Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°542
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°542, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’Hechvan 5710,
A mon proche parent, le grand Rav,
distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, quoique avec un peu de retard.
J’ai présenté le contenu de votre courrier à mon beau-père, le Rabbi Chlita, pour ce qui concerne ma cousine(2). Il s’en occupera ces jours-ci et prendra contact avec le Rav Burak.
Sur la néccessité d’écrire à celui que vous m’indiquez, je ne sais que dire.
Concernant l’éducation religieuse, mon beau-père, le Rabbi Chlita, considère que l’on peut faire confiance uniquement à ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot. Eux seuls sont à même d’exprimer leur avis, en la matière. Il a pris cette position oralement et l’a même écrite, dans une lettre, il y a quelques temps. Pourquoi devrait-il maintenant écrire une seconde lettre?
A quelle institution ou à quel service ce problème doit-il être confié? Selon le Rabbi, tout dépend de cette institution, de sa manière de travailler, de son but, de sa direction effective. Cette position doit-elle être communiquée aux autres et accompagnée d’exigences? En fait, il faut déterminer également, dans toute la mesure du possible, la forme que prendra cette direction demain.
Que pouvais-je raconter à propos du centre pour l’éducation religieuse? Au début de Tichri 5710, vous en étiez le responsable et vous avez pu attribuer une subvention, sur son budget, pour l’enseignement du Rav Goldschmitt. Mais, quel est l’objectif de ce centre? Est-il un service du ministère de l’éducation ou de celui des cultes? Dépend-il de lui? Est-il lié à un parti ou non? Qui prend la décision de ses actions? Je ne sais rien de tout cela et que puis-je donc dire?
De plus, tout cela se passe en Terre Sainte et en 5710, c'est-à-dire en un lieu et en une période de confusion des valeurs, surtout celles de la spiritualité, de la part de la majorité religieuse, confusion qui est encore plus importante à notre époque.
En conséquence, si la question formulée dans votre lettre se pose toujours, je propose que vous vous adressiez directement à mon beau-père, le Rabbi Chlita, lui décriviez exactement la situation, lui parliez de ce centre et lui définissiez la lettre que vous souhaitez lui faire écrire. Je suis convaincu qu’à ma place, vous auriez adopté la même position et que vous ne m’en voudrez donc pas.
Je conclus en saluant ma tante, à laquelle j’ai écrit avant Roch Hachana et qui a sans doute reçu ma lettre, à ma cousine et à tous les membres de votre famille. En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Conformément à votre demande, je vous restitue votre feuille et votre lettre.
Notes
(1) Le Rav Avraham ‘Hen, d’Erets Israël. (2) La poétesse Zelda Mishkowski, fille de Rabbi Chalom Chlomo Schneerson, l’oncle du Rabbi et de Ra’hel, la soeur du Rav Avraham ‘Hen, destinataire de cette lettre.
Lettre n°543
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°543, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mar’Hechvan 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos remarques sur le Tanya, formulées dans votre lettre du 8 Mar’Hechvan:
A) Dans les notes du Tanya(2) et dans d’autres livres, sont exposées des idées qui ne sont pas directement liées au texte et ne font que prouver ses assertions ou répondre à une question qu’il soulève.
Je ne sais pas sur quelle base vous affirmez que ces notes ont systématiquement un contenu de Kabbala. Vous consulterez, à ce propos, celles des chapitres 1, 24, 35, 36, 37, 39, 42, 52.
B) Dans celle du chapitre 42, est introduite une idée nouvelle, qui n’est pas évoquée par le texte. Ce dernier explique que, pour chaque Juif, la connaissance de Dieu est d’accès facile. Chacun doit donc l’obtenir et le Tanya montre ensuite comment l’on peut, de cette manière, parvenir à Le craindre. La note indique que l’on peut imaginer un homme, ne connaissant pas le roi, qui s’emplit, néanmoins de crainte uniquement en pensant à lui.
C) Vous considérez que l’image, énoncée à la fin du chapitre 42, ne décrit pas pleinement l’idée qu’elle doit illustrer. Cette image est, en effet, celle d’un roi, dont les vêtements révèlent la splendeur. Or, ces vêtements célestes occultent la Royauté de Dieu.
Je suis surpris de cette remarque, car l’Admour Hazaken pose lui-même cette question et répond que l’homme doit se convaincre que tout ce qu’il voit est un vêtement extérieur du Roi.
Je conclus en saluant tous les vôtres et en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Moché Dubinski. (2) Présentées, dans l’édition courante, en marge du texte.
Lettre n°544
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°544, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Mar’Hechvan 5710(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre en son temps et ma réponse a été retardée, du fait de mes nombreuses activités. Je réponds à vos questions:
A) On mange la pomme le premier soir de Roch Hachana, au début du repas, après avoir dit la bénédiction de Hamotsi(2). Le fruit nouveau est consommé le second soir, avant de se laver les mains pour le repas(3). Vous consulterez, à ce propos, le fascicule édité à l’occasion de Chabbat Chouva, à la page 30.
La raison de cette distinction est bien évidente. La pomme, indépendamment du fait qu’elle doit être trempée dans le miel, peut être consommée avant ou après s’être lavé les mains. Il est donc préférable que ce soit après, afin que le début du repas soit le plus proche possible du Kiddouch.
Le fruit nouveau, à l’opposé, doit être consommé avant de se laver les mains pour le début du repas, afin de conserver le bénéfice de la bénédiction de Chéhé’héyanou, qui le concerne(4).
B) Le Yehi Ratson prononcé sur la pomme(5) est dit après la bénédiction Boré Peri Haets(6) et avant de la manger. On peut le déduire de la formulation adoptée par le Sidour de l’Admour Hazaken, on dira ensuite, qui diffère de celle du Choul’han Arou’h.
C) Le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 608, parle des aliments à base de lait et de beurre et renvoie au Maguen Avraham qui, lui, dit: aliments à base de lait chaud(7), d’après le Rambam, lois du service de Yom Kippour 1, 6. Vous me demandez, dans votre lettre, s’il ne faut pas rectifier en ce sens le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken.
De fait, qui parle de beurre, dans le Talmud ou parmi les Décisionnaires? Votre remarque semble donc tout à fait judicieuse. Autre preuve qu’elle parait juste, pourquoi parler ici de beurre? N’est-ce pas également un aliment à base de lait? Et, c’est bien pour cette raison que le fromage n’est pas mentionné dans ce texte, alors qu’on le cite dans le traité Yoma 18a. Néanmoins, dans toutes les éditions du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken que j’ai pu voir, celles de Kapust 5586(8), de Jitomir 5627(9), de Shtétin 5622(10), de Varsovie 5364(11), de Josepha 5635(12) et de Vilna 5665(13), il est bien question de beurre. C’est également la version du Netiv Ha’haïm.
Pourquoi l’Admour Hazaken interdit-il spécifiquement le beurre? Parce qu’il est particulier, parmi les aliments à base de lait, dans la mesure où il n’est jamais consommé seul. Si, en outre, il s’agit également de la crème, il peut être défini comme un liquide.
Par ailleurs, on peut se demander pourquoi l’Admour Hazaken parle ici de lait, sans préciser qu’il est chaud. On peut citer, à ce propos, le traité Nazir 23b(14): Une faute commise pour le Nom de Dieu est préférable... cet impie eut alors sept relations avec elle. Yaël agit ainsi pour l’épuiser comme l’explique Rachi(15).
C’est pour cette raison que (Choftim 5, 25) il demandait de l’eau, elle lui offrit du lait. Dans un vase précieux, elle apporta du beurre. Les commentateurs expliquent que le lait donne sommeil. Et l’on peut se demander, comme le fait le traité Yoma 18a, pourquoi elle lui donna également du beurre. En tout état de cause, cette explication est adoptée par l’avis considérant qu’il ne toucha pas Yaël(16). Vous consulterez le commentaire du Radak sur les versets Choftim 4, 18 et 5, 27, qui fait état de Midrachim divergents, à ce propos.
D) L’Admour Hazaken écrit dans son Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 639, paragraphe 13, que celui qui quitte la Soukka et n’y revient pas immédiatement, mais une ou deux heures plus tard doit dire, de nouveau, la bénédiction(17). Aux paragraphes 25 et 29, il est dit, à propos des Tefilin, après un long délai, par exemple deux
ou trois heures(18) et vous me demandez pourquoi une différence a été faite entre les Tefilin et la Soukka. De plus, si une heure suffit, pourquoi dire deux(19) et si deux suffisent, pourquoi dire trois(20)?
Le Ketsot Hachoul’han du Rav H.A. Naé s’interroge, à ce propos, dans ses lois des Tefilin, au chapitre 163 du Badeï Hachoul’han. Il cite le commentaire de Rachi sur le traité Yoma 30a, selon lequel, après une heure ou deux, on ne pense plus à son repas(21). Et le Sidour du Yaabets, aux lois des Tefilin, indique aussi que l’on doit refaire la bénédiction, quand on les met deux ou trois heures plus tard. Le Ketsot Hachoul’han conclut qu’il n’y a pas lieu de faire une distinction entre les Tefilin et la Soukka et que, si deux heures sont un laps de temps important, combien plus le sont trois heures. Au final, il n’apporte pas de réponse à la question posée.
Je proposerai mon explication, à mon humble avis, en renforçant tout d’abord la question. On peut, en effet, distinguer quatre cas: 1) La Soukka, pour laquelle l’interruption est évaluée à une ou deux heures. 2) Les Tefilin, pour lesquels elle est de deux ou trois heures. 3) Les Tsitsit, pour lesquelles il faut de nombreuses heures, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 8, paragraphe 23 et son Sidour. Le Badeï Hachoul’han, chapitre 7, paragraphe 17, s’interroge, à ce propos, avançant que deux ou trois heures sont déjà un laps de temps important, d’après les paragraphes 25 et 29. Néanmoins, le changement de formulation de l’Admour Hazaken permet d’établir clairement que le délai, pour les Tsitsit, n’est pas le même. 4) L’odeur, pour laquelle la bénédiction est prononcée une fois par jour, selon le Toureï Zahav, alors que, pour le Maguen Avraham, elle se dissipe immédiatement. Or, la position de l’Admour Hazaken, en la matière, ne nous est pas connue, car le chapitre 217 de son Choul’han Arou’h ne nous est pas parvenu. Comment interpréter toutes ces distinctions?
Il me semble que l’on peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Un laps de temps est toujours évalué en fonction de son contexte. Ainsi, pour la prière et le Chema Israël, il s’agit du temps de lire entièrement ces textes, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 60, paragraphe 5. Il en est donc de même pour les cas qui viennent d’être cités.
La Soukka est essentiellement le lieu où l’on doit prendre ses repas, selon le Toureï Zahav, chapitre 639, paragraphe 20. Le temps de porter les Tefilin est la durée de la prière, puisque l’usage n’est plus de les porter toute la journée, comme l’indique le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 27, au début du chapitre 25 et à la fin du chapitre 37.
Les Tsitsit du grand Talith, puisque c’est d’elles qu’il s’agit, n’ont pas de temps fixe, mais, en tout état de cause, celui-ci est plus long que le délai des Tefilin, puisque l’on met le Talith avant, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un corps pur(22), ni de concentrer son esprit(23), selon le chapitre 437 du Choul’han Arou’h.
L’odeur, enfin, n’a pas de consistance. Lorsque l’homme s’en sépare et qu’elle se répand à l’extérieur, elle s’interrompt véritablement et il faut prononcer de nouveau une bénédiction. Par ailleurs, on peut également penser que cette odeur n’a pas de temps fixé. Elle ne subit donc pas l’interruption du temps.
De façon générale, la durée d’un repas est d’une heure, comme en atteste la comparaison établie par nos Sages, au traité Bera’hot 55a, entre le repas courant, pris deux fois par jour et un sacrifice. Le traité Pessa’him 55a précise que le sacrifice perpétuel, lui-même offert deux fois par jour, durait une heure.
Par ailleurs, le traité Chabbat 10a dit que la première heure est le repas...(24). On peut en conclure que ce repas dure pendant toute la première heure. De même, le traité Baba Metsya 83b parle de la quatrième heure(25), qui est celle du repas, comme l’explique Rachi(26).
Telle est donc la longueur d’un repas normal, mais, à la même référence du traité Bera’hot, nos Sages conseillent à ceux qui souhaitent la longévité de prolonger leur repas. En pareil cas, on dépasse la première heure et l’on s’introduit dans la seconde.
C’est ainsi qu’il faut comprendre les propos de Rachi, au traité Yoma, précédemment cité, qui sont reproduits dans le Rif, à la fin du huitième chapitre de Bera’hot.
Le temps de la prière, si l’on compte aussi le fait de mettre et d’ôter le Talith et les Tefilin, puis de lire les passages préliminaires, dépasse généralement une heure et demie, comme le dit le premier chapitre d’Igueret Hakodech. C’est ce qu’indique le Zohar, tome 1, page 62b et tome 3, page 172b. Là encore, ayant dépassé la première heure, on peut considérer que l’on est dans la seconde.
A la même référence du traité Bera’hot, nos Sages conseillent aussi, pour avoir une longue vie, de prier longtemps. Ayant dépassé deux heures, on peut également considérer que l’on se trouve dans la troisième. De cette manière, il est possible d’expliquer toutes les durées précédemment citées.
Le traité Bera’hot 32b rapporte que les premiers ‘Hassidim priaient pendant trois heures. Et le Peri Ets ‘Haïm, porte de la prière, chapitre 7, ajoute que la trace de cette prière, dans l’intellect, doit être maintenue durant tout le jour. Pour autant, précise-t-il, la réflexion proprement dite ne peut être conservée plus de trois heures.
N.B.: Le chapitre 31 du Tanya dit environ une heure ou deux, mais cette expression peut être interprétée à un sens plus large. Vous consulterez, à ce propos, les Tossafot sur le traité Chabbat 60b et d’autres références.
Notes
(1) La lettre n°550 fait suite à celle-ci. (2) Et mangé du pain. (3) Après le Kiddouch. (4) Ayant été dite après le Kiddouch, en pensant qu’elle portait également sur ce fruit. (5) Voir, à ce propos, la lettre 504. (6) Qui crée le fruit de l’arbre. (7) ‘Héma, le beurre, est phonétiquement proche de ‘Hama, chaud. (8) 1826. (9) 1867. (10) 1862. (11) 1874. (12) 1875. (13) 1905. (14) Rabbi Na’hman enseigne: une faute commise pour le Nom de Dieu est préférable à une Mitsva qui ne Lui est pas destinée. Mais, Rav Yehouda n’a-t-il pas dit, au nom de Rav, que l’on doit se consacrer à la Torah et aux Mitsvot, même si cela n’est pas pour le Nom de Dieu car, au final, on les appliquera pour Son Nom? En fait, une faute commise pour le Nom de Dieu est comparable à une Mitsva qui n’est pas consacrée à son Nom. C’est ainsi qu’il est écrit: Que soit bénie parmi les femmes Yaël, épouse de ‘Haver, le Kini. Qu’elle soit bénie parmi les femmes résidant dans la tente. Qui sont ces femmes? Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. Rabbi Yo’hanan explique: cet impie (Sisra) eut alors sept relations avec elle. (15) Elle fit cette faute pour le Nom de Dieu, afin d’épuiser cet impie pour qu’elle puisse le tuer. Or, les versets (Choftim 4, 18-19) disent: Yaël sortit à la rencontre de Sisra et lui dit: entre, mon maître, entre chez moi, ne crains
rien. Il la suivit sous la tente et elle le cacha, sous une couverture. Il lui dit: Donne moi, je te prie, un peu d’eau à boire, car j’ai soif. Elle ouvrit alors l’outre de lait, lui donna à boire et le recouvrit. (16) Ainsi, selon un avis, Yaël épuisa Sisra en se donnant à lui. Selon l’autre avis, elle le fit dormir en lui donnant du lait. (17) Léchev Bassoukka. (18) D’interruption, il est nécessaire, là encore, de dire à nouveau la bénédiction lorsque l’on remet les Tefilin. (19) Pour la Soukka. (20) Pour les Tefilin. (21) Que l’on a commencé dans la Soukka. (22) C'est-à-dire d’avoir vérifié, avant de mettre le Talith, que l’on ne doit pas se rendre dans un lieu d’aisance. (23) Sur le Talith pendant qu’on le porte. (24) Le repas des Loudim, c'est-à-dire des cannibales affamés, a lieu à la première heure du jour. (25) Lorsque l’on entre dans les magasins, à la quatrième heure. (26) C’est alors l’heure du repas et tous entrent dans les magasins pour le prendre. On peut, là encore, en conclure que le repas dure une heure.
545
545
Lettre n°545
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°545, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 24 Mar’Hechvan 5710,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav B.T., le Cho’het(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous accuse réception, par la présente, de vos lettres du 2 Mar’Hechvan et du jeudi de la Parchat Noa’h. De même, j’ai reçu, ce jour, les cent six dollars et la livre israélienne.
Par colis séparé, vous ont été adressés trois exemplaires d’un index des discours ‘hassidiques du Rabbi(2), qui a été édité pour le 20 ‘Hechvan(3), l’un pour vous et les deux autres pour la vente. Un exemplaire a également été envoyé au Rav M.F.(4). Vous me confirmerez les avoir recus et, de manière générale, vous me direz de quelle manière les livres sont diffusés.
Vous avez, à n’en pas douter, fixé un moment pour étudier l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi Chlita, chef de la présente génération.
Toutes les bénédictions se révèlent donc par son intermédiaire. C’est pour cette raison que la distribution de viande dut également être effectuée par Moché, notre maître. Or, différents textes permetttent d’établir que le canal de ces bénédictions est la Torah. Nos Sages soulignent, du reste, que le monde fut créé par la Torah et se perpétue par elle. Vous consulterez, à ce propos, le discours ‘hassidique du 18 Elloul 5709.
En saluant toute votre communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Betsalel Wilshanski, d’Australie. Voir la lettre n°437. (2) Rachab. (3) Date anniversaire de sa naissance. (4) Le Rav Moché Feiglin.
Lettre n°546
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°546, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
ancien qui réside dans la tente de l’étude, le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre livre Mitsvot Hachem et le fascicule intitulé Introduction aux lois de Nidda. Je vous en remercie. Quelques unes de nos publications vous ont été adressées par colis, un livre de discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita, le Kountrass Limoud Ha’hassidout et les neuvième et dixième exemplaires du Kovets Loubavitch.
Comme dans ma précédente lettre(2), je formulerai ici quelques remarques:
A) Au début de votre introduction: Vous rappelez qu’il y a 613 Mitsvot et vous consulterez, à ce propos, l’introduction du Sefer Mitsvot de Rabbi Saadya Gaon, rédigée par le Rav Perla, qui rappelle les textes du Talmud, du Midrach et de la Pessikta faisant mention de ce chiffre et s’interroge sur l’affirmation du Rav I.Ben Bilam et du Tachbets, à la fin du Zohar Harakya, selon laquelle ce chiffre n’est pas précis ou, en tout état de cause, ne doit pas être considéré comme une Hala’ha.
On peut également mentionner des textes du Zohar et des Tikounim, citant le chiffre 613 ou bien les 248 Injonctions et les 365 Interdits. Ceux-ci sont innombrables et je n’en indiquerai que quelques uns, l’introduction du Raya Méhemna, dans le Zohar tome 3, page 92b, le Zohar tome 1, pages 24a, 170b, 253a et l’introduction du Tikouneï Zohar, à différentes reprises.
Dans l’édition du Zohar parue à Jérusalem, en 5700(3), figurent des notes du Nitsoutseï Zohar, au début du tome 1. L’éditeur y indique, en particulier, le compte des Mitsvot figurant dans le Raya Méhemna.
B) Au début de votre livre: Y a-t-il une Mitsva de connaître Dieu ou d’avoir foi en Lui? Le Rambam, dans son Michné Torah, postérieur au Séfer Hamitsvot, parle de Le connaître. Vous consulterez le Séfer Hamitsvot édité à New York, il y a quelques années. Celui-ci explique que, dans le manuscrit en arabe, langue parlée par le Rambam, il est question de connaître et non de croire.
Vous verrez également le Kountrass Limoud Ha’hassidout, précédemment cité, à partir du chapitre 10.
C) A la même référence: Le Précepte Je suis l’Eternel ton Dieu(4) doit-il être compté parmi les Mitsvot?
Vous consulterez la Mitsva de la foi en Dieu, dans le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, sur cette question.
D) Au second paragraphe: Est-il interdit aux non-Juifs d’adjoindre d’autres forces à Celle de Dieu? Vous verrez, à ce propos, la Mitsva de l’unité de Dieu, exposée dans le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek.
Voici, selon le Maguen Avraham, ceux qui considèrent qu’il n’y a, pour eux, aucune interdiction de le faire: Le Ramah, Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 156, les Tossafot sur les traités Be’horot 2b et Sanhédrin 63b, Rabbénou Nissim, à la fin du premier chapitre du traité Avoda Zara.
En revanche, selon les responsa Vechav Hacohen, chapitre 38 et Chaar Efraïm, chapitre 24, cette croyance leur est bien interdite. Pour l’heure, je ne possède pas tous ces livres.
E) Vous évoquez la résurrection des morts et le Kovets Loubavitch, précédemment cité, qui vous a été envoyé l’explique par le détail, en indiquant des références(5).
F) A la fin de votre livre: Vous évoquez l’Interdiction, faite par la Torah, de faire souffrir les animaux.
J’ai vu que l’on cite, à ce propos, l’avis du Rambam, qui peut être établi d’après le Guide des égarés, tome 3, chapitre 17. Celui-ci considère, en effet, qu’il s’agit d’une Interdiction de la Torah, basée sur le verset (Bamidbar 22, 32): Pourquoi as-tu frappé ton ânesse?. Commentant ce verset, Rabbi Yo’hanan en dit de même, dans le Midrach Hagadol. Et vous verrez ce qu’expliquent, à ce propos, le Area de Rabanan et le Afra de Rabanan.
G) Au début de l’introduction aux lois de Nidda: Une note cite le Tikouneï Zohar, qui parle de soixante ordres de la Michna(6). Le Gaon de Vilna rectifie ce texte et parle ici de soixante traités. Et ces soixante ordres se répartissent en six cents et en six cent mille. Vous dites que ces six cents font allusion aux six cent ordres de la Michna qui existaient avant l’époque de Rabbi.
Vous avancez que il y a peut-être là une allusion aux six cent mille lettres de la Torah, mais cette affirmation soulève deux interrogations: 1) En quoi y a-t-il là une répartition? 2) Quelle relation établir entre les traités du Talmud et les lettres de la Torah?
Voici donc, à mon humble avis, quelle est l’explication. Chaque stade lié à la sainteté peut se scinder en dix niveaux qui, à leur tour, se découpent en dix. C’est également le cas pour chaque détail de la Torah, comme l’explique le Likouteï Torah du Ari Zal, à la fin de la partie consacrée au Chabbat, selon lequel la source première est le Vav(7), qui porte en lui le Youd(8), se décomposant jusqu’à six cent mille.
C’est en ce sens que l’on peut parler de répartition. En effet, les soixante, portant en eux les dix, se décomposent bien en six cent mille, par tranches successives de dix. Ce chiffre de six cent mille est retenu, car Michna est l’anagramme de Nechama, l’âme, selon le Taameï Hamitsvot de Rabbi ‘Haïm Vital, à la Parchat Vaét’hanan et le Peri Ets ‘Haïm, à la porte du comportement pendant l’étude. Or, il y a six cent mille âmes et l’on doit donc retrouver ce chiffre également dans la Michna.
Certes, le Tikouneï Zohar cite aussi le chiffre six cent, mais il s’agit, pour ce qui le concerne, d’une étape intermédiaire vers les six cent mille.
Je conclus en vous adressant ma bénédiction et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yonathan Shteyf. Voir, à son propos, la lettre n°541. (2) La lettre n°541. (3) 1940. (4) Le premier des dix Commandements. (5) Il s’agit de la lettre n°200. (6) Alors que nous en connaissons seulement six. (7) Dont la valeur numérique est six. (8) Dont la valeur numérique est dix, ce qui fait bien soixante.
Lettre n°547
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°547, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 10 de ce mois:
A) Concernant Avtalyon et la réincarnation(2), je ne sais comment préciser mon propre avis, en quelques lignes, comme vous me le demandez. Si une question se pose, tous les commentaires peuvent être développés. A l’opposé, s’il s’agit de changer une lettre, comme je le proposais(2), de remplacer un Noun par un Beth, c'est-à-dire deux lettres qui se ressemblent, il n’y a là qu’une modification légère et donc fréquente.
De fait, une autre idée nouvelle peut être trouvée, à ce propos, dans les écrits du Ari Zal, à la trente sixième introduction du Chaar Haguilgoulim. Ce texte précise, en effet, que Avtalyon était le frère de Chmaya.
B) A propos de l’acte de divorce, vous contestez mon affirmation selon laquelle la responsabilité des témoins signant l’acte est plus grande que celle des témoins qui assistent à sa transmission. Je suis au regret de vous dire que vous avez dû lire ma lettre rapidement et en sauter quelques mots. Voici ce que je disais:
“Car, le divorce effectif est réalisé par les témoins de la transmission selon Rabbi Eliezer et par les témoins signant l’acte, selon Rabbi Meïr. Néanmoins, il est clair que la responsabilité de ceux qui signent l’acte de divorce est plus importante que celle des témoins qui assistent à la transmission, y compris selon l’avis qui définit leur engagement par rapport au montant financier, dont cet acte fait état.
Lettre n°548
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°548, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Kislev 5710,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint une photocopie d'une lettre de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
A l'occasion de la fête de la libération(2), je vous joins le fascicule qui vient d'être édité. En considérant ce que dit mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans ses lettres, au début et à la fin de ce fascicule, vous le mettrez sans doute à la disposition de tout votre entourage. Ceci constituera un bon début en ce sens, qui vous permettra ensuite d'aller de l'avant, tout au long de l'année, depuis ce 19 Kislev jusqu'au prochain.
Nous conclurons en examinant plus profondément les paroles de notre maître et en montrant à quel point sont précis les mots qui semblent n'être qu'une répétition, destinée à insister sur une certaine idée.
Le début de la causerie imprimée au commencement de ce fascicule dit que la ‘Hassidout permet de faire régner l’ordre dans le désordre et de tranformer le désordre en ordre ou bien, selon une autre version, d’introduire l’ordre dans le désordre. Or, n’y a-t-il pas là une seule et même affirmation, exprimée de différentes façons?
Nous donnerons, très brièvement, à ce propos, l’explication suivante. L’ordre et le désordre font allusion aux systèmes de Tikoun et de Tohou ou bien, par la suite, à la Torah et aux Mitsvot, d’une part, aux corps et aux besoins physiques, dans lesquels s’entremêlent le bien et le mal, d’autre part.
Le Baal Chem Tov souligna et l’Admour Hazaken expliqua que l’on ne sert pas Dieu en se mortifiant et en repoussant le corps, mais, bien au contraire, en l’affinant et en l’élevant, comme l’établit le commentaire du Baal Chem Tov, rapporté par le Hayom Yom, à la page 23, sur le verset lorsque tu verras l’âne de ton ami.
Bien évidemment, tout cela doit être conforme à l’enseignement de ‘Habad, c'est-à-dire être obtenu progressivement, sans se contenter de ce qui est uniquement superficiel. Vous consulterez, à ce propos, la conclusion du Kountrass Haavoda.
Telle est donc la leçon délivrée par cette causerie, qui précise les différentes étapes du service de Dieu basé sur la ‘Hassidout:
A) Il faut d’abord introduire l’ordre dans le désordre. Car, au commencement du service de Dieu, il s’agit bien de deux situations différentes. Néanmoins, l’âme divine peut éclairer l’âme animale et faire qu’elle se taise.
B) On doit ensuite transformer le désordre en ordre, de sorte que le désordre disparaisse, que seul l’ordre règne. Dès lors, l’âme animale prie et étudie la Torah, sous la conduite de l’âme divine. Pour autant, elle ne met pas encore toutes ses forces à la disposition de la sainteté, ce qui est bien la finalité ultime et constitue une situation totalement différente.
C) A ce dernier stade, en effet, on fait régner l’ordre dans le désordre. On possède ainsi les qualités des deux systèmes à la fois, les intenses lumières de Tohou et les puissants réceptacles de Tikoun.
Vous consulterez la fin du discours ‘hassidique de 5709, intitulé Le pardon se trouve auprès de Toi, qui explique le moyen de se repentir sur le manquement à se limiter et à évaluer une situation. Ce sujet ne sera pas développé ici.
Je vous salue et vous souhaite tout le bien. Je souhaite une bonne fête à toute votre communauté,
M. Schneerson,
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J’ai bien reçu, en leurs temps, vos lettres du 7 et du 27 Tichri(3). J’aurai des nouvelles précises par le Rav P.A.(4).
Les comptes du Maamad sont confiés au Rav M.G.(5) et doivent lui être transmis.
Tous ceux qui étudient la Torah, grands et petits, y compris, bien entendu, les classes des Yechivot Tom’heï Temimim et A’heï Temimim(6), apprennent sûrement, de manière systématique, les causeries et les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Le Rabbi est, en effet, l’âme collective de notre génération et il faut, en toute chose, se lier à lui, en particulier par l’intermédiaire de son enseignement, puisqu’il est un intermédiaire nous liant à l’Essence de Dieu.
Ce que vous écrivez est donc en relation avec le Maamad spirituel.
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Vous trouverez ci-joint(7) le compte rendu des discours(8) de Chemini Atséret et de Sim’hat Torah. Comme les fois précédentes, vous les ferez sans doute copier par vos disciples, afin de les mettre à la disposition de toutes les implantations de ‘Hassidim(9).
J’ai transmis trente deux(10) aux éditions Kehot, pour solder la dette contractée par ma mère, puisse-t-elle avoir une longue vie(11). En contrepartie, nous enverrons des publications à la Yechiva Tom’heï Temimim, comme vous me l’avez demandé. Il me semble que, d’après ce que vous m’avez écrit, elle devait, au total, soixante(10).
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Je viens de recevoir un appel téléphonique(12) du Rav M.D. Cohen, qui a apporté ici le Kav Naki(13). Il est dommage que la famille Lawot en repousse l’impression de quelques mois. Et, qui sait si l’on ne trouvera pas alors un autre prétexte?
Lorsque monsieur ... était ici, je lui ai expliqué que l’édition de ce livre était une occasion à saisir, comme vous me l’avez écrit. Il a aussitôt accepté.
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Vous m’avez demandé(15) si celui qui doit dire le Yzkor est également appelé à la Torah, le même jour. Je n’ai jamais vu que l’on adopte une telle pratique. De plus, comment cela est-il possible,
puisque l’on n’augmente pas le nombre des appelés à la Torah, à A’haron Chel Pessa’h?
A l’opposé, on doit tenir le montant en bois du Séfer Torah, pendant que l’on prononce le Yzkor. C’est ce que fait mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Je n’ai jamais vu que l’on choisisse, pour conduire la prière, à l’issue de Yom Kippour, précisément quelqu’un qui a encore son père et sa mère. A la synagogue, ici, nous n’avons pas une telle pratique.
Comme vous l’avez demandé, vous trouverez ci-joint, en retour, vos listes qui ont été recopiées. Vous continuerez sans doute à nous les adresser et vous voudrez bien, à l’avenir, nous en envoyer d’emblée une copie, car il n’est pas aisé de les reproduire.
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La liste et la contribution au Maamad ont bien été reçues. Je les ai transmises au Rabbi, le 10 Kislev.
Chaque collecteur principal du Maamad a reçu un Torat Chalom et vous consulterez la fin du premier paragraphe du fascicule qui définit la paix comme la perfection de la finalité ultime.
Notes
(1) Cette lettre a été adressée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) De l'Admour Hazaken, le 19 Kislev. (3) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°425. (4) Le Rav Pin’has Althuiz, qui revenait de Terre Sainte. (5) Le Rav Moché Gour Aryé, de Tel Aviv, responsable du Maamad pour la Terre Sainte. Voir, à propos du Maamad, les lettres n°513 et 520. (6) La première était à Lod et la seconde, à Tel Aviv. Le Rav Kasselman était alors le guide spirituel de l’une et de l’autre. (7) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Nissan Nemanov, de Brunoy, France. Voir, à son propos, la lettre n°440. (8) Du précédent Rabbi. (9) De la région parisienne. (10) Shekels. (11) Voir, à ce propos, la lettre n°557. (12) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Mena’hem Zeev Gringlass, de Montréal. Voir, à son propos, la lettre n°419. (13) Dont le précédent Rabbi avait demandé la réimpression. (14) Les descendants de l’auteur. (15) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre envoyée au Rav Ch. D.
Lettre n°549
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°549, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, [Milieu de Kislev 5710]
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, qui vient de paraître. Il est sûrement inutile de vous souligner l’importance de le consulter, de l’étudier et de lire attentivement la lettre de mon beau-père, le Rabbi Chlita, au début et à la fin du fascicule.
Il est donc tout aussi inutile de vous montrer la nécessité de mettre ce fascicule à la disposition du plus grand nombre. Sa première lettre dit, en effet, "bien au contraire"(1) et l’on peut donner, à ce propos, l’explication suivante:
A) Du point de vue des hommes: Nous avons désormais besoin d’une lumière plus forte et plus large, du fait de la chute qualitative de notre époque, car quel est le mérite de la génération? Et si nos prédecesseurs étaient comme des anges...(2).
En outre, la chute est également quantitative. Les événements que nous avons vécus dernièrement ont particulièrement diminué le nombre des Juifs, en général et de manière spécifique.
B) Du point de vue céleste: Chaque année, éclaire une lumière nouvelle, émanant d’une source particulièrement élévée, qui n’a encore jamais illuminé le monde, comme l’explique Igueret Hakodech, au chapitre 14. Il faut donc multiplier les réceptacles susceptibles de la contenir.
Plus précisément, s’approche le temps de l’accomplissement de la promesse selon laquelle "en son temps, Je la hâterai"(3). Le Machia’h viendra et se révélera et le réceptacle pour cela est la lumière de la ‘Hassidout, comme l’explique longuement le discours de Sim’hat Torah 5690.
La condition nécessaire pour obtenir tout cela est la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur. L’émanation doit parvenir également en un endroit qui, jusqu’alors, pouvait être qualifié d’extérieur.
En tout lieu, il convient d’élargir le réceptacle contenant la lumière du Machia’h.
Puisse Dieu faire que toutes les bénédictions énoncées dans ces lettres s’accomplissent pleinement, très bientôt et de nos jours.
Notes
(1) Le précédent Rabbi disait: "A l’occasion du 19 Kislev, qui approche, je vous transmets une copie de ma lettre de 5687, qui montre l’importance d’étudier et de diffuser la ‘Hassidout. Cette lettre conserve toute sa valeur et bien au contraire". (2) Nous sommes comme des hommes et s’ils étaient comme des hommes, nous sommes comme des ânes. (3) La délivrance.
Lettre n°550
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°550, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, [16 Kislev 5710]
Vous m’interrogez sur l’explication que j’ai donnée(1) du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, pour ce qui concerne les interruptions. Je faisais, en effet, une distinction entre différentes situations, Tsitsit et autres et j’indiquais que ceci peut être comparé à l’interruption, lors de la lecture du Chema Israël ou de la prière, permettant d’en lire la totalité.
Vous me faites remarquer que l’interruption, concernant le Chema Israël et la prière, n’est définie comme telle qu’en cas de force majeure, ce qui n’est pas le cas des situations que j’évoquais.
Mais, cela ne concerne pas mon explication, car, même si vous ne l’acceptez pas, il faut encore comprendre pourquoi une interruption qui ne correspond pas à un cas de force majeure n’est pas définie comme telle, pour le Chema Israël et la prière.
En fait, la différence est bien simple. La particularité du Chema Israël et de la prière est que l’on est obligé de les dire. Une interruption est donc inconcevable, si ce n’est dans un cas de force majeure, susceptible de suspendre cette obligation. A l’opposé, toutes les situations précédemment évoquées étaient celles de Mitsvot déjà pleinement accomplies(2).
Vous m’interrogez sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 8, traitant de "celui qui dort pendant la journée", mais ceci n’est nullement comparable, puisqu’il s’agit d’une interruption qui entraine une perte de conscience. Vous consulterez, en particulier, le chapitre 26.
Il semble qu’il y ait une faute d’imprimerie dans la référence du paragraphe 30. Il faut, en fait, lire "Rav M.M.", ce qui fait allusion au Maharam Mints.
Ajout ultérieur:
On peut aussi s’interroger à propos de l’étude de la Torah, puisque la bénédiction prononcée le matin reste valable toute la journée, même si l’on s’interrompt, même si l’on dort. On peut toutefois dire que l’obligation d’étudier la Torah est particulière, du fait de sa force, puisqu’il est dit(3): "Il a fait honte à la Parole de Dieu". Et celui qui est en situation de force majeure reste tenu de l’étudier, mais se trouve, néanmoins, dans l’impossibilité de s’acquitter de cette obligation.
En tout état de cause, on peut se demander pourquoi un ignorant, qui ne peut étudier la Torah, s’acquitte de son obligation par la bénédiction qu’il récite le matin, bien qu’il ait lu le Chema Israël du soir et que "ses paroles inutiles sont permises(4)", selon le huitième chapitre du Tanya.
On peut aussi se demander ce qu’il en est de tout cela pour celui qui perd un proche et l’enterre immédiatement. En effet, celui-là est dispensé de la pratique de toutes les Mitsvot(5), selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 71. Or, peut-on imaginer une plus grande interruption que celle-ci?
Notes
(1) A la lettre n°544. (2) Lorsque survient l’interruption. (3) De celui qui la néglige. (4) Puisqu’il est incapable de dire des paroles de Torah. (5) Entre l’instant de la mort de ce proche et la fin de l’enterrement.
Lettre n°551
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°551, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Kislev 5710,
Au grand Rav, descendant d’une prestigieuse lignée,
‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Y.Leiner(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre article(2) intitulé Le Gaon de Vilna, l’homme de la partie révélée de la Torah et de son enseignement caché.
Pour témoigner de mon appréciation, je formulerai quelques remarques, selon l’ordre des pages. Nos Sages disent, en effet, au traité Baba Metsya 84a(3): Il remarquait: Une Boraïta conforte ta position... Il lui dit: Chaque fois que je citais un enseignement, il soulevait... auxquelles j’apportai... Crois-tu que je ne sais pas que mon enseignement est exact?:
A) Page 168: Le Radak, commentant le verset Chmouel 2, 15, 21, explique la différence entre la manière de lire la Torah et la façon de l’écrire. Il développe une même explication dans l’introduction de son commentaire.
Or, les lecteurs de Talpyot ne sont pas uniquement des Juifs orthodoxes, craignant Dieu et inébranlables dans leur foi. A mon humble avis, on ne peut reproduire, en l’état, tout ce qui a été écrit, en la matière, par les grands exégètes et penseurs d’Israël, tout comme on ne peut publier dans un périodique ce que dit le Abrabanel, dans son introduction au commentaire de Yermyahou, à propos de la distinction devant être faite entre la manière de lire les versets de ce prophète et celle de les écrire. Même si l’on est tenu de reproduire un tel texte, on peut au moins ajouter une note, précisément que cette position ne fait pas l’unanimité.
En l’occurrence, ce que dit le Radak s’oppose, en effet, à l’interprétation de nos Sages, exprimée au traité Nedarim 37b, que vous citez vous-même dans votre article. La position de la Kabballa, sur la différence entre la manière de lire et d’écrire les versets, peut être trouvée dans le Or Torah du Maguid de Mézéritch, à la Parchat Kora’h, cité par le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Vaykra et dans le Likouteï Torah Chir Hachirim, au commentaire du discours ‘hassidique intitulé tu as capté mon coeur, ma soeur, ma fiancée, paragraphe 6. Ces textes disent que la manière d’écrire un verset correspond au monde de la pensée, qui est le monde caché et la manière de le lire, au monde de la parole, qui est le monde révélé.
B) Page 171: A propos de Rabbi Yaakov paye(4), vous consulterez le commentaire des Tossafot, à la fin du premier chapitre du traité Guittin, selon lequel il s’agit ici de la formulation de la Boraïta.
Vous consulterez également le Chomer Emounim, du Rav Y.Irgas, seconde introduction, fin de la première proposition.
C) Page 174: Vous dites que le Rambam avait connaissance de l’enseignement de la Kabballa(5). C’est effectivement ce que dit mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui le reçut de son père et maître(6), lequel le reçut lui-même de son maître, jusqu’au Baal Chem Tov: Le Rambam était un grand Kabbaliste. Ceci figure dans le Sefer Hasi’hot Kaïts 5700, à la page 41.
Je notais, dans les références de ce texte, en bas de page, que l’on peut s’interroger sur ce que dit le Chaar Haguilgoulim du Ari Zal, introduction 36 et recueil, selon lequel le Rambam n’a jamais étudié la Kabballa, conformément à la source de son âme. J’ai cité, à ce propos, le Chemot Haguedolim du ‘Hida.
D) Page 180: Vous dites que le Gaon de Vilna, par son inspiration divine, ainsi qu’il est dit: Dieu confie Son secret à ceux qui Le craignent, put établir que Na’hchon était mort à Kivrot Hataava. On peut s’interroger sur une telle affirmation, pour différentes raisons, d’autant que le Gaon de Vilna précise lui-même ses sources. Commentant l’affirmation du Séder Olam selon laquelle Na’hchon mourut la seconde année(7), il dit: Il mourut à Kivrot Hataava, car il était l’un des dignitaires du campement.
Il indique ainsi que tous ceux qui étaient sortis d’Egypte, à l’exception de ceux qui étaient morts à la suite d’une punition, seraient entrés en Erets Israël, si ce n’était la faute des éclaireurs et peut-être était-ce pour cette raison que le partage de la Terre Sainte fut fait en fonction de ceux qui avaient quitté l’Egypte.
Or, le verset parle de la mort des Justes dans la seconde année, lorsque Na’hchon quitta ce monde, ainsi qu’il est dit: Elle atteint l’extrémité du campement. Rabbi Chimeon Ben Menassya explique, dans le Sifri, les dignitaires(8), les grands du campement. Ceci se passa à Tavéra, mais le verset Masseï 33, 16 permet d’établir que ce lieu était inclus dans Kivrot Hataava.
C’est ainsi que l’on peut interpréter le verset Beaalote’ha 11, 34: Et il appela cette endroit Kivrot Hataava, c'est-à-dire l’endroit mentionné au verset 13, 3, puisqu’il n’est, entre temps, question d’aucun voyage. Vous consulterez, à ce propos, le Sifri.
Telle est donc la conception du Gaon de Vilna et elle soulève une difficulté, d’après les écrits du Ari Zal, commentant le verset Devarim 10, 22, qui disent que Tavéra et Kivrot Hataava sont deux niveaux différents, identifiés aux Sefirot de Kéter et Bina.
Je suis surpris de tout cela, car l’explication de nos Sages permet d’établir que Na’hchon est bien mort à Kivrot Hataava. En effet, dans le Sifri, commentant le verset et les plus méprisables parmi eux, Rabbi Chimeon Ben Menassya dit: Il s’agit des anciens, ainsi qu’il est dit: rassemble(9) pour Moi soixante dix anciens. Le Yalkout Chimeoni les cite nommément et mentionne également Na’hchon.
On peut donc se demander pourquoi le Gaon de Vilna et le Meï Chiloua’h ne citent pas cette preuve irréfutable.
E) Page 188: Vous dites que les disciples du Gaon de Vilna s’opposèrent à lui sur l’enseignement de la Kabballa. L’exemple le plus flagrant est la controverse qui se fit jour sur une notion fondamentale, celle du Tsimtsoum(10).
L’Admour Hazaken adopte la position de ceux qui considèrent que cette rétractation de la Lumière divine ne doit pas être interprétée au sens littéral et il exclut totalement la conception contraire, au septième chapitre de Chaar Hay’houd Vehaémouna. Le Gaon de Vilna, en revanche, définit le Tsimtsoum au sens littéral, dans son recueil commentant le Sifra De Tsinouta. Il semble que ce soit pour cette raison que le Tsavaat Haribach(11) ait été brûlé, à Vilna, selon le chapitre 12 du Beth Rabbi. Et vous consulterez également la lettre de l’Admour Hazaken, imprimée à cette référence.
Rabbi ‘Haïm de Wologhin(12) n’interprétait pas non plus le Tsimtsoum au sens littéral, comme l’indique son Néfech ‘Haïm, porte 3, chapitre 7. Mais, il ne dit pas que tel est l’avis des ‘Hassidim et non celui de son maître.
F) Page 184: Des exemples de Décisionnaires s’opposant sur la manière de trancher la Loi, mais non sur l’attitude à adopter concrètement peuvent être trouvés dans le Sdeï ‘Hemed, à la fin des principes des Décisionnaires.
G) Page 188: Vous citez la date de l’été 5536(13) qui apparait bien dans plusieurs éditions du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, mais il s’agit, à l’évidence, d’une erreur d’imprimerie, car le Maguid de Mézéritch quitta ce monde en 5533(14) et il faut donc dire ici 5532(15). C’est ce qui figure dans le manuscrit de cette réponse de l’Admour Hazaken, qui se trouve dans la collection de mon beau-père, le Rabbi Chlita(16).
Le Chéérit Israël du Rav Y.D. de Vilednik dit que il est interdit de rectifier les livres, car chaque erreur a sa raison d’être. On ne doit même pas supprimer une erreur évidente, mais simplement noter en marge qu’il s’agit d’une erreur d’imprimerie. Le véritable sage mentionnera donc toutes les versions qui existent de ce livre.
Je conclus en vous marquant mon respect et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yerou’ham Leiner, de Londres. Voir les lettres n°188 et 195. (2) Paru dans la revue Talpyot de Tamouz 5709, à la page 167. (3) Rech Lakich tomba malade. Son épouse, soeur de Rabbi Yo’hanan, vint et pleura devant lui. Elle implora Dieu: Pardonne lui, pour le salut de mon fils. Mais, il dit: Laisse ces orphelins, Je les maintiendrai en vie. Elle pria encore: Pardonne lui pour que je ne sois pas veuve. Mais, il dit encore: Que vos veuves placent leur confiance en Moi. Rabbi Chimeon Ben Lakich perdit alors la vie et Rabbi Yo’hanan en conçut beaucoup de peine. Les Sages demandèrent: Qui ira alléger sa peine? Rabbi Eléazar Ben Pedath le fera, dont les raisonnements sont si subtiles. Il se rendit auprès de lui et prit place près de lui. Chaque fois que Rabbi Yo’hanan faisait mention d’un enseignement, il remarquait: Une Boraïta conforte ta position. Il lui dit: Es-tu comme Ben Lakich? Chaque fois que je citai un enseignement, il soulevait vingt quatre objections, auxquelles j’apportais vingt quatre explications, de sorte que le sujet pouvait être approfondi, alors que tu te contentes de dire: Une Boraïta conforte ta position. Crois-tu que je ne sais pas que mon enseignement est exact?. Il continua donc à déchirer ses vêtements et à se lamenter. Il s’exclamait: Où es-tu Ben Lakich? Où es-tu Ben Lakich? et cria jusqu’à en perdre la raison. Alors, les Sages prièrent pour lui et il perdit la vie. (4) La moitié du dégât causé, formulation talmudique dans laquelle l’action prônée est apparentée au Sage, auteur de cet enseignement. (5) Voir, à ce propos, les lettres n°298, 399, 495. (6) Le Rabbi Rachab. (7) Après la sortie d’Egypte. Il s’agit ici de Na’hchon Ben Aminadav, mari de Miryam, qui traversa le premier la Mer Rouge et par le mérite duquel elle s’ouvrit. (8) Faisant un rapprochement entre Katsé, l’extrémité et Katsin, le dignitaire. (9) Faisant un rapprochement entre Asafsouf, les plus méprisables et Assef, réunir. (10) Voir, à ce propos, la lettre n°11. (11) Du Baal Chem Tov. (12) Disciple du Gaon de Vilna. (13) 1776. (14) 1773. (15) 1772. (16) Et dont la photocopie est imprimée dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken paru aux éditions Kehot.
Lettre n°552
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°552, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Kislev 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 15 Mar’Hechvan, exposant les instructions que vous a données le Rabbi(2) à propos du Mikwé et je vous en remercie(3). Dès réception, j’en ai adressé une copie à celui qui m’interrogeait, bien évidemment en mentionnant votre nom. Vous trouverez ci-joint un autre exemplaire de cette copie.
A priori, les questions suivantes se posent:
A) Si les deux bassins sont construits l’un à côté de l’autre, il y a, en permanence, la possibilité de vérifier que celui qui contient l’eau de pluie possède bien la quantité nécessaire. En effet, le sol absorbe, chaque jour, une quantité indéterminée d’eau ou encore la terre se dépose au fond du bassin.
Il n’en est pas de même lorsque les deux bassins se trouvent l’un au dessus de l’autre. Et, très souvent, on ajoute, de toute façon, de l’eau, chaude ou froide, dans le bassin supérieur. Il peut donc s’écouler un certain temps avant que l’on s’aperçoive qu’il manque de l’eau.
B) Au paragraphe 4:
L’eau s’élève sur le sol(4). On peut peut-être expliquer qu’il s’agit d’éviter que se rassemblent trois Log d’eau distribuée par le service public dans la partie basse du bassin supérieur, avant le passage de l’eau de pluie.
En tout état de cause, que doit-on faire lorsque l’on entretient le bassin supérieur sans toucher au bassin inférieur?
C) Au paragraphe 6: Il est, semble-t-il, difficile de se tremper en allongeant l’ensemble de son corps, car l’eau porte vers le haut et il faut donc se tenir quelque part.
C’est ce que dit le Tikoun Hamikwé de l’Admour Hazaken: On se tiendra de la main. Il en résulte que le corps aura des plis et la précaution prise de cette façon aboutit donc à une situation moins scrupuleuse.
D) Au paragraphe 9: Vous dites: Sur la terre de la cour, avec l’intention de le faire.
Je ne sais pas de quelle intention il s’agit ici(5).
E) Au paragraphe 14: Vous dites que le Mikwé doit contenir 726 litres d’eau et j’en suis un peu surpris. Ayant adopté les avis les plus rigoristes dans tous les domaines précédemment évoqués, pourquoi ne le faites-vous pas en la matière, en demandant 757,5 ou même 762 litres? C’est ce que dit le Tel Talpyot, édition de 5666(6), au paragraphe 8. Ses propos sont reproduits dans le Kitsour Choul’han Arou’h du Rav Feldman. Il faut consulter également le Darkeï Techouva, chapitre 19, paragraphe 27, dont je ne dispose pas.
Je vous remercie d’avance pour vos explications et vos éclaircissements, avec un Alef(7), concernant tous ces points.
Vous avez sûrement déjà reçu l’index(8) et je vous remercie de me communiquer vos remarques et vos compléments, à ce propos.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en saluant les membres de votre famille,
M. Schneerson,
Je viens de me procurer le Darkeï Techouva précédemment cité et, selon l’interprétation du ‘Hatam Sofer, 779 litres sont nécessaires. Ce point est discuté au premier paragraphe du Chiyoureï Torah, qui adopte une position très peu rigoriste, en la matière, par le Arougat Habossem et par le Netivim Bemeï Hayam, tome 3, chapitre 23, qui vient d’être imprimé en Terre Sainte.
Notes
(1) Le Rav Yaakov Landa. Voir la lettre n°417. (2) Rachab. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°439. (4) Du bassin dans lequel on se trempe. Voir, à ce propos, la lettre n°585. (5) Dans la version imprimée de la lettre du Rav Landa, l’expression avec l’intention de le faire fut supprimée. (6) 1906. (7) Eara avec un Aïn signifie remarque et, avec un Alef, éclaircissement. (8) Des discours ‘hassidiques du Rabbi Rachab.
Lettre n°553
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°553, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Kislev 5710,
A madame H. D. Goldshmitt-Gour Aryé(1),
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Kislev, m’apprenant que vous avez fondé un Beth Rivka et espérez créer également un jardin d’enfants. Je vous en remercie.
J’ai été sensible au fait que vous vous êtes enfin décidée à garder la vigne de mon père(2). A l’époque du premier Temple, lorsque les Juifs se trouvaient l’un dans sa vigne et l’autre sous son figuier(3), on se préoccupait déjà du fait que j’ai été chargé de garder les vignes et qu’en conséquence, je n’ai pu garder ma propre vigne.
Combien plus doit-il en être ainsi à l’époque actuelle, alors que les esprits sont troublés d’une manière effroyable, que l’on fait passer l’obscurité pour de la lumière. Il faut donc se soucier encore plus clairement du fait que je n’ai pu garder ma propre vigne.
Ceci concerne, plus spécifiquement, ceux qui sont capables d’assumer une telle mission et s’occupent, de toute façon, de garder les vignes.
En saluant votre mari, le Rav N.et en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Madame Dévora Gour Aryé, épouse du Rav Na’houm Goldshmitt, que le précédent Rabbi avait encouragé à oeuvrer pour l’éducation des jeunes filles, en Terre Sainte. (2) En se consacrant aux besoins de ceux qui sont proches. (3) Dans l’opulence matérielle.
Lettre n°554
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°554, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Sixième lumière(1),
Veille de la septième 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Y.(2),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre. Il vous a été demandé de clarifier la position exprimée par l’Admour Hazaken, dans le Torah Or, au discours intitulé le 25 Kislev. Il dit, en effet, que le soir, on allumait les sept lumières(3), alors que, le jour, il suffisait d’allumer la sixième. On peut en conclure qu’il adopte la position des Décisionnaires selon lesquels le Chandelier est posé d’est en ouest.
Vous vous demandez donc pourquoi l’Admour Hazaken appelle cette sixième lumière, la lumière occidentale, alors que, selon Rachi, commentant le traité Chabbat 22b, elle est la seconde lumière. Vous consulterez, à ce propos, les responsa ‘Hatam Sofer Ora’h ‘Haïm, chapitre 186.
De fait, on doit s’interroger sur ce discours ‘hassidique, car l’Admour Hazaken y explique que, le jour, on allume la sixième lumière après en avoir retiré les cendres, puis on allume la septième et non uniquement la sixième.
Voici ce que l’on peut répondre à tout cela:
A) J’ai, par ailleurs, expliqué longuement comment était disposé le Chandelier, comment l’on en ôtait les cendres et comment on l’allumait, en particulier d’après la conception du Rambam, exposée dans son commentaire de la Michna et dans le Michné Torah, de même que les modifications introduites dans le second texte par rapport au premier.
Le discours ‘hassidique auquel vous faites allusion suit l’opinion de ceux qui considèrent que: 1. le chandelier était allumé uniquement la nuit, ce qui n’est pas l’avis du Rambam, 2. il était disposé d’est en ouest, comme le dit le Rabad, qui le précise également dans son commentaire du traité Tamid, figurant dans l’édition de Vilna du Talmud, 3. on allumait, le jour, les deux bougies qui se trouvaient à l’est, selon les responsa du Rachba, aux paragraphes 79 et 309, le Ramban commentant le traité Chabbat 22b et le verset Chemot 27, 20.
On peut considérer que les Tossafot, sur le traité Mena’hot 86b, envisagent uniquement l’interprétation de Rachi pour la discuter. En effet, aux traités Chabbat 22b et Mena’hot 86b et 88b, Rachi précise que le miracle se produisait sur une seule lumière. Mais, ce point ne sera pas discuté ici. 4. La lumière occidentale est la seconde, de l’ouest vers l’est, c'est-à-dire la sixième, ce qui contredit le commentaire de la Michna du Rambam et l’avis de Rachi, exprimé au traité Mena’hot 98b, selon lequel la lumière occidentale est la plus proche du Saint des Saints. Il a déjà été remarqué que Rachi contredit son propre avis, qu’il expose, par ailleurs, sur le traité Chabbat.
B) Rachi stipule, s’agissant de la lumière occidentale, qu’elle est la seconde, alors que, pour l’Admour Hazaken, elle est la sixième. En effet, Rachi explique pourquoi on allume précisément cette lumière et il indique qu’elle est la première qui vient à portée et la seconde, par rapport à la manière d’entrer.
L’Admour Hazaken, par contre, explique pourquoi il suffit d’allumer cette lumière là. En effet, Yessod, l’Attribut du Fondement, le sixième, est essentiellement à l’origine de l’influence accordée à la création. Il souligne donc que cette lumière est la sixième.
Les Attributs de l’émotion, classés par ordre décroissant, sont ‘Hessed, la bonté, Guevoura, la rigueur, Tiféret, l’harmonie, Nétsa’h, la victoire, Hod, la soumission, Yessod, le fondement et Mal’hout, la royauté. Ainsi, les qualités de la Sainteté, dans le Sanctuaire et dans le Temple, sont classées par ordre décroissant, c'est-à-dire d’ouest en est, de sorte que Yessod, le fondement, correspond à la sixième lumière d’ouest en est, qui est la seconde d’est en ouest.
C) Au début de ce discours ‘hassidique, il est dit que l’on allumait la sixième lumière, alors que l’on allumait également la septième, comme cela est précisé par la suite.
C’est, en effet, les termes du verset qui sont reproduits ici, puisque la Torat Cohanim, le Sifri, le Talmud et différents textes ne parlent que d’une seule bougie.
Néanmoins, le Sage s’exprimant à la fin du troisième chapitre de Tamid précise que l’on doit systématiquement allumer aussi celle qui se trouve à l’est de celle-ci. Toutefois, on le fait uniquement pour que cette lumière puisse être définie comme occidentale par rapport à elle, comme le disent le Ramban et le Ramban. Il n’y a pas, en revanche, d’obligation spécifique de l’allumer.
D) Il nous reste à comprendre pourquoi, au début de ce discours, seule la sixième lumière est mentionnée, alors que la septième est introduite uniquement par la suite.
On peut le justifier de la manière suivante. Au début de ce discours, il est question de révéler ‘Ho’hma, l’Attribut de découverte intellectuelle à ceux des sentiments. Il est donc indiqué qu’au commencement du jour, cette révélation peut être limitée à l’Attribut du fondement, Yessod. Celui-ci la transmet ensuite à ‘Hessed, Guevoura et Tiféret. On peut le comprendre en considérant les additifs au Torah Or, à la fin de la Parchat Vaye’hi, commentant le verset Yossef est venu te voir. Et Israël se renforça.
De ce point de vue, l’allumage de la septième lumière est sans importance et elle n’est donc pas mentionnée. Mais, par la suite, il est dit que l’influence divine parvient aux stades les plus bas de la création, jusqu’à l’Attribut de Mal’hout, jusqu’à la révélation effective, c'est-à-dire jusqu’à la septième lumière. Le Or Hatorah du Tséma’h Tsédek cite, à ce propos, l’interprétation qui est donnée dans le Biyoureï Hazohar, à la fin de la Parchat Balak.
Il est donc dit, par la suite, que l’on allume la septième lumière. Et l’on précise bien par la suite car, d’après la partie révélée de la Torah comme d’après sa dimension morale, l’allumage de la septième lumière est une conséquence de celui de la sixième.
E) Vous me demandez comment les jours de ‘Hanouka correspondent-ils aux Attributs de l’émotion. Le discours ‘hassidique intitulé Béni soit Celui Qui fit des miracles, imprimé dans les additifs du Dére’h Emouna, à la fin du chapitre 4, explique que les sept premiers jours correspondent aux sept jours antérieurs de Atik Yomin. Quant au huitième, il s’appelle Zot ‘Hanouka et il est lié à Mal’hout. La sixième lumière est donc bien celle de Yessod.
Définis de cette manière, les jours de ‘Hanouka correspondent à ceux de Soukkot, qui présentent, en outre, d’autres points communs avec eux, comme le souligne la ‘Hassidout, dans les discours prononcés à l’occasion de la fête de ‘Hanouka.
Néanmoins, à la fin des résumés du discours ‘hassidique intitulé car Tu es ma Lumière, qui sont imprimés dans le Or Hatorah du Tséma’h Tsédek, il est dit que l’on alluma de cette huile pendant huit jours, soit de Bina, l’analyse raisonnée(4), à Mal’hout, la royauté. On pourrait en conclure que c’est le septième jour de ‘Hanouka(5), qui introduit Yessod, mais ce point ne sera pas développé ici.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) De ‘Hanouka. C’est sur cette lumière que portera l’explication développée dans cette lettre. (2) Le Rav Yaakov Israël Zuber. Voir les lettres n°207 et 217. (3) Du Chandelier, dans le Temple. (4) Qui est donc un Attribut de l’intellect et non de l’émotion, bien qu’il soit à l’origine de tous les sentiments. (5) Et non le sixième.
Lettre n°555
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°555, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tévet 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre abordant le problème de l’éducation des enfants de ceux qui émigrent actuellement en Terre sainte. Cette question est examinée depuis plusieurs mois(2). Des réunions ont été tenues en présence de mon beau-père, le Rabbi Chlita, pour déterminer ce que doit être l’intervention de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, en la matière.
A mon humble avis, pour répondre à votre question, voici la liste de nos besoins, dans ce domaine, des bâtiments, des éducateurs, des directeurs et surtout une personne qui prendrait la responsabilité de cette activité et des fonds pour couvrir les dépenses.
Si l’on désire que cette entreprise soit durable, elle doit, au début, garder des dimensions modestes, c'est-à-dire se limiter à quelques dizaines d’enfants. Par la suite, on verra de quelle manière développer et élargir.
Néanmoins, les besoins précédemment définis sont nécessaires depuis le début et la question qui se pose est donc la suivante. Y a-t-il, chez vous, quelqu’un qui puisse assumer cette tâche et désire en prendre la responsabilité? Bien entendu, il recevra un salaire, d’un montant moyen. Avez-vous de bons éducateurs? Disposez-vous d’un édifice prêt pour cela ou ne demandant que des travaux limités?
Si c’est le cas, nous trouverons ici les fonds nécessaires pour les premières semaines et je précise bien les premières, car, d’après les discussions que nous avons pu avoir avec des responsables communautaires de Terre Sainte, il est clair que le département pour la Alya des jeunes pourra accorder une subvention forfaitaire par enfant, si une école est dirigée par quelqu’un de compétent. En outre, il est pratiquement certain que ce département prendra également en charge les frais d’entretien des locaux.
Bien évidemment, il faudra commencer par les enfants, se trouvant dans les camps de transit, qui ont un âge en rapport avec les programmes du département pour l’Alya des jeunes.
Il est, bien sûr, inutile de décrire la grande importance d’une telle action et l’immense prestige qui peut en résulter pour l’association des ‘Hassidim ‘Habad. Il est tout aussi clair qu’une telle activité peut connaître un très large développement et présenter des avantages que l’on n’imagine même pas.
Il faut, pour cela, qu’elle soit prise en charge par un homme compétent et plein d’empressement.
Vous proposez qu’un appel soit lancé, pour cela, en Terre Sainte, que le grand Rabbinat vous donne des lettres de recommandation. Mais, une telle manière de procéder risque d’être particulièrement longue. De plus, les moyens nécessaires pour lancer un appel sont chaque jour plus difficiles. Même ceux qui sont instaurés de longue date sont maintenant beaucoup moins fructueux. Et le fait d’en introduire de nouveaux pourraient supprimer la possibilité d’obtenir des subventions pour ces institutions.
Autre point, qui est essentiel, qui, parmi les ‘Hassidim, possède les qualités et l’expérience pour collecter des fonds?
Je conclus en saluant tous les vôtres et j’attends votre réponse sur tous ces points,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Moché Gour Aryé, de Tel Aviv. Voir la lettre n°418. (2) A la demande du précédent Rabbi. Voir la lettre n°559 pour ce qui concerne l’Afrique du Nord.
Lettre n°556
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°556, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Tévet 5710,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et j’ai appris avec plaisir, bien que de manière indirecte(1), que vous allez bien, que vous avez un temps fixé pour l’étude de la ‘Hassidout, ce qui inclut sans doute les discours de mon beau-père, le Rabbi Chlita, même si vous ne le précisez pas clairement.
Il y a quelques temps, j’ai longuement écrit(2), à une autre occasion, que toutes les bénédictions se révèlent par l’intermédiaire de l’âme collective(3) et ceci ne se limite pas uniquement au domaine spirituel. Le Rabbi(4) disait: En étudiant mon enseignement, tu deviendras mon ‘Hassid. Il y a là une leçon pour toutes les générations sur la manière de s’attacher(5), ce qui doit être par l’intermédiaire de son enseignement. Tout cela est particulièrement vrai pour les ‘Hassidim ‘Habad, mais ce point ne sera pas développé ici.
Je fais réponse aux questions soulevées à l’occasion de votre étude:
A) Le Sidour(6), à la fin de la porte de Soukkot, dit: A Chemini Atséret, on célèbre les Hakafot en tenant un Séfer Torah. Il s’agit là d’une coutume de nos prophètes et d’une coutume uniquement, mais la joie qui l’accompagne et qui est celle de la Torah elle-même, est particulièrement élevée.
Vous demandez ce qui permet d’affirmer qu’il s’agit d’une coutume des prophètes. En effet, le Likouteï Torah, au second discours intitulé et vous puiserez de l’eau, se contente de dire: il s’agit uniquement d’une coutume, sans faire référence aux prophètes. Et, il en est de même dans le Sidour Maharid.
Si l’on considère qu’il n’y a pas de faute d’imprimerie dans le Sidour de l’Admour Haémtsahi, la question soulevée se pose réellement et l’on peut montrer, quoique avec quelques difficultés, qu’il s’agit bien d’une coutume des prophètes, en introduisant une notions préalable.
Ce discours ‘hassidique fait une différence entre les libations de vin, les libations d’eau et les Hakafot, qui révèlent l’attribut d’analyse raisonnée, Bina, celui de la découverte intellectuelle, ‘Ho’hma, et les forces qui entourent ce dernier.
Les libations de vin, correspondent à Bina, l’analyse raisonnée et sont donc clairement définies par la Torah, elle-même liée à cet Attribut. Les libations d’eau, découlant de ‘Ho’hma, la découverte intellectuelle, peuvent et doivent donc être établies par la Loi Orale, elle-même liée à cet Attribut. Enfin, les Hakafot, pratiquées avec un Séfer Torah, sont bien les forces qui entourent la découverte intellectuelle et la transcendent, tout comme elles dépassent, a fortiori, l’analyse raisonnée. Ainsi, il ne peut s’agir d’une Loi, pas même instaurée par les Sages et ce ne peut donc être qu’une coutume des prophètes.
Les Hakafot ont plusieurs caractéristiques: 1. Elles sont célébrées avec le Séfer Torah lui-même. 2. Elles touchent seulement l’action concrète et non la compréhension, les sentiments, les pensées, les paroles ou les actions. 3. Elles consistent à sortir le Séfer Torah de l’Arche Sainte pour le faire tourner, comme le dit le Sidour. 4. Puis, on tourne en le tenant.
Ces actions reçoivent également un sens allusif:
1. Il s’agit d’un Séfer Torah et la joie est donc celle de tout Israël, qui n‘est pas limitée à Bina, l’Attribut d’analyse raisonnée, correspondant aux Leviim ou à ‘Ho’hma, l’Attribut de découverte intellectuelle,
désignant les érudits. De fait, un stade transcendant ces deux Attributs se révèle, dépassant même la lumière profonde de ‘Ho’hma. Car le début d’un processus est toujours lié à la fin(7).
2. Il s’agit d’une action concrète, qui est donc susceptible de révéler la Lumière entourant les mondes. Différents textes établissent l’importance des Mitsvot que l’on applique concrètement, avec la soumission d’un simple serviteur.
3. L’Arche sainte est liée à Ari’h Anpin, comme l’explique le Sidour. La Lumière qui entoure, obtenue par l’action concrète, est donc liée à ce niveau, c'est-à-dire également à ‘Ho’hma.
4. Puis, l’on tourne, avec le Séfer Torah et l’on peut ainsi intérioriser la lumière qui, par nature, ne fait qu’entourer et a une portée très générale. L’homme la reçoit donc d’abord en tournant, puis de manière droite, comme l’explique la causerie de Sim’hat Torah 5652(8), imprimée dans Torat Chalom.
Voici ce qu’il faut retenir de ce développement. Les points 1 et 3 définissent la nature de la lumière révélée. Les points 1, 2 et 3 indiquent comment l’obtenir et le point 4 précise comment elle peut être intégrée par l’homme.
Pour ce qui concerne le discours ‘hassidique du Sidour, on peut donc faire les distinctions suivantes entre les libations de vin, d’eau et les Hakafot. Celles-ci se limitent aux points 1, 2 et 3, qui sont des coutumes instaurées par le prophète, en l’occurrence le roi David, qui était effectivement prophète, comme l’indique Rachi, commentant le traité Meguila 14a.
En effet, quand on faisait sortir l’Arche Sainte, il dansait et sautait... et volontiers je m’humilierai davantage et me ferai petit à mes propres yeux, devant ces servantes, c’est auprès d’elles que je me glorifierai (Chemouel 2, 6). Dans ce domaine, la pratique de David le prophète est un exemple pour tout Israël, comme le dit le Rambam, à la fin des lois du Loulav.
En l’occurrence, cette pratique des prophètes n’était pas spécifique à Chemini Atséret, puisque l’on faisait sortir la Torah de l’Arche sainte, dans le Temple, que l’on tournait et que la joie était alors très intense. Il s’agissait bien d’une action concrète et, à cette occasion, on dansait.
De même, lorsque le Sidour dit que les Hakafot sont une coutume des prophètes, cela ne se limite pas au fait de tourner et n’exclut pas la possibilité de marcher droit. Car, il arrive d’extraire un Séfer Torah de l’arche sainte et de se réjouir concrètement et intensément, en dansant et non en étudiant.
Du reste, on apprend du roi Chlomo la nécessité de faire un repas à Sim’hat Torah, selon le début du Midrach Kohelet Rabba et le Tour Choul’han Arou’h, chapitre 669. Or, Chlomo est également l’un des quarante huit prophètes. Vous consulterez également le Zohar, tome 3, page 256b, le Tikouneï Zohar, Tikoun 21, page 56a, à propos de Sim’hat Torah.
B) Le discours ‘hassidique intitulé Zot ‘Hanouka, de 5660(9), dit, à la fin du paragraphe 8: C’est pour cette raison que les chefs de tribu offrirent des plats en argent, des cuillères en or, bien que les offrandes étaient d’ordinaire apportées dans des paniers égyptiens(10).
Vous remarquez que seule l’offrande de la femme Sotta est apportée dans un panier égyptien, selon le traité Sotta 2, 1. Quelques remarques: 1. Le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Nasso, 29b, reprend la même formulation. 2. Une question plus forte aurait pu être posée. Le traité Sotta 14b dit, en effet: Comment se passait les offrandes? On les apportait de chez soi dans des plateaux en argent ou en or. On peut en déduire que l’on ne pouvait les placer dans un panier égyptien.
L’explication de tout cela est la suivante. Pendant ces douze jours(11), le but essentiel des chefs de tribu était d’apporter des sacrifices, qui étaient, pour notre propos, des offrandes. Le verset parle, en effet, de l’inauguration de l’autel(12), ce qui fait plus clairement allusion aux sacrifices pratiqués sur cet autel, c'est-à-dire aux offrandes, à l’encens et aux sacrifices.
Néanmoins, les chefs de tribu voulurent également consacrer à Dieu les plateaux sur lesquels ces offrandes étaient apportées. A ce propos, il est donc précisé que, s’il s’agissait d’un panier égyptien, tissé avec des feuilles de palmier, celui-ci devait être laissé au Temple, mais non s’il s’agissait d’ustensiles en argent et en or, selon le traité Bikkourim 3, 5.
L’ordre adoptée pour l’offrande de la Sotta, par contre, était différent, car le panier restait profane et seule l’offrande qu’il contenait était consacrée.
C) Le discours ‘hassidique intitulé Cette nuit-là, de 5700(13), explique que, pendant le sommeil, deux points opposés peuvent se réunir. On peut ainsi rêver qu’un éléphant traverse le chas d’une aiguille. Vous notez que nos Sages affirment, au traité Bera’hot 55b, que l’on ne peut voir en rêve un éléphant traverser le chas d’une aiguille.
Lettre n°557
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°557, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Chevat 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre. Je vous joins le fascicule 74, qui vient de paraître(2). A n’en pas
douter, vous le mettrez, comme les précédents, à la disposition du plus grand nombre.
Vous consulterez, en particulier, la lettre de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui se trouve dans les additifs.
Vous voudrez bien me confirmer avoir reçu ce fascicule.
Je vous joins un reçu pour les versets de Ata Oreïta(3).
En vous souhaitant tout le bien et en saluant tous les vôtres,
M. Schneerson,
Je ne veux pas retarder l’envoi de ce fascicule jusqu’à ce que je puisse répondre aux questions que vous m’avez posées à propos du discours intitulé Zé Hayom. Sans en faire le voeu, je vous répondrai la semaine prochaine.
Pour une certaine raison, le reçu pour le Maamad(4), établi pour un montant de dix Shekels, ceux que vous aviez prêtés à ma mère et que j’ai remboursés ici, vous est transmis par le Rav N.Dolitski, qui doit passer par Paris.
Notes
(1) Le Rav Nissan Nemanov, de Brunoy. Voir la lettre n°440. (2) A l’occasion du 10-13 Chevat. (3) Qui sont vendus, à Sim’hat Torah, au profit du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°513, 520, 548.
Lettre n°558
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°558, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Chevat 5710(1),
Mon beau-père, le Rabbi(2), évoque, dans une de ses lettres(3), le décès de son père. Il écrit que les Justes protègent la terre. Aussi, même après avoir quitté ce monde, ils n’abandonnent pas leur troupeau et, bien plus, ils se présentent devant le trône céleste, s’adressent au Très Haut et Lui demandent de protéger le peuple d’Israël.
Il est clair que ceci s’applique également à mon beau-père, le Rabbi.
Pour notre part, nous devons maintenir et renforcer notre attachement à lui, avec encore plus de force et de vigueur. Pour cela, il nous faut apprendre ses discours, ses causeries, ses lettres, méditer profondément aux enseignements qu’ils contiennent et aux instructions personnelles que l’on a pu recevoir de sa part.
Ainsi, nous suivrons le droit chemin qui est le sien et nous adopterons ses pratiques pour l’éternité(4).
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre est la première que le Rabbi écrivit après le décès de son beau-père, le précédent Rabbi, survenu le 10 Chevat 5710. Elle est l’avant propos d’un fascicule de causeries de Rabbi Yossef Its’hak, édité à l’issue des sept jours du deuil. (2) Conformément à la Hala’ha, le Rabbi, pendant la première année du deuil, fait suivre la mention du nom de son beau-père de la formule que je sois l’expiation de son repos. Cette phrase, systématiquement employée, de manière abrégée, ne sera pas mentionnée dans la traduction française. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Imprimée dans le Séfer ‘Ho’hmeï Israël, paru à New York, en 5684, à la page 33. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Igueret Hakodech, chapitre 27.
Lettre n°559
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°559, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Chevat 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Lipsker(1),
Je vous salue et vous bénis,
Nous sommes encore désemparés et brisés par le décès. Il est bien difficile d’écrire une lettre. Mais, il est bien clair que la sainte volonté de mon beau-père, le Rabbi, était et est encore que l’on ne puisse constater aucun affaiblissement, ce qu’à Dieu ne plaise, dans quelque domaine que ce soit de l’oeuvre qu’il dirigeait.
Tous ceux qui étaient attachés à lui doivent donc se renforcer, avec encore plus de détermination, pour mener à bien la tâche qu’il leur a confiée. Et, à n’en pas douter, mon beau-père, le Rabbi continuera, à l’avenir, à leur accorder ses bénédictions pour qu’ils réussissent dans leur action communautaire et dans leur vie personnelle.
L’un des points que le Rabbi a évoqué devant moi, durant les jours précédant son décès était l’éducation des enfants juifs se trouvant en Afrique(2). Il entendait créer là, avec l’aide de Dieu, une branche de son activité éducatrice, afin de venir en aide à nos frères résidant dans cette contrée. Il s’agit d’y fonder et d’y diriger de bonnes écoles, de former des éducateurs locaux pour cela, de s’assurer qu’aucune injustice ne sera faite envers les jeunes de ces pays qui montent en Terre Sainte et de les protéger, là-bas, des influences hérétiques.
Le Rabbi m’a dit, à ce propos, qu’il vous écrirait pour vous demander de vous rendre en Afrique(4), de faire un constat de la situation, d’y organiser l’action et de la diriger. Vous serez également responsable des contacts permanents avec le Joint local(3), qui, peu à peu, prendra en charge les dépenses générées de cette façon.
Comme d’habitude, le Joint d’Afrique s’adressera au siège de France et, avec l’intervention du Rav B.G.(5), tout sera sûrement arrangé pour le mieux. Tel était le message du Rabbi. Entre-temps, le malheur a frappé et tout cela n’a pu être consigné par écrit.
Il a été décidé de poursuivre, avec l’aide de Dieu, tout ce qui a été entrepris par mon beau-père, le Rabbi, de se renforcer encore plus qu’auparavant, car, à n’en pas douter, telle est sa volonté. Je vous fais donc part de tout cela et vous demande si vous acceptez cette mission. Je suis convaincu que vous le ferez avec une grande joie. Vous voudrez bien me le faire savoir. Ainsi, je préviendrai le bureau(6), à Paris, qui se chargera des démarches administratives.
Le Joint mettra quelque temps avant de prendre les dépenses en charge, car il a l’habitude d’attendre d’abord des résultats concrets. Entre temps, nous vous enverrons une subvention d’ici, avec l’aide de Dieu. Les débuts seront difficiles, puis, comme l’a dit mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses causeries, me semble-t-il en citant le Baal Chem Tov, l’issue sera très fructueuse.
Mon beau-père, le Rabbi, pensait que vous deviez d’abord vous rendre en Afrique seul. Les membres de votre famille vous y rejoindront dans un second temps. J’ai entendu tout cela après avoir eu connaissance du fait que l’affaire qui vous a été proposée a été annulée et que vous avez repris votre activité précédente.
J’attends votre réponse immédiate.
En vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(7),
Notes
(1) Le Rav Mi’haël Lipsker, par la suite émissaire du Rabbi à Meknès, Maroc. Voir les lettres n°568, 578, 634*. (2) Du nord. (3) Comité américain d’aide aux réfugiés. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°568, 569, 571, 578, 578*, 585*, 607, 634, 642, 659, 695, 723, 758, 759, 765. (5) Le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. (6) Du Rav Gorodetski. (7) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°560
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°560, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, Roch ‘Hodech Adar 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint, la causerie du 19 Kislev 5710, qui vient de paraître et que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre. Il est expliqué, au début de ce fascicule, pourquoi la parution en a été rapide.
Il est maintenant difficile d’écrire et de répondre aux lettres, en particulier pour évoquer le décès, car qui nous consolera et comment serons-nous consolés?
Néanmoins, qui d’entre nous peut avoir connaissance de ce que Dieu ne nous révèle pas? Ce que nous savons, en revanche, c’est que chaque Juif est un "travailleur du jour", c'est-à-dire, selon l’explication du Tséma’h Tsédek donnée à Sim’hat Torah 5696(2), quelqu’un dont le rôle est d’apporter la lumière.
On sait que le Séfer Yetsira définit les trois dimensions du monde, l’espace, le temps et l’âme.
Lorsque le travailleur se trouve dans une situation normale, nos Sages nous préviennent et nous mettent en garde, soulignant qu’il manque d’empressement. Combien plus est-il nécessaire de le prévenir, lorsqu’il peut se tromper, ce qu’à Dieu ne plaise, considérant que seulement dans le passé, un Juste, dirigeant la génération, apportait la vitalité à tous ceux qui étaient liés à lui, selon le chapitre 27 d’Igueret Hakodech.
Même lorsque l’année est normale, nos Sages nous préviennent que "la journée est courte". Combien plus est-ce le cas quand l’année elle-même est courte, après le retrait des Justes qui ne sont pas remplacés, comme le dit le Yerouchalmi Bera’hot 2. Vous consulterez aussi le Midrach E’ha Rabba 1, 37.
En temps normal, la tâche d’illuminer par l’intermédiaire de la Torah est importante. Combien plus l’est-elle lorsque le soleil, celui du Juste, se couche, selon l’expression du traité Moéd Katan 28b, quand l’obscurité et la pénombre s’installent dans le monde. L’activité et la responsabilité des travailleurs sont alors bien plus importantes.
Mon beau-père, le Rabbi, a souligné que nous ne serions pas sauvés par nos gémissements(3), ni par le désespoir, ce qu’à Dieu ne plaise, la tristesse ou la faiblesse. Ce n’est pas ainsi que l’on quittera l’étroitesse et la peine pour retrouver la largesse et la clarté.
Notre but et notre objectif sont des résultats concrets, des pensées, des paroles et des actions positives. Selon l’expression du Rabbi, "le coeur doit convaincre le cerveau pour qu’il en résulte une action concrète".
Chaque ‘Hassid, élève de la Yechiva, personne attachée à mon beau-père, le Rabbi, animée par son esprit, doit suivre un chemin tracé et reçoit une mission spécifique. Il doit méditer aux enseignements qu’il a personnellement reçu de lui ou bien à ceux qui sont exprimés dans ses discours, ses causeries, ses lettres, intensifier son ardeur à les mettre en pratique, à les approfondir, à mettre en évidence leur contenu véritable.
La Torah (Zohar, tome 3, page 71b) nous a fait savoir que "le Juste qui quitte ce monde s’y trouve encore plus que de son vivant".
En suivant le droit chemin qu’il a tracé pour nous, en s’attachant à lui, en s’approchant de lui, nous serons doublement consolés. Ainsi s’accompliront les termes de la promesse "consolez, consolez Mon peuple... car son armée sera puissante... toute plaine s’élèvera" (Ichaya 40). En effet, "toux ceux qui sont humbles et bas, c'est-à-dire les Juifs, connaîtront l’élévation", selon le Zohar, tome 3, page 280a.
Alors, mon beau-père, le Rabbi, se trouvera à notre tête et nous conduira fièrement vers notre Terre Sainte, ainsi qu’il est dit: "Il s’avance parmi les chefs du peuple, accomplissant la Justice de Dieu et Ses jugements, envers Israël".
En vous bénissant et en saluant toute votre communauté,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut envoyée à plusieurs personnes, portant tantôt la date de Roch ‘Hodech Adar, tantôt la mention "trente jours après le décès". Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) 1935, par le précédent Rabbi. (3) Dans une lettre qu’il écrivit à propos du décès de son propre père, le Rabbi Rachab.
Lettre n°561
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°561, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Roch ‘Hodech Adar 5710,
Brooklyn, New York,
Vous savez ce que dit Igueret Hakodech, au chapitre 27(1): Pour consoler doublement ceux qui sont meurtris, blessés et douloureux(2) parce que le Juste a quitté ce monde, laissant la vie à tous ceux qui étaient liés à lui... chacun selon son attachement sincère, son amour véritable et pur.
Le livre expliquant l’importance de se rendre auprès du tombeau du Juste précise que ceux qui ne l’on pas connu et ne l’ont pas vu, mais ont seulement étudié les ouvrages qu’il a laissés, reçu la lumière de son enseignement et se sont, de cette façon, renforcés dans leur service de Dieu, peuvent, bien sûr, être considérés comme ses disciples. Ils ont foi en ce Juste et bénéficient de la clarté de son enseignement. Les feuilles de l’arbre sont également liées à ses racines.
Mon beau-père, le Rabbi, explique, dans une lettre, que un profond désir de s’attacher au maître ne peut être satisfait qu’en étudiant les discours ‘hassidiques qu’il prononce et rédige. Car, voir son visage ne suffit pas.
Dans une seconde lettre, il précise que celui qui se demande comment il peut s’attacher à moi, dans la mesure où je ne le connais pas personnellement, doit savoir qu’il peut le faire sincèrement en étudiant la Torah. S’il apprend mes discours, lit mes causeries, se lie d’amitié avec mes amis, les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, participe à leurs études et à leurs réunions, accède à ma requête de lire des Tehilim(3), respecte le temps de l’étude, il sera réellement attaché à moi.
En étudiant son enseignement et ses causeries, en suivant le chemin qu’il a tracé pour nous, nous susciterons son esprit au fond de nous et, en ce monde matériel, où seule l’action compte, il sera encore plus présent. Et il continuera à assumer sa mission, comme il l’a fait jusqu’à maintenant.
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Voir également la lettre n°696. (2) Le Rabbi note, en bas de page: Vous consulterez le Or Hatorah du Tséma’h Tsédek, Parchat Chemot, page 64, à propos de cette douleur. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Lorsque cette lettre fut écrite, l’étude quotidienne du ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi et celle du Tanya, selon sa répartition annuelle, n’avaient pas encore été diffusées.
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