Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°520
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°520, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Elloul 5709,
Au distingué ’Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule(2) édité à l’occasion du 18 Elloul et du
troisième jour des Seli’hot, qui vient de paraître. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux.
Selon l’affirmation bien connue de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qu’il expliqua le 18 Elloul 5700(3), le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken apportèrent, l’un et l’autre, une vitalité(4) profonde dans le service de Dieu du mois d’Elloul, dont le nom est constitué des initiales du verset Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi.
On peut sans doute expliquer que l’apport du Baal Chem Tov à ce service de Dieu prit la forme d’une révélation, de miracles. Il jeta les bases de la ‘Hassidout et se dirigea, au cours de ses voyages, vers ceux qui devaient la recevoir. L’Admour Hazaken, par contre, réalisa l’élévation du monde.
Ceci peut être lié à deux idées figurant au début et à la fin du discours ‘hassidique ci-joint: 1. Il faut faire savoir à celui qui accède à la Techouva que Dieu pardonne. 2. Il faut agir pour que Dieu soit craint, d’une crainte profonde. Ces points ne seront pas développés ici.
En vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, en saluant tous les vôtres,
M. Schneerson,
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Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul et du troisième jour des Seli’hot, qui vient de paraître. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux. Chacun ressentira ainsi qu’il est unique, attaché par l’essence de son âme(5), s’unifiant avec un Rabbi unique, même de façon épistolaire, pour se lier à l’Unique du monde.
J’ai reçu, en leur temps, vos deux lettres et les listes qui y étaient jointes. Des reçus seront envoyés, ces jours-ci, à ceux qui figurent sur la seconde liste.
Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité d’encourager chacun, y compris ceux qui ont déjà quitté votre ville, à apporter leur contribution au Maamad(6).
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J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 3 Mena’hem Av(7). Entre temps, il vous a sans doute été possible de faire venir votre famille. Vous voudrez bien me le confirmer.
Il est sans doute inutile de vous rappeler que les jours propices d’Elloul et de Tichri sont particulièrement favorables pour rapprocher l’étincelle de la torche(8). Il(9) est un intermédiaire qui relie(10), ainsi qu’il est dit: Je me tiens entre vous et l’Eternel votre Dieu. Le mérite vous revient qu’il en soit effectivement ainsi.
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J’ai bien reçu votre lettre du 14 Mena’hem Av et vous nous réjouirez sans doute en donnant de bonnes nouvelles, qui concernent l’action concrète, à propos du Maamad et du mérite du plus grand nombre, chacun devant ressentir qu’il est unique, s’attachant par l’essence de son âme, en étant reçu par un Rabbi unique, à l’Unique du monde.
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J’ai reçu, en leur temps, votre quinzième lettre et celle du 25 Tamouz(11). Vous continuerez sans doute à rédiger vos mémoires, qui apportent de la satisfaction à mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Vous faites allusion à la quatrième partie du Tanya et vous interprétez un fait nouveau comme l’expression d’une force novatrice.
J’ai entendu le récit du Tséma’h Tsédek que vous mentionnez, qui fait état d’un bain de larmes(12). Il semble que la discussion ait eu lieu avec Rabbi Y. Y. de Tcherkès, beau-frère et contemporain du Tséma’h Tsédek.
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à de nombreuses personnes et le Rabbi ajouta, pour chacune, quelques lignes manuscrites. Pour certaines, elle fut datée du 12 Elloul. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Contenant un discours du précédent Rabbi. (3) 1940. (4) La valeur numérique de ‘Hay, vivant, est dix huit. (5) Textuellement, sa partie unique. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°513. (7) Ce paragraphe fut ajouté pour le Rav Ben Tsion Chem Tov, de Londres. Voir, à son propos, la lettre n°436. (8) Pour un retour aux sources. (9) Le Rabbi. (10) Dieu au peuple d’Israël. (11) Ce paragraphe fut ajouté pour le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir, à son propos, la lettre n°414. (12) Voir, à ce propos, Lechema Ozen, le livre du Rav Duchman, à la page 61.
Lettre n°523
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°523, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Elloul 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais vous exprimer, par la présente, mes souhaits pour la nouvelle année. Soyez inscrit et scellé pour tout le bien, pour vous-même et pour tous les vôtres.
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana, qui vient de paraître. En ces jours, la prière individuelle est acceptée comme si elle était publique, selon le traité Roch Hachana 18a. Vous agirez sans doute pour que tous ceux qui se trouvent sous votre influence l’étudient, entièrement ou au moins partiellement. Le coeur d’Israël est en éveil, surtout lorsque l’étincelle est proche de la torche(2), selon l’expression de la fin du cinquième chapitre du Kountrass Haavoda.
Cette année, le premier jour de Roch Hachana est un Chabbat.
Selon le Peri Ets ‘Haïm, le premier jour de Roch Hachana est celui du jugement sévère(3), que la sonnerie du Choffar adoucit. Dans le Likouteï Torah et à d’autres références, nos Sages expliquent pour quelle raison il n’est pas nécessaire de sonner du Choffar, pendant le Chabbat. En effet, ce que celui-ci accomplit est alors réalisé là-haut.
Il en est donc de même pour la dimension spirituelle de la sonnerie du Choffar, qui est la Techouva, comme le dit le Rambam et comme l’explique le fascicule ci-joint. On obtient alors, par une intervention divine, ce qui, d’autres années, doit être réalisé par l’effort des hommes.
De façon générale, ce qui résulte de l’effort des hommes est plus fort et plus stable. De cette façon, la matière s’affine et la finalité divine, qui présida à la création, est accomplie ici-bas. La Torah et les Mitsvot sont accomplies ici-bas.
Néanmoins, ce qui est réalisé par Dieu possède une qualité, celle de la perfection, à la mesure des forces célestes. Différents textes permettent d’établir tout cela.
Ce qui vient d’être dit permet de comprendre que, lorsque Roch Hachana est un Chabbat, on cumule les deux élévations à la fois(4). Le Likouteï Torah Chir Hachirim en montre l’élévation.
Bien plus, ce texte, de même que le Torah Or et le Chaareï Ora, évoque le monde futur et parle donc d’un dévoilement divin, sans rien de commun avec l’effort des hommes. A l’époque actuelle, en revanche, une relation doit exister entre elles. En conséquence, on ne sonne pas le Choffar, sur l’ordre de la Torah, parce que le Roch Hachana est un Chabbat et que son apport est obtenu par une intervention céleste. On met ainsi en pratique le décret de nos Sages(5), qui prend, en l’occurrence, la forme d’un Interdit. Il s’agit donc d’une disposition de nos Sages, d’une précaution et non d’une Mitsva de la Torah. Cette idée ne sera pas développée ici.
En vous souhaitant d’être inscrit et scellé, ainsi que tous les vôtres, pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6),
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Je vous ai envoyé(7) le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul, de même qu’au Rav M.Perlov(8), à l’adresse de la salle. Vous vous les procurerez là-bas.
J’ai transmis(9) le contenu de votre lettre du 12 Elloul(10). Il a été accueilli avec un sourire de satisfaction.
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à des nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) L’âme juive est proche de Dieu, Duquel elle émane, pendant le mois d’Elloul et les dix jours de Techouva. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°298 et 300. (4) La perfection de Dieu, pendant le Chabbat et l’effort des hommes, pendant le dimanche, second jour. (5) Interdisant de sonner du Choffar pendant le Chabbat de peur qu’un ignorant en vienne à le transporter dans le domaine public. (6) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. (7) Ce paragraphe fut ajouté à la lettre adressée au Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir, à son propos, la lettre n°414. (8) Le Rav Morde’haï Perlov. Voir, à son propos, la lettre n°438. (9) Au précédent Rabbi. (10) Qui contenait, vraisemblablement, la suite des récits que le Rav Duchman envoyait au Rabbi et qui furent ensuite consignés dans son livre, Lechéma Ozen. Le Rabbi les transmettait oralement au précédent Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°434.
Lettre n°524
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°524, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’approche de la nouvelle année, je voudrais vous exprimer mes voeux pour que vous soyez inscrit et scellé, avec tous les vôtres, pour une bonne et douce année, dans tous les aspects à la fois.
Vous trouverez ci-joint le fascicule de Roch Hachana, qui vient de paraître. Il est dit que celui qui fait preuve de largesse reçoit une bénédiction et vous le mettrez donc à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient.
Cette année délivre, de manière allusive, l’enseignement suivant:
Le traité Roch Hachana 4, 1, indique que, lorsque Roch Hachana survenait un Chabbat, on sonnait du Choffar dans le Temple, mais non à l’extérieur de celui-ci.
La sonnerie du Choffar, à Roch Hachana, éveille la Techouva, comme le dit le Rambam dans ses lois de la Techouva 3, 4 et comme l’explique précisément le fascicule ci-joint.
Pourquoi, à cette référence, le Rambam précise-t-il qu’il s’agit de la sonnerie du Choffar de Roch Hachana? Pour exclure celle du Jubilé, qui a une autre signification.
La Techouva doit être à la mesure du comportement de l’année et elle porte précisément sur ce comportement. En conséquence, celui qui mène une activité profane, se consacre aux trente neuf travaux caractéristiques de la semaine(2), célébrera son Roch Hachana personnel pendant la semaine(3) et y sonnera le Choffar. A l’opposé, l’érudit, qui a la Torah et les Mitsvot pour seule préoccupation, qui sert Dieu et écarte l’activité profane, selon le traité Chabbat 113a, est lui-même appelé Chabbat, comme le dit le Zohar, tome 3, page 29b. Et, le traité Chabbat 119a(4) dit: Rabbi Ami et Rabbi Assi allaient et venaient... Si Rabbi Yo’hanan venait nous voir.... Pour de telles personnes, Roch Hachana est célébré durant le Chabbat, lorsque l’on ne sonne pas le Choffar à l’extérieur du Temple, endroit où elles n’ont que faire.
En effet, le Grand Prêtre ne doit pas quitter le Temple, ainsi qu’il est dit: Il ne sortira pas du Sanctuaire. Or, un érudit de la Torah a la préséance sur lui, selon la fin du traité Horayot. Et sa connaissance de la Torah le protège.
Vous consulterez le Rambam, lois des instruments du Sanctuaire 5, 7. Le traité Baba Batra 8b(5) dit: Je ne cesse de penser à eux. Et les Sages que disent-ils.... Vous verrez ce que disent les Tossafot, à la page 21a et d’autres textes encore.
Pour autant, il ne faut pas penser que le Choffar n’a pas de sens, pour l’érudit, car on le sonnait effectivement dans le Temple, là où n’existait aucun contact avec la matérialité du monde. En effet, la fin du traité Bera’hot dit que l’on n’entrera pas sur le mont du Temple...(6).
Car, l’érudit doit également avoir recours à la Techouva, comme le montrent les récits de Rabbi Ne’hounya Ben Hakana(7) et Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï(8), rapportés par le traité Bera’hot 28b, le récit, qui en découle, de Rabbi Akiva, expliqué par Rabbi Yehouda de Corbeil, dans les Tossafot, au traité Ketouvot 17a(9), le récit du Yerouchalmi Pessa’him 3, 7(10) et d’autres références encore.
Puisse Dieu nous conduire prochainement vers une Techouva complète et que nous méritions immédiatement, selon le terme du Rambam, lois de la Techouva 7, 5, reproduit par l’Admour Hazaken au chapitre 11 d’Igueret Hatechouva, la délivrance complète, par notre juste Machia’h.
Vous avez sans doute reçu, en son temps, ma lettre, accompagnant le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(11),
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Et donc interdits durant le Chabbat. (3) C'est-à-dire le dimanche, second jour de la fête. (4) Rav Na’hman, en l’honneur du Chabbat, allait et venait en portant des sacs sur son épaule. Il dit: Si Rabbi Ami et Rabbi Assi venaient me voir, n’en aurais-je pas fait de même pour eux? Selon un autre avis, c’est Rabbi Ami et Rabbi Assi qui allaient et venaient en portant des sacs sur l’épaule. Ils dirent: Si Rabbi Yo’hanan venait nous voir, n’en aurions nous pas fait de même pour lui?. (5) Rav rencontra Rav Chmouel Bar Chilat dans un jardin. Il lui demanda: As-tu abandonné tes élèves, auxquels tu te consacrais avec fidélité? Il lui répondit: Cela fait treize ans que je ne les ai pas vu et je ne cesse de penser à eux. Et les Sages, que disent-ils des érudits qui se consacrent à l’étude de la Torah? Ils leur appliquent les termes du verset: Ceux qui L’aiment sont comme le soleil qui se montre dans toute sa force. (6) Avec son bâton, ses chaussures, sa bourse, la poussière de ses pieds. Il n’en fera pas un raccourcis, n’aura pas le droit d’y cracher. (7) Rabbi Ne’hounya Ben Hakhana prononçait une courte prière en entrant dans la maison d’étude et en la quittant. On lui demanda: quelle est cette prière? Il expliqua: En entrant, je prie pour que rien de fâcheux ne survienne par mon intermédiaire. En sortant, je remercie Dieu pour mon sort. (8) Rabbi Yo’hanan, lorsqu’il tomba malade, reçut la visite de ses élèves. Quand il les vit, il éclata en sanglots. Ceux-ci lui demandèrent: Lumière d’Israël, colonne de droiture, pilier puissant, pourquoi pleures-tu? Il leur répondit: Si l’on me conduisait devant un roi de chair et d’os..., je le ferai également. Or, je me présente devant le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il... et je ne sais quel chemin j’emprunterai. Pourrais-je ne pas pleurer?. (9) Rabbi Akiva dit: Lorsque j’ai commencé à servir les Sages, j’ai vu, une fois, un mort qui gisait, abandonné sur la route. Je l’ai transporté sur une distance de quatre Mils, je l’ai conduit au cimetière et je l’ai enterré. Puis, j’ai raconté ce qui s’était passé à Rabbi Eliézer et Rabbi Yochoua, qui m’ont dit: Tu es considéré comme ayant versé du sang innocent, à chacun de tes pas. En fait, ils ne lui reprochaient pas de l’avoir enterré, mais de l’avoir transporté. Il aurait dû l’enterrer là où il l’avait trouvé, afin de ne pas négliger l’étude de la Torah. Or, celui qui transgresse les paroles des Sages est passible de mort. Et Rabbi Akiva dit bien, lui-même, qu’il était au commencement de son service. Rabbi Yehouda de Corbeil explique qu’il a été puni parce qu’il n’a pu servir les Sages, pendant ce temps. Car, ce service est plus important que l’étude. (10) Dans la grange de Beth Arris, à Lod, il fut établi que l’étude passe avant l’action. Rabbi Abbahou demanda à Rabbi ‘Hanina, son fils, d’aller enseigner la Torah à Tibériade. On vint lui dire que son fils y accomplissait des actes de bienfaisance. Il lui fit alors transmettre ce message: Est-ce parce qu’il n’y a pas de tombes à Césarée que je t’ai envoyé à Tibériade? Il a déjà été établi, dans la grange de Beth Arris, à Lod, que l’étude passe avant l’action. (11) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°525
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°525, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Elloul 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, je vous adresse ma bénédiction, ainsi qu’à tous les vôtres, pour une bonne et douce année, dans tous les domaines.
On sait qu’il est deux manières d’interpréter le nom de Roch Hachana: A) C’est le début de l’année, introduisant le temps profane, l’année chabbatique, le temps d’accomplir la Mitsva. B) C’est aussi la tête de l’année, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Tavo: Roch Hachana est la tête et non le début de l’année car, tout comme la tête constitue la partie intellectuelle du corps, l’année possède également une tête qui est, en l’occurrence, Roch Hachana.
Ce qui vient d’être dit reçoit une application dans le service de Dieu. On sait que l’intellect doit maîtriser le sentiment. La tête dirige tous les membres du corps et il en est de même pour l’état d’esprit d’un Juif, en ces jours redoutables, quand l’étincelle est proche de la torche. Et, le verset Ye’hezkel 9, 1 souligne que Yom Kippour est également appelé Roch Hachana(2).
Ainsi, Roch Hachana peut conditionner le comportement de toute l’année, pour qu’il soit à la mesure de l’homme et de ses désirs.
Il est expliqué, dans une note du Likouteï Torah, faisant suite à la citation précédente et l’illuminant(3): Ceci évoque le crâne, qui recouvre le cerveau et évoque la révélation de la Volonté céleste.
En d’autres termes, la tête que constitue Roch Hachana n’est pas liée à l’intellect et à la compréhension. En effet, celui qui n’agit pas tant qu’il n’a pas compris et ne fait rien s’il n’a pas compris ou, tout au moins, se met en position d’attente, contredit la dimension profonde de Roch Hachana, qui révèle la Volonté de Dieu, le crâne qui recouvre le cerveau.
On doit servir Dieu en acceptant le joug de Sa royauté, qui est, du reste, un joug agréable. Et nos Sages disent, au traité Bera’hot 17a: Notre volonté est de mettre en pratique Ta Volonté.
Combien plus en est-il ainsi cette année, le premier jour de Roch Hachana étant un Chabbat. C’est donc en ce jour que commence le compte de la nouvelle année. Et vous consulterez les commentaires de Rachi et des Tossafot sur le traité Mena’hot 100b, le Tsafnat Paanéa’h, du Rav Yossef Rozin, de Rogatchov, lois des fêtes 1, 22.
Durant le Chabbat, les actes profanes sont interdits et l’on doit se consacrer au service de Dieu, à mettre Sa Volonté en pratique, selon le traité Chabbat 113a.
L’encouragement que peut apporter ce Roch Hachana est donc totalement différent. Il influence le reste de l’année avec plus de vigueur et accorde une large bénédiction.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de recevoir tout le bien. J’attends de vos bonnes nouvelles, matérielles et spirituelles
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4),
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Dans votre lettre, vous me demandez des instructions. Or, nos Sages ont déjà donné un principe général, commentant le verset Ichaya 57: Tends ton pain à celui qui a faim et conduis dans ta maison ceux qui sont dénués de tout. Lorsque tu verras quelqu’un qui est dévêtu, tu le couvriras.
Il s’agit ici de celui qui est dépourvu de Mitsvot(5), qui est affamé du pain qu’est la Torah, à qui manque la protection d’une synagogue. Il est clair que celui qui ne ressent pas la faim est encore plus pauvre!
Puis, le verset se conclut par: Ne te détourne pas de ta propre chair(6). Il doit également en être ainsi et voici donc des instructions s’appliquant à l’ensemble de la vie humaine, énoncées dans un seul verset!
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Ce jour est donc également une tête, capable de diriger les membres du corps que sont les jours de l’année. (3) Le terme hébraïque Héara signifie note ou illumination, selon qu’il est orthographié avec un Aïn ou avec un Alef. (4) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. (5) Qui sont comparées à des vêtements. (6) A l’action envers les autres s’ajoute donc également l’effort envers soi-même.
Lettre n°526
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°526, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Elloul 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, je voudrais vous souhaiter, ainsi qu’à tous les vôtres, une bonne et douce année, dans tous les domaines.
Vous avez sans doute connaissance de l’explication du Baal Chem Tov, selon laquelle tout ce que l’on voit et que l’on entend délivre un enseignement pour la vie. Vous consulterez les mémoires(2), à la page 168. Quelle est la leçon particulière que l’on peut apprendre de ce Roch Hachana?
Le Roch Hachana 5710(3) est un Chabbat.
Roch Hachana a deux significations: A) C’est le début de l’année. B) C’est aussi la tête de l’année, selon le Likouteï Torah Tavo: Roch Hachana est la tête et non le début de l’année car, tout comme la tête est la partie intellectuelle du corps, l’année possède également une tête qui est, en l’occurrence, Roch Hachana.
Tout comme la tête dirige le corps, les bonnes résolutions de Roch Hachana, liées à la pratique de la Torah et des Mitsvot dans le comportement quotidien, doivent s’appliquer tout au long de l’année.
Voici deux enseignements délivrés par le Chabbat: A) Il souligne que Dieu est le Maître du monde entier, que tout dépend uniquement de Lui. B) Il commande de ne pas effectuer un travail, de se consacrer à la Torah et aux Mitsvot.
Un Roch Hachana chabbatique doit donc souligner encore plus clairement qu’une bonne décision, affectant le comportement de toute l’année qui vient, doit être prise de tout son coeur: A) On ne doit pas oublier qu’en tout lieu et à tout moment, quelle que soit l’action que l’on accomplit, Dieu reste le seul Maître. B) On doit toujours se rappeler que notre objectif est de lier les jours de la semaine à l’esprit du Chabbat, C’est la raison pour laquelle nous disons(4) c’est aujourd’hui le premier, ou le second jour après le Chabbat et non de la semaine.
Ainsi, toute chose, aussi matérielle qu’elle puisse paraître à nos yeux, doit être transformée en Mitsva, en spiritualité, ainsi qu’il est dit: En toutes tes voies, connais Le et attache toi à Lui.
Lorsque l’on prend une décision réellement sincère, on obtient l’aide de Dieu et l’on parvient à la mettre en application, tout au long de l’année.
Il est expliqué, dans une note du Likouteï Torah, faisant suite à la citation précédente et l’illuminant(6): Ceci évoque le crâne, qui recouvre le cerveau et évoque la révélation de la Volonté céleste.
En d’autres termes, la tête que constitue Roch Hachana n’est pas liée à l’intellect et à la compréhension. En effet, celui qui n’agit pas tant qu’il n’a pas compris et ne fait rien s’il n’a pas compris ou, tout au moins, se met en position d’attente, contredit la dimension profonde de Roch Hachana, qui révèle la Volonté de Dieu, le crâne qui recouvre le cerveau.
On doit servir Dieu en acceptant le joug de Sa royauté, qui est, du reste, un joug agréable. Et nos Sages disent, au traité Bera’hot 17a: Notre volonté est de mettre en pratique Ta Volonté.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, en espérant avoir de vos bonnes nouvelles, matérielles et spirituelles.
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(7),
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. La présente lettre a un contenu proche de la précédente. Néanmoins, celle-ci est écrite en Yiddish, alors que la précédente est en Hébreu. (2) Du précédent Rabbi. (3) 1949. (4) Dans la prière du matin. (5) Car, le Chabbat introduit un nouveau cycle du temps. (6) Le terme hébraïque Héara signifie note ou illumination, selon qu’il est orthographié avec un Aïn ou avec un Alef. (7) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°527
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°527, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Elloul 5709,
Vous me dites avoir entendu, au nom du Rav de Ragatchov, que la controverse portant sur le Tsimtsoum(1) est la même que celle qui existe, à propos de la sainteté du Nom divin Tsevaot, rapportée par le traité Chevouot 35b.
Il semble que cette interprétation soit basée sur le Tsafnat Paanéa’h, commentant les lois des fondements de la Torah 2, 5(2). A cette référence, est exposée la discussion à propos du Nom Tsevaot, de la manière suivante. Les préoccupations du monde sont-elles créées par une relation de cause à effet(3), ou bien peut-on, au moins partiellement, percevoir l’Essence divine(4). Car, il semble bien qu’il s’agisse ici de bien plus qu’une simple perception. Cette révélation permet d’avoir connaissance du Divin, de s’unir à Lui. En effet, il est clair que l’effet perçoit la cause, comme le dit le Rambam, à la même référence(5) et au chapitre 3, paragraphe 9.
Pour revenir à la question posée, on ne peut, à mon humble avis, assimiler la discussion sur le Tsimtsoum à cette controverse. En effet, le Tsimtsoum précéda tous les Noms et tous les mondes spirituels, non uniquement ceux de Brya, Yetsira et Assya, comme je le soulignais dans ma lettre précédente(6).
La discussion portant sur le Nom Tsevaot est, en effet, liée au fil de Lumière précédant le Tsimtsoum qui éclaira après celui-ci. Il est perçu jusque dans le monde d’Atsilout, mais, de manière cachée, il est également présent en Brya, Yetsira et Assya. Vous consulterez, à ce propos, le Torah Or, Parchat Bo.
Je conclus en vous souhaitant une bonne et douce année, avec tous les vôtres et en saluant l’ensemble de votre communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) La rétractation de la Lumière divine dans le processus créatif. Il y a une controverse pour déterminer si cette rétractation est à interpréter au sens littéral ou non. Voir, à ce propos, la lettre n°503. (2) Du Rambam. (3) C'est-à-dire après une occultation de la Lumière divine. (4) Dans les objets matériels qui permettent de les assumer. (5) Lois des fondements de la Torah, 2, 5. (6) La lettre n°503.
Lettre n°528
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°528, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5709,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, datée du jour de la création du monde(2) et, comme vous me l’avez demandé, j’ai mentionné votre nom devant le Rabbi, en rappelant votre demande de bénédiction et en transmettant vos quatre Chekalim. Vous trouverez, ci-joint, un reçu pour le cinquième Chekel, en paiement des fascicules de ‘Hassidout.
De manière plaisante, on pourrait citer le verset et vous donnerez un cinquième au Pharaon, qui fait allusion à la révélation(3) de la Lumière divine grâce à l’enseignement de la ‘Hassidout et les quatre autres seront pour vous, c'est-à-dire pour la satisfaction de vos besoins, enfants, santé et prospérité matérielle.
Ceci est basé sur le Ets ‘Haïm, porte 31, chapitre 7, le Likouteï Torah du Ari Zal, à la Parchat Vaygach, le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken Chir Hachirim, second discours intitulé Je suis noir, deuxième chapitre.
Vous citez la Tossefta, à la fin du traité Kiddouchin, selon laquelle les raisons de la Torah furent révélées à Avraham. Or, objectez-vous, celles-ci ne sont pas connues.
On peut donner, à ce propos, plusieurs explications:
A) Le traité Sanhédrin 21b explique pourquoi elles ne furent pas révélées. En effet, chaque fois que ce fut le cas, il y eut un échec dans leur mise en pratique. Ceci ne concerne donc pas la période qui précéda l’ordre de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot(4).
De plus, Avraham connaissait plusieurs points sur idolâtrie qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous.
B) Rachi, commentant le traité Sanhédrin, à la même référence, indique qu’il s’agit là uniquement des Préceptes qui transcendent l’entendement. Et la Tossefta elle-même ne fait pas remarquer que ces raisons ont bien été révélées à notre père Avraham.
C) Les raisons de la Torah seront révélées dans le monde futur, comme l’explique Rachi, commentant le verset Chir Hachirim 1, 2. Or, les Patriarches purent d’ores et déjà goûter le monde futur, selon la fin du premier chapitre de Baba Batra. Vous consulterez les Tossafot, à cette référence.
Le temps ne permet pas un plus large développement de ce sujet.
Je conclus par ce qui est d’actualité, en vous souhaitant, avec tous les vôtres, d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, dans tous les domaines,
Rav Mena’hem Schneerson,
Vous avez sûrement reçu ma lettre(5) concernant la note du Torah Or.
Vous trouverez le fascicule ci-joint.
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Yalles, de Philadelphie. Voir la lettre n°502. (2) Le 25 Elloul. (3) Paro, le Pharaon, est de la même étymologie que Lifroa, découvrir, révéler. (4) A l’époque d’Avraham, avant le don de la Torah. (5) Il s’agit de la lettre n°525.
Lettre n°529
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°529, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais vous exprimer, par la présente, à vous et à tous les vôtres, mes voeux pour une bonne et douce année, dans tous les domaines.
En ces jours, l’étincelle est proche de la torche et celui qui prie seul peut obtenir ce que reçoit seulement une communauté, pendant le reste de l’année, selon le traité Roch Hachana 18a. La responsabilité et l’obligation de ceux qui sont capables d’exercer une influence est donc beaucoup plus forte. Ceux-ci doivent renforcer la pratique de la Torah et des Mitsvot, dans tout leur entourage.
Bien plus, cette année, Roch Hachana est un Chabbat. Or, selon le Zohar, tome 2, page 135, c’est à Roch Hachana, au début de l’année, que l’on est couronné de nouvelles âmes. On peut alors bénir Dieu joyeusement et avec un visage lumineux.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(2),
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°530
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°530, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tichri 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos voeux, à l’occasion de Roch Hachana.
Quiconque accorde une bénédiction en reçoit une lui-même, dont l’intérêt dépasse le capital. Vous serez donc définitivement inscrit pour une bonne et douce année, dans tous les domaines.
On peut retenir l’indication qui est ainsi donnée, surtout à Roch Hachana, selon le traité Horayot 12a(2). Il s’agit, en effet, du début et de la tête de l’année. Or, la tête porte en elle tous les membres du corps et leur distribue la vitalité.
Il en de même à Roch Hachana, comme l’explique longuement le début d’Atéret Roch. Et, lorsque commence le Chabbat(3), la sévérité disparaît et les Juifs sont couronnés d’âmes nouvelles, selon le Zohar, tome 2, page 135.
Puisse Dieu faire que tout cela se dévoile, à l’évidence, durant toute l’année, en un bien visible et tangible.
En vous souhaitant, de même qu’à tous les vôtres, d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
M. Schneerson,
*
*
*
J’ai appris avec plaisir que vous avez été capable de vous contenir. Je vous joins le discours ‘hassidique édité à l’occasion de Chabbat Chouva, qui évoque ce sujet.
Vous me demandez de vous adresser nos publications. Celles-ci sont sans doute disponibles chez le Rav A.Pariz(4). Si ce n’est pas le cas, vous voudrez bien me préciser ce qu’il vous faut, en combien d’exemplaires et de quelle façon.
Notes
(1) Cette lettre a été envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) La Guemara dit: Abbayé enseigne: Puisque nous avons vu que l’indication qui est donnée doit être retenue, on doit s’efforcer d’observer, à Roch Hachana, les courges, les trèfles, les poireaux, les betteraves et les dattes dont la maturité est effectivement une indication sur ce que sera l’état des cultures, pendant l’année qui commence. (3) Roch Hachana était, cette année-là, un Chabbat. (4) Le Rav Avraham Pariz Voir, à ce propos, la lettre n°615.
Lettre n°531
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°531, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis heureux de vous faire savoir que le second fascicule(2) édité par votre mérite et grâce à vos efforts, a bien été imprimé. Il se trouve chez le relieur et nous sera livré demain. Je vous en envoie donc les dernières épreuves, afin qu’elles vous parviennent avant le Chabbat Chouva. Vous pourrez ainsi les mettre à la disposition de votre entourage et en disposerez à temps.
La Torah présente deux aspects:
A) D’une part, elle transcende le temps. En conséquence, celui qui étudie les lois d’un sacrifice est considéré comme s’il l’avait offert, uniquement parce qu’il prononce ces mots, y compris pendant la nuit(3).
B) Mais la Torah pénètre également le temps. C’est ainsi que Moché, notre maître, instaura la lecture de la Torah(4) qui, comme l’établissent différents textes, est liée aux événements de la semaine durant laquelle elle est lue. Il instaura également qu’à chaque fête, on commente les lois de celle-ci. Et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken demande que l’on enseigne les lois nécessaires à chaque période, soulignant que ces deux aspects sont, en permanence, conjointement présents.
De fait, il semble évident que le premier aspect est plus important que le second. Néanmoins, si l’on consulte la fin des discours ‘hassidiques de Roch Hachana et de Yom Kippour, on peut constater la supériorité de l’amour et de la crainte de Dieu révélés(5). On peut en conclure la valeur du second aspect par rapport au premier.
S’il en est ainsi dans la partie révélée de la Torah, combien plus est-ce le cas pour la ‘Hassidout, qui doit s’appliquer avec la cognée posée sur l’arbre(6). Celle-ci, en effet, guérit les maladies de l’âme, qui sont bien plus graves que celles du corps, puisse Dieu nous en préserver. Ce qui vient en son temps est donc particulièrement important. Vous consulterez, à ce propos, la conclusion du discours ‘hassidique édité pour la fin de Yom Kippour.
Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, de ce qui se trouve en son temps pendant les dix jours de Techouva, période qui est beaucoup plus élevée que le reste de l’année, car, alors, l’étincelle est proche de la torche. Vous consulterez, à ce propos, les discours ‘hassidiques décrivant la soumission de la lumière devant le luminaire(7).
Avec mes souhaits pour être définitivement inscrit, avec toute votre communauté, pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yehouda ‘Hitrik. Voir les lettres n°316, 330, 400. (2) Des discours ‘hassidiques du précédent Rabbi. Ce fascicule fut édité grâce à une dédicace du Rav ‘Hitrik. (3) C'est-à-dire à un moment où il n’est pas possible d’offrir des sacrifices, dans le Temple. (4) Chaque Chabbat, selon l’ordre des Sidrot que nous connaissons. (5) Par rapport à ces sentiments, lorsqu’ils sont encore à l’état latent. (6) C'est-à-dire avec des conséquences concrètes et immédiates. (7) Duquel elle émane.
Lettre n°532
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°532, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tichri 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu aujourd’hui votre lettre et, conformément à votre demande, j’ai transmis votre requête et votre manuscrit au Rabbi.
C’est aujourd’hui la Hilloula du Rabbi Maharach et ce moment est donc propice. Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 13 Tichri et de la fête de Soukkot, de même qu’un reçu.
A l’occasion de Soukkot, qui approche, je voudrais vous souhaiter une joyeuse fête, une joie triple:
A) Il est dit que tu serviras l’Eternel ton Dieu avec joie et enthousiasme et ceci s’applique à l’ensemble des Mitsvot(2).
B) Il est dit que les fêtes sont joyeuses, ce qui est vrai de toutes les fêtes.
C) C’est, enfin, le temps de notre joie.
Puisse Dieu faire que cette corde triple ne puisse se rompre et que la joie se prolonge tout au long de l’année.
Du reste, la fête de Soukkot est décrite par le verset Sa main droite m’étreint(3). C’est ce qu’explique le discours ‘hassidique. Ceci correspond aux colonnes de nuées(4). Or, l’un et l’autre(5) se retrouvent chez un Cohen(6).
En vous souhaitant une fête joyeuse et tout le bien,
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Hacohen Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, la lettre n°502. Cette même lettre, avec une introduction et une conclusion différentes, a été envoyée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Y compris la fête de Soukkot, hormis son caractère intrinsèque de joie. (3) Lorsque l’on se trouve dans la Soukka. (4) Qui protégèrent les enfants d’Israël, lorsqu’ils quittèrent l’Egypte et que les Soukkot commémorent. (5) L’étreinte de Dieu et les colonnes protectrices. (6) Le destinataire de cette lettre est un Cohen.
Lettre n°533 bis
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°533 bis, traduction française
Par la
grâce de Dieu,
Veille de la fête de Soukkot 5710,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 13 Tichri(2) et de la fête de Soukkot, qui s’approche. A n’en pas douter, vous ferez preuve de largesse et le mettrez à la disposition de toutes les personnes sur lesquelles vous exercez votre influence.
Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, de Soukkot et nos Sages constatent que tous les Juifs sont aptes à prendre place dans une seule et même Soukka. De même, les quatre espèces soulignent l’unité de toutes les catégories du peuple d’Israël, comme l’explique aussi ce discours ‘hassidique.
Puisse le peuple unique mériter, très prochainement, de voir que ce jour-là, Dieu sera un et Son Nom sera un.
En vous souhaitant une joyeuse fête et en saluant tous les vôtres,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut envoyée à de nombreuses personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Hilloula du Rabbi Maharach.
Lettre n°534
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°534, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Veille de Soukkot 5710]
Vous m’avez interrogé à propos de deux soeurs(1). Vous dites qu’aucune preuve ne peut être tirée du Yerouchalmi Taanit 4, 5. En fait, seule une ancienne version de ce texte dit que l’on ne connaît pas la réussite(2). Le Midrach E’ha Rabba, au second chapitre,
précise qu’ils se trouvent dans un même endroit et cite pour preuve Rami Bar ‘Hama, dont on sait qu’il mourut jeune.
Je notais(3) qu’il est difficile de comprendre pourquoi l’on proclame: J’ai dit aujourd’hui à propos d’un événement qui s’est déroulé il y a plusieurs centaines d’années. Et je soulignais au Cohen et non au roi car de telles déclarations concernent plus le dirigeant du pays que le roi.
J’expliquais le verset Je suis venu aujourd’hui en disant qu’il est nécessaire, chaque jour, d’acquérir un mérite nouveau, permettant de se maintenir en Terre Sainte. Il est dit, en effet, et la terre ne vous vomira pas.
Il s’agit là non pas uniquement de la destruction du Temple, mais bien de l’exil individuel de chacun. Et je faisais essentiellement allusion aux événements de cette année, à la suppression du mandat(4). Le Sage sait se suffire d’une allusion.
Puisse Dieu nous accorder en cette année 5710(5) la délivrance véritable et complète. Alors, tous les Juifs s’uniront et prendront place dans une même Soukka, accompliront une même Mitsva, en particulier celle-ci qui commémore les colonnes de nuée. Et, aucun Juif ne sera plus rejeté par ces colonnes(6), ce qu’à Dieu ne plaise.
En vous souhaitant une joyeuse fête,
Notes
(1) Désirant épouser deux frères. Voir, à ce propos, la lettre n°522, paragraphe D, dont celle-ci est la suite. (2) Dans un tel mariage. (3) Dans la lettre n°522, au paragraphe G. (4) Du mandat britannique sur la Palestine. (5) 5710 correspond aux lettres Hé, Chin, Youd, Tav, initiales de Hachem Itbaré’h, Dieu, béni soit-Il. (6) Comme c’était le cas pour les impies dans le désert.
Lettre n°535
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°535, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tichri 5710,
A monsieur Barou’h Levitin,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre et à vos questions:
Première question: Dans le Yehi Ratson récité, selon quelques rites, entre les sonneries du Choffar, il est fait mention de Yochoua, prince de la dimension intérieure. On vous a dit que c’est le nom de cet homme(2) qui a été introduit ici.
Réponse: Beaucoup a été imprimé, à ce sujet. Vous consulterez, en particulier, le Min’hat Eléazar, imprimé à Munkatch, en 5662(3), tome 1, chapitre 75 et fin du tome 2, le Ketsé Hamaté, imprimé à Kleinwardein, en 5683(4), le Elbona Chel Torah, imprimé à Berlin, en 5689(5) et le Journal Nerot Chabbat, paru à Jérusalem, à la veille de Roch Hachana 5706(6).
La position adoptée est qu’il faut dire Ichaya ou Ichayahou, prince de la dimension intérieure, ce qui est un des noms de l’ange Matatron. Ce nom a été choisi car sa valeur numérique est quatre cent, au même titre que l’expression le prophète Elyahou, de souvenir agréable et les trois lettres Kouf, Reïch, Kouf, qui font allusion aux trois sonneries du Choffar, Tekya(7), Teroua(8), Tekya.
C’est effectivement ce que l’on a trouvé dans des rituels anciens et dans de vieux livres. Il est vraisemblable que des missionnaires sont intervenus et ont changé ce nom en Yochoua.
Remarque: L’auteur du Tanya, le Gaon de Vilna et d’autres Grands de notre peuple considèrent qu’il ne faut pas du tout dire ce Yehi Ratson. Et telle est notre coutume.
Seconde question: Dans le Séfer Hamaamarim(9), à la page 216(10), il est dit que Rabbi Nathan adoptait, certes, scrupuleusement tous les comportements et tous les sentiments prônés par la Torah. Néanmoins, son effort était bien moins investi dans les bons sentiments. Vous vous demandez si ces deux affirmations sont compatibles.
Réponse: Développer ses sentiments, l’amour et la haine, la crainte et la révolte, la pitié et la cruauté, se fait en deux temps. Il faut d’abord se maîtriser pour que ces sentiments soient assujettis à l’intellect. Puis, il faut les transformer.
Imaginons l’exemple de celui qui, dans son commerce, a un concurrent, se trouvant à proximité. S’il laisse son âme animale s’exprimer, il éprouvera de la haine envers lui. Alors, l’intellect de son âme divine intervient et lui dit: Ne crois-tu pas que Dieu est le Maître du monde? Et Il a Lui-même décidé ce que tu dois gagner. Comment ton concurrent pourrait-il te retirer quoi que ce soit, aller à l’encontre de la Volonté du Créateur? En revanche, si Dieu entend diminuer tes gains, ne penses-tu pas qu’il en sera ainsi en tout état de cause, même en l’absence de ce concurrent? En conséquence, cet homme ne te prend rien et pourquoi donc devrais-tu le détester?.
A l’issue de cet échange, la haine disparaîtra de son action, puis de ses paroles et enfin de ses pensées. Mais, cet homme ne sera pas encore parvenu au stade de transformation, qui lui permettra d’éprouver de l’amour.
L’âme divine poursuit donc son développement: Il est dit que tu dois aimer ton prochain comme toi-même. Tu es reconnu comme un spécialiste dans ton domaine et comment pourrait-il donc te causer du tort? Bien au contraire, viens lui en aide, donne lui de bons conseils, accorde lui un prêt. Ainsi, la haine se transformera en amour et c’est le sentiment que cet homme éprouvera.
Or, c’est précisément cette seconde action qui s’appelle une transformation des sentiments et un comportement vertueux, dans une situation où la Torah permet de trouver une justification pour qu’il en soit autrement et que l’on se contente de la première action.
Troisième question: Le discours ‘hassidique précédemment cité présente également Reb Avraham(11), qui n’avait pas une grande connaissance de la Torah, mais avait de bons sentiments, un comportement vertueux, bien au delà de Reb Nathan, lequel, malgré ses nombreuses connaissances, ne cultivait pas ses sentiments. Il n’est donc pas surprenant que certains aient pu s’opposer aux ‘Hassidim, qui placent un ignorant vertueux au dessus d’un érudit de la Torah.
Réponse: S’il en est ainsi, ils doivent s’opposer également au traité Taanit 7a, qui dit: égorge l’érudit de la Torah qui n’adopte pas un bon comportement et Rachi explique: Il est passible de mort. Au cinquième chapitre des lois des opinions, le Rambam explique de quelle manière l’érudit doit se comporter. Au quatrième chapitre de ses lois de l’étude de la Torah, il précise que, s’il n’adopte pas ce comportement, on ne peut pas recevoir son enseignement.
Le traité Yoma 86a est encore plus tranché, selon lequel celui qui possède d’immenses connaissances de la Torah et respecte les Commandements, mais ne reçoit pas ses interlocuteurs de manière agréable et bienveillante, s’emportant contre eux et se mettant en colère, commet un blasphème. Et le Rambam en retient le principe pour la Hala’ha, dans ses lois des fondements de la Torah 5, 11. La mort est alors le seul moyen de racheter une telle faute.
Le traité Yoma 9b est encore plus incisif, qui dit qu’à la fin de la période du second Temple, les Juifs respectaient la Torah et les Mitsvot. Or, celui-ci fut détruit, malgré cela, du fait de la haine gratuite.
Méditez bien à cela. Les Juifs étudiaient la Torah, mettaient en pratique les Mitsvot. Ils ne volaient pas, ne trompaient pas, n’humiliaient pas, mais refusaient simplement de dépasser la ligne de la Loi, selon le traité Baba Metsya 30b. On se haïssait au lieu de s’aimer.
Et c’est à cause de cela que le Temple fut détruit, les Juifs furent envoyés en exil et s’y trouvent encore, depuis près de dix neuf siècles.
A la fin de la période du premier Temple, en revanche, les Juifs commettaient de lourdes fautes et ils s’étaient détournés de la Torah. Alors, l’exil dura seulement soixante dix ans!
Après cela, avez-vous encore un doute sur l’importance des bons sentiments et du comportement vertueux?
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Je répondrai à votre dernière lettre, à la prochaine occasion.
Notes
(1) Voir la lettre n°475. (2) Fondateur du Christianisme. (3) 1902. (4) 1924. (5) 1929. (6) 1935. (7) Un son long. (8) Plusieurs sons très courts. (9) Il s’agit du Séfer Hamaamarim Yiddish, reprenant les discours ‘hassidiques du précédent Rabbi, édités entre 5701 et 5705 (1941 et 1945). (10) Il y avait, parmi les disciples du Baal Chem Tov, Reb Nathan, le vendeur de lin, qui venait de Brod. Il gagnait sa vie de son commerce et, par ailleurs, possédait de bonnes connaissances de la Torah. Chaque jour, lorsqu’il fermait boutique, en particulier le soir, il se consacrait à l’étude, avec un immense élan. Sa manière de se comporter, en revanche, ne tranchait pas du commun. Il apportait toute son ardeur à l’étude de la Torah, accomplissait les Mitsvot de la meilleure façon. Il adoptait, certes, scrupuleusement tous les comportements et tous les sentiments prônés par la Torah. Toutefois, son effort était, avant tout, investi dans l’étude et la réflexion de la Torah, mais bien moins dans les bons sentiments. (11) Un autre disciple du Baal Chem Tov.
536
536
Lettre n°536
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°536, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 26 Tichri 5710,
Au jeune élève de la Yechiva, ‘Hassid qui craint Dieu, Chmouel Plotkin,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question. Votre père(1) a quitté ce monde le 8 ‘Hechvan. Son cercueil a été placé sur le bateau le 14 Mar’Hechvan et il a été enterré le 7 Kislev. Vous vous demandez de quelle manière le Kaddish doit être récité. Votre lettre semble indiquer qu’il n’a pas été enterré entre le 8 et le 14 Mar’Hechvan.
Je n’ai pas entendu quelle pratique doit être adoptée, en pareil cas. S’il s’agit de consulter les décisions hala’hiques et les coutumes prônées par les autorités rabbiniques, il y a, dans votre ville, des Rabbanim âgés, parmi les ‘Hassidim, qui peuvent vous indiquer le comportement qu’il convient d’adopter.
Vous me dites avoir commencé à réciter le Kaddish le 14 Mar’Hechvan. C’est effectivement ce qu’il fallait faire, selon l’avis de plusieurs Sages des dernières générations, commentant le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 377, paragraphe 4. Il me semble, néanmoins, que vous auriez dû le dire depuis le 8 Mar’Hechvan, comme le tranche l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 71, paragraphe 1.
Brièvement, voici ce qu’il m’apparaît, à mon humble avis. Il fallait commencer à réciter le Kaddish, le 8 Mar’Hechvan. Le deuil a commencé le 14 Mar’Hechvan, selon le Yoré Déa, chapitre 375, paragraphe 2. Il faut cesser de dire le Kaddish onze mois après l’enterrement qui est, en l’occurrence, très éloigné de la date de la mort, de sorte que quelques semaines manqueront à ces onze mois.
Il faut donc cumuler ici trois avis:
A) On ne peut réciter le Kaddish qu’après l’enterrement.
B) Certains ont coutume de dire le Kaddish pendant douze mois moins quelques jours, selon le Knesset Haguedola Yoré Déa, chapitre 403 et le Birkeï Yossef, chapitre 376, paragraphe 8c.
C) Il est louable de dire le Kaddish pendant douze mois, selon le ‘Hinou’h Beth Yehouda et le Elef Hamaguen. Ceci ne contredit pas la décision de l’Admour Hazaken, précédemment rappelée. En effet, le Kaddish présente différents aspects. Il constitue un mérite pour l’âme du défunt et il est donc dit avant même l’enterrement. Il est un moyen de respecter son père et peut donc être dit alors que l’on est dispensé de la pratique des Mitsvot(2). Il protège également de l’enfer, qui ne peut être infligé qu’après l’enterrement. C’est donc à partir de cette date que l’on compte les onze mois.
Il n’y a donc pas lieu de craindre que le fils laisse à penser que son père est un impie(3), car, même si l’on ne sait pas que l’enterrement a été retardé de quelques jours, on peut vérifier que celui-ci cesse de dire le Kaddish avant la fin des douze mois à partir du jour de la mort.
L’anniversaire du décès est fixé à la date de la mort, selon le Hayom Yom, à la page 19, bien qu’il soit, dans ce cas, très éloigné. Les Sages des dernières générations discutent, à ce propos, comme le montre le Yalkout Dat Vadin, à la page 107.
On retiendra encore l’avis du ‘Hatam Sofer, Ora’h ‘Haïm, chapitre 161, selon lequel il est préférable d’avancer la date du décès plutôt que de la retarder. Et, pour renforcer tout cela, vous pourrez, la première année, étudier la Michna, conduire la prière également à la date de l’enterrement.
Très bientôt et de nos jours, la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, de laquelle la mort résulta, sera pleinement rachetée, comme l’explique la Paracha de cette semaine(4). Alors, "Il fera disparaître la mort" et nous connaîtrons la vie éternelle, "la vie de la vie", comme l’explique la séquence de discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5710.
En vous souhaitant vie, bénédiction et paix,
Rav Mena’hem Schneerson,
Sur la différence entre le jour de la mort et celui de l’enterrement, vous consulterez le Ora’h ‘Haïm, chapitre 168 et le Yoré Déa, chapitre 402.
Notes
(1) Le Rav Avraham Elyahou Plotkin. (2) C'est-à-dire avant l’enterrement. (3) En récitant le Kaddish pour lui pendant douze mois, car l’impie est condamné à douze mois en enfer. (4) Celle de Béréchit.
Lettre n°537
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°537, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tichri 5710,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du lendemain de la fête de Soukkot.
J’ai interrogé le ‘Hassid, Rav C.L.(2), qui m’a dit vous avoir déjà écrit à propos de celui dont la mère est restée à Kiev, en Russie.
Une telle question doit être posée au Rabbi et c’est sans doute ce que vous ferez.
Selon la Hala’ha, mais sans relation avec l’application concrète, il faut, à mon humble avis, choisir une date, sans la retarder, à laquelle il conduira la prière, allumera des bougies, étudiera de la Michna et donnera de la Tsédaka. Mais, cette date ne sera pas considérée comme un anniversaire de décès.
Je dois conclure, car le Chabbat approche.
Je citerai donc, pour finir, un enseignement de mon beau-père, le Rabbi Chlita: Je répéterai une parole de nos maîtres, depuis l’Admour Hazaken, qui le tenait de son maître, le Maguid de Mézéritch, au nom de son maître, le Baal Chem Tov. Il est dit que au commencement, Dieu créa. Le commencement est lié à l’attribut de sagesse et la sagesse consiste à craindre Dieu.
Lettre n°538
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°538, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav
I. Halévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tichri et votre livre Yavo Shilo. Je vous remercie de m’avoir adressé ce précieux cadeau et de m’avoir indiqué la référence du Chaar Haguilgoulim, tome 2, qui parle d’Aristote(2).
Je ne possède pas l’édition de Halbershtam. Je possède, en revanche, celle du Rabad, éditée à Radomsk et également à Premishlyan, en 5635(3). J’y ai retrouvé, dans la partie ordre de la réincarnation, le contenu de votre lettre. Je l’ai trouvé également dans le Séder Hadorot, partie Torah Or, article Avtulmus, qui cite aussi, à la fin de ce livre, ce qui concerne la réincarnation.
Vous considérez comme un fait établi qu’Avtalyon eut des disciples de peu de valeur, qui devinrent des saducéens. Mais, l’on peut s’interroger sur l’origine de cette affirmation. Si je pouvais me le permettre, j’avancerai simplement que, dans le premier manuscrit, il était écrit, en abrégé, Ant., pour désigner Antignos, homme de So’ho. Puis, un copiste a transformé le Noun en Beth(4), cette abréviation signifiant Avtalyon.
Il est, en revanche, difficile de modifier le texte de tous les livres précédemment cités, de même que dans le Midrach Talpyot, à l’article réincarnation. Dans tous ces textes, il est bien dit Avtalyon.
Je parlais également(2) d’un acte de divorce, à propos du Pardes Haarets, page 123 et je disais que, à mon humble avis, deux actes étaient nécessaires. En revanche, il n’est pas suffisant que des témoins signent le premier acte de divorce et qu’il soit, une nouvelle fois, transmis à la femme. Voici, brièvement, mon argumentation:
A) L’ordre donné au scribe d’écrire l’acte de divorce et la rédaction de sa première ligne doivent se passer devant les témoins qui signeront cet acte. Ceux-ci doivent en avoir conscience et non se trouver là par hasard. Or, ils ne peuvent être présents dans la situation que vous décrivez, car on ne peut dire d’emblée à l’émissaire qu’il devra transmettre deux fois l’acte de divorce.
Certes, on peut arranger les choses, par la suite, en transformant un témoin signant l’acte en témoin de sa transmission, comme vous le dites dans votre livre, à la page 130. Car, le divorce effectif est réalisé par les témoins de la transmission selon Rabbi Eliézer et par les témoins signant l’acte, selon Rabbi Meïr. Néanmoins, il est clair que la responsabilité de ceux qui signent l’acte de divorce est plus importante que celle des témoins qui assistent à la transmission, y compris selon l’avis qui définit leur engagement par rapport au montant financier, dont cet acte fait état. Les témoins chargés d’assister à la transmission sont donc moins impliqués quand l’acte est demandé, puis rédigé.
Ceci s’applique plus spécifiquement à notre propos, car on peut penser que les témoins signant l’acte sont institués par la Torah, puisqu’ils attestent de la volonté du mari. On peut comparer ce cas au fait que celui qui se trempe dans un bain rituel pour consommer des prélèvements agricoles reste impur pour les nourritures consacrées.
B) L’acte de divorce est rédigé sur un parchemin appartenant au mari, car, s’il était à la femme, elle pourrait oublier de lui en faire faire l’acquisition avant qu’il ne le lui remette. Or, ce risque existe aussi, dans le cas présent si le même acte est transmis deux fois. On peut craindre également qu’il ne soit pas restitué à l’émissaire, après la première transmission, d’autant qu’il appartient alors à la femme, à la différence d’un Loulav, par exemple, qui est toujours donné à la condition d’être ensuite rendu.
C) Si l’on considère que la première transmission est essentielle, alors que la seconde est une précaution de nos Sages, on doit en conclure que le divorce est effectif depuis la première fois et l’on peut alors se demander comment il est possible d’utiliser ce même acte une seconde fois.
Une même question est posée, sur la possibilité de réutiliser un acte de divorce, dans le cas de celui qui se remarie et divorce à nouveau, le même jour.
Un exemple, plus lointain, peut être trouvé dans le fait qu’il n’est plus interdit d’utiliser des sacrifices pour son usage personnel, dès lors qu’ils ont déjà servi.
D) Si l’on pense que la seconde transmission est essentielle, la situation de l’émissaire, qui remet cet acte, une première fois, à la femme, en lui annonçant qu’elle est divorcée, mais en l’absence de témoins, est comparable à celle où l’on déclare un acte sans valeur. De fait, ces deux situations ne sont pas totalement identiques.
Tous ces points pourraient être développés, mais le temps ne le permet pas. Il s’agissait seulement de quelques remarques.
Je conclurai, comme j’ai commencé, en vous remerciant pour votre cadeau et en vous souhaitant tout le bien,
Notes
(1) Le Rav Ichaya Horovits. Voir la lettre n°429. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°522. (3) 1875. (4) En faisant Avt., abréviation de Avtalyon.
Lettre n°539
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°539, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute reçu, en son temps, ma lettre d’avant Roch Hachana et voici ce qui fait l’objet de la présente.
Un bain rituel d’eau de pluie est construit dans un certain endroit(2) et l’on m’a demandé s’il y a des usages que respectent les ‘Hassidim ou qu’ils cherchent à faire de la meilleure façon. Je sais que vous vous occupiez de cela à Rostov(3) et, à n’en pas douter, vous avez dû recueillir des enseignements du Rabbi, à ce propos.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’écrire tout cela(4) avec la plus grande précision possible et en en indiquant les raisons, si vous les connaissez, afin d’être exhaustif.
Il est bien évident que cette requête porte aussi sur tout ce que vous pourriez connaître à propos du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm ou Yoré Déa. Néanmoins, ce qui concerne le bain rituel présente un caractère d’urgence.
En vous remerciant par avance et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yaakov Landa. Voir la lettre n°417. (2) Voir, à ce propos, la lettre suivante. (3) Où résidait le Rabbi Rachab. (4) La réponse du Rav Landa fut imprimée dans les additifs du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, tome 5-6, page 1910. Voir, à ce propos, les lettres n°552, 585, 630 et 693.
Lettre n°540
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°540, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 Tichri.
Je n’ais pas connaissance de précautions particulières qu’il faille prendre lorsque l’on construit un Mikwé et qui seraient propres aux ‘Hassidim, car je ne suis pas un expert des usages adoptés par les autres communautés, en la matière.
J’ai écrit, à ce propos, au grand Rav, le Rav Yaakov Landa(2), qui s’occupait de la construction du Mikwé à Rostov, selon les instructions du Rabbi(3). Bien évidemment, s’il me donne des nouvelles, je vous les transmettrai.
Il est sans doute inutile de vous préciser que le bassin d’eau de pluie doit lui-même avoir en permanence un contenu de quarante Séa. Le conduit par lequel l’eau transite doit être situé au dessus de cette mesure. Le bassin dans lequel on se trempe doit, pendant l’immersion rituelle, être relié à celui de l’eau de pluie.
Les canalisations conduisant l’eau de pluie vers le bassin ne seront pas recourbées. Vous parlez, dans votre lettre, de vider ce bassin avec une pompe. A mon humble avis, cela n’est pas une pratique judicieuse, car nous n’adoptons pas la permission de le faire donnée par le ‘Hatam Sofer, lequel autorise un bassin rempli d’eau de pluie, qui est ensuite vidé de son contenu et rempli de nouveau avec de l’eau courante. Mais, peut-être voulez vous dire que l’on attend ensuite que le bassin s’emplisse encore une fois d’eau de pluie.
Vous savez qu’en construisant un Mikwé, on s’efforce de respecter le plus grand nombre d’avis émis à ce sujet.
Vous noterez que, lorsqu’une femme de petite taille doit se tremper, on ne retire de l’eau du bassin que dans la mesure où la quantité nécessaire, évaluée largement, s’y trouve encore. C’est pour cela que, en différents endroits, on place la pompe non pas dans le bassin où l’on se trempe, mais dans une cuve proche de ce bassin, qui lui est reliée par un orifice.
En pareil cas, il faut faire attention que l’eau ne s’écoule pas, c'est-à-dire que la pompe ne fonctionne pas, pendant l’immersion rituelle. Bien évidemment, ce serait alors de l’eau courante(4).
Les cent cinquante(5) ont été reçus en leur temps.
Je conclus en saluant tous les vôtres et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Acher Abramson. Voir, à son propos, la lettre n°547*. (2) Voir la lettre précédente. (3) Rachab. (4) Et non plus de l’eau de pluie. Ce ne serait donc plus un Mikwé. (5) Shekels.
Lettre n°541
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°541, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’Hechvan 5710,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
ancien qui réside dans la tente de l’étude, le Rav Y(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’accuse réception, par la présente, de vos commentaires de la Torah sur les Sidrot Béréchit et Noa’h. Comme nous l’avons convenu, nous vous enverrons, par colis, quelques unes de nos dernières publications, le Séfer Taameï Hamitsvot du Tséma’h Tsédek et les fascicules n°69 à 72 des écrits de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Il est sûrement inutile de vous demander, si vous trouvez d’autres exemplaires de vos livres en double, de nous les faire parvenir, par l’intermédiaire de vos émissaires. Nous vous adresserons, en contrepartie, d’autres livres publiés par nos soins. Je vous remercie à la fois pour ce qui a été fait et pour ce qui le sera.
J’ai feuilleté vos livres dès reception, tant mon intérêt était vif et je formulerai ici quelques remarques, bien qu’elles résultent d’un examen hâtif, mes occupations ne me permettant pas d’y consacrer tout le temps que j’aurais voulu:
A) Au début de votre livre: Vous évoquez les lettres de l’alphabet que la Tradition écrit en grand format. Vous dites que le Menorat Chlomo n’adopte pas la Tradition des Chroniques et vous avancez qu’il ne disposait pas de la version qui est en notre possession. Je ne possède pas le Menorat Chlomo, mais il me semble bien clair qu’il est deux conceptions des lettres écrites en grand format, ou même en petit format(2): 1. De telles lettres figurent uniquement dans les versets du ‘Houmach. 2. Ils apparaissent dans tous les livres de la Torah.
Ces conceptions sont liées aux deux avis exprimés par le traité Nedarim 22b. Selon le premier, les enfants d’Israël, s’ils n’avaient pas commis la faute(3), auraient uniquement obtenu le ‘Houmach et le livre de Yochoua. Selon le second, ils auraient, en tout état de cause, reçu les vingt quatre livres de la Torah. Vous consulterez, à ce propos, le Yioun Yaakov sur le Eïn Yaakov.
De toute manière, le livre de Yochoua ne concerne pas notre propos, puisque toutes ses lettres ont une taille normale. Vous verrez, à ce propos, le Min’hat Chay Yochoua 14, 11.
B) Dans la partie étude de Dieu, paragraphe 1: Vous dites que les cieux et la terre ont été créés avant toute autre chose, alors qu’au paragraphe 2, vous introduisez un troisième élément, la matière potentielle et vous dites que le temps est également créé, contredisant ainsi vos propos précédents.
Il est clair que l’ordre de la création est le suivant, le temps, la matière potentielle, les cieux et la terre. De fait, pour être plus précis, les quatre éléments fondamentaux de la matière(4) ont même été créés avant la terre, comme le souligne le Ramban.
Du reste, le Ramban considère qu’il y avait deux matières potentielles, celle des cieux et celle de la terre. Le Ets ‘Haïm reproduit son avis, au chapitre Kitsour Atsilout Brya Yetsira Assya, paragraphe 10 et vous consulterez aussi le Rambam, lois des fondements de la Torah, chapitre 3.
Or, il est difficile d’imaginer que la création initiale était constituée de deux éléments. Il faut, en outre, accorder cette affirmation avec celle du Ets ‘Haïm, au chapitre Droucheï Atsilout Brya Yetsira Assya, paragraphe 1, selon laquelle la Sefira de Kéter, la couronne qui surplombe la création, est celle qui fait allusion à la matière potentielle. Et, il n’y est question que de la matière potentielle de la terre.
Mais, selon un autre avis, il y a bien eu un potentiel unique pour le ciel et la terre. Et, ceci peut être rapproché de la discussion qui figure dans le Midrach Béréchit Rabba, 12, 11, que vous consulterez, dans le Yefé Toar et le Guide des égarés, tome 2, chapitre 26. Ce point ne sera pas développé ici.
C) A la même référence: Le temps a été créé et vous soulevez, à ce propos, l’objection bien connue de nos Sages, selon laquelle le temps préexistait. Et toutes les explications données à ce propos ne permettent pas de comprendre le terme de chronologie qui est employé dans ce texte.
Le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de la foi en Dieu, chapitre 11, apporte, à cette question, une réponse satisfaisante. Selon ses propos, le temps qui n’est pas encore quantifiable peut déjà être défini comme une création. Ceci ne sera pas développé non plus.
D) A la fin de la seconde partie: Vous vous demandez si les non-Juifs sont tenus de sanctifier le Nom de Dieu. Vous prenez pour référence, à ce propos, l’épreuve à laquelle fut confrontée Avraham, à Our Kasdim.
Vous trouverez un long développement sur ce sujet, dans le Rimat, à la fin de la Parchat Toledot et dans le Parchat Dera’him, chapitre Dére’h Haa’hérim, paragraphe 2.
E) A la même référence: Vous vous demandez si les non-Juifs sont tenus de respecter leurs parents. Vous consulterez, à ce propos, le traité Mena’hot 56b, qui parle des dix Mitsvot(5), les sept que reçurent les descendants de Noa’h, auxquelles furent ajoutées la nécessité d’avoir une législation, le Chabbat et le respect des parents. On peut en conclure que ce Précepte ne s’applique pas aux non-Juifs.
Vous citez les propos suivants du Midrach(6), Je te dispense d’honorer tes parents, mais Je ne dispense nul autre de le faire. Cette citation est, en tout état de cause, difficile à comprendre. Pourquoi quelqu’un d’autre serait-il dispensé de cette Mitsva? Ce Précepte devrait-il disparaître?
Il me semble que l’on peut donc donner, à ce propos, l’explication suivante. Dieu l’exonérait totalement de son obligation et il ne devait donc pas retourner à ‘Haran(7), après avoir reçu cette Injonction. En revanche, aucune autre personne confrontée à la même situation ne serait dispensée de respecter son père.
En recevant une Injonction divine, il pouvait donc être puni s’il trainait après l’avoir mise en pratique, car il n’était pas définitivement relevé de son obligation envers ses parents. Celle-ci était uniquement suspendue, de façon momentanée, du fait d’une autre obligation. Ce qui vient d’être dit fait allusion au récit de Yaakov, selon la fin du premier chapitre du traité Meguila.
On peut expliquer tout cela en fonction de ce qui a été exposé auparavant. Notre père Avraham quitta ‘Haran une seconde fois, après avoir, la première fois, mis en pratique l’Injonction divine Va-t-en pour toi.
On ne peut tirer de cela aucune preuve de l’obligation des non-Juifs envers leurs parents, puisqu’il est ici question des Patriarches.
Les non-Juifs sont-ils tenus de mettre en pratique un Précepte logique? Vous consulterez, à ce propos, le Sdeï ‘Hémed, Peat Hasadé, principes généraux, 3, 107.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
A ce propos, Guinsburg, dont vous parlez dans votre introduction, avait abjuré et même, un certain temps, exercé des activités missionnaires. Je voulais uniquement vous le faire remarquer.
Notes
(1) Le Rav Yonathan Shteyf. Voir, à son propos, la lettre n°546. (2) Dans le Séfer Torah. (3) Du veau d’or. (4) Le feu, le vent, l’eau et la terre. (5) Reçues par les enfants d’Israël à Mara, avant le don de la Torah. (6) Que le Saint béni soit-Il adressait à Avraham. (7) Où se trouvaient ses parents.
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