Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°5884
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5884, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se
consacre aux besoins communautaires, le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 6, 10, 12 ‘Hechvan et les deux suivantes. J’y ai lu avec plaisir que vous commencez à assumer votre mission sacrée, au sein du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, que vous le faites même avec une ardeur accrue et une vitalité nouvelle. D’ordinaire, dans le monde, on assiste, avec le temps, à un affaiblissement de cette ardeur et de cette vitalité, mais j’ai bon espoir que l’inverse de cela s’appliquera pour ce qui est, en l’occurrence, l’une des Mitsvot fondamentales de notre sainte Torah, “ tu enseigneras à tes enfants ”, c’est-à-dire “ à tes élèves ”, conformément à l’Injonction de la Torah selon laquelle “ on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”. Et, tout ne dépend que de la volonté, puisqu’il est dit : “ Tu peux, mais tu ne veux pas ”.
Comme je l’ai écrit et comme je l’ai dit oralement, il est une évidence que les dépenses courantes du réseau seront pleinement couvertes. Il suffit d’en attendre le moment. Pour autant, vous écrivez que l’on ne doit pas réduire les moyens. Or, l’expérience a montré les terribles conséquences qui en résultent. Au bout d’un certain temps, on ne peut pas expliquer comment on est parvenu à de tels montants, comme nous en avons parlé de vive voix.
Bien entendu, je maintiens ma position selon laquelle la séparation des garçons et des filles est indispensable. On ne peut pas transiger sur ce point. En revanche, pour ce qui est de la jonction des classes, la question peut être posée pour chaque école en fonction des conditions propres et des prévisions qui peuvent être faites sur la réaction de l’administration, devant ces jonctions.
S’agissant de la question que vous posez, dans votre lettre(2), j’ai dit qu’il fallait constituer une équipe d’enseignants expérimentés et de quelle manière cela était possible, car les ‘Hassidim n’ont pas investi dans ce domaine, jusqu’à maintenant. En fait, l’expérience ne requiert pas nécessairement de nombreuses années. Si l’on possède les capacités requises et une forte motivation de se former sincèrement à la pédagogie, on peut espérer acquérir la compétence nécessaire en quelques mois. Et, pendant ce délai, il n’est pas obligé que l’on soit directeur d’une école ou bien enseignant d’une classe difficile. On peut alors enseigner dans des classes où la charge de travail est plus légère. C’est une évidence.
Vous ne dites rien, dans votre lettre, de ma requête de transmettre mes salutations à tous ceux, proches des ‘Hassidim, qui ont été mobilisés(3). J’espère que l’oubli est uniquement dans votre courrier et que vous l’avez effectivement fait, dès votre retour en Terre Sainte, afin que ces personnes sachent qu’elles n’ont pas été oubliées, ce qu’à Dieu ne plaise. A n’en pas douter, le Rav Y.L. Zalmanov(4) et tous les autres, menant une action dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad et se trouvant en contact avec eux(5,) vous viendront en aide et vous épauleront, afin d’organiser tout cela de la meilleure façon.
Un directeur d’école doit, avant tout, négocier avec les différentes administrations. Selon l’idée que l’on peut se faire de ce qui se passe là-bas, il est clair qu’en cas de doute, on doit privilégier l’interlocuteur avec lequel on sait avoir de bonnes relations et qui fait une bonne impression. Vous évoquez également l’ouverture d’un séminaire de formation des professeurs. Néanmoins, vous ne me communiquez aucun programme et vous me dites uniquement qu’il en résulte de grandes difficultés. Il faut donc s’intéresser aux séminaires qui existent déjà, fonctionnent depuis un certain temps et ont donc acquis une méthode. On sélectionnera ainsi celle qui convient le mieux. En engageant le dialogue avec eux suffisamment tôt, on pourra introduire également des améliorations significatives.
Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et vous me direz surtout que vous vous êtes mis au travail, que vous assumez votre mission sacrée au sein du réseau, que vous observez la réussite de Dieu, en la matière.
Notes
(1) Le Rav I.Gansburg, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, les lettres n°3218 et 6064. (2) Sur la compétence des professeurs enseignant au sein du réseau. (3) Le Rav Gansburg avait lui-même été mobilisé. (4) Voir, à son sujet, la lettre n°5782. (5) Avec les soldats.
Lettre n°5885
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5885, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Il est bien évident que la réunion ‘hassidique de Kfar ‘Habad, le 19 Kislev, concerne tous les ‘Hassidim de Terre Sainte. Bien entendu, il en est de même pour tout ce qui a trait à cette réunion, d’autant que, parmi les participants, certains sont influents, dans les différentes administrations. En faisant leur connaissance, au cours de cette réunion, on pourra donc multiplier les actions. Aussi, non seulement doit-elle être publique, mais, en outre, elle doit avoir un programme établi d’avance.
Il en résulte que, même si cela occasionne des frais supplémentaires, ceux-ci se justifient par l’intérêt que l’on peut espérer tirer de cette réunion, intérêt matériel et, plus encore, spirituel. Bien entendu, il ne s’agit pas d’ajouter sans aucune limite, mais bien d’une manière logique. Du fait de la grande importance de cette réunion, je demanderai aux ‘Hassidim, sans en faire le vœu, qu’ils participent à une collecte spécifique, qui couvrira un tiers du coût(1).
Vous faites allusion au repas(2). De façon générale, des gâteaux seront suffisants, mais plus de dix personnes se laveront les mains et prendront du pain, afin qu’on puisse dire la bénédiction après le repas en leur présence. Si les habitants du Kfar se lavent les mains, on ne courra aucun risque. A l’opposé, s’il s’agit des invités, ceux-ci ne restent pas toujours jusqu’à la fin de la réunion, ce qui a plusieurs incidences sur la bénédiction après le repas. Il est alors difficile de se laver les mains de la manière qui convient. Il est donc bon qu’il y ait, pour cette réunion, des gâteaux, des fruits et, bien entendu, de l’eau de vie. C’est une évidence. Ici, on a l’habitude, à proximité de la fin d’une réunion ‘hassidique, d’annoncer que ceux qui ont consommé la quantité nécessaire pour cela doivent dire les bénédictions auxquelles ils sont astreints. Il me semble qu’il est dit, dans les livres(3), que le Ramah et les Grands d’Israël avaient coutume de faire une telle annonce.
A cette occasion, je voudrais souligner un autre point qui m’a été signalé, de différentes sources et qui fait suite à ce qui vient d’être dit : au Kfar, il n’y a pas de bancs, à proximité de l’arrêt de l’autobus ni au milieu de la route, entre cet arrêt et le Kfar, sur lesquels les invités et ceux qui viennent en visite pourraient s’y reposer. De même, on me dit qu’il n’y a pas d’arbres, ni rien qui soit susceptible de faire de l’ombre. Or, le besoin s’en fait réellement sentir pendant les chaudes journées d’été. Pour autant, on dit que la dépense est très réduite. Le Kfar existe depuis neuf ans et l’on ne s’est même pas intéressé à cela.
Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, ce qui implique une formidable réussite en votre mission sacrée, le renforcement et le développement de Kfar ‘Habad, dans tous les domaines.
Notes
(1) De cette réunion ‘hassidique. (2) Servi au cours de cette réunion. (3) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 24, page 381.
Lettre n°5886
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5886, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous m’exposez les difficultés que vous rencontrez et les exigences qui vous sont formulées.
Il est bien évident qu’en tout endroit où l’on se trouve, on doit étudier la Torah avec élan et ardeur. Il est tout aussi clair que le mauvais penchant lutte, en la matière, se servant de stratagèmes divers et variés, développant différents raisonnements. Lui-même n’est pas affecté par un voyage d’un pays vers un autre. En effet, dans le lieu d’arrivée, il trouve plusieurs explications, plusieurs justifications, correspondant aux conditions qui y règnent. Pour ne pas répondre à ses avances, ses raisonnements importent peu. Seule doit être prise en compte la volonté de l’homme, son désir sincère de lutter contre son mauvais penchant ou bien l’absence de cette volonté.
Bien entendu, tout ceci s’applique à votre cas, aux explications que vous me donnez, démontrant que vous ne pouvez pas étudier la Torah dans l’endroit où vous vous trouvez. Il y a bien là une intervention du mauvais penchant qui, dans votre situation, formule ses avances de cette façon. Si vous vous rangez à son avis, ce qu’à Dieu ne plaise, ou bien si perdez votre temps à dialoguer et à négocier avec lui, vous ferez la preuve que ce mauvais penchant vous accompagne, dans ce nouvel endroit. Tout sera donc comme on l’a dit.
Certes, la Michna dit : “ Pars en exil dans un lieu de Torah ”, mais il est sûr que cela ne s’applique pas à vous, car vous ne recherchez pas le confort et le départ en exil. Si vous voulez vous ranger à mon avis, vous verrez, dans l’exigence qui vous est formulée de faire preuve d’élan et d’ardeur, un signe de la divine Providence que la possibilité vous a été accordée de la satisfaire. Tout ne dépend donc que de votre volonté, puisque vous en avez la capacité.
Puisse Dieu faire que vous méditiez sincèrement à tout cela, que vous multipliez votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, dans toute la mesure du possible. Dieu vous accordera la réussite.
Avec ma bénédiction en tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°5887
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5887, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Mena’hem Zeev Ha Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris de constater que le recueil de coutumes ‘Habad(2) est réalisé avec la plus grande lenteur.
Vous évoquez ceux qui ont participé à la réunion ‘hassidique. Or, j’ai déjà dit maintes fois, à plusieurs ‘Hassidim, qu’une réunion ‘hassidique sert à labourer et à planter. Par la suite, il reste encore nécessaire d’intégrer et de cueillir. Pour cela, il faut passer par plusieurs “ méandres et dégels du fleuve ”. Vos amis assistant à cette réunion doivent agir pour cela, en particulier envers ceux qui sont là pour la première fois ou bien qu’il convient de protéger d’une influence extérieure.
Dernier point, qui suscite le plus d’intérêt : vous me faites savoir que votre fils Avraham Yé’hyel entrera au ‘Héder. Puisse Dieu faire que ceci soit en un moment bon et fructueux. Selon l’expression de nos Sages, “ que viennent ceux qui sont purs et qu’ils se consacrent à ceux qui sont purs ”. De vos jours et des nôtres, s’accomplira la promesse selon laquelle, d’après la formulation des Séfaradim, “ on verra le Cohen à Tsion ”. Bien plus, ceci vous concerne particulièrement puisque, selon les écrits du Ari Zal, son Likouteï Torah, cité au chapitre 50 du Tanya, les Léviim deviendront Cohanim, dans le monde futur(3).
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°5415. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5536. (3) Le destinataire de cette lettre est un Lévi.
Lettre n°5888
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5888, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 Mar’hechvan et surtout à sa conclusion, m’interrogeant sur l’explication du discours ‘hassidique intitulé “ Au milieu de ce jour ”, de 5701(2), qui traite de l’armée. Vous consulterez, à ce propos, la séquence de discours intitulée “ Je suis venu dans mon jardin ”, à partir de son paragraphe 11, dont l’auteur est mon beau-père, le Rabbi et qui fut prononcé le 10 Chevat 5710(3). Ce texte développe trois explications de l’armée et de ce qui la concerne.
Je suis surpris que vous interprétiez tout cela d’une manière plus basse et même la plus basse(4), alors qu’il est possible de retenir la plus haute. Certes, comme vous le dites dans votre lettre, “ la fin est liée au début ”, mais il est dit ensuite que “ le début est lié à la fin ”. Cela veut dire qu’il faut effectuer une recherche sur la fin et, si l’on fait des efforts pour la réaliser, à terme, on trouvera le début, la manière la plus haute. Ceci peut être comparé à la soumission, début et finalité du service de Dieu. C’est là la définition d’une armée.
Je vous joins la copie d’une lettre que j’ai écrite à quelqu’un, à ce sujet.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°5792. (2) 1941, du précédent Rabbi. (3) 1950. (4) Le Rav Yalles écrivait : “ Peut-être voulait-il faire allusion aux ‘Hassidim de Nétsa’h, Hod, Yessod et Mal’hout. La fin étant liée au début, les ‘Hassidim ‘Habad ont également besoin des précédents ”.
Lettre n°5889
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5889, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5718,
Brooklyn,
Aux dirigeants du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch
en notre Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Il est bien évident que les dirigeants du réseau et, de même, de toutes les autres institutions ‘Habad, à qui la divine Providence a confié le mérite d’une telle nomination, disposent, d’emblée, de toutes les forces et des possibilités d’assumer pleinement leurs fonctions, sans remettre en cause leur état de santé et leur situation familiale.
Mais, pour cela, il faut agir d’une manière ordonnée et l’on sait l’importance que nos saints maîtres ont accordé à l’ordre, pour tout ce qui les concerne eux-mêmes et ceux qui leur sont attachés. On peut vérifier concrètement que l’ordre, dans un acte du service de Dieu, quel qu’il soit, confère une réussite accrue.
Sans doute profiterez-vous également des jours de Kislev, du 10, du 19, de ‘Hanouka, au sein des écoles du réseau. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°5890
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5890, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements, Rav Israël Its’hak Ha Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 24 Mar’hechvan. Les caisses procurant le financement, en pareil cas, ici-même, sont dans un état difficile. Pour autant, “ les besoins de Ton peuple sont multiples ”(2) et ils se développent sans cesse. Néanmoins, vous vous adressez à moi pour cela et, en l’honneur de la Torah, je vous joins donc un chèque, émis sur une caisse fondée par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Sans doute s’accomplira, en la matière, la promesse de notre Torah selon laquelle “ celui qui prend une pièce de Job s’enrichit ”(3).
Puisque nous parlons d’une contribution pour un mariage, provenant d’une caisse de mon beau-père, le Rabbi, qui fit don de lui-même afin de diffuser le Judaïsme, en général, la ‘Hassidout et ce qui la concerne, en particulier, il nous faut donc commenter la Hala’ha bien connue, énoncée au traité Ketouvot 62a, selon laquelle : “ On fait passer la mariée devant le cortège funéraire ou bien le roi d’Israël devant l’un et l’autre ”. Il y a là un enseignement profond.
De façon générale, la Torah et les Mitsvot sont la finalité de la création de l’homme, comme l’affirme la Michna, qui constate : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Or, ces Mitsvot se répartissent en deux catégories, “ Ecarte-toi du mal ” et “ Fais le bien ”. Le verset définit le mal dans le verset : “ la mort et le mal ”, alors que le bien consiste, comme on l’a dit, à se servir des objets du monde pour en faire des instruments du service de Dieu. La “ mariée ” désigne donc la réception de la Lumière divine, car, selon l’expression de nos Sages : “ Qui est la femme vertueuse ? Celle qui met en pratique la volonté de son mari ”.
L’enseignement est, en l’occurrence, le suivant. Lorsque deux voies se présentent à l’homme, “ écarte-toi du mal ” et “ fais le bien ”, il doit “ faire passer la mariée devant le cortège funéraire ”, car un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité. Et, la Hala’ha retient le principe selon lequel une Injonction repousse un Interdit. Vous consulterez également Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 1, qui dit : “ D’un point de vue concret, l’Injonction est plus forte et repousse l’Interdit, parce que la pratique d’une Injonction révèle un éclairage et une influence dans les mondes supérieurs, émanant de la Lumière infinie de Dieu, de même que dans l’âme divine ”.
Il y a également là une différence fondamentale entre la ‘Hassidout et l’Ethique. La première met essentiellement l’accent sur : “ Fais le bien ”, alors que la dernière privilégie et définit : “ Ecarte-toi du mal ”. Mais, dans ces deux domaines, “ Ecarte-toi du mal et fais le bien ”, le but est celui qu’indique le verset suivant : “ Dieu nous a ordonné de faire… afin de craindre l’Eternel ton Dieu ”. C’est là le début et le fondement du service de Dieu et la Michna explique que le premier paragraphe du Chema Israël précède le second précisément “ pour que l’homme se soumette d’abord à Dieu ”(4). De même, la Me’hilta dit, à propos des dix Commandements : “ Acceptez Ma Royauté et, ensuite, acceptez Mes Décrets ”. En pareil cas, le service de Dieu est conforme à son objectif et il est accompli de la meilleure façon. De ce fait, point essentiel, on fait passer “ le roi d’Israël devant l’un et l’autre ”, ce qui fait, bien entendu, allusion au Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav I.I. Reizman, de Jérusalem. (2) Selon l’expression du rituel des jours redoutables. (3) Parce que celui-ci était un homme intègre et droit. (4) Puis, dans un second temps, à ses Mitsvot.
Lettre n°5891
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5891, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples
accomplissements, assumant une mission sacrée,
le Rav Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous envisagez la possibilité de faire participer vos élèves à la réunion ‘hassidique, au jour lumineux du 19 Kislev. Jusqu’à cette date, vous aurez suffisamment de temps pour vous y préparer de la manière qui convient, comme vous le précisez dans votre lettre. Le mérite de ce qui est public vous viendra en aide, afin d’obtenir une aide divine accrue et connaître la réussite, en la matière.
Peut-être est-il envisageable que vos anciens élèves se joignent également à vous. Un dicton bien connu définit ce que peut accomplir une réunion ‘hassidique. Une intervention et un effort, en la matière, sont donc justifiés. Il s’agit d’un moment propice et d’un temps favorable afin d’être positivement impressionné et d’en conserver la trace par la suite, pendant plusieurs semaines, plusieurs mois. Le passé a fait la preuve qu’il en était bien ainsi.
Puisse Dieu faire que le mérite de celui dont nous célébrons la joie(2), au jour lumineux du 19 Kislev, protège chacun, au sein de tout Israël, afin de connaître la réussite dans les accomplissements communautaires et les préoccupations personnelles, les uns dépendant des autres, surtout pour ceux qui possèdent une aptitude pour la pédagogie et l’enseignement.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav C.Chefer, de Tel Aviv. (2) L’Admour Hazaken, libéré en ce jour.
Lettre n°5892
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5892, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me demandez si vous devez rechercher un parti pour votre fils. Dans ce domaine comme dans les autres, il ne convient pas de troubler son fils ou sa fille tant que ne s’est pas présentée une proposition précise et concrète. En effet, à quoi bon lui faire savoir que l’on a conçu un tel projet, alors qu’il n’y a encore rien de tangible ? En outre, ceci dépend, au moins pour partie, de sa propre situation.
Vous me précisez pour quelle raison le mariage de votre second fils a été différé. En effet, il a des dettes, bien que la famille de la fiancée considère, pour sa part, que cette situation ne pose pas problème. Vous ne savez donc que faire, en la matière.
Tout cela est étonnant et surprenant. Vous connaissez l’affirmation de nos Sages, commentée par le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Bera’ha, selon laquelle on accorde la subsistance à un Juif pour son épouse. Peut-être est-il donc gêné précisément parce qu’il n’est pas marié. Quant à l’argument selon lequel il ne dispose pas de vêtements convenables, vous conviendrez qu’il est ridicule, dans un domaine aussi important que le mariage, conditionnant toute la vie. Et, même s’il était certain que quelques personnes se moquent, le début des quatre parties du Choul’han Arou’h souligne bien que : “ on ne s’affectera pas des moqueurs ”.
Bien plus, en l’occurrence, ce n’est qu’une impression. Personne ne se moque de cela, pas même aux Etats-Unis, réputés dans le monde entier pour la place prépondérante que l’on y accorde à l’argent. De nombreux Juifs, ici, y compris parmi ceux qui n’ont pas reçu leur éducation dans un foyer ‘hassidique ou bien auprès d’anciens élèves de la Yechiva Loubavitch, se marient dans l’intention de fréquenter ensuite le Collel pendant plusieurs années, avec l’accord des deux époux, même s’il en résulte un train de vie serré.
Je suis surpris que, sur un point aussi évident, une question doive être posée sur un autre continent et, quand on obtient une réponse, il n’est pas certain que celle-ci exerce son effet et soit utile. En outre, il est encore plus étonnant de constater que les parents, semble-t-il, acceptent cette argumentation, pas moins que le fils. Qui l’eut cru ? Vous me demandez également pourquoi se presser. Là encore, cela est très surprenant, au delà même de ce qui a été dit au préalable. En effet, chacun connaît sa propre situation et l’on sait ce que nos Sages disent, à ce propos. C’est une évidence.
Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela et que ces nouvelles soient dans l’esprit de la ‘Hassidout.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Lettre n°5893
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5893, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5718,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux
besoins communautaires, a des comportements généreux,
est issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
On m’a informé que vous subissiez des examens médicaux. Je n’ai pas obtenu de détails, à ce sujet, mais j’espère que tout va bien, de la manière qui convient.
Pour passer d’un point à l’autre, il est un fait qu’au sein de notre peuple, une nation propice, surtout d’après l’expression de la Langue sacrée, les préoccupations qui sont, en apparence, purement physiques, restent liées à l’âme. Ainsi, nos Sages parlent d’un : “ examen de conscience ”. En outre, est-il plus physique que la nourriture ? Or, là encore, on dit que “ le Juste mange pour rassasier son âme ”.
Il va sans dire que, cette année encore, je l’espère, vous rendrez sûrement visite, comme à votre habitude, à Kfar ‘Habad, au jour lumineux du 19 Kislev, lequel est, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, le Roch Hachana de l’étude de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. L’Admour Hazaken souligne que l’on parle bien de Roch Hachana, tête et non début de l’année. En effet, la tête porte en elle la vitalité de tous les membres. Or, il en est de même pour les dates de l’année et du mois et c’est aussi le cas pour le Roch Hachana de la ‘Hassidout, insufflant la vitalité ‘hassidique à tous les jours de l’année. Puisse Dieu faire que la motivation de ce Roch Hachana, à Kfar ‘Habad, se manifeste, par l’enthousiasme et la lumière, tout au long de l’année.
J’ai demandé à des invités de Terre Sainte qui sont ici et ne sont pas encore rentrés chez eux(2) de vous transmettre oralement mes salutations. Il est un fait établi qu’un émissaire s’acquitte de la mission qui lui est confiée.
J’attends de vos bonnes nouvelles, à propos de tout cela. Je vous adresse mes respects, ma bénédiction et je vous remercie beaucoup pour votre cadeau particulièrement précieux, un manuscrit du Sidour du Ari Zal(3), qui m’est bien parvenu et que j’ai pu toucher, selon l’explication du Likouteï Torah, au début de la Parchat Chemini(4).
Notes
(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, les lettres n°5375, 5911, 6011 et 6025. (2) Vraisemblablement à l’issue des fêtes de Tichri. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°5767. (4) Soulignant la relation entre Lehagya, parvenir et Lingoa, toucher.
Lettre n°5894
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5894, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au jeune homme, qui se consacre aux besoins
communautaires, assume une mission sacrée,
David Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 27 Mar’hechvan. J’y ai lu avec plaisir que vous avez multiplié le nombre de vos élèves. Certains d’entre eux se distinguent non seulement par leur connaissance de la Torah, mais aussi par leur crainte de Dieu et leur bon comportement. Il est sûrement inutile de vous souligner à quel point cela est important. Tout action, tout intervention en ce sens sont donc justifiéees. Vous faites référence à un moniteur. On peut penser qu’il appartient aux responsables de le rechercher. Ceux-ci connaissent les élèves de la Yechiva, de même que ceux qui l’ont déjà quittée et qui sont aptes à assumer ces fonctions.
Vous ne précisez pas si l’on étudie, chez vous, les lois qui sont nécessaires, au quotidien. Peut-être l’oubli est-il uniquement dans votre lettre. En tout état de cause, cette étude est une nécessité, en particulier à notre époque. En effet, au préalable, chacun savait quel comportement adopter par ce qu’il voyait dans la maison de ses parents et même par ce qui se passait dans la rue, ou même, encore plus clairement, par la synagogue, dans laquelle on se rendait trois fois par jour. Il n’en va pas de même en cette génération orpheline et c’est donc tout cela qui doit être accompli par l’école dans laquelle se trouve l’élève(2).
On commencera donc par l’alphabet et les lois les plus usuelles. Et, puisse Dieu faire que l’on mette une telle étude en application, y compris dans les Yechivot supérieures. Car, du fait de nos nombreuses fautes, la connaissance des lois du Ora’h ‘Haïm, les plus usuelles et courantes, est particulièrement faible. Or, “ une faute commise par manque de connaissance est considérée comme…(3) ”.
Puisque nous sommes entrés dans le mois de Kislev, celui de la délivrance et de la victoire, à l’approche, en particulier, du jour lumineux du 19 Kislev, Roch Hachana de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques, Dieu fasse que vous vous consacriez à la diffusion des sources(4), en tout endroit où vous pourrez parvenir. Que Dieu vous accorde la réussite de donner de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction,
Je vous joins une lettre de vœux pour une bonne année, revenue de Terre Sainte, parce que son adresse était imprécise.
Notes
(1) D. T. Merzbach, de Beer Sheva. Voir, à son sujet, les lettres n°4859 et 5448. (2) Le Rabbi emploie ce terme à la fois au masculin et au féminin. (3) Commise délibérément. (4) De la ‘Hassidout.
Lettre n°5895
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5895, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[3 Kislev 5718]
Vous faites référence à la bénédiction des Cohanim, en particulier au jour de Yom Kippour.
Concrètement, il faut interroger, à ce sujet, les Cohanim ‘Hassidim, en Terre Sainte. En pareil cas, il y a une transmission de père en fils et l’action concrète surpasse la Hala’ha inscrite dans un livre.
Lettre n°5896
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5896, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au jeune Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du Roch ‘Hodech Kislev. Vous m’interrogez sur la participation à une fête(2). Ceci dépend de plusieurs points, de la manière dont cette fête se passe et de la façon d’y participer. Vous exposerez donc la situation à un Rav, tranchant la Hala’ha, de votre entourage et il vous guidera.
Vous savez sûrement ce que disent les livres de la manière dont les enfants peuvent procurer de la satisfaction à l’âme de leurs parents. L’un des points essentiels est la diffusion de la Torah et de ses Mitsvot, comme le dit aussi le Zohar, tome 3, à la fin de la Parchat Be’houkotaï. Sans doute savez-vous également à quel point votre père, puisse-t-il reposer en paix, fit don de lui-même, pour la ‘Hassidout, en général et pour sa diffusion, en particulier. En conséquence, j’espère que, dans toute la mesure du possible, vous vous efforcez d’en faire de même, surtout pendant l’année du deuil. Votre mérite et votre responsabilité, en la matière, sont accrus d’autant puisque, dans votre situation, vous pouvez influencer de nombreuses personnes. Car, rien ne résiste à la volonté.
Vous avez sûrement connaissance des trois études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont bien connues. Celles-ci nous ont été transmises par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et elles concernent chacun. Elles ont un effet propice, dans différents domaines. Tout au moins les adopterez-vous à l’avenir.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Y. Kievman. Voir, à son sujet, la lettre n°6059. (2) Pendant l’année du deuil.
Lettre n°5897
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5897, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
assume une mission sacrée, se consacre aux besoins
communautaires, le Rav Yehouda Zeev Ha Lévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce lundi. En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous écrivez.
Vous me dites que telle personne demande qu’on lui ajoute un nom. Si elle le désire, il faut accéder à sa requête. Puisse Dieu faire que ce changement ait un effet positif, d’un bien visible et tangible, matériellement et spirituellement.
Sans doute y aura-t-il une réunion ‘hassidique, dans votre ville, pour le jour lumineux du 19 Kislev, celui de la délivrance et de la victoire de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Puisse Dieu faire que les propos d’encouragement, les paroles de la Torah fassent leur effet. Comme le disent nos Sages, “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. En outre, la parole est elle-même considérée comme une action, tout au moins comme une “ petite action ”, puisqu’elle conduit à bouger les lèvres, conformément au commentaire du Rachba(2) sur le traité Chevouot 21.
Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, de personnes desquelles il est dit : “ Tout Ton peuple est fait de Justes ”. Or, disent nos Sages, “ les Justes sont semblables à leur Créateur ” et “ la Parole du Saint béni soit-Il est considérée comme un acte ”. Il n’est donc pas même nécessaire de bouger les lèvres. Il suffit de prononcer “ une lettre légère ”, selon l’expression du Rif, à la fin du chapitre 7 du traité Sanhédrin. Combien plus en est-il ainsi quand cette parole exerce ensuite un effet concret. Ceci peut être comparé à l’Interdiction de faire avancer un animal(3), laquelle est effectivement considérée comme une action. Plus encore, une voix, ne prononçant pas de mot, suffit également, comme l’expliquent les Tossafot et la Chita Mekoubétset sur le traité Baba Metsya 90b, les responsa Noda Bihouda, seconde édition, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 76. Vous verrez aussi le Tanya, au début du chapitre 37, le Likouteï Torah sur trois Parachyot, à la fin du discours ‘hassidique intitulé : “ Les eaux nombreuses ”, page 54d.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et en saluant tous ceux qui participeront à cette réunion ‘hassidique,
Notes
(1) Le Rav Y.Z. Segal, de Manchester. Voir, à son sujet, la lettre n°4266. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6012. (3) Pendant le Chabbat, bien qu’on ne le touche pas.
Lettre n°5898
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5898, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Vous faites référence à votre voyage en Amérique et vous envisagez de l’effectuer sur un bateau appartenant à des Juifs, qui poursuit son chemin pendant le Chabbat. Comme je l’ai expliqué en détails, dans quelques unes de mes lettres traitant de ce sujet(1), me basant sur la manière dont les bateaux sont conduits, de nos jours, il ne fait pas de doute qu’en voyageant sur un navire appartenant à des Juifs et voguant pendant le Chabbat, on transgresse le jour sacré. En outre, de nombreuses personnes se trouvent à son bord et une telle transgression du Chabbat est donc publique. Il en est ainsi même si le voyage commence au début de la semaine. La Hala’ha n’est pas modifiée pour autant.
Il est sûrement inutile de vous souligner à quel point il est important de respecter le Chabbat et terrible de le transgresser, surtout en public. Je voudrais ajouter que certains entendent justifier cette transgression du Chabbat, en empruntant ces bateaux, par le fait que, de cette façon, les Juifs à qui ils appartiennent réaliseront un gain. En effet, ceux-ci résident en Erets Israël et, de la sorte, ce pays en profitera également.
Du reste, en fonction du même raisonnement, on pourrait demander et l’on demande effectivement à toutes les usines d’Erets Israël de fonctionner pendant le Chabbat, que tous les champs soient cultivés pendant le Chabbat. En effet, ces activités du Chabbat constitueront des rentrées pour Erets Israël et seront une aide pour les Juifs se trouvant là-bas, bien au delà de la transgression du Chabbat par les bateaux, puisque ces gains seront beaucoup plus importants.
En toutes ces situations, on oublie que, comme Dieu le dit dans Sa sainte Torah, les affaires réalisées en transgressant le Chabbat ne sont d’aucune utilité pour Erets Israël. Bien plus, selon l’expression de nos Sages, au traité Chabbat 119b, “ Jérusalem fut détruite uniquement parce que l’on y transgressait le Chabbat ”. Ceux qui veulent aider la Terre Sainte par des gains obtenus en transgressant le Chabbat sont comparables aux personnes qui voudraient éteindre un feu avec du kérosène ou du pétrole, ce qu’à Dieu ne plaise.
L’obscurité de l’exil et la confusion des esprits sont intenses. Certains considèrent que de telles personnes font preuve d’amour pour leur prochain(2), alors que, selon le Créateur du monde, Qui le dirige, ils détruisent la Terre Sainte. Et, l’on conspue ceux qui se renforcent en notre Torah, Torah de vie, qui seule soutient, vivifie et sanctifie Erets Israël : pourquoi ne veulent-ils pas que les usines fonctionnent et que les champs soient labourés pendant le Chabbat ? Pourquoi empêchent-ils les bateaux appartenant à des Juifs de transgresser le Chabbat en public, aux yeux de toutes les nations ?
Si un Juif doit mettre en pratique la Torah et les Mitsvot dans toutes les situations, combien plus doit-il le faire quand il souhaite obtenir la bénédiction de Dieu. Vous faites référence à votre état de santé et je suis donc certain que votre voyage sera effectué dans un respect scrupuleux du Chabbat et non en le transgressant publiquement, ce qu’à Dieu ne plaise. En effet, le Chabbat est considéré comme l’ensemble des Mitsvot. Ce mérite vous procurera donc une prompte et complète guérison.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°5534, 6010, 6089, 6097, 6121 et 6141. (2) En aidant Erets Israël par leur voyage sur ces bateaux.
Lettre n°5899
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5899, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Mar’hechvan. Selon ce que vous y écrivez, on vous a dit que l’Admour Hazaken mentionne le Tanya dans ses livres et en cite quelques passages. En fait, on trouve encore d’autres citations, comme le précise l’index des livres et des noms, imprimé à la fin du Tanya, celui du Torah Or et celui qui paraîtra bientôt pour le Likouteï Torah. Vous y verrez aussi que certains passages du Tanya renvoient également à des chapitres précédents. Là encore, vous consulterez l’index.
Vous m’écrivez à propos de tout cela et j’espère, combien plus, que vous participerez aux réunions ‘hassidiques organisées pour les 10 et 19 Kislev, dates de la libération de l’Admour Hazaken, puis de son fils et successeur, l’Admour Haémtsahi. Vous savez également que, selon un proverbe bien connu(2), un feuillet tomba du ciel afin de proclamer le rôle prépondérant d’une réunion ‘hassidique.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Le Rav Y.Mendelcorn, de Jérusalem. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°4750, 5813, 5921 et 5941.
Lettre n°5901
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5901, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 3 Kislev, m’annonçant une bonne nouvelle, la fixation d’un cours de ‘Hassidout. Puisse Dieu faire que non seulement vous connaissiez la réussite en la matière, mais qu’en outre, vous renforciez cette étude. En effet, nos Sages assurent que : “ grande est l’étude qui conduit à l’action ” et donc à un engagement accru sur la voie et les pratiques de la ‘Hassidout. Car, rien ne résiste à la volonté et à une forte détermination.
Bien plus, ces jours sont plus particulièrement propices pour cela que le reste de l’année, le 10 et le 19 Kislev, la période intermédiaire, la fête de ‘Hanouka. C’est, en effet, le 10 et le 19 Kislev que furent libérés l’Admour Hazaken, puis son fils et successeur, l’Admour Haémtsahi. Cette libération, ici-bas, apportait la preuve qu’une force accrue était accordée, là-haut, pour diffuser cet enseignement(2).
De même, la victoire de ‘Hanouka fut obtenue non pas contre une simple opposition à la Torah et aux Mitsvot, mais bien, selon la formule retenue dans la prière d’Israël, contre la tentative “ de leur faire transgresser les Décrets de Ta Volonté ”, c’est-à-dire ceux que l’on applique parce qu’ils sont la Volonté du Créateur, qu’on les comprenne, intellectuellement, ou non, “ de leur faire oublier Ta Torah ” précisément “la Tienne”. De fait, l’étude ordinaire de la Torah ne leur posait pas de problème, puisque celle-ci possède une sagesse incontestable, ainsi qu’il est dit : “ Elle est votre sagesse et votre entendement aux yeux des nations ”. En fait, ils refusaient l’étude basée sur la sainteté de la Torah, sur sa dimension profonde, “ Ta Torah ”. Vous consulterez, à ce propos, la longue explication du Baït ‘Hadach sur le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 47, au paragraphe : “ Ce qui est écrit ”, selon laquelle il est une Mitsva de diffuser les propos de Rabbi Yehouda, en particulier parmi ceux qui résident dans la tente de la Torah et se consacrent à son étude.
Vous ne faites aucune référence à votre épouse, mais j’espère qu’elle se consacre également à la diffusion du Judaïsme.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav A.Z. Wiener, de Cleveland. (2) Celui de la ‘Hassidout.
Lettre n°5902
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5902, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Betsalel, le Cho’het(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Kislev, me demandant une bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de son contenu.
Bien que personne ne m’ait écrit à ce sujet, j’espère que vous avez préparé et que vous préparez encore, suffisamment tôt, un programme afin de profiter au mieux des jours de Kislev, en général, et en particulier du jour lumineux du 19 Kislev, Roch Hachana de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Selon l’expression établie, il s’agit de diffuser les sources(2) à l’extérieur, précisément de diffusion, précisément de sources, précisément d’extérieur, comme cela est brièvement expliqué par ailleurs. Rien ne résiste à la volonté et l’expérience des années passées a fait la preuve que, plus le programme est détaillé et clarifié à l’avance, plus l’on peut penser qu’il sera fructueux.
Je suis surpris de constater que les ‘Hassidim de Melbourne semblent ne pas s’intéresser du tout aux Juifs d’Australie, se trouvant dans les autres endroits. Cette attitude est d’autant plus surprenante qu’elle est le fait de personnes qui sont qualifiées de “ bougies pour éclairer ”. A n’en pas douter, ceux qui leur ont attribué ce qualificatif avaient raison de le faire. Mais, ces “ bougies ” doivent faire un usage concret de leur potentiel. Si elles ne le font pas, elles s’écartent de la mission qu’elles ont reçue, ce qu’à Dieu ne plaise.
Il y a, dans votre pays, plusieurs implantations qui, à n’en pas douter, ne sont pas plus éloignées que ce qui est qualifié d’ “ extérieur ”. Il y a donc une obligation d’y diffuser les sources. Bien plus, cette situation retarde la venue de notre juste Machia’h. Chacun est installé sous sa vigne et sous son figuier, même s’il s’agit de vigne et de figuier spirituels, comme l’explique le Likouteï Torah sur trois Parachyot, Béréchit, page 23b, traitant de la dimension profonde de l’âme divine et de la transformation des vêtements spirituels. Tout cela ne remplace en aucune façon l’obligation de diffusion, précédemment définie.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav B.Wilshanski, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°3869. (2) De la ‘Hassidout.
Lettre n°5903
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5903, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, me demandant une bénédiction, qui était datée de Roch ‘Hodech Kislev, mois des miracles et de la délivrance. En un moment propice, votre nom sera mentionné près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il est sûrement inutile de vous préciser que, si un Juif doit, en tout endroit, adopter un comportement digne du titre qu’il porte et qui lui a été décerné par le Créateur du monde, son appartenance à “ une nation de prêtres et un peuple sacré ”, une obligation supplémentaire incombe à ceux qui se trouvent dans l’armée. En effet, notre sainte Torah dit : “ Ton campement sera saint ”. Bien plus, ceci concerne également tous ceux qui s’y trouvent avec vous. Car, ce même verset dit : “ Dieu se trouve dans ton campement ”. C’est uniquement à cette condition que “ ton campement sera saint ”.
Puisse Dieu faire que vous trouviez les mots pour expliquer tout cela à vous-même et à tous ceux qui vous entourent, que vos paroles émanent de votre cœur, afin qu’elles pénètrent leur cœur et fassent leur effet.
Vous organiserez sûrement une réunion ‘hassidique, le 19 Kislev prochain, jour lumineux et jour propice. Puisse Dieu faire que la motivation renforce l’action, dans le comportement quotidien, conformément à l’enseignement de notre sainte Torah, Torah de vie.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°5904
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5904, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5718,
Brooklyn,
Au jeune Zoussya(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 27 Mar’hechvan et j’attends la suite de vos bonnes nouvelles. Chacun, parmi les ‘Hassidim et en particulier parmi les jeunes gens, fait tout ce qui est en son pouvoir pour profiter des jours de Kislev, en général, du 19 Kislev et de ‘Hanouka, en particulier, afin de diffuser les sources(2) à l’extérieur.
Nous pouvons vérifier concrètement, comme l’explique l’Admour Hazaken, au chapitre 14 d’Iguéret Ha Kodech, que, chaque année, une possibilité, une opportunité nouvelle est accordée pour agir en ce sens. Toutefois, ces dernières années, on n’en a pas tiré tout le profit. Et, vous connaissez le dicton selon lequel le passé doit délivrer un enseignement pour l’avenir. C’est une évidence.
Bien entendu, ces propos ne s’adressent pas uniquement à vous, mais bien à tous ceux qui ont été cités auparavant. Puisse Dieu faire qu’eux aussi agissent ainsi, avec le plus grand empressement. C’est de cette façon que la réussite sera la plus considérable.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et également pour ce qui vous concerne personnellement,
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