Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°582
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°582, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Nissan 5710,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre, en son temps. Pour une raison évidente, il m’était difficile de vous répondre, y compris à vos condoléances.
Rabbénou Yona explique, au troisième chapitre, que la consolation des endeuillés est une Mitsva de la Torah et que les endeuillés peuvent se consoler mutuellement(2).
A première vue, ceci peut surprendre. Comment un endeuillé pourrait-il en consoler un autre, alors qu’il se trouve lui-même dans la douleur?
Néanmoins, il s’agit ici de démontrer à l’endeuillé qu’il n’est pas seul dans sa souffrance, qu’il y a également une seconde, et même une troisième personne désirant le consoler. Toutefois, l’affliction est si grande que l’on ne sait comment le faire. Et cela même est déjà une forme de consolation.
L’Admour Hazaken explique, dans sa lettre de condoléances, que l’esprit de celui qui a quitté le monde se trouve véritablement parmi nous. Bien au contraire, il se trouve dans ce monde encore plus que de son vivant. En se liant à ses voies, on peut révéler tout cela.
L’aspect profond de ces pratiques est la nécessité, pour chacun et chacune, de prendre part à son oeuvre, de s’approcher et de s’unir, avec amour de Dieu, amour de la Torah et amour du prochain.
Je suis convaincu que vous-même, continuerez à suivre cette voie avec encore plus de force, car tel est le besoin du moment.
Je vous joins le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, qui vient de paraître.
Et, je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Nathan, fils du Rav Mena’hem Mendel Gour Aryé et frère du Rachag, le beau-frère du Rabbi. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°567.
Lettre n°583
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°583, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Nissan 5710,
Aux distingués ‘Hassidim, qui craignent Dieu,
les élèves de la Yechiva de Pittsburgh
et leurs professeurs,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre don pour la Tsédaka de Pessa’h et vous trouverez ci-joint un reçu(1).
Je vous joins également le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h, qui vient de paraître. Vous le mettrez sans doute à la disposition d’autres personnes.
A chaque occasion, et en particulier durant le Chabbat et les fêtes, lorsque chacun est plus nettement enclin vers la spiritualité que pendant le reste de la semaine, nous nous réunissons tous, nous qui avons eu le mérite d’être ses disciples ou d’être attachés à lui, afin de ressentir la révélation de la personnalité de mon beau-père, le Rabbi, l’essence profonde de son esprit, comme l’explique le chapitre 27 d’Igueret Hakodech et son commentaire.
Mon beau-père, le Rabbi a consacré sa vie à la communauté, en général, à chaque individu en particulier et au bien-être de ceux qui étaient attachés à lui, tout particulièrement. A n’en pas douter, il continue, à l’heure actuelle, à dispenser ses bénédictions.
Néanmoins, celles qu’il donne maintenant sont, dans une certaine mesure, différentes de ce qu’elles étaient auparavant. En effet, son âme est libérée des limites et des contraintes imposées par le corps. Elle reçoit des élévations successives, ce qui est précisément le sens du mot Istalkout(2). En conséquence, ses bénédictions, matérielles et spirituelles, sont plus hautes et plus fortes.
De ce fait, celui qui reçoit ces bénédictions doit s’y apprêter en se donnant les moyens de sa propre élévation.
Tout au long de sa vie, mon beau-père, le Rabbi, nous a montré de quelle manière on peut se grandir, non seulement par la pensée, mais aussi de manière effective. Actuellement, ses lèvres remuent encore dans ce monde, grâce aux innombrables explications qu’il nous a laissées(3), ses discours, ses causeries, ses lettres.
En mettant concrètement en pratique sa volonté, nous forgeons les réceptacles permettant d’intérioriser les hautes bénédictions qu’il souhaite nous accorder.
Le temps de Pessa’h, celui de la sortie d’Egypte, des limitations et des barrières, exige de chacun qu’il se libère même de l’Egypte de la sainteté et, a fortiori, des contingences imposées par l’intellect et l’âme animale. Cette période est donc particulièrement propice pour l’élévation morale.
Néanmoins, il faut se préserver des duperies du mauvais penchant. Ainsi, on peut, en cette période, recevoir les plus hautes bénédictions, matérielles et spirituelles à la fois. Un des moyens d’y parvenir est non seulement de donner la Tsédaka de Pessa’h, pour ceux qui en ont besoin, mais aussi de leur venir en aide, d’encourager ceux qui sont pauvres de Torah et de Mitsvot, tout au long de l’année.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et pour une grande réussite dans vos études et dans votre service de Dieu,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre, sans sa première et sa dernière ligne, fut adressée à plusieurs autres personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Qui signifie à la fois décès, retrait et élévation, illumination. (3) Nos Sages enseignent que lorsque l’on étudie une explication, les lèvres du sage qui en est l’auteur remuent dans son tombeau.
Lettre n°584
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°584, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
E’had(1) Adar 5710,
Au Rav et Tsaddik, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
descendant d’une illustre lignée, le Rav C.(2) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la fête de Pessa’h, qui approche, je voudrais vous souhaiter, de même qu’à votre fils, le grand Rav, Rav M., une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.
Je sais que vous avez apprécié l’oeuvre de mon beau-père, le Rabbi, dans ses différents aspects, les discours qu’il a rédigés, basés sur le luminaire de la Torah et qu’il nous a légués. Je vous adresse donc le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h, qui vient de paraître.
Je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Le fait que Je résiderai dans Ta tente pour l’éternité, par le fait que l’on rappelle son enseignement en mentionnant son nom, ce qui peut bien sûr être réalisé par tous, a pour conséquence qu’il doit impérativement être nommément cité(3).
Notes
(1) 13. (2) Le Rav Ch. Kalish. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°205 et la lettre suivante.
Lettre n°585
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°585, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
E’had(1) Nissan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.Halevi(2),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h. Il contient des discours de mon beau-père, le Rabbi, une causerie et une lettre, comme je l’explique dans mon avant propos. Vous le mettrez sans doute à la disposition de vos élèves, afin de les illuminer par la clarté de la Torah et du luminaire qu’elle contient.
L’auteur de ces propos réside dans les deux mondes à la fois, matériellement et spirituellement, selon le traité Yebamot 96b. Il est dit, au traité Sanhédrin 90a, que Dieu agit mesure pour mesure. De la même façon, la récompense de ceux qui s’efforcent d’étudier les textes dont il est l’auteur se révèle aussi bien dans ce monde que dans le monde futur, matériellement et spirituellement.
L’importance de cette récompense peut être déduite de l’immense satisfaction qu’on lui procure en agissant ainsi. Car, d’une certaine façon, il désire que l’on répète son enseignement, comme le rapporte le traité Yebamot, à la même référence, à propos de David, le roi d’Israël, qui formula la même requête.
Je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Vous avez sûrement reçu le fascicule du 2 Nissan. Celui qui offre un présent à son ami doit le lui faire savoir et, lorsque j’étais auprès du tombeau, le 13 Nissan, j’ai mentionné votre nom pour que vous ayez une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.
Le fait que Je résiderai dans Ta tente pour l’éternité, par le fait que l’on rappelle son enseignement en mentionnant son nom, ce qui peut bien sûr être réalisé par tous, a pour conséquence qu’il doit impérativement être nommément cité(3).
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Dans vos précédentes lettres(4), vous précisez la différence entre Moché et Yochoua, selon le Zohar, tome 3, page 148a, en soulignant que le verset dit, à propos de Moché(5), tes chaussures, au pluriel, ce qui n’est pas le cas pour Yochoua(6).
Vous avez effectivement découvert la bonne explication et c’est bien ce que dit le Zohar ‘Hadach, à la Parchat Tetsé, dans le Midrach Hanéélam.
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A) Je(7) vous ai écrit(8) quelle est, à mon humble avis, la raison pour laquelle le Rabbi(9) a demandé que l’eau du bassin inférieur recouvre le sol du bassin supérieur avant que l’on fasse couler l’eau courante.
La raison en est bien simple. C’est de cette manière que l’eau courante peut s’écouler de manière convenable, ce qui n’est pas le cas lorsqu’elle est versée la première et rendue permise, dans un second cas, par sa mise en contact(10). Cela est bien évident.
B) Je demandais pourquoi le Rabbi(9) n’adopte pas l’avis, plus rigoriste, du Darkeï Techouva, non pas pour accumuler les avis les plus sévères, pour reprendre l’expression que vous utilisez dans votre lettre, mais en fonction du principe établi selon lequel, pour un Mikwé, on s’efforce d’adopter une position rejoignant le plus grand nombre d’opinions.
Notes
(1) 13. (2) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes, étant datée tantôt du 10 tantôt du 13 Nissan. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (3) Voir la lettre précédente. (4) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre adressée au Rav Ichaya Horovits. Voir, à son propos, la lettre n°429 et, sur le même sujet, la lettre n°602. (5) A propos du buisson ardent (Chemot 3, 5), enlève tes chaussures de tes pieds. (6) Yochoua 5, 15: Enlève ta chaussure de ton pied. (7) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre adressée au Rav Yaakov Landa, de Bneï Brak. Voir, à son propos, la lettre n°417. (8) A propos du Mikwé. Il s’agit de la lettre n°552. (9) Rachab. (10) Avec l’eau de pluie de l’autre bassin.
Lettre n°586
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°586, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.M. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu les fascicules en leur temps. J’ai bon espoir qu’ils apporteront les résultats escomptés, non seulement pour vous, à titre individuel, non seulement pour vous en tant que personnalité de laquelle dépendent de nombreuses autres personnes, mais aussi pour vos élèves, qui se trouvent à proximité de vous. Et, je vous serais reconnaissant de m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière.
Je fais réponse à votre lettre, m’interrogeant sur le cas d’un Juif qui réside avec une non-Juive, de laquelle il a un fils, qu’il désire faire circoncire:
A) Vous dites que l’on peut circoncire l’enfant, en tant que converti, sur l’avis de son père, ce cas étant peu différent de celui d’un enfant non-juif, qui peut être circoncis à la demande de son père non-Juif, comme le dit le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 268, paragraphe 7.
Je n’accepte pas du tout cette comparaison. En effet, le non-Juif et son fils sont de proches parents et l’enfant est bien considéré comme étant sa descendance, selon le traité Yebamot 62a et les Décisionnaires traitant de cette question.
Il n’en est pas de même pour un Juif qui a une relation avec une non-Juive. Et l’avis du Ramah, en la matière, exprimée dans le Choul’han Arou’h Even Haézer, chapitre 15, paragraphe 10, a déjà suscité l’étonnement, même s’il parle uniquement d’une disposition des Sages, destinée à adopter une position plus rigoriste.
En l’occurrence, puisque la mère souhaite que l’on convertisse l’enfant, il faut, à mon humble avis, le faire sur l’avis du tribunal rabbinique.
B) Vous demandez quelle est la référence de l’auteur du Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 268, paragraphe 5 et chapitre 267, paragraphe 2, qui formule la première bénédiction récitée à ce propos de la manière suivante: Qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a demandé de circoncire les convertis.
Vous consulterez le Baït ‘Hadach, au chapitre 267, selon lequel il s’agit d’une ancienne formule du Alfassi. Et l’auteur du Choul’han Arou’h disposait sans doute d’autres références. Vous verrez aussi le Dikdoukeï Sofrim sur Chabbat, dont je ne dispose pas. Mais, il ne traite pas du même sujet.
C) Vous me dites avoir demandé à celui qui a pratiqué la circoncision
de dire, dans la première bénédiction, nous a demandé la circoncision, ce qui va à l’encontre de l’avis, clairement exprimé, de l’auteur du Choul’han Arou’h, car vous vous interrogez sur sa position.
Et vous citez à l’appui le Ramah, au chapitre 265, qui ne fait pas de différence, concernant la bénédiction, entre une circoncision pratiquée par le Mohel et celle qui est faite par le père. Il en est donc de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Mais, ici, le Ramah ne donne pas cette précision, puisqu’il l’a déjà fait au chapitre 265.
Telle est la question que soulève le Maguen Haalef et dont il donne la réponse, au chapitre 273, deuxième partie, page 404.
Vous m’excuserez de penser que c’était là une mauvaise initiative. Comment peut-on agir à l’encontre de l’auteur du Choul’han Arou’h uniquement parce que l’on n’a pas trouvé l’explication de son avis? Que Dieu nous garde d’adopter une telle attitude, qui remet en cause les principes les plus fondamentaux!
Vous comparez cette situation au cas évoqué par le chapitre 268, mais le Guilayon Maharcha, à cette même référence, a clairement montré la différence entre les deux problèmes.
C’est pour cette même raison que le Korban Netanel, à la fin du chapitre 19 du traité Chabbat, s’interroge uniquement sur les lois des esclaves(2), mais non sur celles de convertis. Il dit, en outre, que s’agissant des esclaves, chacun peut être considéré comme le père d’un enfant devant être circoncis, mais l’on peut s’interroger, à ce propos.
Or, les responsa du Ramah, au chapitre 48 font la preuve que celui-ci avait connaissance de la position du Beth Yossef, concernant un testament. Le Ramah conteste cette position, par le détail, mais, dans la même réponse, il indique qu’il a fait appliquer la décision du Beth Yossef, sans attendre que ses objections lui parviennent et qu’il obtienne ses explications. Et, si les Sages des premières générations agissaient ainsi...(3).
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Note ultérieure:
Le Ot Chalom, au chapitre 266, demande pourquoi le Ramah ne pose pas cette question également au chapitre 268. Il pense que la bénédiction devant être dite est nous a demandé la circoncision. Il n’a vraisemblablement pas eu connaissance du Guilayon Maharcha, puisqu’il ne le cite pas.
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Mendel Feldman. (2) Qui doivent également être convertis, lorsqu’ils sont acquis par des Juifs. (3) Combien plus devons nous en faire ainsi et appliquer une décision du Choul’han Arou’h même si on ne la comprend pas.
Lettre n°587
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°587, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5710,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 9 Nissan et je n’y ai pas encore répondu, du fait de la fête et à cause de tout ce qui en dépend.
Je voudrais tout d’abord vous dire que je ne vous tiens pas rigueur, ce qu’à Dieu ne plaise, qu’il ne s’agissait pas de vous accorder un mérite ou le contraire de celui-ci, comme vous le supposez dans votre lettre, d’autant que je ne vous connais pas. Ce que j’ai écrit au Rav B.G.(2) était uniquement une interrogation, car je n’ai pas compris ce qui s’est passé.
De plus, je n’ai pas pensé vous demander de faire totalement don de votre propre personne. De façon générale, mon but n’est pas de forcer et de contraindre(3). En fait, dans le domaine matériel, nos Sages disent, au traité Pessa’him 54b, et vous consulterez aussi le chapitre 22 d’Igueret Hakodech, que nul homme ne peut savoir d’où il tirera sa subsistance. On peut en conclure qu’il en est de même, dans le domaine spirituel, lequel est lié au domaine matériel.
Combien plus en est-il ainsi, ces derniers temps, alors que le comportement de chacun et la transformation de la matière s’écartent de tout ordre établi et vous consulterez ce que j’ai écrit, à ce propos, dans l’introduction du Kountrass Oumayan, à la page 22.
Il nous appartient donc d’essayer de comprendre, de la manière la plus juste possible, ce qui nous arrive, d’en déduire ce que nous devons faire maintenant, demain et plus tard et de prier pour que notre interprétation des faits soit la bonne.
On m’a raconté ce qui vous est arrivé, cet hiver et vous ajoutez, dans la lettre que vous venez de m’adresser, que mon beau-père, le Rabbi, vous a demandé, pour l’heure, de demeurer en Europe. En Kislev, vous avez sollicité(4) l’autorisation de vous rendre en Terre Sainte et vous n’avez pas obtenu de réponse, bien que vos lettres lui soient parvenues. Entre temps, vous vous êtes rendu à Marseille et, là, vous avez connu une réussite littéralement surnaturelle, dans le domaine spirituel. Vous pourrez sans doute adapter les conditions matérielles, afin qu’elles vous soient également acceptables.
Après tout cela, j’ai entendu dire que vous continuez à penser que votre bien consiste à vous rendre en Terre Sainte. J’ai donc exprimé mon étonnement sur votre interprétation des événements qui vous arrivent.
Bien évidemment, en n’importe quel endroit où vous vous trouverez, vous devrez être fort et en bonne santé. Vous devrez vivre dans des conditions compatibles avec votre état de santé, mais je ne vois pas en quoi cela intervient dans la question qui se pose, à propos de Marseille et de la Terre Sainte, bien au contraire.
Puisse Dieu faire que vous preniez la bonne décision et trouviez la situation qui vous convient le mieux, matériellement et spirituellement. Vous donnerez de bonnes nouvelles de vous-même et de votre action envers les autres.
En vous souhaitant tout le bien et, surtout, une bonne installation,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Matusof. Voir, à son propos, les lettres n°695, 725, 726 et 752. Voir, sur le contenu de cette lettre, la lettre n°572. (2) Le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. (3) Pour obliger le Rav Chlomo Matusof à poursuivre son activité éducative, dans les camps de transit marseillais. (4) Au précédent Rabbi.
Lettre n°588
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°588, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Nissan 5710,
A monsieur Moché Menou’hin,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’interrogez sur la famille de laquelle vous êtes issu. Voici donc votre arbre généalogique. Ma réponse a été retardée à cause des occupations liées à la fête de Pessa’h:
Moché Menou’hin: Son père: Its’hak Aïzik Menou’hin. Sa mère: Sarah Libah.
Le père de celle-ci: Chnéor Zalmanson. Sa mère: Perla Devora.
Perla Devora Zalmanson: Son père: Rabbi Israël Noa’h Schneersohn, de Nyéghin. Sa mère: Freïda, fille de la Rabbanit Beïla, elle-même fille de l’Admour Haémtsahi.
Rabbi Israël Noa’h de Nyéghin: Son père: Rabbi Mena’hem Mendel Schneersohn, le Tséma’h Tsédek, fils de Devora Léa, la fille de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Sa mère: La Rabbanit ‘Haya Mouchka, fille de l’Admour Haémtsahi, fils de l’Admour Hazaken.
Votre grand-mère, Perla Devora, était la soeur du Rav Avraham Schneersohn, qui était le père de ma belle-mère, la Rabbanit Ne’hama Dina, épouse de mon beau-père, le Rabbi.
Votre grand-mère résidait à Loubavitch et lorsque, enfant, vous vous êtes rendu dans cette ville, c’était vraisemblablement pour rendre visite à vos grands-parents, dont le nom de famille était Zalmanson et non Schneersohn. Il résulte de tout cela que vous êtes lié à la famille Schneersohn par votre grand-mère, Perla Devora.
Vous avez sûrement eu connaissance des détails du décès de mon beau-père, le Rabbi. Les membres de la famille ont donc actuellement un sens de leur responsabilité beaucoup plus important qu’auparavant. La tâche est désormais, dans une certaine mesure, bien plus difficile.
Il est clair que chacun et chacune de ceux qui appartiennent à cette famille, par la branche paternelle ou maternelle, doit décupler ses forces et son énergie, afin d’apporter sa contribution à l’objectif que se sont assignés ses fondateurs, ceux qui la représentent, à leurs souhaits et au mode de vie qu’ils ont adopté, à chaque époque,
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Lettre n°589
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°589, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[2 Iyar 5710]
J’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi, qu’avant de se rendre au tombeau, on a coutume de ne pas manger. En revanche, on peut boire.
Vous consulterez, à ce propos, le Zohar, tome 3, page 71b, les derniers Décisionnaires sur le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 581, le Likouteï Tsvi, le Yalkout Avraham du Rav Avraham Lipchits, sur le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 581 et le Elef Hamaguen, à la même référence.
Lettre n°590
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°590, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 3 Iyar 5710,
Au ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Its’hak Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question.
La coutume des ‘Hassidim ‘Habad est de prendre, pour les quatre espèces(2), des Ethrogim qui poussent dans le sud de l’Italie, dits de Calabre, du nom de leur région d’origine ou encore de Gènes, du nom de la ville à partir de laquelle ils étaient auparavant expédiés.
Ces dernières années, ils étaient achetés chez les frères Créa, de Gènes. Mon beau-père, le Rabbi récitait la bénédiction sur l’un de ces Ethrogim.
Vous consulterez les responsa du ‘Hatam Sofer, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 207 et le Chaar Hacollel, du Rav A.D. Lawot, sur le Sidour, au chapitre 37, le Sdeï ‘Hémed, recueil de lois, à l’article Ethrog, principes, à l’article Loulav et ses espèces.
A propos des Ethrogim de Calabre, que nos Sages appellent "Italie de la Grèce", on peut citer aussi le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 67, paragraphe 6, qui dit: "tu résideras dans les lieux les plus riches de la terre: il s’agit de l’Italie de la Grèce". Rachi cite la même version, dans son commentaire de la Torah. Le Rambam enseigne, à la fin des lois des interdits de l’autel: "Le plus riche sera consacré à Dieu" et la Michna, au début du traité Bikourim, ajoute: "On n’apporte pas les fruits poussant au creux des prairies".
Mon beau-père, le Rabbi, m’a dit, à de nombreuses reprises, qu’une rencontre entre deux Juifs doit avoir un effet positif, dans le domaine de la Torah et des Mitsvot, ce qui est bien le cas pour ce qui vient d’être dit. Néanmoins, vous auriez pu obtenir ces précisions en interrogeant les ‘Hassidim de votre ville.
J’ai donc bon espoir que notre échange de lettres aura un apport constructif et vous permettra de fixer une étude de l’enseignement de ‘Habad et une action de plus envers votre prochain. Je vous remercie de me donner de bonnes nouvelles, en la matière.
Avec ma bénédiction et en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Its’hak Tsvi Liberman. (2) De la fête de Soukkot.
Lettre n°591
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°591, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps, j’ai transmis le chèque, comme vous me l’avez demandé et vous trouverez ci-joint le reçu. Je vous joins également le fascicule du 19 Kislev 5710, qui contient la dernière causerie publique de mon beau-père, le Rabbi.
A chaque occasion(2), en particulier le Chabbat et les fêtes, lorsque chacun a plus clairement accès à la spiritualité que pendant le reste de la semaine, nous nous réunissons tous, ceux qui ont eu le mérite d’être ses disciples, attachés à lui, afin de ressentir la présence et l’esprit profond de mon beau-père, le Rabbi, comme l’indiquent le chapitre 27 d’Igueret Hakodech, de l’Admour Hazaken, et son commentaire.
Mon beau-père, le Rabbi, a consacré sa vie au bien de tous et de chacun, en particulier à celui de ses disciples. A n’en pas douter, il continue à distribuer ses bénédictions.
Néanmoins, celles-ci, dans une certaine mesure, sont maintenant différentes de ce qu’elles étaient auparavant. Car, son âme est désormais libérée des limites et des restrictions imposées par le corps. Elle reçoit des élévations successives, ce qui est bien le sens du mot Istalkout(3). Ses bénédictions, qu’elles soient matérielles ou spirituelles, sont donc plus hautes et plus fortes. Il en résulte que celui qui les reçoit doit se rendre apte à les obtenir en réalisant lui-même sa propre élévation.
Tout au long de sa vie, mon beau-père, le Rabbi, nous a montré la voie de l’élévation, non seulement par la pensée, mais aussi de manière concrète. Actuellement, ses lèvres remuent encore, dans ce monde, lorsque l’on y répète ses innombrables enseignements(4), discours ‘hassidiques, causeries, lettres.
En donnant une expression concrète à sa volonté et à son désir, nous forgeons les réceptacles permettant d’obtenir les plus hautes bénédictions, qu’il souhaite nous accorder. La période de la sortie d’Egypte, des limites et des barrières, du compte de l’Omer et du don de la Torah, à Chavouot, fête au cours de laquelle chacun d’entre nous doit se libérer de ses propres entraves, y compris de l’Egypte de la sainteté et, a fortiori, de la logique humaine et de l’âme animale pour se préparer à recevoir la Torah, est particulièrement propice pour l’élévation spirituelle.
Néanmoins, il faut se préserver des duperies du mauvais penchant. Et, ces jours permettront également de recevoir les bénédictions les plus hautes, matérielles et spirituelles à la fois.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav A.Einbinder. (2) Voir la lettre n°583. (3) Qui signifie à la fois décès, retrait et élévation, illumination. (4) Nos Sages enseignent que lorsque l’on étudie une explication, les lèvres du sage qui en est l’auteur remuent dans son tombeau.
Lettre n°592
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°592, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Iyar 5710,
Je vous salue et vous bénis,
Je me suis dit qu’il vous semblera peut-être que l’épreuve est trop forte. En effet, qui sait ce que vous perdrez en acceptant ma proposition?
J’ai donc mentionné votre nom, alors que je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, en souhaitant que vous ayez suffisamment de détermination morale ou que l’on vous accorde les forces nécessaires pour surmonter ce que vous ressentez comme une épreuve, afin que vous puissiez vous rendre compte au plus vite que celle-ci n’est rien, comme l’explique la ‘Hassidout dans sa manière de définir les épreuves.
Je ne vous connais pas personnellement et je ne sais donc quels sont les mots qui exprimeront le plus clairement ma position, afin de vous convaincre et que vous ne me soupçonniez pas de ce qui n’est nullement mon intention. Je parlerai donc simplement et ce sera sans doute la meilleure formulation.
De façon générale, à chaque instant, à chaque action, deux voies se présentent à l’homme, au moins pour ce qui le concerne personnellement et il doit faire le choix d’aller à droite ou à gauche. Combien plus en est-il ainsi lorsqu’il s’agit d’une modification profonde, pour un homme qui assume des fonctions publiques et participe à une oeuvre de portée générale.
Le décès est une élévation vers un stade plus spirituel et le corps doit être entraîné par la tête, puisqu’ils sont liés. Chacun et chacune d’entre nous, qui sommes liés à mon beau-père, le Rabbi, chef du peuple juif, doit donc également connaître l’élévation, vers une plus grande spiritualité, accomplir des actions dont il n’était peut-être pas capable jusqu’alors.
Lettre n°593
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°593, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie pour votre lettre du 22 Nissan, m’annonçant de bonnes nouvelles, le fait que vous enseignez publiquement les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi et vous efforcez de faire appliquer ses enseignements par les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, de sorte que chacun assume son rôle et garde, en particulier, la vigne qui nous est confiée, celle de la diffusion des sources de la ‘Hassidout, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Vous devez, de toutes vos forces, réaliser votre projet d’envoyer des jeunes gens répéter des explications de ‘Hassidout dans différentes synagogues. J’ai été particulièrement sensible à vos efforts pour conduire les élèves d’autres Yechivot à étudier la ‘Hassidout, pour guider les enfants juifs de tous les milieux sur la voie de Dieu, par tous les moyens envisageables et possibles.
Si ces activités entraînent des dépenses, d’un montant moyen, vous voudrez bien nous le faire savoir et nous y apporterons notre participation. Comme vous l’avez demandé, nous vous avons envoyé des conversations avec les jeunes et des Sifrénou, de même que quelques exemplaires du Kountrass Ets ‘Haïm, qui traite de ce sujet(2). A ma demande, madame Horovits vous a adressé dix huit Shekels, pour vos dépenses personnelles.
J’attends de vos bonnes nouvelles, vous souhaite tout le bien et salue les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chmaryahou Na’houm Sosonkin. Voir les lettres n°286, 318 et 617. (2) De la nécessité d’étudier la ‘Hassidout.
Lettre n°594
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°594, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Iyar 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26
Nissan et, conformément à votre demande, j’ai lu votre demande de bénédiction, alors que je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. J’ai également mentionné votre nom dans son bureau, où il accordait des entrevues et donnait des bénédictions.
Vous consultez sans doute des médecins spécialistes et Celui Qui guérit toute chair vous enverra très bientôt une prompte guérison. Et, vous mettrez en pratique avec empressement les directives de mon beau-père, le Rabbi, avec largesse d’esprit.
J’attends de vos bonnes nouvelles, au plus vite. En saluant toute votre communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Je vous joins une brochure qui vient de paraître et que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.
Je suis surpris que vous ayez cessé de rédiger vos mémoires(2). Vous continuerez sûrement à le faire, avec encore plus d’ardeur.
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Qui furent, par la suite, consignées dans son livre, Lechéma Ozen. Voir, à ce propos, les lettres n°566 et 575.
Lettre n°595
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°595, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu ...
Je vous salue et vous bénis,
Il m’a été donné d’apprendre que vous êtes actuellement très émotif, nerveux. Vous avez sûrement entendu de mon beau-père, le Rabbi et étudié, dans ses causeries, ses discours et ses lettres, que le hasard n’existe pas et que tout est effet de la divine Providence. Pour notre part, nous devons nous efforcer de conformer nos actions à la Volonté de Dieu. Qui suis-je pour savoir exactement ce qu’attend la divine Providence? Néanmoins, j’ai eu connaissance de ce fait et mon intervention peut, peut-être, être positive, au moins partiellement. C’est la raison pour laquelle je prends l’initiative de vous écrire cette lettre.
On ne m’a pas dit la raison de votre nervosité, mais il y a tout lieu de penser qu’elle vient de l’insatisfaction que vous inspire votre propre situation. Votre âme divine n’est pas contente de votre état moral et votre âme animale, de votre état matériel. Le corps et le système nerveux s’en ressentent.
Il m’est difficile d’entrer dans le détail sur la manière dont vous décrivez votre situation, telle que vous l’analysez. En effet, je n’ai pas entendu vos arguments de votre propre bouche.
Je me contenterai donc d’une réponse générale, c'est-à-dire de décrire votre état tel que je le perçois. D’après la Torah, vous être concerné plus que moi et mon avis est donc plus objectif que le vôtre. Il est le suivant.
Mon beau-père, le Rabbi vous a placé dans un rayon de lumière, celui de la Torah. Bien plus, il ne s’est pas contenté de cela et vous a également donné le luminaire de la Torah. Vous-même et les professeurs qui travaillent pour vous, êtes des ‘Hassidim, qui étudient la ‘Hassidout abondamment, moyennement ou, tout au moins, quelque peu. Vous insufflez à vos élèves la crainte de Dieu, qui est la finalité de la Torah et des Mitsvot.
Mais, mon beau-père, le Rabbi, ne s’est pas non plus arrêté là et, depuis lors, il vous tient par la main et vous guide, en tout ce qui vous concerne. Vous avez fondé un foyer basé sur la Torah et la Mitsva. Dieu merci, vous avez eu et vous avez encore de quoi assurer votre subsistance et celle des membres de votre famille. Vous avez reçu de mon beau-père, le Rabbi, des bénédictions pour qu’il en soit de même à l’avenir. Bien plus, vous avez même la possibilité de donner largement de la Tsédaka.
Voici donc, globalement, votre situation morale et physique. Dès lors, comment expliquer votre émotion? Parce que tout est accordé et qu’il faut encore faire des efforts? Quelle est cette amertume? Est-ce parce que vous devez entrer en relation avec de simples personnes?
A n’en pas douter, les forces et le temps du Rabbi étaient précieux. Il avait, plus que tout autre, le droit d’exiger. Malgré cela, il a tout supporté, jusqu’au bout.
Dès lors, qui peut se permettre de se plaindre, d’affirmer qu’il ne souhaite pas une telle situation, en conclure qu’il n’est pas capable de l’assumer, qu’il se retire, qu’il est nerveux?
Rav ..., tout cela est-il justifié?
Vous saluerez tous les membres de votre famille, à qui je souhaite tout le bien,
Vous trouverez ci-joint un fascicule qui vient de paraître.
Lettre n°596
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°596, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5710,
Au jeune ‘Hassid, le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre.
Puisse Dieu faire que vous soyez un digne réceptacle pour que se révèlent pleinement en vous toutes les bénédictions, matérielles et spirituelles, que vous a accordées mon beau-père, le Rabbi.
Vous avez sûrement vu, dans le Hayom Yom, à la date du 11 Nissan(1), le comportement qu’il convient d’adopter, au jour de son anniversaire, en particulier celui-ci, puisque vous entrez dans votre vingt deuxième année.
Vous consulterez le traité Kiddouchin 30a, qui évoque cet âge(2). Vous verrez aussi les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 1, à la fin du paragraphe 6, qui cite les deux avis(3). Mais, l’on peut s’interroger, à ce propos(4).
Je conclus en vous accordant ma bénédiction,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Date de l’anniversaire du Rabbi. (2) Rav Houna dit: Celui qui a vingt ans et n’est pas encore marié vit, chaque jour, dans la faute. Peut-on vraiment dire cela? En fait, il vit dans la pensée de la faute. Rava, et un même enseignement fut donné dans la Yechiva de Rabbi Ichmaël, dit que, jusqu’à vingt ans, le Saint béni soit-Il attend qu’un homme se marie. S’il atteint cet âge et ne l’a pas fait, Il dit: que ses os se tordent. Rav ‘Hisda dit: Je surpasse mes amis parce que je me suis marié à seize ans et, si je l’avais fait à quatorze, j’aurais pu défier le mal. Rabba dit à Rav Nathan Bar Ami: Marie ton fils pendant qu’il t’écoute encore, c'est-à-dire entre seize et vingt deux ans ou, selon un autre avis, de dix huit à vingt quatre ans. Une même discussion oppose les Sages de la Michna, Rabbi Yehouda et Rabbi Né’hémya, au sujet du verset: éduque l’enfant selon sa voie. L’un dit: de seize à vingt deux ans et l’autre: de dix huit à vingt quatre ans. (3) Si un fils peut étudier la Torah et ne le fait pas, le père, s’il en a la possibilité doit l’y contraindre. Il doit aussi lui faire adopter un comportement vertueux et lui insuffler la crainte de Dieu, dans toutes ses voies et dans tous ses comportements, tant qu’il conserve son autorité sur lui, c'est-à-dire, selon le traité Kidouchin 30, jusqu’à vingt quatre ans, ainsi qu’il est dit: éduque l’enfant selon sa voie. Pour qu’il adopte un bon comportement toute sa vie, il faut lui donner une bonne éducation quand il est jeune, c'est-à-dire de seize à vingt quatre ans. Avant seize ans, il n’accepte pas les reproches. Ceux-ci, en outre, ne doivent pas être multipliés et, au delà de vingt quatre ans, on peut craindre qu’il se révolte. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°246, 663 et 763.
Lettre n°597
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°597, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav A.H.
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint un fascicule qui vient de paraître. Vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre et le mérite de tous en dépend.
Nous sommes actuellement au milieu de la période de l’Omer. Il est possible de déduire de toute chose un enseignement pour le service de Dieu. Celui-ci est d’autant plus important qu’il s’agit, en l’occurrence, d’une Mitsva.
Le compte de l’Omer souligne, entre autres choses, à quel point le temps est précieux. C’est pour cela qu’il faut le garder et le compter. Et, si, un jour, on ne le fait pas, ce n’est pas seulement cette journée qui est perdue, mais aussi les jours et les semaines qui la suivent. En revanche, lorsque l’on compte une journée, on peut encore bénir les jours et les semaines à venir.
Et nous bénissons notre Dieu, qui est notre force et notre vitalité, Roi du monde, Qui le dirige. Il peut donc donner et donnera effectivement tout le bien à ceux qu’Il appelle Mon fils aîné, Israël.
Ceci est vrai pour chacun, mais concerne encore plus clairement ceux qui exercent une influence sur un grand nombre de personnes, dont les actions ont un retentissement sur beaucoup de Juifs. Cet enseignement
s’applique tout particulièrement à ceux qui ont su exercer cette influence avec succès. Ceux-là doivent savoir tirer profit de chaque occasion et même en susciter de nouvelles pour renforcer la Torah, le Judaïsme, la diffusion de la Torah et de la ‘Hassidout. Mon beau-père, le Rabbi, a donné l’assurance qu’un effort n’est jamais consenti en vain.
Je conclus en saluant tout ceux qui reçoivent votre influence, en souhaitant un prompt rétablissement à votre épouse et la réussite dans votre mission consistant à répandre la lumière autour de vous.
Rav Mena’hem Schneerson,
Vous trouverez ci-joint deux reçus.
Lettre n°598
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°598, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule qui vient de paraître. Vous voudrez bien le mettre à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux(2).
Vous savez que l’influence accordée à l’élément qui reçoit par celui qui donne a pour but de donner naissance à un fruit. Pour cela, cette influence doit descendre, d’une étape vers l’autre et se modifier, jusqu’à ce que la naissance soit effective, jusqu’à ce qu’elle donne des fruits, qui en porteront d’autres, à leur tour.
Il faut, pour cela, traverser les neuf forces de l’âme, tout comme, de manière physique, on passe neuf étapes, qui sont neuf mois dans ce monde et neuf heures, dans le monde futur, lorsqu’une femme enfantera chaque jour, comme l’écrit l’Admour Hazaken, dont l’explication est reproduite et commentée par le Pirouch Hamilot, du Tséma’h Tsédek, à la fin de Yehi ‘Hevod.
Voici ce que dit le Tséma’h Tsédek, pour ce qui concerne notre propos: A mon humble avis, la gestation dure neuf mois, car les mondes de Brya, Yetsira et Assya, ceux de l’existence effective, ne sont nullement comparables à celui d’Atsilout. Aussi, pour que l’influence puisse s’exercer dans le monde de Brya, elle doit d’abord passer par les neuf stades d’Atsilout(3), faute de quoi elle connaîtrait la chute, en parvenant ici-bas, du fait de l’emprise des forces du mal.
Lettre n°599
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°599, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Après le 10 Iyar 5710]
Vous m’interrogez sur l’expression suivante que j’employais dans ma lettre(1): de la manière qui convient le mieux(2). Vous me demandez quelle est sa signification.
Ce que je voulais dire est très simple. Les discours ‘hassidiques et les fascicules, qui sont rédigés en Hébreu, ont parfois un contenu et une formulation difficiles pour une partie de ceux qui côtoient le destinataire. Je précise donc de la manière qui convient le mieux afin de souligner que ces textes ne lui sont pas envoyés uniquement pour être mis à la disposition de ceux qui les comprennent, mais qu’ils doivent aussi être confiés à ceux qui ont besoin d’une présentation différente pour en saisir la portée et doivent recevoir des explications en Yiddish ou dans la langue du pays.
Notes
(1) Il s’agit de la lettre précédente. (2) C’est ainsi que devait être diffusé le fascicule joint à cette lettre.
Lettre n°600
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°600, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Après le 10 Iyar 5710]
Vous m’interrogez sur ma lettre du 10 Iyar(1), qui rapportait l’explication du Tséma’h Tsédek à propos des mondes d’Atsilout, Brya, Yetsira et Assya, soulignant que l’influence accordée à ces derniers est retenue dans l’Attribut de Mal’hout du monde d’Atsilout. Vous en déduisez que l’évolution se fait au sein même du monde d’Atsilout, c'est-à-dire de l’élément qui donne, avant même que cette influence ne parvienne à l’élément qui reçoit.
De fait, le Tséma’h Tsédek choisit l’image de la gestation pour décrire la relation entre les éléments masculin et féminin. Mal’hout, du monde d’Atsilout, est, en ce sens, la source des créatures et l’origine de Brya, Yetsira et Assya, c'est-à-dire de l’élément qui reçoit. Le Tséma’h Tsédek parle bien de: Mal’hout, l’Attribut de Royauté, qui est à l’origine de Brya, Yetsira et Assya. Et le Torah Or, à la fin de la Parchat Terouma, confirme que Mal’hout est, en Atsilout, l’origine de Brya, Yetsira et Assya.
De même, vous me demandez quelle est la relation entre tout cela et le décès.
Celle-ci a été expliquée. En effet, trois mois se sont écoulés entre le décès et le 10 Iyar. Jusqu’à la date du décès, l’influence du Rabbi était accordée de manière évidente. Depuis cette date, elle est dispensée sous une forme plus élevée et elle reçoit ainsi une dimension nouvelle. En effet, les Justes sont plus grands...(2). L’influence qu’ils accordent l’est donc également.
Pour établir le bilan de ce qui a été obtenu jusqu’au décès, trois mois sont physiquement nécessaires, afin que l’enfant soit reconnaissable. Cette reconnaissance doit donc intervenir, au plus tard, le 10 Iyar, même s’il ne s’agit pas encore de la naissance effective de ce qui a découlé des bénédictions accordées par mon beau-père, le Rabbi, alors qu’il vivait encore dans ce monde.
Je dis bien au plus tard, pour souligner qu’il ne s’agit pas nécessairement de trois mois complets. De plus, celui qui accorde l’influence peut parfois le faire sans que celui qui la reçoit n’ait à la conserver durant neuf mois. Dès lors, la reconnaissance peut intervenir avant la fin des trois mois. En effet, une partie de la modification nécessaire pour recevoir l’influence(3) a déjà été réalisée par celui qui l’accorde.
Il n’est pas nécessaire que chaque influence soit systématiquement reçue de la manière la plus profonde, de sorte que quarante ans soient nécessaires au disciple pour percevoir l’enseignement de son maître. De nombreuses fois, c’est effectivement le cas, mais l’on ne peut considérer que le disciple doive attendre quarante ans pour chaque mot, chaque phrase qu’il recueille de son maître.
C’est également le cas pour ce qui fait l’objet de notre propos.
Notes
(1) La lettre n°598. (2) Après avoir quitté ce monde que de leur vivant. (3) Après le décès, compte tenu des modifications que celui-ci lui a fait subir.
Lettre n°601
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°601, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Pessa’h Cheni 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer. La largesse est digne de bénédiction et vous le mettrez donc à la disposition du plus grand nombre.
La ‘Hassidout explique la signification de Lag Baomer, qui correspond à l’Attribut Hod de Hod, c'est-à-dire à la barrière, à la rupture, au monticule(2) dressé entre Atsilout, d’une part, Brya, Yetsira et Assya, d’autre part, mais aussi à la frontière, au monticule(2) entre Atsilout et ce qui le dépasse.
Ces deux barrières ont pour objet d’empêcher deux formes d’emprise exercées par les forces du mal, celle qui résulte d’un grand nombre de voiles successifs et celle qui est possible parce que la Lumière ne fait qu’entourer, à distance, transcendant les actions des créatures et permettant à tous de recevoir.
C’est donc à Lag Baomer que les disciples de Rabbi Akiva cessèrent de mourir, car cette barrière disparut devant leur accusateur.
Et, il en est encore ainsi, à l’époque actuelle. Mais, lorsque le Machia’h viendra, Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre et nos Sages disent, à ce propos, dans le Midrach Kohelet Rabba 1, 4: J’ai coupé et Je ferai disparaître cette coupure. J’ai coupé en introduisant une séparation entre les créatures célestes et terrestres, puisque les premières sont éternelles et les dernières, mortelles. Mais, dans le monde futur, Je ferai disparaître cette coupure. Alors, la séparation introduite par ce monticule deviendra totalement inutile.
Rabbi Chimeon Ben Yo’haï est à l’origine de la révélation des secrets de la Torah. Il réalisa donc la transformation de cette séparation, mais ce qu’il accomplit ne se révélera pleinement que dans le monde futur. Il portait en lui la lumière la plus parfaite, celle du Machia’h.
Vous consulterez, à ce propos, la porte de Lag Baomer, dans le Sidour, au discours intitulé ce monticule portera témoignage, avec son commentaire et le discours intitulé L’homme doit prononcer une bénédiction, de 5638(3), à partir du paragraphe 25.
Nos Sages nous ont révélé de quelle façon quitter l’exil et accéder à la période messianique. Ils expliquent que les Juifs goûteront l’arbre de vie(4), c'est-à-dire le Zohar, grâce auquel ils seront libérés de l’exil dans la miséricorde. Et le Machia’h a indiqué à notre maître, le Baal Chem Tov, qu’il viendrait lorsque ses sources se répandraient à l’extérieur.
Mon beau-père, le Rabbi a longuement commenté cette réponse. Il a dit que l’enseignement du Baal Chem Tov est le réceptacle contenant la lumière de la révélation du Machia’h. Les commentaires du Baal Chem Tov et l’effort du service de Dieu nécessaire pour transformer sa personnalité se répandront, au final. Tous reconnaîtront la vérité et ceux qui se trouvent à l’extérieur seront également sauvés par l’abnégation dont firent preuve leurs parents et leurs grands-parents.
Vous consulterez, à ce propos, le Zohar, tome 3, page 124b, la lettre du Baal Chem Tov décrivant l’élévation de l’âme qu’il connut en 5507(5) et la causerie de Sim’hat Torah 5690(6).
Nous devons avoir pleinement conscience que chaque action, chaque effort pour diffuser les sources(7) à l’extérieur permet d’illuminer la pénombre de l’exil, hâte la venue et la révélation du Machia’h. Les mots manquent pour dire à quel point un instant de plus en exil est douloureux, un instant de plus en présence du Machia’h est précieux.
Lorsque se révélera notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen, le Saint béni soit-Il fera disparaître la barrière séparant les créatures célestes des créatures terrestres, qui a été précédemment définie. Alors, ils se réveilleront et se réjouiront ceux qui reposent sous terre et mon beau-père, le Rabbi, qui nous a montré la voie de l’élévation, sera à notre tête, à la tête de tous ses disciples, ses ‘Hassidim, ceux qui sont liés à lui et conservent une relation avec lui. Il leur fera quitter l’étroitesse et les conduira vers la largesse divine, lors de la délivrance véritable et complète.
En vous saluant et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à différentes personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) En Hébreu Gal, terme dont la valeur numérique, trente trois, désigne le trente troisième jour de l’Omer. (3) 1878, du Rabbi Maharach. (4) L’enseignement ésotérique de la Torah. (5) 1746, pour rencontrer l’âme du Machia’h, qui lui fit alors cette réponse. (6) 1929, du précédent Rabbi. (7) De l’enseignement du Baal Chem Tov.
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