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Iguerot Kodesh — lettres 500 à 519

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°500

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°500, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 6 Tamouz 5709,

Au grand Rav, élève de la Yechiva, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav M.P. Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu en son temps votre lettre du 29 Sivan et je vous ai adressé tout ce que vous avez commandé, pour un montant de dix huit Shekels, après déduction d’une réduction de vingt pour cent.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(2), une lettre de Ma’hané Israël et une autre du comité pour le Maamad(3).

Pour introduire une explication plaisante, on peut dire que ceci correspond aux trois domaines du service de Dieu, Torah, prière et bonnes actions(3). Vous les mettrez sans doute tous les trois à la disposition du plus grand nombre.

Jusqu’à quand ceux qui se trouvent près de vous seront-ils répartis en deux camps(4)? Pourquoi y a-t-il les ‘Hassidim et les autres? Il est bien clair que l’unité doit conduire les autres à devenir des ‘Hassidim et non l’inverse, ce qu’à Dieu ne plaise. A qui peut-on confier ce travail de clarification, dans votre ville? Et, jusqu’à quand retardera-t-on tout cela?

Je conclue en saluant toute votre communauté et en vous souhaitant tout le bien,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Morde’haï Perlov. Voir la lettre n°438. (2) Du 12 Tamouz. (3) Voir la lettre précédente. (4) Voir, à ce propos, la lettre suivante.

Lettre n°501

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°501, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tamouz 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.Z. Duchman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre quatorzième lettre(2) et je vous en remercie. Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(3), une lettre de Ma’hané Israël et, point le plus important, une lettre du comité du Maamad(4). Vous trouverez sûrement le moyen qui convient pour les mettre, tous les trois, à la disposition du plus grand nombre.

J’ai écrit au Rav M.P. Hacohen(5) que le moment était venu, pour tous ceux qui se trouvent dans votre entourage, de devenir enfin des ‘Hassidim.

Vous m’écrivez qu’il est un fait établi, chez les ‘Hassidim, que Rabbi Hillel de Paritch ne vit pas l’Admour Hazaken(6). C’est effectivement le cas et mon beau-père, le Rabbi Chlita, a expliqué, il y a quelques années, de quelle manière il entendit une parole de la bouche de l’Admour Hazaken.

Rabbi Hillel désirait fortement le voir et il le suivit donc, lorsque l’Admour Hazaken visita sa région. Mais, partout où il arrivait, il apprenait que le Rabbi venait de repartir. Il décida donc de se rendre dans une ville où l’Admour Hazaken devait arriver par la suite. Il se rendit dans la chambre que le Rabbi devait occuper et il se cacha sous le sofa. Il comptait en sortir après que le Rabbi ait prononcé le discours ‘hassidique et lui poser une forte question qu’il se posait, à propos du traité Ara’hin.

Alors qu’il se trouvait sous le sofa, il entendit la voix de l’Admour Hazaken, qui chantait, comme à son habitude: Lorsqu’un jeune homme s’interroge sur Ara’hin, il doit d’abord s’évaluer lui-même(7). Rabbi Hillel perdit connaissance. Lorsqu’il retrouva ses esprits, le Rabbi avait déjà quitté la ville.

Les publications suivantes vous ont été adressées, par ailleurs: la visite de Chicago(8) et les fascicules, avec l’analyse sur la résurrection des morts que vous m’avez demandée(9). Vous mettrez ces livres à la disposition du plus grand nombre. Le premier recueil de lettres(8) est épuisé depuis longtemps.

A tout moment, la Torah doit être perçue comme nouvelle. C’est ce que dit le second chapitre de Chaar Hay’houd Vehaémouna, à propos de son aspect révélé, qui est appelé Torah de lumière. Il en est de même pour l’enseignement profond de la Torah, d’après le discours ‘hassidique du 2 Nissan 5685(10), intitulé le second jour et les discours de Chavouot 5700(11), actuellement sous presse.

Ces textes précisent également l’aspect nouveau de la Torah, des âmes et des mondes. Du reste, on peut comprendre que les âmes n’en ont pas besoin, qu’il est même exclu, pour ce qui les concerne, mais ce point ne sera pas développé ici.

On peut tirer une preuve de ce renouvellement de la Torah, d’abord de la bénédiction qui est récitée à son propos, Qui donne la Torah, au présent, mais aussi de l’affirmation de nos Sages, dans le Yalkout Chimeoni E’ha: Dieu étudie la Torah face à celui qui l’apprend. Ils disent encore, dans le Sifri Vaét’hanan, chaque jour, elle sera comme nouvelle à tes yeux.

En saluant toute votre communauté,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°470. (3) Du 12 Tamouz. (4) Voir les deux lettres précédentes. (5) Le Rav Morde’haï Perlov. Il s’agit de la lettre précédente. (6) Or, le précédent Rabbi expliqua, dans l’une de ses causeries, que Rabbi Hillel de Paritch avait entendu quelques propos de la bouche de l’Admour Hazaken. (7) Ara’hin signifie les évaluations. (8) Du précédent Rabbi. (9) Il s’agit de la lettre n°200. (10) 1925, du précédent Rabbi. (11) 1940, du précédent Rabbi.

Lettre n°502

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°502, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Tamouz 5709,

Au grand Rav, distingué ’Hassid, érudit qui craint Dieu,

le Rav E.E. Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Voici bien longtemps que je n’ai eu de vos nouvelles. J’espère que vous allez bien, de même que tous les vôtres.

En tout état de cause, cela est bien dommage. Nos Sages commentent, de manière allusive, le verset ceux qui recherchent la calomnie se sont rapprochés, ils se sont éloignés de Ta Torah. Ainsi, ceux qui complotent le mal, que l’on appelle, dans le langage courant, des politiciens, se rapprochent les uns des autres, alors que ceux qui respectent Ta Torah sont éloignés l’un de l’autre.

Le fascicule édité à l’occasion du 12-13 Tamouz vient de paraître et je vous en adresse un exemplaire.

J’évoquerai également un sujet qui est d’actualité, ces jours-ci(2). Il est différentes catégories de miracles(3), définies par les commentateurs du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 218:

Un miracle survenu à son maître, la relation entre le maître et le disciple étant purement intellectuelle.

Un miracle survenu à son père, auquel on est lié par les vêtements de l’âme et non par la quintessence de celle-ci, comme l’expliquent les écrits du Ari Zal, cités à la fin du second chapitre du Tanya.

Un miracle survenu à soi-même, qui peut cependant diminuer son mérite personnel, comme le dit le traité Chabbat 32a et qui ne procure donc pas une joie entière.

Un miracle survenu à son Rabbi est infiniment plus élevé que toutes les situations précédentes. Car, l’âme du ‘Hassid est une parcelle de l’âme collective du Rabbi. Dès lors, la joie peut être entière.

Puisse Dieu faire que nous nous réjouissions très prochainement de la délivrance complète et collective, par notre juste Machia’h.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Efraïm Eliézer Hacohen Yalles, Rav de Philadelphie. Voir les lettres n°176, 528, 532, 612. (2) Alors qu’est célébrée la fête de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Remarque ultérieure: Le Sdeï ‘Hémed, au vingt neuvième chapitre des principes, indique comment fixer une fête pour toutes les générations au jour qu’un miracle est survenu.

Lettre n°503

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°503, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tamouz 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ...

Je vous salue et vous bénis,

Je réponds, dans l’ordre, aux questions posées dans votre lettre:

A) Le Likouteï Torah, tome 2, chapitre 7, indique que certains commirent l’erreur de penser qu’il faut interpréter le Tsimtsoum(1) au sens littéral. Ceux-là faisaient-ils allusion au premier Tsimtsoum?

Il est clair que c’est bien le cas. La discussion tendant à établir si le Tsimtsoum est à interpréter au sens littéral ou non figure au début du Ets ‘Haïm, où il est bien question du premier Tsimtsoum. Le Yocher Levav, du Rav ‘Haï Ricki, l’établit clairement, de même que d’autres textes. C’est aussi ce qu’indique le Likouteï Torah.

Il faut savoir que dans le texte que vous citez et dans Igueret Hakodech, cette erreur est exposée et il est établi que le Tsimtsoum ne doit pas être interprété au sens littéral. Mais, il est aussi une autre erreur. On a dit que le Tsimtsoum portait sur l’Essence de Dieu, ce qui n’a pas de sens, comme l’indique le Torah Or, au début de la Parchat Vayéra, le Likouteï Torah, à cette même référence, le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek et d’autres textes encore.

B) Si l’erreur porte sur le premier Tsimtsoum, qui intervint avant la création de tous les mondes, pourquoi

l’Admour Hazaken(2) dit-il: Dieu aurait retiré Son Essence de ce monde?

On peut répondre à cette question de deux manières:

1. Celui qui commit cette erreur pensa qu’il fallait interpréter le Tsimtsoum au sens littéral parce qu’il était, pour lui, une évidence que l’Essence de Dieu s’est retirée de ce monde. S’il n’en était pas ainsi, Dieu se trouverait également parmi les créatures les plus inférieures et même les plus viles. La réponse de l’Admour Hazaken porte donc sur ce qui est à la base de cette conception.

2. Pour ce qui est des autres mondes, on peut penser qu’après le Tsimtsoum, la Lumière de Dieu s’est révélée de nouveau. Les questions, que nous envisagerons plus loin, soulevées par le Tikouneï Zohar et le Raya Méhemna ne se posent donc plus. A l’opposé, l’Essence de Dieu ne peut se révéler ici-bas, puisque, selon cette conception, Elle est incompatible avec la matière.

Dans le monde spirituel d’Atsilout, il est bien évident que la Lumière de l’Essence divine peut réapparaître. Mais, bien plus, il peut en être de même également dans les stades plus inférieurs de la création. De fait, un fil de cette Lumière éclaire bien les mondes de Brya, Yetsira et Assya.

C) Y a-t-il un rapport entre ce qui vient d’être dit et le chapitre 20 d’Igueret Hakodech, selon lequel le reflet de Lumière divine transperça le rideau(3)?

A ce propos, pourquoi n’est-il pas dit ici qu’il transperce et éclaire, au féminin(4)? C’est pourtant ce qui figure dans toutes les éditions que j’ai pu voir.

A mon humble avis, cela n’a rien à voir avec ce qui a été expliqué. Pour l’Admour Hazaken, le Tsimtsoum n’est pas à interpréter au sens littéral et il n’est donc pas nécessaire de le compenser par ce reflet de Lumière. De plus, tous s’accordent pour dire que ce reflet ne supprime pas le Tsimtsoum et en modifie seulement quelques aspects, permettant de l’occulter par l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot.

La ‘Hassidout énonce la définition du Tsimtsoum et du fil de Lumière. Cette rétractation créa un espace vide et rond, dans laquelle le fil s’introduisit. Or, il est bien clair qu’un fil ne peut combler un espace rond. Et, il en est de même ici. Ce fil éclaire le monde d’Atsilout et seuls ses lumières et ses réceptacles s’unifient à lui, ce qui n’est pas le cas des sanctuaires et des anges de ce monde, comme le dit le chapitre 20 d’Igueret Hakodech. Il n’en est pas de même avant le Tsimtsoum, c’est bien évident.

D) Peut-on dire que, d’après le Ets ‘Haïm, le fil de Lumière s’arrête dans le monde d’Atsilout, les stades ultérieurs de la création en étant donc séparés?

Vous consulterez, dans le discours ‘hassidique intitulé sonnez, qui a été prononcé en 5650(5), une note qui est proche de son début. Celle-ci, citant le Ets ‘Haïm et le Chaar Hahakdamot, précise que l’essence des Sefirot du monde d’Atsilout est à l’origine de celles de Brya. On peut considérer que c’est là ce que dit Igueret Hakodech, évoquant le reflet de Lumière qui traverse le rideau.

Il n’y a donc nulle idée nouvelle introduite par l’Admour Hazaken en cela. Peut-être ses propos peuvent-ils être considérés comme une interprétation du Ets ‘Haïm, puisque l’on peut en envisager d’autres.

En tout état de cause, même si l’on fait abstraction de ce rayon de lumière qui traverse le rideau, il est difficile de considérer les mondes de Brya, Yetsira et Assya comme séparés. Car, ce reflet traverse tout l’enchaînement des mondes, comme le dit Igueret Hakodech, à la même référence.

Le reflet parvient donc jusqu’à l’Attribut de royauté du monde d’Assya, comme le précisent le Ets ‘Haïm et d’autres références. Igueret Hakodech renvoie également au Séfer Haguilgoulim, qui en décrit la révélation. Tout cela est précisé par le discours intitulé tu te réjouiras, qui fut prononcé en 5657(6), indiquant que le reflet est évident en Atsilout, puis caché dans les stades ultérieurs de la création.

E) Un orphelin doit-il commencer à mettre les Tefilin à douze ans?

J’ai vu que les tous derniers Sages mentionnaient cette coutume. Le Pinot Habayt, du Rav T.Y. Michaelsohn dit que c’est l’usage courant et qu’il y a, en cela, un mérite pour le défunt. De fait, on peut se demander en quoi il y a un mérite à adopter une pratique à laquelle on n’est pas astreint et qui ne fait même pas partie de l’éducation que l’enfant doit recevoir, à la différence du Kaddich. Bien plus, des adultes entendent le Kaddich, y répondent Amen, constatent que l’enfant s’en remet au verdict divin. Il est difficile de répondre à toutes ces interrogations.

Il est également avancé que peu de personnes se préoccupent d’un tel enfant, qu’en tout état de cause, l’un de ceux qui auraient dû le faire n’est plus là et qu’il est donc nécessaire de lui apprendre plus tôt de quelle manière on doit mettre les Tefilin. Néanmoins, on ne peut considérer qu’un tel apprentissage est difficile, justifiant un grand effort.

En fait, on met les Tefilin à douze ans, dans ce cas, en se basant sur l’avis du Peri Megadim. Et le Pinot Habayt y voit une allusion dans le traité Guitin 52a, selon lequel le tuteur procure des Tefilin à l’orphelin, alors que, s’il a treize ans, il est lui-même considéré comme adulte et il faut prendre en compte la volonté de celui qui le fait hériter. Il en déduit que l’on parle ici d’un enfant de moins de treize ans. Il est clair que cette preuve est bien faible. Car, qui dit ici qu’il a douze ans?

Mais, le Pinot Habayt, citant le commentaire du Kapot Temarim sur le traité Soukka 42a, dit aussi que l’orphelin doit commencer à mettre les Tefilin à treize ans.

Le Arou’h Hachoul’han considère que cette pratique n’est pas bonne, car elle contrevient à la sainteté des Tefilin. De plus, le Ot ‘Haïm, du Rabbi de Munkatch, de même que le Darkeï ‘Haïm Vechalom, qui énumère toutes les coutumes qu’il respectait, demandent de ne pas mettre les Tefilin, fut-ce même un seul jour, avant l’âge de treize ans.

La coutume s’est répandue d’habituer les garçons à mettre les Tefilin deux ou trois mois avant l’âge de treize ans, comme le cite l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h. A mon humble avis et compte tenu de tous ces éléments, en l’absence d’une raison claire et dans une situation exceptionnelle, il n’y a pas lieu de faire porter les Tefilin aux orphelins avant les autres enfants. Au lieu de leur montrer comment mettre les Tefilin, il est préférable de leur enseigner la Torah et les Mitsvot.

En plus de tout ce qui vient d’être dit, il y a lieu de craindre qu’un tel enfant soit compté dans le Minyan. On peut dire également qu’il n’est pas bon d’avancer cet âge, chez un orphelin, dès lors que l’Admour Hazaken n’en parle pas dans son Choul’han Arou’h. Certes, cette raison n’est pas absolue car, me semble-t-il, l’Admour Hazaken évite de citer les lois présentant un aspect réellement nouveau, n’ayant pas été mentionnées par les Décisionnaires qui l’ont précédé. On sait que le Rif et le Rambam avaient adopté le même usage.

Concernant la coutume de la famille du Rabbi, mon beau-père, le Rabbi Chlita, a commencé à mettre les Tefilin, en cachette, en 5651(7), alors qu’il avait onze ans.

F) La phrase Beri’h Ra’hamana(8) permet-elle de s’acquitter de l’obligation, faite par la Torah, de réciter une bénédiction après le repas?

Les trois bénédictions(9) sont instaurées par la Torah et cette phrase ne remplace que la première, dans l’impossibilité de faire autrement, selon le traité Bera’hot 40b. On peut le déduire de la question posée par la Guemara, peut-être les femmes sont-elles dispensées de cette bénédiction après le repas, puisqu’elles n’ont pas reçu une part d’Erets Israël, n’ont pas conclu d’alliance(10) et ne sont pas astreintes à l’étude de la Torah, tous ces éléments étant mentionnés dans la seconde bénédiction.

Il faut savoir que, selon la décision de l’Admour Hazaken, on dit, dans cette phrase, Ra’hamana Elakana Malka Dealma, Eternel notre Dieu, Roi du monde, selon l’avis de Rabbi Yehouda, au début du neuvième chapitre du traité Bera’hot. Les lois des bénédictions figurant dans son Sidour ont été rédigées après son Choul’han Arou’h(11), dans lequel il n’est pas dit Elakana, notre Dieu et Malka, Roi. Bien évidemment, il n’y a pas lieu de distinguer les bénédictions entre elles.

G) Faut-il répondre Amen aux bénédictions que prononcent les enfants durant leur étude?

Le traité Bera’hot 53b établit clairement que l’on n’y répond pas. Le Tour Choul’han Arou’h en retient le principe, sans aucune ambiguïté. Je ne comprends pas que vous puissiez avoir un doute, à ce sujet.

H) Lorsque l’on enseigne les bénédictions aux enfants tenus de les dire(12), est-il permis de prononcer le Nom de Dieu, pendant l’étude, même lorsqu’aucune bénédiction ne doit être récitée?

La Guemara et le Tour Choul’han Arou’h disent que l’on a le droit de prononcer le Nom de Dieu, lorsque l’on enseigne aux enfants. Aucune interdiction n’est faite au professeur, puisque cela fait partie de son enseignement. Bien au contraire, il accomplit ainsi une Mitsva, puisqu’il est écrit: Et tu les enseigneras à tes enfants(13). Combien plus est-ce le cas pour l’élève, puisqu’il s’agit de sa propre étude. Le traité Kiddouchin 29b enseigne, en effet, que l’étude personnelle d’un homme passe avant celle de son fils.

L’Admour Hazaken modifie les termes du Maguen Avraham et du Choul’han Arou’h. En effet, tandis que le Maguen Avraham parle d’un adulte qui apprend les bénédictions dans la Guemara, l’Admour Hazaken dit: un adulte qui s’entraîne. On peut, du reste, s’interroger sur la formulation du Maguen Avraham, qui distingue l’adulte de l’enfant, mais ce n’est pas ici l’occasion de le faire.

En tout état de cause, on peut considérer que l’Admour Hazaken se base sur le fait que la Guemara parle d’enfants et non d’élèves. On peut l’expliquer de la manière suivante. Il est possible d’enseigner à quelqu’un qui est déjà astreint à dire les bénédictions. On ne doit donc pas le faire avant cela, au moins pour l’avis des Sages.

L’enfant, en revanche, est, à tout moment, dispensé de dire les bénédictions, bien que l’on réponde Amen s’il en prononce une, ce que l’on ne fait pas s’il la dit pendant son étude. On peut le justifier par la nécessité de lui donner une éducation, qui incombe au père, de même que l’enfant se doit de la recevoir.

Cela ne justifie donc pas qu’une tierce personne, qui n’est pas tenue de donner une éducation à cet enfant, puisse prononcer le Nom de Dieu pour lui, lorsque cela n’est pas nécessaire. Sur cette base, aucune distinction ne peut être faite entre le moment où l’enfant reçoit une éducation et le reste du temps. Dès lors qu’une permission de prononcer ce Nom a été donnée, elle est accordée également au père.

C’est là l’explication qui peut être donnée, mais elle reste, néanmoins, un peu difficile.

I) Peut-on charger un enfant de tenir le Séfer Torah après qu’il ait été présenté à la communauté?

J’ai pu vérifier qu’une telle pratique était effectivement en usage, sans que nul ne cherche à s’y opposer.

J) Celui qui prie seul doit-il prononcer, de manière différente, les treize Attributs de Miséricorde divine, selon qu’il s’agisse de la prière de Cha’harit, de celle de Min’ha ou des Seli’hot?

Je n’ai jamais vu et jamais entendu qu’une telle différence puisse être faite. Le Choul’han Arou’h ne donne aucune précision, à ce sujet. Le Sidour Tehilat Hachem, édition complète, est la photographie de l’édition précédente et le temps n’a pas permis de le corriger, comme il l’aurait fallu.

K) Quand commencer à dire le Kaddich qui suit la lecture de la Torah, pendant la prière de Min’ha du Chabbat?

Vous consulterez le chapitre 29 du Chaar Hacollel. Notre coutume, d’après les enseignements de mon beau-père, le Rabbi Chlita, est de le dire peu avant que l’ont ait achevé de recouvrir le Séfer Torah. On termine ensuite de le faire, au plus vite, on dit le verset Yehalelou, de sorte que ce Kaddich soit achevé lorsque le Séfer Torah est déjà rentré et, dans la mesure du possible, soit le plus proche possible de la prière.

L) Je viens de recevoir la photographie que vous m’avez adressée pour l’album qui évoquera le souvenir des ‘Hassidim et sera déposé dans le bureau de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Vous savez ce que l’Admour Hazaken dit de l’empressement, dans Igueret Hakodech: Avec un formidable empressement, afin de faire la preuve de sa joie et de son bon vouloir.

L’empressement fait allusion à Avraham qui se leva tôt le matin. Le terme formidable rappelle qu’il sangla lui-même son âne. Il montra ainsi aux autres qu’il possédait cette qualité, afin qu’ils le voient et l’imitent.

Le discours ‘hassidique édité à l’occasion du 12 Tamouz dit que l’effort de celui qui accède à la Techouva est orienté vers les autres personnes. Avraham lui-même, partant sacrifier son fils, allait contre sa nature et apporta ainsi la preuve qu’il craignait réellement Dieu. Telle est la différence entre celui qui s’élève vers la Techouva et le Juste parfait.

Avraham manifesta donc sa joie et son bon vouloir, l’aspect profond de sa volonté et de son plaisir. Vous consulterez la fin de la séquence de discours ‘hassidiques de Pessa’h 5709, qui précise la différence entre la joie et le plaisir.

M) Vous savez sans doute que mon beau-père, le Rabbi Chlita, désire recevoir et noter les récits des ‘Hassidim âgés et leur biographie. Il serait donc judicieux que vous rédigiez les souvenirs de votre père. Vous les adresserez aux éditions Otsar Ha’hassidim(15), à l’attention de la section de la mémoire. Vous engagerez également vos élèves à en faire de même.

Vous me confirmerez sûrement avoir reçu la présente lettre.

En saluant toute votre communauté,

Notes

(1) La rétractation divine qui est à l’origine du processus créatif. Voir, à ce propos, les lettres n°11 et 527. (2) Exposant cette erreur. (3) Parsa, qui sépare les mondes spirituels d’Atsilout et de Brya. (4) Le mot Héara, reflet, est féminin, en Hébreu. Les verbes auraient donc dû s’accorder. (5) 1890, du Rabbi Rachab. (6) 1897, du Rabbi Rachab. (7) 1891. (8) Béni soit l’Eternel notre Dieu, Roi du monde et Maître de cette nourriture, qui est dite par les enfants. (9) Qui nourrit chacun, pour la terre et pour la nourriture, Qui, dans Sa miséricorde, rebâtit Jérusalem. (10) De la circoncision. (11) Et doivent donc être retenues. (12) Aux garçons de plus de treize ans et aux filles de plus de douze ans. (13) Et nos Sages expliquent: Tes enfants: ce sont tes élèves. (14) Voir la lettre n°499. (15) Voir la lettre n°516.

Lettre n°504

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°504, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tamouz 5709,

Au grand Rav, éminent érudit, ‘Hassid distingué qui craint

Dieu, le Rav C.Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre. Je viens de recevoir également la seconde édition de votre livre Moadim Bahala’ha(2). Comme je l’ai déjà dit, ce livre, outre son contenu, est précieux également par les larges références qu’il donne abondamment, en bas de page.

Vous vous interrogez sur notre coutume, rapportée dans le Hayom Yom, à la date du 1er Tichri 5704: Le Yehi Ratson qui est prononcé sur la pomme(3) doit être dit après la bénédiction et avant de la manger.

A chaque Roch Hachana, j’ai vu mon beau-père, le Rabbi Chlita, pratiquer ainsi. J’ai lui ai demandé si cet usage concernait les maîtres de la ‘Hassidout, la famille du Rabbi ou chacun. Il m’a répondu que tous devaient l’adopter et que je pouvais le diffuser. C’est la raison pour laquelle je l’ai mentionné dans le Hayom Yom.

Il ne m’a pas dit la raison du changement de coutume, ainsi introduit, par rapport au Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, mais il m’a précisé que le Rabbi(4) en faisait de même.

Il en est de même pour une autre pratique, également mentionnée dans le Hayom Yom, qui me semble, néanmoins, présenter un caractère beaucoup plus novateur. Il y est dit que la bénédiction, lors de l’allumage des bougies(5), se conclut par Chel Yom Hazikaron, du jour du souvenir. Mon beau-père, le Rabbi Chlita m’a rapporté, à ce propos, une discussion entre le Rav Rafaelovitch, de Krementchug et le Rabbi(4), qui lui a affirmé que ce texte était prononcé, dans sa famille.

*

*

*

Il me semble que l’on peut avancer l’explication suivante. Le Maguen Avraham lui-même dit qu’a priori, il faut dire le Yehi Ratson après avoir mangé la pomme, mais il concède que, si on l’a fait avant, il ne s’agit pas d’une interruption. Il cite même la possibilité de le faire a priori, selon le Maagaleï Tsédek. Le Sdeï ‘Hémed le dit aussi, citant le ‘Hemdat Yamim, dont je ne dispose pas, pas plus que du Maagaleï Tsédek.

Certes, l’Admour Hazaken adopte, dans son Choul’han Arou’h, l’avis du Maguen Avraham, mais, de nombreuses fois, il revient sur ce qu’il explique dans son Choul’han Arou’h, comme le prouve son Sidour et, en l’occurrence, l’habitude de la maison du Rabbi.

Les responsa Divreï Ne’hemya expliquent que, dans son Choul’han Arou’h, il s’efforça de ne pas contredire les derniers Sages, en particulier le Maguen Avraham. Puis, à la fin de sa vie, il parvint à une grande sagesse et put alors s’opposer à eux, allant jusqu’à permettre ce qu’ils n’avaient pu autoriser. Et l’on sait qu’il dit lui-même avoir regretté de s’en être systématiquement remis au Maguen Avraham.

Il est dit, au début du Chaar Hacollel que, lorsque la Hala’ha n’est pas tranchée, l’Admour Hazaken adopte, dans le Choul’han Arou’h, l’avis des Décisionnaires et dans son Sidour, rédigé ultérieurement, celui des Sages de la Kabbala. On peut en dire de même pour ce qui fait l’objet de notre propos.

En effet, le Sdeï ‘Hémed donne une raison spirituelle pour laquelle le Yehi Ratson doit d’abord être récité. Bien plus, pour le Maguen Avraham, c’est seulement a priori qu’il faut adopter la position inverse et l’on peut, à ce propos, s’interroger sur la formulation du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. Or, cette raison justifie qu’il soit permis d’agir ainsi.

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A mon avis, il y a une raison simple et évidente, basée sur la partie révélée de la Torah, justifiant que le Yehi Ratson soit dit avant de manger le fruit. Il doit, en effet, être le plus proche possible de la bénédiction du fruit, Qui crée le fruit de l’arbre, de sorte qu’elle le concerne également(6). C’est la raison pour laquelle, selon le traité Pessa’him 104b, une bénédiction qui fait suite à une autre n’est pas introduite par le mot Barou’h, béni(7).

Il est dit du Yehi Ratson qui introduit la prière du voyage, laquelle est bien définie comme une bénédiction, qu’il est bon de la rapprocher d’une autre bénédiction(8), afin qu’elle commence également par Barou’h, comme le dit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken Ora’h ‘Haïm, chapitre 110, paragraphe 7 et également chapitre 6, paragraphe 7.

Combien plus doit-il donc en être ainsi pour ce Yehi Ratson(9), qui doit être rapproché de la bénédiction. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’une pomme douce, illustrant précisément ce qui fait l’objet de ce Yehi Ratson(10), lui apportant ainsi de la vigueur et de la force.

En effet, nous n’avons pas la possibilité d’ajouter de nouvelles bénédictions à celles qui ont été introduites par le Talmud et les premiers Sages. En conséquence, ce Yehi Ratson a été rapproché d’une bénédiction, afin de lui en conférer la force(11). Puisque l’on ne peut faire autrement(12), on peut considérer qu’il y a bien là une situation de force majeure.

Une autre raison, accessoire, justifie que le Yehi Ratson soit dit le plus tôt possible. En effet, la pomme est mangée afin d’être de bonne augure. Il faut donc se préserver de tout ce qui pourrait aller à l’encontre de ce bon signe(13). En pareil cas, nos Sages conseillent, au traité Bera’hot 56b, de se lever tôt avant de penser à un autre verset(14).

Il n’est pas possible non plus de dire le Yehi Ratson avant la bénédiction sur le fruit, tout comme on ne dit pas la bénédiction sur la Soukka avant celle du pain(15), conformément au Choul’han Arou’h, à la fin du chapitre 643.

Combien plus en est-il ainsi pour ce qui fait l’objet de notre propos. On ne doit donc pas anticiper ce Yehi Ratson, d’autant que ceci conduirait, en outre, à formuler ses propres besoins avant de louer Dieu(16).

Les explications qui viennent d’être données peuvent être renforcées par le fait qu’un comportement particulièrement scrupuleux est nécessaire, en ce jour du jugement, comme l’établit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 582, paragraphe 7. Ceci concerne également des comportements qui ne soulèveraient pas d’objection, pendant le reste de l’année(17).

*

*

*

Vous me posez également la question suivante. Même si l’on admet, pour une raison quelconque, que le Yehi Ratson est dit avant que l’on mange le fruit, pourquoi ne pas dire la bénédiction, goûter un peu de ce fruit, dire le Yehi Ratson, puis en manger encore?

Le Sdeï ‘Hémed fait état de cette position de compromis, citant les responsa Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 3 et le Maamar Morde’haï; mais je ne possède pas ces livres.

Citant d’autres ouvrages, le Sdeï ‘Hémed propose également une autre solution. On peut réciter la bénédiction sur un autre fruit, le goûter, puis dire le Yehi Ratson et manger la pomme. Mais, d’après ce qui a été dit auparavant, ceci ne serait d’aucune utilité. Nous avons vu, en effet, que la bénédiction récitée sur le fruit doit être la plus proche possible du Yehi Ratson.

On peut ainsi justifier la pratique de la maison du Rabbi et de tous les ‘Hassidim.

Cette manière de procéder permet également de justifier la formulation de l’Admour Hazaken, dans son Sidour. Evoquant le fait de manger la pomme, il dit, en effet: Il faut réciter tout d’abord la bénédiction Béni sois-Tu, Eternel... Qui crée le fruit de l’arbre, puis dire le Yehi Ratson. Or, l’expression tout d’abord n’est-elle pas superflue ici?

Lettre n°505

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°505, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tamouz 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav ...,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 3 Sivan, expédiée par courrier ordinaire et j’y fais réponse. Vous ne dites pas lesquelles de nos publications vous désirez recevoir. Vous voudrez donc bien vous adresser à notre représentant, le Rav Avraham Pariz, qui dispose de plusieurs livres et fascicules que nous avons édités. Vous consulterez, chez lui, notre catalogue, vous nous ferez savoir ce qui ne se trouve pas chez lui et nous vous l’enverrons.

Puisque vous m’avez écrit une lettre, je voudrais saisir cette occasion pour le faire à mon tour.

Vous avez sûrement consulté le texte de causeries définissant la ‘Hassidout. Or, chaque événement qui survient dans le monde doit délivrer un enseignement pour le service de Dieu qui comprend deux aspects, les devoirs envers Lui et ceux envers les hommes.

De fait, la foi pure établit qu’il doit en être ainsi, mais la ‘Hassidout souligne particulièrement cette idée. Ainsi, l’homme croit que: 1. Dieu est le Créateur et le seul Dirigeant du monde, 2. Dieu est la perfection du bien et ne connaît pas le manque, 3. une action sans intention est la manifestation d’une inconscience, ce qui est, bien évidemment, inconcevable pour Dieu, 4. aucune distinction ne peut, bien sûr, être faite, à ce stade, entre l’action proprement dite et ses conditions, c'est-à-dire son temps, son lieu.

Il découle de tout cela que l’homme, doué du libre arbitre, qui voit un événement, en entend parler ou en a connaissance, est directement concerné par lui. Il peut en faire usage pour connaître l’élévation, s’approcher ainsi du Maître du monde, ce qui est le seul progrès véritable. Lorsque tel est effectivement le cas, il est parvenu à décrypter le message divin.

S’il n’en est pas ainsi, non seulement il gaspille les forces qui lui sont accordées, mais, bien plus, il est à l’origine d’une déficience, dans la création, car une force qui y a été introduite est restée, par sa faute, inutilisée.

S’il en est ainsi pour un événement particulier, combien plus est-ce le cas pour la mission principale confiée à l’homme, dans laquelle il investit ses forces, son énergie et son temps.

On peut tirer différents enseignements pour le service de Dieu du fait d’être pharmacien. J’en développerai deux ici:

A) Dès que l’on entre chez un bon pharmacien, on peut voir un grand nombre de médicaments et de produits qui fortifient et guérissent différentes affections, y compris parmi les plus graves. Quiconque voit cela et comprend de quoi il s’agit est, à juste titre, impressionné.

Mais, le pharmacien lui expliquera et surtout s’expliquera à lui-même qu’il n’y a là qu’une préparation, qu’une phase préalable à la guérison du malade. Pour l’obtenir, il faut réunir deux conditions essentielles: 1. Un spécialiste doit prescrire un traitement spécifique, susceptible de traiter la maladie. Mais, cela n’est pas encore suffisant: 2. Le patient doit suivre le traitement.

Qu’en tirer pour le service de Dieu?

Chaque Juif est un émissaire du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il et une part du monde lui est confiée, qu’il doit transformer et guérir. Les éléments et les médicaments nécessaires sont mis à sa disposition, mais tout cela n’est qu’une préparation. Il doit encore consulter un spécialiste pour savoir quels éléments utiliser afin de transformer la part qui lui est confiée, puis sa propre personne, aujourd’hui, demain et par la suite. Si ce n’est pas le cas, il peut provoquer un danger au lieu de transformer, détruire au lieu de bâtir.

Certains disent: Tous les membres de l’assemblée sont saints et je suis moi-même l’un de ceux-là. Je consulterai donc personnellement le Choul’han Arou’h et je saurai ce qu’il y a lieu de faire, pour moi-même comme pour ce qui concerne la mission qui m’est confiée dans le monde.

Lettre n°506

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°506, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tamouz 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.Labkowski(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, avec du retard et vous voudrez bien m’en excuser:

A) J’ai rencontré le Rav Y.Lipsker(2) le jour que j’ai reçu votre lettre. Il m’a dit avoir envoyé dans votre ville, il y a quelques jours, de bonnes nouvelles de lui-même et des membres de sa famille. Vous trouverez son adresse à la fin de la présente lettre.

B) De quelle manière se laver les mains, le matin, à Tichea Beav et à Yom Kippour?

L’Admour Hazaken établit dans son Choul’han Arou’h, chapitre 613, paragraphe 2, que l’on se lave, à Yom Kippour, jusqu’à l’extrémité des phalanges, mais vous vous demandez vraisemblablement ce qu’il faut faire concrètement, car l’Admour Hazaken précise également, dans son Sidour, que l’on doit se laver les mains jusqu’à la limite entre la main et le bras, car c’est jusque là que s’étend l’impureté. Il faudrait donc en faire de même à Tichea Beav et à Yom Kippour.

Le Maguen Avraham traite de cette question, comme le précisent les références du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. Il en résulte, pour tout le reste de l’année, une distinction entre ce qui est a priori nécessaire et le minimum requis, lorsque l’on ne peut faire autrement.

Mais les écrits mentionnés par le Maguen Avraham et le Beer Hétev disent bien: toute la main. C’est ce que semble dire également le Sidour de l’Admour Hazaken. Néanmoins, à Tichea Beav et à Yom Kippour, on se lave uniquement jusqu’à l’extrémité des phalanges. C’est ce que dit mon beau-père, le Rabbi Chlita.

J’en ai trouvé la raison dans un livre dont je ne me rappelle plus du titre(3). A Yom Kippour, les forces de l’impureté ont une moins forte emprise. Lorsque l’homme se réveille, l’impureté subsiste donc uniquement jusqu’à la limite des phalanges.

On peut considérer, selon le même raisonnement, que les forces du mal ne cherchent pas à exercer une forte emprise, à Tichea Beav, lorsque le domaine de la sainteté est affaibli. C’est ce que dit la seconde édition du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à sa conclusion. Dès lors, l’impureté se répand uniquement jusqu’à l’extrémité des phalanges. Une telle conclusion est parfaitement logique.

On peut appliquer la même conclusion au port de chaussures, qui est interdit à Yom Kippour comme à Tichea Beav.

Pour ce qui concerne Yom Kippour, vous consulterez le Likouteï Torah Chir Hachirim, au discours intitulé comme sont belles, fin du troisième paragraphe et le Peri Ets ‘Haïm, porte de Yom Kippour, chapitre 4, cité par le Naguid Oumetsavé. De même, le Sidour Maharik développe une explication très peu différente à propos de Tichea Beav.

Remarque ultérieure: Voici ce que j’ai trouvé dans les notes du Tséma’h Tsédek sur E’ha: Il est interdit de porter des chaussures à Tichea Beav et à Yom Kippour, mais pour des raisons différentes. Dans un cas, l’Attribut de royauté s’élève beaucoup plus haut que l’étape qualifiée de chaussure et, dans l’autre cas, l’inverse est vrai.

C) J’en viens aux interruptions possibles pendant les Pessoukeï Dezimra(4).

Voici ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Sidour: On s’interrompt pour dire le Modim, pour répondre au Kadich, à la Kedoucha. Néanmoins, la phrase qui y est ajoutée, le Chabbat, n’en devient pas réellement partie intégrante et on ne la dit donc pas lorsque l’on ne peut s’interrompre.

On peut en tirer deux conclusions: 1. L’Admour Hazaken compare la conclusion de Modim et la phrase qui est ajoutée à la Kedoucha. 2. L’une et l’autre ne doivent pas être dites lorsque l’on ne peut s’interrompre, ce qui est bien le cas pendant les Pessoukeï Dezimra.

J’accorde beaucoup d’importance à la précision apportée par la conclusion de ses propos: Pendant les Pessoukeï Dezimra, de Barou’h Cheamar à Ichtaba’h, à l’opposé du Chema Israël et de ses bénédictions, il est permis de répondre Amen. On peut en déduire qu’il s’agit de la seule différence entre les interruptions permises pendants les Pessoukeï Dezimra et celles des bénédictions du Chema Israël.

La raison en est sans doute la suivante. Le terme Amen est lui-même une forme de louange(5), comme le dit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 51, paragraphe 5.

Certes, l’analyse du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken pourrait conduire à une autre conclusion, comme nous le montrerons plus loin, mais son Sidour fut rédigé ultérieurement, comme on le sait et comme le souligne, en particulier, le commentaire de la Michna du Tséma’h Tsédek, page 46d.

Malgré cela, je suis encore dans le doute, car, me semble-t-il, l’Admour Hazaken évite, dans toute la mesure du possible, de citer des lois nouvelles, n’ayant pas été clairement énoncées par les Décisionnaires qui l’ont précédé, même lorsqu’il les déduisait de leurs propres termes. Telle fut également la pratique du Rambam et du Rif, comme on le sait. Il faut consulter, à ce propos, l’introduction du Choul’han Arou’h.

En conséquence, on peut considérer que les principes, concernant ces interruptions, que l’Admour Hazaken énonce dans le Sidour, sont ceux qui sont clairement énoncés et non ceux qu’il déduit par son analyse.

J’ai constaté que certains permettent de s’interrompre(6) pour la totalité du Modim(7), se basant sur ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, chapitre 66, paragraphe 5: Quand on s’interrompt pour dire Bare’hou, on ne continuera pas Itbaré’h Veïchtaba’h, qu’Il soit béni et loué, formule qui relève uniquement de la coutume et ne justifie donc pas une interruption pendant les Pessoukeï Dezimra. Rien de tel n’est dit pour le Modim et l’on peut donc en conclure qu’il est permis de s’interrompre pour le dire, pendant les Pessoukeï Dezimra.

Je me suis aperçu que tel est également l’avis du Rav ‘Haïm Naé, dans le Ketsot Hachoul’han, au chapitre 18, qui fait référence au Elyahou Rabba.

De même, certains ont l’habitude de dire tout le Modim et toute la Kedoucha. Cette coutume existait aussi en Pologne. C’est également l’avis du ‘Hayé Adam et du Dére’h Ha’haïm.

Concrètement, j’ai interrogé mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui m’a dit que, pendant les Pessoukeï Dezimra, on peut dire toute la Kedoucha, tout le Modim et répondre Amen au Kaddich jusqu’à Titkabel.

*

*

*

D) Faut-il s’interrompre, pendant les Pessoukeï Dezimra, pour dire Beri’h Chemé(8) ou Vezot Hatorah(9)? Je n’ai pas vu le Knesset Israël et les responsa Peri Hassadé, que vous citez.

Il est bien évident que nous, ‘Hassidim ‘Habad, ne pouvons faire ce qu’aucun texte de l’Admour Hazaken ne permet.

L’un des élèves de la Yechiva m’a rapporté avoir entendu, au nom du Rabbi(10), que l’on peut s’interrompre pour dire Beri’h Chemé. J’ai interrogé hier mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui m’a répondu que cela n’est pas exact et qu’il ne faut pas le faire.

Du reste, la coutume de réciter le Beri’h Chemé trouve son origine dans le Zohar, tome 2, page 206a, mais le Choul’han Arou’h ne la mentionne pas. Il est surprenant que le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken n’en parle pas non plus, alors qu’il cite fréquemment le Maguen Avraham, lequel précise qu’il faut le dire. Peut-être l’Admour Hazaken introduit-il la nécessité de le faire dans le chapitre 135, qui n’est pas parvenu jusqu’à nous.

On trouve plusieurs avis, à propos de Beri’h Chemé. Selon le Ramaz, il faut le dire pendant la prière de Min’ha du Chabbat. Pour le Maguen Avraham, qui cite le Ari Zal, on le fait à Cha’harit. C’est également l’avis du Peri Ets ‘Haïm et du Chaar Hakavanot.

Le Naguid Oumetsavé conclut: Il n’est cependant pas interdit de le dire également pendant la semaine. Il en est de même pour la prière de Min’ha du Chabbat, selon le Nitsoutseï Orot, à cette même référence du Zohar.

On a coutume de le dire aussi avant la lecture de la Torah des jours de fête et pendant la semaine, selon le Peri Megadim, le Beer Hétev, qui cite le Ari Zal et le Chaareï Techouva. Bien évidemment, d’après les avis précédemment énoncés quant à la possibilité de s’interrompre pendant les Pessoukeï Dezimra, une différence doit être faite entre le Chabbat, les fêtes et la semaine.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Na’houm Labkowski, de Brunoy. (2) Le Rav Yaakov Lipsker, de New York. (3) Le Rabbi note, dans le corps du texte: Remarque ultérieure: Je l’ai trouvé dans le Mikdach Méle’h sur le Zohar, tome 2, page 173a. (4) Partie de la prière du matin qui sépare les deux bénédictions Barou’h Cheamar et Ichtaba’h. (5) En hébreu Zimra, comme dans Pessoukeï Dezimra. (6) Pendant les Pessoukeï Dezimra. (7) Y compris la dernière phrase. (8) Lorsque l’on ouvre l’arche sainte pour la lecture de la Torah. (9) Lorsque le Séfer Torah est montré à l’assemblée. (10) Rachab.

Lettre n°507

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°507, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav C.Z. Levitin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, avec retard, pour une certaine raison et vous voudrez bien m’en excuser. Vous m’adressez les notes du Rabbi(2) sur la fin du chapitre 6 et le début du chapitre 7(3). Vous y ajoutez les explications du Rav Y.Kadoner(4) et une analyse sur la concordance de ces commentaires.

De fait, je recherche, depuis de nombreuses années, les explications du Rav Y.K.(5), dont nous avons besoin, ici, pour différentes raisons. Pour l’heure, je ne les ai pas trouvées et il m’est donc difficile de comprendre ce qu’il dit ici. Bien plus, vous dites vous-même, dans votre lettre, ne pas vous souvenir clairement de ses propos.

D’après ce que vous écrivez, il semble que vous ayez des difficultés à interpréter les notes du Rabbi(2) et à comprendre pourquoi elles se concluent pas une interrogation, pourquoi le Rabbi(2) n’adopte pas la conclusion du Rav Y.K.(5).

Le contenu du commentaire que vous citez, au nom du Rav Y.K., est le suivant. Le corps est la combinaison des quatre éléments fondamentaux(6) se trouvant dans une créature. Celui des minéraux, végétaux, animaux et humains, inerte, émane de la force du mal qui conserve la possibilité de l’élévation. Sa vitalité est issue de la force combinant ces quatre éléments.

Certes, on pourrait dire que tout cela ne nous a pas été précisé parce qu’il n’en résulte rien pour le service de Dieu de l’homme. Néanmoins, la connaissance de la source des âmes des minéraux, végétaux et animaux n’a pas non plus d’implication directe sur notre manière d’agir.

De plus, le début du chapitre 7 évoque l’existence des minéraux sans la distinguer de celle des Juifs et des animaux. Dès lors, pourquoi, à la fin du chapitre 6, cette distinction est-elle effectivement faite?

Par ailleurs, les minéraux, au début du chapitre 7, auraient dû être cités après les végétaux, puisque aucune distinction ne peut être faite entre leur aspect physique. D’autres questions se posent également sur ce passage, que nous ne développerons pas ici.

A mon humble avis, voici ce que dit le Rabbi(2), dans ces notes. Selon lui, le Tanya évoque ici uniquement ce qui peut se trouver sous l’emprise des forces du mal, que celle-ci puisse connaître l’élévation ou qu’elle soit totalement impure. Il souligne, en revanche, que le corps est créé et se perpétue par la Lumière de Dieu qui entoure la création.

Certes, le corps des nations et des animaux émane également de ces forces, comme l’expliquent le Torah Or et, de manière plus détaillée, le Chaareï Ora, aux références indiquées en annexe des résumés et notes sur le Tanya. Je ne possède pas les discours ‘hassidiques auxquels le Rabbi(2) fait allusion dans ces notes. Néanmoins, ces textes expliquent que la Lumière qui entoure la création se révèle par l’intermédiaire de celle qui la pénètre. En ce sens, les animaux purs sont liés uniquement à la force du mal qui peut connaître l’élévation et réintégrer le domaine de la sainteté. A ce stade, la Lumière de Dieu qui entoure les mondes ne se cache donc pas et elle est principalement à l’origine de l’existence du corps.

Ainsi, au chapitre 6, le Tanya introduit une distinction entre un potentiel et son utilisation effective, mais celle-ci concerne uniquement la Lumière de Dieu qui pénètre les mondes. Vous consulterez également le chapitre 40, qui évoque le voile imposé à cette Lumière par la force du mal qui peut recevoir l’élévation.

Les animaux impurs, en revanche, sont également en relation avec les trois forces du mal totalement impures et ils ne peuvent donc jamais connaître l’élévation. La Lumière qui entoure les mondes se voile totalement et, se trouvant en eux, elle ne peut être reconnue. Ces animaux tirent ainsi leur vie des forces totalement impures, comme le disent les résumés et notes sur le Tanya, à la page 143, citant le discours intitulé Il a libéré mon âme dans la paix de 5670(7).

Le commentaire sur la circoncision, qui figure dans le Sefer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, précise également la différence entre la force du mal qui peut connaître l’élévation et celles qui sont totalement impures. Il définit la Lumière qui entoure le monde à partir de celle qui le pénètre.

Cette distinction peut aussi être précisée à partir des images, volonté de se construire un palais ou désir de s’enrichir, qu’énonce la ‘Hassidout à ce propos, par exemple dans le Chaareï Ora. Chaque aspect du palais ou chaque acte contribuant à procurer la richesse ne peut, en effet, contredire la volonté de l’homme, si ce n’est le fait de se trouver dans un lieu de déchets et d’immondices, qui remettent en cause la notion même de palais, ou bien la perte financière, même si elle permet de s’enrichir par la suite. Tout cela est bien évident.

Le Rabbi(2) conclut son explication par une interrogation et l’on peut le justifier de différentes manières. On peut, de fait, se poser des questions sur ce qui vient d’être dit, car pourquoi, la nourriture que l’on consomme sans aucune intention particulière ne pourrait-elle appartenir à la sainteté? Et pourquoi l’existence matérielle apporte-t-elle une vision plus concrète?

Il est difficile de voir, dans ces deux situations, l’intervention du corps et non de sa vitalité, c'est-à-dire de l’esprit minéral ou végétal qui l’habite. La logique indique que l’inverse est vrai. De plus, le Torah Or précise que la Lumière qui entoure les mondes ne fait qu’apporter vigueur et puissance. Or, selon ce qui vient d’être dit, elle perpétue, à proprement parler, le corps. On pourrait formuler également d’autres questions.

*

*

*

Vous citez la question posée par le Rav Y.K., que deviendront les nations et les animaux impurs, dans le monde futur, lorsque Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre? Je ne comprends pas comment on peut y répondre en faisant une distinction entre le corps et sa vitalité. Et, si l’on veut dire que la force combinant les éléments fondamentaux sera modifiée alors que cette combinaison elle-même ne le sera pas, pourquoi ne pas envisager plutôt que la force qui est à l’origine de l’existence du corps sera modifiée, sans que le corps lui-même ne le soit?

Je ne comprends pas non plus pourquoi vous ne posez pas de question sur celui qui se convertit, à l’heure actuelle(8) ou bien sur l’aliment interdit qui, consommé en situation de force majeure, devient totalement permis, ou encore sur les fautes intentionnellement commises qui sont transformées en bienfaits(9)?

Tout cela est bien simple. Les trois forces du mal totalement impures ne peuvent pas perpétuer ou insuffler la vie. Que Dieu nous garde d’envisager une telle éventualité. Seules les parcelles de sainteté qu’elles contiennent le peuvent. Pour autant, une telle vitalité est bien considérée comme émanant de ces forces totalement impures, tant elle est obscurcie, au point de s’identifier à ce mal. C’est ce qu’explique le discours Il a libéré mon âme dans la paix de 5670(7), précédemment cité.

Dans le monde futur, ou même à l’heure actuelle, lorsque la transformation est réalisée, les trois forces du mal totalement impures seront brisées et disparaîtront. Dès lors, ces parcelles pourront acquérir une existence indépendante. Vous consulterez, à ce propos, le traité Pessa’him 68a et le commentaire sur la circoncision, précédemment cité.

Il faut garder à l’esprit l’explication de nos Sages à laquelle je fais allusion, dans mes notes(10) sur la séquence de discours ‘hassidiques intitulée les eaux nombreuses 5636(11), page 87: Pourquoi le porc est-il appelé ‘Hazir(12)? Parce qu’il reviendra. On peut en déduire que le chameau, le lièvre et le lapin(13) resteront interdits.

Mais, tout cela ne pose aucune difficulté. En effet, Igueret Hakodech, au chapitre 26 et le traité Pessa’him 68a distinguent deux périodes de la délivrance(14). Dans la première, les notions d’interdit et d’impureté subsisteront. Alors, seul le porc sera pur. Dans la seconde, l’impureté disparaîtra de la terre et, dès lors, le chameau le sera également.

De fait, Igueret Hakodech précise que l’impureté provoquée par l’enfantement sera maintenue, pendant la première période. Il en sera bien ainsi. Le Midrach Tehilim explique, en effet, qu’une femme Nidda deviendra elle-même pure. Il le déduit de différentes interprétations des versets. Vous consulterez, à ce propos, le Or Hatorah Béréchit, page 51a. Ce sujet ne sera pas développé ici.

En vous souhaitant tout le bien,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Levitin. Voir la lettre n°664. (2) Rachab. (3) Parus dans les résumés et notes sur le Tanya, page 115. (4) Le Rav Yaakov Kadoner, auteur du recueil des histoires merveilleuses. Ces explications sont reproduites dans le Tanya avec des références, recueil de commentaires, page 157. (5) Le Rav Yaakov Kadoner. (6) Le feu, l’air, l’eau et la terre. (7) 1910, du Rabbi Rachab. (8) Voir, à ce propos, la lettre n°516. (9) Par la Techouva, à son stade le plus parfait. (10) Voir, à ce propos, la lettre n°448. (11) 1876, du Rabbi Maharach. (12) De la même étymologie que ‘Hazor, retourner. (13) Ces quatre animaux ne possèdent qu’un seul des deux signes de pureté. Ils ruminent ou ont le sabot fendu. (14) Voir, à ce propos, la lettre n°200.

Lettre n°508

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°508, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5709,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Tamouz:

A) Nous vous avons adressé quelques unes de nos publications par l’intermédiaire du Rav Avraham Pariz. Celui-ci dispose sans doute encore de quelques exemplaires des résumés et notes sur le Tanya, que vous me demandez. Si ce n’est pas le cas, faites-le moi savoir et nous vous en enverrons un d’ici. De même, il a sûrement un catalogue de ce que nous avons fait paraître et de ce qu’il vend lui-même.

B) Concernant la séquence de discours ‘hassidiques de 5672(1), j’ai moi-même écrit à quelques ‘Hassidim, en ai contacté d’autres. J’ai l’autorisation de la faire éditer, mais je dois, au préalable, disposer des moyens financiers nécessaires, tout au moins d’une partie de la somme requise, car il est clair que l’on ne vendra pas un très grand nombre de ces livres. Or, à ma connaissance, nul n’a rien fait, dans ce domaine, depuis que j’ai commencé à en parler, il y a quatre ou cinq ans.

C) J’ai adressé la lettre(2) relative à l’album photographique au Rav H.H(3). S’il n’était pas vrai qu’il s’agit d’une instruction du Rabbi, comme cette lettre le dit, je ne la lui aurais pas envoyée. Si vous connaissiez le Rav Hadakov, vous sauriez qu’il est incapable de mentir ou d’exagérer.

D) Quant à cet album, je suis étonné qu’il suscite, de votre part, une telle réaction. Cette lettre est adressée aux disciples, attachés au Rabbi, c'est-à-dire à ceux qui, de temps à autre, sollicitent son conseil et sa bénédiction, pour eux-mêmes, leur épouse et leurs enfants, lui soumettent parfois le détail de ce qui les concerne. Une telle manière d’agir est connue de tous. Bien plus, il est généralement accepté que celui qui ne l’adopte pas n’est pas pleinement lié au Rabbi.

E) Vous vous demandez pourquoi la photographie fait-elle ainsi son apparition dans le domaine de Loubavitch. Je vous répondrais en rappelant ce que l’on m’a raconté. Auparavant, un Cho’het fut démis de ses fonctions, à juste titre, parce qu’il portait des bottes(4). A l’heure actuelle(5), les ‘Hassidim âgés portent des bottes, à juste titre également.

F) Vous vous demandez ce qu’en penseront les ‘Hassidim des écoles polonaises. Vous conviendrez bien sûr que ceux, issues des écoles polonaises ou hongroises, qui contestent, à voix haute, une telle pratique, critiquent de toute façon. Et, plus encore, leurs contestations ne portent pas seulement sur un seul point. Il s’agit là d’une compétition normale entre les disciples des Sages, qui se passe de tout commentaire logique.

Je ne veux pas considérer ici le fait de photographier des personnes sous l’angle de la Hala’ha ou même en dépassant la ligne de la Loi. Je voudrais simplement dire que, parmi toutes mes connaissances, il n’y a pas une seule personne qui n’ait pas sa propre photographie ou celle des membres de sa famille, faite de son plein gré et non pas pour des contraintes administratives. Bien plus, on tire généralement, de ces photographies, beaucoup de plaisir.

G) Il est une autre question que je pourrais poser à votre place. Cet album photographique est-il si important qu’il justifie toutes ces discussions?

En fait, il me semble inutile de poser ce problème. Des personnes comme nous peuvent vérifier qu’en les adressant, on renforce l’amitié et l’attachement avec celui qui conserve ces photographies. En outre, celui qui les envoie se rapproche également, lorsqu’il a conscience qu’un de ses amis possède sa photographie. Et combien plus est-ce le cas, en l’occurrence.

Et l’on a pu constater ici l’émotion qu’a suscitée, chez des personnes liées

au Rabbi mais pourtant différentes, le fait que les Rabbi de Loubavitch souhaitent posséder des photographies de leur famille, afin de garder leur souvenir à l’esprit. Tel est, en tout cas, mon sentiment, car je ne lui ai pas demandé pourquoi il voulait que ces photographies lui soient envoyées.

H) On pourrait imaginer, comme vous le dites, qu’un des ‘Hassidim, possédant une élévation particulière, soit choqué par cette demande. Vous savez, néanmoins, que l’on peut définir deux conceptions: 1. L’introduction du Guide des égarés dit: Si un élément convient à un homme possédant l’élévation et ne convient pas à dix mille sots, je ne prendrai pas en compte la gène de ce grand peuple et je chercherai à sauver ce grand homme. 2. Mais, par ailleurs, un homme possédant une immense érudition et servant Dieu avec ferveur peut aussi devenir cocher pendant plusieurs années, uniquement pour rendre un service à une autre personne, comme l’explique l’introduction du Pokéa’h Ivrim, qui a été imprimé ici.

Combien plus en est-il ainsi pour ce qui a éveillé et éveille encore de l’émotion chez de très nombreuses personnes, comme je le disais au paragraphe précédent. Bien plus, il est dit, concernant la première conception qui vient d’être définie, qu’on l’adopte uniquement lorsqu’il n’est pas possible de faire autrement.

I) J’ai développé mon explication, concernant votre question. Vous me demandez de vous répondre au plus vite et j’ajouterai, néanmoins, quelques lignes. Mon Dieu, Rav ..., cessez donc vos critiques, surtout lorsqu’elles sont négatives! Même si toutes vos remarques et vos demandes étaient justifiées, elles n’en resteraient pas moins négatives! Pourquoi n’investissez vous pas vos forces dans l’action positive, dans la construction des intérêts de Loubavitch dans votre entourage, dans votre synagogue, dans votre ville? Nos Sages n’ont-ils pas affirmé la supériorité d’une Injonction sur un Interdit, avec toutes les explications que l’on peut donner, à ce propos?

Je suppose que vous n’êtes pas satisfait, que vous avez des reproches à formuler, mais il s’agit, là encore, d’une approche négative. Certes, la Torah dispense d’agir, en cas de force majeure, mais l’on ne peut alors être considéré comme si l’on avait effectivement agi. Et, même si l’on pouvait l’être, ce serait uniquement à titre personnel. A l’opposé, la personne qui aurait dû obtenir quelque chose n’aura rien eu.

J) Malgré ce que je viens d’écrire, je voudrais vous dire que, maintenant comme lorsque nous nous sommes rencontrés, je n’éprouve pas de plaisir particulier à me consacrer aux besoins communautaires. Je ne peux donc pas provoquer le plaisir d’une autre personne, pour cette activité.

A l’opposé, le contraire est vrai pour vous. Pourquoi donc vous contentez-vous de garder la vigne des autres? Ne voulez-vous pas reconnaître que notre vigne n’a rien à envier à celle des autres, bien au contraire? N’avons-nous pas reçu l’assurance que nous obtiendrions la victoire finale, que les sources de la ‘Hassidout se répandraient à l’extérieur? Or, tout cela sera réalisé précisément par les hommes, justement en nos générations de l’époque du Machia’h.

Je vous souhaite tout le bien et salue les membres de votre famille,

M. Schneerson,

Vous trouverez ci-joint une nouvelle lettre de Ma’hané Israël, faisant suite à la précédente.

Notes

(1) 1912, du Rabbi Rachab. Voir, à ce propos, les lettres n°218 et 235. (2) Du Ma’hané Israël, signée par le Rav Hadakov. Voir la lettre n°499. (3) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Il s’agit de la lettre n°498. (4) A une époque où un tel usage n’existait pas chez les Juifs. (5) Quand cet usage est devenu courant. Voir, à ce propos, la lettre n°467.

Lettre n°509

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°509, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5709,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav B.T.(1), délégué du Rabbi,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 18 Tamouz. Dieu merci, ma mère, la Rabbanit, qui aura une longue vie, va bien.

A) Vous trouverez ci-joint une lettre de Ma’hané Israël, du 13 Tamouz, que vous diffuserez. Vous parlerez également à ceux qui sont concernés de l’album de photographies(2), de la manière la plus efficace pour qu’il soit concrètement réalisé.

B) Je vous remercie de m’avoir joint l’article paru, en anglais, dans le journal, à l’occasion du 12 Tamouz. Il est bien écrit et son contenu est positif. Vous voudrez bien m’en adresser un autre exemplaire en précisant le nom du journal et la date de la parution dans laquelle il figure. Vous m’enverrez également les autres articles auxquels vous faites allusion.

C) Vous nous ferez également parvenir une photographie des ‘Hassidim avec le Rav Herzog(3) et l’article qui est paru dans le journal en même temps que cette photographie.

D) Les reçus ont bien été envoyés.

E) Monsieur Shragay a rendu visite, hier, à mon beau-père, le Rabbi.

Vous pourrez avoir connaissance des détails le concernant auprès du frère de notre secrétaire, monsieur Mindel(4). Il serait bon que vous le rencontriez et, au cours de la conversation, lui demandiez si, à l’occasion de sa visite ici, il a rencontré le Rabbi. Vous lui demanderez un compte rendu de cette visite et, à cette occasion, vous raconterez à Shragay tout ce que le Rabbi a déjà accompli, l’abnégation dont il a dû faire la preuve, pour cela. Vous conclurez en lui présentant ce qui est fait en Europe.

Vous trouverez ci-joint la causerie du 13 Tamouz(5), qui n’est pas relue et est incomplète.

En vous souhaitant tout le bien, de même qu’au Rav Y.(6) et à tous les vôtres,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Ben Tsion Chem Tov, de Londres.

Voir la lettre n°436. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°499 et la précédente. (3) Grand Rabbin d’Israël, qui fut faite à l’occasion de sa visite en Angleterre. (4) Le Rav Nissan Mindel. (5) Du précédent Rabbi. (6) Vraisemblablement, le Rav Yera’hmyel Binyaminsohn.

Lettre n°510

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°510, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5709,

Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,

le Rav A.Shtern(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et, semble-t-il, je n’ai pas précisé clairement mon intention au Rav M.Z. Halevi(1). Néanmoins, tout est conditionné par une influence astrale positive, en particulier celle qui véhicule la bonté, caractère d’Avraham. Ceci est également vrai pour les livres sacrés, comme le dit le Zohar et il doit donc réellement en être ainsi. En l’occurrence, j’ai bien reçu vos deux livres, Edout Beïsraël et Kevoutsat Kitveï Agada. Je vous remercie de me les avoir adressés et vous trouverez un chèque ci-joint.

Puisse Dieu faire que s’accomplissent pleinement en vous les bénédictions accordées par mon beau-père, le Rabbi Chlita. Me basant sur l’enseignement de nos Sages selon lequel c’est uniquement en posant des questions que l’on parvient à une compréhension positive, j’introduirai ici quelques remarques:

A) Au début de votre livre Edout Beïsraël, page 1, vous dites que la consommation des prélèvements agricoles(3) repousse la nécessité de lire le Chema Israël en son temps et vous citez, à ce propos, l’exemple de ceux qui constituaient les factions, dans le Temple et le faisaient plus tôt ou plus tard, comme l’explique le traité Yoma 37b.

En fait, aucune preuve ne peut être tirée des membres des factions, car: 1. il n’y a pas à craindre que ceux-ci ne lisent pas du tout le Chema Israël, puisqu’ils ne peuvent être retardés que d’un temps limité, 2. il n’est pas d’autre moyen que de le faire plus tôt ou plus tard, faute de quoi le service de Dieu, dans le Temple, ne commencerait jamais à l’heure. A l’opposé, les membres des factions, rentrés chez eux, liront de nouveau le Chema Israël à l’heure normale. Pareille affirmation ne peut être faite pour les prélèvements agricoles.

De plus, votre raisonnement ne peut être retenu, à mon humble avis. En effet, il n’y a pas, le soir, d’interdiction de manger avant le Chema Israël, comme c’est le cas le matin. Il s’agit uniquement d’une précaution, de peur que l’on ne dorme ensuite tout le reste de la nuit. De ce point de vue, aucune différence ne peut être faite entre un aliment permis et un aliment de Mitsva.

Cela ne signifie rien non plus de commencer à manger lorsqu’il est encore permis de le faire, car, selon votre raisonnement, les Sages ont instauré que, d’emblée, un Cohen qui s’est purifié puisse consommer les prélèvements agricoles pendant le moment du Chema Israël.

Ainsi, on ne peut consommer ces prélèvements de peur de s’endormir. Rien ne distingue donc un aliment permis d’un aliment de Mitsva. Il est donc possible d’anticiper cette consommation, y compris pendant un repas de Chabbat ou de fête, d’autant qu’on lit bien le Chema Israël plus tôt pour consommer la Matsa ou le pain du premier soir de Pessa’h ou de Soukkot. Or, le Chema est instauré par la Torah et il peut être lu toute la nuit, alors que cette Matsa ou ce pain, selon différents avis, doivent, d’après la Torah, être mangés seulement pendant la première moitié de la nuit, comme l’explique le traité Bera’hot 27a.

B) Vous dites aussi que ces prélèvements agricoles étaient disposés dans un endroit gardé. Or, il en était de même pour l’ensemble de la maison du Cohen, avec tout ce qu’elle contient, comme l’explique la fin du traité ‘Haguiga. Néanmoins, garder la Terouma est une Mitsva.

C) A la même référence, vous dites que la préparation d’une Mitsva est elle-même une Mitsva. Certains citent, à ce propos, le Midrach Me’hilta de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, sur le verset Chemot 12, 28: Il allèrent et firent, qui dit: Ils reçurent ainsi une récompense pour aller comme pour faire. Ce commentaire est différent de celui de Rachi, également basé sur le Midrach Me’hilta.

D) Concernant la page 280, au début de vos remarques sur le Choul’han Arou’h, à propos de la lecture du verset Chema Israël, vous consulterez le Chaareï Techouva, au chapitre 6 et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, fin du chapitre 46, qui parlent de Paracha et non de verset.

E) A la page 350, au début de vos remarques sur les lois des fondements de la Torah du Rambam, au début du chapitre 5 et sur le Kessef Michné, vous expliquez la spécificité de l’ordination rabbinique, de laquelle plusieurs principes dépendent.

Or, on peut s’interroger sur votre explication, car: 1. s’il en est ainsi, pourquoi ne pas se laisser tuer plutôt que de la transgresser? Si des principes de la Torah en dépendent, il n’y a pas lieu de s’interroger sur la motivation de celui qui désire la faire disparaître. De plus, 2. pourquoi dire que, selon Rabbénou Nissim, on peut transgresser, en pareil cas, une Injonction, alors qu’il ne fait lui-même aucune distinction entre les Mitsvot? Le don de soi, en pareil cas, ne serait d’aucune utilité. Et l’on peut en dire autant de l’étude de la Torah et de l’ordination rabbinique.

F) Au début de votre livre Kevoutsat Kitveï Agada, à la page 25, vous évoquez le nom du Machia’h cité dans le Midrach Zeroubavel, celui de Né’hémya, fils de ‘Houchyel et vous le commentez en vous basant sur le verset en son temps, Je hâterai sa venue, comme pour Mena’hem fils de ‘Hizkya.

Pour prendre une précaution envers ceux qui feraient une lecture superficielle de votre livre, il faudrait préciser que Néhémya, fils de ‘Houchyel, dont il est également question dans le Midrach Tehilim, à la fin du chapitre 60 et dans le Midrach Otot Machia’h, reproduit dans le Midrach Talpyot, est, en fait, le Machia’h, descendant de Yossef, alors que le Machia’h, descendant de David, est appelé, dans le Midrach Zeroubavel, Mena’hem fils d’Amyel.

G) A la page 35, vous dites que la question posée(4) à propos du fait de s’accouder a été ajoutée après la destruction du Temple. C’est également l’avis du Gaon de Vilna. Vous consulterez, à ce propos, le Rambam, lois du ‘Hamets et de la Matsa, chapitre 8, paragraphe 2, selon lequel cette question était dite en même temps que celle qui portait sur le fait de manger de la viande grillée, à l’époque où l’on offrait encore le sacrifice de Pessa’h, dans le Temple.

H) A la page 42, vous découragez ceux qui souhaiteraient accéder à l’enseignement caché de la Torah(5)! Je ne l’aurais pas cru, si je ne l’avais vu de mes propres yeux! Comment imaginer pareille chose? Le descendant du Rabbi de Roughin, citant, à de nombreuses reprises, dans son livre, des explications et des miracles du Baal Chem Tov et de ses disciples, ne connaît-il pas la lettre que celui-ci écrivit, affirmant que le Machia’h viendrait lorsque ses enseignements se répandraient à l’extérieur? Après tout cela, comment pouvez-vous écrire et diffuser que celui qui n’est pas saisi par l’esprit de Dieu, ne se comporte pas avec sainteté, pureté et mesure n’apprendra que la partie révélée de la Torah?

Pensez donc! Le Ari Zal, cité par l’Admour Hazaken dans Igueret Hakodech, dit que, dans ces dernières générations, il est permis et nécessaire de révéler cette Sagesse. Moché, berger fidèle du peuple juif, dit, dans le Zohar, que les Juifs goûteront de l’arbre de la vie, par l’intermédiaire du Zohar et ils quitteront l’exil dans la miséricorde.

Le Saint béni soit-Il révéla la face cachée de la Torah par l’intermédiaire du Baal Chem Tov, de ses disciples et des disciples de ses disciples, jusqu’à notre génération, pour permettre la délivrance, la libération du mauvais penchant et de l’assujettissement aux nations. Comme le dit le Zohar, tout ceci se passera dans la miséricorde.

Quiconque exerce une l’influence aurait donc dû s’écrier, du fond de lui-même: Mes frères, enfants d’Israël, ayez pitié de vous-même et de tout le peuple juif. Assurez la diffusion de la partie profonde de la Torah. Sachez que Rabbi ‘Haïm Vital, dans son introduction au Chaar Haakdamot, dit qu’en ne le faisant pas, on retarde la délivrance, autrement dit, on se maintient soi-même en exil, on y maintient tout le peuple juif et l’on y maintient même la Présence divine, si l’on peut s’exprimer ainsi.

Au lieu de tout cela, vous faites imprimer que l’on peut encore attendre, qu’il suffit d’apprendre l’enseignement révélé de la Torah, que, quand on en aura le temps et que l’on sera saisi par l’esprit de Dieu, adoptant une conduite de sainteté, de pureté et de mesure, on commencera à en étudier la dimension profonde!

Tous les malheurs qu’a connu le peuple juif jusqu’à maintenant ne sont-ils pas suffisants? L’exil n’est-il pas assez long? Met-on en doute, ce qu’à Dieu ne plaise, les paroles du Machia’h, dernier libérateur, selon lesquelles il viendra lorsque les sources de l’enseignement du Baal Chem Tov se répandront à l’extérieur? Et Moché, le premier libérateur, ne fait-il pas la même affirmation en disant que l’on quittera l’exil grâce au Zohar?

J’ai détaillé mon propos, car tout cela fait mal. Si la conséquence de ma lettre est que vous corrigiez tout cela au plus vite, j’en serais satisfait. Bien évidemment, nul ne doit savoir que quelqu’un vous a suggéré de le faire.

Seul un grand homme peut avoir suffisamment de détermination pour revenir sur ce qu’il a dit, comme l’explique le traité Erouvin 104a.

I) A la page 69, vous citez l’affirmation de nos Sages selon laquelle Pin’has, c’est Elyahou. Vous demandez pourquoi l’on ne dit pas Elyahou, c’est Pin’has, puisque ce dernier vécut le premier. Le Kedouchat Lévi, à la Parachat Pin’has, formule la même question et l’on peut s’interroger, à ce propos, car on trouve tantôt l’une, tantôt l’autre de ces deux formulations.

On peut donc en conclure simplement que l’on dit Pin’has, c’est Elyahou, lorsque l’on parle de Pin’has et Elyahou, c’est Pin’has, lorsque l’on parle d’Elyahou.

D’après la Kabballa, les deux formulations existent car chacun d’eux, dans une certaine mesure, possède l’antériorité.

J) A propos du Edout Beïsraël, page 108, commentant le traité Sanhédrin 105b, vous consulterez le Likouteï Hachass du Ari Zal, qui est bien expliqué dans le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parachat Chela’h et à la Parachat Kora’h.

Ma lettre a été longue, mais tout cela n’est que discussion.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

A propos d’Elyahou, vous trouverez un long commentaire au début du Yalkout Avraham et dans le Ora’h ‘Haïm, chapitre 189.

Vous verrez également, à ce propos, le Nitsoutseï Zohar, tome 1, page 245b.

De plus, le Nitsoutseï Zohar, tome 3, page 252a dit de remplacer le Hé par un Kouf.

Notes

(1) Le Rav Avraham Shtern. Voir la lettre n°614. (2) Le Rav Mena’hem Zeev Gringlass, de Montréal. Voir la lettre n°419. (3) Par le Cohen à qui ils sont offerts. (4) Par l’enfant, le soir du Séder, dans le Ma Nichtana. (5) Le Rav Shtern répondit, à ce propos: Lorsque l’on est soupçonné pour ce que l’on n’a pas fait, on doit le faire savoir. A qui ai-je écrit tout cela et jusqu’à quel point y a-t-il lieu de suspecter les destinataires de ces écrits? De tels suspects sont accusés injustement. Mon propos n’était nullement d’interdire aux vieux et aux jeunes l’étude de la sagesse profonde de la Torah. De nos jours, l’enseignement du Baal Chem Tov selon lequel la divine Providence porte sur le moindre détail de la création s’est, Dieu merci, largement répandu et aucune étude ne suscite la crainte de Dieu autant que celle de la Kabballa.

Lettre n°511

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°511, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Mena’hem Av 5709,

A monsieur Morde’haï Onrad,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu aujourd’hui même votre lettre du 22 Juin(1), m’apprenant que vous vous trouviez avec Mendel Horenstein(2), à Tréblinka et que celui-ci vous a confié une commission.

Mendel Horenstein était mon beau-frère et je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître au plus vite tout ce que vous savez de lui et de son épouse, Sonya. Comment ont-ils passé leurs derniers moments? Que sont-ils devenus? Quelle est la date exacte de leur décès? Qu’est-il advenu à la mère de Mendel? Comment sont-ils parvenus à Treblinka?

Je vous serais particulièrement reconnaissant de bien vouloir détailler, dans toute la mesure du possible, ce que vous savez, à ce propos.

J’attends votre réponse rapide, si possible par poste aérienne et je vous en remercie par avance.

Mendel Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°263, 282, 379. (2) Mari de la jeune soeur de la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Lettre n°512

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°512, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5709,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav H.H.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous confirme avoir bien reçu vos lettres du 30 Sivan et du 22 Tamouz et j’y fais maintenant réponse:

A) Je suis surpris que vous n’ayez pas reçu les livres qui vous ont été envoyés, il y a un certain temps déjà. Peut-être serait-il bon de s’en enquérir auprès de la poste.

B) Vous commémorerez sûrement, comme il convient, l’anniversaire du décès de mon père et maître, sur la base des usages dont je vous ai fait part, l’an dernier, dans ma lettre du 25 Mena’hem Av 5708(2). Vous me direz ce qu’il en est.

C) Des personnes issues de communautés hongroises viennent de faire paraître quelques tomes du Sdeï ‘Hémed, tel qu’il avait été édité auparavant. Or, nous en préparons maintenant une nouvelle version(3), avec des compléments et nous recherchons donc un manuscrit du Rav H.M.(4), même si ce n’est pas celui du Sdeï ‘Hémed. Il nous en faudrait quelques pages, de même que des détails sur sa vie, en plus de ceux qui sont mentionnés dans le Sdeï ‘Hémed, une photographie de lui, autre que celle qui est dans le Otsar Israël.

Vous pourrez sans doute m’aider pour tout cela, car, à la fin de sa vie, le Rav H.M. s’est installé en Terre Sainte. Je vous en remercie d’avance. Pour différentes raisons, tout cela est urgent. Comme à l’accoutumée, en pareil cas, toutes les dépenses qui résulteront seront à ma charge et j’attends de vos bonnes nouvelles.

D) Vous trouverez ci-joint une lettre ouverte de Ma’hané Israël, s’ajoutant à celle qui parle des photographies(5).

En vous souhaitant tout le bien et en saluant les vôtres,

Rav Mena’hem Schneerson,

Vous avez sûrement reçu le onzième Kovets(6) et le catalogue des éditions Kehot.

Notes

(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre 416. (2) La lettre n°388. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°456 et 518. (4) Le Rav ‘Hizkya Medini, auteur du Sdeï ‘Hémed. (5) Voir la lettre n°499. (6) Le périodique Kovets Loubavitch.

Lettre n°513

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°513, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem Av et j’ai transmis le montant de cent dix sept Shekels au Maamad(2).

Que Dieu transforme ces jours en joie et en allégresse, de la manière la plus parfaite. C’est précisément pour cela que le 15 Av, jour de la pleine lune, est d’ores et déjà une grande fête.

En vous souhaitant tout le bien et en saluant les vôtres,

M. Schneerson,

Le Rav M.Dubinski(3) m’a prêté son exemplaire du Tanya, sur lequel figurent des références et des notes. Il m’a dit que vous pourriez m’en indiquer l’auteur. Je vous remercie de le faire au plus vite.

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov, de Brunoy. Voir la lettre n°440. (2) Collecte effectuée parmi les ‘Hassidim pour financer les actions souhaitées par le Rabbi. Voir à ce propos les lettres n°147, 269 et 375. (3) Le Rav Moché Dubinski. Voir la lettre n°543.

Lettre n°514

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°514, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Av 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et prend en charge les

affaires publiques, le Rav D.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, considère que vous devez continuer à appeler l’attention du public sur la grande importance de la Mitsva des Tsitsit et les précautions qui sont à prendre en la matière.

Vous m’interrogez également sur le septième chapitre d’Igueret Hatechouva, qui évoque les quatre lettres du Tétragramme, sans les lier à un des quatre Noms identifiés par la Kabbala, Ab, Sag, Ma et Ban.

Vous consulterez, à ce propos, la fin du Mikdach Méle’h, commentant le tome 1 du Zohar, qui parle du Nom Nad(2), dont la valeur numérique est cinquante quatre et qui est bien Celui qu’évoque ici Igueret Hatechouva.

Pourquoi est-ce précisément à ce Nom qu’il est fait allusion, dans ce texte? Peut-être parce qu’il s’agit, à cette référence, de la tache morale provoquée par celui qui néglige le Chema Israël, les Tefilin, les Tsitsit ou la prière. Or, les Tsitsit correspondent précisément à la lettre Vav du Tétragramme.

On sait que les Tsitsit sont comparés à des cheveux, ainsi qu’il est dit les Tsitsit de ma tête, dans le traité Mena’hot 42a. Le Youd représente l’origine du fil et le Vav, le fil proprement dit(3). Vous consulterez le Torah Or, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Vayétsé, au discours ‘hassidique intitulé Je reviendrai en paix et le Likouteï Torah, à la fin du discours Et Kora’h prit.

Dans le Nom Ab, la lettre Vav est orthographiée de la même façon. Pour autant, ce Nom n’est pas cité dans Igueret Hatechouva parce que le Hé y est écrit Hé, Youd(4).

On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. De façon générale, le Nom Ab transcende toutes les taches. Le troisième chapitre du Kountrass Limoud Ha’hassidout, de mon beau-père, le Rabbi Chlita, permet de l’établir.

Très prochainement, Dieu transformera ces jours en joie et en allégresse. Alors, s’accompliront les termes de la promesse selon laquelle on s’accrochera au pan du vêtement d’un Juif. Ainsi, celui qui respecte scrupuleusement la Mitsva de Tsitsit sera pleinement rétribué, selon le traité Chabbat 32b.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav D.N. Lesser. (2) Soit Youd, qui s’écrit Youd, Vav, Dalet, dont la valeur numérique est vingt, soit deux fois Hé s’écrivant Hé, Alef, qui font six et Vav, orthographié Vav, Youd, Vav, qui font vingt deux. Voir, à propos de ce Nom, une explication du Rabbi, dans le Likouteï Biyourim, du Rav Korf, tome 2, page 195. (3) Puisque le Vav s’écrit Vav, Youd, Vav. (4) Au lieu de Hé Alef.

Lettre n°515

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°515, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5709,

A monsieur Barou’h Levitin(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, datée d’après Chavouot. Comme je le disais à la fin de la dernière lettre que je vous ai envoyée, vous ne devez pas me tenir rigueur si, du fait de mon travail pour le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et le Ma’hané Israël, je vous réponds avec retard.

Je suis surpris que vous n’évoquiez pas, dans votre courrier, votre étude pour vous-même et votre enseignement public. Vous m’en parlerez sans doute la prochaine fois et, surtout, vous aurez de bonnes nouvelles à me transmettre, à ce propos.

Vous m’écrivez que la situation du Judaïsme, dans votre ville et dans les endroits environnants, qui n’est pas bonne, provoque votre tristesse.

Pensez-vous vraiment que vous arrangerez les choses de cette manière?

Vous savez sans doute ce que l’Admour Hazaken explique, au chapitre 26 du Tanya. Il dit que, bien au contraire, la tristesse affaiblit le combat que chaque Juif doit mener contre son mauvais penchant et, de manière plus générale, contre le mal ambiant. Celui qui constate un renforcement de son ennemi, ce qu’à Dieu ne plaise, doit lui-même mobiliser encore plus clairement ses forces et chercher, par tous les moyens, à le vaincre.

Il faut se souvenir de la Promesse divine selon laquelle Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre. Alors, toute chair ensemble verra que la bouche de Dieu a parlé. En avoir conscience donne à chacun d’entre nous du courage et de la vigueur pour mener ce combat, à l’endroit du front où l’on se trouve. On doit savoir qu’une bonne action que l’on a accomplie n’est jamais perdue, même si l’on ne peut le vérifier par ses yeux de chair. Car, chaque bonne pensée, bonne parole ou bonne action contribue à illuminer l’obscurité dans laquelle on se trouve, à hâter la délivrance véritable.

Les trois semaines(2) et les neuf jours(3) viennent de passer, qui sont, en apparence, une période triste. Pour autant, ils apportent également l’espoir et la consolation. Nos prophètes nous ont également enseigné que le redoutable moment séparant le 17 Tamouz du 9 Av sera l’occasion de manifestations joyeuses, lorsque viendra notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen.

Auparavant, lorsque nous possédions le Temple, cet édifice de bois et de pierre symbolisait également le Sanctuaire moral du peuple d’Israël, que celui-ci porte en lui. Le Temple matériel put se maintenir tant que le Sanctuaire moral existait.

Puis, le premier Temple fut détruit, le Sanctuaire moral, du fait des Juifs et, immédiatement après cela, l’édifice matériel, par Nabuchodonosor, roi de Babel. Parvenu dans l’exil babylonien, notre peuple reçut une double mission. Il devait reconstruire, d’une part, le Sanctuaire moral et, par ailleurs, l’édifice matériel, le second Temple. Ce dernier put également se maintenir tant que son pendant moral existait et, lorsqu’il fut détruit, celui-ci disparut également.

A l’opposé, pour ce qui concerne le troisième Temple, l’objectif principal et, selon certains, unique que Dieu nous a assigné est la reconstruction du Sanctuaire moral et Dieu Lui-même se chargera de l’édifice matériel. Rachi, les Tossafot et d’autres Sages encore considèrent que le troisième Temple descendra du ciel.

C’est donc pour cette raison que le Sanctuaire moral doit être bâti par nos efforts, par la Techouva, la Torah et les Mitsvot. Chaque brique, chaque progrès spirituel obtenu par un Juif est immuable. Le processus permettant de les assembler fut entamé alors que le second Temple était encore en flammes. Telle est la signification profonde du récit du Midrach E’ha Rabba, selon lequel le Machia’h naquit à l’instant de la destruction du Temple.

La partie essentielle du Sanctuaire moral, qu’il appartient aux Juifs de bâtir durant cet exil long et obscur, a été réalisée, dans les générations précédentes, par les accomplissements spirituels de notre peuple. Il ne nous en reste qu’une petite part, laquelle doit cependant avoir une sainteté comparable à celle des précédentes générations.

Il découle de tout cela que nous devons, à tout moment, garder présent à l’esprit que chaque bonne action basée sur la Torah, que nous accomplissons dans notre existence quotidienne, aussi grandiose ou aussi humble qu’elle puisse paraître à nos yeux de chair, est bien l’une des dernières briques que nous ajoutons au Temple, lequel sera éternel pour notre peuple et pour le monde entier.

C’est de la sorte que nous apportons notre contribution à l’édifice du Sanctuaire moral et du bâtiment matériel, qui sera construit juste après cela, très bientôt et de nos jours.

Puisse Dieu faire que soit accordé à nous tous le mérite d’assister également à la reconstruction du Temple matériel, très bientôt et de nos jours, Amen.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Voir la lettre n°475. (2) Commémorant la destruction du Temple, du 17 Tamouz au 9 Av. (3) Commençant le mois d’Av.

Lettre n°516

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°516, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5709,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Tamouz:

A) Plusieurs questions que vous soulevez à propos de ma lettre(2) ne se poseront plus grâce à l’introduction générale que je développerai maintenant:

Le chapitre 6 du Tanya et les suivants développent l’appartenance des minéraux, végétaux, animaux et humains à la force du mal qui conserve la possibilité de l’élévation ou à celles qui sont totalement impures. A ce propos, une distinction doit être faite entre l’appartenance intrinsèque d’un être et celle qui résulte d’une action réalisée par son intermédiaire.

Dans ce dernier cas, seule est, bien sûr, concernée la partie de l’être permettant de réaliser l’action et l’endroit qui en est à l’origine.

Je donnerai un exemple. La parcelle divine qui conduit un aliment permis à l’existence et le fait vivre relève de la force du mal qui peut recevoir l’élévation. C’est en permanence le cas, y compris à Yom Kippour(3), puisqu’il est clair que la sainteté de ce jour n’enlève rien à celle de l’aliment.

A l’opposé, l’étincelle divine qui conduit un aliment interdit à l’existence et le fait vivre relève des forces du mal totalement impures. C’est en permanence le cas, y compris dans une situation de danger(4).

Deux distinctions essentielles peuvent être faites entre ces étincelles:

1. L’étincelle provenant de la force du mal qui peut recevoir l’élévation perçoit son caractère divin, quoique de manière limitée. Celle qui émane des forces du mal totalement impures subit une occultation totale et s’identifie au mal proprement dit, selon l’expression du Rabbi(5) que je n’ai pas voulu reproduire dans les résumés du Tanya, à la page 143. Vous consulterez donc ce texte, de même que le chapitre 40 du Tanya et le résumé du chapitre 6.

2. L’étincelle provenant de la force du mal qui peut recevoir l’élévation émane d’une source du mal particulièrement haute, ce qui signifie qu’elle possède une puissance considérable, la plus grande qui soit, comparable à celle du lion et du boeuf, qui la distingue qualitativement et non uniquement quantitativement de l’étincelle émanant des forces du mal totalement impures. Vous consulterez, à la fin du Dére’h Mitsvoté’ha, du Tséma’h Tsédek, le discours ‘hassidique intitulé A’hareï et son commentaire.

Il est clair qu’un Juif consommant, à Yom Kippour, un aliment permis, n’a pas la force, par cette action limitée, de changer l’ordre de la création, d’extraire de cet aliment l’étincelle provenant de la force du mal qui peut recevoir l’élévation et de la remplacer par celle qui émane des forces du mal totalement impures. Vous consulterez, à ce propos, les notes du Rabbi(5) sur le chapitre 6 du Tanya, citées dans les résumés, à la page 115. C’est pour cela qu’il n’y est pas question de l’existence intrinsèque des fruits interdits des trois premières années de récolte ou des espèces qui se mélangent dans la vigne(6).

En fait, tout comme cet homme s’enferme lui-même dans les forces du mal totalement impures, il y introduit également l’aliment et l’étincelle divine qu’il comporte. La force physique qu’il a investie dans le fait de manger est elle-même prisonnière de ces forces du mal et, là encore, il en est de même pour l’aliment et sa parcelle divine.

A l’opposé, celui qui consomme un aliment interdit lorsqu’il est en situation de danger(7) n’en modifie pas non plus la parcelle divine. Néanmoins, en pareil cas, nos Sages suppriment la relation entre cette étincelle et les forces du mal totalement impures, qui obscurcissaient sa lumière et modifiaient sa perception. C’est pour cette raison que son élévation devient possible. Vous consulterez aussi le Dére’h Mitsvoté’ha du Tséma’h Tsédek, au troisième chapitre de la Mitsva de Techouva et d’autres textes encore.

En tout état de cause, l’étincelle divine présente dans l’aliment permis qui est consommé à Yom Kippour ou dans l’aliment interdit qui est autorisé à celui qui est gravement malade reste le même.

On peut, du reste, se demander ce qu’il en est du converti, de la belle femme(8), du serviteur cananéen(9) et des nuques de porc qui furent autorisées à la consommation. Tout cela ne sera pas développé ici.

Un autre point est acquis. Lorsque l’action doit introduire une modification émanant d’un autre endroit, il faut que cette action provienne elle-même de cet endroit. C’est ce que nous venons de montrer.

J’en citerai un exemple. Un Juif dont le corps physique et l’âme vitale émanent de la force du mal qui peut recevoir l’élévation, consomme un aliment permis, donc également issu de cette même force, sans intention particulière, sans le consacrer au Nom de Dieu, mais sans, non plus, chercher uniquement à satisfaire ses désirs. En pareil cas, il ne modifie en aucune façon l’origine et le lieu de l’étincelle et de l’aliment, lequel s’élève uniquement vers la catégorie humaine, en se confondant à sa chair et à son sang, mais ceci ne concerne pas notre propos.

On retrouve l’équivalent de tout cela dans la partie révélée de la Torah, qui distingue l’interdiction spécifique à l’objet(10) de celle qui repose sur l’homme(11) et prend en compte la situation présumée, en l’absence de toute autre précision.

Je répondrai maintenant brièvement aux questions que vous m’avez posées, en les reprenant dans l’ordre de votre lettre.

B) Comment ai-je pu écrire, dans la seconde explication, que l’étude(12) est une Mitsva avant que le nouveau mois ait été proclamé? Avant cela, l’étude n’est-elle pas sans contenu précis?

Je ne comprends pas cette question. Voici ce que j’écrivais: Lorsque la Torah en donne expressément l’ordre et, pour être plus précis, je soulignais le mot Mitsva. Est-ce là ce que l’on peut appeler une étude sans contenu précis?

Bien évidemment, je ne veux pas dire qu’il faille étudier la Torah comme Rabbi Yochoua Ben ‘Hananya, de la manière que décrit le traité Be’horot 8a, c'est-à-dire comme la première explication de ma lettre(13). Seule une élite peut y parvenir, alors que la Torah prend en compte la situation la plus fréquente.

De même, peu importe que l’on étudie la sagesse des Grecs ou l’astrologie que notre peuple possédait et qu’il a perdu, comme l’explique le Rambam(14). La langue importe peu et seul le contenu doit être pris en compte.

C) Quelle différence y a-t-il entre la seconde et la quatrième explication? Ne s’agit-il pas, dans un cas comme dans l’autre, de préparation, de phase préalable à la Mitsva?

J’ai précisé la seconde explication dans ma lettre, comme je le disais auparavant. Elle concerne une situation dans laquelle la Torah donne un ordre de manière directe(15), ce qui n’est pas le cas de la quatrième. Le calcul des saisons et des influences astrales qui, selon certains, est une Mitsva, serait-il négligeable? Et viendrait-il à l’idée de quelqu’un de recenser les infirmités des animaux pour déterminer si elles sont définitives ou passagères(16)?

Vous consulterez les explications et les références données par le Moadim Behala’ha, qui établit l’importance de se préparer à la Mitsva, par exemple en construisant une Soukka.

Lors de la réunion ‘hassidique de ce Chabbat, j’ai longuement commenté l’affirmation de Moché, rapportée par le traité Makot 10a, selon laquelle J’accomplirai la Mitsva qui se présente à moi en instaurant trois villes de refuge sur l’autre rive du Yarden. Or, il savait que celles-ci ne seraient utilisées que plus tard(17).

D) La cinquième explication fait intervenir la ruse(18), dans la mesure où celle-ci est utile pour gagner sa vie. Vous faites remarquer que tout cela doit s’inscrire parfaitement dans le domaine de la sainteté.

Là encore, je n’ai pas compris le sens de votre remarque, car l’activité commerciale et le fait de gagner sa vie appartiennent à la force du mal qui peut recevoir l’élévation. Comment ceci pourrait-il donc s’inscrire de manière parfaite dans le domaine de la sainteté?

Néanmoins, comme on l’a dit, il s’agit bien là de cette force du mal considérée de manière intrinsèque. Et celui qui agit sans motivation particulière est présumé se maintenir dans la situation qui était auparavant la sienne.

Vous consulterez, à ce propos, les Avot de Rabbi Nathan, au chapitre 11 et Igueret Hakodech, au chapitre 9.

E) Quelle différence faire entre la quatrième et la sixième explication, dès lors que, dans un cas comme dans l’autre, l’étude est bien pour le Nom de Dieu?

Cette différence est bien évidente. En étudiant les sciences des nations sans intention particulière, on rend impures les forces intellectuelles de son âme divine, en les faisant descendre du domaine de la sainteté vers celui du mal.

Or, la descente d’une Mitsva dans le second domaine du mal, ses forces totalement impures, est permise uniquement lorsqu’elle permet une ascension immédiate, mais non lorsqu’elle se contente de la préparer. Ainsi, selon le traité Chabbat 132b, une Injonction repousse un Interdit si elle est réalisée au moment même où l’Interdit est levé.

Vous consulterez également le Michné Laméle’h, lois du sacrifice de Pessa’h, au début du chapitre 10 et le Melo Haroïm, tome 1, au début de l’article Une Injonction repousse un Interdit.

De fait, la descente dans le premier stade du mal, la force qui peut recevoir l’élévation, devrait satisfaire à la même condition et c’est ce que décrit la quatrième explication. La sixième introduit, néanmoins, un fait nouveau. Une telle descente est envisageable, pour ce qui concerne la force du mal pouvant recevoir l’élévation, également quand il s’agit uniquement de se préparer à la Mitsva, en le faisant donc pour le Nom de Dieu.

F) La troisième explication décrit une étude pour le Nom de Dieu qui n’est pas une Mitsva et dont l’objet est négatif, permettant, par exemple, de s’abstenir d’une transgression, comme je l’écrivais.

Vous ne développez pas votre propos, sur ce point. En effet, il est interdit de penser à des paroles de Torah dans les ruelles couvertes d’immondices. En établissant des calculs liés aux sciences profanes, on peut s’en préserver et, de ce fait, respecter un Interdit de la Torah et non uniquement faire une action pour le Nom de Dieu.

La même différence existe entre le respect du principe en toutes tes voies, connais Le et l’accomplissement effectif d’une Mitsva. Ceci correspond aux deux situations décrites par le chapitre 7 du Tanya, le fait de manger pour accéder à la largesse d’esprit(19) ou bien pour mettre en pratique la Mitsva d’éprouver le plaisir du Chabbat et de la fête.

Vous consulterez également la fin du chapitre 34 du Tanya, qui dit: Le cinquième(20) apporte l’élévation aux quatre autres cinquièmes. De plus, ...(21). Il s’agit là, bien sûr, d’une élévation supplémentaire.

G) La force du mal qui permet l’élévation permet deux situations. Si l’homme agit pour le Nom de Dieu, elle s’élève vers la sainteté. Dans le cas contraire, elle descend vers les forces du mal totalement impures.

Comme je le disais auparavant, cette formulation, à mon humble avis, n’est pas exacte. Car, celui qui n’agit pas pour le Nom de Dieu, mais n’est pas animé d’une intention particulière, en tout cas pas celle de satisfaire ses désirs, maintient cette force du mal pouvant recevoir l’élévation à sa place(22).

On peut l’établir sur la base de la logique, comme je le disais au premier paragraphe de cette lettre. On peut aussi observer ce qui se passe au quotidien. Ainsi, l’enfant qui mange ne sombre pas dans les forces du mal totalement impures et n’y fait pas descendre l’aliment. On peut, enfin, le déduire des enseignements de nos Sages. Le chapitre 7 du Tanya parle, en effet, de celui qui se gave pour satisfaire ses désirs. Les résumés des chapitres 7 et 10 précisent cette idée.

H) Pourquoi l’Admour Hazaken écrit-il, à la fin du chapitre 7 du Tanya, évoquant le Rambam et le Ramban(23), telle est sa motivation(24) ” et non leur motivation?

Lettre n°517

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°517, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mena’hem Av 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 18 Tamouz. Du fait de mes nombreuses activités, je n’ai pu y répondre jusqu’à maintenant et vous voudrez bien m’en excuser.

J’ai obtenu aujourd’hui même le compte rendu des explications données(2) le 13 Tamouz et je vous le joins, de même que celui du dernier jour de Pessa’h. Comme vous l’avez fait jusqu’à maintenant, vous demanderez sans doute à l’un de vos disciples de le recopier et vous en ferez parvenir un exemplaire à chaque implantation des ‘Hassidim(3).

Je n’ai pas oublié ma promesse de commenter l’explication développée dans le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h, mais, que puis-je faire, les préoccupations qui ont un délai limité dans le temps repoussent celles qui n’en ont pas.

Ainsi, après avoir édité le fascicule pour la fête de la libération, il m’a fallu achever la préparation de l’index des discours ‘hassidiques du Rabbi(4), qui est maintenant sous presse. Je me suis ensuite occupé du Sdeï ‘Hémed(5), dont le premier tome doit paraître, pour une certaine raison, avant le 12 Elloul. Et l’imprimeur souhaite que l’impression des volumes suivants ne soit pas retardée.

Alors que je m’occupais de tout cela, j’ai appris que la quantité de Ma’hzorim(6) dont nous disposons en stock n’est pas suffisante. Il faut donc s’en préoccuper dans les délais. Or, il m’a été demandé(7) d’ajouter, à la fin de ce livre, une brève description des coutumes de ‘Habad, pour les dix jours de Techouva, qui présentent un aspect nouveau. Et, d’ici une semaine, on me remettra sans doute le fascicule du 18 Elloul(8).

A tout cela s’ajoutent les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi, dont l’impression a commencé il y a plus de deux ans. Et le Sefer Hamaamarim 5643(9) est sous presse.

Je dois, en outre, m’occuper des autres départements du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et de Ma’hané Israël, tâche que je ne peux confier à personne d’autre.

Pour autant, je ne perds pas l’espoir de pouvoir m’approfondir dans l’étude de ce fascicule. Si j’en comprends le sens, à mon humble avis, je ne manquerai pas de vous l’écrire. Néanmoins, je ne sais quand je pourrai trouver ne serait-ce qu’un peu de temps.

Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en saluant les vôtres,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov. Voir la lettre n°440. (2) Par le précédent Rabbi, à l’occasion de la fête de sa libération. (3) Dans la région parisienne. (4) Rachab. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°456. (6) Pour Roch Hachana et Yom Kippour. (7) Par le précédent Rabbi. (8) Afin de le préparer pour l’édition. (9) 1883, du Rabbi Rachab.

Lettre n°518

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°518, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Mena’hem Av 5709,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav H.H.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous avez sans doute reçu ma lettre du 3 Mena’hem Av(2) et je suis surpris que vous ne me l’ayez pas confirmé. Néanmoins, je suis certain que vous avez accédé à la requête que j’y avais formulée, en particulier pour ce qui concerne l’anniversaire du décès(3). Vous voudrez bien me faire savoir ce qu’il en est.

B) Je vous demande encore une fois de me faire parvenir le plus rapidement possible les commentaires du Tanya(4) et tout ce qui concerne le Sdeï ‘Hemed(5), comme je le disais dans ma lettre précédemment citée. Je vous en remercie d’avance.

C) Après avoir mené une enquête(6), j’ai reçu, de Varsovie, une lettre de quelqu’un qui se nomme Morde’haï Onrad. Celui-ci me dit s’être trouvé avec ma belle-soeur, mon beau-frère et sa mère à Treblinka(7). La date du décès de cette dernière, qui est la soeur du Rabbi(8), est le 14 Elloul. Son fils, qui est mon beau-frère, est décédé le 25 ‘Hechvan et son épouse, ma belle-soeur, le second jour de Roch Hachana.

Je ne sais pas comment va la famille Landau(9) et je m’en remets à votre jugement pour déterminer s’il faut les prévenir. Si vous le faites, vous voudrez bien me le faire savoir.

D) Je poursuis mon enquête, dans ce domaine et, en l’absence d’une information contraire de ma part, je vous prie de faire respecter les coutumes d’un anniversaire de décès à ces dates(10), mais sans en faire de diffusion, car, dans la maison de mon beau-père, le Rabbi Chlita, on ne sait pas ce qui s’est passé.

E) Si vous révélez tout cela à Landau, dites lui de ne pas y faire allusion dans les lettres qu’il écrit ici, pour la raison qui vient d’être exposée.

Je conclurai en évoquant brièvement un point qui est d’actualité et en répétant ce que j’ai dit, lors de la réunion ‘hassidique de ce Chabbat, au cours duquel fut béni le mois d’Elloul, à propos des initiales caractéristiques de ce mois, qui sont mentionnées par les écrits du Ari Zal et les livres d’éthique.

De façon générale, Elloul est le mois du bilan moral. Il prépare l’effort de la Techouva, dont l’effet rétroagit sur les hommes. C’est à cela que font allusion les initiales du verset Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi. Plus spécifiquement, la Techouva se marque dans trois domaines, la Tsédaka, la prière et l’étude.

La bienfaisance, plus large que la Tsédaka puisqu’elle s’applique également aux riches, apparaît dans le verset un homme à son ami et des dons aux pauvres. La prière, service de Dieu par son coeur, qui impose un effort préalable à l’homme, est introduite par le verset ton coeur et le coeur de. Les paroles de la Torah sont un refuge, selon le traité Makot 10a et l’on retrouve ces initiales dans un verset qui évoque les villes de refuge, Ceci est survenu par lui et Je te fixerai. De fait, quiconque fait une faute commet un crime, en versant le sang de l’Homme de la sainteté. Néanmoins, il le fait pas inadvertance, car un homme agit mal uniquement s’il est saisi par un esprit de folie. De plus, la Techouva véritable, Techouva Supérieure, est liée à l’étude de la Torah, selon la fin du chapitre 8 d’Igueret Hatechouva.

Tout ceci pourrait être développé, mais ce n’est pas ici l’occasion de le faire.

En vous souhaitant tout le bien et en saluant les vôtres,

Notes

(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°416. (2) Il s’agit de la lettre n°512. (3) De Rabbi Lévi Its’hak, père du Rabbi, le 20 Mena’hem Av. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°416. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°512. (6) Voir, à ce propos, la lettre 511. (7) Il s’agit de la Rabbanit Sheïna, fille du précédent Rabbi, de son mari, le Rav Mena’hem Mendel Horenstein et de sa mère, la Rabbanit ‘Haya Mouchka Horenstein. (8) Rachab. (9) Le Rav Pin’has Landau et son épouse Ra’hel, soeur du Rav Mena’hem Mendel Horenstein. (10) Voir la lettre n°388.

Lettre n°519

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°519, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Elloul 5709,

Très cher docteur Yossef Grutshendler,

Je vous salue et vous bénis,

Le bien cher Rav Moché Hecht m’a montré votre étude sur la circoncision, en français.

J’ai lu, dans votre avant propos, que vous appartenez à la catégorie de Juifs qui respectent la Torah et toutes les Mitsvot. Vous entendez leur être utile, partager leur vie et leurs souffrances.

J’exprime le souhait que, dans les trente cinq ans qui se sont écoulés depuis lors, vous avez pu mettre ce souhait en pratique dans votre existence.

A n’importe quelle époque, un homme juif et une maison juive ont toujours été considérés, conformément à l’enseignement de nos Sages, comme un monde entier. Combien plus est-ce le cas à l’heure actuelle, après que nous ayons perdu plusieurs millions de nos frères. Une partie de leur mission, de ce qu’ils auraient dû accomplir dans le monde, nous incombe donc et s’ajoute à ce qu’il nous revient de réaliser, à titre personnel.

En conséquence, la responsabilité de chacun d’entre nous, face à l’ensemble de la communauté, est considérablement accrue.

Combien plus est-ce le cas pour une personne qui vit dans une ville où ceux qui sont capables d’agir dans le domaine du Judaïsme sont peu nombreux et qui exerce son influence sur un large public, bien plus, qui pourrait même accroître cette influence. A n’en pas douter, une telle personne doit se considérer comme un soldat que les millions de martyrs ont envoyé au front, dans le combat séculaire mené contre les Juifs, parce que leur pratique est différente de celles de tous les autres peuples. La guerre contre la circoncision à laquelle vous faites allusion dans votre étude en est un aspect.

De temps à autre, ce combat doit être dirigé également contre les Juifs qui ont commis une erreur dans le choix de leur mode de vie. Nous avons le devoir de les aider à retrouver la voie du Judaïsme et à jalousement conserver toutes les Prescriptions de la Bible et du Talmud(1).

Vous êtes médecin et vous savez donc mieux que moi qu’un médecin n’a pas le droit de demander à un homme qui n’est pas en bonne santé d’attendre qu’il soit totalement prêt à s’occuper de lui. La pratique concrète, en pareil cas, établit que le simple fait de se consacrer au patient, même si le médecin n’a pas encore atteint la perfection, apporte, de manière presque automatique, la guérison.

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*

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Avant de conclure, je voudrais formuler une remarque sur votre étude:

Page 51: En prétendant que la succion(2) qui fait suite à la circoncision est pratiquée uniquement pour un motif d’hygiène et n’a aucune connotation religieuse, dans un livre imprimé également pour les non Juifs, vous risquez de provoquer l’intervention des législations de différents pays, qui pourraient interdire cette pratique.

J’ajouterai trois précisions:

A) Page 54: D’après ce que vous dites, la circoncision est pratiquée, chez les musulmans, d’une manière plus dangereuse. Malgré cela, vous écrivez, à juste titre d’ailleurs, que l’on doit espérer qu’avec le temps, les peuples qui sont concernés comprendront la nécessité de prendre les moyens qui s’imposent.

Une telle différence se justifie-t-elle uniquement parce que les Juifs sont en exil et que la France a peur des arabes?

B) L’intervention des différentes législations dans la vie juive pour interdire ou permettre n’a jamais donné rien de bon pour les Juifs, ni moralement ni physiquement. Différents exemples de l’histoire juive, dont vous avez sans doute connaissance, permettent de l’établir.

C) Deux cents rabbins environ, parmi lesquels figuraient des médecins, qui avaient assurément connaissance des raisons développées dans votre étude, ont fermement marqué leur soutien à la pratique de la succion. Vous consulterez, à ce propos, le Sdeï ‘Hémed, tome 12, traitant de la circoncision et de la succion, paru à Varsovie en 1902.

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Par ailleurs, à la page 15, seizième ligne avant la fin, il faut remplacer avant(1) par après(1). A la page 15, septième ligne avant la fin, il faut remplacer Babylonie(1) par Perse(1). A la page 20, treizième ligne avant la fin, il faut remplacer 1171 par 1135.

Je suis convaincu que vous et moi, chacun à notre manière, nous ne recherchons que la vérité. En conséquence, vous ne me tiendrez pas rigueur de mon intervention, qui n’a d’autre but que de clarifier certains points de votre étude.

Avec mes respects et mes voeux afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) En Français dans le texte, alors que le reste de la lettre est en Yiddish. (2) Effectuée par le Mohel, qui est une condition indispensable pour la validité de la circoncision.

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