Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°479
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°479, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5709,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.I. Shmucklerman,
Je vous salue et vous bénis,
En inspectant les listes du comité pour le Séfer Torah(1), nous avons retrouvé celle des personnes qui ont apporté leur participation par votre intermédiaire. Je ne sais pas si ce document vous a déjà été adressé et je vous en envoie donc une copie. Vous voudrez bien me confirmer l’avoir reçu.
Je conclurai en commentant un point de la Torah. Sa partie révélée, en l’occurrence la fin du Yerouchalmi Bera’hot, indique que le nom du mois d’Iyar est constitué des initiales d’Avraham, Its’hak, Yaakov et Ra’hel, comme l’expliquent le Even Haézer, au chapitre 126 et le Beth Chmouel, au chapitre 102. Tous les quatre forment le Char céleste.
Or, ce Char possède à la fois un défaut et une qualité. Il possède, d’une part, une existence distincte de celle de son cavalier(2). La relation qui unit l’un à l’autre n’est donc nullement comparable à celle du corps et de l’âme. Pour autant, la soumission de ce Char est totale.
Il y a donc bien là un enseignement de portée générale. Nissan, de la même étymologie que Ness, le miracle, apporta la révélation divine. Puis, furent nécessaires l’effort et la soumission des hommes, percevant leur existence comme indépendante. C’est seulement à l’issue de ces deux étapes que la Torah et les Mitsvot purent être reçues durant le troisième mois, celui de Sivan.
En saluant votre communauté et en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Ecrit pour aller à la rencontre de notre juste Machia’h. Voir la lettre n°445. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°234.
Lettre n°480
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°480, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu vos lettres du 27 et 29 Nissan, auxquelles étaient jointes quelques épreuves(2) des Pisskeï Dinim. Je suis surpris que vous n’ayez pas encore envoyé celles du Choul’han Arou’h. Pouvez-vous nous les adresser au plus vite, de même que les pages de garde des Pisskeï Dinim?
B) Entre temps, vous avez sûrement reçu ma lettre de Roch ‘Hodech Iyar, à laquelle était jointe le texte de la causerie(3) et les corrections des épreuves précédentes.
Voici les corrections à porter sur les épreuves que vous venez de m’adresser(4). Dans le texte explicatif, à la ligne onze, il faut remplacer ses commentaires talmudiques qui sont sous presse par ses commentaires et ses responsa qui sont sous presse.
Deux lignes plus bas, il faut remplacer deux tomes de Yoré Déa par trois tomes de Yoré Déa. Puis, après Ora’h ‘Haïm, il y a trois apostrophes là où il n’en faudrait qu’une seule.
Pour ce qui est de l’index, j’ai pu vérifier que les éditeurs y effectuent toujours une numérotation nouvelle. Il est donc bon d’indiquer les pages en fonction de celle-ci, qui est en continu. De même, dans l’index du second tome, il faudra préciser les pages des additifs et des notes.
C) Conformément à la décision de mon beau-père, le Rabbi Chlita, nous vous avons télégraphié dimanche, vous demandant d’achever au plus vite l’impression du Choul’han Arou’h et des Pisskeï Dinim que vous avez commencée.
Il n’est pas utile que ces livres soient reliés sur place. Comme vous l’avez proposé, vous les ferez uniquement brocher, les grouperez et les enverrez le plus rapidement possible, par ceux qui font le voyage.
De même, nous nous efforçons de vous procurer encore une fois un véhicule(5). Celui-ci vous parviendra d’un jour à l’autre et, de ce fait, tout doit être prêt.
Je vous répète encore une fois l’instruction donnée par mon beau-père, le Rabbi. Tout cela doit être réalisé au plus vite. J’attends de bonnes nouvelles, le plus rapidement possible, celles que nos demandes ont été scrupuleusement satisfaites.
J’attends vos lettres nous annonçant ces bonnes nouvelles et je salue tous les vôtres,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6),
Notes
(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications, en Europe, pour le compte des éditions Kehot. Voir la lettre n°415. (2) Prêtes pour l’impression. (3) Du précédent Rabbi. (4) Celles des Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek. (5) Qui chargera ces livres pour les envoyer aux Etats Unis. (6) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°481
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°481, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav I(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et je vous adresse le recueil de Likouteï Dibourim(2) paru à l’occasion de Lag Baomer, qui approche. Vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux, comme l’expliquent la causerie reproduite dans ce fascicule, au paragraphe 2 et d’autres textes.
Le lien entre tout cela peut être précisé. On trouve, en effet, une allusion à Lag Baomer dans le verset qui dit: Que ce monticule (Gal) porte témoignage(3). On peut lui donner deux significations. D’une part, ce monticule sépare la Blancheur supérieure(4) de la sainteté de Yaakov. D’autre part, il fait également rempart entre la sainteté et les forces du mal. Le Sidour explique tout cela, à la porte de Lag Baomer.
De ce fait, Lag Baomer présente également deux aspects. Cette date marque, d’une part, la plus haute élévation que connut Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, l’enseignement caché de la Torah qu’il révéla précisément en ce jour, d’autre part, la soumission la plus totale, de la part des hommes les plus simples(5). Le fascicule édité à l’occasion de ce Pessa’h explique tout cela.
Or, le Baal Chem Tov, avant de se révéler, illustra aussi la Blancheur supérieure de la sainteté. C’est ce qu’explique le commentaire figurant dans le Likouteï Dibourim, ci-joint. Puis, lorsque vint le temps de sa révélation, on vit que ce monticule porte témoignage, comme il l’explique lui-même, lorsqu’il acheva son étude avec son maître, A’hya de Chilo. Cette explication se trouve dans la causerie du 20 Kislev 5693(6) et dans le Hatamim, volume 4, page 18.
Selon le Séder Hadorot, Rabbi Chimeon Ben Yo’haï était la réincarnation d’A’hya de Chilo. Vous consulterez également le Yerouchalmi Bera’hot 9, 2. Puis, le Baal Chem Tov se révéla, aux yeux de tout Israël.
En vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
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L’état de santé de mon beau-père, le Rabbi Chlita, s’est amélioré. Puisse Dieu lui accorder très prochainement une guérison complète, Amen, que telle soit Sa Volonté.
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Je répondrai à la question que vous m’avez posée avant la fête de Pessa’h lorsque je disposerai d’un peu de temps. Vous voudrez bien m’en excuser.
En vous souhaitant tout le bien et avec ma bénédiction pour le petit Pessa’h(7) qui apportera au moins un petit bond en avant(8),
Notes
(1) Vers le milieu de l’année 5709-1949, le nombre des correspondants du Rabbi augmenta considérablement. C’est alors qu’apparurent les lettres collectives-personnelles, des courriers ayant un contenu général, qui portait sur la Paracha de la semaine ou le sens d’une fête. Ces lettres étaient reproduites à un certain nombre d’exemplaires, que le Rabbi personnalisait en y ajoutant le nom du destinataire et quelques lignes qui le concernaient personnellement. Voir, à ce propos, les lettres n°438, 472, 477. Puis, vers la fin de 5710-1950, le Rabbi introduisit les lettres collectives, qui seront présentées à la lettre n°749. Dans le texte d’origine de ces lettres, était, de façon générale, écrit le Rav I.et le Rabbi transformait ensuite ce Youd en l’initiale du nom du destinataire. Ces lettres collectives-personnelles étaient gardées pendant quelques jours et elles étaient utilisées pour répondre à une partie des courriers que le Rabbi recevait. Puis, le Rabbi écrivait une nouvelle lettre collective-personnelle. C’est pour cette raison que plusieurs personnes recevaient une lettre identique par son contenu et variant uniquement par son début et sa fin. Dans le cadre du présent recueil, le texte d’origine sera tout d’abord énoncé, le destinataire indiqué étant le Rav I.. Puis, à la fin de la lettre, après trois astérisques, seront reproduites les mentions que le Rabbi rajouta à l’usage de certaines personnes, dans la mesure où leur diffusion présente un intérêt pour tous. Si ces mentions constituent, à elles seules, une lettre à part entière, elles seront présentées comme telles, en précisant qu’elles émanent d’une collective-personnelle. Voir, à ce propos, la lettre suivante. (2) Du précédent Rabbi. (3) Gal est constitué des mêmes lettres que Lag. (4) Source supérieure de Lavan, dans la sainteté. (5) A laquelle correspond Hod de Hod, l’Attribut décrivant le compte de l’Omer de ce jour. (6) 1932, du précédent Rabbi. (7) Pessa’h Chéni. (8) Voir, à ce propos, la lettre n°483.
Lettre n°482
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°482, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Iyar 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Vous m’interrogez sur les discours ‘hassidiques qu’il est possible de répéter pour que les présents puissent le saisir, de manière logique. Quelques textes ont été choisis pour cela et, dans ce but, ils ont été rédigés en Yiddish(2). Ils sont imprimés dans le Séfer Hamaamarim Yiddish.
Aucune preuve de la nécessité de porter un Talith Katan pendant la nuit n’est déduite du récit de ceux qui moururent dans le désert(3). On peut le justifier de différentes manières. La plus simple et la plus évidente est le fait qu’à l’époque, ils ne portaient pas spécifiquement de Talith Katan, mais accrochaient des Tsitsit aux vêtements qu’ils portaient couramment. Et l’on peut penser qu’ils ne désiraient pas dormir dévêtus ou n’avaient pas le droit de le faire(4). Cette explication est bien évidente.
Certes, de façon générale, on dormait alors dévêtu et c’est pour cela que l’on tire une preuve du comportement du roi David. A ce propos, vous consulterez les Tossafot, sur les traités Baba Batra 74a(5) et Nida 61b(6), de même que les Pisskeï Dinim, aux lois des Tsitsit.
Ce n’est pas ici l’occasion de développer ce sujet.
Notes
(1) Cette lettre conclut l’un des exemplaires de la lettre précédente. Voir la note (1) de la lettre précédente. De même, la date a été changée du 10 en 14 Iyar. (2) La langue usuelle que tous parlaient. (3) Et portaient eux-mêmes des Tsitsit, chaque veille du 9 Av, lorsque chacun creusait une fosse et s’y couchait, attendant son tour de mourir. Il avait, en effet, été décidé que cette génération mourrait pendant les quarante ans que les enfants d’Israël passèrent dans le désert. (4) Ils n’avaient donc pas l’intention de porter un Talith Kattan pendant la nuit et l’on ne peut rien déduire de ce récit. (5) Qui discutent, sur la base de ce récit, de la nécessité, pour un mort, d’être enterré avec des Tsitsit. (6) Qui considèrent que l’on contrevient au respect dû au mort en lui faisant porter des Tsitsit, Mitsva qu’il n’a plus la possibilité d’accomplir.
Lettre n°483
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°483, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 29 Nissan. Je vous joins le fascicule de Likouteï Dibourim édité pour Lag Baomer. Vous le mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux, comme l’expliquent la causerie, figurant dans ce fascicule, au paragraphe 2 et d’autres textes.
Ceci peut être spécifiquement lié à Lag Baomer. Nos Sages enseignent, en effet, au traité Yebamot 62b que ils perdirent leur respect l’un pour l’autre(2). Mais, à Lag Baomer, cela(3) s’arrêta.
Je vous souhaite tout le bien et vous adresse ma bénédiction pour le petit Pessa’h(4), qui peut apporter au moins un petit bond en avant(5).
J’attends vos lettres,
M. Schneerson,
Je vous prie de bien vouloir répondre immédiatement à ma lettre du 10 Iyar(6).
Notes
(1) Le Rav David Bravman. Voir les lettres n°415 et 480. (2) Les élèves de Rabbi Akiva, ce qui fut à l’origine de l’épidémie qui les décima. (3) L’épidémie. (4) Pessa’h Cheni. (5) Voir la lettre n°481. (6) La lettre n°480.
Lettre n°484
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°484, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Iyar 5709,
Au ‘Hassid qui craint Dieu et s’acquitte fidèlement
de sa tâche, le Rav Y.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 6 Iyar, avec le texte des causeries pendant le Séder(2). Nous vous avons adressé les publications que vous avez indiquées, sur la liste que vous nous avez transmise. Vous les avez sûrement reçues depuis longtemps et vous voudrez bien nous le confirmer.
Je vous joins la causerie de Lag Baomer, que vous mettrez sans doute à la disposition de tous. Le mérite public en dépend.
J’ai reçu une lettre de notre ami, monsieur Rabinson(3), qui nous fait part de ses difficultés financières et nous demande d’attendre, avant de lui rendre visite, qu’il reprenne contact avec nous. Vous savez sûrement eu connaissance de cette lettre.
J’éprouve actuellement de grosses difficultés. L’imprimeur réclame son dû, chacun attend les livres et mon beau-père, le Rabbi Chlita, dit que l’on n’édite pas assez, que l’on doit renforcer et intensifier l’activité dans ce domaine, comme dans tous les autres. Or, après tout cela, je reçois une telle lettre!
Je n’ai pas pu décider si je devais montrer la lettre de Rabinson au Rabbi Chlita, car il ne manquerait plus qu’il soit contrarié également dans ce domaine!
J’espère que vous allez prendre cette affaire en mains, convaincre au plus vite notre ami, monsieur Rabinson. Pendant ce temps, je poursuivrais mon travail, comme à l’accoutumée, ne désirant pas que mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’en veuille ou lui en veuille.
Malheureusement, le Rav Kazarnowski ne se rendra donc pas chez vous, cette semaine. Néanmoins, j’ai bon espoir que vous me transmettrez de bonnes nouvelles, dans ce domaine, de sorte qu’il puisse au moins y aller la semaine prochaine.
J’attends votre lettre, m’annonçant, au plus vite, une bonne nouvelle et je vous souhaite tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4),
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats de Chicago. Voir la lettre n°421. (2) De Pessa’h, du précédent Rabbi. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°493. (4) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°485
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°485, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Hilloula de Rabbi Chimeon
Ben Yo’haï(1) 5709,
Brooklyn, N. Y.
Au grand Rav, érudit qui craint Dieu,
le Rav C.Y. Z.(2),
Je vous salue et vous bénis,
Il se trouve que j’ai pu consulter, dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita, la seconde édition de votre livre Moadim Bahala’ha. J’y ai trouvé, dans le chapitre consacré à Lag Baomer, le texte du Peri Ets ‘Haïm, selon les éditions de Doubrovna et de Lachtsov, à la porte du compte de l’Omer, chapitre 7, qui dit, dans une note: Rabbi Chimeon Ben Yo’haï quitta ce monde à Lag Baomer, parce qu’il était l’un des élèves de Rabbi Akiva qui moururent pendant la période de l’Omer.
Or, ce passage pose problème d’après la partie révélée de la Torah, car Rabbi Chimeon Ben Yo’haï fut l’un des cinq disciples auxquels Rabbi Akiva donna l’ordination par la suite. Il pose tout autant problème d’après l’enseignement caché de la Torah, comme le souligne le Peri Ets ‘Haïm lui-même et le Sidour du Ari Zal, qui précisent la différence entre les vingt quatre mille élèves qui moururent et ces cinq disciples.
Les responsa Divreï Ne’hémya, Ora’h ‘Haïm, chapitre 34, paragraphe 7, posent également cette question et concluent, après avoir cité la citation
précédente: Peut-être y a -t-il une faute d’imprimerie dans le Peri Ets ‘Haïm. Et l’on peut rappeler l’édition de Korets dans laquelle, selon ce qui m’a été dit, ce passage a été supprimé.
De fait, il en est bien ainsi et ce texte n’apparaît pas dans le Peri Ets ‘Haïm, édition de Korets, de même que dans le Sidour du Ari Zal et dans les deux manuscrits du Peri Ets ‘Haïm qui se trouvent dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita. De même, tous les discours ‘hassidiques que j’ai pu voir n’en font pas mention.
Le Séfer Hakavanot(3), au chapitre consacré au compte de l’Omer, douzième commentaire, expliquant les coutumes de Lag Baomer, dit: Rabbi Chimeon Ben Yo’haï était l’un des cinq grands disciples de Rabbi Akiva. C’est pour cela que Lag Baomer est le jour de sa joie. La même mention figure également dans la Michnat ‘Hassidim.
Il semble que l’auteur du Divreï Ne’hémya n’ait pas vu le Séfer Hakavanot, puisqu’il ne le cite pas. Pour différentes raisons, il est donc opportun, à mon humble avis, de rectifier ce passage de votre livre, ou, tout au moins, de signaler, à la première occasion, qu’il est sujet à caution.
A ce propos, je voudrais vous signaler que différents points évoqués par le Divreï Ne’hémya sont mentionnés dans le chapitre de votre livre consacré à Lag Baomer.
Avec mes respects et en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Notes
(1) Lag Baomer, le 18 Iyar. (2) le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir les lettres n°295, 308, 504. (3) L’un des écrits du Ari Zal.
Lettre n°486
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°486, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Sivan 5709,
A monsieur Barou’h Levitin(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et, jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu l’occasion de vous répondre, du fait de mon travail de préparation à la publication de quelques ouvrages, en particulier du texte de la causerie(2) de Lag Baomer, du fascicule qui sera édité à l’occasion de la fête de Chavouot et de l’histoire complète de Chavouot(3). J’ai demandé que l’on vous envoie un exemplaire de tout cela. Vous trouverez, ci-joint, un exemplaire de l’histoire de Chavouot.
J’ai été satisfait de lire, dans votre lettre, que le récit de Binyamin Wolf et des autres Justes cachés, que rapportent les mémoires(2), ont fait une impression forte et positive sur les membres de votre communauté.
Vous auriez pu leur faire tout spécialement remarquer deux leçons que chacun d’entre nous et chacun d’entre eux peut tirer de ces histoires:
A) Dans la relation avec son prochain: Chaque fois que l’on rencontre un Juif, on doit garder présent à l’esprit, même s’il semble très simple ou, pire encore, indigne de confiance, même si on ne le connaît pas réellement, qu’en réalité, nous n’avons pas les moyens de savoir qui il est réellement.
En effet, il y a toujours eu, dans le peuple juif, des Justes cachés et il y en a encore. Et, ceux-ci sont bien plus de trente six. On doit donc accorder à son prochain toutes les circonstances atténuantes, s’employer à le respecter, s’efforcer de lui faire du bien, dans toute la mesure du possible.
B) Pour soi-même: Chacun d’entre nous possède des forces cachées. Celui qui désire fermement les révéler et progresser dans ce sens, recevra l’aide de Dieu et obtiendra les plus hautes réalisations.
Car, un Juif qui s’attache à Dieu, transcendant toutes les limitations, par l’intermédiaire de la Torah et des Mitsvot, peut, à son tour, dépasser tous les obstacles et toutes les limites.
C’est la raison pour laquelle, disent nos Sages, chacun est tenu de dire: Quand mes actions égaleront-elles celles de mes pères, Avraham, Its’hak et Yaakov?.
Comment va votre étude? Comment se passent celle qui vous est personnelle et celle que vous faites partager avec les autres? Vous participez sans doute à une étude publique.
Je conclus en souhaitant, à l’occasion de la fête de Chavouot qui s’approche, que nous recevions tous la Torah de manière joyeuse et profonde, qu’elle soit pour nous une Torah de vie, non pas une Torah envers laquelle nous marquons notre déférence et que nous cachons pour qu’elle n’ait pas d’incidence sur notre existence quotidienne, mais, bien au contraire, une Torah qui dirige notre vie et celle de chacun.
Avec ma bénédiction de joyeuse fête,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Voir la lettre n°475. (2) Du précédent Rabbi. (3) En anglais.
Lettre n°487
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°487, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Sivan 5709,
Au Rav et ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu les épreuves(2) du fascicule qui sera édité à l’occasion de la fête de Chavouot. L’impression et la reliure en seront achevés dans un jour ou deux. Je vous adresse donc ces épreuves afin que vous en disposiez pour la fête.
Conformément à votre demande, je vous joins les propos qui ont été tenus(3) au dernier jour de Pessa’h. Vous les mettrez à la disposition du plus grand nombre.
Les propos de mon beau-père, le Rabbi Chlita, sur ce que vous devez faire pour diffuser la Torah et les Mitsvot, à l’occasion de vos voyages, sont sûrement gravés dans votre esprit et votre coeur, de sorte que vous leur trouviez toujours une application concrète.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et en saluant tous les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Il est sans doute inutile de vous souligner l’importance du Maamad(4).
Notes
(1) Le Rav Chneor Zalman Gour Aryé. (2) Prêtes pour l’impression. (3) Par le précédent Rabbi. (4) Voir la lettre n°375.
Lettre n°488
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°488, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de préparation à
la fête de Chavouot 5709,
Au distingué ‘Hassid, le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et je vous adresse, avec la présente, le fascicule paru pour la fête de Chavouot, qui s’approche. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.
Pour évoquer le contenu de ce fascicule, je rappellerai l’affirmation de nos Sages, au traité Baba Batra 147a: Lorsque la fête de Chavouot est claire (sans nuage), plantez du blé. Mar Zoutra dit: Lorsque Chavouot est obscur (nuageux), plantez du blé. Et, la Guemara conclut: Si la fête n’est ni claire ni obscure ou même si elle est nuageuse, mais que souffle un vent du nord, le jour doit être considéré comme clair et les plantations seront donc fructueuses) . De nombreuses questions se posent à ce propos, que soulève le Talmud, à cette référence.
On peut sans doute comprendre cette affirmation en soulignant que le blé est l’aliment des hommes, selon le traité Pessa’him 3b, duquel les discours commentant le compte de l’Omer et Chavouot, dans le Likouteï Torah, donnent une interprétation d’après la ‘Hassidout.
Il est dit que l’homme naît comme un ânon sauvage. Le mauvais penchant et l’âme animale prennent tout d’abord possession de son corps. Puis, à l’aube de sa quatorzième année, accédant à la Bar Mitsva, il doit rechercher le ‘Hamets. Dieu, Qui désire faire le bien, lui en apporte les forces spirituelles. C’est ainsi que le Roi, Roi des rois, se révéla à eux(2).
Par la suite, il faut compter l’Omer. Cette offrande est faite d’orge, aliment des animaux. Mais, la finalité est bien d’assumer sa condition d’homme, créé à l’image de Dieu. On y parvient par la Torah, ainsi qu’il est dit: Voici la Torah de l’homme. C’est alors la fête de Chavouot, à l’issue du compte de l’Omer.
La Torah présente deux aspects opposés. D’une part, elle est révélée à l’initiative de Dieu et transcende tout effort des hommes. Il est dit que Dieu descendit(3) et l’Essence de Dieu, qu’aucun acte des hommes ne peut révéler, se dévoila. Bien plus, la Torah élève la matière par une révélation céleste. Parallèlement, elle s’applique ici-bas et cherche à transformer la matière du monde. C’est pour cette raison qu’elle fut donnée à ceux qui ont un mauvais penchant et qui descendirent en Egypte, selon le traité Chabbat 88b. Tout cela est longuement expliqué dans le fascicule que vous trouverez ci-joint.
Tels sont les enseignements pouvant être tirés de ce passage du traité Baba Batra, qui sont énoncés dans un ordre précis. En effet, Chavouot est lié à la plantation du blé, dont il détermine la qualité pour toute l’année.
Ce même passage donne ensuite l’explication suivante. Il envisage d’abord que la fête de Chavouot soit claire, car la Torah est bien une révélation céleste, à la différence de la prière(4). Rachi l’établit encore plus précisément, faisant référence au verset comme la pureté des cieux, qui exprime la clarté directe de la Torah révélée d’en haut. Le Torah Or Michpatim, commentant ce verset, explique tout cela.
Puis, sont cités les propos de Mar Zoutra. Nos Sages qualifient de petite chose les dialogues d’Abayé et Rava, composés de nombreuses questions et réponses, comme le souligne le Rachbam, commentant le traité Baba Batra 134a. En l’occurrence, Mar Zoutra affirme qu’il faut poursuivre l’effort, même si le jour est nuageux, c'est-à-dire si le bien et le mal s’entremêlent, empêchant la révélation de l’Eternel Dieu (qui) est le soleil et son fourreau.
Puis, interviennent les Sages de Néhardea, qui siégeaient près du fleuve Malka, selon le traité Kiddouchin 70b, faisant ainsi allusion au Roi du monde(5). Le traité Meguila 29a affirme que la Présence divine les accompagna à Babel, à Néhardea et le traité Bera’hot 58b y fait allusion, lorsqu’il dit: Les chemins du ciel sont comme ceux de Néhardea.
Les Sages de Néhardea citent Rabbi Yaakov, qui introduit la lettre Youd, caractéristique de l’Attribut de découverte intellectuelle, ‘Ho’hma, dans Ekev, le talon(6). Selon lui, le jour doit finalement être clair, mais, s’il est encore sombre, on commencera l’effort, pour le service de Dieu, même là où le bien et le mal sont encore enchevêtrés. Mais, le vent du nord souffle, apportant une révélation céleste particulièrement élevée, sur laquelle le monde repose et qui est permanente, selon le traité Baba Batra 25a.
Cette révélation apparaît essentiellement au milieu de la nuit. Elle est alors perceptible telle qu’elle est, selon le traité Bera’hot 3b. C’est le sens du verset Il les poursuivit pendant la nuit et c’est pour cela que le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, se révéla au milieu de la nuit(7).
Cette révélation peut donc dissiper les nuages. Dès lors, le jour est clair et la moisson du blé est fructueuse, pour toute l’année. Tout ceci pourrait être développé, mais ce n’est pas ici l’occasion de le faire.
En vous souhaitant de recevoir la Torah joyeusement et profondément,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à de nombreuses personnes. Voir la note (1) de la lettre n°481. (2) En Egypte, pour les libérer. (3) Sur le mont Sinaï. (4) Qui, émanant de hommes, s’élève vers le ciel. (5) Malka signifie le roi, en araméen. (6) Yaakov se décompose, en effet, en Youd Ekev. (7) Pour frapper les premiers nés et sauver Israël.
Lettre n°490
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°490, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Chavouot 5709,
Au distingué ‘Hassid, le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et je vous adresse le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, qui vient d’être relié. Vous le mettrez, à tout moment, à la disposition du plus grand nombre. Il y est, en effet, expliqué que la Torah ne subit pas la limite du temps.
Je conclurai en évoquant un point de la Torah qui est d’actualité.
Nos Sages enseignent, au traité Baba Batra 147a, que A’hitofel exprima ses trois dernières volontés à ses enfants: Ne vous disputez pas, ne vous révoltez pas contre la royauté de David et, lorsque le jour de Chavouot est clair, plantez du blé(2).
On peut, à ce sujet, poser quelques questions. En particulier, n’est-il pas inutile de leur demander de ne pas se révolter contre la royauté de David, puisqu’il est déjà dit qu’ils ne doivent pas se disputer?
Le testament d’un homme, en particulier d’un grand homme, dont les propos sont comparés par le verset aux paroles de Dieu, délivre, à n’en pas douter, des enseignements essentiels et de portée général, dans lesquels se reflètent ses idées. Or, quel est le point commun entre ces trois enseignements? Et que signifie le jour de Chavouot qui est clair?
Très brièvement, on peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Les plus hautes qualités morales auxquelles l’homme peut aspirer sont au nombre de trois et sont définies par la Michna: Il est trois couronnes, celle de la Torah, celle de la prêtrise et celle de la royauté.
Il semble que le moyen de les obtenir est double, soit que la crainte de la faute et la soumission l’emportent sur l’intelligence et la raison, soit l’inverse. A’hitofel, tout au long de sa vie, opta pour la seconde hypothèse, selon les Tossafot, au traité ‘Haguiga 15b. Le Rachbam, au traité Baba Batra, à la référence précédemment citée, souligne que ce choix ne lui réussit pas. C’est pour cela qu’il mit en garde ses enfants, à ce propos. Et cet enseignement est transmis par le Talmud, car il constitue un enseignement éternel, pour chaque époque, pour chaque lieu et pour chacun.
A) Ne vous disputez pas. La Michna précise qu’à l’origine de chaque controverse étrangère au service de Dieu, figure celle de Kora’h et de ceux qui le suivirent, qui contestèrent la couronne de la prêtrise. Or, le raisonnement de Kora’h était parfaitement logique, comme le soulignent nos Sages.
B) Ne vous révoltez pas contre la royauté de David, qui dressa le joug de la Torah et celui de la Techouva. David évoque la couronne de la royauté. D’après la logique, si Chaoul perdit la royauté parce qu’il commit une faute, combien plus devait-il en être de même pour David, qui en commit deux.
C) Le blé est l’aliment de l’homme, doué de sagesse et de discernement. Et l’arbre de la connaissance du bien et du mal était un épi de blé. L’enfant ne peut appeler son père avant de l’avoir goûté, comme le souligne le traité Bera’hot 40a. L’arbre de la connaissance du bien et du mal évoque l’intelligence et la compréhension.
A’hitofel dit à ses enfants que, pour connaître la réussite dans la culture du blé, pour que celui-ci soit bon, tout dépendait de la fête de Chavouot. Et, de fait, qu’apporta ce jour, puisque, auparavant déjà, on étudiait la Torah? Nos Sages racontent, au traité Yoma 28b, que nos ancêtres ne cessèrent jamais d’étudier la Torah et ils parlent de la Yechiva de Chem et d’Ever.
En fait, lors du don de la Torah, le fait nouveau qui se révéla fut le suivant. Tous les enfants d’Israël dirent alors: Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons. Dès lors, leur soumission fut parfaite, comme l’explique ce fascicule. Et Dieu commença Ses propos(3) par le mot Ano’hi, Je, constitué des initiales d’une phrase signifiant Moi, Mon esprit, Je l’ai transcris et transmis, selon le traité Chabbat 105a. L’Essence de Dieu s’exprima dans la sagesse de la Torah. C’est la couronne de la Torah.
Tel est le point commun entre les trois enseignements délivrés par A’hitofel, basés sur les trois formes de plénitude, celle de la Torah, celle de la prêtrise et celle de la royauté. Tous trois expriment la soumission qui transcende toute compréhension.
Ceci évoque également la Michna du traité Avot 4, 13, qui définit ces trois couronnes et conclut: La couronne du bon renom les surpasse, condition essentielle pour disposer des trois couronnes précédemment définies. Nous ne développerons pas plus ce sujet.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et profondément,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut envoyée à plusieurs personnes. Voir la note (1) de la lettre n°481. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°479. (3) Les dix Commandements.
Lettre n°491
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°491, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Chavouot 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.Hacohen, appelé Avraham de Kalisk,
Je vous salue et vous bénis,
C’est avec plaisir que je vous adresse le fascicule édité par mon beau-père, le Rabbi Chlita, à l’occasion de la fête de Chavouot. Il vient d’être relié, de même que l’histoire complète de Chavouot. J’espère que vous en ferez usage pour le bien de tous et le mérite public en dépend.
Nous allons recevoir la Torah, dont un grand principe est tu aimeras ton prochain comme toi-même et l’un de ses enseignements, tu lui viendras en aide. Jusqu’à quand en sera-t-il donc ainsi? Ou bien je dois venir vous prêter main forte dans vos affaires ou bien il est temps, grand temps, que vous apportiez enfin votre collaboration au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, en y travaillant avec moi!
A quoi bon retarder et repousser encore d’une semaine, encore d’un mois?
Mon Dieu, Rabbi Avraham, quand vais-je commencer à penser à ce qui est réellement bon pour moi? Et quand en ferez-vous de même?
Ayez une joyeuse fête et que s’accomplissent toutes les bénédictions que vous a accordées le Rabbi Chlita.
Rav Mena’hem Schneerson,
Lettre n°492
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°492, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Chavouot 5709,
Je
vous salue et vous bénis,
Je vous adresse, par la présente, le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, qui vient d’être relié. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux.
Nos Sages expliquent, dans le Midrach Devarim Rabba 87, 8, que, si un seul Juif avait manqué, même le plus humble, Dieu n’aurait pu se révéler, lors du don de la Torah. Vous consulterez ce passage du Midrach et le discours ‘hassidique du fascicule précédent.
Bien plus, qui d’entre nous peut prétendre être dans le secret de Dieu et savoir lire ce que son prochain a dans le coeur, la grandeur de son âme et de son esprit, dans sa source première, en le Dieu de vie?
Celui Qui nous donne la Torah de vie nous permettra de la recevoir avec joie et profondeur.
Je vous salue et vous souhaite tout le bien,
Lettre n°493
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°493, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Sivan 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.Rabinson(1),
Je vous salue et vous bénis,
Conformément à notre conversation téléphonique d’hier, nous avons, à votre demande, bloqué l’encaissement du chèque(2).
Nous avions promis à l’imprimeur qu’il serait payé avant Chavouot et nous négocions maintenant avec lui pour obtenir un délai supplémentaire. Je m’en remets, pour cela, à votre promesse de me donner une bonne nouvelle dans les dix jours qui viennent. Je suis convaincu qu’avec l’aide de Dieu, vous tiendrez parole, afin que notre oeuvre ne soit pas interrompue, ce qu’à Dieu ne plaise.
Il est inutile de vous rappeler les propos de nos Sages, au traité Taanit 9a: Prélever, tu prélèveras la dîme(3): Prélève-la pour t’enrichir(4). Ainsi, lorsqu’un Juif donne de la Tsédaka, il forge le conduit et le réceptacle de sa subsistance matérielle.
Vous pouvez vous apercevoir, surtout ces derniers temps, que mon beau-père, le Rabbi Chlita, vous conduit vers l’opulence matérielle. Bien plus, il vous offre les réceptacles permettant de la véhiculer, en l’occurrence la Tsédaka, selon l’enseignement de nos Sages précédemment rappelé.
Je suis, en conséquence, très étonné que vous retardiez toutes ces bonnes choses. Vous êtes un commerçant et vous savez ce qu’est une bonne affaire. Je n’ai donc pas besoin d’en dire plus.
J’espère que vous êtes en bonne santé, avec tous les vôtres. Puisse Dieu vous accorder le mérite d’assister à la réalisation des bénédictions du Rabbi Chlita.
Je vous salue et vous souhaite tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5),
Notes
(1) Le Rav Yossef Rabinson, de Chicago. Voir la lettre n°484. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°484 et la lettre suivante. (3) Comment comprendre cette répétition? (4) Asser, prélever la dîme, est de la même étymologie que Acher, s’enrichir. (5) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°494
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°494, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre première lettre, il y a quelques temps et celle du 12 Sivan vient de me parvenir. Vous avez vous-même sans doute reçu ma réponse de la veille de Chavouot, à laquelle était joint le fascicule édité pour cette fête, que vous avez sûrement mis à la disposition du plus grand nombre.
J’espère aussi que vous vous engagerez dans l’action communautaire(2), en particulier pour ce qui concerne le Maamad(3) et l’instauration de cours publics de Torah. Vous commencerez et poursuivrez fructueusement ce que vous avez conclu à Paris.
Concernant votre installation dans un lieu nouveau, vous tirerez l’enseignement de ce que m’a dit, il y a quelques temps, mon beau-père, le Rabbi Chlita: Après notre mariage, lorsque l’on a construit, pour nous, quelques pièces (dans la maison familiale, à Loubavitch), nous y avons avant tout fait venir une classe de petits garçons, qui y ont étudié la Torah.
En d’autres termes, c’est par la Torah et les Mitsvot que l’on peut obtenir la bénédiction. On sait qu’elles sont comparées non seulement à des réceptacles, mais aussi aux membres du corps, qui reçoivent la lumière et la vitalité spirituelle. Vous consulterez, à ce propos, le discours ‘hassidique de Chavouot au paragraphe un et les références qui y sont indiquées.
De même, le réceptacle de la Torah et des Mitsvot passe également par la Torah et les Mitsvot.
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J’en viens à votre question. Vous me dites que vous avez perdu un jour avec votre voyage(4). Vous m’en demandez la raison et, en particulier, l’incidence que cela peut avoir sur le compte de l’Omer.
Les raisons en sont les suivantes:
A) La terre est ronde et non plate. Il en résulte que le soleil n’est pas aperçu, au même moment, dans tous les points du globe.
B) Le soleil se déplace de l’est vers l’ouest. Plus un point du globe est à l’est et plus le soleil s’y lèvera tôt, alors qu’il se lèvera plus tard, si l’on est à l’ouest. Nos Sages disent, au traité Roch Hachana 20b, et le Maor l’explique, que le soleil se levait, à Jérusalem, six heures plus tard qu’à Babel. Et le Zohar, tome 3, page 10a, distingue différentes zones de la terre, précisant que, lorsqu’il fait jour dans l’une, il fait nuit dans l’autre. Vous consulterez également le début du Chaar Hacollel.
C) En conséquence, si c’est, par exemple, à Jérusalem, le dimanche à midi, moment où le soleil se trouve au dessus des têtes, ce sera dimanche à dix huit heures, à Babel, qui se trouve à l’est de Jérusalem. A l’extrémité de la Sibérie, qui est à l’est de Babel, à la même distance qui sépare celle-ci de Jérusalem, il sera minuit, dans la nuit de dimanche à lundi.
A l’opposé, si l’on quitte Jérusalem par l’ouest, on parviendra en Amérique, distante de celle-ci à peu près comme Babel et là, il sera six heures du matin, lorsqu’à Jérusalem, il est midi. Si l’on poursuit sa route vers l’ouest, toujours d’une même distance, on parviendra en Sibérie, où il y aura six heures de moins.
Ainsi, en un même point du globe, selon que l’on y parvient par l’est ou par l’ouest, ce sera dimanche ou lundi.
Pour se libérer du doute, il faut déterminer l’endroit à partir duquel commence le compte des jours.
Or, là commence toute la difficulté. Les cieux et la terre sont ronds. Dans un globe, il n’y a pas de début et pas de fin. Dès lors, n’importe quel point du globe peut être celui où le compte commence.
Des grands de notre peuple ont discuté cette question, par exemple les responsa Bneï Tsion et le Yomam du Rav Tukatchinski. Trois avis sont énoncés sur le point où débutent les jours: A) 90° à l’est de Jérusalem. B) 145° à l’est de Jérusalem. C) 180° à l’est de Jérusalem.
L’Australie, d’après ces deux derniers avis, se trouve à l’est de Jérusalem, conformément au calendrier en usage chez le peuple de ce pays. C’est donc le compte que vous devez adopter, à l’avenir et c’est ce que font les Juifs qui résident là-bas. Peut-être même en est-il ainsi selon le premier avis puisque, pour lui, la ligne de changement de date passe par le milieu de l’Australie. Mais, il n’est nul besoin d’approfondir cette opinion, puisqu’elle n’émane que d’un seul Sage.
Tout ce qui vient d’être dit concerne uniquement le compte des jours de la semaine ou du mois. Le compte de l’Omer, en revanche, dépend seulement du temps qui s’écoule et n’est donc pas concerné par cette analyse.
La question qui se pose est donc la suivante. Si quelqu’un traverse, pendant la période de l’Omer, la limite du temps, à laquelle on perd ou on ajoute un jour et s’il se conforme à l’usage de sa contrée de destination, il comptera, selon les cas, quarante huit ou cinquante jours. Comment peut-il donc compter l’Omer et, en conséquence, célébrer Chavouot, qui dépend de ce compte et non d’une date dans le mois?
Je n’ai, pour l’heure, trouvé aucune source qui traite du problème posé par le compte de l’Omer. Les quelques points qui suivent sont donc uniquement donnés à titre d’indications:
A) Dans le compte de l’Omer, tous les quarante neuf jours sont liés, constituant, de différents points de vue, une suite et une même entité. En conséquence, celui qui compte un jour se prépare, de cette façon, à compter également les quarante huit jours qui suivent. Et l’obligation en repose sur chaque personne et non sur l’endroit.
Ainsi, celui qui compte un jour s’engage à en compter encore quarante huit et non quarante sept ou quarante neuf. Car, le verset dit bien sept semaines entières, pas plus et pas moins. Tout ceci, bien évidemment, ne s’applique pas à une date dans la semaine ou dans le mois.
B) A l’opposé, le compte de l’Omer est également lié aux jours du mois, par le fait que l’on devrait apporter l’offrande de l’Omer(5), si le Temple existait. Or, d’après la Hala’ha, c’est maintenant, par exemple, le 30 Nissan, là où vous vous trouvez et non le 29. Il faut donc compter le quinzième jour de l’Omer et non le quatorzième.
Il faut aussi envisager les deux comptes possibles, d’après l’homme ou d’après l’endroit. Faut-il privilégier l’homme et constater qu’en l’occurrence, il n’a pu compter que treize jours ou prendre comme critère les jours du mois?
Ou encore faut-il dire que le compte de l’Omer doit être le même pour tous les Juifs. Ou peut-être le compte peut-il être personnel, dans la mesure où il incombe à chacun. On peut penser qu’il suffit de dire ce jour est le quinzième de l’Omer, ce qui est effectivement le cas d’après le calendrier. Ou alors, ces quinze jours doivent-ils nécessairement avoir été mentionnés dans son compte personnel?
Les deux raisonnements étant envisageables, vous tiendrez les deux comptes à la fois et les direz donc sans bénédiction, surtout d’après l’avis des responsa Dvar Avraham, tome 1, chapitre 34, selon lesquels le compte de l’Omer doit être certain et ne peut nullement être fait au bénéfice du doute, bien que ce ne soit pas l’opinion du Maor, à la fin du traité Pessa’him, lequel développe une autre explication sur la raison pour laquelle on ne tient pas deux comptes, à cause du doute sur la fixation de la fête(6).
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Mais, tout ceci nous conduit à poser une autre question. Comment célébrerez-vous la fête de Chavouot? A mon humble avis, et bien que cette idée soit nouvelle, vous devez le faire au lendemain des Juifs d’Australie, conformément au premier avis, puisque Chavouot dépend seulement du compte de l’Omer. Ce jour sera, pour vous, le premier, au bénéfice du doute, et non en fonction de la coutume, selon ce premier avis.
Bien plus, le premier jour de la fête, pour eux, est également au bénéfice du doute, puisque la Hala’ha peut retenir le second avis. Il n’y a donc pas de certitude. Il vous faut donc compter quarante neuf jours. Le premier jour de la fête, vous mettrez les Tefilin, conformément au Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, au chapitre 31. Durant ces deux jours, vous ne monterez pas à la Torah.
Puis, j’ai pensé qu’il y a encore une troisième possibilité. Les deux définitions de l’Omer sont exactes et Chavouot doit donc être le cinquantième jour, selon le premier compte et selon le deuxième. En effet, ces raisonnements se valent et il faut donc retenir l’un et l’autre. Il y aura donc deux jours de Chavouot et ce qui fait son apparition le premier jour(7) est interdit le second. Pour dire la bénédiction de Chéhé’héyanou, il faudra prendre un fruit nouveau. Tous les avis en conviendront, en pareil cas, y compris ceux qui dispensent de le faire, le second soir de Roch Hachana.
D’après cet avis, le compte de l’Omer peut être dit avec une bénédiction, puisqu’il n’est pas fait au bénéfice du doute. Il est certain, en effet, que se sont écoulés quatorze jours d’après le premier compte, quinze d’après le second. Et, il est bien une Mitsva de tenir ces deux comptes à la fois.
Dans ce cas, une seule bénédiction suffit pour les deux comptes, qui ne sont bien qu’une seule et même Mitsva, au même titre que les Tefilin du bras et de la tête. Il semble que le compte le plus faible doit être fait le premier, comme on le dit à propos de Retsé et Yaalé Veyavo, lorsque la conclusion du jour de fête est un Chabbat(8). Si l’on est passé outre à cette disposition, on a tout de même accompli la Mitsva, dans la mesure où il s’agit de deux comptes indépendants l’un de l’autre.
On ne peut penser que l’on transgresse ainsi l’interdiction de constituer des groupes(9) qui est, selon certains, un Précepte de la Torah, comme l’indique le Sdeï ‘Hémed. Il n’y a pas là non plus de manquement à l’honneur dû à la fête. Car, tout cela est discret, sans ostentation. Cela diffère peu de la situation de quelqu’un d’Erets Israël qui quitte ce pays(10) ou de quelqu’un qui met les Tefilin pendant ‘Hol Hamoed(11).
On pourrait considérer que vous devriez respecter un troisième jour de fête. En effet, la Hala’ha retient peut être le premier avis et le second jour de fête, pour vous, est le lendemain de la fête, pour les Juifs d’Australie.
Mais, ce n’est pas le cas et l’on peut l’établir simplement. Le second jour de Yom Tov, pour nous qui savons déterminer le cycle lunaire, n’est pas fixé au bénéfice du doute, mais a pour but de ne pas modifier la coutume de nos ancêtres. Or, si nos ancêtres avaient vécu en Australie, ils n’auraient eux-mêmes respecté que deux jours de fête. Vous n’avez donc pas l’obligation d’en ajouter un troisième.
Le Tour Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 624 et d’autres textes bâtissent le même raisonnement pour celui qui désire jeûner, à Yom Kippour, pendant quarante huit heures(12).
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On peut penser que ces doutes et ces précautions concernent aussi celui qui traverse la ligne de changement de date pendant ‘Hol Hamoéd Pessa’h ou Soukkot et doit célébrer Chevii Chel Pessa’h ou Chemini Atséret, lesquels dépendent également de la fixation du premier jour de Pessa’h ou de Soukkot et non de la date dans le mois.
Une distinction doit, cependant, être faite, pour ce qui concerne ces fêtes, car le verset énonce également leur date dans le mois, ainsi qu’il est dit (Chemot 12, 18): Jusqu’au vingt et un du mois, au soir. Bien plus, il n’est pas question de semaines entières à propos de Pessa’h et de Soukkot. Aussi, si l’on se trouve dans un endroit où est célébré Chevii Chel Pessa’h ou Chemini Atséret, on n’a pas à se préoccuper du fait que l’on a ajouté ou retranché un jour, tout comme on ne le fait pas, d’un Chabbat à l’autre.
Tout cela doit encore être approfondi.
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Un point doit également être souligné. Les explications qui viennent d’être données, conduisant à ajouter ou à supprimer un jour, lorsque l’on traverse la ligne du changement de date, d’après les différents avis et que l’on doit célébrer le Chabbat ou la fête, en fonction des jours du mois, ne s’appliquent qu’en un endroit habité. En revanche, cette analyse ne concerne pas ceux qui se trouvent dans un bateau, lorsqu’ils traversent cette ligne. Après l’avoir fait et jusqu’à leur arrivée, ils doivent, au bénéfice du doute, respecter les deux jours.
De même, il faut encore préciser le statut de ceux qui résident en Alaska, puisque la ligne de changement de date passe par le milieu de cette région. Or, il est difficile d’imaginer que, dans une même rue, ce soit Chabbat d’un côté et dimanche de l’autre. Ce serait inconcevable. Vous consulterez, à ce propos, le traité Erouvin 76a.
Ma réponse a été retardée jusqu’à maintenant du fait de mes nombreuses activités. Les fascicules et les publications que vous avez commandés vous seront envoyés et l’on vous dira également ce qu’il vous en coûtera et la manière de vous acquitter de ce paiement. Vous vous chargerez sûrement de diffuser ces livres dans votre pays, où pratiquement rien n’a été fait, dans ce domaine.
Vous m’interrogez sur le passage suivant du début du chapitre 5 du Tanya: L’intellect saisit et le concept est saisi. N’y a-t-il pas là une répétition et qu’en déduire?
Je ne connais pas, pour l’heure, de discours ‘hassidique expliquant cela. A mon humble avis, on peut, cependant, avancer les explications suivantes:
A) Même si cette précision n’apporte rien de plus, le Tanya l’énonce clairement afin de souligner la conclusion, l’unité parfaite créée entre l’homme et Dieu grâce à l’étude de la Torah.
B) De plus, formuler pareille affirmation à propos de l’étude de la Torah est véritablement une idée nouvelle. En effet, même celui dont l’étude n’est pas consacrée au Nom de Dieu, même celui qui est désigné par le verset Dieu dit à l’impie: pourquoi étudies-tu Mes Lois et pour lequel la Torah est un poison mortel, peut, malgré tout cela, saisir, par son intellect et obtenir que le concept soit saisi, au point de le confondre à sa chair et à son sang. Vous consulterez, à ce propos, les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 3, paragraphe 4.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en saluant les vôtres, en particulier monsieur Feiglin et les membres de sa famille.
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(13),
Notes
(1) Le Rav Betsalel Wilshanski, qui quitta Paris en Iyar 5709 pour s’installer en Australie. Voir la lettre n°437. (2) En Australie. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°375. (4) En parcourant les fuseaux horaires, de la France vers l’Australie. (5) Une mesure d’orge. (6) La véritable fête de Pessa’h peut être le premier ou le second jour. Le compte de l’Omer pourrait donc commencer le second ou le troisième jour et cette incertitude, peut demeurer pendant toute la période. (7) Par exemple un oeuf pondu en ce jour. (8) Lorsque l’on commence un repas le vendredi, jour de fête et qu’on le termine pendant le Chabbat, on dit, dans la bénédiction après le repas, d’abord Retsé, paragraphe rajouté pour le Chabbat, puis Yaalé Veyavo, paragraphe rajouté pour la fête. (9) Chacun fêtant Chavouot selon son propre compte, remettant ainsi en cause l’unité de la communauté. (10) Pour une fête dont il ne célèbre qu’un jour, alors que les autres Juifs en font deux. (11) Et se trouvent dans une communauté où on ne les met pas. (12) Au bénéfice du doute, comme pour toutes les autres fêtes. (13) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°495
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°495, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[19 Sivan 5709(1)]
Vous m’interrogez sur le Migdal Oz, commentant le Michné Torah, lois de l’idolâtrie, début du second chapitre, qui dit que le Rambam n’a pas lu les livres de Myrrus. Or, on peut déduire le contraire du Guide des égarés, tome 3, chapitres 29 et 30 et de sa lettre aux Sages de Marseille(2).
Je suis également de votre avis. Certes, à ces références, on pourrait penser que le Rambam a simplement eu connaissance de ce que disent les livres de l’idolâtrie. C’est ce que dit que le Megalé Amoukot, mais la fin du chapitre 49, à la même référence, permet d’établir que ce n’est pas le cas. Vous consulterez également l’introduction des huit chapitres(3).
Je suis surpris par l’affirmation du Megalé Amoukot, d’autant qu’il cite le tome 3 du Guide des égarés dans son commentaire des lois des fondements de la Torah 1, 10. En fait, le Guide des égarés, ayant été traduit de l’arabe, n’a peut-être pas une formulation très précise, dans ce domaine, d’après le Megalé Amoukot, selon lequel le Rambam a uniquement eu connaissance du contenu de ces livres sans les consulter lui-même. Et, peut-être le Megalé Amoukot n’a-t-il jamais vu cette lettre(4).
De plus, on peut réellement s’interroger sur le Rambam lui-même. Pourquoi ne dit-il pas qu’il est permis de consulter ces livres pour les comprendre et enseigner la Loi en conséquence, ou même pour agir? Ce n’est pas ce qu’il explique, en effet, dans ses lois de l’idolâtrie, 3, 2, dans ses lois du Sanhédrin, début du second chapitre.
De plus, j’ai vu que le Min’hat ‘Hinou’h pose cette question, à la Mitsva 511, sans y répondre.
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Vous m’interrogez également sur ce que dit le Tanya à propos des sciences profanes.
Le terme Oved Guiloulim, idolâtre, ne figurait pas dans sa première édition. Il s’agit d’un ajout tardif, par crainte de la censure. Dans certaines éditions, par exemple celle de Lemberg en 5616(5), il est question des autres sciences. Dans d’autres, comme celle de Vilna en 5632(6), on ne s’est pas contenté de cela et l’on a ajouté, dans la marge: On en fait usage pour des objets insensés et des recherches hérétiques.
On s’introduit dans la force du mal qui peut encore recevoir l’élévation et l’on se rend impur sauf...(7). C’est la raison pour laquelle le Rambam, le Ramban et d’autres encore les étudièrent.
Dans votre lettre, vous vous demandez ce qu’il en est des sciences de l’idolâtrie. Celles-ci émanent des trois forces du mal totalement impures et les étudier contrevient donc au verset ne vous tournez pas vers les idoles. Néanmoins, on peut penser qu’elles sont également liées à la force du mal qui peut recevoir l’élévation. Ainsi, il est permis de les étudier pour les comprendre et pour enseigner la Loi en conséquence. C’est bien ce que fit le Rambam.
Les sciences de l’idolâtrie sont donc également concernées par l’affirmation du Tanya, précédemment citée. Il me semble que c’est bien ce que vous vouliez dire, dans la lettre que vous m’avez adressée.
Mais, à mon humble avis, cette explication n’est pas acceptable. Car, de deux choses l’une, ou bien l’on étudie les sciences idolâtres sans intention d’enseigner la Loi et l’on rend alors impures les forces intellectuelles de son esprit, d’une impureté qui émane des trois forces du mal totalement impures, au même titre que par tous les autres Interdits de la Torah, ou bien on les étudie pour les comprendre et pour enseigner la Loi en conséquence et l’on adopte alors un comportement qui émane de la sainteté, beaucoup plus que la plaisanterie(8) dont parle le chapitre 7 du Tanya, laquelle n’a d’autre but que de créer une atmosphère favorable, alors que l’étude dont il est ici question introduit celle de la Torah et en est partie intégrante(9).
L’analyse de votre lettre s’applique, en revanche, aux aliments interdits, qui émanent des trois forces du mal totalement impures. Malgré cela, si on les consomme dans un cas de danger, lorsque nos Sages l’autorisent, ils deviennent totalement permis. Vous consulterez Igueret Hakodech, au chapitre 26. Et, celui qui n’a pas le service de Dieu pour motivation est lié à la force du mal qui peut encore recevoir l’élévation, selon ce même chapitre 7.
Comment est-il envisageable d’apporter l’élévation aux sciences de l’idolâtrie, qui émanent des trois forces du mal totalement impures et de les réintégrer au domaine de la sainteté? Ceci peut être comparé aux fautes intentionnellement commises, qui, par elles-mêmes, se transforment en bienfaits(10), comme le dit ce chapitre 7. Notre situation est comparable, puisque c’est ainsi(11) que l’on peut déterminer l’avis de la Torah.
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Puisque j’évoque les propos de nos Sages cités ici par le Tanya, justifiant l’attitude du Rambam(12), je rappellerai également une forte question qui se trouve ainsi soulevée. C’est la suivante.
L’intention de l’Admour Hazaken est ici d’expliquer comment le Rambam et les autres Justes étudièrent ces sciences. Il montre donc qu’ils surent en faire usage pour la Torah et les Mitsvot.
Or, pourquoi fit-il le choix précisément de l’exemple du Rambam? La Torah ne demande-t-elle pas au médecin de guérir? Et le traité Chabbat 75a ne dit-il pas qu’il est une Mitsva de calculer les saisons et le cycle astral? La fin du premier chapitre du traité Sanhédrin interdit à un érudit de résider dans une ville où il n’y a pas de médecin. Le début du cinquième chapitre du traité Chekalim parle de Ben A’hya, qui était chargé de guérir les affections intestinales. Et le traité Horayot 10a décrit les activités de Rabbi Yochoua Ben ‘Hananya, le traité ‘Houlin 57b, celles de Rabbi Chimeon Ben ‘Halfata. Et, l’on pourrait multiplier les références.
A mon humble avis, on peut répondre à cette question en constatant qu’il est plusieurs manières d’étudier et de connaître les sciences des nations. Nous les énoncerons par ordre décroissant:
A) Il est d’abord possible de connaître ces sciences à travers la Torah, comme l’érudit qui, consultant un plan, acquiert une bonne connaissance d’un édifice. De même, le Midrach Béréchit Rabba indique que la Torah est le plan à partir duquel le monde fut bâti. Le traité Be’horot 8a raconte que Rabbi Yochoua Ben ‘Hananya déduisit d’un verset de la Torah le temps de la gestation d’un serpent. Le Midrach Tehilim 19 explique que Chmouel et Rabbi Hochaya, par leurs efforts dans l’étude de la Torah, purent comprendre tout ce qui se trouve dans le ciel.
Bien évidemment, tout ce qui est mentionné par la Loi Ecrite et la Loi Orale est partie intégrante de la Torah, qui est la Sagesse de Dieu. Et l’on connaît l’explication du Rambam, au huitième principe de son commentaire de la Michna, au traité Sanhédrin, selon laquelle aucune différence ne peut être faite entre les versets les fils de ‘Ham étaient Kouch et Mitsraïm et Je suis l’Eternel ton Dieu.
B) On peut aussi étudier ces sciences parce que la Torah nous demande, de façon directe, de le faire. Ainsi, selon le Rambam, lois de la sanctification du mois, 1, 7, le tribunal reçoit l’injonction d’établir le calcul(13). Pour y parvenir, il doit connaître les voies de l’idolâtrie et de la sorcellerie. On permit, par exemple, à la maison de Rabban Gamliel d’étudier le grec pour les besoins publics, selon les Tossafot, sur le traité Mena’hot 64b et le Kountrass A’haron sur les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, 3.
Une telle étude n’est pas celle de la Torah. Elle n’en est pas moins une Mitsva, y compris avant d’avoir été utilisée pour calculer le nouveau mois, au même titre que toutes les autres Mitsvot de la Torah et des Sages.
C) On peut envisager une telle étude quand il est nécessaire de penser à une idée, dans un endroit où l’on ne peut se concentrer sur les paroles de la Torah et où l’on doit, par exemple, faire ses comptes, comme le disent les derniers Sages, dans le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 85.
C’est également à cela que le Midrach Devarim Rabba 8, 6, fait allusion, quand il rapporte que l’on demanda à Chmouel: N’es-tu pas astrologue?. Celui-ci répondit alors: J’en ai acquis la connaissance seulement lorsque je me trouvais dans un lieu d’aisance. Il y a, là encore, une Mitsva, mais sous une troisième forme.
D) Lorsque l’on désire étudier la Torah ou accomplir une Mitsva, mais qu’on ne peut le faire, par manque de connaissances de ces sciences, on peut être conduit à combler le manque. Ainsi, le traité Sanhédrin 5b rapporte que Rav passa dix huit mois auprès d’un berger pour apprendre à distinguer, chez l’animal, les lésions définitives des lésions passagères.
Une telle étude ne fait pas partie de la Torah et n’est pas une Mitsva. Elle sert uniquement à en préparer la compréhension et l’application. Peut-être l’étude, par le tribunal, des sciences de l’idolâtrie et de la sorcellerie peut-elle être rangée dans cette catégorie.
E) Il peut être nécessaire, jusqu’à une certaine mesure, de savoir comment réaliser des affaires, afin de subvenir à ses besoins, comme le dit le Tséma’h Tsédek, dans le Dére’h Mitsvoté’ha, à la page 104b. On peut aussi faire de ces sciences elles-mêmes un moyen de servir Dieu. Il s’agit alors d’une préparation à un acte permis.
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La Torah et les paroles de nos Sages mentionnent de nombreux Juifs qui étudièrent les sciences des nations. Chacun d’entre eux appartenait à l’une des catégories qui viennent d’être définies. Et, il n’est même pas nécessaire de se demander comment ils purent le faire, puis de les ranger dans l’une d’elles, tant cela est une évidence, d’après la Torah, les propos de nos Sages ou la pratique quotidienne.
Pourquoi l’Admour Hazaken s’interroge-t-il précisément sur les études du Rambam? Celui-ci raconte lui-même qu’il apprit les sciences profanes et il n’appartient donc pas à la première catégorie. Et, la question n’est pas tant le fait qu’il consulta les livres de l’idolâtrie, comme le dit le Guide des égarés, ou ceux des astronomes grecs, comme il le rapporte dans les Lois de la sanctification du mois, à la fin du chapitre 17, afin d’expliquer les Mitsvot liées à cette sanctification, ce qui le range dans la seconde catégorie, précédemment définie.
En fait, la difficulté porte surtout sur les autres disciplines qu’il étudia, comme la médecine ou les livres de Galien. On ne peut considérer qu’il le fit pour assurer sa subsistance puisque, à l’époque, celle-ci était déjà assurée par son frère, qui subvenait à ses besoins et à ceux de sa famille, comme l’établissent les lettres du Rambam.
De même, le Ramban était versé dans de nombreuses sciences, y compris celles qu’il n’utilisait pas pour gagner sa vie.
C’est pour répondre à cette question que peut être définie une sixième catégorie.
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F) Il est possible d’étudier les sciences profanes avant même d’avoir constaté que le fait de ne pas les connaître empêche de comprendre la Torah, à condition de savoir les utiliser, par la suite, pour le service de Dieu ou Sa Torah.
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre la formulation de la Torah, telle est la raison(14), au singulier, bien que deux justifications de cette étude aient été auparavant mentionnées. En effet, le Rambam, au moment précis de cette étude, n’avait bien qu’une seule motivation, même si, par la suite, sa situation fut modifiée et, après la mort de son frère, il dut faire usage de sa connaissance des sciences profanes pour assurer sa subsistance(15).
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On peut également expliquer le fait que le Rambam et le Ramban aient été cités d’après le Séfer Haguilgoulim, trente sixième introduction et le Chem Haguedolim, du ‘Hida, selon lesquels l’un et l’autre n’eurent pas le mérite d’avoir accès à la Kabbala(16), en tout cas pas avant la fin de leur vie. Or, le lien entre la description de l’enchaînement des mondes que fait la Kabbala et la connaissance de la Kabballa pratique avec les sciences de la nature est bien évidente.
Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Alter Hilevitch. Voir la lettre n°553. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°516. (3) Du Rambam. (4) Aux Sages de Marseille. (5) 1856. (6) 1872. (7) Si l’on est capable d’apporter l’élévation à ces sciences profanes, ce que peuvent faire les Justes. (8) Précédant l’étude et détendant l’atmosphère pour que celle-ci soit fructueuse. (9) Puisqu’elle permet de déterminer la position de la Torah face à l’idolâtrie. (10) Grâce à la Techouva. (11) En étudiant les sciences profanes. (12) Qui étudia les sciences profanes. (13) Des mois et des années. (14) Pour laquelle le Rambam et le Ramban étudièrent les sciences profanes. (15) Le Rabbi note en bas de page: Dans la lettre du Rambam, qui est reproduite dans le Peer Hador, chapitre 41, il est dit que des femmes étrangères ont été prises et Dieu sait qu’a priori, elles étaient uniquement destinées à apporter des parfums. Malgré cela, le temps consacré à l’épouse légitime s’en trouva bien diminué. Cette formulation confirme ce qui a été dit dans le corps du texte. Peut-être est-ce également pour cela que le Rambam est nommément cité dans le Tanya. En effet, il indiqua clairement pourquoi il étudiait ces sciences profanes et ce qu’il dit permet d’établir un principe s’appliquant également aux autres Sages. Il faut, en outre, analyser les écrits du Ramban et vérifier ce qu’il dit, à propos du Rambam. S’il mentionne ce qui a été dit auparavant, on peut comprendre qu’il ait été cité dans le Tanya. (16) Voir, à ce propos, la lettre n°551.
Lettre n°496
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°496, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tamouz 5709,
A mon proche parent, le distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.(1) et les membres de sa famille,
Je vous salue et vous bénis,
Je ne sais pas exactement quand vous êtes arrivé dans l’endroit où vous venez de vous établir(2), mais une bénédiction est toujours appropriée. Je vous adresse donc la mienne, pour que vous vous installiez, de manière paisible, convenable et positive, matériellement et spirituellement.
Puissiez vous, toujours et tous les jours, nous adresser uniquement de bonnes nouvelles.
Vous connaissez sans doute la causerie de mon beau-père, le Rabbi Chlita, expliquant l’affirmation de nos Sages selon laquelle on adopte les comportements rigoristes de l’endroit dans lequel on parvient. Celle-ci explique que l’on doit apporter l’élévation à l’aspect le plus grossier(3) du lieu où l’on s’installe.
Vous voudrez bien transmettre mes voeux de bonne installation et, bien évidemment, mon salut, à votre beau-frère, le Rav C.B. T.(4) et aux membres de sa famille.
En vous souhaitant tout le bien et en vous saluant,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Isser Klubgant. Voir la lettre n°301. (2) L’Australie. (3) Houmrot, les comportements rigoristes, est de la même étymologie que ‘Houmriout, l’aspect grossier. (4) Le Rav Chmouel Betsalel Althuis.
Lettre n°497
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°497, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tamouz 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute reçu ma longue lettre(2). Vous voudrez bien me le confirmer.
Je voudrais, par la présente, vous adresser le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(3). Vous voudrez bien le mettre à la disposition du plus grand nombre.
De même, je vous adresse une lettre de Ma’hané Israël(4). Vous ferez sûrement tout ce qui est nécessaire, dans ce domaine, de la manière qui convient, pour tous les ‘Hassidim de votre ville.
Dernier point, qui est le plus important, vous trouverez ci-joint une lettre du comité du Maamad(5). Il est assurément inutile que je vous invite moi-même à agir, dans ce domaine. Néanmoins, nos Sages soulignent que l’on conseille l’empressement à ceux qui le possèdent déjà par nature. C’est pour cela que je vous engage à l’action, à ce propos.
Différents textes de la ‘Hassidout expliquent à quel point il est important que les Mitsvot soient accomplies de façon matérielle. Pour autant, il ne faut pas oublier que la finalité ultime est la spiritualité, comme le souligne le Likouteï Torah, au début de la Parchat Chemini.
Or, il en est de même pour la fonction que vous exercez(6). Au final, il s’agit que ceux qui vous entourent puissent accéder à la circoncision du coeur, comme l’explique Igueret Hakodech, au chapitre 4. Vous consulterez également la fin du discours ‘hassidique qui se trouve dans le fascicule ci-joint.
En saluant tous les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Vous voudrez bien transmettre la lettre ci-jointe(7) à mon parent, le Rav I.Klubgant. Je vous en remercie d’avance.
Notes
(1) Le Rav Betsalel Wilshanski. Voir la lettre n°437. (2) La lettre n°494. (3) Du 12 Tamouz. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°499. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°375. (6) La diffusion des enseignements du Rabbi et la collecte du Maamad. (7) La lettre précédente.
Lettre n°498
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°498, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tamouz 5709,
Au grand Rav, ‘Hassid distingué qui craint Dieu,
le Rav H.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 3, 6, 17 Iyar et de Roch ‘Hodech Sivan. J’y fais maintenant réponse:
A) Vous avez, depuis, sûrement reçu ma lettre, avec le fascicule pour la fête de Chavouot. Nous vous avons adressé les publications que vous avez commandées et vous nous confirmerez les avoir reçues. Nous avons joint, au même envoi, le Séfer Hanigounim pour monsieur Guechoury.
B) Vous ne manquerez pas de nous adresser, comme vous l’avez promis, l’article qu’il écrira sur ce Séfer Hanigounim.
C) Pour l’anniversaire d’un décès, on étudie, à n’importe quel moment de la nuit ou du jour, la Michna composant les lettres du nom du défunt. A l’opposé, on étudie le chapitre 24 du traité Kelim et le chapitre 7 du traité Mikvaot, après chacune des trois prières(2).
D) On dit Kadoch en se tenant débout, comme le précise le Higadti, à la page 9.
E) Qu’en est-il des commentaires du Tanya(3)?
F) Je vous joins le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération, afin de le mettre à la disposition du plus grand nombre et une lettre de Ma’hané Israël(4), pour laquelle vous ferez le nécessaire de la manière qui convient le mieux.
G) Je vous adresse un article sur la visite, qui a eut lieu ici, du grand Rabbin(5). Il me semble bon qu’il soit publié dans un périodique. De même, vous pourriez inviter le grand Rabbin à raconter publiquement sa visite ici et à parler des réalisations de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Je vous souhaite tout le bien et salue les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Vous trouverez ci-joint une lettre émanant du comité du Maamad(6). Mon empressement à vous l’adresser est sûrement inutile.
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°416. (2) Ces coutumes sont précisées dans le fascicule édité à l’occasion du 2 Nissan, comme le Rabbi l’indique à la lettre n°455. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°416. (4) Voir la lettre suivante. (5) D’Israël, le Rav Herzog. Voir, à ce propos, les lettres n°509 et 521. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°375.
Lettre n°499
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°499, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tamouz 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(2), une lettre de Ma’hané Israël et une autre du comité du Maamad. Vous vous efforcerez de les mettre, tous les trois, à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux.
Pour avancer une explication plaisante, on pourrait dire que ces trois documents correspondent aux trois domaines du service de Dieu. Le fascicule est celui de la Torah, la lettre de Ma’hané Israël introduit l’élévation qui permet l’attachement(4) et celle du comité du Maamad conduit aux bonnes actions, pour soi-même et pour les membres de sa famille.
Puisse Dieu faire que s’accomplisse très prochainement la conclusion du discours ‘hassidique que vous trouverez ci-joint, selon laquelle chacun peut libérer son âme grâce à ces trois domaines du service de Dieu. Alors, Je vous considérerai(5) et le Saint béni soit-Il nous élèvera vers la délivrance collective, avec la venue de notre juste Machia’h.
En saluant tous les vôtres,
M. Schneerson,
[Lettre de Ma’hané Israël à propos de l’album photographique]
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Tamouz 5709,
A tous les ‘Hassidim qui ont la crainte de Dieu,
partout où ils se trouvent,
puisse Dieu leur accorder longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Conformément au désir du Rabbi Chlita, nous nous apprêtons à lui transmettre, à l’occasion d’une prochaine fête, un album contenant les photographies des ‘Hassidim.
Nous vous demandons donc de le faire savoir aux ‘Hassidim de votre ville et de les inviter à nous adresser, dans les meilleurs délais:
A) Pour les chefs de famille, une photographie familiale.
Remarque: Les enfants mariés adresseront des photographies de leur propre famille.
B) Pour les célibataires, qui ne se trouvent pas avec leur famille, une photographie individuelle.
C) Toutes ces photographies devront être entières, c'est-à-dire que l’on verra, pour chacun, tout le corps, qu’il soit debout ou assis.
D) Au verso ou au coin de chaque photographie, on écrira le prénom et le nom de famille de tous ceux qui s’y trouvent, dans l’ordre, de sorte que chacun puisse être identifié. On joindra également l’adresse.
D) Tout ceci sera envoyé à l’adresse de Ma’hané Israël ou du secrétariat du Rabbi Chlita, en précisant qu’il s’agit d’une contribution à l’album photographique.
Avec la conviction que tout ceci sera réalisé avec empressement et en vous souhaitant tout le bien,
Rav H.M. A. Hadakov,
Directeur,
Notes
(1) Le Rav Chalom Posner. Voir la lettre n°426. (2) Du 12 Tamouz. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°375. (4) Au Rabbi. (5) Comme si vous M’aviez libéré, Moi et Mes enfants, d’entre les nations.
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