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Iguerot Kodesh — lettres 562 à 581

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°562

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°562, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar 5710,

Au distingué ’Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos questions personnelles(2):

A mon humble avis, vous devez réjouir les mariés avec des mélodies ‘Habad. Nos Sages expliquent le mérite que l’on s’acquiert en les réjouissant et puissions-nous obtenir, très bientôt et de nos jours, la voix du fiancé et celle de la fiancée et que Dieu réjouisse l’un et l’autre.

On sait que les maîtres de la ‘Hassidout et, en particulier, le Rabbi Maharach, d’après ce que j’ai entendu, ajoutaient, lorsqu’ils prononçaient un discours ‘hassidique, quelques mots qui s’adressaient uniquement à certaines personnes. Chacun entendait uniquement ce qui le concernait. Mais, le Rabbi(3) demanda à son père de pouvoir entendre également ces mots-là et cela lui fut accordé. C’est ce que m’a rapporté mon beau-père, le Rabbi.

Dans le discours qu’il a donné pour le jour de son décès, le Rabbi dit également des mots merveilleux et, à mon humble avis, la réponse à la question que vous posez s’y trouve, au début du paragraphe 5. Vous percevrez donc le sens profond de ce paragraphe et vous en ferez part aux mariés et à tous les invités.

Je conclurai en adressant aux mariés ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Que leur union soit fructueuse et qu’ils bâtissent un foyer juif, qu’ils soient bénis d’enfants intègres, de sorte que ce foyer soit, à l’évidence, un édifice éternel.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov. Voir la lettre n°440. (2) Portant sur le mariage de sa fille avec le Rav Chalom Dov Ber Pevsner, le 11 Adar, pendant la période du deuil de Rabbi Yossef Its’hak. (3) Rachab, fils du Rabbi Maharach.

Lettre n°563

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°563, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Trente jours après le décès de

mon beau-père, le Rabbi(1),

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Le Rav Alter Hilevitch(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 20 Chevat et je vous remercie pour vos condoléances.

Il est encore difficile d’écrire et de répondre aux lettres, en particulier pour évoquer le décès, car qui nous consolera et comment serons-nous consolés?

Néanmoins, qui d’entre nous peut savoir ce que Dieu ne nous a pas révélé? Ce que nous savons, c’est que chaque Juif est un travailleur du jour, selon l’interprétation du Tséma’h Tsédek, expliquée dans la causerie de Sim’hat Torah 5696(3), c'est-à-dire quelqu’un dont la mission consiste à éclairer.

En ce sens, les descendants des ‘Hassidim ont une responsabilité toute particulière, puisqu’ils sont sollicités les premiers. Ils possèdent pleinement les moyens de mener à bien la mission qui leur est confiée, car le mérite de leurs ancêtres leur vient en aide.

Vous trouverez ci-joint la causerie du 19 Kislev 5710, la dernière prononcée publiquement avant le décès.

En vous bénissant et en vous saluant,

M. Schneerson,

Dans votre lettre précédant celle-ci, vous demandiez pourquoi l’on ne mentionne pas la bénédiction des Cohanim dans le service de Dieu de Yom Kippour et pourquoi le Nom de Dieu figurant dans cette bénédiction n’est pas cité parmi ceux que le Grand Prêtre prononçait, en ce jour.

A mon humble avis, on peut dire simplement que cette pratique n’était pas modifiée par rapport aux autres jours. Tous les Cohanim se trouvant dans le Temple disaient une bénédiction, à Yom Kippour, mais ils n’apportaient pas tous l’offrande des pains.

C’est pour la même raison que l’on ne parle pas du Chema Israël et de la prière récités à Yom Kippour, au début du cinquième chapitre du traité Tamid.

La période ne me permet pas de développer cette explication.

Notes

(1) Soit le 10 Adar. (2) Voir la lettre n°453. Sur le contenu de la présente lettre, voir également la lettre n°560. (3) 1935, du précédent Rabbi.

Lettre n°564

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°564, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Trente jours après le décès de

mon beau-père, le Rabbi(1),

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre,

avec abnégation, aux besoins communautaires,

le Rav Y.Maizel,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie, au nom de toute la famille et en mon nom propre, pour votre lettre du 19 Chevat et pour vos propos de condoléances et de sympathie.

Vous connaissez sans doute l’affirmation de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle la matérialité d’un Juif est spirituelle. L’Admour Hazaken écrit, dans son développement, au chapitre 27 d’Igueret Hakodech, que seul un grand amour de Dieu(2) permet de révéler cette spiritualité.

Emettons donc le souhait qu’en nous tenant tous proches, en étant animés d’un sincère et grand amour, nous puissions obtenir la force de réaliser les actions désirées par mon beau-père, le Rabbi et de les mener à bien.

Je conclus en souhaitant que la sagesse se multiplie avec l’âge et que, tous ensemble, nous connaissions la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Soit le 10 Adar. (2) Dépassant les limites du monde.

Lettre n°565

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°565, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Trente jours après le décès de

mon beau-père, le Rabbi(1),

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav ...,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du mercredi 5 Adar.

Concernant votre voyage et votre installation, il me semble que vous devriez réunir trois bons amis et leur décrire votre situation par le détail. Leur décision sera la meilleure pour vous, matériellement et spirituellement(2).

Dans la mesure du possible, il serait bon que ces trois personnes et, bien entendu, vous-même, avant cette discussion, récitiez un chapitre de Tehilim et appreniez un passage du discours ‘hassidique du 10 Chevat.

Aujourd’hui même, à l’occasion des trente jours, je me suis rendu auprès du tombeau et j’ai mentionné votre nom, pour une issue positive.

Avec ma bénédiction,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Soit le 10 Adar. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°717. Le Rabbi Rachab, par ailleurs, donne le même conseil, attribuant cette pratique au Baal Chem Tov.

Lettre n°566

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°566, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Adar 5710,

A l’honorable et distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav I(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu, en son temps, la causerie du 19 Kislev et vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Pourim. Vous le mettrez sûrement à la disposition de tout votre entourage.

La causerie imprimée dans ce fascicule(2), de même que celle de Chouchan Pourim 5700(3), mentionnent le commentaire du Tséma’h Tsédek sur le verset(4) Avraham était unique: Avraham sut faire apparaître en toute chose l’unité de Dieu. Il devint ainsi l’homme de l’unité.

En d’autres termes, l’unité, dans un premier temps, éclaira Avraham tout en restant distincte de lui, se contentant de lui apporter la clarté, bien plus l’introduisant dans tout ce qui le concernait. Puis, l’un et l’autre ne formèrent qu’une seule et même entité, de sorte que Avraham devint l’homme de l’unité.

Le Rambam, au début du cinquième chapitre de ses lois des opinions, note que le sage est reconnaissable par son intelligence et ses connaissances, qui le distinguent des autres, mais aussi par ses actions, sa façon de manger, de boire, de s’unir à son épouse, de satisfaire ses besoins, de parler, de marcher, de s’habiller, de structurer son discours et de faire du commerce. Ainsi, après avoir cité ses actions, il en détaille dix, mais ce point ne sera pas commenté ici.

En tout état de cause, une comparaison est faite, de cette manière, entre ce qui rapproche le sage des autres et ce qui l’en distingue, c'est-à-dire entre la sagesse, qui est l’essence de lui-même et ses actions, en apparence superficielles.

Il en va de même pour l’exigence des maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad envers ceux qui leur sont attachés. Ceux-là doivent être des ‘Hassidim, c'est-à-dire non seulement des hommes et des femmes qu’éclaire la lumière de la ‘Hassidout, mais aussi qui font corps avec elle et avec les comportements ‘hassidiques, jusqu’à ne former qu’une seule et même entité.

Les Justes, en particulier ceux qui dirigent le peuple d’Israël, sont à l’image de leur Créateur, selon le Midrach Esther Rabba, au chapitre 41. Et, tout comme Dieu n’exige qu’en fonction des forces dont l’homme dispose, tout comme Il accorde Lui-même ces forces, nos maîtres en ont également distribué à chacun d’entre nous. Ainsi, avec l’effort qui convient, nous pourrons satisfaire leurs exigences.

Tout cela dépend de chacun et de chacune d’entre nous.

Les bénédictions des Justes, en général et celles du chef, dirigeant notre génération, mon beau-père, le Rabbi, en particulier, sont encore présentes et exercent leur effet. Ainsi, nos efforts seront couronnés de succès et nous serons des ‘Hassidim comme nos maîtres l’entendent.

En vous bénissant et en vous saluant,

M. Schneerson,

*

*

*

Vous transmettrez ma bénédiction et mon salut à toute votre communauté. Vous même et, de façon générale, les ‘Hassidim âgés, devez en renforcer les membres, sans tenir compte de leur état d’esprit, car chaque instant compte et vous portez la responsabilité de tout cela.

Il n’y a donc pas de temps pour se lamenter(5) et une action est préférable à ...(6).

J’ai bien reçu votre lettre du 6 Adar, avec les listes qui y étaient jointes. Tout cela a été transmis. Les reçus seront expédiés ces jours-ci, comme vous l’avez demandé.

*

*

*

Vous transmettrez ma bénédiction et mon salut à tous vos disciples, afin de recevoir, par son intellect, l’enseignement de ‘Habad, par ses sentiments, les pratiques ‘hassidiques et, dans l’action concrète, des réalisations positives.

*

*

*

Vous transmettrez ma bénédiction et mon salut à votre entourage, auquel vous devez apporter, par l’intellect, la lumière de l’enseignement de ‘Habad, par les sentiments, les pratiques ‘hassidiques, par l’action concrète, des réalisations positives et le Maamad(7), car le début du processus est lié à la fin et la fin, au début.

*

*

*

Vous transmettrez ma bénédiction et mon salut à tous ceux en qui vous devez mettre en éveil la profondeur de la personnalité en leur apportant, par l’intellect, la lumière de l’enseignement de ‘Habad, par les sentiments, les pratiques ‘hassidiques et, par l’action concrètes, des réalisations positives.

Vous poursuivrez sans doute l’envoi de vos mémoires(8).

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Celle de Pourim 5704-1944. (3) 1940, du précédent Rabbi. (4) Yé’hezkel 33, 24. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°560. (6) Mille plaintes. (7) Voir, à ce propos, les lettres n°513, 520, 548, 557. (8) Ce paragraphe a été ajouté à la lettre envoyée au Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir, à son propos, la lettre n°414. Ces mémoires ont été édités dans un ouvrage intitulé Lechéma Ozen.

Lettre n°567

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°567, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Adar 5710,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 5 Adar, de même que celle qui était adressée à mon épouse. En son nom et au mien, je voudrais vous remercier pour vos paroles, pour la manière dont vous partagez notre peine à tous, qui est également la vôtre.

Rabbenou Yona explique, au troisième chapitre du traité Bera’hot, que la consolation des endeuillés est une Mitsva de la Torah et que les endeuillés peuvent se consoler entre eux(2).

Une telle affirmation est, a priori, surprenante. Comment un endeuillé pourrait-il en consoler un autre alors qu’il se trouve lui-même dans le même état?

En fait, il s’agit de montrer à l’endeuillé qu’il n’est pas seul, dans sa peine, qu’une seconde, qu’une troisième personne désirent le consoler, mais que la douleur est si grande qu’ils n’y parviennent pas. Cela même est une consolation.

Vous connaissez la lettre de condoléances de l’Admour Hazaken, dans laquelle il dit que l’esprit de celui qui vient de quitter le monde se trouve encore en nous, bien plus, se révèle dans ce monde encore plus clairement que de son vivant. On peut donc le recevoir en se liant à ses pratiques.

Or, le point central de son enseignement était la participation de chacun et de chacune à son oeuvre, en étant proches et unis par l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour du peuple juif.

Je suis convaincu que vous suivrez encore cette voie et, bien plus, le ferez avec encore plus de puissance et de force, car tel est le besoin du moment.

Je conclus comme je terminais mon introduction au fascicule(3) en soulignant que mon beau-père, le Rabbi continue à assumer sa mission, comme il l’a fait jusqu’à maintenant.

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Yossef Flyer. Voir la lettre n°476. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°582. (3) Voir la lettre n°561.

Lettre n°568

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°568, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Adar 5710,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav M.Lipsker(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du lundi de la Parchat Tetsavé, me signifiant votre accord(2) pour développer une action éducative en Afrique du Nord, conformément à la volonté de mon beau-père, le Rabbi.

En conséquence, vous voudrez bien prendre contact avec le ‘Hassid, Rav B.G.(3). Je lui écris moi-même, à ce sujet, de sorte que l’action puisse commencer le plus vite possible. En effet, d’après les informations dont nous disposons, la situation en Afrique du Nord est telle que chaque jour perdu est dommageable.

Vous consulterez le fascicule de Pourim, que je vous joins, au paragraphe 11. Mon beau-père, le Rabbi, y explique que Le roi est élu par le peuple et le dépasse. Pour vaincre son ennemi, il est prêt à dilapider les trésors les plus cachés, accumulés au fil des générations. Bien plus, il accepte de donner sa vie. Il le fait pour les soldats, qui obtiennent la victoire de manière effective.

Il y a donc bien là une allusion, qui nous explique clairement ce qui s’est passé, un enseignement de portée générale, indiquant la voie que nous devons suivre, l’assurance, clairement exprimée, qu’ont été révélés pour nous les trésors les plus cachés, accumulés pendant de nombreuses années, à chaque génération. En effet, nous sommes les soldats et nous obtiendrons la victoire.

Ce qui vient d’être exposé se passe de tout commentaire. C’est une évidence et, lorsqu’on l’acceptera, on la verra de ses yeux, comme l’explique cette causerie, au paragraphe 14.

Vous assumerez donc la mission qui vous est confiée et vous connaîtrez la réussite, comme le désirait mon beau-père, le Rabbi.

J’attends de vos bonnes nouvelles,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Mi’haël Lipsker. Voir la lettre n°559. (2) Voir la lettre n°558. (3) Le Rav Binyamin Gorodetski, directeur du bureau d’aide aux réfugiés, à Paris.

Lettre n°569

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°569, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Adar 5710,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav B.G.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu une lettre du ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Mi’haël Lipsker. Celui-ci me fait savoir qu’il est prêt à accéder à la requête de mon beau-père, le Rabbi et à commencer son action éducative en Afrique.

Je vous joins une copie de la réponse que je lui ai faite(2). Il va sûrement s’adresser à vous et vous voudrez bien mettre au point les détails avec lui, en fonction des grandes lignes que nous avons arrêtées ici. Vous vous efforcerez de mettre cette action sur pieds au plus vite.

J’ai bien reçu le télégramme à propos de Dalith, qui concerne vraisemblablement de grandes Mezouzot(3), mais l’homme ne s’est pas encore présenté.

En vous souhaitant tout le bien,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Binyamin Gorodetski. Voir les lettres n°572, 578*, 585*, 607, 620. (2) Voir la lettre précédente. (3) C'est-à-dire une somme importante.

Lettre n°570

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°570, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 20 Adar 5710,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, ...

Je vous salue et vous bénis,

Le ‘Hassid, Rav M.H. A. Hadakov(1) m’a fait part de la situation difficile à laquelle vous êtes confronté et m’a dit à quel point vous êtes conscient de la nécessité d’exercer une influence positive sur votre famille et votre entourage.

Vous savez ce que demandait mon beau-père, le Rabbi, à tous ceux qui étaient liés à lui et, a fortiori, à ceux qui ont été ses disciples. Il voulait qu’ils soient des lumières destinés à éclairer et il ne se contentait pas de le demander. Il suscitait de son esprit et apportait les forces pour que, avec l’effort qui convient, on puisse satisfaire à cette requête.

Il dépend de chacun de nous de faire pleinement usage de ces forces, même si cela exige parfois un sacrifice et un effort.

Lorsque le travailleur se trouve dans une situation normale(2), nos Sages nous préviennent et nous mettent en garde, soulignant qu’il manque d’empressement. Combien plus est-il nécessaire de le prévenir lorsqu’il peut se tromper, ce qu’à Dieu ne plaise et considérer que seulement dans le passé, un Juste, dirigeant la génération, a apporté la vitalité à tous ceux qui étaient liés à lui, selon le chapitre 27 d’Igueret Hakodech.

Même lorsque l’année est normale, nos Sages nous préviennent que "la journée est courte". Combien plus est-ce le cas lorsque l’année elle-même est courte, après le retrait des Justes qui ne sont pas remplacés, comme le dit le Yerouchalmi Bera’hot 2. Vous consulterez aussi le Midrach E’ha Rabba 1, 37.

En temps normal, la tâche d’illuminer par l’intermédiaire de la Torah est importante. Combien plus l’est-elle lorsque le soleil, celui du Juste, se couche, selon l’expression du traité Moéd Katan 28b, lorsque l’obscurité et la pénombre s’installent dans le monde. L’activité et la responsabilité des travailleurs sont alors bien plus importantes.

Mon beau-père, le Rabbi, a souligné que nous ne serions pas sauvés par nos gémissements(3), ni par le désespoir, ce qu’à Dieu ne plaise, la tristesse ou la faiblesse. Ce n’est pas ainsi que l’on quittera l’étroitesse et la peine pour retrouver la largesse et la clarté.

Notre but et notre objectif sont des résultats concrets, des pensées, des paroles et des actions positives. Selon l’expression du Rabbi, "le coeur doit convaincre le cerveau, pour qu’il en résulte une action concrète".

Chaque ‘Hassid, élève de la Yechiva, personne attachée à mon beau-père, le Rabbi, animé par son esprit, doit suivre un chemin tracé et il reçoit une mission spécifique. Il doit méditer aux enseignements qu’il a personnellement reçu de lui ou bien à ceux qui sont exprimés dans ses discours, ses causeries, ses lettres, intensifier son ardeur à les mettre en pratique, à les approfondir, à mettre en évidence leur aspect véritable.

La Torah (Zohar, tome 3, page 71b) nous a fait savoir que "le Juste qui quitte ce monde s’y trouve encore plus que de son vivant".

En suivant le droit chemin qu’il a tracé pour nous, en s’attachant à lui, en s’approchant de lui, nous serons doublement consolés. Alors, s’accompliront les termes de la promesse "consolez, consolez Mon peuple... car son armée sera puissante... toute plaine s’élèvera" (Ichaya 40). En effet, "toux ceux qui sont humbles et bas, c'est-à-dire les Juifs, connaîtront l’élévation", selon le Zohar, tome 3, page 280a.

Alors, mon beau-père, le Rabbi, sera à notre tête et nous conduira fièrement vers notre Terre Sainte, ainsi qu’il est dit: "Il s’avance parmi les chefs du peuple, accomplissant la Justice de Dieu et Ses jugements, envers Israël".

En vous bénissant, en vous saluant et en espérant recevoir de vos bonnes nouvelles,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Mendel ‘Haïm Aïzik ‘Hadakov, directeur du secrétariat du précédent Rabbi, puis du Rabbi. (2) La fin de cette lettre est identique à celle de la lettre n°560.

Lettre n°571

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°571, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5710,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav E.Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint la liste que vous m’avez adressée et sa copie, qui peut vous servir. Je vous en remercie encore une fois.

Vous connaissez sans doute le lien entre la bénédiction des Cohanim et l’interprétation positive des rêves(2). C’est pour cela qu’on dit alors le Ribono Chel Olam et combien plus cela concerne-t-il le rêve du Cohen lui-même.

A cette occasion, je voudrais vous rappeler encore une fois la nécessité et la grande importance de convaincre nos amis, en général et monsieur Stolman, en particulier, de mener une action concrète au profit du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, dont la situation est chaque jour plus critique. Or, notre oeuvre doit se poursuivre de la manière la plus exhaustive, conformément à la volonté et au désir de mon beau-père, le Rabbi, comme vous-même le savez parfaitement.

A

cette occasion, je voudrais vous communiquer une bonne nouvelle. Selon les instructions de mon beau-père, le Rabbi, avant son décès, nous venons d’introduire un sérieux programme éducatif à Marseille, en France, où se trouvent d’importants camps de transit pour les jeunes immigrant d’Afrique du Nord vers Erets Israël(3).

Ce programme inclut différentes activités qui renforcent le Judaïsme et la bonne éducation, qui satisfait les différents besoins, Tsitsit, Tefilin, livres d’étude. Nous pensons maintenant développer ces activités directement dans les pays d’Afrique du Nord, desquels proviennent ces enfants(4).

Ainsi, vous pouvez être certain que ce que vous avez dit au Rabbi, Depuis votre départ, nous avons déjà réalisé quelque chose, correspond à la réalité.

J’attends maintenant de vos bonnes nouvelles au plus vite.

Je vous salue et souhaite tout le bien aux membres de votre famille. Je suis certain que vous ne m’en voudrez pas.

Notes

(1) Le Rav El’hanan Cohen, également appelé Alexandre Kowen. Voir la lettre n°458. (2) Comme l’indique le paragraphe imprimé dans le Sidour, Ribono Chel Olam, qui est alors récité. Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°572, 587, 607. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°559.

Lettre n°572

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°572, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Adar 5710,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav B.G.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 16 et du 17 Adar, avec les comptes et la liste des enfants d’Afrique du Nord(2). Je vous en remercie.

Entre-temps, vous avez sans doute reçu ma dernière lettre(3), avec la copie de celle que j’ai adressée au Rav Mi’haël Lipsker(4), qui a accepté cette tâche. Vous vous êtes sans doute déjà entretenu, à ce propos. Vous voudrez bien lui demander d’agir au plus vite et lui venir en aide, avec l’aide de Dieu, pour obtenir un visa.

Monsieur Its’hak Chalom, directeur d’Otsar Hatorah, a accepté que cette institution prenne financièrement en charge nos écoles en Afrique du Nord, lorsqu’elles seront créées et fonctionneront. Nous ne sommes pas encore rentrés dans les détails, mais il demandera vraisemblablement que le nom de leur institution soit maintenu. Vous voudrez bien me communiquer votre avis, en la matière, de façon générale et dans le détail.

Je ne connais pas précisément la situation du Rav C.Matusof. Vous m’avez dit lui avoir promis qu’il n’y aurait pas d’intervention de ma part pour le maintenir(5) et je ne lui ai donc pas écrit, à ce propos. Néanmoins, je suis très surpris car, même si cela était d’emblée convenu avec lui, pourquoi a-t-il abandonné ses fonctions, qui sont importantes et qu’il assumait avec succès? Il va maintenant partir, à l’aveuglette, chercher une autre mission, dans un autre endroit, abandonnant le réceptacle qui contient et attire la bénédiction de mon beau-père, le Rabbi, lequel détient encore le sceptre divin lui permettant de révéler la manne, le puits et les colonnes de nuée, matériels et spirituels, pour tous ceux qui restent liés à lui et adoptent les pratiques qu’il nous a enseignées, avec encore plus de force.

En vous souhaitant tout le bien et en saluant tous les vôtres,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Binyamin Gorodetski. Voir la lettre n°569. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°559 et 571. (3) La lettre n°569. (4) La lettre n°568. (5) A Marseille, où le Rav Chlomo Matusof était responsable du programme éducatif dans les camps de transit. Voir, à ce propos, la lettre précédente. Voir également la lettre n°587.

Lettre n°573

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°573, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar 5710,

Brooklyn, New York(1),

Le 2 Nissan présente deux aspects. C’est, tout d’abord, la Hilloula du Rabbi Rachab. En conséquence(2), c’est également la date à laquelle son fils unique, mon beau-père, le Rabbi, devint le dirigeant et le chef de notre génération.

Chaque année, ces événements, lorsque revient leur date, se produisent de nouveau(3). Il est aisé au sage de comprendre que trente ans sont passés(4), c'est-à-dire trente 2 Nissan, de 5680 à 5710(5). Il a donc connu des élévations successives, franchi trente degrés(6).

Nos Sages expliquent que les Justes, après leur décès, poursuivent leur élévation. Et, un Juste qui quitte ce monde se trouve dans tous les mondes à la fois, y compris dans celui-ci, plus que de son vivant. Les bénédictions qu’il accorde à ceux qui sont attachés à lui sont d’autant plus importantes. Ceux-ci, pour les recevoir, doivent forger des réceptacles beaucoup plus raffinés.

C’est encore plus clairement le cas, lorsque revient cette date, le 2 Nissan. Quiconque est lié à mon beau-père, le Rabbi, doit alors raffermir son attachement à lui, selon les voies qu’il nous a enseignées dans ses lettres, ses causeries et ses propos, avec encore plus de détermination.

Il faut méditer et fixer dans son esprit que le berger, notre chef, mon beau-père, le Rabbi, n’a pas abandonné son troupeau, ce qu’à Dieu ne plaise. Il assume encore sa fonction, protège et satisfait tous les besoins matériels et spirituels.

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre du Rabbi est l’avant propos du fascicule édité à l’occasion du 2 Nissan, figurant dans le Séfer Hamaamarim 5710. (2) Le Rabbi note, en bas de page: Vous consulterez le Rambam, lois des rois 1, 7, selon lequel la royauté se transmet par héritage et il en est de même pour toutes les responsabilités publiques. Le Sifri sur Devarim 17, 20, dit: tous les chefs d’Israël. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Ceci ne se limite pas à la dimension superficielle. Ces événements se présentent, à leur date, de manière naturelle et physique. La ‘Hassidout cite pour preuve la Michna, à la fin du troisième chapitre du traité Guittin, on vérifie le vin... lorsque la vigne est en fleur. (4) Depuis le décès du Rabbi Rachab et sa succession, par le précédent Rabbi. (5) De 1920 à 1950. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Vous consulterez les notes et résumés du Tanya, par le Tséma’h Tsédek, à la page 76: La royauté s’acquiert par trente qualités et le verset de Yé’hezkel dit: et ce fut au bout de trente ans. Vous consulterez aussi le Zohar, tome 3, page 246b et le Avodat Hakodech, tome 4, chapitre 19.

574

574

Lettre n°574

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°574, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 25 Adar 5710,

Au Rav, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 2 Nissan, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre, comme vous l’avez sans doute fait du fascicule de Pourim, qui vous a déjà été envoyé. Le mérite de tous en dépend.

Le discours ‘hassidique de ce fascicule, au paragraphe 19, explique que "les princes et les dignitaires sont ceux qui distribuent le trésor, mais le rôle essentiel incombe aux simples soldats, qui obtiennent concrètement la victoire".

Pour ce qui nous concerne, le dignitaire ne se contente pas de transmettre le trésor au soldat. Il peut et doit devenir lui-même un simple soldat.

En effet, dans l’exemple cité, il s’agit bien de deux personnes différentes qui, bien plus, appartiennent à deux catégories distinctes. Un prince possède une élévation intrinsèque et un dignitaire a été élevé à ce rang. Ils se démarquent donc du simple soldat.

Mais, pour ce qui fait l’objet de notre propos, d’après ce qu’explique le paragraphe 20, il est possible d’être à la fois un prince, un dignitaire et un simple soldat. Bien plus, il doit nécessairement en être ainsi et, au final, chacun et chacune y parviendra et cumulera ces deux qualités. Tous seront des princes et des dignitaires par leur compréhension et par leur manière de marquer leur personnalité. Ils seront, en outre, de simples soldats par leur soumission et l’annulation de leur personnalité, comme l’établissent différents textes.

On ne doit pas se demander comment il est possible de cumuler deux fonctions, par nature opposées.

Il est dit du Créateur que "ce qui montre Sa grandeur fait également la preuve de Son humilité". Et il en est de même pour la créature qui, accédant à la plus haute dignité, à la royauté, doit faire preuve de la plus profonde soumission. Le Rambam, dans ses lois des rois, 2, 6, dit: "Le verset lui accorde le plus grand honneur et demande que tous l’honorent. Il ordonne aussi qu’il conserve l’humilité en son coeur".

Nos Sages disent, au traité Bera’hot 34a, que "un homme du commun se prosterne au début et à la fin de la prière. Le Grand Prêtre le fait au début de chaque bénédiction. Le roi se prosterne et ne se relève plus".

Nos yeux de chair nous permettent de vérifier qu’il en est ainsi pour les maîtres de la ‘Hassidout, depuis le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken, fondateurs de la ‘Hassidout générale et de la ‘Hassidout ‘Habad, qui la diffusèrent, dirigèrent le peuple juif, s’efforcèrent également de venir en aide aux Juifs les plus simples, financièrement, physiquement et moralement, jusqu’au chef de notre génération, mon beau-père, le Rabbi, qui diffuse avec encore plus de force les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, tout en s’intéressant, en recherchant le bien d’un Juif ou d’une Juive les plus humbles.

Or, ils ordonnent, demandent à chacun et à chacune de ceux qui leur sont attachés d’imiter leur exemple, d’être un prince, un dignitaire, de se consacrer à la ‘Hassidout et de la diffuser, d’influencer son entourage pour renforcer la Torah et le Judaïsme, d’être également un simple soldat, un homme d’action, concrètement soumis.

Le 2 Nissan, date de la Hilloula du Rabbi Rachab, à laquelle mon beau-père, le Rabbi lui succéda, est, pour chacun et chacune, un jour propice, permettant de s’engager à adopter les pratiques qu’ils nous ont enseignées. Cet engagement sera ferme, pour toute l’année. Comme ils nous l’ont promis, oralement et par écrit, ce sera le réceptacle permettant de recevoir leur bénédiction, matérielle et spirituelle.

M. Schneerson,

* * *

J’ai bien reçu votre lettre du 9 Adar(2) et, comme vous me l’avez demandé, j’ai lu la liste de vos élèves, l’organisation des études que vous avez adoptée pour les trente jours(3) et votre demande de bénédiction, lorsque je me trouvais près du tombeau. Conformément à votre demande(4), j’ai conservé la liste des élèves.

Je conclus en vous souhaitant, ainsi qu’à tous les vôtres, une fête de Pessa’h cachère.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Ce paragraphe a été ajouté à la lettre envoyée au Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°425. (3) Du deuil du précédent Rabbi. (4) Le Rav Kasselman écrivait: "Après avoir lu la liste des élèves devant le Rabbi, celle-ci restera posée sur votre table de travail et vous saurez de quelle manière poursuivre son oeuvre à l’avenir".

Lettre n°575

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°575, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar 5710,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion du 2 Nissan, date de la Hilloula du Rabbi Rachab, je vous adresse le fascicule qui vient de paraître et que vous mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre.

La manière dont ce fascicule a vu le jour est expliquée dans l’introduction que j’ai rédigée(2).

Les deux aspects du 2 Nissan y sont définis, pour ce qui concerne nos maîtres. Mais, l’on peut ajouter un autre point, de portée générale, en relation avec ce jour.

Le traité Roch Hachana 10b rapporte deux avis sur la création du monde, qui eut lieu en Tichri, selon l’un, en Nissan, selon l’autre. Or, l’un et l’autre sont les propos du Dieu de vie, comme l’expliquent les Tossafot, au traité Roch Hachana 27a et vous consulterez également le Chaar Hakavanot, Roch Hachana, premier discours, le Nahar Chalom, page 74b. Dans le Ets ‘Haïm, édition de Varsovie, il s’agit du tome 3, 39, qui développe la même position que les Tossafot.

Selon l’avis qui situe en Nissan la création du monde, le 2 Nissan fut le premier Chabbat, différent de tous les autres(3) jours du monde, puisqu’il n’eut pas du tout de nuit. Nos Sages précisent que l’obscurité en fut exclue, selon le Midrach Tehilim, au chapitre 92. Et vous consulterez également le Yerouchalmi Bera’hot 5, 6, le Midrach Béréchit Rabba, au chapitre 11, paragraphe 2 et d’autres textes.

Il n’en fut pas de même des jours qui suivirent, y compris avant la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, desquels il fut également dit: Et ce fut soir(4), et ce fut matin. C’est seulement du monde futur qu’il est dit: La nuit éclairera comme le jour. Vous consulterez aussi les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 18.

On peut considérer que la définition de l’aspect profond de la Torah, en général et de la ‘Hassidout, en particulier, peut être déduit de ce qui vient d’être dit. Cet aspect est, en effet, appelé arbre de vie, comme le dit le chapitre 26 d’Igueret Hakodech. Il a spécifiquement pour objet de réparer la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pour autant, il reste bien la dimension cachée de la Torah, l’arbre de vie, comme l’explique le Kountrass Ets ‘Haïm, de celui dont nous célébrons la Hilloula(5). Il réalise, en effet, la transformation de la matière en l’illuminant et non en s’introduisant dans le bien et le mal. C’est, en particulier, ce qui le distingue du Moussar, l’enseignement éthique.

La diffusion, dans toute sa force, de cet enseignement à l’extérieur, fut réalisée par mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël qui fut couronné le 2 Nissan. Cette idée ne sera pas développée plus longuement ici.

Puissent chacun et chacune d’entre nous, en ce jour propice, révéler et recevoir toutes les bénédictions, spirituelles et matérielles, de notre maître et qu’en ce Nissan, se réalise la promesse de nos Sages(6), selon laquelle c’est en Nissan qu’ils furent libérés et en Nissan qu’ils le seront, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

En vous souhaitant un Pessa’h cacher et tout le bien,

M. Schneerson,

*

*

*

J’ai bien reçu votre lettre du 2 Adar. Et, vous vous souvenez sans doute de ce dont nous avons parlé, lorsque vous étiez ici.

Me trouvant auprès du tombeau, au jour de la création du monde(7), j’ai mentionné les noms de tous les signataires de votre lettre, pour vous-même, pour tous ceux qui vous suivent, pour vos disciples, afin que vous leur indiquiez le chemin conduisant vers la maison de Dieu.

*

*

*

En vous souhaitant un Pessa’h cacher(8) et en saluant tous vos disciples, que vous guidez et auxquels vous montrerez comment se lier à l’arbre de vie, c'est-à-dire à l’enseignement de la ‘Hassidout.

Les cent(9) dont vous parlez dans votre lettre du 21 Adar ont été versés à la caisse du Maamad(10). Le programme d’étude que vous avez fixé sera lu près du tombeau.

Sans en faire le voeu, je répondrai, avec l’aide de Dieu, à vos questions sur le fascicule du 19 Kislev(11), lorsque je me serai libéré de la préparation du fascicule de Pessa’h, contenant des discours, des causeries et une lettre de mon beau-père, le Rabbi.

*

*

*

Je vous souhaite une fête de Pessa’h cachère et tout le bien. Et que s’accomplissent pleinement les bénédictions de mon beau-père, le Rabbi, qui vous ont été accordées pour vous-même et pour tous les membres de votre famille.

*

*

*

A n’en pas douter(12), vous continuerez à envoyer le compte rendu de vos mémoires, qui sont particulièrement nécessaires à l’heure actuelle.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Il s’agit de la lettre n°573. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Il fut le seul à être intégralement le jour. En effet, lors de l’épisode de Giveon, le jour se fit seulement dans un seul hémisphère. (4) Il y eut donc bien une nuit. (5) Le Rabbi Rachab. (6) Le Rabbi note, en bas de page: C’est ce qu’affirme, sans autre précision, le Midrach Chemot Rabba, chapitre 15, paragraphe 11. (7) C'est-à-dire à la date de cette lettre, qui est celle de la création du monde, selon l’avis de Rabbi Yochoua. (8) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Nissan Nemanov. Voir la lettre n°440. (9) Shekels. (10) Voir, à ce propos, les lettres n°513, 520, 548, 557, 566. (11) Voir, à ce propos, la lettre n°556. (12) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414.

Lettre n°576

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°576, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5710(1),

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(2),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu le fascicule de Pourim, avec ce qui y était joint. De même, j’ai pris connaissance de ce que vous avez écrit sur la facture et de votre lettre du 13 Adar. J’ai été épouvanté en la lisant. Comment pouvez-vous exiger de moi ce qui ne me revient pas(3), ne m’appartient pas et m’est totalement étranger?

Je ne vous en veux pas, car nous ne nous connaissons pas personnellement. Néanmoins, vous auriez du faire une enquête préalable, compte tenu de la gravité de la question. Et puisse Dieu faire que nous nous attachions réellement à l’arbre de vie.

N. B.: Dans vos précédentes lettres, vous m’avez interrogé sur l’affirmation du Zohar, tome 3, page 145b, selon laquelle un Cohen qui n’est pas marié ne peut effectuer le service de Dieu dans le Temple. Or, dites-vous, il en est ainsi uniquement pour le Grand Prêtre, à Yom Kippour et peut-être est-ce uniquement à lui que le Zohar fait allusion, même si cela n’apparaît pas dans le texte. Néanmoins, le verset qui est cité pour preuve, dans ce texte, parle bien du Grand Prêtre.

Même si l’on peut, à la rigueur, considérer qu’il s’agit bien du Grand Prêtre, à la page 145b, compte tenu du verset qui est cité, on ne peut en dire de même, à la page 5b, dans laquelle il est question de Nadav et Avihou et qui n’évoque pas Yom Kippour. Vous consulterez aussi le Zohar, tome 1, page 239a.

L’explication, à mon humble avis, est la suivante. Dans différents textes, on parle d’interdiction pour désigner ce qui n’est, en réalité, qu’une précaution. Vous consulterez le Sdeï ‘Hémed, principes des Décisionnaires, règle 16, paragraphe 12, qui cite comme exemple les Tossafot, sur le traité Taanit 11a, interdisant toute relation conjugale pendant les années de famine, le Nimoukeï Yossef, à la fin du chapitre 7 du traité Sanhédrin, traitant de l’association avec un non-Juif, le Maguid Michné, lois du voisinage, 2, 16, se demandant s’il est permis de se tenir dans le champ de son voisin, le Séfer Mitsvot Gadol, Injonction 87, sur le fait de manger avant d’avoir nourri ses animaux et d’autres textes encore(4).

De même, le Zohar indique ici un comportement qu’il est préférable d’adopter. Vous verrez aussi le Maguen Avraham sur Ora’h ‘Haïm, chapitre 125, paragraphe 64.

Pourquoi Nadav et Avihou furent-ils condamnés à mort(5)? On peut expliquer que la situation était différente lorsque l’on inaugurait le Sanctuaire. Vous verrez, à ce propos, l’image que donne le Zohar, tome 3, page 5b. De plus, le Saint béni soit-Il est particulièrement intransigeant envers les Justes. Du reste, le Targoum de Yonathan Ben Ouzyel, au début de la Parchat A’hareï, dit bien: fils d’Aharon et Grands prêtres.

Sans en faire le voeu, je répondrai à vos autres questions dans mes prochaines lettres.

En vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère.

Notes

(1) Cette lettre fut écrite, à cette date, en annexe de la précédente. (2) Le Rav Ichaya Horovits. Voir la lettre n°429. (3) Le Rav Horovits demandait au Rabbi de prendre la succession de son beau-père. (4) Dans tous ces cas, il est dit que cette action est interdite, alors qu’il est seulement préférable de ne pas le faire. (5) S’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une Interdiction.

Lettre n°577

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°577, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5710,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Mon beau-père, le Rabbi, écrit, dans l’une de ses lettres:

Grâce à la ‘Hassidout, où que l’on se trouve, on n’est pas seul(2).

Or, s’il en était ainsi lorsque le Juste vivait dans ce monde matériel, combien plus est-ce le cas à l’heure actuelle, alors qu’il est encore plus présent dans ce monde de l’action. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’un Rabbi, intermédiaire entre Dieu et les Juifs, révélant le stade de la Divinité qui transcende la nature.

Un intermédiaire doit posséder les caractères des deux éléments qu’il relie. Ses ‘Hassidim et ses disciples restent attachés à lui, comme ils l’étaient auparavant, car ce qui émane de l’essence de l’âme transcende le temps. Bien plus, cet attachement doit être encore plus fort. Grâce à lui, chacun doit sentir qu’il ne peut en aucune manière en être autrement.

Dès lors, il ne peut y avoir de coupure, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, on peut se lier à lui spirituellement, mais aussi matériellement, pour recevoir tout le bien. Car ce qui est vrai pour Dieu se rencontre, ici-bas, chez un Rabbi. En effet, la nature, qui, en l’occurrence, transcende l’entendement, de celui qui est bon est de faire le bien.

M. Schneerson,

*

*

*

J’ai bien reçu vos lettres, les listes et la demande de bénédiction. J’ai lu cette dernière près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. J’ai transmis le Maamad(3) et vous recevrez prochainement les reçus.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, que vous mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre.

Je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même qu’à tous vos disciples.

*

*

*

Vous me demandez à quoi fait allusion la lettre Youd dans l’écriture dite Achourit(4). Je n’ai jamais eu connaissance d’une explication, à ce propos.

Notes

(1) Cette lettre fut, dans un premier temps, écrite en annexe de la lettre n°575, puis adressée à plusieurs personnes, de manière indépendante et quelques paragraphes supplémentaires lui furent ajoutés. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Voir le Hayom Yom, à la date du 22 Iyar. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°513, 520, 548, 557, 566, 575. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°489.

Lettre n°578

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°578, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Nissan 5710,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Adar.

J’étudierai la possibilité d’obtenir une lettre réclamant votre venue en Afrique du Nord(2). Néanmoins, vous rechercherez sur place, avec notre ami le Rav B.G., des moyens plus sûrs et surtout plus rapides. En effet, il est nécessaire de se dépêcher dans toute la mesure du possible.

Dans des temps ordinaires, nous invoquons le mérite du sacrifice d’Its’hak, dont la valeur ne réside pas tant dans le sacrifice proprement dit, mais bien dans l’empressement donc fit preuve notre père Avraham, comme l’explique le chapitre 21 d’Igueret Hakodech.

C’est pour cette raison que le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm de l’Admour Hazaken dit, dans sa première version, 1, 10, que la lecture du récit de ce sacrifice permet de dompter son mauvais penchant, alors qu’il supprime cette phrase de la seconde version et indique uniquement que l’on doit rappeler le mérite des Patriarches.

Combien plus en est-il ainsi à l’époque actuelle et, mesure pour mesure, cet empressement est nécessaire pour quiconque est protégé par ce mérite. C’est, en l’occurrence, particulièrement vrai, puisque des enfants juifs en sont les victimes quotidiennes. Il est inutile d’en dire plus.

Je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère, ainsi qu’aux membres de votre famille et en attendant de bonnes nouvelles,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Mi’haël Lipsker. Voir la lettre n°559. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°559. (3) Le Rav Binyamin Gorodetski, directeur du bureau d’aide aux réfugiés, à Paris.

Lettre n°579

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°579, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Nissan 5710,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu, en son temps, le fascicule édité pour le 2 Nissan. Vous trouverez ci-joint celui qui parait à l’occasion de Pessa’h. Votre générosité vous a sûrement permis et vous permettra encore de mettre ces textes à la disposition de votre entourage et, bien plus, de les poser devant eux, selon le commentaire de nos Sages, dans la Me’hilta, au début de la Parchat Michpatim, que Rachi cite dans son commentaire de la Torah: Ne pense pas que tu peux te contenter de leur enseigner la Loi sans leur en faire comprendre la signification et la portée. Celle-ci doit, bien au contraire, être comme une table dressée devant eux, prête pour que tous y mangent. Le verset dit, en outre: Ta Torah se trouve au fond de mes entrailles et vous consulterez, à ce propos, le chapitre 5 du Tanya.

Pour reprendre cette image, la nourriture, pour être convenable et bénéfique, doit être adaptée à son but, qui est de lier l’âme au corps et d’assurer la vitalité de l’homme. De même, l’enseignant et le guide spirituel doivent garder présent à l’esprit que la finalité et l’aspect fondamental de ce qu’ils transmettent est une forme de résurrection des morts, un apport à l’homme vivant d’une vitalité profonde, dont la source apparaît à l’évidence, comme le dit le chapitre 41 de cette causerie(2).

Bien évidemment, pour vivifier les autres, il faut soi-même être vivant. C’est dans ce domaine qu’intervient le mauvais penchant, qui objecte: Pour qui te prends-tu? De quelle manière pourrais-tu vivifier les autres? Contente-toi déjà de le faire pour ta propre personne!.

A ce propos, mon beau-père, le Rabbi, répond, dans sa causerie, au paragraphe 43: Ces propos sont vrais, mais déplacés. Car comment définir la condition de soldat? C’est l’homme qui doit tirer, faire don de sa personne, bien plus, le faire joyeusement. C’est ainsi qu’il obtient la victoire.

Le soldat n’est pas chargé de fabriquer le fusil. Il n’est pas capable de le faire. Il ne comprend pas comment celui-ci est capable de tirer. Plus généralement, il ne connaît pas les stratagèmes de la guerre. Mais, il fait don de sa personne et de sa propre volonté à l’officier. Il le fait joyeusement et c’est ainsi qu’il obtient la victoire.

Concrètement, on peut voir qu’à la base de tout cela, il y a la foi, la confiance en le chef d’état-major, qui est le roi et le dirigeant. Pour ce qui est de la guerre spirituelle, il s’agit du chef de la génération, c'est-à-dire, pour la nôtre, de mon beau-père, le Rabbi, qui a mis chacun et chacune d’entre nous à la place qui lui convient, sur le champ de bataille contre les forces du mal.

De façon générale, la foi doit être affermie, de temps à autre. Un effort particulier est nécessaire pour qu’elle ne demeure pas superficielle, mais, bien au contraire, domine concrètement toutes les forces de la personnalité, les pensées, les paroles et les actions, dans l’existence quotidienne.

Durant la fête de Pessa’h, on peut obtenir la révélation de tout cela, en particulier en mangeant de la Matsa, qui est appelée nourriture de la foi, comme l’explique le second paragraphe de cette causerie. Différents textes de ‘Hassidout développent longuement cette notion.

Vous consulterez, en particulier, la séquence de discours ‘hassidiques Veka’ha 5637(3), à la fin du paragraphe 60, qui dit que la Matsa matérielle révèle l’Essence de Dieu. C’est ainsi que l’on est nourri, de là que l’on tire sa vitalité physique.

C’est la raison pour laquelle, la vie de l’homme, y compris dans sa dimension matérielle, est particulièrement élevée. Et, ce texte introduit une idée nouvelle, en soulignant qu’il en est ainsi, non pas seulement le premier soir de Pessa’h, mais bien pendant tous les jours de la fête.

Puisse Dieu nous accorder une foi entière et que s’accomplisse la promesse selon laquelle comme aux jours de ta sortie d’Egypte (dont nos ancêtres furent libérés grâce à leur foi), Je te montrerai des merveilles, très prochainement.

En vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

*

*

*

J’ai bien reçu votre lettre du 9 Nissan(4) et vous trouverez une brève réponse, à mon humble avis, à tout ce que vous m’y demandez dans mon introduction au fascicule édité après le décès(5) et dans la présente lettre.

Vous remarquez que l’on ne peut plus interroger mon beau-père, le Rabbi, lorsque l’on ne sait quel comportement adopter. Néanmoins, si vous restez profondément attaché à lui, sans vous affecter face aux attaques du mauvais penchant, si vous adressez votre question auprès du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, il trouvera le moyen de vous répondre.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Certaines la reçurent datée de E’had Adar, mot dont la valeur numérique est 13. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Imprimée dans le fascicule accompagnant cette lettre. (3) 1877, du Rabbi Maharach. (4) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre destinée au Rav Chalom Pozner. Voir, à son propos, la lettre n°426. (5) Voir, à ce propos, les lettres n°557, 561, 573.

Lettre n°580

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°580, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 10 Nissan 5710,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h. Vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre et de chacun, c'est-à-dire non seulement de vous-même, mais aussi de votre prochain.

Nos maîtres, en général et le chef de notre génération, mon beau-père, le Rabbi, en particulier, nous ont montré la nécessité de rechercher, par toutes nos forces, le bien matériel et spirituel de l’autre.

Cet enseignement est donc bien clair. Car, nul ne sait qui sera jugé apte et tous sont bons. Chaque âme juive constitue, par elle-même, un monde entier et la causerie imprimée dans ce fascicule et reproduite dans son introduction, établit que "chaque individu est considéré comme un grand nombre", car il a le pouvoir de former et de vivifier le plus grand nombre.

Ainsi, il pourrait y avoir, parmi vos disciples, quelqu’un qui s’isole et reste indépendant(2), ne faisant ainsi que donner libre cours à sa nature, qu’il n’a pas modifiée. Et qui sait ce que sera sa situation demain ou plus tard? Bien plus, nos Sages disent, dans le Yerouchalmi Ketouvot 1, 2, qu’une décision de la Torah modifie la nature du monde.

Celui qui se trouve seul doit donc se rendre dans l’endroit de Rabbi, c'est-à-dire là où la Hala’ha est tranchée selon son avis. Il peut, de cette façon, agir et vivifier tout son entourage.

L’effort investi en lui apportera des fruits considérables, jusqu’à la fin du monde, conçu pour voiler le Divin.

Puisse Dieu faire que, très prochainement, nous assistions à l’accomplissement de la promesse selon laquelle "comme aux jours de ta sortie d’Egypte (des limites, des barrières et des voiles), Je te montrerai des merveilles".

En vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

* * *

Je vous joins la copie d’une lettre que j’ai adressée à quelqu’un.

J’ai bien reçu vos deux lettres et je vous remercie pour la bonne nouvelle selon laquelle les temps fixés pour l’étude ont été respectés. A n’en pas douter, vous redoublerez d’ardeur, à l’avenir.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Certaines la reçurent datée de "E’had Adar", mot dont la valeur numérique est 13. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°577.

Lettre n°581

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°581, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5710,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu...

Je vous salue et vous bénis,

Vous savez sans doute que le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Nasso, 29b, indique que l’on doit offrir un cadeau aux mariés.

Pour une raison évidente, je n’ai pas assisté à votre mariage. Pour la même raison, je vous adresse ce cadeau avec retard, mais vous ne m’en voudrez sûrement pas.

Je joins donc à la présente lettre, comme cadeau de mariage, un Likouteï Torah et puisse Dieu faire que s’accomplissent pleinement, en vous et en votre épouse, les bénédictions accordées par mon beau-père, le Rabbi, pour tout le bien matériel et spirituel.

En vous saluant et en vous souhaitant, ainsi qu’à votre épouse, une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Rav Mena’hem Schneerson,

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