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Iguerot Kodesh — lettres 5843 à 5863

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°5843

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5843, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

On m’a montré les résultats des examens passés par les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim de votre ville, qui sont venus en visite ici, pendant ce mois de Tichri et j’en ai pris connaissance avec effroi. Il est sûrement inutile de vous préciser la raison de cet effroi, puisque vous avez vous-même passé ces examens. Sans doute savez-vous également quelles sont les raisons expliquant de tels résultats, puisque nos Sages disent : “ Si quelqu’un te dit qu’il n’a pas fait d’effort, mais qu’il a, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas ”. Et, l’effroi est encore plus grand quand on s’aperçoit que tout ce qui a été écrit, à ce sujet, au début de l’année dernière, n’a été strictement d’aucune utilité.

Je ne sais pas quel effet ces résultats ont eu sur vous. Je sais, en revanche, comment vous auriez dû les prendre. Puisse Dieu faire que j’obtienne de bonnes nouvelles, à ce sujet. Vous me direz, non seulement que vous savez quelle impression cela doit exercer sur vous, mais aussi que, concrètement, il en est bien ainsi, dans les trois domaines du service de Dieu que sont l’étude de la Torah, la prière et les bonnes actions, représentant l’ensemble des Mitsvot. En effet, rien ne résiste à la détermination et, selon le dicton connu, “ tu peux, mais tu ne veux pas ”.

Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, avec bonté et miséricorde. Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°5844

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5844, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Je fais réponse à votre lettre, me décrivant votre état de santé et celui de vos enfants, auxquels Dieu accordera longue vie. J’espère qu’à réception de la présente, tout ira beaucoup mieux.

Vous me dites que vous souffrez de migraine. Vous ne précisez pas quel diagnostic font les médecins. De façon générale, en pareil cas, on prescrit des comprimés d’acide nicotinique(2). Sans doute serait-il bon d’interroger le médecin, à ce sujet. Mais peut-être vous en a-t-il déjà prescrit.

En tout état de cause, plus vous raffermirez votre confiance en Dieu, Qui “ guérit toute chair et accomplit des merveilles ”, plus vite et mieux vous recouvrerez la santé. Combien plus en est-il ainsi pour ceux qui ont maintes fois observé les miracles de Dieu. A n’en pas douter, Dieu poursuivra Ses bienfaits et Il vous accordera la réussite également à l’avenir.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) En anglais dans le texte, voir, à ce sujet, la lettre n°5730.

Lettre n°5845

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5845, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce jeudi, dans laquelle vous me faites part de votre projet d’apprentissage, aux abattoirs. La direction de la Yechiva Tom’heï Temimim de Montréal, dont vous êtes l’élève, vous a signifié son accord, à ce sujet.

Pour autant, vous ne mentionnez pas, dans votre lettre, un point essentiel. Avez-vous acquis des connaissances suffisantes de notre sainte Torah ? En effet, pour gagner sa vie, de quelque manière que ce soit, on adopte une activité que l’on conserve ensuite jusqu’à soixante dix ans et, si l’Attribut de rigueur se révèle, jusqu’à quatre vingt ans. Mais, il n’en est pas ainsi, dans votre cas. Car, du fait de nos nombreuses fautes et de l’obscurité de l’exil, la motivation s’amenuise, de temps à autre, surtout quand vient le moment d’entrer concrètement dans la vie active. Si l’on décide d’aller au delà de ce qui est nécessaire et de se préparer à gagner sa vie, quelques années au préalable, en réduisant d’autant son étude de la Torah, on va donc réellement à l’encontre de la Loi. Vous consulterez, à ce sujet, les lois de l’étude de la Torah, chapitre 3, fin du paragraphe 1.

Vous exposerez donc tout cela à la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim de Montréal. Si elle estime que vous possédez les connaissances et les capacités nécessaires pour consacrer quelques heures par semaine à l’étude de la Che’hita, si, en outre, vous prenez la ferme décision de vous engager fermement dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, en fonction de ce qui vient d’être dit, vous pourrez vous intéresser à cette proposition.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5846

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5846, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, dans laquelle vous me demandez une bénédiction pour réussir dans l’étude. En effet, vous êtes motivé, mais cette étude ne vous attire pas, comme si le désir vous en avez été retiré.

Or, il est impossible que ce désir vous ait été retiré, ce qu’à Dieu ne plaise, car il s’agit d’une Injonction du Créateur du monde, Qui le dirige concrètement. Chaque Juif doit désirer, vouloir pleinement mettre en pratique tout ce que dit Sa sainte Torah. En outre, il est précisé que l’étude de la Torah est considérée comme l’ensemble des Mitsvot. Votre sentiment est donc un stratagème du mauvais penchant, qui a recours à des ruses diverses et variées, pour affaiblir l’homme dans son service de Dieu, qui n’hésite même pas à faire usage du mensonge et de la tromperie.

Précisément, cette situation doit insuffler à l’homme une force accrue pour lutter contre lui, pour lui faire la guerre en l’oubliant, c’est-à-dire en s’abstenant d’entamer le dialogue, d’échanger avec lui. Il faut lui répondre par une courte phrase, lui dire que vous n’avez pas le temps de discuter avec lui, car vous êtes le serviteur du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Vous vous consacrez à la mission confiée par votre Maître, Dieu. Vous consulterez également différents passages du Tanya, qui donnent des conseils, en la matière. Et, vous graverez en votre cœur l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ Si quelqu’un te dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.

Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec élan et ardeur, pour mettre en pratique les Mitsvot de la meilleure façon,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°5847

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5847, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn, New York,

A madame Léa Porat, puisse-t-elle avoir longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu votre lettre en son temps et j’y ai pris connaissance, avec plaisir, du programme spécifique que vous avez conçu pour les ‘Hassidim de Kfar ‘Habad. Je vous remercie d’avoir pensé à m’en informer.

Il est sûrement inutile de vous souligner le mérite et la responsabilité particulière, incombant à chacun et à chacune : il faut avoir recours à tous les moyens pour soutenir et encourager nos frères, les enfants d’Israël, dans l’esprit de la Torah et de la Tradition. Plus les opportunités sont grandes et plus les responsabilités le sont également. De nos jours, les capacités de retransmission dépassent les limites et traversent même les frontières. La manière de les utiliser est donc particulièrement importante. Bien entendu, il n’est pas suffisant d’écarter une utilisation négative. Il faut aussi s’en servir positivement, de la manière la plus large, en renforçant la vie quotidienne basée sur la Torah et les Mitsvot, de laquelle dépend la pérennité de notre peuple, qui a été confronté à de multiples épreuves et les a surmontées uniquement par son attachement au Dieu de vie et à la Torah de vie.

Tout ceci apporte la preuve tranchée que la Torah et les Mitsvot, constituant la Tradition, sont bien l’essence de la vie de notre peuple, les enfants d’Israël, en tout endroit où ils se trouvent, en chaque génération. C’est là le secret de sa survie. Heureux est celui qui se sert pleinement de ses possibilités et de ses moyens pour renforcer et pour diffuser la lumière émanant de ce mode de vie.

Je conclus en vous souhaitant, de même qu’à tous ceux qui travaillent pour les services de la radiodiffusion, d’utiliser pleinement les opportunités de la manière qui vient d’être définie et de connaître le succès.

Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5848

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5848, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, avec ce qu’elle contenait, de même qu’aux deux précédentes. Comme vous le savez, différents textes de ‘Hassidout expliquent que la capacité intellectuelle du raisonnement, Bina, peut, sur une même idée, conduire à des conclusions opposées, dans le sens de la bonté ou bien dans celui de la rigueur. Seule la synthèse finale de Daat apporte toute la vigueur d’une décision finale.

Il en est de même pour l’information que vous me transmettez, à la suite de la coupure de presse que vous joignez à votre lettre. A ce sujet, en effet, mon interprétation est à l’opposé de la vôtre. Votre lettre semble indiquer que vous avez été découragé de constater que l’on rivalise avec vous. A mon sens, cela veut dire, bien au contraire, que les habitants de la ville reconnaissent la nécessité d’une éducation basée sur la Torah. Mais, pour l’heure, ils ne distinguent pas l’azur de la motte entourant l’arbre ou de ce qui est même encore moins que cela. Désormais, il sera donc plus aisé d’agir, en ce domaine.

Une conclusion peut également être tirée sur un second point, celui de la valeur du temps, pour tout ce qui concerne l’éducation. Ceci est vrai, tout d’abord, pour les élèves. S’ils perdent une seule journée, qui sait si l’enfant et ses parents écouteront ensuite les paroles de l’éducation basée sur les valeurs sacrées ? Et, cela s’applique, de la même façon, aux enseignants et aux responsables communautaires.

En effet, on peut observer concrètement qu’une intensification de vos activités, dans votre ville, aurait permis de conquérir un domaine, puis encore un autre. De la sorte, le terrain libre aurait été réduit. Mais, l’on ne se plaint pas du passé et il doit donc être clair que je fais allusion à l’avenir, en particulier à l’école concurrente. Il est précisé que celle-ci fonctionne seulement quelques fois par semaine. Vous avez donc la possibilité la plus large de vous développer, de plus en plus. En effet, tous s’accordent pour reconnaître la différence fondamentale entre une école dans laquelle on ne se rend qu’une fois par semaine et celle que l’on fréquente cinq jours par semaine.

Bien plus, les hommes de ‘Habad possèdent aussi un centre de vacances et il y a eu la campagne des Mitsvot de cette fête de Soukkot. Et, il y aura également les réunions ‘hassidiques du 19 Kislev et du 10 Chevat, dont on peut aussi profiter en ce sens. Nos maîtres ont souligné l’apport concret qui peut en résulter. Ils ont montré la nécessité de renforcer les institutions, lors de telles réunions. Comme je l’ai écrit plusieurs fois, ceci est le besoin du moment, dans votre ville. Il est donc clair que vous disposez de forces nécessaires pour le satisfaire pleinement.

Il en résulte également un autre point. Vous vous plaignez du manque de qualités pédagogiques de certains enseignants. Bien entendu, il faut faire quelque chose, améliorer la situation, mais, pour autant, il n’y a pas lieu de se décourager. Car, chez les autres également, les responsables ne sont pas des anges, mais bien des hommes, ayant des limites physiques. En outre, leur motivation n’est pas aussi grande que la nôtre. Autre point, qui est essentiel, ils ne bénéficient pas de l’intercession de nos saints maîtres. C’est une évidence.

A la suite de tout cela, j’attends de vos bonnes nouvelles. Vous m’annoncerez que vous développerez largement les centres de vacances, à l’avenir. Ceux-ci auront une influence sur les jours et les mois qui les suivent, bien au-delà de ce qui a été réalisé l’an dernier. Vous me parlerez également de la fête du 19 Kislev, des jours de ‘Hanouka et de la manière dont vous en avez profité, en fonction de ce qui vient d’être dit. Que Dieu vous accorde une considérable réussite en tout cela, en bonne santé, avec joie et dans l’enthousiasme.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5849

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5849, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 9 Mar’hechvan, dans laquelle vous me dites que vous avez des difficultés à gagner votre vie. De ce fait, vous pensez vous rendre aux Etats Unis. Il semble que vous ayez l’intention, par exemple, de collecter des fonds pour une institution.

J’ai pu observer qu’un grand nombre de ceux qui sont venus ici en ont malheureusement pâti. Ils sont arrivés sans s’enquérir, au préalable, des conditions. A leur arrivée ici, ils ont observé que certaines d’entre elles ne pouvaient être supportées que par les plus forts. Et, ils n’ont pas pu se résoudre à s’abaisser à ce point. Certains l’ont voulu, mais n’en ont pas été capables. Je ne sais même pas si vous parviendrez à couvrir les frais de votre voyage.

Bien entendu, les personnalités sont différentes et les opportunités qui se présentent ne sont pas les mêmes, d’autant que vous ne me précisez pas, dans votre lettre, ce que vous comptez gagner ici et les relations que vous avez. Je souhaite donc uniquement vous souligner que, pour différentes raisons, une enquête détaillée, répétitive et réfléchie est nécessaire, avant de prendre cette initiative.

Vous me dites que vous ne savez pas comment vous libérer de l’étroitesse dans laquelle vous vous trouvez actuellement. De nombreuses personnes venues ici dans une situation comparable à la vôtre, s’ils avaient fait des efforts, avec la motivation qui convient, afin de connaître la largesse sur place, auraient pu non seulement économiser les dépenses du voyage, mais, en outre, gagner largement leur vie de différentes manières, en Terre Sainte, en y exerçant une activité bien plus honorable que celle qui est ici la leur.

Sans doute vous préparez-vous, suffisamment à l’avance, aux jours de Kislev, qui approchent, en particulier à ses fêtes et à ses jours fastes. Puisse Dieu vous accorder la réussite matérielle et spirituelle.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5851

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5851, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la fin de Tichri, dans laquelle vous m’écrivez que, dans certaines situations, vous éprouvez un profond découragement. Vous êtes alors brisé, anéanti et vous avez du mal à étudier, bien que vous ayez adopté les différentes pratiques définies, à ce propos, dans les livres.

Il me semble vous avoir déjà écrit que l’un des moyens de réparer une telle situation est de ne plus y penser. La logique élémentaire établit que l’on n’oublie pas une idée en luttant contre elle, ni en réfléchissant, pas même en se concentrant sur son aspect négatif. Il faut, bien au contraire, l’oublier complètement, sans même se demander comment réparer, sans méditer à son caractère négatif.

Néanmoins, on pense en permanence et l’oubli est donc possible uniquement en ayant une autre pensée, totalement différente, si possible liée à la Torah. Car, si un peu de lumière suffit à repousser beaucoup d’obscurité, combien plus peut le faire beaucoup de lumière, en particulier l’étude de la dimension profonde de la Torah, comme l’établissent différents textes. De même, il est expliqué, de diverses manières, d’après une réponse bien connue du Tséma’h Tsédek, imprimée dans ses responsa, porte des additifs, chapitre 62, que l’oubli est une nécessité absolue.

Vous me dites que vous éprouvez des difficultés à participer aux réunions ‘hassidiques, car vous n’avez pas le sens musical. Or, nos Sages disent que “ celui qui a mangé de l’ail en mangera encore ”. Il faut donc écarter totalement votre conclusion selon laquelle “ cela n’a aucun effet sur vous ”, car cela est impossible. En effet, un homme est, par nature, perméable, surtout en un moment propice. Et, comme vous le savez, un feuillet est tombé du ciel, pour affirmer l’importance de ce qui peut être réalisé par une réunion ‘hassidique.

Vous me demandez si un homme doit renoncer à sa propre élévation morale dans le but de préserver celle de son prochain. Comme vous le savez, Rabbi Akiva dit que “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est “ un grand principe de la Torah ”(1). Vous consulterez aussi l’explication de nos Sages, au traité Sotta 21b, répondant à la question : “ Quel est l’homme pieux qui est également un sot ? ”. Divers commentaires de nos Sages portent témoignage sur tout cela. Avant tout, vous savez quelle interprétation est donnée(2) du verset : “ La Tsédaka apporte l’élévation ”. Selon celle-ci, en effet, il est dit que “ son cerveau et son cœur deviennent mille fois plus affinés ”. Et, il est clair que la Tsédaka spirituelle, qui concerne l’âme n’est pas inférieure à la Tsédaka matérielle.

Bien entendu, il y a des règles, en la matière. Même s’il doit se consacrer aux autres, un élève de la Yechiva ne peut pas se permettre d’en supprimer le temps d’étude pour donner de la Tsédaka, matérielle ou spirituelle, comme l’établit le récit bien connu de nos Sages, rapporté par le Yerouchalmi, traité Pessa’him, chapitre 3, paragraphe 7. Vous consulterez également le traité Moéd Katan 9a.

Néanmoins, comme c’est le cas pour tout ce qui concerne notre Torah, Torah de vie, il faut trouver un juste milieu, comme l’explique longuement le Rambam, au début de ses lois des opinions. Pour autant, un homme n’est pas objectif, pour ce qui le concerne. Vous devez donc faire part de tout cela à vos amis, qui vous guideront. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de votre action envers vous-même et envers les autres.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir également Iguéret Ha Kodech, au chapitre 16 ”. (2) Le Rabbi note en bas de page : “ Au début du Torah Or ”.

Lettre n°5852

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5852, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 ‘Hechvan. Bien entendu, je suis surpris par sa conclusion. Vous me dites, en effet, que, concernant l’activité des femmes ‘Habad, vous ne voyez pas, de manière concrète, ce que l’on peut ajouter ou faire de plus.

Or, toute la Terre Sainte est ouverte devant les femmes ‘Habad et, dans le domaine de la sainteté, aussi bonne que puisse être la situation, il est toujours possible de l’améliorer, car ce domaine n’a pas de limite. En tout état de cause, nos Sages disent que l’on ne se plaint pas du passé. Et, vous ajoutez ensuite que vous réfléchissez afin de déterminer ce qui pourra être fait, à l’avenir. Pour l’heure, c’est bien là l’essentiel.

Puisse Dieu faire qu’il en résulte un développement des activités des femmes et jeunes filles ‘Habad, en différents domaines, car c’est là le besoin du moment. Et, rien ne résiste à la détermination.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5853

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5853, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi et j’attends la suite de vos bonnes nouvelles, concernant ce que vous m’écrivez.

Vous me parlez d’un Tana’h et vous faites vraisemblablement allusion à celui qui a été édité à Jérusalem. Il est effectivement en ma possession et, du reste, il est effroyable de constater que l’on y a introduit de nombreuses différences sans même en dresser la liste.

Vous me dites que vous avez un doute sur votre nom, car vous en avez reçu un à votre naissance, alors que, par la suite, à l’école, on vous en a donné un autre. Je suis surpris par votre doute(2), car la Hala’ha a été tranchée, en la matière, prenant en compte les particularités de chaque situation, dans les lois des noms énoncés, en particulier, à propos des actes de mariage.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav A.Friedman, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5905. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5905.

Lettre n°5854

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5854, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une nouvelle interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 10 Mar’hechvan, dans laquelle vous me décriviez brièvement vos activités de ces dernières semaines. Bien entendu, il est très positif de faire en sorte que les autres ‘Hassidim, ou même ceux qui sont susceptibles de le devenir par la suite, soient attirés par tout ce qui concerne le domaine de ‘Habad. De fait, tout le Brésil se trouve devant vous. Je veux dire que vous devez y diffuser les sources(2), non pas uniquement dans vos quatre coudées réduites, mais aussi dans des milieux de plus en plus larges, qui se répandront dans tout le pays. Conformément à la lettre du Rabbi Rachab qui est imprimée dans l’introduction du Kountrass Ou Mayan, il n’y a plus d’ordre établi, de nos jours, dans la transformation de la matière du monde. Il n’est donc plus nécessaire de “ conquérir, tout d’abord, ton propre palais ”(3). De ce fait, ceux qui subissent encore le manque dans leurs quatre coudées personnelles peuvent, malgré cela, agir dans le palais des autres. Tel est le besoin du moment et il est donc certain qu’on possède le moyen de le satisfaire.

Une attention spécifique doit être accordée à la colonie de vacances. Un soin particulier et des grands efforts, en la matière, sont justifiés. Comme l’expérience en a fait la preuve, chaque fois que cela a été le cas aux Etats-Unis, puis en Terre Sainte et au Canada, une bonne organisation et une manière judicieuse d’en tirer les fruits par la suite ont un apport considérable. Au sens le plus littéral, on peut ainsi attirer un grand nombre de jeunes et, par leur intermédiaire, beaucoup de parents et de foyers juifs. Bien plus, nombre d’entre eux s’humectent au point d’humecter les autres et ils exercent sur eux une influence positive.

Il me semble vous avoir déjà écrit pour vous souligner la nécessité d’un programme établi suffisamment tôt, afin de profiter, dans toute la mesure du possible, des jours de Kislev, en particulier du 19 Kislev, qui approche, le Roch Hachana de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Car, rien ne résiste à la volonté.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav T.Chitrik, de Rio de Janeiro. Voir, à son sujet, les lettres n°3877 et 5908. (2) De la ‘Hassidout à l’extérieur. (3) D’atteindre la perfection personnelle avant de se consacrer aux autres.

Lettre n°5855

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5855, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, est

empli d’empressement, le Rav ‘Hananya Yom Tov Lipa(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche, concernant le Mikwé d’Albany. Je me suis également entretenu à ce propos, avant-hier, avec le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav A., le Cho’het. Je lui ai demandé de s’employer à améliorer la situation, dans toute la mesure du possible. Et, la promesse a encore été donnée que la question serait portée à l’ordre du jour, que l’on en discuterait encore une fois. Puisse Dieu faire que ce soit enfin le cas, comme il convient pour ce qui concerne un Mikwé, lequel doit être le plus esthétique possible. Quand on sera prêt à mettre tout cela en pratique, on vous contactera sûrement.

Bien entendu, cette situation et le manque de dialogue, comme l’indique votre lettre, sont pénibles et effroyables, car, au final, on constate bien une carence, dans cet endroit et en ce domaine. Même si l’on considère qu’il y a là un cas de force majeure, tout cela n’est nullement comparable à une situation dans laquelle on aurait fait ce qui convient. Bien entendu, mon but n’est pas de vous faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise, mais bien d’attirer spécifiquement votre attention. En effet, vous avez eu connaissance de tout cela. Or, il ne fait pas de doute que tous ceux qui sont informés de cette situation peuvent l’améliorer et la résoudre. Avec la réflexion qui convient, vous trouverez les moyens d’y parvenir, conformément au dicton du Baal Chem Tov que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel tout ce qu’un Juif voit ou entend doit lui délivrer un enseignement pour son service de Dieu. C’est une évidence.

Vous faites référence à des notes sur vos livres, sur les derniers volumes comme sur les prochains. Mais, que puis-je faire ? Je ne dispose pas de mon temps, du fait de mes nombreuses activités. Toutefois, comme je l’ai déjà écrit, je n’ai pas perdu l’espoir de pouvoir les feuilleter, au moins rapidement et, si cela est nécessaire, de formuler des remarques. On peut le faire de différentes façons, y compris à la hâte(2). Pour l’heure, je ne sais pas quand cela sera possible, mais Dieu envoie le salut.

Que Dieu vous accorde le succès pour renforcer la pureté, de la diffuser dans tous les endroits où vous exercez votre influence. Et, que s’en révèle la dimension profonde. D’après l’expression de nos Sages, “ la dimension profonde, c’est la connaissance ”(3), la connaissance de Dieu comme l’eau recouvre le fond de la mer. Certes, la perfection en ce sens sera atteinte uniquement avec la venue et la révélation de notre juste Machia’h. Toutefois, un avant-goût de cette situation, une entrée en matière, peuvent être obtenus pendant le temps de l’exil. C’est ce qu’expliquent les livres d’Ethique, affirmant que la délivrance commença à l’instant de la destruction. C’est ainsi que la vache meugla une première fois pour annoncer cette destruction, puis, tout de suite après cela, une seconde fois, à l’occasion de la naissance du juste libérateur. D’après les termes de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, “ la perfection de la période du Machia’h et la résurrection des morts dépendent de nos actions et de nos réalisations pendant toute la durée de cet exil ”. Vous consulterez le chapitre 37 de cet ouvrage.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.Y. T. L. Deutsch, de Cleveland, Rabbi de Helmits. Voir, à son sujet, les lettres n°5583 et 5983. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la Me’hilta, Parchat Bo 12, 11 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, Parchat ‘Houkat, page 60a et le commentaire de Rachi sur le verset Chemot 31, 3 ”.

Lettre n°5856

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5856, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez l’état de santé de votre fille, à laquelle Dieu accordera longue vie. En effet, son ouie est atteinte et, partiellement, sa parole. Sa mère voit en cela une intervention des démons.

Elle doit ôter complètement cette explication de sa tête. Vous ferez, bien au contraire, vérifier les Mezouzot de votre maison, de même que vos Tefillin, afin de vous assurer qu’elles sont toutes cachères, conformément à la Hala’ha. Si elle désire adopter l’usage des femmes juives vertueuses, elle prélèvera de la Tsédaka avant d’allumer les bougies, à la veille du saint Chabbat et des fêtes. Vous consulterez également un médecin spécialiste dans ce domaine, qui examinera non seulement son oreille, mais aussi son état nerveux. Tous intensifieront leur engagement pour la Torah et les Mitsvot. Ainsi, vous multiplierez les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins, en général et pour ce qui concerne votre fille, en particulier.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5857

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5857, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’interrogez encore une fois sur l’événement du 13 Tamouz(1). La réparation, en l’occurrence, doit être effectuée dans le domaine où le manque s’est manifesté.

La dimension profonde de cela(2) est, en l’occurrence, expliquée par le Choul’han Arou’h et reproduite par le Tanya, au début du chapitre 41. La réparation sera donc un ajout à la ferveur de cette Mitsva. Or, tout ce qui concerne les Juifs s’exprime par la Torah et se révèle par son canal. Il faut donc apprendre par cœur des discours ‘hassidiques commentant l’assujettissement du cœur et du cerveau, puis les réciter, aux moments qui conviennent.

Notes

(1) A cette date, le destinataire de cette lettre n’avait pu mettre les Tefillin. (2) De la Mitsva des Tefillin, qui est l’assujettissement du cœur et du cerveau.

Lettre n°5858

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5858, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements, le Rav Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je saisis la présente opportunité pour vous signaler un fait particulièrement surprenant. Pourquoi ne se sert-on pas du journal qui est lu par les Juifs d’Argentine afin d’éditer des propos d’encouragement à l’étude de la ‘Hassidout et concernant, en particulier, les points d’actualité(2) ? Certes, il est inutile de se plaindre du passé, mais nous approchons du mois de Kislev et puisse Dieu faire que ceci soit réparé à l’avenir, qu’une telle publication devienne régulière. Peut-être même est-il envisageable d’avoir une rubrique fixée dans l’édition de la veille du Chabbat, par exemple.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et de tous les autres points évoqués dans votre lettre, ce qui inclut, en particulier, un élargissement de vos moyens, avec bonté, miséricorde et de manière positive,

Notes

(1) Le Rav D.Baumgarten, de Buenos Aires, Argentine. Voir, à son sujet, la lettre n°5711. (2) Par exemple les fêtes.

Lettre n°5859

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5859, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav ‘Haïm Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre(2) du 18 Mar’hechvan.

Puisse Dieu faire que, désormais, vous et les vôtres ne connaissiez plus la souffrance et la peine, ce qu’à Dieu ne plaise. Et, que s’accomplisse la promesse de la double consolation(3), conformément à l’explication qui est donnée de l’expression “ double pour la sagesse ”, figurant dans plusieurs textes de la ‘Hassidout. En effet, celle-ci n’est pas uniquement une double mesure quantitative, mais représente bien plus que cela, de même qu’elle introduit un changement qualitatif, dans le sens du bien.

C’est ce qu’indiquent nos Sages, dans le Midrash Chemot Rabba, à la Parchat Ki Tissa, à propos de ce verset(4). Et, cette double consolation, à titre individuel, fera que, de nos jours et très prochainement, nous aurons la double consolation de tous, selon Iguéret Ha Kodech, au chapitre 4, avec la venue imminente de notre juste Machia’h.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,

Notes

(1) Le Rav H.C. Segal, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4565. (2) Annonçant “ la perte de notre père, couronne de notre tête, le Rav et ‘Hassid, issu d’une illustre famille, Rabbi Chlomo Yehouda Ha Lévi ”. (3) Enoncée à propos du Chabbat Na’hamou et faisant suite au deuil du 9 Av. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Au début du chapitre 46 ”.

Lettre n°5860

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5860, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 ‘Hechvan, dans laquelle vous me dites que vous avez commencé vos études à la Yechiva. Pour autant, vous ne ressentez pas d’enthousiasme profond.

Comme vous le savez, nos Sages enseignent que “ si quelqu’un te dit ne pas avoir fait des efforts et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas ”. Bien entendu, cet effort ne consiste pas uniquement à s’interroger. En fait, l’effort est essentiellement lié à la soumission, laquelle est totalement différente, quand on est animé d’une vitalité profonde.

Il résulte de tout cela que vous devez étudiez la Torah avec ardeur et constance, dans toute la mesure du possible, en fonction de l’emploi du temps de la Yechiva, sans vous poser de questions, sans vous dire qu’il faut, au préalable, vous emplir d’enthousiasme, que l’étude viendra par la suite. En effet, le contraire est vrai. Et, j’ai bon espoir, quand vous adopterez cette attitude, que s’accomplira en vous la promesse de nos Sages selon laquelle : “ Si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”.

Vous connaissez sûrement les trois études qui concernent chacun. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous convaincrez également vos amis de les adopter.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°5861

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5861, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu une information qui m’a peiné. On m’a dit, en effet, qu’il vous arrive de boire de l’alcool sans précaution, plus que de mesure, de sorte que tous peuvent constater que vous êtes ivre. Parfois, tout cela se passe même en public, lors d’une réunion ‘hassidique, par exemple.

Vous connaissez les propos de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, condamnant de telles pratiques et s’opposant à l’absorption d’alcool, si ce n’est pour une occasion joyeuse et, même dans ce cas, avec mesure. Chacun le fera de la manière qui lui convient, ce qui veut dire que, si l’on risque d’être ivre avec une petite quantité d’alcool, on s’en abstiendra également. Et, si l’on demande qu’il en soit ainsi en privé, combien plus est-ce le cas, lors d’une réunion ‘hassidique, en public.

Nos maîtres ont demandé tout cela depuis des dizaines d’années, soit plusieurs générations et, à l’heure actuelle, cette interdiction conserve toute sa vigueur et sa force. Car, d’une part, chacun a l’obligation de diffuser les sources(1) à l’extérieur. Vous devez donc être particulièrement prudent, pour tout ce qui peut avoir une conséquence négative, en la matière. D’autre part, c’est précisément en cette période du talon du Machia’h(2) que l’obscurité est particulièrement forte. L’aspect physique du corps l’est donc également. En conséquence, l’ivresse ou même simplement le fait de boire peuvent renforcer cet aspect physique, ce qui risque d’avoir des conséquences négatives et même interdites.

J’ai bon espoir qu’à réception de la présente, vous vous contiendrez, en la matière, de la façon qui convient. Et, chaque fois que vous serez dans le doute, vous adopterez la position la plus restrictive. J’attends, au plus vite, de vos bonnes nouvelles, à propos de tout cela.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) De la ‘Hassidout. (2) Peu avant sa venue.

Lettre n°5862

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5862, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 ‘Hechvan, dans laquelle vous évoquez le troisième repas du Chabbat. Je suis surpris par votre question, car ce qui est imprimé dans le Hayom Yom(1) est conforme à ce que j’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protègera. Cet ouvrage a été édité de son vivant et il l’a vu, après sa publication. De fait, ce qui y est dit, à propos du troisième repas, figure également dans un discours ‘hassidique du Rabbi Rachab, intitulé “ On entendra bientôt ”, qui fut prononcé en 5648(2).

Comme à l’accoutumée, vous ne dites pas un mot de ce que vous accomplissez envers les autres. On peut, certes, vous accorder les circonstances atténuantes en constatant que l’habitude est une seconde nature. Pour autant, il a été expliqué qu’il est important de changer sa nature, qu’on se doit donc de le faire et, du reste, tel est le but de la ‘Hassidout, comme l’expliquent les causeries de Sim’hat Torah 5693(3).

Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, vous changiez de comportement. Mais, j’ai bien peur que vos “ accomplissements envers les autres ” incluent également votre attitude envers votre épouse et les membres de votre famille, que vous ne consacrez pas tout le temps qu’il faudrait pour les guider, d’une manière agréable.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et de tous les autres points que vous citez,

M. Schneerson,

Notes

(1) A la date du 22 Adar Richon. Selon ce texte, il n’est pas nécessaire de prendre du pain et il suffit de goûter un aliment quelconque. (2) 1888. Ce discours ‘hassidique ne nous est pas parvenu. Voir le Likouteï Si’hot, tome 21, page 84, note 9. (3) 1932, du précédent Rabbi.

Lettre n°5863

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5863, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Mar’hechvan 5718,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Mar’hechvan, dans laquelle vous m’interrogez sur la bénédiction du Hallel, à propos de laquelle il y a une divergence entre le Hayom Yom(1) et le Sidour(2). Comme vous le savez, en pareil cas, on adopte la dernière version(3). En effet, il est bien évident que, lors de la rédaction du Hayom Yom, on avait connaissance du Sidour et l’on savait ce qu’il disait. Il n’y a donc pas lieu d’être surpris en constatant que l’on adopte une autre pratique. On en retrouve l’équivalent dans différents cas et, pour diverses raisons, de telles divergences sont concevables et nos Sages eux-mêmes en parlent, dans le traité Baba Batra 166b, soulignant même qu’elles affectent l’action concrète. Dans ce domaine, en particulier, vous consulterez le Chaar Ha Collel, à cette référence et le début des Pisskeï Ha Sidour, du Rav Naé.

Vous me demandez comment réparer un affront infligé à son prochain, après que ce dernier ait accordé son pardon. Il est vrai que cette faute intervient à la fois dans la relation entre les hommes et envers Dieu. C’est donc dans ce dernier cas que la réparation est nécessaire. Et, une réparation doit systématiquement porter sur ce qu’a été le manque. En l’occurrence, vous devez marquer un plus profond respect aux autres, en général et à vos amis, en particulier. Bien souvent, un affront est infligé du fait de la colère ou de l’orgueil. De tout cela, il faut se préserver au plus haut point, comme on peut le déduire de ce que dit le Rambam, au second chapitre de ses lois des opinions.

Vous évoquez votre enseignement du Tanya à un ami qui n’en comprend pas le sens simple. Je suis surpris que vous puissiez formuler une telle affirmation, qui est tout à fait déplacée et ne correspond pas à la réalité. Certes, vous savez ce que dit notre maître, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à propos de la difficulté d’une compréhension profonde et synthétique du Tanya. Pour autant, et dans le même texte, il est affirmé que l’homme le plus ordinaire peut en obtenir une certaine compréhension. Vous consulterez ce texte, qui est imprimé à la fin des résumés et notes sur le Tanya.

Combien plus en est-il ainsi pour un jeune homme qui a passé quelques années à la Yechiva. Le mérite de ce qui est public lui vient alors en aide afin de diffuser les sources(4), jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur, à de nombreuses autres personnes. Mais, là encore, sont nécessaires la joie et l’enthousiasme. C’est ainsi que l’on obtient la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Vous m’interrogez sur les Tossafot, au traité Guittin 3b(5). Vous consulterez, à ce sujet, les commentateurs, en particulier le Maharam Shif.

Notes

(1) A la date du 1er Tévet. (2) De l’Admour Hazaken. (3) En l’occurrence, celle du Hayom Yom, dont le Rabbi est l’auteur. (4) De la ‘Hassidout. (5) Selon lesquels des témoins sont nécessaires quand on charge un émissaire de transmettre à une femme un acte de divorce, alors qu’un émissaire pour recevoir cet acte, au nom de la femme, peut être nommé sans témoins.

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