais, en tout état de cause, l’idée générale de celle-ci est la suivante. Vous avez, bien entendu, raison d’affirmer qu’une traduction textuelle n’est pas adaptée à la jeunesse. Je l’ai moi-même écrit, à différentes reprises, à propos de traductions destinées aux adultes. Celles qui sont textuelles empêchent d’élargir le cercle de ceux qui les lisent, les étudient et les consultent, ce qui n’est pas le cas pour les causeries, je veux dire pour les dessins et pour la manière de les réaliser, lesquels doivent effectivement être sous la forme qu’ils ont dans les “ Conversations ”(2). Et, c’est également le cas pour l’édition française, de manière à souligner l’unité de toutes les éditions.

Je suis surpris que vous ne précisiez pas, dans votre lettre, le temps que vous consacrez à l’étude de la ‘Hassidout et ce que vous y ajoutez, à la suite de ce que vous m’avez écrit, à ce sujet, il y a quelques mois. Je vous adresse ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela. Vous me direz également que vous vous servez des possibilités qui vous sont accordées d’influencer le cercle de vos lecteurs en diffusant les sources(3), y compris à l’extérieur. A n’en pas douter, certains de vos lecteurs s’y trouvent(4).

Avec ma bénédiction de réussite pour tout cela,

Notes

(1) Le Rav N.Kraus, de Tel Aviv. Voir, à ce sujet, la lettre n°5283. (2) Le Rabbi cite à la fois le nom de l’édition en Yiddish, Chmoussen et celui de l’édition anglaise, Talks. (3) De la ‘Hassidout. (4) Sont à “ l’extérieur ” de la pratique juive.

Lettre n°6076

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6076, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Chevat, dans laquelle vous me dites que vous avez commencé à suivre un traitement médical, auprès de votre médecin.

Il serait bon de poursuivre ce traitement. Puisse Dieu faire qu’il soit fructueux et vous apporte une prompte guérison. Il est sans doute inutile de vous souligner que plus vous raffermirez la santé de votre âme, en étudiant la partie révélée et l’enseignement caché de la Torah, en accomplissant les Mitsvot de la meilleure façon, plus vous renforcerez votre santé physique, y compris pour ce qui concerne l’affection que vous citez. Vous consulterez également le Likouteï Torah, Parchat Devarim, au discours ‘hassidique intitulé : “ Car, cette Mitsva ”, commentant le verset : “ Tu seras intègre ”.

Avec ma bénédiction pour intensifier votre étude de la Torah, votre pratique des Mitsvot et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°6077

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6077, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5718,

Brooklyn, New York,

A l’attention des dirigeants, des responsables et de ceux qui

sont actifs, au profit de l’école, basée sur les valeurs sacrées,

qui se trouve dans la synagogue Adat Israël(1),

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu connaissance avec plaisir, par mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chnéor Zalman Bespalov, de l’avancement de votre école, de vos activités et de vos fidèles efforts pour la renforcer et la développer.

Il est, bien sûr, inutile de vous souligner le besoin vital d’une bonne éducation, basée sur les valeurs sacrées, en particulier à notre époque. Et, vous comprendrez aisément l’obligation et le mérite qui sont liés à cette mission sacrée. En effet, l’éducation des enfants est éternelle et elle ne connaît pas de limites, s’étend sur l’ensemble des générations. Toute action positive, en la matière, représente un bien éternel, s’ajoutant au bien visible et tangible du présent.

Nous sommes dans les jours qui précèdent le mois d’Adar et il est dit que “ dès le début d’Adar, on multiplie sa joie ”, laquelle est ainsi renforcée et accrue. Or, il n’est pas de plus grande joie que celle qui émane de la proximité entre les fils et les filles d’Israël, face à leur Père Qui se trouve dans les cieux, résultant de la Tradition de nos saints maîtres, de notre Torah qui est appelée Torah de vie et de ses Mitsvot, dans l’existence quotidienne. Sans doute redoublerez-vous d’ardeur en votre mission sacrée consistant à multiplier la joie dans le Sanctuaire du Saint béni soit-Il(2), Sa résidence ici-bas, ainsi qu’il est dit : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”. Ainsi, à la façon de Dieu, “ mesure pour mesure ”(3), la joie se multipliera dans le foyer de chacun, en tout le bien spirituel et matériel.

Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6043. (2) En l’occurrence la synagogue Adat Israël. (3) De la manière dont on agit envers Lui.

Lettre n°6078

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6078, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je dois faire référence à la conclusion de votre lettre, qui aurait dû être rédigée d’une autre manière. Je fais allusion à votre affirmation selon laquelle rien de concret n’a été réalisé. Comment un Juif peut-il porter un jugement sur ce qui se passe dans le cœur de son prochain ? Comment affirmer, de manière péremptoire, que l’on s’est efforcé de motiver l’autre et que l’on n’a rien obtenu ? Bien plus, vous ajoutez aussitôt qu’il ne s’agit pas là votre seul avis, mais également de celui de beaucoup d’autres !

Il n’est pas juste de parler ainsi, même si l’on n’observe rien de nouveau le lendemain et le surlendemain. Or, je peux vous confirmer que l’on a effectivement constaté un résultat et j’espère que ce sera encore le cas, par la suite. Il est dommage de ne pas considérer un Juif avec l’œil droit. De la sorte, l’un aurait pu se rapprocher de l’autre et les bénédictions de Dieu s’en seraient trouvées accrues, satisfaisant les besoins de chacun, au sein de tout Israël. C’est ainsi que nous disons, dans le Chemoné Essré : “ Bénis-nous, notre Père ” précisément parce que nous sommes “ tous comme un ”. Différents textes expliquent l’importance de la paix.

Je veux espérer que la réalité ne correspond pas à ce que vous écrivez, que cela n’est nullement le sentiment du grand nombre, mais seulement une réaction personnelle, conformément à l’enseignement de nos Sages, selon lequel : “ Quand on est en colère… ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°6079

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6079, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Its’hak Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre livre : “ Réflexions sur les Sidrot ”, de même qu’une coupure de presse. Je vous souhaite Mazal Tov pour cette parution. Sans doute faites-vous ce qu’il faut pour le diffuser, de la manière qui convient et je suis surpris que vous n’ayez pas profité, à cet effet, de la réunion semestrielle de l’union rabbinique, qui avait lieu la semaine dernière. Les représentants de nombreuses synagogues y prenaient part.

De même, je suis surpris que votre livre n’ait pas d’introduction, ce qui va à l’encontre de l’usage courant. Dans un tel livre, ceci eut été particulièrement important. Il aurait fallu expliquer d’emblée que ce livre peut être utile pour faire un discours. Car, c’est ce qui est le plus recherché, en de tels endroits(2). Certes, cette absence peut être partiellement rattrapée par les articles des critiques que vous vous efforcerez de faire paraître. Toutefois, ceci ne peut être comparé à quelques lignes figurant dans le livre proprement dit, comme avant-propos ou même sur la page de garde.

Puisse Dieu faire que chacun ait le mérite d’avoir à la fois une bonne intention et de bonnes actions, conformément à la finalité profonde, au point essentiel, qui est la diffusion des sources(3) à l’extérieur.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav I.Z. Posner, de Pittsburgh. Voir, à son sujet, la lettre n°4498. (2) Chez les Rabbanim, responsables de synagogue. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°6080

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6080, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement la réunion ‘hassidique qui a eu lieu en un moment propice(1). Puisse Dieu faire que ces propos d’inspiration exercent leur effet, conformément à l’affirmation de la Michna selon laquelle : “ l’action est essentielle et non la théorie ”. Bien plus, nous venons de vivre le jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, notre chef(2). Chaque année, celui-ci reçoit une élévation nouvelle, y compris par rapport à celle de l’année précédente.

Il est dit que “ le corps suit la tête ”, ce qui veut dire que ceux qui sont attachés à lui, en relation avec lui, se conformant à ses enseignements, le suivent, même si une initiative, une action réalisée ici-bas est nécessaire pour cela. C’est également ce qu’indiquent les Tikounim et cette affirmation figure également dans Iguéret Ha Kodech, qui n’en reprend l’explication que partiellement. Pour l’heure, je viens de retrouver cette explication dans le Zohar, tome 3, page 273a. Vous consulterez également la page 216b, de même que les Tikounim, Tikoun 69, pages 112a et 114a et Tikoun 70, page 138a. Mais, peut-être y a-t-il là une erreur de retranscription d’Iguéret Ha Kodech, inspirée par ce que dit le Tanya, au chapitre 44 : “ dans les Tikounim ”. Ce passage est cité dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 27, “ comme le soleil qui éclaire, sous la terre, aux six cent mille étoiles ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de ce qui vous concerne personnellement,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. (2) Le 10 Chevat.

Lettre n°6081

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6081, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[28 Chevat 5718]

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, la brève description de vos réalisations sacrées pour la diffusion du Judaïsme, en général et des sources, en particulier. De même, vous évoquez, Dieu merci, l’impression faite par la visite ici de tous ceux que vous citez. Mais, simultanément, il est clair qu’on doit se préserver de se contenter de cela, ne pas dire : “ Que mes entrailles se réjouissent ! ”, dès lors que l’on aperçoit déjà des résultats concrets. En effet, il me semble vous avoir déjà écrit, à maintes reprises, que l’impression d’une réunion ‘hassidique n’est qu’un labourage, tout au plus une plantation. Par la suite, plusieurs travaux, des travaux importants, restent encore nécessaires, afin que tout pousse et produise des fruits, de la manière qui convient.

Bien plus, dans la mesure où le labourage et les semailles ont été une réussite, que des forces ont été investies en la matière et que l’on a donc observé l’aide de Dieu, il est clair qu’est d’autant plus grande la responsabilité de tous ceux qui doivent se consacrer à cette activité par la suite, effectuer tous les travaux nécessaires pour que les fruits poussent de la manière qui convient, pour que l’on puisse les couper et les cueillir.

Sans doute aucune autre explication n’est-elle nécessaire, tant cela est évident. Néanmoins, ce travail, en votre endroit, n’est qu’un début. C’est donc le moment de s’assurer que l’on ne fait pas une évaluation exagérée de ces événements, y compris quand ils sont positifs, agréables et qu’il faut les apprécier, sans pour autant leur accorder une valeur démesurée. C’est une évidence. Bien entendu, ceci s’applique à tous ceux qui ont été marqués par cette visite. Ceux-là doivent également prendre ces précautions, savoir que l’émotion n’est pas une fin en soi, qu’il faut ensuite réintégrer la matière, mettre en pratique la Torah et les Mitsvot, dans la vie quotidienne. C’est une évidence.

Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela également, dans une proportion sans cesse plus large. En effet, la Torah ordonne et assure que : “ l’on s’élève dans la sainteté ”.

Lettre n°6082

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6082, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Chevat 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis très surpris que votre fils n’ait pas commencé à porter les Tefillin deux mois avant la Bar Mitsva(1), alors qu’il s’agit d’une instruction clairement exprimée par mon beau-père, le Rabbi. Nous nous trouvons tous en son endroit(2) et nous avons donc une obligation de mettre les Tefillin à partir de ce jour, au moins parce que, selon la Hala’ha, son avis doit être retenu dans l’endroit où il se trouve. On peut même considérer que l’on doit recevoir cet enseignement et, pour cela, se placer en son endroit, auquel cas l’obligation est inhérente aux Tefillin elles-mêmes. Mais, ce point ne sera pas développé ici.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°5243. (2) C’est-à-dire là où s’exerce son autorité.

Lettre n°6083

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6083, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Premier jour de Roch ‘Hodech Adar 5718]

Je fais réponse à ta lettre du 22 Chevat, dans laquelle tu écris : “ Mon esprit me dit qu’il ne peut pas y avoir de meilleure proposition(1), mais mon cœur la refuse ”. Toutefois, tu ne donnes pas la raison de ce refus du cœur. Concrètement, le cœur est loin d’être accessoire, pour tout ce qui concerne les fiançailles(2). Il est nécessaire d’éprouver au moins un début d’attirance ou, au minimum, une assurance que celle-ci viendra par la suite. Si l’on n’éprouve pas ce sentiment et si le cœur refuse, il est clair qu’il faut en tenir compte.

Ce qui ne me semble pas clair, dans ta lettre, est l’affirmation suivante, que tu formules. Si le cœur n’a pas un rôle accessoire, “ je vais devoir attendre ”. S’agit-il d’attendre une autre proposition ou bien une évolution de cette même proposition ? C’est en fonction de cela que tu pourras décider ce qui vient ensuite. Et, que Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun et à chacune, te conduise sur le chemin qui est réellement bon, d’un bien visible et tangible.

Notes

(1) De fiançailles. (2) Différentes lettres du Rabbi soulignent que l’on se fiance sur la base des points essentiels et non de ceux qui sont accessoires.

Lettre n°6084

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6084, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Premier jour de Roch ‘Hodech Adar 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, est issu

d’une illustre famille, le Rav Yossef David(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, à laquelle était joint le “ fascicule sur l’installation d’un Erouv ”(2), dont vous êtes l’auteur et que je vous restitue avec la présente. Vous me demandez une approbation, à son sujet. Vous savez que l’on n’en a pas l’usage, dans la maison du Rabbi et nous devons nous en tenir à la coutume de nos ancêtres. En outre, je n’ai nullement le temps de consulter ce livre comme il le faudrait. De plus, point qui est essentiel pour moi, je me trouve, en tout endroit, en présence de mon maître(3) et mon ancêtre, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Je dois donc adopter son avis, ce qui inclut son affirmation, dans son Choul’han Arou’h, au chapitre 363, paragraphe 35, selon laquelle la mer ne constitue pas une barrière(4).

Vous donnez une interprétation difficile à accepter de cette Hala’ha, en la limitant au cas ou l’on peut craindre que les déchets soient retirés et qu’il ne reste qu’une seule barrière. Vous m’excuserez de vous dire que cela n’a pas de sens, puisque l’Admour Hazaken parle clairement, dans son Choul’han Arou’h, des déchets publics qu’il n’est pas question de retirer et, lorsque la mer apportera un banc de sable, les deux barrières resteront effectivement à proximité l’une de l’autre, prenant la forme de la lettre Dalet, avec un piquet ou une poutre sur le troisième côté.

*

*

*

Malgré cela, j’ai été satisfait de lire, à la fin de votre livre, ce que vous avez loué et cueilli(5). Vous l’avez sûrement fait sans bénédiction, ce que ne permet pas d’établir une lecture sommaire de ce que vous écrivez. En effet, tous les doutes ne sont pas écartés, en la matière et, en tout état de cause, l’absence de bénédiction ne fait pas obstacle à l’accomplissement de la Mitsva. A mon sens, il y a là un mérite important et considérable, même si d’après plusieurs avis, on peut s’interroger sur plusieurs points et avoir des doutes. Pour autant, il reste absolument clair, à mon avis, que l’on ne peut rien imprimer ou diffuser d’autre que cela. Vous avez été jusqu’au bout de votre démarche et vous avez achevé ce Erouv, au moins selon votre conception.

A la fin de cet ouvrage, vous abordez l’intérêt de la diffusion, afin de préserver ceux qui veulent transgresser l’Interdit, comme le dit le Talmud, au traité Nazir 23a. Vous devez imaginer combien, parmi ces personnes qui agissent mal, étudient ce qui est dit dans ces livres et ces fascicules ou même en ont connaissance. Il n’en est pas de même pour ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot. C’est eux, précisément, qui s’accordent une permission en la matière, comme le font remarquer nos Sages, à condition de trouver une base ou un prétexte à cette permission. La publication de telles idées peut donc les conduire à mal agir. Et, lorsqu’elle sera faite, on ne pourra plus revenir en arrière, même si on le souhaite.

Quant à la mise en garde sévère qui figure au début du livre, on a déjà pu vérifier qu’elle ne sert à rien, pour ce qui est imprimé et diffusé. Du fait de nos nombreuses fautes, la conception selon laquelle il convient de privilégier la permission s’est largement répandue, en particulier dans ce pays où les “ rabbins ”(6) sont actifs, allant contre Dieu et contre Sa Torah, afin de pratiquer une brèche dans la muraille de la foi et du Judaïsme.

Puisse Dieu faire que, de vos jours et des nôtres, s’accomplisse concrètement la promesse suivante de nos Sages, énoncée par le Yerouchalmi, au traité Taanit, chapitre 1, fin du paragraphe 1 : “ Si Israël respectait un Chabbat de la manière qui convient, le fils de David viendrait immédiatement ”(7). Certes, le Babli, au traité Chabbat 118b, parle du respect de deux Chabbats, mais il ne contredit nullement l’affirmation précédemment citée du Yerouchalmi, au traité Taanit, comme l’explique l’Admour Hazaken, dans son Likouteï Torah, Parchat Behar, au début du discours ‘hassidique intitulé : “ Vous respecterez Mes Chabbats ”, que vous consulterez. A ceci, le Midrash Chemot Rabba ajoute, à la fin du chapitre 28 : “ Pourquoi cela ? Parce que le Chabbat est considéré comme l’ensemble des Mitsvot ”.

Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : Comme à mon habitude et pour le plaisir de discuter la Torah, j’ai formulé quelques remarques, en feuilletant ce livre :

Au début du fascicule, chapitre 1, page 10 : Les Mitsvot des Sages sont-elles des Injonctions ou bien des Interdits ? Vous citez le traité Chabbat 23a, qui dit : “ Où en avons-nous reçu l’Injonction ? Rabbi Ivya explique : Parce qu’il est dit : ‘Tu ne te détourneras pas’. Rabbi Né’hémya explique : Parce qu’il est dit : ‘Demande à ton père et il te racontera’ ”. C’est précisément ce qui fait l’objet de cette discussion.

Certes, cette controverse semble expliquée par les commentaires du Ran, en son cinquième commentaire. Pour autant, ceux qui établissent le compte des Mitsvot ne citent pas le Précepte : “ Demande à ton père et il te racontera ” parmi les Injonctions. Il est donc le seul à avancer cette interprétation, alors que personne d’autre n’en fait état. Pour autant, il faut admettre, d’après tous ceux qui comptent les Mitsvot, que ce verset est effectivement un Précepte de la Torah, mais non l’une des deux cent quarante huit Injonctions introduites par la Torah. A ce propos, il n’est pas un seul avis considérant que les Commandements des Sages soient uniquement des Injonctions. A un stade plus profond, c’est également ce que dit la ‘Hassidout, dans les discours ‘hassidiques intitulés : “ Comment bénir ” de 5680 et de 5691(8), qui furent prononcés par mon beau-père, le Rabbi dont le mérite nous protégera.

Le Rambam énonce clairement son avis, en la matière. Il cite l’Interdit : “ Tu ne te détourneras pas ” et l’Injonction : “ Tu feras ce qu’ils te diront ”, dans son Séfer Ha Mitsvot, à la première racine. Et, vous consulterez également les notes du Ramban, à ce sujet. Vous verrez aussi le compte des Mitsvot qui figure au début du chapitre 14 et les lois des rebelles, au début du chapitre 1. Selon cette interprétation, on peut expliquer pourquoi Rabbi Ivya cite la fin du verset : “ Tu ne te détourneras pas ”. En effet, une Interdiction est plus grave qu’une Injonction. Dans ses lois des bénédictions, chapitre 11, paragraphe 3, le Rambam cite effectivement le début du verset, “ Tu feras ce qu’ils te diront ”, parce que l’on ne récite pas de bénédiction pour un Interdit, comme le remarquent également le Yad Binyamin sur le Michné Torah, à cette même référence et le Torah Temima sur le verset Devarim 17, 11. Et, l’on peut se demander pourquoi, dans les lois des bénédictions, chapitre 6, paragraphe 2, le Rambam cite uniquement le début du verset, “ selon l’enseignement qu’ils te délivreront ”. Il en fait de même dans les lois des rebelles. Dans le Séfer Ha Mitsvot publié par le Rav H.Heller Chlita, l’éditeur constate qu’il manque un mot après “ te donneront ”. D’une certaine façon, on peut le déduire également du Séfer Ha ‘Hinou’h, à la Mitsva 495. On sait, en effet, que cet ouvrage reprend, bien souvent, les termes du Rambam. Or, en l’occurrence, il mentionne l’intégralité du verset.

Sur le compte des Mitsvot des Sages(9) et celles qu’il faut retenir : Je reproduirai ici ce que j’ai déjà écrit par ailleurs.

Il est sept Mitsvot des Sages dont les initiales forment, en Hébreu, la phrase : “ Il se meut avec joie ”. Ce sont le lavage des mains, l’Erouv, les bénédictions, les bougies du Chabbat, la Meguila, ‘Hanouka et le Hallel, comme le dit le Megalé Amoukot, au chapitre 75, cité par le Yalkout ‘Hadach, à l’article “ Mitsvot ”, paragraphe 75. Le Séfer Ha ‘Hinou’h les mentionne également, à la fin des index. Pourquoi avoir choisi celles-ci plutôt que d’autres ? Le Mitsvot Hachem précise que l’on peut compter seulement les Mitsvot pour lesquelles les Sages ont demandé de réciter une bénédiction et qui n’ont pas de référence dans la Torah. Vous consulterez le Torah Or, de l’Admour Hazaken, à la fin du discours ‘hassidique intitulé : “ Et, Il dit… Qui a donné une bouche ? ” et le Likouteï Torah, dans le commentaire du discours intitulé : “ Voici les Injonctions ”, au chapitre 3, de même qu’à la fin du commentaire du discours intitulé : “ Je suis noire ”. Tous ces Préceptes sont des Injonctions(10).

Le Chneï Lou’hot Ha Berit, à la Parchat Yethro, début du Torah Or, pense également qu’il y a sept Mitsvot des Sages. Il cite, à ce propos, les premiers Sages, en particulier le Meoreï Or, chapitre 7, paragraphe 13. Or, on peut s’interroger, sur cette affirmation, car le Séfer Mitsvot Gadol, à la fin de la partie sur les Injonctions, énumère seulement cinq Mitsvot des Sages, l’Erouv, le deuil, le 9 Av, la Meguila et ‘Hanouka. Pour autant, il conclut en rappelant avoir déjà dit que le lavage des mains est instauré par les Sages. Et, l’on peut considérer qu’il ne cite pas les bénédictions, parce qu’il les rattache à la bénédiction après le repas, elle-même introduite par la Torah. De même, il ne parle pas du Hallel, car celui-ci appartient, selon lui, à la Mitsva de ‘Hanouka ou bien parce qu’il le définit comme une Mitsva de la Torah, selon l’avis des Décisionnaires énumérés par les commentateurs du Séfer Ha Mitsvot, du Rambam, à la première racine et le commentaire du Rav I.P. Perla sur le Séfer Ha Mitsvot de Rabbi Saadya Gaon, Injonctions 59 et 60.

Cette question peut être approfondie, car le Chaareï Kedoucha, de Rabbi ‘Haïm Vital, tome 1, porte 4, cite plusieurs Mitsvot des Sages. Pour qu’il n’y ait pas là de contradiction avec ce qui a été dit au préalable, on peut expliquer simplement que le Séfer Mitsvot Gadol et Rabbi ‘Haïm Vital, dans le Chaareï Kedoucha, n’énumèrent pas le nombre des Mitsvot des Sages, mais indiquent uniquement que ceux-ci introduisent des Commandements et précisent ce que sont leurs lois. En revanche, ils admettent qu’il y a effectivement sept Mitsvot des Sages, qui complètent le nombre des six cent vingt colonnes de lumière. Quant à ceux qui considèrent que le Hallel est introduit par la Torah, ils citent, à sa place, une autre Mitsva des Sages, afin de parvenir au compte des sept. De même, il existe plusieurs avis sur la manière de décompter les six cent treize Mitsvot de la Torah.

Certes, dans les six cent vingt lettres composant les dix Commandements, on trouve plusieurs allusions aux sept lettres supplémentaires, s’ajoutant aux six cent treize, dont il a été dit qu’elles correspondent aux six cent treize Mitsvot de la Torah. Et, en premier lieu, il y a d’abord l’allusion la plus simple, selon laquelle ces sept lettres correspondent aux sept Mitsvot des Sages. On peut, en particulier, s’interroger sur le Midrash Devarim Rabba, chapitre 13, paragraphe 16, qui dit : “ Ils correspondent aux sept jours de la création ”, de même que sur le Matanot Kehouna sur le Midrash Bamidbar Rabba, chapitre 18, paragraphe 21, rapportant que, d’après les Sages de la Kabbala, ces sept lettres correspondent à sept Sefirot. Pour autant, on peut considérer qu’il n’y a pas de discussion sur le nombre de Mitsvot des Sages que l’on doit prendre en compte, comme on l’a dit. En outre, la Torah peut recevoir soixante dix interprétations différentes.

A ce propos, le mot Achir, riche, est constitué des initiales des mots suivants : “ yeux, dents, mains, pieds ”, comme le rapporte le Midrash Chmouel sur le traité Avot, au début du chapitre 4.

Notes

(1) Le Rav Y.D. Moskovitch, de Brooklyn. Voir, à son sujet, les lettres n°2786 et 2936. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°2786 et 2936. (3) Voir la lettre n°6082. (4) Pour le Erouv, alors que le Rav Moskovitch adopte vraisemblablement l’avis contraire. (5) Afin de réaliser le Erouv. (6) Le Rabbi écrit Rabbanim en deux mots, Ra Banim, “ les mauvais enfants ”. (7) Voir, à ce sujet, la fin de la lettre n°4596. (8) 1920 et 1931. (9) Voir, à ce sujet, la lettre n°347. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez l’avis du Rabad, à la fin du chapitre 4 des lois des rebelles, selon lequel il est possible de dire ‘Tu ne te détourneras pas’ à propos d’une Injonction ”.

Lettre n°6085

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6085, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Adar 5718,

Brooklyn,

Aux membres du comité de Kfar ‘Habad, en notre

Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre télégramme, dans lequel vous me dites que l’on parle de l’ouverture d’une usine produisant des conserves de viande. Vous me demandez s’il convient de faire en sorte que celle-ci soit installée à Kfar ‘Habad, bien que, pour l’heure, vous ne disposiez d’aucun autre élément, à ce sujet.

En tout état de cause, mon avis est le suivant. La Cacherout de cette fabrication sera placée sous une responsabilité extérieure. En outre, comme vous l’écrivez, il s’agit d’une usine, dont la production est large et qui ne pourra donc pas être trop scrupuleuse. Or, le simple fait d’être installé à Kfar ‘Habad sera considéré comme une permission, surtout si des personnes de Kfar ‘Habad y travaillent. Et, les démentis que l’on pourra apporter, en la matière, n’exerceront pas toujours leur effet, même si l’on connaît les détails, à ce sujet.

Tout cela fait qu’il n’y a pas du tout lieu de s’engager dans un tel projet(1), même s’il ne présentait pas d’autres risques que ceux-là. Et, pour l’avenir, il faut savoir que le Kfar doit conserver son indépendance, dans toute la mesure du possible. Si quelqu’un d’autre vient ouvrir une usine sur le territoire de Kfar ‘Habad, il est clair que certaines influences y seront introduites par ce biais. Vous devez comprendre ce que je veux dire. En outre, s’agissant de cette proposition, vous savez sûrement qu’une telle réalisation a également une incidence sur la santé, du fait, en particulier, des reliquats de viande.

A cette occasion, je voudrais vous rappeler encore et encore ce que j’ai écrit, à maintes reprises, à des individus comme à des communautés de ‘Hassidim. Il est particulièrement important de se structurer, d’organiser des achats groupés et une coopérative pour les habitants du Kfar. Ceci présente différents avantages, matériels et spirituels. Bien entendu, cela suppose une collaboration sincère et, uniquement pour cela, une telle démarche est justifiée(2). Tout cela est d’autant plus important que nous nous trouvons dans la sixième année, à la veille de la Chemitta. Et, je suis très surpris que cette question ne soit pas du tout évoquée, dans le compte-rendu du comité du Kfar.

En la matière, je ne sais pas ce que l’on fait, en Terre Sainte, pour se procurer du pain, pendant l’année de la Chemitta. Peut-être faut-il confectionner des Matsot, que l’on conservera ensuite pendant toute l’année. Bien entendu, on a besoin, pour cela, de machines et de moyens de conditionnement. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

N. B. : J’ai bien reçu les comptes-rendus des 14 et 22 Chevat.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°1800. (2) Même si elle n’apporte pas d’autres avantages que cette collaboration de tous.

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