Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°5822
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5822, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, le Rav Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous faites allusion à l’anniversaire. Pour l’heure, j’y ai trouvé une allusion uniquement dans un seul texte(2), le Yerouchalmi(3), affirmant qu’au jour de son anniversaire, le Mazal d’un homme domine(4). On peut également le déduire de l’explication qui est donnée du verset : “ Ces jours sont commémorés et revécus ”, selon laquelle, quand revient un jour, à la même période de l’année, tous les événements se produisent de nouveau, comme c’était le cas, la première fois.
On peut citer pour preuve la loi de la Michna, à la fin du chapitre 3 du traité Guittin : le vin gardé dans les tonneaux est modifié, chaque année, par “ l’anniversaire ” des grappes de raisin. En tout état de cause, on sait qu’une action concrète et forte a encore plus de poids que la logique et donc qu’un verset(5). Nos saints maîtres ont adopté cette coutume, même s’ils la pratiquaient discrètement.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav H.Medalyé, de Leeds. Voir, à son propos, les lettres n°4923 et 6108. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°6108. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Roch Hachana, chapitre 3, paragraphe 8 ”. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°4865 et 5089. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le traité Ketouvot 22a ”.
Lettre n°5823
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5823, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au jeune Binyamin Nathan(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, accompagnée d’une demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous m’y décrivez, en particulier, ce que vous faites actuellement et vous me faites part de vos doutes, pour l’avenir.
Il semble que vous connaissiez la réussite, dans le domaine pédagogique. Or, ceux qui assument une telle mission sacrée et dispensent une éducation basée sur les valeurs sacrées sont très peu nombreux, alors que la demande est particulièrement importante, au point que, dans le proche avenir, tous ceux qui adopteront cette activité, en Terre Sainte, sont assurés de pouvoir gagner leur vie. A mon sens, vous continuerez donc votre travail dans les écoles ‘Habad, où vous ferez un plein usage de vos capacités lesquelles, en conséquence, se développeront.
J’espère que, dans le cadre des activités menées par les jeunes de l’association ‘Habad, vous profitez de l’influence que vous exercez sur vos amis qui, pour l’heure, sont encore dans les rangs de Tsahal. Vous les attacherez plus solidement aux valeurs juives, c’est-à-dire, bien évidemment, à la pratique concrète des Mitsvot car, comme je l’ai déjà écrit à quelqu’un(2), à tous ceux qui ont fait partie de cette armée incombent, pour différentes raisons, ce mérite et cette obligation, avec encore plus de force. Avant tout, leur capacité d’exercer une influence est beaucoup plus grande que celle des personnes qui n’ont jamais été dans ce cadre(3).
Vous avez sûrement fixé des études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, s’ajoutant aux trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) B. N. Gezuntheit, de Tel Aviv. (2) Voir la lettre n°5782, à propos du Rav Zalmanov. (3) Qui n’ont pas effectué leur service militaire.
Lettre n°5824
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5824, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai reçu votre lettre du 26 Tichri et je suis surpris de constater que vous ne m’y indiquez pas de quelle manière vous avez profité des jours propices du mois de Tichri. Bien entendu, je ne fais pas uniquement allusion à vous-même, à titre personnel, mais surtout à l’influence que vous exercez sur le plus grand nombre. En effet, la divine Providence vous a accordé le moyen de le faire et vous devez en profiter. Vous compléterez sûrement tout cela, à la prochaine occasion.
Vous me demandez quels chapitres de Tanya et des autres ouvrages de ‘Hassidout vous devez faire figurer dans votre programme(1). Vous possédez sûrement, ou bien vous pourrez vous procurer auprès des ‘Hassidim, en Terre Sainte, les dernières éditions du Tanya, du Torah Or, du Dére’h Mitsvoté’ha et du Chaareï Ora. Ces livres comportent un index dans lequel figurent les sujets que vous mentionnez, ainsi que des points nouveaux, si vous désirez les inclure dans votre programme.
Vous m’interrogez sur votre méthode d’étude. Il est clair que tout dépend des traits de caractères et des aptitudes de chacun, de même que du temps qui est consacré à cette étude. En la matière, vous solliciterez donc le conseil de ceux qui sont proches de vous et qui vous connaissent. Vous leur ferez part de tous les détails. Néanmoins, un point d’ordre général, s’appliquant à tous, est le suivant : dans la partie révélée de la Torah comme dans son enseignement caché, on doit se fixer à la fois une étude plus rapide et une autre plus approfondie(2). La première est également importante, puisqu’elle permet d’acquérir des connaissances étendues, au moins superficielles, de toutes les parties de la Torah.
Vous me dites que vous éprouvez parfois une forte émotion, puis qu’au bout d’un moment, ce sentiment se dissipe et ceci vous dérange dans votre service de Dieu. Or, bien au contraire, cette émotion peut être mise au service du domaine de la sainteté. Vous m’indiquez que cela gêne votre méditation. Or, il est clair que l’on peut contrôler son émotivité, quand on étudie sur texte ou bien dans un groupe. En pareil cas,
on est saisi par les mots ou par les amis et l’on ne s’acquitte pas de son obligation uniquement par une pratique superficielle. Mais, avant tout, comme c’est, du reste, le cas pour tout ce qui a trait au domaine de la sainteté, un effort est nécessaire et, quand on le réalise, on peut avoir la certitude qu’il sera couronné de succès.
De même, il est clair que la raison que vous invoquez, pour justifier que vous ne soyez pas encore fiancé, n’est nullement satisfaisante. En effet, il s’agit là d’une Mitsva considérable, comme le précise le Choul’han Arou’h et celle-ci conditionne tous les actes de l’homme. Et, vous savez ce que nos Sages disent de “ l’homme qui n’a pas d’épouse ”. Ils formulent plusieurs affirmations, le concernant. Les explications que vous donnez sont, bien souvent, un moyen de justifier votre manque d’empressement, en la matière. Et, selon l’expression de nos Sages, il faut, en la matière, être “ comme celui qui recherche ce qu’il a perdu ”(3). Bien entendu, l’objet de ces quelques lignes n’est pas de vous faire de la morale, mais plutôt de vous rappeler et de vous souligner que ce point de grande importance justifie la plus haute diligence. On doit se préoccuper de ce qui est essentiel, mais non de ce qui est accessoire. De la sorte, Dieu accorde la réussite et Il permet que l’accessoire soit également présent.
Je vous adresse une copie de ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de Roch Hachana dernier. J’espère que son contenu vous sera utile, dans vos activités, en général et dans les points évoqués ci-dessus, en particulier.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Vraisemblablement pour une étude personnelle. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3917, 4563 et 5195. (3) Le corps de ‘Hava ayant été façonné à partir de la côte d’Adam.
Lettre n°5825
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5825, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn ,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait, dans laquelle vous faites référence aux études séculaires et à ce qui doit être écrit au directeur, à ce sujet.
Il est bien clair que l’on ne peut pas procéder de la sorte, car il s’agit d’une question qui concerne chacun et non l’école, laquelle possède son propre mode de fonctionnement, en la matière. Les parents recherchant réellement le bien de leurs enfants doivent donc mettre en pratique les enseignements de nos Sages, en la matière, qui disent : “ Il convient de le nourrir comme un taureau ” et “ au lieu de lui donner des légumes, il faut lui donner de la viande ”. Combien plus en est-il ainsi pour ce qui ne peut même pas être qualifié de légume, bien au contraire, comme l’expliquent les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, le Tanya et d’autres ouvrages encore.
Vous écrivez que, selon ce qu’on vous a dit, il faut savoir comment formuler une telle question. En fait, il n’y a pas lieu de la poser puisque, comme je l’ai dit, ce point est très clair, si l’on consulte les lois de l’étude de la Torah et le Tanya.
Vous me faites part de l’état de votre épouse et puisse Dieu faire que sa grossesse se passe bien, qu’elle soit aisée, qu’elle ait un enfant en bonne santé, en son temps et facilement.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Vous avez achevé l’étude du Torah Or et du Likouteï Torah. Vous me demandez donc ce que vous devez étudier désormais, à la place de ces ouvrages. Vous recommencerez leur étude et sûrement les comprendrez-vous plus profondément.
Lettre n°5826
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5826, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me faites part de votre état de santé et vous me dites ce que pensent les médecins de votre situation, l’influence que cela a eu sur les membres de votre communauté et les arguments qu’ils avancent, à ce sujet.
J’espère, néanmoins, qu’avec la réflexion nécessaire, on pourra trouver un moyen d’alléger votre travail et les fonctions que vous remplissez, afin de satisfaire aux attentes du médecin. De façon générale, les médecins considèrent qu’un homme doit avoir une activité, sans toutefois que celle-ci soit au-dessus de ses forces. L’inactivité est mauvaise, y compris pour un corps en bonne santé. Je présume que le médecin, non seulement acceptera que vous conserviez vos fonctions actuelles et les mainteniez d’une manière allégée, mais, bien plus, qu’il vous engagera lui-même à procéder de la sorte, d’autant que le mérite de l’activité communautaire vous protège.
En travaillant pour cette communauté, vous y diffusez sûrement les valeurs juives. Vous y répandez également la ‘Hassidout et tout ce qui la concerne. Le mérite de ce qui est public vous viendra donc en aide pour obtenir un prompt rétablissement, une bonne santé et la réussite, en tout ce qui vous concerne.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, concernant tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°5827
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5827, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie de la bonne nouvelle que vous m’avez transmise, celle de l’amélioration de l’état de santé de cette femme, à laquelle Dieu accordera longue vie. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles également des autres points que vous mentionnez dans votre lettre. Vous me direz, en particulier, que vous concevez de la satisfaction du comportement de tous vos enfants.
En la matière, s’applique le dicton de nos saints maîtres selon lequel : “ si l’on pense que tout va bien, tout ira effectivement bien ”. Il est bien évident que, si l’on considère leur comportement avec bienveillance, celui-ci sera également conforme à ce dicton. Combien plus en est-il ainsi pour la manière dont on leur parle. Une attitude positive permet d’obtenir beaucoup plus que le comportement opposé. Certes, nos Sages disent que “ les Cohanim sont acariâtres ”. Mais, différents textes de ‘Hassidout expliquent longuement qu’ils sont précisément liés à l’attribut de bonté. C’est, en particulier, le cas pour ceux qui ont reçu une éducation ‘hassidique.
Lettre n°5828
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5828, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat et à celle qui l’a précédée. Vous me dites que vous avez l’intention d’enseigner la ‘Hassidout, au séminaire(1) de Kfar ‘Habad.
Il est évident que ce projet est particulièrement judicieux(2). Bien entendu, vous devez recevoir une proposition en ce sens du séminaire et obtenir son assentiment. L’enseignement sera en fonction de la compréhension des élèves. Et, vous connaissez les efforts développés par mon beau-père, le Rabbi, les lettres qu’il a rédigées, à ce propos, lors de la création de l’association des jeunes filles ‘Habad, à Riga.
De même, il serait bon d’accéder à la requête de cet homme et de lui enseigner la ‘Hassidout. La finalité profonde sera, avant tout, de lui communiquer son esprit ou, plus exactement, selon l’expression courante dans la ‘Hassidout, son essence. En effet, cet homme exerce une influence sur différents milieux, y compris sur les dirigeants de ces milieux. Tout ce qui lui sera transmis sera donc multiplié de nombreuses fois, auprès de ses élèves et des élèves de ses élèves.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Pour jeunes filles. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ S’agissant des aspects spécifiques et des méthodes de cette étude, vous prendrez conseil sur place. Après une expérience concrète, pendant quelques temps, vous prendrez une décision finale ”.
Lettre n°5829
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5829, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez l’état de santé de votre épouse. Vous me communiquez l’avis du médecin, selon lequel une opération de l’oreille est nécessaire.
Vous faites sans doute allusion à une intervention chirurgicale permettant le mouvement d’un petit osselet de l’oreille. Si c’est bien le cas, vous la ferez pratiquer par un spécialiste. Et, il est judicieux de la faire pratiquer, dans la mesure où elle est bénigne. De fait, cette opération porte le nom de celui qui l’a conçue, le docteur Rosen. Cet élément pourra vous permettre d’en vérifier les détails. En tout état de cause, on s’en remet, en pareil cas, à l’avis de deux spécialistes.
Puisse Dieu vous accorder le succès de donner de bonnes nouvelles de cela et de tout ce qui vous concerne, en général, en particulier de vos préoccupations essentielles, celles qui ont trait à la Torah et aux Mitsvot.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°5830
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5830, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mardi. Bien que vous ne le précisiez pas, j’espère qu’à votre retour à New Haven, vous avez transmis le contenu de la réunion ‘hassidique qui a eu lieu ici, que vous avez communiqué à ceux sur lesquels vous exercez votre influence les points qui les concernent et, de fait, tous les points les concernent, puisqu’il y a été question de la Torah et des Mitsvot, qui ont été données à tous les Juifs, jusqu’à la fin des générations. C’est, du reste, pour cette raison que, lors du don de la Torah, il fut dit : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, au singulier. En effet, ces mots s’adressaient, à titre personnel, à chacun des six cent mille hommes présents, de même qu’aux âmes de toutes les générations, qui se trouvaient également près du mont Sinaï, comme l’expliquent les Pirkeï de Rabbi Eliézer.
Conformément à votre demande, tous les noms que vous m’écrivez seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Si vous m’indiquez, en outre, le nom de votre épouse et celui de sa mère, dans la Langue sacrée, je le mentionnerai également. En effet, la coutume juive veut que l’on cite le nom de la mère. Puisse Dieu faire que vous me donniez bientôt de bonnes nouvelles, concernant tous les points que vous m’écrivez, de même que pour la fiole d’huile à laquelle vous faites allusion(1). De fait, nous nous approchons de ‘Hanouka, dont le miracle fut une évidence et l’on se prépara à l’obtenir grâce à l’abnégation dont les Juifs avaient fait preuve, au préalable. Or, ce don de soi ne se limite pas uniquement à faire la guerre aux non Juifs qui attaquent(2). Il consiste également à lutter contre son âme animale, ce qui est même nécessaire plus souvent et, si l’on attend cela de nous, c’est que nous disposons des forces pour y parvenir, dans la joie et l’enthousiasme.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le destinataire de cette lettre écrivait : “ Le Rabbi a affirmé que mon fils pouvait être comparé à une fiole d’huile ”. (2) Comme ce fut le cas, à ‘Hanouka.
Lettre n°5831
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5831, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jour au cours duquel deux fois fut dit le mot “ bon ”(1). Vous me dites que l’on vous propose un parti et vous me demandez s’il est nécessaire que vous fassiez vous-même connaissance de la jeune fille(2), au-delà de ce que vous en savez jusqu’à maintenant, comme le disent certains de vos amis, malgré ce qu’expliquent les ouvrages traitant d’éthique et de pudeur.
Cette jeune fille réside dans une ville où il y a plusieurs érudits de la Torah et sans doute y possédez-vous également des amis. Il y a donc sûrement plusieurs moyens, conformes à la Torah et à l’éthique, de recueillir toutes les informations nécessaires, la concernant. L’assurance nous a été donnée que, lorsqu’on met en pratique les termes du verset que vous mentionnez vous-même dans votre lettre, “ vous serez saints ”, à propos duquel nos Sages disent : “ Sanctifie-toi en ce qui t’est permis ”, Celui Qui dit de Lui-même : “ car Je suis saint ” multiplie Sa bénédiction et envoie, d’en haut, une sanctification considérable, selon le traité Yoma 39a. On connaît ainsi la réussite dans tous les domaines et, en particulier, en celui-ci qui est essentiel.
Il découle de tout ce qui vient d’être dit que, si quelques détails concernant cette jeune fille ne sont pas clairs pour vous, il faudra les préciser, par exemple par l’intermédiaire d’amis. Et, cela sera amplement suffisant.
Avec ma bénédiction pour intensifier votre engagement à la Torah et aux Mitsvot, conformément à l’Injonction selon laquelle : “ On connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ” et pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Lors de la création, le mardi. (2) En réunissant personnellement les informations nécessaires, à propos de cette jeune fille.
Lettre n°5832
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5832, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav N.N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Il y a quelques temps déjà, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre m’annonçant l’arrivée d’une nouvelle classe de jeunes gens, des élèves en provenance du Maroc. Puisse Dieu faire qu’ils se multiplient, qualitativement et quantitativement, c’est-à-dire par leur nombre et par le niveau de leurs connaissances, par leur bon comportement.
Des bancs se trouvent ainsi ajoutés dans la maison d’étude et, au final, il est donc une nécessité que se renforce et que se stabilise la situation de l’école de Sofrim(2), au moins par rapport aux attentes, comme j’en ai parlé, ici même, au ‘Hassid, Rav T.L. Ha Lévi(3). Ils(4) doivent donc avoir des études fixées de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, prier avec ferveur, puis, pendant quelques heures par jour, alors que les autres élèves poursuivent leurs études figurant au programme de la Yechiva, ils se consacreront à cette mission sacrée, l’écriture du Séfer Torah, des Tefillin et des Mezouzot. En revanche, avant ces heures et après celles-ci, ils auront les mêmes responsabilités que tous les autres élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim. Aucun d’entre eux ne doit donc être découragé, ce qu’à Dieu ne plaise. En outre, ils doivent, pour tout ce qui concerne leur étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, recevoir des instructions de leur enseignant et du recteur de Tom’heï Temimim, sauf pour les quelques heures consacrées à la Sofrout et aux lois s’y rapportant, pour lesquelles ces instructions leur seront données par le ‘Hassid, Rav T.L. Ha Lévi.
Cette étude sera conforme à l’enseignement de la Michna. Elle devra donc regrouper des amis. Or, deux jeunes gens, d’après ce que l’on m’a écrit, ont terminé leur formation et on déjà commencé à écrire des parchemins et à fabriquer des boîtiers. Il est donc nécessaire qu’au moins cinq élèves étudient la Sofrout. Il est même préférable qu’ils soient six ou plus, sans pour autant supprimer une classe de Tom’heï Temimim, dans la mesure du possible.
En fonction de tout cela, je suis certain que la direction de Tom’heï Temimim choisira les élèves qui conviennent, en vérifiant leurs aptitudes au moyen d’un examen. Pour qu’il n’y ait pas, par la suite, de déception et de temps perdu, il est, bien sûr, préférable que l’examen et la sélection interviennent, dans la mesure du possible, le plus rapidement, dans l’année scolaire. J’attends de bonnes nouvelles de cela, au plus vite.
Vous voudrez bien souligner aux élèves qui seront retenus que leur sort est enviable puisqu’ils se consacreront à cette mission sacrée, même si elle représente une responsabilité considérable, comme l’établissent différents textes. Ils écriront un Séfer Torah, des Tefillin, des Mezouzot et d’autres personnes affirment qu’ils sont aptes à le faire, ce qui veut bien dire que, d’en haut, on leur accorde les forces nécessaires pour recevoir une telle responsabilité et l’assumer.
De tout temps, et combien plus à l’heure actuelle, il n’est pas de mots pour définir le mérite que constitue la fourniture, au plus grand nombre, de bons Tefillin et de bonnes Mezouzot. Bien plus, l’ensemble de la Torah fut comparé aux Tefillin et la ‘Hassidout ajoute(5) qu’une Mezouza est comparée à toutes les Mitsvot. On peut le déduire également de la partie révélée de la Torah. En effet, la finalité des Tefillin, telle qu’elle est définie par la Hala’ha, est l’assujettissement à Dieu du cœur et du cerveau, c’est-à-dire de l’aspect dominant de la personnalité. Car, la Mezouza est le sceau du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, que portent tous les objets et tout ce qui se trouve dans Sa maison.
J’attends de bonnes nouvelles de tout cela et, compte tenu de l’urgence, cette lettre vous est adressée en express. Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Nissan Nemanow, directeur de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, les lettres n°4892 et 5977. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4961. Les jeunes gens en provenance du Maroc devaient, pour partie, devenir des élèves de cette école. (3) Le Rav Tsvi Leïb Lewin, chargé de la direction de cette école. (4) Les élèves de l’école de Sofrout. (5) Sidour de l’Admour Hazaken, page 275a.
Lettre n°5833
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5833, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Aux associés de l’usine “ Independant Teenwear Company ”
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre demande de bénédiction pour la réussite de vos affaires. Je formule donc la proposition suivante. Comme nous en avons parlé quand nous nous sommes rencontrés, vous devez choisir le Créateur comme associé en décidant, de tout votre cœur, de consacrer entre dix et vingt pour cent de vos gains à la Tsédaka. Dans un commerce, chaque associé s’efforce de faire ce qui est en son pouvoir pour que l’activité soit fructueuse. Dieu, en tant qu’Associé, vous accordera donc Sa bénédiction et le succès en tout ce qui vient d’être dit.
Bien évidemment, il est nécessaire, pour cela, que le réceptacle soit pur, conformément aux enseignements de notre sainte Torah, non seulement par le respect du Chabbat et des fêtes, mais aussi par celui de la veille du Chabbat et des fêtes, de même qu’en évitant la moindre forme de concurrence déloyale. Certes, il y a tout lieu de penser que les descendants d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov mettent en pratique les Injonctions divines. Ce qui vient d’être dit n’a donc d’autre but que de conseiller l’empressement, de souligner l’importance et la nécessité d’un ajout, de votre part, qui élargira également les bénédictions de Dieu. En outre, celles-ci se révéleront au plus vite, très prochainement, bien au delà de ce que vous escomptez, de manière ordinaire.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°5834
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5834, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat. En un moment propice, je mentionnerai le nom de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Comme vous l’écrivez, vous avez eu le mérite d’entendre de sa bouche le discours ‘hassidique bien connu intitulé : “ De ce fait, ceux qui énoncent des paraboles diront : Venez établir le compte ”. Bien entendu, plus vous renforcerez votre engagement à la Torah et aux Mitsvot, conformément à ce que nos Sages expliquent à propos de ce verset : “ Venez établir le compte du monde ”, plus vous multiplierez les bénédictions de Dieu en tous vos besoins, matériels et spirituels.
Vous me dites, dans votre lettre, que vous n’êtes pas apte à m’écrire, car vous n’avez pas la force de prendre le dessus, dans la guerre contre votre mauvais penchant. Vous conservez sûrement le souvenir de ce que dit le saint Tanya ou bien l’étudierez-vous maintenant. Celui-ci affirme que ceux qui ont du mal à lutter contre le mauvais penchant, dans leurs quatre coudées, n’en reçoivent pas moins, de façon pleine et entière, les moyens non seulement de mener ce combat, mais aussi d’emporter la victoire. Vous consulterez les références indiquées dans l’index qui se trouve à la fin du Tanya.
Combien plus en est-il ainsi pour ceux qui ont eu le mérite de voir le visage du Juste, d’écouter ses paroles. En effet, les paroles des Justes vivent, existent et elles font leur effet, a fortiori dans le domaine spirituel. Tous, y compris les non Juifs, reconnaissent que l’on ne peut pas réduire la matière à néant. Il est uniquement possible de la transformer. Ceci est encore plus vrai dans le domaine spirituel, surtout pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.
D’après un proverbe de nos saints maîtres, une action est préférable à mille plaintes. Au lieu de se lamenter sur son propre compte, ce qui peut parfois être utile, il est sûrement préférable de commencer à agir, de multiplier son engagement à la Torah et aux Mitsvot, par rapport à ce que vous avez pratiqué jusqu’à maintenant. Il est certain que celui qui agit de la sorte multiplie les bénédictions de Dieu, en tous ses besoins.
Puisse Dieu, dans Sa grande bonté, révéler une bénédiction et une réussite accrues, y compris pour le futur. Vous me donnerez de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°5835
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5835, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez les deux manières de réaliser la route intérieure(1). Il est clair qu’en la matière, il appartient au comité, qui se trouve sur place, de prendre la décision. Si cela est difficile, pour une raison quelconque, il faut faire intervenir également le comité spirituel, de même que les ‘Hassidim âgés de votre ville.
L’idée est donc la suivante. Les voies des ‘Hassidim et de la ‘Hassidout sont agréables et pacifiques. Pour autant, il est clair que les besoins communautaires repoussent l’intérêt personnel. Car, au final, l’individu appartient lui-même à la communauté et il reconnaîtra donc que son intérêt passe bien par celui de tous. En l’occurrence, il faut également prendre en compte l’élément que vous citez, la présence d’arbres fruitiers. Selon l’une des manières envisagées, il sera nécessaire de les déraciner, ce qui pose un problème hala’hique, que vous clarifierez avant de prendre une décision, en la matière. Bien entendu, tout ce qui est dit ici n’a pas de caractère d’officialité. Il s’agit d’une proposition pour la discussion qui aura lieu, en fonction des conditions, sur place.
Je saisis cette opportunité pour vous rappeler, de même qu’à vos amis du comité et, plus généralement, aux responsables communautaires des ‘Hassidim de Kfar ‘Habad, qu’une concertation détaillée est nécessaire, pour tout ce qui concerne le Kfar. Malheureusement, les habitants du Kfar, pour la plupart d’entre eux, envisagent ce qui concerne leur village en fonction de leur intérêt personnel. Mais, en l’occurrence, c’est l’ensemble des habitants du Kfar qui devaient améliorer une situation personnelle(2). La recherche des intérêts communs à tous ces habitants n’apparaissait pas à l’évidence.
En d’autres termes, la réunion d’un certain nombre de Juifs, en un endroit déterminé, en l’occurrence les quatre coudées du Kfar, n’empêche pas que chacun se considère comme une personnalité indépendante, ne renonçant pas à son intérêt propre, celui-ci devant être maintenu, en tout état de cause. En fonction de tout cela, il est clair que la quasi totalité des préoccupations communes à l’ensemble du Kfar sont délaissées. Il est sûrement inutile d’en dire plus à ceux qui se trouvent sur place et observent cette situation de leurs propres yeux.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) De Kfar ‘Habad. (2) Dans la conception de cette route.
Lettre n°5836
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5836, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat. Faisant référence à ce que dit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Techouva, à propos de la substitution de la Tsédaka au jeûne, vous me demandez si le jeûne de la parole peut avoir le même effet(1). On peut déduire du développement d’Iguéret Ha Techouva, qu’en l’occurrence, ce n’est pas le cas. Vous consulterez le chapitre 3 de ce texte, rapportant ce que les Décisionnaires conseillent de donner afin de racheter un jour de jeûne. A l’opposé, le jeûne de la parole a une autre finalité et il s’applique uniquement dans des cas bien précis. En revanche, il ne remplace pas le jeûne proprement dit. Vous consulterez également, à ce propos, le Séfer Ha Toledot du Rabbi Maharach(2), à la fin de la page 72.
Vous évoquez la pratique qui consiste à distribuer des pièces(3). On peut se demander en quoi cela importe pour vous. Nos Sages disent que le Saint béni soit-Il ne créa rien d’inutile dans Son monde. Cela veut bien dire que les pensées, les paroles, les actions de l’homme ne doivent pas non plus être inutiles. Elles doivent avoir un but, une finalité, qui est, en l’occurrence, exprimé par la Michna dans les termes suivants : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”.
On peut aussi le déduire de ce que disent le Rambam, le Tour et Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 231, selon lesquels on doit mettre en pratique le principe : “ En toutes tes voies, reconnais Le ”. La réponse à la question que vous posez est donc la suivante : on peut réellement se demander à quoi cela(4) sert. Néanmoins, pour écarter tout ce que l’on peut dire, la Guemara formule clairement une telle interrogation, au traité Baba Batra 15b.
Je veux espérer que, de temps à autre, vous intensifiez votre étude non seulement de la partie révélée de la Torah, mais aussi de la ‘Hassidout. En effet, la Hala’ha établit, de manière tranchée, que l’on s’élève dans la sainteté.
Notes
(1) Que la Tsédaka. (2) Dont le Rabbi est l’auteur. (3) Adoptée par les maîtres des écoles ‘hassidiques de Pologne, à titre de protection. Voir les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 7, lettre n°1873. (4) De s’interroger sur cette distribution de pièces.
Lettre n°5837
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5837, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yaakov Eliézer(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tichri, qui est particulièrement concise, bien qu’elle fasse uniquement référence à la réunion ‘hassidique de Sim’hat Torah et de Chemini Atséret. Or, pendant les semaines qui viennent de s’écouler, de nombreuses actions ont sûrement été menées pour le Judaïsme, la diffusion des sources(2), en général et les institutions ‘Habad d’Australie, en particulier. Je suis surpris de ne pas avoir de nouvelles de tout cela, ni de vous, ni des autres ‘Hassidim. Mais, peut-être les recevrai-je encore, bien que plusieurs semaines se soient d’ores et déjà écoulées.
Puisse Dieu faire que l’on obtienne immédiatement la bonne nouvelle que constitue l’élargissement et le développement de vos actions, quantitativement et qualitativement. La récompense de ceux qui se consacrent à cela ou font des efforts en ce sens est précisée par différents textes. Bien entendu la première de ces activités, la plus fondamentale, est la multiplication du nombre des élèves(3), participant aux activités ‘Habad et aux cours. La pratique fait la preuve que chaque Juif possède un domaine ou, plus exactement, plusieurs domaines qui sont vivaces en lui. Quand on l’attire vers les quatre coudées de la crainte de Dieu par l’intermédiaire de ce domaine, une Mitsva en attire une autre et, de temps à autre, il se rapproche, adopte même plusieurs autres accomplissements positifs. C’est une évidence.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, dans les réalisations communautaires et également en ce qui vous concerne personnellement,
Notes
(1) Le Rav Y.E. Herzog, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°5697. (2) De la ‘Hassidout. (3) Le Rabbi emploie ce terme à la fois au masculin et au féminin.
Lettre n°5838
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5838, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Moché Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 6 Mar’hechvan et vous même avez sûrement obtenu la réponse au questionnaire, par téléphone, car le temps est court.
Vous envisagez l’institution de la lecture des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, dans les différentes classes de l’école. Vous savez à quel point cette lecture est importante, comme nous l’avons maintes fois entendu(2). Malgré cela, il faut se demander combien de temps elle prendra, dans chacune de ces classes. En effet, ce temps sera pris sur les études sacrées qui sont, d’ores et déjà, réduites. Dans les grandes classes, qui lisent couramment l’Hébreu, on peut effectivement instaurer cette pratique. Mais, pour les plus jeunes classes, il faut se poser la question(3) et, pour les plus petits, on se contentera d’un seul Psaume figurant dans la répartition mensuelle.
Que Dieu vous accorde la réussite de former des élèves étudiant la Torah intègre avec la crainte de Dieu. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,
Notes
(1) Le Rav M.I. Hecht, de New Haven. Voir, à son sujet, la lettre n°5795. (2) Vraisemblablement du précédent Rabbi. (3) S’il faut adopter cette pratique ou non.
Lettre n°5839
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5839, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, qui craint Dieu, le Rav Alter(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à votre lettre du 2 Mar’hechvan , formulant des remarques sur ce qui est imprimé dans le Kovets Loubavitch(2), cinquième année, volume 1, dans la rubrique : “ Réponses et commentaires ”, à propos de l’explication que développe le chapitre 24 du Tanya, concernant une situation de danger.
Vous ne précisez pas clairement, dans votre lettre, l’interprétation que vous avancez selon laquelle la situation de danger est celle où l’on est exposé à des souffrances. Faites-vous allusion à des souffrances provoquant la mort ou non ? En tout état de cause, une situation de danger se définit par rapport à la possibilité de conserver la vie ou bien de la perdre et plusieurs passages talmudiques permettent d’établir qu’il en est bien ainsi, la référence étant le traité Yoma 85a que l’on peut interpréter de deux manières opposées. D’une part, un risque de mort repousse le Chabbat, même en l’absence de souffrances. Ce texte, en revanche, ne fait pas allusion à des souffrances n’entraînant pas la mort et il conclut : “ Transgresse, pour lui, un Chabbat, afin qu’il en respecte de nombreux(3) ”. Il en est de même dans les autres passages du Talmud.
B) Dans le même volume, à la rubrique “ Belles explications ”(4), j’ai cité le Rambam, lois des opinions, début du chapitre 4. Il semble qu’il faille lire, dans ce texte : “ les voies du service de Dieu ” au lieu de “ les voies de Dieu ”. Vous interprétez ma remarque comme une explication des propos du Rambam, lequel, en l’occurrence, ferait référence à l’Injonction : “ Vous prendrez bien garde de vos âmes ”.
Il est clair que ce n’est pas ce que je voulais dire. Je constatais simplement que cette affirmation fait suite à ce que dit le Rambam, à la fin du chapitre 3 et, de fait, ce chapitre commence par “ puisque ” afin de développer la fin du chapitre précédent : “ On ne peut pas servir Dieu en étant malade. Dormir peut donc être un acte de ce service de Dieu, béni soit-Il ”, ce qui se rapporte au contraire de la maladie, à la santé physique, laquelle est effectivement le moyen de servir Dieu. L’affirmation du Rambam doit être distinguée de celle de nos Sages : “ Attache-toi à Ses voies. Sois miséricordieux ”. En effet, ceci peut être dit de la miséricorde, mais non de la santé physique, bien évidemment.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Vous m’interrogez sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 271, paragraphe 23, qui dit : “ la première ”. Le Kountrass Ha Choul’han du Rav Naé, précise qu’il faut lire : “ la dernière ”. On peut, du reste, l’établir en constatant que l’Admour Hazaken reproduit ici les termes du Ramah, à la même référence.
Notes
(1) Le Rav A.Hilevitch, de Johannesburg, Afrique du sud. Voir, à son sujet, la lettre n°1952. (2) La lettre n°165 dit : “ le chapitre 24 du Tanya explique : ‘Une situation de danger repousse toutes les autres fautes, y compris quand il faut se laisser tuer plutôt que de transgresser’. Quel est le sens de la précision : ‘quand il faut se laisser tuer plutôt que de transgresser’ ? ”. (3) Précisément parce qu’il aura conservé la vie. (4) Voir le Likouteï Si’hot, tome 2, page 531. Voir également la lettre n°3705.
Lettre n°5841
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5841, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez l’état des relations, au sein de votre foyer et ce qui en résulte pour votre pratique de la Torah et des Mitsvot, qui n’est pas ce qu’elle devrait être. Comme vous le savez, les voies de notre Torah, Torah de vie, sont agréables et pacifiques. Pour autant, il nous a été dit que : “ Tu formuleras des reproches ”. Ainsi, les voies agréables et pacifiques sont la forme que doivent prendre, toutes les actions, toutes les propositions, toutes les manières de convaincre les autres. Le contenu, en revanche, ne peut qu’être conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. Et, s’il en est ainsi pour son prochain, de façon générale, combien plus est-ce le cas pour sa propre épouse, car il est alors une Injonction d’emprunter les voies agréables et pacifiques. Mais, cela ne donne nullement le droit de “ voyager pendant le Chabbat ”, ce qu’à Dieu ne plaise, pour reprendre l’expression que vous employez dans votre lettre, car tous les Préceptes de notre sainte Torah restent en vigueur. Combien plus en est-il ainsi pour le Chabbat, qui est considéré comme l’ensemble des Mitsvot.
Vous parlez également, dans votre lettre, “ d’abandonner votre épouse ”, ce qu’à Dieu ne plaise. Cela est, bien entendu, hors de question. Deux Injonctions, “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” et “ Tu feras des reproches à ton prochain et tu ne lui feras pas supporter la faute ”, furent l’une et l’autre données par le Créateur du monde, Qui le dirige, Qui crée, ensemble, les cœurs de tous les enfants d’Israël et Qui sait quelle est la meilleure manière de les influencer. Néanmoins, un homme n’est pas objectif, pour ce qui le concerne personnellement et il peut orienter sa décision, selon la manière dont il observe la situation. Vous exposerez donc votre situation à vos amis, qui craignent Dieu et ils vous guideront.
Vous m’interrogez, à la fin de votre lettre sur la signification de vos rêves. Nos Sages disent que celle-ci dépend de leur interprétation orale. Vous leur donnerez donc une signification positive, d’un bien véritable, celui de la Torah et des Mitsvot et vous y trouverez l’encouragement, une Injonction de mettre en pratique notre Torah et ses Mitsvot, d’une étape vers l’autre. Car, rien ne résiste à la détermination.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°5842
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5842, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar’hechvan 5718,
Brooklyn,
A monsieur Avraham Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 ‘Hechvan, dans laquelle vous m’interrogez sur le chapitre 11 d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken : comment envisager que l’on commette de nouveau des fautes, entre les bénédictions “ Pardonne-nous ” et “ Il délivre Israël ”(2) ?
Je ne comprends pas pourquoi vous interprétez les propos de l’Admour Hazaken en déduisant que de nouvelles fautes sont commises dans cet intervalle. Il est clair que, quand on sollicite le pardon de Dieu, Il l’accorde immédiatement, dès que l’on dit : “ Pardonne-nous ”, car qui pourrait L’en empêcher(3) ? S’agissant de la délivrance, en revanche, il est, certes, dit : “ Ils seront libérés immédiatement ”, mais ce terme, ici, ne reçoit pas la même signification. En effet, la délivrance a un ordre précis, puisque l’on distingue la venue du Prophète Elie, quelques étapes préalables, d’autres ultérieures, comme le précisent plusieurs discours ‘hassidiques de nos Sages. A ce propos, le Rambam fait également allusion à la délivrance suivant immédiatement la Techouva, dans ses lois de la Techouva, chapitre 7, paragraphe 5.
Vous connaissez sûrement les trois études portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont bien connues. Vous les adopterez, au moins à l’avenir.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) M. A. M. Grinberg, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°4937. (2) Prononcées l’une et l’autre dans la Amida. Dans la première, on demande à Dieu de pardonner les fautes et l’on obtient donc ce pardon, faute de quoi ce serait une bénédiction inutile. Dans la seconde, on demande à Dieu la délivrance, qui est empêchée par nos fautes, lesquelles n’ont donc pas disparu. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, à ce propos, le traité Kiddouchin 49b. ”
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